Le père de l’art moderne thaïlandais est Italien ? Sì !

Silpa Bhirasri¹ (ศิลป์ พีระศรี). Les Thaïlandais l’appelaient « Sin ». Et tous les étudiants en art du royaume de Thaïlande le vénèrent. C’est lui qui a fondé l’Université Silpakorn, la plus importante université thaïlandaise en matière de beaux-arts et d’archéologie. Sa mémoire et son héritage artistique sont célébrés chaque année le 15 septembre, jour de sa naissance. Découvrez comment feu Corrado Feroci, expatrié transalpin en Thaïlande, est devenu le père de l’art moderne thaïlandais. Ses statues et monuments les plus célèbres peuvent être admirés principalement à Bangkok (comme le Monument de la Victoire ou encore celui de la Démocratie). Cependant, il est aussi l’auteur d’une des statues les plus vénérées ici à Chiang Mai…

Silpa Bhirasri The National Gallery of Thailand Cover FB

15 septembre 2018, 126e anniversaire © Facebook – The National Gallery of Thailand

De Florence à Bangkok

Né le 15 septembre 1892 à Florence, Corrado s’est nourri du génie artistique toscan, appréciant par exemple des œuvres de Michel-Ange. Contre l’avis familial qui le voulait reprendre le commerce paternel, il intégra l’Académie royale des arts de Florence et obtint son certificat en sculpture. Les sources francophones le décrivent comme un artiste reconnu, ce que ne font en rien les sources italophones. Quoi qu’il en soit, sous le règne de Rama VI, c’est le gouvernement siamois qui sollicita du gouvernement italien un sculpteur doué pour des commandes d’État et l’enseignement de l’art occidental. Corrado Feroci fut choisi par le prince Narisranuvattiwongse, frère du roi. Il débarqua donc au Siam avec femme et enfant.

A 32 ans, il travailla comme sculpteur au Département des Beaux-Arts du ministère de la Maison royale. Deux ans plus tard, il fut nommé professeur de sculpture de la division des Beaux-Arts de l’Académie Royale Siamoise. Et c’est en 1943 que l’École des Beaux-Arts fut transformée en ce qui est encore aujourd’hui l’Université Silpakorn : Silpa Bhirasri fut son premier directeur et le premier doyen de la faculté de peinture et de sculpture.

Rentré en Italie en raison d’une grave crise économique qui suivit la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement thaïlandais le pria de revenir en Thaïlande, lui promettant d’augmenter son salaire. Ce qu’il fait en 1949, arrivant cette fois-ci seul, sans sa famille.

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© Facebook

Le professeur Silpa Bhirasri, décrit comme un enseignant passionné, appréciait énormément l’art thaï sur lequel il fit des recherches et consacra plusieurs livres et articles. Il avait à cœur de promouvoir l’art traditionnel thaïlandais. Silpa Bhirasri fut l’initiateur et le soutien de l’art contemporain siamois. En 1948, à l’occasion de la célébration de la Constitution thaïlandaise, il sollicita du gouvernement la mise sur pied d’un concours des arts : dessin, peinture et sculpture. La première exposition nationale d’art fut organisée en 1949. C’est un événement annuel qui perdure encore aujourd’hui (la 64ᵉ édition aura d’ailleurs lieu du 10 au 28 octobre 2018 à Bangkok). Ce concours permet aux artistes de tout le royaume d’améliorer leurs compétences et de présenter leurs œuvres d’art au public.

« Ars longa vita brevis² »
Devise de Silpa Bhirasri

C’est à 69 ans qu’il s’éteint, ici en Thaïlande, soit le 14 mai 1962. La cérémonie crématoire avec la « flamme » donnée par le roi Rama IX (feu Bhumibol le Grand) s’est déroulée le 17 janvier 1963 au magnificent Wat Thep Sirin Thrawat, à Bangkok. Ses cendres ont été rapatriées et déposées au cimetière évangélique Allori, à Florence.

Il est intéressant de compléter cette très courte biographie par la naturalisation dont a bénéficié cet artiste italien. Tout comme l’Italie, la Thaïlande et le Japon faisaient partie des Forces de l’Axe (donc trois pays alliés à l’Allemagne nazie). Or, après la rupture de l’Italie avec l’Axe en 1943, Corrado Feroci aurait pu être considéré comme prisonnier de guerre par le Japon, allié de la Thaïlande. Il fut d’ailleurs incarcéré un court moment. C’est avec l’appui du directeur général du Département des Beaux-Arts que Corrado Feroci devint Thaïlandais sous le nouveau nom de « Silpa Bhirasri¹ », ce qui lui permettait d’échapper à toute action malveillante de la part des Japonais.

Silpa Bhirasri Silpakorn University Cover FB 2

© Facebook – Silpakorn University


Balade en Thaïlande à la découverte de ses œuvres

Bien qu’il ne fasse plus partie de ce monde, vous pouvez croiser Silpa Bhirasri au Musée Tussauds de Bangkok; l’on y voit son effigie en cire y sculpter une de ses œuvres. Le lieu de mémoire par excellence pour qui veut découvrir le fruit de son long travail artistique est, bien entendu, le musée qui lui est consacré à Bangkok, Silpa Bhirasri Memorial National Museum en anglais. C’est un petit musée en deux parties : l’une qui expose des pièces d’art contemporain, principalement produites par ses élèves, et l’autre qui réunit les affaires personnelles du maître-sculpteur. Officiellement ouvert le… 15 septembre de l’année 1984, il se trouve à l’intérieur de l’Université Silpakorn, face au Palais Royal. Ouvert généralement du lundi au vendredi, de 8h à 16h, son entrée est libre. À l’extérieur, vous pourrez y admirer une statue de Silpa Bhirasri réalisée par Sanan Silakorn, l’un de ses élèves préférés. Vous ne manquerez pas de visiter l’impressionnante Galerie des Sculptures, toute proche. Entièrement rénovée et transformée en un café-galerie moderne, la magnifique Silpa Bhirasri’s House attend votre visite tous les jours de 7h à 19h. Corrado y a vécu 10 ans avec sa famille dès son arrivée en Thaïlande.

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© Facebook

Avant que nous prenions le temps d’en dresser une liste plus précise avec leur emplacement, voici déjà celle de quelques-unes des œuvres de Silpa (entre parenthèses figure la date d’achèvement) :

  • À Bangkok : le roi Rama Ier, fondateur de la dynastie actuelle des Chakri (là où se situe le Pont du Mémorial, exécution, 1932), le Monument de la Démocratie (conception, 1940), le Monument de la Victoire avec ses reliefs ornementaux (conception, 1941), Rama VI (conception et réalisation, 1942), le roi Rama VIII (conception, 1950), le roi Taksin le Grand à cheval durant une bataille (plus précisément à Thonburi, conception et réalisation, 1954; voir la vidéo d’époque ci-dessous. Il est aussi l’auteur d’un des bustes du monument), le prince Kampaengpetch Akrayotin (conception, 1957), le prince Rajburi Direkrit (conception, 1969).
  • À Nakhon Ratchasima (Khorat) : l’héroïne Thao Suranari (conception, 1934). Les locaux l’appellent Ya Mo et elle est fêtée chaque année, dans ce qui est le plus grand festival de Khorat.
  • À Nakhon Si Thammarat : le héros Chao Phor Dam (conception, 1941).
  • À Suphanburi : l’imposante statue du roi Naresuan le Grand sur le dos d’un éléphant durant une bataille (conception et réalisation, 1959).
  • À Lopburi : le roi Narai le Grand (conception et réalisation partielle, 1966).
  • À Nakhon Pathom, à l’ouest de Bangkok : Bouddha marchant (conception, 1982). Cette immense statue très vénérée fait partie du parc Phutthamonthon ou Buddha Monthon, พุทธมณฑล en thaï. Haute de presque 16 mètres, on la considère comme la plus grande statue autoportante au monde représentant le Bouddha. Cette fameuse statue a fait l’objet d’un timbre-poste sans que le nom de Silpa Bhirasri soit mentionné.
  • À Trang : Phraya Rasadarnpradit Mahisarapakdee (conception, date inconnue).
  • À Phitsanulok : le roi Naresuan le Grand (conception et réalisation, date inconnue), de même qu’une tête en particulier.

Et quid de Chiang Mai ? À notre connaissance, une seule pièce est exposée dans la Rose du Nord. Mais ce n’est pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du moine le plus vénéré de tout le nord de la Thaïlande, Kruba Sriwichai, dont nous vous reparlerons un jour, celui-ci ayant marqué l’histoire de ce qui était le royaume du Lanna. Non seulement, Silpa Bhirasri en a réalisé le dessin mais il a exécuté cette œuvre lui-même (à une date d’achèvement inconnue). Cette statue, ô combien vénérée par les gens du Lanna, se trouve ici, dans un sanctuaire qui s’agrandit d’année en année au pied du Doi Suthep.


Silpa Bhirasri Facebook Photo 2Son héritage

Corrado Feroci est, à ce jour, le seul Occidental à figurer sur un timbre-poste siamois³ ! Le 15 septembre est donc son jour de commémoration en Thaïlande. Des célébrations qui ne sont pas des plus visibles puisqu’elles se déroulent principalement dans les institutions de formation artistique. Ainsi de cette commémoration annuelle, le 15 septembre obvie, dans le musée qui porte son nom. Il n’en reste pas moins populaire; pour preuve, Google lui avait consacré un Doodle en 2016. Et il est même vendu sous forme de figurine en résine !

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Cérémonie annuelle de vénération à l’Université Silpakorn 2018 © Facebook – SU Cute Girl

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© Facebook

En tant que professeur, il reste vénéré par les étudiants en beaux-arts. Une galerie-photo vous permet de le voir enseigner. La voie artistique est un choix professionnel qui n’est pas toujours compris par les familles des artistes (l’émission Divas Café’ de la chaîne Voice TV 21 s’est emparée du sujet lors d’une de ses éditions, en s’appuyant sur la vie et l’expérience de Silpa Bhisrasri). Ajarn Sin était décrit comme une personne très disponible, qui aimait à transmettre ses connaissances à ses étudiants. Au sein de l’université qu’il a créée et qui porte toujours son nom, sa mémoire est honorée tous les 15 septembre.

C’est lui faire un procès d’intention que de le considérer comme un artiste fasciste – Mussolini pris le pouvoir en 1922 –  bien que Corrado Feroci s’inscrive dans la tendance de cette époque (le Monument de la Démocratie à Bangkok en est un brillant exemple). Celles et ceux qui désirent approfondir leurs connaissances sur cet artiste liront avec intérêt la chronique d’Alain et Bernard, deux expatriés passionnés : Corrado Feroci (Silpa Bhirasri), « Le Père de l’art thaï contemporain » (1892 – 1962). Et plus encore le blog Merveilleuse Chiang Maï de l’érudit Jean de la Mainate, qui réside ici à Chiang Mai. Il parle de Corrado Feroci dans un long article en trois parties, auquel il a ajouté un complément ayant pour thème le musée qui lui est consacré à Bangkok :

Sur son site web, le Musée d’Art Moderne Thaïlandais Rama IX vous livre non seulement une biographie (en anglais) mais également l’illustration de toutes les œuvres de Silpa Bhirasri (liens que nous avons insérés dans notre liste ci-dessus). In fine, un site web est consacré à cette figure marquante de l’art moderne thaïlandais. Bien qu’il soit en langue thaï, vous y trouverez moult documents, dont les ouvrages d’art écrit par Silpa (en anglais).

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Silpa continue d’influencer les artistes thaïlandais © Facebook – Silpa Bhirasri Day

En Thaïlande, le marché de l’art contemporain s’est modernisé dès les années ’80 avec l’apparition d’une nouvelle catégorie de galeries à Bangkok. Dans son article Les galeristes thaïlandais et l’art contemporain – Comment créer un marché sans en maîtriser les valeurs ?, Annabelle Boissier analyse ces nouveaux acteurs de l’art contemporain à travers trois thématiques : la formation, le financement et la collaboration. Où il est question d’interroger la relation entre la création de la valeur marchande et celle de la valeur esthétique.

Et nous vous rappelons encore qu’en matière d’art contemporain, la scène de Chiang Mai est des plus dynamiques. Nous consacrerons un jour un article à ce sujet. En attendant, le musée qu’il faut absolument visiter en matière d’art moderne ici dans la Rose du Nord est le MAIIAM, un musée qui n’a rien à envier aux espaces culturels mondiaux dédiés à l’art contemporain (site web, page Facebook, Instagram, Twitter (encore inactif) et emplacement). Et ce n’est de loin pas le seul endroit vous permettant d’être confronté à l’art contemporain ici au nord…

On se quitte ci-dessous avec Santa Lucia, chanson italienne devenue l’hymne de l’université Silpakorn créée par Corrado Feroci (mélodie sur laquelle Dinsai Studio a créé une animation à l’occasion du 125e anniversaire de ce professeur apprécié) :


¹ Selon le système royal de transcription RTGS, son nom thaïlandais devrait s’écrire Sin Phirasi. Nous reprenons cependant le nom communément admis de Silpa Bhirasri.
² Devise latine reprise d’une citation qui constitue les deux premières lignes de la traduction en latin d’un aphorisme énoncé par l’ancien médecin grec Hippocrate, une devise que l’on traduit librement par l’art est éternel alors que la vie est brève.
³ Ce sont Alain et Bernard qui l’affirment

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia en français et en italien.
Source de l’image à la Une : © Facebook – Silpakorn University
Mise à jour le 17.09.2018

Pikanet, le culte du dieu-éléphant à la sauce siamoise

Ganesh¹ est à la fête cette semaine ! La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthiest une célébration indienne au cours de laquelle le Seigneur Ganesh, fils de Shiva et de Pârvatî, est vénéré. Mais que vient faire un dieu hindou en pays bouddhiste ? Il se trouve que la Thaïlande – de même Chiang Mai – abrite plusieurs sanctuaires dédiés au dieu-éléphant et les statues de Ganesh sont présentes dans bien des temples. C’est donc tout naturellement que ces adresses organisent des cérémonies lors de cette fête annuelle. Et l’on ne peut que vous inviter à y participer car dites cérémonies, mélangeant allègrement les figures religieuses, sont hautes en couleur. C’est bien simple, la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal – le samedi 15 septembre cette année 2018 – est l’une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai ! À ne pas rater donc.

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© Chiang Mai Deci-Delà

Ce ne sont pas moins de six sanctuaires où fête il y aura ici dans la Rose du Nord durant cette seconde semaine du mois de septembre 2018 ! Précisons encore que les lieux indiqués peuvent se visiter à l’année ! Mais comme ils prennent une couleur festive lors de ces diverses célébrations, le plaisir de la visite n’en sera que démultiplié.

On vous livre ci-dessous le programme des festivités à Chiang Mai en vous donnant au préalable quelques éléments de compréhension. Et l’on termine avec les autres endroits en Thaïlande où Ganesh sera roi.


Qui est donc Pikanet³ ?

L’Asie du Sud-Est est un carrefour fascinant du bouddhisme et de l’hindouisme qui révèle  des perspectives intéressantes sur la façon dont les cultures migrent et évoluent². Ainsi, l’hindouisme (ou plus précisément le védisme) est arrivé avant le bouddhisme en Thaïlande où Ganesh, le dieu hindou à tête d’éléphant, est appelé Phra Pikanet³ (พระพิฆเนศ, ou Phra Pikanesuan³, พระพิฆเนศวร). Il ne doit pas être confondu avec Erawan, l’éléphant à trois têtes ! Phra Pikanet jouit d’un véritable culte. Vous le retrouverez souvent dans des centres commerciaux ou encore dans de nombreux temples bouddhistes – que ce soit sous la forme de statues ou de peintures murales; beaucoup de Thaïlandais le portent en pendentif.

La popularité de Ganesh en Thaïlande se déploie également sur le web ! Ainsi du site Siam Ganesh et de la page Facebook du même nom (évidemment, tout est en langue thaï).

Ganesh apparaît également dans le bouddhisme, non seulement sous la forme du dieu bouddhiste Vināyaka – souvent montré dansant – mais aussi sous celle d’une divinité hindoue éponyme. Symbole de la puissance mentale, on le retrouve à travers des sculptures bouddhistes. Faites donc plus connaissance avec les divinités du riche panthéon hindou en lisant l’ouvrage Dieux et déesses de l’Inde écrit par Stéphane Guillerme.

GaneshaFestival2018PikanetCNXCover0aAu royaume de Thaïlande, Ganesh est vénéré principalement par les milieux artistiques et les commerçants. Il est donc associé aux arts, à l’éducation et au commerce. Divinité connue comme éliminatrice d’obstacles, il est courant pour les bouddhistes thaïlandais de faire une offrande à un sanctuaire de Ganesh lorsque quelque chose de nouveau est entrepris comme lancer une affaire, effectuer un voyage à l’étranger, construire une nouvelle maison ou se marier. La dévotion à Ganesh est également populaire auprès des étudiants universitaires avant les examens. Connu pour son amour des beaux-arts, il encourage la créativité, d’où sa popularité auprès des artistes qui le nomment Por Kru (Père Guru). Pour la même raison, une image du dieu à tête d’éléphant est incorporée dans le logo du Département des Beaux-Arts de Thaïlande. Les grandes chaînes de télévision et les maisons de production ont des sanctuaires en son honneur devant leurs locaux. D’autres attributs associés à Ganesh en Thaïlande sont le succès, l’accomplissement, la sagesse et la richesse; il n’est donc pas surprenant que cette divinité hindoue soit si populaire auprès des Siamois. Ce culte est cependant un phénomène récent.

Autrefois, les Thaïlandais ordinaires n’étaient confrontés aux dieux hindous que dans l’étude de la littérature classique. Mais à mesure que le pays s’enrichissait, les nouvelles classes moyennes recherchaient un dieu qu’elles pouvaient vénérer pour attirer fortune et succès. C’est alors que Ganesh est devenu populaire. L’influence de la religion hindoue est encore plus forte à la Cour royale de Thaïlande (ainsi de la cérémonie annuelle du Labour Royal sur la place Sanam Luang, à Bangkok). La royauté thaïlandaise est basée sur l’idéal hindou du roi Rama, l’avatar de Vishnu, le souverain d’Ayodhaya. En fait, les rois thaïlandais ont toujours été appelés « Rama » et l’ancienne capitale de la Thaïlande (le Siam) était Ayutthaya. La capitale actuelle, Bangkok (Krungthep) n’est qu’une reconstruction d’Ayutthaya. Le vrai nom de Bangkok est « Krung Thep Thawarawadi Si Ayutthaya ». Beaucoup de Thaïlandais considèrent encore leur roi comme l’avatar d’un dieu. Parce que la royauté thaïlandaise est basée étroitement sur la mythologie hindoue, le culte des divinités païennes hindoues survit ainsi à des fins cérémonielles. Ne vous étonnez donc point du syncrétisme de bon aloi que représente l’adoration de Ganesh dans les temples bouddhistes. Une adoration que jamais le Bouddha historique n’a préconisée…


Festivités à Chiang Mai

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© Chiang Mai Deci-Delà

À Chiang Mai, l’éléphant n’est pas qu’une figure mythologique puisque l’on peut facilement rencontrer de vrais pachydermes dans la jungle environnante (les anciens se souviennent qu’en s’installant dans la région, les éléphants étaient nombreux). Pléthore sont les temples abritant les effigies de Ganesh. Qui sait si vous arriverez à trouver la petite statue de couleur turquoise représentant Ganesh en roi nichée au Wat Phra That Doi Suthep, temple le plus vénéré de la Rose du Nord… Autre sanctuaire, plus récent, celui sur la place du centre commercial MAYA, non loin de la fontaine. L’Université de Chiang Mai (CMU) en abrite elle aussi un.

C’est cependant ailleurs que la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est célébrée ici à Chiang Mai. Elle est souvent appelée Ganpati Festival, un des divers noms du dieu Ganesh¹. On vous dévoile pas moins de six adresses, à commencer par celle qu’il faut absolument visiter le samedi 15 septembre  : le musée Ganesh Himal, qui sera donc en fête ce jour-là. Rappellons – si besoin est – que la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal est une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai. À ne pas rater donc !

Ganesha Himal Museum le samedi 15 septembre 2018

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le site vaut à lui seul le détour, fête ou pas fête ! Il se trouve dans le district de Doi Lo, après la ville de Hang Dong, au sud-ouest de Chiang Mai. Pour y arriver, la petite route campagnarde no 3018 traverse de splendides rizières (ça tombe bien puisque nous sommes en saison verte). Depuis Chiang Mai, on vous conseille d’ailleurs d’emprunter au préalable la route du canal (route no 3035 et non la 108, plus directe); comptez une heure de route depuis Chiang Mai (un peu plus de 40 km). Revenez en rejoignant la rivière Ping à l’est, puis « remontant » par la très jolie route 4032 longeant la rive est. Une balade agreste que vous saurez apprécier si vous êtes en scooter. Bien qu’il soit dénommé musée, c’est bien plus un lieu de dévotion au dieu-éléphant qu’un seul site muséal. Mais il est vrai que quelques belles pièces y sont exposées. L’endroit, des plus paisibles, ravit la majorité des visiteurs qui font l’effort du déplacement. Évidemment, le jour de la fête, l’affluence est grande et ne correspond en rien au calme habituel des lieux. Un banquet gratuit est organisé; c’est dire que les dons sont les bienvenus.

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Le programme est divisé en deux jours. Le premier jour, jeudi 13 septembre 2018, de 9h à midi, une cérémonie du wai kru est organisée; c’est un rituel où les dévots rendent hommage à leur maître. Il est demandé de s’habiller en blanc. De notre point de vue, en tant que touriste, ce n’est pas ce jour-là qu’il faut y venir !

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le second jour, soit samedi 15 septembre 2018, de 9h à 16h, correspond à la Fête de Ganesh à proprement parler (Ganesh Chaturthi ou Ganpati Festival). C’est ce jour-là qu’il vous faut venir au musée Ganesha Himal ! Vous ne regretterez en rien le déplacement, croyez-nous. Riche est le programme, avec un défilé, des danses, de la musique rituelle, de nombreux adeptes rendant hommage au dieu Ganesh (sur la grande place, à l’arrière). Suivez la foule et noyez-vous dans cette ambiance religieuse unique. Entre les diverses cérémonies, vous aurez tout loisir de visiter les espaces du musée. Il est demandé de vous habiller de couleurs chatoyantes, à défaut d’un sari indien (on parle ici de la gent féminine).

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Programme du samedi 15.09.2018 :
• 9h : défilé
• 9h30 : danses et show « La légende de l’Éléphant Blanc »
• 11h : cérémonie religieuse
• 14h30 :  bénédiction du dieu Ganesh exposé sur la place
• 15h : parade (soit le retour de la statue de Ganesh dans son écrin protecteur)
• 15h30 : cérémonie Ganga Aarti

Ganesha Himal Museum (พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ)
Date : jeudi 13, de 9h à midi, mais surtout samedi 15.09.2018, de 9h à 16h (ou 17h)
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 17h)
Adresse : 277 กิ่ง,  Moo 10, borne des 35km de la route Chiang Mai-Hod, sous-district (tambon) de Yang Kram, district (amphoe) de Doi Lo, Chiang Mai 50160. En thaï : 277 กิ่ง ตำบล ยางคราม อำเภอ ดอยหล่อ เชียงใหม่ 50160
✆ +66 53 269 011 (ou +66 53 269 101), +66 53 024 287, +66 89 430 4050
Site web (qui n’est qu’en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB

Roitawarabarn Baandhewalai le dimanche 9 septembre 2018

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© Facebook – Michel Bochet

C’est là l’un des joyaux cachés de Chiang Mai; peu de touristes s’y aventurent. Et pourtant, l’endroit est situé aux pieds du Doi Suthep, au bout de la route éponyme (qui ne conduit plus à la montagne depuis la construction de la nouvelle route plus au nord). Un professeur en économie de l’université dédie sa fortune à la création d’un musée qui contient de très belles œuvres classiques (ce sont là des copies dont il demande la création à des artistes). Et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt du lieu : en y venant (et revenant), vous pouvez voir évoluer une œuvre (et surtout vous rendre compte du temps nécessaire aux artistes pour terminer leur chef-d’œuvre in vivo). Vous verrez ici non seulement de très belles peintures classiques (des reproductions du Palais Royal de Bangkok) mais également d’imposantes sculptures sur bois (un grand Ganesh noir y trône) et également des motifs sculptés dans du verre. L’entrée est libre mais rien ne vous empêche d’acheter une offrande que vous pourrez déposer aux pieds de Ganesh. Durant la fête de Ganesh du dimanche 9 septembre, qui est la première des 5 fêtes programmées à Chiang Mai, il est demandé de s’habiller de blanc.

Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Maï, un monument d’érudition, vous parle mieux que nous de ce lieu qu’il vous faut impérativement visiter. Il l’a joliment surnommé : la propriété des dieux et des déesses.

GaneshaFestival2018RoitawarabarnBaandhewalaiCoverProgramme du dimanche 09.09.2018 :
• 9h : prière au dieu Ganesh
• 10h45 : bénédiction du dieu Ganesh
• 11h : danses indiennes (vidéo)
• 12h : buffet végétarien
• 13h : visite de l’exposition permanente

GaneshaFestival2018RoitawarabarnBaandhewalaiPhotoMichelBochetMontage2

© Facebook – Michel Bochet

Roitawarabarn Baandhewalai (ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย)
Date : dimanche 09.09.2018, de 8h à 13h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 19h)
Adresse en thaï : 79/7 ม .1 ซ .2 ถ สุ เทพ สุเทพ เมือง Chiang Mai 50200
✆ +66 86 192 9699
Site web (qui n’est plus fonctionnel) / Page Facebook / Pas d’événement FB

Pikane(t) Suan Devalai le jeudi 13 septembre 2018

GaneshaFestival2018PikaneSuanDevaLogoFBC’est un nouveau lieu de culte dédié à Ganesh, celui qui nous est le moins familier. Et pourtant, il se trouve au centre-ville, à l’intérieur de la cité fortifiée, remparts sud, non loin de la porte Chiang Mai. L’étroit sanctuaire est coincé entre deux commerces (à gauche le représentant des appareils ménagers LG, à droite un point de vente d’objets bouddhistes destinés aux temples). L’entrée est surmontée d’un grand logo Ganesh doré.

Nous n’avons encore jamais assisté à aucune cérémonie en ce lieu « saint » et ce sera là sans doute une belle occasion de le faire.  La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est organisée le jeudi 13 septembre. Hors cérémonies spéciales, le personnel vous invitera à vous déchausser, vous offrira une bougie et de l’encens et vous demandera de faire sonner la cloche avant d’entrer. Vous pourrez ensuite vous adonner à des prières à l’intérieur. Et ne pas oublier de faire sonner une seconde fois la cloche avant de quitter les lieux.

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Programme du jeudi 13 septembre 2018 :
• 18h30 : début de la cérémonie avec la réception des hôtes
• 19h00 : sacrifice à Ganesh
• 20h30 : cérémonie religieuse
• 21h00 : cérémonie Ganga Aarti

Pikane(t) Suan Devalai (พิฆเนศวรเทวาลัย)
Date : jeudi 13.09.2018, de 18h30 à 21h30
Emplacement : Google Maps (ouvert de 8h à 21h)
Adresse en thaï: 39/1 ถนนบำรุงบุรี พระสิงห์ เมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50200
✆ +66 95 692 4262
Site web (en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB
Twitter / Instagram / YouTube


Pikanet Chiang Mai le vendredi 14 mars 2018

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Vous êtes fort probablement passé à côté de ce lieu de culte aux statues spectaculaires sans même vous en rendre compte ! Il est en effet accolé au terminal 2 de la gare routière Arcade ! Maintenant que vous le savez, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas le visiter, à votre arrivée (ou à votre départ) de Chiang Mai en bus. Ganesh est au centre de ce sanctuaire qui lui est dédié – et dont il porte le nom thaïlandais – mais d’autres statues du panthéon hindou sont érigées là. Ici, pas de Bouddha !

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Le lieu est souvent animé et nous relatons régulièrement sur notre page Facebook les fêtes qui y sont organisées (et même bien organisées, fêtes qui donnent à voir de belles danses du Lanna). En l’occurrence, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi, คเณศจตุรถี) se déroulera vendredi 14 septembre, en soirée. Notez que le site est souvent en fête (l’on peut commander des cérémonies spécifiques contre monnaie sonnante et trébuchante; après tout, Ganesh est censé attirer la fortune 😏). Habituellement, les cérémonies au Pikanet voient affluer des dévots habillés de blanc. Mais ce jour-là, s’agissant de la Fête de Ganesh, le code vestimentaire demande aux invités de s’habiller de couleurs chatoyantes; les dames en profiteront pour se vêtir de leur plus beau sari de couleur.

GaneshaFestival2018PikanetCNXCoverFBevent

Programme du vendredi 14 septembre 2018 :
• 19h00 : danses cérémonielles
• 19h30 : enregistrement des invités
• 20h00 : cérémonie religieuse Ganesh Chaturthi
• 21h10 : cérémonie religieuse Aarti

Pikanet Chiang Mai (ศาลพระพิฆเนศ อาเขตเชียงใหม่)
Date : vendredi 14.09.2018, de 18h à 22h (en journée dès 9h)
Emplacement : Google Maps (ouvert 24 heures sur 24)
Adresse en thaï : 207 ซอย5 ถนน แก้วนวรัฐ ตำบลวัดเกต อำเภอเมือง เชียงใหม่ 50000
✆ +66 95 639 8881
Site web (version anglaise indigente) / Page FacebookÉvénement FB / Twitter


Ashram Guru Deva le dimanche 16 septembre 2018

La communauté de cet ashram discret situé entre Doi Saket et le lac Mae Kuang Dam, à l’est de Chiang Mai (précisément ici), organise elle aussi une fête à Ganesh. Elle n’a ni la magnificence de celle du musée Himal Ganesh ni la ferveur du Pikanet Chiang Mai . Néanmoins, cette cérémonie est originale puisqu’elle verra son guru mettre à l’eau une statue de Ganesh comme cela se fait en Inde. Ça se passe au bord de la rivière Ping dans le parc près du pont Nawarat. De quoi agrémenter joliment votre dimanche après-midi.

GaneshaFestival2018AshramGuruDevaCover

La cérémonie durera tout au plus deux heures. Elle débute le dimanche 16 septembre, à 14h, avec une procession qui démarre au marché Warorot pour rallier les bords de la rivière Ping, juste en face de la First Church (une grande église évangélique).

Ashram Guru Deva (กูรูเดวาอาชรัม(อีโคไลฟ์))
Date : dimanche 16.09.2018, de 14h à 16h
Emplacement de la cérémonie : Google Maps
Pas d’adresse précise s’agissant d’un parc au bord de la rivière Ping
À notre connaissance, aucun site web ni page Facebook n’est géré par cet ashram. Page Facebook du guru.


Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent) le mercredi 19 septembre 2018

On clot la liste des animations dédiées au dieu Ganesh par le dernier événement, en journée, organisé dans un endroit plutôt insolite puisqu’il s’agit d’un temple tout ce qu’il y a de plus bouddhiste, le Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (Silver Temple en anglais), sur Wualai Road, au cœur du fameux marché piétonnier du samedi soir. C’est un temple qui organise une cérémonie prisée des touristes, le samedi soir justement, avec une veillée aux chandelles autour du temple d’argent, illuminé à cette occasion des seules bougies des dévots. L’épicentre est interdit aux femmes… Mais la fête dont il est question ici, dédiée à Ganesh donc, aura lieu le mercredi 19 septembre 2018, dès 9h39. Ne manquez pas le défilé programmé à 15h39 (on sait être précis en Thaïlande, du moins dans les programmes 😏). Code vestimentaire : couleurs chatoyantes à défaut d’un sari indien.

Programme du mercredi 19.09.2018 :
• 9h39 : bain rituel de Ganesh
• midi : repas en commun
• 15h39 : défilé

Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent, วัดศรีสุพรรณ ในพระอุปถัมภ์ พระเจ้าหลานเธอพระองค์เจ้าทีปังกรรัศมีโชติ)
Date : mercredi 19.09.2018, de 9h39 à 16h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 5h39 à 21h30)
Adresse en thaï : 100 ถนนวัวลาย ตำบล หายยา อำเภอเมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50100
✆ +66 61 403 2581 et +66 97 215 5397
Site web, page Facebook (qui n’est pas la page officielle), pas d’événement FB à notre connaissance

Comme cela fait beaucoup de cérémonies en des lieux fort dispersés, on publie ci-dessous la carte des divers emplacements (ne nous remerciez pas, c’est tout naturel) :


Ailleurs en Thaïlande

Vous trouverez des sanctuaires et des statues de Ganesh – souvent immenses – dans toute la Thaïlande. L’un des plus célèbres est situé dans le quartier commerçant de Ratchaprasong à Bangkok, précisément au Central World, à l’extérieur, en face du magasin Isetan, sur Ratchadamri Road (ouvert 24 heures sur 24, arrêt BTS Chidlom). Les habitants y déposent des statuettes d’éléphants, des guirlandes de calendula frais, des bonbons, des bananes et de la canne à sucre.

Autre sanctuaire des plus vénérés, celui du temple royal des brahmanes au centre de Bangkok, près de la balançoire géante (Giant Swing). Le temple hindou Wat Phra Si Maha Utama Devi (วัดพระศรีมหาอุมาเทวี), à Silom, abrite lui aussi une statue de Ganesh qui a été transportée d’Inde à la fin du XIXe siècle. Une statue de bronze du Xe siècle a, elle, été retrouvée à Phang-Na avec des inscriptions tamoules. Enfin, la province Chachoengsao, à l’est de Bangkok, abrite pas moins de trois parcs exposant des statues géantes de Ganesh, dont celle qui est considérée comme la plus grande statue de Ganesh au monde (site web et page Facebook).

Dans tous ces lieux de culte, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) sera bien évidemment célébrée cette semaine (à des dates diverses). Deux des plus grands événements ont lieu au temple Shiva (ตำหนักพระแม่กวนอิมมหาโพธิ์สัตว์อวโลกิเตศวร โชคชัย 4 สาขารามอินทรา), à l’extérieur de Bangkok, et au temple Utthayan Ganesh à Nakhon Nayok, dans la province éponyme, à l’est de la capitale (Ganesha Park, อุทยานพระพิฆเนศ). Généralement, les bouddhistes thaïlandais participent également aux célébrations aux côtés des hindous.

Vous savez maintenant que Chiang Mai Deci-Delà vous invite à vivre pleinement toutes les fêtes et festivals au contact de la population locale. C’est sans nul doute là la plus belle des manière de se frotter à la culture siamoise. Et cette Fête de Ganesh, bien que venue d’ailleurs, en fait bien évidemment partie. Si vous faites l’acquisition d’une statuette de Ganesh afin de vous remémorer votre voyage en Thaïlande – et pourquoi pas attirer fortune et succès, tenez compte de ces 10 règles pour la placer correctement ! Joyeuse fête à tous et que la fortune et le succès vous accompagnent.


Mise à jour après l’édition 2018

Peu sont les touristes et expatriés ayant vécu l’événement en direct, sur place au musée Ganesha Himal. Il n’empêche, belle fut la fête !

GaneshaFestival2018GanheshaMuseumPhoto2018Montage1

Édition 2018 – Crédit photo : Narin Srikhamlure – Source : พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ – © Facebook

Vidéos de l’édition 2018 : cortège initialcélébrationfin de la célébration et cortège final
Photos de l’édition 2018 : set 1set 2set 3set 4

Vous pouvez également voir ou revoir la cérémonie organisée au Pikanet Chiang Mai, le sanctuaire accolé à la gare routière Arcade : vidéo. Pour les danses, il nous faut nous contenter de photographies.

De même pour la cérémonie au Pikane(t) Suan Devalai : premier montage-photo suivi d’un second montage. Et là aussi, quelques photos.

Enfin, l’immersion du Ganesh dans la rivière Ping lors de la cérémonie de l’ashram Guru Deva avec également quelques photos.


¹ ou Ganesha, mot sanskrit. Ganesh porte un grand nombre d’autres noms (Autres noms de Ganesh, Wikipédia): Ganapati (le chef des Ganas), Vinâyaka (le meilleur des guides), Gajânana (face d’éléphant), Gajâdhipa (le roi des éléphants), Vighneshvara (le maître des obstacles), Vighnahartā (celui qui évite et écarte les obstacles). Les 12 noms en sanskrit les plus souvent utilisés pour les prières courtes sont : Sumukha (Celui qui a un beau visage), Ekadanta (Celui qui n’a qu’une seule défense), Kapila (Celui qui est rouge foncé), Gajakarnaka (Celui qui a des oreilles d’éléphant), Lambodara (Celui qui a un ventre proéminent), Vikata (Celui qui est imposant), Vighnanasha (le destructeur des obstacles), Ganadhipa (le maître des Ganas, serviteurs de Shiva), Dhumraketu (Celui dont la bannière est grise), Ganadhyaksha (le chef des Ganas), Bhalachandra (Celui qui porte la lune sur son front), Gajânana (Celui qui a une tête d’éléphant).
² Lire à cet effet l’ouvrage India-Thailand Cultural Interactions: Glimpses from the Past to Present, sous la direction de Lipi Ghosh.

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia (Ganesha in world religions).
Source de l’image à la Une. Mise à jour le 18.09.2018

Spectaculaire ascension du Doi Suthep par les nouveaux étudiants de la CMU

Les habitants de la Rose du Nord considère que « qui n’est pas venu au temple du Doi Suthep n’a pas visité Chiang Mai ! ». C’est dire le rôle primordial que joue ce temple bouddhiste ô combien vénéré – sans doute le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Et comme l’Université de Chiang Mai (dont l’acronyme est CMU mais que les habitants de Chiang Mai appellent affectueusement มช, se prononçant mor chor) se trouve à ses pieds, c’est tout naturellement qu’un rite de passage¹ impliquant les nouveaux étudiants est organisé annuellement. Il s’agit, en anglais, du CMU Trekking, à savoir l’ascension, à pied obvie, du mont Suthep. Ils sont plus de 8’000, c’est dire que l’ascension est spectaculaire, d’autant que les traditions du Lanna sont mise en avant en commençant par les habits traditionnels. Spectacle immanquable que nous ne saurions que trop vous conseiller.

Cette année 2018, l’événement se déroulera le samedi 8 septembre, aux aurores

En tant que touriste, la visite du temple perché au sommet du Doi Suthep se doit d’être impérativement au programme. C’est la montagne tutélaire de la ville de Chiang Mai. De là-haut, la vue sur toute la vallée est splendide (encore plus si vous effectuez la visite aux aurores, seul ou presque, en participant aux aumônes matutinales, ou alors en soirée, assistant aux prières des moines bouddhistes). Mais la visite du temple du Doi Suthep prendra une tournure tout autre à deux occasions précises :

  • lors du pèlerinage annuel nocturne du Doi Suthep précédant Visakha Puja, la plus importante fête bouddhiste (elle a lieu généralement au mois de mai),  et
  • lors de cet événement académique qui réunit plus de 10’000 participants et qui fait l’objet du présent article (il se déroule généralement le second samedi du mois de septembre). Ci-dessous, la splendide vidéo officielle de l’édition 2016.

Organisation de la cérémonie

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© Chiang Mai Deci-Delà

C’est l’Union des Étudiants de l’Université de Chiang Mai (CMU) qui organise la manifestation. Il s’agit donc d’une célébration d’accueil des étudiants de première année de la CMU, soutenus par leurs coreligionnaires plus âgés (l’Université de Chiang Mai compte plus de 36’000 étudiants venus de toutes les provinces de la Thaïlande). Un événement qui se rapproche des baptêmes d’étudiants occidentaux en tant que rites de passage¹ marquant le début de la nouvelle session académique. Tous les élèves universitaires de 1ère année se soutiennent afin de réaliser cette difficile ascension, à pied, ce qui leur permet de nouer de solides amitiés. Vous y verrez des scènes émouvantes, notamment celles où les étudiants handicapés (en chaise roulante par exemple), sont soutenus par leurs camarades afin que tous arrivent au sommet. Formidable cortège, avec chants et bavardages, qui ne manquera pas de vous impressionner.

Programme et horaire

CMUTrekkingWalkUpDoiSuthep2018CheckPointsCe samedi 8 septembre 2018, l’événement débute officiellement à 5h du matin, à l’aube. Les premiers étudiants s’élancent donc aux aurores ! La place d’où part la marche reste animée jusque vers 10h; vous pourrez ainsi profiter des animations culturelles. Et comme les premiers étudiants arriveront au temple – au sommet de la montagne donc – vers 8h, un choix cornélien s’imposera à celui qui voudra vivre l’événement : soit participer au point de départ de tous les participants au bas du Doi Suthep, soit alors les attendre à leur arrivée au temple éponyme, sur les hauteurs. Vous pouvez également les encourager le long du parcours, notamment dans l’avant-dernier virage, celui en épingle à cheveux.

A noter que la circulation est difficile ce jour-là dans tout le quartier de l’université, des tronçons de la route étant fermés tôt le matin. Perturbation à prévoir jusqu’à 18h. La pluie peut par ailleurs s’inviter car c’est saison verte en ce moment.

CMUTrekkingWalkUpDoiSuthep2018PrideCMUMontage

Signalons encore la présence du groupement Pride CMU qui regroupe la communauté LGBT. Ils  seront également de la partie afin de sensibiliser leurs collègues et amis étudiants à leur cause. Inoubliable, la journée l’est forcément pour ces jeunes étudiants qui rejoignent le sommet à pied. Une cohorte de marcheurs qui pourra se sustenter sur le parcours jonché de nombreux stands (beaucoup d’entreprises sponsorisent l’événement). Mais la journée sera aussi inoubliable pour vous car c’est là un événement des plus authentiques, pratiquement inconnu des touristes. C’est pourquoi, nous vous conseillons grandement d’y participer.

Le CMU Trekking 2018 sur le net
Page Facebook de l’Union des Étudiants de l’Université de Chiang Mai (@SMOCMU, สโมสรนักศึกษามหาวิทยาลัยเชียงใหม่)
Événement Facebook (ประเพณีรับน้องขึ้นดอย มหาวิทยาลัยเชียงใหม่ 2561 (Official))
‣ Hashtags de l’événement : #CMUtrekking2018 & #รับน้องขึ้นดอย61
FB Live (l’événement en direct) : premier direct officiel, second, troisièmequatrième et cinquième !
‣ Emplacement du départ de la marche sur Google Maps


Naissance d’un rite de passage¹

La tradition remonte à 1964 (soit 2507 selon le calendrier bouddhiste thaïlandais), année où 291 étudiants ont pris part à l’événement (vidéo historique). Il n’y a pas moins de 11 km pour arriver au sommet du Doi Suthep, escalade qui se fait en 3 à 4 heures de marche. Comme c’est la saison des pluies, l’air est humide est la chaleur présente. Qui plus est, tous les étudiants redoutent la déclivité du dernier virage, juste avant d’arrivée au temple, le Wat Phrathat Doi Suthep Rat Wora Wihan, de son nom complet. C’est notamment dans ce virage en épingle à cheveux qu’on peut voir les étudiants effectuer une chorégraphie bras dessus bras dessous (ici et ), s’élançant et en émettant des cris de guerre.

Accompagnés de leurs professeurs, les élèves se regroupent par faculté. Belle occasion pour eux de se faire de nouveaux amis, en formant de nouveaux liens. L’objectif de cette journée n’est pas seulement d’accueillir les nouveaux étudiants de l’université mais aussi de favoriser les relations entre les nouveaux arrivants et les anciens étudiants. Aux yeux d’un Occidental, cet impressionnant défilé est l’occasion de constater l’extrême obéissance des étudiants. Une expérience unique des plus émouvantes, inoubliable pour tous les étudiants de la CMU, étudiants qui sont invités à ne pas boire d’alcool ce jour-là.

En y allant, la première chose qui vous frappera sera leur habillement. Comme dans toutes les écoles du royaume, l’uniforme est de rigueur. Mais ici, non seulement le style Lanna – du nom de l’ancien royaume du nord – est respecté mais chaque faculté dispose de son propre costume. Ce sera aussi pour vous l’occasion de découvrir de magnifiques danseuses Lanna et des musiciens frappant les fameux tambours traditionnels du Lanna. C’est dire que le spectacle est aussi culturel.


Imbrication du bouddhisme dans la société thaïlandaise

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© Facebook – Édition de l’année 2017

La dimension religieuse est prégnante. Tous les étudiants sont bénis par un moine au départ, sur l’esplanade centrale de la CMU, à la jonction de la route Huay Kaew (vous risquez vous aussi d’être aspergé d’eau bénite). Un premier arrêt est effectué au sanctuaire dédié à Kruba Srivichai, non loin, juste après le zoo. Par ailleurs, des étudiants transportent une statue d’éléphant en verre contenant des reliques; il s’agit de Ganesh (que les Thaïlandais appellent พระพิฆเนศ, Phra Phikanet, ou encore พระพิฆเนศวร, Phra Phikanesuan). Avec son socle en bambou, cette châsse pèse près de 300 kg ! In fine, tout le monde rend hommage à Bouddha une fois arrivé au temple (306 marches closent l’ascension), en déposant une fleur de lotus. Il s’agit d’accumuler des mérites – notion plus que chère au cœur de Thaïlandais et que nous développerons un jour – et d’attirer la chance durant les années de leurs études. Anecdotiquement, des centaines de chaussures attendent les pieds de leur propriétaires car, comme dans tout temple bouddhiste qui se respecte, on se déchausse !

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© Facebook – Édition de l’année 2017

 


De la qualité du système éducatif siamois²

Tout éblouis que nous sommes par la splendeur de cet événement unique, n’en oublions cependant pas que le système éducatif du royaume de Thaïlande ne vaut tripette en comparaison internationale. Nous ne rappellerons ici que quelques faits : en 2013, parmi les pays de l’ASEAN, la Thaïlande n’occupait que le huitième rang (sur 10 pays) en termes de qualité de l’éducation. En 2015, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) a signalé que les résultats des élèves thaïlandais avaient considérablement baissé par rapport à l’évaluation précédente, notamment en lecture et en sciences. La Thaïlande a à nouveau été giflée en 2017 par le Rapport mondial de suivi de l’éducation 2017/2018 de l’UNESCO. Un système éducatif jugé archaïque et critiqué par le gouvernement ! Sachez encore pour conclure que le classement de Shanghai 2018³ n’intègre plus aucune institutions académiques thaïlandaises dans les 500 meilleures universités du monde (alors qu’en 2017, l’université Chulalongkorn y figurait) ! Seules quatre universités siamoises sont encore classées et elles font piètre figure (au-delà du 501e rang, la CMU étant située entre la 801e et la 900e place, sur 1000 donc…).

Les élites thaïlandaises n’hésitent d’ailleurs pas à inscrire leur progéniture dans les écoles internationales puis à les envoyer à l’étranger pour terminer leurs études (principalement en Australie et aux USA). Néanmoins, Chiang Mai n’est pas à la traîne en matière d’amélioration pédagogique². Dans un monde où l’interdépendance ne fait que s’accroître, espérons que le système éducatif des écoles thaïlandaises se modernisera sans renier la culture qui fait des Thaïlandais ce qu’ils sont, ceci afin que leurs étudiants s’intègrent au mieux et s’épanouissent dans la société qui sera la leur.

#CMUtrekking2018 #รับน้องขึ้นดอย61 #DoiSuthep


Mise à jour du 9 septembre 2018, au lendemain de l’événement

On vous livre ci-dessous le résumé vidéo de เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News qui, à nos yeux, reflète parfaitement cette émouvante marche estudiantine vers le temple du Doi Suthep, événement que nous vous conseillons vivement de vivre… l’année prochaine 😉 Une autre vidéo, très belle elle aussi, vous dévoile un peu des coulisses de cet événement unique à travers le regard d’un participant.


¹ Lire à cet effet Les nouveaux rites de passage, une transmission expérientielle, une intervention de Fabrice Hervieu-Wane ou, plus spécifiquement, Le rite de passage dans nos sociétés contemporaines : l’exemple leu baptême étudiant, une analyse de Bénédicte Loriers.
² Lire à cet effet l’article Education is Coming Home: How Chiang Mai is Taking a Lead in Education Reform du magazine anglophone Citylife. Nous consacrerons un jour un article plus fouillé à ce sujet sensible.
³ Appellation commune du ARWU – Academic Ranking of World Universities en anglais (soit le classement académique des universités mondiales par l’université Jiao Tong de Shanghai).

Source de l’image à la Une. Mise à jour le 11.09.2018

Seub, l’icône écologiste de la Thaïlande

Seub1, c’est un peu le « Nicolas Hulot » de la Thaïlande, à la différence près que cet activiste s’est donné la mort il y a 28 ans 😔 Feu Khun Seub est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire récente de la Thaïlande. Véritable défenseur de l’environnement, la protection des forêts et de la faune habitait cet écologiste convaincu. Il a payé sa passion en sacrifiant sa vie.

On considère un peu trop vite la Thaïlande comme un mauvais élève en matière d’écologie. Pensons ici au carburant E91 vendu dans tout le royaume (alors qu’il a été interdit en Europe), à la consommation effrénée de plastique (la Thaïlande est un des  cinq pays les plus pollueurs en la matière) ou encore au sort réservé aux éléphants, exploités de manière éhontée. Mais il y a ici aussi des activistes en matière d’écologie et Seub en faisait partie. Sa disparition, tragique, est commémorée annuellement, le 1er septembre, une opportunité de parler de la préservation de l’environnement au Pays du Sourire.


Quid donc était Seub2 ?

Seub Nakhasathien (สืบ นาคะเสถียร en thaï), militant et érudit thaïlandais, était un défenseur de l’environnement, reconnu pour ses efforts visant à protéger un important lac artificiel et des réserves animalières. Après des années de combat écologiste, Seub s’est suicidé le 1er septembre 1990 pour signifier l’importance de l’environnement et pour le préserver. Sa mort a inspiré de nombreux jeunes Thaïlandais à s’engager pour la protection de l’environnement.

Les premières années. Seub, né Seubyos dans la province de Prachinburi, était l’enfant du gouverneur, par ailleurs chasseur. Sa famille exploitant une ferme, il a été en contact avec de nombreux animaux, recueillant également des animaux sauvages, dont beaucoup sont morts à cause d’un traitement inadéquat. Adolescent, il aimait à chasser les oiseaux. Plus tard, sa maturité aidant, Seub a cessé d’en chasser. De ce passé, il dira : « Nous avons tous fait des erreurs. »

Sa carrière. Seub était un perfectionniste. Quelle que soit la taille de la tâche, il se sentait contraint de l’accomplir sans faille. En raison de sa passion pour les arts, Seub voulait étudier l’architecture. Mais ses résultats à l’examen d’entrée à l’université l’ont orienté vers la Faculté de foresterie de l’Université Kasetsart, son cinquième choix d’études. Son camarade de classe et colocataire a décrit Seub comme un étudiant brillant, toujours assis à l’avant de la classe et prenant des notes avec des dessins. Seub a été toujours vu en train de lire des livres le soir. Il s’investissait avec sérieux dans toutes ses tâches. Après l’obtention de son diplôme, il a poursuivi des études supérieures en sylviculture. En 1979, il a reçu une bourse du British Council pour une maîtrise à l’Université de Londres afin d’étudier la conservation des ressources et de l’environnement. Il a également obtenu une bourse de doctorant pour étudier au Royaume-Uni en 1989, mais a décidé d’accepter le poste de surintendant du sanctuaire de la faune sauvage Huai Kha Khaeng. Il a par ailleurs mené des recherches sur les animaux sauvages, en particulier les oiseaux, les gorilles, les chamois… Il a également travaillé comme professeur de biologie à l’Université Kasetsart.

Le projet d’évacuation de la faune de Cheow Larn. En 1986, Seub a été nommé chef de projet d’évacuation de la faune lors de la création du barrage de Cheow Lan, avec un faible budget (il s’agissait d’évacuer une zone de 400 km²) ! Le barrage de Rajjaprabha ou barrage de Cheow Lan, treizième barrage de Thaïlande, a été achevé en 1987. L’inondation qui en a résulté a détruit 185 kilomètres carrés de la plus grande superficie restante de forêt pluviale à feuillage persistant des basses terres du pays. Pour la première fois en Thaïlande, une opération de sauvetage a été menée pour tenter de sauver une partie de la faune sauvage, qui comprenait des espèces menacées et en voie de disparition échouées sur les îles au fur et à mesure que les eaux s’élevaient. En 18 mois, 1’364 animaux de 116 espèces ont été capturés. Quarante-quatre sont morts peu après. Les survivants ont été relâchés dans des zones protégées à proximité. Seub a pu sauver des centaines d’animaux mais il savait que beaucoup d’autres n’ont pas pu s’échapper et en sont morts. Après ce qu’il considérait comme l’échec du projet Cheow Lan, il s’est battu contre d’autres projets d’exploitation forestière et de construction de barrages, comme le barrage de Nam Chon. Le projet de l’État de construire le barrage au cœur de la forêt de Thungyai Naresuan dans les années 1990 a déclenché la première protestation environnementale du pays dans laquelle les manifestants ont eu gain de cause.

Sanctuaire de la faune Huai Kha Khaeng. En 1988, Seub et ses collègues conservationnistes ont pris des mesures contre la Thai Plywood Co. Ltd, une entreprise d’État relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement au sujet d’une concession forestière dans le sanctuaire faunique de Huai Kha Khaeng (ห้วยขาแข้ง). Dans son argumentation, il a affirmé que « celui qui veut faire de l’exploitation forestière est le Département Royal des Forêts, et celui qui veut conserver la forêt est aussi le Département Royal des Forêts ».

Ce sanctuaire, un endroit unique, qui préserve une importante faune sauvage, se trouve à l’ouest de la Thaïlande, le long de la frontière avec le Myanmar (l’ex-Birmanie, dans les provinces d’Uthai Thani, Tak et Kanchanaburi). Ce sont en fait deux sanctuaires distincts mais contigus, Huai Kha Khaeng et Thung Yai Naresuan. Cette région de 622’200 hectares englobe deux importants systèmes fluviaux, le Khwae Yai supérieur et le Huai Khakhakhaeng. Il s’agit ni plus ni moins de la plus grande zone de conservation de l’Asie du Sud-Est continentale et l’une des zones forestières les moins accessibles et les moins perturbées de Thaïlande. Et c’est ce qui explique que ces deux réserves ont été inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que biens naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité, premier du genre en Asie du Sud-Est.

Sanctuaires de Thung Yai-Huai Kha Khaeng
S’étendant sur plus de 600 000 ha en bordure de la frontière avec le Myanmar, les sanctuaires, demeurés en grande partie intacts, contiennent presque toutes les formations forestières de l’Asie du Sud-Est continentale. Ils abritent un ensemble d’espèces animales très divers, dont 77% des grands mammifères (notamment éléphants et tigres), 50% des grands oiseaux et 33% des vertébrés terrestres que l’on trouve dans cette région.
Tous les détails de ces sanctuaires sur le site web de l’Unesco (description, cartes, documents, galerie de photos, indicateurs et demande d’assistance).
Le sanctuaire Huai Kha Khaeng a sa propre page Facebook, hélas animée en langue thaï seulement.

Seub avait une vision de protection globale de ces réserves animalières : des gardes forestiers doivent patrouiller avec les équipes de protection de la faune pour s’assurer que les animaux ne soient pas blessés et que la déforestation soit stoppée. L’idée de « zones tampons forestières » a été mise en œuvre. Les villages de la zone tampon forestière ont été mobilisés en tant que « villages forestiers ». Leurs habitants ont été impliqués avec des programmes d’arrêt de la chasse et de la déforestation. Les villageois ont d’ailleurs remis leurs armes à feu aux autorités en signe de bonne foi et de coopération.

SeubNakhasathien2018PriwanDenMontagePhoto

© Facebook – Priwan Den (1 & 2)

Suicide. En 1989, sous pression (il devait notamment gérer un problème de salaire d’ouvriers, de même que des désaccords avec des cadres supérieurs, sans parler de la mort de certains employés), alors qu’il était à la tête du sanctuaire Huai Kha Khaeng, Seub se découragea. Pour lui, la seule façon de conserver pleinement le sanctuaire était d’en faire un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Après avoir effectué des recherches et complété le rapport à cet effet, il l’a soumis à l’organisation qui l’a approuvé après sa mort. Le 31 août 1989, Seub travaillait comme d’habitude. Le lendemain, vers 4h du matin, un coup de feu a été entendu mais au Huai Kha Khaeng le bruit des coups de feu n’était pas rare. Seub n’a pas été vu au petit-déjeuner. À 10h, un de ses collaborateurs s’est rendu à son refuge et a trouvé son corps sur son lit entouré de morceaux de papier. Sur l’un d’eux était écrit : « J’ai l’intention de me tuer, personne n’a été associé dans cette décision », signé par Seub.

Perception du suicide d’un point de vue bouddhiste3
Selon les enseignements de Bouddha, ce qu’un individu fait à tout moment aura une conséquence sur son avenir, dans cette vie ou dans la suivante (principe de la réincarnation). Il y aurait donc un lien de cause à effet, appelé karma par lequel toute action intentionnelle du corps, de l’esprit ou de la parole aurait des conséquences et des répercussions à l’avenir. Nos actions passées détermineraient ainsi les caractéristiques de notre existence terrestre. Selon certains maîtres bouddhistes, le suicide commis dans une vie pourrait entraîner sa répétition dans plusieurs vies suivantes. Une exception cependant, le suicide altruiste, dans une vie passée, le bouddha aurait sacrifié son existence en offrant son corps à une tigresse affamée allaitant cinq tigrons, qui devinrent les cinq premiers disciples de Bouddha.

La mort de Seub a poussé la Thaïlande à l’action. Dix jours après sa crémation, le 10 septembre 1990, correspondant au 94e anniversaire de la création du Département Royal des Forêts, la Fondation Seub Nakhasathien a été créée. Elle a reçu des dons de Sa Majesté la reine douairière Sirikit et de Son Altesse la Princesse Soamsawal, ainsi que des milliers d’autres sympathisants. Ses objectifs sont de protéger les sanctuaires naturels ainsi que la flore et la faune qui les habitent et de protéger les espèces en voie de disparition.

Retrouvez cette biographie, plus complète, en anglais, sur Wikipédia, ou encore sous forme de 10 transparents (slideshow).

Seub Nakhasathien a publié de nombreux textes liés à ses recherches, variées, par exemple sur la cigogne de Storm, sur la gestion de la forêt, qu’elle soit présente dans un bassin hydrographique ou qu’il s’agisse de forêt marécageuse de tourbe, sur le sauvetage de la faune, sur l’importance des sanctuaires fauniques, sur le muntjac de Fea, une espèce en voie de disparition, sur la nidification et la ponte de certaines espèces d’oiseaux, ou encore sur l’impact des centrales hydroélectriques sur la faune. Seub est connu de tous les Thaïlandais. Dans la culture populaire, plusieurs artistes lui ont consacré une chanson. Un poisson d’un nouveau genre découvert dans le sanctuaire de faune de Chiang Dao, ici dans la province de Chiang Mai, porte même son nom, l’oreglanis nakasathiani.

Pour commémorer la grandeur de Seub, Thai PBS a produit un documentaire, diffusé en 2013, The lights never gone (แสงไฟไม่เคยดับ). Par ailleurs, en 2015, Phakpoom Wongpoom est l’auteur d’un court métrage, Falling rain in Huai Kha Khaeng (ฝนตกที่ห้วยขาแข้ง),  avec Nopchai Chainam dans le rôle de Seub Nakhasathien, partie intégrante du quadriptyque Royal symphony – Songs in our Heart (คีตราชนิพนธ์์ บทเพลงในดวงใจราษฎร์), œuvre inspirée par les compositions musicales de feu le roi Bhumibol. Voici la bande-annonce du film qui conte la vie de Seub, dont la fin est tragique :


Commémorations du 1er septembre

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de la mort de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. A notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2018 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. Une exposition en plein air est organisée à l’occasion des 28 ans de la disparition de Seub. Le vendredi 31 août, en plus d’un débat l’après-midi, un concert a lieu à 17h, puis une cérémonie aux chandelles à 20h20 suivie d’un spectacle son et lumière sur la vie de Seub. Le lendemain, samedi 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.
Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

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🌳 Evénement national du 7 au 9 septembre 2018 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï).


La Fondation Seub Nakhasathien

SeubNakhasathien2018LogoFBthaCréée dix jours après la crémation de Seub, la Fondation Seub Nakhasathien maintient le flambeau environnementaliste. Elle s’est donnée pour tâches :

  1. Le soutien de la réserve animalière Huai Kha Khaeng.
  2. L’amélioration du bien-être des gardes-forestiers par des programmes d’empowerment.
  3. La protection et la conservation des forêts sous le concept « Pas de forêt, pas d’eau ».
  4. La promotion de la conservation des ressources naturelles et de l’environnement.
  5. Le soutien de la recherche sur la faune à travers la création d’un fond spécifique.

Ces cinq axes d’action expliquent par exemple l’implication de la fondation dans une récente affaire qui a scandalisé l’opinion publique thaïlandaise : le braconnage du patron multi-millionaire d’ItalThai qui est notamment soupçonné d’avoir tué une panthère noire, espèce protégée. La fondation suit cette affaire et veut que le coupable soit condamné (Son Altesse royale la princesse Ubolratana, soeur-ainée du roi actuel Rama X, soutient moralement le ranger à la base de la dénonciation). Plus d’informations (mais c’est en thaï).

La Fondation Seub Nakhasathien sur le net

Site web (en langue thaï uniquement)
Page Facebook (version anglaise peu mise à jour)
Twitter
Instagram
YouTube
Issuu (qui nous permet de consulter le magazine édité par la fondation)


Autres organismes environnementaux

De par la richesse de sa faune et de sa flore, sans oublier bien entendu celle des fonds marins, le royaume de Thaïlande se doit d’être attentif à la protection de son environnement. Mme Pinkaew Laungaramsri, maître de conférence à la CMU – Université de Chiang Mai, nous parle de la politique de conservation de la nature en Thaïlande, un article publié dans la Kyoto Review of Southeast Asia.

Les ONG environnementales de la région du sud-est asiatique représentent un mouvement émergent. En Thaïlande, où elles sont plus développées, les ONG environnementales sont devenues une voix forte que le gouvernement ne peut plus ignorer4Moult ONG sont actives dans le pays, certaines focalisées sur la sauvegarde animale, d’autres sur l’environnement en général. Parmi elles, le WWF Thailand, de même que Greenpeace Thailand, ont rendu hommage à Seub Nakhasathien ce 1er septembre. Citons encore, en vrac :

  • La fondation Freeland. Une fondation – soutenue par USAID – qui fournit une expertise et un soutien au réseau de sauvegarde de la faune sauvage des nations du sud-est asiatique (ASEAN Wildlife Enforcement Network), fruit d’une initiative intergouvernementale régionale visant à lutter contre la contrebande d’espèces sauvages.
  • La Fondation PATT – Plant A Tree Today. Voilà une ONG que n’aurait pas reniée Seub. Créée pour lutter contre la déforestation en cours par le biais de campagnes d’éducation du public et de plantations d’arbres, elle est fort active en Thaïlande.
  • Green Fins Thailand. Une organisation soutenue par l’UNEP – le programme de l’ONU Environnement qui travaille avec les opérateurs économiques, les communautés et les gouvernements. Cette ONG aide à mettre en œuvre des normes environnementales pour l’industrie de la plongée et du snorkelling par le biais d’un code de conduite.
  • Et enfin, non loin de Chiang Mai, Conserve Natural Forests (CNF – Préservation des Forêts Naturelles). Une organisation à but non lucratif basée à Pai qui vise à restaurer les écosystèmes tropicaux endommagés avec, comme principaux idéaux, le reboisement, la réhabilitation de la faune et l’éducation.

Les minorités ethniques, nombreuses ici au nord de la Thaïlande, sont très concernées par la problématique de l’environnement, notamment à travers la déforestation rampante. Qui est en contact avec les Karens, par exemple, sait ce peuple très proche de la nature. Ainsi, à la naissance d’un enfant, certains Karens entourent un petit arbre à l’aide du cordon ombilical : ce sera là l’arbre que le nouveau-né devra protéger tout au long de son existence. Il est donc naturel que des ONG soutiennent ces peuplades, à l’exemple de la KWCI – Initiative karenne pour la préservation de la faune et de la flore.

On mentionne in fine le Ministère thaïlandais des Ressources Naturelles et de l’Environnement (son site web et sa page Facebook).


Déforestation. Du combat des environnementalistes, parfois mortel !

Il est bien loin le temps du royaume du Siam couvert de forêts épaisses et luxuriantes, habitées par une faune abondante, en particulier ici au nord ! La déforestation, commencée au XIXe siècle, a fait des ravages inéluctables. La forêt de Thaïlande, comme toutes les forêts tropicales, est en voie de disparition, hélas, trois fois hélas. Il s’agit cependant d’une problématique complexe. Lisez donc ces deux articles : Quel avenir pour les forêts thaïlandaises ? et En Thaïlande, les arbres cachent une forêt d’injustice. Celles et ceux désirant connaître le sujet plus en profondeur liront avec intérêt cet autre travail de Jean-Pierre Lainé : Déforestation et reboisement en Thaïlande. Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous agir. En premier lieu en évitant d’acheter du bois devenu rare comme le teck. Il existe des labels assurant la durabilité sylvicole à l’image du label FSC.

Le précédent roi de Thaïlande, feu Sa Majesté Bhumibol le Grand, s’est beaucoup impliqué dans la protection de l’environnement. Un roi qui avait obtenu un prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l’environnement en Thaïlande5.  Un pays qui compte d’ailleurs de très nombreux parcs nationaux.

En tant que « roi du développement », Sa Majesté [le roi Bhumibol] a tendu la main aux populations les plus vulnérables de Thaïlande, sans se soucier de leur statut, de leur ethnicité ou de leur religion, a écouté leur problèmes et leur a donné les moyens de se prendre en charge.
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

Bien que la situation des défenseurs de l’environnement de par le monde soit tragique (les morts se comptent par centaines), ces activistes méritent une Protection Internationale, en Thaïlande aussi. Chiang Mai a aussi ses activistes. Nous vous parlerons bientôt de l’action en cours visant à sauver le Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville. En attendant, jetez un œil sur l’article que le magazine Spark U Lanna leur a consacré : The environmentalists (pages 6 à 10).


Promenez-vous donc dans la nature siamoise !

Quelle meilleure façon que de prendre conscience de la richesse et de la beauté de la nature qu’en allant l’admirer in situ ? Et la Thaïlande vous offre mille possibilités : ses  rivages ou ses fonds marins, ses nombreux lacs, ses parcs nationaux, ses sanctuaires, ses cascades, sa jungle, ses montagnes…

Le nord du royaume en général et la province de Chiang Mai en particulier sont bien lotis. En tant que touriste, vous serez sans nul doute tenté par la visite du parc national du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, qui offre les plus belles cascades du nord thaïlandais. Ou encore les treks dans la jungle qui ont fait la réputation de la Rose du Nord (comme par exemple ceux de Loolu, un jeune Karen pétillant).

En louant un moyen de transport, scooter, motocycle ou voiture, vous pourrez visiter des endroits idylliques à l’image de Mae Kam Pong, ravissant village de montagne, et ses petites chutes d’eau :

Avant de nous quitter, contemplez les somptueux clichés de la nature siamoise que nous offre le photographe thaïlandais Priwan Den.

Puisse la protection de l’environnement dans son ensemble devenir l’attention permanente des habitants de la Thaïlande, un pays dont la beauté mérite cette prévenance – de même que le respect des touristes qui le visite.

#Seub #SeubNakhasathien #nature #Thaïlande #ProtectionNature #environnement #écologie


Selon le Système général royal de transcription du thaï (RTGS), le phonème สืบ devrait se traduire par ‘suep’ (et donc le prénom être ici Suep). Nous avons cependant repris l’orthographe utilisée communément (et donc erronément) tant par l’encyclopédie en ligne Wikipédia que, surtout, par la fondation qui porte son nom. A savoir Seub. Que les puristes ici nous pardonnent. Nous remercions Pascal Engelmajer de nous avoir rendus attentifs à cet aspect.
2 Cette brève biographie est un résumé (traduction libre) de la biographie en anglais que vous pouvez retrouver sur Wikipédia.
Point de vue religieux sur le suicide, Wikipédia
Au sujet des ONG environnementales en Thaïlande, lire l’article de Sunil Subhanrao Pednekar, NGOs and Natural Resource Management in Mainland Southeast Asia
5 Hommage au « roi du développement », article de Håkan Björkmank (Chroniques UN)

Source photographique de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News. Mise à jour le 04.09.2018

 

Pourquoi la Thaïlande ne fête pas l’Éléphant le 12 août, Journée Internationale de l’Éléphant ?

C’est le 12 août qu’est célébrée la Journée Internationale de l’Éléphant. Un événement annuel qui a pour but la conservation et la protection des éléphants du monde entier. Mais pourquoi diable la Thaïlande, où les éléphants sont pourtant bien présents, qu’ils soient sauvages ou domestiques, ne célèbre-t-elle pas cet événement mondial ?

Deux éléments expliquent cette léthargie nationale :

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C’est donc ce qui explique que le royaume de Thaïlande n’organise rien ou pas grand-chose le 12 août ! Chiang Mai abrite des dizaines de camps d’éléphants dans sa jungle environnante. Les principaux ne font qu’évoquer cette journée de commémoration sans organiser un événement spécial – contrairement au 13 mars. Ainsi du meilleur,  l’ENP – Elephant Nature Park (voyez ici un magnifique reportage photo du travail bénévole des volontaires), au pire, le camp d’éléphants de Mae Sae, sinistre endroit où se pratique l’exploitation animale à outrance ! Le Centre de conservation des éléphants, sis à Lampang, met sur pied lui aussi ce 12 août une journée spéciale; mais elle ne concerne en rien la Journée Internationale de l’Eléphant ! Il s’agit en fait d’activités au sein du centre où les mamans thaïlandaises sont à l’honneur. Notez que la Patara Elephant Farm organise annuellement un ancien cérémonial de vénération d’éléphants, avec une parade dans la jungle haute en couleurs; il a lieu début juillet.

Rappelons ici qu’en matière de maltraitance animale, se balader à dos d’éléphants fait partie des dix attractions touristiques les plus cruelles. Il faut en finir avec ces ignobles jeux de cirque !


Journée Internationale de l’Éléphant

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© Facebook

En dehors des zoos, les éléphants vivent sur deux continents : l’Afrique et l’Asie. Ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes espèces (différences entre l’éléphant d’Asie et l’éléphant d’Afrique). La principale menace de leur existence en Afrique est le commerce illégal de l’ivoire des défenses d‘éléphants (son interdiction n’empêche nullement le braconnage qui reste un problème important; 96 ! oui 96 éléphants sont abattus chaque jour en Afrique !). En Asie, la problématique est autre (les femelles de l’éléphant d’Asie sont dépourvues de défenses) : ici, c’est la perte de l’habitat qui menace l’espèce. Un habitat naturel qui se restreint d’année en année en raison de la population humaine croissante, de l’expansion des plantations agricoles (telle la production d’huile de palme), de la déforestation à grande échelle…

Relevons ici l’excellence du parc d’éléphants Kaeng Krachan, point fort du zoo de Zurich, en Suisse. Les gardiens (humains) n’interagissent plus qu’à travers une méthode inédite de contacts indirects. C’est là une réalisation que même la PSA – Protection suisse des animaux qualifie de remarquable. Le nom du parc (de détention) helvétique correspond en fait à un parc national thaïlandais. Les bénéfices générés par le premier permettent de soutenir les éléphants que l’on retrouve dans le second, ici en Thaïlande.

Parmi les éléphants d’Asie, il faut clairement distinguer les éléphants sauvages (que vous pouvez observer dans quelques parcs nationaux thaïlandais) des éléphants domestiques (qui sont en majorité exploités touristiquement depuis que le travail forestier leur a été interdit en Thaïlande). Heureusement, la législation dans ce pays a contribué à améliorer la situation. Cependant, l’éléphant d’Asie reste inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature. EuroNews vous en dit plus sur cette Journée internationale de l’Eléphant. En bon archiviste qu’il est, l’INA nous offre quelques intéressantes vidéos sur le sujet. A cette occasion, le National Geographic nous fait découvrir une très belle galerie photo, une galerie que tout un chacun peut contribuer à alimenter (YourShot). Ou encore celle du journal The Telegraph (il vous suffit de cliquer sur le cliché pour visionner le suivant). Vous remarquerez enfin l’étonnante dextérité de la trompe du plus grand mammifère terrestre :

Beaucoup d’organisations de défense des animaux se battent pour la survie des éléphants en Afrique et en Asie. Au rang desquelles l’IFAW – Fonds international pour la protection des animaux, qui mène notamment le combat mondial pour que cesse le commerce de l’ivoire. Retrouvez ici toutes leurs informations sur les majestueux pachydermes. Signalons enfin une action annuelle qui concerne également les éléphants, la Marche Mondiale pour les éléphants, rhinocéros et tigres qui, en 2016, a été élargie à l’ensemble des animaux sauvages menacés d’extinction (une liste qui s’allonge de par les méfaits de l’être humain). La prochaine marche mondiale aura lieu le 13 avril 2019.

🐘  LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ÉLÉPHANT SUR INTERNET  

Site web (en anglais) et page Facebook (@WorldElephantDay, toujours en anglais).

Et encore : TumblrPinterestInstagram et Twitter.

WorldElephantDay2018CoverFBWorldElephantDay


Rencontrer des éléphants à Chiang Mai

Idéalement, il faudrait observer les troupeaux d’éléphants sauvages dans leur élément naturel, la jungle. Il existe plusieurs parcs nationaux où cela est possible (mais jamais garanti); aucun hélas ne se trouve dans la province de Chiang Mai. Cependant, force est de constater qu’au final bien peu de touristes font l’effort de s’y rendre. Difficile en effet de consacrer plusieurs jours pour réussir à observer – sans garantie aucune – des éléphants sauvages d’Asie dans leur environnement naturel. C’est pourquoi la plupart des touristes rencontrent ces pachydermes dans des camps sis dans la jungle. Et Chiang Mai est l’épicentre de cette activité touristique, florissante, avec tous les excès que cela engendre. Nous consacrerons un jour un article plus poussé sur ces camps…

L’ENP – Elephant Nature Park est sans nul doute le centre qui, ayant mis le bien-être des éléphants au centre de ses préoccupations, est le moins nuisible. Mais, succès oblige, il faut s’y prendre bien à l’avance pour être certain de pouvoir le visiter (les échanges se font en anglais). Nous pouvons également vous recommander de visiter un camp d’éléphants avec Loolu, un jeune Karen pétillant. Ici, pas d’exploitation à outrance, pas de cirque avec ces animaux fort intelligents, et pas non plus de balade sur leur dos ! Le petit camp est géré par une famille karenne. Nul doute que la rencontre des pachydermes, émouvante, sera l’un des moments les plus mémorables de votre séjour dans la Rose du Nord (d’autant si vous y allez durant la saison des pluies, de juillet à octobre, où étincelantes sont les vertes rizières). Découvrez (en français) les formules proposées par Loolu Tour pour rencontrer des éléphants dans la jungle.

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© Facebook

Chiang Mai abrite également – et tout naturellement – l’Elephant Parade. Une entreprise sociale qui dispose de plusieurs points de vente à Chiang Mai et à Bangkok. Vous pourrez y acquérir de jolies reproductions artistiques d’éléphants. Ou participer à des ateliers à l’Elephant Parade Land où vous peindrez vous-même votre éléphant; une activité manuelle très appréciée des enfants. Cette société organise régulièrement à travers les grandes villes du monde des parades d’éléphants – conçus par des artistes réputés ou non – dont le but est de sensibiliser la population à la disparition de l’espèce et de récolter des fonds qui viennent en aide à un hôpital  où sont soignés gratuitement les éléphants à Lampang. Les touristes et les habitants de Chiang Mai gardent encore un beau souvenirs des 89 éléphants exposés dans plusieurs points de la ville en décembre 2016. Nous consacrerons là aussi un article plus approfondi sur les activités de cette entreprise sociale.

Que vous ayez rencontré ou non des éléphants dans un parc national ou dans un camp, peut-être aurez envie d’en voir ou d’en revoir. Les livres permettent de le faire à bon compte. On vous propose cette brève sélection.

Dernier des beaux livres édités, Mémoires d’éléphant, du photographe franco-grec Kyriakos Kaziras, vous propose une approche très picturale de la photographie, l’auteur maniant ses  appareils photo comme des pinceaux. Comme l’indique son titre, Eléphants d’Asie – Un géant menacé, cet autre ouvrage est axé sur l’espèce que vous rencontrerez notamment en Thaïlande. On peut également faire confiance à l’éditeur Gründ qui réalise de bien beaux libres; L’Art d’être éléphant ne fait pas exception. Pour vous-même ou pour en faire cadeau, vous pouvez d’ores et déjà commander le calendrier Elephants 2019 (la langue anglaise n’empêchera nullement d’admirer les superbes images au fil des mois qui passent).

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Si aux belles photographies vous désirez ajouter les connaissances de spécialistes, optez pour l’ouvrage Incroyable éléphants des photographes animaliers Denis et Christine Huot. Ce ne sont pas eux qui nieront la vie émotionnelle des animaux ! Et c’est précisément le thème d’un ancien livre sorti au moment où l’étologie devenait populaire : Quand les éléphants pleurent risque de vous bouleverser. Ajoutons pour terminer les récits de personnes sur le terrain. Une histoire d’amour africaine relate la vie de Daphné Sheldrick au Kenya, surnommée  « la mère des éléphants ». L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants, en Afrique du Sud, c’est Anthony Lawrence. On reste en Afrique avec Le Dernier des éléphants, où il est question du combat de Stéphanie Vergniault et son association SOS Éléphants du Tchad pour sauver les derniers spécimens de l’espèce. Et enfin le récit de Tarquin Hall qui touche, lui, à l’éléphant d’Asie : Vers le cimetière des éléphants relate une expédition entreprise avec un chasseur professionnel engagé par l’État indien pour abattre un éléphant qui a déjà tué trente-huit personnes ! Ce sont là les ouvrages encore disponibles les plus appréciés sur les éléphants.

Qu’il soit célébré le 12 août lors de cette Journée Internationale de l’Éléphant ou le 13 mars durant la Journée Nationale de l’Eléphant, on souhaite aux pachydermes de Thaïlande, et au-delà du monde entier, un meilleur avenir que l’hécatombe vécue durant le siècle passé !

#WorldElephantDay #JournéeMondialeElephant #JournéeElephant #éléphant #éléphants


Source de l’image à la Une : inconnue. Mise à jour le 17.08.2018

Festival de la Vie Tribale 2018

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de la récente Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, qui s’est tenue à Chiang Rai ce mois-ci dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde célébrée le 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ses populations en marge de la société. Et le festival dont il est question ici y participe.


Le Musée Tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le Musée Tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le Musée Tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de 10 ethnies qui vous sont présentées là (lire le paragraphe idoine).

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale 2018, un événement que nous vous recommandons chaleureusement (cf. le paragraphe suivant).

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée du musée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer dans les paillotes au bord du lac servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

 

Le Musée Tribal de Chiang Mai sur internet (Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais)
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Emplacement

Le Festival de la Vie Tribale 2018

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au Musée Tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา, cf. le paragraphe ci-dessus), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

TribalLifeFestival2018Cover2THAMERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï):


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

A l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (env. 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. A titre d’exemple, les Karens s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. A titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karen : Les Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses :
Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu

© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)


Mise à jour après l’édition 2018 du festival

Cette année, le festival a dû faire face à une météo capricieuse. Force est cependant de constater que les Thaïlandais eux-mêmes s’intéressent fort peu aux minorités ethniques peuplant leur pays. Sans parler de l’absence de promotion attirant les touriste étrangers. Mais les représentants de ces minorités sont bel et bien présents et disponibles à toutes et ceux qui veulent bien s’intéresser à leur sort.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo récapitulative de la cérémonie d’ouverture, une cérémonie qui était marquée par un défilé de mode où le designer s’est largement inspiré des motifs tribaux. Quelques photos d’ambiance ici, et encore ici. Un festival qui s’est donc clos et qui vous donne rendez-vous à l’année prochaine.

 

En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Mise à jour le 22.08.2018.

#TribalLifeFestival #MinoritésEthniques #ChiangMai #Karen #Hmong #Mien #Lisu #Lahu #Akha #Htin #Khamu #Lawa #Mlabri #tribus #Thaïlande

 

 

12 août – Célébration de la Fête des Mères en Thaïlande

La Thaïlande fête heureusement elle aussi ses mères ! Dans cet article, l’on vous dit pourquoi la date du 12 août a été choisie, qui est donc la « Mère de tous les Thaïlandais », comment les habitants du royaume fêtent l’événement et quelles sont les célébrations ici à Chiang Mai. In fine, vous saurez même dire « Bonne Fête maman » en thaï 😄

MotherDay2016

Comme dans la plupart des pays du monde, la Thaïlande célèbre la Fête des Mères. Depuis 1976, cette fête a été fixée au 12 août. C’est donc officiellement ce dimanche 12 août 2018 que seront fêtées toutes les mères du royaume. Tombant sur un week-end, le jour férié sera compensé lundi. Le 12 août correspond à l’anniversaire de Sa Majesté la reine douairière Sirikit, mère de Sa Majesté Rama X, l’actuel roi de Thaïlande. Au même titre que son défunt mari, feu Bhumibol le Grand qui était considéré comme le Père de tous les Thaïlandais, elles est elle-même la Mère de tous les Thaïlandais. Cette journée a donc été choisie pour célébrer la Fête des Mères (วันแม่, wan mae en thaïlandais).


La reine douairière Sirikit

Ainsi, le 12 août, tout le pays célèbre l’anniversaire de Sa Majesté la reine douairière Sirikit (สิริกิติ์) qui souffle cette année 86 bougies. C’est donc l’épouse de feu le roi Bhumibol le Grand, qu’elle a rencontré à Paris. Ils se sont fiancés le 19 juillet 1949, en Suisse (où son mari étudiait, à Lausanne). À noter que tous deux parlaient français.

La reine Sirikit n’exerce pas de fonction politique, même si elle a assuré la régence en 1956, lors de la période de retraite monacale du roi. Elle occupe en revanche de nombreuses fonctions caritatives, dont la présidence de la Croix-Rouge. De nombreuses décorations ont salué ses divers engagements : envers les réfugiés cambodgiens, la protection de l’environnement, les conditions de vie des femmes dans les campagnes, l’éducation en zone rurale et la promotion de la culture et des arts thaïlandais. Une reine dont la beauté a naguère inspiré les créateurs de mode, comme nous le rappelle le site MGR Online.

La reine Sirikit Kitiyakara n’a plus fait d’apparition publique depuis plusieurs années maintenant. Wikipédia vous permet d’en savoir plus sur elle. Vous pouvez également télécharger ce dithyrambe à sa gloire, qui résume toutes ses actions bienfaitrices.

MotherDay2017CoverFB


Festivités en Thaïlande

Quelques semaines avant la fête des mères, les gens de tout le pays hissent le drapeau national accolé d’un drapeau bleu qui est le drapeau de la reine; les maisons sont également décorées avec le portrait de Sa Majesté la reine. Les établissements scolaires marquent eux aussi l’événement. Les Thaïlandais expriment ainsi avec beaucoup d’honneur leur loyauté envers elle. Durant plusieurs jours, les bâtiments administratifs et autres immeubles du royaume se parent des portraits de la souveraine bien-aimée (comme ici dans une gare de la compagnie ferroviaire nationale, la SRT). Les sites Internet mettent en place une page d’accueil spéciale pour lui rendre hommage et moult activités, dont des expositions, sont organisées en son honneur un peu partout dans le pays jusqu’à la fin du mois. Par ailleurs, beaucoup de Thaïlandais se parent de bleu, la couleur du jour de naissance de la reine, le vendredi.

Dans la capitale, l’avenue Ratchadamnoen, Sanam Luang et toute la zone autour du Grand Palais sont enguirlandées et illuminées de nuit. À Bangkok, la matinée du 12 août est consacrée aux cérémonies officielles et religieuses. À 19h, le public se rassemble sur l’esplanade Sanam Luang (ainsi que sur les places principales des autres villes du royaume) pour allumer une chandelle et entonner une chanson à sa gloire (à 19h19 précisément). Cette cérémonie hautement solennelle est suivie de concerts et de nombreux feux d’artifices qui embrasent les cieux.

Les Thaïlandais profitent de cette journée pour remercier leur chère maman pour son amour inconditionnel. La matinée de la fête des mères en Thaïlande commence par l’aumône aux moines (cérémonie qui permet d’acquérir des mérites). Suivant la tradition thaïlandaise, les enfants s’agenouillent devant leur mère pour montrer leur amour et leur gratitude. Ils lui offrent des fleurs ou des guirlandes de jasmin blanc (พวงมาลัยดอกมะลิ, [phuang malai dòrk má-lí]). En retour, la mère donne sa bénédiction aux enfants. Les fleurs de jasmin blanc sont le symbole de l’amour maternel. La couleur blanche de cette fleur symbolise la pureté de cet amour, l’intensité de son parfum en illustre la force, et le fait que cette fleur s’épanouisse toute l’année suggère l’éternité de cet amour. Les cadeaux ont également fait leur apparition depuis quelques années; ils sont devenus de rigueur pour exprimer l’amour pour sa maman. En complément, les activités caritatives, les dons, les offrandes aux moines représentent une partie importante de la journée pour exprimer l’amour et la gratitude de l’enfant envers sa mère.

Lors de la Fête des Mères, les Thaïlandais offrent à leur maman un bouquet de jasmin dont la blancheur rappelle la pureté de l’amour d’une mère pour son enfant


Célébrations à Chiang Mai

Pratiquement tous les organismes gouvernementaux, établissements scolaires compris, marquent l’événement (exemple au parc national Mae Lay où à la municipalité de Mae Hia où une belle danse traditionnelle a été exécutée) où sont également conviés les hauts dignitaires bouddhistes. Ainsi, la ville de Chiang Mai a organisé une cérémonie le 8 août dernier, solennité qui a bien peu d’intérêt pour le touriste de passage ou l’expatrié. De nombreuses célébrations sont aussi orchestrées par les entreprises privées, sans parler des animations (intéressées) des centres commerciaux. En revanche, pas de course cycliste populaire cette année comme cela avait été le cas en 2015, une action nommée Bike for Mom (qui avait suivi la retentissante action internationale Bike for Dad en l’honneur de feu le roi Bhumibol le Grand). Et contrairement à l’année dernière, Lamphun ne marquera pas non plus l’événement par une impressionnante danse Lanna aux chandelles qui avait égayé le Festival du Longane.

Nous croyons savoir, sans que le programme nous soit encore connu, que les festivités officielles se tiendront sur la place Thapae (ประตูท่าแพ), le 12 août à la tombée de la nuit. Y aura-t-il des feus d’artifice ce soir-là, l’avenir nous le dira…

Le parc royal Rajapruek (ou Royal Flora, อุทยานหลวงราชพฤกษ์, au sud-ouest de la ville) marque également l’événement en repiquant du riz. Une activité originale qui se déroule le vendredi 10 août 2018, de 9h à 10h.

Royal Flora Montage

Et comme chaque année, l’accès au jardin botanique de la reine Sirikit (QSBG – สวนพฤกษศาสตร์สมเด็จพระนางเจ้าสิริกิติ์, à Mae Rim) est gratuit le 12 août.

QSBG - Montage

Du jeudi 9 au lundi 13 août 2018, de 8h à 18h, on vous conseille vivement de vous rendre sur la place des Trois Rois (พระบรมราชานุสาวรีย์สามกษัตริย์). Devant l’entrée du Musée folklorique du Lanna (Lanna Folklife Museum, พิพิธภัณฑ์พื้นถิ่นล้านนา) prend place le 37e Lanna Flora Festival. Vous l’aurez deviné, il s’agit d’un festival de fleurs (à ne pas confondre avec la grande Fête des Fleurs qui se déroule chaque année début février). Événement organisé en l’honneur de Sa Majesté la reine mère Sirikit (qui fêtera donc son anniversaire ce 12 août). Les jeudi 10 et vendredi 11 août ont lieu des concours d’orchidées. La cérémonie officielle d’ouverture est fixée au samedi 11 août, en matinée. Il y a là généralement une très belle danse traditionnelle. Une exposition agrémentée d’un marché aux fleurs, avec notamment des produits OTOP. Ce festival organisé conjointement par la Chiangmai Orchid Society (สมาคมกล้วยไม้เชียงใหม่ในพระบรมราชินูปถัมภ์) et la Municipalité de Chiang Mai (événement Facebook). Sachez encore que la reine a donné son nom à plusieurs fleurs; Chang Puak Magazine nous en dit plus à ce sujet 🌺

Lanna Flora Festival 2018 Cover Montage

Et c’est une avalanche de promotions qui s’abattent sur le consommateur thaïlandais (dont peut profiter le touriste de passage). Ainsi, les cinémas du Major Group offrent la place de cinéma à toutes les mamans qui seront accompagnées les 11, 12 et 13 août 2018. Grab, service de transport VTC actif dans 18 villes de Thaïlande, dont Chiang Mai, vous offre THB 60.- de rabais sur les 10 premiers trajets avec le code promotionnel WITHLOVE, de quoi emmener souvent votre maman à bon compte. A défaut, obtenez une offre avec notre propre code promotionnel : CMDECIDELA !

Les restaurants – pour la plupart internationaux – ne manquent pas, eux aussi, de marquer (commercialement) l’événement. En vrac : Le Méridien et son restaurant Favola; ce grand hôtel propose également des offres promotionnelles sur d’autres prestations comme les massages dans son spa. Ou bien alors le bien-nommé Jasmin, restaurant du Dusit Princess. Ou sinon un buffet au Dusit D2. Le Shangri-La est aussi de la fête, tant au China Kitchen qu’au Kad Cafe. De même que le Na Nirand où les sucreries colorées sont à l’honneur. L’Oxygen Dining Room, restaurant du resort X2, y va aussi de son offre; là, nous sommes dans la haute gastronomie (française). Dans le même registre, le Dhara Dhevi, l’un des meilleurs hôtels de la Rose du Nord, si ce n’est le meilleur, met tous ses restaurants à contribution pour satisfaire les mères les plus exigeantes : allEgRO, restaurant italien (où l’événement est judicieusement appelé Festa Della Mamma), Fujian, restaurant chinois, Akaligo, restaurant que l’on qualifiera de fusion, et même son fameux buffet sucré du samedi. Plus abordable, le buffet du Chiangmai Grandview Hotel. Pas moins de deux buffets à choix au Duangtawan Hotel : un buffet de dim sum au Sunflower, restaurant chinois, et un buffet japonais au restaurant Tawan; à défaut, le Marco Polo sert un menu à THB 480.-. Moins cher encore, le buffet du U Nimman. Si maman est végétarienne, c’est au Moreganic que vous pourrez l’inviter. Les restaurants servant une cuisine nord-thaïlandaise ne sont pas en reste à l’image de Ruannatee Terrace qui propose une offre spéciale wan mâe.

One Nimman Mother's Day Cover Montage.jpeg

Sur la droite du cliché, vous voyez ce que sont les malai de jasmin. Vous en trouverez dès THB 100.- au marché aux fleurs dans le quartier Warorot. Attention : vu le prix du jasmin ce jour-là, il est rare que tout le collier soit en fleurs de jasmin (dans ce cas, ce n’est pas moins de THB 600.- qui vous seront demandés) ! Les fleuristes utilisent une fleur semblable, bien moins odorante, que vous voyez ici au bas de la guirlande. Parfois, c’est tout le collier qui est composé de ce succédané, d’où le prix moindre.

Nouvellement arrivé à Chiang Mai, le Mövenpick Suriwongse offrira le repas à votre maman pour autant qu’elle soit accompagnée de trois autres personnes. Celles et ceux désirant être agréablement surpris par un chef thaïlandais multi-primé pourront se rendre au The Redbox Thailand. Le resort de luxe Anantara (anciennement The Chedi), vous permet de jouir d’un après-midi au bord de la rivière Ping avec un thé accompagné de d’exquises sucreries ou alors, en soirée, d’un repas à la carte , européen, péruvien ou indien; votre mère appréciera. Encore plus original, l’atelier proposé par Diew, un MasterChef Thailand, qui vous permet d’apprendre à composer un cake floral. Cela se passe chez Boonthavorn Chiang Mai samedi 11 août, de 14h à 16h. Dans la même veine, l’espace créatif Niramis vous propose deux ateliers pour composer un origami floral, les dimanche 12 et lundi 13 août. Même les cliniques y vont de leur offre spéciale « Fête des Mères » ! C’est le cas de l’Absolute Health. Initiative plus louable, profiter de l’occasion pour faire un don du sang – les Thaïlandais y voient une manière d’accumuler des mérites. Vous pouvez l’effectuer samedi 11 août, de 9h à 15h30, auprès de la Croix-Rouge thaïlandaise, organe qui gère la Banque du Sang.

Give Blood for Mom Cover FB event recadré


Quelques mots en langue thaï

Voici quelques mots en langue thaïlandaise en lien avec cette Fête des Mères¹. Bonne chance pour leur prononciation 😉

  • Mère : แม่ [mâe]
  • Fête des Mères : วันแม่ [wan mâe] = jour mère
  • Le jour national de la Fête des Mères : วันแม่แห่งชาติ [wan mâe haeng chat] = jour mère national
  • Bonne Fête des Mères : สุขสันต์วันแม่ [souksan wan mâe] = joyeux jour mère
  • Je t’aime maman : รักแม่ [rak mâe] = aimer mère
  • Sa Majesté la reine : พระราชินี [prá raa-chí-nii]
  • Feu d’artifice : ดอกไม้ไฟ [dòrk-máai-fai]
  • Fleur de jasmin : ดอกมะลิ [dòrk má-lí]
  • Guirlande de fleurs : พวงมาลัย [phuang malai]
  • Guirlande de fleurs de jasmin blanc : พวงมาลัยดอกมะลิ [phuang malai dòrk má-lí]

Avouons que les créatifs thaïlandais savent émouvoir. Ainsi de leurs vidéos. Et celles pour la Fête des Mères ne font pas exception. En voici une parmi d’autres, intitulée « Un enfant qui ne manque de rien » :

Vous pouvez également visionner d’autres vidéos sur le même sujet, l’amour maternelle, que ce soit « Souvenirs de maman » (produite par la chaîne de restauration KFC) ou encore   « La vérité des Mères« , une production Amazing Thailand (activez donc les sous-titres).

On en profite pour vous présenter Piyamapor, une maman thaïlandaise de 40 ans, et ses deux filles : Anaïs Pitcha, 3 ans, et Mélina Chanya, 18 mois. Un intéressant reportage du magazine Parents qui vous permet de savoir ce que représente la maternité au Pays du Sourire. Et en cadeau-bonus, un superbe album-photo du photographe Sarawut Intarob.

À toutes les mères merveilleuses, patientes et aimantes, nous souhaitons une journée enchantée. N’oubliez pas d’honorer la vôtre ! Bonne Fête des Mères. Et Joyeux Anniversaire à Sa Majesté la reine Sirikit, Longue Vie à elle.

On se quitte avec cette émouvante interprétation, une chanson intitulée « Mère de la terre »:



MISE A JOUR APRES L’ÉVÈNEMENT

C’est avec émotion que nous partageons ci-dessous la plus récente photo de Sa Majesté la reine mère Sirikit. Il s’agit d’un cliché officiel daté du 12 août 2018 à l’occasion de son 86e anniversaire. Ici avec deux de ses enfants, Sa Majesté le roi Rama X (qui parle aussi allemand) et Son Altesse la princesse Maha Chakri Sirindhorn (qui, elle, entre autres langues, parle français). Vous pouvez visionner l’album-photo complet ici.


¹ On remercie ici Gilbert Courtot, qui s’est exprimé dans le groupe Facebook Apprendre le Thaï, de même que Learn Thai with Mod.

La source de la photo à la Une (reprise en fin d’article) nous est hélas inconnue (probablement Facebook). Sources rédactionnelles : Learn Thai with Mod, TAT – l’Office du tourisme thaïlandais. Mise à jour le 25.08.2018.

9 août – Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde

Il est des journées qui accaparent les médias et aimantent les commerçants (prenez la Saint-Valentin en guise d’exemple). La journée dont il est question ici n’en fait pas partie, hélas, trois fois hélas. Les Journées internationales – voire mondiales – servent parfois à mettre en avant des problématiques complexes – certes moins populaires mais non moins importantes. Et cette Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde – célébrée le 9 août de chaque année – en fait indubitablement partie.

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© IMN Voices – ทักษ์ดนัย & บัวลอย

Le Nord thaïlandais est l’épicentre des minorités ethniques¹ – souvent venues du Nord – présentes dans le royaume : Karen, Shan, Lahu, Lisu, Hmong, Mien, Akha, Tai (dont les Tai Lüe que nous apprécions), pour ne citer que ces quelques minorités (en photo ici). Nous ne pouvions donc passer sous silence cette commémoration d’autant que nous défendons, autant que faire se peut, ces peuplades aux droits souvent bafoués. La modernisation rapide de la Thaïlande va bien souvent à l’encontre des besoins de ces populations, par exemple en ce qui concerne la gestion forestière. Il s’agit aussi pour elles de préserver leur identité, leur langue et leur culture à travers la transmission de leur mode de vie aux générations futures, un mode de vie qui encourage une gestion efficace des ressources naturelles dans le pays. Cette transmission se fait par exemple à travers des réseaux éducatifs.

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones.

 Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 2

IndigenousPeoplesDay2018CoverBhumibol(2017)A cette occasion, la 3e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande s’est tenue l’année dernière ici à Chiang Mai, réunissant pas moins de 38 groupes autochtones. Cette assemblée coïncidait avec le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C’est là un échelon important dans la reconnaissance des droits des minorités ethniques présentes dans tous les pays, a fortiori s’agissant des peuples premiers. Entre autres thèmes qui ont été évoqués, les défis et l’avenir des peuples autochtones en Thaïlande. Selon le Département du bien-être et du développement social, la Thaïlande compte 3’429 villages de « tribus montagnardes » totalisant une population de 923’257 personnes. Et 2017 marque une date historique pour les ethnies minoritaires : leur reconnaissance par le gouvernement central thaïlandais ! Si vous désirez en savoir plus, Alain et Bernard font un rapide survol des  « populations montagnardes » du nord-ouest de la Thaïlande. Des populations dont le quotidien s’est amélioré grâce notamment à la Fondation du Projet Royal créée par feu le roi Bhumibol le Grand. Un roi qui a beaucoup œuvré à l’intégration des minorités ethniques au sein de la nation thaïlandaise, tout en préservant leurs spécificités culturelles.


Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande

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Cette année, la 4e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande est organisée du 8 au 10 août 2018 à l’Université Rajabhat de Chiang Rai (มหาวิทยาลัยราชภัฏเชียงราย, ici, précisément au The King Rama IX Philosophy Building). Elle a pour thème : « Coutumes indigènes à l’ère du 4.0 : vers la sécurité, la durabilité et la justice ». Un thème qui emprunte au modèle économique « Thailand 4.0 » (lui-même inspiré du concept mondial Industrie 4.0).

Ce ne sont pas moins de 1500 participants d’horizons divers qui sont attendus durant cette manifestation. Un événement au budget de 2 millions de bahts soutenu par diverses organisations dont l’Union Européenne. Le programme, sur trois jours, comprend une Assemblée des enfants et des jeunes autochtones, la présentation d’une base de données en ligne, un Conseil des peuples autochtones de Thaïlande qui se réunit à cette occasion (CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand), un festival de nourriture, des séminaires, colloques et débats pour le plaidoyer et la promotion des droits des peuples autochtones en Thaïlande. La Journée internationale du 9 août sera bien entendu célébrée. Il y aura également un concours de photographie, des expositions sur les coutumes autochtones, des concerts et des spectacles folkloriques, de même qu’un défilé de mode.


Programme 2018 de l’événement

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© IMN Voices – สังคม

Nous vous invitons vivement à vous déplacer à Chiang Rai, capitale de la province éponyme, qui a pour frontière le Myanmar – l’ancienne Birmanie – et le Laos, et à vivre ce moment de partage. Ci-dessous, extrait du programme complet, les principaux événements qui pourront vous intéresser en tant que touriste ou du moins en tant qu’étranger à ces ethnies :

  • Mercredi 8 août 2018, de 18h à 21h : spectacles culturels assurés par les enfants et les jeunes issus des minorités ethniques.
  • Jeudi 9 août 2018, de 9h à 10h : cérémonie d’ouverture avec notamment un rituel effectué par les Bisu, un groupe ethnique vivant au sud de la Thaïlande, suivi de divers spectacles folkloriques. Une cérémonie d’ouverture qui vous permettra de découvrir l’art et la culture des minorités ethniques qui peuplent la Thaïlande, plus particulièrement le Nord. Le Ministre de l’Agriculture thaïlandais s’exprimera à cette occasion.
  • Jeudi 9 août 2018, de 11h à 14h : Festival de la cuisine indigène avec des expositions, des démonstrations de chefs connus et, bien sûr, des dégustations.
  • Jeudi 9 août 2018, dès 19h : soirée festive avec un concert de Anan, artiste issu des minorités ethniques, ainsi que d’autres artistes. Spectacles culturels avec danses et musiques traditionnelles, défilé de mode. Belle occasion d’admirer les magnifiques costumes des membres de ces minorités (les minorités ethniques influencent la mode vestimentaire, un constat qu’il est facile de faire en se promenant ici au nord). A NE PAS MANQUER DONC !
  • Vendredi 10 août 2018, de 13h à 14h30 : spectacle folklorique avec danses et musiques traditionnelles.

En parallèle et durant les trois jours de la manifestation, vous pourrez profiter de diverses expositions dont une exposition de plantes (les minorités ethniques dont les Akha savent en utiliser moult, que ce soit pour la cuisine ou pour la santé), de marchés vous proposant nourriture et articles artisanaux, notamment des habits, d’un concours de photos avec expo, de même que d’échanges en direct du monde entier avec des membres des minorités ethniques d’autres horizons. Et pour entrer en contact avec des membres de ces minorités, Lonely Planet a édité un petit dictionnaire de langues mais il est en anglais, le Phrasebook Hill Tribes. De quoi faciliter la première approche.

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© IMN Voices – ศรีเพชร & รศ.ดร.จิรวัฒน์

Chiang Rai est à 3 heures de route au nord-est de Chiang Mai. Plus d’une vingtaine de bus  quotidiens relient les deux villes. Si vous ne pouviez vous y rendre, suivez la manifestation sur cette page Facebook (lors de la rédaction de cet article, nous ignorons s’il y aura ou non une diffusion en direct Live FB).


Organisation

La reconnaissance de leur statut par les autorités siamoises, la sensibilisation des gouvernements au niveau mondial, le soutien des ONG internationales, la révolution technologique (internet et réseaux sociaux), le soutien selon les principes du case management, ce sont là quelques-unes des raisons qui ont facilité l’autonomie des minorités ethniques qui n’hésitent plus à revendiquer leurs droits.

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Cet événement est soutenu par beaucoup d’associations et d’ONG, entre autres :

  • Le Réseau des Peuples Autochtones de Thaïlande (NIPT – Network of Indigenous Peoples in Thailand, เครือข่ายชนเผ่าพื้นเมืองแห่งประเทศไทย en thaïlandais), que vous retrouvez sur Facebook.
  • Le Réseau des médias autochtones (IMN – Indigenous Media Network) qui dispose d’une page Facebook et d’un site web en thaïlandais (la version anglaise est rachitique). C’est lui qui gère l’événement Facebook, en thaïlandais comme en anglais.
  • สมาคม IMPECT, une ONG qui déploie ses diverses activités en faveur des minorités ethniques dans la région du Nord. IMPECT est un acronyme signifiant éducation et culture des divers peuples de la montagne en Thaïlande. Cette ONG défend le développement durable des minorités ethniques; elle a été fondée et est composée entièrement par des représentants de groupes autochtones. IMPECT sur Facebook et sur le web (mais tout est en langue thaïlandaise).
  • Diakonia Thailand, une ONG suédoise qui soutient les diverses minorités en prônant des valeurs chrétiennes (page Facebook et site web). Attention en la matière, le prosélytisme n’est jamais loin…

Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.

Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 11,

IndigenousPeoplesDay2018LogoONUChiang Mai abrite de nombreuses ONG – Organisations non gouvernementales venant en aide aux diverses minorités ethniques. Une guesthouse est même gérée de manière autonome par les membres de diverses communautés. Il s’agit de l’INA House, à côté du Pont de Fer, non loin du Night Bazaar. Par ailleurs, leur situation au niveau nationale est largement étudiée. A titre d’exemple, lisez le rapport (en anglais) de Micah F. Morton, chercheur au sein de l’ISEAS – Yusof Ishak Institute de Singapour, Le mouvement des peuples autochtones en Thaïlande s’étend. En français, vous avez cette étude-ci : Les politiques de gestion des minorités en Thaïlande.

Autre ONG, l’IWGIA – International Work Group for Indigenous Affairs, d’origine danoise, est une organisation mondiale de défense des droits humains qui se consacre à la promotion, à la protection et à la défense des droits des peuples autochtones. Elle édite un rapport annuel mondial sur les droits des peuples autochtones, The Indigenous World (Monde autochtone). Un rapport implacable. C’est Kittisak Rattanakrajangsri qui dresse la situation des minorités ethniques en Thaïlande. L’auteur est lui-même Mien du nord de la Thaïlande. Il travaille avec des communautés et des organisations autochtones depuis 1989. Il est actuellement secrétaire général de la Fondation des peuples autochtones pour l’éducation et l’environnement (IPF), basée ici à Chiang Mai. Vous pouvez lire son travail pour l’année 2017 (dès la page 352) et l’année 2018 (dès la page 306).

Prenez le temps de connaître leur problématique à travers ces quelques liens. Et une pensée en cette journée particulière pour ces peuples aux droits souvent bafoués –  ici un documentaire sur la situation des Karens en Birmanie – ne leur fera pas de mal !


Et au niveau institutionnel

Les peuples autochtones sont représentés à l’ONU – Organisation des Nations Unies par l’Instance permanente sur les questions autochtones (IPQA) qui dispose d’un Secrétariat (SPFII). Un secrétariat qui ne met pas vraiment à jour la version française de son site web ! La page Facebook, en anglais, est en revanche bien vivante. Sachez que la Thaïlande a voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones en 2007. Wikipédia nous donne une brève explication sur cette Déclaration qui a rencontré beaucoup d’obstacles avant son adoption ! Mais à force de persévérance, les droits des peuples autochtones sont peu à peu reconnus. Ainsi, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les droits des peuples autochtones, proclamant l’année 2019 Année internationale des langues autochtones.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), qui représente l’engagement du monde envers les idéaux universels de la dignité humaine, promeut et protège tous les droits de l’Homme. Les observations sur la Thaïlande sont disponibles sur cette page web. On vous invite à prendre connaissance plus spécifiquement de ce document (en anglais et qui date) résumant les droits des peuples indigènes en Thaïlande. Et plus généralement en Asie (un travail de Stefania Errico sous l’égide du BIT – Bureau International du Travail, ILO en anglais).

Les peuples autochtones ne sont pas oubliés par l’UNESCO – Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture mais l’UNESCO semble hélas oublier de mettre à jour son site web !

L’UNICEF – Fonds des Nations unies pour l’enfance avait mené une campagne de sensibilisation des adolescent(e)s issu(e)s de ces peuples.

Et enfin d’autres ONG qui défendent les droits de ces peuplades, entre autres (là, tout ou presque est en anglais et/ou en thaïlandais, obvie) :

Vous pouvez encore visionner le reportage qu’avait consacré ThaiPBS à l’Assemblée de l’année 2015. De notre côté, nous parlons à chaque fois que nous en avons l’occasion des différents événements organisés par ces communautés très vivantes ici à Chiang Mai et alentour. Puisse cette Journée internationale sensibiliser le monde à la problématique vécue par les minorités ethniques, où qu’elles se trouvent, afin que leur culture soit préservée.

Si la rencontre des minorités ethniques vous tente, ne manquez alors pas le Festival de la Vie Tribale qui a lieu dès le 15 août 2018.

On se quitte avec cette bande-annonce de l’année dernière (hélas, le site de nouvelles The North องศาเหนือ, sis à Chiang Mai, n’assumera aucun direct cette année) :


En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ Les minorités ethniques présentes au nord de la Thaïlande ne sont pas à proprement parler des autochtones, ce terme signifiant « originaire du lieu (pays, contrée, région, par affaiblissement ville, village) où il habite et que ses ancêtres ont également habité ». Elles sont en effet arrivées après l’envahisseur thaï. Elles profitent cependant de cette Journée internationale des Peuples Autochtones afin de sensibiliser la population et de revendiquer leurs droits, à juste titre.

Crédit photographique de l’image à la Une (que nous remercions vivement) : BangkokBlue (Blue Johnson). Mise à jour le 22.08.2018.

Chiang Mai au Top 10 des destinations incontournables d’Asie en 2018, selon Lonely Planet !

Sixième, c’est la place de Chiang Mai parmi les 10 destinations incontournables d’Asie cette année 2018 ! Un classement établi par l’un des meilleurs guides de voyage mondiaux, Lonely Planet. Et parmi les 10 destinations lauréates, la Rose du Nord est la seule située en Thaïlande ! Bienvenue à Chiang Mai 😎

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© Lonely Planet

Les experts de Lonely Planet ont arpenté le continent asiatique pour vous dénicher 10 destinations d’Asie à ne pas manquer cette année. Mais quelle est donc la destination arrivée première du classement ? Honneur à Busan, au sud de la Corée du Sud, une ville que nous avons visitée au demeurant. Et bravo à elle ! Chiang Mai s’en tire plutôt bien car c’est la seule destination thaïlandaise qui figure dans le Top 10. Lisez plutôt…

« Avec ses temples innombrables et ses remparts battus par le vent et la pluie, l’ancienne capitale du royaume du Lanna semble tout droit sortie d’un manuel d’histoire. Le parfum familier du tilapia grillé sur une feuille de bananier flotte dans l’air, tandis que le voyageur s’extasie devant d’antiques bijoux. En dépit de cette atmosphère surannée, une population jeune et créative a investi la ville, insufflant aux ruelles archaïques un bel enthousiasme. Désormais, les majestueux chedis (stupas) couverts d’or côtoient des cafés réputés pour leur latte art, des restaurants de cuisine fusion expérimentale aux murs ornés de fresques et le tout nouveau musée d’art contemporain MAIIAM qui, à l’instar de Chiang Mai elle-même, s’attire éloges et récompenses pour son alliage savant de tradition et de modernité. »

C’est la description qu’en fait Lonely Planet. Une 6e place ô combien méritée car, pour y vivre à l’année, nous pouvons aisément le scander en chœur avec les rédacteurs de ce guide de voyage renommé : Chiang Mai est bel et bien une destination touristique incontournable ici en Thaïlande et plus généralement en Asie. Pourquoi donc ? Quelques éléments de réponse vous ont déjà été donnés dans notre article Faut-il visiter Chiang Mai lors de votre premier séjour en Thaïlande ? Si cela ne devait pas suffire, voici encore 6 raisons de visiter la Rose du Nord. Vous l’aurez compris, Chiang Mai fait partie du meilleur de la Thaïlande et du meilleur de l’Asie. Au-delà de la ville-même, Chiang Mai est une région fascinante, inspirante, surprenante. Une destination fétiche à découvrir absolument en cette année 2018 (et les suivantes 😏).

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© Lonely Planet (Kseniia Ivanova / EyeEm / Getty Images) + Facebook (MAIIAM)

Mais avant de venir à Chiang Mai, encore faut-il que vous soyez convaincu de visiter le royaume du Siam ! Et Lonely Planet vous donne pas moins de 25 raisons de visiter la Thaïlande. Ce guide de qualité n’a pas attendu ce classement pour parler de Chiang Mai ! « Deuxième ville de la Thaïlande, Chiang Mai ne ressemble en rien à Bangkok. Cette cité nonchalante incarne ce qui rend la Thaïlande unique et fabuleuse. » C’est ainsi que le guide Lonely parle de la Rose du Nord sur sa page ad hoc. Vous pouvez lire la suite ici.

Les guides Lonely Planet en lien avec la Thaïlande

Avouons que le guide papier Lonely Planet a souvent été notre compagnon lors de nos périples asiatiques. C’est sans nul doute le guide le plus exhaustif que vous puissiez trouver. Et il est régulièrement remis à jour. D’ailleurs, Lonely Planet et la Thaïlande, c’est un peu une histoire d’amour. Avec les années, l’éditeur a diversifié son offre. Au guide de base, volumineux, se sont ajoutés des guides spécifiques qui pourront vous intéresser. Nous ne pouvons que vous conseiller leur achat, en fonction de vos intérêts.

  • LonelyPlanetThaïlande2016La Bible. Tel pourrait être surnommé le guide Lonely Planet sur la Thaïlande. Il se compose de… 860 pages (dont vous pouvez feuilleter les premières) ! De quoi prétendre à l’exhaustivité. C’est donc le guide qui ravira les bourlingueurs. Tout y est ou presque. La probabilité que vous voyagiez dans une région non couverte par ce guide est faible. Achetez-le les yeux fermés ! Attention cependant. La version française, qui est en fait une traduction de la version originale en anglais, correspond à la 12e édition; elle date du 20 octobre 2016. Or, la version anglaise, dernière en date, sortira le 30 août 2018. C’est dire que si vous avez la possibilité de patienter, faites-le et acquérez la nouvelle version traduite en français, qui sera donc la 13e et qui est attendue pour le mois d’octobre 2018…
  • L’Essentiel de la Thaïlande. Basé sur le même matériel rédactionnel que le guide précédent, cette version écourtée conviendra à celles et ceux qui ne se rendent que dans les destinations touristiques principales du royaume. Sur 324 pages, le meilleur s’y trouve. Pour savoir si la région que vous visez est couverte, feuilletez-le (icône en bas à gauche). La même remarque attentiste que ci-dessus est formulée si votre voyage se déroule en 2019 seulement.
  • Thaïlande, îles et plages. Là aussi basée sur le même matériel rédactionnel que le guide principal, cette édition conviendra parfaitement à celles et ceux qui limitent leur séjour aux destinations balnéaires de la Thaïlande (et donc pas à Chiang Mai, snif). 480 pages tout de même ! Votre île devrait y figurer… Et là aussi nous devons formuler notre remarque attentiste si votre voyage est prévu en 2019 (voir ci-dessus).
  • Bangkok en quelques jours. Ceux qui ne font que transiter par la capitale – et donc qui ignoreront eux aussi la Perle du Nord – pourront se tourner vers ce guide de poche qui contient tout ce qu’il faut savoir pour réussir son séjour citadin. Un bémol tout de même, et de taille : il s’agit d’une édition de 2015. Et en matière de guide de voyage, les informations se périment prestement. Attendez donc la traduction de l’édition originale anglaise qui, elle, sortira en août 2018.
  • Bangkok City Map. Une carte géographique peut toujours être utile. Celle-ci est en anglais et le sérieux de l’éditeur est gage de qualité.
  • Bangkok Extérieur Nuit: Guide de la nuit 2018. Petite digression que l’on s’autorise puisque l’éditeur de cet ouvrage n’est pas Lonely Planet ! Mais comme il est récent et que l’on en vient à parler de Bangkok, sa recension est justifiée. On dit que la Cité des Anges ne dort jamais… Voilà un guide très apprécié, qui paraîtra sulfureux aux âmes sensibles. Beaucoup de conseils pratiques et, bien entendu, un répertoire des adresses de la nuit, connues et moins connues.
  • Guide de conversation Thaï. Nous allions l’oublier ! Ce n’est pas un guide de voyage mais un guide de poche pratique qui vous permettra de vous frotter à la langue siamoise, une langue tonale, et recevoir moult sourires en retour. Les Thaïlandais seront sensibles à votre volonté de parler leur langue. Fous rires assurés.

Vous l’aurez remarqué, on vous a mis tous les liens des bouquins vers notre partenaire Amazon. C’est un site qui couvre tous les pays francophones et qui livre ses produits également en… Thaïlande.

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Lonely Planet en version électronique

À part la carte géographique bien sûr, la plupart des ouvrages cités sont disponibles en version électronique : Kindle chez Amazon, EPub et PDF sur le site web de l’éditeur, ou encore sur iBooks. L’avantage de la librairie électronique des produits Apple est que l’ouvrage peut être acquis en version fractionnée – une seule région par exemple – à un prix tout aussi fractionné. Quel que soit votre support numérique, c’est là une solution bien pratique en voyage, il est vrai, malgré l’amour que l’on peut éprouver pour la version papier.


Lonely Planet sur le web

Cette maison d’édition australienne a compris très tôt le potentiel du net. Un dynamisme qui n’est pas prêt de s’éteindre depuis son rachat par une maison américaine spécialiste de l’édition numérique. Il y a bien entendu le site web et la page Facebook de Lonely Planet France. Mais aussi le site web et la page Facebook de la maison-mère, anglophone, plus fournis.

L’Asie est la région préférée des auteurs rédigeant ces guides (traduit en au moins 8 langues); une source d’inspiration pour vos prochaines vacances peut-être. La Thaïlande y a une place d’honneur avec un guide de la Thaïlande plutôt complet, véritable bible du routard. Et Chiang Mai est gâtée avec une page dédiée, en français s’il-vous-plaît !

In fine, le classement 2018 dont nous vous avons parlé dans cet article, à savoir Le meilleur de l’Asie : nos 10 destinations incontournables (c’est Lonely Planet qui parle).

Ceci dit, et la remarque est valable pour les conseils prodigués par Chiang Mai Deci-Delà, indépendamment de la valeur de ces derniers, ne manquez jamais de mettre de côté votre guide et de vous laisser bercer par la grâce de l’Inattendu !

On vous donne rendez-vous l’année prochaine. Qui sait quel autre classement ravira la Rose du Nord d’ici là…

12GoAsia - Chiang Mai


Photo à la Une : © Facebook. Crédit : Dararath Kikseiko Tawinno et source : ChiangMai Photo Club.
Mise à jour le 22.07.2018

Lanna Expo 2018 – L’âme du Lanna qui s’exhibe

LANNA EXPO. En tant que touriste de passage, ce serait vraiment dommage de passer à côté de cet événement annuel se déroulant généralement en juin 10 jours durant ! Les expatriés et les locaux le savent, la Lanna Expo permet de tutoyer l’âme du Lanna, du nom de cet ancien royaume du Nord, annexé par le Siam. Tout ce que la région a de meilleur est exposé ici. Les arts et la culture y ont une place prépondérante. Et c’est la raison pour laquelle nous vous conseillons chaudement de vous y rendre, rendez-vous idéal si la journée est pluvieuse.

Il s’agit donc d’une grande foire régionale regroupant diverses expositions, impliquant quatre provinces du Nord : Chiang Mai, Lampang, Lamphun et Mae Hong Song. En plus des foires aux nombreux stands et des expositions elles-mêmes, quantité d’animations sont au programme, que ce soit des présentations et autres concerts sur la grande scène (une petite partie du programme), ou encore du folklore local sur d’autres plus petites scènes. Avec un grand show d’ouverture. Que vous soyez touriste ou résident, ne manquez pas cette nouvelle édition de la Lanna Expo (celle de l’année dernière a attiré 400’000 visiteurs).

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© Facebook – Lanna Expo 2018 + Instagram – ching_pron

LANNA EXPO 2018 – RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

❖ Durée : 10 jours, du vendredi 22 juin au dimanche 1er juillet 2018.
❖ Horaires : tous les jours de 10h à 20h (jusqu’à 21h les samedi et dimanche).
❖ Entrée gratuite.
❖ Transport : navette gratuite (minibus rouges munis des panneaux violets « Lanna Expo » depuis les centres commerciaux suivants : MAYA (เมญ่า), Central Festival (เซ็นทรัลเฟสติวัล), CentralPlaza Airport (เซ็นทรัลพลาซา), Ruamchok (รวมโชคมอลล์, devant le KFC) et enfin le grand marché Warorot (Kad Luang, ตลาดวโรรส -กาดหลวง), près de la rivière Ping.
❖ Emplacement de la foire : CMECC – Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre (sur la route du Canal, au nord de la ville, ศูนย์ประชุมและแสดงสินค้านานาชาติ เชียงใหม่). Site web et page Facebook du centre.
❖ Un événement organisé par la Chambre du Commerce (Chiangmai Chamber of Commerce, หอการค้าจังหวัดเชียงใหม่). Site web et page Facebook.

Page Facebook (@LannaExpo).
Evénement FB.
❖ Hashtags : #LannaExpo2018 (sur Instagram) et #LannaExpo (sur Instagram).

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La Lanna Expo regroupe en fait plusieurs foires au sein du même écrin, l’immense centre d’exposition CMECC (Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre), au nord de la ville. La devise de cette édition 2018 est : Arts & Culture du Lanna – Création de valeur pour une « thaïtude » durable (en anglais : Lanna Arts & Wisdom – Create the value of sustainable thainess). La thaïtude – ou thaïtitude, thainess en anglais – pourrait se décrire comme le caractère distinctif de la population thaïlandaise et de sa culture unique (un concept difficile à résumer, vulgarisé ici par les érudits expatriés Alain et Bernard; celles et ceux désirant en savoir plus liront avec intérêt cet ouvrage).

La Lanna Expo permet donc de se frotter à la riche culture du Lanna (danses, chants et autre artisanat). Elle est annoncée par une conférence de presse. Le premier jour a lieu une cérémonie d’ouverture où vous pouvez profiter d’un très beau show . Cette année ce sera donc le vendredi 22 juin 2018, à 15h30 (cérémonie repoussée à 17h).


Lanna Expo 2018 – Au programme cette année

Cette foire est bien entendu une occasion en or pour les entreprises locales et régionales de faire leur promotion. Il y est question de nourriture, de santé, de produits agricoles et d’agriculture en général. Les domaines du travail et de l’éducation ne sont pas négligés (on parle ici au nord de Lanna 4.0 au même titre que le plan directeur Thailand 4.0). A l’extérieur, pléthore de stands vous offre une nourriture locale souvent méconnue.


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Northern Thailand Food Valley + Lanna Coffee Hub
Qui n’apprécie pas la cuisine thaïlandaise ? Celle du Lanna en fait bien évidemment partie mais est bien différente de la conception que s’en font les touristes lorsque l’on évoque la cuisine thaïlandaise. Le khao soy (ข้าวซอย) est sans doute le plat le plus connu; il y a également la fameuse saucisse aux herbes sai ua (ไส้อั่ว), sans oublier moult produits OTOP (One Tambon One Product), une appellation d’origine contrôlée (AOC) ou protégée (AOP) à la sauce thaïlandaise. Découvrez d’autres produits alimentaires et boissons parmi les meilleurs à la Northern Food Valley grâce à des dégustations sur place. Y est intégré le Lanna Coffe Hub : le dynamisme des producteurs de café explique sans nul doute qu’il y ait presque plus de coffee shops que de 7 Eleven dans la Rose du Nord ! On vous en a déjà parlé dans cet article (Le café, grain de folie à Chiang Mai). Beaucoup d’acteurs s’évertuent à ériger Chiang Mai comme une cité du café : Chiang Mai Coffee City – เชียงใหม่เมืองกาแฟ.
▪︎ Northern Food Valley sur le web et sur Facebook (tout est pour l’heure en thaïlandais).
▪︎ Lanna Coffee Hub sur Facebook.
▪︎ Chiang Mai Coffee City – เชียงใหม่เมืองกาแฟ sur Facebook.


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Chiang Mai World Fair
Cet événement, mettant en valeur les cultures et les produits du monde, promeut les échanges culturels, éducatifs et touristiques internationaux. L’année dernière a vu la participation de 22 pays (un événement sur trois jours qui avait attiré plus de 180 000 visiteurs). Cette année, 16 consulats actifs dans la Rose du Nord y prennent part, avec le Consul d’Australie à leur tête (le pavillon australien anime même une page Facebook dédiée). Animations quotidiennes avec des shows provenant de diverses parties du monde.

Dans ce cadre-là, c’est vendredi 22 juin 2018, de 17h30 à 22h à la salle Leelawadee 1, qu’a lieu le Chiang Mai Sundowners hosted by AustCham, en présence du gouverneur de la province et des 16 consuls (idéal pour les entrepreneurs désirant réseauter du côté de Chiang Mai). Événement FB.

De plus, la Chiang Mai World Fair accueillera dimanche 24 juin, de 14h à 17h, la K-Pop Competition, concours du meilleur chanteur et du meilleur danseur. La K-Pop est un genre musical venu de Corée du Sud qui fait fureur dans toute l’Asie et au-delà. On peut comprendre pourquoi en visionnant le bonjour du groupe Rose Quartz 😏


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Lanna Health Fair – Foire de la Santé et du Bien-Être en Pays Lanna
Avec son Lanna Health Hub, auquel sont intégrés non seulement des prestataires de santé mais également des instituts universitaires de recherche, la région offre un bon niveau de soins. La médecine du Lanna partage avec la médecine chinoise son approche holistique; elle se concentre donc sur la prévention (avant que la maladie ne survienne). C’est dans cette optique qu’il faut considérer les bienfaits du massage du nord thaïlandais par exemple. On vous en reparlera un jour en détail. Une zone entière de la foire est réservée à la santé et la beauté (Health & Beauty zone). Une Convention sur le Massage thaïlandais et le Bien-Être est organisée. Il s’agit de la Wellness & Thai Massage Convention avec une impressionnante cérémonie de wai khru où les élèves ayant été formés par leur maîtres ès santé leur rendent hommage avec déférence. Cette dernière aura lieu le dimanche 24 juin 2018, de 9h10 à 10h30. On vous conseille vivement d’être présent. Vous pourrez alors bénéficier des conseils personnalisés prodigués par des thérapeutes d’horizons divers.
▪︎ Le Lanna Health Hub sur le web (tout est en thaïlandais) et sur Facebook (avec une page hélas moribonde).


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Communauté locale du Wat Srisuphan
Il s’agit des fameux artisans travaillant l’argent, ceux-là mêmes qui ont érigé le splendide Temple d’Argent, sis à Chiang Mai. Sur leur pavillon, vous en apprendrez plus sur le mode de vie traditionnel de cette ancienne communauté du Lanna. Plus de 40 exposants vous démontreront leur savoir-faire. S’y ajoute une exposition retraçant l’histoire de la civilisation lanna. A ne pas manquer donc.


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Amazing Ethnic Chiang Mai Culture – Le charme des tribus du Nord
Pas moins de 19 minorités ethniques sont présentes à la Lanna Expo, sous la forme d’un stand bien sûr, où vous découvrirez leur divers produits, culinaires comme artisanaux, mais également par le biais d’activités culturelles (représentations de danses par exemple). C’est sans nul doute l’endroit où vous rencontrerez le plus de représentants des nombreuses minorités qui peuplent tout le nord thaïlandais, Hmongs, Karens, Lahus, Lisus et autres Tai Lüe. Les fameuses femmes-girafes du village touristique tout proche sont également de la partie.


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OTOP & SMEs FAIR
Vous l’aurez compris, les dynamiques PME locales et régionales sont à l’honneur à la Lanna Expo. Beaucoup d’ateliers dans la halle destinée aux PME. Notamment ceux qu’organise le Centre halal d’études scientifiques de l’Université Chulalongkorn. Et si l’envie de vous lancer dans l’exploitation d’un food truck devait vous titiller, ne manquez pas la journée du jeudi 28 juin 2018 où le Food truck Club-Thailand organise une foire/exposition.


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D’autres manifestations enrichissent la Lanna Expo à l’image du Chiang Mai Forum 2018 du lundi 25 au mercredi 27 juin 2018, de 9h à 16h. Sous la houlette du Ministère thaïlandais de la Culture, il sera débattu (hélas en langue thaïlandaise seulement) de la promotion des arts et de la culture du Lanna dans le monde. Vaste sujet s’il en est !


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Il y a également des mini-concerts d’artistes célèbres, locaux et nationaux. On vous épargne leur noms qui vous sont sans doute parfaitement inconnus ! De nombreux ateliers agrémentent également la manifestation. Signalons encore une zone spéciale dédiée aux produits du Projet Royal (on vous promet de vous en parler un jour de manière plus précise tant le sujet est intéressant car il touche à l’amélioration des conditions de vie des minorités ethniques, amélioration voulue et initiée par le défunt roi Bhumibol le Grand).

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Ce riche programme vous permet de passer quelques heures à la Lanna Expo. Entre les expositions, les animations et le repas (à l’extérieur, pléthore de stands vous offre une nourriture locale souvent méconnue), le temps s’écoulera rapidement. Allez-y donc les yeux fermés et vous saurez ensuite pourquoi le Lanna nous ravit. Un ravissement que l’on partage à travers notre site qui aime à promouvoir les arts et la riche culture du Lanna. Sawat dee jao 😁

On vous quitte avec ces deux joyeux lurons qui devraient vous donner envie de vous déplacer jusqu’au centre d’exposition afin de participer vous aussi à la Lanna Expo 2018 et, qui sait, y rencontrer l’âme authentique du Lanna… La vidéo dévoile une partie de l’ambiance de cette foire; il s’agit en l’occurrence de l’édition de l’année dernière, 2017 donc.


Mise à jour le 24.06.2018

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Festival Pu Sae Ya Sae – Mise à mort d’un buffle pour concilier les esprits

On raconte qu’ils voulaient manger le Bouddha…

PuSaeYaSaeFestivalMarco11Âmes sensibles, s’abstenir ! Chaque année ici à Chiang Mai, dès les premières lueurs du jour, durant la pleine lune du 7e mois lunaire*, se déroule un spectaculaire festival animiste, le Pu Sae Ya Sae (สืบสานประเพณีเลี้ยงดง). Un rituel, autrefois parrainé par le roi du Lanna, qui implique le sacrifice d’un buffle de couleur sombre, effectué par un chaman local, qui doit en manger la chair crue et boire son sang – ce qu’il fait généralement après qu’il ait émis un cri strident. Cette cérémonie a lieu dans une clairière boisée aux pieds du Doi Kham, une colline d’environ 15 km au sud-ouest de la ville, à Mae Hia (Canal Rd, non loin de Hang Dong). Mieux vaut s’y rendre tôt pour s’imprégner de l’ambiance locale, avant l’arrivée de quelques groupes de touristes ! Cette année, la cérémonie a lieu le lundi 28 mai 2018, dès 7h du matin. Il vous faudra par conséquent venir avec votre propre moyen de transport (en louant un scooter ou négociant un song thaew par exemple).

NB : il ne nous appartient pas de porter un jugement sur des pratiques locales séculaires; nous tenons cependant à vous préciser que la mise à mort du buffle a lieu durant la nuit, avant l’événement public, une fête qui n’en reste pas moins spectaculaire. La voici résumée en vidéo :

Citylife a réalisé une autre vidéo résumant le rituel (basée sur la cérémonie de 2017).


De l’importance des esprits protecteurs…

Le rituel animiste dont il est question aujourd’hui, peu connu et archaïque, provient du peuple Luas (ou Lawas), une des ethnies régionales jadis au coeur du royaume du Lanna. Les Luas sont les premiers habitants connus de Chiang Mai, avant même la colonisation siamoise de la région, et même mon, soit une période antérieure à l’introduction du bouddhisme dans le nord de la Thaïlande. Nous vous avons déjà parlé du Festival annuel de l’Inthakin qui découle lui aussi d’anciennes croyances de ce même peuple premier. Trois esprits sont ici impliqués, de même que six esprits inférieurs : grand-père Pu Sae, gardien du Doi Suthep, son épouse grand-mère Ya Sae, gardienne du Doi Kham, et leur fils Sudeva Rishi. Ogres cannibales à l’appétit insatiable pour la chair humaine et le sang, ils hantaient jadis la région. On sait peu de choses des Luas, bien que l’on pense qu’ils fussent des chasseurs de têtes comme les Wa de l’État Shan, auxquels ils sont liés. Leur anthropophagie est étroitement liée au rituel Pu Sae – Ya Sae tel qu’il est encore pratiqué aujourd’hui.

Selon une légende locale, le Bouddha, arrivé ici par une vision lors d’un de ses rêves, remarqua un silence inhabituel, comme si le village était inhabité; il en demanda la raison. Les villageois lui apprirent alors que deux géants, mari et femme habitant la montagne, viennent souvent au village et en attrapent ses habitants pour se nourrir. Ce qui expliquait le calme apparent du village. Le Bouddha, compatissant face à ces villageois sans défense, partit à la rencontre des deux géants. Cupides, Pu Sae et son épouse Ya Sae, de même que leur fils Sudeva Rishi, voulurent dévorer le Bouddha. Celui-ci, ayant pris conscience de leur plan, leur fit d’abord peur en posant son pied sur un rocher – où se trouve aujourd’hui le Wat Phra Buddha Bat Si Roi dans le district de Mae Rim. Puis le Bouddha leur adressa un sermon et prédit qu’il y aura bientôt beaucoup de moines dans cette région, les exhortant à ne plus manger la chair des êtres vivants. Sudeva Rishi, le fils du couple, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, s’abstenant à jamais de consommer de la viande de toute sorte. Plus tard, il se déshabilla pour mener la vie d’un ermite, passant son temps en méditation dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Doi Suthep. Pu Sae et Ya Sae, de mauvaises grâces, acceptèrent eux aussi de ne plus manger de chair humaine mais demandèrent au Bouddha la permission de manger seulement deux buffles par an, un chacun, en compensation. Le Bouddha fut réticent à cette requête; il les bénit tout de même, leur dévoilant cinq préceptes, puis les quitta.

Et c’est depuis lors que les habitants vivant autour du Doi Kham pensent qu’ils doivent se concilier les deux esprits, considérés comme les gardiens de la montagne, et donc protecteurs de la forêt, en sacrifiant chaque année deux buffles. Une seconde cérémonie, tombée dans l’oubli, se déroulait dans la forêt aux pieds du Doi Suthep. Il s’agit ici d’apaiser ces deux esprits car, malgré leur promesse, la crainte d’un retour à leur vieilles habitudes cannibales est toujours présente. Le buffle sélectionné est abattu avant l’aube. Si l’animal, qui est tué avec un gros couteau par un boucher musulman, tombe parallèlement au ruisseau Mae Hiya, la pluie sera abondante. La tête, les os, la viande, les entrailles et le sang sont séparés et déposés sur une natte, sous le regard bienveillant d’une illustration du Bouddha suspendue à un arbre. Le chaman – qui peut être une femme, exalté par le lao khao (une liqueur blanche), est soudainement et violemment possédé par les deux esprits et se met à manger la chair crue extraite des entrailles du buffle et à boire son sang. Après un moment, le chaman s’effondre sur le sol. Les esprits le quittent, satisfaits. Ce qui permet aux gens qui vivent autour de la montagne d’être rassurés une année de plus. A travers ce rituel effectué au début de la saison des pluies, les habitants espèrent également des pluies abondantes permettant de bonnes récoltes, de même qu’une bonne santé durant l’année (une nouvelle année, Songkran, qui a commencé à mi-avril selon le calendrier thaïlandais).

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Déroulement de la cérémonie

Selon la légende, le vieux couple anthropophage, Pu Sae et Ya Sae, vivait donc sur les deux montagnes toutes proches, le Doi Suthep et le Doi Kham. Sachant que le Bouddha allait un jour y venir pour se reposer, les dieux védiques Brahma et Indra ont béni le village en apportant une pluie d’or et d’argent. Comme il pleuvait de l’or au village, le Bouddha a prédit que cet endroit s’appellera Doi Kham, ce qui signifie « Montagne d’or ». Et comme il pleuvait de l’argent plus au nord, la montagne a été appelée Doi Ngoen, ce qui signifie « Montagne d’argent » (renommée plus tard Doi Suthep).

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Le terrain rituel, aux abords de la forêt, est déjà prêt dès 6h du matin : le buffle abattu se trouve dans un espace sacré devant douze maisons des esprits. La cérémonie en tant que telle commence généralement peu après 8 heures avec une procession, agrémentée de musique et de danses. Les femmes du village déposent les offrandes prescrites aux esprits : bananes, maïs soufflé, peau de porc, riz gluant, canne à sucre, tabac et aussi de l’eau, de même que des bougies argentées et dorées. Il y a là six plateaux pour l’esprit de la terre et 23 énormes plateaux de feuilles de banane pour les maisons des esprits, chacun contenant des cigares et des noix de bétel. Au sud de la zone rituelle se trouve un sala destiné aux visiteurs qui peuvent voir le médium à l’œuvre, un villageois de la région qui sera bientôt possédé par l’esprit de Ya Sae. PuSaeYaSaeFestivalMarco10A 8h20, Ajarn Phromma, le maître rituel, arrive pour lire les textes sacrés qui appellent les esprits à résider dans les différentes maisons pendant que la musique traditionnelle agrémente la fête. Vers 9h, la bannière Phra Bot, amenée dans un cercueil noir, est hissée – c’est une représentation du Bouddha, flanqué de ses disciples, Sariputra et Moggallana. Neuf moines, reliés au Bouddha par une ficelle de coton blanc, récitent des incantations saintes en langue pali. Vers 9h30, le médium, possédé par l’esprit, se dirige vers le buffle pour se régaler de sa chair crue et de son sang. Vers 10h15, le médium va rendre hommage au Phra Bot.

Ajarn Kraisri Nimmanhaeminda, dont le récit de Pu Sae – Ya Sae a été publié dans le Journal of the Siam Society en 1967, soutient de manière convaincante que la présence de moines bouddhistes et du Phra Bot au sacrifice de buffle est destinée à convaincre les esprits des anciens cannibales que le Bouddha est toujours vivant et qu’ils devraient donc adhérer à leur vœu d’abstinence de chair humaine. Pour les apaiser davantage, on leur accorde leur dernier souhait – de la viande de buffle fraîche avec l’approbation du propriétaire de ce dernier.

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Plusieurs pèlerins demandent à l’homme possédé d’attacher une ficelle blanche autour de leur poignet afin de s’attirer chance et santé. D’autres participants à la fête profitent du passage du médium dans l’assistance pour lui demander les numéros gagnants de la loterie ! C’est vers 11h que prend fin la cérémonie (édition 2016 en vidéo).

Des rites ancestraux

PuSaeYaSaeFestivalMarco21Vous l’aurez compris, il s’agit là de rites ancestraux antérieurs au bouddhisme, ce dernier n’ayant aucune peine à intégrer les croyances animistes. Au même titre que le Festival de l’Inthakin, lui aussi découlant des croyances du peuple Lua, ou encore les rites visant à faire tomber la pluie à l’aide de fusées (fêtes que l’on retrouve au Xishuangbanna, au sud de la Chine, patrie des Dais), l’ensemble de ces fêtes font partie des rites de fertilité, les pluies assurant des récoltes abondantes (principalement de riz).

L’imbrication de rites chamaniques issus du peuple Lua avec des rites bouddhiste du peuple thaïlandais démontre à l’envi l’amalgame qui constitue le Nord thaïlandais, comprenant de nombreuses minorités ethniques. Les Luas et les Thaïlandais vivent ensemble depuis des siècles, partageant des terres et des traditions culturelles. Lorsque les Thaïs sont devenus dominants, ils n’ont pas cherché à éradiquer les rituels luas mais ont participé (en tant que bouddhistes) au rite (très non bouddhiste) du sacrifice de buffles pour adjurer les esprits :

Que le riz des Luas ne meure pas dans leur rizières
Que le riz des Thaïlandais ne se dessèche pas et ne meure pas dans leur rizières
Invocation du Festival Pu Sae Ya Sae

De toute évidence, la symbiose entre Lua et le nord de la Thaïlande est ancienne, étroite et fructueuse. Ainsi, les Luas sont toujours considérés et rappelés comme les ancêtres des Thaïlandais du Nord.

PuSaeYaSaeFestivalMarco22

Celles et ceux désirant approfondir le sujet liront avec intérêt le texte complet de la conférence qu’a donnée Reinhard Hohler le 13 septembre 2011 dans le cadre des réunions de l’INTG – Informal Northern Thai Group. Son titre en est Pu Sae -Ya Sae Spirit Worship: Highlighting the two sacred mountains of Chiang Mai. Ou encore l’article d’Andrew Forbes publié par CPA media, Pu Sae – Ya Sae – Guardian Spirits of Doi Suthep, agrémenté de quelques photos du rituel.

Nos lecteurs qui prendront la peine de participer à cette fête pourront, au retour, faire un détour par le Wat Doi Kham voisin, un charmant temple bouddhiste érigé sur la colline éponyme, qui abrite le grand Bouddha que vous aurez sans nul doute aperçu, un temple connu pour avoir fait gagner plusieurs dévots – ou crédules – à la loterie nationale (ce qui explique les offrandes fleuries qui affluent par milliers). Belle est la vue de là-haut. Ou encore passer l’après-midi au Royal Flora, un parc non dénué de charme (les plus jeunes voudront bien sûr faire trempette au Grand Canyon). On vous conseille également l’indispensable visite du temple tout proche Wat Intharawat (ou Wat Ton Kwen), témoin inestimable de l’architecture du Lanna. Et tout le monde de se retrouver au Brandnew Field Good, un café-restaurant en pleines rizières.

PuSaeYaSaeFestivalMontageFernFengFeng+Rugo

© Bai Fern Feng Feng + Marco Rugo


* à noter qu’il existe plusieurs calendriers lunaires, ce qui explique la différence des mois si vous les comparez à nos autres publications

Nous remercions les Guides Kohlidays pour le crédit de la photo à la Une.
Sources éditoriales (traduction libre avec adaptation) : Chiang Mai Best, Reinhard Hohler (Chiangmai Mail et INTG – Informal Northern Thai Group) et Andrew Forbes (CPA media – The Asia Experts).
Mise à jour le 31.05.2018.

Le Festival de l’Inthakin, pilier protecteur de Chiang Mai

Le Wat Chedi Luang, situé au cœur de la cité historique (วัดเจดีย์หลวง), est l’emblème de Chiang Mai. Son immense chedi endommagé est l’une des attractions touristiques les plus visitées de la ville. Nous conseillons d’ailleurs de s’y rendre en soirée, lorsque l’édifice est magnifiquement illuminé, et d’en faire la circumambulation par la gauche (le monument se situant alors sur votre droite), en découvrant avec surprise les divers éléments qui composent le site religieux. Et c’est justement cet écrin qui accueille l’une des grandes fêtes de la ville de Chiang Mai, le Festival de l’Inthakin. Ne manquez pas cette fête annuelle du pilier protecteur de Chiang Mai où la piété des dévots est palpable.

Chaque ville de Thaïlande possède son pilier protecteur. Appelé Inthakin, celui de Chiang Mai se trouve au Wat Chedi Luang. En thaïlandais, plusieurs autres appellations sont utilisées pour cette célébration d’origine brahmanique (บูชาเสาอินทขีล, Lak Mueang Festival, Sai Khan Dok ou encore Bucha Sao Inthakin). Dans le cadre de ce festival qui dure une semaine et qui voit les abords du temple, très animés, se parer des plus beaux atours, ne manquez pas les festivités carnavalesques en soirée (dès 17h) et surtout la grande parade, haute en couleurs, qui a lieu le premier jour.

Programme de l’Inthakin Festival 2018

Cette année, le festival de 8 jours se tient du 11 au 18 mai 2018, correspondant au douzième jour de la lune décroissante du sixième mois lunaire. C’est le premier jour qui est le plus animé. Au programme ce vendredi 11 mai 2018:
  • 9h09: cérémonie religieuse avec adoration d’une statue de Bouddha appelée Fon Saan Haa– littéralement cent milles gouttes de pluie – avec un cortège du Wat Chang Taem au Wat Chedi Luang. Cette statue sacrée est ensuite bénite avec de l’eau lustrale. Les participants à cette ancienne cérémonie en attendent une bonne santé pour eux-mêmes et des récoltes abondantes (espérant que la pluie tombe aux meilleures périodes; on parle ici principalement de riziculture).
  • 14h09: NE MANQUEZ PAS le cortège haut en couleurs dans la cité historique (« le carré ») de la place des Trois Rois au Wat Chedi Luang.
  • 16h : cérémonie d’ouverture
  • Dès 17h : animation des abords du temple avec spectacle folklorique (musique & danses traditionnelles), kermesse et marché animé; joignez-vous aux milliers d’autochtones qui rendent hommage à l’Inthakin, le pilier protecteur. Les moines psalmodient en soirée, bénissant les fidèles.
Habituellement payante, l’entrée est libre durant le festival. Tous les soirs, dès 17h, festivités carnavalesques en soirée avec kermesse et animations culturelles. Vous y trouverez des stands de nourriture locale à foison. Les habitants de Chiang Mai rendent hommage à l’Inthakin, le pilier protecteur de la ville, avec moult offrandes (fleurs, encens, bougies…) qu’ils placent dans chacun des vingt-huit bols disposés sur des nattes dans le temple. Joignez-vous à la population locale pour cette émouvante cérémonie où le but est d’accumuler des mérites à travers les offrandes au temple et les hommages rendus au Bouddha.
Attention : seuls les hommes peuvent accéder au saint des saints, le pilier protecteur en forme de phallus, sur votre gauche en entrant dans le temple; les femmes doivent se contenter de déposer leur offrandes à l’extérieur du sanctuaire.
Et le dernier jour, soit vendredi 18 mai, au Wat Chedi Luang, vous pourrez assister à la cérémonie Tham Boon Muang (bénédiction de la cité) dont le but est d’apaiser les esprits gardiens des douves et des portes de la ville, assurant par là la prospérité de la cité une année durant. Au programme ce jour-là :
  • 9h30 : cérémonie de clôture en présence de 108 moines;
  • 10h00 : aumônes et offrande de nourriture aux moines;
  • 12h30 : parade dans la cité historique(« le carré ») jusqu’au Wat Chang Taem (วัดช่างแต้ม) avec, à 13h09, adoration finale de Fon Saan Haa, la statue de Bouddha ô combien vénérée.

Notez que le huitième jour, il n’y a pas d’offrandes, seules les cérémonies de clôture ont lieu. Attention! S’agissant d’une fête religieuse célébrée dans un temple bouddhiste, une tenue adéquate est exigée (épaules couvertes et pantalon/jupe/robe où les genoux sont couverts).

Le Wat Chedi Luang (วัดเจดีย์หลวงวรวิหาร) sur Facebook (mise à jour aléatoire). L’excellent magazine gratuit Guidelines Travel a consacré un reportage à cette fête, avec de très belles photos (hélas en anglais seulement).

1296, date de la fondation de Chiang Mai

La ville de Chiang Mai a été fondée par le roi Mengrai le 12 avril 1296. A cette occasion, le pilier protecteur a été érigé à 4 heures du matin, une heure astrologiquement propice. C’est le Wat Sadue Muang (วัดอินทขีลสะดือเมือง, Temple du Cœur de la Ville, plus connu comme le Wat Inthakin), près du Monument des Trois Roi, qui abritait originellement le pilier. La ville a ensuite été occupée durant près de 200 ans par les Birmans, temps considérés comme difficiles. Les habitants de Chiang Mai croient que ces calamités sont survenues parce que leur ancêtres n’ont pas respecté les esprits protecteurs de la ville.

Ensuite de quoi, lorsque le prince Kawila réussit à vaincre le Myanmar et à rénover la ville en 1800, il accorda une attention particulière aux besoins des esprits protecteurs. Il a fait déplacer le pilier du Wat Inthakin, à l’abandon, au Wat Chedi Luang (l’actuel pilier date de juin 1893), construisant un pavillon spécial (Viharn Jaturamook) et plantant trois grands arbres alentour, des diptérocarpacées. Une croyance locale affirme que si l’arbre le plus proche du pavillon tombe, alors Chiang Mai tombera aussi !  Sachez encore que le pilier en question ne peut être vu à aucun autre moment de l’année.

Inthakin2018PhotoPanupongBoonruangMontage.jpeg

© Facebook – Panupong Boonruang (photo 1 & photo 2)


La légende de l’Inthakin

C’est Pra Mahaa Meun Wuttiyano du Wat Haw Wang, ici à Chiang Mai, qui nous la raconte.

La région était jadis le centre du royaume du Lanna, pays des Luas (ou Lawas, une des ethnies régionales). La ville était hantée par les mauvais esprits (les pee), cause des problèmes et des difficultés de son peuple. Le dieu Indra (Pra In en  thaïlandais, roi des dieux ou des devas) leur vint en aide en leur confiant trois puits magiques au centre de la ville : un puits d’or, un puits d’argent et un puits de cristal. Indra ordonna à neuf clans de prendre soin des puits magiques, trois clans par puits, et nomma la ville Nopaburi (nop ou นพ signifie neuf). Les Luas pouvaient puiser dans ces puits tout l’or, l’argent et le cristal qu’ils désiraient à condition de respecter les préceptes de vertu. En suivant ces préceptes, leur prospérité était assurée.

Mais cette fortune rendit envieux les habitants des villes alentour. Ces derniers fomentèrent une guerre à l’encontre de Nopaburi. Les habitants furent effrayés et demandèrent alors à un rishi – un saint homme – d’avertir le dieu Indra. Une fois informé, le dieu ordonna à deux géants de retirer du ciel le pilier Inthakin(Intha= Indra, kin= pilier) et de l’enfoncer dans la terre au centre de la ville de Nopaburi. Lorsque les troupes ennemies entrèrent dans la ville, par le pouvoir de l’Inthakin, elles furent transformées en marchands. Au lieu de combattre, ces marchands demandèrent au peuple Lua une part de richesse. Les Luas ont simplement averti les marchands qu’en suivant les préceptes de vertu et d’honnêteté du dieu Indra, fortune sera faite. Une partie des commerçant suivit ce chemin de vertu. Mais hélas, trois fois hélas, d’autres prirent un autre chemin, celui de l’avidité. Ce qui attisa la colère des deux géants qui retirèrent alors le pilier protecteur, le ramenant au ciel.

Ce retrait entraîna la disparition du pouvoir magique des trois puits. La population a commencé à souffrir. Ce fut à cette époque qu’un moine vénéré dans tout le royaume Lanna fit une prédiction funeste : dans quelques années, la ville serait dévastée ! Les Luas prirent peur quant à leur sombre avenir, implorant l’aide du moine. Ce dernier informa Indra qui conseilla alors aux Luas de fabriquer un grand wok en métal pour y mettre des figurines de tous les animaux par paires, de même les hommes et femmes de toutes les langues, et d’enterrer le tout, auréolé d’une réplique du pilier céleste, l’Inthakin. Les habitants devront venir adorer le pilier, tout en respectant les préceptes de vertu, ce qui apportera paix et prospérité à la ville. Et c’est ainsi qu’en suivant cette tradition, la ville n’a plus jamais connu de grande catastrophe jusqu’à aujourd’hui.


La vidéo ci-dessous vous dévoile l’ambiance nocturne de la fête :

In fine convoquons l’érudition de Jean de la Mainate, animateur de Merveilleuse Chiang Maï, un blog de référence, qui vous en dira encore plus sur le Festival de l’Inthakin, cette colonne représentant à ses yeux un pacte entre deux mondes, celui des hommes et celui des esprits.

Celles et ceux sachant lire le thaïlandais pourront également consulter une source de référence, le Centre d’Information du Nord thaïlandais de l’Université de Chiang Mai (CMU). Programme complet des festivités (toujours en thaïlandais).
On conclut ici en souhaitant la plus grande prospérité aux habitants de la ville de Chiang Mai, comptant sur eux pour rester vertueux.

Principale source éditoriale : Chiang Mai Best (traduction libre avec adaptation).

Crédit de la photo à la Une : Neona Neonana (source Facebook – ChiangMai Photo Club).

Bonne Année (thaïlandaise) ! Retour sur les festivités du Songkran 2018 à Chiang Mai

« Songkran – le Nouvel An thaïlandais – est un événement célébré sur plusieurs jours fériés dans tout le pays. Du 13 au 15 avril (avec de très légères variantes selon les régions) toute la Thaïlande est en fête, conjuguant à merveille anciennes traditions et plaisirs plus modernes et bruyants. Pour les touristes, c’est l’occasion unique d’assister à des rituels empreints de respect mais aussi de participer à de folles batailles d’eau dans les rues des villes et des villages. Pour les Thaïlandais, c’est le temps d’une belle réunion familiale où tous se rendent au temple pour faire des dons et de bonnes actions afin d’observer les traditions. Il ne fait aucun doute que c’est une superbe période pour être en Thaïlande où que ce soit. »

A cette entame rédigée par l’Office national du tourisme thaïlandais (la TAT, son sigle en anglais), nous serions tentés d’ajouter « et plus encore à Chiang Mai » ! Nous vous avons déjà parlé de Songkran mais maintenant que la fête est finie permettez que l’on vous propose quelques photos et vidéos afin que vous puissiez vous rendre compte de l’esprit qui règne durant cette période et de l’ambiance unique que vous offre Chiang Mai à cette occasion.

PhotoPop(cheminsepétillante)

© Facebook

Les jours précédant les festivités, beaucoup de Thaïlandais arborent une tenue allègre, les chemises bigarrées fleurissent dans les rues de la ville. La majorité d’entre eux profitent des jours de congé pour se retrouver en famille (un immense mouvement de population qui causent hélas beaucoup d’accidents). On nettoie à fond la maison, on s’offre des cadeaux, on procède aux ablutions pour marquer le respect aux anciens. On se rend également au temple pour y effectuer des circumambulations et y élever des pagodes de sable. C’est dire que Songkran ne doit surtout pas être résumé à cela :



 
Ici à Chiang Mai, c’est le 12 avril, jour de la création de la ville il y a 722 ans, que les festivités commencent réellement. Sur la place des Trois Rois, l’on rend ainsi hommage au roi Mengrai Le Grand (en thaïlandais : พ่อขุนมังราย, 1238-1317), fondateur du Lanna. C’est aux aurores qu’une cérémonie d’offrandes aux moines est organisée.

S’ensuivent des animations où les arts du Lanna sont à l’honneur – rappelons ici la richesse de cette culture, Chiang Mai étant considérée comme la capitale culturelle de la Thaïlande. Cette année, une magnifique danse traditionnelle – le fon leb ou danse des ongles – en a été le clou (vidéo dès la 12e minute, quelques photos ici et ) :



 
Le 13 avril marque le début du Songkran à proprement parler. C’est généralement à la Porte Tha Pae qu’une cérémonie d’offrande aux jeunes moines est organisée tôt le matin, suivie par une parade de Miss Ombrelles en vélo. Cette année, c’est sur cette même place que la cérémonie officielle a eu lieu (une cérémonie que vous pouvez revoir en vidéo). Une place très animée, avec moult stands et ateliers.

Autre événement qu’il ne faut en aucun cas manquer : la cérémonie religieuse organisée au Wat Phra Singh, temple le plus vénéré de la ville, au coeur de la cité historique (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร). Elle se déroule de 9h09 à 9h39 – les Thaïlandais savent être précis. La statue du Bouddha la plus vénérée de ce temple est transportée sur un chariot sacré; occasion unique de se rendre compte de la piété dont font preuve les dévots bouddhistes.

Et ce jour-là, le 13 avril donc, c’est le jour de la grande parade du Phra Buddha Singh qui s’étend tout l’après-midi de San Pha Koi au Wat Phra Singh, en passant par la route Tha Pae. De nombreux chars fleuris surmontés de diverses statues du Bouddha sont aspergés d’eau. La vidéo complète de l’événement ci-dessous (et quelques photos ).



 
Le lendemain, 14 avril, les batailles d’eau continuent d’animer toute la ville ! C’est le jour de la procession des branches sacrées de l’arbre de la Bodhi (kham salee) de l’Iron Bridge (pont en fer) jusqu’aux divers temples de la rue Thapae, durant l’après-midi.

Comme toute grande fête en Thaïlande, les concours de beauté font florès ! Et c’est ce jour-là qu’a lieu l’élection de Miss & Mister Songkran. Un Nouvel An auquel est naturellement conviée Miss Chiang Mai en invitée d’honneur. Vous pouvez revivre en vidéo cette soirée animée, avec danses et défilés. And the winner is… Onanong (no 10, อรอนงค์) est Miss Songkran 2018 et Thirawat (no 12, ฐิรวัฒน์) est, lui, Mister Songkran 2018 🤩


💦 En dehors des cérémonies officielles, beaucoup d’autres événement se tiennent au moment du Nouvel An thaïlandais. C’est notamment le cas du Songkran traditionnel qu’organise le Wat Mok Moli (วัดโลกโมฬี). Bel écrin qui vous permet d’approcher la culture authentique du Lanna (et dont la visite, durant le Songkran, nous parait indispensable).

Autre manifestation qu’on apprécie particulièrement pour son authenticité, et qui n’attire, à notre humble avis, que trop peu de personnes, habitants comme touristes, le Songkran Water Festival. Cette année, c’est le musée des Maisons traditionnelles du Lanna (Lanna Traditional House Museum, พิพิธภัณฑ์เรือนโบราณ) qui l’a accueillie. Au menu, des espaces dédiés (la cour khuang luang où des rites religieux sont effectués (comme le bain rituel du Bouddha de votre jour-anniversaire), un marché à l’ancienne kad mua, un pavillon de style Lanna où oeuvrent des artisans), de même que des spectacles avec danses traditionnelles et musique folklorique. En voici quelques photos. L’édition 2016, interrompue prématurément par la pluie et à laquelle nous avions participé, était somptueuse (la preuve en vidéo).

Le parc royal Rajapruek, qu’on appelle plus communément le Royal Flora, organise lui aussi chaque année des festivités durant le Songkran, réjouissances qui maintiennent vivantes les traditions du Lanna. Ainsi cette année, tout un chacun était invité à s’habiller de manière traditionnelle.


A Chiang Mai De-ci De-là, vous nous savez fervents de promotion culturelle. Mais avouons que la plupart des touristes qui viennent ici dans la Rose du Nord le font pour prendre part aux festivités des plus arrosées du Nouvel An. Pour eux, Songkran est surtout l’occasion de gigantesques batailles d’eau, dans la rue, durant les cortèges ou encore en des lieux organisés comme les centres commerciaux. Belle occasion de se rendre ainsi compte que les Thaïlandaises et Thaïlandais aiment faire la fête. Que disons-nous, adorent faire la fête 😆

 

Evidemment, Chiang Mai n’a en rien le monopole de la fête. C’est tout le royaume qui fête Songkran, le Nouvel an, villes comme villages. Comme par exemple à Lampang (vidéo ci-dessous) Phayao ou Lamphun, pour ne citer que ces cités du Nord thaïlandais.

Notre conseil pour votre prochain Songkran, à Chiang Mai ou ailleurs : ne programmez rien durant ces trois jours (et plus) de fête et laissez-vous porter par la grâce de l’inattendu, sans oublier au préalable de consulter le programme des festivités afin d’en profiter à fond. C’est ainsi que vous serez, vous aussi, emballé par cette fête unique en son genre qui restera sans doute comme l’un des plus beaux souvenirs de votre séjour en Thaïlande.

SongkranMemoriesMontage

Songkran, une fête célébrée depuis bien longtemps – © Facebook

Il y a bien entendu d’autres raisons de venir à Chiang Mai, surtout si c’est votre première visite. Pour ce qui a trait à l’hébergement, notre conseil habituel : ne vous faites donc aucun souci. Comme toujours en Thaïlande, on trouve de quoi se loger. D’autant que Songkran marque la fin de la haute saison touristique. En revanche, si vous souhaitez résider à une adresse précise, mieux vaut réserver au préalable, les meilleurs établissements étant pris d’assaut.

💦 Sabaidee pee mai ! Bonne Année (thaïlandaise) à vous 😄


Image à la Une © Facebook – Chiangmai Maha Nakorn News

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Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai (et ne pas confondre ces deux villes)

A pied, en vélo, en bus, en voiture, en moto ou en scooter, en train ou encore en avion, et pourquoi pas en bateau (via Thaton), on vous dit tout de la meilleure façon de rejoindre Chiang Rai (เชียงราย) depuis Chiang Mai (เชียงใหม่), deux villes historiquement liées séparées par 190 km et qui parfois sont confondues. Nos conseils pratiques seront utiles, que vous fassiez l’aller-retour la même journée – folie de votre part à notre humble avis – où que vous séjourniez à Chiang Rai, capitale de la province éponyme, à une heure de route du sulfureux Triangle d’Or. Si tout le monde ou presque a déjà entendu parlé du fameux Temple Blanc, destination qui est souvent la justification d’un déplacement vers Chiang Rai, cet article sera l’occasion de vous convaincre de passer par Phayao, petite ville endormie au bord d’un très beau lac artificiel.

Chiang Rai - Phayao Montage photo

Wat Rong Khun à Chiang Rai – le fameux Temple Blanc – et lac de Phayao © Facebook (TAT Photograph Section) & Chiang Mai Deci-Delà


Liaison directe en train

La gare de Chiang Mai est la gare terminus de la ligne ferroviaire nord (venant de Bangkok donc). Pour le dire autrement, il n’y a aucun train qui se rend plus au nord ! Impossible par conséquent d’utiliser le rail pour rejoindre Chiang Rai (où il n’y a du reste aucune gare ferroviaire) !


Liaison routière en bus public

GreenBus LogoC’est là le moyen de transport le plus usité et GreenBus (กรีนบัส) sera votre amie. Cette compagnie a racheté tous ses concurrents de sorte qu’elle détient le monopole sur cette liaison. Ne vous inquiétez pas, elle obtient les faveurs de sa nombreuse clientèle, ravie. À Chiang Mai, vous devrez donc vous rendre au terminal 3 de la gare routière Arcade (Arcade Bus Terminal 3 en anglais, สถานีขนส่งผู้โดยสารเชียงใหม่ แห่งที่ ๓ en langue thaïlandaise) qui se trouve ici. Ne manquez pas de visiter le sanctuaire Pikanet tout proche (infos ci-dessous). Vous pouvez rejoindre le terminal 3 en tuk-tuk ou en songthaew (les fameux minibus rouges, théoriquement THB 20.- en version partagée ou selon ce que vous aurez négocié en version privatisée), et pourquoi pas en vélo partagé Mobike. Les lignes de bus B1, B2 et B3 s’y rendent également; l’arrêt se trouve face à l’entrée principale. Nouveau : la ligne des grands bus bleus R1 passent aussi par là (plan des liaisons par bus). Les guichets de vente GreenBus se trouvent sur la gauche, une fois passée l’entrée principale (facile à les reconnaître, tout est vert, d’où le nom de la compagnie).

GreenBus - Chiang Rai direct - Récapitulatif CMDCDL

Tableau en version PDF

Selon la classe choisie, le trajet de 176 km dure entre 3h10 et 3h40 et le prix oscille entre THB 129.- et 258.- par personne. Prix inférieur pour les enfants jusqu’à 130 cm et gratuité pour les gosses jusqu’à 3 ans qui n’auront évidemment pas un siège pour eux (le rabais enfant est aléatoire, nous avons obtenu plusieurs informations contradictoires à ce sujet). En principe, les bagages sont limités à 20 kg. En fonction du jour, il y a jusqu’à 25 bus quotidiennement, le premier à 6h45 le dernier à 18h (et même 19h les vendredi et dimanche). Le terminus de la ligne directe GreenBus no 166 est l’ancienne gare routière (Chiang Rai bus station 1), située au cœur de Chiang Rai. Mais peu avant, un arrêt se fait également à la grande gare routière de Chiang Rai (Chiang Rai bus station 2, สถานีขนส่งเชียงรายแห่งที่ ๒, à l’extérieur de la ville; voir ci-dessous)¹. Voici les horaires valable en 08.2018 :

GreenBus - Chiang Rai direct

Horaires en version PDF

Si on y ajoute la liaison jusqu’à Mae Sai (ligne 619) et celle vers Chiang Khong (ligne 1663), toutes les deux s’arrêtant au préalable aux deux gares routières de Chiang Rai, vous pouvez théoriquement prendre, en fonction du jour, jusqu’à 37 bus pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai ! Mais dans ces deux derniers cas, vous devrez alors payer le prix complet du billet, même en vous arrêtant à Chiang Rai.

GreenBus Chiang Rai puis Mae Sai:Chiang Khong

Horaires des deux lignes alternatives Chiang Mai-Mae Sai (619) et Chiang Mai-Chiang Khon (1663) qui vous permettent, elles aussi, de vous arrêter à Chiang Rai si d’aventure les bus de la liaison directe devait être complets, ce qui est plutôt rare !

Chiang Rai - Temple Blanc - Montage.jpeg

Comme le bus passe devant le fameux Temple Blanc (le Wat Rong Khun, วัดร่องขุ่น) peu avant son arrivée à la gare routière de Chiang Rai, vous pouvez demander de vous y arrêter. Vous rejoindrez sans autres la ville de Chiang Rai – à 8 km de – en hélant un song thaew ou un tuk-tuk. Après le tremblement de terre de 2014 qui a vu le bâtiment être endommagé, l’entrée est devenue payante pour les étrangers. Il s’agit de constituer un fonds pour les rénovations. Vous devrez donc vous acquitter d’un prix d’entrée de THB 50.- par personne. Et vous débrouiller avec un commerçant pour lui laisser vos affaires (pas de consigne officielle au temple). Le Temple Blanc est généralement ouvert tous les jours de 8h à 17h. Notez qu’y aller en fin de journée vous permet d’admirer le temple auréolé d’un magnifique coucher de soleil. La page Facebook officielle du Temple Blanc vous permet déjà de rêver…


GreenBus Photo 1

GreenBus – Quid des différentes catégories ?

GreenBus, compagnie de transport multi-primée, offre trois classes différentes sur cette liaison, à savoir :

  • La classe VIP (V) que privilégieront les personnes exigeantes. Il s’agit de bus de 30 places, avec climatisation et WC, qui mettent 3h10 pour rejoindre les deux villes. C’est bien évidemment la classe au prix le plus élevé, THB 258.-/personne.
  • La 1ère classe (X) offre des bus de 38 places, avec là aussi climatisation et WC. Le trajet dure 3h35 et il vous sera demandé THB 166.-/personne.
  • Et enfin la classe Standard (A). Les bus sont climatisés mais il n’y a pas de WC; ils mettent 3h40 pour rejoindre Chiang Rai au prix de seulement THB 129.-/personne.

Lorsque 2 classes sont indiquées simultanément (VIP (V)/1ère (X)), il n’y a qu’un seul bus avec une répartition différente des places en fonction du prix payé. Quelle que soit la classe que vous choisirez, sachez que le rapport qualité-prix de cette compagnie est imbattable. Vous n’avez d’ailleurs pas le choix, c’est la seule qui opère sur ces lignes ! On récapitule les horaires de la liaison directe par classe :

GreenBus - Chiang Rai direct - Horaire par classe

Tableau en version PDF


12Go Asia Chiang Mai à Chiang Rai

Faut-il acheter son billet à l’avance ?

Notre réponse est nuancée. Avec autant de liaisons journalières, nous ne le préconisons pas. Cependant, plusieurs raisons peuvent justifier un achat anticipé :

  • si vous avez une obligation horaire;
  • si vous êtes nombreux, une famille par exemple;
  • selon la saison (les transports sont pris d’assaut à certaines périodes comme Noël/Nouvel An, le Nouvel An chinois (généralement en février), Songkran (le Nouvel An thaïlandais du 13 au 15 avril), ou encore Loy Kratong, la Fête des Lumières, en novembre);
  • en fonction de vos préférences (départ en matinée, vers midi ou en soirée);
  • si vous êtes du genre anxieux (les Occidentaux ont tendance à tout prévoir, mode de fonctionner étranger aux autochtones).

Comment acquérir votre billet GreenBus ?

GreenBus Photo 2Plusieurs possibilités s’offrent à vous pour l’achat de vos billets :

  • au guichet de la gare routière Arcade. Attention, il y a deux terminaux, le terminal 2 et le terminal 3. GreenBus se trouve dans ce dernier terminal, le no 3 donc; vous trouverez leurs guichets sur la gauche (où tout est vert), une fois passée l’entrée principale.
  • aux autres guichets GreenBus en ville (le dernier est théoriquement ouvert jusqu’à 22h, ce sont pour la plupart des revendeurs):
    • proche de la porte Tha Pae (กรีนบัส ราชภาคินัย), dans la cité historique (« le carré »), précisément ici. Il est ouvert tous les jours de 8h à 17h, ✆ + 66 93 125 7118;
    • non loin de la gare routière Chang Phuak (Terminal 1, กรีนบัส หน้าม.ราชภัฏ), précisément ici, ouvert tous les jours, de 8h à 20h du lundi au vendredi et de 9h à 19h les samedi et dimanche, ✆ +66 53 412 187 et +66 89 700 1524;
    • à l’est de la porte Suan Dok (กรีนบัส สวนดอก), précisément ici, ouvert tous les jours de 10h à 21h, ✆ +66 53 276 160;
    • au cœur de la cité historique, à deux pas du Wat Phra Singh (กรีนบัส วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร), vers , ouvert tous les jours de 8h à 20h, ✆ +66 85 694 0430 et +66 53 416 244;
    • à la porte Chiang Mai, au sud du « carré » (กรีนบัส ประตูเชียงใหม่). Il s’agit en fait du Bombay Restaurant, ici, ouvert tous les jours de 10h à 22h, ✆ +66 89 637 3033, qui fait office de guichet.
    • au sud du Night Bazaar, ici, le bureau Amporn Tour vend lui aussi les billets de GreenBus. Ouvert du lundi au samedi, de 8h30 à 21h, ✆ +66 53 820 348 et 9 ou encore +66 89 999 5677.
    • Il y a beaucoup d’autres guichets en périphérie de la ville (et ailleurs au nord de la Thaïlande) : liste complète (les données sur la page en anglais de la compagnie sont plutôt aléatoires).
  • sur le web, si vous ne souhaitez pas vous déplacer. Attention, le site est principalement en langue thaïlandaise, avec quelques parties traduites en anglais (et pas vraiment mise à jour avec, de plus, un switch entre les langues qui n’est pas toujours effectif). Il est préférable d’utiliser votre carte de débit/crédit Visa ou Mastercard, où aucun frais n’est prélevé, mais vous pouvez également payer en espèces auprès d’un « counter service », soit à la caisse d’une supérette (7 Eleven ou point de vente « เคอน์เตอร์ เซอร์วิส » (Counter Service, logo d’une lune sur fond bleu foncé)), auquel cas THB 25.- de frais seront ajoutés. Vous devrez alors le faire dans les 2 heures qui suivent votre commande ! Attention : sur le web, impossible d’obtenir un prix enfant et impossible également d’acheter des billets à plus de 60 jours.
  • sur le site web 12Go Asia. Si vous n’êtes pas à l’aise avec la langue anglaise, ce site vous sera d’un grand secours puisque tout est en français.

⚠️ ATTENTION ⚠️

  • Sur le site web de GreenBus, les horaires de la page an anglais ne sont pas systématiquement mis à jour (contrairement à la page en langue thaï) ! Les horaires des tableaux ci-dessus ont été vérifiés en août 2018.
  • Par ailleurs, ni 12Go Asia ni le site web de GreenBus n’offrent la possibilité de réserver tous les bus ! Ainsi, vous aurez plus de choix en vous rendant à un guichet GreenBus (ou alors directement à la gare routière Arcade).

12Go Asia Billets GreenBus


GreenBus Photo Montage

◉ GreenBus (กรีนบัส), compagnie de bus
✆ Call center +66 53 266 480
Site web, page Facebook, Messenger, Line, applications iOS/Android.

◉ Gare routière Arcade. Il y a ici deux terminaux, le 2 et le 3, GreenBus est situé dans le terminal no 3, d’où partent ses bus vers Chiang Rai (Arcade Bus Terminal 3, สถานีขนส่งผู้โดยสารเชียงใหม่ แห่งที่ ๓).
✆ +66 53 242 664
Pas de site web, ni page Facebook, ni applications iOS/Android à notre connaissance.

Pikanet

On profite ici de vous parler du sanctuaire dédié à Ganesh, le dieu-éléphant hindou, que les Thaïlandais appellent Pikanet (ศาลพระพิฆเนศ อาเขตเชียงใหม่). Il serait fort dommage de vous rendre à la gare routière Arcade sans faire une courte visite à ce lieu de culte qui a su rallier les bouddhistes. Le bâtiment est accolé au terminal 2 de la gare, exactement ici. Les diverses statues – ici pas de Bouddha – que les adeptes adorent rituellement, vous impressionneront, plus encore si votre visite a lieu durant une des nombreuses cérémonies organisées, généralement en soirée.

La grande gare routière de Chiang Rai (Chiang Rai bus station 2, สถานีขนส่งเชียงรายแห่งที่ ๒) précède la ville de 6 km, au sud. De là, vous pouvez rejoindre le centre-ville (voir le paragraphe suivant). La compagnie de bus fort appréciée Nakhonchai Air (สถานีเดินรถนครชัยแอร์ เชียงราย) dispose de son propre terminal, à 1 km de là, vers la ville. Une autre gare routière (Chiang Rai bus station 1) est située au cœur de Chiang Rai; elle dessert des destinations plus proches, comme par exemple Chiang Khong, à la frontière du Laos, ou encore Mae Sai, à la frontière du Myanmar (l’ex-Birmanie).


Comment rejoindre le centre-ville de Chiang Rai depuis la gare routière no 2 (soit la nouvelle grande gare à l’extérieur de la ville)

La liaison de la grande gare routière de Chiang Rai (Chiang Rai bus station 2, สถานีขนส่งเชียงรายแห่งที่ ๒) vers le centre-ville (à 6 km de là) est assurée par des minibus locaux – les fameux song thaew (minibus ouverts à deux bancs), tous les jours de 7h à 17h. Il vous en coûtera THB 20.-/personne. Comptez 20 minutes de trajet.

Vous pouvez bien entendu privatiser un tel minibus, ou bien encore prendre un tuk-tuk, ce qui réduira le trajet à 10 minutes maximum. Prix à négocier (entre THB 120.- et THB 220.-, en fonction de la demande et de l’heure).

Ceci dit, si votre intention est de rallier le centre-ville de Chiang Rai directement depuis Chiang Mai, restez sans autres dans le bus GreenBus qui, après un premier arrêt à cette gare routière no 2, rejoint l’ancienne gare routière (Chiang Rai bus station 1) qui est donc située au cœur de Chiang Rai.

NOUVEAU ! Nouvelle ligne de bus flambant neufs. C’est en septembre 2018 que la compagnie qui exploite une nouvelle ligne de bus a reçu ses véhicules flambant neufs. Ils sont modernes, climatisés et offrent une connexion Wi-Fi. Le tout pour THB 20.- le trajet, de 6h à 23h20. Très utile pour ceux qui arriveront à Chiang Mai depuis l’aéroport. La ligne relie l’aéroport à la grande gare routière no 2 (en passant par la petite gare routière no 1, et donc le centre-ville). Page Facebook @CRcityBus.


Liaison aérienne

La défunte Kan Air, une petite compagnie d’aviation basée à Chiang Mai et que nous appréciions, assurait la liaison aérienne Chiang Mai/CNX – Chiang Rai/CEI le samedi. La nouvelle compagnie Wisdom, qui devait reprendre les vols de feu Kan Air, fanfaronnait en octobre dernier, promettant d’en reprendre toutes les lignes. Mais nous sommes comme sœur Anne, nous ne voyons rien venir ! A ce jour (août 2018), il n’est donc plus possible de rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai en avion de ligne. Sauf à payer le prix fort en affrétant un vol privé avec la compagnie Budget Lines (site web et page Facebook).


Quid du bateau ? Thaton, vous avez dit Thaton ?

L’autoroute entre Chiang Mai et Chiang Rai qu’empruntent maintenant les bus a pratiquement rendu caduque cette option fluviale. L’itinéraire reste néanmoins prisé des aventuriers, des routards purs et durs et des touristes disposant de temps. Mais la rivière Ping (แม่น้ำปิง) coulant à Chiang Mai n’est pas la rivière Kok (แม่น้ำกก) qui coule, elle, à Chiang Rai ! Sans parler du Mékong, la mer des eaux (mae nam khong, แม่น้ำโขง), qui ne coule ni à Chiang Mai ni à Chiang Rai. La solution s’appelle Thaton.

L’on peut en effet rejoindre Chiang Rai en naviguant sur la rivière Kok depuis la ville de Thaton (ท่าตอน), située au nord, dans un district à la lisière du Myanmar. Il s’agit donc, dans un premier temps, de rejoindre cette ville depuis Chiang Mai. Cela se réalise facilement en bus depuis la gare routière de Chang Phuak (สถานีขนส่งช้างเผือก, à Chiang Mai donc correspondant au Terminal 1). Sept liaisons quotidiennes : départ à 5h30, 7h20, 9h, 10h20, 11h30, 13h30 et 15h30. Les bus de la compagnie Yanyon Nakorn Chiang Mai (บริษัท ยานยนต์นครเชียงใหม่ จำกัด, site web, ✆ +66 53 215 604) parcourent les 200 km séparant ces deux villes en 4 à 5 heures ! Les billets, au prix de THB 90.-, s’achètent au guichet sur place (il est possible de s’y rendre à l’avance).

Bus de Chiang Mai à Thaton

Horaires en version PDF

À Thaton, une embarcation publique part à 12h30, naviguant jusqu’à Chiang Rai sur la rivière Kok. Il vous en coûtera THB 400.-. Quatre heures de navigation paisible qui permet d’admirer la vie quotidienne des habitants au bord de la rivière. Ce sont souvent des membres des minorités ethniques. C’est dire que si vous désirez arriver le jour-même, vous devrez vous lever tôt et prendre le bus de 5h30 (ou celui de 7h20 au maximum, sans garantie d’arriver à l’heure toutefois). Sur place, vous pouvez également privatiser une barque (6 places) et partir quand bon vous semblera; le coût est à négocier, plus ou moins THB 2’200.- pour la barque entière. En résumé :

  • Étape 1 : Chiang Mai-Thaton en bus (en partant au maximum à 7h20, THB 90.-) puis
  • Étape 2 : Thaton-Chiang Rai en bateau (navette publique à 12h30 avec une arrivée à Chiang Rai aux alentours de 16h30, THB 400.-).

Notez que c’est une liaison fluviale qui peut être empruntée toute l’année, indépendamment du niveau de la rivière; en été cependant (soit la saison sèche de mars à début juin), le trajet prendre plus de temps (il va de soi que l’itinéraire inverse, à savoir Chiang Rai – Tha Ton, peut bien entendu être lui aussi effectué; départ de la navette depuis Chiang Rai à 10h30, au même prix de THB 400.-). La coopérative des bateaux est joignable par téléphone au + 66 53 053 727 (mais nous ne vous garantissons pas que l’anglais soit pratiqué). L’embarcadère (ท่าเรือสาธารณะบ้านท่าตอน) se trouve juste à côté de l’arrêt de bus, en aval, très exactement ici.

Si d’aventure vous deviez avoir manqué le bus de 7h20, une solution de repli s’offre à vous : partir vers Fang de cette même gare routière de Chang Phuak. Une liaison assurée tant par des bus que par des minivans (il s’agit de la même compagnie qui assure la liaison vers Thaton, à savoir Yanyon Nakorn Chiang Mai, บริษัท ยานยนต์นครเชียงใหม่ จำกัด, site web, ✆ +66 53 215 604). Une fois à Fang, vous pourrez rejoindre Thaton en taxi local que vous trouverez au  marché Fang Kallaya (ตลาดฝางกัลยา). Comptez encore une demi-heure de route (30 km).
⦿ Horaires des bus pour Fang (depuis Chang Phuak au prix de THB 90.-) : 5h30, 6h, 6h30, 7h, 8h, 8h30, 9h30, 10h, 11h, 12h, 13h, 14h, 15h,16h30, 17h, 17h30 et 19h30.
⦿ Horaires des minivans pour Fang (depuis Chang Phuak au prix de THB 120.-, et THB 150.- en version VIP) : 7h, 8h, 9h, 10h, 11h, 12h, 13h, 14h, 15h, 16h et 17h.

Thaton - Montage FB.jpeg

© Facebook – Wat Tha Ton (source; crédit : Atipan Khantalee) et navette fluviale (Tha Ton Boat Trip)

Il peut être agréable de faire étape à Thaton (ortographiée également Tha Ton), une ville endormie qui offre peu de distractions (mais l’endroit est propice à la rencontre des minorités ethniques, principalement les Akhas qui peuplent des villages de montagne alentour). La visite du Wat Tha Ton (Phra Aram Luang, วัดท่าตอน, พระอารามหลวง) sera alors une étape indispensable. La montée vers le temple se fait par des stations offrant de belles oeuvres statuaires. Une fois au sommet de la colline, la vue sur la vallée est splendide ! Comme hébergement, les plus exigeants choisiront le Maekok River Village, un resort luxueux (comptez THB 3’000.-/nuit); plus apprécié encore (et moins dispendieux), la Saranya River House vous accueille pour THB 1’350.-/nuit avec une (petite) piscine. Il y a bien entendu d’autres hébergement meilleur marché sur place, de type guesthouse bon marché. Que vous dormiez ou non à Thaton, allez donc boire un verre chez Jack’s Coffee, le café y est bon.

Et comme le bus passe par Mae Taeng, pourquoi ne pas faire halte (sur la route 107) pour visiter ce qui est devenu sans doute le plus beau complexe bouddhique du nord de la Thaïlande, le Wat Ban Den (วัดบ้านเด่น), qui se trouve précisément ici ? Vous pourrez reprendre le bus suivant vers Thaton pour y passer la nuit et repartir le lendemain vers Chiang Rai en bateau (navette à 12h30 donc).


Y aller par ses propres moyens

On ne vous parlera pas ici des 5 jours de marche qu’il faut compter pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai, 182 kilomètres à pied donc ! En revanche, en y allant en voiture, qu’elle soit louée (dès THB 1’200.-/jour grosso modo) ou que vous disposiez d’un chauffeur, les 186 km qui séparent les deux villes du nord se parcourent en 3h30, sans compter les arrêts. En choisissant Grab – service de VTC (voiture de transport avec chauffeur), il vous en coûtera THB 2’500.- au minimum. La route est belle et de bonne qualité (carte du trajet). On vous déconseille l’auto-stop, fort aléatoire dans cette région.

Vous pouvez bien entendu effectuer ce trajet en ligne directe sans arrêt aucun mais ce serait bien dommage en raison des étapes qui le composent. C’est là un des avantages, non négligeable, du voyage indépendant avec son propre véhicule. Voici quelques arrêts – non exhaustifs – que nous vous recommandons vivement, en fonction de vos intérêts :

  • Depuis le Wat Sirattana Mongkol (วัดศรีรัตนมงคล), un temple donc, situé peu avant la petite ville de Wiang Pa Pao, vous profiterez d’une magnifique vue sur toute la vallée.
  • Au bas de la colline, faites donc une pause-café aux sources chaudes de Mae Kachan (น้ำพุร้อนแม่ขะจาน เชียงราย). Impossible de rater leurs deux geysers dégageant une odeur de soufre ! Vos pieds pourront y faire trempette (les Thaïlandais, eux, utilisent l’eau bouillante pour cuire… des œufs).
  • Un peu plus loin, vous verrez une très belle mosquée (มัสยิดแม่ขะจาน) à la coupole dorée. Mais c’est à un sanctuaire du Vénérable Kruba Sriwichai, le moine le plus vénéré ici au nord de la Thaïlande, qu’il faut vous arrêter (immense statue sombre sur votre gauche).

Les mordus désirant effectuer l’itinéraire en vélo – c’est donc que vous disposez de bien plus de temps – se tourneront vers des sites spécialisés afin d’emprunter des routes plus agréables que les autoroutes dont il est question ici.


Et pourquoi pas par Phayao, notre liaison préférée ?

Phayao rizières Marco Rugo

© Chiang Mai Deci-Delà

Si l’écrasante majorité des touristes privilégient la voie la plus directe entre Chiang Mai et Chiang Rai, à savoir l’autoroute no 118 (et ses 190 km), nous vous conseillons de notre côté une voie détournée, celle passant par Phayao, une ville fort accueillante loin du tumulte touristique. Pourquoi donc ? Pour trois raisons essentielles : en premier lieu pour l’intérêt des étapes intermédiaires, ensuite pour la joliesse de la route (soit 250 km en tout) mais surtout pour la splendeur de son lac ! Qui découvre pour la première fois la Riviera de Phayao au coucher du soleil n’a de cesse de vouloir y revenir. C’est bien sûr durant la saison verte, de juillet à octobre, que le paysage est le plus enchanteur; le contraste entre le bleu du lac et les vertes rizières est saisissant, avec un ciel azur en toile de fond.

Nous vous reparlerons de cette destination ô combien envoûtante en vous conseillant bien entendu d’y dormir au moins une nuit. Mais l’objet du présent article est de rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai. Si donc vous décidez d’effectuer ce détour par Phayao, un détour qui occasionne 60 km supplémentaires – et croyez-nous, ce sont 60 km de plus qui en valent vraiment la peine.

En bus public, depuis Chiang Mai, Phayao se rejoint facilement en 3 heures de (belle) route. En fonction du jour, pas moins de 8 liaisons quotidiennes sont assurées par l’excellente compagnie GreenBus déjà évoquée ci-dessus. Vous serez délesté d’une somme entre THB 111.- et 221.- en fonction de la classe choisie. On vous conseille de prendre le bus de 8h si vous désirez avoir le temps de vous balader un brin au bord du lac et rallier Chiang Rai en fin de journée.

GreenBus Phayao direct

12Go Asia Billet jusqu'à Phayao

Depuis la gare routière, la rive du lac se rejoint aisément à pied, en moins de 10 minutes. Vous pourrez sans autres laisser vos bagages au bureau Green Bus sis à la gare routière. Une fois à Phayao, si vous désirez rejoindre Chiang Rai la même journée, vous n’aurez pratiquement que le temps de manger dans un des restaurants au bord du lac – le poisson y est roi – et de visiter, en son milieu, le Wat Tilok Aram (วัดติโลกอาราม), un temple érigé il y a plus de 500 ans. Il se rejoint en 15 minutes de bateau à rame par un embarcadère (ท่าเรือกว๊านพะเยา, วัดติโลกอาราม, ✆ 089 433 7311, ouvert de 8h à 17h) au prix de THB 30.- par personne (le rameur vous racontera l’histoire du temple… en langue thaï et avec le sourire). Comptez une heure pour la visite (30 minutes) et l’aller-retour en bateau.

Phayao Montage 1

Lac de Phayao (© Chiang Mai Deci-Delà) et Wat Tilok Aram (© Facebook – แอ่วเหนือ)

Une fois la Riviera visitée (et le très bon poisson de Phayao goûté au bord du lac), les 90 kilomètres vous séparant encore de Chiang Rai se parcourront en approximativement 1h30 via l’autoroute no 1. Plusieurs compagnies assurent le trajet depuis la gare routière de la ville, que ce soit en bus (deux catégories, à THB 69.- et THB 88.- le billet) ou en minivan.

Mais l’idéal est d’effectuer le trajet Chiang Mai-Phayao-Chiang Rai avec votre propre véhicule, que vous le louiez ou que vous choisissiez l’option d’un/e voiture/minivan avec chauffeur. Vous profiterez ainsi à fond des divers arrêts possibles : à ceux indiqués dans le paragraphe précédent, ajoutez-y

  • la cascade Thaan Thoong (น้ำตกธารทอง), sympathique arrêt (des gargotes vous proposent de quoi vous sustenter, heures d’ouverture aléatoires);
  • le superbe point de vue (จุดชมทิวทัศน์กว๊านพะเยา) qui vous donne à admirer le lac de Phayao, 30 km avant la ville;
  • le Wat Analayo Thipphayaram (วัดอนาลโย), un temple de la forêt fort original, avec son grand bouddha blanc, son immense bouddha doré, ses chédis à l’architecture moderne et son grand bouddha noir sur la colline au loin, derrière. Le temple offre lui aussi un panorama presque identique et s’y rendre en saison verte est un éblouissement assuré par les nombreuses rizières;
  • et bien entendu la visite du Wat Tilok Aram (วัดติโลกอาราม), temple submergé au milieu du lac de Phayao.

Les motards – on parle ici de grosse cylindrée – apprécieront particulièrement cet itinéraire car en quittant la route 118 pour emprunter la route 120 et ses très nombreux lacets, vous jouirez là d’un des plus beaux tronçons routiers du nord de la Thaïlande. En scooter, le plaisir sera moindre mais plaisir il y aura.

Vous quitterez Phayao par l’autoroute no 1 et arriverez à Chiang Rai 1h30 après. Avouons que ce dernier trajet, presque rectiligne, n’est pas le plus intéressant (les motards choisiront de rejoindre Chiang Rai avec un nouveau détour de 10 km, empruntant les routes 1190 puis 1020, en quittant l’autoroute 1 à hauteur de Mueang Phan par la route 1126 sur votre droite; mieux encore, en empruntant la route 1202 depuis Phayao – elle rejoint elle aussi la route 1020 – ce qui nous permettra de voir des paysages inondés par les rizières). Notez que le fameux Temple Blanc (Wat Rong Khun, วัดร่องขุ่น) se trouve 12 km avant le centre-ville de Chiang Rai, sur votre gauche (en optant pour les deux détours décrits, il vous faudra revenir quelques kilomètres). A vous de voir si vous aurez assez de temps pour le visiter le jour même – en fonction de vos arrêts précédents.

Nous consacrerons un jour un article plus complet à Phayao… De même à Chiang Rai qui mérite bien plus qu’un aller-retour à la journée !


Quid de l’aller-retour Chiang Mai-Chiang Rai à la journée en minivan ?

Il s’agit donc de circuits d’un jour, en groupe, assurés par des minivans climatisés, avec chauffeur et guide anglophone. C’est là une option prisée des routards car on visite l’essentiel à très bon marché. Avouons que nous abhorrons ces circuits où la consommation effrénée empêche tout contact avec la population – le tourisme dans toute son horreur ! Ils permettent de visiter à la journée Chiang Rai avec un retour dans la Rose du Nord en soirée. Vous partez tôt (généralement vers 7h) et revenez tard (aux environs de 21h), exténué. Différentes variantes vous sont proposées dès THB 1’000.- seulement; la plus courte se contente de la seule visite du Temple Blanc et de la Maison Noire. Certaines permettent même de « monter » jusqu’au Triangle d’Or – dont l’aura est quelque peu usurpée – avec, sainte horreur, la visite des femmes-girafes dans ce qui est un village touristique semblable à un zoo. À fuir !

Au final, on peut comprendre l’attrait de ces circuits organisés vers Chiang Rai pour qui a peu de temps et un budget limité. Jetez donc un œil à l’offre d’Amporn Tour résumée ici en français. De notre côté, nous préconisons de passer au minimum une nuit à Chiang Rai.

Autre possibilité, affréter un minivan pour vous tout seul (places limitées au nombre de siège du véhicule). Comptez THB 3’500.- pour un aller-simple et THB 4’500.- pour un aller-retour, voire THB 5’000.- si vous incluez le Triangle d’Or (véhicule, chauffeur et essence). La société de transport Aya Service assure le transfert Chiang Mai-Chiang Rai en minivan pour THB 350.-/personne (mais alors impossible de s’arrêter au Temple Blanc plus de 10 minutes !).


En conclusion, vous l’aurez compris, le plus simple pour rejoindre Chiang Rai est d’emprunter un bus de la compagnie fort appréciée GreenBus, en dormant sur place. Et si vous avez plus de temps, de faire le détour par Phayao et sa Riviera, idéalement en moto. Bon voyage à vous 😄

12Go Asia Bus Thaïlande


S’agissant d’un article pratique, les données peuvent varier au fil du temps (prix, horaires…). N’hésitez pas à nous signaler toute modification en laissant un commentaire. Merci.

¹ On remercie ici Mike Thailandee qui nous a fort utilement rectifié deux erreurs commises dans notre article initial.

Sources des images à la Une (montage) : © Facebook (แอ่วเหนือ & TAT Photograph Section)
Mise à jour le 14.09.2018

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Fêter Nouvel An à Chiang Mai

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© Facebook

L’Occident célèbre le passage de l’An Neuf le 31 décembre au soir. Les Thaïlandais, qui vivent en l’an 2560 selon l’ère bouddhique (+ 543 ans à ajouter au calendrier grégorien; facile à retenir 5-4-3, merci Objectif Thaïlande), ont leur propre Nouvel An, วันสงกรานต์ (s̄ngkrānt̒, appelé plus communément Songkran en anglais, une fête très arrosée). Elle a lieu les jours précédant le 15 avril de chaque année. Mais comme c’est un peuple qui apprécie les fêtes, le Nouvel An occidental est peu à peu intégré au calendrier national et fêté dans moult endroits du royaume, le 31 décembre (jour férié, comme le Premier de l’An).

On parle ici de Countdown Festival, soit le Festival du Compte à Rebours jusqu’au 1er janvier, une fête qui correspond au Réveillon de la Saint Sylvestre, le 31 décembre au soir. Une entrée dans la nouvelle année avec force feux d’artifice (exception faite de l’année dernière en raison de la mort du roi bien-aimé Bhumibol le Grand). Vous aurez l’embarras du choix ici à Chiang Mai, que ce soit avec les festivités officielles place des Trois Rois, les autres réveillons – les deux plus grandioses auront lieu au Parc Royal Rajapruek et du côté de Mae Rim, avec un grand lâcher de lanternes célestes – ou encore un repas de circonstance dans les grands restaurants destinés aux touristes, principalement Occidentaux. Et pourquoi ne pas faire dans l’originalité en rejoignant les milliers de Thaïlandais qui se rendront au temple pour des célébrations bouddhistes en se consacrant à la méditation ?

Où fêter Nouvel An ? Le Countdown Festival 2018

ChiangmaiCountdown2018LannaFestivalOn commence par les festivités officielles. En alternance avec la Porte Tha Pae, porte d’entrée principale de la Cité Fortifiée, c’est la place des Trois Rois qui accueillera cette année le Countdown Festival officiel. En voici le programme :

  • 19h00 : cérémonie d’ouverture avec des danses traditionnelles du Lanna
  • 21h00 : prestation du Chiang Mai Youth (chants traditionnels du Lanna)
  • 21h30 : spectacle de la Satit Chiang Mai School
  • 22h00 : mini concerts par des artistes locaux
  • 23h15 : concert de musique du Trio band (TAT)
  • 23h50 : voeux du Gouverneur de la Province
  • 00h00 : grand feu d’artifice

Ce sera l’endroit qui attirera le plus grand monde dans la Rose du Nord pour ce réveillon 2017 (ou 2560 pour ceux qui se réfèrent au calendrier thaïlandais). Cette grande place sera donc animée et, comme dans toutes fêtes thaïlandaises, un marché s’y tiendra où vous pourrez déguster toutes les spécialités culinaires du Nord. Sans oublier les inévitables lâchers de lanternes célestes, une activité propre au pays Lanna qui rend la soirée féérique (la tradition vient de Chine). Il est demandé de ne pas consommer d’alcool dans toute cette zone. Le fameux marché du dimanche soir s’y tenant au même moment, il y aura foule dans le secteur. Comme la Porte Tha Pae, porte d’entrée du marché, est l’épicentre touristique de la ville (avec non loin la route Loy Khro que les noctambules connaissent), nul doute qu’il y aura là aussi des fêtards et des personnes heureuses d’y lâcher leur lanterne céleste habitée de leur voeux les plus chers.


ChiangMaiCADFestival2017CoverMainBrown.jpg

Celles et ceux qui voudront privilégier la féérie propre aux lanternes célestes ne manqueront pas le réveillon qu’organise le 31 décembre le CAD Festival 2017, à Mae Rim, au nord de la ville. CAD pour Culture – Art – Design. C’est sans doute là l’événement-phare de cette fin d’année, devant attirer des milliers de touristes (en majorité chinois) du 28 décembre 2017 au 7 janvier 2018. Et le soir du réveillon, le dimanche 31 décembre 2017 donc, de 19h à 1h du matin, une soirée des plus festives y est organisée. Au programme, toute la richesse culturelle du Lanna : « Pooja » (un spectacle son & lumière), un autre spectacle folklorique réunissant plusieurs dizaines d’artistes, danseurs et percussionnistes traditionnels, les fameux tambours du Lanna, de même qu’un défilé de mode. Et également une reconstitution historique avec combats et un sermon psalmodié par d’authentiques moines bouddhistes. Un village de type Lanna sera reconstitué, de même qu’un marché à l’ancienne. C’est dire que la nourriture locale y occupera une place prépondérante, comme souvent. Un copieux buffet est compris dans le prix d’entrée. Et donc ce fameux lâcher géant de lanternes célestes, sans doute à minuit, lanternes qui illumineront le ciel nocturne de mille feux…
Vous pouvez commander vos billets en ligne sur le site ou alors les acquérir via le Swiss-Lanna Lodge ici à Chiang Mai (toutes les infos ici). On vous reparlera prochainement de ce festival de manière plus ample sur notre page Facebook.

CAD Festival 2017 Countdown @ Mae Rim. Page Facebook, emplacement, billets.


RoyalParkRajapruekCountdownCoverAutres fastes au Royal Flora Countdown

Plus précisément le Parc Royal Rajapruek, au sud-ouest de la ville. Ce sera le 3e point de chute important des festivités du Nouvel An ici à Chiang Mai. Cet immense parc, avec un magnifique Pavillon Royal en son centre, accueille régulièrement des grandes cérémonies. Et celle du 31 décembre ne dérogera pas à la règle qui dit que fastueuses sont les événements organisés en cet écrin de verdure. Alors que s’y déroule jusqu’à la fin du mois de février 2018 l’exposition annuelle baptisée cette année « Bénédiction Royale de la Beauté Florale Absolue », le réveillon du 31 sera l’occasion de profiter d’activités diverses, d’écouter un concert de deux artistes thaïlandais (Tevich et Boy-Pitsanu), de goûter à de la succulente nourriture et surtout d’admirer un très beau feu d’artifice à minuit. La fête durera de 18h à 1h du matin. Le prix d’entrée n’est que de THB 100.-.

Royal Flora Countdown @ Royal Park Rajapruek (Hang Dong). Page Facebook, emplacement.

Vous l’aurez compris, 3 gros feux d’artifice illumineront la Rose du Nord à minuit : au coeur de la Cité Historique, à Mae Rim (au nord de la ville) et à Mae Hia (au sud). PEUT-ÊTRE QUE LE MIEUX EST DE MONTER AU DOI SUTHEP AFIN D’ADMIRER ET LES FEUX D’ARTIFICES ET LES NOMBREUX LANCERS DE LANTERNES CELESTES…


Réveillonner en dansant

Les lieux de divertissement habituels seront de la partie pour ce réveillon 2018. A commencer par les centres commerciaux. Chiangmai Countdown 2018 Moments au CentralFestival Chiangmai. Ce sera là l’événement qui aimantera la jeunesse de Chiang Mai et au-delà ce 31 décembre. Une des raisons majeures est que l’événement est ฟรี (frī, gratuit) 😁  Zeal, Rose Sirintip, Flure, King Tacharya. Ces noms ne vous disent probablement rien. Ce sont pourtant les artistes populaires thaïlandais qui animeront la soirée pour le plaisir de la jeunesse thaïe qui se dandinera à leur rythme, assommée par une sono poussive. De 17h à passé minuit (forcément). Un événement sponsorisé par la bière Chang.

CentralFestivalCountdown2017CoverFB.jpg

Chiangmai Countdown 2018 Moments @ CentralFestival Chiangmai. Page Facebook, événement FB, emplacement.

Son concurrent direct, le centre commercial MAYA, est, lui, soutenu par LEO. Mais leur soirée du 31 décembre n’aura de loin par l’envergure de celle du Central Festival : sa LEOzone (LEO étant la sous-marque de bière de Singha) sera simplement animée par des groupes locaux le soir du réveillon, de 18h à minuit, comme d’ailleurs tous les soirs du 15 décembre au 7 janvier. Il s’agit de l’espace à l’extérieur, à côté de la fontaine.

LEOzone @ MAYA. Page Facebook, événement FB, emplacement. Même type d’animation dans les autres centres commerciaux, comme le Kad Suan Kaew ou encore l’EDM Countdown Party à Promenada.


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Alléchant est le menu de la Countdown Party proposée par une nouvelle adresse, devenue déjà incontournable à Chiang Mai, le One Nimman – « A new cultural space » (c’est en fait un centre commercial ma foi fort original, avec sa place centrale à l’européenne, le « clocher » étant là pour le rappeler). A deux pas du MAYA. La fête commence déjà le mercredi 27 décembre, de 17h. « Band – Beer – Food – Dance » c’est le programme proposé par les organisateurs. C’est dire qu’on y mangera, on y boira, on y écoutera des concerts et on y dansera, taratata ! Avec un spectacle son & lumière projeté contre la façade. Et qui sai si quelques feux d’artifice ne viendront égayer la fête… Pour la soirée du réveillon, l’animation est assurée jusque tard dans la nuit ! Plutôt tentant comme programme…
Countdown Party @ One Nimman. Page Facebook, événement FBemplacement.

Mais les touristes iront majoritairement au Zoe in Yellow, point de chute des fêtards où il est aisé de rencontrer la gent féminine. Autre valeur sûre, The Good View, sise sur la rive gauche de la rivière Ping, une boîte qui anime les nuits chiangmaiennes depuis des lustres (la difficulté sera d’y trouver une place).

PloenRuedeePhotoDanseusesRecadré

On retrouve ici une adresse que nous aimons à recommander : le marché Ploen Ruedee, partie intégrante du Night Bazaar. En plus d’y trouver des cuisines du monde entier, vous pourrez donc y fêter le Nouvel An. Animations dès 19h30 jusqu’à minuit (11h59 pour être précis). Avec des groupes musicaux en concert et des danses traditionnelles ô combien recommandables. Il s’agit de la‎ 2018 Countdown Party


DuangtawanHotelPhotoAutres adresses en vue pour réveillonner dans une ambiance festive : Duangtawan Wonderland, c’est le nom de la nuit de gala organisée le 31 décembre dès 18h30 par l’hôtel Duangtawan (The Pavilion à l’étage no 3). Au programme : des concerts de musique, un show, des jeux, une diseuse de bonne aventure (sic), un tirage au sort et surtout un buffet de cuisine internationale (le prix est de THB 2’950.-, 50 % d’escompte pour les enfants de 6 à 11 ans).

HardRockCafeGoldenStreetCountdownCoverLe DJ, réputé, n’est plus tout jeune mais l’ambiance sera sans doute plus juvénile au Hard Rock Cafe, au coeur du Night Bazaar. La soirée est intitulée Count Down 2018 with DJ Graham Gold. Et nul doute qu’il y aura une chaude ambiance à l’intérieur du Hard Rock Cafe comme à l’extérieur (on parle ici d’une street party, avec plusieurs DJ’s aux commandes). Le marché, ouvert tous les soirs, attirant les touristes (habituellement bien moins animé le dimanche).

Les amateurs de jazz et blues iront vers la boîte en vogue qu’est The Mellowship. Il est promis une soirée offrant de la bonne musique jusqu’aux aurores…


WhiteHouseTouchCountdownPartyCover
Et comme nous aimons à nous adresser aux hétérodoxes, comment ne pas parler de Touch, la soirée du réveillon de la White House. Rares sont les touristes occidentaux à y mettre les pieds. C’est une boîte des plus populaires parmi la population locale, sous forme d’un restaurant au bord de la rivière Ping (plus au sud du Good View, juste après le camp militaire Fort Kawila). On y sert à bon prix de la bonne nourriture tant thaïlandaise que nord-thaïlandaise (en deux mots, de la nourriture locale). Et les concerts organisés sur la scène offre souvent une ambiance déchaînée, l’alcool libérant l’atavique timidité des Thaïlandais à mesure que les heures passent ! Y passer une soirée de réveillon est gage d’un souvenir mémorable, croyez-nous sur parole.
TawanDangMaskPartyCoverMême type d’ambiance au TaWaDang (ou Tha Wan Deng), une boîte locale mêlant show, danse et restauration. Ici tout est thaïlandais : son nom tout d’abord, son site web, ses employés, ses clients heureux, ses menus. On ne résiste pas à vous donner son nom en version originale : สาวก ตะวันแดง. C’est dire que plus que dépaysé vous serez en participant à leur Mask Party. Et c’est justement la raison pour laquelle nous vous conseillons de le faire (ici ou dans d’autres villes de Thaïlande, comme Chiang Rai par exemple).
PongyangJungleCoasterZiplineCoverOriginalité encore avec la soirée du réveillon proposée par le Pongyang Jungle Coaster Zipline Camp & Resort. Vous êtes ici aux pieds du Doi Suthep et nul doute que les activités proposées feront de votre Nouvel An à Chiang Mai un souvenir impérissable : dévaler la jungle nocturne à bord du Jungle Coaster, lâcher sa lanterne céleste illuminée, admirer un feu d’artifice et enfin dormir sous tente.
Dans la même veine, le survol matutinal de Chiang Mai en montgolfière (ou encore en fin de journée, lorsque se couche le soleil).
L’on peut également marquer le coup du passage à la Nouvelle Année par un exploit sportif ! Une course est ainsi organisée ce 31 décembre au Grand Canyon Waterpark : la Grand Canyon Run 2017.  Mais alors il vous faudra vous lever tôt, le départ étant fixé à 5h45 ! Vous aurez donc le temps de planter du riz pour marquer l’année. La Ginger Farm organise cette activité le samedi 30 décembre (Rice Planting for Celebrate New Year Eve). Remarquez que si vous avez toujours rêvé de planter du riz dans la gadoue – et accessoirement de voir de belles rizières (idéalement de juillet à début novembre ici à Chiang Mai), vous avez l’occasion de le faire toute l’année avec Mister Pee (Journée verte dans les rizières).
Et si d’aventure vous aviez choisi de passer le réveillon dans un des très nombreux parcs nationaux du royaume, ne vous étonnez point d’y voir de nombreux Thaïlandais : l’entrée est gratuite pour eux comme nous le rappelle Richard Barrow 😏 Et comme chaque année, ce sera la ruée vers le parc du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande.

Pendant que les Thaïlandais méditent…

Cette période de fin d’année et ses jours fériés poussent bon nombre de Thaïlandais, qui sont à une écrasante majorité bouddhistes, rappelons-le, à rejoindre les temples et s’adonner à des prières et à la méditation. Il s’agit pour eux d’accumuler des mérites, concept cher au bouddhisme Theravada. Ainsi, la plupart des temples – et il y en a près de 300 ici à Chiang Mai – organisent des veillées religieuses au soir du réveillon. Rien ne vous empêche d’y participer mais alors faites-le avec respect (notamment en vous habillant correctement, idéalement de blanc). On vous donne ici les programmes de la nuit de quelques temples sachant qu’ils sont plus ou moins identiques dans chaque temple. En vous rappelant qu’il ne s’agit pas là d’activités touristiques ! Comme quoi le réveillon peut se vivre de mille manières. A vous de trouver celle qui vous convient.

Le Wat Suan Dok, qui abritent les tombeaux des familles royales de l’ancien royaume du Lanna, commencera ses cérémonies religieuses à 22h.
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Même horaire pour le Wat Chedi Luang Worawihan, au coeur de la Cité Historique, soit 22h, où il est demandé de s’habiller de blanc. Programme : sermon à 22h et prières à 23h. L’endroit est sublime de nuit (faites-en la circumambulation par la gauche, le chédi devant se trouver à votre droite).
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Programme plus précis pour le Khuang Phra Chao Lanna, un temple situé au nord de la ville, en allant vers Mae Rim (cf. l’affiche ci-dessous) : réunion à 21h, triple circumambulation à 21h30, sermon et méditation à 22h, cérémonie religieuse à 23h, allumage de 19 lampes sacrées à minuit et offrande à 19 moines à 0h20.
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Et pour celles et ceux qui seront à Haripunchai – du nom de la plus ancienne ville du Lanna, appelée aujourd’hui Lamphun, à 40 minutes au sud de Chiang Mai, voici le programme du très beau Wat Phra That Hariphunchai, un temple au chédi très semblable à celui du temple du Doi Suthep :

  • 18h00 : show culturel (9 performances)
  • 19h00 : projection d’un film sur l’histoire du temple
  • 19h30 : cérémonie religieuse et adoration aux bougies
  • 21h30 : prières de Nouvel An
  • 23h30 : méditation
  • 23h59 : célébration du Nouvel An
  • 00h09 : bénédiction des moines bouddhistes
  • 00h30 : offrandes (où les reliques seront recouvertes d’un tissu, généralement orange)
  • 07h00 : offrandes matutinales aux moines

Pour tout étranger désirant vivre un réveillon pas comme les autres, au contact des pratiquants bouddhistes, c’est peut-être là le programme le plus intéressant à vivre.
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Menus de réveillon dans les restos de la ville

Les restaurateurs accueillant les farang, les touristes étrangers, ne sont pas en reste le soir du réveillon (et pour cause). Menu de circonstance dans moult restaurants de la ville – impossible de vous en dresser la liste complète ! Ce sont peu ou prou les mêmes restaurants qui organisent le réveillon de Noël. En vrac, en commençant par les restaurants français (qui réuniront par force des francophones) :

  • La Fringale, le nouveau resto tenu par le chef Patrick, une figure de Chiang Mai. Prix compressé et portion gargantuesque, c’est ce qui caractérise l’endroit.
  • Le Bistrot de Chiang Mai, récemment repris, vous propose une carte à l’accent hexagonal.
  • La Fourchette, un restaurant français tenu par un Thaïlando-Suisse, un endroit qu’on adore, n’étant encore jamais ressorti déçu.
  • Autre restaurant français tenu par un chef thaïlandais, L’Eléphant (rénové cette année, il avait naguère bonne presse).
  • Le fameux buffet proposé par le restaurant allemand Auf der Au Garden (en ville, la maison-mère se trouvant à Sarapee) pourra faire office de repas du réveillon mais il ferme à 21h30 le 31 décembre. Ici, le rapport qualité-prix est imbattable.
  • Quand il s’agit de fête, le Birds Nest Cafe est toujours de la partie. Ce restaurant ‘responsable’, attirant des convives du monde entier, vous proposera un menu original en soutenant les agriculteurs (bio) de la région.
  • The River Market ne pouvait manquer lui aussi de célébrer l’événement. Ambiance bucolique au bord de la rivière Ping, avec vue sur le Pont de Fer (Iron Bridge/Khua Lek).
  • Les DJ’s seront de la partie au Japan Village, un endroit qui offre des menus alléchants.
  • Food, fun, music. Ce sont là les promesses de la célébration du dernier jour de l’année au The Imperial Mae Ping Hotel.
  • L’Oxygen Dining Room du X2 Riverside accueille les meilleurs chefs français. Nous sommes là dans la catégorie des menus gastronomiques..
  • Le Coq d’Or propose lui aussi ses menus de fête dans une ambiance musicale au bord de la rivière Ping.
  • Son concurrent le plus direct, Le Crystal, lui aussi se réclamant d’une cuisine française, vous propose une cuisine raffinée au bord de la même rivière mais plus au nord, sur l’autre rive.
  • Des boissons pétillantes seront servies aux divers restaurants du Dhara Dhevi, paragon du luxe à Chiang Mai : Akaligo, Le Grand Lanna, Farang Ses. Vous avez le choix (pour autant que votre porte-monnaie soit bien rempli, obvie) !
  • Le Shangri-La ne pouvait manquer à l’appel ! Sa soirée du réveillon est placé sous le thème du Moulin Rouge… Là aussi une adresse pour ceux qui ne regardent pas à la dépense.
  • Les amateurs de buffet connaissent le Holiday Inn. Il peut être intéressant de participer à sa soirée du Nouvel An, sise au pavillon bordant les rives de la Ping, soirée qui ne commence qu’à 22h30. Des feux d’artifice sont promis.

Art4dChangAu surplus, Chiang Mai Citylife fait la promotion d’autres adresses sur sa page CityNow Event. Autre inventaire des manifestations du 31, celui des Allemands de Chiangmai Service.

Ce sera peut-être pour vous l’occasion de goûter à la pétillance du breuvage Chang (l’une des deux grandes bières brassées en Thaïlande, l’autre étant la Singha). L’édition limitée de cette fin d’année a été conçue par l’artiste Steven Wilson (en savoir plus).


Et les autres manifestations

PingFaiFestival2017CoverFBSi vous êtes à Chiang Mai en cette fin d’année, le réveillon ne devrait cependant pas vous faire oublier les autres manifestations du moment ! Ainsi du Chiang Mai Zoo Carnival animant le zoo en soirée, de 18h à 21h, offrant une parade nocturne illuminée jusqu’au 15 janvier 2018. Ou encore d’un marché annuel qu’on adore, le Pingfai Festival #3, organisé par le Fin Market : des stands originaux, qu’ils proposent des produits artisanaux ou de la nourriture. Avec une  animation musicale et ce qui fait l’originalité de l’endroit : feu de camp où vous grillez des marshmallows ! Les jeunes adorent et les touristes ignorent. C’est jusqu’au samedi 30 décembre, de 17h à 23h30, à Prasert Land.

MuangKaenWinterFair 2017PhotoTeaserMoulinEtangLa ruralité est célébrée à la Foire d’Hiver de Muang Kaen PattanaMae Taeng). C’est là l’âme des campagnes rizicoles du Lanna que vous y rencontrerez. Vos yeux seront ébahis face à l’explosion florale que vous pourrez contempler (sans oublier de visiter le fabuleux complexe bouddhique du Wat Ban Den tout proche). La foire se tient jusqu’au 3 janvier 2018. Même type de foire, d’hiver donc, la Foire d’Hiver de Chiang Mai, à Mae Rim, du 28 décembre 2017 au 8 janvier 2018. Ici, bien que champêtre, l’ambiance vire plus à la fête foraine. Et ce n’est pas tout car la Rose du Nord connaît une fin d’année des plus animées. Il y a un Festival de l’Artisanat Créatif dans ce qui est le coeur artisanal de la Thaïlande : le village de Ban Tawai, à 20 km au sud de Chiang Mai. Il dure du 28 décembre 2017 au 2 janvier 2018, de 9h à 18h. Et pour ceux que les ambiances locales attirent : la Fête de la Saucisse (sai oua) se tient du 27 au 31 décembre, de 17h à 23h (attention, pas de réveillon à cet endroit le 31), à Ban U Mong, entre Chiang Mai et Lamphun, sur un bras de la rivière Ping. In fine, le jardin botanique de la Reine Sirikit (QSBG – Queen Sirikit Botanic Garden, à Mae Rim) organise son exposition florale annuelle du 23 décembre 2017 au 2 janvier 2018 : Botanic Festival – Colourful Garden. Toutes ces fêtes vous démontrent à l’envi la vigueur de la province de Chiang Mai et la richesse culturelle du Lanna, du nom de l’ancien royaume qui s’est uni jadis à celui du Siam. C’est dire que tant les locaux que les expatriés et les touristes sont gâtés.

MuangKaenWinterFair 2017CoverFB

Attention : la majorité des musées fermeront durant ces fêtes, généralement du 30 décembre au 2 janvier y compris.


On termine cet article en espérant que le carnage routier inhérent à ces fêtes de fin d’année soit moindre que les années dernières 😔 Les sauveteurs de la ville veillent… Ici une compilation de quelques accidents survenus en ville cette année 2017 (âme sensibles s’abstenir) :


Chiang Mai est prête pour ce réveillon, parée de ses plus belles décorations. Vivement cette Nouvelle Année, que ce soit 2018 ou 2561, qui débute ici à Chiang Mai par l’élection de Miss Chiang Mai 😏 C’est elle qui ouvrira le cortège du prochain Festival des Fleurs, accompagnée de Mister Chiang Mai, comme l’avait fait l’année dernière Baby Bow, tenante du titre, une Miss Chiang Mai que nous avons appréciée l’année durant.

Bonne Année à vous tous ! สุขสันต์วันปีใหม่ (sùk-sǎn wan bpii mài)

MissChiangMaiBow

© Facebook

Chiang Mai n’a pas fini de vous étonner et Chiang Mai De-ci De-là se fait un plaisir de vous informer. On vous rappelle ici notre article embrassant une période plus large, Ce que Chiang Mai nous réserve jusqu’au Nouvel An chinois, en février 2018.

© Facebook pour l’image à l’image à la une. Mise à jour de l’article le 01.01.2018

Fêter Noël à Chiang Mai

En guise d’entame, rappelons ici que Noël, initialement païenne, est une fête chrétienne et que la Thaïlande se caractérise par une écrasante majorité de bouddhistes. C’est dire qu’il ne faut pas venir en Thaïlande pour y fêter Noël, fête familiale par excellence, où moins de 1% de la population est chrétienne ! C’est donc là une date qui ne signifie pas grand-chose pour le Thaïlandais moyen. Les nombreuses communautés chrétiennes en profitent pour se montrer au grand jour. Et le consumérisme rampant a su rendre sympathique « Santa Claus », version américaine du Père Noël, dans ses diverses versions, ici féminine :

Si vous séjournez à Chiang Mai durant Noël, on peut résumer la fête en trois points : la célébration dans les communautés chrétiennes, les grands centres commerciaux aux décors joliment éclairés en soirée et les menus de fête dans les restaurants internationaux. A cela s’ajoutent quelques activités des plus originales dont nous vous parlons en fin d’article…

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, sachez que Noël se dit en langue thaïlandaise Khris̄t̒mās̄ (คริสต์มาส, translittération du terme anglais Christmas) et Joyeux Noël, S̄uk̄hs̄ạnt̒ wạn khris̄t̒mās̄ (สุขสันต์วันคริสต์มาส). La charmante Kruu Wee, qui enseigne le thaïlandais, vous le dit dans sa langue maternelle :


La messe de Noël et autres célébrations religieuses

Bien qu’en pays bouddhiste, le diocèse catholique de Chiang Mai dispose de sa cathédrale, la Cathédrale du Sacré-Cœur, sur la rive droite de la rivière Ping. Et c’est précisément là qu’est organisée la messe de minuit en la cathédrale de Chiang Mai. Dite messe aura lieu le dimanche 24 décembre, à 22h30, précédée d’un spectacle dès 22h. Nous ne savons pas si elle sera célébrée par Son Excellence Francis Xavier Vira Arpondratana, évêque de Chiang Mai. Mais y assister est gage d’exotisme, à commencer par la langue de la célébration eucharistique, le thaïlandais obvie. Avant la messe à proprement dite, s’y déroule généralement une animation théâtrale où les enfants sont transformés en ange. Et l’on vous laisse découvrir comment l’on reçoit la communion ou encore comment les membres de l’assemblée se saluent à la fin de la célébration. Une assemblée constituée d’une écrasante majorité de Thaïlandais, dont moult membres des diverses minorités ethniques, parmi lesquelles les églises s’enracinent durablement, notamment les Karens et les Akhas.

Les protestants se tourneront vers l’église ASCM – All Saints Chiang Mai, animée par le révérend Iain Baxter. Au programme dimanche 24 décembre : à 11h, culte hebdomadaire et à 23h30, culte de minuit. Le lendemain, lundi 25 décembre à 11h, soit le jour de Noël, réunion eucharistique des familles.

La communauté chrétienne américaine est très présente ici au nord de la Thaïlande. On devrait d’ailleurs écrire les communautés américaines chrétiennes. L’une d’entre elles, la Chiang Mai Community Church, installée de longue date et portée par le pasteur Simon Carey, est fort active. Pour Noël, elle a déjà organisé une célébration chantée (« carols » en américain); dite célébration aux chandelles s’est déroulée comme chaque année au Gymkhana Golf Club, le 15 décembre dernier. Une autre cérémonie chantée est au programme vendredi 22 décembre, à 10h au Bangkok Hospital. Dimanche 24 décembre, en leur église sise à côté du pont Nawarat, rive gauche de la rivière Ping, une fête familiale réunira les enfants à 15h45 et un service religieux, lui aussi aux chandelles, sera célébré à 23h (programme complet).

Notons encore que les chrétiens orthodoxes ne fêteront Noël que le 6 janvier. La nouvelle église orthodoxe Saint Vladimir sise à Chiang Mai, sous l’autorité du Patriarcat de Moscou, célébrera donc l’office habituel les 24 et 25 décembre.

Par manque de temps, difficile de vous parler ici des célébrations dans les autres communautés chrétiennes, à l’image de l’Eglise chrétienne chinoise. Une prochaine année peut-être…

Par ailleurs, vous pouvez vivre une veillée de Noël dans un village karen de la région (une ethnie minoritaire dont les membres sont souvent chrétiens). Et si le temps de vous y rendre vous manque, rendez-vous au Baan Kang Wat (บ้าน « ข้างวัด »), un « village d’artistes » où l’artisanat est roi. La Jeunesse Karenne y organise le Film Craft Fest, festival de films du 23 au 27 décembre (projections en plein air à 18h).

Et puisque l’on est dans la partie religieuse, sachez encore que le fameux défilé des 10’000 moines bouddhistes, un événement qui avait habituellement lieu à cette période ici à Chiang Mai, a été reporté (la date nous est inconnue à l’heure qu’il est).


La Cathédrale du Sacré Coeur sur le web et sur Facebook (Google Map).
Le diocèse de Chiang Mai sur le web et sur Facebook, un diocèse possédant sa propre chaîne YouTube !
Quant aux deux pages FB citées, dans les limbes, elles attendent une improbable résurrection… Alléluia !
L’église All Saints Chiang Mai sur le web et sur Facebook. Avec son programme de Noël (Merry Christmas).
L’église orthodoxe Saint Vladimir sur le web (et encore le site web de l’Eglise orthodoxe thaïlandaise).
La Chiang Mai Community Church sur le web et sur Facebook. Avec elle aussi son programme de Noël (Merry Christmas too).
Et l’on termine par la page Facebook de la communauté chrétienne en Thaïlande, Thais love God.

JésusTribusNord
© Chiang Mai Diocese

Les centres commerciaux, aimants illuminés de Noël

Noël en Thaïlande est abondamment exploité par les enseignes marchandes. Promenez-vous dans un centre commercial et vous verrez de quoi il en retourne. Il faut bien avouer que les décorations de Noël peuvent nous remémorer les soirées hivernales d’Occident. Avec cependant des températures plus clémentes et l’absence de neige. Les trois principaux centres commerciaux de la Rose du Nord s’en donnent à coeur joie. Et leur illuminations nocturnes sont ma foi des plus attractives. En Thaïlande, voilà souvent à quoi se résume Noël (ici le populaire centre commercial Central Airport Plaza) :

Honneur au Central Festival, navire amiral du groupe Central ici à Chiang Mai, le centre qui offre sans nul doute les plus belles décorations de Noël. Inaugurées par le gouverneur de la Province de Chiang Mai lui-même (quelques photos ici). Ces décorations se trouvent à l’extérieur, devant l’entrée principale. On ne vous dévoile pas tout afin que la surprise demeure ! Allez-y donc de nuit, après 18h, afin de profiter du spectacle lumineux. Notez que ce centre commercial organise un festival de jazz les 23 et 24 décembre, ce qui n’est pas pour nous plonger dans l’esprit de Noël… Retrouvez le Central Festival sur Facebook (emplacement).


Le centre commercial Promenada, le plus beau à nos yeux d’un point de vue architectural, a, quant à lui, invité Santa Claus, offrant deux jours d’animation les samedi 23 et dimanche 24 décembrede 13h à 19h (hall B). Tous les détails dans l’événement Facebook (en anglais). Vous pourrez y admirer un grand sapin de Noël à l’intérieur. Retrouvez Promenada sur Facebook (emplacement).

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Quant à MAYA, pour un peu, son magnifique sapin de Noël illuminé, sis sur la place extérieure, là où se trouve la fontaine, pourrait nous faire croire que l’on est au pays du Père Noël. De nuit, sa façade illuminée est un enchantement à elle toute seule. C’est, avouons-le, notre centre commercial préféré. Retrouvez MAYA sur Facebook (emplacement).

Vous l’aurez constaté : ouverts tous les jours, les centres commerciaux en Thaïlande ne connaissent pas de pause dominicale, concept chrétien s’il en est !

Dans la même veine, vous aurez plaisir à admirer les illuminations du Carnaval nocturne organisé au zoo de Chiang Mai (Chiang Mai Carnival Zoo, tous les soirs jusqu’au 15 janvier 2018, de 18h à 21h)   Une parade qui en éblouira plus d’un… 

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En vous promenant en ville et alentour, vous découvrirez des illuminations de Noël, souvent en guise de décoration à l’entrée des hôtels, comme ci-dessous au Rati Lanna (celles et ceux qui admireront les décorations du Four Season, un des hôtels les plus exclusifs de la Rose du Nord, seront moins nombreux).

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Menus de Noël dans les restaurants de la ville

Les enseignes marchandes profitent de l’événement avec des offres dédiées. Les Thaïlandais aiment à s’offrir des paniers garnis en fin d’année, notamment ceux contenant des produits revigorants.

Les restaurateurs accueillant les farang, les touristes étrangers, ne sont pas en reste. menus de circonstance dans moult restaurants de la ville – impossible de vous en dresser la liste complète ! Aucun ordre dans la liste ci-dessous, les restaurants « français » étant cités en premier (sans indication contraire, le repas se déroule le dimanche 24 décembre) :

  • Repas de Noël à La Fringale, de 19h à 22h, le nouveau resto tenu par le chef Patrick, une figure de Chiang Mai. Prix compressé et portion gargantuesque, c’est ce qui caractérise l’endroit.
  • Menu de Noël 2017 (en français dans le texte) au restaurant français La Fourchette, tenu par un Thaïlando-Suisse. Il y a aura du foie gras… Nous, on adore ce restaurant duquel nous ne sommes jamais ressorti déçus.
  • Le Bistrot de Chiang Mai, récemment repris, vous propose une carte à l’accent hexagonal : au menu de Noël, huîtres, foie gras et saumon. Repas de Noël servi dès 13h, tant le 24 que le 25 décembre, à midi comme le soir. De quoi aller à la rencontre du nouveau tenancier.
  • Un menu spécial de Noël également au restaurant français L’Eléphant qui avait naguère bonne presse (il a été rénové cette année).
  • A Michelin Christmas Eve on the Ping River (de 19h à 22h le 24.12) et A Michelin Christmas Day Lunch (de midi à 15h le 25.12) à l’Oxygen Dining Room du X2 Riverside. Là, on est dans la catégorie des menus gastronomiques concoctés par le chef français Nicolas Isnard, primé par le Guide Michelin (France).
  • Le Coq d’Or propose lui aussi ses menus de fête (tant le 24 que le 25.12), à midi comme en soirée. Dans une ambiance musicale au bord de la rivière Ping.
  • Son concurrent le plus direct, Le Crystal, lui aussi se réclamant d’une cuisine française, y va de son menu de Noël.
  • Christmas Outside the City. C’est un buffet de Noël avec échange de cadeaux (emmener le vôtre et repartez avec le cadeau d’autrui). Celles et ceux qui ne connaissent pas encore le somptueux buffet à volonté du restaurant allemand Auf der Au Garden en ville (la maison-mère se trouve à Sarapee) se réjouiront des mets proposés (le tout à seulement THB 270.-).
  • Triplets Christmas Party, le 24.12, de 19h à 22h. Une fête qui attirera naturellement les familles (buffet à volonté, spectacle de marionnettes et autres jeux).
  • Repas de Noël au feu de camp à la Ginger Farm. Voilà façon originale de fêter Noël ! Les enfants vont adorer, en grillant notamment des marshmallows. Il se dit que le Père Noël passera par là… Une fête qui se tient le samedi 23 décembre, de 17h30 à 21h30 (réservations obligatoires).
  • Un repas de Noël dans ce que nous qualifions de restaurant responsable vous tente-t-il ? C’est alors au Birds Nest Cafe qu’il vous faudra vous rendre, de 19h30 à 22h30. Vous soutiendrez les agriculteurs (bio) de la région et partagerez un repas convivial avec des convives venus du monde entier.
  • Rien que les photos donnent envie : le Japan Village organise lui aussi son Christmas Dinner, tant le 24 que le 25 décembre, de 18h à 23h.
  • Santa in Town! à The Imperial Mae Ping Hotel. Menu spécial de 5 plats, tant à pour le déjeuner (11h30) que le dîner (17h30), également lundi 25.12.
  • Le Dhara Dhevi, paragon du luxe à Chiang Mai, fête Noël à sa manière, dans la luxure donc : repas du réveillon, le 24 donc, à l’Akaligo ou au Le Grand Lanna (ici avec chandelles), deux de ses restaurants. Le lendemain 25 décembre, le menu spécial se prend au Farang Ses.
  • Christmas Festival au Shangri-La. Repas de circonstance avec animation au Kad Kafe, le restaurant maison. De midi à 15h et de 18h à 22h, tant le 24 que le 25 décembre. Pour ceux qui ne regardent pas à la dépense…
  • Les amateurs de buffet pourront se tourner vers le Holiday Inn qui propose un buffet dominical de Noël le midi (de 11h30 à 14h30) et le soir (de 18h30 à 22h30). Le lendemain, jour de Noël, rebelote de 11h30 à 14h30.
  • Un écrin qui sied aux amoureux, voilà ce qu’est le Maraya resort, au bord de la rivière Ping. Son restaurant se nomme The Pagoda et il vous servira un repas spécial de Noël en soirée, de 18h à 22h.
  • Les amateurs de jazz iront vers la boîte en vogue qu’est The Mellowship. Repas spécial servi dès 18h.

On vous rappelle que ce n’est là qu’un échantillon de ce que les restaurants de Chiang Mai vous proposent. Et cette année, l’adresse culinaire la plus originale pour un réveillon de Noël est sans doute le restaurant du complexe hôtelier Villa Mahabirom. Le Krua Mahabhirom vous servira un dîner thaïlandais « de Noël ». Au menu, une cuisine du nord faite de produits biologiques du Projet Royal. Pas moins de 6 plats pour titiller vos papilles.

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Mais encore ?

TheChristmasConcert2017Une partie des événements liés à Noël ont lieu… avant Noël ! Ainsi du Concert de Noël du Collège de musique Duriyasilp (une faculté de l’Université Payap), qui a été donné le 2 décembre dernier. C’est une période où beaucoup d’événements caritatifs sont organisés. Comme la SKAL Christmas Party qui vient en aide à un orphelinat de Chiang Dao. Ou bien encore la Christmas Tree Lighting Party de l’hôtel Shangri La. Si vous les avez manqués, vous pourrez vous rattraper avec le Marché de Noël et la célébration de l’Avent de la Christliche Deutsche Schule Chiang Mai (CDSC), jeudi 21 décembre, de 16h à 20h.

Si l’hétérodoxie vous habite, vous vous tournerez alors vers des activités plus originales durant cette Fête de Noël en pays bouddhiste. A l’image du Sunday Morning Meditation, soit une méditation collective en plein air. Séance d’une heure le dimanche 24 décembre, de 10h30 à 11h30, au coeur du joli et fort apaisant parc Nong Buak Hard, dans le coin sud-ouest du fameux « carré ».

ChristmasEveDanceParty2017OneNimmanNote plus festive en soirée au One Nimman, nouveau complexe commercial qui se présente comme un espace culturel : sur sa fort attrayante place centrale y sera organisée la Christmas Eve Dance Party (dimanche 24 décembre, de 19h à 22h). Au programme : salsa-bachata-reggaeton avec comme thème « Rouge de Noël ». Et c’est gratuit 😄 Tout le monde se demande si le Père Noël y fera quelques pas de danse…

Et pour les sportifs, on signale encore que le 24 décembre est programmé le 12e marathon de Chiang Mai, au coeur de la ville. Départ dès 4h du matin en fonction des catégories.

Qui sait, peut-être que la cité de Chiang Mai sera des plus propres le jour de Noël 2017 (ou 2560 selon le calendrier bouddhiste thaïlandais)… Une action originale est en effet menée afin de faire briller la ville, ou du moins de la débarrasser de ses déchets. Cela s’appelle Chiang Mai Clean City เชียงใหม่เมืองสะอาด et cela se déroulera le samedi 23 décembre, de 9h à midi, partout dans la ville. Rendez-vous sur l’événement Facebook pour les détails de cette chouette opération, sans doute inspirée, si ce n’est initiée, par la fondation Trash Hero dont nous reparlerons un jour. C’est en tout cas là opération que nous vous invitons à intégrer, ceci dans l’esprit qui devrait être présent à Noël, celui du partage.

Et nul doute que cet esprit de partage sera présent dans une action que nous relevons, celle du nouveau restaurant La Fringale, dont nous vous avons parlé ci-dessus en raison de son menu spécial de Noël. 🎅 « Afin de retrouver le sourire, la joie et le bonheur dans la fraternité, La Fringale organise dimanche 24 au soir à partir de 22 h et jusqu’a 1 h du matin la « Soupe des Amis« , ceci afin de reunir le plus de personnes possible pour passer un moment chaleureux et de partage. Soupe à l’oignon gratuite pour tous. Joyeux Noël ! » Bravo La Fringale


Et les autres manifestations durant cette période noëlesque

Si vous êtes à Chiang Mai durant la période de Noël, n’omettez surtout pas les autres événements organisés au même moment. Il y en a quatre principaux.

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Du jeudi 21 au dimanche 24 décembre 
au CMU Convention Centre, la Foire du Projet Royal n’est à manquer sous aucun prétexte. En vous y rendant, vous verrez à quel point les membres des minorités ethniques apprécient cette fondation qui leur vient en aide, une fondation créée par le défunt roi Bhumibol le Grand. Nous prendrons un jour le temps de vous en dire plus sur ce fameux label Royal Project. En attendant, cette foire vous permettra de voir, goûter et acheter de très nombreux produits estampillés Royal Project (ils font même du fromage, délicieux). Et également d’admirer des spectacles folkloriques donnés par diverses ethnies, très nombreuses ici au nord.

PingFaiFestival2017CoverFB0recadréeSans nul doute le marché occasionnel le plus attendu de l’année : on parle bien sûr du Fin Market qui nous donne rendez-vous du jeudi 21 au samedi 30 décembre sur l’esplanade Prasert Land pour son désormais traditionnel Pingfai Festival. Une ambiance unique avec généralement un marché en deux parties : celle culinaire qui voit des stands fort originaux vous proposer une cuisine qui l’est tout autant et celle artisanale avec des produits que vous ne trouverez nulle part ailleurs. Et le Pingfai ne serait pas le Pingfai sans ses nombreux jeunes embrochant des marshmallows pour les griller sur un feu de bois. Une de ces ambiances uniques qui vous fait apprécier la Rose du Nord.

Autre rendez-vous incontournable, Sawasdee Craft #3, un marché d’hiver qu’organise le Baan Kang Wat, « village d’artistes et d’artisans » que nous adorons. Un marché donc, mais avec d’autres activités (on vous a déjà parlé ci-dessus du festival de film en soirée), notamment de nombreux ateliers. Cela se déroule du samedi 23 au mercredi 27 décembre, de 10h à 21h. Et la découverte de ce quartier estudiantin aux pieds du Doi Suthep vous ravira de par la richesse des attractions.

Citons encore le Botanic Festival – Colourful Garden qu’organise comme chaque année le Jardin Botanique de la Reine Sirikit (QSBG – Queen Sirikit Botanic Garden). Une explosion de couleurs végétales dans un écrin de verdure qui durera du samedi 23 décembre 2017 au mardi 1er janvier 2018, de 7h30 à 18h.

Sans oublier bien entendu les trois fameux marchés, le Night Bazaar, tous les soirs de la semaine, et les deux marchés de nuit piétonniers « Walking Street« , celui du samedi à Wualai Road (avec sa cérémonie bouddhiste dès 20h au Temple d’Argent) et celui du dimanche, au coeur de la cité historique.


Et après ?

WinterFair2017EventsWeeklyPhoto2recadrée

Events Weekly

Si vous deviez n’arriver qu’après le 24 décembre ici à Chiang Mai, il se peut que vous regrettiez votre absence durant cette période de Noël riche en événements. Ne vous en faites pas, la suite est tout aussi fastueuse, avec le Chiang Mai CAD Festival 2017 dès le 28 décembre, la Foire d’Hiver de Chiang Mai qui commence le même jour et surtout celle de Muang Kaen Patana, notre préférée, dès le 25 décembre. Ou encore le Festival de l’Artisanat de Ban Tawai dès le 28 décembre. Sans parler du réveillon de fin d’année (ici appelé Countdown Festival en divers endroits de la Rose du Nord).


Les anglophones, dont Noël ne peut se passer de dinde, liront avec intérêt l’article « Your Essential Christmas Checklist for Chiang Mai » publié par le magazine Citylife. Et comme les Allemands ne faillissent pas à leur réputation de précision, vous pouvez également consulter la liste ô combien complète des événements en lien avec le réveillon de Noël que publie Chiang Mai Service; c’est en anglais.

Chiang Mai n’a pas fini de vous étonner et Chiang Mai De-ci De-là se fait un plaisir de vous informer. On vous rappelle ici notre article embrassant une période plus large, Ce que Chiang Mai nous réserve jusqu’au Nouvel An chinois, en février 2018.

In fine, on vous rend attentif à la Procession des Etoiles de Noël (la Christmas Star Procession 2018) qui se déroule en la Cathédrale de l’Archange Michel, à Ban Tha Rae. C’est en Issan, le Nord-Est de la Thaïlande, dans la province de Sakon Nakon, non loin du Laos. Près de 200 chars colorés vous feront vivre un réveillon de Noël des plus originaux.

Et notre clin d’oeil de fin :

NoëlAChiangMai(MarcoRugo)

Noël à Chiang Mai 😆

 

Article mis à jour le 30.12.2017

Le café, grain de folie à Chiang Mai !

Il est bien loin le temps où en arrivant à Chiang Mai l’on avait peine à trouver un café dans la Rose du Nord ! La plupart des touristes ne le savent pas mais le café envahit peu à peu le quotidien des Thaïlandais (même Nok Air a son « café truck »).NokCafé Cependant et pour l’heure, ils préfèrent encore largement le boire glacé ou encore frappé. Vous pouvez facilement en commander en disant simplement kāfæ (กาแฟ), r̂xn (soit rõn, ร้อน) pour chaud ou yĕn (เย็น) pour froid.

Nous vous parlerons un jour des caféiers du Doi Pui cultivés par des Hmongs et de ceux du Doi Inthanon appartenant à des Karens, cultures que l’on peut visiter (en cueillant les drupes et goûtant au café, obvie). Ce sont souvent les membres des minorités ethniques qui alimentent la filière du café en Thaïlande. D’ailleurs, n’hésitez pas à partir à leur rencontre à travers l’offre présentée en fin d’article. Mais en guise de mise en bouche et comme Chiang Mai fête le café ce week-end, voici déjà quelques éléments sur ce fruit dont la production locale augmente d’année en année.

Chiang Mai Coffee Festival 2017

La Lanna Expo 2017 a accueilli le Festival du Café en juin dernier; plus de 150 produits étaient présentés par de nombreux producteurs provenant des quatre provinces du Nord. Et ce week-end, l’odeur des Rubiacées planera sur le Jing Jai Market ! C’est en effet ce sympathique marché qui accueille du vendredi 8 au dimanche 10 décembre le Chiang Mai Coffee Festival 2017. Sous la houlette du Chiang Mai Barista Club, de 8h à 15h, ce ne sont pas moins de 50 cafés locaux qui se mobiliseront pour satisfaire les amateurs de petit noir. Que vous le préfériez acide, boisé, corsé, doux, fruité, étoffé, léger, moelleux, pointu, rémanent, riche, sauvage, velouté ou encore vineux 😏 En plus des dégustations de café, il y aura une scène où seront organisés des talk-shows.

ChiangMaiCoffeeFestival2017CoverFB

CHIANG MAI COFFEE FESTIVAL 2017 – DU 08 AU 10.12.2017, de 8h à 15h au JJ Market
Page Facebook / Evénement FB / Groupe FB Chiang Mai Barista Club


Les amateurs de café auront fort à faire ce week-end avec une autre manifestation, The Coffee Calling « ปี่ชง น้องจิม » : Market Fair. Un marché au café où de nombreux acteurs seront présents, organisant des ateliers (le café est au final encore peu connu de la plupart des Thaïlandais). Cet événement-ci sera l’occasion pour vous tous d’admirer un nouveau centre culturo-commercial, le One Nimman; on vous laisse donc découvrir ce lieu. Non sans vous rappeler l’autre manifestation-phare du moment, incontournable, *nap, dans la rue attenante (Nimman soi 1).

TheCoffeeCalling2017.12CoverOneNimman.jpg

THE COFFEE CALLING « ปี่ชง น้องจิม » : MARKET FAIR. Du 7 au 11 décembre, de 9h à 20h au One Nimman.
Page Facebook de la manifestation / Evénements FB / Site web / Page Facebook du One Nimman

Si vous n’avez pas eu l’occasion de profiter de ces deux manifestations réunissant la crème des amateurs et professionnels du café ici à Chiang Mai, vous pourrez toujours vous rabattre sur la Thailand Coffee Fest qui se tiendra à Bangkok du 8 au 11 mars 2018. Manifestation nationale organisée par SCATH, l’Association des Spécialités Caféières de Thaïlande. Un événement qui se destine plus aux professionnels – ou celles et ceux qui ont vocation à le devenir, mais les dilettantes y seront bienvenus : page Facebook de la manifestation et site web.

ThailandCoffeeFest201803Bangkok


Le barista champion du monde se trouve à Chiang Mai !

Ristr8toMontage

© Facebook

☕️ Il semble que le café devienne une véritable passion pour certains ici en Thaïlande. On vous a parlé ci-dessus du Chiang Mai Barista Club, un groupe Facebook qui regroupe plus de 20’000 membres ! Mais connaissez-vous le Ristr8to – specialty coffee crafters, un café dans le quartier branché de Chiang Mai, Nimmanhaemin Road ? Le patron, Khun Tong, est détenteur du titre de champion du monde 2017 « Art du latte » ! Bravo à lui 👏🏼 C’est là une raison de plus pour lui rendre visite et profiter de son art, qui se déguste autant par les yeux que par la bouche 😋
Vous en saurez plus sur cette compétition sur ThaiVisa (en français) ou encore sur Khaosod (en anglais).  La version originale de l’article a été publiée sur Sprudgelive. Et pour vous faire saliver, une vidéo du maestro à l’oeuvre :

☕️ La page Facebook de Khun Arnon Thitiprasert (c’est là le vrai nom de Tong)

Si d’aventure vous deviez être intéressé(e) à suivre un cours de barista, n’hésitez pas à le faire ici à Chiang Mai, immersion assurée. Beaucoup d’endroits permettent d’en bénéficier mais les cours sont donnés le plus souvent en langue thaïlandaise uniquement. Voici une adresse où vous pourrez tout savoir des nombreux secrets des barista thaïlandais : le tenancier du StartUp Café, ouvert 24 heures sur 24, prodiguent des cours en anglais, du niveau basique à l’expert en « Latte Art ». Plus d’informations en cliquant ici.
StartUpCaféCoffeeCourse

Où boire du café à Chiang Mai ?

CafeAroundMeCoverFB
Vous l’aurez constaté, la cafémania s’est emparée de la Rose du Nord ! CafearoundMe est une source inépuisable pour connaître les meilleurs cafés de Chiang Mai. Vous pouvez retrouver ce blog sur Facebook et sur Instagram (@torthanit).

Découvrez avec ce blogueur les nouveaux cafés qui fleurissent par ici. A tester au hasard de vos pérégrinations : son guide illustré en 2 parties, ici la première et là la seconde.

Autre source intarissable, Wongnai, le site de référence culinaire ici en Thaïlande. Il vous livre une liste de plus de 20 autres cafés (c’est bien sûr en langue thaïlandaise mais le nom est en caractère latin; avec un peu d’effort, vous serez fier de trouver l’adresse par vous-même) ! Signalons encore ce groupe Facebook qui rassemble les amateurs de café ici à Chiang Mai : Chiang Mai Coffee Lover.


Du café en chaînes

Avouons que l’on trouve un choix très riche pour goûter un excellent café ici à Chiang Mai. On vous livre ici quelques (gros) producteurs locaux, parmi lesquels certains ont lancé leur chaîne de cafés :
⦿ Mingmitr : site website web et page Facebook.
⦿ Wawee : site web et page FB Wawee Coffee Thailand.
⦿ Akha Ama : site web et page Facebook.
⦿ กาแฟปางขอน – Pangkhoncoffee : page Facebook.
⦿ Doi Chiang Coffee, né d’une initiative canadienne : site web et page Facebook.
⦿ Roastniyom coffee : page Facebook.
⦿ Lanna Coffee, une compagnie qui soutient le développement économique des minorités ethniques impliquées dans la production du café ici au nord de la Thaïlande. Site web et page Facebook.
⦿ Metal Drum Coffee : site web et page Facebook.
Il y en a bien entendu beaucoup d’autres ! Voici encore quelques autres adresses indispensables en lien avec le café ici à Chiang Mai : trois des plus importants fournisseurs de la place.
⦿ Hillkoff, la référence (une belle réussite locale il est vrai). Site web, page Facebook I Love Hillkoff et leur tout nouveau centre de formation, Hillkoff Learning Space.
⦿ Aroma. Site web et page Facebook de la succursale Aroma Shop Chiangmai.

Le café en Thaïlande du Nord, une industrie en devenir

NTAALogoRecadréUn centre de compétence caféière promeut la culture du café ici au nord, le Lanna (Thai) Coffee Hub (site web et page Facebook; cf. la vidéo ci-dessous). Il réunit l’université, le gouvernement, le secteur privé et les  agriculteurs locaux. Par ailleurs, les producteurs de café arabica du nord se sont regroupés en association, NTAAcoffee (c’est elle qui a oeuvré au Festival du Café de la dernière Lanna Expo). La Thai Coffee Association, quant à elle, est l’association faîtière nationale.

Ça tombe bien puisqu’une « super-étude » universitaire menée par l’Université de Catane a récemment confirmé que la consommation de café a quelques excellentes vertus pour la santé, notamment en diminuant le risque de cancer (lisez donc l’article du journal Le Temps). Et pour celles et ceux désirant approfondir le sujet, il sera intéressant de s’atteler à la lecture d’un ouvrage qui fait autorité, écrit par la directrice de recherche à l’Inserm : Café et santé : Tout sur les multiples vertus de ce breuvage.

En Thaïlande, c’est sous l’impulsion du défunt roi Bhumibol le Grand, Rama IX, qu’a été introduite la culture du café en 1947. Ainsi, Ban Nong Lom est la première des plantations de café au royaume. Le roi pressentait, à juste titre, que l’endroit se prêtait à cette culture. Fort intelligemment, il a amélioré le quotidien des communautés montagnardes en leur distribuant des graines afin qu’ils les plantent et produisent eux-mêmes du café, améliorant de la sorte leur revenu. C’est une des facettes plus que positive de la Fondation du Projet Royal, créée pour soutenir cette idée. Dans cet article en langue thaïlandaise, l’on retrouve les plantations de Ban Nong Lom. Une autre success story dans le domaine caféier est contée en français par Jean de la Mainate sur son blog Merveilleuse Chiang Mai, celle de Preecha Pongcharoenkul, qui a créé la société Nacha Coffee, une société devenue prospère et dont le café a gagné naguère des prix internationaux d’excellence. Ceci dit, la résidence d’art qu’il a créée – et dont l’article est le sujet – semble ne plus être des plus actives… Pour celles et ceux désirant en savoir plus sur ce sujet, lisez donc cet article (en anglais) de Bryan Feil : Discover the History of Thailand Coffee.

Si vous vous rendez dans tout endroit ami du café ici au nord, il y a de forte chance que vous tombiez sur un magazine distribué gratuitement, Coffee Traveler (présent sur Facebook). CoffeeTravelerMagazineBien qu’il soit écrit en langue thaïlandaise, vous y trouverez également des articles en anglais. Ainsi du numéro en cours, consacré à la région de Mae Hong Son, à l’ouest de Chiang Mai, aux portes de la Birmanie. Une région qui se prête particulièrement à la production de café, se substituant ainsi à une autre production plus sulfureuse, celle du pavot !

Et comme le café est une boisson qui se boit plus qu’elle ne se lit, on termine avec le guide des amateurs de café ici à Chiang Mai (une production en anglais de Sprudge.com). Et enfin un guide essentiel à tout amateur de café, également en anglais : Chiang Mai’s Coffee Culture’s Review.


ThailandCoffeeAdventure2018Recadrée
Souhaitez-vous aller à la rencontre des peuples produisant le café ici au nord de la Thaïlande ? Un circuit vous le propose durant la plus belle des saisons, celle de la cueillette des drupes, fruit charnu à noyau très mince, appelées également « cerise« , d’où l’on tire le petit noir au goût exquis. Cela se déroule de fin décembre à début février. Au programme : visite d’exploitations de café gérées par des minorités ethniques, les Yao et les Akha, détente dans des sources chaudes et au parc Singha, avec dégustation de café, obvie; le tout dans la région de Chiang Rai. Toto, la gérante thaïlandaise francophone du Swiss-Lanna Lodge/Tour sis à Chiang Mai, vous donnera tous les détails. Appelez-la donc au +66 83 566 2333 ou écrivez-lui (info@swisslannalodge) pour plus d’informations.


Cadeau-bonus, une chouette vidéo de ce qu’offre Chiang Mai en matière de cafés 🙂

Crédit photographique de l’image à la une : Facebook. Mise à jour de l’article : 09.03.2018

Une semaine festive et des plus créatives ici à Chiang Mai

CreativeChiangMaiLogoFBLa créativité de la Rose du Nord est reconnue non seulement au pays mais bien au-delà des frontières siamoises. Il y a bien sûr tout l’artisanat du nord de la Thaïlande, issu d’une longue tradition et dont le savoir-faire continue de se transmettre (les marchés de Thaïlande regorgent des produits artisanaux du nord). Mais il y a aussi tous les arts et toute la culture du Lanna, très riche, que ce soit à travers les danses, la musique ou encore les textiles. Chiang Mai vient d’ailleurs de rejoindre – non sans fierté – le Réseau des villes créatives de l’UNESCO (nous vous en reparlerons). Ceci alors que sa demande pour que ses merveilles rejoignent la Liste du Patrimoine Mondial suit son cours…

Un réseau s’est d’ailleurs constitué afin de promouvoir ce bouillonnement créatif : Creative Chiang Mai. Et cette créativité sera des plus festives cette semaine ! Jugez-en par vous-même (on vous avertit, vous risquez l’indigestion culturelle ces prochains jours).

Chiang Mai Design Week et son marché POP

#CMDW2017. L’événement-phare débutera ce mercredi 6 décembre 2017. On parle bien entendu du Chiang Mai Design Week 2017. Ce sera la 3e édition de cette manifestation devenue annuelle qui animera divers lieux de la ville jusqu’au dimanche 10 décembre.

Les très nombreux événements organisés à l’occasion de cette Semaine du Design ne pourront que vous émouvoir. Ils sont dispersés en de nombreux endroits de la ville (place des Trois Rois, Porte Tha Pae, musée TCDC, entres autres lieux). Thème de cette année : «la Vie Artisanale». Ou comment le quotidien peut inspirer des produits les plus créatifs. Riche est le programme ! Il y aura des « Design Showcases » soit des vitrines permettant de découvrir moult produits design de manière originale, des projets internationaux (au rang desquels une l’installation (dès aujourd’hui 6 décembre), « Constructions Ephémères » d’Olivier Grossetête, sur la place Tha Pae; éphémère car dite installation sera détruite dimanche dès 16h !). Des ateliers, des conférences aussi et de nombreuses autres activités. Partie intégrante de l’événement, la Foire de l’Artisanat (Chiang Mai Crafts Fair 2017), aux mêmes dates donc, mettra en avant l’artisanat communautaire, celui des minorités ethniques et l’artisanat plus contemporain. Nombreux ateliers fort intéressants à la clef. Notre page Facebook vous tient informé.

CMDW2017POPMarketLogoFBCompagnon indispensable – et inséparable – de la CMDW, le POP Market fait lui aussi preuve d’une créativité sans limite. Que ce soit à travers son offre culinaire (où la cuisine traditionnelle se marie à des mets plus modernes) ou ses stands d’artisanat (au sens moderne). Une ambiance unique qui vous fera aimer Chiang Mai. Il faut dire que l’écrin qui accueille ce marché (le terrain autour de la Glass House, en face du plus vieux temple de la cité, le Wat Chiang Man) a tout pour vous émerveiller (notamment des anciennes maisons de type Lanna). Le POP Market a lieu aux mêmes dates, du 6 au 10 décembre, de 14h à 22h.

#nap et le marché du Think Park

nap18thPhoto1Autre lieu incontournable où vous devrez impérativement vous rendre pour percer un peu l’âme du Chiang Mai créatif : la Nimmanhaemin Art & Design Promenade, que les habitants de la ville appellent affectueusement *napDu mercredi 5 (aujourd’hui donc) au lundi 11 décembre, de 10h à 22h, avec de nombreux ateliers dans l’après-midi et animations en soirée. Vous serez là au coeur du quartier branché de la Rose du Nord, celui-là même qui aimante les bobos, hipsters et autre tribus urbaines venus de Chiang Mai ou de plus loin encore (Corée, Japon, Chine).
Une ambiance qu’on apprécie avec de l’originalité à tous les stands. Animation musicale et nourriture locale dans cette rue qui devient piétonne le temps de la manifestation. C’est au soi 1 de la route Nimmanhaemin et c’est un rendez-vous immanquable. Vous allez adorer Chiang Mai. Croyez-nous sur parole !

A portée de pas, le sympathique marché du Think Park, soit le Think Market #2. On aime bien ce petit dédale de magasins minuscules. Un marché s’installe donc là, du mardi 5 au lundi 11 décembre, de 11h à 22h. Décoration « hivernale », stands originaux et animation musicale là aussi.

ThinkMarket#2(2017.12)Photo1

Vous pourrez bien entendu vous rendre dans ce que Chiang Mai offre de plus moderne. On parle bien sûr du centre commercial MAYA (qui appartient à l’Oncle Tan, propriétaire des boissons Ichitan, dont l’effigie trône au Think Park; impossible de la rater avec sa casquette de capitaine). Mais votre oeil risque d’être attiré par un nouveau complexe à l’architecture « européenne » (arcades et clocher), le One Nimman, attenant au soi 1 de Nimmanhaemin Rd. Et ça tombe bien car il y a là inaugurations (mais tout n’est point encore terminé…).

Foire du textile ethnique

La région du Lanna est très prisée pour la qualité de ses textiles, que ce soit de la soie ou du coton. C’est donc tout naturellement que ceux-ci s’exposent dans le cadre de la 12e Fai Gaem Mai’s Lanna Ethnic Textile Exhibition, Foire des Textiles du vendredi 8 au lundi 11 décembre, de 10h à 20h, au CMU Convention Centre. Au programme, entre autres, exposition de textiles provenant de 7 minorités ethniques, défilés de mode quotidien et marché. Les détails seront publiés sur notre page Facebook.

Et ce n’est pas tout !

Les amateurs de la cuisine du nord de la Thaïlande, aux saveurs très différentes de ce qu’on a coutume d’appeler « cuisine thaïlandaise », se donneront rendez-vous au Chiang Mai Food Festival du centre commercial Central Plaza Airport. De nombreux stands à l’extérieur qui vous serviront dès 17h30, tous les jours jusqu’au vendredi 8 décembre. Animation musicale en prime.
L’odeur des Rubiacées planera sur le JJ market ! C’est en effet le Jing Jai Market qui accueillera du vendredi 8 au dimanche 10 décembre le Chiang Mai Coffee Festival 2017, premier du genre à notre connaissance. Cela en étonnera plus d’un mais le café est en train d’envahir toute la Thaïlande, notamment le nord qui en produit de plus en plus. Précisons que les Thaïlandais le boivent généralement glacé.
Les compulsifs du shopping seront ravis par les centaines de stands de la Foire du Cadeau (Gift Fair 2017) qu’organise chaque année la chambre du Commerce et de l’Industrie à la route Thung Hotel Rd. Tous les jours de 10h à 20h. La foire fermera ses portes dimanche 10 décembre.

ChiangmaiInternationalButohDanceFestival2017Logo

De la danse aussi cette semaine, avec un choix éclectique. D’abord le Chiangmai International Butoh Dance Festival. Il a commencé samedi dernier et se closera par deux représentations uniques de cette danse venue du japon, intellectuellement remuante. Ce sera ce jeudi 7 décembre, à 16h30 et à 19h30, au KAD Studio (7e étage du centre commercial Kad Suan Kaew). Puis un art plus traditionnel puisqu’il s’agit de danse classique du Lanna, plus précisément un théâtre dansé en l’honneur des anciens roi du Lanna, au Collège des Arts Dramatiques de Chiang Mai. Deux représentations journalières, à 9h et à 13h, sur réservation uniquement, et ce jusqu’au 20 décembre.

ChiangMaiCollegeOfDramaticArtsShow2017CoverRecadrée.jpg


Et encore des foires d’hiver ! C’est là l’occasion de se frotter à une Thaïlande plus rurale mais non moins adorable. Celle de Sankamphaeng, à l’est de la ville débute aujourd’hui mercredi 6 décembre; vous pourrez en profiter jusqu’au 10 décembre (infos sur page Facebook). A moins que vous ne préfériez celle de Lamphun, à 35 minutes au sud de Chiang Mai, chef-lieu de la province éponyme, appelé jadis Haripunchai. La foire vous accueille tous les jours jusqu’au dimanche 10 décembre. Et nous sommes sûrs que le dépaysement loin des hordes touristique vous enchantera. C’est pourquoi nous aimons à conseiller le déplacement.
Les amateurs de grosses cylindrées ne manqueront pour rien au monde le Chiang Mai Bike Week 2017, avec un concert rock à la clef. Cela se passe au Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre le samedi 9 décembre.
A la même date mais étalé sur le week-end (samedi 9 et dimanche 12 décembre donc), un marché qu’on aime bien : le Yard sale: Winter Season au complexe Baan Kang Wat.
Du dimanche 10 au mardi 12 décembre, de 9h à 15h, ambiance de Noël avec le marché Christmas market « Be Blessed » au Sriprakard, un hôtel légendaire (qui n’existe plus).
On signale encore une importante foire liée à un art local réputé, la céramique : la Foire de la Céramique de Lampang. C’est donc à Lampang, à 1h30 de route de Chiang Mai, au centre commercial CentralPlaza, jusqu’au lundi 11 décembre, de 11h à 21h.

Alors que continuent les expos

Ne vous bousculez point pour vous rendre à l’exposition de photographies Best 20 Photographs Best Photographers ! Elle continue jusqu’à la fin de l’année, soit le 30 décembre à l’espace artistique Sangdee.
Non qu’on se montre insistant mais s’il n’y avait qu’une seule exposition à voir lors de votre passage à Chiang Mai, ce devrait alors être celle-ci, dans la cité historique, en plein coeur du fameux marché piéton du dimanche soir : Traces d’un royaume perdu – Peintures murales des temples du Lanna. Tous les jours de 9h à 18h, jusqu’au 28 février 2018 (entrée libre), au Tamarind Village (c’est un hôtel, de classe).

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Vous l’aurez compris, c’est une semaine riche en événements où les choix seront ardus ! Et quoi qu’il en soit, la créativité de Chiang Mai ne s’arrêtera pas à l’explosion culturelle de cette folle semaine. Est d’ores et déjà programmée une conférence TEDx « Crafting the Future » le 10 février 2018 !

Montage CMDW+POPmarket+nap.jpeg


Et pour connaître les événements qui continueront d’arc-en-ciéliser la Rose du Nord ces prochaines semaines, on vous renvoie à notre précédente publication des plus complètes, Ce que Chiang Mai nous réserve pour fin 2017-début 2018.

EvénementsChiangMai-->02.2018

Commémoration de l’Anniversaire du Roi Bhumibol Adulyadej

Aujourd’hui 5 décembre 2017, c’est jour férié dans toute la Thaïlande. Ce jour correspond à la date de naissance du défunt roi Bhumibol le Grand, un jour férié maintenu malgré la disparition de ce roi bien-aimé. Le Premier ministre de la junte au pouvoir, le général Prayut Chan-o-cha, a d’ailleurs invité tous les Thaïlandais à lui rendre hommage.

S’agissant d’un jour chômé, il faut compter avec les fermetures habituelles (tous les bureaux étatiques, certains musées, les banques et assurances – mais pas les centres commerciaux, etc.). La vente d’alcool n’est pas prohibé.

AnniversaireBhumibol2017CoverA Chiang Mai, la commémoration officielle aura lieu ce soir dès 18h au Pavillon Royal du parc royal Rajapruek (ou Royal Flora, au sud-ouest de la ville). A 18h30 se produira un orchestre symphonique, le Sound Post Chamber Orchestra. Et à 19h09, les habitants allumeront une chandelle entamant des chants traditionnels du Lanna. Ces cérémonies aux chandelles sont toujours très émouvantes. Si vous désirez vivre un événement unique lors de votre passage à Chiang Mai, on vous recommande vivement d’y aller. Il est demandé de vous habiller de « manière appropriée » (sans que le noir soit de rigueur).

Cet événement attirera beaucoup de monde mais sans doute pas autant nombreux que celui de l’immense manifestation de l’année dernière au même endroit, où l’émotion était à son comble 😔


Le roi étant considéré comme le Père de la Nation, c’est aussi la Fête des Pères en Thaïlande (bien que certaines  informations contradictoires circulent à ce sujet). L’avenir nous dira si les pères thaïlandais continueront à être fêtés ce 5 décembre – ce qui est fort probable tant le Bhumibol est aimé de son peuple – ou alors si la date d’anniversaire du roi actuel, son fils Rama X, sera choisie, soit le 28 juillet. Toujours est-il que Google célèbre cette Fête des Pères à sa manière, avec un sympathique doodle 😄

AnniversaireBhumibol2017Doodle.gif

JournéeMondialeDesSolsSignalons encore que ce 5 décembre correspond à la Journée mondiale des sols dont le thème cette année est « Prendre soin de la planète commence par les sols ». Une problématique qui était chère au défunt roi, lui qui a tant oeuvré pour instaurer une économie d’autosuffisance respectant et la nature et ses habitants (les membres des minorités ethniques, nombreuses ici au nord, lui en sont encore fort reconnaissants). Un article du journal L’Express nous le rappelle.


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Nous reproduisons ci-dessous le communiqué officiel de l’Office du Tourisme de Thaïlande (TAT) quant à la commémoration de l’Anniversaire du Roi Bhumibol Adulyadej : « Le 5 décembre demeure un jour férié en Thaïlande en l’honneur de l’anniversaire de naissance du défunt Roi Bhumibol Adulyadej. A cette date la fête des Pères est également célébrée car le souverain était affectueusement considéré comme le « père de la nation ».
De son vivant, son anniversaire a toujours été une journée de fête nationale. Toutes les provinces du pays le célébraient à travers de belles festivités animées de feux d’artifice, de cérémonies aux chandelles ou encore de concerts de musique. Si les événements commémoratifs sont susceptibles d’être plus modérés dans les années à venir, il n’en reste pas moins que le 5 décembre restera un jour où les Thaïlandais continueront à rendre hommage à leur souverain bienaimé. À Bangkok, la tradition voulant que l’avenue Ratchadamnoen et les environs du Grand Palais soient somptueusement illuminés pour l’occasion sera perpétuée. Le Roi Bhumibol Adulyadej était un photographe et un marin passionné, mais également un musicien renommé. Saxophoniste et clarinettiste accompli, son penchant pour le jazz l’a amené à composer ses propres œuvres. Cet amour du défunt roi pour la musique a inspiré la série de concerts gratuits « Concert in the Park », qui se dérouleront au Lumphini Park à Bangkok.
Le souverain a accédé au trône et est devenu Rama IX, le neuvième roi de la dynastie Chakri, en 1946 alors qu’il n’avait que 18 ans. Afin de permettre au jeune monarque de compléter son éducation, le couronnement fut retardé jusqu’en 1950. Il épousa la reine Sirikit le 28 avril 1950 et son couronnement eut lieu une semaine plus tard, le 5 mai. Le roi Bhumibol et la reine Sirikit ont mis en place de nombreux projets royaux et œuvré pour améliorer la vie des populations rurales à travers la Thaïlande. La compassion du couple et la longévité de leur règne les ont conduits à être perçus affectueusement par de nombreux Thaïlandais comme le « père et la mère de la nation ». C’est pourquoi tout comme l’anniversaire du roi marque également la célébration de la fête des Pères, l’anniversaire de la reine, le 12 août, est considéré comme le jour de la fête des Mères. »

De son vivant, son anniversaire a toujours été une journée de fête nationale. Toutes les provinces du pays le célébraient à travers de belles festivités animées de feux d’artifice, de cérémonies aux chandelles ou encore de concerts de musique.

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Celle et ceux désirant en savoir plus sur feu le roi Bhumibol Adulyadej pourront commencer par lire la fiche que lui consacre Wikipedia. La Monarchie thaïlandaise est présente sur le web (c’est un site officiel, en anglais, quelque peu austère). Il y a également des pages Facebook panégyriques, à l’image de celles-ci : King Bhumibol The Great, Information Center for King Rama 9, Nous Nous aimons le roi Bhumibol Adulyadej – Rama IX (en thaïlandais) et Thai Royal Family News. Ou encore ce musée virtuel : 89 years of King Rama IX.

Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne

Les férus de lecture plongeront avec délice dans l’ouvrage Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne. Un livre qui révèle pour la première fois les souvenirs professionnels de Cléon C. Séraïdaris, précepteur particulier de Leurs Majestés les Rois Rama VIII et Rama IX durant leur études en Suisse, qui resta pendant vingt-six ans au service de la Famille Royale. C’est pour répondre au voeu de S.M. le Roi Bhumibol de faire connaître la carrière de son précepteur auprès de la Famille Royale en Suisse que le fils de ce dernier publie cet ouvrage, quinze ans après la disparition de son père. Par discrétion et loyauté, Cléon C. Séraïdaris n’avait pas révélé ces épisodes historiques, estimant être astreint à un devoir de réserve. Ces pages n’auraient donc jamais vu le jour sans la suggestion du Roi qui, lors d’une audience privée, encouragea l’auteur à éditer ce recueil (il en existe deux autres versions, en anglais et en langue thaïlandaise). Un témoignage unique, abondamment illustré de photographies et de documents issus des archives familiales de l’auteur, un point de vue intimiste et familial, une part de l’Histoire du Royaume de Thaïlande.


Vous pouvez revoir ci-dessous la gigantesque cérémonie d’hommage organisée l’année dernière au pont Bhumibol qui enjambe le Chao Phraya (Bhumibol Bridge) à Bangkok, quelques semaines après la disparition du roi bien-aimé.

 Crédit photographique de l’image à la une : © Facebook.

Ce que Chiang Mai nous réserve pour fin 2017-début 2018

Ca y est, les lumières de la Fête éponyme se sont éteintes. Nous voilà au début de la haute saison touristique au Pays du Sourire. Mais que nous réserve la Rose du Nord d’ici la fin de cette année 2017, voire le début de l’année prochaine ? Vaut-ce la peine de réserver votre hôtel à des dates particulières en fonction des événements festifs programmés ? Chiang Mai De-ci De-Là vous dévoile les grands rendez-vous culturels et les marchés occasionnels des prochaines semaines (mise à jour le 20.11.2017).

Musique classique, danse et art contemporain

On commence par un événement de portée internationale déjà entamé, le Chiang Mai Ginastera International Music Festival, jusqu’au samedi 18 novembre. Vous l’aurez compris, on parle ici de classique et Chiang Mai souhaite devenir le porte-étendard de cette musique en Thaïlande. Le grand public devrait apprécier le concert du dernier soir, celui de Tre Voci, trois jeunes ténors. Ramakien201711CoverRecadréeMais la Thaïlande excelle surtout dans la danse classique qui met en scène le Ramakien, pendant siamois du Ramayana, et ses fameux masques khon. Le dimanche 26 novembre verra donc une représentation de cet art ancestral au Kad Theater du centre commercial Kad Suan Kaew. Ce même week-end, est organisé la 2e édition du Festival Unfolding Kafka les 24 et 25 novembre. Produit biennal d’une coopération internationale visant à promouvoir l’art contemporain et permettant à des artistes exceptionnels de se produire. Après Bangkok, il aura lieu au MAIIAM, nouveau musée d’art contemporain de portée mondiale, sis à Sankamphaeng. Dans le même registre, fruit de la coopération culturelle française en Thaïlande, Olivier Grossetête, artiste plasticien jouant avec les formes, les volumes et les matières, invitera les habitants de Chiang Mai à participer à la construction d’une Ville Ephémère en cartons. Cela se passera à la Porte Tha Pae, épicentre touristique, du 1er au 10 décembre (une des nombreuses manifestations du Chiang Mai Design Week; voir ci-dessous).

 

ChiangmaiInternationalButohDanceFestival2017LogoAutre événement d’envergure internationale, le Chiangmai International Butoh Dance Festival. Le butō est une danse d’avant-garde venue du Japon. Pour qui n’en a encore jamais vue, c’est une occasion unique de le faire à Chiang Mai (qui connait déjà aura forcément envie d’en revoir). Cela se passe au Kad Studio du centre commercial Kad Suan Kaewdu 2 au 7 décembre. Plus loin dans le temps, la 7e édition du Chiangmai Jazz Festival se déroulera au centre commercial Promenada le 20 janvier 2018.


CMDW17CoverFBChiang Mai Design Week et son marché POP

#CMDW17. C’était l’événement qui a marqué culturellement la fin de l’année dernière et les organisateurs remettent la compresse du 6 au 10 décembre 2017. On parle bien sûr du Chiang Mai Design Week. Que vous vous intéressiez au design a finalement peu d’importance car c’est un concept que vous côtoyez quotidiennement sans même vous en rendre compte. Et donc les nombreuses manifestations organisées à l’occasion de cette Semaine du Design ne pourront que vous émouvoir. Elles sont dispatchées en de nombreux endroits de la ville. Riche est le programme et Chiang Mai De-Ci De-Là ne manquera pas de vous en parler, obvie. Partie intégrante de cette manifestation d’importance, le POP Market, aux mêmes dates (du 6 au 10 décembre), vous enchantera de par l’originalité de ses stands. Une ambiance unique qui nous fait aimer Chiang Mai. Il faut dire que l’écrin qui accueille ce marché (le terrain autour de la Glass House) a tout pour vous émerveiller (notamment des anciennes maisons de type Lanna).

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*nap ! C’est un peu l’âme de Nimmanhaemin, le quartier branché de Chiang Mai, qui est convoquée lorsque l’on prononce le mot *nap. Il s’agit de la Nimmanhaemin Art & Design Promenade qui donne à voir une partie de la riche créativité dont fait preuve la Rose du Nord. Une ambiance qu’on adore avec de l’originalité à tous les stands. Animation musicale et nourriture locale dans cette rue qui devient piétonne le temps de la manifestation. C’est au soi 1 de la route Nimmanhaemin et c’est un rendez-vous qu’aucun(e) d’entre vous ne doit manquer s’il ou si elle se trouve à Chiang Mai du 5 au 11 décembre. Croyez-nous sur parole ! Un événement qui précède donc le Chiang Mai Design Week et son marché POP.

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Les amateurs de design sont aussi amateurs du beau et donc amateurs de la photographie ! Une de leur plus brillantes représentantes, Ya (de son nom thaïlandais Jantira Namwong), organise avec ses amis photographes l’exposition photo Best 20 Photographs Best Photographers, du 1er au 30 décembre 2017, à la galerie d’art Sangdee. De quoi lui faire changer les idées, elle qui compose des photos coquines à travers son Boudoir Photography By Ya. Une expo en complément qui enrichit les deux manifestations précédentes.


Chiangmai CAD Festival 2017

CAD pour Culture – Art – Design. C’est sans doute l’événement-phare de cette fin d’année ! Organisé par Huang Fu Long, une maison de thé et galerie d’art chinoise, et soutenu par l’autorité nationale du tourisme, ce festival occupe une immense surface à Mae Rim, au nord de Chiang Mai, qui s’édifie au fil des semaines sur le terrain du club équestre de l’armée. Il devrait attirer des milliers de touristes, en majorité chinois. Nous ne connaissons point encore le programme définitif mais nous nous sommes laissé dire que le programme comprend un lâcher géant de lanternes célestes le 31 décembre… C’est la splendeur d’antan du Lanna qui sera ici célébrée ! Au programme : « Pooja » (un spectacle son & lumière), un autre spectacle folklorique réunissant plusieurs dizaines d’artistes, danseurs et percussionnistes traditionnels, les fameux tambours du Lanna (2 séances quotidiennes), de même qu’un défilé de mode. Et également une reconstitution historique avec combats et un sermon psalmodié par d’authentiques moines bouddhistes. Un village de type Lanna sera reconstitué, de même qu’un marché à l’ancienne. C’est dire que la nourriture locale y occupera une place prépondérante, comme souvent. On ne peut que vous conseiller d’inscrire le Chiang Mai CAD Festival 2017 dans votre agenda, du 28 décembre 2017 au 7 janvier 2018.

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Les expos d’art

TracesOfALostKingdomCoverL’effervescence culturelle est palpable ici dans la Rose du Nord. Et nombreuses sont les galeries d’art  à faire la promotion des artistes locaux, nationaux et internationaux. On vous rend ici attentifs à deux expositions qui durent jusqu’au mois de février. Tout d’abord une exposition chère à notre coeur (qui bat pour le Lanna) : Traces d’un royaume perdu. Elle vous donnera à admirer les peintures murales des temples du Lanna. Chiang Mai De-ci De-là vous en a déjà tout dit ici. C’est à notre avis un passage obligé lors de votre venue cet hiver, d’autant qu’elle se déroule au coeur de la cité historique, au Tamarind Villagejusqu’au 28 février 2018. L’entrée du lieu, parsemé de bambous, est une invitation à l’évasion dans l’ailleurs. Autre exposition d’envergure, Patani Semasa au MAIIAM , un nouveau musée d’art contemporain de rang mondial, sis à Sankhampaeng, à l’est de Chiang Mai. Une exposition sur l’art contemporain de la ‘péninsule dorée’ (Golden Peninsula). Provenant de différentes époques, ces œuvres d’art de la «région de Patani» sont le fruit de 27 artistes locaux ou ayant un lien avec la région en question. Exposition visible jusqu’au 14 février 2018. Et comme le bâtiment est superbe et qu’y sont organisées d’autres expos (cf. plus haut) vous ne regretterez nullement votre déplacement.


Winter Fair – Les Foires d’Hiver

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Pour les Occidentaux, évoquer « l’hiver » en Thaïlande peut paraître quelque peu saugrenu. Toujours est-il qu’à Chiang Mai, les températures nocturnes peuvent être fraîches (on relève habituellement 5 degrés au sommet du Doi Inthanon, plus haute montagne siamoise). Et c’est durant cette période que la fête bat son plein dans les villes et surtout les villages où sont organisées des foires d’hiver, semblables aux kermesses d’antan en Europe. La plus rapprochée est la 10e Foire Agricole de Pong Yaeng, qui aura lieu les 23 et 24 novembre à Pong Yaeng, aux pieds du Doi Suthep. Ne manquez pas la parade où l’agriculture est reine. Mais à nos yeux, la plus belle d’entre elles se déroule à Muang Kaen Pattana (Mae Taeng, au nord de Chiang Mai).

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Events Weekly

Difficile de profiter d’une foire plus locale que celle-ci (les ét