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Feu Bhumibol le Grand – Deux ans déjà

Aujourd’hui lundi 15 octobre 2018 se termine le long week-end de commémoration en souvenir du défunt roi bien-aimé, Bhumibol Adulyadej le Grand¹, un week-end où le jaune était de rigueur. Depuis l’année dernière, le 13 octobre est devenu un jour férié; il correspond à la date du décès de ce roi qui aura régné 70 ans durant (un billet commémoratif d’une valeur nominale de 70 bahts avait même été émis, une coupure devenue bien évidemment collector). Et comme en Thaïlande les jours fériés qui tombent sur le week-end se rattrapent le lundi, ce sont donc trois jours de congé d’affilée dont ont bénéficié beaucoup de Thaïlandais.

BhumibolSCBThailand

© Facebook – SCB Thailand

Né le 5 décembre 1927 aux États-Unis et mort le 13 octobre 2016 à Bangkok, il y a deux ans donc, à près de 89 ans, Bhumibol le Grand, de son nom dynastique Rama IX, a été couronné en 1950. Il a régné de 1946 à 2016, soit plus de 70 ans ! C’est dire l’influence qu’il a pu avoir sur son peuple qui le vénérait; la plupart des Thaïlandais n’ont connu que ce roi-ci. Ses funérailles royales, qui se sont déroulées du 25 au 29 octobre 2017, ont été historiques autant qu’émouvantes (relisez donc l’article que nous avions consacré à cette crémation royale ou visionnez un documentaire poignant).

Bhumibol Photo Aekachai Wanson‎ Photo-cm Club

© Facebook – Aekachai Wanson (Photo-cm Club)

La période de deuil national, qui a duré plus d’un an, s’est achevée le 29 octobre de l’année dernière (notre article). Formé en Suisse romande, Rama IX était non seulement francophone mais aussi francophile. À noter que dans le pays, on commémore également son anniversaire le 5 décembre (un jour qui marque encore la Fête des Pères).

C’est son fils, Sa Majesté Maha Vajiralongkorn, désigné en 1972 héritier du trône, qui lui a succédé (il doit encore être couronné). Souverain constitutionnel, Sa Majesté le roi de Thaïlande est le chef de l’État et le protecteur des religions du royaume. Sous le regard maternel de Sa Majesté la reine douairière Sirikit qui, elle, est née un 12 août, journée où est également célébrée la Fête des Mères en Thaïlande.

L’émotion est encore vive dans toute la Thaïlande. Il suffit de s’être rendu à l’une ou l’autre des manifestations organisées ce week-end partout dans le royaume pour s’en convaincre. Impossible de toutes les mentionner, il y en a eu une myriade.


Commémorations à Chiang Mai

Considéré comme le “Père de la Nation”, le roi Bhumibol Adulyadej le Grand a laissé tout un pays orphelin. À Chiang Mai, le 2e anniversaire de sa disparition a été marqué officiellement samedi 13 octobre 2018. Un hommage lui a été rendu à 6h du matin à travers une cérémonie d’offrande à 89 moines (cela s’est déroulé au CMECC – Centre international d’expositions et de congrès, au nord de la ville). Deux autres événements ont suivi dans le courant de la journée.

À 15h, une cérémonie religieuse s’est tenue au Wat Jed Yod, sur la route pour se rendre au Doi Suthep. Le Wat Jed Yod est un temple unique à Chiang Mai car d’inspiration hindoue. Et, à 18h30 au même CMECC, c’est une cérémonie solennelle aux bougies qui a été organisée. Nous vous en avions parlé sur notre page Facebook.

D’autres institutions étatiques n’ont pas manqué de commémorer l’événement. À commencer par le le parc Rajapruek (Royal Flora) et son exposition « En souvenir du roi Rama IX ». Un roi qui aimait à promouvoir une économie d’autosuffisance où l’agriculture était au cœur de son action. Ainsi, des activités agricoles ont été organisées au parc du 10 au 12 octobre 2018. Autre cérémonie religieuse en mémoire du souverain au zoo de Chiang Mai : des offrandes à 41 moines ont là aussi été organisées le 12 octobre au matin. Et comme à leur habitude, les centres commerciaux y vont aussi de leur hommage, en apprêtant un autel sur lequel les clients peuvent y faire leurs dévotions ou encore en organisant des offrandes aux moines (voyez la cérémonie d’offrandes au Central Plaza près de l’aéroport).

Du côté de Chom Thong, au sud-ouest (direction le Doi Inthanon, à 1h30 de route), s’est tenue également une cérémonie religieuse du souvenir dans l’après-midi (photos et vidéo). Au Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan précisément, un temple royal.

Beaucoup d’autres cérémonies ont pu être observées au hasard de pérégrinations dans la Rose du Nord. Où bon nombre d’habitants était habillé de jaune. Mais les hommages ne s’arrêteront pas ce week-end puisqu’une exposition se tient au CMECC encore, et ce jusqu’au 31 octobre : « Chiang Mai : le pays des Projets Royaux ». On vous en reparle en détail sur notre page Facebook. Sachez cependant qu’un grand événement aura lieu vendredi 26 octobre où les senteurs des jonquilles envahiront l’espace. Il durera 24 heures, soit jusqu’au matin du samedi 27, avec notamment des concerts et des danses traditionnelles du Lanna. À ne pas manquer donc ! En attendant, découvrez le bel hommage photographique qu’a rendu le magazine online ร้อยเรื่องเมืองล้านนา (@100LannaNews).


Commémorations à Bangkok

Bhumibol Photo Nation Montage

© Facebook – NationPhoto (1, 2, 3)

A Bangkok, c’est le Premier ministre, le général Prayut Chan-o-cha, qui a mené la cérémonie d’aumônes à la mémoire du Roi Bhumibol. Tôt le matin du 13 octobre 2018, accompagné de personnalités parmi lesquelles des responsables du gouvernement, ce sont 890 moines et novices qui ont reçu des offrandes, en souvenir des 89 ans de feu Bhumibol Adulyadej. Sa Majesté le roi Maha Vajiralongkorn, fils du défunt roi, a également rendu hommage à feu son père à travers une cérémonie qui s’est déroulée au Grand Palais. D’ailleurs, de l’aube au crépuscule, la grande place Sanam Luang était remplie de jaune, malgré les pluies de l’après-midi. Une cérémonie aux bougies a illuminé l’espace à 18h. Les fonctionnaires n’étaient pas en reste; sur leur lieu de travail, nombreuses et nombreux ont rendu hommage comme par exemple les infirmières de l’hôpital Siriraj. Autres photos de cette marée jaune (et orange puisque les moines bouddhistes étaient de la partie).

Bhumibol Photo Nation Montage 2

© Facebook – NationPhoto (1 et 2)

La contribution des artistes est également importante à cette occasion. Ainsi le 7e art est à l’honneur dans l’exposition « Les Arts Suprêmes Thaïlandais du Règne du Roi Rama IX » qui s’est ouverte le 12 octobre au Siam Paragon (Hall of Fame). Autre exposition dont la cérémonie d’ouverture est agendée au 30 octobre : The Artists of the 2 Reigns Exhibition. Evénement qui souligne la transition familiale entre les deux premiers souverains thaïlandais de ce siècle (présentation vidéo). Signalons encore qu’un artiste de renom, Suwit Jaipom, initiateur de la galerie Art Bridge à Chiang Rai, a composé un portrait au fusain du roi disparu; son œuvre sera exposée prochainement à Chiang Mai. On rappelle la contribution de 89 artistes visible dans ce musée virtuel, de même que le travail de deux artistes que nous apprécions : le peintre Jirapat Tatsanasomboon et le danseur Ronnarong Khampha.

Par ailleurs, un concours de photographie est organisé par l’APDA Thailand, soit l’Association asiatique pour le développement de la photographie; vous pouvez voir le résultat avec le hashtag #KingRama9OfMemory. Rappelons la passion de Bhumibol pour la photographie. En matière musicale – Bhumibol jouait du saxophone et il a composé plusieurs pièces encore interprétées – des concerts ont été donnés en son honneur, hommages musicaux toujours émouvants, à l’image de celui de Boyd Kosiyabong ou encore celui-ci :

Les chancelleries du monde entier se sont fendues de communiqués rappelant les liens qui unissaient le monarque à leur pays respectif comme ici l’Ambassade de France. Et les entreprises privées de rappeler les réalisations de Bhumibol, lui qui a parcouru son pays de long en large, sensible aux difficultés quotidiennes vécues par ses sujets. Il est l’initiateur de nombreuses réalisations, la plus connue étant sans nul doute la Fondation du Projet Royal qui vient en aide aux minorités ethniques et, au-delà, aux communautés rurales, parents pauvres du spectaculaire développement économique de la Thaïlande (nous consacrerons un jour un article plus complet à cette fondation). Voyez par exemple le diaporama de la banque SCB.


Rama, la dynastie régnante des Chakri² !

Bhumibol Adulyadej était le 9e roi de Thaïlande issu de la dynastie actuellement régnante des Chakri, une dynastie fondée en 1782 qui prit la succession des rois d’Ayutthaya défaits par les Birmans. Cette date correspond à la fondation de Bangkok comme capitale du royaume. Les rois Chakri prirent le nom dynastique de « Rama ». Dix rois se sont pour l’heure succédé sur le trône. Le règne de Rama IX fut exceptionnellement long (plus de 70 ans donc). Résumons les 10 règnes :

  • Rama Ier – Chao Phraya Chakri, roi de 1782 à 1809 (27 ans de règne);
  • Rama II – Loet La, roi de 1809 à 1824 (14 ans de règne);
  • Rama III – Phra Nang Klao, roi de 1824 à 1851 (26 ans de règne);
  • Rama IV – Phra Chom Klao (appelé Mongkut), roi de 1851 à 1868 (17 ans de règne);
  • Rama V – Chulalongkorn, roi de 1868 à 1910 (42 ans de règne);
  • Rama VI – Vajiravudh (nommé aussi Mongkut Klao), roi de 1910 à 1925 (15 ans de règne);
  • Rama VII – Prajadhipok, (aussi appelé Pokklao), roi de 1925 à 1935, date de son abdication (9 ans de règne);
  • Rama VIII – Ananda Mahidol (qui n’est autre que le grand frère de Bhumibol), roi de 1945 à 1946 (1 an de règne);
  • Rama IX – Bhumibol Adulyadej, roi de 1946 à 2016 (70 ans de règne);
  • Rama X – Maha Vajiralongkorn, roi depuis le 1er décembre 2016 (il doit encore être couronné).
Chakri Memorial Day HD Wallpapers

La dynastie Chakri (source)

DynastieChakriVénérés comme des demi-dieux par leurs sujets, les rois, de confession bouddhiste, sont eux aussi incinérés à leur décès, après de spectaculaires funérailles royales. Les cendres des neuf rois de cette dynastie reposent toutes dans un temple spécifique, à Bangkok-même ou aux alentours.

Vous pouvez bien entendu les visiter; leur dépôt se fait au pied d’un Bouddha (il vous suffira de demander sur place). En cliquant sur le nom du temple bouddhiste, vous le verrez sur Google Maps.

Retrouvez une photo de tous ces lieux royaux sur le blog de Richard Barrow.

Bhumibol Photo Marco Rugo

© Chiang Mai De-ci De-là


En savoir plus

Celles et ceux désirant en savoir plus sur feu le roi Bhumibol Adulyadej pourront commencer par lire la fiche que lui consacre Wikipedia. La monarchie thaïlandaise est présente sur le web : site officiel, en anglais, quelque peu austère. Il y a également des pages Facebook panégyriques, à l’image de celles-ci : King Bhumibol The Great et Royal Family of Thailand. Ou encore ce musée virtuel : 89 years of King Rama IX.

Les férus de lecture peuvent télécharger gratuitement Le roi Bhumibol. Force de la nation, un ouvrage illustré édité par le gouvernement thaïlandais en 2009. Et l’on vous invite également à plonger avec délice dans le livre Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne. Un ouvrage qui révèle pour la première fois les souvenirs professionnels de Cléon C. Séraïdaris, précepteur particulier de Leurs Majestés les Rois Rama VIII et Rama IX durant leurs études en Suisse, qui resta pendant vingt-six ans au service de la Famille Royale. C’est pour répondre au vœu de S.M. le roi Bhumibol de faire connaître la carrière de son précepteur auprès de la Famille Royale en Suisse que le fils de ce dernier a publié cet ouvrage, quinze ans après la disparition de son père. Par discrétion et loyauté, Cléon C. Séraïdaris n’avait pas révélé ces épisodes historiques, estimant être astreint à un devoir de réserve. Ces pages n’auraient donc jamais vu le jour sans la suggestion du roi qui, lors d’une audience privée, encouragea l’auteur à éditer ce recueil (il en existe deux autres versions, en anglais et en langue thaï). Un témoignage unique, abondamment illustré de photographies et de documents issus des archives familiales de l’auteur, un point de vue intimiste et familial, une part de l’Histoire du Royaume de Thaïlande.

La mémoire du défunt monarque reste vive ici en Thaïlande; vous aurez sans nul doute constaté que ses portraits sont toujours présents, que ce soit dans les échoppes privées ou sur les places publiques, souvent accompagnant celui de son fils, le roi actuel Rama X dont les sujets attendent le couronnement…

#Bhumibol #BhumibolAdulyadej #RamaIX #Thaïlande


¹ Selon le système général de transcription du thaï (RTGS), Bhumibol Adulyadej (en langue thaï : ภูมิพลอดุลยเดช) devrait s’écrire Phumiphon Adunyadet.
² Source : Wikipédia

Source de l’image à la Une (© Facebook – NationPhoto). Mise à jour le 17.10.2018

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Festival Végétarien (sino-thaï) 2018

Cette année, du mardi 9 au dimanche 17 octobre, toute la Thaïlande voit se dérouler le Festival Végétarien 2018 (วันกินเจ). De nombreuses activités sont organisées autour du végétarisme à cette occasion. On vous résume ici l’origine de ces festivités et la pratique du végétarisme en Thaïlande avant de vous dévoiler quelques programmes, notamment à Phuket, Bangkok et Chiang Mai. En fin d’article, quelques conseils utiles sur le végétarisme prôné durant cette période de 9 jours.

Les Thaïlandais sont très majoritairement bouddhistes. On pourrait croire qu’ils sont donc végétariens. Il n’en est rien (et de loin). En fait, le festival végétarien, célébré annuellement, nous vient de Chine : le Festival Végétarien des Neuf Dieux-Empereurs est une célébration taoïste¹ de neuf jours fixée selon le calendrier lunaire (il en existe plusieurs).  Ce sont les membres influents de la communauté sino-thaïlandaise qui le fête, auxquels se joignent nombre de Thaïlandais. Le festival est populaire dans toute la Thaïlande et en particulier dans les régions à forte population d’immigrants chinois, comme Bangkok, Chiang Mai et Phuket.

VegetarianFestival2017

La pratique du végétarisme en Thaïlande

Pendant ce festival, le peuple thaïlandais pratique เจ (que les anglo-saxons écrivent jay et qui se prononce plus ou moins djè, raison pour laquelle vous verrez parfois le terme de « J Festival » utilisé pour cette fête). Ce mot provient du bouddhisme chinois mahayana qui préconise l’observance de huit préceptes. L’un des huit préceptes est d’éviter de manger de la viande animale pendant la fête végétarienne. Lorsqu’un Thaïlandais pratique le jay, il tâche d’appliquer un comportement vertueux à travers ses actions, ses paroles et ses pensées. Durant ces 9 jours, les personnes pratiquant le jay doivent avoir une hygiène corporelle rigoureuse, garder leurs ustensiles propres et s’assurer de ne pas les partagent avec des personnes qui n’observent pas ces préceptes. Elles doivent également porter des vêtements blancs aussi souvent que possible, éviter de tuer ou de blesser des animaux et être conscientes de leurs actions et de leurs pensées. Pendant la durée du festival, les fidèles s’abstiennent de toute relation sexuelle et évite de consommer de l’alcool. Tant les personnes en deuil que les femmes enceintes ou menstruées ne devrait pas assister aux cérémonies.

La nourriture jay va au-delà d’un régime végétarien occidental, excluant certains légumes et épices. Il s’agit notamment de légumes piquants comme l’ail ou les oignons, car on croit qu’ils enflamment les passions et conduisent les gens à la colère ou à la luxure. Ces légumes procurent trop d’énergie et augmente la transpiration. De plus, contrairement à la cuisine thaïlandaise qui utilise beaucoup de piments forts et d’épices, la cuisine végétarienne chinoise vise un meilleur équilibre entre les saveurs amères, salées, acides, sucrées et piquantes. Par ailleurs, la nourriture végétarienne jay évite le lait et les œufs.

L’abstinence de 9 jours ne se limite pas seulement à l’absence de viande mais aussi d’alcool et de relations sexuelles !

Le festival végétarien est célébré dans tout le royaume, en particulier dans les grandes villes où la population d’immigrants chinois est plus importante. Elle est célébrée dans le quartier chinois de Bangkok, connu sous le nom de Yaowarat, et de Chiang Mai, connu sous le nom de Warorot. Les Thaïlandais apportent des sanctuaires ou des divinités de leurs maisons aux temples chinois pour recevoir l’énergie spirituelle. Ils accrochent des lanternes aux temples chinois et allument des bougies à l’extérieur. Des tambours bruyants à l’intérieur et à l’extérieur des temples font fuir les mauvais esprits. Les opéras chinois se produisent et les vendeurs écoulent jouets, feux d’artifice et, bien sûr, de délicieux plats et collations végétariens. Il s’agit globalement d’un acte purificateur, spirituel et physique, afin d’accumuler des mérites et de générer un sentiment de paix intérieure.

En vous promenant dans les rues et centres commerciaux, vous verrez plus de panneaux du signe végétarien que d’habitude (il s’agit d’un symbole chinois rouge sur fond jaune). Bien que la viande soit présente dans beaucoup de plats thaïlandais, la plupart des restaurants peuvent préparer des plats végétariens sur demande en remplaçant la viande par des protéines de soja comme le tofu et en éliminant la sauce de poisson et celle aux huîtres. D’autres ingrédients savoureux que l’on trouve couramment dans la cuisine végétarienne thaïlandaise sont la sauce soja, la pâte de soja, le chili et la poudre de chili, la citronnelle, le lait de coco, la racine de galangal, le gingembre, la coriandre, les feuilles de kaffir et le basilic doux thaï. On vous indique plus bas où trouver facilement des restaurants végétariens.


Festival Végétarien 2018 - Phuket Vegetarian Festival

Le Festival végétarien de Phuket – Étrange et sanglant

C’est sur l’île de Phuket, au sud du royaume, que l’expression la plus extrême du festival est célébrée. Âmes sensibles s’abstenir ! Destination Siam – Le blog de Rainier vous dévoile les origines de ce spectaculaire festival. Comme chaque année, les médias du monde entier relaient les photos de ces mutilations expiatoires où végétarisme et pratiques extrêmes de piercing sont réunis (Vice, HuffPost). Pour un regard plus personnel, vous lirez avec intérêt le blog Phuket 101 et celui de Bidouze, tous deux animés par des photographes d’exception. Adoptant un angle culinaire, le site Le Manger apporte un éclairage anthropologique toujours éclairant sur ces festivités.

FESTIVAL VÉGÉTARIEN 2018 DE PHUKET
Programme complet en français et en anglais.
Page Facebook
Site web (en thaï)
Prospectus de la TAT (l’Office du tourisme)


Festival Végétarien 2018 à Chiang Mai…

Festival Végétarien 2018 - Cover Pung Tao Kong 1Ici au nord, pas de sang visible durant le festival végétarien ! La sympathique parade des écoliers au temple Upakut avec distribution gratuite de nourriture végétarienne n’est hélas plus organisée depuis trois ans maintenant. L’événement marquait l’ouverture du festival. A Chiang Mai, l’épicentre du festival se situe dans le quartier du marché Warorot, autour du temple chinois Pung Tao Kong (เชียงใหม่, 清邁老本頭古廟). Une distribution gratuite de nourriture végétarienne est ainsi organisée tous les jours de 11h à 13h et de 16h à 17h. En savoir plus (en langue thaï). On vous invite également à faire un tour du côté des autres lieux de culte chinois, plus animés qu’à l’accoutumée, où des stands de nourriture végétarienne vous attendent, notamment : la pagode chinoise presque en face du Hard Rock Cafe sur la route Loy Kroh (มูลนิธิเชียงใหม่สามัคคีการกุศล). C’est celle de la Fondation de charité Samakkee dans le quartier du Night Bazaar où là aussi est distribuée de la nourriture végétarienne gratuite de 11h à 13 puis de 16h à 17h. Ces deux événements sont une belle occasion de se fondre dans la population locale. Et encore ailleurs dans la ville : la pagode accolée au restaurant Krua Chanthabur (ครัวจันทบูร) ou encore le temple chinois de la fondation Ariyasathan Haeng Panya (reconnaissable à sa grande statue de Guan Yin, มูลนิธิอริยสถานธรรมแห่งปัญญา), à l’extérieur de la ville.

Festival Végétarien 2018 - Cover FB Central Plaza

Le groupe Central qui gère d’immenses centres commerciaux ne manque jamais l’occasion de marquer l’événement. Ainsi cette année le Central Festival, navire amiral du groupe ici à Chiang Mai, organise sa Foire Végétarienne 2018. La collaboration de l’année dernière avec la Fondation du Projet Royal n’a pas été reconduite mais vous pourrez y acheter et y manger de délicieux mets végétariens concoctés par les meilleurs restaurants de la ville (de 8h30 à 20h30 au rez-de-chaussée, G floor). Et du 12 au 15 octobre y officiera un chef renommé d’un fameux restaurant thaïlandais. En savoir plus (toujours en thaï, obvie; quelques photos d’ambiance). Festival végétarien également dans les deux autres centres commerciaux gérés par le groupe. Le Central Plaza Chiangmai Airport (du 9 au 18 octobre au rez-de-chaussée, G floor) avec des menus spéciaux provenant de 24 restaurants différents (en savoir plus; photos d’ambiance). Et la Fête Végétarienne au Central Kad Suan Kaew, premier grand centre commercial moderne de la ville (du 8 au 18 octobre dans la zone « Tasty Factory » (étage B1). En savoir plus.

Festival Végétarien 2018 - Cover Montage

Autre centre commercial qu’on apprécie pour son architecture originale, le One Nimman organise son marché One Street Food Market avec des menus spéciaux végétariens. Une cuisine que l’on nous promet saine, fraîche, élégante et propre. Au sud de la ville, en allant vers Hang Dong (et le village de Ban Tawai où œuvrent des artisans), le nouveau centre commercial Kad Farang Village n’oublie pas de fêter l’événement du 9 au 17 octobre, de 8h30 à 20h30. Les photos nous montrent un sympathique marché. In fine, à notre connaissance, rien de particulier n’est organisé dans les deux autres centres commerciaux d’importance, le Maya du côté de Nimman et le Promenada (quoique dans ce dernier centre, quelques restaurants proposent des menus spéciaux, à l’image du Fuji, du Black Canyon ou encore de l’Amazon Coffee).

VegetarianFestival2017TVALogoToutes ces manifestations ne sont pas pour déplaire à l’Association végétarienne de Chiang Mai (TVA – Thai Vegetarian Association, สมาคมมังสวิรัติไทย สาขาเชียงใหม่).

On termine en vous incitant à vous rendre auprès des très nombreux restaurants végétariens de la Rose du Nord. Le site Luxurious Chiang Mai nous dévoile bien à propos quelques adresses où vous pourrez manger végétarien (bien que les restaurants cités ne soient bien souvent pas exclusivement végétariens). La liste date de l’année dernière mais les adresses restent d’actualité. Happy Cow répertorie quant à lui plus de 100 adresses. Même travail de bénédictin pour Chiang Mai Vegetarian et sa carte interactive Google. Ajoutons à cela le guide ô combien complet d’une blogueuse nommée Dee et habitant Chiang Mai, Vegan and Vegetarian in Chiang Mai. Les mordus pourront s’abonner au groupe Facebook Vegetarian & Vegan Chiang Mai.

Laissez-nous mettre en avant quatre adresses ici à Chiang Mai. La première Fuang Vegetarian, est un coup de cœur que nous avons eu il y a déjà 5 ans. Il s’agit d’un restaurant végétarien fort apprécié et aux prix modérés (transféré maintenant dans le centre historique), géré par un couple charmant. Ouvert de 10h30 à 19h, il ferme le dimanche. Le Moreganic évolue, lui, dans un autre registre, celui de la gastronomie, ici végétarienne et végétalienne. C’est donc le restaurant gastronomique d’un nouveau complexe au centre-ville qui se définit comme une « retraite végétarienne », l’Away Thapae. Away est une petite chaîne d’hôtels de qualité (site web et page Facebook); vous pouvez le réserver sans autres directement sur Booking.com. Et une mention particulière pour les restaurants Oh Ka Jhu (สวนผัก โอ้กะจู๋ en thaï), eux qui affirment ne servir que de la nourriture biologique (bio se dit organic en anglais) : des menus spéciaux sont proposés du 4 au 31 octobre. Et ils sont appétissants (comme leurs plats sont consistants). De quoi garder le plus beau des souvenirs de votre séjour dans la Rose du Nord.

Shojin Cuisine Four Seasons CoverLe Four Seasons Chiang Mai est une des perles hôtelières de la région; il faut cependant y mettre le prix ! Il organise régulièrement des événements de qualité. Et ce sera le cas cette année durant la période du festival végétarien : rejoignez Maître Toshio Tanahashi, l’un des plus grands experts japonais du shôjin ryôri – la « cuisine de la dévotion » – l’art végétarien de la cuisine des temples bouddhistes. Cours de cuisine avec le maître les 10 et 11 octobre, repas de 5 plats les 12 et 13 octobre, cuisine shôjin durant le brunch dominical du 14 octobre. Empruntez le chemin du bien-être à travers cette cuisine japonaise méditative. En savoir plus.

Et enfin si vous recherchez des produits végétariens et vegan, la nouvelle boutique Vego, sise à Chang Phuak, au nord du « carré », saura vous satisfaire.

… et en Thaïlande

L’agence de voyage The Expique nous livre le programme des festivités à Bangkok, en nous distillant ses conseils utiles (tout est en anglais).

Quant à la TAT – l’Office du tourisme thaïlandais, elle nous donne quelques intéressantes explications que nous reproduisons ci-dessous :

Tradition surtout suivie par les communautés sino-thaïes, le festival végétarien est destiné à purifier le corps et l’esprit. Il dure 9 jours, les premiers jours du neuvième mois lunaire, durant lesquels les pratiquants doivent s’habiller de blanc, méditer, ne manger aucune nourriture d’origine animale et s’astreindre à un comportement exemplaire (pas d’alcool, de sexe, de tabac et de mauvaises pensées). Les visiteurs sont les bienvenus et l’ambiance est généralement très chaleureuse dans les Saljao (temples chinois). Si les célébrations et festivités sont très marquées à Bangkok (Yaowarat Road), Samut Sakhon, Chon Buri (Sawang Boriboon Foundation, Na Klua district), Nakhon Ratchasima (Korat), Chumphon, Hat Yai (Tong Sia Siang Tueng Park), Krabi, Trang et Phang Nga, c’est à Phuket, où il est né, qu’elles sont les plus spectaculaires. Des rituels sacrés sont accomplis lors de défilés impressionnants : insertion d’objets tranchants et pointus sur différentes parties du corps et du visage, marches pieds nus sur des charbons ardents… Ames sensibles s’abstenir. Le premier festival s’est déroulé en 1825 lorsque, d’après la légende, les membres d’une troupe d’opéra originaire de Chine, alors en tournée sur l’île, tombèrent gravement malades et furent guéris après avoir suivi un régime spécial.

Si vous vous trouvez en Thaïlande durant le festival, profitez-en pour vous plonger dans l’ambiance unique qu’offrent les quartiers chinois. Les guides Evaneos nous livre quelques conseils pour manger végétarien en Thaïlande. Et pourquoi ne pas appliquer l’un des huit préceptes, au minimum de s’abstenir de consommer de la viande ? N’hésitez pas à accepter le repas végétarien qui vous sera offert par la communauté. Vous pouvez également profiter des joies de la cuisine thaïlandaise en suivant un cours de cuisine thaïe et optant pour des menus végétariens (il y a même un cours en français ici à Chiang Mai !) ou en apprenant à sculpter fruits et légumes !

Festival Végétarien 2018 - Livre 1On ne résiste pas à partager  10 recettes de plats végétariens que vous trouverez dans ces divers endroits (bien que le tout soit en langue thaïlandaise, merci Wongnai). Comprenant votre frustration à ne pas pouvoir réaliser ces recettes en version originale, on vous aide un brin car qui dit végétarien pense cuisine. Et qui pense cuisine tombe immanquablement sur la cuisine thaïlandaise !  Or, le plat emblématique de la Thaïlande – ou du moins ce que les touristes pensent être le plat emblématique de la Thaïlande – peut sans autres être apprêté à la sauce végétarienne. On parle bien entendu du fameux pad thaï. Du pad thaï végétarien ? Fanny nous le prouve en nous dévoilant la recette du pad thaï végétarien selon la chef thaïlandaise An.

Chef Simon qui milite pour une cuisine engagée, savoureuse et libre, a depuis longtemps décidé de quitter les chemins du formalisme culinaire. Découvrez ses originales recettes de cuisine thaï. Autres recettes végétariennes thaïlandaises proposées par Délices du Monde.

Festival Végétarien 2018 - Livre 2LIVRES. Il en va de la cuisine comme des religions : il y a plusieurs bibles ! Qui de l’Encyclopédie de la cuisine végétarienne ou du Petit Larousse Végétarien professe la parole de la divine cuisine végétarienne ? On vous laisse juger ! Les Nuls, quant à eux, choisiront l’ouvrage Être végétarien. Notez que nous n’avons pas trouvé de livre en français axé sur la cuisine thaïlandaise spécifiquement végétarienne. Qu’à cela ne tienne ! Vous aurez plaisir à cuisiner avec les 1001 recettes éditées par Solar. On vous rassure, la cuisine végétarienne, c’est Super facile, voire simplissime, même au quotidien. Et les recettes peuvent être gourmandes, la preuve avec Super Légumes. Et parce que les végétariens aussi ont le droit d’être gourmands, retrouvez la sélection des meilleurs recettes 100% veggie du 1er site de cuisine en France, Marmiton – Végétarien et gourmand ! À vos popotes 😄

N’oublions cependant pas que la reine des cuisines végétariennes est la Cuisine indienne, quoique celle du Moyen-Orient se défende ! Plus radicale que la cuisine végétarienne, il y a la Cuisine vegan super facile. Et si comme nous vous aspirez au végétarisme sans l’appliquer au quotidien, voilà un livre de recettes qui aborde le sujet avec pragmatisme : Presque végétarien: Moins de viande, plus de légumes. Un livre de cuisine familiale signé Marabout.


Végétarisme à la thaïlandaise

Grâce aux infographies du site Chiang Mai News (เชียงใหม่นิวส์ que nous remercions ici), apprenez-en plus sur le végétarisme appliqué durant les 9 jours du Festival Végétarien.

Festival Végétarien 2018 - Chiangmai News Line Montage 1

On vous souhaite de profiter d’un excellent Festival Végétarien qui aura lieu du 9 au 17 octobre 2018 cette année. Pourquoi donc manger végétarien ?

  1. C’est meilleur pour votre santé.
  2. Cela améliore votre tranquillité d’esprit, votre quiétude.
  3. Vos mérites n’en sont qu’augmentés.

Les interdits durant ces 9 jours : évitez la consommation de viande, de lait et de beurre (d’origine animale), de nourriture épicée, d’ail, d’oignon et d’épices, d’alcool.

Il est demandé de ne pas utiliser des ustensiles touchés par des personnes ne respectant pas les principes de cette fête, de faire des mérites (au temple), de s’habiller en blanc et de méditer. Ce n’est pas précisé ici mais l’abstinence en matière sexuelle est également prônée.

Festival Végétarien 2018 - Chiangmai News Line Montage 2

Le premier tableau récapitule 10 menus végétariens parmi les plus appréciés : 1. Lab Jay (un émincé de légume, avec du tofu), 2. Tue Ka Ko (des galettes de taro ou haricots noirs), 3. Tao Hu Thod (du tofu frit), 4. Pad Prik King Prothin Krob Jay  (des protéines végétales croustillantes trempées dans une sauce au gingembre), 5. Moo Sa Tay Jay (des brochettes végétarienne « de porc »), 6. Tom Jap Chai (soupe végétarienne chinoise), 7. Kra Prao Pla Jay (« poisson » végétarien braisé dans une soupe brune), 8. Pad Mee Jay (nouilles de riz chinoises sautées), 9. Pad Krapow Jay (du tofu sauté au basilic) et 10. Rad Na Jay (vermicelles de riz à la sauce épaisse).

Vous avez ensuite la liste de 9 produits contenant beaucoup de protéines : 1. Le soja et le tofu, 2. Le lait de soja, 3. Les protéines végétales texturées, 4. Les noix et autres fruits à coque, de même que le beurre qu’on en tire, 5. Le sésame, 6. Les pois et petits pois, 7. Les haricot, 8. Les edamames (qui sont une préparation de fèves immatures de soja) et enfin 9. Les légumes verts.

Et l’on termine par quelques conseils (qui sont de nature à maintenir votre ligne) :

  1. Privilégiez les légumes à feuilles vertes et bannissez les légumes-racines.
  2. Optez pour le riz brun.
  3. Diminuez votre consommation de sucre.
  4. Evitez la malbouffe après avoir consommé de la nourriture végétarienne !
  5. Préférez une cuisson à la vapeur, bouillie ou à l’étouffée.

Voilà, vous avez toutes les armes pour bien réussir votre période végétarienne, qu’elle dure 9 jours, 9 ans ou toute votre vie.


Et l’on se quitte avec la vidéo du journal thaïlandais Kapook en lien avec cet événement. Non sans vous rappeler que nous nous trouvons en ce moment-même dans le Khao Pansa (ou Phansa; en thaïlandais เข้าพรรษา), une période qu’on appellera, par facilité, le carême bouddhiste (mais qui n’en est pas un). Saison de retrait pour les moines, qui doivent rester aux abords de leur temple, se consacrant davantage à l’étude, la méditation et l’éducation des novices (cf. notre article sur Khao Pansa). On en sort bientôt et nous ne manquerons pas de vous parler des festivités qui y sont liées.

 Bon appétit à vous tous, sans viande évidemment, au moins jusqu’au 17 octobre !

#ChiangMai #VegetarianFestival #végétarien #veggie #Warorot #JFestival #JayFestival #Phuket #Bangkok #FestivalVégétarien


¹ Celles et ceux qui s’intéressent à la religion taoïste liront avec intérêt l’article de Vincent Goossaert et Fang Ling paru dans la revue Perspectives Chinoises, Temples et taoïstes en Chine urbaine depuis 1980. Un article qui explore les rapports complexes entre les divers types de temples, les groupes dévots qui les visitent et le clergé taoïste.

Source de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News. Source rédactionnelle : Chiang Mai Best (traduction libre). Mise à jour le 13.10.2018.

Nouveau à Bangkok ! Tour de ville en bus « Hop-on Hop-off »

Découvrez Bangkok de manière différente, au rythme de vos envies. Après moult villes de par le monde, Bangkok propose enfin son tour de ville en bus ! La course inaugurale a lieu ce dimanche 7 octobre 2018 avec en point de mire la desserte du quartier historique. Rejoignez aisément les plus beaux sites touristiques à votre rythme puisqu’il s’agit d’une offre « hop-on hop-off »¹. Comme à notre habitude, on vous dit tout sur ce nouveau service touristique.

TAT Photograph Section Photo Montage

© Facebook – TAT Photograph Section (1 & 2)

Bien que les bus à impériale soient une invention française du XIXe siècle, ce n’est qu’en 1951 qu’est né à Londres le concept de tour de ville en bus (City Sightseeing en est d’ailleurs devenu le plus grand opérateur au monde, offrant ses services dans beaucoup de villes). Fort étonnamment, Krung Thep en était dépourvu jusqu’à ce jour (Krung Thep, c’est comme cela que les Thaïlandais nommes Bangkok). C’est donc là un service qui ravira les touristes de passage dans la capitale du royaume de Thaïlande.

« Hop On Hop Off » par Giants City Tour

Hop-On Hop-Off Logo Giants City TourOn considère le périmètre du quartier historique de Phra Nakhon (เขต พระนคร),  incluant l’île Rattanakosin et le Palais Royal de Bangkok, comme le centre-ville de cette mégalopole. Il faut bien l’avouer, sa desserte par les transports publics n’est pas idéale puisque ni le métro aérien BTS ni le métro souterrain MRT n’y arrivent ! C’est lorsque vous visitez cette partie de la ville que vous êtes bien souvent amené à emprunter un des fameux tuk-tuk (dont la mauvaise réputation des chauffeurs est tenace) ou bien encore une navette fluviale de la compagnie Chao Phraya Express Boat (ce que vous devez impérativement effectuer afin de vous imprégner de la ville). A moins que vous n’ayez opté pour un des fort nombreux taxis.

C’est dire que la nouvelle offre proposée par la compagnie Giants City Tour à travers son service « Hop On Hop Off » nous semble touristiquement alléchante (ce sont cinq camarades de classe amoureux de leur ville et ayant voyagé qui sont à l’origine de cette réalisation). Ce bus touristique vous permet de monter et descendre à votre gré aux arrêts qui vous intéressent. Vous avez juste à descendre du bus lorsque quelque chose attire votre attention et reprendre le suivant dès que vous le souhaitez. Jugez donc plutôt à travers cette carte qui résume à merveille le service proposé :

Giants City Tour - Hop on Hopp off Bangkok - Carte


Les 15 arrêts du tour de ville

Modernes et climatisés, ce ne sont point des bus à impériale qui sont proposés ici (après tout, un bus à deux étages décapoté n’est pas le moyen de transport le plus adapté aux fortes chaleurs de la Cité des Anges).

Hop-On Hop-Off Photo Montage 1

Passons en revue les 15 arrêts stratégiquement situés qui jalonnent le parcours.

  1. SIAM PARAGON. Le départ se fait à la sortie no 5 de l’arrêt « Siam » du BTS (le métro aérien, code CEN, ligne vert clair). C’est le cœur des immenses centres commerciaux que sont Siam Paragon, Siam Center et Siam Discovery, là-même où se trouve le grand aquarium SeaLife Ocean World. Ou encore le temple bouddhiste Wat Pathum, enserré entre les deux centres commerciaux Siam Paragon et CentralWorld. Le sanctuaire hindou d’Erawan est mentionné mais il se trouve plus proche de l’arrêt Chit Lom, à l’est. De même pour la maison de Jim Thomson (transformée en un musée qu’il faut impérativement visiter), à l’ouest, et qui, elle, est presque au pied de l’arrêt BTS National Stadium, tout comme le centre commercial MBK et le BACC – Bangkok Art and Culture Centre que les esthètes – dont nous faisons partie – apprécient.
  2. HUA LAMPHONG. C’est la gare centrale emblématique de Bangkok – elle est centenaire ! Un bâtiment qui sera transformé en musée. En marchant vers le fleuve Chao Phraya vous rejoindrez un chouette quartier, Talad Noi, bastion des ferrailleurs, et pourrez y admirer l’Église du Saint-Rosaire.
  3. CHINATOWN. C’est le quartier chinois, l’un des plus anciens au monde, et il y a de quoi fouiner ! Entre autres visites indispensables : la rue Yaowarat et ses commerces typiquement chinois, de même que le temple du Bouddha d’or (Wat Traimit) qui abrite une statue en or massif de 5,5 tonnes, à la valeur inestimable aux yeux des Thaïlandais.
  4. LITTLE INDIA. C’est là qu’est installée la communauté indienne, principalement des Sikhs. Elle y anime un marché où la soie et le coton sont recherchés. A voir également le temple hindou Gurdwara Siri Guru Singh Sabha.
  5. CHAO PHRAYA RIVER WALK. La statue du roi Rama Ier trône dans un parc public au bord du fleuve Chao Phraya où vous pouvez vous promener. C’est là également que se trouve le marché aux fleurs Pak Khlong.
  6. MUSEUM SIAM, WAT PHO & WAT PHRA KAEO. Vous êtes là dans l’épicentre touristique de Bangkok : le musée Siam mais surtout le Palais Royal, le Wat Phra Kaeo (où repose le Bouddha d’Émeraude) et le Wat Pho avec son grand Bouddha couché et son école de massage réputée. Plus loin, l’immense place Sanam Luang et le sanctuaire du pilier protecteur de la ville. Sur la rive opposée, l’original Wat Arun, récemment rénové. Et de là, pourquoi ne pas prendre une navette fluviale et voguer vers d’autres lieux encore ?
  7. THE GIANT SWING & TIGER GOD SHRINE. L’île historique de Rattanakosin est le cœur de Bangkok (difficile cependant de se rendre compte qu’il s’agit d’une île !). Le Wat Suthat est l’un des temples les plus vieux de la ville mais c’est la balançoire géante qui retiendra sans nul doute votre attention. Autre curiosité : San Chao Pho Suea, sanctuaire du Dieu Tigre, un sanctuaire taoïste extrêmement populaire, attirant chaque jour des Thaïlandais bien au-delà de la communauté sino-thaïe.
  8. NATIONAL MUSEUM. Pléthore de musées à cet arrêt : le Musée National (qui vous propose des visites guidées), la Galerie Nationale, le Musée de la Monnaie, de même que le Théâtre National. Peu visité, le musée des barges royales se trouve sur l’autre rive. Ajoutez-y la visite d’une mosquée : que ce soit la Ban Tuk Din ou la Chakkaphong.
  9. BANG LAMPHU. Vous pourrez vous reposer au paisible parc public Santi Chai Prakan, au bord du fleuve, et admirer le fort Phra Sumen (impossible d’y entrer cependant). Ou visiter le musée historique Pipit Banglamphu qui essaie tant bien que mal de préserver la culture siamoise du quartier.
  10. KHAO SAN. On ne présente plus cette rue chère au cœur des routards du monde entier. Nous, on lui préfère le Soi Ram Buttri, la ruelle plus proche du Chao Phraya, plus ou moins piétonne. Non loin, se situent les restes des remparts de la Cité Ancienne.
  11. MARBLE TEMPLE. Il y a là le Wat Benchamabophit ou Temple de Marbre. De même que le Domaine royal de Dusit avec ses nombreux palais et lieux de pouvoir thaïlandais : entre autres, le palais Chitralada où résidait feu Bhumibol le Grand, Rama IX, la résidence Vimanmek, superbe palais en teck (que vous pouvez visiter avec le même billet que le Palais Royal) et la statue de Rama V à cheval, juste à côté du zoo.
  12. RATCHADAMNOEN BOXING STADIUM. C’est le temple de la muay thai, la fameuse boxe thaïlandaise. Ne manquez pas de vous sustenter au pittoresque marché Nang Loeng, loin des hordes touristiques.
  13. THE GOLDEN MOUNT. Le chedi doré du Wat Saket trône sur une colline artificielle de 75 m, d’où son surnom de Temple de la Montagne d’Or. Plus à l’ouest se trouve le Monument de la Démocratie – conçu par l’italien Corrado Feroci, père de l’art moderne thaïlandai. Et entre les deux, l’école bouddhiste de l’élégant temple Ratchanadda.
  14. CHULALONGKORN UNIVERSITY CENTENARY PARK. Le centenaire de l’université de Chulalongkorn a été marqué par la création d’un superbe parc verdoyant. Terminé en 2017, nous ne pouvons que vous conseiller de vous y prélasser. Juste à côté, le marché de Sam Yan est réputé pour ses fruits tropicaux, ses produits frais et ses épices. A moins que vous ne préfériez l’architecture originale de deux centres commerciaux proches : I’m Park et Suanluang Square.
  15. PATPONG & SILOM. Sulfureuse est la réputation de Pat Pong ! Et dite réputation ne provient pas de son marché nocturne puisque c’est un des quartiers chauds de la capitale ! Tout près, à Silom – animé également par un marché nocturne – le temple Wat Khaek est bien différent des autres temples; il s’agit en fait du Wat Sri Maha Uma Devi, un lieu de culte hindou. Dans les parages, l’institut en mémoire de la Reine Saovabha a pour mission de mener des recherches sur le venin des serpents (des spectacles y sont donnés, Snake Farm). C’est le dernière arrêt du tour de ville, étape qui comprend le parc Lumpini, une surface verte de 58 hectares, au cœur aujourd’hui du principal quartier des affaires (la statue du roi Rama VI se trouve dans le coin sud-ouest du parc).

Hop-On Hop-Off Photo Montage 2


Booking.com - Bangkok Quartier Historique

Top 9 des incontournables de Bangkok

Vous l’avez compris, vous montez à bord (et descendez) librement quand bon vous semble, en fonction de vos intérêts. En plus des attractions proches des 15 arrêts du parcours, la société gérant le tour de ville « Hop On Hop Off » vous propose son Top 9 des visites incontournable de Bangkok :

  • Le Top 9 des spots pour réaliser les plus belles photos
  • Le Top 9 des temples bouddhistes
  • Le Top 9 des visites architecturales
  • Le Top 9 des musées de la ville
  • Le Top 9 de la street food et des marchands ambulants
  • Le Top 9 des visites à faire en famille (les enfants vont adorer)
  • Le Top 9 des marchés locaux
  • Le Top 9 des centres commerciaux

Et en cadeau-bonus :

  • Le Top 5 des spectacles à voir
  • Le Top 5 des communautés et quartiers à visiter

Tous ces bons conseils se trouvent sur cette page (mais il vous faudra un effort pour rechercher dites adresses).

Hop-On Hop-Off Giants City Tour Bus


Avantages et services

L’offre du tour de ville historique de Bangkok en bus « Hop On Hop Off » proposée par la société Giants City Tour se veut

  • FLEXIBLE : c’est à votre guise que vous montez à bord et descendez du bus. Une application mobile devrait prochainement vous indiquer en temps réel où donc se trouvent les bus.
  • INTÉRESSANTE : le parcours proposé comprend nombre des visites incontournables de la capitale, que ce soit des temples, des monuments historiques, des palais, des musées, des parcs, des centres commerciaux ou encore des rues animées où la street food est reine. Une carte géographique vous est remise à bord.
  • INSTRUCTIVE : à l’intérieur du bus, des guides-audio (gérés par GPS) vous renseignent (pour l’heure, en langue anglaise et chinoise seulement).

Départ de Siam Paragon toutes les heures de 8h30 à 16h (arrivée au même arrêt 2 à 3 heures plus tard, soit à 19h au maximum). En fonction de la circulation, la durée totale du trajet est estimée entre 2h et 3h (sans s’arrêter donc). Avouons que ces horaires nous semblent un brin restreints, sans parler de la cadence rachitique. À voir à l’usage… Bon point : le Wi-Fi à bord est compris, gratuitement obvie.

Rappelons que les bus à impériale sont peu adaptés au climat chaud et humide de Bangkok. Qui plus est, ils sont pour l’heure interdits par la loi en Thaïlande et ce pour des questions de sécurité. Les bus « Hop On Hop Off » sont néanmoins des bus confortables, modernes et  climatisés, à vitrage haut (non teint) afin de vous faire profiter de la plus belle vue possible. On attend les premiers avis sur ce nouveau service.


Hop-On Hop-Off Ticket Montage

Tarif et achat du billet

Faites le choix entre 3 tickets différents (seule la durée de leur validité diffère) :

  • TICKET STANDARD à THB 850.- (THB 450.- pour les enfants). Valable 24 heures.
  • TICKET PREMIUM à THB 1’150.- (THB 600.- pour les enfants). Valable 48 heures.
  • TICKET DELUXE à THB 1’350.- (THB 700.- pour les enfants). Valable 72 heures.

Quelle que soit la variante choisie, chaque ticket vous donne droit à un accès illimité depuis tous les arrêts, à un guide-audio multilingue (anglais et chinois pour l’heure) et à des écouteurs. Le tarif enfant est appliqué de 4 à 12 ans (ou alors de 115 cm à 150 cm, les enfants de moins de 4 ans ou plus petits que 1m15 ne paient rien).

Les billets peuvent sans autres s’acheter sur place, à l’intérieur du bus (en espèces – seuls les bahts sont acceptés – ou à travers les principales cartes de crédit mais pas toutes). Pour celles et ceux qui souhaitent acquérir leur billet à l’avance, nous ne connaissons pas encore les points de vente externes exacts mais la société conseille de poser la question à la réception de votre hôtel. Un service de vente en ligne sera bientôt fonctionnel. Quoi qu’il en soit, vous trouverez plus d’informations au point de départ, la sortie no 5 de l’arrêt « Siam » du métro aérien (BTS ligne vert clair), ici, où un service est assuré de 8h30 à 19h.

« HOP ON HOP OFF » PAR GIANTS CITY TOUR SUR LE NET

Site web / Page Facebook / Line : GiantsCityTour
Twitter, Instagram, Google+ et YouTube ne sont pas encore fonctionnels…

Service à la clientèle (de 9h à 19h) :
– Téléphone : +66 63 228 4888 (Wechat/WhatsApp/Viber/SMS)
– Email

Adresse : Amazing Bus Tour Co.,Ltd, 136/28 M.17 Kanchanapisek Road, Salathammasop Taweewattana, Bangkok 10170, Thailand


Booking.com - Bangkok Quartier Historique

Inauguration. 1er trajet nocturne le 7 octobre

C’est ce dimanche 7 octobre 2018 qu’est lancé officiellement ce service avec une course spéciale de nuit. Départ à 23h (événement FB) ! On souhaite plein succès à cette heureuse initiative. Et l’on confirme son lancement officiel (nous avons contacté l’entreprise lundi 8 octobre au matin). À vous la découverte de l’héritage historique de Bangkok !

Il est bien entendu évident qu’il ne s’agit pas de rester dans le bus les deux ou trois heures que dure l’ensemble du trajet ! Pour profiter pleinement de cette offre touristique, il faut utiliser votre billet sur la durée totale que vous aurez choisie (24, 48 ou 72 heures). Ainsi, si vous résidez dans le quartier historique – et Khaosan Road en fait partie – vous verrez là un intérêt particulier à adhérer à cette offre, nonobstant la fin du service à 19h. Le prix nous semble le seul écueil à surmonter pour que cette offre de transport touristique devienne incontournable dans la capitale. N’hésitez pas à faire part de vos remarques dans les commentaires du présent article.

On termine ici (ou presque) en vous signalant encore l’existence d’un service identique de prise en charge libre (same same but different) assuré par des… tuk-tuk ! Le service prend tout son sens avec l’application mobile idoine, Tuk Tuk Hop (iOS/Android). Jetez donc un œil par ici : site web, page Facebook et YouTube.


Et si l’audio-guide ne devait pas vous suffire…

Puisque l’on parle de Bangkok, profitons-en pour vous rappeler qu’il existe d’excellents guides papier dédiés à la capitale siamoise. Au cas où vous ne vous contenteriez pas de l’audio-guide… Petit tour d’horizon :

  • Lonely Planet – Bangkok en quelques jours. Ceux qui ne font que transiter par la capitale – et donc qui ignoreront la Perle du Nord – pourront se tourner vers ce guide de poche Lonely Planet, un éditeur fort apprécié : il contient tout ce qu’il faut savoir pour réussir son séjour citadin. Cerise sur le gâteau, il s’agit d’une édition récente (septembre 2018).
  • Guide du Routard – Bangkok. Le Routard a lui aussi publié sa version allégée du guide sur la Thaïlande, uniquement consacré à Bangkok donc. Mais peu de lecteur apprécient cette version.
  • Thaïlande – Bangkok et le Sud. La collection GéoGuide mérite le détour. Comme beaucoup de vacanciers arrivent à Bangkok puis « descendent » vers le sud balnéaire, voilà un guide bien à-propos. Il sent encore l’impression, n’étant sorti que le 4 octobre dernier.
  • Bangkok. Louis Vuitton publie son propre city guide. On ne sait cependant pas si le contenu vaut les € 30.- demandés…

Il peut être intéressant d’opter pour des guides alternatifs, à l’image de ceux-ci :

  • Bangkok – Itinéraires. Un guide richement illustré (plus de 120 photos) composé de trois parties distinctes : la première propose un large éventail de thématiques et permet une navigation par centres d’intérêt. La seconde, plus classique, découpe la ville en huit zones pour une découverte au fil des quartiers. Et enfin la troisième partie qui présente une dizaine d’escapades dans un rayon de 200 km autour de la mégalopole.
  • Bangkok – L’essentiel. C’est là une mine de bons plans ! Normal, cette collection de guides de voyage met en avant des auteurs locaux, pour une approche plus humaine et authentique des destinations. Et il se trouve que non seulement l’auteure est Thaïlandaise mais qu’elle vit et travaille à Bangkok. Elle anime aussi un blog, Lini’s Choice (mais il y a longtemps qu’elle ne l’a plus alimenté, la faute à la maternité ?).

Ou encore des cartes géographiques (certaines sont de petits guides intégrés) :Livre Cartoville Bangkok

  • Cartoville Bangkok. En version poche, cette carte, en français, se révèle bien pratique (sans toutefois pouvoir remplacer un véritable guide).
  • Bangkok City Map. Une carte géographique peut toujours être utile. Celle-ci est en anglais et le sérieux de l’éditeur – Lonely Planet – est gage de qualité.

Isabelle Massieu est une exploratrice française morte en 1932. Découvrez Une Visite à Bangkok, son court récit de ce qu’on appelait au siècle dernier la Venise de l’Extrême-Orient. Et pour terminer, Bangkok Extérieur Nuit – Guide de la nuit 2018. On dit que la Cité des Anges ne dort jamais… Voilà un guide très apprécié, qui paraîtra sulfureux aux âmes sensibles. Beaucoup de conseils pratiques et, bien entendu, un répertoire des adresses de la nuit, connues et moins connues.

12Go Asia Bus Thaïlande

Et à Bangkok, on vous rappelle que vous pouvez effectuer des visites en lien avec l’érotisme ou bien encore avec l’art moderne introduit par un Italien. Chiang Mai – puisque nous nous y trouvons – ne connaît pas encore ce concept de tour de ville mais un service similaire est tout de même proposé. On vous en reparle tantôt…

Booking.com - Bangkok Quartier Historique


¹ Hop-on peut se traduire par monter à bord; et donc hop-off par descendre.

S’agissant d’un article pratique, les données peuvent varier au fil du temps (prix, horaires, service…). N’hésitez pas à nous signaler toute modification en laissant un commentaire. Merci.

Source de l’image à la Une : © Pixabay. Sources des images de l’article, sauf mention contraire : © Giants City Tour (Amazing Bus Tour Co.,Ltd). Mise à jour le 13.10.2018

Érotisme. Lorsque la presse francophone en Thaïlande se dévergonde !

Vague de chaleur cet été dans la presse francophone en Thaïlande ! Kohlidays, le guide de Koh¹ Samui, a-t-il agi pertinemment ? Car en publiant son dossier intitulé Sexe à Koh Samui : on vous dit tout !, il a mis le feu aux poudres ! Et c’est peu dire… Deux mois plus tard, en juin, Le Petit Journal, dans son édition siamoise, y est également allé de son article sur l’art érotique dans toutes ses positions. Tout un programme ! Et c’était sans compter sur l’ancêtre des magazines francophones, Gavroche, qui, dans son édition de juin, consacrait un long article à la nouvelle vague érotique au Siam… Nous oubliions dans cette recension le plus récent des magazines francophones, Latitudes ! Dans son édition estivale, il s’est rendu au Jardin Érotique de Chiang Mai… Le démon de midi a-t-il frappé les rédactions francophones ici en Thaïlande ? On fait le point.

Kohlidays – Dossier Sexe à Koh Samui : on vous dit tout!

Kohlidays Logo FBCelles et ceux qui connaissent les Guides Kohlidays savent que c’est là une importante source d’informations pratiques, en français qui plus est, sur cette île du golfe de Thaïlande. Ils avaient été parmi les premiers à croire en l’iPad et nous nous souvenons d’avoir naguère fort apprécié leur application pionnière. Que ce soit pour préparer votre voyage ou pour profiter des loisirs une fois sur place, Kohlidays vous apporte moult informations. La société exerce également comme agence immobilière et agence de voyage. Son dynamisme se reflète dans l’animation de sa page Facebook. Le blog est lui aussi des plus actifs; il compte plus de 300 articles pour le plaisir de découvrir la vie locale.

Et c’est justement ce canal qui a défrayé la chronique ! L’article s’intitule Sexe à Koh Samui : on vous dit tout ! Avec comme premier titre L’île de tous les possibles. Avouons que cela est aguichant, comme le sont les demoiselles illustrant l’article.

Kohlidays Photo FB

© Facebook – Kohlidays

Les mœurs thaïlandaises sont très particulières et parfois contradictoires. Vues au travers du prisme de la morale judéo-chrétienne occidentale, elles peuvent apparaître, parfois, comme libertines et immorales. La sexualité des Thaïs (bien qu’extrêmement pudiques et réservés) répond à de nombreux paradoxes, mais aussi à toutes sortes de valeurs et d’interdits issus, entre autre, du bouddhisme, et régie par des règles traditionnelles d’une société particulièrement hiérarchisée. Il n’en reste pas moins que le Pays du Sourire, pour une multitude de voyageurs, demeure le fief du tourisme sexuel. Grave erreur ! En effet, il serait particulièrement réducteur de résumer le Royaume à cette image galvaudée, rapportée par des reportages racoleurs et des vacanciers à l’affût de plaisirs charnels. A cet effet, notre dossier se veut à la fois exempt de tout moralisme et jugement. Nous proposons juste un Etat des Lieux de la vie nocturne et ses plaisirs sur Koh Samui. Bonne lecture.
C’est là la note introductive au sulfureux dossier de Kohlidays

Koh Samui est une destination familiale prisée – à juste titre. Mais l’île est aussi connue pour sa vie nocturne. Et Kohlidays dévoile ses deux quartiers chauds en donnant les adresses des bars, pubs, discothèques, beach clubs, cabarets, go go bars et autres salons de massage. De quoi ravir tous celles et ceux qui sont à la recherche d’un moment sensuel, d’un amour de vacances ou d’une relation longue durée…

Des cris d’orfraie ont été poussés par les bien-pensants (lisez donc les commentaires de la publication Facebook). Il faut dire que le ton de l’article est léger, sans répandre une quelconque culpabilité vis-à-vis des consommateurs de plaisirs charnels. Parangon du sexe tarifé ! Et qu’en plus y sont indiqués non seulement des prix indicatifs mais également les mœurs de ces endroits de luxure (de débauche, écriront d’autres). Kohlidays précise encore que quoiqu’il en soit, toutes [les prostituées] méritent le respect et l’attention qui leur sont dus.

Il va de soi que la rédaction était consciente du potentiel explosif du sujet puisqu’une note concluait son dossier : Encore une fois, il s’agit d’un Etat des Lieux de la Vie Nocturne et ses distractions sur Koh Samui. En tant que principal Guide sur l’île, nous nous devons d’apporter un maximum de renseignements sur le sujet, au même titre que nous le faisons régulièrement pour d’autres thèmes dans le but d’informer nos lecteurs qui souhaiteraient, un jour, séjourner ici. Face à la véhémence des réactions, la rédaction de Kohlidays a publié une mise au point sur sa ligne éditoriale. On vous laisse juge et vous faire votre propre opinion.

Poohers - Logo FBDe notre côté, sans du tout condamner cette publication, nous regrettons cependant que l’auteur de l’article n’ait pipé mot des dégâts psychologiques que cause le sexe tarifé. Qui sont certes moindres ici en Thaïlande mais bien présents tout de même (la prostitution thaïlandaise a ceci de particulier que les personnes qui s’y adonnent le font durant une durée moyenne bien moindre que la plupart des prostitué(e)s dans le monde). Ainsi, afin d’apporter un maximum de renseignements sur le sujet, il eut été intéressant de mentionner le travail des nombreuses ONG – thaïlandaises comme internationales – qui défendent les droits des travailleurs et travailleuses du sexe. On vous a par exemple déjà parlé du Can Do Bar ici à Chiang Mai, un lieu qui offre aux jeunes filles prostituées la possibilité de s’émanciper à travers des programmes d’empowerment. Ces associations réclament depuis longtemps la dépénalisation de la prostitution en Thaïlande. Changement de loi qui permettrait de mieux défendre les victimes de ce marché colossal. Un marché où certains opportunistes s’engouffrent. Ainsi, Poohers, site de réservation pour les établissements adultes, recherchent des représentants en Thaïlande…

Kohlidays sur le net
Site webBlogPage Facebook
Article Sexe à Koh Samui : on vous dit tout ! (sa publication Facebook).
Mise au point de la rédaction de Kohlidays suite aux réactions suscitées.


Maison Close - Photos Montage

© Facebook – Maison Close BKK

Le Petit Journal – […] l’art érotique dans toutes ses positions

Le Petit Journal Bangkok Logo FBSous un titre aguicheur – Maison Close expose l’art érotique dans toutes ses positions – Le Petit Journal (édition de Bangkok, qui n’est qu’électronique) évolue sur un registre bien différent, celui de l’art, l’art érotique. Maison Close BKK. Le nom est français, le propriétaire aussi mais les œuvres exposées proviennent principalement d’artistes thaïlandais. A la fois musée, galerie d’art, bar et studio de tatouage, c’est un lieu où se côtoie religion, enfer, mort et amour…

Maison Close est un lieu unique et hybride de Bangkok. Stephen Bessac, un Français à l’origine du concept, invite à franchir la porte d’un univers habituellement caché dans lequel l’art érotique s’expose, enivre le visiteur et jette une encre nouvelle dans le quartier de Bang Rak.
Lisez la suite de l’article ci-dessous.

Maison Close BKK se veut devenir un lieu incontournable de la culture underground de Bangkok. L’établissement organise régulièrement des événements. On vous invite à y faire un saut lors de votre prochain passage à Krung Thep (c’est comme cela que les Thaïlandais appellent la ville). Bang Rak est un quartier qui se situe au sud du centre historique, non loin du fleuve Chao Phraya. Excellente occasion de visiter trois autres sites muséaux méconnus de Bangkok : le TCDC – Thailand Creative & Design Center, fer de lance du design siamois (qui dispose d’une filiale ici à Chiang Mai), le Bangkokian Museum et enfin l’Institut de l’art islamique thaïlandais. C’est là un quatuor de musées qui agrémentera votre visite de Bangkok.

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© Facebook

Le Petit Journal a également évoqué dans ce post une exposition éphémère de Myrtille Tibayrenc, agitatrice du milieu de l’art contemporain en Thaïlande. Dans le cadre du festival Bangkok Biennial, l’exposition de ses peintures inspirées d’images reflétant la violence du quotidien sur internet s’est tenue dans un lieu pour le moins insolite mais ô combien approprié pour l’érotisme que véhiculent nombre d’entre-elles : les toilettes du Bangrak Bazaar à Bangkok (entrée : 3 bahts!!) ! Une trace résiduelle sous forme d’autocollants reproduisant ses œuvres y est toujours visible. Le festival a clos ses portes fin septembre mais vous pouvez retrouver l’artiste sur son site web et sa page Facebook. Comme elle habite maintenant Chiang Mai où elle a récemment migré sa galerie d’art, on vous en reparlera tantôt…

Le Petit Journal Bangkok sur le net et sur Facebook.
Article Maison Close expose l’art érotique dans toutes ses positions.

Maison Close BKK sur Facebook (emplacement; ouvert de 15h à minuit, fermé les lundi et mardi).
TCDC – Thailand Creative & Design Center sur le web et sur Facebook (emplacement; ouvert de 10h30 à 21h, fermé le lundi).
Bangkokian Museum (พิพิธภัณฑ์ชาวบางกอก) sur Facebook (emplacement; ouvert de 10h à 16h, fermé les lundi et mardi).
Institut de l’Art Islamique Thaïlandais (สถาบันศิลปะอิสลามแห่งประเทศไทย) sur Facebook (emplacement).


Gavroche – Thaïlande : la nouvelle vague érotique

Gavroche Magazine s’y colle aussi ! L’édition du mois de juin 2018 de ce vénérable magazine papier² nous emmène dans les remous érotiques thaïlandais, à la découverte des lieux et des personnages insolites de ce renouveau.

Gavroche - La nouvelle vague érotiqueOn y parle de Maison Close là aussi. Mais également de l’art du bondage japonais shibari que deux Thaïlandaises pratiquent dans la Cité des Anges. Vous y découvrirez, si vous ne le connaissez pas encore, le surprenant monde des love motel dont les Thaïlandais sont friands (nous consacrerons un jour un article complet à ce sujet axé sur les hôtels de la Rose du Nord). Ou encore l’existence du The Hidden Closet, boutique érotique de Bangkok, à Thong Lo (alors que les sex-shops ne sont pas légion au royaume) ! Là-même où se situe un autre trésor de l’art érotique, le musée Kamavijitra. Plus de 2000 objets de l’art érotique asiatique vous y attendent… Sur la même ligne du BTS – le métro aérien de Bangkok, en l’occurrence la ligne Sukhumvit, entre l’arrêt Chit Lom et l’arrêt Phloen Chit, si vous empruntez la route menant vers le canal, direction nord donc, au pied de ce qui fut le Swiss Hotel (et, encore avant, le Hilton), vous découvrirez un des lieux insolites de Bangkok, qui a tout à fait sa place dans cet article : Chao Mae Tuptim est un oratoire dédié à la déesse Tuptim. Autour d’une maison des esprits y sont déposées d’étonnantes et détonnantes offrandes : des milliers de phallus, stylisés ou des plus réalistes. Un site entièrement dévolu à la fertilité; femmes et couples viennent y faire leurs dévotions, dans l’attente d’un heureux évènement. Une singulière adresse qu’il ne faut pas hésiter à mettre à votre programme.

Le panorama que dresse le magazine comprend aussi une interview de Mme Pimpawun Boonmongkon, co-auteure de l’ouvrage Thai Sex Talk: The language of sex and sexuality in Thailand (en anglais donc). Un travail érudit sur les mots utilisés par les Thaïlandais pour parler de sexualité ou désigner des situations érotiques.

L’auteure de l’article nous rappelle qu’en Thaïlande, le désir sexuel n’est pas à aborder n’importe où, n’importe quand et avec n’importe qui. La société thaïlandaise est conformiste et pudique mais elle sait aussi réinventer ses propres codes érotiques. N’hésitez donc pas à prendre connaissance de cette intéressante enquête qui vous parle de lieux à la vitalité et à l’audace libératrices, entre sensualité, plaisir et phantasmes.

Dans le même numéro, Arnaud Dubus esquisse un tableau de la situation des membres de la communauté LGBT au royaume de Thaïlande (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Victimes de nombreuses discriminations, leur situation est bien loin du paradis imaginé par les touristes occidentaux de passage. L’article est disponible en ligne (voir ci-dessous).

Gavroche - Montage

© Facebook – Gavroche Thaïlande

Gavroche sur le net et sur Facebook. Hélas, la version papier a été abandonnée à la fin de l’année 2017, comme nous l’apprend un de nos lecteurs, Chom’s²; seule l’édition électronique subsiste. Vous pouvez vous y abonner (version pdf).
Article Thaïlande : la nouvelle vague érotique
Article Les LGBT thaïlandais au milieu du gué

Boutique érotique The Hidden Closet sur Facebook (emplacement; ouvert de midi à 23h).
Musée érotique Kamavijitra (กามาวิจิตรา) sur le net et sur Facebook (emplacement; ouvert de 10h à 18h, fermé les samedi et dimanche).
Chao Mae Tuptim (emplacement; ouvert en permanence).

Kama Vijitra - Cover FB


© Facebook – Kamavijitra


Latitudes Magazine - L'Eros du JardinLe Jardin Érotique de Chiang Mai présenté par Latitudes Magazine

Décidément, l’érotisme semble être un virus tenace, particulièrement virulent cet été. Un magazine francophone que nous apprécions, tant par la qualité d’impression que celle éditoriale (avec des articles également en anglais), s’est fendu lui aussi de son article érotique. Enfin, disons que l’article en tant que tel n’a rien d’érotique mais le sujet l’est en revanche. Latitudes Magazine revient en effet sur le Jardin Érotique de Chiang Mai (Erotic Garden). Un endroit détonant dans le paysage siamois, créé au milieu des magnifiques rizières de Mae Rim, au nord de la ville. La journaliste décrit la visite de ce lieu de tous les désirs et nous présente sa créatrice thaïlandaise.

Nous vous avions déjà parlé de cette iconoclaste attraction dans notre article consacré à la Saint Valentin ici à Chiang Mai. De notre point de vue, l’endroit mérite de figurer dans tout programme touristique de la Rose du Nord.

Latitudes Magazine sur le net, sur Facebook et sur Instagram.
Article L’Eros du jardin


Et Chiang Mai Deci-Delà de s’y mettre aussi 😆

A Kohliday les adresses de Koh Samui. A Bangkok Extérieur Nuit celle de Bangkok ! Au-delà des polémiques, nous vous avons déjà parlé d’un guide sur ce sujet ô combien sulfureux. Bangkok Extérieur Nuit: Guide de la nuit 2018. Un ouvrage récent répertoriant les adresses hot de la Cité des Anges (qui ne semblent jamais dormir…). Un guide très apprécié, qui paraîtra sulfureux aux âmes sensibles. Beaucoup de conseils pratiques et, bien entendu, un répertoire des adresses de la nuit, connues et moins connues. A moins que vous ne vous contentiez d’un poster vintageHot Sex In Bangkok.

Et puisque l’on parle d’alcôves, Chiang Mai a chaudement inspiré Joséphine Laturlutte, auteur de Girl’s band a Chiang Mai (ouvrage affublé d’un provoquant sous-titre : Folles, et mouillées, sont ces adorables Thaïlandaises). Sur un ton plus badin, elle nous livre là le récit de son troisième voyage en Thaïlande…

Il y aurait tant à écrire sur l’art érotique d’Asie, dont celui de la Thaïlande (certains temples bouddhistes cachent en leur sein des peintures érotiques sous forme de fresques murales). Nous nous y attellerons peut-être un jour… De même pour les adresses chaudes de Chiang Mai, la Rose du Nord qui peut, elle aussi, se montrer affriolante. En attendant, voici notre propre contribution polémique 😆 Malgré la pruderie affichée de ses dirigeants, Facebook vous permet de visionner d’adorables créatures siamoises. A titre d’exemple, les pages Facebook de Cup Magazine qui ont pour nom Cup C, Cup D ou encore Cup E (manque à l’appel Cup X). D’adorables créatures siamoises, nous vous disions…

Cup Photos Montage

© Facebook – Cup C/D/E

Décidément, comme l’écrivait Bernard Formoso dans son ouvrage éclairant Thaïlande : Bouddhisme renonçant, capitalisme triomphant, la Thaïlande est plus que jamais un pays idéalisé comme pôle de spiritualité [bouddhiste] et stigmatisé comme lieu de déperdition.

#Kohlidays #LePetitJournal #Gavroche #sexe #Thaïlande #prostitution


¹ Les puristes se référeront au RTGS – Système général de transcription royal thaïlandais
² Nous remercions Chom’s de nous avoir appris la fin de l’édition papier du magazine Gavroche. De même de nous avoir rendu attentifs à l’existence de l’article publié par Latitudes (lire les commentaires ci-dessous).

Photo à la Une : Donut – Cup E Mag © Facebook. Mise à jour : 10.10.2018

Loy Kratong 2018 à Chiang Mai – Le programme officiel tout frais tout chaud

Loy Kratong 2018. Nous avons toujours été réticents à divulguer rapidement le programme de la Fête des Lumières ici à Chiang Mai. Et ce, pour une excellente raison : ce programme officiel ne recouvre de loin pas toutes les activités organisées durant ce magnifique festival, le plus beau que donne à admirer la Rose du Nord. Mais vous êtes déjà plusieurs à nous avoir contactés afin de le connaître. Nous cédons donc à vos requêtes en vous divulguant ce jour le programme officiel de la Fête des Lumières 2018 à Chiang Mai (version pdf).

Programme provisoire !

Il s’agit du premier jet basé sur le programme officiel 2018 sujet à modification

Permettez cependant que l’on vous rende attentif à quelques points d’importance. Il s’agit du programme officiel et plusieurs des manifestations annexes ne sont pas mentionnées ! Au premier rang desquelles la très belle cérémonie du lâcher de lanternes par les moinillons du Wat Pan Tao. Autre lacune qui en décevra plus d’un : rien n’est dit des lâchers géants de lanternes. Nous ne promouvons en rien le grand lâcher payant organisé par le Dhammakaya du côté de Mae Joe – et vendu à  prix d’or; ce mouvement bouddhiste à tout d’une secte ! En revanche, nous savons déjà que d’autres lâchers géants seront organisés (il n’y en avait pas moins de huit l’année dernière à Chiang Mai et alentour).

MontagePhotos

© Facebook

Et bien d’autres endroits seront spécialement animés à l’occasion du Loy Kratong. On pense ici à l’Ancient House, par exemple, sise au bord de la rivière Ping; ce d’autant que cette ancienne maison Lanna vient d’être restaurée. Il y a également le River Market qui est pris d’assaut. Par ailleurs, le programme officiel ne dit rien des ateliers que vous pourrez suivre, comme par exemple celui qui avait fait grand succès l’année dernière à la Lanna Rice Barn où vous repartiez avec votre kratong fait de vos propres mains. Par ailleurs, les horaires où sont permis les lâchers de lanternes en ville ne nous sont pas encore connus. Et les restaurateurs peaufinent encore leur carte à cette occasion. In fine, comme la fête est répartie en moult endroits, une carte des diverses animations vous sera d’une grande utilité.

Mais pour réaliser tout cela, vous devez nous laisser plus de temps (car beaucoup de programmes n’ont point encore été divulgués). Notez que le présent programme officiel est susceptible de modifications de dernière minute. Nous en saurons plus après la conférence de presse officielle fixée au dimanche 4 novembre 2018, à 17h.

La féérie représentée ci-dessus en vidéo ne fait pas partie du programme officiel. Et pour cause, la fête se déroulera à Lamphun, au sud de Chiang Mai. D’autres villes proposeront une animation qui en tentera certains. Encore une raison pour patienter un brin avant d’établir votre programme définitif.

Bref, vous l’aurez compris : il vaut la peine d’attendre encore afin que vous disposiez des informations les plus complètes et les plus pertinentes. Merci de votre compréhension.

L’on vous tient bien entendu au courant, tant sur notre page Facebook que sur notre site web, quant aux activités qui seront mises sur pied à l’occasion de ce qui est sans nul doute la plus belle fête à vivre ici à Chiang Mai. Et nous devrions à nouveau, comme chaque année maintenant, vous résumer tout cela dans un article des plus complets (voilà ce que nous avions composé pour l’édition 2017, l’année dernière donc). A retenir cette année 2018 : soirée culturelle avec une superbe danse Lanna le mardi 20, la cérémonie officielle le lendemain, mercredi 21, et la grande parade dans la soirée du vendredi 23 novembre. Avec deux feux d’artifice ce même soir.

On vous souhaite bien sûr la plus belle des Fêtes des Lumières (Loy Kratong) et celles couplées des Lanternes (Yi Ping) cette année 2018 ! Et vous conseille vivement de réserver votre hôtel à l’avance si vous êtes exigeant(e) ou si votre intention est de dormir dans votre hébergement préféré. À titre d’exemple, notre partenaire, le très apprécié Swiss-Lanna Lodge (site web et page Facebook), est déjà plein le 22 novembre et les disponibilités durant cette période – s’agissant d’un pic touristique saisonnier – se réduisent comme peau de chagrin.

Booking.com - Chiang Mai

Lien du programme officiel reproduit, tant en langue thaï qu’en anglais.


Source photographique de l’image à la Une : © kkday – Shutterstock
Mise à jour le 14.10.2018

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Salak Yom, l’un des plus beaux festivals de Lamphun

Avec le Festival des Lumières (Loy Kratong, célébré simultanément avec le celui des Lanternes, Yi Peng), le Festival du Longane (Lam Yai) et le Festival du Bain Rituel au Wat Haripunchai, le Festival Salak Yom (ประเพณีสลากย้อม) et sa cérémonie Salakapat (สลากภัต) est l’un des festivals immanquables¹ de Lamphun, chef-lieu de la province éponyme, à moins de trois quarts d’heure de route au sud de Chiang Mai. Il se déroule à l’intérieur et autour du Wat Haripunchai. Le chedi de ce temple ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du fameux temple du Doi Suthep. Mais au contraire de ce dernier, perché au haut d’une montagne, le Wat Haripunchai est situé au cœur de la ville. Haripunchai était le nom de cette ville du temps du royaume môn; c’est la plus vieille cité du nord de la Thaïlande (une région qui jadis abritait le royaume du Lanna).

Le festival s’étend sur trois jours, généralement au mois de septembre. C’est un festival unique que nous vous conseillons fortement de mettre à votre agenda. Et nous vous disons pourquoi.

LamphunSalakYomFestival2018PhotoMontage

Festival Salak Yom 2018

Le Wat Phra That Hariphunchai Woramahawihan (วัดพระธาตุหริภุญชัยวรมหาวิหาร), le temple au cœur de la cité de Lamphun, vaut à lui seul le déplacement. Mais à l’occasion du festival Salak Yom et de la cérémonie Salakapat, il s’anime alors de milles feux, tant en journée qu’en soirée. Vous ne serez que quelques touristes étrangers à participer à cette fête, entourés de centaines de locaux venus de toute la province et au-delà.

Cette année 2018, le festival Salak Yom et sa cérémonie Salakapat ont lieu du samedi 22 au lundi 24 septembre 2018. Une grande parade est organisée dimanche 23 septembre, à 17h30. Un événement immanquable pour qui s’intéresse à la culture du Lanna. Le temple où se déroule la fête a mis en ligne de courts documentaires où l’on voit les diverss protagonistes donner quelques intéressantes explications (mais hélas, tout est en langue thaï seulement). Cela vous permet tout de même de vous imprégner de l’ambiance. Voici les liens : vidéos 02, 03, 04 et 05.

« Salak Yom » correspond à une ancienne cérémonie d’acquisition de mérites effectuée par les femmes de la minorité ethnique des Thai Yong. Ce festival, unique et haut en couleur, vous permettra d’admirer d’immenses « arbres Salakapat » (ou « arbres à cadeaux ») magnifiquement décorés. Mais aussi de participer à des cérémonie d’accumulation de mérites, notamment à travers des aumônes aux moines. Il y a là de nombreuses animations locales (danses folkloriques entre autres) où vous verrez hommes et femmes habillés traditionnellement. Sans oublier, obvie, des stands de délicieuse nourriture du Nord.

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Programme du festival 2018

Le festival se déroule donc sur trois jours. En voici le programme détaillé :

1er jour – Samedi 22.09.2018

  • 9h : décoration des ‘arbres salakapat’ durant la journée.
  • 16h : ouverture du marché (nourriture typique du Lanna et d’autres produits de la région) en face du Wat Hariphunchai, le long du canal. Ne manquez pas de vous rendre au pont en bois Tha Singh, avec ses échoppes vendant de nombreux produits OTOP.
  • 17h : spectacles par les diverses minorités ethniques de la province de Lamphun (au même endroit, appelé « Culture road »).
  • 18h30 : divers spectacles folkloriques.
  • 20h : show « Kha jae ja tan Salak Yom » (une fusion de danses thaïlandaises moderne et traditionnelle). Fin vers 21h.
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2e jour – Dimanche 23.09.2018 (NE MANQUEZ PAS LA PARADE à 17h30)

  • 9h : animations culturelles typiques du Lanna avec spectacle folklorique et marché.
  • 13h : concours des plus beaux ‘arbres salakapat’ (sur la place du temple).
  • 16h : ouverture du marché traditionnel de la minorité « Thai Yong » en plein air devant le Wat Haripunchai, avec animations culturelles.
  • 17h30 – A NE PAS MANQUER ! Grand cortège Salak Yom (tous les participants arrivent au temple par l’entrée principale, du côté du canal, soit la route (thanom) Roi Mueang Nai.
  • 18h : spectacle des minorités ethniques de la province de Lamphun.
  • 18h30 : cérémonie d’ouverture « Salak Yom de Lamphun – Un festival unique au monde » avec les résultats du concours du plus bel arbre Salak Yom.
  • 20h30 : show « Kha jae ja tan Salak Yom » (une fusion de danses thaïlandaises moderne et traditionnelle). Fin vers 21h30.

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3e jour – Lundi 24.09.2018 (attention, ça commence tôt !)

  • 7h : dépôt des petits et grands Salakapat dans une zone réservée près du temple (dons afin d’accumuler des mérites).
  • 10h : ouverture du marché traditionnel.
  • 10h : concours de poésie « Ham Ga Long » dans le bâtiment « Gang Sa Dan » et performance musicale (violon local).
  • 11h : cérémonie d’aumônes aux moines et aux novices (nourriture et dons).
  • 13h : les salaks sont offerts aux moines. Des donations sont effectuées dans l’espoir qu’elles retrouvent leur propriétaires (des esprits représentant les ancêtres décédés).

Ce festival, unique en son genre, se termine ainsi vers 15h. Comme nous l’avons fait, on vous conseille vivement de passer la nuit sur place, idéalement le deuxième jour – cette année dimanche soir, afin de profiter de la fête, tant en journée qu’en soirée. Ceci vous permettra, entre autres, de visiter les autres sites durant les temps morts du festival.


Y aller

De Chiang Mai on peut rejoindre Lamphun, à 35 kilomètres au sud, par le train. Cependant, une fois en gare de Lamphun, il vous faudra encore parcourir 3 km pour rejoindre la ville. Et les horaires de retour ne vous permettront guère d’assister aux festivités nocturnes, hélas, trois fois hélas. Le problème est plus ou moins identique en empruntant les minivan ou les song thaew bleus au départ du marché Warorot, au bord de la rivière Ping (bien que ces derniers soient bien plus nombreux et assurent une liaison aussi le soir).

SRT - Chiang Mai-Lamphun Montage

© SRT Thailand + Facebook (NoVemBer)

Ainsi, le mieux est d’y aller avec votre propre véhicule (voiture, motocycle ou scooter). Vous privilégierez la très belle route Chiang Mai-Lamphun Rd (route 106) et ses monumentaux arbres (des Dipterocarpus alatus appelés ยางนา en thaï, yang na, protégés par du tissu monastique orange), au détriment de l’autoroute 11 plus rapide.

Sur le web
Page Facebook du temple Hariphunchai
❂ Emplacement : Google Maps.

Un rituel bouddhiste ancestral²

LamphunSalakYomFestival2018Logo@SalakYom

© Facebook – @SalakYom

Traditionnellement pratiquée au sein de l’ethnie Thai Yong de la province de Lamphun, ici en Thaïlande du nord³, la cérémonie Salak Yom consiste en la présentation aux moines bouddhistes et aux novices des monastères locaux d’un « arbre à cadeaux », richement décoré, afin de gagner du mérite et de le transmettre à leurs proches décédés ou à d’autres êtres impliqués dans leur propre vie et renaissance.

Les cadeaux – y compris de la nourriture, des vêtements, des objets religieux, des objets d’usage courant, de l’argent et des objets de valeur – sont accrochés à une très haute structure en bambou, décorée d’objets artisanaux colorés, en bambou eux aussi, papier, feuille de banane et autres matériaux locaux. C’est le calendrier lunaire qui fixe la date des festivités, généralement au mois de septembre.

Autrefois, les jeunes femmes d’une vingtaine d’années offraient un arbre Salak à leur monastère local. Pour ces jeunes demoiselles, la cérémonie de Salak Yom n’était pas seulement l’occasion d’accumuler des mérites mais représentait également un rite de passage vers l’âge adulte, exprimant le statut social et l’aptitude au mariage de la femme.

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© Facebook

Ce rituel a commencé à s’estomper il y a une cinquantaine d’années, car les coûts associés à l’offre du Salak Yom sont devenus trop élevés pour la plupart des familles. En 2003, un groupe de moines bouddhistes de Lamphun, en collaboration avec l’administration provinciale, a décidé de relancer le Salak Yom. Cependant, au lieu de le faire revivre au niveau individuel, le comité organisateur a apporté son soutien aux monastères pour qu’ils se rassemblent et offrent collectivement les arbres Salak.

Un documentaire du SAC, qui montre les préparatifs de la fête, se veut refléter le sens de ce rituel pour les diverses générations de l’ethnie Thai Yong et explorer comment son renouveau a transformé cette tradition séculaire. Étant donné qu’une grande partie du festival Salak Yom est intangible et éphémère, cette documentation visuelle pourra servir à la promotion du festival et à l’éducation des jeunes générations thaïlandaises sur leur patrimoine. L’Université de Chiang Mai a d’ailleurs déjà organisé une conférence avec atelier pratique sur cette cérémonie.

Celle et ceux qui désirent en savoir plus sur le sens de ce festival se délecteront du travail (en anglais) de l’anthropologue Alexandra Denes : Trees of Offering: The Salak Yom Festival in Lamphun Province, Thailand.

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© Chiang Mai Deci-Delà

On vous promet de consacrer un jour un article plus fouillé à Lamphun, tant la ville que la province, afin que vous puissiez vous aussi découvrir les intéressantes attractions de cette région que nous apprécions particulièrement. Une province qui vous réserve un accueil des plus authentiques, loin du tourisme de masse de sa grande sœur, Chiang Mai.

Et l’on termine en vous dévoilant en vidéo une ancienne édition, celle de 2015, non sans vous enjoindre fortement de vous déplacer à Lamphun. Un déplacement que vous ne saurez regretter, croyez-nous :

#SalakYom #Lamphun #ThaiYong


MISE A JOUR DU 23.09.2018

La parade du dimanche est diffusée en direct sur Facebook !


¹ Nous pourrions encore ajouter à cette liste de festivals immanquables de Lamphun le Festival du changement de robe monastique de feu Khru Bawong, les festivités liées à l’anniversaire de Kruba Srivichai, la Fête de « l’Hiver » (Winter Fair) couplée au Festival de la Reine Chamadevi, le Festival du Coton à Mae Raeng ou encore le Festival de la Saucisse (Sai Oua). Comme quoi cette province méconnue se doit d’être encore plus visitée.
² Source rédactionnelle : ICH – Intangible Cultural Heritage and Museums Learning Resources, un site du SAC – Banque de données anthropologique (traduction libre)
³ Une Thaïlande du nord qui est une véritable mosaïque ethnique.

Sauf mention contraire, la source photographique est © Facebook (notamment NoVemBer/MG), y compris celle de de l’image à la Une. Mise à jour le 23.09.2018.

Le père de l’art moderne thaïlandais est Italien ? Sì !

Silpa Bhirasri¹ (ศิลป์ พีระศรี). Les Thaïlandais l’appelaient « Sin ». Et tous les étudiants en art du royaume de Thaïlande le vénèrent. C’est lui qui a fondé l’Université Silpakorn, la plus importante université thaïlandaise en matière de beaux-arts et d’archéologie. Sa mémoire et son héritage artistique sont célébrés chaque année le 15 septembre, jour de sa naissance. Découvrez comment feu Corrado Feroci, expatrié transalpin en Thaïlande, est devenu le père de l’art moderne thaïlandais. Ses statues et monuments les plus célèbres peuvent être admirés principalement à Bangkok (comme le Monument de la Victoire ou encore celui de la Démocratie). Cependant, il est aussi l’auteur d’une des statues les plus vénérées ici à Chiang Mai…

Silpa Bhirasri The National Gallery of Thailand Cover FB

15 septembre 2018, 126e anniversaire © Facebook – The National Gallery of Thailand

De Florence à Bangkok

Né le 15 septembre 1892 à Florence, Corrado s’est nourri du génie artistique toscan, appréciant par exemple des œuvres de Michel-Ange. Contre l’avis familial qui le voulait reprendre le commerce paternel, il intégra l’Académie royale des arts de Florence et obtint son certificat en sculpture. Les sources francophones le décrivent comme un artiste reconnu, ce que ne font en rien les sources italophones. Quoi qu’il en soit, sous le règne de Rama VI, c’est le gouvernement siamois qui sollicita du gouvernement italien un sculpteur doué pour des commandes d’État et l’enseignement de l’art occidental. Corrado Feroci fut choisi par le prince Narisranuvattiwongse, frère du roi. Il débarqua donc au Siam avec femme et enfant.

A 32 ans, il travailla comme sculpteur au Département des Beaux-Arts du ministère de la Maison royale. Deux ans plus tard, il fut nommé professeur de sculpture de la division des Beaux-Arts de l’Académie Royale Siamoise. Et c’est en 1943 que l’École des Beaux-Arts fut transformée en ce qui est encore aujourd’hui l’Université Silpakorn : Silpa Bhirasri fut son premier directeur et le premier doyen de la faculté de peinture et de sculpture.

Rentré en Italie en raison d’une grave crise économique qui suivit la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement thaïlandais le pria de revenir en Thaïlande, lui promettant d’augmenter son salaire. Ce qu’il fait en 1949, arrivant cette fois-ci seul, sans sa famille.

SilpaBhirasriImage1Portrait

© Facebook

Le professeur Silpa Bhirasri, décrit comme un enseignant passionné, appréciait énormément l’art thaï sur lequel il fit des recherches et consacra plusieurs livres et articles. Il avait à cœur de promouvoir l’art traditionnel thaïlandais. Silpa Bhirasri fut l’initiateur et le soutien de l’art contemporain siamois. En 1948, à l’occasion de la célébration de la Constitution thaïlandaise, il sollicita du gouvernement la mise sur pied d’un concours des arts : dessin, peinture et sculpture. La première exposition nationale d’art fut organisée en 1949. C’est un événement annuel qui perdure encore aujourd’hui (la 64ᵉ édition aura d’ailleurs lieu du 10 au 28 octobre 2018 à Bangkok). Ce concours permet aux artistes de tout le royaume d’améliorer leurs compétences et de présenter leurs œuvres d’art au public.

« Ars longa vita brevis² »
Devise de Silpa Bhirasri

C’est à 69 ans qu’il s’éteint, ici en Thaïlande, soit le 14 mai 1962. La cérémonie crématoire avec la « flamme » donnée par le roi Rama IX (feu Bhumibol le Grand) s’est déroulée le 17 janvier 1963 au magnificent Wat Thep Sirin Thrawat, à Bangkok. Ses cendres ont été rapatriées et déposées au cimetière évangélique Allori, à Florence.

Il est intéressant de compléter cette très courte biographie par la naturalisation dont a bénéficié cet artiste italien. Tout comme l’Italie, la Thaïlande et le Japon faisaient partie des Forces de l’Axe (donc trois pays alliés à l’Allemagne nazie). Or, après la rupture de l’Italie avec l’Axe en 1943, Corrado Feroci aurait pu être considéré comme prisonnier de guerre par le Japon, allié de la Thaïlande. Il fut d’ailleurs incarcéré un court moment. C’est avec l’appui du directeur général du Département des Beaux-Arts que Corrado Feroci devint Thaïlandais sous le nouveau nom de « Silpa Bhirasri¹ », ce qui lui permettait d’échapper à toute action malveillante de la part des Japonais.

Silpa Bhirasri Silpakorn University Cover FB 2

© Facebook – Silpakorn University


Balade en Thaïlande à la découverte de ses œuvres

Bien qu’il ne fasse plus partie de ce monde, vous pouvez croiser Silpa Bhirasri au Musée Tussauds de Bangkok; l’on y voit son effigie en cire y sculpter une de ses œuvres. Le lieu de mémoire par excellence pour qui veut découvrir le fruit de son long travail artistique est, bien entendu, le musée qui lui est consacré à Bangkok, Silpa Bhirasri Memorial National Museum en anglais. C’est un petit musée en deux parties : l’une qui expose des pièces d’art contemporain, principalement produites par ses élèves, et l’autre qui réunit les affaires personnelles du maître-sculpteur. Officiellement ouvert le… 15 septembre de l’année 1984, il se trouve à l’intérieur de l’Université Silpakorn, face au Palais Royal. Ouvert généralement du lundi au vendredi, de 8h à 16h, son entrée est libre. À l’extérieur, vous pourrez y admirer une statue de Silpa Bhirasri réalisée par Sanan Silakorn, l’un de ses élèves préférés. Vous ne manquerez pas de visiter l’impressionnante Galerie des Sculptures, toute proche. Entièrement rénovée et transformée en un café-galerie moderne, la magnifique Silpa Bhirasri’s House attend votre visite tous les jours de 7h à 19h. Corrado y a vécu 10 ans avec sa famille dès son arrivée en Thaïlande.

Silpa Bhirasri Facebook Photo 1

© Facebook

Avant que nous prenions le temps d’en dresser une liste plus précise avec leur emplacement, voici déjà celle de quelques-unes des œuvres de Silpa (entre parenthèses figure la date d’achèvement) :

  • À Bangkok : le roi Rama Ier, fondateur de la dynastie actuelle des Chakri (là où se situe le Pont du Mémorial, exécution, 1932), le Monument de la Démocratie (conception, 1940), le Monument de la Victoire avec ses reliefs ornementaux (conception, 1941), Rama VI (conception et réalisation, 1942), le roi Rama VIII (conception, 1950), le roi Taksin le Grand à cheval durant une bataille (plus précisément à Thonburi, conception et réalisation, 1954; voir la vidéo d’époque ci-dessous. Il est aussi l’auteur d’un des bustes du monument), le prince Kampaengpetch Akrayotin (conception, 1957), le prince Rajburi Direkrit (conception, 1969).
  • À Nakhon Ratchasima (Khorat) : l’héroïne Thao Suranari (conception, 1934). Les locaux l’appellent Ya Mo et elle est fêtée chaque année, dans ce qui est le plus grand festival de Khorat.
  • À Nakhon Si Thammarat : le héros Chao Phor Dam (conception, 1941).
  • À Suphanburi : l’imposante statue du roi Naresuan le Grand sur le dos d’un éléphant durant une bataille (conception et réalisation, 1959).
  • À Lopburi : le roi Narai le Grand (conception et réalisation partielle, 1966).
  • À Nakhon Pathom, à l’ouest de Bangkok : Bouddha marchant (conception, 1982). Cette immense statue très vénérée fait partie du parc Phutthamonthon ou Buddha Monthon, พุทธมณฑล en thaï. Haute de presque 16 mètres, on la considère comme la plus grande statue autoportante au monde représentant le Bouddha. Cette fameuse statue a fait l’objet d’un timbre-poste sans que le nom de Silpa Bhirasri soit mentionné.
  • À Trang : Phraya Rasadarnpradit Mahisarapakdee (conception, date inconnue).
  • À Phitsanulok : le roi Naresuan le Grand (conception et réalisation, date inconnue), de même qu’une tête en particulier.

Et quid de Chiang Mai ? À notre connaissance, une seule pièce est exposée dans la Rose du Nord. Mais ce n’est pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du moine le plus vénéré de tout le nord de la Thaïlande, Kruba Sriwichai, dont nous vous reparlerons un jour, celui-ci ayant marqué l’histoire de ce qui était le royaume du Lanna. Non seulement, Silpa Bhirasri en a réalisé le dessin mais il a exécuté cette œuvre lui-même (à une date d’achèvement inconnue). Cette statue, ô combien vénérée par les gens du Lanna, se trouve ici, dans un sanctuaire qui s’agrandit d’année en année au pied du Doi Suthep.


Silpa Bhirasri Facebook Photo 2Son héritage

Corrado Feroci est, à ce jour, le seul Occidental à figurer sur un timbre-poste siamois³ ! Le 15 septembre est donc son jour de commémoration en Thaïlande. Des célébrations qui ne sont pas des plus visibles puisqu’elles se déroulent principalement dans les institutions de formation artistique. Ainsi de cette commémoration annuelle, le 15 septembre obvie, dans le musée qui porte son nom. Il n’en reste pas moins populaire; pour preuve, Google lui avait consacré un Doodle en 2016. Et il est même vendu sous forme de figurine en résine !

Silpa Bhirasri SU Cute Girl Photo Montage

Cérémonie annuelle de vénération à l’Université Silpakorn 2018 © Facebook – SU Cute Girl

Silpa Bhirasri Facebook Photo 3

© Facebook

En tant que professeur, il reste vénéré par les étudiants en beaux-arts. Une galerie-photo vous permet de le voir enseigner. La voie artistique est un choix professionnel qui n’est pas toujours compris par les familles des artistes (l’émission Divas Café’ de la chaîne Voice TV 21 s’est emparée du sujet lors d’une de ses éditions, en s’appuyant sur la vie et l’expérience de Silpa Bhisrasri). Ajarn Sin était décrit comme une personne très disponible, qui aimait à transmettre ses connaissances à ses étudiants. Au sein de l’université qu’il a créée et qui porte toujours son nom, sa mémoire est honorée tous les 15 septembre.

C’est lui faire un procès d’intention que de le considérer comme un artiste fasciste – Mussolini pris le pouvoir en 1922 –  bien que Corrado Feroci s’inscrive dans la tendance de cette époque (le Monument de la Démocratie à Bangkok en est un brillant exemple). Celles et ceux qui désirent approfondir leurs connaissances sur cet artiste liront avec intérêt la chronique d’Alain et Bernard, deux expatriés passionnés : Corrado Feroci (Silpa Bhirasri), « Le Père de l’art thaï contemporain » (1892 – 1962). Et plus encore le blog Merveilleuse Chiang Maï de l’érudit Jean de la Mainate, qui réside ici à Chiang Mai. Il parle de Corrado Feroci dans un long article en trois parties, auquel il a ajouté un complément ayant pour thème le musée qui lui est consacré à Bangkok :

Sur son site web, le Musée d’Art Moderne Thaïlandais Rama IX vous livre non seulement une biographie (en anglais) mais également l’illustration de toutes les œuvres de Silpa Bhirasri (liens que nous avons insérés dans notre liste ci-dessus). In fine, un site web est consacré à cette figure marquante de l’art moderne thaïlandais. Bien qu’il soit en langue thaï, vous y trouverez moult documents, dont les ouvrages d’art écrit par Silpa (en anglais).

Silpa Bhirasri Day Photo Montage

Silpa continue d’influencer les artistes thaïlandais © Facebook – Silpa Bhirasri Day

En Thaïlande, le marché de l’art contemporain s’est modernisé dès les années ’80 avec l’apparition d’une nouvelle catégorie de galeries à Bangkok. Dans son article Les galeristes thaïlandais et l’art contemporain – Comment créer un marché sans en maîtriser les valeurs ?, Annabelle Boissier analyse ces nouveaux acteurs de l’art contemporain à travers trois thématiques : la formation, le financement et la collaboration. Où il est question d’interroger la relation entre la création de la valeur marchande et celle de la valeur esthétique.

Et nous vous rappelons encore qu’en matière d’art contemporain, la scène de Chiang Mai est des plus dynamiques. Nous consacrerons un jour un article à ce sujet. En attendant, le musée qu’il faut absolument visiter en matière d’art moderne ici dans la Rose du Nord est le MAIIAM, un musée qui n’a rien à envier aux espaces culturels mondiaux dédiés à l’art contemporain (site web, page Facebook, Instagram, Twitter (encore inactif) et emplacement). Et ce n’est de loin pas le seul endroit vous permettant d’être confronté à l’art contemporain ici au nord…

On se quitte ci-dessous avec Santa Lucia, chanson italienne devenue l’hymne de l’université Silpakorn créée par Corrado Feroci (mélodie sur laquelle Dinsai Studio a créé une animation à l’occasion du 125e anniversaire de ce professeur apprécié) :


¹ Selon le système royal de transcription RTGS, son nom thaïlandais devrait s’écrire Sin Phirasi. Nous reprenons cependant le nom communément admis de Silpa Bhirasri.
² Devise latine reprise d’une citation qui constitue les deux premières lignes de la traduction en latin d’un aphorisme énoncé par l’ancien médecin grec Hippocrate, une devise que l’on traduit librement par l’art est éternel alors que la vie est brève.
³ Ce sont Alain et Bernard qui l’affirment

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia en français et en italien.
Source de l’image à la Une : © Facebook – Silpakorn University
Mise à jour le 17.09.2018

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