Asanhabucha & khao phansa 2019 & 2020 – L’entrée dans « le carême bouddhique » (qui n’en est pas un)

Ce sont là deux fêtes bouddhistes parmi les plus importantes de Thaïlande ! Asanhabucha commémore le premier sermon du Bouddha et khao phansa, survenant le lendemain, correspond au début du retrait des moines dans leur temple. Dans cet article, vous saurez de manière détaillée ce que recouvrent ces deux termes religieux thaïlandais. Et l’on vous livre également le programme des diverses commémorations dans moult temples bouddhistes de Chiang Mai, avec notamment les événements organisés à cette occasion.

On vous invite vivement à vous rendre dans un temple le soir de la première fête, à la tombée de la nuit, pour vivre une soirée pleine d’émotion en compagnie des dévots durant cette nuit de pleine lune…

Prochaines festivités de l’asanhabucha : samedi 24 juillet 2021 (une date qui doit encore être confirmée).
Et donc wan khao phansa devrait correspondre au lendemain, soit dimanche 25 juillet 2021.

Publicités

Édition 2020

Cette année 2020, dans la mesure où les frontières sont fermées pour contenir l’épidémie du Covid-19, nous ne mettrons pas entièrement à jour le présent article – en dehors de cette partie initiale – dans la mesure où les informations de l’édition 2019 restent pertinentes.

Ainsi donc, ce dimanche 5 juillet 2020 est jour férié en Thaïlande en raison de wan asanhabucha, importante fête bouddhiste commémorant le premier sermon du Bouddha. C’est ce jour-là qu’il vaut la peine de se rendre dans les temples, en fin de journée, pour assister aux célébrations wian thian (เวียนเทียน), la triple circumambulation sous forme de procession à la bougie; lire ci-dessous. Alors que le lendemain, lundi 6 juillet 2020, correspond au wan khao phansa, belle occasion de participer aux aumônes matinales marquant le début du retrait des moines dans leur temple. Elles ont lieu vers 7h, l’heure précise variant selon les temples.

Comme ce sera là la première fête bouddhiste post-Covid-19 à pouvoir être célébrée publiquement dans les temples, nous misons sur une importante participation des dévots bouddhistes le soir du dimanche 5 juillet 2020. Des mesures de protection seront cependant imposées aux fidèles (prise de température à l’entrée du temple, port du masque obligatoire, respect de la distanciation physique et gel alcoolique pour se laver les mains).

Sachez encore qu’ici à Chiang Mai, cette année il n’y aura aucune cérémonie au Wat Phan Tao, célèbre pour ses mises en scène des moinillons, éclairés à la bougie au pied d’un Bouddha méditant. Contrairement à l’année dernière, dite annulation est sûre et certaine, le monticule où avait lieu la cérémonie ayant été démoli ! À défaut, on vous conseille de vous rendre ce soir-là au Wat Sai Moon Muang (วัดทรายมูลเมือง) qui, lui aussi, fait généralement participer ses jeunes moines éclairés à la lueur de leur bougie (une mise en scène dans laquelle une solennité de circonstance est respectée). Ou alors, sans risque d’être déçu, au Wat Chedi Luang (วัดเจดีย์หลวง วรวิหาร) où des dizaines de jeunes moines participent à la cérémonie qui se termine par une émouvante triple circumambulation atour de l’immense chedi partiellement détruit.

Autre annulation qui nous a été confirmée, le rassemblement d’éléphants à Maetaman (voir ci-dessous). En revanche cette année, une telle procession de bougies à dos d’éléphant a été organisée à Mae Chaem par le peuple karen (reportage et vidéo). Restent en suspens les éventuels défilés des écoles en ville (une organisation qui nous semble bien improbable, la rentrée post-covid-19 n’ayant eu lieu que le 1er juillet dernier).

Pour ce qui est du traditionnel pèlerinage des moinillons vers le Doi Suthep (vous saurez de quoi l’on parle en lisant la suite de cet article), ce ne sont ni les jeunes moines du temple Sri Soda ni ceux du Wat Wiwek Wanaram (วัดวิเวกวนาราม) qui l’ont effectué cette année (photos de l’asanhabucha de ces derniers, qui sont des jeunes venues des zones montagneuses du nord). L’honneur de ce pèlerinage effectué le 4 juillet revient aux jeunes moines du Wat Ban Khun (วัดบ้านขุน), dans le district de Hot, au sud de la province de Chiang Mai. Un pèlerinage qui a clôt leur formation religieuse. On vous offre les images :

Traditionnellement, le Premier ministre offre des bougies au Patriarche du bouddhisme thaïlandais. Si vous comprenez la langue thaï, vous pourrez alors apprécier le message du dit Patriarche à l’occasion de ces fêtes religieuses. Des festivités officielles qui ont été lancées cette année par le ministre de la Culture. Et cette année 2020, en raison de la crise sanitaire, Vassa pourra même être célébrée virtuellement à travers une triple circumambulation à la bougie !

ATTENTION : FÉRIES & ALCOOL. Wan asanhabucha tombant un dimanche, la férie est accordée le jour suivant, lundi 6 juillet. Comme ce dernier jour est déjà férié, la férie des fonctionnaires due en raison de wan khao phansa est par conséquent accordée le lendemain également, soit le mardi 7 juillet 2020. Pour le dire autrement, toutes les agences gouvernementales seront closes 4 jours, du samedi 4 juillet au mardi 7 juillet 2020 (c’est notamment le cas du Bureau de l’Immigration). Pour ce qui est de l’interdiction de vente de l’alcool, elle prend effet 48 heures durant : dès le samedi 4 juillet à 0h01 jusqu’au dimanche 5 juillet 2020, à 23h59. Ainsi donc, les bars, qui n’ont rouvert que ce 1er juillet, fermeront samedi 4 et dimanche 5 juillet (ce qui correspond aux deux jours bouddhistes, celui d’asanhabucha et celui du khao phansa).

Festivals des Bougies. Et c’est durant asanhabucha et khao phansa, fêtes où la bougie tient un grand rôle cérémoniel, que sont organisés dans l’Ivan, le nord-est de la Thaïlande, les divers festival de bougies. Le plus connu, le Festival des Bougies d’Ubon Ratcha Thani, a lieu du 3 au 7 juillet 2020, de 10h à 22h. Il donne habituellement lieu à un impression défilé mais cette année les festivités ont été remaniées afin de réduire les risques de contagion (un risque tout relatif, la Thaïlande n’ayant officiellement connu en son sein aucune contagion par le SARS-CoV-2 depuis plus de 30 jours). Si vous vous rendez sur place, une inscription préalable est nécessaire, les places étant limitées (inscription via ce site web non traduit, shows de 10h à 13h, de 14h à 17h et de 18h à 22h). Des festivités que vous pouvez admirer sur la page Facebook officielle.

D’autres festivals des bougies se tiennent en Isan : les 4 et 5 juillet à Chok Chai, à Phimai et à Chaiyaphum, de même qu’à Korat (mais dans cette dernière ville, officiellement nommée Nakhon Ratchasima, les festivités se réduiront à des célébrations dans les temples). Puis les 5 et 6 juillet à Suphan Buri et à Prakhon Chai (province de Buri Ram); mêmes activités réduites ces deux jours-là à Roi Et (comme à Korat donc).

Notez qu’en Isan, mais plus au nord, dans le district de Dan Sai, province de Loei, se tient en même temps cette année le festival des fantômes, phi ta khon et sa tradition boon luang. Ceux qui vivent dans cette région d’Isan – la plus pauvre du royaume – savent que ses habitants sont gens festifs. Et la fête est promise à Nakhon Phanom, au bord du Mékong. La cérémonie Phaya Srisattakharak a lieu du 7 au 13 juillet 2020; elle donne à voir les plus belles filles des 12 districts de la province s’adonner à des danses traditionnelles.

Cérémonies promues par la TAT durant Khao Phansa

Si vous vous trouvez à Bangkok, le temple Ratchabophit Sathit Maha Simaram organise lui aussi ses festivités où la bougie tient un rôle central, avec comme originalité des offrandes de fleurs aux moines. Cela se passe les 5 et 6 juillet 2020. Même tradition d’offrandes florales durant asanhabucha (le 5 juillet donc) au temple Bang Chalong, dans le district de Bang Phli, province de Samut Prakan, à l’extérieur de Bangkok donc, vers l’est. À l’opposé, soit à l’ouest de la capitale, la province de Samut Sakhon – où les canaux sont nombreux – célèbre habituellement asanhabucha par une procession sur l’eau. Cette année cependant, le 6 juillet 2020, ce ne sont que les actes méritoires dans les temples qui auront lieu.

Puisque l’on parle d’eau, sachez encore que la procession sur le lac de Phayao est elle aussi annulée; là aussi, seuls les actes méritoires aux temples auront lieu. Ici au nord, il y a également une tradition visant à offrir des bougies aux moines. Elle a lieu dans la province de Nan, cette année le 7 juillet 2020.

Quel que soit le lieu que vous aurez choisi pour célébrer asanhabucha, nul doute que la dévotion des participants vous touchera. On vous offre les images émouvantes du Wat Chang Lom, non loin du Parc historique de Sukhotai.

Pour ce qui a trait spécifiquement à khao pansa, lundi 6 juillet 2020, ce sont surtout les offrandes matinales aux moines qui prendront une saveur particulière. Elles seront bien plus nombreuses et importantes qu’à l’accoutumée. L’Office national du Tourisme (TAT) en profite d’ailleurs pour stimuler le tourisme à travers la promotion de cérémonies originales dans plusieurs provinces du royaume.

En dehors de l’abstinence d’alcool imposée ces deux jours, les bouddhistes les plus fervents deviennent végétariens les trois prochains mois. Voilà pour ce qui est de la mise à jour de cette année 2020. On vous dit donc tout de ces deux fêtes religieuses ci-dessous.


Wan asanhabucha, késako ?

C’est donc dans toute la Thaïlande qu’asanhabucha1 est fêtée (วันอาสาฬหบูชา en thaï). Un jour férié dans tout le royaume où l’on commémore le premier sermon du Bouddha, délivré à Bénarès, en Inde, il y a plus de 2500 ans, à ses cinq premiers disciplines. C’est le fameux sermon qui contient Les Quatre Nobles Vérités :

  1. L’existence de la souffrance (Dukkha2);
  2. L’origine de la souffrance (Samudaya2);
  3. La cessation de la souffrance (Nirodha2);
  4. Le chemin menant à la cessation de cette souffrance, soit l’Octuple Sentier (Magga2).
AsanaBucha(วันอาสาฬหบูชา)

Découvrez la traduction française du texte intégral du Dhammacakkappavattana Sutta, Les Quatre Nobles Vérités, sur BouddhaChannel. Un sermon considéré comme la mise en mouvement de la roue du Dhamma, soit l’enseignement de l’Éveillé. L’Institut d’Études Bouddhiques vous donne quelques explications de base, de même que Nguyen Dang Truc ou encore Ajahn Sumedho, un moine ordonné en Thaïlande. Celles et ceux désirant approfondir ce sujet, et donc s’initier à l’enseignement de l’Éveillé, liront avec plaisir l’ouvrage de Thich Nhat Hanh, excellent vulgarisateur,  Le cœur des enseignements du Bouddha. Vous pouvez également écouter une brève explication en vidéo prodiguée par ce maître bouddhiste vietnamien installé en France depuis 1972. On vous livre quelques autres conseils de lecture en fin d’article.

L’histoire propre à ce premier sermon de Siddharta Gautama, devenu l’Éveillé, le Bouddha, vous est contée sur le site de Dhammadana. Quant à Alain et Bernard, deux retraités francophones installés en Thaïlande, amis de l’érudition, ils vous en disent plus sur le bouddhisme thaïlandais, une pratique issue de la tradition Theravada (cliquez ici).

AsanaBucha2018Photo1WatSuanDok
© Facebook – Wat Suan Dok

En Thaïlande – et donc à Chiang Mai – les temples bouddhistes seront particulièrement animés le jour d’asanhabucha, pleine lune du 8e mois lunaire, et ce dès l’aurore (programme ci-dessous).

La politique étant imbriquée à la religion, le gouvernement thaïlandais ne manque jamais cette occasion pour rappeler au peuple les vertus du bouddhisme. Ainsi, en 2017 par exemple, dans une allocution télévisée, le Premier ministre Prayut Chan-o-cha a demandé que les Thaïlandais respectent les 5 préceptes moraux du bouddhisme durant cette période de trois mois lunaires, à savoir :

  1. Ne pas tuer des êtres vivants.
  2. Ne pas prendre ce qu’on ne vous donne pas (donc ne pas voler).
  3. Ne pas mal se comporter sexuellement parlant.
  4. Ne pas mentir.
  5. Ne pas prendre des substances perturbant la conscience (l’alcool en fait partie).

Cette année, la fête s’étant télescopée avec une récolte de fonds qui a lieu tous les 14 juillet en Thaïlande, le Premier ministre a fait d’une pierre deux coups : on l’a ainsi vu à une cérémonie en compagnie de jeunes handicapés mentaux. C’est en effet tous les 14 juillet que sont vendues des fleurs en faveur des institutions œuvrant au bien-être des jeunes handicapés du royaume (d’autres photos ici).

Et à chaque fois, les semaines qui précèdent, les autorités religieuses organisent une action de sensibilisation à la voie monachique. Voici le clip vidéo officiel 2019 du Département des Affaires Religieuses :

Le Département des Affaires Religieuses (DRA – Department of Religious Affairs en anglais, กรมการศาสนา en thaï), sous la tutelle du Ministère de la Culture thaïlandais (tout ou presque est en langue thaïlandaise) : page Facebook et site web.

L’Office National du Bouddhisme (ONAB – National Office of Buddhism en anglais, สำนักงานพระพุทธศาสนาแห่งชาติ en thaï) : site web et page Facebook.

Le Conseil Suprême du Sangha (Sangha Supreme Council of Thailand en anglais, มหาเถรสมาคม en thaï), dirigé par le patriarche : site web (aucune page Facebook à notre connaissance). Un Conseil qui vous est brièvement présenté par Wikipédia (en anglais).


Wan khao phansa, késako ?

Wan khao phansa, le jour qui suit wan asanhabucha, cette année le mercredi 17 juillet 2019, est un jour semi-férié (seuls les employés d’État y ont officiellement droit). C’est là aussi une importante fête pour les Thaïlandais marquant le début de ce beaucoup appellent, de manière erronée, le carême bouddhique (et qui n’en est donc pas un !).

En thaï, on parle donc de วันเข้าพรรษา (wan khao phansa), à savoir วัน (wan), jour, เข้า (khao), entrer et พรรษา (phansa), la saison des pluies. Vous entendrez plus souvent le diminutif เข้าพรรษา (khao phansa) correspondant au début de la retraite des pluies ou, plus simplement encore, พรรษา (phansa), la saison des pluies.

C’est donc une période de retrait pour les moines, qui doivent rester, trois mois lunaires durant, aux abords de leur temple, se consacrant davantage à l’étude, la méditation et l’éducation des novices. Les cérémonies d’ordination sont plus nombreuses à ce moment-là. Les pratiquants multiplient les offrandes durant cette période, que ce soit de l’argent, de la nourriture ou encore des bougies (thian en thaï). Le but étant d’acquérir le plus de mérites possibles.

En Thaïlande, cette célébration s’articule autour de deux rites religieux importants :

  • La procession des bougies. Une tradition née lorsque l’électricité n’existait pas. Il s’agissait de fournir de la lumière au grand nombre de moines qui séjournaient dans les temples. Ils pouvaient ainsi psalmodier les prières du matin et du soir à la clarté des bougies, de même que s’adonner à l’étude religieuse en soirée. Les laïcs préparaient donc de grandes bougies destinées à être utilisées dans les temples tout au long de cette retraite. Ces bougies, particulièrement grandes, s’entendent également être des offrandes au Bouddha.
  • L’offrande d’une pèlerine contre la pluie. La tradition d’offrir un vêtement de protection contre la pluie remonte à l’époque du Bouddha; elle a été initiée par la bienfaitrice Visakha. Un jour, alors qu’elle visitait un temple, il pleuvait et Visakha a vu de nombreux moines se faire mouiller sous la pluie. Elle a pensé que ce n’était pas approprié et a demandé au Bouddha de lui permettre de faire une offrande de vêtements protecteurs. Depuis, c’est devenu une tradition d’offrir une pèlerine contre la pluie le jour de khao phansa, début de la retraite monastique.

Du temps de Bouddha, en Inde , deux raisons justifiaient cette retraite monastique : durant les moussons, les déplacements à pied sur les chemins boueux étaient dangereux. Par ailleurs, les moines piétinaient de nombreux petits animaux et pouvaient endommager les récoltes. Khao phansa correspond à Vassa (provenant de vasso en palī ou varṣaḥ (varsha) en sanskrit, mot signifiant pluie), la retraite de la saison des pluies, une période de trois mois lunaires pendant laquelle les moines bouddhistes abandonnent leur vie d’errance pour prendre une résidence fixe. Wikipédia nous en dit plus sur cette période de retraite qui n’est pas propre qu’à la Thaïlande. En 2019, elle débute donc ce mercredi 17 juillet.


Précédente édition, 2019 donc. Célébrations dans tous les temples bouddhistes (ou presque)

Ce mardi 16 juillet 2019 est jour férié en Thaïlande en raison de wan asanhabucha, une importante fête bouddhiste. Alors que le lendemain, mercredi 17 juillet 2019, correspond au wan khao phansa

Jour férié ou pas ?
➠ Mardi 16 juillet 2019 – wan asanhabucha – est un jour officiellement férié dans tout le royaume de Thaïlande.
➠ Mercredi 17 juillet 2019 – wan khao phansa – est un jour férié pour les seuls fonctionnaires d’État.

En revanche, vente d’alcool prohibée durant 48 heures, que le jour soit férié ou pas (explications ci-dessous) !

Après nous êtres renseignés auprès de divers temples bouddhistes de la région, nous pouvons vous communiquer le programme qui sera suivi, peu ou prou, par tous les temples de Chiang Mai et environs. Notons que la nuit du 16 juillet sera nuit de pleine lune (plus d’explications ci-dessous).

MARDI 16 JUILLET 2019

  • Vers 7h : cérémonie d’offrandes matinales aux moines (comme tous les autres jours de l’année, rien de particulier donc)
  • Dès 17h : prières, sermon et triple circumambulation (เวียนเทียน, wian thian en langue thaï) qui se fait généralement autour d’un chedi.

Attention, chaque temple fait comme bon lui semble. À titre d’exemple, le programme ci-dessus est confirmé pour les temples suivants : Wat Phra Sing Woramahawihan, Wat Jed YodWat Sri Soda ou encore le Wat Chedi Luang Worawihan. Mais le Wat Phra That Doi Suthep, au haut de la montagne éponyme,  nous parle d’une cérémonie qui ne débute qu’à 19h (prières, sermon et triple circumambulation). De même pour le Wat Fai Hin, au sein de l’université de Chiang Mai (CMU), au pied du Doi Suthep, où la circumambulation nocturne aura lieu à 19h (alors que les offrandes, elles, débutent déjà aux aurores, à 6h45). Les détails en thaï.

Vous avez par exemple le programme spécifique du Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, un temple lié à la royauté, à Chom Thong donc, à 1 heure de route au sud-ouest de Chiang Mai. Mardi 16 juillet 2019 : offrandes à 7h, sermon à 15h suivi, dès 18h30, de la cérémonie nocturne (prières, sermon et triple circumambulation). Le lendemain, mercredi 17 juillet 2019 : prière et sermon à 7h et rebelote à 18h30. C’est un lieu qui accueille en permanence des jeunes occidentaux s’initiant à la méditation. Temple « branché » qui diffuse presque quotidiennement des vidéos en direct. Vous avez donc les vidéos en direct du sermon du jour et des offrandes, de même les prières qui ont suivi; l’ambiance générale, avec des danses traditionnelles du Lanna, est plutôt plaisante en ce jour d’asanhabucha. Il y avait encore circumambulation à 22h30…

Ou encore le programme du Wat Suan Dok, à la route de Suthep, le mardi 16 juillet 2019 donc : offrandes aux moines à 7h du matin, bain rituel du chedi dès 13h et cérémonies nocturnes dès 18h (prières, sermon et triple circumambulation, photos 2018). Un temple qui, comme beaucoup d’autres, reçoit bien plus de moinillons durant cette période, comme le montrent ces photos du Wat Sri Soda ou encore cette vidéo du Wat Ram Poeng (où là ce sont des moines adultes qui ont été ordonnés le 14 juillet dernier).

Le Wat Ram Poeng (Tapotaram) justement, un temple au pied du Doi Suthep que nous apprécions pour pouvoir y observer régulièrement des dévots s’adonnant à la méditation marchée, est en direct ce mardi 16 juillet 2019, jour de l’asanhabucha, occasion de voir ce qu’est une cérémonie matinale d’offrandes aux moines, empreinte de dévotion :

Mention spéciale pour le Wat Inthakin Sadue Muang, sur la place des Trois Rois. Celles et ceux qui choisiront ce temple pour fêter wan asanhabucha seront éloignés des hordes touristiques. C’est en petit comité que la cérémonie a lieu dans ce temple ô combien enchanteur une fois éclairé de nuit. Les moinillons qui officient matutinalement (prières dès 5h) ne sont entourés que de quelques dévots. Et c’est là tout le charme de la cérémonie.

Le blog Noy & Gilbert en Thaïlande nous décrit une journée avec ses divers rites et c’est plutôt intéressant. Que vous soyez en Thaïlande durant l’asanhabucha ou pas, sachez que les offrandes matinales aux moines peuvent se vivre chaque jour de l’année. Une expérience qui restera inoubliable pour vous, comme ici au temple du Doi Suthep où la probabilité d’être seul ou presque avec les moines est grande (un circuit exclusif de notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge).


Ailleurs en Thaïlande

Festivals des Bougies et processions aquatiques

Notez encore que c’est durant cette période qu’ont lieu les divers Festivals des Bougies, fameux dans toute l’Isan. On vous en a déjà parlé et, l’année dernière, la TAT – L’office du Tourisme national de Thaïlande – avait livré une liste – qui n’est pas exhaustive – des principales villes organisant un festival des bougies.  Cette année, la TAT, plutôt avare, ne met en avant que deux d’entre eux : le plus connu, le Festival des Bougies d’Ubon Ratcha Thani, du 12 au 17 juillet 2019, qui donne lieu à un impression défilé (vidéo, intéressante dès la 32e minute) et le plus original, le Festival Aquatique Phansa d’Ayutthaya le mardi 16 juillet 2019. Une procession bouddhiste qui se déroule sur le canal Bang Khi, près du Wat Lat Chado (c’est donc un temple), à moins de 40 km de la ville d’Ayutthaya, ancienne cité royale réceptacle de trois rivières, la Pa Sak, la Lopburi et la Chao Phraya, cette dernière arrivant à Bangkok, coupant la capitale en deux. Quelques photos du festival; EuroNews en a même diffusé les images :

Et puisque l’on parle d’eau, comment ne pas citer Phayao, une ville dont le lac et son temple inondé se prête à merveille à de spectaculaires festivals aquatiques. Ce sera la 37e édition de l’asanhabucha aquatique sise au Wat Tilok Aram, le temple inondé au milieu du lac. Et là aussi, il y aura une triple circumambulation. Les plus curieux d’entre vous se demanderont si dite circumambulation est effectuée sur l’île, autour du temple, ou alors sur le lac, autour de l’île. Nous ne répondrons pas à cette question afin de vous laisser la surprise une fois sur place. Programme du mardi 16 juillet 2019 :

  • 6h : cérémonie religieuse matinale avec offrandes à 109 moines;
  • 16h : cérémonie d’ouverture (de jolies danses traditionnelles Lanna sont attendues);
  • 17h : triple circumambulation (mais où ?).

On vous invite vivement à faire le détour de Phayao (60 km de plus entre Chiang Mai et Chiang Rai) et découvrir cette magnifique province hors des sentiers touristiques convenus, où l’on vous accueillera avec authenticité. Ces quelques photos vous donneront-elles envie d’y aller ?

Asanhabucha2019PhayaoWatTilokAramMontage
Originale cérémonie aquatique à Phayao © Facebook – Akagapap

Ailleurs encore, à Saraburi par exemple, c’est une cérémonie d’offrande de fleurs et de bougies qui est organisée durant khao phansa en guise d’acte méritoire, avec la participation d’éléphants... De même à Surin, où les éléphants sont mis à contribution, bien malheureusement.


De quelques singulières cérémonies à Chiang Mai

Une même cérémonie, peu connue et impliquant elle aussi des pachydermes, se déroule dans la province de Chiang Mai, près de Mae Taeng. Elle a lieu à Maetaman. Les villageois, parmi lesquels beaucoup de membres issus des minorités ethniques, ont défilé le 12 juillet dernier, accompagnés de 66 éléphants qui portaient de grosses bougies de cire vers le temple local. Jetez donc un œil au reportage-photo de Chiang Mai News et aux photographies de Seven Pix, de même que sa vidéo accélérée.

À cette occasion, les écoles sont mises à contribution en ville de Chiang Mai. Ainsi des défilés qui précèdent l’asanhabucha et khao phansa. Les étudiants du Collège technique de Chiang Mai, par exemple, ont défilé le 10 juillet, amenant des bougies dans 11 temples de la ville. Et les élèves de l’école Thep Bodint Wittaya ont effectué eux aussi une procession, le 12 juillet, s’arrêtant dans divers temples de la Rose du Nord.

Asanhabucha2019ThepBodintSchoolPhotoMontage
Les élèves de l’école Thep Bodint Wittaya défilant dans les rues de Chiang Mai © Facebook – โรงเรียนเทพบดินทร์วิทยาเชียงใหม่

Autre cérémonie, religieuse celle-là, qui convoque des centaines de jeunes moinillons : le pèlerinage vers le fameux temple du Doi Suthep effectué à l’occasion de khao phansa. Au même titre que le pèlerinage nocturne du Doi Suthep par la population ou encore la montée spectaculaire des étudiants de l’Université de Chiang Mai, voilà un autre événement annuel qui a pour destination finale le Doi Suthep, montagne tutélaire de Chiang Mai et temple éponyme ô combien vénéré. Ainsi, les novices de deux temples (le temple royal Srisoda et le temple Wiwek Wanaram, à Sansai), accompagnés de moines plus expérimentés, effectuent le pèlerinage de jour (11 kilomètres d’un dénivelé de 700 mètres tout de même). Il y a là pas moins de 600 participants ! En thaï, on parle de ธรรมยาตรา (thamyattra) qui signifie pèlerinage. Le tout effectué sous le patronage du moine le plus vénéré du nord thaïlandais, feu Khruba Siwichai (le sanctuaire d’où part la marche porte son nom). Cette année, le pèlerinage se déroule durant la journée du jeudi 18 juillet 2019. Vous ne pourrez le manquer en visitant le temple du Doi Suthep ! Au programme :
➤ 7h : départ de la marche du sanctuaire de Khruba Siwichai, au pied du Doi Suthep, peu après le zoo.
➤ 15h : arrivée au temple du Doi Suthep avec une cérémonie finale.

C’est là un événement qui vous permet d’acquérir des mérites de deux manières : soit devenir volontaire aux différents postes de distribution de nourriture tout au long du parcours, soit alors sustenter les moinillons en leur offrant de l’eau. Plus original, un dévot a par exemple offert des centaines de savates aux jeunes moinillons en question. Cet événement est organisé sous l’égide du Ministère de l’Education thaïlandais, plus spécifiquement son Bureau de développement et de propagation du bouddhisme dans les communautés rurales. Retrouvez le pèlerinage 2019 en photo et vidéo, avec la cérémonie finale au temple.

Asanhabucha2019PèlerinageMoinillonsMontagePhoto
Ils étaient 609 moinillons pour ce pèlerinage annuel © Facebook (พระปลัดประทิน วรสทฺโธ & วัดศรีโสดา พระอารามหลวง)

Evénement spécial au Wat Phan Tao annulé (ou pas)

Le Wat Phan Tao (วัดพันเตา) – au cœur de la cité fortifiée ici à Chiang Mai – a le don de la mise en scène. Ainsi, ses jeunes moinillons font le bonheur des photographes. Il faut dire que le monticule où est posée une représentation du Bouddha est particulièrement photogénique, éclairé par des centaines de bougies, avec les moinillons méditant aux pieds de l’Éveillé.

Cependant, cette année 2019, il ne devrait y avoir aucune cérémonie spéciale ! Ceci en raison des rénovations du wiharn (travaux que nous vous avions déjà annoncés). Ainsi, pour vivre la féerie de cette soirée – une féerie empreinte d’émotion – vous devrez vous contenter de la vidéo ci-dessous (il s’agit de la cérémonie 2017). Ceci dit, nous sommes passés sur place et… des lampions étaient posés sur le monticule… Qui vivra verra !

Mise à jour. Il ne devait pas y avoir… mais il y a quand même eu ! Le Wat Phan Tao nous a indiqué annuler l’événement et… l’organise tout de même. Enfin, il s’est agi d’une cérémonie amputée il est vrai car la triple circumambulation autour du wiharn ne pouvait se faire, travaux de rénovation obligent. Retrouvez les préparatifs, la vidéo et les superbes photos de la cérémonie 2019 (merci à 100LannaNews).


Pas de tournée des 9 temples au cœur de Chiang Mai

Asanhabucha2019TATOdeurKasalongCover

En Thaïlande, le chiffre 9 est porteur de chance, entre autres (mais il a bien d’autres significations). L’année dernière, une visite de 9 temples auspicieux avait été proposée, véhiculé par un moyen de transport électrique. Ceci trois jours durant, avec un trajet nocturne qui a eu beaucoup de succès (il permettait de participer aux circumambulations nocturnes muni d’une bougie). Rien de tout cela cette année, hélas, trois fois hélas.

Le succès d’une série TV – L’odeur de kasalong – a poussé l’Office du tourisme a organisé la visite de quatre lieux religieux liés à cette série (et magnifiquement filmés) : le superbe Wat Ton Kwen (auquel nous avons déjà consacré un article), le Wat Ket Karam, le Wat Lok Moli et le Wat Jed Yod. Cela se passera justement les mardi 16 et mercredi 17 juillet 2019. Mais il est un brin inutile de vous en parler car toutes les places – gratuites – ont déjà été attribuées (sur réservation préalable). 

On vous indique donc à nouveau les neuf temples auspicieux qui étaient au programme l’année dernière. Qui sait, peut-être, comme tout bouddhiste qui se respecte, aurez-vous envie de les visiter vous aussi (mais alors par vos propres moyens) : il s’agit du Wat Phra Singh Woramahawihan (pour obtenir joie et apaisement), du Wat Dab Pai (pour combattre les mauvais éléments), du Wat Lok Moli (pour obtenir l’élévation spirituelle supérieure), du Wat Chiang Yuen (pour obtenir puissance et moyens de subsistance), du Wat Chiang Man (pour stabiliser les mérites déjà effectués), du Wat Duang Dee (afin d’attirer la bonne fortune), du Wat Phan Tao (pour multiplier l’effet des mérites), du Wat Chedi Luang (afin de recevoir des honneurs) et enfin du Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (ici le but est d’attirer or et… argent !).

AsanaBucha2018CoverMontageTournée9Temples.jpeg

Notez que ces « pèlerinages » motorisés sont monnaie courante en Thaïlande durant l’asanhabucha, un royaume très majoritairement bouddhiste. Avec le soutien (financier) de l’Office du tourisme officiel. Vous en avez une liste ici (mais c’est en thaï).

Carême ou pas carême ?
Dans son acception première, le carême est la période de quarante jours [sans compter les dimanches] située entre le mardi gras et le jour de Pâques, pendant laquelle les catholiques sont invités par leur Église à faire certains jours jeûne et abstinence et à se livrer à la prière et aux pratiques pénitentielles3. Par analogie, c’est une période d’abstinence, de maigre chère, de privations3.
Wan asanhabucha commémore le premier sermon du Bouddha. Et wan khao phansa correspond au début de la retraite monastique de trois mois. Où aucune privation n’est demandée aux moines autres que celles auxquelles ils se conforment déjà. Pas de jeûne donc (bien que ce soit là une pratique qui transcende les religions).
Pourquoi diable parler de « carême » ? En premier lieu, c’est sans nul doute la méconnaissance théologique des auteurs qui œuvre. Un peu comme si l’on vous affirmait qu’asanhabucha correspond au ramadan ! Ensuite, les dictionnaires traduisent le terme thaï de wan khao phansa par celui anglais de Lent (et donc de carême) ! Mais reconnaissons que les traducteurs sont souvent dépourvus lorsqu’il s’agit de traduire des notions étrangères à l’esprit des locuteurs (bien que des directives aient été émises il y a plusieurs siècles déjà). La plus grande partie du vocabulaire et des concepts du bouddhisme est difficilement traduisible en français, sans perdre le sens et la portée des termes originaux. Et Dieu sait – tout comme le Bouddha – que la conception bouddhique est à mille lieues de celle des Chrétiens. Écoutons Philippe Cornu, docteur en philosophie, sur cet intéressant sujet. Avouons cependant qu’utiliser le terme de carême peut être commode.


Et pas de Lune de sang éclipsée

EclipseLunaire201808NARIT
Ça, c’était l’année dernière ! © Facebook – NARIT

Vous savez que les fêtes bouddhistes thaïlandaises sont régies par un complexe calendrier luni-solaire. Ainsi, toutes les fêtes se déroulent durant les pleines lunes. Et il en est de même pour ces deux fêtes-ci : asanhabucha se tient durant la pleine lune du 8e mois lunaire, mardi 16 juillet cette année 2019, et wan khao phansa le lendemain, mercredi 27 juillet 2019. Ce sera donc l’occasion d’admirer l’astre lunaire pour ceux qui lèveront les yeux au ciel !

Mais contrairement à l’année dernière, où la nuit offrait la plus longue éclipse lunaire du siècle, ce n’est qu’une éclipse partielle qui pourra être observée la nuit du 16 juillet. La beauté sera cependant au rendez-vous puisque l’astre prendra une teinte rouge cuivrée, phénomène appelé populairement « lune de sang ». Plus de détails avec Numerama.


Mais une journée sans alcool !

Journée noire pour les tenanciers de bars, qui ferment pour la plupart durant ces deux jours commémoratifs ! La vente et la consommation d’alcool en public sont prohibées dans tout le royaume 48 heures durant dès l’asanhabucha (cette année de mardi 00:00 à mercredi minuit). Les hôtels internationaux bénéficient d’une certaine tolérance. Le gouvernement lance chaque année des campagnes de prévention, encourageant sa population à ne pas consommer d’alcool durant les trois mois de retraite bouddhique. Une ancienne campagne était ainsi nommée งดเหล้าเข้าพรรษา (ngod lao kao phansa, « pas d’alcool durant khao phansa ! »). En 2018, la devise de cette journée était la suivante : « Réduire ou cesser la consommation d’alcool rend les familles heureuses ».

Asanhabucha2019RedCrossBloodBankChiangMaiCoverMontage

Rappelons que l’alcool cause des ravages humains terribles, que ce soit avec les drames familiaux ou encore les accidents de la route. Et les Thaïlandais en profitent pour donner leur sang durant ces fêtes. Ainsi, du 13 au 17 juillet, une collecte de sang est organisée de 8h30 à 15h30 au Centre régional X du sang de la Croix-Rouge locale (ภาคบริการโลหิตแห่งชาติที่ 10 จังหวัดเชียงใหม่, ici). Tous les détails (en anglais) sur la page Facebook de la Banque du Sang.


Fermetures et événements spéciaux

Ces mardi 16 et mercredi 17 juillet 2019, attendez-vous à beaucoup des fermetures dues aux féries. Ainsi, les musées, les administrations (dont les bureaux de l’immigration) à l’exception bien entendu de la police qui assure son service 24 heures sur 24, les ambassades et consulats, de même que la poste et les banques seront fermés. Mais comme une bonne partie de ces services se trouve également dans les centres commerciaux – qui eux restent ouverts comme d’habitude – vous ne devriez pas trop subir d’inconvénients. Devons-nous encore préciser que les 7 Eleven restent bien entendu ouverts, 24 heures sur 24 de surcroît.

Asanhabucha2019MAYACoverFBEvent.jpg

Les centres commerciaux, fidèles à leurs pratiques et faisant de tout pour attirer les chalands, marquent d’ailleurs eux aussi l’événement. Ainsi MAYA qui organise une cérémonie d’offrandes matinales aux moines. Ils étaient 99 moines l’année dernière, ils ne seront que 9 cette année, 9 moines qui récolteront les offrandes faites par les fidèles le mardi 16 juillet 2019, à 8h, sur la place de la fontaine, à l’entrée du centre commercial donc.

Le zoo de Chiang Mai sera ouvert (et accueillera sans nul doute beaucoup de visiteurs ce jour-là). A notre connaissance, cette année ne sera pas marquée par la cérémonie qui avait eu lieu en 2018 à l’occasion de l’asanhabucha : un cortège aux bougies qui incluait… des éléphants et d’autres animaux du zoo (qui n’avaient rien demandé !).

Contrairement à l’année dernière, ces deux fêtes bouddhistes ne coïncideront pas avec l’anniversaire de Sa Majesté le roi Rama X, le prochain samedi 28 juillet 2019. Un événement dont on vous reparlera sur notre page Facebook.

In fine, l’Association thaïlandaise végétarienne de Chiang Mai (TVA – Thai Vegetarian Association) vous invite à ne consommer ni viande ni alcool durant les trois prochains mois.

L’asanhabucha est une fête bouddhiste qui inspire chaque année les graphistes thaïlandais. Les extraits ci-dessous sont tirés du site Dhamma on Lens qui promeut le multimédia en lien avec le bouddhisme. Présentation des artistes et de leur œuvres.

Asanhabucha2019DhammaOnLensCoverMontage.jpeg
© Facebook – Dhamma on Lens

La Rose du Nord vous permet donc de vivre un événement authentique ce mardi 16 juillet en soirée. Ne manquez pas de vous rendre à la tombée de la nuit dans un des temples évoqués afin d’en observer le rituel bouddhiste.

Et l’on vous donne rendez-vous dans trois mois (lunaires), à l’occasion de ce que nous appelons – par commodité mais erronément – la fin du « carême » bouddhiste, ok phansa (qui donc est plus précisément la fin de la retraite monastique).

Bandeau 1


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

Bouddhisme - Livres Montage 1.jpeg
De quelques ouvrages fort instructifs

Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

Bouddhisme - Livres Montage 2
Le bouddhisme côté pratique

Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.

LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE
● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique.
Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon.
● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ».
● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne.
● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).

Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.


1 Plusieurs graphies recouvrent toutes la même commémoration (asana, asarna, asahna, asala, asalaha, asaraha…). Nous basant comme à notre habitude sur le RTGS – Système général royal de transcription du thaï, nous avons retenu celle prônée par ce dernier, à savoir asanhabucha (en un seul mot, sans majuscule). De même pour bucha (que l’on retrouve écrite parfois puja, transcription du sanskrit selon la devanagari…). En thaïlandais, cela donne ceci : วันอาสาฬหบูชา (wan asanhabucha) et อาสาฬหบูชา (asanhabucha).
2 Ce sont là des termes pāli,  langue indo-européenne qui est utilisée encore aujourd’hui comme langue liturgique dans le bouddhisme theravada.
3 Définition du TLFi.

Entre autres sources, celle du ministère de la Culture thaïlandais.

Photo à la Une © Facebook. Crédit : Mongkol Ritthaisong et source : ChiangMai Photo Club (une cérémonie qui n’aura donc pas lieu cette année au Wat Phan Tao).
Article publié le 15.07.2019 et mis à jour le 14.07.2020.

Vous appréciez notre travail ? Produire du contenu original demande du temps, des compétences et des connaissances. Utilisez nos liens d’affiliation tant pour vos hébergements, vos déplacements que les achats multimédias. Votre soutien ne vous coûtera rien de plus et nous aidera à continuer à vous offrir les informations que vous appréciez. Un grand merci à vous 🙏

Powered by 12Go Asia system