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5 décembre en Thaïlande. Commémoration de l’Anniversaire du Roi Bhumibol Adulyadej

Le 5 décembre 2018, comme tous les 5 décembre, c’est jour férié dans toute la Thaïlande ! Cette journée correspond à la date de naissance du défunt roi Bhumibol le Grand, un jour férié maintenu malgré la disparition de ce roi bien-aimé. Comme l’an dernier, le Premier ministre de la junte au pouvoir, le général Prayut Chan-o-cha, a d’ailleurs invité tous les Thaïlandais à lui rendre hommage. C’est la raison pour laquelle vous verrez plus de personnes vêtues de jaune ce mercredi, couleur du jour de naissance du roi, un dimanche.

Un jour férié

S’agissant d’un jour chômé, il faut compter avec les fermetures habituelles (tous les bureaux étatiques, certains musées, les banques et assurances – mais pas les centres commerciaux, etc.). La vente d’alcool n’est pas prohibée.


Commémorations à Chiang Mai

À notre connaissance, ici à Chiang Mai, pas de grande commémoration officielle comme l’année dernière au parc royal Rajapruek (ou Royal Flora). C’est dommage car il faut bien avouer que ces cérémonies aux chandelles sont toujours très émouvantes. Ce fût notamment le cas de l’événement ayant attiré énormément de monde quelques semaines après la disparition du monarque. On parle ici de l’immense manifestation organisée le 5 décembre 2016 où l’émotion était à son comble. Le Royal Flora organise cependant quelques activités mais qui n’attireront au premier chef que les personnes thaïlandaises (ce sont des expositions et des ateliers en lien avec son engagement dans l’agriculture, voir ci-dessous). Petit clin d’œil de la nature : un phénomène solaire se déroule là-bas tous les jours de 16h50 à 17h10, et ce jusqu’au 10 décembre (on vous en reparle très bientôt). Notez que toute commune ou presque en Thaïlande commémorera officiellement l’événement¹, mais rien de transcendant à Chiang Mai, ou du moins rien de public qui puisse intéresser le touriste ou l’expatrié.

D’autres événements sont annoncés, entre autres :

  • La Banque du Sang de la Croix-Rouge attend votre don sanguin le mercredi 5 décembre 2018, de 9h à 15h30, en son siège sis à Chiang Mai (ภาคบริการโลหิตแห่งชาติที่ 10 จังหวัดเชียงใหม่). Action compassionnelle ô combien méritoire en souvenir du roi. En savoir plus.
  • L’ambiance sera plus festive au centre commercial Central Festival puisque l’université Payap vos y invite afin d’écouter son big band de jazz. Vous savez que feu le roi Bhumibol était un excellent musicien, s’adonnant notamment au saxophone; il a composé des morceaux et le big band les jouera en direct. Une exposition s’y déroule et cela a lieu à l’étage 1, soit le rez-de-chaussée de centre (เซ็นทรัลเฟสติวัล เชียงใหม่), les lundi 3, mardi 4 et mercredi 5 décembre 2018. En savoir plus.
  • Autre événement, et non des moindres : la grande cérémonie matinale d’offrandes aux moines bouddhistes qu’organise le gouvernement de la province de Chiang Mai. Vous pourrez y assister, et pourquoi pas offrir vous aussi de la nourriture aux moines, ce mercredi 5 décembre 2018, à 6h30 au grand centre d’exposition et de congrès, le CMECC, au nord de la ville (Chiang Mai International Convention and Exhibition Center, ศูนย์ประชุมและแสดงสินค้านานาชาติ เชียงใหม่).

Grande parade internationale « We Love the King »

Ce sera là l’événement public marquant de ce mercredi 5 décembre 2018 : la grande parade internationale « We Love the King ». Un défilé qui prend de l’ampleur, impliquant, au fil des ans – nous en sommes à la 7e édition – des centaines d’intervenants et pas moins de badauds. Initiée par la communauté étrangère de Chiang Mai, l’événement fédère une communauté hétéroclite allant des écoles internationales aux divers consulats étrangers, en passant par les associations d’expatriés. Les Thaïlandais ne sont pas insensibles à cette marque d’affection vis-à-vis d’un roi, le défunt Bhumibol, qu’ils appréciaient. Et cela donne un spectacle de toute beauté ! La manifestation honore le présent roi, Sa Majesté  Maha Vajiralongkorn Bodindradebayavarangkun, Rama X, non sans oublier bien entendu de commémorer la mémoire de feu Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej le Grand, de même d’avoir une pensée pour dame son épouse, Sa Majesté la Reine Sirikit.

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La parade débute mercredi à 15h sur la place Tha Pae (ลานอเนกประสงค์ ประตูท่าแพ). Elle arrivera à 17h sur la place des Trois Rois (พระบรมราชานุสาวรีย์สามกษัตริย์), au cœur de la cité fortifiée. Une place où des concerts seront donnés en soirée (jusqu’à 21h). Vous pourrez également suivre une exposition sur la vie et les œuvres du défunt roi Bhumibol. Pour y avoir participé l’année dernière, c’est un événement unique auquel nous vous conseillons vivement de vous joindre (il est demandé, à défaut d’une tenue correcte, de revêtir l’habit traditionnel de votre lieu d’origine). Peut-être verrez-vous les participants mardi déjà puisqu’une répétition sera donnée l’après-midi.

Organisateur : We Love King Club (International). Évènement FB.


La Fête des Pères thaïlandais

Ce roi était considéré comme le Père de la Nation, c’est donc aussi la Fête des Pères en Thaïlande (une fête pour l’heure maintenue à cette date malgré l’accession au trône de son fils, Rama X, né, lui, un dimanche 28 juillet). L’avenir nous dira si les pères thaïlandais continueront à être fêtés ce 5 décembre – ce qui est fort probable tant Bhumibol était aimé de son peuple.

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© Facebook

En attendant, on le signale avec quelques réticences, mais sachez que ce mercredi 5 décembre les pères ont accès gratuit au Night Safari (เชียงใหม่ไนท์ซาฟารี), sans doute le plus beau zoo de Chiang Mai (évidemment, l’idée est d’y aller avec ses rejetons, qui eux paieront). Autre bonne nouvelle, mais qui ne concernent que les pères thaïlandais, l’accès à tous les parcs nationaux est gratuit aujourd’hui ! Rappelons ici que c’est le roi Rama IX qui a été l’instigateur de la création des nombreux parcs nationaux thaïlandais.

Toujours est-il que Google célèbre régulièrement cette Fête des Pères thaïlandais à sa manière, avec un sympathique doodle, celui de 2018  (avec en dessous, celui de 2017) 😄

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La Journée mondiale des Sols 2018 #JMS

JournéeMondialeDesSolsSignalons encore que ce 5 décembre correspond à la Journée mondiale des Sols dont le thème cette année est « Pollution des sols : soyez la solution« . #StopSoilPollution, autrement dit mettre fin à la pollution des sols, tel est l’objectif de cette Journée mondiale des sols mais aussi pendant toute l’année. La qualité des sols pour l’agriculture, une problématique qui était chère au défunt roi, lui qui a tant œuvré pour instaurer une économie d’autosuffisance respectant et la nature et ses habitants (les membres des minorités ethniques, nombreuses ici au nord, lui en sont encore fort reconnaissants). Un article du journal L’Express nous le rappelle.

C’est avec beaucoup de reconnaissance – on laisse la fierté aux Thaïlandais qui, en l’espèce, la méritent – que nous avons appris que le choix du 5 décembre pour fixer cette Journée mondiale n’est pas un hasard : c’est justement en l’honneur du défunt roi que cette date – son anniversaire – a été choisie ! La communauté mondiale, à travers la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, salue ainsi l’engagement du roi Bhumibol pour les communautés agricoles, souvent bafouées, dont l’existence-même dépend de l’agriculture et donc de la qualité des sols.

Cette journée est très populaire dans les campagnes du royaume. Sur cette page Facebook sont répertoriées toutes les initiatives organisées, et elles sont nombreuses. Ainsi dans la région de Chiang Mai, c’est un séminaire de trois jours qui se déroule au Bureau du district de Mae Chaem du 3 au 5 décembre 2018, avec exposition à la clef.

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La Journée mondiale des Sols sur le net #JMS #WSD

Site web officiel (sous l’égide de la FAO; page Facebook et site web)
Page Facebook officielle (sous l’égide de l’IUSS – Union internationale des sciences du sol; page Facebook et site web)
Évènement FB officiel

Journée des Sols en Thaïlande
Page Facebook officielle (World Soil Day วันดินโลก)
Évènement FB officiel (งานมหกรรมวันดินโลกปี 2561 « World Soil Day 2018 »)

La brève vidéo ci-dessous dresse l’historique de cette journée pour laquelle le défunt roi de Thaïlande a joué un roi essentiel.

Et si besoin était, ce film d’animation vous permet de prendre conscience de la réalité des ressources en sols dans le monde, couvrant les questions de dégradation, d’urbanisation, d’accaparement des terres et de surexploitation ; le film offre des options pour rendre notre façon de gérer nos sols plus durable.


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© Facebook

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué officiel de l’Office du Tourisme de Thaïlande (TAT) quant à la commémoration de l’Anniversaire du Roi Bhumibol Adulyadej : « Le 5 décembre demeure un jour férié en Thaïlande en l’honneur de l’anniversaire de naissance du défunt Roi Bhumibol Adulyadej. À cette date la fête des Pères est également célébrée car le souverain était affectueusement considéré comme le « père de la nation ».
De son vivant, son anniversaire a toujours été une journée de fête nationale. Toutes les provinces du pays le célébraient à travers de belles festivités animées de feux d’artifice, de cérémonies aux chandelles ou encore de concerts de musique. Si les événements commémoratifs sont susceptibles d’être plus modérés dans les années à venir, il n’en reste pas moins que le 5 décembre restera un jour où les Thaïlandais continueront à rendre hommage à leur souverain bien aimé. À Bangkok, la tradition voulant que l’avenue Ratchadamnoen et les environs du Grand Palais soient somptueusement illuminés pour l’occasion sera perpétuée. Le Roi Bhumibol Adulyadej était un photographe et un marin passionné, mais également un musicien renommé. Saxophoniste et clarinettiste accompli, son penchant pour le jazz l’a amené à composer ses propres œuvres. Cet amour du défunt roi pour la musique a inspiré la série de concerts gratuits « Concert in the Park », qui se dérouleront au Lumphini Park à Bangkok.
Le souverain a accédé au trône et est devenu Rama IX, le neuvième roi de la dynastie Chakri, en 1946 alors qu’il n’avait que 18 ans. Afin de permettre au jeune monarque de compléter son éducation, le couronnement fut retardé jusqu’en 1950. Il épousa la reine Sirikit le 28 avril 1950 et son couronnement eut lieu une semaine plus tard, le 5 mai. Le roi Bhumibol et la reine Sirikit ont mis en place de nombreux projets royaux et œuvré pour améliorer la vie des populations rurales à travers la Thaïlande. La compassion du couple et la longévité de leur règne les ont conduits à être perçus affectueusement par de nombreux Thaïlandais comme le « père et la mère de la nation ». C’est pourquoi tout comme l’anniversaire du roi marque également la célébration de la fête des Pères, l’anniversaire de la reine, le 12 août, est considéré comme le jour de la fête des Mères. »

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De son vivant, son anniversaire a toujours été une journée de fête nationale. Toutes les provinces du pays le célébraient à travers de belles festivités animées de feux d’artifice, de cérémonies aux chandelles ou encore de concerts de musique.

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Celles et ceux désirant en savoir plus sur feu le roi Bhumibol Adulyadej pourront commencer par lire la fiche que lui consacre Wikipedia. La monarchie thaïlandaise est présente sur le web (c’est un site officiel, en anglais, quelque peu austère). Il y a également des pages Facebook panégyriques, à l’image de celles-ci : King Bhumibol The Great, Information Center for King Rama 9Nous aimons le roi Bhumibol Adulyadej – Rama IX (en thaïlandais) et Thai Royal Family News. Ou encore ce musée virtuel : 89 years of King Rama IX.

Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à LausanneLes férus de lecture plongeront avec délice dans l’ouvrage Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne. Un livre qui révèle pour la première fois les souvenirs professionnels de Cléon C. Séraïdaris, précepteur particulier de Leurs Majestés les Rois Rama VIII et Rama IX durant leurs études en Suisse, qui resta pendant vingt-six ans au service de la Famille Royale. C’est pour répondre au voeu de S.M. le Roi Bhumibol de faire connaître la carrière de son précepteur auprès de la Famille Royale en Suisse que le fils de ce dernier publie cet ouvrage, quinze ans après la disparition de son père. Par discrétion et loyauté, Cléon C. Séraïdaris n’avait pas révélé ces épisodes historiques, estimant être astreint à un devoir de réserve. Ces pages n’auraient donc jamais vu le jour sans la suggestion du Roi qui, lors d’une audience privée, encouragea l’auteur à éditer ce recueil (il en existe deux autres versions, en anglais et en langue thaïlandaise). Un témoignage unique, abondamment illustré de photographies et de documents issus des archives familiales de l’auteur, un point de vue intimiste et familial, une part de l’Histoire du Royaume de Thaïlande.


Vous pouvez revoir ci-dessous la gigantesque cérémonie d’hommage organisée l’année dernière au pont Bhumibol qui enjambe le fleuve Chao Phraya (Bhumibol Bridge) à Bangkok, quelques semaines après la disparition du roi bien-aimé.


¹ Se référer à cet article (en thaï).

Crédit photographique de l’image à la une : © Facebook (source inconnue).
Mise à jour le 05.12.2018.

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Seub, l’icône écologiste de la Thaïlande

Seub1, c’est un peu le « Nicolas Hulot » de la Thaïlande, à la différence près que cet activiste s’est donné la mort il y a 28 ans 😔 Feu Khun Seub est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire récente de la Thaïlande. Véritable défenseur de l’environnement, la protection des forêts et de la faune habitait cet écologiste convaincu. Il a payé sa passion en sacrifiant sa vie.

On considère un peu trop vite la Thaïlande comme un mauvais élève en matière d’écologie. Pensons ici au carburant E91 vendu dans tout le royaume (alors qu’il a été interdit en Europe), à la consommation effrénée de plastique (la Thaïlande est un des  cinq pays les plus pollueurs en la matière) ou encore au sort réservé aux éléphants, exploités de manière éhontée. Mais il y a ici aussi des activistes en matière d’écologie et Seub en faisait partie. Sa disparition, tragique, est commémorée annuellement, le 1er septembre, une opportunité de parler de la préservation de l’environnement au Pays du Sourire.


Quid donc était Seub2 ?

Seub Nakhasathien (สืบ นาคะเสถียร en thaï), militant et érudit thaïlandais, était un défenseur de l’environnement, reconnu pour ses efforts visant à protéger un important lac artificiel et des réserves animalières. Après des années de combat écologiste, Seub s’est suicidé le 1er septembre 1990 pour signifier l’importance de l’environnement et pour le préserver. Sa mort a inspiré de nombreux jeunes Thaïlandais à s’engager pour la protection de l’environnement.

Les premières années. Seub, né Seubyos dans la province de Prachinburi, était l’enfant du gouverneur, par ailleurs chasseur. Sa famille exploitant une ferme, il a été en contact avec de nombreux animaux, recueillant également des animaux sauvages, dont beaucoup sont morts à cause d’un traitement inadéquat. Adolescent, il aimait à chasser les oiseaux. Plus tard, sa maturité aidant, Seub a cessé d’en chasser. De ce passé, il dira : « Nous avons tous fait des erreurs. »

Sa carrière. Seub était un perfectionniste. Quelle que soit la taille de la tâche, il se sentait contraint de l’accomplir sans faille. En raison de sa passion pour les arts, Seub voulait étudier l’architecture. Mais ses résultats à l’examen d’entrée à l’université l’ont orienté vers la Faculté de foresterie de l’Université Kasetsart, son cinquième choix d’études. Son camarade de classe et colocataire a décrit Seub comme un étudiant brillant, toujours assis à l’avant de la classe et prenant des notes avec des dessins. Seub a été toujours vu en train de lire des livres le soir. Il s’investissait avec sérieux dans toutes ses tâches. Après l’obtention de son diplôme, il a poursuivi des études supérieures en sylviculture. En 1979, il a reçu une bourse du British Council pour une maîtrise à l’Université de Londres afin d’étudier la conservation des ressources et de l’environnement. Il a également obtenu une bourse de doctorant pour étudier au Royaume-Uni en 1989, mais a décidé d’accepter le poste de surintendant du sanctuaire de la faune sauvage Huai Kha Khaeng. Il a par ailleurs mené des recherches sur les animaux sauvages, en particulier les oiseaux, les gorilles, les chamois… Il a également travaillé comme professeur de biologie à l’Université Kasetsart.

Le projet d’évacuation de la faune de Cheow Larn. En 1986, Seub a été nommé chef de projet d’évacuation de la faune lors de la création du barrage de Cheow Lan, avec un faible budget (il s’agissait d’évacuer une zone de 400 km²) ! Le barrage de Rajjaprabha ou barrage de Cheow Lan, treizième barrage de Thaïlande, a été achevé en 1987. L’inondation qui en a résulté a détruit 185 kilomètres carrés de la plus grande superficie restante de forêt pluviale à feuillage persistant des basses terres du pays. Pour la première fois en Thaïlande, une opération de sauvetage a été menée pour tenter de sauver une partie de la faune sauvage, qui comprenait des espèces menacées et en voie de disparition échouées sur les îles au fur et à mesure que les eaux s’élevaient. En 18 mois, 1’364 animaux de 116 espèces ont été capturés. Quarante-quatre sont morts peu après. Les survivants ont été relâchés dans des zones protégées à proximité. Seub a pu sauver des centaines d’animaux mais il savait que beaucoup d’autres n’ont pas pu s’échapper et en sont morts. Après ce qu’il considérait comme l’échec du projet Cheow Lan, il s’est battu contre d’autres projets d’exploitation forestière et de construction de barrages, comme le barrage de Nam Chon. Le projet de l’État de construire le barrage au cœur de la forêt de Thungyai Naresuan dans les années 1990 a déclenché la première protestation environnementale du pays dans laquelle les manifestants ont eu gain de cause.

Sanctuaire de la faune Huai Kha Khaeng. En 1988, Seub et ses collègues conservationnistes ont pris des mesures contre la Thai Plywood Co. Ltd, une entreprise d’État relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement au sujet d’une concession forestière dans le sanctuaire faunique de Huai Kha Khaeng (ห้วยขาแข้ง). Dans son argumentation, il a affirmé que « celui qui veut faire de l’exploitation forestière est le Département Royal des Forêts, et celui qui veut conserver la forêt est aussi le Département Royal des Forêts ».

Ce sanctuaire, un endroit unique, qui préserve une importante faune sauvage, se trouve à l’ouest de la Thaïlande, le long de la frontière avec le Myanmar (l’ex-Birmanie, dans les provinces d’Uthai Thani, Tak et Kanchanaburi). Ce sont en fait deux sanctuaires distincts mais contigus, Huai Kha Khaeng et Thung Yai Naresuan. Cette région de 622’200 hectares englobe deux importants systèmes fluviaux, le Khwae Yai supérieur et le Huai Khakhakhaeng. Il s’agit ni plus ni moins de la plus grande zone de conservation de l’Asie du Sud-Est continentale et l’une des zones forestières les moins accessibles et les moins perturbées de Thaïlande. Et c’est ce qui explique que ces deux réserves ont été inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que biens naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité, premier du genre en Asie du Sud-Est.

Sanctuaires de Thung Yai-Huai Kha Khaeng
S’étendant sur plus de 600 000 ha en bordure de la frontière avec le Myanmar, les sanctuaires, demeurés en grande partie intacts, contiennent presque toutes les formations forestières de l’Asie du Sud-Est continentale. Ils abritent un ensemble d’espèces animales très divers, dont 77% des grands mammifères (notamment éléphants et tigres), 50% des grands oiseaux et 33% des vertébrés terrestres que l’on trouve dans cette région.
Tous les détails de ces sanctuaires sur le site web de l’Unesco (description, cartes, documents, galerie de photos, indicateurs et demande d’assistance).
Le sanctuaire Huai Kha Khaeng a sa propre page Facebook, hélas animée en langue thaï seulement.

Seub avait une vision de protection globale de ces réserves animalières : des gardes forestiers doivent patrouiller avec les équipes de protection de la faune pour s’assurer que les animaux ne soient pas blessés et que la déforestation soit stoppée. L’idée de « zones tampons forestières » a été mise en œuvre. Les villages de la zone tampon forestière ont été mobilisés en tant que « villages forestiers ». Leurs habitants ont été impliqués avec des programmes d’arrêt de la chasse et de la déforestation. Les villageois ont d’ailleurs remis leurs armes à feu aux autorités en signe de bonne foi et de coopération.

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© Facebook – Priwan Den (1 & 2)

Suicide. En 1989, sous pression (il devait notamment gérer un problème de salaire d’ouvriers, de même que des désaccords avec des cadres supérieurs, sans parler de la mort de certains employés), alors qu’il était à la tête du sanctuaire Huai Kha Khaeng, Seub se découragea. Pour lui, la seule façon de conserver pleinement le sanctuaire était d’en faire un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Après avoir effectué des recherches et complété le rapport à cet effet, il l’a soumis à l’organisation qui l’a approuvé après sa mort. Le 31 août 1989, Seub travaillait comme d’habitude. Le lendemain, vers 4h du matin, un coup de feu a été entendu mais au Huai Kha Khaeng le bruit des coups de feu n’était pas rare. Seub n’a pas été vu au petit-déjeuner. À 10h, un de ses collaborateurs s’est rendu à son refuge et a trouvé son corps sur son lit entouré de morceaux de papier. Sur l’un d’eux était écrit : « J’ai l’intention de me tuer, personne n’a été associé dans cette décision », signé par Seub.

Perception du suicide d’un point de vue bouddhiste3
Selon les enseignements de Bouddha, ce qu’un individu fait à tout moment aura une conséquence sur son avenir, dans cette vie ou dans la suivante (principe de la réincarnation). Il y aurait donc un lien de cause à effet, appelé karma par lequel toute action intentionnelle du corps, de l’esprit ou de la parole aurait des conséquences et des répercussions à l’avenir. Nos actions passées détermineraient ainsi les caractéristiques de notre existence terrestre. Selon certains maîtres bouddhistes, le suicide commis dans une vie pourrait entraîner sa répétition dans plusieurs vies suivantes. Une exception cependant, le suicide altruiste, dans une vie passée, le bouddha aurait sacrifié son existence en offrant son corps à une tigresse affamée allaitant cinq tigrons, qui devinrent les cinq premiers disciples de Bouddha.

La mort de Seub a poussé la Thaïlande à l’action. Dix jours après sa crémation, le 10 septembre 1990, correspondant au 94e anniversaire de la création du Département Royal des Forêts, la Fondation Seub Nakhasathien a été créée. Elle a reçu des dons de Sa Majesté la reine douairière Sirikit et de Son Altesse la Princesse Soamsawal, ainsi que des milliers d’autres sympathisants. Ses objectifs sont de protéger les sanctuaires naturels ainsi que la flore et la faune qui les habitent et de protéger les espèces en voie de disparition.

Retrouvez cette biographie, plus complète, en anglais, sur Wikipédia, ou encore sous forme de 10 transparents (slideshow).

Seub Nakhasathien a publié de nombreux textes liés à ses recherches, variées, par exemple sur la cigogne de Storm, sur la gestion de la forêt, qu’elle soit présente dans un bassin hydrographique ou qu’il s’agisse de forêt marécageuse de tourbe, sur le sauvetage de la faune, sur l’importance des sanctuaires fauniques, sur le muntjac de Fea, une espèce en voie de disparition, sur la nidification et la ponte de certaines espèces d’oiseaux, ou encore sur l’impact des centrales hydroélectriques sur la faune. Seub est connu de tous les Thaïlandais. Dans la culture populaire, plusieurs artistes lui ont consacré une chanson. Un poisson d’un nouveau genre découvert dans le sanctuaire de faune de Chiang Dao, ici dans la province de Chiang Mai, porte même son nom, l’oreglanis nakasathiani.

Pour commémorer la grandeur de Seub, Thai PBS a produit un documentaire, diffusé en 2013, The lights never gone (แสงไฟไม่เคยดับ). Par ailleurs, en 2015, Phakpoom Wongpoom est l’auteur d’un court métrage, Falling rain in Huai Kha Khaeng (ฝนตกที่ห้วยขาแข้ง),  avec Nopchai Chainam dans le rôle de Seub Nakhasathien, partie intégrante du quadriptyque Royal symphony – Songs in our Heart (คีตราชนิพนธ์์ บทเพลงในดวงใจราษฎร์), œuvre inspirée par les compositions musicales de feu le roi Bhumibol. Voici la bande-annonce du film qui conte la vie de Seub, dont la fin est tragique :


Commémorations du 1er septembre

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de la mort de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. A notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2018 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. Une exposition en plein air est organisée à l’occasion des 28 ans de la disparition de Seub. Le vendredi 31 août, en plus d’un débat l’après-midi, un concert a lieu à 17h, puis une cérémonie aux chandelles à 20h20 suivie d’un spectacle son et lumière sur la vie de Seub. Le lendemain, samedi 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.
Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

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🌳 Evénement national du 7 au 9 septembre 2018 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï).


La Fondation Seub Nakhasathien

SeubNakhasathien2018LogoFBthaCréée dix jours après la crémation de Seub, la Fondation Seub Nakhasathien maintient le flambeau environnementaliste. Elle s’est donnée pour tâches :

  1. Le soutien de la réserve animalière Huai Kha Khaeng.
  2. L’amélioration du bien-être des gardes-forestiers par des programmes d’empowerment.
  3. La protection et la conservation des forêts sous le concept « Pas de forêt, pas d’eau ».
  4. La promotion de la conservation des ressources naturelles et de l’environnement.
  5. Le soutien de la recherche sur la faune à travers la création d’un fond spécifique.

Ces cinq axes d’action expliquent par exemple l’implication de la fondation dans une récente affaire qui a scandalisé l’opinion publique thaïlandaise : le braconnage du patron multi-millionaire d’ItalThai qui est notamment soupçonné d’avoir tué une panthère noire, espèce protégée. La fondation suit cette affaire et veut que le coupable soit condamné (Son Altesse royale la princesse Ubolratana, soeur-ainée du roi actuel Rama X, soutient moralement le ranger à la base de la dénonciation). Plus d’informations (mais c’est en thaï).

La Fondation Seub Nakhasathien sur le net

Site web (en langue thaï uniquement)
Page Facebook (version anglaise peu mise à jour)
Twitter
Instagram
YouTube
Issuu (qui nous permet de consulter le magazine édité par la fondation)


Autres organismes environnementaux

De par la richesse de sa faune et de sa flore, sans oublier bien entendu celle des fonds marins, le royaume de Thaïlande se doit d’être attentif à la protection de son environnement. Mme Pinkaew Laungaramsri, maître de conférence à la CMU – Université de Chiang Mai, nous parle de la politique de conservation de la nature en Thaïlande, un article publié dans la Kyoto Review of Southeast Asia.

Les ONG environnementales de la région du sud-est asiatique représentent un mouvement émergent. En Thaïlande, où elles sont plus développées, les ONG environnementales sont devenues une voix forte que le gouvernement ne peut plus ignorer4Moult ONG sont actives dans le pays, certaines focalisées sur la sauvegarde animale, d’autres sur l’environnement en général. Parmi elles, le WWF Thailand, de même que Greenpeace Thailand, ont rendu hommage à Seub Nakhasathien ce 1er septembre. Citons encore, en vrac :

  • La fondation Freeland. Une fondation – soutenue par USAID – qui fournit une expertise et un soutien au réseau de sauvegarde de la faune sauvage des nations du sud-est asiatique (ASEAN Wildlife Enforcement Network), fruit d’une initiative intergouvernementale régionale visant à lutter contre la contrebande d’espèces sauvages.
  • La Fondation PATT – Plant A Tree Today. Voilà une ONG que n’aurait pas reniée Seub. Créée pour lutter contre la déforestation en cours par le biais de campagnes d’éducation du public et de plantations d’arbres, elle est fort active en Thaïlande.
  • Green Fins Thailand. Une organisation soutenue par l’UNEP – le programme de l’ONU Environnement qui travaille avec les opérateurs économiques, les communautés et les gouvernements. Cette ONG aide à mettre en œuvre des normes environnementales pour l’industrie de la plongée et du snorkelling par le biais d’un code de conduite.
  • Et enfin, non loin de Chiang Mai, Conserve Natural Forests (CNF – Préservation des Forêts Naturelles). Une organisation à but non lucratif basée à Pai qui vise à restaurer les écosystèmes tropicaux endommagés avec, comme principaux idéaux, le reboisement, la réhabilitation de la faune et l’éducation.

Les minorités ethniques, nombreuses ici au nord de la Thaïlande, sont très concernées par la problématique de l’environnement, notamment à travers la déforestation rampante. Qui est en contact avec les Karens, par exemple, sait ce peuple très proche de la nature. Ainsi, à la naissance d’un enfant, certains Karens entourent un petit arbre à l’aide du cordon ombilical : ce sera là l’arbre que le nouveau-né devra protéger tout au long de son existence. Il est donc naturel que des ONG soutiennent ces peuplades, à l’exemple de la KWCI – Initiative karenne pour la préservation de la faune et de la flore.

On mentionne in fine le Ministère thaïlandais des Ressources Naturelles et de l’Environnement (son site web et sa page Facebook).


Déforestation. Du combat des environnementalistes, parfois mortel !

Il est bien loin le temps du royaume du Siam couvert de forêts épaisses et luxuriantes, habitées par une faune abondante, en particulier ici au nord ! La déforestation, commencée au XIXe siècle, a fait des ravages inéluctables. La forêt de Thaïlande, comme toutes les forêts tropicales, est en voie de disparition, hélas, trois fois hélas. Il s’agit cependant d’une problématique complexe. Lisez donc ces deux articles : Quel avenir pour les forêts thaïlandaises ? et En Thaïlande, les arbres cachent une forêt d’injustice. Celles et ceux désirant connaître le sujet plus en profondeur liront avec intérêt cet autre travail de Jean-Pierre Lainé : Déforestation et reboisement en Thaïlande. Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous agir. En premier lieu en évitant d’acheter du bois devenu rare comme le teck. Il existe des labels assurant la durabilité sylvicole à l’image du label FSC.

Le précédent roi de Thaïlande, feu Sa Majesté Bhumibol le Grand, s’est beaucoup impliqué dans la protection de l’environnement. Un roi qui avait obtenu un prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l’environnement en Thaïlande5.  Un pays qui compte d’ailleurs de très nombreux parcs nationaux.

En tant que « roi du développement », Sa Majesté [le roi Bhumibol] a tendu la main aux populations les plus vulnérables de Thaïlande, sans se soucier de leur statut, de leur ethnicité ou de leur religion, a écouté leur problèmes et leur a donné les moyens de se prendre en charge.
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

Bien que la situation des défenseurs de l’environnement de par le monde soit tragique (les morts se comptent par centaines), ces activistes méritent une Protection Internationale, en Thaïlande aussi. Chiang Mai a aussi ses activistes. Nous vous parlerons bientôt de l’action en cours visant à sauver le Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville. En attendant, jetez un œil sur l’article que le magazine Spark U Lanna leur a consacré : The environmentalists (pages 6 à 10).


Promenez-vous donc dans la nature siamoise !

Quelle meilleure façon que de prendre conscience de la richesse et de la beauté de la nature qu’en allant l’admirer in situ ? Et la Thaïlande vous offre mille possibilités : ses  rivages ou ses fonds marins, ses nombreux lacs, ses parcs nationaux, ses sanctuaires, ses cascades, sa jungle, ses montagnes…

Le nord du royaume en général et la province de Chiang Mai en particulier sont bien lotis. En tant que touriste, vous serez sans nul doute tenté par la visite du parc national du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, qui offre les plus belles cascades du nord thaïlandais. Ou encore les treks dans la jungle qui ont fait la réputation de la Rose du Nord (comme par exemple ceux de Loolu, un jeune Karen pétillant).

En louant un moyen de transport, scooter, motocycle ou voiture, vous pourrez visiter des endroits idylliques à l’image de Mae Kam Pong, ravissant village de montagne, et ses petites chutes d’eau :

Avant de nous quitter, contemplez les somptueux clichés de la nature siamoise que nous offre le photographe thaïlandais Priwan Den.

Puisse la protection de l’environnement dans son ensemble devenir l’attention permanente des habitants de la Thaïlande, un pays dont la beauté mérite cette prévenance – de même que le respect des touristes qui le visite.

#Seub #SeubNakhasathien #nature #Thaïlande #ProtectionNature #environnement #écologie


Selon le Système général royal de transcription du thaï (RTGS), le phonème สืบ devrait se traduire par ‘suep’ (et donc le prénom être ici Suep). Nous avons cependant repris l’orthographe utilisée communément (et donc erronément) tant par l’encyclopédie en ligne Wikipédia que, surtout, par la fondation qui porte son nom. A savoir Seub. Que les puristes ici nous pardonnent. Nous remercions Pascal Engelmajer de nous avoir rendus attentifs à cet aspect.
2 Cette brève biographie est un résumé (traduction libre) de la biographie en anglais que vous pouvez retrouver sur Wikipédia.
Point de vue religieux sur le suicide, Wikipédia
Au sujet des ONG environnementales en Thaïlande, lire l’article de Sunil Subhanrao Pednekar, NGOs and Natural Resource Management in Mainland Southeast Asia
5 Hommage au « roi du développement », article de Håkan Björkmank (Chroniques UN)

Source photographique de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News. Mise à jour le 04.09.2018

 

Festival annuel du Tourisme thaïlandais au parc Lumpini, au coeur de Bangkok

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Pour y résider, nous nous concentrons sur les événements qui se déroulent à Chiang Mai sans toutefois oublier les grands événements organisés ailleurs en Thaïlande. Et le Festival du Tourisme thaïlandais est un de ses grands événements qu’il ne faut manquer pour rien au monde. Mais pourquoi donc ?

Un Festival du Tourisme au cœur de Bangkok

C’est bien simple : en un lieu emblématique du pays, le parc Lumpini (สวนลุม), poumon vert de la capitale, est concentré chaque année tout ce que la Thaïlande peut vous offrir en matière touristique. C’est dire que tout voyageur transitant par la Cité des Anges entre ce mercredi 17 et le dimanche 21 janvier 2018, de midi à 22h, ne manquera surtout pas d’y faire un tour. Il s’y attardera avec plaisir, à n’en pas douter.

La plus grande foire touristique de la Thaïlande vous donne un aperçu des merveilles du Royaume. L’entrée est gratuite. Beaucoup d’animations culturelles, avec un marché offrant de la nourriture locale provenant des diverses régions de Thaïlande, de l’artisanat et des ateliers, des danses, des concerts et autres parades. Le parc Lumpini, au coeur de Bangkok, sera transformé en mini-représentation du Royaume avec des répliques de sites touristiques. Un événement à ne pas manquer donc !

La cérémonie d’ouverture de cette 38e édition aura lieu aujourd’hui, mercredi 17 janvier, dès 16h. Il y aura une magnifique parade avec des performances culturelles à 17h et un show spécial « Charming Thainess » (que l’on traduira par « Le charme de la Thaïtude ») à 18h30. Allez-y donc ! Et au pire, il y a la diffusion Facebook en direct :

 


Pas moins de 10 secteurs différents !

Ce festival incontournable draine chaque année des centaines de milliers de festivaliers, locaux comme touristes. Cette année, pas moins de 10 zones différentes vous présenteront le meilleur de ce qu’offre la Thaïlande.
Zone 1 – Sur les traces du roi – l’art et la science du défunt roi Bhumibol Adulyadej le Grand. Les visiteurs apprécieront cette zone captivante, unique en son genre, érigée devant la statue du roi Rama VI (située à la porte principale du parc Lumphini).
Zone 2 – Voyages domestiques. Présentation des offres et produits touristiques au sein du royaume.
Zone 3 – Thainess des cinq régions – Toute la thaïtude du Siam sous forme de 5 villages. Le village du Nord présentera la «Philosophie de l’économie de suffisance» de feu le Roi Bhumibol, avec des informations sur les ethnies minoritaires montagnardes et le fameux café Doi Tung. Mais vous pouvez aussi venir au nord pour le voir in situ 😆 Le village du Nord-Est (la région de l’Isan) mettra en valeur l’image rafraîchie de la région. Le village de la région centrale proposera une foire du temple bouddhiste amusante et une maison traditionnelle thaïlandaise, y compris des ateliers sur l’artisanat thaïlandais, fort riche. Le village du Sud de la Thaïlande présentera ses amicales communautés locales, ses belles plages. obvie, de même que sa culture alimentaire et ses vieilles villes préservées. Et enfin le village de l’Est aura pour thème «Nuances d’Orient» avec un bateau de croisière mettant en valeur les expériences de luxe et le tourisme familial. Ces 5 régions animeront une parade culturelle tous les jours à 17h.

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Zone 4 – Les Délices Culinaires. C’est sans doute là une des raisons principales de la venue de nombreux festivaliers, de même que les touristes, attirés par l’alléchante (et souvent piquante) cuisine siamoise 😋  De nombreux stands offrant de la nourriture provenant des 50 districts de Bangkok et des cinq régions de la Thaïlande, y compris des démonstrations culinaires, donnant aux visiteurs un avant-goût de la vivacité de la cuisine du royaume (le guide Michelin ne s’y est pas trompé).
Zone 5 – La scène principale. Une scène qui accueillera la cérémonie d’ouverture officielle (et les VIP attendus). Au programme, une variété de spectacles culturels et contemporains thaïlandais avec de grands artistes et célébrités thaïlandaises tout au long des cinq jours de l’événement (on vous parle d’un groupe « idole des jeunes » ci-dessous).
Zone 6 – Le Studio de la TAT. La TAT est l’autorité touristique du pays (l’Office du Tourisme officiel si vous préférez).  Y sera présenté son travail de promotion, de même que sa nouvelle campagne promotionnelle ‘Amazing Thailand Tourism Year 2018’ (en anglais dans le texte). Ce sont eux qui assument les nombreux directs sur Facebook et d’autres canaux (notamment les nombreux écrans LED installés sur le lieu de l’événement).
Zone 7 – Festival du Plein Air (outdoor en anglais). L’autorité touristique se donne du mal pour diversifier l’offre touristique du pays. C’est un tourisme de qualité qui est visé. Et le tourisme d’aventure en plein air en fait partie. Un tourisme qui se déroule souvent ici au Nord 😏
Zone 8 – TAT LAB. Un secteur qui présentera des produits et des activités fascinants ciblant les aînés, la génération Y, les familles et les femmes, sous le concept LAB. L pour Local & Global Linkage; A pour Ajouter plus de valeur et B pour idée Brillante. Il y aura là des ateliers et des tables rondes.
Zone 9 – CSR ‘Trash to Treasure’. Une section qu’on vous laisse deviner, son titre étant des plus obscurs pour nous ! Il s’agit de sensibiliser les visiteurs à ce concept (mais lequel ?) à travers des ateliers… Il est promis des tirages au sort et autres concours 🙂
Zone 10 – Zone de Pracharath – une section animée par de nombreuses organisations partenaires, y compris le Département des ressources minérales; l’Association des parcs zoologiques, ThaiBev, ; SUPPORT – Centre international d’arts et d’artisanat, Centre touristique de la Marine nationale, la Compagnie nationale d’Electricité (qui regroupe toutes les sociétés provinciales, PEA), la centrale électrique de Lam Takhong, la Poste Thaïlandaise; Nakonchai Air (une compagnie de transport fort appréciée notamment pour ses bus de qualité), AirAsia, une compagnie aérienne low cost qu’on ne présente plus, la Police touristique thaïlandaise et la compagnie qui gère les transports publiques de la capitale (Bangkok Mass Transit Authority). Bref, du beau monde aux grands moyens pour vous laisser le meilleur des souvenirs de ce festival. 600’000 visiteurs sont attendus, c’est dire que vous ne serez pas seuls !

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Vous trouverez d’autres cartes et informations quant aux emplacements ici.


Le Nord sera bien représenté

Comme déjà expliqué ci-avant, un secteur présentera la «Philosophie de l’économie de suffisance», un concept initié par feu le Roi Bhumibol (nul doute qu’il a dû le forger durant son séjour en Suisse du temps de sa jeunesse). Et comme le Nord recèle de fort nombreuses minorités ethniques, souvent installées dans les montagnes, ce sera là une belle occasion d’en rencontrer (espérons que cette promotion aille au-delà des seules femmes-girafes (faisant partie des Karens). Mais le Nord, c’est aussi sa cuisine, bien différente de celles des autres régions de Thaïlande. Vous pourrez donc en goûter sur place. Notamment en dégustant du café produit dans la région, dont le fameux café Doi Tung (mais il y en a beaucoup d’autres; lisez à cet effet notre article sur la folie du café ici à Chiang Mai). La fondation du Projet Royal sera bien entendu présente avec ses produits de qualité (où les produits biologiques règnent en maître et c’est plutôt salutaire).

La culture, c’est aussi des danses et de la musique. Et en la matière, le Nord est riche, très riche. Vous en admirerez donc sur place. En espérant que cela donne envie aux visiteurs de se déplacer ici dans la Rose du Nord où la culture explosera lors des deux prochains festivals, celui des Ombrelles à Borsang et celui des Fleurs à Chiang Mai-même. Compléteront ce tableau les activités de plein air qui pullulent ici au nord (secteur 7 du festival). Venez donc respirer le bon air de la montagne (en dehors de Chiang Mai, s’entend).

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Un bouddhisme ancré dans le quotidien

Les Thaïlandais ne se posent pas la question de savoir si le bouddhisme est une religion ou une philosophie : il le vive au quotidien. C’est donc là une pratique qui ne pouvait échapper à ce festival qui a pour but de partager la culture du pays. Ainsi, le vendredi 19 janvier, dès 7h30, une animation matinale intitulée « Inspirations du dharma » est organisée. Rejoignez donc “le Dharma dans le jardin” et vivez le quotidien du bouddhisme en compagnie des autochtones. Un sermon sera scandé par le moine Phra Maha Wutthichai. Le lendemain, samedi 20 janvier, dès 6h45, sous l’égide de l’Isan – la région nord-est du pays, considérée comme pauvre – sera organisée une cérémonie d’aumônes aux moines. Vous pourrez accumuler des mérites en leur offrant du riz gluant.

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BNK48 –  la jeunesse thaïlandaise adore !

De nombreux concerts de tous types de musique sont au programme en soirée. De grands artistes nationaux et locaux se produiront.

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Vous n’avez sans nul doute encore jamais entendu parler de BNK48 ! Et pour cause, c’est un groupe de musique thaïlandais avec pas moins de 28 membres, des adolescentes s’habillant comme des écolières.  Elles ont toutes leur propre page Facebook regroupant des dizaines de milliers de fans ! Découvrez leur jolie minois. La mode est venue du Japon qui a son propre groupe, l’AKB48, puis a essaimé en Indonésie (où un même groupe s’appelle JKT48) et en Chine (là-bas, ce son les SNH48). Et la traînée de poudre continue dans les autres contrées asiatiques ! On vous en parle car elles seront une des attractions musicales de ce festival. Avec un Facebook Live (mercredi 17 janvier à 15h). Et un mini-concert, au parc Lumpini donc, le jeudi 18 janvier à 18h).
Voici leur site web, leur page Facebook officielle et leur canal YouTubeWikipedia vous en dira plus (en anglais). Et Chiang Mai De-ci De-là vous offre une vidéo 😁

 

Suivez ce festival 5 jours durant sur la page Facebook d’Amazing Thailand

Nos amis thaïlandais trouveront toutes les explications dans leur langue sur le site Painaiidii.

On vous souhaite de passer le plus agréable des moments en cœur de la culture thaïlande. Amazing Thailand, vraiment 😉


On termine avec le programme de la scène principale (secteur 5) :

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เทศกาลเที่ยวเมืองไทย 2561 – Mise à jour le 18.01.2018