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Pourquoi la Thaïlande ne fête pas l’Éléphant le 12 août, Journée Internationale de l’Éléphant ?

C’est le 12 août qu’est célébrée la Journée Internationale de l’Éléphant. Un événement annuel qui a pour but la conservation et la protection des éléphants du monde entier. Mais pourquoi diable la Thaïlande, où les éléphants sont pourtant bien présents, qu’ils soient sauvages ou domestiques, ne célèbre-t-elle pas cet événement mondial ?

Deux éléments expliquent cette léthargie nationale :

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C’est donc ce qui explique que le royaume de Thaïlande n’organise rien ou pas grand-chose le 12 août ! Chiang Mai abrite des dizaines de camps d’éléphants dans sa jungle environnante. Les principaux ne font qu’évoquer cette journée de commémoration sans organiser un événement spécial – contrairement au 13 mars. Ainsi du meilleur,  l’ENP – Elephant Nature Park (voyez ici un magnifique reportage photo du travail bénévole des volontaires), au pire, le camp d’éléphants de Mae Sae, sinistre endroit où se pratique l’exploitation animale à outrance ! Le Centre de conservation des éléphants, sis à Lampang, met sur pied lui aussi ce 12 août une journée spéciale; mais elle ne concerne en rien la Journée Internationale de l’Eléphant ! Il s’agit en fait d’activités au sein du centre où les mamans thaïlandaises sont à l’honneur. Notez que la Patara Elephant Farm organise annuellement un ancien cérémonial de vénération d’éléphants, avec une parade dans la jungle haute en couleurs; il a lieu début juillet.

Rappelons ici qu’en matière de maltraitance animale, se balader à dos d’éléphants fait partie des dix attractions touristiques les plus cruelles. Il faut en finir avec ces ignobles jeux de cirque !


Journée Internationale de l’Éléphant

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© Facebook

En dehors des zoos, les éléphants vivent sur deux continents : l’Afrique et l’Asie. Ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes espèces (différences entre l’éléphant d’Asie et l’éléphant d’Afrique). La principale menace de leur existence en Afrique est le commerce illégal de l’ivoire des défenses d‘éléphants (son interdiction n’empêche nullement le braconnage qui reste un problème important; 96 ! oui 96 éléphants sont abattus chaque jour en Afrique !). En Asie, la problématique est autre (les femelles de l’éléphant d’Asie sont dépourvues de défenses) : ici, c’est la perte de l’habitat qui menace l’espèce. Un habitat naturel qui se restreint d’année en année en raison de la population humaine croissante, de l’expansion des plantations agricoles (telle la production d’huile de palme), de la déforestation à grande échelle…

Relevons ici l’excellence du parc d’éléphants Kaeng Krachan, point fort du zoo de Zurich, en Suisse. Les gardiens (humains) n’interagissent plus qu’à travers une méthode inédite de contacts indirects. C’est là une réalisation que même la PSA – Protection suisse des animaux qualifie de remarquable. Le nom du parc (de détention) helvétique correspond en fait à un parc national thaïlandais. Les bénéfices générés par le premier permettent de soutenir les éléphants que l’on retrouve dans le second, ici en Thaïlande.

Parmi les éléphants d’Asie, il faut clairement distinguer les éléphants sauvages (que vous pouvez observer dans quelques parcs nationaux thaïlandais) des éléphants domestiques (qui sont en majorité exploités touristiquement depuis que le travail forestier leur a été interdit en Thaïlande). Heureusement, la législation dans ce pays a contribué à améliorer la situation. Cependant, l’éléphant d’Asie reste inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature. EuroNews vous en dit plus sur cette Journée internationale de l’Eléphant. En bon archiviste qu’il est, l’INA nous offre quelques intéressantes vidéos sur le sujet. A cette occasion, le National Geographic nous fait découvrir une très belle galerie photo, une galerie que tout un chacun peut contribuer à alimenter (YourShot). Ou encore celle du journal The Telegraph (il vous suffit de cliquer sur le cliché pour visionner le suivant). Vous remarquerez enfin l’étonnante dextérité de la trompe du plus grand mammifère terrestre :

Beaucoup d’organisations de défense des animaux se battent pour la survie des éléphants en Afrique et en Asie. Au rang desquelles l’IFAW – Fonds international pour la protection des animaux, qui mène notamment le combat mondial pour que cesse le commerce de l’ivoire. Retrouvez ici toutes leurs informations sur les majestueux pachydermes. Signalons enfin une action annuelle qui concerne également les éléphants, la Marche Mondiale pour les éléphants, rhinocéros et tigres qui, en 2016, a été élargie à l’ensemble des animaux sauvages menacés d’extinction (une liste qui s’allonge de par les méfaits de l’être humain). La prochaine marche mondiale aura lieu le 13 avril 2019.

🐘  LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ÉLÉPHANT SUR INTERNET  

Site web (en anglais) et page Facebook (@WorldElephantDay, toujours en anglais).

Et encore : TumblrPinterestInstagram et Twitter.

WorldElephantDay2018CoverFBWorldElephantDay


Rencontrer des éléphants à Chiang Mai

Idéalement, il faudrait observer les troupeaux d’éléphants sauvages dans leur élément naturel, la jungle. Il existe plusieurs parcs nationaux où cela est possible (mais jamais garanti); aucun hélas ne se trouve dans la province de Chiang Mai. Cependant, force est de constater qu’au final bien peu de touristes font l’effort de s’y rendre. Difficile en effet de consacrer plusieurs jours pour réussir à observer – sans garantie aucune – des éléphants sauvages d’Asie dans leur environnement naturel. C’est pourquoi la plupart des touristes rencontrent ces pachydermes dans des camps sis dans la jungle. Et Chiang Mai est l’épicentre de cette activité touristique, florissante, avec tous les excès que cela engendre. Nous consacrerons un jour un article plus poussé sur ces camps…

L’ENP – Elephant Nature Park est sans nul doute le centre qui, ayant mis le bien-être des éléphants au centre de ses préoccupations, est le moins nuisible. Mais, succès oblige, il faut s’y prendre bien à l’avance pour être certain de pouvoir le visiter (les échanges se font en anglais). Nous pouvons également vous recommander de visiter un camp d’éléphants avec Loolu, un jeune Karen pétillant. Ici, pas d’exploitation à outrance, pas de cirque avec ces animaux fort intelligents, et pas non plus de balade sur leur dos ! Le petit camp est géré par une famille karenne. Nul doute que la rencontre des pachydermes, émouvante, sera l’un des moments les plus mémorables de votre séjour dans la Rose du Nord (d’autant si vous y allez durant la saison des pluies, de juillet à octobre, où étincelantes sont les vertes rizières). Découvrez (en français) les formules proposées par Loolu Tour pour rencontrer des éléphants dans la jungle.

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© Facebook

Chiang Mai abrite également – et tout naturellement – l’Elephant Parade. Une entreprise sociale qui dispose de plusieurs points de vente à Chiang Mai et à Bangkok. Vous pourrez y acquérir de jolies reproductions artistiques d’éléphants. Ou participer à des ateliers à l’Elephant Parade Land où vous peindrez vous-même votre éléphant; une activité manuelle très appréciée des enfants. Cette société organise régulièrement à travers les grandes villes du monde des parades d’éléphants – conçus par des artistes réputés ou non – dont le but est de sensibiliser la population à la disparition de l’espèce et de récolter des fonds qui viennent en aide à un hôpital  où sont soignés gratuitement les éléphants à Lampang. Les touristes et les habitants de Chiang Mai gardent encore un beau souvenirs des 89 éléphants exposés dans plusieurs points de la ville en décembre 2016. Nous consacrerons là aussi un article plus approfondi sur les activités de cette entreprise sociale.

Que vous ayez rencontré ou non des éléphants dans un parc national ou dans un camp, peut-être aurez envie d’en voir ou d’en revoir. Les livres permettent de le faire à bon compte. On vous propose cette brève sélection.

Dernier des beaux livres édités, Mémoires d’éléphant, du photographe franco-grec Kyriakos Kaziras, vous propose une approche très picturale de la photographie, l’auteur maniant ses  appareils photo comme des pinceaux. Comme l’indique son titre, Eléphants d’Asie – Un géant menacé, cet autre ouvrage est axé sur l’espèce que vous rencontrerez notamment en Thaïlande. On peut également faire confiance à l’éditeur Gründ qui réalise de bien beaux libres; L’Art d’être éléphant ne fait pas exception. Pour vous-même ou pour en faire cadeau, vous pouvez d’ores et déjà commander le calendrier Elephants 2019 (la langue anglaise n’empêchera nullement d’admirer les superbes images au fil des mois qui passent).

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Si aux belles photographies vous désirez ajouter les connaissances de spécialistes, optez pour l’ouvrage Incroyable éléphants des photographes animaliers Denis et Christine Huot. Ce ne sont pas eux qui nieront la vie émotionnelle des animaux ! Et c’est précisément le thème d’un ancien livre sorti au moment où l’étologie devenait populaire : Quand les éléphants pleurent risque de vous bouleverser. Ajoutons pour terminer les récits de personnes sur le terrain. Une histoire d’amour africaine relate la vie de Daphné Sheldrick au Kenya, surnommée  « la mère des éléphants ». L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants, en Afrique du Sud, c’est Anthony Lawrence. On reste en Afrique avec Le Dernier des éléphants, où il est question du combat de Stéphanie Vergniault et son association SOS Éléphants du Tchad pour sauver les derniers spécimens de l’espèce. Et enfin le récit de Tarquin Hall qui touche, lui, à l’éléphant d’Asie : Vers le cimetière des éléphants relate une expédition entreprise avec un chasseur professionnel engagé par l’État indien pour abattre un éléphant qui a déjà tué trente-huit personnes ! Ce sont là les ouvrages encore disponibles les plus appréciés sur les éléphants.

Qu’il soit célébré le 12 août lors de cette Journée Internationale de l’Éléphant ou le 13 mars durant la Journée Nationale de l’Eléphant, on souhaite aux pachydermes de Thaïlande, et au-delà du monde entier, un meilleur avenir que l’hécatombe vécue durant le siècle passé !

#WorldElephantDay #JournéeMondialeElephant #JournéeElephant #éléphant #éléphants


Source de l’image à la Une : inconnue. Mise à jour le 17.08.2018

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Festival de la Vie Tribale 2018

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de la récente Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, qui s’est tenue à Chiang Rai ce mois-ci dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde célébrée le 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ses populations en marge de la société. Et le festival dont il est question ici y participe.


Le Musée Tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le Musée Tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le Musée Tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de 10 ethnies qui vous sont présentées là (lire le paragraphe idoine).

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale 2018, un événement que nous vous recommandons chaleureusement (cf. le paragraphe suivant).

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée du musée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer dans les paillotes au bord du lac servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

 

Le Musée Tribal de Chiang Mai sur internet (Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais)
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Emplacement

Le Festival de la Vie Tribale 2018

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au Musée Tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา, cf. le paragraphe ci-dessus), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

TribalLifeFestival2018Cover2THAMERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï):


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

A l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (env. 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. A titre d’exemple, les Karens s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. A titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karen : Les Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses :
Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

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© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)


En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Mise à jour le 16.08.2018.

#TribalLifeFestival #MinoritésEthniques #ChiangMai #Karen #Hmong #Mien #Lisu #Lahu #Akha #Htin #Khamu #Lawa #Mlabri

 

 

12 août – Célébration de la Fête des Mères en Thaïlande

La Thaïlande fête heureusement elle aussi ses mères ! Dans cet article, l’on vous dit pourquoi la date du 12 août a été choisie, qui est donc la « Mère de tous les Thaïlandais », comment les habitants du royaume fêtent l’événement et quelles sont les célébrations ici à Chiang Mai. In fine, vous saurez même dire « Bonne Fête maman » en thaï 😄

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Comme dans la plupart des pays du monde, la Thaïlande célèbre la Fête des Mères. Depuis 1976, cette fête a été fixée au 12 août. C’est donc officiellement ce dimanche 12 août 2018 que seront fêtées toutes les mères du royaume. Tombant sur un week-end, le jour férié sera compensé lundi. Le 12 août correspond à l’anniversaire de Sa Majesté la reine douairière Sirikit, mère de Sa Majesté Rama X, l’actuel roi de Thaïlande. Au même titre que son défunt mari, feu Bhumibol le Grand qui était considéré comme le Père de tous les Thaïlandais, elles est elle-même la Mère de tous les Thaïlandais. Cette journée a donc été choisie pour célébrer la Fête des Mères (วันแม่, wan mae en thaïlandais).


La reine douairière Sirikit

Ainsi, le 12 août, tout le pays célèbre l’anniversaire de Sa Majesté la reine douairière Sirikit (สิริกิติ์) qui souffle cette année 86 bougies. C’est donc l’épouse de feu le roi Bhumibol le Grand, qu’elle a rencontré à Paris. Ils se sont fiancés le 19 juillet 1949, en Suisse (où son mari étudiait, à Lausanne). À noter que tous deux parlaient français.

La reine Sirikit n’exerce pas de fonction politique, même si elle a assuré la régence en 1956, lors de la période de retraite monacale du roi. Elle occupe en revanche de nombreuses fonctions caritatives, dont la présidence de la Croix-Rouge. De nombreuses décorations ont salué ses divers engagements : envers les réfugiés cambodgiens, la protection de l’environnement, les conditions de vie des femmes dans les campagnes, l’éducation en zone rurale et la promotion de la culture et des arts thaïlandais. Une reine dont la beauté a naguère inspiré les créateurs de mode, comme nous le rappelle le site MGR Online.

La reine Sirikit Kitiyakara n’a plus fait d’apparition publique depuis plusieurs années maintenant. Wikipédia vous permet d’en savoir plus sur elle. Vous pouvez également télécharger ce dithyrambe à sa gloire, qui résume toutes ses actions bienfaitrices.

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Festivités en Thaïlande

Quelques semaines avant la fête des mères, les gens de tout le pays hissent le drapeau national accolé d’un drapeau bleu qui est le drapeau de la reine; les maisons sont également décorées avec le portrait de Sa Majesté la reine. Les établissements scolaires marquent eux aussi l’événement. Les Thaïlandais expriment ainsi avec beaucoup d’honneur leur loyauté envers elle. Durant plusieurs jours, les bâtiments administratifs et autres immeubles du royaume se parent des portraits de la souveraine bien-aimée (comme ici dans une gare de la compagnie ferroviaire nationale, la SRT). Les sites Internet mettent en place une page d’accueil spéciale pour lui rendre hommage et moult activités, dont des expositions, sont organisées en son honneur un peu partout dans le pays jusqu’à la fin du mois. Par ailleurs, beaucoup de Thaïlandais se parent de bleu, la couleur du jour de naissance de la reine, le vendredi.

Dans la capitale, l’avenue Ratchadamnoen, Sanam Luang et toute la zone autour du Grand Palais sont enguirlandées et illuminées de nuit. À Bangkok, la matinée du 12 août est consacrée aux cérémonies officielles et religieuses. À 19h, le public se rassemble sur l’esplanade Sanam Luang (ainsi que sur les places principales des autres villes du royaume) pour allumer une chandelle et entonner une chanson à sa gloire (à 19h19 précisément). Cette cérémonie hautement solennelle est suivie de concerts et de nombreux feux d’artifices qui embrasent les cieux.

Les Thaïlandais profitent de cette journée pour remercier leur chère maman pour son amour inconditionnel. La matinée de la fête des mères en Thaïlande commence par l’aumône aux moines (cérémonie qui permet d’acquérir des mérites). Suivant la tradition thaïlandaise, les enfants s’agenouillent devant leur mère pour montrer leur amour et leur gratitude. Ils lui offrent des fleurs ou des guirlandes de jasmin blanc (พวงมาลัยดอกมะลิ, [phuang malai dòrk má-lí]). En retour, la mère donne sa bénédiction aux enfants. Les fleurs de jasmin blanc sont le symbole de l’amour maternel. La couleur blanche de cette fleur symbolise la pureté de cet amour, l’intensité de son parfum en illustre la force, et le fait que cette fleur s’épanouisse toute l’année suggère l’éternité de cet amour. Les cadeaux ont également fait leur apparition depuis quelques années; ils sont devenus de rigueur pour exprimer l’amour pour sa maman. En complément, les activités caritatives, les dons, les offrandes aux moines représentent une partie importante de la journée pour exprimer l’amour et la gratitude de l’enfant envers sa mère.

Lors de la Fête des Mères, les Thaïlandais offrent à leur maman un bouquet de jasmin dont la blancheur rappelle la pureté de l’amour d’une mère pour son enfant


Célébrations à Chiang Mai

Pratiquement tous les organismes gouvernementaux, établissements scolaires compris, marquent l’événement (exemple ici au parc national Mae Lay) où sont également conviés les hauts dignitaires bouddhistes. Ainsi, la ville de Chiang Mai a organisé une cérémonie le 8 août dernier, solennité qui a bien peu d’intérêt pour le touriste de passage ou l’expatrié. De nombreuses célébrations sont aussi orchestrées par les entreprises privées, sans parler des animations (intéressées) des centres commerciaux. En revanche, pas de course cycliste populaire cette année comme cela avait été le cas en 2015, une action nommée Bike for Mom (qui avait suivi la retentissante action internationale Bike for Dad en l’honneur de feu le roi Bhumibol le Grand). Et contrairement à l’année dernière, Lamphun ne marquera pas non plus l’événement par une impressionnante danse Lanna aux chandelles qui avait égayé le Festival du Longane.

Nous croyons savoir, sans que le programme nous soit encore connu, que les festivités officielles se tiendront sur la place Thapae (ประตูท่าแพ), le 12 août à la tombée de la nuit. Y aura-t-il des feus d’artifice ce soir-là, l’avenir nous le dira…

Le parc royal Rajapruek (ou Royal Flora, อุทยานหลวงราชพฤกษ์, au sud-ouest de la ville) marque également l’événement en repiquant du riz. Une activité originale qui se déroule le vendredi 10 août 2018, de 9h à 10h.

Royal Flora Montage

Et comme chaque année, l’accès au jardin botanique de la reine Sirikit (QSBG – สวนพฤกษศาสตร์สมเด็จพระนางเจ้าสิริกิติ์, à Mae Rim) est gratuit le 12 août.

QSBG - Montage

Du jeudi 9 au lundi 13 août 2018, de 8h à 18h, on vous conseille vivement de vous rendre sur la place des Trois Rois (พระบรมราชานุสาวรีย์สามกษัตริย์). Devant l’entrée du Musée folklorique du Lanna (Lanna Folklife Museum, พิพิธภัณฑ์พื้นถิ่นล้านนา) prend place le 37e Lanna Flora Festival. Vous l’aurez deviné, il s’agit d’un festival de fleurs (à ne pas confondre avec la grande Fête des Fleurs qui se déroule chaque année début février). Événement organisé en l’honneur de Sa Majesté la reine mère Sirikit (qui fêtera donc son anniversaire ce 12 août). Les jeudi 10 et vendredi 11 août ont lieu des concours d’orchidées. La cérémonie officielle d’ouverture est fixée au samedi 11 août, en matinée. Il y a là généralement une très belle danse traditionnelle. Une exposition agrémentée d’un marché aux fleurs, avec notamment des produits OTOP. Ce festival organisé conjointement par la Chiangmai Orchid Society (สมาคมกล้วยไม้เชียงใหม่ในพระบรมราชินูปถัมภ์) et la Municipalité de Chiang Mai (événement Facebook). Sachez encore que la reine a donné son nom à plusieurs fleurs; Chang Puak Magazine nous en dit plus à ce sujet 🌺

Lanna Flora Festival 2018 Cover Montage

Et c’est une avalanche de promotions qui s’abattent sur le consommateur thaïlandais (dont peut profiter le touriste de passage). Ainsi, les cinémas du Major Group offrent la place de cinéma à toutes les mamans qui seront accompagnées les 11, 12 et 13 août 2018. Grab, service de transport VTC actif dans 18 villes de Thaïlande, dont Chiang Mai, vous offre THB 60.- de rabais sur les 10 premiers trajets avec le code promotionnel WITHLOVE, de quoi emmener souvent votre maman à bon compte. A défaut, obtenez une offre avec notre propre code promotionnel : CMDECIDELA !

Les restaurants – pour la plupart internationaux – ne manquent pas, eux aussi, de marquer (commercialement) l’événement. En vrac : Le Méridien et son restaurant Favola; ce grand hôtel propose également des offres promotionnelles sur d’autres prestations comme les massages dans son spa. Ou bien alors le bien-nommé Jasmin, restaurant du Dusit Princess. Ou sinon un buffet au Dusit D2. Le Shangri-La est aussi de la fête, tant au China Kitchen qu’au Kad Cafe. De même que le Na Nirand où les sucreries colorées sont à l’honneur. L’Oxygen Dining Room, restaurant du resort X2, y va aussi de son offre; là, nous sommes dans la haute gastronomie (française). Dans le même registre, le Dhara Dhevi, l’un des meilleurs hôtels de la Rose du Nord, si ce n’est le meilleur, met tous ses restaurants à contribution pour satisfaire les mères les plus exigeantes : allEgRO, restaurant italien (où l’événement est judicieusement appelé Festa Della Mamma), Fujian, restaurant chinois, Akaligo, restaurant que l’on qualifiera de fusion, et même son fameux buffet sucré du samedi. Plus abordable, le buffet du Chiangmai Grandview Hotel. Pas moins de deux buffets à choix au Duangtawan Hotel : un buffet de dim sum au Sunflower, restaurant chinois, et un buffet japonais au restaurant Tawan; à défaut, le Marco Polo sert un menu à THB 480.-. Moins cher encore, le buffet du U Nimman. Si maman est végétarienne, c’est au Moreganic que vous pourrez l’inviter. Les restaurants servant une cuisine nord-thaïlandaise ne sont pas en reste à l’image de Ruannatee Terrace qui propose une offre spéciale wan mâe.

One Nimman Mother's Day Cover Montage.jpeg

Sur la droite du cliché, vous voyez ce que sont les malai de jasmin. Vous en trouverez dès THB 100.- au marché aux fleurs dans le quartier Warorot. Attention : vu le prix du jasmin ce jour-là, il est rare que tout le collier soit en fleurs de jasmin (dans ce cas, ce n’est pas moins de THB 600.- qui vous seront demandés) ! Les fleuristes utilisent une fleur semblable, bien moins odorante, que vous voyez ici au bas de la guirlande. Parfois, c’est tout le collier qui est composé de ce succédané, d’où le prix moindre.

Nouvellement arrivé à Chiang Mai, le Mövenpick Suriwongse offrira le repas à votre maman pour autant qu’elle soit accompagnée de trois autres personnes. Celles et ceux désirant être agréablement surpris par un chef thaïlandais multi-primé pourront se rendre au The Redbox Thailand. Le resort de luxe Anantara (anciennement The Chedi), vous permet de jouir d’un après-midi au bord de la rivière Ping avec un thé accompagné de d’exquises sucreries ou alors, en soirée, d’un repas à la carte , européen, péruvien ou indien; votre mère appréciera. Encore plus original, l’atelier proposé par Diew, un MasterChef Thailand, qui vous permet d’apprendre à composer un cake floral. Cela se passe chez Boonthavorn Chiang Mai samedi 11 août, de 14h à 16h. Dans la même veine, l’espace créatif Niramis vous propose deux ateliers pour composer un origami floral, les dimanche 12 et lundi 13 août. Même les cliniques y vont de leur offre spéciale « Fête des Mères » ! C’est le cas de l’Absolute Health. Initiative plus louable, profiter de l’occasion pour faire un don du sang – les Thaïlandais y voient une manière d’accumuler des mérites. Vous pouvez l’effectuer samedi 11 août, de 9h à 15h30, auprès de la Croix-Rouge thaïlandaise, organe qui gère la Banque du Sang.

Give Blood for Mom Cover FB event recadré


Quelques mots en langue thaï

Voici quelques mots en langue thaïlandaise en lien avec cette Fête des Mères¹. Bonne chance pour leur prononciation 😉

  • Mère : แม่ [mâe]
  • Fête des Mères : วันแม่ [wan mâe] = jour mère
  • Le jour national de la Fête des Mères : วันแม่แห่งชาติ [wan mâe haeng chat] = jour mère national
  • Bonne Fête des Mères : สุขสันต์วันแม่ [souksan wan mâe] = joyeux jour mère
  • Je t’aime maman : รักแม่ [rak mâe] = aimer mère
  • Sa Majesté la reine : พระราชินี [prá raa-chí-nii]
  • Feu d’artifice : ดอกไม้ไฟ [dòrk-máai-fai]
  • Fleur de jasmin : ดอกมะลิ [dòrk má-lí]
  • Guirlande de fleurs : พวงมาลัย [phuang malai]
  • Guirlande de fleurs de jasmin blanc : พวงมาลัยดอกมะลิ [phuang malai dòrk má-lí]

Avouons que les créatifs thaïlandais savent émouvoir. Ainsi de leurs vidéos. Et celles pour la Fête des Mères ne font pas exception. En voici une parmi d’autres, intitulée « Un enfant qui ne manque de rien » :

Vous pouvez également visionner d’autres vidéos sur le même sujet, l’amour maternelle, que ce soit « Souvenirs de maman » (produite par la chaîne de restauration KFC) ou encore   « La vérité des Mères« , une production Amazing Thailand (activez donc les sous-titres).

On en profite pour vous présenter Piyamapor, une maman thaïlandaise de 40 ans, et ses deux filles : Anaïs Pitcha, 3 ans, et Mélina Chanya, 18 mois. Un intéressant reportage du magazine Parents qui vous permet de savoir ce que représente la maternité au Pays du Sourire. Et en cadeau-bonus, un superbe album-photo du photographe Sarawut Intarob.

À toutes les mères merveilleuses, patientes et aimantes, nous souhaitons une journée enchantée. N’oubliez pas d’honorer la vôtre ! Bonne Fête des Mères. Et Joyeux Anniversaire à Sa Majesté la reine Sirikit, Longue Vie à elle.

On se quitte avec cette émouvante interprétation, une chanson intitulée « Mère de la terre »:



MISE A JOUR APRES L’ÉVÈNEMENT

C’est avec émotion que nous partageons ci-dessous la plus récente photo de Sa Majesté la reine mère Sirikit. Il s’agit d’un cliché officiel daté du 12 août 2018 à l’occasion de son 86e anniversaire. Ici avec deux de ses enfants, Sa Majesté le roi Rama X (qui parle aussi allemand) et Son Altesse la princesse Maha Chakri Sirindhorn (qui, elle, entre autres langues, parle français). Vous pouvez visionner l’album-photo complet ici.


¹ On remercie ici Gilbert Courtot, qui s’est exprimé dans le groupe Facebook Apprendre le Thaï, de même que Learn Thai with Mod.

La source de la photo à la Une (reprise en fin d’article) nous est hélas inconnue (probablement Facebook). Sources rédactionnelles : Learn Thai with Mod, TAT – l’Office du tourisme thaïlandais. Mise à jour le 14.08.2018.

9 août – Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde

Il est des journées qui accaparent les médias et aimantent les commerçants (prenez la Saint-Valentin en guise d’exemple). La journée dont il est question ici n’en fait pas partie, hélas, trois fois hélas. Les Journées internationales – voire mondiales – servent parfois à mettre en avant des problématiques complexes – certes moins populaires mais non moins importantes. Et cette Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde – célébrée le 9 août de chaque année – en fait indubitablement partie.

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© IMN Voices – ทักษ์ดนัย & บัวลอย

Le Nord thaïlandais est l’épicentre des minorités ethniques¹ – souvent venues du Nord – présentes dans le royaume : Karen, Shan, Lahu, Lisu, Hmong, Mien, Akha, Tai (dont les Tai Lüe que nous apprécions), pour ne citer que ces quelques minorités (en photo ici). Nous ne pouvions donc passer sous silence cette commémoration d’autant que nous défendons, autant que faire se peut, ces peuplades aux droits souvent bafoués. La modernisation rapide de la Thaïlande va bien souvent à l’encontre des besoins de ces populations, par exemple en ce qui concerne la gestion forestière. Il s’agit aussi pour elles de préserver leur identité, leur langue et leur culture à travers la transmission de leur mode de vie aux générations futures, un mode de vie qui encourage une gestion efficace des ressources naturelles dans le pays. Cette transmission se fait par exemple à travers des réseaux éducatifs.

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones.

 Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 2

IndigenousPeoplesDay2018CoverBhumibol(2017)A cette occasion, la 3e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande s’est tenue l’année dernière ici à Chiang Mai, réunissant pas moins de 38 groupes autochtones. Cette assemblée coïncidait avec le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C’est là un échelon important dans la reconnaissance des droits des minorités ethniques présentes dans tous les pays, a fortiori s’agissant des peuples premiers. Entre autres thèmes qui ont été évoqués, les défis et l’avenir des peuples autochtones en Thaïlande. Selon le Département du bien-être et du développement social, la Thaïlande compte 3’429 villages de « tribus montagnardes » totalisant une population de 923’257 personnes. Et 2017 marque une date historique pour les ethnies minoritaires : leur reconnaissance par le gouvernement central thaïlandais ! Si vous désirez en savoir plus, Alain et Bernard font un rapide survol des  « populations montagnardes » du nord-ouest de la Thaïlande. Des populations dont le quotidien s’est amélioré grâce notamment à la Fondation du Projet Royal créée par feu le roi Bhumibol le Grand. Un roi qui a beaucoup œuvré à l’intégration des minorités ethniques au sein de la nation thaïlandaise, tout en préservant leurs spécificités culturelles.


Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande

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Cette année, la 4e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande est organisée du 8 au 10 août 2018 à l’Université Rajabhat de Chiang Rai (มหาวิทยาลัยราชภัฏเชียงราย, ici, précisément au The King Rama IX Philosophy Building). Elle a pour thème : « Coutumes indigènes à l’ère du 4.0 : vers la sécurité, la durabilité et la justice ». Un thème qui emprunte au modèle économique « Thailand 4.0 » (lui-même inspiré du concept mondial Industrie 4.0).

Ce ne sont pas moins de 1500 participants d’horizons divers qui sont attendus durant cette manifestation. Un événement au budget de 2 millions de bahts soutenu par diverses organisations dont l’Union Européenne. Le programme, sur trois jours, comprend une Assemblée des enfants et des jeunes autochtones, la présentation d’une base de données en ligne, un Conseil des peuples autochtones de Thaïlande qui se réunit à cette occasion (CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand), un festival de nourriture, des séminaires, colloques et débats pour le plaidoyer et la promotion des droits des peuples autochtones en Thaïlande. La Journée internationale du 9 août sera bien entendu célébrée. Il y aura également un concours de photographie, des expositions sur les coutumes autochtones, des concerts et des spectacles folkloriques, de même qu’un défilé de mode.


Programme 2018 de l’événement

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© IMN Voices – สังคม

Nous vous invitons vivement à vous déplacer à Chiang Rai, capitale de la province éponyme, qui a pour frontière le Myanmar – l’ancienne Birmanie – et le Laos, et à vivre ce moment de partage. Ci-dessous, extrait du programme complet, les principaux événements qui pourront vous intéresser en tant que touriste ou du moins en tant qu’étranger à ces ethnies :

  • Mercredi 8 août 2018, de 18h à 21h : spectacles culturels assurés par les enfants et les jeunes issus des minorités ethniques.
  • Jeudi 9 août 2018, de 9h à 10h : cérémonie d’ouverture avec notamment un rituel effectué par les Bisu, un groupe ethnique vivant au sud de la Thaïlande, suivi de divers spectacles folkloriques. Une cérémonie d’ouverture qui vous permettra de découvrir l’art et la culture des minorités ethniques qui peuplent la Thaïlande, plus particulièrement le Nord. Le Ministre de l’Agriculture thaïlandais s’exprimera à cette occasion.
  • Jeudi 9 août 2018, de 11h à 14h : Festival de la cuisine indigène avec des expositions, des démonstrations de chefs connus et, bien sûr, des dégustations.
  • Jeudi 9 août 2018, dès 19h : soirée festive avec un concert de Anan, artiste issu des minorités ethniques, ainsi que d’autres artistes. Spectacles culturels avec danses et musiques traditionnelles, défilé de mode. Belle occasion d’admirer les magnifiques costumes des membres de ces minorités (les minorités ethniques influencent la mode vestimentaire, un constat qu’il est facile de faire en se promenant ici au nord). A NE PAS MANQUER DONC !
  • Vendredi 10 août 2018, de 13h à 14h30 : spectacle folklorique avec danses et musiques traditionnelles.

En parallèle et durant les trois jours de la manifestation, vous pourrez profiter de diverses expositions dont une exposition de plantes (les minorités ethniques dont les Akha savent en utiliser moult, que ce soit pour la cuisine ou pour la santé), de marchés vous proposant nourriture et articles artisanaux, notamment des habits, d’un concours de photos avec expo, de même que d’échanges en direct du monde entier avec des membres des minorités ethniques d’autres horizons. Et pour entrer en contact avec des membres de ces minorités, Lonely Planet a édité un petit dictionnaire de langues mais il est en anglais, le Phrasebook Hill Tribes. De quoi faciliter la première approche.

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© IMN Voices – ศรีเพชร & รศ.ดร.จิรวัฒน์

Chiang Rai est à 3 heures de route au nord-est de Chiang Mai. Plus d’une vingtaine de bus  quotidiens relient les deux villes. Si vous ne pouviez vous y rendre, suivez la manifestation sur cette page Facebook (lors de la rédaction de cet article, nous ignorons s’il y aura ou non une diffusion en direct Live FB).


Organisation

La reconnaissance de leur statut par les autorités siamoises, la sensibilisation des gouvernements au niveau mondial, le soutien des ONG internationales, la révolution technologique (internet et réseaux sociaux), le soutien selon les principes du case management, ce sont là quelques-unes des raisons qui ont facilité l’autonomie des minorités ethniques qui n’hésitent plus à revendiquer leurs droits.

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Cet événement est soutenu par beaucoup d’associations et d’ONG, entre autres :

  • Le Réseau des Peuples Autochtones de Thaïlande (NIPT – Network of Indigenous Peoples in Thailand, เครือข่ายชนเผ่าพื้นเมืองแห่งประเทศไทย en thaïlandais), que vous retrouvez sur Facebook.
  • Le Réseau des médias autochtones (IMN – Indigenous Media Network) qui dispose d’une page Facebook et d’un site web en thaïlandais (la version anglaise est rachitique). C’est lui qui gère l’événement Facebook, en thaïlandais comme en anglais.
  • สมาคม IMPECT, une ONG qui déploie ses diverses activités en faveur des minorités ethniques dans la région du Nord. IMPECT est un acronyme signifiant éducation et culture des divers peuples de la montagne en Thaïlande. Cette ONG défend le développement durable des minorités ethniques; elle a été fondée et est composée entièrement par des représentants de groupes autochtones. IMPECT sur Facebook et sur le web (mais tout est en langue thaïlandaise).
  • Diakonia Thailand, une ONG suédoise qui soutient les diverses minorités en prônant des valeurs chrétiennes (page Facebook et site web). Attention en la matière, le prosélytisme n’est jamais loin…

Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.

Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 11,

IndigenousPeoplesDay2018LogoONUChiang Mai abrite de nombreuses ONG – Organisations non gouvernementales venant en aide aux diverses minorités ethniques. Une guesthouse est même gérée de manière autonome par les membres de diverses communautés. Il s’agit de l’INA House, à côté du Pont de Fer, non loin du Night Bazaar. Par ailleurs, leur situation au niveau nationale est largement étudiée. A titre d’exemple, lisez le rapport (en anglais) de Micah F. Morton, chercheur au sein de l’ISEAS – Yusof Ishak Institute de Singapour, Le mouvement des peuples autochtones en Thaïlande s’étend. En français, vous avez cette étude-ci : Les politiques de gestion des minorités en Thaïlande.

Autre ONG, l’IWGIA – International Work Group for Indigenous Affairs, d’origine danoise, est une organisation mondiale de défense des droits humains qui se consacre à la promotion, à la protection et à la défense des droits des peuples autochtones. Elle édite un rapport annuel mondial sur les droits des peuples autochtones, The Indigenous World (Monde autochtone). Un rapport implacable. C’est Kittisak Rattanakrajangsri qui dresse la situation des minorités ethniques en Thaïlande. L’auteur est lui-même Mien du nord de la Thaïlande. Il travaille avec des communautés et des organisations autochtones depuis 1989. Il est actuellement secrétaire général de la Fondation des peuples autochtones pour l’éducation et l’environnement (IPF), basée ici à Chiang Mai. Vous pouvez lire son travail pour l’année 2017 (dès la page 352) et l’année 2018 (dès la page 306).

Prenez le temps de connaître leur problématique à travers ces quelques liens. Et une pensée en cette journée particulière pour ces peuples aux droits souvent bafoués –  ici un documentaire sur la situation des Karens en Birmanie – ne leur fera pas de mal !


Et au niveau institutionnel

Les peuples autochtones sont représentés à l’ONU – Organisation des Nations Unies par l’Instance permanente sur les questions autochtones (IPQA) qui dispose d’un Secrétariat (SPFII). Un secrétariat qui ne met pas vraiment à jour la version française de son site web ! La page Facebook, en anglais, est en revanche bien vivante. Sachez que la Thaïlande a voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones en 2007. Wikipédia nous donne une brève explication sur cette Déclaration qui a rencontré beaucoup d’obstacles avant son adoption ! Mais à force de persévérance, les droits des peuples autochtones sont peu à peu reconnus. Ainsi, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les droits des peuples autochtones, proclamant l’année 2019 Année internationale des langues autochtones.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), qui représente l’engagement du monde envers les idéaux universels de la dignité humaine, promeut et protège tous les droits de l’Homme. Les observations sur la Thaïlande sont disponibles sur cette page web. On vous invite à prendre connaissance plus spécifiquement de ce document (en anglais et qui date) résumant les droits des peuples indigènes en Thaïlande. Et plus généralement en Asie (un travail de Stefania Errico sous l’égide du BIT – Bureau International du Travail, ILO en anglais).

Les peuples autochtones ne sont pas oubliés par l’UNESCO – Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture mais l’UNESCO semble hélas oublier de mettre à jour son site web !

L’UNICEF – Fonds des Nations unies pour l’enfance avait mené une campagne de sensibilisation des adolescent(e)s issu(e)s de ces peuples.

Et enfin d’autres ONG qui défendent les droits de ces peuplades, entre autres (là, tout ou presque est en anglais et/ou en thaïlandais, obvie) :

Vous pouvez encore visionner le reportage qu’avait consacré ThaiPBS à l’Assemblée de l’année 2015. De notre côté, nous parlons à chaque fois que nous en avons l’occasion des différents événements organisés par ces communautés très vivantes ici à Chiang Mai et alentour. Puisse cette Journée internationale sensibiliser le monde à la problématique vécue par les minorités ethniques, où qu’elles se trouvent, afin que leur culture soit préservée.

Si la rencontre des minorités ethniques vous tente, ne manquez alors pas le Festival de la Vie Tribale qui a lieu dès le 15 août 2018.

On se quitte avec cette bande-annonce de l’année dernière (hélas, le site de nouvelles The North องศาเหนือ, sis à Chiang Mai, n’assumera aucun direct cette année) :


¹ Les minorités ethniques présentes au nord de la Thaïlande ne sont pas à proprement parler des autochtones, ce terme signifiant « originaire du lieu (pays, contrée, région, par affaiblissement ville, village) où il habite et que ses ancêtres ont également habité ». Elles sont en effet arrivées après l’envahisseur thaï. Elles profitent cependant de cette Journée internationale des Peuples Autochtones afin de sensibiliser la population et de revendiquer leurs droits, à juste titre.

Crédit photographique de l’image à la Une (que nous remercions vivement) : BangkokBlue (Blue Johnson). Mise à jour le 15.08.2018.

29 juillet, Journée nationale du thaï, la langue officielle de la Thaïlande

Vous ne le saviez sans doute pas… comme 85% des Thaïlandais eux-mêmes ! Depuis 1999, chaque 29 juillet est commémorée la Journée nationale du thaï, la langue officielle de la Thaïlande, comptant plus de soixante millions de locuteurs. En thaï : วัน ภาษา ไทย แห่ง ชาติ (wan phasa thai haeng chat), idiome que vous pouvez entendre au quotidien au contact de la population locale. Cette journée a pour but de stimuler les Thaïlandais quant à l’importance et la valeur de leur langue vernaculaire mais aussi afin qu’ils l’utilisent correctement. Le thaï étant considéré comme un trésor unique et précieux de la nation siamoise. Une langue nationale qui a plus de 700 ans, précieux héritage légué par leurs ancêtres.

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En tant que touriste de passage, vous ne devriez rien voir des festivités qui se déroulent principalement dans les établissements scolaires. Ce jour-là, les professeurs demandent par exemple à leurs élèves de composer une poésie (voir en fin d’article). D’autres activités en lien avec la langue et la culturelle thaïlandaises sont organisées. Il y a même des établissements qui en profitent pour élire Miss Littérature Thaïlandaise ! Une belle occasion pour les étudiants de revêtir leur tenue traditionnelle siamoise (ou Lanna ici au nord).

Hommage au roi Bhumibol

Le 29 juillet 1962, feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand a participé à un colloque organisé par la Faculté des arts de l’Université Chulalongkorn, à Bangkok, un colloque qui portait sur la problématique de l’utilisation des mots thaïlandais. A cette occasion, il a souligné l’importance d’utiliser des prononciations correctes et de préserver les dialectes locaux.

Précisons que la langue thaï officielle est celle des Thaïs siamois, vivant au centre du pays; dirigeant la nation, ce sont eux qui ont défini la norme linguistique et imposé leur variété linguistique à l’ensemble du pays (gouvernement, éducation, médias écrits). Les autres langues parlées sont considérées comme des langues sœurs. C’est notamment le cas du thaï du Nord, appelé aussi lanna ou kham muang. Ainsi et à titre d’exemple

  • อร่อยมาก (aroy mak), qui signifie délicieux (pour un repas), se dit ลำแต๊แต๊ (lum tae tae) ici au Nord;
  • ou encore le bonjour, สวัสดี ครับ (sawat dee khrap pour un homme) et สวัสดี ค่ะ (sawat dee kha pour une femme) se dira สวัสดี เจ้า (sawat dee jao) dans tout l’ancien royaume du Lanna.

C’est là la langue des Thaïs du Nord ou Muang, appelés également Yuan. Les locuteurs du Sud s’expriment différemment encore.

« Nous avons la chance d’avoir notre propre langue, une langue qu’il est souhaitable de maintenir. »
Extrait du discours prononcé par Bhumibol le Grand le 29 juillet 1962 à l’Université Chulalongkorn


Les tablettes de pierre du roi Ramkhamhaeng

Comme en Corée du Sud, on attribue à un roi la création du système d’écriture national. En Thaïlande, c’est donc le roi RamkhamhaengRama le Fort ou Rama le Téméraire – qui est considéré comme l’inventeur de l’alphabet thaï en 1283. Un alphabet qui comprend 44 consonnes et 37 voyelles (dont 15 simples). Le roi Ramkhamhaeng, qui a régné sur l’ancien royaume de Sukhothai de 1278 à 1298, est l’une des figures les plus importantes de l’histoire de la Thaïlande. Considéré comme un dirigeant bienveillant et sage, l’une de ses principales réalisations a été la compilation d’un système d’écriture et d’un nouvel alphabet thaïlandais qu’il a adapté à partir des différentes formes d’écriture khmère utilisées auparavant. C’est essentiellement le même que celui qui est utilisé aujourd’hui en Thaïlande. Appelé le ‘Père de la langue thaï‘, c’est également une figure importante dans l’établissement du bouddhisme Theravada en Thaïlande². Par ailleurs, en tant que troisième souverain de Sukhothai, utilisant en priorité la diplomatie plutôt que la guerre, il élargit habilement le royaume. Après sa mort, le déclin du royaume de Sukhothai fut rapide : en 1320, ce royaume, autrefois puissant, n’était plus que l’ombre de lui-même.

Photo Kapook

© Kapook

Les tablettes de pierre. Une fois le nouveau système d’écriture développé, le roi ordonna l’érection de tablettes de pierre racontant l’histoire du royaume. Avec la chute de Sukhothai, ces stèles³ furent oubliées et ce jusqu’au 17 janvier 1833. C’est pourquoi le 17 janvier est devenu le Jour du roi Ramkhamhaeng en Thaïlande (qui n’est pas un jour férié contrairement au Jour du roi Chulalongkorn, Rama V). Le nom de Sukhothai se traduit par « Aube du bonheur » et l’une des citations les plus célèbres des inscriptions en pierre témoigne d’une terre prospère et libre : « Au temps du roi Ramkhamhaeng, cette terre de Sukhothai est florissante. Dans l’eau, il y a des poissons; dans les champs, il y a du riz. Le dirigeant ne prélève pas de taxe sur les voyageurs conduisant leurs bœufs sur le chemin du commerce et chevauchant leurs montures sur le chemin de la vente. Celui qui veut échanger des chevaux, les échange. Celui qui veut échanger de l’argent et de l’or les échange aussi…. »

La cloche du roi Ramkhamhaeng. Le roi Ramkhamhaeng a ordonné qu’une clochette soit suspendue à l’une des portes d’entrée de Sukhothai. Tout roturier ayant un grief était libre de sonner la cloche. Le roi en personne s’entretenait avec son sujet et, après avoir examiné le pour et le contre, il rendait un jugement équilibré et juste.

Affiche KapookStatues du roi. Les statues du roi Ramkhamhaeng le montrent souvent tenant une tablette de pierre. Associé à l’éducation, ce sont les élèves et les enseignants qui lui rendent en premier lieu hommage. La statue la plus célèbre du roi Ramkhamhaeng le Grand est située dans la zone centrale du parc historique de Sukhothai. En s’approchant de la statue, il y a une réplique de cloche que les visiteurs sont encouragés à sonner pour recevoir une bénédiction. Ce roi fait partie des Trois Rois représentés sur la place éponymes au coeur de la cité historique de Chiang Mai, avec les rois Mengrai et Ngam Meuang (Ramkhamhaeng est à droite). Si l’histoire du Siam vous passionne, ces lectures vous raviront : collection Que sais-je, Encyclopaedia Universalis ou encore en version BD.

Wikipédia nous brosse un rapide portrait de la langue thaï; les plus courageux se plongeront sur l’alphasyllabaire thaï (en thaï : อักษรไทย, àksǒn thai), système d’écriture complexe utilisé pour écrire la langue thaï. Un système dérivé du brahmi (brāhmī), famille des systèmes d’écriture brahmiques nés en Inde, dont on fait remonter l’existence jusqu’au IIIe siècle av. J.-C. Les inscriptions les mieux connues et les plus anciennes en brahmi sont les édits gravés de l’empereur Açoka (on peut en voir une copie sur le pilier à l’entrée du temple U-Mong ici à Chiang Mai, pilier surmonté d’une route représentant le Dharma, l’enseignement du Bouddha). Lecture plus engageante, Sarah nous conte son expérience quant à cette langue tonale. Une langue qu’un farang – un étranger¹ – peut parfaitement apprendre pour autant qu’il y mette de la bonne volonté­! La preuve en vidéo :


Puisque l’on parle de langue thaï, pourquoi ne pas vous lancer ? Celles et ceux prévoyant un voyage au Pays du Sourire pourront apprendre quelques mots et phrases afin d’entrer plus facilement en contact avec les autochtones. Les éditions Lonely Planet ont mis à jour leur Guide de conversation thaï (4e édition sortie en juin 2017). Pour une entrée en matière linguistique, la méthode Assimil a fait ses preuves. Trois ouvrages vous sont proposés : Thaï, un guide de conversation en 21 leçons, Le thaï, sa version proche dans la collection Sans Peine et enfin Le thaï de poche, collection Assimil Évasion (une découverte de la Thaïlande et son peuple à travers sa langue). Autre éditeur spécialisé – et lui aussi apprécié – Harrap’s : il vous propose en poche Parler le thaï en voyage, compagnon de voyage qui deviendra indispensable à ceux qui ne veulent plus parler avec les mains.

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Pour un apprentissage plus approfondi, il y a des méthodes de langue. Attention, la langue thaïlandaise étant une langue tonale, nous estimons indispensable privilégier une méthode auditive, permettant d’entendre la langue. La Méthode de thaï de Gilles Delouche se décline ainsi en deux ouvrages accompagnés tous deux d’un CD audio : le volume 1  et le volume 2. Elle peut être complétée de la Pratique du thaï de Wanee Pooput et Michèle Conjeaud, elle aussi composée de deux ouvrages accompagnés d’un CD audio : volume 1 et volume 2. Nouveau venu sur la scène, M. Gael Eucat-Jones, professeur français en Thaïlande, nous propose deux ouvrages ma foi fort intéressants : Lire et écrire le thaï pas à pas et Grammaire et Syntaxe du Thaï.

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Quelle que soit la méthode choisie, il est impératif de vous exercer oralement. Soit avec vos connaissances thaïlandaises soit alors en venant ici en Thaïlande. Les Thaïlandaises et Thaïlandais sont toujours très sensibles au fait qu’un étranger prenne le peine d’apprendre leur langue nationale. Leurs sourires n’en seront que plus prononcés.


A l’occasion de cette Journée nationale de la langue thaï, les membres de l’ambassade américaine en Thaïlande ont essayé de prononcer du mieux qu’ils pouvaient diverses expressions. Et ça donne ceci. Une ambassade qui, comme de coutume, sait faire preuve de légèreté.

On se quitte avec cette sympathique vidéo de circonstance :

 

คุณค่าภาษาไทย

เป็นคนไทยต้องรักภาษาไทย
รักษาไว้ให้อยู่ได้เนานานหนอ
อย่าทำร้ายลายลักษณ์ที่ถักทอ
ที่แม่พ่ออนุรักษ์ตระหนักคุณ

ภาษาไทยนั้นเป็นภาษาชาติ
อย่าประมาทใช้ผิดให้เคืองขุ่น
ครูท่านสอนสั่งไว้เลยนะคุณ
ความว้าวุ่นแห่งภาษาจะมากม

ถ้าเมื่อใดไร้ภาษาที่มีอยู่
คงอดสูอายเขาไปทุกที่
และอาจสิ้นชาติไทยไปด้วยซี
เพราะวิถีชีวีที่เปลี่ยนไป

ภาษาไทยเป็นภาษาที่มีค่า
มากยิ่งกว่านพรัตน์เป็นไหน ไหน
มวลหมู่แก้วถึงมีค่ากว่าสิ่งใด
คงมีได้แค่เพียงค่าราคาเงิน

แต่คุณค่าของภาษามีสูงส่ง
ช่วยดำรงความเป็นชาติไม่ขัดเขิน
เพราะภาษาแสดงลักษณ์จำหลักเกิน
กว่าค่าเงินตรา…แต่สง่าอยู่ที่ใจ

เป็นคนไทยต้องรักภาษาไทย
รักษาให้อยู่นานนานจะได้ไหม
อย่าทำลายภาพลักษณ์ความเป็นไทย
โดยที่ไม่รู้ค่าภาษาเอย ฯ

Valeurs thaïlandaises, un poème composé par Arunothai Prapan


Sources rédactionnelles (que nous remercions) : DMC TV, Learn Thai with Mod et Thaizer Thailand (traduction libre).
Source photographique de l’image à la Une : Kapook.
Mise à jour le 05.08.2018

¹ Nous reviendrons sans nul doute un jour sur ce terme thaïlandais que certains considèrent comme péjoratif
² C’est là un aspect que certains historiens contestent
³ L’authenticité de la « stèle de Ramkhamhaeng » n’a jamais été établie* ! Pour en savoir plus, lire l’excellent ouvrage d’Eugénie Mérieau, Idées reçues sur la Thaïlande.

Asaraha Bucha & Khao Phansa – L’entrée dans le carême bouddhiste

Heureux télescopage de commémorations qui offre ainsi quatre jours de congé aux Thaïlandais en cette fin du mois de juillet 2018 : vendredi 27 juillet est férié en raison d’Asaraha Bucha, une fête bouddhiste, suivi du samedi 28 juillet correspondant au Wan Khao Pansa. Le dimanche, sans être jour du Seigneur, est jour de repos (du moins pour les fonctionnaires). Et, comme la date-anniversaire de la naissance du roi actuel, Rama X, tombe le samedi 28 juillet, un jour férié est offert le lundi suivant, à savoir le 30 juillet. Les Suisses ajouteront un 5e jour férié, le mercredi 1er août, fête nationale helvétique (les portes de leur ambassade à Bangkok seront closes).

Dans cet article, vous saurez ce qu’est l’Asaraha Bucha et Wan Khao Pansa. Et l’on vous livre également le programme des diverses commémorations dans moult temples à Chiang Mai, avec notamment les quatre événements uniques qu’on vous conseille vivement de vivre à cette occasion.


Asaraha Bucha, késako ?

C’est donc dans toute la Thaïlande qu’Asaraha Bucha est fêté (วันอาสาฬหบูชา en thaïlandais¹). Un jour férié où l’on commémore le premier sermon du Bouddha, délivré à Bénarès, en Inde, il y a plus de 2500 ans, à ses cinq premiers disciplines. C’est le fameux sermon qui contient Les Quatre Nobles Vérités :

  1. L’existence de la souffrance (Dukkha²);
  2. L’origine de la souffrance (Samudaya²);
  3. La cessation de la souffrance (Nirodha²);
  4. Le chemin menant à la cessation de cette souffrance, soit l’Octuple Sentier (Magga¹).

AsanaBucha(วันอาสาฬหบูชา)Découvrez la traduction française du texte intégral du Dhammacakkappavattana Sutta, Les Quatre Nobles Vérités, sur BouddhaChannel. L’Institut d’Études Bouddhiques vous donne quelques explications, de même que Nguyen Dang Truc. Celles et ceux désirant approfondir ce sujet, et donc s’initier à l’enseignement de l’Éveillé, liront avec plaisir l’ouvrage de Thich Nhat Hanh, excellent vulgarisateur,  Le coeur des enseignements du Bouddha. Vous pouvez également écouter une brève explication en vidéo prodiguée par ce maître bouddhiste vietnamien installé en France depuis 1972. On vous livre quelques autres conseils de lecture en fin d’article.

L’histoire propre à ce premier sermon de Siddharta Gautama, devenu l’Eveillé, le Bouddha, vous est contée sur le site de Dhammadana. Quant à Alain et Bernard, deux retraités francophones installés en Thaïlande, amis de l’érudition, ils vous en disent plus sur le bouddhisme thaïlandais, une pratique issue de la tradition Theravada (cliquez ici).

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© Facebook – Wat Suan Dok

En Thaïlande – et donc à Chiang Mai – les temples bouddhistes seront particulièrement animés le jour d’Asaraha Bucha, pleine lune du 8e mois lunaire, et ce dès l’aurore (programme ci-dessous).

La politique étant imbriquée à la religion, le gouvernement thaïlandais ne manque jamais cette occasion pour rappeler au peuple les vertus du bouddhisme. Ainsi l’année dernière, en 2017 donc, dans une allocution télévisée, le premier ministre Prayut Chan-o-cha a demandé que les Thaïlandais respectent les 5 préceptes moraux du bouddhisme durant cette période de carême, à savoir :

  1. Ne pas tuer des êtres vivants.
  2. Ne pas prendre ce qu’on ne vous donne pas (donc ne pas voler).
  3. Ne pas mal se comporter sexuellement parlant.
  4. Ne pas mentir.
  5. Ne pas prendre des substances perturbant la conscience (l’alcool en fait partie).

Voici le message vidéo de cette année 2018 :


Wan Khao Pansa, késako ?

Wan Khao Pansa (ou Phansa; en thaïlandais วันเข้าพรรษา), est un jour férié et une importante fête pour les Thaïlandais marquant le début de ce qu’on appellera, par facilité, le carême bouddhiste (mais qui n’en est pas un). Période de retrait pour les moines, qui doivent rester aux abords de leur temple, se consacrant davantage à l’étude, la méditation et l’éducation des novices. Les cérémonies d’ordination sont plus nombreuses à ce moment-là. Les pratiquants multiplient les offrandes durant cette période, que ce soit de l’argent, de la nourriture ou encore des bougies (« thien » en thaïlandais). Le but étant d’acquérir le plus de mérites possibles. Wikipédia nous en dit plus sur cette période de retraite durant la saison des pluies, qui n’est pas propre à la Thaïlande. En 2018, elle débute le samedi 28 juillet.

Le Département des Affaires Religieuses, sous la tutelle du Ministère de la Culture thaïlandais (mais tout ou presque est en langue thaïlandaise) :


Célébrations dans tous les temples bouddhistes (ou presque)

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Après nous êtres renseignés auprès de divers temples bouddhistes de la région, nous pouvons vous communiquer le programme officiel qui sera suivi, peu ou prou, par tous les temples de Chiang Mai et environs. Rappelons que la nuit du 27 juillet sera nuit de pleine lune (plus d’explications ci-dessous).

VENDREDI 27 JUILLET 2018

  • 7h : cérémonie d’offrandes matinales aux moines
  • 8h : prières
  • 15h : prières
  • Des 18h : triple circumambulation (เวียนเทียน, vien tien en thaïlandais) qui se fait généralement autour d’un chedi.

SAMEDI 28 JUILLET 2018 (qui, cette année, correspond à l’anniversaire du roi Rama X)

  • 18h30 : chants du soir avec scansion de stances sacrées en faveur de Sa Majesté le roi Rama X

Vous avez par exemple le programme spécifique du Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, un temple lié à la royauté, à Chom Thong donc, à 1 heure de route au sud-ouest de Chiang Mai. Ou encore le programme du Wat Suan Dok, à la route de Suthep. Le blog Noy & Gilbert en Thaïlande nous décrit une journée avec ses divers rites et c’est plutôt intéressant.

Notez encore que c’est durant cette période qu’ont lieu les divers Festivals des Bougies, fameux dans toute l’Isan, plus particulièrement à Ubon Ratcha Thani. On vous en a parlé l’année dernière et la TAT – L’office du Tourisme national de Thaïlande, vous livre le programme des villes principales du royaume (qui n’est pas exhaustif). A Surin par exemple, ce sont les éléphants qui, bien malheureusement, sont mis à contribution.


Evénement spécial au Wat Pan Tao

Le Wat Pan Tao (วัดพันเตา) – au cœur de la cité fortifiée ici à Chiang Mai – a le don de la mise en scène. Ainsi, ses jeunes moinillons font le bonheur des photographes. Il faut dire que le monticule où est posée une statue du Bouddha est particulièrement photogénique, éclairé par des centaines de bougies, avec les moinillons méditant aux pieds du Bouddha. Ainsi, une cérémonie spéciale est agendée au vendredi 27 juillet, à la tombée de la nuit (on suppute qu’il s’agit de 18h). Mais son déroulement est tributaire de la météo. Quoi qu’il en soit, on vous conseille vivement de vous rendre dans ce joli temple dès 18h donc. Soirée féérique – et emprunte d’émotion – en perspective (ci-dessous la cérémonie de l’année dernière)…


La tournée des 9 temples au cœur de Chiang Mai

En Thaïlande, le chiffre 9 est porteur de chance, entre autres (mais il a bien d’autres significations). Et c’est justement la visite de 9 temples auspicieux qui vous est proposée, véhiculé par une moyen de transport électrique. A raison de 2 trajets par jour, du vendredi 27 au dimanche 29 juillet 2018, à 9h et à 13h. Le rendez-vous est fixé en face du Wat Phra Singh Woramahawihan. En plus de ces deux trajets quotidiens, une visite nocturne est prévue vendredi 27 juillet, à 16h, afin d’assister – et donc de participer – aux circumambulations nocturnes muni d’une bougie. L’activité est gratuite. La navette électrique emmènera 60 passagers au maximum dans ces neuf temples-ci : Wat Phra Singh Woramahawihan (pour obtenir joie et apaisement), Wat Dab Pai (pour combattre les mauvais éléments), Wat Lok Moli (pour obtenir l’élévation spirituelle supérieure), Wat Chiang Yuen (pour obtenir puissance et moyens de subsistance)Wat Chiang Man (pour stabiliser les mérites déjà effectués), Wat Duang Dee (afin d’attirer la bonne fortune)Wat Phan Tao (pour multiplier l’effet des mérites), Wat Chedi Luang (afin de recevoir des honneurs) et enfin le Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (ici le but est d’attirer or et… argent !).

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Une Lune de sang éclipsée – La plus longue éclipse lunaire du siècle !

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© Facebook – NARIT

Vous savez que les fêtes bouddhistes thaïlandaises sont régies par un complexe calendrier luni-solaire. Ainsi, toutes les fêtes se déroulent durant les pleines lunes. Et il en est de même pour ces deux fêtes-ci : Asaraha Bucha se tient durant la pleine lune du 8e mois lunaire, vendredi 27 juillet cette année 2018, et Wan Khao Pansa le lendemain, samedi 28 juillet 2018. Ce sera donc l’occasion d’admirer la Lune pour ceux qui lèveront les yeux au ciel ! Et cela en vaudra la peine car c’est une Lune de sang qui nous est promise pour ce 27 juillet 2018. Sauf qu’elle disparaîtra 6 heures durant, réalisant ainsi la plus longue éclipse lunaire du siècle ! Visible depuis Chiang Mai et toute la Thaïlande. Celles et ceux que les détails des phénomènes astronomiques intéressent liront avec délectation Sciences & Avenir.


Journée sans alcool !

Journée noire pour les tenanciers de bars, qui ferment pour la plupart durant ces deux jours commémoratifs ! La vente et la consommation d’alcool en public sont prohibées dans tout le royaume 48 heures durant dès l’Asaraha Bucha (cette année vendredi et samedi). Les hôtels internationaux bénéficient d’une certaine tolérance. Le gouvernement lance chaque année des campagnes de prévention, encourageant sa population à ne pas consommer d’alcool durant les trois mois de retraite bouddhique. Une ancienne campagne était ainsi nommée งดเหล้าเข้าพรรษา (ngod lao Kao Phansa, « pas d’alcool durant Khao Pansa ! »). Cette année 2018, la devise de cette journée est la suivante : « Réduire ou cesser la consommation d’alcool rend les familles heureuses ».

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Rappelons que l’alcool cause des ravages humains terribles, que ce soit avec les drames familiaux ou encore les accidents de la route. Et les Thaïlandais en profitent pour donner leur sang durant ces fêtes. Ainsi, ce samedi 28 juillet, à l’occasion de l’anniversaire du roi (voir ci-dessous), une collecte de sang est organisée au Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre (à la halle 2, de 9h à 15h). Tous les détails (en anglais) sur la page Facebook de la Banque du Sang gérée par la Croix-Rouge locale (événement FB).


Fermetures

Du vendredi 27 juillet au dimanche 30 juillet 2018 y compris, attendez-vous à beaucoup des fermetures dues aux féries. Ainsi, les musées, les administrations (dont les bureaux de l’immigration) à l’exception bien entendu de la police qui assure son service 24 heures sur 24, les ambassades et consulats, de même que la poste et les banques seront fermés. Mais comme une bonne partie de ces services se trouve également dans les centres commerciaux – qui eux restent ouverts comme d’habitude – vous ne devriez pas trop subir d’inconvénients. Devons-nous encore préciser que les 7 Eleven restent bien entendu ouverts, 24 heures sur 24 de surcroît.

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Les centres commerciaux, fidèles à leurs pratiques et faisant de tout pour attirer les chalands, marquent d’ailleurs eux aussi l’événement. Ainsi le MAYA qui organise une cérémonie d’offrandes matinales aux moines : ce ne sont pas moins de 99 moines qui récolteront les offrandes faites par les fidèles les jeudi 26 et vendredi 27 juillet 2018, à 8h sur la place de la fontaine, à l’entrée du centre commercial donc.

Le zoo de Chiang Mai sera ouvert (et accueillera sans nul doute beaucoup de visiteurs ce jour-là). A notre connaissance, cette année ne sera pas marquée par la cérémonie qui avait eu lieu l’année dernière à l’occasion de l’Asaraha Bucha : un cortège aux bougies incluait… des éléphants et d’autres animaux du zoo (qui n’avaient rien demandé !).


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Sans oublier l’anniversaire du roi Rama X

Il se trouve que ces deux fêtes bouddhistes coïncident cette année avec l’anniversaire de Sa Majesté le roi Rama X, le samedi 28 juillet 2018 (un anniversaire qui, tombant sur un samedi, donnera droit à un jour férié le lundi suivant). A Chiang Mai, une grande commémoration officielle se déroulera au Royal Park Rajapruek, plus communément appelé le Royal Flora, un parc dont on vous a déjà parlé à maint reprises (il est décrit dans cet article-ci). Elle aura lieu samedi 28 juillet 2018. Au programme :

6h : cérémonie d’offrandes matinales à 67 moines au Pavillon Royal (67 correspond à l’âge de Sa Majesté). Tenue vestimentaire souhaitée : en jaune (la couleur du jour de naissance du roi, un dimanche) ou alors en blanc.

18h : cérémonie aux chandelles en l’honneur du roi. Elle se tiendra dans la salle Rajapruek de l’immeuble d’exposition 1. Tenue vestimentaire souhaitée : costume traditionnel Lanna ou thaïlandais (idéalement jaune).

Buffet végétarien gratuit

Heureuse initiative de bienfaisance organisée à l’occasion de cet anniversaire royal : un repas végétarien (avec boisson) offert entre 6h et midi ce vendredi 27 juillet. Des activités seront également proposées. Cela se passe au Vegetarian Food Club of Thailand
(ชมรมมังสวิรัติแห่งประเทศไทย สาขาเชียงใหม่, précisément ici, sur la route vers l’aéroport). Des offrandes aux moines – nourriture exclusivement végétarienne – se dérouleront à 8h30. Les détails de l’événement se trouvent sur Facebook mais tout est en langue thaïlandaise.

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© Facebook – Phupha News

C’est donc un week-end riche en événements que vous offre la Rose du Nord. On vous donne rendez-vous dans 3 mois, à l’occasion de ce que nous appelons – par commodité mais erronément – la fin du « carême » bouddhiste, Ok Pansa.

Puisque nous parlons de bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux, on vous conseille ici quelques lectures introductives. On omet volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’ œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

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Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

Amazon Livre 12 - DvaravatiOn termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les oeuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquète de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


¹ Plusieurs graphies recouvrent toutes la même commémoration (Asana, Asarna, Asahna, Asala, Asalaha ou, sans doute la meilleure à utiliser, Asaraha, celle que nous avons retenue). De même pour Bucha, Puja…). En thaïlandais, cela donne ceci : วันอาสาฬหบูชา (Wan Asaraha Bucha) et อาสาฬหบูชา (Asaraha Bucha).

² Ce sont là des termes pāli,  langue indo-européenne qui est utilisée encore aujourd’hui comme langue liturgique dans le bouddhisme theravada.

Photo à la Une © Facebook. Crédit : Mongkol Ritthaisong et source : ChiangMai Photo Club. Mise à jour le 13.08.2018.

Chiang Mai au Top 10 des destinations incontournables d’Asie en 2018, selon Lonely Planet !

Sixième, c’est la place de Chiang Mai parmi les 10 destinations incontournables d’Asie cette année 2018 ! Un classement établi par l’un des meilleurs guides de voyage mondiaux, Lonely Planet. Et parmi les 10 destinations lauréates, la Rose du Nord est la seule située en Thaïlande ! Bienvenue à Chiang Mai 😎

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© Lonely Planet

Les experts de Lonely Planet ont arpenté le continent asiatique pour vous dénicher 10 destinations d’Asie à ne pas manquer cette année. Mais quelle est donc la destination arrivée première du classement ? Honneur à Busan, au sud de la Corée du Sud, une ville que nous avons visitée au demeurant. Et bravo à elle ! Chiang Mai s’en tire plutôt bien car c’est la seule destination thaïlandaise qui figure dans le Top 10. Lisez plutôt…

« Avec ses temples innombrables et ses remparts battus par le vent et la pluie, l’ancienne capitale du royaume du Lanna semble tout droit sortie d’un manuel d’histoire. Le parfum familier du tilapia grillé sur une feuille de bananier flotte dans l’air, tandis que le voyageur s’extasie devant d’antiques bijoux. En dépit de cette atmosphère surannée, une population jeune et créative a investi la ville, insufflant aux ruelles archaïques un bel enthousiasme. Désormais, les majestueux chedis (stupas) couverts d’or côtoient des cafés réputés pour leur latte art, des restaurants de cuisine fusion expérimentale aux murs ornés de fresques et le tout nouveau musée d’art contemporain MAIIAM qui, à l’instar de Chiang Mai elle-même, s’attire éloges et récompenses pour son alliage savant de tradition et de modernité. »

C’est la description qu’en fait Lonely Planet. Une 6e place ô combien méritée car, pour y vivre à l’année, nous pouvons aisément le scander en chœur avec les rédacteurs de ce guide de voyage renommé : Chiang Mai est bel et bien une destination touristique incontournable ici en Thaïlande et plus généralement en Asie. Pourquoi donc ? Quelques éléments de réponse vous ont déjà été donnés dans notre article Faut-il visiter Chiang Mai lors de votre premier séjour en Thaïlande ? Si cela ne devait pas suffire, voici encore 6 raisons de visiter la Rose du Nord. Vous l’aurez compris, Chiang Mai fait partie du meilleur de la Thaïlande et du meilleur de l’Asie. Au-delà de la ville-même, Chiang Mai est une région fascinante, inspirante, surprenante. Une destination fétiche à découvrir absolument en cette année 2018 (et les suivantes 😏).

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© Lonely Planet (Kseniia Ivanova / EyeEm / Getty Images) + Facebook (MAIIAM)

Mais avant de venir à Chiang Mai, encore faut-il que vous soyez convaincu de visiter le royaume du Siam ! Et Lonely Planet vous donne pas moins de 25 raisons de visiter la Thaïlande. Ce guide de qualité n’a pas attendu ce classement pour parler de Chiang Mai ! « Deuxième ville de la Thaïlande, Chiang Mai ne ressemble en rien à Bangkok. Cette cité nonchalante incarne ce qui rend la Thaïlande unique et fabuleuse. » C’est ainsi que le guide Lonely parle de la Rose du Nord sur sa page ad hoc. Vous pouvez lire la suite ici.

Les guides Lonely Planet en lien avec la Thaïlande

Avouons que le guide papier Lonely Planet a souvent été notre compagnon lors de nos périples asiatiques. C’est sans nul doute le guide le plus exhaustif que vous puissiez trouver. Et il est régulièrement remis à jour. D’ailleurs, Lonely Planet et la Thaïlande, c’est un peu une histoire d’amour. Avec les années, l’éditeur a diversifié son offre. Au guide de base, volumineux, se sont ajoutés des guides spécifiques qui pourront vous intéresser. Nous ne pouvons que vous conseiller leur achat, en fonction de vos intérêts.

  • LonelyPlanetThaïlande2016La Bible. Tel pourrait être surnommé le guide Lonely Planet sur la Thaïlande. Il se compose de… 860 pages (dont vous pouvez feuilleter les premières) ! De quoi prétendre à l’exhaustivité. C’est donc le guide qui ravira les bourlingueurs. Tout y est ou presque. La probabilité que vous voyagiez dans une région non couverte par ce guide est faible. Achetez-le les yeux fermés ! Attention cependant. La version française, qui est en fait une traduction de la version originale en anglais, correspond à la 12e édition; elle date du 20 octobre 2016. Or, la version anglaise, dernière en date, sortira le 30 août 2018. C’est dire que si vous avez la possibilité de patienter, faites-le et acquérez la nouvelle version traduite en français, qui sera donc la 13e et qui est attendue pour le mois d’octobre 2018…
  • L’Essentiel de la Thaïlande. Basé sur le même matériel rédactionnel que le guide précédent, cette version écourtée conviendra à celles et ceux qui ne se rendent que dans les destinations touristiques principales du royaume. Sur 324 pages, le meilleur s’y trouve. Pour savoir si la région que vous visez est couverte, feuilletez-le (icône en bas à gauche). La même remarque attentiste que ci-dessus est formulée si votre voyage se déroule en 2019 seulement.
  • Thaïlande, îles et plages. Là aussi basée sur le même matériel rédactionnel que le guide principal, cette édition conviendra parfaitement à celles et ceux qui limitent leur séjour aux destinations balnéaires de la Thaïlande (et donc pas à Chiang Mai, snif). 480 pages tout de même ! Votre île devrait y figurer… Et là aussi nous devons formuler notre remarque attentiste si votre voyage est prévu en 2019 (voir ci-dessus).
  • Bangkok en quelques jours. Ceux qui ne font que transiter par la capitale – et donc qui ignoreront eux aussi la Perle du Nord – pourront se tourner vers ce guide de poche qui contient tout ce qu’il faut savoir pour réussir son séjour citadin. Un bémol tout de même, et de taille : il s’agit d’une édition de 2015. Et en matière de guide de voyage, les informations se périment prestement. Attendez donc la traduction de l’édition originale anglaise qui, elle, sortira en août 2018.
  • Bangkok City Map. Une carte géographique peut toujours être utile. Celle-ci est en anglais et le sérieux de l’éditeur est gage de qualité.
  • Bangkok Extérieur Nuit: Guide de la nuit 2018. Petite digression que l’on s’autorise puisque l’éditeur de cet ouvrage n’est pas Lonely Planet ! Mais comme il est récent et que l’on en vient à parler de Bangkok, sa recension est justifiée. On dit que la Cité des Anges ne dort jamais… Voilà un guide très apprécié, qui paraîtra sulfureux aux âmes sensibles. Beaucoup de conseils pratiques et, bien entendu, un répertoire des adresses de la nuit, connues et moins connues.
  • Guide de conversation Thaï. Nous allions l’oublier ! Ce n’est pas un guide de voyage mais un guide de poche pratique qui vous permettra de vous frotter à la langue siamoise, une langue tonale, et recevoir moult sourires en retour. Les Thaïlandais seront sensibles à votre volonté de parler leur langue. Fous rires assurés.

Vous l’aurez remarqué, on vous a mis tous les liens des bouquins vers notre partenaire Amazon. C’est un site qui couvre tous les pays francophones et qui livre ses produits également en… Thaïlande.

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Lonely Planet en version électronique

À part la carte géographique bien sûr, la plupart des ouvrages cités sont disponibles en version électronique : Kindle chez Amazon, EPub et PDF sur le site web de l’éditeur, ou encore sur iBooks. L’avantage de la librairie électronique des produits Apple est que l’ouvrage peut être acquis en version fractionnée – une seule région par exemple – à un prix tout aussi fractionné. Quel que soit votre support numérique, c’est là une solution bien pratique en voyage, il est vrai, malgré l’amour que l’on peut éprouver pour la version papier.


Lonely Planet sur le web

Cette maison d’édition australienne a compris très tôt le potentiel du net. Un dynamisme qui n’est pas prêt de s’éteindre depuis son rachat par une maison américaine spécialiste de l’édition numérique. Il y a bien entendu le site web et la page Facebook de Lonely Planet France. Mais aussi le site web et la page Facebook de la maison-mère, anglophone, plus fournis.

L’Asie est la région préférée des auteurs rédigeant ces guides (traduit en au moins 8 langues); une source d’inspiration pour vos prochaines vacances peut-être. La Thaïlande y a une place d’honneur avec un guide de la Thaïlande plutôt complet, véritable bible du routard. Et Chiang Mai est gâtée avec une page dédiée, en français s’il-vous-plaît !

In fine, le classement 2018 dont nous vous avons parlé dans cet article, à savoir Le meilleur de l’Asie : nos 10 destinations incontournables (c’est Lonely Planet qui parle).

Ceci dit, et la remarque est valable pour les conseils prodigués par Chiang Mai Deci-Delà, indépendamment de la valeur de ces derniers, ne manquez jamais de mettre de côté votre guide et de vous laisser bercer par la grâce de l’Inattendu !

On vous donne rendez-vous l’année prochaine. Qui sait quel autre classement ravira la Rose du Nord d’ici là…

12GoAsia - Chiang Mai


Photo à la Une : © Facebook. Crédit : Dararath Kikseiko Tawinno et source : ChiangMai Photo Club.
Mise à jour le 22.07.2018

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