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Festival de la Fraise à Chiang Mai. C’est en février que Samoeng fête la fraise !

🍓 Des fraises en Thaïlande ? En venant ici au nord durant « l’hiver » (décembre et janvier), apercevoir des fraises au marché ne sera pas le moindre de vos étonnements. Un double plaisir pour vous : d’abord aller les cueillir dans un champ avant de croquer ce fruit succulent. Et ça tombe bien car la fraise a son festival et il se déroule chaque année dans la province de Chiang Mai. On vous dit tout de la Fête de la Fraise (avec nos conseils d’hébergement) et de la production de ce faux-fruit au royaume de Thaïlande (un éclairant travail académique clôt notre article). Qui sait si une nouvelle expression ne naîtra pas : aller aux fraises… à Samoeng ! Mais au fait, comment se dit fraise en langue thaï ?

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© Facebook

La Fête de la Fraise à Samoeng

Ici à Chiang Mai, vous ne pourrez manquer de voir des fraises en y venant en hiver (décembre et janvier, mois qui correspondent au pic de production). Que vous alliez dans la touristique vallée de Mae Sa (au nord de la ville), vers Mae Kampong (à l’est) ou encore au Doi Inthanon (au sud-ouest), vous verrez quantité de champs de fraises où les amateurs sont attendus afin qu’ils cueillent ce fruit exquis. Un arrêt gourmand qui vous permet de vous mêler à la population locale qui apprécie de plus en plus la fraise.

Les voyageurs aimant à parcourir les routes du nord du royaume en scooter ou moto connaissent Samoeng pour la magnifique boucle qui part de Chiang Mai et y revient en passant justement par ce bourg montagneux, à l’ouest, s’arrêtant à son marché central qui draine moult minorités ethniques peuplant les montagnes alentour. Mais Samoeng est beaucoup plus connu par les Thaïlandais pour sa production… de fraises ! Ce sont près de 700 agriculteurs qui vivent de cette production, étalée sur 3’900 rai et produisant en tout 10’000 tonnes de délicieuses fraises¹Chaque année, la 2e semaine du mois de février, est célébré ce fruit qui représente, aux yeux des locaux, le fruit de l’amour.

SamoengStrawberryFair2019Cover

Ainsi, cette année, du mercredi 6 au dimanche 10 février 2019, Samoeng organise la Fête de la Fraise, 18e édition. Pour y être allé à plusieurs reprises depuis six ans maintenant, c’est un festival qui prend de l’ampleur – passant d’une durée de 3 à 5 jours – et l’ambiance qui y règne, à l’écart des routes touristiques du royaume, est à nulle autre pareille. C’est dire que nous ne pouvons que vous conseiller d’y participer. Sur les 5 jours du festival, le samedi en représente son point d’orgue avec la parade matinale et la cérémonie d’ouverture. Vous y verrez des danses traditionnelles effectuées par des membres des diverses ethnies minoritaires vêtues de leurs habits traditionnels. De Chiang Mai, Samoeng (สะเมิง) se rejoint en 1h30 d’une magnifique route de montagne. Ses lacets raviront les scootéristes et plus encore les motards. Ne manquez donc pas la parade du samedi matin (tôt, très tôt, mais cela en vaut la peine et cet album-photo de l’édition 2016 vous le prouve), suivie par une cérémonie d’ouverture et ses spectacles folkloriques !

A NE PAS MANQUER !
Samedi 9 février 2019
⇾ à 7h30 : cortège fleuri avec animations folkloriques
⇾ à 9h09 : cérémonie d’ouverture
● Et durant les 5 jours du festival, kad mua, marché typique du Lanna, avec expositions d’agriculture et produits locaux, dont les fameux produits OTOP.

En vous promenant dans les marchés de Chiang Mai ou dans la campagne alentour, vous aurez sans doute constaté en ce début d’année que les fraises sont partout ou presque. C’est de saison ! Et Samoeng fête donc ce fruit venu d’ailleurs (mais qui s’est très bien acclimaté). La Fête de la Fraise, à Samoeng, est un événement qui se déroule au cœur du bourg et offre moult activités : divers concours culinaires, une parade fleurie, un marché typique du Lanna (kad mua) avec des stands proposant… des fraises, obvie, mais aussi d’autres produits agricoles régionaux et de délicieux produits locaux, dont des produits estampillés OTOP. Au programme également : des jeux et des compétitions sportives. C’est aussi une magnifique occasion de côtoyer des membres des nombreuses minorités ethniques qui descendent des montagnes de la province, Hmong, Karen et autres Lisu. Et cette année, on nous promet la présence des Taï Lüe, une des minorités ethniques venues du sud de la Chine que nous apprécions particulièrement (un village ethnique se trouve non loin de Samoeng).

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Miss Fraise entourée d’une charmante Karen et d’une non moins charmante Hmong © Facebook – Events Weekly News

En soirée, y règne une ambiance campagnarde avec animation musicale locale, danses, des combats de muay thai, la fameuse boxe thaïlandaise, des concours vocaux… Sans oublier l’incontournable concours de beauté : ici c’est Miss Strawberry qui sera élue, autrement dit, Miss Fraise. Une ambiance de kermesse qu’on apprécie.

Vous pourrez bien entendu acheter de succulentes fraises à emporter. À moins que votre intérêt ne se porte sur la liqueur qui en est tirée, vendue elle aussi sur place… Vous êtes également encouragé à visiter les plantations de fraises autour de Samoeng, une région connue pour abriter les plus grandes plantations de fraises en Thaïlande. C’est dire qu’il vaut mieux y venir avec votre propre moyen de transport et rayonner.


PROGRAMME OFFICIEL

Durant les 5 jours du festival, du 6 au 10 février 2019, en journée :

  • Diverses expositions agricoles, dont celle de la fondation du Projet Royal
  • Marché des fraises et de produits locaux, notamment OTOP
  • Concours des plus belles fraises

Mercredi 06.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise.

Jeudi 07.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, concert de musique traditionnelle par les élèves de l’école de Samoeng.

Vendredi 08.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, kermesse, élection de Miss Minorités Ethniques (tribus montagnardes).

Samedi 09.02.2019. En journée :

  • Dès 7h30 : grand cortège fleuri avec animations folkloriques
  • À 9h09 : cérémonie d’ouverture
  • Spectacle des élèves de l’école de Samoeng
  • Concours du plus beau costume (thème : la fraise, obvie)
  • Remise du prix au meilleur participant de la parade
  • Discours officiels

Animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, kermesse, concours de beauté des enfants.

Dimanche 10.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, kermesse, élection de Miss Fraise.

La Fête de la Fraise sur internet
Evénement Facebook (เทศกาล สตรอว์เบอร์รี่ 2019)
Programme complet (mais en langue thaï)
● En savoir plus sur la page Facebook At Samoeng (ที่นี่ สะเมิง)
Conférence de presse à la campagne (par le département d’agriculture du district)
Emplacement des festivités, au cœur du village (carte)


Samoeng Center Photo Montage.jpeg

Il y a hébergement de qualité à Samoeng, comme ici le Samoeng Center

Dormir à Samoeng

Dans la mesure où le clou de la fête est la parade du samedi matin commençant avant 8h, nous vous recommandons vivement de dormir sur place le vendredi soir. C’est aussi une occasion de vous imprégner de l’ambiance à nulle autre pareille de ce festival attachant. Prenez garde : les nuits durant l’hiver thaïlandais peuvent être fraîches là-haut.

Voici donc nos recommandations hôtelières, sachant qu’il existe quantité d’autres hébergements, à Samoeng-même ou aux alentours. En cliquant sur le lien, vous serez dirigé vers le site Booking.com (avec qui nous sommes partenaires), où vous est présenté l’hôtel et où vous pourrez directement le réserver :
Sometime @ Samoeng, c’est l’adresse qu’on préfère, un peu en retrait. Privilégiez les bungalows au bord de la rivière Samoeng (petit canal) avec vue sur les rizières et les collines alentour. THB 1’500.-/nuit (hélas, pas de rabais sans utilisation de la climatisation, bien inutile en saison fraîche). Un resort au milieu des cultures (fruits de la passion et raisins qui vous seront servis au petit-déjeuner).
Lhongkhao Samoeng est l’adresse la plus prisée, non loin de la fête; elle ne devrait pas vous décevoir.
Samoeng Center. Il s’agit de l’établissement le plus luxueux en ville, là-même où vous pouvez profiter du spa (onsen accessible aux invités). Faites-vous donc plaisir ! Nous, on adore.
Li-su Camp @ Samoeng. Il peut être original de dormir sous tente ! Pour ceux qui veulent vivre une expérience authentique, au contact d’une des minorités de la région, en l’occurrence les Lisu.
► Et enfin notre petite adresse de derrière les fagots. Baan Khao (White House en anglais, บ้านขาวสะเมิง โฮสเทล แอนด์ คาเฟ่ en thaï), une petite maison en bois tout de blanc peinte, en ville. Ce n’est évidemment pas le confort qui est visé en dormant ici (le prix est de THB 400.-/personne). Ici, vous aurez vraiment l’impression de vivre comme des locaux. Trois chambre avec salle d’eau commune. Une maison qui nous a envoûtés et qui ravira les amateurs d’authenticité. Vous pouvez essayer d’appeler (089 701 0417) mais le mieux est de passer pour réserver (et ainsi de voir si l’offre est en adéquation avec vos exigences).

Hôtel

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Sometime @ Samoeng

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Lhongkhao Samoeng

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Baan Khao (White House)

Booking - Samoeng


La production de fraises en Thaïlande²

On vous renvoie à la contribution académique closant cet article pour ce qui est de la production des fraises en Thaïlande. Mais sachez que la fraise fait l’objet de recherches universitaires afin de l’acclimater au pays. Ainsi de la fondation du Projet Royal, très présente dans la province de Chiang Mai (lire ci-dessous). Ou encore d’une ferme de recherche sur les fraises gérée par l’Université Naresuan, à Phetchabun. C’est là qu’un projet prometteur vise à mettre au point une nouvelle variété de fraises qui, en plus d’offrir un goût fort, présente des avantages pour la santé.

« Nous sommes en train de stimuler l’anthocynanine dans nos fraises. Les perspectives sont excellentes « , a déclaré Narongchai Pipattanawong, directeur du marketing de la fondation du Projet Royal. L’anthocyanine a des propriétés antioxydantes et anti-cancérigènes. « Nous attendons des résultats satisfaisants au cours des deux prochaines années « , a-t-il dit. Il a déclaré que certaines variétés italiennes de fraises contiennent une quantité importante d’anthocynanine, mais qu’elles ne poussent pas bien dans les conditions climatiques de la Thaïlande.

En conséquence, la fondation du Projet Royal et le Fonds de recherche thaïlandais (TRF) ont financé conjointement le projet de recherche, qui est mené par l’un des doctorants de l’Université Naresuan, pour développer une variété de fraise qui contiendra une quantité relativement élevée d’anthocynanine et qui fleurira également bien en Thaïlande. Peerasak Chaiprasart, qui dirige le Centre d’excellence en technologie post-récolte de l’université, est le conseiller du chercheur. « Nous avons déjà trouvé la variété de fraise qui contient les qualités désirables, mais nous l’expérimentons encore et nous ne pouvons pas encore divulguer les détails « , dit-il. Pourtant, il est fier de dire que cette variété peut fournir 100 milligrammes d’anthocyanine par fraise. « Avec une telle quantité, notre fraise sera en mesure de combattre les cancers « , a dit M. Peerasak. Prasert Pavasant, directeur du programme de recherche et de chercheurs pour les industries de la fondation, a déclaré que les recherches en cours sont très fructueuses.

Yuttana Bamrungkhiri, une agricultrice Hmong du district de Khao Kho à Phetchabun, a développé le Phrarachatan 80 pour attirer les touristes au cours des cinq dernières années. « Elle génère des profits de THB 350’000 sur les cinq mois de la période de floraison des fraisiers » dit-elle. Cela permet aux touristes de se promener dans sa plantation de fraises et de cueillir des fruits frais. « Beaucoup d’autres habitants de la région ont également ouvert leur ferme de fraises aux touristes », déclare l’agricultrice de 56 ans. Yuttana est reconnaissante au regretté roi de se soucier du bien-être de la population des tribus montagnardes. « Grâce à lui, nous n’avons pas à nous en tenir à la culture de l’opium, qui est illégale « , a dit Mme Yuttana. « Nous lui en sommes particulièrement reconnaissants parce qu’il aimait son peuple, y compris nous, les tribus montagnardes. »


Et comment dit-on fraise en thaï ?

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© Facebook – Crédit : IAmSeason

La fraise étant un produit étranger à la Thaïlande, c’est le mot anglais qui a été repris tel quel mais avec une prononciation à la thaïlandaise. Aussi, en thaï, la fraise s’écrit สตรอเบอร์รี (satroboeri), strawberry en anglais. Comme ce mot peut aussi désigner la plante, on ajoutera ผล (phon) pour parler du fruit, ce qui donne au final ผลสตรอเบอร์รี (phon satroboeri). Attention ! La jeunesse thaïlandaise utilise ce même terme pour désigner un menteur (สตรอ, satro).

Aux yeux des Thaïlandais, la fraise est le fruit de l’amour (สตรอเบอรี่ : ผลไม้แห่งความรัก). Un fruit qui est nouveau (et encore exotique) pour eux. Peu d’entre eux apprécient manger des fraises agrémentées de jus de citron (manao) et d’un peu de sucre (et ne parlons pas des fraises à la crème de Gruyère, chère au cœur des Fribourgeois). Non ! Les Thaïlandais aiment à manger les fraises peu mûres (c’est un euphémisme car ils les mangent carrément vertes), avec un peu de… piment, comme souvent avec les fruits. Les mauvaises langues – qui hélas ont raison en la matière – rappelleront que la Thaïlande est un pays où une bonne partie de sa production de fruits et légumes est infestée de pesticides. Mais il est tout de même des producteurs offrant des fraises biologiques (on dit organic ici en Thaïlande). Le Projet Royal initié par feu Bhumibol le Grand, en est un des fers de lance (lire l’aparté en fin d’article). En dehors de Samoeng, c’est dans la région de Fang, plus au nord, que la production de fraises est importante. De même, vous pourrez en voir – et surtout en manger – à la Station Royale d’Agriculture du Doi Angkhang.

« Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de bonheur. »   Alain


La région de Samoeng

La région de Samoeng mérite une visite au-delà de la seule Fête de la Fraise. Nous vous avons déjà parlé des champs de chrysanthèmes plus à l’ouest du village (dont la floraison a lieu de mi-octobre à mi-novembre), vous proposant d’autres visites alentour. Et Samoeng est la région où notre ami Loolu, un jeune Karen pétillant, organise des treks et reçoit ses hôtes dans sa famille au village, avec possibilité d’y dormir (ici, pas d’autres touristes que vous). Consultez tous les treks proposés par Loolu (c’est Toto, la manager du Swiss-Lanna Lodge, qui gère toutes ses réservations en langue française). Nous consacrerons bientôt un article plus fouillé sur les attractions de cette verte région.

De peur de trop ramener notre fraise, on clôt là notre article 😏

La production de fraises et la Fondation du Projet Royal³

Le Projet Royal est une fondation créée en 1969 par Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej. A sa création, elle visait deux objectifs :

  • développer et améliorer les conditions économiques et le niveau de vie des minorités ethniques peuplant le nord thaïlandais en utilisant les cultures de rente pour remplacer la culture du pavot;
  • préserver les forêts et l’environnement.

La recherche sur les fraises comme culture de remplacement a débuté en 1974, en collaboration avec l’Université Kasetsart, à Bangkok. Les résultats de cette recherche ont permis aux tribus montagnardes et aux populations locales de tirer des revenus de la production de fraises et de plantes-filles. Les fraises, entre autres cultures, offrent maintenant à ces populations une source d’investissement rapide et à rendement élevé.

C’est en 1934 qu’un cultivar inconnu a été introduit par les Britanniques dans la province de Chiang Mai. Malgré sa chair très molle, sa petite taille, sa couleur peu avenante et son faible rendement, cette fraise a suscité un grand intérêt comme fruit dans les jardins thaïlandais. Les fraises sont cependant devenues économiquement importantes à partir du début des années 1980.

Les premiers cultivars provenaient des Etats-Unis. Après plusieurs tests, et de nombreux échecs, d’autres cultivars ont été introduits, cette fois du Japon. Les nouvelles variétés issues de la recherche siamoise sont connues sous le nom de Phrarachatan; aussi, de nombreuses variétés de fraises en Thaïlande font partie de cette lignée. La première variété de la lignée est connue sous le nom de Phrarachatan 16. La dernière variété de fraise nommée par Rama IX, décédé le 13 octobre 2016, est le Phrarachatan 88¹.

En gros, la production de fraises se limite aux provinces de Chiang Mai (principalement dans les districts de Fang et de Samoeng, de même que sur les pentes du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande) et de Chiang Rai (principalement dans le district de Mae Sai), dans le nord de la Thaïlande donc, où le climat frais de décembre à mars en permet la production. La plupart des exploitations de fraises de ces deux provinces sont des petites et moyennes exploitations familiales d’une taille moyenne comprise 0,5 à 5 hectares. Des fraises sont également cultivées dans les montagnes de quelques provinces du nord-est de la Thaïlande, mais la production est relativement peu importante.

Les fraises constituent une culture annuelle en Thaïlande. Dans les régions montagneuses (plus de 1000 m d’altitude), la période optimale de plantation se situe à la fin du mois d’août, permettant ainsi d’obtenir un rendement élevé. Les fruits sont récoltés de début novembre à mai. C’est en janvier et février que la production atteint son maximum. Après la période de récolte, les stolons se développent pour la propagation de nouvelles plantes.

Ce sont les normes américaines qui sont appliquées pour définir la maturité du fruit sur la base de sa couleur, ce qui détermine le moment de sa récolte. Grosso modo, la production totale se répartit comme suit : 50% est destinée à l’expédition fraîche vers Bangkok, 30% à la transformation (par exemple pour de la confiture ou des colorants) et 20% pour des ventes à la ferme ou localement.

En 2013, la production de fraises a généré des ventes d’environ 500 millions de bahts (soit 17 millions de US dollars). Une production en continuelle augmentation. Le Japon est maintenant le plus important marché d’exportation.

De quelques problèmes rencontrés.

  1. En raison du manque de sélection de bonnes plantes mères pour la production de plants de stolons, de la mauvaise gestion des champs avant la plantation et de la non-utilisation de plantes exemptes de virus, la vigueur des plantes est faible, les rendements ne sont pas optimaux et la qualité des fruits n’est pas idéale. La recherche vise à résoudre ces problèmes afin d’améliorer et la qualité et la rentabilité.
  2. Les fraises immatures ont une saveur médiocre et les fruits plus mûrs deviennent rapidement invendables, surtout par temps chaud. Il convient de déterminer le moment idéal de la récolte.
  3. La prévalence de plusieurs champignons réduit la production (en 1994-95, c’est 50% de la production qui a ont été perdus dans le district de Mae Sai, par exemple). D’autres maladies contribuent à cette perte de production.
  4. Le prix élevé des fraises posent également un problème commercial non négligeable.

En conclusion, afin de répondre aux besoins de l’industrie, de nouveaux cultivars précoces et plus résistant produiront des fraises de haute qualité adaptés au marché frais et à la transformation. De meilleures techniques de culture, de détection et de contrôle des maladies, de stockage temporaire, d’emballage, de manutention après récolte, de transport et de sélection doivent être encouragées. L’expansion de la culture de la fraise en Thaïlande s’accompagne d’une augmentation de la demande, ce qui représente un certain potentiel d’expansion dans les hautes terres ici au nord. Une saison de récolte plus longue sera primordiale pour augmenter les exportations. Plusieurs pistes sont envisagées afin de trouver des solutions. Aussi, les recherches de la fondation du Projet Royal sont importantes car la plupart des producteurs de fraises en dépendent pour résoudre leurs problèmes. La combinaison d’un bon climat, de meilleures ressources et de recherches plus poussées fera progresser l’industrie thaïlandaise de la fraise.


¹ Source : ตามใจไทยแลนด์ Taam-Jai Thailand
² Source : New strawberry will be pick of the crop for flavour and health benefits, un article paru dans le quotidien anglophone The Nation
³ Le présent texte est un résumé librement traduit du travail académique de M. Narongchai Pipattanawong, directeur du marketing de la fondation du Projet Royal, et intitulé Strawberry Production and the Royal Project Foundation, Thailand. Il a été publié dans le Journal of Developments in Sustainable Agriculture 10: 15-18 ( 2015). Nous remercions l’auteur de cet intéressant éclairage qui démontre à l’envi le rôle non négligeable de la fondation du Projet Royal. Hélas, il ne pipe mot des pesticides (bien trop répandus en Thaïlande, hélas, trois fois hélas). Bien qu’on puisse lire dans la source no 1 que l’utilisation des pesticides est réduite dans le district de Samoeng…

Source de l’image à la Une : Naruthai Thunpradit © Facebook. Mise à jour le 10.02.2019

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La Fête des Fleurs 2019 à Chiang Mai

Avec la Fête de l’Eau à mi-avril (Songkran, qui correspond au Nouvel An thaïlandais) et la Fête des Lumières généralement en novembre (Loy Kratong¹), la Fête des Fleurs fait partie de la trinité festive de Chiang Mai à ne pas manquer. C’est un événement annuel qui attire des milliers de passionnés. Il a lieu le premier week-end du mois de février. En participant à ce festival haut en couleur, vous comprendrez sans doute mieux pourquoi Chiang Mai est appelée «la Rose du Nord». Une région qui abrite une grande variété de fleurs : du rajaphruek jaune aux chrysanthèmes blancs, en passant par les orchidées multicolores. Le nord thaïlandais possède en effet l’une des plus grandes biodiversités végétales du sud-est asiatique.

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43édition de la Fête des Fleurs

La Fête des Fleurs de Chiang Mai 2019, qui en est à sa 43e édition, est l’un des événements les plus colorés de Thaïlande. Cette année, le thème du festival est Chiang Mai Welcome Smile qu’on traduira librement par Chiang Mai vous accueille avec le sourire.

Son point d’orgue est la grande parade de chars fleuris du samedi matin. Étalé sur 3 jours, ce festival vous propose des expositions de fleurs et autres plantes (bonsais, orchidées…), un concours d’art floral, un concours de beauté (Miss Fleur), des produits locaux, entre autres OTOP, et, comme dans tout festival thaïlandais qui se respecte, de la nourriture (ici du nord, du Lanna donc). Des spectacles folkloriques présentant la culture du Lanna égaieront les soirées. Le parc Nong Buak Haad (situé dans le coin sud-ouest des douves, « le carré »), spectaculairement décoré, s’animera de mille feux. Voici déjà la bande-annonce qui augure encore une fois d’une fête inoubliable pour celles et ceux qui la vivront in situ :

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Le programme 2019

Tout se passe au parc public Nong Buak Haad (สวนสาธารณะหนองบวกหาด), écrin de verdure bienvenue, magnifiquement décoré pour l’occasion et point névralgique du festival.

VENDREDI 01.02.2019

  • 9h : ouverture officielle du parc (et par conséquent de la fête)
  • 19h : cérémonie d’ouverture. À NE PAS MANQUER!
  • De 20h à minuit : concours de beauté (élections de Miss Fleur 2019 et Miss Fleur Internationale 2019)

SAMEDI 02.02.2019Google Maps Chiang Mai Flower Festival 2019 - La Fête des Fleurs

  • Dès 8h : grande parade de chars fleuris, du pont Nawarat (สะพานนวรัฐ) au parc Nong Buak Haad (parcours sur Google Maps). On nous parle de 23 chars cette année, tous plus munificents les uns que les autres. Un cortège qui devrait se terminer vers midi (les chars s’élancent vraiment du Pont Nawarat vers 9h, après les officialités). À NE PAS MANQUER DONC ! Une partie des chars fleuris reste aux abords du parc l’après-midi. Occasion pour vous de les admirer encore jusqu’au soir.
  • 19h : cérémonie de remise des prix du plus beau char fleuri
  • 19h à 23h : danses classiques thaïlandaises et show culturel Lanna

DIMANCHE 03.02.2019

  • De 20h à minuit : danses classiques thaïlandaises et show culturel Lanna

ET DURANT LES 3 JOURS DU FESTIVAL :

Au parc public Nong Buak Haad :

  • De 9h à minuit : exposition florale et horticole
  • De 9h à minuit : marché avec produits OTOP
  • De 16h à 18h : concert classique

Sur la place de la porte Tha Pae (ประตูท่าแพ), de 18h à 22h : spectacles culturels Lanna (avec danses traditionnelles, notamment)

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Où donc se déroule le festival ?

Il y a trois lieux incontournables liés à ce festival.

  • Le parc public Nong Buak Haad (สวนสาธารณะหนองบวกหาด) en est le point névralgique. Le lieu vaut à lui seul le déplacement. Parler de poumon vert de la ville serait exagéré mais il reste un parc vert fort agréable, avec son ravissant étang, qui permet de s’extraire de la pollution du centre. Il ferme d’ailleurs les deux semaines précédant la fête. Ceci afin que les employés le parent de magnifiques arrangements floraux (voyez les photos des privilégiés qui l’on vu en avant-première, ici et ). C’est dire qu’en journée vous apprécierez les ornements provisoires. Et en soirée, vous serez subjugués par les nombreuses animations culturelles. Quantité de stands horticoles prennent place sur les rues qui enserrent le parc : la rue Arak à l’ouest (principalement des stands de vente) et la rue Bamrung Buri au sud (où se déroulent les expositions). Les étals de nourriture sont nombreux eux aussi. Bien que les décorations soient démontées dès le lendemain du festival, les fleurs exposées restent un bon mois, de quoi vous donner envie de revenir admirer le parc au calme. Et si vous souhaitez un peu de calme durant le festival-même, vous pourrez vous reposer un brin dans le parc Kanchanaphisek (สวนกาญจนาภิเษก), tout en longueur, de l’autre côté de la route. Bouffée d’air frais et calme garanti car il n’y a jamais personne !

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    Parterre fleuri à la porte Tha Pae

  • La place de la porte Tha Pae (ประตูท่าแพ), épicentre touristique de la Rose du Nord, a elle aussi été magnifiquement décorée. C’est un parterre de fleurs qui vous y accueille. Comme indiqué dans le programme ci-dessus, les trois soirs durant, elle sera animée de 18h à 22h : au programme des spectacles où la culture du Lanna est magnifiée.
  • Les douves : deux des portes de la Cité fortifiée (« le carré », qui en compte cinq) ont été spécialement décorées, la porte Chang Phuak, au nord (ประตูช้างเผือก), et la porte Suan Dok, à l’ouest (ประตูสวนดอก). Mais là les fleurs sont fausses, ce qui n’enlève en rien à la joliesse des décorations (joliment éclairées de nuit).

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Le cortège du samedi matin

C’est le clou de la Fête des Fleurs ô combien chatoyante ! La grande parade des chars fleuris débute officiellement à 8h (pour se terminer généralement avant midi; dans les faits, les chars s’élancent vers 9h, après les officialités). Du pont Nawarat (สะพานนวรัฐ) au parc Nong Buak Haad (สวนสาธารณะหนองบวกหาด), elle drainera des milliers de participants venus de toute la province et encore plus de badauds. Des chars magnifiquement décorés défilent, accompagnés de danseurs et de danseuses en costume traditionnel. Les prestations des fanfares ne manqueront pas de vous étonner (ce sont celles des diverses écoles); il y aura également là les fameuses percussions du Lanna. Et, cerise sur le gâteau, les membres des minorités ethniques seront aussi de la fête (Hmong, Karen, Akha et autres Taï Lüe…). Un cortège qui ne manquera pas de vous ravir et de vous émerveiller !

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Exubérance florale des chars © Facebook

Vous pourrez jouir du spectacle sur tout le trajet du cortège. Et c’est gratuit ! Certains commerces offrent les meilleures places, en hauteur (cafés et autres hôtels). Nous, on apprécie regarder la parade aux deux virages en épingle à cheveux : à la porte Tha Pae et au coin sud-est du « carré ». Vous vous rendrez cependant compte que beaucoup de monde s’amasse sur tout le parcours. À vous de trouver l’emplacement qui vous siéra. Soyez mobile et déplacez-vous au gré de votre envie sur tout le parcours du cortège fleuri. Vous verrez que l’ambiance est plutôt bon enfant. Mais surtout, protégez-vous du soleil (ombrelle et casquette hautement conseillées). On ne vous parlera pas ici du pont Nawarat (สะพานนวรัฐ) où des gradins attendent les popotins des officiels. C’est là que s’amorce le cortège du samedi matin (et que des places assises sont vendues, payantes donc).

Attendez-vous à des bouchons dans toute la zone du cortège (on déplore cependant que la municipalité ne ferme pas ces routes toute la matinée, laissant régulièrement passer les cohortes de véhicules – voitures comme motos – ce qui enlaidit passablement ce magnifique cortège, hélas, trois fois hélas). Sachez encore que dit cortège devrait être diffusé en direct sur internet (voir plus bas).

Et Jean de la Mainate, érudit animateur du site ô combien recommandable Merveilleuse Chiang Maï, de nous susurrer un très bon conseil : dès 6h du matin, les chars fleuris étant parqués sur la route Charoen Muang (ถ.เจริญเมือง) avant leur départ, entre le pont Nawarat et la gare ferroviaire, c’est là que vous ferez sans doute les plus belles photos. Lisez donc sa propre expérience de la fête des fleurs.

Un peu de vocabulaire (fleuri) thaï

มหกรรมไม้ดอกไม้ประดับ (mahakam mai dok mai pradap) c’est le nom officiel de la Fête des Fleurs (dont la traduction littérale est : Festival des plantes fleuries et des plantes d’ornement).

ดอกไม้ (dok mai) : fleur
ไม้ดอก (mai dok) : plante de jardin, arbuste à fleurs
บุปผาชาติ (buppha chat) : fleur nationale (en langage soutenu)
ช่อดอกไม้ (chong dok mai) : bouquet de fleurs
ให้ช่อดอกไม้ (hai chong dok mai) : offrir un bouquet de fleurs
กระเช้าดอกไม้ (krachao dok mai) : panier de fleurs
พวงมาลัย (phuang malai) : guirlande (traditionnelle) de fleurs
คนขายดอกไม้ (khon khai dok mai) : fleuriste
บาน (ban) : fleurir, éclore
ร่วงหล่น (ruang lon) : se faner
ดอกไม้หอม (dok mai hom) : fleur parfumée
ดอกไม้แห้ง  (dok mai haeng) : fleur séchée
กลีบ (klip) : pétale
ใบ (bai) : feuille
ดอกกุหลาบ (dok kulap) : rose
ดอกกล้วยไม้ (kluai mai) : orchidée (et par ici, il y en a de belles : ดอกกล้วยไม้สวย (kluai mai suai) signifie donc une belle orchidée)
ดอกมะลิ (dok mali) : jasmin
ดอกราชพฤกษ์ (rajaphruek) : fleur de cassier²
เก๊กฮวย (kekhuai), ตังโอ๋  (tango) ou encore เบญจมาศ (benchamat) : ce sont là trois types de chrysanthèmes différents

Et ดอกฟ้า (dok fa), par comparaison, est le nom que l’on donne à une femme de rang supérieur à l’homme qui la poursuit. Une fameuse chanson du nord s’intitule La rose de Vieng Ping (กุหลาบเวียงพิงค์, clip vidéo), Vieng Ping étant un des anciens noms de l’actuelle ville de Chiang Mai. Mais le sous-entendu est limpide, il s’agit bien entendu de la plus belle fille de la ville🌹

Apprenez et écoutez d’autres mots en lien avec les plantes.

Le langage des fleurs en Thaïlande est sans nul doute différent de celui appliqué en occident. N’oublions pas qu’à l’origine, ici l’offrande est religieuse et n’a pas vocation à déclarer un amour (vous verrez par conséquent moult fleurs dans les temples) . Qui plus est, en Thaïlande, l’utilisation des couleurs est très codifiée (nous en reparlerons).

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Plaifah, Miss Chiang Mai 2019 © Facebook

Et les Miss sont légion

C’est Miss Chiang Mai 2019, Plaifah de son petit nom, qui ouvrira les feux. C’est en effet elle qui aura l’honneur d’être en tête du cortège samedi matin. Elle était déjà présente il y a deux semaines au Festival des Ombrelles de Bosang. L’année dernière, les plus belles miss de la région ont défilé dans des voitures de collection, dont Baby Bow (qu’on adore).

Deux nouvelles miss seront élues vendredi soir : Miss Fleur 2019 (officiellement Miss Fleur Nationale de Chiang Mai, นางงามบุปผาชาติเชียงใหม่) et Miss Fleur Internationale 2019 (Miss International Flower Bloom 2019 en anglais, un concours ouvert aux femmes de 17 à 26 ans, qu’elles soient touristes ou étudiantes dans le cadre d’un échange).

Le programme de votre journée de ce samedi est tout trouvé : cortège en matinée, parc de la fête dans l’après-midi et marché piétonnier du samedi soir du côté de Wualai, le fameux Saturday Walking Street Night Market. Vous savez déjà³ qu’au cœur de ce marché, au Wat Srisuphan, le Temple d’Argent, se tient une cérémonie religieuse vers 21h, rite auquel nous vous recommandons de participer. Il y a évidemment beaucoup d’autres manifestations en ce moment ici dans la Rose du Nord et notre page Facebook vous tient bien entendu informé.

FÊTE DES FLEURS 2019 DE CHIANG MAI sur le net

En thaï : มหกรรมไม้ดอกไม้ประดับ จังหวัดเชียงใหม่ 2562 et en anglais : Chiang Mai Flower Festival 2019

Page Facebook officielle avec une probable diffusion en direct sur FB
Bande-annonce
Instagram (où il y aura bien vite des photos de cette édition)
Hashtag (en anglais) : #CMFlowerFest (bien peu utilisé il est vrai) et en thaï : ‪#‎สุขสราญงามบุปผา‬ et ‪#‎นามล้ำค่านครพิงค์‬
Emplacement du parc public Nong Buak Haad (สวนสาธารณะหนองบวกหาด)

Cette manifestation attirant les visiteurs par milliers, on vous conseille vivement de réserver votre chambre d’hôtel. Celles et ceux choisissant le Marigold Lanna, un hôtel flambant neuf offrant des chambres de qualité supérieure, seront aux premières loges. Portant judicieusement le nom d’une fleur, il est situé à côté du parc où se déroule le festival et si vous choisissez une chambre donnant sur la route, vous verrez alors la parade dans les meilleures conditions qui soient. Encore plus luxueux, le Pingviman Hotel vous offre le luxe qu’il sied à ce genre d’établissement. Il est tout aussi proche du parc où a lieu la fête sans toutefois vous donner la possibilité de voir de haut la grande parade du samedi (avis TripAdvisor).

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Autres attractions en lien avec les fleurs

On vous rappelle que les fleurs exposées au parc Nong Buak Haad le reste un bon mois ! N’hésitez pas à y faire un tour même après la Fête des Fleurs à proprement dite. Et si vous êtes à Chiang Mai et que les fleurs sont votre dada, vous en profiterez pour visiter le marché aux fleurs (กาดดอกไม้เชียงใหม่) situé dans le quartier chinois, presque accolé au fameux marché Warorot. Il se situe sur la route qui longe la rivière Ping. Ouvert tous les jours jusqu’à pas d’heure (mais ce n’est pas le cas de tous les marchands), on dira qu’en y allant entre 8h et 20h, vous verrez l’essentiel. Durant la nuit, les producteurs de fleurs parquent leur camionnette au bord de la route pour vendre leur marchandise colorée et capiteuse. C’est là un marché qui ravira tout un chacun et qui peut se visiter tous les jours de l’année (avis TripAdvisor). Pour ce qui est des plantes et autres arbustes, il y a la grande jardinerie et marché horticole Kham Thiang (ตลาดคำเที่ยง, avis TripAdvisor et emplacement), près du Tesco Lotus de la route périphérique 11.

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Les arbres n’attendent pas le festival pour fleurir © Chiang Mai Deci-Delà

Comment ne pas citer ici le parc Royal Flora (avis TripAdvisor) et sa magnifique serre aux orchidées, un parc à l’extérieur de la ville, au sud-ouest, toujours très animé durant l’hiver avec son festival de fleurs qui dure trois mois, jusqu’à fin février 2019. Signalons également le jardin botanique de la Reine Sirikit, à Mae Rim (สวนพฤกษศาสตร์สมเด็จพระนางเจ้าสิริกิติ์, site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement). Voire le palais Bhubing, qui offre lui aussi de très beau jardin, en prolongation de votre visite du temple du Doi Suthep (พระตำหนักภูพิงคราชนิเวศน์, site webpage Facebook, avis TripAdvisor et emplacement). Sans oublier également le très agréable jardin botanique Tweechol du côté de Doi Saket, à l’est de la ville donc (สวนพฤกษศาสตร์ทวีชล, site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement). Un site intégré à un resort où vous pouvez dormir au calme (Horizon Village, avis TripAdvisor). Autres fleurs à admirer, jaunes celles-ci, en honneur à feu Bhumibol le Grand, le précédent roi ô combien vénéré, au parc de Sansai Luang qui se trouve ici. Vous constaterez que ce ne sont point les endroits qui manquent pour admirer de jolies fleurs dans la région de Chiang Mai. Les mordus se rendront quant à eux chez AGA Agro, une grande jardinerie qui peut se visiter et qui vend une très grande variété de fleurs cultivées avec passion (บริษัท เอกะ อะโกร จำกัด, site web, page Facebook et emplacement).

À Chiang Mai, il est des artisans aux doigts d’or… Le domaine des fleurs ne fait pas exception. Ainsi de Baibua Flowers, qui réalise de véritable prouesses en matière de fleurs artificielles (ดอกไม้ประดิษฐ์ เชียงใหม่, page Facebook). Et pourquoi ne pas profiter de votre séjour dans la Rose du Nord pour participer à un atelier d’arrangement floral, avec des fleurs naturelles cette fois-ci, un art maîtrisé depuis des siècles ici dans le Lanna ? C’est ce que vous propose Wankaomai. Vous repartirez de Chiang Mai avec un savoir supplémentaire qui étonnera vos convives (หวานข้าวใหม่สตูดิโอ สอนศิลปวัฒนธรรมไทย, site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement).

cmflowerfestival2019photomarco3Fort étonnamment, les grands centres commerciaux, qui ne manquent jamais une occasion de marquer les événements afin d’attirer les chalands, n’organisent absolument rien durant cette fête des fleurs ! Il faut dire qu’ils ont leur propre agenda et qu’ils préfèrent privilégier le Nouvel An chinois qui se fête peu après. Les fleurs sont toutefois mises en avant à certaines occasions, comme lors de l’exposition florale qui se tient chaque année, au mois de novembre, au centre commercial Central Plaza Chiangmai Airport (édition 2018).

Les fleurs, c’est également en cuisine qu’elles sont apprêtées… Ainsi, les chefs des hôtels Dusit ont élaboré des menus spéciaux utilisant des fleurs fraîches locales. Des mets d’une haute tenue gastronomique. Ils vous sont servis du 1er au 28 février 2019 – Saint-Valentin inclus donc – au restaurant Cafe’ SOI (avis TripAdvisor) du Dusit D2 (avis TripAdvisor) et au Jasmin (avis TripAdvisor) du Dusit Princess (avis TripAdvisor), tous deux dans le quartier du Night Bazaar (en voici quelques photos). En Thaïlande, peut-être avez-vous déjà bu une boisson à base de fleurs sans même le savoir… Elle est d’un bleu caractéristique – couleur qui se transforme étonnamment en violet lorsque vous y ajoutez du jus de citron. Il s’agit du thé de pois bleu – ou Clitoria ternatea, espèce de plantes appartenant à la famille des Fabaceae – généralement servi froid (en anglais, Butterfly pea, น้ำอัญชัน en thaï, soit nam an chan). Et c’est plutôt bon.

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On termine en évoquant ici le concept touristique Chiang Mai Blooms. Vous en verrez le logo dans les diverses expositions de la Fête des Fleurs. C’est un regroupement de tous les acteurs actifs dans le tourisme (Office du tourisme national, hôteliers et restaurateurs et leur association respective…) qui tente de prolonger l’intérêt des touristes pour la Rose du Nord au-delà du seul festival. Mais avouons que les événement organisés sont plutôt du genre huppé et s’adressent en premier lieu à une clientèle thaïlandaise. Quoi qu’il en soit, la Fête des Fleurs en fait partie. Chiang Mai Blooms sur internet et sur Facebook.

Et puisque l’on parle de fleurs, on vous rappelle que c’est justement en ce moment – et pour quelques jours encore – que les cerisiers de Chiang Mai sont en fleur ! Pour ce qui est des champs de chrysanthèmes du côté de Samoeng, il vous faudra patienter jusqu’au mois d’octobre de l’année prochaine…

Et Chiang Mai reste comme toujours très animée, même durant cette Fête des Fleurs. On vous a déjà parlé du marché piétonnier du samedi soir du côté de Wualai, le fameux Saturday Walking Street Night Market, un marché qui complétera agréablement le cortège du samedi matin. Idem dimanche soir avec l’autre grand marché piétonnier, l’encore plus fameux Sunday Walking Street Night Market, dont la porte d’entrée est la place Tha Pae, celle-là même qui est animée à l’occasion de la Fête des Fleurs. Et dimanche matin, un sympathique événement est organisé qui donnera un petit air de Venise à un canal de la ville, Mae Kha (en savoir plus).

Il y a également un marché dont nous vous parlons régulièrement, celui de la Fondation Lanna Wisdoms, une école qui permet de préserver la riche culture du Lanna. Il aura lieu les samedi 2 et dimanche 3 février 2019. Autre événement qui se télescope avec cette Fête des Fleurs et qui attirera sans doute une clientèle différente : le festival Jai Thep. Il en est à sa 4e édition, mêlant musique, ateliers divers, performances, art et nourriture. Plus loin encore dans les montagnes, à Mae Chaem précisément, se tient aux mêmes dates que la Fête des Fleurs un événement annuel qui brille également de mille feux : la Foire du Coton de Mae Chaem. Elle dure 5 jours et permet elle aussi d’admirer un très joli cortège, le dimanche matin de très bonne heure. Vous êtes là dans une manifestation authentiquement Lanna avec le risque que vous soyez peu ou prou le seul touriste présent. Vous savez déjà que notre page Facebook vous tient régulièrement informé des nombreuses autres manifestations organisées dans la Rose du Nord. Une page à laquelle on vous invite à vous abonner.

Vous l’aurez compris, la Fête des Fleurs de Chiang Mai est un des festivals à ne manquer sous aucun prétexte. Une atmosphère authentique comme seul le Lanna peut vous l’offrir.

Bandeau 1


¹ qui se conjugue avec la Fête des Lanternes ici au nord, le festival Yi Peng
² Rajaphruek (ou ratchaphruek, ต้นดอกราชพฤกษ์ en thaï) correspond à l’arbre cassia fistula dont les noms communs sont le cassier, le faux séné ou encore le faux caroubier. Il produit de magnifiques fleurs jaunes; ce qui explique son autre nom populaire, la douche d’or. Sa fleur est de facto la fleur nationale de la Thaïlande. Et la couleur jaune correspond à la couleur du lundi en Thaïlande, jour-anniversaire du défunt roi Bhumibol. Explication tirée de notre article Le Royal Flora en fête.
³ Sur notre page Facebook, l’on vous parle régulièrement de cette cérémonie depuis sa création, en novembre 2015

Source photographique de l’image à la Une © Facebook. Mise à jour le 14.02.2019.

12GoAsia - Général 1

 

 

 

Festival Poy Lern Sib-Ed à Mae Hong Son

C’est l’un des festivals les plus colorés ici au nord de la Thaïlande. Toute la ville de Mae Hong Son (แม่ฮ่องสอน) est aux couleurs du Poy Lern Sib-Ed (ปอยเหลินสิบเอ็ด), initié par les Shan (une minorité ethnique que les Thaïlandais nomment les Thai Yai, cette même minorité qui célèbre le fameux Festival des Enfants de Cristal, Poy Sang Long). D’une durée de presque deux semaines, les festivités célèbrent Ok Pansa, la fin de la retraite monastique, incluant plusieurs célébrations qu’il ne faut en aucun cas manquer si vous êtes dans la région (après tout, Mae Hong Son n’est qu’à 2 heures de route de Pai, un lieu de villégiature qui monte, et 5 heures de Chiang Mai, ou seulement 40 minutes d’avion). Nombreux événements au programme : des processions très animées, des offrandes matutinales aux moines, une procession aux 1’000 bougies, un marché piétonnier et divers spectacles folkloriques. On vous renseigne plus en détail ci-dessous.

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L’édition 2018

C’est pour honorer le Bouddha historique que ces fêtes sont organisées; les dates sont fixées par le calendrier lunaire, le 11e mois (สิบเอ็ด, sib-ed, « onze »). Voici les principales célébrations qui auront toutes lieu à Mae Hong Son dans le cadre du festival Poy Lern Sib-Ed 2018 :

  • Samedi 20 octobre 2018 : ouverture du festival avec un spectacle de marionnettes.
  • Lundi 22 octobre 2018 – Jong Para² :
    • À 10h et 11h : discours puis narration historique;
    • À 13h et 16h30 : spectacles folkloriques;
    • À 17hprocession Jong Para, un défilé de Prasat en bois, magnifiquement décorées avec des lanternes et d’autres ornements. À NE PAS MANQUER.
  • Mardi 23 octobre 2018 – Festival Ork Wa :
    • 4h du matin : offrandes matutinales de nourriture à 200 moines;
    • 16h : activités culturelles;
    • 18h & 19h : spectacles folkloriques;
    • 21h30 : concert.
  • Mercredi 24 octobre 2018 :
    • 4h du matin : c’est aux aurores qu’a lieu la cérémonie Tak Bat Devo, offrandes matutinales à 200 moines avançant en file indienne; les autochtones accumulent ainsi des mérites.
    • 16h : activités culturelles;
    • 18h & 19h : spectacles folkloriques;
    • 20h39 : discours du maire suivi de shows culturels et autres concerts.
  • Jeudi 25 octobre 2018 – Festival Ten Hen
    • 4h du matin : nouvelles offrandes matutinales de nourriture à 200 moines;
    • 16h : activités culturelles;
    • 19h : grande procession Ten Hen aux 1000 bougies. À NE PAS MANQUER.
  • Jeudi 1er novembre 2018 : fin des festivités avec la procession Ton PakÀ NE PAS MANQUER
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© Facebook – TAT Maehongson

Un marché rétro est organisé du samedi 20 au lundi 22 octobre 2018; vous y trouverez quantité de produits artisanaux de la région, de même que des articles OTOP. À ces mêmes dates, vous verrez moult concours et autres show en lien avec la culture Shan (danses folkloriques, Mong Kak, costumes Tai Yai…).

Le grand défilé des Prasat en l’honneur du Bouddha a donc lieu lundi 22 octobre. Les Prasat sont des constructions en bambou et feuilles de papier colorées, magnifiquement décorées avec des lanternes et d’autres ornements. Une sorte de château destiné à accueillir métaphoriquement le Bouddha, censé voyager du « ciel » à la terre. C’est là une procession que les pratiquants bouddhistes apprécient. Les spectacles folkloriques vous permettront d’admirer des danses traditionnelles caractéristiques des Shan. Il est demandé de venir en habits traditionnels.

Un festival haut en couleurs, vous disions-nous. Les dévots seront nombreux à faire des mérites dans les temples; en tant que touriste, n’hésitez pas à vous joindre à eux. Et les festivaliers vous accueilleront en ami, dans la joie et la bonne humeur.  Cette année 2018, ce festival religieux sera plus festif que l’année dernière où les célébrations pâtissaient du deuil de feu Sa Majesté le Roi Bhumibol le Grand. À ne pas manquer si vous êtes dans la région. Plongez-vous dans l’ambiance féérique du festival en admirant ces photos.


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© Facebook – TAT Maehongson

Que visiter et que faire à Mae Hong Son ?

Bien que magnifiquement animée durant le festival, Mae Hong Son est à l’image de sa province, un endroit paisible (et c’est un euphémisme). Quelques visites sont incontournables, à commencer par les divers temples de la ville, bien différents des temples de Chiang Mai (qui eux sont différents des temples de Bangkok) : le Wat Chong Kham (วัดจองคำ) qui se reflète dans son joli plan d’eau et le Wat Phra That Doi Kong Mu (วัดพระธาตุดอยกองมู), édifié sur une colline depuis laquelle vous aurez une magnifique vue sur toute la vallée, entre autres temples. Vous complèterez votre visite de la ville par une journée vers Ban Rak Thai, un joli village chinois à la frontière birmane (le thé vous y attend), avec, comme intéressantes étapes : la fameuse passerelle en bambou Sutongpe, la cascade Pha Suea précédée d’un spa à ciel ouvert où vous pourrez faire un masque facial à la boue bienfaisante, et enfin, ce que les Thaïlandais appellent « la Petite Suisse de Thaïlande », Pang Ung, petit lac artificiel au paysage… helvétique (les Thaïlandais y campent). Sans oublier de superbes treks en des lieux où vous rencontrerez facilement des membres de diverses minorités ethniques. La province de Mae Hong Son a de quoi vous ravir.

TripAdvisor vous en dit plus sur les attractions et autres activités à réaliser sur place.

LIENS UTILES
Page Facebook de la municipalité de Mae Hong Son
Page Facebook de la TAT Maehongson (l’office du tourisme)


Comment se rendre à Mae Hong Son et où y dormir ?

PAR LA ROUTE. Belle est la route reliant Chiang Mai à Mae Hong Son. Que disons-nous ? Magnifique est ce tronçon (route 1095), refait à neuf en 2016 (jusqu’à Pai). Depuis Chiang Mai, le choix pour rejoindre Mae Hong Son est plutôt restreint. Soit vous y aller en minibus (sans climatisation) soit alors en minivans (qui eux sont climatisés). L’un comme l’autre moyen de transport vous obligera à subir les 1864 virages de cette route montagneuse en lacet (bonjour les vomissements).

  • Les minivans climatisés de la compagnie Prempracha sont l’option la plus populaire. Ils partent tous les jours; comptez 6 heures de route. Neuf départs de 6h30 à 14h30 (depuis la gare routière Arcade, terminal 2). Il vous en coûtera THB 250.-.

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  • Si vous préférez voyager de nuit (à vos risques et périls), deux bus climatisés de cette même compagnie assurent le trajet. Départ tous les jours à 20h et 21h; vous en aurez pour 8 à 9 heures de route ! Deux tarifs à choix : normal à THB 350.- et VIP à THB 450.- (places situées à l’avant). Là aussi depuis la gare routière Arcade, terminal 2.

Les billets s’achètent directement à la gare routière ou alors via votre établissement hôtelier. Notons encore que peu effectuent le trajet d’une seule traite, privilégiant le voyage par étapes (avec Pai comme agréable arrêt). Par ailleurs, beaucoup de voyageurs louent un scooter ou une moto pour bénéficier des joies que procurent les 1864 virages entre ces deux chefs-lieux (c’est la légendaire boucle de Chiang Mai – Pai – Mae Hong Son). La location d’une voiture est aussi une option intéressante (privilégiez les compagnies internationales).

PAR AVION. Tenant compte du temps qu’il faut pour rejoindre le chef-lieu de cette province septentrionale, certains préfèrent l’avion. Pleurant encore la disparition de la sympathique compagnie aérienne Kan Air (remplacée par Wisdom Air, une compagnie qui n’a (encore) jamais décollé), vous devrez vous rabattre sur la non moins sympathique (mais plus chère) compagnie Bangkok Airways. Jusqu’au 27 octobre, un seul vol est assuré quotidiennement à 15h45 (PG 239 CNX-HGN). Il dure moins de 45 minutes. Les prix tournent autour de THB 2’000.- l’aller (avec des promotions web de temps à autre). Dès le 28 octobre 2018, correspondant au début de la haute saison touristique, deux vols par jour vous sont proposés : PG 351 à 9h20 et PG 353 à 16h15. Vous pouvez acheter vos billets d’avion directement sur le site de Bangkok Airways (en anglais) ou alors via 12Go Asia (en français, à un prix légèrement supérieur).

Y DORMIR. Nous ne saurions pas vous conseiller une adresse en particulier mais l’offre hôtelière est importante et nul doute que vous trouverez là hébergement à votre convenance. En étant véhiculé, le choix est forcément plus important puisque vous pourrez alors dormir sans difficulté aucune à l’extérieur de la ville. Jetez donc un œil sur les meilleures adresses proposées par Booking.com.

Booking.com Mae Hong Son


La minorité Shan (ou Tai Yai)³

Les Shan sont un groupe ethnique venu de Birmanie. Vivant tant en Birmanie, en Inde, en Chine, au Laos, au Vietnam et en Thaïlande, ils seraient environ six millions. Les Chinois appellent cette ethnie Tai Shan (ou Dai Shan) et les Thaïlandais Thai Yai. Leur langue est spécifique; la langue la plus proche du shan est le du sud de la Chine. La plupart des Shan sont bouddhistes.

Nous, on apprécie et la région et le festival. Pourquoi donc ? Visiter la province montagneuse de Mae Hong Son, coincée entre la province de Chiang Mai, à l’est, et le Myanmar à l’ouest (nom de l’ex-Birmanie), c’est sortir des sentiers battus et rebattus du tourisme de masse qui envahit le royaume de Thaïlande. Exception faite de Pai, charmant village dont on reparlera sans doute, les touristes occidentaux sont relativement peu à s’aventurer ici. Le contact avec les locaux s’en ressent. À Mae Hong Son, c’est un tourisme doux qui est promu, par exemple avec le concept de CBT – Community Based Tourism, un tourisme de proximité, responsable, du slow tourisme. À l’image de ce que propose DoiSter ดอยสเตอร์. Ou encore le village communautaire des Lahu noirs de Baan Jabo. Voilà donc une destination et un événement qui vous laisseront un émouvant souvenir, gage d’authenticité.

#PoyLernSibEd #PoiLernSibEd #Jong Para #ChongPara #Prasat #TakBatDevo #OkPansa #MaeHongSon #Shan #TaiYai


¹ Écrit également Poi Lern Sib-Ed
² Écrit également Chong Para
³ Source : Wikipédia. Celles et ceux voulant en savoir plus sur le peuplement de la Thaïlande septentrionale liront avec intérêt la contribution de Michel Bruneau parue dans les Cahiers d’outre-mer en 1974 : Ethnies, peuplement et organisation de l’espace en Thaïlande septentrionale.

Mise à jour le 26.10.2018

 

Pikanet, le culte du dieu-éléphant à la sauce siamoise

Ganesh¹ est à la fête cette semaine ! La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthiest une célébration indienne au cours de laquelle le Seigneur Ganesh, fils de Shiva et de Pârvatî, est vénéré. Mais que vient faire un dieu hindou en pays bouddhiste ? Il se trouve que la Thaïlande – de même Chiang Mai – abrite plusieurs sanctuaires dédiés au dieu-éléphant et les statues de Ganesh sont présentes dans bien des temples. C’est donc tout naturellement que ces adresses organisent des cérémonies lors de cette fête annuelle. Et l’on ne peut que vous inviter à y participer car dites cérémonies, mélangeant allègrement les figures religieuses, sont hautes en couleur. C’est bien simple, la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal – le samedi 15 septembre cette année 2018 – est l’une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai ! À ne pas rater donc.

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© Chiang Mai Deci-Delà

Ce ne sont pas moins de six sanctuaires où fête il y aura ici dans la Rose du Nord durant cette seconde semaine du mois de septembre 2018 ! Précisons encore que les lieux indiqués peuvent se visiter à l’année ! Mais comme ils prennent une couleur festive lors de ces diverses célébrations, le plaisir de la visite n’en sera que démultiplié.

On vous livre ci-dessous le programme des festivités à Chiang Mai en vous donnant au préalable quelques éléments de compréhension. Et l’on termine avec les autres endroits en Thaïlande où Ganesh sera roi.


Qui est donc Pikanet³ ?

L’Asie du Sud-Est est un carrefour fascinant du bouddhisme et de l’hindouisme qui révèle  des perspectives intéressantes sur la façon dont les cultures migrent et évoluent². Ainsi, l’hindouisme (ou plus précisément le védisme) est arrivé avant le bouddhisme en Thaïlande où Ganesh, le dieu hindou à tête d’éléphant, est appelé Phra Pikanet³ (พระพิฆเนศ, ou Phra Pikanesuan³, พระพิฆเนศวร). Il ne doit pas être confondu avec Erawan, l’éléphant à trois têtes ! Phra Pikanet jouit d’un véritable culte. Vous le retrouverez souvent dans des centres commerciaux ou encore dans de nombreux temples bouddhistes – que ce soit sous la forme de statues ou de peintures murales; beaucoup de Thaïlandais le portent en pendentif.

La popularité de Ganesh en Thaïlande se déploie également sur le web ! Ainsi du site Siam Ganesh et de la page Facebook du même nom (évidemment, tout est en langue thaï).

Ganesh apparaît également dans le bouddhisme, non seulement sous la forme du dieu bouddhiste Vināyaka – souvent montré dansant – mais aussi sous celle d’une divinité hindoue éponyme. Symbole de la puissance mentale, on le retrouve à travers des sculptures bouddhistes. Faites donc plus connaissance avec les divinités du riche panthéon hindou en lisant l’ouvrage Dieux et déesses de l’Inde écrit par Stéphane Guillerme.

GaneshaFestival2018PikanetCNXCover0aAu royaume de Thaïlande, Ganesh est vénéré principalement par les milieux artistiques et les commerçants. Il est donc associé aux arts, à l’éducation et au commerce. Divinité connue comme éliminatrice d’obstacles, il est courant pour les bouddhistes thaïlandais de faire une offrande à un sanctuaire de Ganesh lorsque quelque chose de nouveau est entrepris comme lancer une affaire, effectuer un voyage à l’étranger, construire une nouvelle maison ou se marier. La dévotion à Ganesh est également populaire auprès des étudiants universitaires avant les examens. Connu pour son amour des beaux-arts, il encourage la créativité, d’où sa popularité auprès des artistes qui le nomment Por Kru (Père Guru). Pour la même raison, une image du dieu à tête d’éléphant est incorporée dans le logo du Département des Beaux-Arts de Thaïlande. Les grandes chaînes de télévision et les maisons de production ont des sanctuaires en son honneur devant leurs locaux. D’autres attributs associés à Ganesh en Thaïlande sont le succès, l’accomplissement, la sagesse et la richesse; il n’est donc pas surprenant que cette divinité hindoue soit si populaire auprès des Siamois. Ce culte est cependant un phénomène récent.

Autrefois, les Thaïlandais ordinaires n’étaient confrontés aux dieux hindous que dans l’étude de la littérature classique. Mais à mesure que le pays s’enrichissait, les nouvelles classes moyennes recherchaient un dieu qu’elles pouvaient vénérer pour attirer fortune et succès. C’est alors que Ganesh est devenu populaire. L’influence de la religion hindoue est encore plus forte à la Cour royale de Thaïlande (ainsi de la cérémonie annuelle du Labour Royal sur la place Sanam Luang, à Bangkok). La royauté thaïlandaise est basée sur l’idéal hindou du roi Rama, l’avatar de Vishnu, le souverain d’Ayodhaya. En fait, les rois thaïlandais ont toujours été appelés « Rama » et l’ancienne capitale de la Thaïlande (le Siam) était Ayutthaya. La capitale actuelle, Bangkok (Krungthep) n’est qu’une reconstruction d’Ayutthaya. Le vrai nom de Bangkok est « Krung Thep Thawarawadi Si Ayutthaya ». Beaucoup de Thaïlandais considèrent encore leur roi comme l’avatar d’un dieu. Parce que la royauté thaïlandaise est basée étroitement sur la mythologie hindoue, le culte des divinités païennes hindoues survit ainsi à des fins cérémonielles. Ne vous étonnez donc point du syncrétisme de bon aloi que représente l’adoration de Ganesh dans les temples bouddhistes. Une adoration que jamais le Bouddha historique n’a préconisée…


Festivités à Chiang Mai

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© Chiang Mai Deci-Delà

À Chiang Mai, l’éléphant n’est pas qu’une figure mythologique puisque l’on peut facilement rencontrer de vrais pachydermes dans la jungle environnante (les anciens se souviennent qu’en s’installant dans la région, les éléphants étaient nombreux). Pléthore sont les temples abritant les effigies de Ganesh. Qui sait si vous arriverez à trouver la petite statue de couleur turquoise représentant Ganesh en roi nichée au Wat Phra That Doi Suthep, temple le plus vénéré de la Rose du Nord… Autre sanctuaire, plus récent, celui sur la place du centre commercial MAYA, non loin de la fontaine. L’Université de Chiang Mai (CMU) en abrite elle aussi un.

C’est cependant ailleurs que la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est célébrée ici à Chiang Mai. Elle est souvent appelée Ganpati Festival, un des divers noms du dieu Ganesh¹. On vous dévoile pas moins de six adresses, à commencer par celle qu’il faut absolument visiter le samedi 15 septembre  : le musée Ganesh Himal, qui sera donc en fête ce jour-là. Rappellons – si besoin est – que la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal est une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai. À ne pas rater donc !

Ganesha Himal Museum le samedi 15 septembre 2018

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le site vaut à lui seul le détour, fête ou pas fête ! Il se trouve dans le district de Doi Lo, après la ville de Hang Dong, au sud-ouest de Chiang Mai. Pour y arriver, la petite route campagnarde no 3018 traverse de splendides rizières (ça tombe bien puisque nous sommes en saison verte). Depuis Chiang Mai, on vous conseille d’ailleurs d’emprunter au préalable la route du canal (route no 3035 et non la 108, plus directe); comptez une heure de route depuis Chiang Mai (un peu plus de 40 km). Revenez en rejoignant la rivière Ping à l’est, puis « remontant » par la très jolie route 4032 longeant la rive est. Une balade agreste que vous saurez apprécier si vous êtes en scooter. Bien qu’il soit dénommé musée, c’est bien plus un lieu de dévotion au dieu-éléphant qu’un seul site muséal. Mais il est vrai que quelques belles pièces y sont exposées. L’endroit, des plus paisibles, ravit la majorité des visiteurs qui font l’effort du déplacement. Évidemment, le jour de la fête, l’affluence est grande et ne correspond en rien au calme habituel des lieux. Un banquet gratuit est organisé; c’est dire que les dons sont les bienvenus.

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Le programme est divisé en deux jours. Le premier jour, jeudi 13 septembre 2018, de 9h à midi, une cérémonie du wai kru est organisée; c’est un rituel où les dévots rendent hommage à leur maître. Il est demandé de s’habiller en blanc. De notre point de vue, en tant que touriste, ce n’est pas ce jour-là qu’il faut y venir !

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le second jour, soit samedi 15 septembre 2018, de 9h à 16h, correspond à la Fête de Ganesh à proprement parler (Ganesh Chaturthi ou Ganpati Festival). C’est ce jour-là qu’il vous faut venir au musée Ganesha Himal ! Vous ne regretterez en rien le déplacement, croyez-nous. Riche est le programme, avec un défilé, des danses, de la musique rituelle, de nombreux adeptes rendant hommage au dieu Ganesh (sur la grande place, à l’arrière). Suivez la foule et noyez-vous dans cette ambiance religieuse unique. Entre les diverses cérémonies, vous aurez tout loisir de visiter les espaces du musée. Il est demandé de vous habiller de couleurs chatoyantes, à défaut d’un sari indien (on parle ici de la gent féminine).

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Programme du samedi 15.09.2018 :
• 9h : défilé
• 9h30 : danses et show « La légende de l’Éléphant Blanc »
• 11h : cérémonie religieuse
• 14h30 :  bénédiction du dieu Ganesh exposé sur la place
• 15h : parade (soit le retour de la statue de Ganesh dans son écrin protecteur)
• 15h30 : cérémonie Ganga Aarti

Ganesha Himal Museum (พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ)
Date : jeudi 13, de 9h à midi, mais surtout samedi 15.09.2018, de 9h à 16h (ou 17h)
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 17h)
Adresse : 277 กิ่ง,  Moo 10, borne des 35km de la route Chiang Mai-Hod, sous-district (tambon) de Yang Kram, district (amphoe) de Doi Lo, Chiang Mai 50160. En thaï : 277 กิ่ง ตำบล ยางคราม อำเภอ ดอยหล่อ เชียงใหม่ 50160
✆ +66 53 269 011 (ou +66 53 269 101), +66 53 024 287, +66 89 430 4050
Site web (qui n’est qu’en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB

Roitawarabarn Baandhewalai le dimanche 9 septembre 2018

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© Facebook – Michel Bochet

C’est là l’un des joyaux cachés de Chiang Mai; peu de touristes s’y aventurent. Et pourtant, l’endroit est situé aux pieds du Doi Suthep, au bout de la route éponyme (qui ne conduit plus à la montagne depuis la construction de la nouvelle route plus au nord). Un professeur en économie de l’université dédie sa fortune à la création d’un musée qui contient de très belles œuvres classiques (ce sont là des copies dont il demande la création à des artistes). Et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt du lieu : en y venant (et revenant), vous pouvez voir évoluer une œuvre (et surtout vous rendre compte du temps nécessaire aux artistes pour terminer leur chef-d’œuvre in vivo). Vous verrez ici non seulement de très belles peintures classiques (des reproductions du Palais Royal de Bangkok) mais également d’imposantes sculptures sur bois (un grand Ganesh noir y trône) et également des motifs sculptés dans du verre. L’entrée est libre mais rien ne vous empêche d’acheter une offrande que vous pourrez déposer aux pieds de Ganesh. Durant la fête de Ganesh du dimanche 9 septembre, qui est la première des 5 fêtes programmées à Chiang Mai, il est demandé de s’habiller de blanc.

Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Maï, un monument d’érudition, vous parle mieux que nous de ce lieu qu’il vous faut impérativement visiter. Il l’a joliment surnommé : la propriété des dieux et des déesses.

GaneshaFestival2018RoitawarabarnBaandhewalaiCoverProgramme du dimanche 09.09.2018 :
• 9h : prière au dieu Ganesh
• 10h45 : bénédiction du dieu Ganesh
• 11h : danses indiennes (vidéo)
• 12h : buffet végétarien
• 13h : visite de l’exposition permanente

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© Facebook – Michel Bochet

Roitawarabarn Baandhewalai (ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย)
Date : dimanche 09.09.2018, de 8h à 13h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 19h)
Adresse en thaï : 79/7 ม .1 ซ .2 ถ สุ เทพ สุเทพ เมือง Chiang Mai 50200
✆ +66 86 192 9699
Site web (qui n’est plus fonctionnel) / Page Facebook / Pas d’événement FB

Pikane(t) Suan Devalai le jeudi 13 septembre 2018

GaneshaFestival2018PikaneSuanDevaLogoFBC’est un nouveau lieu de culte dédié à Ganesh, celui qui nous est le moins familier. Et pourtant, il se trouve au centre-ville, à l’intérieur de la cité fortifiée, remparts sud, non loin de la porte Chiang Mai. L’étroit sanctuaire est coincé entre deux commerces (à gauche le représentant des appareils ménagers LG, à droite un point de vente d’objets bouddhistes destinés aux temples). L’entrée est surmontée d’un grand logo Ganesh doré.

Nous n’avons encore jamais assisté à aucune cérémonie en ce lieu « saint » et ce sera là sans doute une belle occasion de le faire.  La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est organisée le jeudi 13 septembre. Hors cérémonies spéciales, le personnel vous invitera à vous déchausser, vous offrira une bougie et de l’encens et vous demandera de faire sonner la cloche avant d’entrer. Vous pourrez ensuite vous adonner à des prières à l’intérieur. Et ne pas oublier de faire sonner une seconde fois la cloche avant de quitter les lieux.

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Programme du jeudi 13 septembre 2018 :
• 18h30 : début de la cérémonie avec la réception des hôtes
• 19h00 : sacrifice à Ganesh
• 20h30 : cérémonie religieuse
• 21h00 : cérémonie Ganga Aarti

Pikane(t) Suan Devalai (พิฆเนศวรเทวาลัย)
Date : jeudi 13.09.2018, de 18h30 à 21h30
Emplacement : Google Maps (ouvert de 8h à 21h)
Adresse en thaï: 39/1 ถนนบำรุงบุรี พระสิงห์ เมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50200
✆ +66 95 692 4262
Site web (en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB
Twitter / Instagram / YouTube


Pikanet Chiang Mai le vendredi 14 mars 2018

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Vous êtes fort probablement passé à côté de ce lieu de culte aux statues spectaculaires sans même vous en rendre compte ! Il est en effet accolé au terminal 2 de la gare routière Arcade ! Maintenant que vous le savez, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas le visiter, à votre arrivée (ou à votre départ) de Chiang Mai en bus. Ganesh est au centre de ce sanctuaire qui lui est dédié – et dont il porte le nom thaïlandais – mais d’autres statues du panthéon hindou sont érigées là. Ici, pas de Bouddha !

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Le lieu est souvent animé et nous relatons régulièrement sur notre page Facebook les fêtes qui y sont organisées (et même bien organisées, fêtes qui donnent à voir de belles danses du Lanna). En l’occurrence, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi, คเณศจตุรถี) se déroulera vendredi 14 septembre, en soirée. Notez que le site est souvent en fête (l’on peut commander des cérémonies spécifiques contre monnaie sonnante et trébuchante; après tout, Ganesh est censé attirer la fortune 😏). Habituellement, les cérémonies au Pikanet voient affluer des dévots habillés de blanc. Mais ce jour-là, s’agissant de la Fête de Ganesh, le code vestimentaire demande aux invités de s’habiller de couleurs chatoyantes; les dames en profiteront pour se vêtir de leur plus beau sari de couleur.

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Programme du vendredi 14 septembre 2018 :
• 19h00 : danses cérémonielles
• 19h30 : enregistrement des invités
• 20h00 : cérémonie religieuse Ganesh Chaturthi
• 21h10 : cérémonie religieuse Aarti

Pikanet Chiang Mai (ศาลพระพิฆเนศ อาเขตเชียงใหม่)
Date : vendredi 14.09.2018, de 18h à 22h (en journée dès 9h)
Emplacement : Google Maps (ouvert 24 heures sur 24)
Adresse en thaï : 207 ซอย5 ถนน แก้วนวรัฐ ตำบลวัดเกต อำเภอเมือง เชียงใหม่ 50000
✆ +66 95 639 8881
Site web (version anglaise indigente) / Page FacebookÉvénement FB / Twitter


Ashram Guru Deva le dimanche 16 septembre 2018

La communauté de cet ashram discret situé entre Doi Saket et le lac Mae Kuang Dam, à l’est de Chiang Mai (précisément ici), organise elle aussi une fête à Ganesh. Elle n’a ni la magnificence de celle du musée Himal Ganesh ni la ferveur du Pikanet Chiang Mai . Néanmoins, cette cérémonie est originale puisqu’elle verra son guru mettre à l’eau une statue de Ganesh comme cela se fait en Inde. Ça se passe au bord de la rivière Ping dans le parc près du pont Nawarat. De quoi agrémenter joliment votre dimanche après-midi.

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La cérémonie durera tout au plus deux heures. Elle débute le dimanche 16 septembre, à 14h, avec une procession qui démarre au marché Warorot pour rallier les bords de la rivière Ping, juste en face de la First Church (une grande église évangélique).

Ashram Guru Deva (กูรูเดวาอาชรัม(อีโคไลฟ์))
Date : dimanche 16.09.2018, de 14h à 16h
Emplacement de la cérémonie : Google Maps
Pas d’adresse précise s’agissant d’un parc au bord de la rivière Ping
À notre connaissance, aucun site web ni page Facebook n’est géré par cet ashram. Page Facebook du guru.


Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent) le mercredi 19 septembre 2018

On clot la liste des animations dédiées au dieu Ganesh par le dernier événement, en journée, organisé dans un endroit plutôt insolite puisqu’il s’agit d’un temple tout ce qu’il y a de plus bouddhiste, le Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (Silver Temple en anglais), sur Wualai Road, au cœur du fameux marché piétonnier du samedi soir. C’est un temple qui organise une cérémonie prisée des touristes, le samedi soir justement, avec une veillée aux chandelles autour du temple d’argent, illuminé à cette occasion des seules bougies des dévots. L’épicentre est interdit aux femmes… Mais la fête dont il est question ici, dédiée à Ganesh donc, aura lieu le mercredi 19 septembre 2018, dès 9h39. Ne manquez pas le défilé programmé à 15h39 (on sait être précis en Thaïlande, du moins dans les programmes 😏). Code vestimentaire : couleurs chatoyantes à défaut d’un sari indien.

Programme du mercredi 19.09.2018 :
• 9h39 : bain rituel de Ganesh
• midi : repas en commun
• 15h39 : défilé

Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent, วัดศรีสุพรรณ ในพระอุปถัมภ์ พระเจ้าหลานเธอพระองค์เจ้าทีปังกรรัศมีโชติ)
Date : mercredi 19.09.2018, de 9h39 à 16h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 5h39 à 21h30)
Adresse en thaï : 100 ถนนวัวลาย ตำบล หายยา อำเภอเมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50100
✆ +66 61 403 2581 et +66 97 215 5397
Site web, page Facebook (qui n’est pas la page officielle), pas d’événement FB à notre connaissance

Comme cela fait beaucoup de cérémonies en des lieux fort dispersés, on publie ci-dessous la carte des divers emplacements (ne nous remerciez pas, c’est tout naturel) :


Ailleurs en Thaïlande

Vous trouverez des sanctuaires et des statues de Ganesh – souvent immenses – dans toute la Thaïlande. L’un des plus célèbres est situé dans le quartier commerçant de Ratchaprasong à Bangkok, précisément au Central World, à l’extérieur, en face du magasin Isetan, sur Ratchadamri Road (ouvert 24 heures sur 24, arrêt BTS Chidlom). Les habitants y déposent des statuettes d’éléphants, des guirlandes de calendula frais, des bonbons, des bananes et de la canne à sucre.

Autre sanctuaire des plus vénérés, celui du temple royal des brahmanes au centre de Bangkok, près de la balançoire géante (Giant Swing). Le temple hindou Wat Phra Si Maha Utama Devi (วัดพระศรีมหาอุมาเทวี), à Silom, abrite lui aussi une statue de Ganesh qui a été transportée d’Inde à la fin du XIXe siècle. Une statue de bronze du Xe siècle a, elle, été retrouvée à Phang-Na avec des inscriptions tamoules. Enfin, la province Chachoengsao, à l’est de Bangkok, abrite pas moins de trois parcs exposant des statues géantes de Ganesh, dont celle qui est considérée comme la plus grande statue de Ganesh au monde (site web et page Facebook).

Dans tous ces lieux de culte, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) sera bien évidemment célébrée cette semaine (à des dates diverses). Deux des plus grands événements ont lieu au temple Shiva (ตำหนักพระแม่กวนอิมมหาโพธิ์สัตว์อวโลกิเตศวร โชคชัย 4 สาขารามอินทรา), à l’extérieur de Bangkok, et au temple Utthayan Ganesh à Nakhon Nayok, dans la province éponyme, à l’est de la capitale (Ganesha Park, อุทยานพระพิฆเนศ). Généralement, les bouddhistes thaïlandais participent également aux célébrations aux côtés des hindous.

Vous savez maintenant que Chiang Mai Deci-Delà vous invite à vivre pleinement toutes les fêtes et festivals au contact de la population locale. C’est sans nul doute là la plus belle des manière de se frotter à la culture siamoise. Et cette Fête de Ganesh, bien que venue d’ailleurs, en fait bien évidemment partie. Si vous faites l’acquisition d’une statuette de Ganesh afin de vous remémorer votre voyage en Thaïlande – et pourquoi pas attirer fortune et succès, tenez compte de ces 10 règles pour la placer correctement ! Joyeuse fête à tous et que la fortune et le succès vous accompagnent.


Mise à jour après l’édition 2018

Peu sont les touristes et expatriés ayant vécu l’événement en direct, sur place au musée Ganesha Himal. Il n’empêche, belle fut la fête !

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Édition 2018 – Crédit photo : Narin Srikhamlure – Source : พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ – © Facebook

Vidéos de l’édition 2018 : cortège initialcélébrationfin de la célébration et cortège final
Photos de l’édition 2018 : set 1set 2set 3set 4

Vous pouvez également voir ou revoir la cérémonie organisée au Pikanet Chiang Mai, le sanctuaire accolé à la gare routière Arcade : vidéo. Pour les danses, il nous faut nous contenter de photographies.

De même pour la cérémonie au Pikane(t) Suan Devalai : premier montage-photo suivi d’un second montage. Et là aussi, quelques photos.

Enfin, l’immersion du Ganesh dans la rivière Ping lors de la cérémonie de l’ashram Guru Deva avec également quelques photos.


¹ ou Ganesha, mot sanskrit. Ganesh porte un grand nombre d’autres noms (Autres noms de Ganesh, Wikipédia): Ganapati (le chef des Ganas), Vinâyaka (le meilleur des guides), Gajânana (face d’éléphant), Gajâdhipa (le roi des éléphants), Vighneshvara (le maître des obstacles), Vighnahartā (celui qui évite et écarte les obstacles). Les 12 noms en sanskrit les plus souvent utilisés pour les prières courtes sont : Sumukha (Celui qui a un beau visage), Ekadanta (Celui qui n’a qu’une seule défense), Kapila (Celui qui est rouge foncé), Gajakarnaka (Celui qui a des oreilles d’éléphant), Lambodara (Celui qui a un ventre proéminent), Vikata (Celui qui est imposant), Vighnanasha (le destructeur des obstacles), Ganadhipa (le maître des Ganas, serviteurs de Shiva), Dhumraketu (Celui dont la bannière est grise), Ganadhyaksha (le chef des Ganas), Bhalachandra (Celui qui porte la lune sur son front), Gajânana (Celui qui a une tête d’éléphant).
² Lire à cet effet l’ouvrage India-Thailand Cultural Interactions: Glimpses from the Past to Present, sous la direction de Lipi Ghosh.

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia (Ganesha in world religions).
Source de l’image à la Une. Mise à jour le 18.09.2018

Festival de la Vie Tribale 2018

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de la récente Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, qui s’est tenue à Chiang Rai ce mois-ci dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde célébrée le 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ses populations en marge de la société. Et le festival dont il est question ici y participe.


Le Musée Tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le Musée Tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le Musée Tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de 10 ethnies qui vous sont présentées là (lire le paragraphe idoine).

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale 2018, un événement que nous vous recommandons chaleureusement (cf. le paragraphe suivant).

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée du musée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer dans les paillotes au bord du lac servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

 

Le Musée Tribal de Chiang Mai sur internet (Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais)
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Emplacement

Le Festival de la Vie Tribale 2018

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au Musée Tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา, cf. le paragraphe ci-dessus), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

TribalLifeFestival2018Cover2THAMERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï):


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

A l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (env. 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. A titre d’exemple, les Karens s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. A titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karen : Les Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses :
Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu

© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)


Mise à jour après l’édition 2018 du festival

Cette année, le festival a dû faire face à une météo capricieuse. Force est cependant de constater que les Thaïlandais eux-mêmes s’intéressent fort peu aux minorités ethniques peuplant leur pays. Sans parler de l’absence de promotion attirant les touriste étrangers. Mais les représentants de ces minorités sont bel et bien présents et disponibles à toutes et ceux qui veulent bien s’intéresser à leur sort.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo récapitulative de la cérémonie d’ouverture, une cérémonie qui était marquée par un défilé de mode où le designer s’est largement inspiré des motifs tribaux. Quelques photos d’ambiance ici, et encore ici. Un festival qui s’est donc clos et qui vous donne rendez-vous à l’année prochaine.

 

En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Mise à jour le 22.08.2018.

#TribalLifeFestival #MinoritésEthniques #ChiangMai #Karen #Hmong #Mien #Lisu #Lahu #Akha #Htin #Khamu #Lawa #Mlabri #tribus #Thaïlande

 

 

Festival Pu Sae Ya Sae – Mise à mort d’un buffle pour concilier les esprits

On raconte qu’ils voulaient manger le Bouddha…

PuSaeYaSaeFestivalMarco11Âmes sensibles, s’abstenir ! Chaque année ici à Chiang Mai, dès les premières lueurs du jour, durant la pleine lune du 7e mois lunaire*, se déroule un spectaculaire festival animiste, le Pu Sae Ya Sae (สืบสานประเพณีเลี้ยงดง). Un rituel, autrefois parrainé par le roi du Lanna, qui implique le sacrifice d’un buffle de couleur sombre, effectué par un chaman local, qui doit en manger la chair crue et boire son sang – ce qu’il fait généralement après qu’il ait émis un cri strident. Cette cérémonie a lieu dans une clairière boisée aux pieds du Doi Kham, une colline d’environ 15 km au sud-ouest de la ville, à Mae Hia (Canal Rd, non loin de Hang Dong). Mieux vaut s’y rendre tôt pour s’imprégner de l’ambiance locale, avant l’arrivée de quelques groupes de touristes ! Cette année, la cérémonie a lieu le lundi 28 mai 2018, dès 7h du matin. Il vous faudra par conséquent venir avec votre propre moyen de transport (en louant un scooter ou négociant un song thaew par exemple).

NB : il ne nous appartient pas de porter un jugement sur des pratiques locales séculaires; nous tenons cependant à vous préciser que la mise à mort du buffle a lieu durant la nuit, avant l’événement public, une fête qui n’en reste pas moins spectaculaire. La voici résumée en vidéo :

Citylife a réalisé une autre vidéo résumant le rituel (basée sur la cérémonie de 2017).


De l’importance des esprits protecteurs…

Le rituel animiste dont il est question aujourd’hui, peu connu et archaïque, provient du peuple Luas (ou Lawas), une des ethnies régionales jadis au coeur du royaume du Lanna. Les Luas sont les premiers habitants connus de Chiang Mai, avant même la colonisation siamoise de la région, et même mon, soit une période antérieure à l’introduction du bouddhisme dans le nord de la Thaïlande. Nous vous avons déjà parlé du Festival annuel de l’Inthakin qui découle lui aussi d’anciennes croyances de ce même peuple premier. Trois esprits sont ici impliqués, de même que six esprits inférieurs : grand-père Pu Sae, gardien du Doi Suthep, son épouse grand-mère Ya Sae, gardienne du Doi Kham, et leur fils Sudeva Rishi. Ogres cannibales à l’appétit insatiable pour la chair humaine et le sang, ils hantaient jadis la région. On sait peu de choses des Luas, bien que l’on pense qu’ils fussent des chasseurs de têtes comme les Wa de l’État Shan, auxquels ils sont liés. Leur anthropophagie est étroitement liée au rituel Pu Sae – Ya Sae tel qu’il est encore pratiqué aujourd’hui.

Selon une légende locale, le Bouddha, arrivé ici par une vision lors d’un de ses rêves, remarqua un silence inhabituel, comme si le village était inhabité; il en demanda la raison. Les villageois lui apprirent alors que deux géants, mari et femme habitant la montagne, viennent souvent au village et en attrapent ses habitants pour se nourrir. Ce qui expliquait le calme apparent du village. Le Bouddha, compatissant face à ces villageois sans défense, partit à la rencontre des deux géants. Cupides, Pu Sae et son épouse Ya Sae, de même que leur fils Sudeva Rishi, voulurent dévorer le Bouddha. Celui-ci, ayant pris conscience de leur plan, leur fit d’abord peur en posant son pied sur un rocher – où se trouve aujourd’hui le Wat Phra Buddha Bat Si Roi dans le district de Mae Rim. Puis le Bouddha leur adressa un sermon et prédit qu’il y aura bientôt beaucoup de moines dans cette région, les exhortant à ne plus manger la chair des êtres vivants. Sudeva Rishi, le fils du couple, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, s’abstenant à jamais de consommer de la viande de toute sorte. Plus tard, il se déshabilla pour mener la vie d’un ermite, passant son temps en méditation dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Doi Suthep. Pu Sae et Ya Sae, de mauvaises grâces, acceptèrent eux aussi de ne plus manger de chair humaine mais demandèrent au Bouddha la permission de manger seulement deux buffles par an, un chacun, en compensation. Le Bouddha fut réticent à cette requête; il les bénit tout de même, leur dévoilant cinq préceptes, puis les quitta.

Et c’est depuis lors que les habitants vivant autour du Doi Kham pensent qu’ils doivent se concilier les deux esprits, considérés comme les gardiens de la montagne, et donc protecteurs de la forêt, en sacrifiant chaque année deux buffles. Une seconde cérémonie, tombée dans l’oubli, se déroulait dans la forêt aux pieds du Doi Suthep. Il s’agit ici d’apaiser ces deux esprits car, malgré leur promesse, la crainte d’un retour à leur vieilles habitudes cannibales est toujours présente. Le buffle sélectionné est abattu avant l’aube. Si l’animal, qui est tué avec un gros couteau par un boucher musulman, tombe parallèlement au ruisseau Mae Hiya, la pluie sera abondante. La tête, les os, la viande, les entrailles et le sang sont séparés et déposés sur une natte, sous le regard bienveillant d’une illustration du Bouddha suspendue à un arbre. Le chaman – qui peut être une femme, exalté par le lao khao (une liqueur blanche), est soudainement et violemment possédé par les deux esprits et se met à manger la chair crue extraite des entrailles du buffle et à boire son sang. Après un moment, le chaman s’effondre sur le sol. Les esprits le quittent, satisfaits. Ce qui permet aux gens qui vivent autour de la montagne d’être rassurés une année de plus. A travers ce rituel effectué au début de la saison des pluies, les habitants espèrent également des pluies abondantes permettant de bonnes récoltes, de même qu’une bonne santé durant l’année (une nouvelle année, Songkran, qui a commencé à mi-avril selon le calendrier thaïlandais).

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Déroulement de la cérémonie

Selon la légende, le vieux couple anthropophage, Pu Sae et Ya Sae, vivait donc sur les deux montagnes toutes proches, le Doi Suthep et le Doi Kham. Sachant que le Bouddha allait un jour y venir pour se reposer, les dieux védiques Brahma et Indra ont béni le village en apportant une pluie d’or et d’argent. Comme il pleuvait de l’or au village, le Bouddha a prédit que cet endroit s’appellera Doi Kham, ce qui signifie « Montagne d’or ». Et comme il pleuvait de l’argent plus au nord, la montagne a été appelée Doi Ngoen, ce qui signifie « Montagne d’argent » (renommée plus tard Doi Suthep).

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Le terrain rituel, aux abords de la forêt, est déjà prêt dès 6h du matin : le buffle abattu se trouve dans un espace sacré devant douze maisons des esprits. La cérémonie en tant que telle commence généralement peu après 8 heures avec une procession, agrémentée de musique et de danses. Les femmes du village déposent les offrandes prescrites aux esprits : bananes, maïs soufflé, peau de porc, riz gluant, canne à sucre, tabac et aussi de l’eau, de même que des bougies argentées et dorées. Il y a là six plateaux pour l’esprit de la terre et 23 énormes plateaux de feuilles de banane pour les maisons des esprits, chacun contenant des cigares et des noix de bétel. Au sud de la zone rituelle se trouve un sala destiné aux visiteurs qui peuvent voir le médium à l’œuvre, un villageois de la région qui sera bientôt possédé par l’esprit de Ya Sae. PuSaeYaSaeFestivalMarco10A 8h20, Ajarn Phromma, le maître rituel, arrive pour lire les textes sacrés qui appellent les esprits à résider dans les différentes maisons pendant que la musique traditionnelle agrémente la fête. Vers 9h, la bannière Phra Bot, amenée dans un cercueil noir, est hissée – c’est une représentation du Bouddha, flanqué de ses disciples, Sariputra et Moggallana. Neuf moines, reliés au Bouddha par une ficelle de coton blanc, récitent des incantations saintes en langue pali. Vers 9h30, le médium, possédé par l’esprit, se dirige vers le buffle pour se régaler de sa chair crue et de son sang. Vers 10h15, le médium va rendre hommage au Phra Bot.

Ajarn Kraisri Nimmanhaeminda, dont le récit de Pu Sae – Ya Sae a été publié dans le Journal of the Siam Society en 1967, soutient de manière convaincante que la présence de moines bouddhistes et du Phra Bot au sacrifice de buffle est destinée à convaincre les esprits des anciens cannibales que le Bouddha est toujours vivant et qu’ils devraient donc adhérer à leur vœu d’abstinence de chair humaine. Pour les apaiser davantage, on leur accorde leur dernier souhait – de la viande de buffle fraîche avec l’approbation du propriétaire de ce dernier.

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Plusieurs pèlerins demandent à l’homme possédé d’attacher une ficelle blanche autour de leur poignet afin de s’attirer chance et santé. D’autres participants à la fête profitent du passage du médium dans l’assistance pour lui demander les numéros gagnants de la loterie ! C’est vers 11h que prend fin la cérémonie (édition 2016 en vidéo).

Des rites ancestraux

PuSaeYaSaeFestivalMarco21Vous l’aurez compris, il s’agit là de rites ancestraux antérieurs au bouddhisme, ce dernier n’ayant aucune peine à intégrer les croyances animistes. Au même titre que le Festival de l’Inthakin, lui aussi découlant des croyances du peuple Lua, ou encore les rites visant à faire tomber la pluie à l’aide de fusées (fêtes que l’on retrouve au Xishuangbanna, au sud de la Chine, patrie des Dais), l’ensemble de ces fêtes font partie des rites de fertilité, les pluies assurant des récoltes abondantes (principalement de riz).

L’imbrication de rites chamaniques issus du peuple Lua avec des rites bouddhiste du peuple thaïlandais démontre à l’envi l’amalgame qui constitue le Nord thaïlandais, comprenant de nombreuses minorités ethniques. Les Luas et les Thaïlandais vivent ensemble depuis des siècles, partageant des terres et des traditions culturelles. Lorsque les Thaïs sont devenus dominants, ils n’ont pas cherché à éradiquer les rituels luas mais ont participé (en tant que bouddhistes) au rite (très non bouddhiste) du sacrifice de buffles pour adjurer les esprits :

Que le riz des Luas ne meure pas dans leur rizières
Que le riz des Thaïlandais ne se dessèche pas et ne meure pas dans leur rizières
Invocation du Festival Pu Sae Ya Sae

De toute évidence, la symbiose entre Lua et le nord de la Thaïlande est ancienne, étroite et fructueuse. Ainsi, les Luas sont toujours considérés et rappelés comme les ancêtres des Thaïlandais du Nord.

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Celles et ceux désirant approfondir le sujet liront avec intérêt le texte complet de la conférence qu’a donnée Reinhard Hohler le 13 septembre 2011 dans le cadre des réunions de l’INTG – Informal Northern Thai Group. Son titre en est Pu Sae -Ya Sae Spirit Worship: Highlighting the two sacred mountains of Chiang Mai. Ou encore l’article d’Andrew Forbes publié par CPA media, Pu Sae – Ya Sae – Guardian Spirits of Doi Suthep, agrémenté de quelques photos du rituel.

Nos lecteurs qui prendront la peine de participer à cette fête pourront, au retour, faire un détour par le Wat Doi Kham voisin, un charmant temple bouddhiste érigé sur la colline éponyme, qui abrite le grand Bouddha que vous aurez sans nul doute aperçu, un temple connu pour avoir fait gagner plusieurs dévots – ou crédules – à la loterie nationale (ce qui explique les offrandes fleuries qui affluent par milliers). Belle est la vue de là-haut. Ou encore passer l’après-midi au Royal Flora, un parc non dénué de charme (les plus jeunes voudront bien sûr faire trempette au Grand Canyon). On vous conseille également l’indispensable visite du temple tout proche Wat Intharawat (ou Wat Ton Kwen), témoin inestimable de l’architecture du Lanna. Et tout le monde de se retrouver au Brandnew Field Good, un café-restaurant en pleines rizières.

PuSaeYaSaeFestivalMontageFernFengFeng+Rugo

© Bai Fern Feng Feng + Marco Rugo


* à noter qu’il existe plusieurs calendriers lunaires, ce qui explique la différence des mois si vous les comparez à nos autres publications

Nous remercions les Guides Kohlidays pour le crédit de la photo à la Une.
Sources éditoriales (traduction libre avec adaptation) : Chiang Mai Best, Reinhard Hohler (Chiangmai Mail et INTG – Informal Northern Thai Group) et Andrew Forbes (CPA media – The Asia Experts). Autre source non utilisée, celle d’un professeur de la CMU, en langue thaï donc. Mise à jour le 31.05.2018.

Une semaine festive et des plus créatives ici à Chiang Mai

CreativeChiangMaiLogoFBLa créativité de la Rose du Nord est reconnue non seulement au pays mais bien au-delà des frontières siamoises. Il y a bien sûr tout l’artisanat du nord de la Thaïlande, issu d’une longue tradition et dont le savoir-faire continue de se transmettre (les marchés de Thaïlande regorgent des produits artisanaux du nord). Mais il y a aussi tous les arts et toute la culture du Lanna, très riche, que ce soit à travers les danses, la musique ou encore les textiles. Chiang Mai vient d’ailleurs de rejoindre – non sans fierté – le Réseau des villes créatives de l’UNESCO (nous vous en reparlerons). Ceci alors que sa demande pour que ses merveilles rejoignent la Liste du Patrimoine Mondial suit son cours…

Un réseau s’est d’ailleurs constitué afin de promouvoir ce bouillonnement créatif : Creative Chiang Mai. Et cette créativité sera des plus festives cette semaine ! Jugez-en par vous-même (on vous avertit, vous risquez l’indigestion culturelle ces prochains jours).

Chiang Mai Design Week et son marché POP

#CMDW2017. L’événement-phare débutera ce mercredi 6 décembre 2017. On parle bien entendu du Chiang Mai Design Week 2017. Ce sera la 3e édition de cette manifestation devenue annuelle qui animera divers lieux de la ville jusqu’au dimanche 10 décembre.

Les très nombreux événements organisés à l’occasion de cette Semaine du Design ne pourront que vous émouvoir. Ils sont dispersés en de nombreux endroits de la ville (place des Trois Rois, Porte Tha Pae, musée TCDC, entres autres lieux). Thème de cette année : «la Vie Artisanale». Ou comment le quotidien peut inspirer des produits les plus créatifs. Riche est le programme ! Il y aura des « Design Showcases » soit des vitrines permettant de découvrir moult produits design de manière originale, des projets internationaux (au rang desquels une l’installation (dès aujourd’hui 6 décembre), « Constructions Ephémères » d’Olivier Grossetête, sur la place Tha Pae; éphémère car dite installation sera détruite dimanche dès 16h !). Des ateliers, des conférences aussi et de nombreuses autres activités. Partie intégrante de l’événement, la Foire de l’Artisanat (Chiang Mai Crafts Fair 2017), aux mêmes dates donc, mettra en avant l’artisanat communautaire, celui des minorités ethniques et l’artisanat plus contemporain. Nombreux ateliers fort intéressants à la clef. Notre page Facebook vous tient informé.

CMDW2017POPMarketLogoFBCompagnon indispensable – et inséparable – de la CMDW, le POP Market fait lui aussi preuve d’une créativité sans limite. Que ce soit à travers son offre culinaire (où la cuisine traditionnelle se marie à des mets plus modernes) ou ses stands d’artisanat (au sens moderne). Une ambiance unique qui vous fera aimer Chiang Mai. Il faut dire que l’écrin qui accueille ce marché (le terrain autour de la Glass House, en face du plus vieux temple de la cité, le Wat Chiang Man) a tout pour vous émerveiller (notamment des anciennes maisons de type Lanna). Le POP Market a lieu aux mêmes dates, du 6 au 10 décembre, de 14h à 22h.

#nap et le marché du Think Park

nap18thPhoto1Autre lieu incontournable où vous devrez impérativement vous rendre pour percer un peu l’âme du Chiang Mai créatif : la Nimmanhaemin Art & Design Promenade, que les habitants de la ville appellent affectueusement *napDu mercredi 5 (aujourd’hui donc) au lundi 11 décembre, de 10h à 22h, avec de nombreux ateliers dans l’après-midi et animations en soirée. Vous serez là au coeur du quartier branché de la Rose du Nord, celui-là même qui aimante les bobos, hipsters et autre tribus urbaines venus de Chiang Mai ou de plus loin encore (Corée, Japon, Chine).
Une ambiance qu’on apprécie avec de l’originalité à tous les stands. Animation musicale et nourriture locale dans cette rue qui devient piétonne le temps de la manifestation. C’est au soi 1 de la route Nimmanhaemin et c’est un rendez-vous immanquable. Vous allez adorer Chiang Mai. Croyez-nous sur parole !

A portée de pas, le sympathique marché du Think Park, soit le Think Market #2. On aime bien ce petit dédale de magasins minuscules. Un marché s’installe donc là, du mardi 5 au lundi 11 décembre, de 11h à 22h. Décoration « hivernale », stands originaux et animation musicale là aussi.

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Vous pourrez bien entendu vous rendre dans ce que Chiang Mai offre de plus moderne. On parle bien sûr du centre commercial MAYA (qui appartient à l’Oncle Tan, propriétaire des boissons Ichitan, dont l’effigie trône au Think Park; impossible de la rater avec sa casquette de capitaine). Mais votre oeil risque d’être attiré par un nouveau complexe à l’architecture « européenne » (arcades et clocher), le One Nimman, attenant au soi 1 de Nimmanhaemin Rd. Et ça tombe bien car il y a là inaugurations (mais tout n’est point encore terminé…).

Foire du textile ethnique

La région du Lanna est très prisée pour la qualité de ses textiles, que ce soit de la soie ou du coton. C’est donc tout naturellement que ceux-ci s’exposent dans le cadre de la 12e Fai Gaem Mai’s Lanna Ethnic Textile Exhibition, Foire des Textiles du vendredi 8 au lundi 11 décembre, de 10h à 20h, au CMU Convention Centre. Au programme, entre autres, exposition de textiles provenant de 7 minorités ethniques, défilés de mode quotidien et marché. Les détails seront publiés sur notre page Facebook.

Et ce n’est pas tout !

Les amateurs de la cuisine du nord de la Thaïlande, aux saveurs très différentes de ce qu’on a coutume d’appeler « cuisine thaïlandaise », se donneront rendez-vous au Chiang Mai Food Festival du centre commercial Central Plaza Airport. De nombreux stands à l’extérieur qui vous serviront dès 17h30, tous les jours jusqu’au vendredi 8 décembre. Animation musicale en prime.
L’odeur des Rubiacées planera sur le JJ market ! C’est en effet le Jing Jai Market qui accueillera du vendredi 8 au dimanche 10 décembre le Chiang Mai Coffee Festival 2017, premier du genre à notre connaissance. Cela en étonnera plus d’un mais le café est en train d’envahir toute la Thaïlande, notamment le nord qui en produit de plus en plus. Précisons que les Thaïlandais le boivent généralement glacé.
Les compulsifs du shopping seront ravis par les centaines de stands de la Foire du Cadeau (Gift Fair 2017) qu’organise chaque année la chambre du Commerce et de l’Industrie à la route Thung Hotel Rd. Tous les jours de 10h à 20h. La foire fermera ses portes dimanche 10 décembre.

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De la danse aussi cette semaine, avec un choix éclectique. D’abord le Chiangmai International Butoh Dance Festival. Il a commencé samedi dernier et se closera par deux représentations uniques de cette danse venue du japon, intellectuellement remuante. Ce sera ce jeudi 7 décembre, à 16h30 et à 19h30, au KAD Studio (7e étage du centre commercial Kad Suan Kaew). Puis un art plus traditionnel puisqu’il s’agit de danse classique du Lanna, plus précisément un théâtre dansé en l’honneur des anciens roi du Lanna, au Collège des Arts Dramatiques de Chiang Mai. Deux représentations journalières, à 9h et à 13h, sur réservation uniquement, et ce jusqu’au 20 décembre.

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Et encore des foires d’hiver ! C’est là l’occasion de se frotter à une Thaïlande plus rurale mais non moins adorable. Celle de Sankamphaeng, à l’est de la ville débute aujourd’hui mercredi 6 décembre; vous pourrez en profiter jusqu’au 10 décembre (infos sur page Facebook). A moins que vous ne préfériez celle de Lamphun, à 35 minutes au sud de Chiang Mai, chef-lieu de la province éponyme, appelé jadis Haripunchai. La foire vous accueille tous les jours jusqu’au dimanche 10 décembre. Et nous sommes sûrs que le dépaysement loin des hordes touristique vous enchantera. C’est pourquoi nous aimons à conseiller le déplacement.
Les amateurs de grosses cylindrées ne manqueront pour rien au monde le Chiang Mai Bike Week 2017, avec un concert rock à la clef. Cela se passe au Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre le samedi 9 décembre.
A la même date mais étalé sur le week-end (samedi 9 et dimanche 12 décembre donc), un marché qu’on aime bien : le Yard sale: Winter Season au complexe Baan Kang Wat.
Du dimanche 10 au mardi 12 décembre, de 9h à 15h, ambiance de Noël avec le marché Christmas market « Be Blessed » au Sriprakard, un hôtel légendaire (qui n’existe plus).
On signale encore une importante foire liée à un art local réputé, la céramique : la Foire de la Céramique de Lampang. C’est donc à Lampang, à 1h30 de route de Chiang Mai, au centre commercial CentralPlaza, jusqu’au lundi 11 décembre, de 11h à 21h.

Alors que continuent les expos

Ne vous bousculez point pour vous rendre à l’exposition de photographies Best 20 Photographs Best Photographers ! Elle continue jusqu’à la fin de l’année, soit le 30 décembre à l’espace artistique Sangdee.
Non qu’on se montre insistant mais s’il n’y avait qu’une seule exposition à voir lors de votre passage à Chiang Mai, ce devrait alors être celle-ci, dans la cité historique, en plein coeur du fameux marché piéton du dimanche soir : Traces d’un royaume perdu – Peintures murales des temples du Lanna. Tous les jours de 9h à 18h, jusqu’au 28 février 2018 (entrée libre), au Tamarind Village (c’est un hôtel, de classe).

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Vous l’aurez compris, c’est une semaine riche en événements où les choix seront ardus ! Et quoi qu’il en soit, la créativité de Chiang Mai ne s’arrêtera pas à l’explosion culturelle de cette folle semaine. Est d’ores et déjà programmée une conférence TEDx « Crafting the Future » le 10 février 2018 !

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Et pour connaître les événements qui continueront d’arc-en-ciéliser la Rose du Nord ces prochaines semaines, on vous renvoie à notre précédente publication des plus complètes, Ce que Chiang Mai nous réserve pour fin 2017-début 2018.

EvénementsChiangMai-->02.2018

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