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Feu Bhumibol le Grand – Deux ans déjà

Aujourd’hui lundi 15 octobre 2018 se termine le long week-end de commémoration en souvenir du défunt roi bien-aimé, Bhumibol Adulyadej le Grand¹, un week-end où le jaune était de rigueur. Depuis l’année dernière, le 13 octobre est devenu un jour férié; il correspond à la date du décès de ce roi qui aura régné 70 ans durant (un billet commémoratif d’une valeur nominale de 70 bahts avait même été émis, une coupure devenue bien évidemment collector). Et comme en Thaïlande les jours fériés qui tombent sur le week-end se rattrapent le lundi, ce sont donc trois jours de congé d’affilée dont ont bénéficié beaucoup de Thaïlandais.

BhumibolSCBThailand

© Facebook – SCB Thailand

Né le 5 décembre 1927 aux États-Unis et mort le 13 octobre 2016 à Bangkok, il y a deux ans donc, à près de 89 ans, Bhumibol le Grand, de son nom dynastique Rama IX, a été couronné en 1950. Il a régné de 1946 à 2016, soit plus de 70 ans ! C’est dire l’influence qu’il a pu avoir sur son peuple qui le vénérait; la plupart des Thaïlandais n’ont connu que ce roi-ci. Ses funérailles royales, qui se sont déroulées du 25 au 29 octobre 2017, ont été historiques autant qu’émouvantes (relisez donc l’article que nous avions consacré à cette crémation royale ou visionnez un documentaire poignant).

Bhumibol Photo Aekachai Wanson‎ Photo-cm Club

© Facebook – Aekachai Wanson (Photo-cm Club)

La période de deuil national, qui a duré plus d’un an, s’est achevée le 29 octobre de l’année dernière (notre article). Formé en Suisse romande, Rama IX était non seulement francophone mais aussi francophile. À noter que dans le pays, on commémore également son anniversaire le 5 décembre (un jour qui marque encore la Fête des Pères).

C’est son fils, Sa Majesté Maha Vajiralongkorn, désigné en 1972 héritier du trône, qui lui a succédé (il doit encore être couronné). Souverain constitutionnel, Sa Majesté le roi de Thaïlande est le chef de l’État et le protecteur des religions du royaume. Sous le regard maternel de Sa Majesté la reine douairière Sirikit qui, elle, est née un 12 août, journée où est également célébrée la Fête des Mères en Thaïlande.

L’émotion est encore vive dans toute la Thaïlande. Il suffit de s’être rendu à l’une ou l’autre des manifestations organisées ce week-end partout dans le royaume pour s’en convaincre. Impossible de toutes les mentionner, il y en a eu une myriade.


Commémorations à Chiang Mai

Considéré comme le “Père de la Nation”, le roi Bhumibol Adulyadej le Grand a laissé tout un pays orphelin. À Chiang Mai, le 2e anniversaire de sa disparition a été marqué officiellement samedi 13 octobre 2018. Un hommage lui a été rendu à 6h du matin à travers une cérémonie d’offrande à 89 moines (cela s’est déroulé au CMECC – Centre international d’expositions et de congrès, au nord de la ville). Deux autres événements ont suivi dans le courant de la journée.

À 15h, une cérémonie religieuse s’est tenue au Wat Jed Yod, sur la route pour se rendre au Doi Suthep. Le Wat Jed Yod est un temple unique à Chiang Mai car d’inspiration hindoue. Et, à 18h30 au même CMECC, c’est une cérémonie solennelle aux bougies qui a été organisée. Nous vous en avions parlé sur notre page Facebook.

D’autres institutions étatiques n’ont pas manqué de commémorer l’événement. À commencer par le le parc Rajapruek (Royal Flora) et son exposition « En souvenir du roi Rama IX ». Un roi qui aimait à promouvoir une économie d’autosuffisance où l’agriculture était au cœur de son action. Ainsi, des activités agricoles ont été organisées au parc du 10 au 12 octobre 2018. Autre cérémonie religieuse en mémoire du souverain au zoo de Chiang Mai : des offrandes à 41 moines ont là aussi été organisées le 12 octobre au matin. Et comme à leur habitude, les centres commerciaux y vont aussi de leur hommage, en apprêtant un autel sur lequel les clients peuvent y faire leurs dévotions ou encore en organisant des offrandes aux moines (voyez la cérémonie d’offrandes au Central Plaza près de l’aéroport).

Du côté de Chom Thong, au sud-ouest (direction le Doi Inthanon, à 1h30 de route), s’est tenue également une cérémonie religieuse du souvenir dans l’après-midi (photos et vidéo). Au Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan précisément, un temple royal.

Beaucoup d’autres cérémonies ont pu être observées au hasard de pérégrinations dans la Rose du Nord. Où bon nombre d’habitants était habillé de jaune. Mais les hommages ne s’arrêteront pas ce week-end puisqu’une exposition se tient au CMECC encore, et ce jusqu’au 31 octobre : « Chiang Mai : le pays des Projets Royaux ». On vous en reparle en détail sur notre page Facebook. Sachez cependant qu’un grand événement aura lieu vendredi 26 octobre où les senteurs des jonquilles envahiront l’espace. Il durera 24 heures, soit jusqu’au matin du samedi 27, avec notamment des concerts et des danses traditionnelles du Lanna. À ne pas manquer donc ! En attendant, découvrez le bel hommage photographique qu’a rendu le magazine online ร้อยเรื่องเมืองล้านนา (@100LannaNews).


Commémorations à Bangkok

Bhumibol Photo Nation Montage

© Facebook – NationPhoto (1, 2, 3)

A Bangkok, c’est le Premier ministre, le général Prayut Chan-o-cha, qui a mené la cérémonie d’aumônes à la mémoire du Roi Bhumibol. Tôt le matin du 13 octobre 2018, accompagné de personnalités parmi lesquelles des responsables du gouvernement, ce sont 890 moines et novices qui ont reçu des offrandes, en souvenir des 89 ans de feu Bhumibol Adulyadej. Sa Majesté le roi Maha Vajiralongkorn, fils du défunt roi, a également rendu hommage à feu son père à travers une cérémonie qui s’est déroulée au Grand Palais. D’ailleurs, de l’aube au crépuscule, la grande place Sanam Luang était remplie de jaune, malgré les pluies de l’après-midi. Une cérémonie aux bougies a illuminé l’espace à 18h. Les fonctionnaires n’étaient pas en reste; sur leur lieu de travail, nombreuses et nombreux ont rendu hommage comme par exemple les infirmières de l’hôpital Siriraj. Autres photos de cette marée jaune (et orange puisque les moines bouddhistes étaient de la partie).

Bhumibol Photo Nation Montage 2

© Facebook – NationPhoto (1 et 2)

La contribution des artistes est également importante à cette occasion. Ainsi le 7e art est à l’honneur dans l’exposition « Les Arts Suprêmes Thaïlandais du Règne du Roi Rama IX » qui s’est ouverte le 12 octobre au Siam Paragon (Hall of Fame). Autre exposition dont la cérémonie d’ouverture est agendée au 30 octobre : The Artists of the 2 Reigns Exhibition. Evénement qui souligne la transition familiale entre les deux premiers souverains thaïlandais de ce siècle (présentation vidéo). Signalons encore qu’un artiste de renom, Suwit Jaipom, initiateur de la galerie Art Bridge à Chiang Rai, a composé un portrait au fusain du roi disparu; son œuvre sera exposée prochainement à Chiang Mai. On rappelle la contribution de 89 artistes visible dans ce musée virtuel, de même que le travail de deux artistes que nous apprécions : le peintre Jirapat Tatsanasomboon et le danseur Ronnarong Khampha.

Par ailleurs, un concours de photographie est organisé par l’APDA Thailand, soit l’Association asiatique pour le développement de la photographie; vous pouvez voir le résultat avec le hashtag #KingRama9OfMemory. Rappelons la passion de Bhumibol pour la photographie. En matière musicale – Bhumibol jouait du saxophone et il a composé plusieurs pièces encore interprétées – des concerts ont été donnés en son honneur, hommages musicaux toujours émouvants, à l’image de celui de Boyd Kosiyabong ou encore celui-ci :

Les chancelleries du monde entier se sont fendues de communiqués rappelant les liens qui unissaient le monarque à leur pays respectif comme ici l’Ambassade de France. Et les entreprises privées de rappeler les réalisations de Bhumibol, lui qui a parcouru son pays de long en large, sensible aux difficultés quotidiennes vécues par ses sujets. Il est l’initiateur de nombreuses réalisations, la plus connue étant sans nul doute la Fondation du Projet Royal qui vient en aide aux minorités ethniques et, au-delà, aux communautés rurales, parents pauvres du spectaculaire développement économique de la Thaïlande (nous consacrerons un jour un article plus complet à cette fondation). Voyez par exemple le diaporama de la banque SCB.


Rama, la dynastie régnante des Chakri² !

Bhumibol Adulyadej était le 9e roi de Thaïlande issu de la dynastie actuellement régnante des Chakri, une dynastie fondée en 1782 qui prit la succession des rois d’Ayutthaya défaits par les Birmans. Cette date correspond à la fondation de Bangkok comme capitale du royaume. Les rois Chakri prirent le nom dynastique de « Rama ». Dix rois se sont pour l’heure succédé sur le trône. Le règne de Rama IX fut exceptionnellement long (plus de 70 ans donc). Résumons les 10 règnes :

  • Rama Ier – Chao Phraya Chakri, roi de 1782 à 1809 (27 ans de règne);
  • Rama II – Loet La, roi de 1809 à 1824 (14 ans de règne);
  • Rama III – Phra Nang Klao, roi de 1824 à 1851 (26 ans de règne);
  • Rama IV – Phra Chom Klao (appelé Mongkut), roi de 1851 à 1868 (17 ans de règne);
  • Rama V – Chulalongkorn, roi de 1868 à 1910 (42 ans de règne);
  • Rama VI – Vajiravudh (nommé aussi Mongkut Klao), roi de 1910 à 1925 (15 ans de règne);
  • Rama VII – Prajadhipok, (aussi appelé Pokklao), roi de 1925 à 1935, date de son abdication (9 ans de règne);
  • Rama VIII – Ananda Mahidol (qui n’est autre que le grand frère de Bhumibol), roi de 1945 à 1946 (1 an de règne);
  • Rama IX – Bhumibol Adulyadej, roi de 1946 à 2016 (70 ans de règne);
  • Rama X – Maha Vajiralongkorn, roi depuis le 1er décembre 2016 (il doit encore être couronné).
Chakri Memorial Day HD Wallpapers

La dynastie Chakri (source)

DynastieChakriVénérés comme des demi-dieux par leurs sujets, les rois, de confession bouddhiste, sont eux aussi incinérés à leur décès, après de spectaculaires funérailles royales. Les cendres des neuf rois de cette dynastie reposent toutes dans un temple spécifique, à Bangkok-même ou aux alentours.

Vous pouvez bien entendu les visiter; leur dépôt se fait au pied d’un Bouddha (il vous suffira de demander sur place). En cliquant sur le nom du temple bouddhiste, vous le verrez sur Google Maps.

Retrouvez une photo de tous ces lieux royaux sur le blog de Richard Barrow.

Bhumibol Photo Marco Rugo

© Chiang Mai De-ci De-là


En savoir plus

Celles et ceux désirant en savoir plus sur feu le roi Bhumibol Adulyadej pourront commencer par lire la fiche que lui consacre Wikipedia. La monarchie thaïlandaise est présente sur le web : site officiel, en anglais, quelque peu austère. Il y a également des pages Facebook panégyriques, à l’image de celles-ci : King Bhumibol The Great et Royal Family of Thailand. Ou encore ce musée virtuel : 89 years of King Rama IX.

Les férus de lecture peuvent télécharger gratuitement Le roi Bhumibol. Force de la nation, un ouvrage illustré édité par le gouvernement thaïlandais en 2009. Et l’on vous invite également à plonger avec délice dans le livre Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne. Un ouvrage qui révèle pour la première fois les souvenirs professionnels de Cléon C. Séraïdaris, précepteur particulier de Leurs Majestés les Rois Rama VIII et Rama IX durant leurs études en Suisse, qui resta pendant vingt-six ans au service de la Famille Royale. C’est pour répondre au vœu de S.M. le roi Bhumibol de faire connaître la carrière de son précepteur auprès de la Famille Royale en Suisse que le fils de ce dernier a publié cet ouvrage, quinze ans après la disparition de son père. Par discrétion et loyauté, Cléon C. Séraïdaris n’avait pas révélé ces épisodes historiques, estimant être astreint à un devoir de réserve. Ces pages n’auraient donc jamais vu le jour sans la suggestion du roi qui, lors d’une audience privée, encouragea l’auteur à éditer ce recueil (il en existe deux autres versions, en anglais et en langue thaï). Un témoignage unique, abondamment illustré de photographies et de documents issus des archives familiales de l’auteur, un point de vue intimiste et familial, une part de l’Histoire du Royaume de Thaïlande.

La mémoire du défunt monarque reste vive ici en Thaïlande; vous aurez sans nul doute constaté que ses portraits sont toujours présents, que ce soit dans les échoppes privées ou sur les places publiques, souvent accompagnant celui de son fils, le roi actuel Rama X dont les sujets attendent le couronnement…

#Bhumibol #BhumibolAdulyadej #RamaIX #Thaïlande


¹ Selon le système général de transcription du thaï (RTGS), Bhumibol Adulyadej (en langue thaï : ภูมิพลอดุลยเดช) devrait s’écrire Phumiphon Adunyadet.
² Source : Wikipédia

Source de l’image à la Une (© Facebook – NationPhoto). Mise à jour le 17.10.2018

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Festival Végétarien (sino-thaï) 2018

Cette année, du mardi 9 au dimanche 17 octobre, toute la Thaïlande voit se dérouler le Festival Végétarien 2018 (วันกินเจ). De nombreuses activités sont organisées autour du végétarisme à cette occasion. On vous résume ici l’origine de ces festivités et la pratique du végétarisme en Thaïlande avant de vous dévoiler quelques programmes, notamment à Phuket, Bangkok et Chiang Mai. En fin d’article, quelques conseils utiles sur le végétarisme prôné durant cette période de 9 jours.

Les Thaïlandais sont très majoritairement bouddhistes. On pourrait croire qu’ils sont donc végétariens. Il n’en est rien (et de loin). En fait, le festival végétarien, célébré annuellement, nous vient de Chine : le Festival Végétarien des Neuf Dieux-Empereurs est une célébration taoïste¹ de neuf jours fixée selon le calendrier lunaire (il en existe plusieurs).  Ce sont les membres influents de la communauté sino-thaïlandaise qui le fête, auxquels se joignent nombre de Thaïlandais. Le festival est populaire dans toute la Thaïlande et en particulier dans les régions à forte population d’immigrants chinois, comme Bangkok, Chiang Mai et Phuket.

VegetarianFestival2017

La pratique du végétarisme en Thaïlande

Pendant ce festival, le peuple thaïlandais pratique เจ (que les anglo-saxons écrivent jay et qui se prononce plus ou moins djè, raison pour laquelle vous verrez parfois le terme de « J Festival » utilisé pour cette fête). Ce mot provient du bouddhisme chinois mahayana qui préconise l’observance de huit préceptes. L’un des huit préceptes est d’éviter de manger de la viande animale pendant la fête végétarienne. Lorsqu’un Thaïlandais pratique le jay, il tâche d’appliquer un comportement vertueux à travers ses actions, ses paroles et ses pensées. Durant ces 9 jours, les personnes pratiquant le jay doivent avoir une hygiène corporelle rigoureuse, garder leurs ustensiles propres et s’assurer de ne pas les partagent avec des personnes qui n’observent pas ces préceptes. Elles doivent également porter des vêtements blancs aussi souvent que possible, éviter de tuer ou de blesser des animaux et être conscientes de leurs actions et de leurs pensées. Pendant la durée du festival, les fidèles s’abstiennent de toute relation sexuelle et évite de consommer de l’alcool. Tant les personnes en deuil que les femmes enceintes ou menstruées ne devrait pas assister aux cérémonies.

La nourriture jay va au-delà d’un régime végétarien occidental, excluant certains légumes et épices. Il s’agit notamment de légumes piquants comme l’ail ou les oignons, car on croit qu’ils enflamment les passions et conduisent les gens à la colère ou à la luxure. Ces légumes procurent trop d’énergie et augmente la transpiration. De plus, contrairement à la cuisine thaïlandaise qui utilise beaucoup de piments forts et d’épices, la cuisine végétarienne chinoise vise un meilleur équilibre entre les saveurs amères, salées, acides, sucrées et piquantes. Par ailleurs, la nourriture végétarienne jay évite le lait et les œufs.

L’abstinence de 9 jours ne se limite pas seulement à l’absence de viande mais aussi d’alcool et de relations sexuelles !

Le festival végétarien est célébré dans tout le royaume, en particulier dans les grandes villes où la population d’immigrants chinois est plus importante. Elle est célébrée dans le quartier chinois de Bangkok, connu sous le nom de Yaowarat, et de Chiang Mai, connu sous le nom de Warorot. Les Thaïlandais apportent des sanctuaires ou des divinités de leurs maisons aux temples chinois pour recevoir l’énergie spirituelle. Ils accrochent des lanternes aux temples chinois et allument des bougies à l’extérieur. Des tambours bruyants à l’intérieur et à l’extérieur des temples font fuir les mauvais esprits. Les opéras chinois se produisent et les vendeurs écoulent jouets, feux d’artifice et, bien sûr, de délicieux plats et collations végétariens. Il s’agit globalement d’un acte purificateur, spirituel et physique, afin d’accumuler des mérites et de générer un sentiment de paix intérieure.

En vous promenant dans les rues et centres commerciaux, vous verrez plus de panneaux du signe végétarien que d’habitude (il s’agit d’un symbole chinois rouge sur fond jaune). Bien que la viande soit présente dans beaucoup de plats thaïlandais, la plupart des restaurants peuvent préparer des plats végétariens sur demande en remplaçant la viande par des protéines de soja comme le tofu et en éliminant la sauce de poisson et celle aux huîtres. D’autres ingrédients savoureux que l’on trouve couramment dans la cuisine végétarienne thaïlandaise sont la sauce soja, la pâte de soja, le chili et la poudre de chili, la citronnelle, le lait de coco, la racine de galangal, le gingembre, la coriandre, les feuilles de kaffir et le basilic doux thaï. On vous indique plus bas où trouver facilement des restaurants végétariens.


Festival Végétarien 2018 - Phuket Vegetarian Festival

Le Festival végétarien de Phuket – Étrange et sanglant

C’est sur l’île de Phuket, au sud du royaume, que l’expression la plus extrême du festival est célébrée. Âmes sensibles s’abstenir ! Destination Siam – Le blog de Rainier vous dévoile les origines de ce spectaculaire festival. Comme chaque année, les médias du monde entier relaient les photos de ces mutilations expiatoires où végétarisme et pratiques extrêmes de piercing sont réunis (Vice, HuffPost). Pour un regard plus personnel, vous lirez avec intérêt le blog Phuket 101 et celui de Bidouze, tous deux animés par des photographes d’exception. Adoptant un angle culinaire, le site Le Manger apporte un éclairage anthropologique toujours éclairant sur ces festivités.

FESTIVAL VÉGÉTARIEN 2018 DE PHUKET
Programme complet en français et en anglais.
Page Facebook
Site web (en thaï)
Prospectus de la TAT (l’Office du tourisme)


Festival Végétarien 2018 à Chiang Mai…

Festival Végétarien 2018 - Cover Pung Tao Kong 1Ici au nord, pas de sang visible durant le festival végétarien ! La sympathique parade des écoliers au temple Upakut avec distribution gratuite de nourriture végétarienne n’est hélas plus organisée depuis trois ans maintenant. L’événement marquait l’ouverture du festival. A Chiang Mai, l’épicentre du festival se situe dans le quartier du marché Warorot, autour du temple chinois Pung Tao Kong (เชียงใหม่, 清邁老本頭古廟). Une distribution gratuite de nourriture végétarienne est ainsi organisée tous les jours de 11h à 13h et de 16h à 17h. En savoir plus (en langue thaï). On vous invite également à faire un tour du côté des autres lieux de culte chinois, plus animés qu’à l’accoutumée, où des stands de nourriture végétarienne vous attendent, notamment : la pagode chinoise presque en face du Hard Rock Cafe sur la route Loy Kroh (มูลนิธิเชียงใหม่สามัคคีการกุศล). C’est celle de la Fondation de charité Samakkee dans le quartier du Night Bazaar où là aussi est distribuée de la nourriture végétarienne gratuite de 11h à 13 puis de 16h à 17h. Ces deux événements sont une belle occasion de se fondre dans la population locale. Et encore ailleurs dans la ville : la pagode accolée au restaurant Krua Chanthabur (ครัวจันทบูร) ou encore le temple chinois de la fondation Ariyasathan Haeng Panya (reconnaissable à sa grande statue de Guan Yin, มูลนิธิอริยสถานธรรมแห่งปัญญา), à l’extérieur de la ville.

Festival Végétarien 2018 - Cover FB Central Plaza

Le groupe Central qui gère d’immenses centres commerciaux ne manque jamais l’occasion de marquer l’événement. Ainsi cette année le Central Festival, navire amiral du groupe ici à Chiang Mai, organise sa Foire Végétarienne 2018. La collaboration de l’année dernière avec la Fondation du Projet Royal n’a pas été reconduite mais vous pourrez y acheter et y manger de délicieux mets végétariens concoctés par les meilleurs restaurants de la ville (de 8h30 à 20h30 au rez-de-chaussée, G floor). Et du 12 au 15 octobre y officiera un chef renommé d’un fameux restaurant thaïlandais. En savoir plus (toujours en thaï, obvie; quelques photos d’ambiance). Festival végétarien également dans les deux autres centres commerciaux gérés par le groupe. Le Central Plaza Chiangmai Airport (du 9 au 18 octobre au rez-de-chaussée, G floor) avec des menus spéciaux provenant de 24 restaurants différents (en savoir plus; photos d’ambiance). Et la Fête Végétarienne au Central Kad Suan Kaew, premier grand centre commercial moderne de la ville (du 8 au 18 octobre dans la zone « Tasty Factory » (étage B1). En savoir plus.

Festival Végétarien 2018 - Cover Montage

Autre centre commercial qu’on apprécie pour son architecture originale, le One Nimman organise son marché One Street Food Market avec des menus spéciaux végétariens. Une cuisine que l’on nous promet saine, fraîche, élégante et propre. Au sud de la ville, en allant vers Hang Dong (et le village de Ban Tawai où œuvrent des artisans), le nouveau centre commercial Kad Farang Village n’oublie pas de fêter l’événement du 9 au 17 octobre, de 8h30 à 20h30. Les photos nous montrent un sympathique marché. In fine, à notre connaissance, rien de particulier n’est organisé dans les deux autres centres commerciaux d’importance, le Maya du côté de Nimman et le Promenada (quoique dans ce dernier centre, quelques restaurants proposent des menus spéciaux, à l’image du Fuji, du Black Canyon ou encore de l’Amazon Coffee).

VegetarianFestival2017TVALogoToutes ces manifestations ne sont pas pour déplaire à l’Association végétarienne de Chiang Mai (TVA – Thai Vegetarian Association, สมาคมมังสวิรัติไทย สาขาเชียงใหม่).

On termine en vous incitant à vous rendre auprès des très nombreux restaurants végétariens de la Rose du Nord. Le site Luxurious Chiang Mai nous dévoile bien à propos quelques adresses où vous pourrez manger végétarien (bien que les restaurants cités ne soient bien souvent pas exclusivement végétariens). La liste date de l’année dernière mais les adresses restent d’actualité. Happy Cow répertorie quant à lui plus de 100 adresses. Même travail de bénédictin pour Chiang Mai Vegetarian et sa carte interactive Google. Ajoutons à cela le guide ô combien complet d’une blogueuse nommée Dee et habitant Chiang Mai, Vegan and Vegetarian in Chiang Mai. Les mordus pourront s’abonner au groupe Facebook Vegetarian & Vegan Chiang Mai.

Laissez-nous mettre en avant quatre adresses ici à Chiang Mai. La première Fuang Vegetarian, est un coup de cœur que nous avons eu il y a déjà 5 ans. Il s’agit d’un restaurant végétarien fort apprécié et aux prix modérés (transféré maintenant dans le centre historique), géré par un couple charmant. Ouvert de 10h30 à 19h, il ferme le dimanche. Le Moreganic évolue, lui, dans un autre registre, celui de la gastronomie, ici végétarienne et végétalienne. C’est donc le restaurant gastronomique d’un nouveau complexe au centre-ville qui se définit comme une « retraite végétarienne », l’Away Thapae. Away est une petite chaîne d’hôtels de qualité (site web et page Facebook); vous pouvez le réserver sans autres directement sur Booking.com. Et une mention particulière pour les restaurants Oh Ka Jhu (สวนผัก โอ้กะจู๋ en thaï), eux qui affirment ne servir que de la nourriture biologique (bio se dit organic en anglais) : des menus spéciaux sont proposés du 4 au 31 octobre. Et ils sont appétissants (comme leurs plats sont consistants). De quoi garder le plus beau des souvenirs de votre séjour dans la Rose du Nord.

Shojin Cuisine Four Seasons CoverLe Four Seasons Chiang Mai est une des perles hôtelières de la région; il faut cependant y mettre le prix ! Il organise régulièrement des événements de qualité. Et ce sera le cas cette année durant la période du festival végétarien : rejoignez Maître Toshio Tanahashi, l’un des plus grands experts japonais du shôjin ryôri – la « cuisine de la dévotion » – l’art végétarien de la cuisine des temples bouddhistes. Cours de cuisine avec le maître les 10 et 11 octobre, repas de 5 plats les 12 et 13 octobre, cuisine shôjin durant le brunch dominical du 14 octobre. Empruntez le chemin du bien-être à travers cette cuisine japonaise méditative. En savoir plus.

Et enfin si vous recherchez des produits végétariens et vegan, la nouvelle boutique Vego, sise à Chang Phuak, au nord du « carré », saura vous satisfaire.

… et en Thaïlande

L’agence de voyage The Expique nous livre le programme des festivités à Bangkok, en nous distillant ses conseils utiles (tout est en anglais).

Quant à la TAT – l’Office du tourisme thaïlandais, elle nous donne quelques intéressantes explications que nous reproduisons ci-dessous :

Tradition surtout suivie par les communautés sino-thaïes, le festival végétarien est destiné à purifier le corps et l’esprit. Il dure 9 jours, les premiers jours du neuvième mois lunaire, durant lesquels les pratiquants doivent s’habiller de blanc, méditer, ne manger aucune nourriture d’origine animale et s’astreindre à un comportement exemplaire (pas d’alcool, de sexe, de tabac et de mauvaises pensées). Les visiteurs sont les bienvenus et l’ambiance est généralement très chaleureuse dans les Saljao (temples chinois). Si les célébrations et festivités sont très marquées à Bangkok (Yaowarat Road), Samut Sakhon, Chon Buri (Sawang Boriboon Foundation, Na Klua district), Nakhon Ratchasima (Korat), Chumphon, Hat Yai (Tong Sia Siang Tueng Park), Krabi, Trang et Phang Nga, c’est à Phuket, où il est né, qu’elles sont les plus spectaculaires. Des rituels sacrés sont accomplis lors de défilés impressionnants : insertion d’objets tranchants et pointus sur différentes parties du corps et du visage, marches pieds nus sur des charbons ardents… Ames sensibles s’abstenir. Le premier festival s’est déroulé en 1825 lorsque, d’après la légende, les membres d’une troupe d’opéra originaire de Chine, alors en tournée sur l’île, tombèrent gravement malades et furent guéris après avoir suivi un régime spécial.

Si vous vous trouvez en Thaïlande durant le festival, profitez-en pour vous plonger dans l’ambiance unique qu’offrent les quartiers chinois. Les guides Evaneos nous livre quelques conseils pour manger végétarien en Thaïlande. Et pourquoi ne pas appliquer l’un des huit préceptes, au minimum de s’abstenir de consommer de la viande ? N’hésitez pas à accepter le repas végétarien qui vous sera offert par la communauté. Vous pouvez également profiter des joies de la cuisine thaïlandaise en suivant un cours de cuisine thaïe et optant pour des menus végétariens (il y a même un cours en français ici à Chiang Mai !) ou en apprenant à sculpter fruits et légumes !

Festival Végétarien 2018 - Livre 1On ne résiste pas à partager  10 recettes de plats végétariens que vous trouverez dans ces divers endroits (bien que le tout soit en langue thaïlandaise, merci Wongnai). Comprenant votre frustration à ne pas pouvoir réaliser ces recettes en version originale, on vous aide un brin car qui dit végétarien pense cuisine. Et qui pense cuisine tombe immanquablement sur la cuisine thaïlandaise !  Or, le plat emblématique de la Thaïlande – ou du moins ce que les touristes pensent être le plat emblématique de la Thaïlande – peut sans autres être apprêté à la sauce végétarienne. On parle bien entendu du fameux pad thaï. Du pad thaï végétarien ? Fanny nous le prouve en nous dévoilant la recette du pad thaï végétarien selon la chef thaïlandaise An.

Chef Simon qui milite pour une cuisine engagée, savoureuse et libre, a depuis longtemps décidé de quitter les chemins du formalisme culinaire. Découvrez ses originales recettes de cuisine thaï. Autres recettes végétariennes thaïlandaises proposées par Délices du Monde.

Festival Végétarien 2018 - Livre 2LIVRES. Il en va de la cuisine comme des religions : il y a plusieurs bibles ! Qui de l’Encyclopédie de la cuisine végétarienne ou du Petit Larousse Végétarien professe la parole de la divine cuisine végétarienne ? On vous laisse juger ! Les Nuls, quant à eux, choisiront l’ouvrage Être végétarien. Notez que nous n’avons pas trouvé de livre en français axé sur la cuisine thaïlandaise spécifiquement végétarienne. Qu’à cela ne tienne ! Vous aurez plaisir à cuisiner avec les 1001 recettes éditées par Solar. On vous rassure, la cuisine végétarienne, c’est Super facile, voire simplissime, même au quotidien. Et les recettes peuvent être gourmandes, la preuve avec Super Légumes. Et parce que les végétariens aussi ont le droit d’être gourmands, retrouvez la sélection des meilleurs recettes 100% veggie du 1er site de cuisine en France, Marmiton – Végétarien et gourmand ! À vos popotes 😄

N’oublions cependant pas que la reine des cuisines végétariennes est la Cuisine indienne, quoique celle du Moyen-Orient se défende ! Plus radicale que la cuisine végétarienne, il y a la Cuisine vegan super facile. Et si comme nous vous aspirez au végétarisme sans l’appliquer au quotidien, voilà un livre de recettes qui aborde le sujet avec pragmatisme : Presque végétarien: Moins de viande, plus de légumes. Un livre de cuisine familiale signé Marabout.


Végétarisme à la thaïlandaise

Grâce aux infographies du site Chiang Mai News (เชียงใหม่นิวส์ que nous remercions ici), apprenez-en plus sur le végétarisme appliqué durant les 9 jours du Festival Végétarien.

Festival Végétarien 2018 - Chiangmai News Line Montage 1

On vous souhaite de profiter d’un excellent Festival Végétarien qui aura lieu du 9 au 17 octobre 2018 cette année. Pourquoi donc manger végétarien ?

  1. C’est meilleur pour votre santé.
  2. Cela améliore votre tranquillité d’esprit, votre quiétude.
  3. Vos mérites n’en sont qu’augmentés.

Les interdits durant ces 9 jours : évitez la consommation de viande, de lait et de beurre (d’origine animale), de nourriture épicée, d’ail, d’oignon et d’épices, d’alcool.

Il est demandé de ne pas utiliser des ustensiles touchés par des personnes ne respectant pas les principes de cette fête, de faire des mérites (au temple), de s’habiller en blanc et de méditer. Ce n’est pas précisé ici mais l’abstinence en matière sexuelle est également prônée.

Festival Végétarien 2018 - Chiangmai News Line Montage 2

Le premier tableau récapitule 10 menus végétariens parmi les plus appréciés : 1. Lab Jay (un émincé de légume, avec du tofu), 2. Tue Ka Ko (des galettes de taro ou haricots noirs), 3. Tao Hu Thod (du tofu frit), 4. Pad Prik King Prothin Krob Jay  (des protéines végétales croustillantes trempées dans une sauce au gingembre), 5. Moo Sa Tay Jay (des brochettes végétarienne « de porc »), 6. Tom Jap Chai (soupe végétarienne chinoise), 7. Kra Prao Pla Jay (« poisson » végétarien braisé dans une soupe brune), 8. Pad Mee Jay (nouilles de riz chinoises sautées), 9. Pad Krapow Jay (du tofu sauté au basilic) et 10. Rad Na Jay (vermicelles de riz à la sauce épaisse).

Vous avez ensuite la liste de 9 produits contenant beaucoup de protéines : 1. Le soja et le tofu, 2. Le lait de soja, 3. Les protéines végétales texturées, 4. Les noix et autres fruits à coque, de même que le beurre qu’on en tire, 5. Le sésame, 6. Les pois et petits pois, 7. Les haricot, 8. Les edamames (qui sont une préparation de fèves immatures de soja) et enfin 9. Les légumes verts.

Et l’on termine par quelques conseils (qui sont de nature à maintenir votre ligne) :

  1. Privilégiez les légumes à feuilles vertes et bannissez les légumes-racines.
  2. Optez pour le riz brun.
  3. Diminuez votre consommation de sucre.
  4. Evitez la malbouffe après avoir consommé de la nourriture végétarienne !
  5. Préférez une cuisson à la vapeur, bouillie ou à l’étouffée.

Voilà, vous avez toutes les armes pour bien réussir votre période végétarienne, qu’elle dure 9 jours, 9 ans ou toute votre vie.


Et l’on se quitte avec la vidéo du journal thaïlandais Kapook en lien avec cet événement. Non sans vous rappeler que nous nous trouvons en ce moment-même dans le Khao Pansa (ou Phansa; en thaïlandais เข้าพรรษา), une période qu’on appellera, par facilité, le carême bouddhiste (mais qui n’en est pas un). Saison de retrait pour les moines, qui doivent rester aux abords de leur temple, se consacrant davantage à l’étude, la méditation et l’éducation des novices (cf. notre article sur Khao Pansa). On en sort bientôt et nous ne manquerons pas de vous parler des festivités qui y sont liées.

 Bon appétit à vous tous, sans viande évidemment, au moins jusqu’au 17 octobre !

#ChiangMai #VegetarianFestival #végétarien #veggie #Warorot #JFestival #JayFestival #Phuket #Bangkok #FestivalVégétarien


¹ Celles et ceux qui s’intéressent à la religion taoïste liront avec intérêt l’article de Vincent Goossaert et Fang Ling paru dans la revue Perspectives Chinoises, Temples et taoïstes en Chine urbaine depuis 1980. Un article qui explore les rapports complexes entre les divers types de temples, les groupes dévots qui les visitent et le clergé taoïste.

Source de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News. Source rédactionnelle : Chiang Mai Best (traduction libre). Mise à jour le 13.10.2018.

Loy Kratong 2018 à Chiang Mai – Le programme officiel tout frais tout chaud

Loy Kratong 2018. Nous avons toujours été réticents à divulguer rapidement le programme de la Fête des Lumières ici à Chiang Mai. Et ce, pour une excellente raison : ce programme officiel ne recouvre de loin pas toutes les activités organisées durant ce magnifique festival, le plus beau que donne à admirer la Rose du Nord. Mais vous êtes déjà plusieurs à nous avoir contactés afin de le connaître. Nous cédons donc à vos requêtes en vous divulguant ce jour le programme officiel de la Fête des Lumières 2018 à Chiang Mai (version pdf).

Programme provisoire !

Il s’agit du premier jet basé sur le programme officiel 2018 sujet à modification

Permettez cependant que l’on vous rende attentif à quelques points d’importance. Il s’agit du programme officiel et plusieurs des manifestations annexes ne sont pas mentionnées ! Au premier rang desquelles la très belle cérémonie du lâcher de lanternes par les moinillons du Wat Pan Tao. Autre lacune qui en décevra plus d’un : rien n’est dit des lâchers géants de lanternes. Nous ne promouvons en rien le grand lâcher payant organisé par le Dhammakaya du côté de Mae Joe – et vendu à  prix d’or; ce mouvement bouddhiste à tout d’une secte ! En revanche, nous savons déjà que d’autres lâchers géants seront organisés (il n’y en avait pas moins de huit l’année dernière à Chiang Mai et alentour).

MontagePhotos

© Facebook

Et bien d’autres endroits seront spécialement animés à l’occasion du Loy Kratong. On pense ici à l’Ancient House, par exemple, sise au bord de la rivière Ping; ce d’autant que cette ancienne maison Lanna vient d’être restaurée. Il y a également le River Market qui est pris d’assaut. Par ailleurs, le programme officiel ne dit rien des ateliers que vous pourrez suivre, comme par exemple celui qui avait fait grand succès l’année dernière à la Lanna Rice Barn où vous repartiez avec votre kratong fait de vos propres mains. Par ailleurs, les horaires où sont permis les lâchers de lanternes en ville ne nous sont pas encore connus. Et les restaurateurs peaufinent encore leur carte à cette occasion. In fine, comme la fête est répartie en moult endroits, une carte des diverses animations vous sera d’une grande utilité.

Mais pour réaliser tout cela, vous devez nous laisser plus de temps (car beaucoup de programmes n’ont point encore été divulgués). Notez que le présent programme officiel est susceptible de modifications de dernière minute. Nous en saurons plus après la conférence de presse officielle fixée au dimanche 4 novembre 2018, à 17h.

La féérie représentée ci-dessus en vidéo ne fait pas partie du programme officiel. Et pour cause, la fête se déroulera à Lamphun, au sud de Chiang Mai. D’autres villes proposeront une animation qui en tentera certains. Encore une raison pour patienter un brin avant d’établir votre programme définitif.

Bref, vous l’aurez compris : il vaut la peine d’attendre encore afin que vous disposiez des informations les plus complètes et les plus pertinentes. Merci de votre compréhension.

L’on vous tient bien entendu au courant, tant sur notre page Facebook que sur notre site web, quant aux activités qui seront mises sur pied à l’occasion de ce qui est sans nul doute la plus belle fête à vivre ici à Chiang Mai. Et nous devrions à nouveau, comme chaque année maintenant, vous résumer tout cela dans un article des plus complets (voilà ce que nous avions composé pour l’édition 2017, l’année dernière donc). A retenir cette année 2018 : soirée culturelle avec une superbe danse Lanna le mardi 20, la cérémonie officielle le lendemain, mercredi 21, et la grande parade dans la soirée du vendredi 23 novembre. Avec deux feux d’artifice ce même soir.

On vous souhaite bien sûr la plus belle des Fêtes des Lumières (Loy Kratong) et celles couplées des Lanternes (Yi Ping) cette année 2018 ! Et vous conseille vivement de réserver votre hôtel à l’avance si vous êtes exigeant(e) ou si votre intention est de dormir dans votre hébergement préféré. À titre d’exemple, notre partenaire, le très apprécié Swiss-Lanna Lodge (site web et page Facebook), est déjà plein le 22 novembre et les disponibilités durant cette période – s’agissant d’un pic touristique saisonnier – se réduisent comme peau de chagrin.

Booking.com - Chiang Mai

Lien du programme officiel reproduit, tant en langue thaï qu’en anglais.


Source photographique de l’image à la Une : © kkday – Shutterstock
Mise à jour le 14.10.2018

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Salak Yom, l’un des plus beaux festivals de Lamphun

Avec le Festival des Lumières (Loy Kratong, célébré simultanément avec le celui des Lanternes, Yi Peng), le Festival du Longane (Lam Yai) et le Festival du Bain Rituel au Wat Haripunchai, le Festival Salak Yom (ประเพณีสลากย้อม) et sa cérémonie Salakapat (สลากภัต) est l’un des festivals immanquables¹ de Lamphun, chef-lieu de la province éponyme, à moins de trois quarts d’heure de route au sud de Chiang Mai. Il se déroule à l’intérieur et autour du Wat Haripunchai. Le chedi de ce temple ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du fameux temple du Doi Suthep. Mais au contraire de ce dernier, perché au haut d’une montagne, le Wat Haripunchai est situé au cœur de la ville. Haripunchai était le nom de cette ville du temps du royaume môn; c’est la plus vieille cité du nord de la Thaïlande (une région qui jadis abritait le royaume du Lanna).

Le festival s’étend sur trois jours, généralement au mois de septembre. C’est un festival unique que nous vous conseillons fortement de mettre à votre agenda. Et nous vous disons pourquoi.

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Festival Salak Yom 2018

Le Wat Phra That Hariphunchai Woramahawihan (วัดพระธาตุหริภุญชัยวรมหาวิหาร), le temple au cœur de la cité de Lamphun, vaut à lui seul le déplacement. Mais à l’occasion du festival Salak Yom et de la cérémonie Salakapat, il s’anime alors de milles feux, tant en journée qu’en soirée. Vous ne serez que quelques touristes étrangers à participer à cette fête, entourés de centaines de locaux venus de toute la province et au-delà.

Cette année 2018, le festival Salak Yom et sa cérémonie Salakapat ont lieu du samedi 22 au lundi 24 septembre 2018. Une grande parade est organisée dimanche 23 septembre, à 17h30. Un événement immanquable pour qui s’intéresse à la culture du Lanna. Le temple où se déroule la fête a mis en ligne de courts documentaires où l’on voit les diverss protagonistes donner quelques intéressantes explications (mais hélas, tout est en langue thaï seulement). Cela vous permet tout de même de vous imprégner de l’ambiance. Voici les liens : vidéos 02, 03, 04 et 05.

« Salak Yom » correspond à une ancienne cérémonie d’acquisition de mérites effectuée par les femmes de la minorité ethnique des Thai Yong. Ce festival, unique et haut en couleur, vous permettra d’admirer d’immenses « arbres Salakapat » (ou « arbres à cadeaux ») magnifiquement décorés. Mais aussi de participer à des cérémonie d’accumulation de mérites, notamment à travers des aumônes aux moines. Il y a là de nombreuses animations locales (danses folkloriques entre autres) où vous verrez hommes et femmes habillés traditionnellement. Sans oublier, obvie, des stands de délicieuse nourriture du Nord.

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Programme du festival 2018

Le festival se déroule donc sur trois jours. En voici le programme détaillé :

1er jour – Samedi 22.09.2018

  • 9h : décoration des ‘arbres salakapat’ durant la journée.
  • 16h : ouverture du marché (nourriture typique du Lanna et d’autres produits de la région) en face du Wat Hariphunchai, le long du canal. Ne manquez pas de vous rendre au pont en bois Tha Singh, avec ses échoppes vendant de nombreux produits OTOP.
  • 17h : spectacles par les diverses minorités ethniques de la province de Lamphun (au même endroit, appelé « Culture road »).
  • 18h30 : divers spectacles folkloriques.
  • 20h : show « Kha jae ja tan Salak Yom » (une fusion de danses thaïlandaises moderne et traditionnelle). Fin vers 21h.
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2e jour – Dimanche 23.09.2018 (NE MANQUEZ PAS LA PARADE à 17h30)

  • 9h : animations culturelles typiques du Lanna avec spectacle folklorique et marché.
  • 13h : concours des plus beaux ‘arbres salakapat’ (sur la place du temple).
  • 16h : ouverture du marché traditionnel de la minorité « Thai Yong » en plein air devant le Wat Haripunchai, avec animations culturelles.
  • 17h30 – A NE PAS MANQUER ! Grand cortège Salak Yom (tous les participants arrivent au temple par l’entrée principale, du côté du canal, soit la route (thanom) Roi Mueang Nai.
  • 18h : spectacle des minorités ethniques de la province de Lamphun.
  • 18h30 : cérémonie d’ouverture « Salak Yom de Lamphun – Un festival unique au monde » avec les résultats du concours du plus bel arbre Salak Yom.
  • 20h30 : show « Kha jae ja tan Salak Yom » (une fusion de danses thaïlandaises moderne et traditionnelle). Fin vers 21h30.

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3e jour – Lundi 24.09.2018 (attention, ça commence tôt !)

  • 7h : dépôt des petits et grands Salakapat dans une zone réservée près du temple (dons afin d’accumuler des mérites).
  • 10h : ouverture du marché traditionnel.
  • 10h : concours de poésie « Ham Ga Long » dans le bâtiment « Gang Sa Dan » et performance musicale (violon local).
  • 11h : cérémonie d’aumônes aux moines et aux novices (nourriture et dons).
  • 13h : les salaks sont offerts aux moines. Des donations sont effectuées dans l’espoir qu’elles retrouvent leur propriétaires (des esprits représentant les ancêtres décédés).

Ce festival, unique en son genre, se termine ainsi vers 15h. Comme nous l’avons fait, on vous conseille vivement de passer la nuit sur place, idéalement le deuxième jour – cette année dimanche soir, afin de profiter de la fête, tant en journée qu’en soirée. Ceci vous permettra, entre autres, de visiter les autres sites durant les temps morts du festival.


Y aller

De Chiang Mai on peut rejoindre Lamphun, à 35 kilomètres au sud, par le train. Cependant, une fois en gare de Lamphun, il vous faudra encore parcourir 3 km pour rejoindre la ville. Et les horaires de retour ne vous permettront guère d’assister aux festivités nocturnes, hélas, trois fois hélas. Le problème est plus ou moins identique en empruntant les minivan ou les song thaew bleus au départ du marché Warorot, au bord de la rivière Ping (bien que ces derniers soient bien plus nombreux et assurent une liaison aussi le soir).

SRT - Chiang Mai-Lamphun Montage

© SRT Thailand + Facebook (NoVemBer)

Ainsi, le mieux est d’y aller avec votre propre véhicule (voiture, motocycle ou scooter). Vous privilégierez la très belle route Chiang Mai-Lamphun Rd (route 106) et ses monumentaux arbres (des Dipterocarpus alatus appelés ยางนา en thaï, yang na, protégés par du tissu monastique orange), au détriment de l’autoroute 11 plus rapide.

Sur le web
Page Facebook du temple Hariphunchai
❂ Emplacement : Google Maps.

Un rituel bouddhiste ancestral²

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© Facebook – @SalakYom

Traditionnellement pratiquée au sein de l’ethnie Thai Yong de la province de Lamphun, ici en Thaïlande du nord³, la cérémonie Salak Yom consiste en la présentation aux moines bouddhistes et aux novices des monastères locaux d’un « arbre à cadeaux », richement décoré, afin de gagner du mérite et de le transmettre à leurs proches décédés ou à d’autres êtres impliqués dans leur propre vie et renaissance.

Les cadeaux – y compris de la nourriture, des vêtements, des objets religieux, des objets d’usage courant, de l’argent et des objets de valeur – sont accrochés à une très haute structure en bambou, décorée d’objets artisanaux colorés, en bambou eux aussi, papier, feuille de banane et autres matériaux locaux. C’est le calendrier lunaire qui fixe la date des festivités, généralement au mois de septembre.

Autrefois, les jeunes femmes d’une vingtaine d’années offraient un arbre Salak à leur monastère local. Pour ces jeunes demoiselles, la cérémonie de Salak Yom n’était pas seulement l’occasion d’accumuler des mérites mais représentait également un rite de passage vers l’âge adulte, exprimant le statut social et l’aptitude au mariage de la femme.

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© Facebook

Ce rituel a commencé à s’estomper il y a une cinquantaine d’années, car les coûts associés à l’offre du Salak Yom sont devenus trop élevés pour la plupart des familles. En 2003, un groupe de moines bouddhistes de Lamphun, en collaboration avec l’administration provinciale, a décidé de relancer le Salak Yom. Cependant, au lieu de le faire revivre au niveau individuel, le comité organisateur a apporté son soutien aux monastères pour qu’ils se rassemblent et offrent collectivement les arbres Salak.

Un documentaire du SAC, qui montre les préparatifs de la fête, se veut refléter le sens de ce rituel pour les diverses générations de l’ethnie Thai Yong et explorer comment son renouveau a transformé cette tradition séculaire. Étant donné qu’une grande partie du festival Salak Yom est intangible et éphémère, cette documentation visuelle pourra servir à la promotion du festival et à l’éducation des jeunes générations thaïlandaises sur leur patrimoine. L’Université de Chiang Mai a d’ailleurs déjà organisé une conférence avec atelier pratique sur cette cérémonie.

Celle et ceux qui désirent en savoir plus sur le sens de ce festival se délecteront du travail (en anglais) de l’anthropologue Alexandra Denes : Trees of Offering: The Salak Yom Festival in Lamphun Province, Thailand.

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© Chiang Mai Deci-Delà

On vous promet de consacrer un jour un article plus fouillé à Lamphun, tant la ville que la province, afin que vous puissiez vous aussi découvrir les intéressantes attractions de cette région que nous apprécions particulièrement. Une province qui vous réserve un accueil des plus authentiques, loin du tourisme de masse de sa grande sœur, Chiang Mai.

Et l’on termine en vous dévoilant en vidéo une ancienne édition, celle de 2015, non sans vous enjoindre fortement de vous déplacer à Lamphun. Un déplacement que vous ne saurez regretter, croyez-nous :

#SalakYom #Lamphun #ThaiYong


MISE A JOUR DU 23.09.2018

La parade du dimanche est diffusée en direct sur Facebook !


¹ Nous pourrions encore ajouter à cette liste de festivals immanquables de Lamphun le Festival du changement de robe monastique de feu Khru Bawong, les festivités liées à l’anniversaire de Kruba Srivichai, la Fête de « l’Hiver » (Winter Fair) couplée au Festival de la Reine Chamadevi, le Festival du Coton à Mae Raeng ou encore le Festival de la Saucisse (Sai Oua). Comme quoi cette province méconnue se doit d’être encore plus visitée.
² Source rédactionnelle : ICH – Intangible Cultural Heritage and Museums Learning Resources, un site du SAC – Banque de données anthropologique (traduction libre)
³ Une Thaïlande du nord qui est une véritable mosaïque ethnique.

Sauf mention contraire, la source photographique est © Facebook (notamment NoVemBer/MG), y compris celle de de l’image à la Une. Mise à jour le 23.09.2018.

Pikanet, le culte du dieu-éléphant à la sauce siamoise

Ganesh¹ est à la fête cette semaine ! La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthiest une célébration indienne au cours de laquelle le Seigneur Ganesh, fils de Shiva et de Pârvatî, est vénéré. Mais que vient faire un dieu hindou en pays bouddhiste ? Il se trouve que la Thaïlande – de même Chiang Mai – abrite plusieurs sanctuaires dédiés au dieu-éléphant et les statues de Ganesh sont présentes dans bien des temples. C’est donc tout naturellement que ces adresses organisent des cérémonies lors de cette fête annuelle. Et l’on ne peut que vous inviter à y participer car dites cérémonies, mélangeant allègrement les figures religieuses, sont hautes en couleur. C’est bien simple, la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal – le samedi 15 septembre cette année 2018 – est l’une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai ! À ne pas rater donc.

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© Chiang Mai Deci-Delà

Ce ne sont pas moins de six sanctuaires où fête il y aura ici dans la Rose du Nord durant cette seconde semaine du mois de septembre 2018 ! Précisons encore que les lieux indiqués peuvent se visiter à l’année ! Mais comme ils prennent une couleur festive lors de ces diverses célébrations, le plaisir de la visite n’en sera que démultiplié.

On vous livre ci-dessous le programme des festivités à Chiang Mai en vous donnant au préalable quelques éléments de compréhension. Et l’on termine avec les autres endroits en Thaïlande où Ganesh sera roi.


Qui est donc Pikanet³ ?

L’Asie du Sud-Est est un carrefour fascinant du bouddhisme et de l’hindouisme qui révèle  des perspectives intéressantes sur la façon dont les cultures migrent et évoluent². Ainsi, l’hindouisme (ou plus précisément le védisme) est arrivé avant le bouddhisme en Thaïlande où Ganesh, le dieu hindou à tête d’éléphant, est appelé Phra Pikanet³ (พระพิฆเนศ, ou Phra Pikanesuan³, พระพิฆเนศวร). Il ne doit pas être confondu avec Erawan, l’éléphant à trois têtes ! Phra Pikanet jouit d’un véritable culte. Vous le retrouverez souvent dans des centres commerciaux ou encore dans de nombreux temples bouddhistes – que ce soit sous la forme de statues ou de peintures murales; beaucoup de Thaïlandais le portent en pendentif.

La popularité de Ganesh en Thaïlande se déploie également sur le web ! Ainsi du site Siam Ganesh et de la page Facebook du même nom (évidemment, tout est en langue thaï).

Ganesh apparaît également dans le bouddhisme, non seulement sous la forme du dieu bouddhiste Vināyaka – souvent montré dansant – mais aussi sous celle d’une divinité hindoue éponyme. Symbole de la puissance mentale, on le retrouve à travers des sculptures bouddhistes. Faites donc plus connaissance avec les divinités du riche panthéon hindou en lisant l’ouvrage Dieux et déesses de l’Inde écrit par Stéphane Guillerme.

GaneshaFestival2018PikanetCNXCover0aAu royaume de Thaïlande, Ganesh est vénéré principalement par les milieux artistiques et les commerçants. Il est donc associé aux arts, à l’éducation et au commerce. Divinité connue comme éliminatrice d’obstacles, il est courant pour les bouddhistes thaïlandais de faire une offrande à un sanctuaire de Ganesh lorsque quelque chose de nouveau est entrepris comme lancer une affaire, effectuer un voyage à l’étranger, construire une nouvelle maison ou se marier. La dévotion à Ganesh est également populaire auprès des étudiants universitaires avant les examens. Connu pour son amour des beaux-arts, il encourage la créativité, d’où sa popularité auprès des artistes qui le nomment Por Kru (Père Guru). Pour la même raison, une image du dieu à tête d’éléphant est incorporée dans le logo du Département des Beaux-Arts de Thaïlande. Les grandes chaînes de télévision et les maisons de production ont des sanctuaires en son honneur devant leurs locaux. D’autres attributs associés à Ganesh en Thaïlande sont le succès, l’accomplissement, la sagesse et la richesse; il n’est donc pas surprenant que cette divinité hindoue soit si populaire auprès des Siamois. Ce culte est cependant un phénomène récent.

Autrefois, les Thaïlandais ordinaires n’étaient confrontés aux dieux hindous que dans l’étude de la littérature classique. Mais à mesure que le pays s’enrichissait, les nouvelles classes moyennes recherchaient un dieu qu’elles pouvaient vénérer pour attirer fortune et succès. C’est alors que Ganesh est devenu populaire. L’influence de la religion hindoue est encore plus forte à la Cour royale de Thaïlande (ainsi de la cérémonie annuelle du Labour Royal sur la place Sanam Luang, à Bangkok). La royauté thaïlandaise est basée sur l’idéal hindou du roi Rama, l’avatar de Vishnu, le souverain d’Ayodhaya. En fait, les rois thaïlandais ont toujours été appelés « Rama » et l’ancienne capitale de la Thaïlande (le Siam) était Ayutthaya. La capitale actuelle, Bangkok (Krungthep) n’est qu’une reconstruction d’Ayutthaya. Le vrai nom de Bangkok est « Krung Thep Thawarawadi Si Ayutthaya ». Beaucoup de Thaïlandais considèrent encore leur roi comme l’avatar d’un dieu. Parce que la royauté thaïlandaise est basée étroitement sur la mythologie hindoue, le culte des divinités païennes hindoues survit ainsi à des fins cérémonielles. Ne vous étonnez donc point du syncrétisme de bon aloi que représente l’adoration de Ganesh dans les temples bouddhistes. Une adoration que jamais le Bouddha historique n’a préconisée…


Festivités à Chiang Mai

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© Chiang Mai Deci-Delà

À Chiang Mai, l’éléphant n’est pas qu’une figure mythologique puisque l’on peut facilement rencontrer de vrais pachydermes dans la jungle environnante (les anciens se souviennent qu’en s’installant dans la région, les éléphants étaient nombreux). Pléthore sont les temples abritant les effigies de Ganesh. Qui sait si vous arriverez à trouver la petite statue de couleur turquoise représentant Ganesh en roi nichée au Wat Phra That Doi Suthep, temple le plus vénéré de la Rose du Nord… Autre sanctuaire, plus récent, celui sur la place du centre commercial MAYA, non loin de la fontaine. L’Université de Chiang Mai (CMU) en abrite elle aussi un.

C’est cependant ailleurs que la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est célébrée ici à Chiang Mai. Elle est souvent appelée Ganpati Festival, un des divers noms du dieu Ganesh¹. On vous dévoile pas moins de six adresses, à commencer par celle qu’il faut absolument visiter le samedi 15 septembre  : le musée Ganesh Himal, qui sera donc en fête ce jour-là. Rappellons – si besoin est – que la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal est une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai. À ne pas rater donc !

Ganesha Himal Museum le samedi 15 septembre 2018

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le site vaut à lui seul le détour, fête ou pas fête ! Il se trouve dans le district de Doi Lo, après la ville de Hang Dong, au sud-ouest de Chiang Mai. Pour y arriver, la petite route campagnarde no 3018 traverse de splendides rizières (ça tombe bien puisque nous sommes en saison verte). Depuis Chiang Mai, on vous conseille d’ailleurs d’emprunter au préalable la route du canal (route no 3035 et non la 108, plus directe); comptez une heure de route depuis Chiang Mai (un peu plus de 40 km). Revenez en rejoignant la rivière Ping à l’est, puis « remontant » par la très jolie route 4032 longeant la rive est. Une balade agreste que vous saurez apprécier si vous êtes en scooter. Bien qu’il soit dénommé musée, c’est bien plus un lieu de dévotion au dieu-éléphant qu’un seul site muséal. Mais il est vrai que quelques belles pièces y sont exposées. L’endroit, des plus paisibles, ravit la majorité des visiteurs qui font l’effort du déplacement. Évidemment, le jour de la fête, l’affluence est grande et ne correspond en rien au calme habituel des lieux. Un banquet gratuit est organisé; c’est dire que les dons sont les bienvenus.

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Le programme est divisé en deux jours. Le premier jour, jeudi 13 septembre 2018, de 9h à midi, une cérémonie du wai kru est organisée; c’est un rituel où les dévots rendent hommage à leur maître. Il est demandé de s’habiller en blanc. De notre point de vue, en tant que touriste, ce n’est pas ce jour-là qu’il faut y venir !

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le second jour, soit samedi 15 septembre 2018, de 9h à 16h, correspond à la Fête de Ganesh à proprement parler (Ganesh Chaturthi ou Ganpati Festival). C’est ce jour-là qu’il vous faut venir au musée Ganesha Himal ! Vous ne regretterez en rien le déplacement, croyez-nous. Riche est le programme, avec un défilé, des danses, de la musique rituelle, de nombreux adeptes rendant hommage au dieu Ganesh (sur la grande place, à l’arrière). Suivez la foule et noyez-vous dans cette ambiance religieuse unique. Entre les diverses cérémonies, vous aurez tout loisir de visiter les espaces du musée. Il est demandé de vous habiller de couleurs chatoyantes, à défaut d’un sari indien (on parle ici de la gent féminine).

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Programme du samedi 15.09.2018 :
• 9h : défilé
• 9h30 : danses et show « La légende de l’Éléphant Blanc »
• 11h : cérémonie religieuse
• 14h30 :  bénédiction du dieu Ganesh exposé sur la place
• 15h : parade (soit le retour de la statue de Ganesh dans son écrin protecteur)
• 15h30 : cérémonie Ganga Aarti

Ganesha Himal Museum (พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ)
Date : jeudi 13, de 9h à midi, mais surtout samedi 15.09.2018, de 9h à 16h (ou 17h)
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 17h)
Adresse : 277 กิ่ง,  Moo 10, borne des 35km de la route Chiang Mai-Hod, sous-district (tambon) de Yang Kram, district (amphoe) de Doi Lo, Chiang Mai 50160. En thaï : 277 กิ่ง ตำบล ยางคราม อำเภอ ดอยหล่อ เชียงใหม่ 50160
✆ +66 53 269 011 (ou +66 53 269 101), +66 53 024 287, +66 89 430 4050
Site web (qui n’est qu’en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB

Roitawarabarn Baandhewalai le dimanche 9 septembre 2018

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© Facebook – Michel Bochet

C’est là l’un des joyaux cachés de Chiang Mai; peu de touristes s’y aventurent. Et pourtant, l’endroit est situé aux pieds du Doi Suthep, au bout de la route éponyme (qui ne conduit plus à la montagne depuis la construction de la nouvelle route plus au nord). Un professeur en économie de l’université dédie sa fortune à la création d’un musée qui contient de très belles œuvres classiques (ce sont là des copies dont il demande la création à des artistes). Et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt du lieu : en y venant (et revenant), vous pouvez voir évoluer une œuvre (et surtout vous rendre compte du temps nécessaire aux artistes pour terminer leur chef-d’œuvre in vivo). Vous verrez ici non seulement de très belles peintures classiques (des reproductions du Palais Royal de Bangkok) mais également d’imposantes sculptures sur bois (un grand Ganesh noir y trône) et également des motifs sculptés dans du verre. L’entrée est libre mais rien ne vous empêche d’acheter une offrande que vous pourrez déposer aux pieds de Ganesh. Durant la fête de Ganesh du dimanche 9 septembre, qui est la première des 5 fêtes programmées à Chiang Mai, il est demandé de s’habiller de blanc.

Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Maï, un monument d’érudition, vous parle mieux que nous de ce lieu qu’il vous faut impérativement visiter. Il l’a joliment surnommé : la propriété des dieux et des déesses.

GaneshaFestival2018RoitawarabarnBaandhewalaiCoverProgramme du dimanche 09.09.2018 :
• 9h : prière au dieu Ganesh
• 10h45 : bénédiction du dieu Ganesh
• 11h : danses indiennes (vidéo)
• 12h : buffet végétarien
• 13h : visite de l’exposition permanente

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© Facebook – Michel Bochet

Roitawarabarn Baandhewalai (ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย)
Date : dimanche 09.09.2018, de 8h à 13h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 19h)
Adresse en thaï : 79/7 ม .1 ซ .2 ถ สุ เทพ สุเทพ เมือง Chiang Mai 50200
✆ +66 86 192 9699
Site web (qui n’est plus fonctionnel) / Page Facebook / Pas d’événement FB

Pikane(t) Suan Devalai le jeudi 13 septembre 2018

GaneshaFestival2018PikaneSuanDevaLogoFBC’est un nouveau lieu de culte dédié à Ganesh, celui qui nous est le moins familier. Et pourtant, il se trouve au centre-ville, à l’intérieur de la cité fortifiée, remparts sud, non loin de la porte Chiang Mai. L’étroit sanctuaire est coincé entre deux commerces (à gauche le représentant des appareils ménagers LG, à droite un point de vente d’objets bouddhistes destinés aux temples). L’entrée est surmontée d’un grand logo Ganesh doré.

Nous n’avons encore jamais assisté à aucune cérémonie en ce lieu « saint » et ce sera là sans doute une belle occasion de le faire.  La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est organisée le jeudi 13 septembre. Hors cérémonies spéciales, le personnel vous invitera à vous déchausser, vous offrira une bougie et de l’encens et vous demandera de faire sonner la cloche avant d’entrer. Vous pourrez ensuite vous adonner à des prières à l’intérieur. Et ne pas oublier de faire sonner une seconde fois la cloche avant de quitter les lieux.

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Programme du jeudi 13 septembre 2018 :
• 18h30 : début de la cérémonie avec la réception des hôtes
• 19h00 : sacrifice à Ganesh
• 20h30 : cérémonie religieuse
• 21h00 : cérémonie Ganga Aarti

Pikane(t) Suan Devalai (พิฆเนศวรเทวาลัย)
Date : jeudi 13.09.2018, de 18h30 à 21h30
Emplacement : Google Maps (ouvert de 8h à 21h)
Adresse en thaï: 39/1 ถนนบำรุงบุรี พระสิงห์ เมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50200
✆ +66 95 692 4262
Site web (en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB
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Pikanet Chiang Mai le vendredi 14 mars 2018

GaneshaFestival2018PikanetCNXCoverMontage

Vous êtes fort probablement passé à côté de ce lieu de culte aux statues spectaculaires sans même vous en rendre compte ! Il est en effet accolé au terminal 2 de la gare routière Arcade ! Maintenant que vous le savez, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas le visiter, à votre arrivée (ou à votre départ) de Chiang Mai en bus. Ganesh est au centre de ce sanctuaire qui lui est dédié – et dont il porte le nom thaïlandais – mais d’autres statues du panthéon hindou sont érigées là. Ici, pas de Bouddha !

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Le lieu est souvent animé et nous relatons régulièrement sur notre page Facebook les fêtes qui y sont organisées (et même bien organisées, fêtes qui donnent à voir de belles danses du Lanna). En l’occurrence, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi, คเณศจตุรถี) se déroulera vendredi 14 septembre, en soirée. Notez que le site est souvent en fête (l’on peut commander des cérémonies spécifiques contre monnaie sonnante et trébuchante; après tout, Ganesh est censé attirer la fortune 😏). Habituellement, les cérémonies au Pikanet voient affluer des dévots habillés de blanc. Mais ce jour-là, s’agissant de la Fête de Ganesh, le code vestimentaire demande aux invités de s’habiller de couleurs chatoyantes; les dames en profiteront pour se vêtir de leur plus beau sari de couleur.

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Programme du vendredi 14 septembre 2018 :
• 19h00 : danses cérémonielles
• 19h30 : enregistrement des invités
• 20h00 : cérémonie religieuse Ganesh Chaturthi
• 21h10 : cérémonie religieuse Aarti

Pikanet Chiang Mai (ศาลพระพิฆเนศ อาเขตเชียงใหม่)
Date : vendredi 14.09.2018, de 18h à 22h (en journée dès 9h)
Emplacement : Google Maps (ouvert 24 heures sur 24)
Adresse en thaï : 207 ซอย5 ถนน แก้วนวรัฐ ตำบลวัดเกต อำเภอเมือง เชียงใหม่ 50000
✆ +66 95 639 8881
Site web (version anglaise indigente) / Page FacebookÉvénement FB / Twitter


Ashram Guru Deva le dimanche 16 septembre 2018

La communauté de cet ashram discret situé entre Doi Saket et le lac Mae Kuang Dam, à l’est de Chiang Mai (précisément ici), organise elle aussi une fête à Ganesh. Elle n’a ni la magnificence de celle du musée Himal Ganesh ni la ferveur du Pikanet Chiang Mai . Néanmoins, cette cérémonie est originale puisqu’elle verra son guru mettre à l’eau une statue de Ganesh comme cela se fait en Inde. Ça se passe au bord de la rivière Ping dans le parc près du pont Nawarat. De quoi agrémenter joliment votre dimanche après-midi.

GaneshaFestival2018AshramGuruDevaCover

La cérémonie durera tout au plus deux heures. Elle débute le dimanche 16 septembre, à 14h, avec une procession qui démarre au marché Warorot pour rallier les bords de la rivière Ping, juste en face de la First Church (une grande église évangélique).

Ashram Guru Deva (กูรูเดวาอาชรัม(อีโคไลฟ์))
Date : dimanche 16.09.2018, de 14h à 16h
Emplacement de la cérémonie : Google Maps
Pas d’adresse précise s’agissant d’un parc au bord de la rivière Ping
À notre connaissance, aucun site web ni page Facebook n’est géré par cet ashram. Page Facebook du guru.


Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent) le mercredi 19 septembre 2018

On clot la liste des animations dédiées au dieu Ganesh par le dernier événement, en journée, organisé dans un endroit plutôt insolite puisqu’il s’agit d’un temple tout ce qu’il y a de plus bouddhiste, le Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (Silver Temple en anglais), sur Wualai Road, au cœur du fameux marché piétonnier du samedi soir. C’est un temple qui organise une cérémonie prisée des touristes, le samedi soir justement, avec une veillée aux chandelles autour du temple d’argent, illuminé à cette occasion des seules bougies des dévots. L’épicentre est interdit aux femmes… Mais la fête dont il est question ici, dédiée à Ganesh donc, aura lieu le mercredi 19 septembre 2018, dès 9h39. Ne manquez pas le défilé programmé à 15h39 (on sait être précis en Thaïlande, du moins dans les programmes 😏). Code vestimentaire : couleurs chatoyantes à défaut d’un sari indien.

Programme du mercredi 19.09.2018 :
• 9h39 : bain rituel de Ganesh
• midi : repas en commun
• 15h39 : défilé

Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent, วัดศรีสุพรรณ ในพระอุปถัมภ์ พระเจ้าหลานเธอพระองค์เจ้าทีปังกรรัศมีโชติ)
Date : mercredi 19.09.2018, de 9h39 à 16h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 5h39 à 21h30)
Adresse en thaï : 100 ถนนวัวลาย ตำบล หายยา อำเภอเมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50100
✆ +66 61 403 2581 et +66 97 215 5397
Site web, page Facebook (qui n’est pas la page officielle), pas d’événement FB à notre connaissance

Comme cela fait beaucoup de cérémonies en des lieux fort dispersés, on publie ci-dessous la carte des divers emplacements (ne nous remerciez pas, c’est tout naturel) :


Ailleurs en Thaïlande

Vous trouverez des sanctuaires et des statues de Ganesh – souvent immenses – dans toute la Thaïlande. L’un des plus célèbres est situé dans le quartier commerçant de Ratchaprasong à Bangkok, précisément au Central World, à l’extérieur, en face du magasin Isetan, sur Ratchadamri Road (ouvert 24 heures sur 24, arrêt BTS Chidlom). Les habitants y déposent des statuettes d’éléphants, des guirlandes de calendula frais, des bonbons, des bananes et de la canne à sucre.

Autre sanctuaire des plus vénérés, celui du temple royal des brahmanes au centre de Bangkok, près de la balançoire géante (Giant Swing). Le temple hindou Wat Phra Si Maha Utama Devi (วัดพระศรีมหาอุมาเทวี), à Silom, abrite lui aussi une statue de Ganesh qui a été transportée d’Inde à la fin du XIXe siècle. Une statue de bronze du Xe siècle a, elle, été retrouvée à Phang-Na avec des inscriptions tamoules. Enfin, la province Chachoengsao, à l’est de Bangkok, abrite pas moins de trois parcs exposant des statues géantes de Ganesh, dont celle qui est considérée comme la plus grande statue de Ganesh au monde (site web et page Facebook).

Dans tous ces lieux de culte, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) sera bien évidemment célébrée cette semaine (à des dates diverses). Deux des plus grands événements ont lieu au temple Shiva (ตำหนักพระแม่กวนอิมมหาโพธิ์สัตว์อวโลกิเตศวร โชคชัย 4 สาขารามอินทรา), à l’extérieur de Bangkok, et au temple Utthayan Ganesh à Nakhon Nayok, dans la province éponyme, à l’est de la capitale (Ganesha Park, อุทยานพระพิฆเนศ). Généralement, les bouddhistes thaïlandais participent également aux célébrations aux côtés des hindous.

Vous savez maintenant que Chiang Mai Deci-Delà vous invite à vivre pleinement toutes les fêtes et festivals au contact de la population locale. C’est sans nul doute là la plus belle des manière de se frotter à la culture siamoise. Et cette Fête de Ganesh, bien que venue d’ailleurs, en fait bien évidemment partie. Si vous faites l’acquisition d’une statuette de Ganesh afin de vous remémorer votre voyage en Thaïlande – et pourquoi pas attirer fortune et succès, tenez compte de ces 10 règles pour la placer correctement ! Joyeuse fête à tous et que la fortune et le succès vous accompagnent.


Mise à jour après l’édition 2018

Peu sont les touristes et expatriés ayant vécu l’événement en direct, sur place au musée Ganesha Himal. Il n’empêche, belle fut la fête !

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Édition 2018 – Crédit photo : Narin Srikhamlure – Source : พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ – © Facebook

Vidéos de l’édition 2018 : cortège initialcélébrationfin de la célébration et cortège final
Photos de l’édition 2018 : set 1set 2set 3set 4

Vous pouvez également voir ou revoir la cérémonie organisée au Pikanet Chiang Mai, le sanctuaire accolé à la gare routière Arcade : vidéo. Pour les danses, il nous faut nous contenter de photographies.

De même pour la cérémonie au Pikane(t) Suan Devalai : premier montage-photo suivi d’un second montage. Et là aussi, quelques photos.

Enfin, l’immersion du Ganesh dans la rivière Ping lors de la cérémonie de l’ashram Guru Deva avec également quelques photos.


¹ ou Ganesha, mot sanskrit. Ganesh porte un grand nombre d’autres noms (Autres noms de Ganesh, Wikipédia): Ganapati (le chef des Ganas), Vinâyaka (le meilleur des guides), Gajânana (face d’éléphant), Gajâdhipa (le roi des éléphants), Vighneshvara (le maître des obstacles), Vighnahartā (celui qui évite et écarte les obstacles). Les 12 noms en sanskrit les plus souvent utilisés pour les prières courtes sont : Sumukha (Celui qui a un beau visage), Ekadanta (Celui qui n’a qu’une seule défense), Kapila (Celui qui est rouge foncé), Gajakarnaka (Celui qui a des oreilles d’éléphant), Lambodara (Celui qui a un ventre proéminent), Vikata (Celui qui est imposant), Vighnanasha (le destructeur des obstacles), Ganadhipa (le maître des Ganas, serviteurs de Shiva), Dhumraketu (Celui dont la bannière est grise), Ganadhyaksha (le chef des Ganas), Bhalachandra (Celui qui porte la lune sur son front), Gajânana (Celui qui a une tête d’éléphant).
² Lire à cet effet l’ouvrage India-Thailand Cultural Interactions: Glimpses from the Past to Present, sous la direction de Lipi Ghosh.

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia (Ganesha in world religions).
Source de l’image à la Une. Mise à jour le 18.09.2018

Spectaculaire ascension du Doi Suthep par les nouveaux étudiants de la CMU

Les habitants de la Rose du Nord considère que « qui n’est pas venu au temple du Doi Suthep n’a pas visité Chiang Mai ! ». C’est dire le rôle primordial que joue ce temple bouddhiste ô combien vénéré – sans doute le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Et comme l’Université de Chiang Mai (dont l’acronyme est CMU mais que les habitants de Chiang Mai appellent affectueusement มช, se prononçant mor chor) se trouve à ses pieds, c’est tout naturellement qu’un rite de passage¹ impliquant les nouveaux étudiants est organisé annuellement. Il s’agit, en anglais, du CMU Trekking, à savoir l’ascension, à pied obvie, du mont Suthep. Ils sont plus de 8’000, c’est dire que l’ascension est spectaculaire, d’autant que les traditions du Lanna sont mise en avant en commençant par les habits traditionnels. Spectacle immanquable que nous ne saurions que trop vous conseiller.

Cette année 2018, l’événement se déroulera le samedi 8 septembre, aux aurores

En tant que touriste, la visite du temple perché au sommet du Doi Suthep se doit d’être impérativement au programme. C’est la montagne tutélaire de la ville de Chiang Mai. De là-haut, la vue sur toute la vallée est splendide (encore plus si vous effectuez la visite aux aurores, seul ou presque, en participant aux aumônes matutinales, ou alors en soirée, assistant aux prières des moines bouddhistes). Mais la visite du temple du Doi Suthep prendra une tournure tout autre à deux occasions précises :

  • lors du pèlerinage annuel nocturne du Doi Suthep précédant Visakha Puja, la plus importante fête bouddhiste (elle a lieu généralement au mois de mai),  et
  • lors de cet événement académique qui réunit plus de 10’000 participants et qui fait l’objet du présent article (il se déroule généralement le second samedi du mois de septembre). Ci-dessous, la splendide vidéo officielle de l’édition 2016.

Organisation de la cérémonie

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© Chiang Mai Deci-Delà

C’est l’Union des Étudiants de l’Université de Chiang Mai (CMU) qui organise la manifestation. Il s’agit donc d’une célébration d’accueil des étudiants de première année de la CMU, soutenus par leurs coreligionnaires plus âgés (l’Université de Chiang Mai compte plus de 36’000 étudiants venus de toutes les provinces de la Thaïlande). Un événement qui se rapproche des baptêmes d’étudiants occidentaux en tant que rites de passage¹ marquant le début de la nouvelle session académique. Tous les élèves universitaires de 1ère année se soutiennent afin de réaliser cette difficile ascension, à pied, ce qui leur permet de nouer de solides amitiés. Vous y verrez des scènes émouvantes, notamment celles où les étudiants handicapés (en chaise roulante par exemple), sont soutenus par leurs camarades afin que tous arrivent au sommet. Formidable cortège, avec chants et bavardages, qui ne manquera pas de vous impressionner.

Programme et horaire

CMUTrekkingWalkUpDoiSuthep2018CheckPointsCe samedi 8 septembre 2018, l’événement débute officiellement à 5h du matin, à l’aube. Les premiers étudiants s’élancent donc aux aurores ! La place d’où part la marche reste animée jusque vers 10h; vous pourrez ainsi profiter des animations culturelles. Et comme les premiers étudiants arriveront au temple – au sommet de la montagne donc – vers 8h, un choix cornélien s’imposera à celui qui voudra vivre l’événement : soit participer au point de départ de tous les participants au bas du Doi Suthep, soit alors les attendre à leur arrivée au temple éponyme, sur les hauteurs. Vous pouvez également les encourager le long du parcours, notamment dans l’avant-dernier virage, celui en épingle à cheveux.

A noter que la circulation est difficile ce jour-là dans tout le quartier de l’université, des tronçons de la route étant fermés tôt le matin. Perturbation à prévoir jusqu’à 18h. La pluie peut par ailleurs s’inviter car c’est saison verte en ce moment.

CMUTrekkingWalkUpDoiSuthep2018PrideCMUMontage

Signalons encore la présence du groupement Pride CMU qui regroupe la communauté LGBT. Ils  seront également de la partie afin de sensibiliser leurs collègues et amis étudiants à leur cause. Inoubliable, la journée l’est forcément pour ces jeunes étudiants qui rejoignent le sommet à pied. Une cohorte de marcheurs qui pourra se sustenter sur le parcours jonché de nombreux stands (beaucoup d’entreprises sponsorisent l’événement). Mais la journée sera aussi inoubliable pour vous car c’est là un événement des plus authentiques, pratiquement inconnu des touristes. C’est pourquoi, nous vous conseillons grandement d’y participer.

Le CMU Trekking 2018 sur le net
Page Facebook de l’Union des Étudiants de l’Université de Chiang Mai (@SMOCMU, สโมสรนักศึกษามหาวิทยาลัยเชียงใหม่)
Événement Facebook (ประเพณีรับน้องขึ้นดอย มหาวิทยาลัยเชียงใหม่ 2561 (Official))
‣ Hashtags de l’événement : #CMUtrekking2018 & #รับน้องขึ้นดอย61
FB Live (l’événement en direct) : premier direct officiel, second, troisièmequatrième et cinquième !
‣ Emplacement du départ de la marche sur Google Maps


Naissance d’un rite de passage¹

La tradition remonte à 1964 (soit 2507 selon le calendrier bouddhiste thaïlandais), année où 291 étudiants ont pris part à l’événement (vidéo historique). Il n’y a pas moins de 11 km pour arriver au sommet du Doi Suthep, escalade qui se fait en 3 à 4 heures de marche. Comme c’est la saison des pluies, l’air est humide est la chaleur présente. Qui plus est, tous les étudiants redoutent la déclivité du dernier virage, juste avant d’arrivée au temple, le Wat Phrathat Doi Suthep Rat Wora Wihan, de son nom complet. C’est notamment dans ce virage en épingle à cheveux qu’on peut voir les étudiants effectuer une chorégraphie bras dessus bras dessous (ici et ), s’élançant et en émettant des cris de guerre.

Accompagnés de leurs professeurs, les élèves se regroupent par faculté. Belle occasion pour eux de se faire de nouveaux amis, en formant de nouveaux liens. L’objectif de cette journée n’est pas seulement d’accueillir les nouveaux étudiants de l’université mais aussi de favoriser les relations entre les nouveaux arrivants et les anciens étudiants. Aux yeux d’un Occidental, cet impressionnant défilé est l’occasion de constater l’extrême obéissance des étudiants. Une expérience unique des plus émouvantes, inoubliable pour tous les étudiants de la CMU, étudiants qui sont invités à ne pas boire d’alcool ce jour-là.

En y allant, la première chose qui vous frappera sera leur habillement. Comme dans toutes les écoles du royaume, l’uniforme est de rigueur. Mais ici, non seulement le style Lanna – du nom de l’ancien royaume du nord – est respecté mais chaque faculté dispose de son propre costume. Ce sera aussi pour vous l’occasion de découvrir de magnifiques danseuses Lanna et des musiciens frappant les fameux tambours traditionnels du Lanna. C’est dire que le spectacle est aussi culturel.


Imbrication du bouddhisme dans la société thaïlandaise

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© Facebook – Édition de l’année 2017

La dimension religieuse est prégnante. Tous les étudiants sont bénis par un moine au départ, sur l’esplanade centrale de la CMU, à la jonction de la route Huay Kaew (vous risquez vous aussi d’être aspergé d’eau bénite). Un premier arrêt est effectué au sanctuaire dédié à Kruba Srivichai, non loin, juste après le zoo. Par ailleurs, des étudiants transportent une statue d’éléphant en verre contenant des reliques; il s’agit de Ganesh (que les Thaïlandais appellent พระพิฆเนศ, Phra Phikanet, ou encore พระพิฆเนศวร, Phra Phikanesuan). Avec son socle en bambou, cette châsse pèse près de 300 kg ! In fine, tout le monde rend hommage à Bouddha une fois arrivé au temple (306 marches closent l’ascension), en déposant une fleur de lotus. Il s’agit d’accumuler des mérites – notion plus que chère au cœur de Thaïlandais et que nous développerons un jour – et d’attirer la chance durant les années de leurs études. Anecdotiquement, des centaines de chaussures attendent les pieds de leur propriétaires car, comme dans tout temple bouddhiste qui se respecte, on se déchausse !

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© Facebook – Édition de l’année 2017

 


De la qualité du système éducatif siamois²

Tout éblouis que nous sommes par la splendeur de cet événement unique, n’en oublions cependant pas que le système éducatif du royaume de Thaïlande ne vaut tripette en comparaison internationale. Nous ne rappellerons ici que quelques faits : en 2013, parmi les pays de l’ASEAN, la Thaïlande n’occupait que le huitième rang (sur 10 pays) en termes de qualité de l’éducation. En 2015, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) a signalé que les résultats des élèves thaïlandais avaient considérablement baissé par rapport à l’évaluation précédente, notamment en lecture et en sciences. La Thaïlande a à nouveau été giflée en 2017 par le Rapport mondial de suivi de l’éducation 2017/2018 de l’UNESCO. Un système éducatif jugé archaïque et critiqué par le gouvernement ! Sachez encore pour conclure que le classement de Shanghai 2018³ n’intègre plus aucune institutions académiques thaïlandaises dans les 500 meilleures universités du monde (alors qu’en 2017, l’université Chulalongkorn y figurait) ! Seules quatre universités siamoises sont encore classées et elles font piètre figure (au-delà du 501e rang, la CMU étant située entre la 801e et la 900e place, sur 1000 donc…).

Les élites thaïlandaises n’hésitent d’ailleurs pas à inscrire leur progéniture dans les écoles internationales puis à les envoyer à l’étranger pour terminer leurs études (principalement en Australie et aux USA). Néanmoins, Chiang Mai n’est pas à la traîne en matière d’amélioration pédagogique². Dans un monde où l’interdépendance ne fait que s’accroître, espérons que le système éducatif des écoles thaïlandaises se modernisera sans renier la culture qui fait des Thaïlandais ce qu’ils sont, ceci afin que leurs étudiants s’intègrent au mieux et s’épanouissent dans la société qui sera la leur.

#CMUtrekking2018 #รับน้องขึ้นดอย61 #DoiSuthep


Mise à jour du 9 septembre 2018, au lendemain de l’événement

On vous livre ci-dessous le résumé vidéo de เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News qui, à nos yeux, reflète parfaitement cette émouvante marche estudiantine vers le temple du Doi Suthep, événement que nous vous conseillons vivement de vivre… l’année prochaine 😉 Une autre vidéo, très belle elle aussi, vous dévoile un peu des coulisses de cet événement unique à travers le regard d’un participant.


¹ Lire à cet effet Les nouveaux rites de passage, une transmission expérientielle, une intervention de Fabrice Hervieu-Wane ou, plus spécifiquement, Le rite de passage dans nos sociétés contemporaines : l’exemple leu baptême étudiant, une analyse de Bénédicte Loriers.
² Lire à cet effet l’article Education is Coming Home: How Chiang Mai is Taking a Lead in Education Reform du magazine anglophone Citylife. Nous consacrerons un jour un article plus fouillé à ce sujet sensible.
³ Appellation commune du ARWU – Academic Ranking of World Universities en anglais (soit le classement académique des universités mondiales par l’université Jiao Tong de Shanghai).

Source de l’image à la Une. Mise à jour le 11.09.2018

Seub, l’icône écologiste de la Thaïlande

Seub1, c’est un peu le « Nicolas Hulot » de la Thaïlande, à la différence près que cet activiste s’est donné la mort il y a 28 ans 😔 Feu Khun Seub est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire récente de la Thaïlande. Véritable défenseur de l’environnement, la protection des forêts et de la faune habitait cet écologiste convaincu. Il a payé sa passion en sacrifiant sa vie.

On considère un peu trop vite la Thaïlande comme un mauvais élève en matière d’écologie. Pensons ici au carburant E91 vendu dans tout le royaume (alors qu’il a été interdit en Europe), à la consommation effrénée de plastique (la Thaïlande est un des  cinq pays les plus pollueurs en la matière) ou encore au sort réservé aux éléphants, exploités de manière éhontée. Mais il y a ici aussi des activistes en matière d’écologie et Seub en faisait partie. Sa disparition, tragique, est commémorée annuellement, le 1er septembre, une opportunité de parler de la préservation de l’environnement au Pays du Sourire.


Quid donc était Seub2 ?

Seub Nakhasathien (สืบ นาคะเสถียร en thaï), militant et érudit thaïlandais, était un défenseur de l’environnement, reconnu pour ses efforts visant à protéger un important lac artificiel et des réserves animalières. Après des années de combat écologiste, Seub s’est suicidé le 1er septembre 1990 pour signifier l’importance de l’environnement et pour le préserver. Sa mort a inspiré de nombreux jeunes Thaïlandais à s’engager pour la protection de l’environnement.

Les premières années. Seub, né Seubyos dans la province de Prachinburi, était l’enfant du gouverneur, par ailleurs chasseur. Sa famille exploitant une ferme, il a été en contact avec de nombreux animaux, recueillant également des animaux sauvages, dont beaucoup sont morts à cause d’un traitement inadéquat. Adolescent, il aimait à chasser les oiseaux. Plus tard, sa maturité aidant, Seub a cessé d’en chasser. De ce passé, il dira : « Nous avons tous fait des erreurs. »

Sa carrière. Seub était un perfectionniste. Quelle que soit la taille de la tâche, il se sentait contraint de l’accomplir sans faille. En raison de sa passion pour les arts, Seub voulait étudier l’architecture. Mais ses résultats à l’examen d’entrée à l’université l’ont orienté vers la Faculté de foresterie de l’Université Kasetsart, son cinquième choix d’études. Son camarade de classe et colocataire a décrit Seub comme un étudiant brillant, toujours assis à l’avant de la classe et prenant des notes avec des dessins. Seub a été toujours vu en train de lire des livres le soir. Il s’investissait avec sérieux dans toutes ses tâches. Après l’obtention de son diplôme, il a poursuivi des études supérieures en sylviculture. En 1979, il a reçu une bourse du British Council pour une maîtrise à l’Université de Londres afin d’étudier la conservation des ressources et de l’environnement. Il a également obtenu une bourse de doctorant pour étudier au Royaume-Uni en 1989, mais a décidé d’accepter le poste de surintendant du sanctuaire de la faune sauvage Huai Kha Khaeng. Il a par ailleurs mené des recherches sur les animaux sauvages, en particulier les oiseaux, les gorilles, les chamois… Il a également travaillé comme professeur de biologie à l’Université Kasetsart.

Le projet d’évacuation de la faune de Cheow Larn. En 1986, Seub a été nommé chef de projet d’évacuation de la faune lors de la création du barrage de Cheow Lan, avec un faible budget (il s’agissait d’évacuer une zone de 400 km²) ! Le barrage de Rajjaprabha ou barrage de Cheow Lan, treizième barrage de Thaïlande, a été achevé en 1987. L’inondation qui en a résulté a détruit 185 kilomètres carrés de la plus grande superficie restante de forêt pluviale à feuillage persistant des basses terres du pays. Pour la première fois en Thaïlande, une opération de sauvetage a été menée pour tenter de sauver une partie de la faune sauvage, qui comprenait des espèces menacées et en voie de disparition échouées sur les îles au fur et à mesure que les eaux s’élevaient. En 18 mois, 1’364 animaux de 116 espèces ont été capturés. Quarante-quatre sont morts peu après. Les survivants ont été relâchés dans des zones protégées à proximité. Seub a pu sauver des centaines d’animaux mais il savait que beaucoup d’autres n’ont pas pu s’échapper et en sont morts. Après ce qu’il considérait comme l’échec du projet Cheow Lan, il s’est battu contre d’autres projets d’exploitation forestière et de construction de barrages, comme le barrage de Nam Chon. Le projet de l’État de construire le barrage au cœur de la forêt de Thungyai Naresuan dans les années 1990 a déclenché la première protestation environnementale du pays dans laquelle les manifestants ont eu gain de cause.

Sanctuaire de la faune Huai Kha Khaeng. En 1988, Seub et ses collègues conservationnistes ont pris des mesures contre la Thai Plywood Co. Ltd, une entreprise d’État relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement au sujet d’une concession forestière dans le sanctuaire faunique de Huai Kha Khaeng (ห้วยขาแข้ง). Dans son argumentation, il a affirmé que « celui qui veut faire de l’exploitation forestière est le Département Royal des Forêts, et celui qui veut conserver la forêt est aussi le Département Royal des Forêts ».

Ce sanctuaire, un endroit unique, qui préserve une importante faune sauvage, se trouve à l’ouest de la Thaïlande, le long de la frontière avec le Myanmar (l’ex-Birmanie, dans les provinces d’Uthai Thani, Tak et Kanchanaburi). Ce sont en fait deux sanctuaires distincts mais contigus, Huai Kha Khaeng et Thung Yai Naresuan. Cette région de 622’200 hectares englobe deux importants systèmes fluviaux, le Khwae Yai supérieur et le Huai Khakhakhaeng. Il s’agit ni plus ni moins de la plus grande zone de conservation de l’Asie du Sud-Est continentale et l’une des zones forestières les moins accessibles et les moins perturbées de Thaïlande. Et c’est ce qui explique que ces deux réserves ont été inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que biens naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité, premier du genre en Asie du Sud-Est.

Sanctuaires de Thung Yai-Huai Kha Khaeng
S’étendant sur plus de 600 000 ha en bordure de la frontière avec le Myanmar, les sanctuaires, demeurés en grande partie intacts, contiennent presque toutes les formations forestières de l’Asie du Sud-Est continentale. Ils abritent un ensemble d’espèces animales très divers, dont 77% des grands mammifères (notamment éléphants et tigres), 50% des grands oiseaux et 33% des vertébrés terrestres que l’on trouve dans cette région.
Tous les détails de ces sanctuaires sur le site web de l’Unesco (description, cartes, documents, galerie de photos, indicateurs et demande d’assistance).
Le sanctuaire Huai Kha Khaeng a sa propre page Facebook, hélas animée en langue thaï seulement.

Seub avait une vision de protection globale de ces réserves animalières : des gardes forestiers doivent patrouiller avec les équipes de protection de la faune pour s’assurer que les animaux ne soient pas blessés et que la déforestation soit stoppée. L’idée de « zones tampons forestières » a été mise en œuvre. Les villages de la zone tampon forestière ont été mobilisés en tant que « villages forestiers ». Leurs habitants ont été impliqués avec des programmes d’arrêt de la chasse et de la déforestation. Les villageois ont d’ailleurs remis leurs armes à feu aux autorités en signe de bonne foi et de coopération.

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© Facebook – Priwan Den (1 & 2)

Suicide. En 1989, sous pression (il devait notamment gérer un problème de salaire d’ouvriers, de même que des désaccords avec des cadres supérieurs, sans parler de la mort de certains employés), alors qu’il était à la tête du sanctuaire Huai Kha Khaeng, Seub se découragea. Pour lui, la seule façon de conserver pleinement le sanctuaire était d’en faire un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Après avoir effectué des recherches et complété le rapport à cet effet, il l’a soumis à l’organisation qui l’a approuvé après sa mort. Le 31 août 1989, Seub travaillait comme d’habitude. Le lendemain, vers 4h du matin, un coup de feu a été entendu mais au Huai Kha Khaeng le bruit des coups de feu n’était pas rare. Seub n’a pas été vu au petit-déjeuner. À 10h, un de ses collaborateurs s’est rendu à son refuge et a trouvé son corps sur son lit entouré de morceaux de papier. Sur l’un d’eux était écrit : « J’ai l’intention de me tuer, personne n’a été associé dans cette décision », signé par Seub.

Perception du suicide d’un point de vue bouddhiste3
Selon les enseignements de Bouddha, ce qu’un individu fait à tout moment aura une conséquence sur son avenir, dans cette vie ou dans la suivante (principe de la réincarnation). Il y aurait donc un lien de cause à effet, appelé karma par lequel toute action intentionnelle du corps, de l’esprit ou de la parole aurait des conséquences et des répercussions à l’avenir. Nos actions passées détermineraient ainsi les caractéristiques de notre existence terrestre. Selon certains maîtres bouddhistes, le suicide commis dans une vie pourrait entraîner sa répétition dans plusieurs vies suivantes. Une exception cependant, le suicide altruiste, dans une vie passée, le bouddha aurait sacrifié son existence en offrant son corps à une tigresse affamée allaitant cinq tigrons, qui devinrent les cinq premiers disciples de Bouddha.

La mort de Seub a poussé la Thaïlande à l’action. Dix jours après sa crémation, le 10 septembre 1990, correspondant au 94e anniversaire de la création du Département Royal des Forêts, la Fondation Seub Nakhasathien a été créée. Elle a reçu des dons de Sa Majesté la reine douairière Sirikit et de Son Altesse la Princesse Soamsawal, ainsi que des milliers d’autres sympathisants. Ses objectifs sont de protéger les sanctuaires naturels ainsi que la flore et la faune qui les habitent et de protéger les espèces en voie de disparition.

Retrouvez cette biographie, plus complète, en anglais, sur Wikipédia, ou encore sous forme de 10 transparents (slideshow).

Seub Nakhasathien a publié de nombreux textes liés à ses recherches, variées, par exemple sur la cigogne de Storm, sur la gestion de la forêt, qu’elle soit présente dans un bassin hydrographique ou qu’il s’agisse de forêt marécageuse de tourbe, sur le sauvetage de la faune, sur l’importance des sanctuaires fauniques, sur le muntjac de Fea, une espèce en voie de disparition, sur la nidification et la ponte de certaines espèces d’oiseaux, ou encore sur l’impact des centrales hydroélectriques sur la faune. Seub est connu de tous les Thaïlandais. Dans la culture populaire, plusieurs artistes lui ont consacré une chanson. Un poisson d’un nouveau genre découvert dans le sanctuaire de faune de Chiang Dao, ici dans la province de Chiang Mai, porte même son nom, l’oreglanis nakasathiani.

Pour commémorer la grandeur de Seub, Thai PBS a produit un documentaire, diffusé en 2013, The lights never gone (แสงไฟไม่เคยดับ). Par ailleurs, en 2015, Phakpoom Wongpoom est l’auteur d’un court métrage, Falling rain in Huai Kha Khaeng (ฝนตกที่ห้วยขาแข้ง),  avec Nopchai Chainam dans le rôle de Seub Nakhasathien, partie intégrante du quadriptyque Royal symphony – Songs in our Heart (คีตราชนิพนธ์์ บทเพลงในดวงใจราษฎร์), œuvre inspirée par les compositions musicales de feu le roi Bhumibol. Voici la bande-annonce du film qui conte la vie de Seub, dont la fin est tragique :


Commémorations du 1er septembre

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de la mort de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. A notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2018 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. Une exposition en plein air est organisée à l’occasion des 28 ans de la disparition de Seub. Le vendredi 31 août, en plus d’un débat l’après-midi, un concert a lieu à 17h, puis une cérémonie aux chandelles à 20h20 suivie d’un spectacle son et lumière sur la vie de Seub. Le lendemain, samedi 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.
Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

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🌳 Evénement national du 7 au 9 septembre 2018 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï).


La Fondation Seub Nakhasathien

SeubNakhasathien2018LogoFBthaCréée dix jours après la crémation de Seub, la Fondation Seub Nakhasathien maintient le flambeau environnementaliste. Elle s’est donnée pour tâches :

  1. Le soutien de la réserve animalière Huai Kha Khaeng.
  2. L’amélioration du bien-être des gardes-forestiers par des programmes d’empowerment.
  3. La protection et la conservation des forêts sous le concept « Pas de forêt, pas d’eau ».
  4. La promotion de la conservation des ressources naturelles et de l’environnement.
  5. Le soutien de la recherche sur la faune à travers la création d’un fond spécifique.

Ces cinq axes d’action expliquent par exemple l’implication de la fondation dans une récente affaire qui a scandalisé l’opinion publique thaïlandaise : le braconnage du patron multi-millionaire d’ItalThai qui est notamment soupçonné d’avoir tué une panthère noire, espèce protégée. La fondation suit cette affaire et veut que le coupable soit condamné (Son Altesse royale la princesse Ubolratana, soeur-ainée du roi actuel Rama X, soutient moralement le ranger à la base de la dénonciation). Plus d’informations (mais c’est en thaï).

La Fondation Seub Nakhasathien sur le net

Site web (en langue thaï uniquement)
Page Facebook (version anglaise peu mise à jour)
Twitter
Instagram
YouTube
Issuu (qui nous permet de consulter le magazine édité par la fondation)


Autres organismes environnementaux

De par la richesse de sa faune et de sa flore, sans oublier bien entendu celle des fonds marins, le royaume de Thaïlande se doit d’être attentif à la protection de son environnement. Mme Pinkaew Laungaramsri, maître de conférence à la CMU – Université de Chiang Mai, nous parle de la politique de conservation de la nature en Thaïlande, un article publié dans la Kyoto Review of Southeast Asia.

Les ONG environnementales de la région du sud-est asiatique représentent un mouvement émergent. En Thaïlande, où elles sont plus développées, les ONG environnementales sont devenues une voix forte que le gouvernement ne peut plus ignorer4Moult ONG sont actives dans le pays, certaines focalisées sur la sauvegarde animale, d’autres sur l’environnement en général. Parmi elles, le WWF Thailand, de même que Greenpeace Thailand, ont rendu hommage à Seub Nakhasathien ce 1er septembre. Citons encore, en vrac :

  • La fondation Freeland. Une fondation – soutenue par USAID – qui fournit une expertise et un soutien au réseau de sauvegarde de la faune sauvage des nations du sud-est asiatique (ASEAN Wildlife Enforcement Network), fruit d’une initiative intergouvernementale régionale visant à lutter contre la contrebande d’espèces sauvages.
  • La Fondation PATT – Plant A Tree Today. Voilà une ONG que n’aurait pas reniée Seub. Créée pour lutter contre la déforestation en cours par le biais de campagnes d’éducation du public et de plantations d’arbres, elle est fort active en Thaïlande.
  • Green Fins Thailand. Une organisation soutenue par l’UNEP – le programme de l’ONU Environnement qui travaille avec les opérateurs économiques, les communautés et les gouvernements. Cette ONG aide à mettre en œuvre des normes environnementales pour l’industrie de la plongée et du snorkelling par le biais d’un code de conduite.
  • Et enfin, non loin de Chiang Mai, Conserve Natural Forests (CNF – Préservation des Forêts Naturelles). Une organisation à but non lucratif basée à Pai qui vise à restaurer les écosystèmes tropicaux endommagés avec, comme principaux idéaux, le reboisement, la réhabilitation de la faune et l’éducation.

Les minorités ethniques, nombreuses ici au nord de la Thaïlande, sont très concernées par la problématique de l’environnement, notamment à travers la déforestation rampante. Qui est en contact avec les Karens, par exemple, sait ce peuple très proche de la nature. Ainsi, à la naissance d’un enfant, certains Karens entourent un petit arbre à l’aide du cordon ombilical : ce sera là l’arbre que le nouveau-né devra protéger tout au long de son existence. Il est donc naturel que des ONG soutiennent ces peuplades, à l’exemple de la KWCI – Initiative karenne pour la préservation de la faune et de la flore.

On mentionne in fine le Ministère thaïlandais des Ressources Naturelles et de l’Environnement (son site web et sa page Facebook).


Déforestation. Du combat des environnementalistes, parfois mortel !

Il est bien loin le temps du royaume du Siam couvert de forêts épaisses et luxuriantes, habitées par une faune abondante, en particulier ici au nord ! La déforestation, commencée au XIXe siècle, a fait des ravages inéluctables. La forêt de Thaïlande, comme toutes les forêts tropicales, est en voie de disparition, hélas, trois fois hélas. Il s’agit cependant d’une problématique complexe. Lisez donc ces deux articles : Quel avenir pour les forêts thaïlandaises ? et En Thaïlande, les arbres cachent une forêt d’injustice. Celles et ceux désirant connaître le sujet plus en profondeur liront avec intérêt cet autre travail de Jean-Pierre Lainé : Déforestation et reboisement en Thaïlande. Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous agir. En premier lieu en évitant d’acheter du bois devenu rare comme le teck. Il existe des labels assurant la durabilité sylvicole à l’image du label FSC.

Le précédent roi de Thaïlande, feu Sa Majesté Bhumibol le Grand, s’est beaucoup impliqué dans la protection de l’environnement. Un roi qui avait obtenu un prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l’environnement en Thaïlande5.  Un pays qui compte d’ailleurs de très nombreux parcs nationaux.

En tant que « roi du développement », Sa Majesté [le roi Bhumibol] a tendu la main aux populations les plus vulnérables de Thaïlande, sans se soucier de leur statut, de leur ethnicité ou de leur religion, a écouté leur problèmes et leur a donné les moyens de se prendre en charge.
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

Bien que la situation des défenseurs de l’environnement de par le monde soit tragique (les morts se comptent par centaines), ces activistes méritent une Protection Internationale, en Thaïlande aussi. Chiang Mai a aussi ses activistes. Nous vous parlerons bientôt de l’action en cours visant à sauver le Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville. En attendant, jetez un œil sur l’article que le magazine Spark U Lanna leur a consacré : The environmentalists (pages 6 à 10).


Promenez-vous donc dans la nature siamoise !

Quelle meilleure façon que de prendre conscience de la richesse et de la beauté de la nature qu’en allant l’admirer in situ ? Et la Thaïlande vous offre mille possibilités : ses  rivages ou ses fonds marins, ses nombreux lacs, ses parcs nationaux, ses sanctuaires, ses cascades, sa jungle, ses montagnes…

Le nord du royaume en général et la province de Chiang Mai en particulier sont bien lotis. En tant que touriste, vous serez sans nul doute tenté par la visite du parc national du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, qui offre les plus belles cascades du nord thaïlandais. Ou encore les treks dans la jungle qui ont fait la réputation de la Rose du Nord (comme par exemple ceux de Loolu, un jeune Karen pétillant).

En louant un moyen de transport, scooter, motocycle ou voiture, vous pourrez visiter des endroits idylliques à l’image de Mae Kam Pong, ravissant village de montagne, et ses petites chutes d’eau :

Avant de nous quitter, contemplez les somptueux clichés de la nature siamoise que nous offre le photographe thaïlandais Priwan Den.

Puisse la protection de l’environnement dans son ensemble devenir l’attention permanente des habitants de la Thaïlande, un pays dont la beauté mérite cette prévenance – de même que le respect des touristes qui le visite.

#Seub #SeubNakhasathien #nature #Thaïlande #ProtectionNature #environnement #écologie


Selon le Système général royal de transcription du thaï (RTGS), le phonème สืบ devrait se traduire par ‘suep’ (et donc le prénom être ici Suep). Nous avons cependant repris l’orthographe utilisée communément (et donc erronément) tant par l’encyclopédie en ligne Wikipédia que, surtout, par la fondation qui porte son nom. A savoir Seub. Que les puristes ici nous pardonnent. Nous remercions Pascal Engelmajer de nous avoir rendus attentifs à cet aspect.
2 Cette brève biographie est un résumé (traduction libre) de la biographie en anglais que vous pouvez retrouver sur Wikipédia.
Point de vue religieux sur le suicide, Wikipédia
Au sujet des ONG environnementales en Thaïlande, lire l’article de Sunil Subhanrao Pednekar, NGOs and Natural Resource Management in Mainland Southeast Asia
5 Hommage au « roi du développement », article de Håkan Björkmank (Chroniques UN)

Source photographique de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News. Mise à jour le 04.09.2018

 

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