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Le King Kong des rizières

Huay Tueng Thao (อ่างเก็บน้ำห้วยตึงเฒ่า). C’est le nom d’une retenue d’eau aux pieds du Doi Suthep, située dans une zone militaire à Don Kaeo, dans le district de Mae Rim, à 14 km au nord de la ville de Chiang Mai. Ce lac n’a donc rien de naturel mais avec le Doi Suthep en toile de fond, le caractère bucolique de l’endroit le rend très populaire. Ainsi, pour échapper à la torpeur de la ville, ses habitants aiment à y passer d’agréables moments, notamment le dimanche après-midi où beaucoup pique-niquent. Les touristes ne s’y aventurent que rarement et c’est bien dommage car le site est l’endroit idéal pour se détendre et profiter du paysage. Les plus actifs pourront utiliser les pédalos et des kayaks ou bien encore pêcher. Et pourquoi ne pas profiter d’un massage thaïlandais ?C’est l’endroit rêvé pour faire du vélo ou encore du VTT (location sur place)… Plusieurs restaurants aux mets locaux vous permettront de vous sustenter (salade de papaye, riz gluant, poisson grillé évidemment, riz frit et nouilles, entre autres menus). Des vendeuses aux paniers colorés vous proposent des fruits frais et autres insectes. Des paillotes agrémentent le lieu où il est bien entendu possible de s’y baigner. Pour un peu, on se croirait à la mer ! L’on peut même y passer la nuit : il y a des hébergements (bungalows de paille à THB 600.- la nuit, appelez le 053 121 119 ou le 098 808 65 99), de même qu’une zone de camping.

Tel le monstre du Loch Ness, beaucoup vous diront avoir aperçu ces derniers jours une bête monstrueuse au cœur-même des rizières. Et vous pouvez les croire ! L’armée a en effet édifié un gorille de paille qui attire tous les curieux de la région (et les amateurs de selfies originaux). C’est une nouvelle attraction sise au lac Huay Tueng Thao offerte durant la saison verte (l’histoire ne dit pas encore comment le gorille réagira sous les fortes pluies de la région mais des observateurs sur le terrain ont signalé une grande bâche bleue qui le protège). Et le succès est au rendez-vous dès l’ouverture. Le géant mesure 4 mètres de haut et 2,30 mètres de large; il a coûté 70 000 bahts. Il a fallu 6 jours pour le créer, avec l’aide de bénévoles issus de l’Université de Technologie de Rajamangala. Une passerelle en bambou agrémente l’endroit.

La culture du riz n’est pas des plus rémunératrices. Cette attraction apportera un revenu complémentaire bienvenu aux agriculteurs. Et c’est l’occasion pour tous les visiteurs de découvrir non seulement un monstre de paille mais surtout de se frotter à la riziculture locale, les pieds dans la boue, sous le regard attendri des buffles d’eau. Une atmosphère des plus originales qui ravira les familles et les couples. Et une belle occasion d’admirer des rizières du plus bel effet (c’est le temps du repiquage en ce moment¹). Une seconde vidéo ici.

Avec ou sans ce « King Kong des rizières », le lac Huay Tueng Thao est un site que nous vous recommandons chaudement. Vous aurez ainsi une idée plus verte ce que peut être la (trop) polluée Rose du Nord durant votre séjour à Chiang Mai.


Le site lacustre est ouvert tous les jours (entrée payante de 8h à 17h: THB 50.- pour les étrangers et THB 20.- pour les locaux). A notre connaissance, aucun moyen de transport public ne s’y rend (sauf à s’arrêter sur la route 107 avec un song thaew jaune qui se rend à Mae Rim, exactement à ce carrefour (อุโมงค์ ดอนแก้ว กรมทางหลวง) mais alors il vous faudra encore marcher vers le lac, plus de 3 km (comptez 30 minutes) en direction de l’ouest; départ des song thaew au marché Warorot et la gare routière Chang Phueak). C’est donc la destination idéale pour qui se déplace en vélo (30 kilomètres aller-retour tout de même), en scooter ou motocycle, ou encore en voiture. Sans omettre les song thaew, les taxi/camionnettes rouges typiques de la ville, une fois négocié le prix avec le chauffeur (déplacement(s) et attente sur place).

Page Facebook du lac Huay Tueng Thao. Le site web officiel ne semble plus être mis à jour. Emplacement exact.

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Si vous êtes motorisé, ne manquez pas d’autres sites touristiques tout proches qui ne sont pas dénués d’intérêt :

  • La base militaire où vous pourrez admirer des dizaines de chevaux broutant dans un grand parc (หมวดสัตบาลที่ 3, en bordure de la route 107). Du lac, comptez 30 minutes de marche à pied (plus de 3 km).
  • Le Khuang Phra Chao Lanna tout proche (ข่วงพระเจ้าล้านนา),  que l’on qualifiera d’apaisant parc bouddhique puisque vous pouvez y admirer des œuvres architecturo-religieuses typiques de cette région, le Lanna (mais ce n’est pas un temple).
  • Le parc Cowboy Army Riding Club, un site d’où s’envolent des montgolfières, et le parc Rama IX Lanna (สวนลานนา ร.9), avec son labyrinthe végétal qui ravira les jeunes enfants (mais l’entretien du lieu laisse à désirer). Ces deux adresses sont cependant un brin redondantes si vous avez passé précédemment du temps au lac Huay Tueng Thao.
  • Le Musée de la Banque de Thaïlande (Bank of Thailand Museum – North Region Office, ธนาคารแห่งประเทศไทย สำนักงานภาคเหนือ), divisé en deux sections : une première présentant l’histoire de la monnaie thaïlandaise et une seconde axée sur l’importance du textile.
  • Le Wat Pa Dara Phirom (วัดป่าดาราภิรมย์ พระอารามหลวง), un complexe bouddhiste peu connu et dont l’architecture vous enchantera. Situé dans un parc à la quiétude enveloppante. Y sont organisées des rencontres entre bouddhistes avec la pratique de la méditation. De même que le ravissant Palais Darabhirom voisin (พระตำหนักดาราภิรมย์), une très belle villa en bois transformée en musée. C’est là qu’habitait la princesse Dara Rasmi, une des épouses du roi siamois Chulalongkorn, grande défenseur des arts du Lanna (les Québécois écriront défenseuse).
  • Sans parler des attractions jusqu’à la pléthore offertes par la vallée de Mae Sa, plus au nord ! Petit clin d’œil cependant pour les coquins qui pourront compléter la journée en visitant le Jardin Érotique (Chiang Mai Erotic Garden), lui aussi au coeur des belles rizières de Mae Rim, à 15 km au nord du lac Huay Tueng Thao.

¹ l’article a été écrit début juin 2018. Mise à jour le 20.06.2018.

Source de l’image à la Une : © Facebook – เช็คอินเชียงใหม่ Checkin Chiangmai

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Pèlerinage annuel nocturne du Doi Suthep

C’est du Doi Suthep que l’on peut embrasser du regard toute la Rose du Nord !

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© CM108.com

Evoquer Chiang Mai, c’est forcément parler du Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville. Un sommet qui tire son nom de Sudeva Rishi, qui, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, menant une vie d’ermite, passant son temps à méditer dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Suthep. Doi, en langue locale, signifie montagne. Les parents de Sudeva Rishi sont d’ailleurs fêtés dans un spectaculaire festival annuel qui voit la mise à mort d’un buffle : Pu Sae et Ya Sae. Le jour du Vesak – pleine lune du 8e mois lunaire – commémore simultanément trois événements importants de la vie du Bouddha : sa naissance, son illumination et le nibbana, son extinction. C’est à l’occasion de cette fête commémorative, la plus importante pour les bouddhistes, qu’a lieu le fameux pèlerinage nocturne du Doi Suthep, cher au cœur des habitants de Chiang Mai (il est dit que nous en somme à la 647e édition). Une expérience, si vous deviez vous aussi la réaliser, que nous vous promettons inoubliable 😌

Le Wat Phrathat Doi Suthep Rat Wora Wihan (en thaïlandais วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร), appelé plus simplement Wat Prathat Doi Suthep est le temple qui se trouve sur le premier des deux sommets (le second étant le Doi Pui, le tout formant un parc national). C’est sans nul doute le temple bouddhiste le plus vénéré en Thaïlande du Nord. La route du temple a été ouverte le 30 avril 1935, permettant aux automobiles d’y accéder. Elle a été construite par une armée de volontaires sous l’égide du moine rénovateur Khruba Srivichai, un moine tout aussi vénéré que le temple.

Le pèlerinage annuel dont il est question ici emprunte donc cette route de 11 kilomètres. Pour rejoindre le sommet, situé à 1676 mètres, il vous faudra compter entre 3 et 4 heures de marche depuis le pied de la montagne. Une fois le temple en vue, il y a encore 306 marches d’escalier à grimper pour atteindre la pagode. Une ascension qui début au sanctuaire de Khruba Srivichai, peu après le zoo de Chiang Mai. Comme le rappelle l’abbé responsable du temple, c’est un événement ouvert à tous, au premier rang desquels les bouddhistes bien entendu. Il est demandé d’être vêtu de blanc. Et, s’agissant d’un rite religieux, c’est une attitude respectueuse qui est attendue de vous. L’édition 2017 a vu affluer près de 55’000 participants; certains d’entre eux marchent tenant entre leur mains une chandelle. Il y a également moult stands (cf. la carte ci-dessous) où vous pourrez vous reposer et où vous attendent des moines : ils vous mettront un bracelet en coton autour du poignet, vous gratifiant d’une bénédiction. Cette affluence, avec son lot de boissons gratuites et d’encas ingurgités tout au long du parcours, gère beaucoup de déchets (27 tonnes l’année dernière). Les autorités ne manquent d’ailleurs pas de donner des consignes écologiques (hélas peu respectées). C’est dire que les volontaires sont les bienvenus pour prêter main forte aux organisateurs. Notez que les étudiants de l’Université de Chiang Mai (CMU) effectuent eux aussi une telle ascension mais à une autre période, à l’ouverture de l’année académique.WalkUpDoiSuthep2017Photo5

Les festivités à proprement parler commencent par l’arrivée de l’eau lustrale à l’aéroport de Chiang Mai, en provenance de Bangkok, cadeau de Sa Majesté le roi. Une parade en voiture amène cette eau bénite au temple du Doi Suthep. Cela s’est déroulé le 23 mai 2018. Que vous ayez l’intention ou non d’effectuer l’ascension nocturne en compagnie des locaux, ne manquez pas le fabuleux spectacle donné le soir-même au sanctuaire de Khruba Srivichai – le 28 mai donc. Les autres jours de l’année, on vous invite à effectuer la visite matutinale du tempe du Doi Sthep en compagnie d’un ancien moine, un circuit exclusif proposé par le Swiss-Lanna Lodge. A moins que vous ne préfériez être parmi les hordes touristiques qui affluent en journée, causant d’importants dégâts à l’écosystème de ce parc naturel.

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Quoi qu’il en soit, voici le programme 2018 du pèlerinage annuel du Doi Suthep à l’occasion du jour du Vesak :

Dimanche 27.05.2018, après 16h (probablement vers 18h) : procession d’un char illuminé par des lanternes traditionnelles (typiques du Lanna), du Wat Upakut au Wat Phra Sing, au coeur de la cité historique, le long de la route Thapae.

Lundi soir 28.05.2018 (14e jour du 8e mois lunaire).
Joignez-vous aux pèlerins en marchant de nuit les 11 km du pied du mont Suthep au temple bouddhiste éponyme. Le départ se fait au sanctuaire de Khruba Srivichai (juste après le zoo). Le but est d’arriver tôt le matin au temple afin d’y effectuer trois circumambulations en guise de mérite, sans oublier l’aumône matutinale aux moines. Programme du pèlerinage nocturne du Doi Suthep :
• 18h30 : cérémonie d’ouverture au monument de Khruba Srivichai, aux pieds de la montagne.
• 19h09 : cérémonie religieuse en présence de 9 moines.
• Puis : show historique qui s’annonce haut en couleurs.
• 19h59 : procession colorée vers le temple du Doi Suthep.
• A 1h du matin, cérémonie religieuse (dépôt de l’eau sacrée au sanctuaire du Wat Phrathat Doi Suthep).

Mardi 29.05.2018 (15e jour du 8e mois lunaire, le jour du Visakha Bucha à proprement parler, วันวิสาขบูชา), au temple.
• 06h30 : cérémonie religieuse avec offrande matutinale aux moines (ตักบาตร, dtàk bàat), à ne pas manquer.
• 17h30 : cérémonie de clôture avec l’eau lustrale royale. Fin à 17h45.
Cette journée verra des bénévoles se consacrer au nettoyage de la route d’accès !

Au dernières nouvelles, courageux seront les pèlerins de cette édition 2018, la 647e donc, car une nuit pluvieuse est annoncée.

La légende de l’Éléphant blanc du Doi Suthep (© Wikipédia)
Selon la légende, un moine de Sukhothai du nom de Sumanathera a vu en rêve un dieu lui dire d’aller rechercher une relique à Pang Cha. Sumanathera s’est rendu sur place et y a trouvé un os, que beaucoup pensent être un os de l’épaule de Bouddha. La relique a montré des pouvoirs magiques, elle a rougeoyé, elle pouvait disparaître, se déplacer et se dupliquer. Sumanathera l’a apportée au roi de Sukhothai, le Dharmmaraja.

Le Dharmmaraja a fait des offrandes et une cérémonie pour l’arrivée de Sumanathera. Cependant, la relique n’a alors montré aucune caractéristique anormale et le roi, doutant de son authenticité, a dit à Sumanathera qu’il pouvait la garder.

Cependant, le Roi Nu Naone du royaume de Lanna a entendu parler de la relique et offert au moine de la prendre. En 1368, avec la permission de Dharmmaraja, Sumanathera a apporté la relique à l’actuelle Lamphun, au nord de la Thaïlande. La relique s’est apparemment dédoublée, une pièce étant de la même taille, l’autre plus petite que l’original. Le morceau le plus petit a été enchâssé au temple à Suandok et l’autre a été placée par le roi sur le dos d’un éléphant blanc qui a été libéré dans la jungle. L’éléphant a escaladé Doi Suthep, alors appelé Doi Aoy Chang (montagne d’éléphant de sucre), et a gémi trois fois avant de mourir. Ceci a été interprété comme un signe et le Roi Nu Naone a ordonné la construction d’un temple à l’emplacement de sa mort.

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Recommandations des autorités du parc national Doi Suthep/Doi Puiet parcours du pèlerinage avec ses nombreux arrêts


On se quitte en vous dévoilant des images de la dernière édition du pèlerinage, celle de 2017 donc :


Source photographique de l’image à la Une : TAT et pour ce qui a trait au programme : Chiangmai News. Mise à jour le 02.06.2018

Festival Pu Sae Ya Sae – Mise à mort d’un buffle pour concilier les esprits

On raconte qu’ils voulaient manger le Bouddha…

PuSaeYaSaeFestivalMarco11Âmes sensibles, s’abstenir ! Chaque année ici à Chiang Mai, dès les premières lueurs du jour, durant la pleine lune du 7e mois lunaire*, se déroule un spectaculaire festival animiste, le Pu Sae Ya Sae (สืบสานประเพณีเลี้ยงดง). Un rituel, autrefois parrainé par le roi du Lanna, qui implique le sacrifice d’un buffle de couleur sombre, effectué par un chaman local, qui doit en manger la chair crue et boire son sang – ce qu’il fait généralement après qu’il ait émis un cri strident. Cette cérémonie a lieu dans une clairière boisée aux pieds du Doi Kham, une colline d’environ 15 km au sud-ouest de la ville, à Mae Hia (Canal Rd, non loin de Hang Dong). Mieux vaut s’y rendre tôt pour s’imprégner de l’ambiance locale, avant l’arrivée de quelques groupes de touristes ! Cette année, la cérémonie a lieu le lundi 28 mai 2018, dès 7h du matin. Il vous faudra par conséquent venir avec votre propre moyen de transport (en louant un scooter ou négociant un song thaew par exemple).

NB : il ne nous appartient pas de porter un jugement sur des pratiques locales séculaires; nous tenons cependant à vous préciser que la mise à mort du buffle a lieu durant la nuit, avant l’événement public, une fête qui n’en reste pas moins spectaculaire. La voici résumée en vidéo :

Citylife a réalisé une autre vidéo résumant le rituel (basée sur la cérémonie de 2017).


De l’importance des esprits protecteurs…

Le rituel animiste dont il est question aujourd’hui, peu connu et archaïque, provient du peuple Luas (ou Lawas), une des ethnies régionales jadis au coeur du royaume du Lanna. Les Luas sont les premiers habitants connus de Chiang Mai, avant même la colonisation siamoise de la région, et même mon, soit une période antérieure à l’introduction du bouddhisme dans le nord de la Thaïlande. Nous vous avons déjà parlé du Festival annuel de l’Inthakin qui découle lui aussi d’anciennes croyances de ce même peuple premier. Trois esprits sont ici impliqués, de même que six esprits inférieurs : grand-père Pu Sae, gardien du Doi Suthep, son épouse grand-mère Ya Sae, gardienne du Doi Kham, et leur fils Sudeva Rishi. Ogres cannibales à l’appétit insatiable pour la chair humaine et le sang, ils hantaient jadis la région. On sait peu de choses des Luas, bien que l’on pense qu’ils fussent des chasseurs de têtes comme les Wa de l’État Shan, auxquels ils sont liés. Leur anthropophagie est étroitement liée au rituel Pu Sae – Ya Sae tel qu’il est encore pratiqué aujourd’hui.

Selon une légende locale, le Bouddha, arrivé ici par une vision lors d’un de ses rêves, remarqua un silence inhabituel, comme si le village était inhabité; il en demanda la raison. Les villageois lui apprirent alors que deux géants, mari et femme habitant la montagne, viennent souvent au village et en attrapent ses habitants pour se nourrir. Ce qui expliquait le calme apparent du village. Le Bouddha, compatissant face à ces villageois sans défense, partit à la rencontre des deux géants. Cupides, Pu Sae et son épouse Ya Sae, de même que leur fils Sudeva Rishi, voulurent dévorer le Bouddha. Celui-ci, ayant pris conscience de leur plan, leur fit d’abord peur en posant son pied sur un rocher – où se trouve aujourd’hui le Wat Phra Buddha Bat Si Roi dans le district de Mae Rim. Puis le Bouddha leur adressa un sermon et prédit qu’il y aura bientôt beaucoup de moines dans cette région, les exhortant à ne plus manger la chair des êtres vivants. Sudeva Rishi, le fils du couple, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, s’abstenant à jamais de consommer de la viande de toute sorte. Plus tard, il se déshabilla pour mener la vie d’un ermite, passant son temps en méditation dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Doi Suthep. Pu Sae et Ya Sae, de mauvaises grâces, acceptèrent eux aussi de ne plus manger de chair humaine mais demandèrent au Bouddha la permission de manger seulement deux buffles par an, un chacun, en compensation. Le Bouddha fut réticent à cette requête; il les bénit tout de même, leur dévoilant cinq préceptes, puis les quitta.

Et c’est depuis lors que les habitants vivant autour du Doi Kham pensent qu’ils doivent se concilier les deux esprits, considérés comme les gardiens de la montagne, et donc protecteurs de la forêt, en sacrifiant chaque année deux buffles. Une seconde cérémonie, tombée dans l’oubli, se déroulait dans la forêt aux pieds du Doi Suthep. Il s’agit ici d’apaiser ces deux esprits car, malgré leur promesse, la crainte d’un retour à leur vieilles habitudes cannibales est toujours présente. Le buffle sélectionné est abattu avant l’aube. Si l’animal, qui est tué avec un gros couteau par un boucher musulman, tombe parallèlement au ruisseau Mae Hiya, la pluie sera abondante. La tête, les os, la viande, les entrailles et le sang sont séparés et déposés sur une natte, sous le regard bienveillant d’une illustration du Bouddha suspendue à un arbre. Le chaman – qui peut être une femme, exalté par le lao khao (une liqueur blanche), est soudainement et violemment possédé par les deux esprits et se met à manger la chair crue extraite des entrailles du buffle et à boire son sang. Après un moment, le chaman s’effondre sur le sol. Les esprits le quittent, satisfaits. Ce qui permet aux gens qui vivent autour de la montagne d’être rassurés une année de plus. A travers ce rituel effectué au début de la saison des pluies, les habitants espèrent également des pluies abondantes permettant de bonnes récoltes, de même qu’une bonne santé durant l’année (une nouvelle année, Songkran, qui a commencé à mi-avril selon le calendrier thaïlandais).

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Déroulement de la cérémonie

Selon la légende, le vieux couple anthropophage, Pu Sae et Ya Sae, vivait donc sur les deux montagnes toutes proches, le Doi Suthep et le Doi Kham. Sachant que le Bouddha allait un jour y venir pour se reposer, les dieux védiques Brahma et Indra ont béni le village en apportant une pluie d’or et d’argent. Comme il pleuvait de l’or au village, le Bouddha a prédit que cet endroit s’appellera Doi Kham, ce qui signifie « Montagne d’or ». Et comme il pleuvait de l’argent plus au nord, la montagne a été appelée Doi Ngoen, ce qui signifie « Montagne d’argent » (renommée plus tard Doi Suthep).

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Le terrain rituel, aux abords de la forêt, est déjà prêt dès 6h du matin : le buffle abattu se trouve dans un espace sacré devant douze maisons des esprits. La cérémonie en tant que telle commence généralement peu après 8 heures avec une procession, agrémentée de musique et de danses. Les femmes du village déposent les offrandes prescrites aux esprits : bananes, maïs soufflé, peau de porc, riz gluant, canne à sucre, tabac et aussi de l’eau, de même que des bougies argentées et dorées. Il y a là six plateaux pour l’esprit de la terre et 23 énormes plateaux de feuilles de banane pour les maisons des esprits, chacun contenant des cigares et des noix de bétel. Au sud de la zone rituelle se trouve un sala destiné aux visiteurs qui peuvent voir le médium à l’œuvre, un villageois de la région qui sera bientôt possédé par l’esprit de Ya Sae. PuSaeYaSaeFestivalMarco10A 8h20, Ajarn Phromma, le maître rituel, arrive pour lire les textes sacrés qui appellent les esprits à résider dans les différentes maisons pendant que la musique traditionnelle agrémente la fête. Vers 9h, la bannière Phra Bot, amenée dans un cercueil noir, est hissée – c’est une représentation du Bouddha, flanqué de ses disciples, Sariputra et Moggallana. Neuf moines, reliés au Bouddha par une ficelle de coton blanc, récitent des incantations saintes en langue pali. Vers 9h30, le médium, possédé par l’esprit, se dirige vers le buffle pour se régaler de sa chair crue et de son sang. Vers 10h15, le médium va rendre hommage au Phra Bot.

Ajarn Kraisri Nimmanhaeminda, dont le récit de Pu Sae – Ya Sae a été publié dans le Journal of the Siam Society en 1967, soutient de manière convaincante que la présence de moines bouddhistes et du Phra Bot au sacrifice de buffle est destinée à convaincre les esprits des anciens cannibales que le Bouddha est toujours vivant et qu’ils devraient donc adhérer à leur vœu d’abstinence de chair humaine. Pour les apaiser davantage, on leur accorde leur dernier souhait – de la viande de buffle fraîche avec l’approbation du propriétaire de ce dernier.

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Plusieurs pèlerins demandent à l’homme possédé d’attacher une ficelle blanche autour de leur poignet afin de s’attirer chance et santé. D’autres participants à la fête profitent du passage du médium dans l’assistance pour lui demander les numéros gagnants de la loterie ! C’est vers 11h que prend fin la cérémonie (édition 2016 en vidéo).

Des rites ancestraux

PuSaeYaSaeFestivalMarco21Vous l’aurez compris, il s’agit là de rites ancestraux antérieurs au bouddhisme, ce dernier n’ayant aucune peine à intégrer les croyances animistes. Au même titre que le Festival de l’Inthakin, lui aussi découlant des croyances du peuple Lua, ou encore les rites visant à faire tomber la pluie à l’aide de fusées (fêtes que l’on retrouve au Xishuangbanna, au sud de la Chine, patrie des Dais), l’ensemble de ces fêtes font partie des rites de fertilité, les pluies assurant des récoltes abondantes (principalement de riz).

L’imbrication de rites chamaniques issus du peuple Lua avec des rites bouddhiste du peuple thaïlandais démontre à l’envi l’amalgame qui constitue le Nord thaïlandais, comprenant de nombreuses minorités ethniques. Les Luas et les Thaïlandais vivent ensemble depuis des siècles, partageant des terres et des traditions culturelles. Lorsque les Thaïs sont devenus dominants, ils n’ont pas cherché à éradiquer les rituels luas mais ont participé (en tant que bouddhistes) au rite (très non bouddhiste) du sacrifice de buffles pour adjurer les esprits :

Que le riz des Luas ne meure pas dans leur rizières
Que le riz des Thaïlandais ne se dessèche pas et ne meure pas dans leur rizières
Invocation du Festival Pu Sae Ya Sae

De toute évidence, la symbiose entre Lua et le nord de la Thaïlande est ancienne, étroite et fructueuse. Ainsi, les Luas sont toujours considérés et rappelés comme les ancêtres des Thaïlandais du Nord.

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Celles et ceux désirant approfondir le sujet liront avec intérêt le texte complet de la conférence qu’a donnée Reinhard Hohler le 13 septembre 2011 dans le cadre des réunions de l’INTG – Informal Northern Thai Group. Son titre en est Pu Sae -Ya Sae Spirit Worship: Highlighting the two sacred mountains of Chiang Mai. Ou encore l’article d’Andrew Forbes publié par CPA media, Pu Sae – Ya Sae – Guardian Spirits of Doi Suthep, agrémenté de quelques photos du rituel.

Nos lecteurs qui prendront la peine de participer à cette fête pourront, au retour, faire un détour par le Wat Doi Kham voisin, un charmant temple bouddhiste érigé sur la colline éponyme, qui abrite le grand Bouddha que vous aurez sans nul doute aperçu, un temple connu pour avoir fait gagner plusieurs dévots – ou crédules – à la loterie nationale (ce qui explique les offrandes fleuries qui affluent par milliers). Belle est la vue de là-haut. Ou encore passer l’après-midi au Royal Flora, un parc non dénué de charme (les plus jeunes voudront bien sûr faire trempette au Grand Canyon). On vous conseille également l’indispensable visite du temple tout proche Wat Intharawat (ou Wat Ton Kwen), témoin inestimable de l’architecture du Lanna. Et tout le monde de se retrouver au Brandnew Field Good, un café-restaurant en pleines rizières.

PuSaeYaSaeFestivalMontageFernFengFeng+Rugo

© Bai Fern Feng Feng + Marco Rugo


* à noter qu’il existe plusieurs calendriers lunaires, ce qui explique la différence des mois si vous les comparez à nos autres publications

Nous remercions les Guides Kohlidays pour le crédit de la photo à la Une.
Sources éditoriales (traduction libre avec adaptation) : Chiang Mai Best, Reinhard Hohler (Chiangmai Mail et INTG – Informal Northern Thai Group) et Andrew Forbes (CPA media – The Asia Experts).
Mise à jour le 31.05.2018.

Khru Bawong à Lamphun. Exhumation d’un moine qui a quitté son écorce terrestre

Certains reprochent à la Thaïlande son explosion touristique. Il est vrai que les attractions du royaume, fort nombreuses et variées, attirent les touristes par millions, toujours plus d’année en année¹. Bangkok est d’ailleurs une des villes les plus visitées au monde, si ce n’est la plus visitée². Chiang Mai attire également moult touristes parmi lesquels beaucoup de Chinois (nous consacrerons un jour un article à cet intéressant sujet). Malgré cette affluence, il est fort aisé de se balader en des contrées où le touriste se fait plus rare : Chiang Mai De-ci De-là s’escrime à vous faire connaître des lieux et des fêtes qui devraient titiller votre curiosité. Et l’événement annuel dont il est question aujourd’hui, un événement religieux exceptionnel, en fait indubitablement partie.

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© Facebook

« Quitter son écorce terrestre », voilà une bien belle expression pour parler de la mort, qui est vue bien différemment selon que l’on soit chrétien, bouddhiste ou encore agnostique ! Kruba Chaiyawongsa, un moine bouddhiste devenu célèbre dans la région, appelé plus communément Khru Bawong, a donc « quitté son écorce terrestre » en l’an 2000. Mais son corps, qui ne s’est point décomposé et est donc momifié, fait l’objet d’un culte des plus étonnants. Ainsi, chaque année, les dévots procèdent à une cérémonie de changement de sa robe monastique. Cela se passe à Baan Phra Bat Huai Tom, dans le district de Li (sous-district de Na Sai), dans la province voisine de Lamphun, au sud de Chiang Mai (à 2h30 de route). Du 15 au 17 mai, les disciples de Luang Pu Khru Bawong, avec l’aide de nombreux moines et des villageois de la région, sont en fête; ils invoquent le corps de feu ce moine vénéré en se remémorant son enseignement. Le 16 mai a lieu le défilé et le 17 est le jour solennel où se déroule le changement de la robe monastique. Participez à cette cérémonie religieuse plus avec piété qu’avec curiosité (et soyez vêtu dignement).

RobeChangingCeremonyKhruBawong2018Cover

Programme des festivités :

Mardi 15 mai 2018 :

  • 06h00 : offrandes matutinales aux moines;
  • 09h00 : réunion des moines au temple;
  • 10h30 : prières;
  • 11h00 : repas pris en commun avec les moines et les novices;
  • 19h00 : prières avec sermon.

Mercredi 16 mai 2018 :

  • 06h00 : offrandes matutinales aux moines;

  • 09h00 : réunion des moines au temple;
  • 10h30 : prières;
  • 11h00 : repas pris en commun avec les moines et les novices;
  • 14h00 : grande procession autour du village;
  • 19h00 : prières avec sermon.

Jeudi 17 mai 2018 :

  • 06h00 : offrandes matutinales aux moines;
  • 09h00 : réunion des moines au temple;
  • 13h00 : changement de la robe monastique de Khru Bawong avec procession, suivi d’une cérémonie où les fidèles peuvent apposer des feuilles d’or sur son corps.
  • 19h00 : prières finales avec sermon.

Les conseils de notre reporter sur le terrain

De Chiang Mai, pour vous rendre dans le district de Li, privilégiez l’ancienne route Chiang Mai-Lamphun (route no 106). Après Pasang, elle devient vallonée, bordée de chaînes montagneuses de part et d’autre (en transports publics, passage obligé par la gare routière de Lamphun depuis laquelle un song thaew vous amènera à Li où vous devrez négocier pour vous rendre jusqu’au temple, à 5 kilomètres de là). Comptez 2h30 de route (bien plus par les transports publics). On vous conseille de passer la nuit sur place, ce qui vous permettra de vivre et la procession du 16 mai et celle du 17 mai où le corps est transporté. Le meilleur établissement doit être le récent Baan Paylin Resort; il est moderne et confortable, offrant une très belle vue sur les montagnes depuis le balcon de votre chambre (attention, réservation anticipée obligatoire car il affichait complet durant cet événement annuel). Autres attractions bouddhistes à visiter sur place : en bordure de route, vous ne pourrez manquer le site du Wat Mon Luang Sa (วัดมณหลวงษา) et ses divers éléments architecturaux éparpillés. De même que le Monument des Trois Moines (Three Kruba Monument, อนุสาวรีย์สามครูบา), au cœur de Li. Tout proche, deux autres temples valent le détour : le Phrathat Ha Duang (วัดพระธาตุห้าดวง) et ses deux imposantes portes, et, juste à côté, le Wat Phra That Duang Diao. Et bien sûr le magnifique chedi doré, le Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai (พระมหาธาตุเจดีย์ศรีเวียงชัย), qui correspond à l’attraction immanquable du district de Li. Ceux qui s’intéressent aux conditions de vie des Karens peuplant la région ne manqueront pas de faire un saut au Ban Huai Tom Royal Project (ศูนย์พัฒนาโครงการหลวงพระบาทห้วยต้ม), qui offre des opportunités professionnelles aux membres de cette minorité ethnique venue de Birmanie. Il y a également à l’est le lac Doi Tao (à sec durant la saison sèche) et plus au sud le parc national Mae Ping mais pour visiter pleinement ces deux derniers sites il vous faudra alors plus de temps à disposition !

Vous serez sans nul doute émerveillé par l’écrin où repose le corps momifié de Khru Bawong. Le bâtiment où les dévots viennent se recueillir recèle de très belles sculptures blanches sur les hauteurs. Sous le regard d’une statue du Bouddha, le corps du moine lui-même est protégé par une sorte de catafalque vitrifié, déposé sur un socle immense où l’argent brille, le tout dans un environnement protégé (et sous air conditionné).

La procession du 15 mai part du Wat Phra Bat Huai Tom et fait le tour du village avec comme halte le Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai. Dès lors, vous pouvez très bien l’attendre dans ce dernier lieu. A moins que vous ne vouliez prendre part à dite procession qui dure plus de 2 heures. Bien que de nombreuses boissons (le plus souvent sucrées) soit distribuées sur l’entier du parcours, il vous faudra encore vous protéger du soleil tapant, à l’aide d’une ombrelle ou d’un couvre-chef (qui ne pas fournis sur place).


Khru Bawong parcourant les collines

Durant son existence, Luang Pu Kruba Wong a parcouru cette région vallonnée, abattant une quantité de kilomètres à pied et visitant beaucoup de villages des provinces de Lamphun, Tak, Mae Hong Son et Chiang Mai. Par conséquent, nombre d’habitants ont bénéficié de son enseignement (la région compte une importante communauté de Karens, une des nombreuses minorités ethniques du Nord thaïlandais). Jusqu’à ce qu’il s’établisse dans le temple du village de Baan Phra Bat Huai Tom, attirant de nombreux disciples. Lui-même végétarien, cet érudit insistait sur les méfaits de la consommation de viande, convertissant beaucoup de disciples au végétarisme (il faut savoir que nombre de temples bouddhistes en Thaïlande n’interdisent étonnamment pas de consommer de la viande). Khru Bawong a contribué à propager l’enseignement du bouddhisme, combattant l’ignorance (les habitants, très superstitieux, sont profondément attachés à l’animisme et croient à l’existence des pee, les fantômes). A travers cette commémoration annuelle, l’enseignement de Khru Bawong perdure.


Quid de la conservation des corps dans le bouddhisme ?

Il peut paraître fort étonnant qu’un corps humain se conserve ainsi au fils des ans, évitant tout signe de décomposition, sans qu’il y ait eu un processus manuel de momification (nous n’avons pas – encore – réussi à savoir si le corps de Khru Bawong a fait l’objet d’analyses médicales poussées). La chrétienté connait aussi ses corps qui subissent peu ou ne subissent pas de putréfaction, évitant le processus normal de décomposition après la mort. Un état touchant les saints et les béatifiés appelé incorruptibilité, mis au bénéfice de l’intervention divine et perçu par les fidèles comme un signe de sainteté. L’histoire du monachisme bouddhique nous apprend que des états spirituels supérieurs, atteints par une intense méditation, agissent sur la conservation des corps (ici en Russie, en Mongolie et bien sûr en Thaïlande); on retrouve parfois des moines momifiés à l’intérieur de statues (comme en Chine). C’est notamment le cas d’un état spirituel rare connu sous le nom de tukdam et réalisable après la mort. Au Japon par exemple, les Sokushinbutsu, des moines bouddhistes, suivaient jadis une longue pratique ascétique, les amenant à se momifier vivants – pratique interdite depuis. Ailleurs, d’autres observations font état d’un « corps arc-en-ciel » correspondant à l’état spirituel le plus élevé, proche de celui du Bouddha historique. La littérature et la tradition orale du bouddhisme font état de nombreux cas où la conscience, sous une forme subtile, voyage hors du corps grossier³. Vous pourrez donc vous-même observer les restes momifiés en vous rendant à cet événement. Exceptionnel, disions-nous. Et l’on vous rappelle de participer à cette cérémonie religieuse plus avec piété qu’avec curiosité (en étant vêtu dignement).


Liens

  • Emplacement du Wat Phra Bat Huai Tom sur Google Maps.
  • Page Facebook dédiée à Khru Bawong.
  • Page Facebook Je suis Karen (ฮา กะเหรี่ยง, une des pages de la communauté karenne, parmi d’autres).
  • Village to the World (présentation officielle du village par Amazing Thailand – l’Office national du tourisme thaïlandais, en anglais).
  • CM77 (site web d’une radio régionale, avec le programme complet mais tout est en thaïlandais).
  • La radio locale, Li Radio, sur Facebook et sur le web.

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Le splendide Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai © Facebook – AnuKun..AR.boy

Que vous y alliez durant cette fête religieuse annuelle ou à un autre moment de l’année, vous ferez là un bien beau voyage dans une Thaïlande authentique, préservée du tourisme de masse, au contact d’une population campagnarde qui vous ravira. Un village à majorité karenne connu pour son tissage – il produit des textiles variés – et son argenterie (bagues, colliers), de même qu’une production coutelière. Magnifique est son chedi doré, le Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai (พระมหาธาตุเจดีย์ศรีเวียงชัย, photo ci-dessus), encore en construction, au milieu de la vallée (la procession y fait halte). Découvrez ici le village de Baan Phra Bat Huai Tom en vidéo :


Célébration 2018

(Mise à jour du 20 mai 2018). Plusieurs médias locaux ont consacré des articles à cet événement exceptionnel. A l’image de la chaîne de radio CM77. Et comme dit événement a été filmé, on vous en livre ci-dessous la vidéo en espérant qu’elle vous donne envie de mettre ce rendez-vous à votre agenda l’année prochaine :


¹ Top 20 des destinations touristiques et des pays émetteurs – Réseau Veille Tourisme
² Tourisme : Bangkok est la ville la plus visitée au monde en 2016 Mediaphore.com
³ Les états extra corporels dans le bouddhisme par Tsenshab Serkong Rinpotché – Study Buddhism

Crédit photographique de l’image à la Une : inconnu. Source : CM77.
Mise à jour de l’article le 20 mai 2018.

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Le Festival de l’Inthakin, pilier protecteur de Chiang Mai

Le Wat Chedi Luang, situé au cœur de la cité historique (วัดเจดีย์หลวง), est l’emblème de Chiang Mai. Son immense chedi endommagé est l’une des attractions touristiques les plus visitées de la ville. Nous conseillons d’ailleurs de s’y rendre en soirée, lorsque l’édifice est magnifiquement illuminé, et d’en faire la circumambulation par la gauche (le monument se situant alors sur votre droite), en découvrant avec surprise les divers éléments qui composent le site religieux. Et c’est justement cet écrin qui accueille l’une des grandes fêtes de la ville de Chiang Mai, le Festival de l’Inthakin. Ne manquez pas cette fête annuelle du pilier protecteur de Chiang Mai où la piété des dévots est palpable.

Chaque ville de Thaïlande possède son pilier protecteur. Appelé Inthakin, celui de Chiang Mai se trouve au Wat Chedi Luang. En thaïlandais, plusieurs autres appellations sont utilisées pour cette célébration d’origine brahmanique (บูชาเสาอินทขีล, Lak Mueang Festival, Sai Khan Dok ou encore Bucha Sao Inthakin). Dans le cadre de ce festival qui dure une semaine et qui voit les abords du temple, très animés, se parer des plus beaux atours, ne manquez pas les festivités carnavalesques en soirée (dès 17h) et surtout la grande parade, haute en couleurs, qui a lieu le premier jour.

Programme de l’Inthakin Festival 2018

Cette année, le festival de 8 jours se tient du 11 au 18 mai 2018, correspondant au douzième jour de la lune décroissante du sixième mois lunaire. C’est le premier jour qui est le plus animé. Au programme ce vendredi 11 mai 2018:
  • 9h09: cérémonie religieuse avec adoration d’une statue de Bouddha appelée Fon Saan Haa– littéralement cent milles gouttes de pluie – avec un cortège du Wat Chang Taem au Wat Chedi Luang. Cette statue sacrée est ensuite bénite avec de l’eau lustrale. Les participants à cette ancienne cérémonie en attendent une bonne santé pour eux-mêmes et des récoltes abondantes (espérant que la pluie tombe aux meilleures périodes; on parle ici principalement de riziculture).
  • 14h09: NE MANQUEZ PAS le cortège haut en couleurs dans la cité historique (« le carré ») de la place des Trois Rois au Wat Chedi Luang.
  • 16h : cérémonie d’ouverture
  • Dès 17h : animation des abords du temple avec spectacle folklorique (musique & danses traditionnelles), kermesse et marché animé; joignez-vous aux milliers d’autochtones qui rendent hommage à l’Inthakin, le pilier protecteur. Les moines psalmodient en soirée, bénissant les fidèles.
Habituellement payante, l’entrée est libre durant le festival. Tous les soirs, dès 17h, festivités carnavalesques en soirée avec kermesse et animations culturelles. Vous y trouverez des stands de nourriture locale à foison. Les habitants de Chiang Mai rendent hommage à l’Inthakin, le pilier protecteur de la ville, avec moult offrandes (fleurs, encens, bougies…) qu’ils placent dans chacun des vingt-huit bols disposés sur des nattes dans le temple. Joignez-vous à la population locale pour cette émouvante cérémonie où le but est d’accumuler des mérites à travers les offrandes au temple et les hommages rendus au Bouddha.
Attention : seuls les hommes peuvent accéder au saint des saints, le pilier protecteur en forme de phallus, sur votre gauche en entrant dans le temple; les femmes doivent se contenter de déposer leur offrandes à l’extérieur du sanctuaire.
Et le dernier jour, soit vendredi 18 mai, au Wat Chedi Luang, vous pourrez assister à la cérémonie Tham Boon Muang (bénédiction de la cité) dont le but est d’apaiser les esprits gardiens des douves et des portes de la ville, assurant par là la prospérité de la cité une année durant. Au programme ce jour-là :
  • 9h30 : cérémonie de clôture en présence de 108 moines;
  • 10h00 : aumônes et offrande de nourriture aux moines;
  • 12h30 : parade dans la cité historique(« le carré ») jusqu’au Wat Chang Taem (วัดช่างแต้ม) avec, à 13h09, adoration finale de Fon Saan Haa, la statue de Bouddha ô combien vénérée.

Notez que le huitième jour, il n’y a pas d’offrandes, seules les cérémonies de clôture ont lieu. Attention! S’agissant d’une fête religieuse célébrée dans un temple bouddhiste, une tenue adéquate est exigée (épaules couvertes et pantalon/jupe/robe où les genoux sont couverts).

Le Wat Chedi Luang (วัดเจดีย์หลวงวรวิหาร) sur Facebook (mise à jour aléatoire). L’excellent magazine gratuit Guidelines Travel a consacré un reportage à cette fête, avec de très belles photos (hélas en anglais seulement).

1296, date de la fondation de Chiang Mai

La ville de Chiang Mai a été fondée par le roi Mengrai le 12 avril 1296. A cette occasion, le pilier protecteur a été érigé à 4 heures du matin, une heure astrologiquement propice. C’est le Wat Sadue Muang (วัดอินทขีลสะดือเมือง, Temple du Cœur de la Ville, plus connu comme le Wat Inthakin), près du Monument des Trois Roi, qui abritait originellement le pilier. La ville a ensuite été occupée durant près de 200 ans par les Birmans, temps considérés comme difficiles. Les habitants de Chiang Mai croient que ces calamités sont survenues parce que leur ancêtres n’ont pas respecté les esprits protecteurs de la ville.

Ensuite de quoi, lorsque le prince Kawila réussit à vaincre le Myanmar et à rénover la ville en 1800, il accorda une attention particulière aux besoins des esprits protecteurs. Il a fait déplacer le pilier du Wat Inthakin, à l’abandon, au Wat Chedi Luang (l’actuel pilier date de juin 1893), construisant un pavillon spécial (Viharn Jaturamook) et plantant trois grands arbres alentour, des diptérocarpacées. Une croyance locale affirme que si l’arbre le plus proche du pavillon tombe, alors Chiang Mai tombera aussi !  Sachez encore que le pilier en question ne peut être vu à aucun autre moment de l’année.

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© Facebook – Panupong Boonruang (photo 1 & photo 2)


La légende de l’Inthakin

C’est Pra Mahaa Meun Wuttiyano du Wat Haw Wang, ici à Chiang Mai, qui nous la raconte.

La région était jadis le centre du royaume du Lanna, pays des Luas (ou Lawas, une des ethnies régionales). La ville était hantée par les mauvais esprits (les pee), cause des problèmes et des difficultés de son peuple. Le dieu Indra (Pra In en  thaïlandais, roi des dieux ou des devas) leur vint en aide en leur confiant trois puits magiques au centre de la ville : un puits d’or, un puits d’argent et un puits de cristal. Indra ordonna à neuf clans de prendre soin des puits magiques, trois clans par puits, et nomma la ville Nopaburi (nop ou นพ signifie neuf). Les Luas pouvaient puiser dans ces puits tout l’or, l’argent et le cristal qu’ils désiraient à condition de respecter les préceptes de vertu. En suivant ces préceptes, leur prospérité était assurée.

Mais cette fortune rendit envieux les habitants des villes alentour. Ces derniers fomentèrent une guerre à l’encontre de Nopaburi. Les habitants furent effrayés et demandèrent alors à un rishi – un saint homme – d’avertir le dieu Indra. Une fois informé, le dieu ordonna à deux géants de retirer du ciel le pilier Inthakin(Intha= Indra, kin= pilier) et de l’enfoncer dans la terre au centre de la ville de Nopaburi. Lorsque les troupes ennemies entrèrent dans la ville, par le pouvoir de l’Inthakin, elles furent transformées en marchands. Au lieu de combattre, ces marchands demandèrent au peuple Lua une part de richesse. Les Luas ont simplement averti les marchands qu’en suivant les préceptes de vertu et d’honnêteté du dieu Indra, fortune sera faite. Une partie des commerçant suivit ce chemin de vertu. Mais hélas, trois fois hélas, d’autres prirent un autre chemin, celui de l’avidité. Ce qui attisa la colère des deux géants qui retirèrent alors le pilier protecteur, le ramenant au ciel.

Ce retrait entraîna la disparition du pouvoir magique des trois puits. La population a commencé à souffrir. Ce fut à cette époque qu’un moine vénéré dans tout le royaume Lanna fit une prédiction funeste : dans quelques années, la ville serait dévastée ! Les Luas prirent peur quant à leur sombre avenir, implorant l’aide du moine. Ce dernier informa Indra qui conseilla alors aux Luas de fabriquer un grand wok en métal pour y mettre des figurines de tous les animaux par paires, de même les hommes et femmes de toutes les langues, et d’enterrer le tout, auréolé d’une réplique du pilier céleste, l’Inthakin. Les habitants devront venir adorer le pilier, tout en respectant les préceptes de vertu, ce qui apportera paix et prospérité à la ville. Et c’est ainsi qu’en suivant cette tradition, la ville n’a plus jamais connu de grande catastrophe jusqu’à aujourd’hui.


La vidéo ci-dessous vous dévoile l’ambiance nocturne de la fête :

In fine convoquons l’érudition de Jean de la Mainate, animateur de Merveilleuse Chiang Maï, un blog de référence, qui vous en dira encore plus sur le Festival de l’Inthakin, cette colonne représentant à ses yeux un pacte entre deux mondes, celui des hommes et celui des esprits.

Celles et ceux sachant lire le thaïlandais pourront également consulter une source de référence, le Centre d’Information du Nord thaïlandais de l’Université de Chiang Mai (CMU). Programme complet des festivités (toujours en thaïlandais).
On conclut ici en souhaitant la plus grande prospérité aux habitants de la ville de Chiang Mai, comptant sur eux pour rester vertueux.

Principale source éditoriale : Chiang Mai Best (traduction libre avec adaptation).

Crédit de la photo à la Une : Neona Neonana (source Facebook – ChiangMai Photo Club).

Songkran. Le parc Royal Flora en mode traditionnel

Vous savez qu’on apprécie le parc royal Rajapruek, appelé également Royal Flora, à l’extérieur de Chiang Mai. Nous en avons déjà consacré un article : le Royal Flora en fête. Et rebelote en cette période de Songkran, le Nouvel An thaïlandais, où le parfum du Lanna flottera dans le parc du 1er au 30 avril 2018, de 8h à 18h.

Un récent sondage démontre que les Thaïlandais sont attachés à leur tradition. 85% d’entre eux pensent qu’il faut porter des vêtements traditionnels durant Songkran. Et les costumes traditionnels se vendent bien cette année. L’office du tourisme de la ville a organisé un concours sur ce thème et Major Cineplex offre par ailleurs l’entrée à ses cinémas dans tout le royaume à ceux qui seront habillés de la sorte ! On habille même les nouveaux-nés ainsi ! L’événement dont nous vous faisons part, qui dure 1 mois ici à Chiang Mai, vous donne l’occasion de visiter cette belle attraction – le parc royal Rajapruek donc – en habits traditionnels thaïlandais et ainsi faire de magnifiques photos-souvenirs (le service de location d’habits se trouve à l’Ayuttaya Garden au sein du parc, location à THB 150.-). Admirez donc le charme des orchidées du nord thaïlandais et visitez le pavillon royal tels des autochtones du passé.

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© Facebook – อุทยานหลวงราชพฤกษ์ + Mildalle

Durant le Songkran à proprement parler, c’est-à-dire le Nouvel An thaïlandais du 12 au 16 avril 2018, des animations spéciales sont au programme : vous verrez là ce que sont l’ablution purificatrice des statues du Bouddha et le versement d’eau sur les personnes accompagné des voeux de « Bonne Année » à la mode du Lanna, du nom de l’ancien royaume du Nord 💦


On vous invite à en savoir plus sur ce parc en cliquant ici. Ce qui vous permettra également de connaître les attractions alentour.

Le Parc Royal Rajapruek (อุทยานหลวงราชพฤกษ์) sur Facebook, sur le web et son emplacement.

Mise à jour le 17.04.2018

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13 mars. Journée Nationale de l’Eléphant en Thaïlande. Bombance éléphantesque

Chaque année depuis 1998, la Thaïlande célèbre la Journée Nationale de l’Eléphant le 13 mars, wan chang en langue thaïlandaise (วันช้างไทย), «chang» signifiant l’éléphant. Notez qu’elle ne coïncide pas avec le World Elephant Day, soit la Journée Mondiale de l’Eléphant célébrée le 12 août, plus récente et pratiquement ignorée en Thaïlande. Ce jour a été choisi parce que c’est le 13 mars 1963 que le Département Royal des Forêts a désigné l’éléphant blanc (ช้างเผือก, chang phueak) comme animal national du royaume. Ces derniers sont considérés comme sacrés et représentent un symbole du pouvoir royal. Malheureusement, la superstition entretient le commerce de l’ivoire; certains riches Thaïlandais continuent de croire que les défenses sont le signe d’un grand pouvoir… On vous dévoile encore quelques éléments historiques avant de vous donner le programme des diverses festivités à Chiang Mai.

Depuis l’Antiquité, les Thaïlandais entretiennent des relations étroites avec les éléphants, ceux-ci jouant un rôle important dans le transport, le travail et la guerre. De nombreuses légendes y font référence. Hélas, trois fois hélas, leur existence-même est menacée en raison de la raréfaction de leur habitat naturel, grignoté peu à peu par l’invasion humaine, du changement climatique et également du braconnage, entre autres raisons. En un siècle, malgré la protection dont ils sont l’objet, ils sont ainsi passés de plus de 100’000 individus à moins de 3’000 éléphants sauvages et environ 2’700 éléphants domestiques.

Eléphant et bouddhisme. Les représentations d’éléphants sont nombreuses dans les temples thaïlandais. Selon une légende, Mayadévi, la propre mère du Bouddha historique, rêva qu’un éléphant blanc venu du paradis entrait dans son ventre, signe de la prochaine venue d’un être pur et puissant. Aussi, l’éléphant blanc est considéré comme très favorable et jouit d’un statut royal en Thaïlande. Le bouddhisme thaïlandais incorpore des éléments de croyances hindoues; il est courant de voir des sanctuaires dédiés aux dieux et divinités hindous : Ganesh, dieu hindou à tête d’éléphant, et Erawan, mont des éléphants d’Indra, sont souvent représentés dans les sanctuaires et temples siamois.

ThaiElephantDay2018FlagL’éléphant en tant que symbole national. Les visiteurs arrivant en Thaïlande, et plus encore à Chiang Mai, ne manqueront pas de remarquer que les représentations d’éléphants apparaissent sur une gamme infinie d’objets du quotidien allant des réverbères aux souvenirs, en passant par les serviettes des hôtels pliées en forme d’éléphants ou encore les tasses où la trompe sert d’anse.

ThaiElephantDay2018CheismElephantMap

© cheism

Pendant près de 100 ans*, le drapeau national du Siam a intégré un éléphant blanc. Eléphant qui fait toujours partie du blason de la Marine Royale thaïlandaise.
Coïncidence ou non, si vous regardez le contour d’une carte de la Thaïlande, vous pouvez voir la ressemblance avec un éléphant : les «oreilles» au nord et au nord-est et le «tronc» se baissant vers le sud de Bangkok et s’étendant vers la Malaisie.

Quelques mots de thaïlandais :
ช้าง (cháang) : l’éléphant
ช้างเผือก (cháang phueak) : l’éléphant blanc
งา (ngaa) : l’ivoire
งวง (nguang) : la trompe
หาง (hăang) : la queue

Vous l’aurez compris, l’éléphant fait partie du patrimoine thaïlandais. Et c’est peut-être cette intimité qui empêche le peuple siamois d’apporter un regard critique sur la façon dont il a traité et traite encore ce majestueux mammifère. Prenez l’exemple de la King’s Cup, récemment organisée à Bangkok : des joueurs de polo à dos d’éléphants ! Un vil asservissement embaumé sous le couvert d’un événement de charité. Lorsqu’un des organisateurs affirment par exemple «Notre but c’est de les emmener ici pour une semaine de vacances. Nous avons nos vétérinaires, ils sont bien nourris et passent un très bon moment», précisant que chaque animal ne joue que 35 minutes par jour, on se rend compte du chemin à parcourir pour éveiller les consciences. La condamnation est facile mais la problématique de la coexistence des éléphants et des humains est complexe. Et les réponses que l’on peut apporter ne sont jamais faciles à mettre en oeuvre.

Trois objectifs ont été assignés à cette journée de commémoration :

  • Montrer à quel point les éléphants sont importants en Thaïlande.
  • Rappeler l’importance de l’éléphant dans la culture siamoise.
  • Sensibiliser la population à leur protection et leur conservation dans leur habitat naturel.

Vous avez là en vidéo quelques exemples des festivités, dans le camp de Mae Sa, au nord de Chiang Mai, à Surin, dans l’Isan, avec une grande parade (où le religieux n’est jamais loin) permettant d’admirer, par exemple, un impressionnant éléphant blanc. Espérons que cette célébration annuelle participera du lent changement de mentalité afin que le sort des éléphants s’améliore et leur existence à plus long terme soit garantie.


Festivités à Chiang Mai. Buffet pour plus de 80 éléphants

Les principaux camps d’éléphants de la région marquent l’événement en octroyant généralement l’entrée gratuite. Des festivités sont organisées, notamment avec des parades et des danses traditionnelles. Le point d’orgue est constitué par un buffet gigantesque offert aux pachydermes, le satoke.
ThaiElephantDay2018MaeSaCover1Depuis quelques années maintenant, la cérémonie la plus spectaculaire a lieu au camp d’éléphants de Mae Sa, au nord, dans le district de Mae Rim, le plus proche de la ville de Chiang Mai. Un camp qui se vante de préserver l’espèce (sa nurserie est populaire). Nous n’apprécions pas vraiment les attractions proposées généralement par cet endroit, assimilable à un camp de torture animalière, toujours est-il que c’est là que se déroule le fameux satoke officiel réunissant plus de 80 éléphants ! L’entrée est gratuite (don apprécié) et la fête sera spectaculaire, à défaut d’être belle. Au programme en ce mardi 13 mars :
  • 12h00 : ouverture
  • 12h30 : bai sri su kwun, une cérémonie religieuse
  • 13h00 : arrivée des invités d’honneur, dont le gouverneur de la province, suivi du spectacle « Le peuple de Thaïlande et l’éléphant blanc »
  • 13h45 : satoke, soit le khantoke des éléphants (impressionnant buffet qui réunira plus de 80 pachydermes: PS : les personnes sur place en ont compté moins de 60)
  • 14h30 : spectacle folklorique par les minorités ethniques de la région
  • 15h00 : fin de l’événement.

Camp d’éléphants de Mae Sa (ปางช้างแม่สา) : site web, page Facebook, emplacement.
Mise à jour : le magazine Events Weekly en a fait un reportage avec photos.

Encore plus au nord, le camp d’éléphants de Mae Taeng organise lui aussi son satoke. Ce ne sont pas moins de 60 éléphants qui profiteront de cette bombance dès 15h. Ici, vous pourrez revêtir l’habit typique des mahouts, souvent karens, une des minorités ethniques du nord, et nourrir les pachydermes. Avec diverses animations, dont un concours de photos. Vous y trouverez également des stands de nourriture locale; l’entrée est gratuite.

Camp d’éléphants de Mae Taeng (ปางช้างแม่แตง คลับ) : site web, page Facebook, emplacement.

ThaiElephantDay2018MaeTaengCover


Aux portes de la ville, le zoo de Chiang Mai organise lui aussi sa Journée Nationale de l’Eléphant le 13 Mars 2018. Une exposition vous fera mieux connaître les éléphantidés.  Les activités se destinent plus particulièrement aux enfants, avec notamment un atelier de dessin et de peinture. Là aussi un satoke, buffet dont les éléphants raffolent (d’autant que le quotidien des éléphants enfermés dans de minuscules parcs n’est pas rose). Ouvert de 8h à 17h (prix d’entrée habituel).

Zoo de Chiang Mai (สวนสัตว์เชียงใหม่) : site web, page Facebook, emplacement.

ThaiElephantDay2018ChiangMaiZoo.Cover


Enfin, signalons l’exposition-photo organisée au centre commercial Central Festival depuis le 7 mars dernier (étage 3, zone éducative). Intitulée Les éléphants thaïlandais à travers la lentille – Les gens et les éléphants, elle prendra fin ce 13 mars, Journée Nationale de l’Eléphant. Diverses animations sont proposées.

Thai Elephants through the Lens –  People and Elephants, au Central Festival : page Facebook, événement FB, emplacement, quelques photos.

ThaiElephantDay2018ThaiElephantsThroughTheLensCover

ThaiElephantDay2018ElephantParadeLandLogoFB


Cette journée de célébration peut aussi être l’occasion de visiter l’Elephant Parade Land, une adresse prisée des familles avec enfants. Vous pourrez en apprendre beaucoup sur l’éléphant d’Asie, admirer à l’extérieur les superbes sculptures des artistes ayant créé des oeuvres pour soutenir la fondation et peindre vous-même votre propre exemplaire. Nous vous reparlerons de cet endroit admirable.

Elephant Parade Land : site web, page Facebook, emplacement.

ThaiElephantDay2018MaeTaengPhoto

© Facebook – Maetaeng Elephant Park

Et à Lampang, siège du Centre national de conservation des éléphants

ThaiElephantDay2018LampangCoverAutre très belle cérémonie (si l’on fait fi de l’exploitation qu’est faite des pachydermes impliqués), à Lampang, à seulement 1h30 de route de Chiang Mai. Le Centre de Conservation des Eléphants de Lampang (ศูนย์อนุรักษ์ช้างไทย จ.ลำปาง) organise une cérémonie similaire sur deux jours, les 12 et 13 mars 2018. Les moines bouddhistes y participent et elle commence généralement à 8h09 (difficile de mettre la main sur le programme précis). Les activités habituelles du centre sont remplacées par les activités spéciales en l’honneur de l’éléphant (et en souvenir de Sa Majesté feu le roi Bhumibol Adulyadej le Grand, Rama IX, qui soutint de son vivant ce centre). A cette occasion, une impressionnante parade d’éléphants est organisée. Ces deux jours sont également des jours de repos semi-officiels des éléphants (et ils le méritent bien).
Centre de Conservation des Eléphants, à Lampang (ศูนย์อนุรักษ์ช้างไทย จ.ลำปาง) : site web, page Facebook, emplacement.
Bien évidemment, ces célébrations ne sont pas l’apanage du seul nord thaïlandais. C’est tout le royaume qui célèbre les éléphants, notamment la région de Surin, dans l’Isan, ou encore cette cérémonie qui a eu lieu chaque année dans la province de Tak, aux frontières de la Birmanie, non loin de Sukhothai (le reportage concerne celle de 2017).

Défense et préservation des pachydermes

On vous laisse encore prendre connaissance d’un ancien et du dernier message de Lek Chailert, l’iconique fondatrice de l’ENP – Elephant Nature Park ici à Chiang Mai (les festivités ne concernent que les visiteurs du jour, payants donc). Depuis des décennies, elle ne cesse de dénoncer les souffrances qu’endurent les éléphants exploités dans l’industrie touristique. Nous aurons sans doute l’occasion de revenir sur le côté sombre qu’induit l’existence des camps d’éléphants destinés au tourisme.
Et l’on termine avec le superbe reportage que l’émission Faut Pas Rêver avait consacré à Lek, Thaïlande, la route des rois – pour l’amour des éléphants :

ElephantsAsie

Que ce soit le 13 mars ou non, les éléphants sont une des attractions touristiques-phares pour toute personne venant à Chiang Mai. A défaut de vous rendre dans un parc national pour observer ces majestueux pachydermes, vous pouvez visiter un sanctuaire ou un camp d’éléphants sis dans la jungle autour de Chiang Mai. Préparez votre visite en connaissant mieux ce mammifère géant à travers la lecture. On vous conseille le beau livre Éléphant d’Asie. Un géant menacé, recueil d’images captivantes, intrigantes et parfois provocantes de Palani Mohan qui a consacré de nombreuses années à étudier cet animal. Sinon, vos enfants apprécieront L’histoire vraie de Siam l’éléphant (dès 6 ans) ou encore Savais-tu ? Les éléphants, tiré de la série documentaire humoristique sur les animaux servis à la manière d’une BD (à partir de 9 ans).
Ces achats peuvent aussi se faire ensuite de votre rencontre avec les éléphants et permettront ainsi de vous remémorer l’émouvant souvenir que laisse une telle rencontre. Chose que fera sans difficulté aucune ce magnifique calendrier 2018 de photos noir-blanc Des Eléphants et des Hommes 2018 (qui capte brillamment la relation entre les éléphants et les êtres humains en Asie du sud-est).


*de 1820 à 1917, sous trois aspects différents

Sources rédactionnelles : programmes des divers camps d’éléphants évoqués, Wikipedia, Thaizer, Learn Thai with Mod, EREC – Centre de recherche de la Faculté vétérinaire de l’Université de Chiang Mai (CMU)
Source photographique de l’image à la une : © Facebook
Mise à jour le 21.03.2018

 

 

 

 

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