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Festival de la Fraise à Chiang Mai. C’est en février que Samoeng fête la fraise !

🍓 Des fraises en Thaïlande ? En venant ici au nord durant « l’hiver » (décembre et janvier), apercevoir des fraises au marché ne sera pas le moindre de vos étonnements. Un double plaisir pour vous : d’abord aller les cueillir dans un champ avant de croquer ce fruit succulent. Et ça tombe bien car la fraise a son festival et il se déroule chaque année dans la province de Chiang Mai. On vous dit tout de la Fête de la Fraise (avec nos conseils d’hébergement) et de la production de ce faux-fruit au royaume de Thaïlande (un éclairant travail académique clôt notre article). Qui sait si une nouvelle expression ne naîtra pas : aller aux fraises… à Samoeng ! Mais au fait, comment se dit fraise en langue thaï ?

SamoengStrawberryFair2017CoverFBancienne

© Facebook

La Fête de la Fraise à Samoeng

Ici à Chiang Mai, vous ne pourrez manquer de voir des fraises en y venant en hiver (décembre et janvier, mois qui correspondent au pic de production). Que vous alliez dans la touristique vallée de Mae Sa (au nord de la ville), vers Mae Kampong (à l’est) ou encore au Doi Inthanon (au sud-ouest), vous verrez quantité de champs de fraises où les amateurs sont attendus afin qu’ils cueillent ce fruit exquis. Un arrêt gourmand qui vous permet de vous mêler à la population locale qui apprécie de plus en plus la fraise.

Les voyageurs aimant à parcourir les routes du nord du royaume en scooter ou moto connaissent Samoeng pour la magnifique boucle qui part de Chiang Mai et y revient en passant justement par ce bourg montagneux, à l’ouest, s’arrêtant à son marché central qui draine moult minorités ethniques peuplant les montagnes alentour. Mais Samoeng est beaucoup plus connu par les Thaïlandais pour sa production… de fraises ! Ce sont près de 700 agriculteurs qui vivent de cette production, étalée sur 3’900 rai et produisant en tout 10’000 tonnes de délicieuses fraises¹Chaque année, la 2e semaine du mois de février, est célébré ce fruit qui représente, aux yeux des locaux, le fruit de l’amour.

SamoengStrawberryFair2019Cover

Ainsi, cette année, du mercredi 6 au dimanche 10 février 2019, Samoeng organise la Fête de la Fraise, 18e édition. Pour y être allé à plusieurs reprises depuis six ans maintenant, c’est un festival qui prend de l’ampleur – passant d’une durée de 3 à 5 jours – et l’ambiance qui y règne, à l’écart des routes touristiques du royaume, est à nulle autre pareille. C’est dire que nous ne pouvons que vous conseiller d’y participer. Sur les 5 jours du festival, le samedi en représente son point d’orgue avec la parade matinale et la cérémonie d’ouverture. Vous y verrez des danses traditionnelles effectuées par des membres des diverses ethnies minoritaires vêtues de leurs habits traditionnels. De Chiang Mai, Samoeng (สะเมิง) se rejoint en 1h30 d’une magnifique route de montagne. Ses lacets raviront les scootéristes et plus encore les motards. Ne manquez donc pas la parade du samedi matin (tôt, très tôt, mais cela en vaut la peine et cet album-photo de l’édition 2016 vous le prouve), suivie par une cérémonie d’ouverture et ses spectacles folkloriques !

A NE PAS MANQUER !
Samedi 9 février 2019
⇾ à 7h30 : cortège fleuri avec animations folkloriques
⇾ à 9h09 : cérémonie d’ouverture
● Et durant les 5 jours du festival, kad mua, marché typique du Lanna, avec expositions d’agriculture et produits locaux, dont les fameux produits OTOP.

En vous promenant dans les marchés de Chiang Mai ou dans la campagne alentour, vous aurez sans doute constaté en ce début d’année que les fraises sont partout ou presque. C’est de saison ! Et Samoeng fête donc ce fruit venu d’ailleurs (mais qui s’est très bien acclimaté). La Fête de la Fraise, à Samoeng, est un événement qui se déroule au cœur du bourg et offre moult activités : divers concours culinaires, une parade fleurie, un marché typique du Lanna (kad mua) avec des stands proposant… des fraises, obvie, mais aussi d’autres produits agricoles régionaux et de délicieux produits locaux, dont des produits estampillés OTOP. Au programme également : des jeux et des compétitions sportives. C’est aussi une magnifique occasion de côtoyer des membres des nombreuses minorités ethniques qui descendent des montagnes de la province, Hmong, Karen et autres Lisu. Et cette année, on nous promet la présence des Taï Lüe, une des minorités ethniques venues du sud de la Chine que nous apprécions particulièrement (un village ethnique se trouve non loin de Samoeng).

SamoengStrawberryFair2019PhotoEventsWeeklyNewsMontage

Miss Fraise entourée d’une charmante Karen et d’une non moins charmante Hmong © Facebook – Events Weekly News

En soirée, y règne une ambiance campagnarde avec animation musicale locale, danses, des combats de muay thai, la fameuse boxe thaïlandaise, des concours vocaux… Sans oublier l’incontournable concours de beauté : ici c’est Miss Strawberry qui sera élue, autrement dit, Miss Fraise. Une ambiance de kermesse qu’on apprécie.

Vous pourrez bien entendu acheter de succulentes fraises à emporter. À moins que votre intérêt ne se porte sur la liqueur qui en est tirée, vendue elle aussi sur place… Vous êtes également encouragé à visiter les plantations de fraises autour de Samoeng, une région connue pour abriter les plus grandes plantations de fraises en Thaïlande. C’est dire qu’il vaut mieux y venir avec votre propre moyen de transport et rayonner.


PROGRAMME OFFICIEL

Durant les 5 jours du festival, du 6 au 10 février 2019, en journée :

  • Diverses expositions agricoles, dont celle de la fondation du Projet Royal
  • Marché des fraises et de produits locaux, notamment OTOP
  • Concours des plus belles fraises

Mercredi 06.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise.

Jeudi 07.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, concert de musique traditionnelle par les élèves de l’école de Samoeng.

Vendredi 08.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, kermesse, élection de Miss Minorités Ethniques (tribus montagnardes).

Samedi 09.02.2019. En journée :

  • Dès 7h30 : grand cortège fleuri avec animations folkloriques
  • À 9h09 : cérémonie d’ouverture
  • Spectacle des élèves de l’école de Samoeng
  • Concours du plus beau costume (thème : la fraise, obvie)
  • Remise du prix au meilleur participant de la parade
  • Discours officiels

Animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, kermesse, concours de beauté des enfants.

Dimanche 10.02.2019 : animation en soirée avec musique, danse et boxe thaïlandaise, kermesse, élection de Miss Fraise.

La Fête de la Fraise sur internet
Evénement Facebook (เทศกาล สตรอว์เบอร์รี่ 2019)
Programme complet (mais en langue thaï)
● En savoir plus sur la page Facebook At Samoeng (ที่นี่ สะเมิง)
Conférence de presse à la campagne (par le département d’agriculture du district)
Emplacement des festivités, au cœur du village (carte)


Samoeng Center Photo Montage.jpeg

Il y a hébergement de qualité à Samoeng, comme ici le Samoeng Center

Dormir à Samoeng

Dans la mesure où le clou de la fête est la parade du samedi matin commençant avant 8h, nous vous recommandons vivement de dormir sur place le vendredi soir. C’est aussi une occasion de vous imprégner de l’ambiance à nulle autre pareille de ce festival attachant. Prenez garde : les nuits durant l’hiver thaïlandais peuvent être fraîches là-haut.

Voici donc nos recommandations hôtelières, sachant qu’il existe quantité d’autres hébergements, à Samoeng-même ou aux alentours. En cliquant sur le lien, vous serez dirigé vers le site Booking.com (avec qui nous sommes partenaires), où vous est présenté l’hôtel et où vous pourrez directement le réserver :
Sometime @ Samoeng, c’est l’adresse qu’on préfère, un peu en retrait. Privilégiez les bungalows au bord de la rivière Samoeng (petit canal) avec vue sur les rizières et les collines alentour. THB 1’500.-/nuit (hélas, pas de rabais sans utilisation de la climatisation, bien inutile en saison fraîche). Un resort au milieu des cultures (fruits de la passion et raisins qui vous seront servis au petit-déjeuner).
Lhongkhao Samoeng est l’adresse la plus prisée, non loin de la fête; elle ne devrait pas vous décevoir.
Samoeng Center. Il s’agit de l’établissement le plus luxueux en ville, là-même où vous pouvez profiter du spa (onsen accessible aux invités). Faites-vous donc plaisir ! Nous, on adore.
Li-su Camp @ Samoeng. Il peut être original de dormir sous tente ! Pour ceux qui veulent vivre une expérience authentique, au contact d’une des minorités de la région, en l’occurrence les Lisu.
► Et enfin notre petite adresse de derrière les fagots. Baan Khao (White House en anglais, บ้านขาวสะเมิง โฮสเทล แอนด์ คาเฟ่ en thaï), une petite maison en bois tout de blanc peinte, en ville. Ce n’est évidemment pas le confort qui est visé en dormant ici (le prix est de THB 400.-/personne). Ici, vous aurez vraiment l’impression de vivre comme des locaux. Trois chambre avec salle d’eau commune. Une maison qui nous a envoûtés et qui ravira les amateurs d’authenticité. Vous pouvez essayer d’appeler (089 701 0417) mais le mieux est de passer pour réserver (et ainsi de voir si l’offre est en adéquation avec vos exigences).

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Sometime @ Samoeng

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Baan Khao (White House)

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La production de fraises en Thaïlande²

On vous renvoie à la contribution académique closant cet article pour ce qui est de la production des fraises en Thaïlande. Mais sachez que la fraise fait l’objet de recherches universitaires afin de l’acclimater au pays. Ainsi de la fondation du Projet Royal, très présente dans la province de Chiang Mai (lire ci-dessous). Ou encore d’une ferme de recherche sur les fraises gérée par l’Université Naresuan, à Phetchabun. C’est là qu’un projet prometteur vise à mettre au point une nouvelle variété de fraises qui, en plus d’offrir un goût fort, présente des avantages pour la santé.

« Nous sommes en train de stimuler l’anthocynanine dans nos fraises. Les perspectives sont excellentes « , a déclaré Narongchai Pipattanawong, directeur du marketing de la fondation du Projet Royal. L’anthocyanine a des propriétés antioxydantes et anti-cancérigènes. « Nous attendons des résultats satisfaisants au cours des deux prochaines années « , a-t-il dit. Il a déclaré que certaines variétés italiennes de fraises contiennent une quantité importante d’anthocynanine, mais qu’elles ne poussent pas bien dans les conditions climatiques de la Thaïlande.

En conséquence, la fondation du Projet Royal et le Fonds de recherche thaïlandais (TRF) ont financé conjointement le projet de recherche, qui est mené par l’un des doctorants de l’Université Naresuan, pour développer une variété de fraise qui contiendra une quantité relativement élevée d’anthocynanine et qui fleurira également bien en Thaïlande. Peerasak Chaiprasart, qui dirige le Centre d’excellence en technologie post-récolte de l’université, est le conseiller du chercheur. « Nous avons déjà trouvé la variété de fraise qui contient les qualités désirables, mais nous l’expérimentons encore et nous ne pouvons pas encore divulguer les détails « , dit-il. Pourtant, il est fier de dire que cette variété peut fournir 100 milligrammes d’anthocyanine par fraise. « Avec une telle quantité, notre fraise sera en mesure de combattre les cancers « , a dit M. Peerasak. Prasert Pavasant, directeur du programme de recherche et de chercheurs pour les industries de la fondation, a déclaré que les recherches en cours sont très fructueuses.

Yuttana Bamrungkhiri, une agricultrice Hmong du district de Khao Kho à Phetchabun, a développé le Phrarachatan 80 pour attirer les touristes au cours des cinq dernières années. « Elle génère des profits de THB 350’000 sur les cinq mois de la période de floraison des fraisiers » dit-elle. Cela permet aux touristes de se promener dans sa plantation de fraises et de cueillir des fruits frais. « Beaucoup d’autres habitants de la région ont également ouvert leur ferme de fraises aux touristes », déclare l’agricultrice de 56 ans. Yuttana est reconnaissante au regretté roi de se soucier du bien-être de la population des tribus montagnardes. « Grâce à lui, nous n’avons pas à nous en tenir à la culture de l’opium, qui est illégale « , a dit Mme Yuttana. « Nous lui en sommes particulièrement reconnaissants parce qu’il aimait son peuple, y compris nous, les tribus montagnardes. »


Et comment dit-on fraise en thaï ?

SamoengStrawberryFair2019PhotoIAmSeason

© Facebook – Crédit : IAmSeason

La fraise étant un produit étranger à la Thaïlande, c’est le mot anglais qui a été repris tel quel mais avec une prononciation à la thaïlandaise. Aussi, en thaï, la fraise s’écrit สตรอเบอร์รี (satroboeri), strawberry en anglais. Comme ce mot peut aussi désigner la plante, on ajoutera ผล (phon) pour parler du fruit, ce qui donne au final ผลสตรอเบอร์รี (phon satroboeri). Attention ! La jeunesse thaïlandaise utilise ce même terme pour désigner un menteur (สตรอ, satro).

Aux yeux des Thaïlandais, la fraise est le fruit de l’amour (สตรอเบอรี่ : ผลไม้แห่งความรัก). Un fruit qui est nouveau (et encore exotique) pour eux. Peu d’entre eux apprécient manger des fraises agrémentées de jus de citron (manao) et d’un peu de sucre (et ne parlons pas des fraises à la crème de Gruyère, chère au cœur des Fribourgeois). Non ! Les Thaïlandais aiment à manger les fraises peu mûres (c’est un euphémisme car ils les mangent carrément vertes), avec un peu de… piment, comme souvent avec les fruits. Les mauvaises langues – qui hélas ont raison en la matière – rappelleront que la Thaïlande est un pays où une bonne partie de sa production de fruits et légumes est infestée de pesticides. Mais il est tout de même des producteurs offrant des fraises biologiques (on dit organic ici en Thaïlande). Le Projet Royal initié par feu Bhumibol le Grand, en est un des fers de lance (lire l’aparté en fin d’article). En dehors de Samoeng, c’est dans la région de Fang, plus au nord, que la production de fraises est importante. De même, vous pourrez en voir – et surtout en manger – à la Station Royale d’Agriculture du Doi Angkhang.

« Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de bonheur. »   Alain


La région de Samoeng

La région de Samoeng mérite une visite au-delà de la seule Fête de la Fraise. Nous vous avons déjà parlé des champs de chrysanthèmes plus à l’ouest du village (dont la floraison a lieu de mi-octobre à mi-novembre), vous proposant d’autres visites alentour. Et Samoeng est la région où notre ami Loolu, un jeune Karen pétillant, organise des treks et reçoit ses hôtes dans sa famille au village, avec possibilité d’y dormir (ici, pas d’autres touristes que vous). Consultez tous les treks proposés par Loolu (c’est Toto, la manager du Swiss-Lanna Lodge, qui gère toutes ses réservations en langue française). Nous consacrerons bientôt un article plus fouillé sur les attractions de cette verte région.

De peur de trop ramener notre fraise, on clôt là notre article 😏

La production de fraises et la Fondation du Projet Royal³

Le Projet Royal est une fondation créée en 1969 par Sa Majesté le Roi Bhumibol Adulyadej. A sa création, elle visait deux objectifs :

  • développer et améliorer les conditions économiques et le niveau de vie des minorités ethniques peuplant le nord thaïlandais en utilisant les cultures de rente pour remplacer la culture du pavot;
  • préserver les forêts et l’environnement.

La recherche sur les fraises comme culture de remplacement a débuté en 1974, en collaboration avec l’Université Kasetsart, à Bangkok. Les résultats de cette recherche ont permis aux tribus montagnardes et aux populations locales de tirer des revenus de la production de fraises et de plantes-filles. Les fraises, entre autres cultures, offrent maintenant à ces populations une source d’investissement rapide et à rendement élevé.

C’est en 1934 qu’un cultivar inconnu a été introduit par les Britanniques dans la province de Chiang Mai. Malgré sa chair très molle, sa petite taille, sa couleur peu avenante et son faible rendement, cette fraise a suscité un grand intérêt comme fruit dans les jardins thaïlandais. Les fraises sont cependant devenues économiquement importantes à partir du début des années 1980.

Les premiers cultivars provenaient des Etats-Unis. Après plusieurs tests, et de nombreux échecs, d’autres cultivars ont été introduits, cette fois du Japon. Les nouvelles variétés issues de la recherche siamoise sont connues sous le nom de Phrarachatan; aussi, de nombreuses variétés de fraises en Thaïlande font partie de cette lignée. La première variété de la lignée est connue sous le nom de Phrarachatan 16. La dernière variété de fraise nommée par Rama IX, décédé le 13 octobre 2016, est le Phrarachatan 88¹.

En gros, la production de fraises se limite aux provinces de Chiang Mai (principalement dans les districts de Fang et de Samoeng, de même que sur les pentes du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande) et de Chiang Rai (principalement dans le district de Mae Sai), dans le nord de la Thaïlande donc, où le climat frais de décembre à mars en permet la production. La plupart des exploitations de fraises de ces deux provinces sont des petites et moyennes exploitations familiales d’une taille moyenne comprise 0,5 à 5 hectares. Des fraises sont également cultivées dans les montagnes de quelques provinces du nord-est de la Thaïlande, mais la production est relativement peu importante.

Les fraises constituent une culture annuelle en Thaïlande. Dans les régions montagneuses (plus de 1000 m d’altitude), la période optimale de plantation se situe à la fin du mois d’août, permettant ainsi d’obtenir un rendement élevé. Les fruits sont récoltés de début novembre à mai. C’est en janvier et février que la production atteint son maximum. Après la période de récolte, les stolons se développent pour la propagation de nouvelles plantes.

Ce sont les normes américaines qui sont appliquées pour définir la maturité du fruit sur la base de sa couleur, ce qui détermine le moment de sa récolte. Grosso modo, la production totale se répartit comme suit : 50% est destinée à l’expédition fraîche vers Bangkok, 30% à la transformation (par exemple pour de la confiture ou des colorants) et 20% pour des ventes à la ferme ou localement.

En 2013, la production de fraises a généré des ventes d’environ 500 millions de bahts (soit 17 millions de US dollars). Une production en continuelle augmentation. Le Japon est maintenant le plus important marché d’exportation.

De quelques problèmes rencontrés.

  1. En raison du manque de sélection de bonnes plantes mères pour la production de plants de stolons, de la mauvaise gestion des champs avant la plantation et de la non-utilisation de plantes exemptes de virus, la vigueur des plantes est faible, les rendements ne sont pas optimaux et la qualité des fruits n’est pas idéale. La recherche vise à résoudre ces problèmes afin d’améliorer et la qualité et la rentabilité.
  2. Les fraises immatures ont une saveur médiocre et les fruits plus mûrs deviennent rapidement invendables, surtout par temps chaud. Il convient de déterminer le moment idéal de la récolte.
  3. La prévalence de plusieurs champignons réduit la production (en 1994-95, c’est 50% de la production qui a ont été perdus dans le district de Mae Sai, par exemple). D’autres maladies contribuent à cette perte de production.
  4. Le prix élevé des fraises posent également un problème commercial non négligeable.

En conclusion, afin de répondre aux besoins de l’industrie, de nouveaux cultivars précoces et plus résistant produiront des fraises de haute qualité adaptés au marché frais et à la transformation. De meilleures techniques de culture, de détection et de contrôle des maladies, de stockage temporaire, d’emballage, de manutention après récolte, de transport et de sélection doivent être encouragées. L’expansion de la culture de la fraise en Thaïlande s’accompagne d’une augmentation de la demande, ce qui représente un certain potentiel d’expansion dans les hautes terres ici au nord. Une saison de récolte plus longue sera primordiale pour augmenter les exportations. Plusieurs pistes sont envisagées afin de trouver des solutions. Aussi, les recherches de la fondation du Projet Royal sont importantes car la plupart des producteurs de fraises en dépendent pour résoudre leurs problèmes. La combinaison d’un bon climat, de meilleures ressources et de recherches plus poussées fera progresser l’industrie thaïlandaise de la fraise.


¹ Source : ตามใจไทยแลนด์ Taam-Jai Thailand
² Source : New strawberry will be pick of the crop for flavour and health benefits, un article paru dans le quotidien anglophone The Nation
³ Le présent texte est un résumé librement traduit du travail académique de M. Narongchai Pipattanawong, directeur du marketing de la fondation du Projet Royal, et intitulé Strawberry Production and the Royal Project Foundation, Thailand. Il a été publié dans le Journal of Developments in Sustainable Agriculture 10: 15-18 ( 2015). Nous remercions l’auteur de cet intéressant éclairage qui démontre à l’envi le rôle non négligeable de la fondation du Projet Royal. Hélas, il ne pipe mot des pesticides (bien trop répandus en Thaïlande, hélas, trois fois hélas). Bien qu’on puisse lire dans la source no 1 que l’utilisation des pesticides est réduite dans le district de Samoeng…

Source de l’image à la Une : Naruthai Thunpradit © Facebook. Mise à jour le 10.02.2019

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Festival des Ombrelles 2019 à Chiang Mai

L’on vous dit tout du Festival des Ombrelles de Bosang, non loin de Chiang Mai, dont l’édition 2019 commence le 18 janvier. Pourquoi donc est-il incontournable ? Quel en est le programme complet ? Qu’apporte la nouvelle collaboration du Payung, un festival frère indonésien ? Que vient faire Miss Chiang Mai 2019 là-dedans ? Quel jour parmi les trois du festival faut-il privilégier ? Et enfin un rappel historique sur le peuple des ombrelles. Non sans vous donner encore des conseils de visite à l’est de la Rose du Nord.

Un festival incontournable

Avec la Fête des Fleurs, la Fête de l’Eau (le Songkran, qui correspond au Nouvel An thaïlandais) ou encore la fameuse Fête des Lumières (Loy Kratong), le Festival des Ombrelles est sans aucun doute l’un des événements phares à vivre ici dans la Rose du Nord ! Organisé annuellement le 3e week-end du mois de janvier. La fabrication des ombrelles avec un papier caractéristique – appelé สา (sa) et tiré du mûrier – est une spécialité du Lanna, du nom de l’ancien royaume du Nord. Le festival se déroule 3 jours durant à Bosang (บ่อสร้าง, parfois orthographié par erreur Borsang), à une dizaine de kilomètre à l’est de Chiang Mai. Cette année 2019, il aura donc lieu du vendredi 18 au dimanche 20 janvier 😃

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Les habitants de Bosang sont en majorité des Thaï Lü venus du Xishuangbanna, au sud de la Chine (le peuple Dai). L’on trouve beaucoup de bambou (appelé ซาง (sang) dans la langue du nord) dans la région où ils se sont installés. Une région faite de marécages (บ่อ en thaï, bo signifiant étang). D’où le nom du village : บ่อสร้าง, Bo Sang.

L’artisanat fait la fierté des gens de la région. Leur savoir-faire permet aux ombrelles d’être exportées dans le monde entier. Le festival en est à sa 36e édition (cet album-photo vient nous le rappeler, la nostalgie n’est pas loin…). Les ombrelles peuvent aussi servir d’expression artistique originale.

Les rues se parent alors d’ombrelles et de lanternes – autre spécialité de la région – vous offrant une explosion de couleurs. Les divers ateliers sont embellis, les étals des marchands regorgent de produits artisanaux, un marché vous permet de goûter à la cuisine du Nord (suivez donc ce reporter coréen). Il y a là animation locale avec musique et danses traditionnelles. Sans oublier le bucolique cortège en vélo des demoiselles aux ombrelles – un sympathique défilé qui fait la singularité du festival –  et la parade des chars fleuris; de même, bien sûr, que l’élection de Miss Ombrelle.

Quelques mots de thaïlandais
ร่ม (rom), qui signifie ombrelle/parasol en thaï; ici au nord, on dira plutôt จ้อง (chong)
เทศกาลร่ม (thetsakan rom) correspond à Festival des Ombrelles
สา (sa) est le mûrier et กระดาษ (kradat) le papier, ce qui nous donne donc กระดาษสา (kradat sa) pour le papier de mûrier


Le programme complet

UmbrellaFestival2018LogoOn vous livre ci-dessous le programme complet du festival 2019, non sans l’accompagner de nos judicieux conseils. Bien qu’ouvert dès 9h, la matinée est plutôt calme à Bosang. La parade des Miss en vélo, vêtues d’un habit traditionnel, ne doit pas être manquée. Spectacle au charme suranné qui peut se voir les 3 jours de la fête (vendredi, samedi et dimanche), à 10h et à 14h. Nouveauté cette année : les candidates concourant au titre de Miss Ombrelle 2019 seront précédées d’un défilé d’enfants, qu’on nous promet en vélo lui aussi. Le marché, lui, s’ouvre à 15h sous forme de Walking Street chère aux Thaïlandais (la rue devient ainsi piétonne). Les deux soirées les plus intéressantes sont la première, le vendredi dès 18h, avec la cérémonie officielle et son magnifique spectacle folklorique, intégrant une parade de chars fleuris. Et la dernière, très animée, avec l’élection de Miss Ombrelle 2019, le dimanche dès 18h. Nous nous sommes laissés dire que Miss Chiang Mai 2019 et Miss Ombrelle 2018 seront présentes durant la parade du vendredi soir… Samedi est la journée où les enfants assureront les spectacles, l’après-midi dès 15h et en soirée.

umbrella festival 2019 - programme cmdcdl

Le Festival des Ombrelles sur Facebook :
Page Facebook officielle du festival (กลุ่มพัฒนาการท่องเที่ยวบ้านบ่อสร้าง)
Evénement FB
Municipalité de Tonpao
Coopérative Umbrella Making Centre
Hashtag เทศกาลร่มบ่อสร้าง

Bandeau 1


Une collaboration indonésienne qui s’intensifie

UmbrellaFestival2018LogoPayungIndonesiaDans le cadre des échanges culturels des pays de l’ASEAN, le Festival des Ombrelles de Bosang collabore depuis 2016 avec son homologue indonésien, le Festival Payung. En indonésien, payung signifie ombrelle et c’est là un festival itinérant qui se produit à travers tout l’archipel indonésien, notamment sur le site de Borobudur en septembre dernier.

Et c’est à une véritable intensification des échanges que nous assistons : on parle désormais de ces deux festivals comme de Sister Festival (en français, on dirait plutôt des festivals frères). Et le public de Chiang Mai en profitera pleinement. Jugez-en plutôt à travers l’apport du Festival Payung Indonesia pour cette édition 2019 ici à Bosang :

umbrellafestival2019photonovaburdomarseline► Des ombrelles indonésiennes – non moins belles que celles locales – seront exposées dans la rue piétonne les trois jours du festival.

► Du 18 au 20 janvier 2019, une exposition de photos des diverses éditions du festival indonésien vous est aussi proposée : Reflection of Indonesia Umbrella Festival 2014-2018.

► Plusieurs ateliers mettant en avant les arts de l’archipel pourront être suivis :

  • Du 18 au 20 janvier, Pieces of Beauty par Pingkan (ou l’art du tissu).
  • Les 19 et 20 janvier, Archipela par Retno Redwindsock (il s’agit ici de cuisine).
  • Les 19 et 20 janvier, Peinture sur ombrelles par Kris Wahyudi, Créativité des feuilles palmier par Sigit Paripurno et enfin Création d’ombrelles traditionnelles Juwiring par Ngadi Yakur.
  • Les 19 et 20 janvier toujours, Outsight Face Fantasy Makeup par Agasty Maulida (il s’agit donc d’un atelier de maquillage fantaisie du visage).

► Et, last but not least, comme l’année dernière, l’artiste indonésienne Nova Burdo-Marseline s’est associée à la designer de mode Dian Oerip pour vous proposer un spectacle qui s’annonce magnifique : Sheen of Toraja, soit Reflet des Toraja, les Toraja étant un groupe ethnique sis à Sulawesi (bande-annonce ci-dessous). Avec la participation du Madaloka Dance Studio; une collaboration fructueuse dont on se réjouit de voir le résultat sur place. Ce show fait partie de la cérémonie d’ouverture du vendredi soir. À ne pas manquer, évidemment ! Nous savons déjà que la jeune artiste locale Suling Eva Prayitno participe au spectacle. Voilà donc échanges culturels qui nous plaisent et que nous aimons à relayer. Ce sera aussi une belle occasion de découvrir les créations vestimentaires de cette designer de mode : défilés programmés samedi après-midi et dimanche soir soir. 

Le Festival Payung sur Facebook, sur le web, et sur Twitter (compte qui n’est plus alimenté).

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Et les ombrelles attirent les Miss

Bosang est une destination que ne manquent jamais de visiter les candidates aux divers concours de beauté dont la Thaïlande regorge. Ainsi de Miss Chiang Mai bien sûr, mais également des concours nationaux comme Miss Grand ou encore Miss Universe Thailand. Et il faut bien avouer qu’une miss sous une ombrelle gagne en élégance.

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© Facebook

Le festival est donc l’occasion rêvée d’élire la plus belle des filles de la région qui ambitionnent de ravir le titre de Miss Ombrelle. Le concours en question aura lieu dimanche 20 janvier 2019, dès 18h. Et on vous a déjà dévoilé que Plaifah, Miss Chiang Mai 2019, animera elle aussi la parade du vendredi soir.

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© Facebook


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Visite du Festival – La journée idéale

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Miss Chiang Mai 2018 était présente l’année dernière © Facebook

Il serait exagéré de se rendre à Bosang et d’y rester toute la journée jusqu’au soir. Suivez donc nos conseils pour agrémenter votre visite. Rappelons ici les moments-phares du festival, à ne pas manquer donc :

  • La cérémonie d’ouverture avec son spectacle folklorique et le défilé de chars fleuris (vendredi 18 dès 18h).
  • Les parades des Miss en vélo (les trois jours, vendredi, samedi et dimanche, à 10h et 14h, précédé des enfants.
  • L’élection de Miss Ombrelle 2019 (dimanche 20 dès 18h).

L’on nous a promis la présence de Miss Chiang Mai 2019 lors du défilé de chars fleuris vendredi soir… Reconnaîtrez-vous Plaifah sur son char ?

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Show culturel © Facebook

Passez donc votre temps à visiter les divers ateliers d’ombrelles et autre artisanat (en remontant la route principale, et ce ne sont pas les seuls, ne citons ici que Sunisa), de même que le marché avec sa nourriture locale (la route devient piétonne dès 15h). La décoration de toute la rue vous ravira. Animation musicale et art de rue au programme les samedi 19 et dimanche 20 janvier. À noter encore l’organisation d’un concours de photos sur place.

Les expositions (photos et ombrelles), les ateliers et les défilés de mode assurés par Payung Festival, le partenaire indonésien, promettent une animation plus soutenue que d’habitude.

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Et durant les temps morts, profitez de visiter les attractions alentour :

  • Le Dhara Dhevi, qui est un des hôtels les plus luxueux de la région. Y ont été réinstallés là d’anciennes maisons, pavillons et autres palais provenant du Lanna (Thaïlande, Myanmar et Laos). Il se visite sans autres jusqu’à la réception et cela vous suffira pour prendre conscience de la splendeur de cet ancien royaume. Les gourmands se délecteront avec un arrêt à la boulangerie, installée dans un ancien marché (kad), sur votre droite à l’entrée. Site webpage Facebook et emplacement.
  • Une manufacture de celadon où vous pourrez y découvrir la fabrication de nombreux objets – vases, vaisselles… – utilisant cette matière, la céramique à la couleur vert pâle typique, en vous introduisant dans les ateliers où la finesse d’exécution est reine. Notre préférence va au plus petit d’entre eux, le premier cité (qui se trouve bien opportunément avant le village de Borsang : Baan Celadon, Siam Celadon ou encore Chiang Mai Celadon à Doi Saket.
  • La soie est également à l’honneur dans cette région et les manufactures y son nombreuses. Ne citons que Jolie Femme, Thai Silk Village , Sankamphaeng Silk ou encore Shinawatra.
  • Et puisque vous êtes venu pour les ombrelles, visiter également un atelier artisanal de papier saa, un papier tiré du mûrier, utilisé entre autres pour la création des ombrelles. Il y en a plusieurs; on ne vous parle ici que d’U.M. Thai.
  • Les amateurs d’art contemporain ne manqueront pour rien au monde la visite du MAIIAM, musée d’art contemporain de classe mondiale, sis à Sankamphaeng un peu plus à l’est. Site web, page Facebook et emplacement.
  • Restaurants. Et les gourmets se régaleront chez Meena (qui ferme à 17h), une adresse méconnue des touristes qui vous permettra de régaler et vos yeux (vous mangez sous d’anciennes maisons typiques en bois) et vos papilles. Ou bien chez Huen Jai Yong, considéré comme un des meilleurs restaurant qui sert une cuisine nord-thaïlandaise (cet article en anglais vous en donne un aperçu). On vous parle ici de cuisine thaïlandaise authentique. Une perle culinaire, qui avait fermé temporairement, a repris du service : le Nasi Jumpru. On vous parle ici de gastronomie.
  • Votre pause-café pourra se prendre à Bosang-même (plusieurs cafés sont installés sur l’artère principale) ou mieux, au Rice Life, histoire de profiter de belles rizières (avouons cependant que la période actuelle ne s’y prête guère).
  • Si d’aventure Bosang ne devait pas avoir assouvi votre soif d’achat de souvenirs, rendez-vous alors à l’OTOP Center : vous  y trouverez moult articles artisanaux de la région à des prix corrects.
  • Un marché. Celles et ceux qui voudront se rendre au festival le samedi, le moins intéressant des trois jours, ou alors le dimanche, pourront profiter en matinée du petit mais charmant marché Cham Cha dont on vous parle régulièrement sur notre page Facebook.

Et si tous ces conseils ne devaient pas vous suffire, reportez-vous alors à notre article Un temple où repose un Bouddha couché à l’ombre des ombrelles… du Lanna bien sûr. L’exposition d’ombrelles qui était organisée au Wat Phranon Mee Pukha a pris fin il y a peu mais, d’une part, le temple vaut à lui seul le déplacement (il ne se trouve pas très loin de Bosang) et, d’autres part, l’article fourmille d’autres conseils de visite. De quoi vous remplir une belle journée de découverte.

Booking.com - Chiang Mai


Comment s’y rendre ?

UmbrellaFestivalSpark1InstagramLe festival se déroule donc 3 jours durant à Bosang (บ่อสร้าง, orthographié par erreur Borsang), à une dizaine de kilomètre à l’est de Chiang Mai, route 1006 en direction de Sankampaeng. L’idéal est d’y aller pas ses propres moyens (en scooter ou en voiture louée). Vous vous rendrez alors compte d’une particularité propre à cette route, unique dans la région : les panneaux routiers comportent une écriture supplémentaire, en plus du thaïlandais et de l’anglais : l’ancienne écriture du Lanna, que seuls les érudits savent encore déchiffrer !

A défaut, et si vous ne désirez point privatiser un minibus local – les fameux song thaew – vous pourrez prendre un tel minibus. De couleur blanche, il vous attend près du marché Warorot, au bord de la rivière Ping (ici très précisément). Il ne vous en coûtera que THB 15.- l’aller (prix officiel mais il n’est pas rare de se voir demander THB 30.- en tant qu’étranger). Seul écueil à surmonter : l’heure du retour. Mais nous ne doutons pas que la gentillesse des habitants viendra à bout de toute difficulté à revenir à Chiang Mai, la capitale provinciale (et sans doute capitale culturelle du royaume).

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Le Peuple des Ombrelles

L’ombrelle est le fruit d’une ancienne tradition artisanale. L’Office du Tourisme thaïlandais nous présente les artisans de Bosang :

Protection contre le soleil et la pluie, les ombrelles ont aussi un rôle culturel. Très utilisées en Thaïlande, elles sont notamment un symbole important de la royauté : les monarques thaïlandais sont assis sur des trônes abrités par neuf niveaux d’ombrelles représentant les huit points cardinaux de la boussole et le fardeau du pouvoir. Dans le bouddhisme, l’ombrelle ou parapluie représente la protection contre la souffrance et le mal. L’histoire raconte que les célèbres ombrelles de Thaïlande ont été rapportées de Birmanie (Myanmar) par un moine nommé Phra Intha. Elles étaient confectionnées avec de l’écorce de mûrier (sa) et huilées pour garder les gens au sec mais aussi au frais. Impressionné, le moine en ramena quelques unes chez lui, au village Bor Sang¹ à Chiang Mai et entreprit d’en enseigner la fabrication. Par la suite, le talent des artisans thaï les para de fioritures artistiques originales.
Bor Sang demeure encore aujourd’hui le centre de production des ombrelles faites à la main. Elles sont fabriquées dans une grande variété de tailles, ainsi que de superbes éventails brillamment colorés et des lanternes magnifiques.
Les artisans du village ont créé une coopérative en 1941 : le « Bor Sang Umbrella Making Cooperative Ltd. » se dédie au maintien des traditions et de l’artisanat. On peut se promener dans les différents ateliers et assister àchaque étape de la fabrication des ombrelles : préparation du bambou pour la poignée et les baleines, ajout du papier de sa (mûrier), laquage pour imperméabiliser, peinture de décoration et séchage.
On admire le talent des artistes peintres qui habillent de dessins et de couleurs ombrelles et éventails. Quelques minutes leur suffisent pour réaliser de très beaux motifs colorés généralement représentatifs de la Thaïlande comme des éléphants, des rizières ou des couchers de soleil.
Si vous avez un sac, des chaussures ou encore un vêtement que vous souhaitez relooker, ces sympathiques artisans vous proposent également de les peindre.
Sur place, vous pouvez bien sûr acquérir ombrelles, éventails et lanternes, des plus petites tailles à emporter aux plus grandes qui vous seront expédiées à votre domicile.
Les ombrelles si importantes pour l’économie locale, sont célébrées chaque année lors d’un festival de trois jours au mois de Janvier. A l’occasion du « Bor Sang Umbrella and Sankampaeng Handicraft Festival” les rues sont illuminées de lanternes et décorées des ombrelles sa les plus colorées.

La coopérative dont il est question est l’Umbrella Making Centre, ouverte chaque jour de 8h30 à 17h, autour de laquelle est organisé le festival. Un centre artisanal que vous retrouverez sur le web, sur Facebook et en réalité.

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L’érudit Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Mai, une source inépuisable d’informations sur la Rose du Nord, est bien entendu déjà passé par le village de Bosang. Lisez donc son article.

Vous trouverez d’autres informations (la plupart en langue thaïlandaise) sur la page Facebook officielle du festival et sur celle de la Municipalité de Tonpao. Il y a aussi le hashtag เทศกาลร่มบ่อสร้าง pour se plonger virtuellement dans l’ambiance de l’événement. Et enfin Events Weekly qui nous offre un florilège de photos (tirées de l’édition 2017). Mais plus que les pages internet, on vous invite à vous rendre sur le lieu-même du festival afin d’y rencontrer l’âme du Lanna et ses habitants, fort attachants… sans parler de la joliesse de Miss Ombrelle 😏

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On vous livre pour terminer un document historique de l’INA sur Chiang Mai. Où les réalisateurs découvraient la Rose du Nord en 1960, Au Pays des Ombrelles.


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Alors, dites-nous, êtes-vous convaincu par la beauté que véhiculent les ombrelles ?


¹ Nous avons retenu ici l’orthographe erronée utilisée dans le texte original

Source photographique de l’image à la Une. Mise à jour le 02.02.2019

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Wan dek – La Thaïlande fête elle aussi l’enfance

Chaque année à mi-janvier, les enfants thaïlandais sont particulièrement choyés. L’on vous dit pourquoi et l’on vous parle des nombreuses activités organisées en Thaïlande, plus particulièrement à Chiang Mai 🧒

Journée de l’Enfance et Journée internationale des droits de l’enfant

A chaque pays sa Journée de l’Enfance ! En 1954, l’Assemblée générale des Nations Unies recommande d’instituer une Journée mondiale de l’enfance. Et c’est depuis 1989 seulement qu’est célébrée la Journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre de chaque année, commémorant l’adoption de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). L’ancien bloc soviétique, lui, a fixé au 1er juin sa Journée internationale de l’enfance. Et il semble que la Turquie soit le pays instigateur d’une telle commémoration. Quoi qu’il en soit, la Thaïlande fête sa Journée Nationale de l’Enfance chaque second samedi du mois de janvier, et ce depuis 1965. Et en 2019, cela correspond au samedi 12 janvier (ou 2562 selon le calendrier bouddhiste thaïlandais) 😃

Wan Dek, journée où l’enfant est roi en Thaïlande

Wan dek (wan correspond à « jour » et dek à « enfant », วันเด็ก en thaï), plus précisément wan dek haeng chad, วันเด็กแห่งชาติ. C’est donc la Journée nationale thaïlandaise des Enfants (qui précède de quelques jours la Journée des Professeurs, le 16 janvier). À cette occasion, de nombreux bureaux gouvernementaux sont ouverts aux enfants et à leur famille : siège du gouvernement, complexes militaires et la Maison du Parlement, notamment. Lors de la visite guidée de la Maison du gouvernement (à Bangkok donc), les enfants ont l’occasion de voir le bureau du Premier ministre et de s’asseoir dans son fauteuil (si lui n’est pas là, son effigie le remplace).


Vœux royaux

หมั่นหาความรู้! ประพฤติดีมีวินัย
« Ne cessez jamais d’augmenter vos connaissances et comportez-vous de manière disciplinée ».
Rama X (traduction libre)

Comme chaque année, Sa Majesté le roi Maha Vajiralongkorn, Rama X, a également délivré un message à l’occasion de cette journée, message imprimé dans un livre pour enfants distribué gratuitement et intitulé “นอกหน้าต่างบานเล็ก” (« Au-delà de la petite fenêtre », illustration ci-dessous). L’année dernière, le livre en question était Hero Tua Jew (« Le petit héros », présentation vidéo).

Le Bangkok Post nous rappelle dans cet article l’engagement que fut celui du précédent roi pour la jeunesse du royaume (on parle ici de feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand).


Vœux religieux

La devise de cette année, promulguée par l’actuel Premier ministre de la Thaïlande, le général Prayut Chan-o-cha, est “เด็ก เยาวชน จิตอาสา ร่วมพัฒนาชาติ” qu’on traduira librement par « Les enfants, la jeunesse et les volontaires. Pour accroître le développement national ».

Les autorités bouddhistes thaïlandaises y sont également allées de leur bons voeux à l’occasion de cette journée, donnant notamment trois conseils aux enfants :

  1. Essayez de réfléchir par vous-mêmes, avec sagesse;
  2. Appuyez-vous sur les opinions des personnes instruites (parents, enseignants…);
  3. Et, le plus important, réfléchissez aux conséquences de vos actes (c’est la notion du karma).
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Le Patriarche bouddhiste thaïlandais © Matichon

La situation des enfants thaïlandais est cependant loin d’être rose; ThaiVisa nous le rappelle. Malgré la prospérité du royaume, le sort de nombreux enfants thaïlandais n’est en effet pas toujours enviable. Ainsi de la vie quotidienne de Pam, qui dort avec son père dans un tuk-tuk. Ou des trop nombreux enfants qui disparaissent (plus de 400 en Thaïlande pour la seule année 2017). Sans parler de la pollution qui les affecte en premier lieu. C’est dire qu’il s’agit de promouvoir et faire respecter les droits des enfants. De l’enfance à la vieillesse, la Thaïlande est un pays très hiérarchisé où les anciens sont respectés, faisant l’objet d’un culte.

Notons encore que Google n’a pas manqué de célébrer cette journée spéciale thaïlandaise avec un Doodle (figurant en image à la Une).


Les diverses animations ici à Chiang Mai

Tous les enfants thaïlandais se remémorent avec émotion l’une ou l’autre de ces journées qui les marquent profondément. C’est un jour où ils sont choyés, recevant des cadeaux des membres de leur famille et où plus d’affection leur est accordée. Mod, une prof’ de langue thaïlandaise en ligne, nous donne (en anglais) quelques indications supplémentaires sur cette journée des enfants vécue en famille. Vous n’aurez pas manqué de noter que les écoles sont souvent en fête le jour précédent, vendredi donc, avec des activités à l’extérieur et bien souvent des spectacles destinés aux parents.

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© Facebook – Events Weekly News

Où donc célébrer la Journée de l’Enfance ? Tous les sites accueillant des enfants marquent l’événement, que ce soit à travers des activités spéciales ou alors des prix spéciaux, voire la gratuité complète. À Chiang Mai, de nombreuses animations gratuites destinées aux enfants égaient cette journée.

Les festivités officielles, organisées par la municipalité, se déroulent dès 7h au stade municipal de Chiang Mai (Muang Chiang Mai Stadium, สนามกีฬาเทศบาลนครเชียงใหม่), sis un peu au nord de la porte Chang Puak. Beaucoup d’activités avec des concours sont proposées là. Autres festivités officielles sous l’égide des autorités provinciales, de 9h à 16h, au grand Centre d’Exposition CMECC – Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre. Diverses activités au programme, avec des ateliers pour petiots, une aire de jeux gonflable (ban lom); la nourriture et les boissons sont offertes.

L’un des rendez-vous des plus populaires ce jour-là se déroule dans la zone militaire aérienne Chiang Mai Wing Division 41 (Wing 41 Squadron Military Airport). De 8h à 16h, les enfants ont l’opportunité, entre autres, de s’asseoir dans des avions militaires (album-photo). Avec un show aérien en prime :

Et comme chaque année, le parc Royal Flora marque lui aussi l’événement. De 9h à 13h au Lan Som Sook (ลานส้มสุก), diverses activités sont proposées : réalisation d’un cerf-volant, atelier d’artisanat divers, animation avec ‘Nok Lae’ (artiste Lanna que les enfants adorent). La fête est généralement réussie.

Un jour spécial également au Musée National de Chiang Mai dès 8h. Il est proposé aux participants de devenir jeunes archéologues ! Nourriture et boisson gratuites.

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© Facebook – Chiang Mai Zoo

Autre endroit où les enfants sont rois, le zoo de Chiang Mai. L’entrée y est gratuite pour les enfants mesurant moins de 136 Chiang Mai (les adultes paient THB 100.-). Des événements spéciaux en lien avec les animaux – incarcérés, préciseront certains – y sont organisés, tant le samedi 12 que le dimanche 13 janvier 2019. Occasion par exemple de nourrir des lions, des suricates, des girafes, des tortues sulcata ou encore des calaos. La parade des mascottes, samedi et dimanche à 13h, permet faire de belles photos avec vos chérubins. Même type d’activités au zoo concurrent (et privé), le Night Safari.

L’on invite les parents à privilégier la visite du Centre d’étude de la Nature du Doi Suthep (DSNSC), animé par la Faculté des Sciences de l’Université de Chiang Mai (CMU). Les enfants y sont à la fête de 9h à 15h dans ce lieu au pied du Doi Suthep, la montagne tutélaire de la ville de Chiang Mai, près du zoo donc. Une sympathique occasion de se cultiver. Emplacement, site web, page Facebook et album-photo de l’événement.

Les universités s’ouvrent également aux plus jeunes à l’image l’Université Rajabhat de Chiang Mai (CMRU) qui est également en fête. Animations de 8h30 à midi au stade de foot (photos). Dans le même registre, le Bureau des Relations Publiques (district 3), soit l’autorité provinciale, est aussi animé (le gouverneur a pour habitude d’y participer). Ainsi l’année dernière, c’est une bourse aux livres d’occasion qui y avait été organisée, livres qui ont servi à des communautés aux faibles moyens financiers.

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De l’art d’instruire les enfants thaïlandais 😱 © Facebook – Events Weekly News

Beaucoup d’autres institutions étatiques se mettent en quatre pour accueillir les enfants. Ainsi de la Police provinciale 5 ! Allez savoir ce que les policiers réservent aux petiots, de 8h à midi. Pour celles et ceux qui s’y intéressent, c’est ici (au bord de la rivière Ping, au sud de la ville, là-même où flotte un immense drapeau de Mère Patrie). Cette année, une bande-annonce a même été créée. Même type d’invitation par le Bataillon d’Infanterie no 7. les activités proposées sont plus physiques, armée oblige ! Notamment des compétitions sportives et même un entraînement au… tir 🤔

Et comme toujours, les centres commerciaux font tout pour attirer les enfants (et leurs parents). Ils ne manquent jamais une occasion de marquer les grandes fêtes, surtout celles touchant aux enfants, grands prescripteurs d’achat devant l’Eternel ! On se limite à vous communiquer les programmes de ces quatre-ci :

  • Le Central Festival Chiang Mai ouvre de 11h à 21h (la fête est également promise dimanche 13). C’est le centre commercial qui dispose du plus de moyens financiers; ce week-end, c’est l’espace qui est à l’honneur. Sans oublier la présence de la Happy Farm, espace ludique apprécié des bambins. Emplacement et événement FB.
  • Son petit frère, le Central Kad Suan Kaew, fêtera la journée de 8h à 17h sur l’esplanade extérieure. C’est la cuisine qui est célébrée ici (‘Wonder Kids in Wonder Kitchen’), avec notamment la présence d’Idol, chef réputé de Masterchef Junior Thailand. On pouvait le prévoir, il y a eu affluence ! C’était sans doute l’espace commercial le plus sympathique à rejoindre cette année 2019. Emplacement et événement FB.
  • Quant au populaire MAYA, c’est une ambiance de cirque qui est offerte avec le Circus Wonderland, samedi et dimanche, de 15h30 à 22h. Emplacement et événements FB : samedi et dimanche.
  • Promenada Chiang Mai vous accueille quant à lui de 10h à 21h à l’Event Hall (bâtiment B). Ici, les robots sont à l’honneur. Emplacement. Événement FB. Quelques photos ici et .

Le Bangkok Hospital s’y met aussi avec des activités originales. De 9h à 11h30 à la meeting room (étage 4). Thème de cette année 2019 : ‘Once Upon a Time’. Ambiance colorée. Celles et ceux ayant eu à faire avec les hôpitaux de qualité thaïlandais, qui rivalisent avec les meilleurs hôtels en matière de prestations hôtelières, ne seront en rien étonnés de cela. Activités pour les enfants également organisées au Lanna Hospital (dont les moyens financiers sont moindres), de 9h à 11h.

Les parents désireux d’initier leur progéniture à des activités créatrices privilégient les lieux habitués à offrir ce genre d’activités. Comme par exemple la Journée des Enfants organisée par la Ginger Farm. Cette année, le thème en est les activités sportives. Ainsi, samedi 12 janvier, vos enfants s’adonneront à des activités fermières et des jeux dans la nature, au contact d’animaux.

Même idée proposée par la ferme biologique Oh Ka Jhu OhKaJhuLogoqui vend ses produits dans les restaurants du même nom au fulgurant succès (les locaux adorent). Ainsi samedi, des activités permettant aux plus jeunes d’être sensibilisés à la production biologique y sont organisées dans leur ferme non loin de Maejo, au nord-est de la ville (album-photo).

On ne vous raconte pas de salades : quand ce n’est pas des concours de beauté, les Thaïlandais raffolent des concours de chant. C’est ce qu’avait justement organisé le parc aquatique du Grand Canyon l’année dernière. Rien de cela cette année !


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Facétieux Ronnarong Khampha, un artiste Lanna que nous apprécions © Facebook

Les manifestations évoquées ici sont loin d’être exhaustives (vous en avez là un florilège en photos) ! Cette Journée des Enfants donne lieu à une multitude d’offres (rabais, prix spéciaux, voire gratuité). On ne signalera ici que celle du parc aquatique Tube Trek : 50% d’escompte sur les prix d’entrée samedi 12 janvier 2019. C’est là un rabais substantiel pour ce parc aux prix prohibitifs.

Toutes les villes et tous les villages du royaume célébreront cette Journée de l’Enfance. C’est dire que riche en sera le programme, notamment dans la capitale, Bangkok. Relevons pour terminer le show aérien qui est offert chaque année sur la base aérienne militaire Wing 6 à Don Muang.

Bien que beaucoup de ces célébrations aient une coloration commerciale, sortez donc avec vos enfants afin de les rendre heureux mais surtout chérissez-les durant cette Journée de l’Enfance… et tous les autres jours de l’année aussi !


🧒 Bonne fête à tous les enfants 👧


Source photographique de l’image à la Une © Google. Dernière mise à jour : 17.01.2019

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Le monument des Trois Rois de Chiang Mai célèbre-t-il l’Épiphanie ?

C’est un des lieux touristiques emblématiques de Chiang Mai. On vous dit pourquoi et on vous apprend qui est l’artiste féminine qui l’a sculpté; l’on vous livre également les grandes manifestations annuelles organisées sur la place qui abrite le monument. Après lecture de cet article, vous saurez qui sont ces fameux Trois Rois et ce que représente cette sculpture.

Rappeler la « Théophanie » – qui signifie la « manifestation de Dieu » – peut paraître saugrenu en pays bouddhiste dont le concept philosophique ignore l’existence même d’un dieu créateur. Toujours est-il qu’aujourd’hui 6 janvier, comme tous les 6 janvier en terre chrétienne, est fêté ce qui est plus communément appelé l’Épiphanie, fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et qui reçoit la visite et l’hommage des rois mages (l’Évangile ne précisant pas qu’ils étaient trois). Or ici à Chiang Mai, pays de l’ancien royaume du Lanna, les rois, on connait – appelés localement chao (เจ้า) ou phaya (พญา), voire chao phaya (เจ้าพญา).

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© Facebook – Miss Universe Thailand 2017 devant le Monument des Trois Rois

Le Monument des Trois Rois

Comme dans la tradition chrétienne consignée dans la « Légende dorée« , ils sont également trois rois mais ne se nomment ni Gaspard, ni Melchior et encore moins Balthazar. Les trois souverains du Lanna dont il est question ici ont donné le nom de « Trois Rois » au monument sis à la grande place située au cœur de la Cité historique¹. Cependant, ces trois rois-là n’ont rien de mage ! La statue en bronze les représentant commémore en fait l’alliance forgée entre le roi Ngam Meuang de Phayao, le roi Mengrai, fondateur du royaume Lanna et de sa capitale Chiang Mai, et le roi Khun Ramkhamhaeng de Sukhothai. Nous vous avons déjà parlé de ce dernier, souverain du royaume de Sukhothaï et figure historique importante, dans notre article « 29 juillet, Journée nationale du thaï, la langue officielle de la Thaïlande ».

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© Facebook – Phanai Suwannaphat

อนุสาวรีย์สามกษัตริย์, à savoir anusawari sam kasat en thaï, littéralement le monument des Trois Rois. C’est ainsi qu’est nommée cette œuvre chère au cœur des locaux. Un monument créé en 1983 par feu la première femme sculpteur thaïlandaise, Kaimook Chuto, ce qui explique sans doute la douceur qui se dégage de l’œuvre. Google a célébré cette artiste avec un Doodle. La sculpture a été inaugurée à Chiang Mai le 30 janvier 1984 par feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand, accompagné de son épouse, Sa Majesté la reine Sirikit.

Une place fort animée

Votre pérégrination pédestre dans la Cité historique devrait vous y mener. D’autant que la place fait partie intégrante du marché piétonnier du dimanche soir, le fameux Sunday Walking Street Night Market. La sculpture fait face au Musée folklorique Lanna (พิพิธภัณฑ์พื้นถิ่นล้านนา, Lanna Folklife Museum) avec, derrière elle, le Centre des Arts et de la Culture (หอศิลปวัฒนธรรมเมืองเชียงใหม่, Chiang Mai City Arts & Cultural Center) et, encore plus derrière, le Musée du Centre historique (หอประวัติศาสตร์เมืองเชียงใหม่, Chiang Mai Historical Centre); trois intéressants musées que nous ne pouvons que vous conseiller de visiter (page Facebook). Ajoutons encore la Maison de la Photographie (Chiang Mai House of Photography), charmante bâtisse en bois qui a été repeinte en bleu, caché derrière le Musée folklorique. Y sont régulièrement organisées des expositions en lien avec la photographie bien sûr. Non sans oublier d’admirer le très bel ouvrage religieux qui empiète sur la route, le magnifique Wat Inthakhin Sadue Muang (วัดอินทขีลสะดือเมือง), fort émouvant la nuit tombée, où des moinillons officient aux aurores. Le tout très joliment éclairé à la nuit tombante.

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Le Jour des Anges © Facebook

Cette place est fort animée l’année durant. Beaucoup de touristes s’y arrêtent – les cars bondés sont légion. Les lanternes traditionnelles du Lanna, illuminées durant la nuit, égayent l’endroit durant la Fête des Lumières, l’enchanteur Loy Kratong. Avec l’exécution d’une danse traditionnelle Lanna de toute beauté (cf. la vidéo ci-dessous). C’est à la place des Trois Rois qu’arrive la grande parade internationale « We Love the King » les 5 décembre, commémoration de l’anniversaire de feu le roi Bhumibol le Grand. En décembre encore, ce sont les installations de la Chiang Mai Design Week qui envahissent l’espace. Durant la Saint-Sylvestre (le 31 décembre donc), c’est le Countdown Festival qui y est régulièrement organisé, en alternance avec la place Tha Pae, autre épicentre touristique de la Rose du Nord. Chaque 1er janvier, généralement à 7h, une importante cérémonie d’offrandes aux moines afin d’attirer le bon augure chaque jour du Nouvel An (occidental). Une même cérémonie d’aumônes aux moines célèbre ici la fondation de la ville de Chiang Mai, il y a plus de 700 ans; elle se déroule à l’ouverture de la Fête de l’Eau (Songkran, le Nouvel An siamois), le 12 avril, dès 6h. S’ensuit une cérémonie d’adoration du roi Mengrai le Grand avec des prestations folkloriques (y compris une danse traditionnelle ‘fon leb’). Et début juin, c’est au tour du Jour des Anges d’être célébré, cérémonie animiste se déroulant sur les 10 sites sacrés de la cité historique, et la place des Trois Rois en est, un rituel honorant les esprits, gardiens de Chiang Mai.

Dire que l’âme du Lanna flotte sur cet espace n’est pas expression usurpée. Les habitants ne s’y trompent pas, eux qui viennent déposer régulièrement des offrandes au pied du monument des Trois Rois, des monarques représentés en costumes royaux du XIVᵉ siècle et affublés d’une étoffe en guise de ceinture. La place est un lieu de promenade apprécié.

Le Monument des Trois Rois (อนุสาวรีย์สามกษัตริย์) : emplacement et avis TripAdvisor


L’alliance de 1280

Alors que deux empires voisins s’effritaient, celui birman de Pagan, à l’ouest, et celui khmer au sud-est, l’empire mongol, au nord, s’étendait. En 1280, les trois monarques conclurent un traité de paix pour défendre leur État contre cette menace. Et la sculpture dont il est question rappelle cette alliance. Un acte qui a assuré la pérennité du royaume du Lan Na.

On dit même que le roi Mengrai faisait office de médiateur entre les deux autres souverains, rétablissant par exemple la paix entre le roi Ngam Muang de Phayao et le roi Ramkhamhaeng de Sukhothaï, ce dernier ayant séduit la reine du précédent. Légende ou histoire, Jean de la Mainate, érudit animateur du site Merveilleuse Chiang Maï, donne son avis. Celles et ceux que l’histoire passionne liront avec intérêt les Notes sur la fondation politique et religieuse du Lanna dans le mythe de Suvanna Khamdaeng établies par François Lagirarde. Rappelons pour terminer l’ouvrage de référence édité par les Presses Universitaires de France (PUF), dans la collection Que Sais-Je ? : Histoire de la Thaïlande, un livre qui dresse un panorama historique du royaume de Thaïlande.

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© Facebook – Thinapob Proongsak‎ (Photo-cm Club)

Si malgré tout vous recherchez des édifices religieux chrétiens ici dans la Rose du Nord, nous en avons déjà répertoriés dans notre article sur Noël, qu’ils soient catholiques (oui, il y a une cathédrale à Chiang Mai !), protestants ou même orthodoxes. Et pour respecter la tradition, on s’est laissé dire que l’on pouvait trouver des galettes des rois en ce 6 janvier ici à Chiang Mai à la boulangerie L’Opéra (emplacement, page Facebook et avis TripAdvisor). Galette ou pas galette, recevez nos chaleureux sentiments. Bonne Fête à vous tous.


¹ ou la Cité fortifiée, soit « le carré », souvent appelée, de manière erronée, « la vieille ville »

Source photographique de l’image à la Une © Facebook (notez que peu de personnes savent lire le nom des rois sur cette image puisque écrits dans l’ancienne langue Lanna !). Mise à jour de l’article : 07.01.2019.

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Un temple où repose un Bouddha couché à l’ombre des ombrelles… du Lanna bien sûr

Voilà une excursion réalisable à l’année mais qui prendra une saveur particulière en l’effectuant durant l’événement dont il est question. C’est le détour idéal pour qui se rend au village des ombrelles de Bosang ou encore aux sources chaudes de San Kamphaeng. Ici au nord, la période festive du Yi Peng – le Festival des Lanternes Célestes – se déroulant peu ou prou en même temps que le Loy KratongLe Festival des Lumières – ressemble un peu aux veillées de Noël occidentales. Toutes proportions gardées, les nuits se rafraîchissent et les rues se parent de mille lanternes qui illuminent les bâtiments, au premier rang desquels les nombreux temples.

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Crédit : John Huang

Les lanternes, โคม en thaï (khom) sont un des arts artisanaux du Lanna, du nom de l’ancien royaume du nord. Et les artisans du sous-district de Wat Ket, sur la rive gauche de la rivière Ping, se frottent les mains en ce moment : c’est bien ici qu’elles sont réalisées et tout le monde ou presque en achète. Vous en trouverez de toutes les tailles – de la plus petite à l’immense lanterne – de différentes formes – souvent octogonales  – et aussi de toutes les couleurs. Les lanternes de couleur crème sont les plus élégantes. Et les responsables communaux les utilisent pour créer de magnifiques décorations sur les places publiques. On vous invite à vous promener à l’intérieur et aux alentours de la cité fortifiée – « le carré » que nous appelons erronément « la vieille ville » – pour admirer le spectacle qui devient enchanteur à la tombée du jour (album-photo).

Amazing Lanna Umbrella 2018 Wat Phranon Mee Pukha Photo John Huang

Crédit : John Huang

La place des Trois Rois (พระบรมราชานุสาวรีย์สามกษัตริย์), au cœur de la cité, en est le plus bel exemple, de même les portes de la ville (Pratu Tha Pae, Pratu Chang Phuak…) mais beaucoup de temples sont à l’avenant, comme le Wat Lok Molee (วัดโลกโมฬี), ouvert en soirée, tout comme le Wat Jed Lin (วัดเจ็ดลิน) où est psalmodié le sermon Tang Tham Luang. Sans oublier les centres commerciaux qui s’embellissent eux aussi afin d’attirer le chaland. Certaines villes en ont fait des festivals à part entière, à l’image du Festival des 100’000 Lanternes du Lanna, à Lamphun.

Autre élément prégnant de la culture du Lanna, l’ombrelle, ร่ม en thaï (rom), plus communément จ้อง (chong) dans la langue du nord. Vous avez sans nul doute déjà entendu parlé du village des ombrelles de Bosang (บ่อสร้าง, parfois orthographié par erreur Bor Sang), à l’est de Chiang Mai, qui organise chaque année un ravissant – et incontournable – Festival des Ombrelles. Et bien un temple bouddhiste de la région, le Wat Phra Pan (วัดพระป้าน), que les locaux appellent aussi Wat Phranon Mee Pukha (วัดพระนอนแม่ปู๋คา), a eu la bonne idée de mettre en valeur les ombrelles et le travail artisanal des artisans du cru, au sein même du temple.


Exposition en plein air d’ombrelles du Lanna

Aussi, du 23 octobre 2018 au 15 janvier 2019, de 6h à 22h, vous aurez l’occasion d’assister à une exposition, pittoresque, que nous pourrions traduire par « Incroyables ombrelles artisanales du Lanna » (มหัศจรรย์จ้องล้านนา). Il est dit qu’il y en a mille… Elles égaient joliment le site religieux.

Amazing Lanna Umbrella 2018 Wat Phranon Mee Pukha Cover

Elle se déroule à même le temple, ce qui l’enjolive agréablement. Et pour y être allé un dimanche après-midi, nous pouvons vous confirmer que l’événement attire la population et rend le lieu fort animé (avec, sans surprise, quelques stands de nourriture locale). Il faut dire que des blogueurs ont pris des clichés avenants (les photos de cet article en sont). Cette manifestation vise plusieurs buts : elle est organisée en hommage à la grande statue du Bouddha couché, certes moins imposante que celle du Wat Pho à Bangkok. Elle se veut une vitrine du savoir-faire artisanal local en dévoilant le mode de vie des gens du quartier. Le tourisme généré permet de préserver cette tradition dont les gens du Lanna sont fiers. L’exposition tend à attirer les bonnes fortunes sur ses visiteurs. In fine, le temple a pour but de récolter des fonds afin de continuer le projet architectural du sanctuaire de Kruba Srivichai.

Pour en savoir plus sur la production d’ombrelles

Amazing Lanna Umbrella 2018 Wat Phranon Mee Pukha Photo Marco 2

© Chiang Mai Deci-Delà

Le Wat Phranon Mee Pukha est un temple de quartier rural. C’est sa grande statue du Bouddha couché, très vénérée, située à l’intérieur du bâtiment, qui en fait un lieu de pèlerinage. Il y a des curiosités, certaines humoristiques, que nous ne dévoilerons point afin d’en préserver la surprise. Mais ce temple transpire tout l’art du Lanna avec son immanquable statue de Phra Upakut, occupé à préserver le dharma et dont le retour nocturne est attendu régulièrement.

L’endroit a été récemment remodelé : des dons ont permis la création d’un sanctuaire à la mémoire du moine le plus vénéré du nord thaïlandais, Kruba Srivichai, grand défenseur de la culture du Lanna (alors que la langue thaï était imposée par le Siam, lui se faisait un malin plaisir à enseigner dans la langue du nord). On doit à celui-ci la création de l’ancienne route qui mène au temple perché sur le Doi Suthep, la montagne tutélaire de la ville de Chiang Mai. Nous consacrerons un jour un article plus fouillé à cette éminente figure religieuse du Lanna. En attendant, vous pouvez jeter un œil aux grands panneaux qui ont été posés là (certes, les explications sont en langue thaï…). Et admirer la grande statue à son effigie, immanquable, à l’entrée du temple.

Rien ne vous empêche de visiter ce temple en dehors du festival en question qui, rappelons-le, dure jusqu’au 15 janvier 2019. Le seul sanctuaire dédié à Kruba Srivichai, avec sa grande statue, vaut le déplacement, de même que le Bouddha couché et les autres curiosités que nous taisons. Mais alors vous vous retrouverez à visiter un temple de campagne, relativement calme, ce qui sied d’ailleurs aux moines qui méditent car tel est leur vocation. Durant le festival, un choix cornélien devra être effectué de votre part :  visiter l’exposition de jour ou de nuit, où l’ambiance est tout autre (fermeture à 22h).

En transport public, les song thaew blancs, camionnettes locales distinctives de la ville, qui partent du marché Warorot, au bord de la rivière Ping (plus ou moins ici), en direction de San Kamphaeng, vous déposeront au bord de la route 1006 pour THB 40.-. De là, vous devrez marcher un peu plus d’un kilomètre vers le nord pour atteindre le temple, une quinzaine de minutes en empruntant cette route villageoise. Rebelote pour rentrer à Chiang Mai.

Emplacement du Wat Phra Pan (วัดพระป้าน, ou Wat Phranon Mee Pukha, วัดพระนอนแม่ปู๋คา).
Page Facebook du temple (pas mise à jour, l’ancienne page a été laissée à l’abandon), de l’organisation religieuse qui y est reliée (animée aléatoirement) et enfin de Nan Louang, un moine qui est plutôt actif. Vous pourrez voir des photos récentes sur la page FB du lieu, sur Instagram et sur Twitter (hashtag #วัดพระนอนแม่ปูคา).

Exposition « Incroyables ombrelles artisanales du Lanna » (มหัศจรรย์จ้องล้านนา), du 23 octobre 2018 au 15 janvier 2019, de 6h à 22h.


Autres attractions dans la région

Et comme bien souvent, Chiang Mai révèle ses charmes quand on visite ses alentours. C’est pourquoi on vous conseille de rayonner dans la région, la demi-journée et même la journée entière, en louant un scooter ou une voiture, ou en privatisant un song thaew. On vous dévoile quelques adresses dont certaines de derrière les fagots, fruit des déambulations de nos reporters sur le terrain 😏

Umbrella Making Centre Photo Recadrée

© Facebook – Umbrella Making Centre

VILLAGE DES OMBRELLES. Vous vous situez donc à l’est de Chiang Mai et la région a beaucoup à offrir. Cet article ne se veut nullement exhaustif mais a pour ambition de rendre votre visite mémorable à travers quelques autres arrêts et visites. L’exposition des ombrelles complète bien évidemment à merveille la visite d’un centre de fabrication des ombrelles. Ils sont concentrés dans le village de Bosang, que vous avez dépassés si vous vous trouvez au Wat Phra Pan. Le centre communautaire le plus visité est le Umbrella Making Centre (en anglais dans le texte). Qui se compose d’une zone de fabrication à l’arrière, d’une petite exposition et d’une grande zone de vente. L’entrée est bien entendu gratuite. On regrette quelque peu que les artistes se concentrent sur la réalisation de coques pour téléphones portables mais cela répond là à une forte demande et leur travail est d’excellente facture. Autre centre artisanal tout aussi touristique, le Saa Paper and Umbrella Handicraft Center (ศูนย์หัตถกรรมกระดาษสาและร่ม), quelques centaines de mètres avant. On vous a déjà parlé des ombrelles dans cet article-ci.
Umbrella Making Centre. Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h. Page Facebook et site web.
Saa Paper and Umbrella Handicraft Center. Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h30. Page Facebook et site web (avec une boutique en ligne).
Avis TripAdvisor sur le village des ombrelles de Bosang (à lire les avis, nous constatons hélas que peu s’y rendent de la manière que nous préconisons).

PARC AQUATIQUE. Si vous êtes en famille avec des enfants, ceux-ci seront emballés par les diverses surprises que vous verrez à l’intérieur du temple et que nous ne voulons pas vous dévoiler. Vos enfants n’auront pas manqué de repérer le parc aquatique pratiquement attenant, le Tube Trek, qui correspond à un grand parc aux normes internationales (avec des prix d’entrée qui le sont tout autant).
Tube Trek water park. Ouvert de 11h à 18h30, fermé le mercredi. Page Facebook, site web et avis TripAdvisor.

TubeTrek Montage

MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN. Les parents cultivés seront plus intéressés, eux, par ce qui est un musée de calibre mondial dans le domaine de l’art contemporain, ouvert en 2016. On parle bien sûr du très beau MAIIAM (พิพิธภัณฑ์ศิลปะร่วมสมัยใหม่เอี่ยม). Fruit d’un collectionneur franco-thaï argenté. On vous en parle régulièrement sur notre page Facebook, continuant de mettre en avant ses expositions et autres animations. Ce bijou muséal se trouve à deux pas du temple. Le miroitement de la devanture vous met directement dans l’ambiance et vous attire irrésistiblement…

MAIIAM PhotoMAIIAM – musée d’art contemporain. Ouvert de 10h à 18h, fermé le mardi. Page Facebooksite web et avis TripAdvisor.

MUSÉE D’ART. Dans le même registre, à savoir l’art, un art local qui a su nous emballer, vous avez également une adresse ignorée de tous, ou presque, et qui pourtant vaut vraiment le déplacement. Il s’agit du Chiangmai Art Museum. C’est au milieu des rizières que ce musée a été construit. Une très belle salle d’exposition a su nous captiver le jour de notre visite. Mais surtout, c’est le contact avec les artistes présents en résidence qui nous revient à l’esprit (il faut dire que nous étions accompagnés d’une Thaïlandaise de Chiang Mai, ce qui nous a permis de discuter aisément avec eux). Nous ne doutons pas cependant que l’endroit vous plaira autant qu’à nous. Un sympathique café s’y trouve, le Naive Cafe.
Chiangmai Art Museum. Horaires d’ouverture inconnus. Page Facebook (aucun site web à notre connaissance).

CAFÉ. À seulement 1,5 km du temple, ne manquez pas de boire un verre au Mai Jai Dum, un café créé dans un paisible écrin de verdure. Les arbres environnants vous transmettront leur force naturelle. Le logo – un chien, maa étant le terme familier pour dire chien – vous rappellera peut-être quelque chose puisqu’en fait, Mai Jai Dum est une distillerie de spiritueux inventive bien connue à Chiang Mai.
Mai Jai Dum House. Ouvert tous les jours de 8h à 18h. Page Facebook et site web (vente des produits de la maison mais tout est en thaï).

Maa Jai Du Cover FB recadrée


SOURCES CHAUDES. Il y a mille raisons de se rendre aux sources chaudes de San Kamphaeng (hot springs en anglais, น้ำพุร้อนสันกำแพง อ.แม่ออน). La première c’est que les journées sont généralement chaudes à Chiang Mai et les sources chaudes – paradoxalement – sont un espace des plus rafraîchissants (on parle bien sûr de l’ombrage du parc et non de la températures de l’eau). Ensuite, visiter cette attraction, c’est rencontrer une ambiance thaïlandaise typique, avec les familles qui prennent du bon temps, surtout le dimanche et les jours fériés. Une autre raison qui vaut le déplacement, c’est que vous verrez les locaux s’adonner à une activités culinaire des plus étonnantes : ils… Non ! Mieux vaut ne pas vous la dévoiler. Vous la découvrirez ainsi sur place – elle est pratiquement identique dans toutes les sources chaudes du royaume – et l’étonnement sera vôtre comme il a été nôtre. Pour cela, il faut vous rendre tout en haut, là où jaillissent les sources. On vous donne tout de même un indice : observez bien la sculpture à l’entrée du parc…

C’est un endroit où vous apprécierez vous faire masser (les pieds). De notre point de vue, il n’est pas utile d’utiliser l’espace « piscine » et les services ad hoc, un espace payant – qui singe les sources occidentales. Passer un moment avec les locaux les pieds dans l’eau – chaude, bouillante même – et effectuer la même activité culinaire qu’eux – celle-là même que nous ne voulons pas vous dévoiler – est pour nous la meilleure des choses à réaliser en ce lieu qui vous laissera un agréable souvenir.
Ouvert tous les jours de 7h à 19h (billets vendus jusqu’à 18h). Plusieurs pages Facebook : celle des sources chaudes, de même que celles liées au onsenici et , site web du onsen et avis TripAdvisor.

Encore un conseil exclusif de Chiang Mai De-ci De-là : si vous êtes arrivé jusque là – vous êtes à plus de 40 km de la ville de Chiang Mai – alors vous ne devez en aucun cas manquer de visiter, même brièvement, le magnifique temple situé non loin (à quelque 2,3 kilomètres pour être précis), le Wat Doi Phoothi Yaan (วัดดอยโพธิญาณ, à ne pas confondre avec le temple encore plus proche, le Wat Bo Nam Un, วัดบ่อน้ำอุ่น). Ce temple au milieu de nulle part – on parle donc bien du Wat Doi Phoothi Yaan – est un véritable chef-d’œuvre caché dans la nature. Au moment où nous y sommes passés, il était encore en construction (ou plutôt en rénovation). Et croyez-nous : vous serez fort impressionné de ce que vous allez admirer là… Nous pourrions vous donner d’autres conseils, comme la belle grotte de Mae On toute proche mais l’objet principal de cet art est de visiter l’exposition d’ombrelles (à défaut le temple qui l’abrite). On reviendra donc sur la visite de cette partie de Chiang Mai (on parle de la province)…


ARCHITECTURE LANNA. Toujours dans cette partie de Chiang Mai, ne manquez pas de faire un arrêt au Dhara Devi, puisque vous passerez pratiquement devant. C’est l’un des fleurons hôteliers de la Rose du Nord. Vous ne pourrez pas accéder à l’intérieur – c’est là une adresse exclusive réservée à sa seule clientèle. Mais l’extérieur vaut à lui seul le déplacement. L’originalité du resort, c’est d’avoir implanté des anciennes structures architecturales du Lanna (Thaïlande, Birmanie et Laos). Il y a par exemple à l’intérieur un véritable palais birman (que nous avons eu l’occasion de visiter grâce aux connexions d’un moine d’une famille respectable de Chiang Mai). Ne manquez pas de visiter l’ancien marché – kad en langue locale (le kham muang, คำเมือง) alors que le terme thaï est talat – sur votre droite en rentrant, où est maintenant exploité un tea-room/boulangerie (les prix sont certes européens mais la qualité et le service le sont aussi). L’allée d’entrée est fastueuse et le splendide bâtiment qui fait office de réception vous donnera une idée de ce dont profite la clientèle huppée. Ne manquez pas de visiter le bâtiment octogonale, à droite une fois passé l’impressionnante porte d’entrée. Jetez également un œil du côté du restaurant Le Grand Lanna, sur votre gauche à l’entrée, l’un des meilleurs de Chiang Mai (et aux prix pas excessifs).
Complexe hôtelier de luxe Dhara Dhevi. Si vous n’avez pas les moyens de réserver (sur Booking.com), lisez au moins les avis de TripAdvisor… Visite de l’entrée du site hôtelier en tout temps. Page Facebook et site web.

Dhara Dhevi Cover FB

RESTAURANT. Meena Rice Based Cuisine (ร้านอาหารมีนา). C’est là notre adresse préférée dans le coin. Nous l’avions découverte dès son ouverture et son succès nous ravit, d’autant que le touriste est denrée rare. Une cuisine thaïlandaise inventive et raffinée à des prix locaux. Les recettes proviennent de la famille – lui vient du sud et elle est une fille du Lanna. Vous mangez sous d’anciennes maisons en bois de type Lanna dans un cadre exquis. Nous savons avec certitude que vous en repartirez émerveillé. Ne nous remerciez pas, c’est tout naturel.
Meena Rice Based Cuisine. Ouvert de 10h à 17h, fermé le mercredi. Page Facebook et avis TripAdvisor.

Meena Rice Based Cuisine - Cover FB

พรรณี กาละแมกะทิสด Logo FBMARCHÉ et BONBONS. Meena se trouve dans la même rue où est organisé tous les week-ends le marché Cham Chaa (ฉำฉา). Il faut dire que le propriétaire du restaurant est l’instigateur du marché. On adore son ambiance nonchalante et c’est là un rendez-vous à ne pas manquer si vous prévoyez votre sortie samedi ou dimanche. Le Bus Pizza ne manquera pas de vous étonner. Si vous avez l’occasion de voir ouvert l’atelier de bonbons à la noix de coco de marque พรรณี (c’est le bâtiment bleu sur votre droite à l’entrée du soï), n’hésitez pas à y entrer. L’on vous montrera alors comment sont confectionnées ces sucreries et vous pourrez en acheter (on les trouve en ville au marché Warorot). À noter encore que la période du Loy Kratong est l’occasion pour la communauté locale qui anime ce marché, Loang Him Kao (โหล่งฮิมคาว), d’agrandir le lieu et d’y organiser le marché Ton Yon. Beaucoup plus de stands à cette occasion, avec diverses animations (ateliers et accompagnement musical). Cette année, il a lieu du 22 au 25 novembre 2018, de 10h à la tombée de la nuit..
Marché du week-end Cham Chaa. Ouvert tous les samedis (de 9h à 14h) et dimanches (de 9h à 15h). Page Facebook.

ฉำฉา market Photo

© Facebook – ฉำฉา market

CAFÉ avec vue sur les RIZIÈRES. On vous livre encore une de nos autres perles : allez donc boire un café au Chiang Mai Rice Life. Créé par le fils du propriétaire qui a étudié en Australie, ce café vous donne une très belle vue sur les rizières de la société (il faut évidemment y être avant la récolte qui se fait généralement en novembre).
Chiang Mai Rice Life. Ouvert tous les jours de 9h à 18h. Page Facebook.

Chiangmai Rice Life Montage.jpeg

ATELIER DE CÉLADON. Et comme l’on est dans une partie de Chiang Mai où l’artisanat est roi, profitez-en pour visitez par exemple l’un des trois ateliers de céladon les plus réputés de Chiang Mai, Baan Celadon. Le céladon, un type de céramique fort prisé en Chine comme en Corée, a ce coloris typique vert pâle du jade, la pierre sacrée (il peut aussi être bleu-gris translucide). L’atelier, qui se visite, est en retrait par rapport à la zone de vente. Vous y verrez de petites mains à l’œuvre où patience et dextérité se conjuguent. Quand on vous disait que le Lanna possédait de bons artisans.
Baan Celadon. Ouvert tous les jours de 8h30 à 17h30. Page Facebook, site web et avis TripAdvisor.Baan Celadon Cover FB

C’est muni de toutes ces bonnes adresses que vous ne manquerez pas d’observer une singularité propre à cette route, la 1006 donc. Regardez bien les les panneaux routiers… C’est une étrange 3e langue qui y figure, en plus du thaï et de l’anglais. Ce n’est pas du chinois, non. C’est une langue que seuls les érudits maîtrisent, souvent de vieux moines. C’est l’ancienne langue du Lanna. Il vous sera difficile de trouver un habitant qui sache la déchiffrer. Mais cet aspect démontre la volonté des autorités de préserver la culture qui est la leur, celle du Lanna. Et les ombrelles dont il est question ici participent de cette indispensable héritage culturel dont nous saluons la préservation et que nous vous invitons à découvrir pour être, vous aussi, charmé par la richesse du Lanna. Sawat dee jao (สวัสดีเจ้า).

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Nos conseils d’itinéraire

On vous l’a dit en guise d’entame, si vous avez prévu de vous rendre au village des ombrelles de Bosang ou encore aux sources chaudes de San Kamphaeng, la visite de l’exposition en plein air des ombrelles du Wat Phranon Mee Pukha se doit impérativement d’être effectuée, du moins jusqu’au 15 janvier 2019.

Voici nos conseils d’itinéraire (aller-retour depuis Chiang Mai) pour une balade réussie :

  • Sur une demi-journée, vous pouvez vous arrêter au Dhara Dhevi puis poursuivre vers le village des ombrelles de Bosang pour arriver enfin au Wat Phranon Mee Pukha et profiter de l’exposition. Repos mérité au café Mai Jai Dum. La visite du musée d’art contemporain MAIIAM peut clore cette sortie.
  • Disposant d’une journée, votre choix sera plus vaste. En partant vers 10h, visite du Dhara Dhevi puis en route pour le village des ombrelles de Bosang. Revenez ensuite vers le Baan Celadon et aller déjeuner (dîner diront les Helvètes) au Meena Rice Based Cuisine. Le café peut se prendre au Chiang Mai Rice Life avant de rejoindre le Wat Phranon Mee Pukha et son exposition d’ombrelles. Vous terminerez la journée en choisissant votre attraction en fonction de vos intérêts.
  • La variante nocturne permet de visiter une ou plusieurs des attractions susmentionnées dans l’après-midi, selon vos intérêts, pour terminer au Wat Phranon Mee Pukha, dont l’exposition ferme à 22h.
  • Et enfin, le week-end, ne manquez pas le marché Cham Chaa !

Booking.com San Kamphaeng

Vous pourriez également être tenté par une nuit sur place, à l’extérieur de Chiang Mai donc, ce qui est la meilleure des manières d’apprivoiser l’endroit, dans une ambiance champêtre. Si vous êtes véhiculé, aucun souci pour vous. A défaut, les minibus blancs (song thaew) relient abondamment la ville, du moins en journée. Et Grab sera votre ami. En ce cas, réservez votre hôtel sur Booking.com ou consultez les avis de TripAdvisor sur les meilleurs établissements. Ce dernier vous fournira également d’autres conseils quant aux attractions et activités du coin, en plus des nôtres.

Quels que soient nos conseils, on vous rappelle que le plaisir du voyage est amplifié lorsque l’on se laisse bercer par la grâce de l’inattendu.

TripAdvisor San Kamphaeng


¹Notez que les Anglo-Saxons transcrivent Loy Krathong (avec h) pour le terme thaïlandais ลอยกระทง et Yee Peng pour le terme thaïlandais ยี่เป็ง.

S’agissant d’un article pratique, les données peuvent varier au fil du temps (horaires, liens…). N’hésitez pas à nous signaler toute modification en laissant un commentaire. Merci.

Source de l’image à la Une : © Facebook – สะพายกล้องท่องเที่ยว กับ มาเรีย ณ ไกลบ้าน (@MarianaKlaiBaanTrip). Mise à jour le 25.11.2018.

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Féerie de chrysanthèmes à Samoeng

C’est à une bucolique virée florale que l’on vous convie. Une contrée ignorée du tourisme de masse où les seuls visiteurs sont locaux. Un endroit qui vous permettra de respirer le bon air de la montagne car Samoeng est une région montueuse aux multiples vallées encaissées. Mais avant de vous dévoiler où se trouvent précisément ces champs de chrysanthèmes qui attirent Thaïlandaises et Thaïlandais, un peu d’histoire et de géographie vous sont imposées.

Photo Toto 4 light

© Chiang Mai De-ci De-là

De la Chine au Japon – Une plante asiatique

S’intéresser au chrysanthème – un nom de genre qui vient du grec et signifie «fleur d’or» – c’est voyager en Chine, d’où la plante est originaire, et au Japon, où les fleurs sont considérées propices à la longévité et à la jeunesse éternelle. En Chine, le chrysanthème vivace fait partie des Quatre nobles plantes, associées au Quatre gentilshommes du confucianisme – qui en symbolisent des vertus – de même qu’aux quatre saisons. Au Japon, le Festival du chrysanthème est l’un des cinq festivals anciens et sacrés de l’empire. On doit la première description botanique du chrysanthème au botaniste provençal Thomas d’Audibert de Ramatuelle. En 1792, il a pu analyser une plante ramenée de Chine par le navigateur marseillais Blancard, sous le nom de « camomille à grandes fleurs ».

Au chrysanthème   题菊花 

Au vent d’ouest glacial, vous êtes florissant dans mon jardin   飒飒西风满院栽
Votre parfum n’attire nul papillon frileux 蕊寒香冷蝶难来。
Si je deviens un jour maître du printemps   他年我若为青帝,
Je vous inviterai à vous épanouir avec la fleur du pêcher   报与桃花一处开。

Ode au chrysanthème, célèbre poème chinois à la gloire du chrysanthème, œuvre de Huang Chao (黄巢), farouche chef d’une jacquerie paysanne contre la dynastie Tang

Le Chrysanthème des fleuristes – Chrysanthemum ×grandiflorum ou Chrysanthemum ×morifolium – est une plante ornementale appelée également Chrysanthème d’automne. Et c’est justement à la fin de la saison des pluies, vers mi-octobre ici au nord de la Thaïlande, que cette plante vivace offre sa floraison aux yeux émerveillés. Au fil des siècles, à force d’hybridations, ce sont des milliers de cultivars différents qui existent maintenant de par le monde. Inutile de regarder la fleur pour savoir à quoi l’on a à faire car c’est principalement en regardant les feuilles, caduques, que l’on saura s’il s’agit d’un chrysanthème !


Et en Thaïlande

Photo Toto 5 light

© Chiang Mai De-ci De-là

Dans la région de Samoeng, c’est une variété à fleurs simples qui est cultivée – généralement jaunes ou blanches; elles ont une allure de marguerites. Vous savez déjà que dok (ดอก en thaï) signifie fleur; la fleur de chrysanthème est appelée dok kek huai (ดอกเก๊กฮวย).

Le chrysanthème a longtemps été utilisé comme plante médicinale pour traiter les maladies respiratoires, la fièvre, les règles difficiles et les flatulences. Il est également comestible, les jeunes pousses et les pétales étant consommés frais dans des salades ou cuits dans des gâteaux alors que les fleurs séchées servent à produire tisanes et liqueurs. Attention, de nombreuses personnes réagissent négativement à la sève du chrysanthème, développant une dermatite de contact après une exposition prolongée à la plante. Les chrysanthèmes sont d’ailleurs considérés comme toxiques pour de nombreux animaux.

Une fleur aux nombreuses vertus cependant. Ainsi de ce site médical thaïlandais qui ne lui en trouve pas moins de 26 ! Les Thaïlandais apprécient la fleur de chrysanthème pour deux raisons principales : une fois séchée, elle se conserve longtemps. Qui plus est, elle permet de composer un breuvage qui se boit chaud ou froid, le thé de chrysanthème, une boisson rafraîchissante lorsque l’on a soif.

Photo Toto Montage

© Chiang Mai De-ci De-là

Les champs de chrysanthèmes de Samoeng

Dans une petite vallée perdue du district de Samoeng, à l’ouest de Chiang Mai, ce sont des centaines d’arbrisseaux qui ont été plantés sur les collines. Ainsi, le village de Baan Om Long (บ้านอมลอง, dans le sous-district de Mae Sap) attire de nombreux admirateurs. Les jeunes (et moins jeunes) Thaïlandaises adorent se faire photographier au milieu des cultures, simulant la cueillette. Des blogueurs régionaux ont popularisé l’endroit, en le photographiant sous ses meilleurs atours : @TheiywLaewHlaw, @IAmSeason9, คนขี้เล่า เหงาก็เที่ยว ou encore หมีบรื้น : The Wanderer Bear. C’est notamment grâce à ces photos que Baan Om Long est devenu très récemment populaire. Les couples y posent maintenant pour leurs photos de mariage. Le romantisme à la sauce thaïlandaise.

Sur place, durant la saison de la cueillette, les journaliers œuvrent sous une chaleur accablante, protégés par des parasols. Vous pourrez bien entendu déguster la boisson et acheter une galette de fleurs séchées (elle est vendue THB 100.-). À défaut, vous en trouverez au marché Warorot, à Chiang Mai donc, où les propriétaires agricoles écoulent principalement leur production.


Y aller

Difficile, voire impossible, d’emprunter un moyen de transport public pour visiter les diverses plantations. Vous devrez impérativement y aller avec votre propre véhicule (ou un véhicule loué), idéalement depuis Chiang Mai. Un deux-roues vous procurera plus de plaisir, obvie. Le site se trouve après la ville-même de Samoeng, à près d’une heure de route en direction de Wat Chan (donc à plus de 2 heures en partant de la Rose du Nord).

L’on peut combiner la visite avec la fameuse boucle de Chiang Mai – Samoeng – Mae Rim – Chiang Mai. Mais le faire en une journée est périple harassant ! Quoi qu’il en soit, vous emprunterez la magnifique route en lacets 1349, de très bonne qualité depuis Samoeng. Une route appréciée des bovidés qui s’y prélassent ! Attention à ne pas rater l’embranchement à droite, là où dite route se dédouble (vous y verrez plusieurs panneaux d’indication publicitaires). À partir de là, la route se détériore (nids de poules et gravier) mais reste sans autres praticable. Une fois arrivé, les premières plantations s’offrent à vous. N’hésitez cependant pas à suivre la route de campagne qui longe la petite rivière Om Long car la plus belle d’entre les plantations se trouve plus loin encore, après que la route asphaltée se transforme en piste (attention car s’il a plu ce sera alors fort glissant). Un habitant du lieu nous a dit que la piste rejoignait la route 4021; elle devrait donc être asphaltée dans le futur mais nous ne l’avons point empruntée jusqu’au bout (elle n’est point encore cartographiée).

Selon les indications des travailleurs agricoles recueillies sur place – qui sont dans leur écrasante majorité des travailleuses – la floraison ici à Samoeng a généralement lieu de mi-octobre à mi-novembre. Une fenêtre relativement étroite pour programmer votre visite dans la région.

On vous donne l’emplacement Google Maps (ทุ่งดอกเก็กฮวย อ.สะเมิง จ.เชียงใหม่) et la page Facebook d’une plantation (ไร่วังธาร-ดอกเก๊กฮวย, la dernière… et la plus belle). De notre point de vue, le site ne vaut pas un déplacement à lui tout seul depuis Chiang Mai ! Mais si vous le combinez avec d’autres attractions dans la région, votre journée en sera alors arc-en-ciélisée.

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© Chiang Mai De-ci De-là

Nous consacrerons prochainement un article plus complet à Samoeng, charmant district montagneux au pied du Doi Suthep, à l’ouest, où il fait bon dormir. Mais si vous deviez vous rendre à Baan Om Long pour profiter de cette féérie florale – et accessoirement jouir de routes montagneuses procurant moult plaisir en deux roues – ne manquez pas dans ce cas deux arrêts indispensables. Un tout petit peu plus loin, en continuation de la route 1349, des rizières en terrasse où est également cultivée de la stevia, exactement ici. Et sur la route en y venant, le Wat Phra That Doi Nok (พระธาตุดอยนก), que vous n’aurez pas manqué de voir sur votre droite, érigé sur une colline (le Mont Oiseau en traduction littérale, Doi Nok). Son sommet vous procurera une magnifique vue sur toute la vallée, dans un lieu forcément paisible s’agissant d’un temple. A toutes fins utiles, vous pouvez consulter l’offre hôtelière de Booking (attention, les établissements ne se trouvent pas toujours proches de Samoeng-même !) et lire les bons conseils de TripAdvisor en lien avec Samoeng.

SAMOENG SUR BOOKING ET SUR TRIPADVISOR

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Rizières en terrasse et vue depuis le Doi Nok (© Chiang Mai De-ci De-là et Facebook – จิรัฏฐ์ รถแดง เที่ยวเชียงใหม่)

Si vous êtes arrivé(e) en fin d’article, c’est que vous êtes passionné(e) par les fleurs ! Et Chiang Mai en ce domaine vous offre le meilleur : sa fameuse Fête des Fleurs (qui a lieu chaque année le premier week-end du mois de février). Et s’il vous est impossible de vous rendre sur place, Amazon vous livrera des fleurs de chrysanthème bio (elles proviennent cependant de Chine). Et si l’envie de cultiver cette plante devait naître en vous, vous pouvez acquérir des graines. La prochaine fois que vous boirez un thé de chrysanthème, vous saurez alors à quoi ressemble et l’arbrisseau et sa fleur. Que la santé, la longévité et la jeunesse éternelle vous accompagnent.

#ChampsChrysanthèmes #chrysanthème #Samoeng #MaeSap #BaanOmLong


Sources rédactionnelles : Wikipédia et Jardinier Paresseux. Source de l’image à la Une : © Facebook – The Wanderer Bear. Mise à jour le 02.02.2019

 

 

Le zoo de Chiang Mai accueille les animaux du Dusit zoo de Bangkok, définitivement fermé

Si vous aviez prévu de visiter le Dusit zoo avec vos enfants, il va falloir changer vos plans. Le plus célèbre zoo de Thaïlande, véritable institution créée il y a 80 ans à Bangkok, a définitivement fermé le 30 septembre 2018 ! Un nouvel emplacement est prévu. Mais que vont devenir les centaines d’animaux du zoo ?


Quid des animaux ?

Zoo de Dusit The Standard FB

© Facebook – The Standard

A l’origine, ce zoo, le plus ancien de Thaïlande, était un jardin botanique, nommé Khao Din Wana, à l’usage privé de la famille royale. Un petit lac artificiel a été creusé là; la terre accumulée a formé un monticule et des arbres ont été plantés. D’où le nom du site, appelé affectueusement Khao Din par les habitants de Bangkok (Khao Din signifie « montagne de terre » et Wana peut être traduit par « forêt »). Ce n’est que depuis 1983 qu’il est devenu un zoo public sous le nom de Dusit (สวนสัตว์ดุสิต). Une attraction des plus populaires qui attirait plus de 2 millions de visiteurs par an.

Le nouvel emplacement, un terrain offert par le roi actuel, S.M. Rama X, dont la construction n’a pas encore commencé, est situé à Pathum Thani, la province au nord de la capitale. L’on nous promet une réalisation respectant les normes internationales en matière zoologique. Ne nous hasardons cependant pas à fixer une date d’ouverture… Ceci dit, les animaux en captivité jouiront d’un espace trois fois plus grand (300 rai, qui correspondent à 48 hectares). Mais que sont-ils donc devenus ?

Le Dusit zoo sur le web
On ne dira pas que les relations publiques du zoo de Dusit sont des plus actives sur leur site web. Rien ou presque au sujet de cette fermeture n’y figure ! Ils auraient pu profiter de cette pause pour continuer leur mission de manière virtuelle, en attendant l’ouverture du nouveau zoo. Que nenni ! Ne vous reste donc à consulter que leur encyclopédie animale ou encore les anciennes éditions de leur magazine (e-Book qui ne sont pas récents, en langue thaï de surcroît…).
Pour ce qui est de la page Facebook, elle continue a être animée.
Le zoo dispose de son compte Instagram, un site sur lequel on peut aussi admirer de belles photos avec le hashtag #DusitZoo.


Le zoo de Chiang Mai en guise de maison d’accueil

Ce sont tout de même près de 1600 animaux qui doivent être temporairement transférés dans d’autres zoos de Thaïlande – un transfert qui dure deux mois  : à Chonburi (qui accueille tous les volatiles), à Nakhon Ratchasima, à Ubon Ratchathani, à Khon Kaen, et bien sûr à Chiang Mai. Au pied du Doi Suthep, la Rose du Nord dispose d’un zoo connu mondialement pour abriter des pandas remis en prêt par la Chine. Son aquarium attire lui aussi beaucoup d’admirateurs. Et il y a bien entendu des éléphants, un des symboles de la Thaïlande.

Zoo de Chiang Mai Logo FB

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Quels sont donc les animaux qui ont été transférés ces jours derniers au zoo de Chiang Mai ? En voici une liste, non exhaustive (communiqué de presse) : on retrouve le koala, appelé aussi le paresseux australien, un marsupial qu’on ne trouve qu’en Australie, le chat viverrin, une espèce en danger d’extinction, le jaguar, un félidé lui aussi menacé, le renard à oreilles de chauve-souris, la petite civette indienne ou encore le muntjac de Fea, du nom d’un zoologue italien, espèce locale du cerf aboyeur ou muntjac indien. Vous devriez donc pouvoir admirer tous ces animaux au zoo de Chiang Mai.

Ce vaste zoo, qui n’a pas moins de deux entrées, est une des attractions incontournables de la ville, surtout pour les familles avec enfants. Presque tous les touristes passent devant, sans forcément s’y arrêter, car il se trouve sur la route du Doi Suthep, la montagne tutélaire de la ville sur laquelle a été érigé le temple bouddhiste éponyme le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Après leur visite du zoo, certains en sortent charmés, d’autres dépités par les conditions de vie des animaux qui y vivent. On vous laisse juge.

Le zoo de Chiang Mai sur le web
Quoi qu’il en soit, ce parc zoologique, ouvert tous les jours de 8h à 17h, organise souvent des activités et autres événements diversifiés. Il a bien entendu son site web (quadrilingue dont l’anglais) et sa page Facebook, régulièrement alimentée. De même que son compte YouTube et Instagram (le hashtag #ChiangmaiZoo permet de le visiter à bon compte). Emplacement Google Maps.

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Conférences
régionale à Chiang Mai et mondiale à Bangkok

On peut bien sûr s’interroger sur le bien-fondé de l’existence-même des parcs zoologiques où les animaux, des êtres sensibles, sont confinés, certains diront incarcérés. Et les dérives sont nombreuses. Faut-il encore des zoos ? La question est légitime. Le bien-être animal est une cause émergeante et nous ne pouvons que nous en féliciter (d’ailleurs, une votation populaire fédérale a lieu en Suisse sur cette thématique). Une des problématiques – sans doute la plus essentielle – que soulève l’existence des parcs zoologiques est la suivante : indépendamment du plaisir que nous – êtres humains – pouvons retirer d’une visite au zoo, ces institutions servent-elles à la conservation des espèces animales¹ ?

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Il n’est pas de notre ressort dans ce court article d’animer ce débat. Néanmoins, on en profite pour vous parler d’une conférence qui se tient ces jours-ci à Chiang Mai-même. Il s’agit de SEAZA 2018, soit la 26e Conférence annuelle de l’Association des institutions zoologiques de l’Asie du Sud-Est, institutions qui gèrent notamment les zoos et les aquariums géants dans cette région dont fait partie la Thaïlande. Un événement, organisé sous le patronage de S.M. le roi Maha Vajiralongkorn, qui se déroule du 28 octobre au 2 novembre 2018 à l’Empress Hotel; les participants iront visiter le Night Safari (lire plus bas).

Au programme de cette conférence : la gestion et la conception des zoos, la science au service de la gestion des parcs zoologiques, les programmes de réintroduction d’espèces animales, le bien-être animal et l’éthique, les soins vétérinaires ou encore la biodiversité. Espérons qu’il ne s’agisse pas là de vains mots et concepts ! Celles et ceux désirant en savoir plus peuvent consulter le site web créé à cette occasion (c’est en anglais, langue officielle de l’ASEAN). Et si vous lisez le thaï, le zoo de Chiang Mai en parle sur sa page Facebook, de même que le site d’information 100LannaNews (ร้อยเรื่องเมืองล้านนา).

SEAZA est une association régionale membre de l’Association mondiale des zoos et aquariums (WAZA). Piquant télescopage de dates puisque cette conférence régionale était précédée d’une autre conférence, mondiale celle-là, qui s’est tenue à Bangkok.

WAZA est l’organisme unificateur de la communauté mondiale des zoos et aquariums, regroupant, en plus des institutions gérant les parcs, des associations, des organisations affiliées et des entreprises partenaires du monde entier, tous ensemble « Unis pour la Conservation ». La 73e Conférence annuelle de cet organisme s’est déroulée à Bangkok du 21 au 25 octobre dernier. Les participants ont abordé des problèmes mondiaux, s’attaquant à des questions clés. Ainsi, WAZA a accepté d’organiser un Congrès mondial sur les espèces pour faire face aux crises de leur conservation et de leur extinction. L’institution s’est engagée à suivre des lignes directrices pour une exploitation forestière durable. Elle a par ailleurs décerné divers prix et récompenses. Ce sont des orateurs de marque qui ont pris la parole tels que Jane Goodall, Messagère de la paix des Nations Unies, George Archibald, expert en grues (on parle bien sûr d’oiseaux), Kim Carstensen, directrice du Forest Stewardship Council, et Pilai Poonswad, conservationniste thaïlandais.

Les délégués ont également pris une décision audacieuse : l’accompagnement des autorités thaïlandaises dans la fermeture d’un zoo terrible, Pata, installé dans un centre commercial de Bangkok. 300 animaux parqués sur deux étages de l’immeuble de cette institution délabrée, parmi lesquels des espèces menacées telles qu’un gorille, un bonobo, un calao, un dragon de Komodo, entre aux chimpanzés et orang-outan. Vous pouvez lire la déclaration finale de WAZA2018.

Sur son site web, WAZA vous propose la visite d’un zoo virtuel (et là, pas besoin de billet d’entrée). WAZA sur Facebook (principalement en anglais) et sur le web (en français !).


Des zoos en Thaïlande

C’est un organisme gouvernemental qui gère les divers zoos publics du royaume : องค์การสวนสัตว์ ในพระบรมราชูปถัมภ์, en anglais le Zoological Park Organization of Thailand. Ces parcs sont au nombre de sept, sans compter l’Elephant Kingdom Project dans la province de Surin, dédié aux seuls pachydermes. Thailand Zoo dispose d’un site web et d’une page Facebook; il est présent sur YouTube. Une organisation qui dispose heureusement d’un Bureau de conservation et de recherche (สำนักอนุรักษ์ และวิจัย). Occasion de rappeler ici qu’il n’est pas aisé d’être activiste écologique au Pays du Sourire; l’exemple de Seub, qui s’est donné la mort, fatigué de combattre, est encore dans les mémoires des Thaïlandais sensibles à la protection de la nature.

Il y a également des zoos gérés par des entreprises privées, dont le but n’est pas philantropique, loin s’en faut. Outre Pata déjà cité, les plus connus d’entre eux sont le Night Safari et le controversé Tiger Kingdom ici à Chiang Mai, le Safari World à Bangkok ou encore le zoo de Phuket que beaucoup considèrent comme abominable (malgré le soutien officiel de l’Office du tourisme…). Ces institutions utilisent toutes le terme happiness dans leur communication mais il est permis de douter que le bonheur fasse partie du quotidien des animaux exploités en ces lieux…

#zoo #DusitZoo #WAZA2018 #SEAZA2018

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¹ Une esquisse de réponse peut être trouvée dans le travail de mémoire présenté par Mme Violette Pouillard (Master en Sciences et Gestion de l’Environnement), Les zoos et la conservation des espèces – Le cas du zoo d’Anvers.

Sources rédactionnelles : zoo de Dusit, Bangkok Post (08.08.2018 & 24.08.2018), The Nation et Thai PBS. Source de l’image à la Une : © Dusit Zoo. Mise à jour le 01.11.2018.

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