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Festival de la Vie Tribale 2018

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de la récente Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, qui s’est tenue à Chiang Rai ce mois-ci dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde célébrée le 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ses populations en marge de la société. Et le festival dont il est question ici y participe.


Le Musée Tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le Musée Tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le Musée Tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de 10 ethnies qui vous sont présentées là (lire le paragraphe idoine).

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale 2018, un événement que nous vous recommandons chaleureusement (cf. le paragraphe suivant).

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée du musée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer dans les paillotes au bord du lac servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

 

Le Musée Tribal de Chiang Mai sur internet (Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais)
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Emplacement

Le Festival de la Vie Tribale 2018

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au Musée Tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา, cf. le paragraphe ci-dessus), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

TribalLifeFestival2018Cover2THAMERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï):


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

A l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (env. 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. A titre d’exemple, les Karens s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. A titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karen : Les Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses :
Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu

© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)


En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Mise à jour le 16.08.2018.

#TribalLifeFestival #MinoritésEthniques #ChiangMai #Karen #Hmong #Mien #Lisu #Lahu #Akha #Htin #Khamu #Lawa #Mlabri

 

 

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La libération du Wat Phra That Lampang Luang par le roi Thipchang, magnifique reconstitution historique

La Thaïlande dans son ensemble et le Lanna en particulier aiment à se souvenir des hauts faits guerriers de leurs illustres prédécesseurs. La légende se mêle à l’histoire et permet au peuple de se remémorer avec émotion son passé. Et lorsque ce souvenir prend la forme d’une reconstitution historique, Chiang Mai Deci-Delà ne peut qu’en faire la promotion et vous conseiller vivement de participer à ce genre de festival. C’est l’occasion de voir des locaux en costume traditionnel (et le Lanna en produit de très beaux depuis fort longtemps), d’admirer des danses traditionnelles (et là aussi le Lanna excelle) et, bien évidemment, de découvrir des mets typiques de la cuisine locale (il n’est de fête sans nourriture au Siam).

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N’hésitez donc pas à participer à cet intéressant événement culturel qu’est la reconstitution historique d’une bataille menée par le roi Thipchang au Wat Phra That Lampang Luang (วัดพระธาตุลำปางหลวง ตำบลลำปางหลวง อำเภอเกาะคา จังหวัดลำปาง, ici, à 15 km au sud-ouest de la ville de Lampang, elle-même située à 2 heures de route au sud-est de Chiang Mai). Comme chaque année, un des épisodes historiques de l’ancien royaume du Lan Na fera l’objet d’un magnifique spectacle son & lumière, avec danses et musique traditionnelles. Ce sont là deux magnifiques jours que vous passerez à Lampang. Au programme : cortège en habits traditionnels avec des éléphants et des chevaux (Lampang est réputée pour ses carioles en ville), ancien marché traditionnel (kad mue kua luang), cérémonie religieuse dans un magnifique temple bouddhiste. Le Lanna dans toute sa splendeur ! Cette année, rendez-vous est pris les mercredi 18 et jeudi 19 juillet 2018.

Notre reporter sur le terrain a assisté au spectacle, magnifique, donné l’année dernière… sous la pluie. Cette année, les météorologues annoncent un temps tout aussi capricieux.


Programme 2018

Mercredi 18 juillet

  • 07h00 : cérémonie religieuse avec le dépôt d’une couronne aux pieds de la statue.
  • 10h00 : ‘Saw Lanna’ (musique folklorique).
  • 15h30 – A NE PAS MANQUER : grande parade en habits traditionnels; il y aura là des éléphants et des chevaux.
  • 18h00 : cérémonie officielle d’ouverture (avec danses traditionnelles).
  • 20h00 – A NE PAS MANQUER ! Show historique du roi Jao Thipchang (spectacle son & lumière).

Jeudi 19 juillet

  • 10h00 : ‘Saw Lanna’ (musique folklorique).
  • 15h00 : démonstrations culturelles Lanna.
  • 20h00 – A NE PAS MANQUER ! Show historique du roi Jao Thipchang (spectacle son & lumière). Il s’agit du même spectacle que le jour précédent ! Il est cependant mentionné que 200 danseuses y participeront ce soir-là.

Cette reconstitution historique fait l’objet d’une page Facebook dédiée : สืบสานตำนานพ่อเจ้าทิพย์ช้าง 2561 (une page qui risque cependant d’être supprimée comme l’a été la page idoine de l’édition de l’année 2017, 2560 en Thaïlande).


Le roi Thip Chak (ทิพย์จักร) ou Thip Chang (ทิพย์ช้าง), mort en 1759, a été un souverain indépendant (aucunement soumis, ni aux Birmans, ni au royaume d’Ayuthya, ni encore à d’autres royaumes du Lan Na). En 1730, Lampang faisait face à une guerre civile. Thip Chak, qui était un chasseur, a dirigé un groupe de soldats qui a assassiné le chef de la rébellion, Thao Maha Yot. Selon les Chroniques de Chiang Mai, il a ensuite ourdi un soulèvement à Lamphun et, dans ses dernières années, a influencé les fondements de la doctrine bouddhiste locale.


Le Wat Phra That Lampang Luang (en thaïlandais : วัดพระธาตุลำปางหลวง ตำบลลำปางหลวง อำเภอเกาะคา จังหวัดลำปาง), situé dans le district de Ko Kah (province de Lampang), est l’un des meilleurs exemples d’architecture Lanna en Thaïlande. Il a été construit au sommet d’une petite colline et est entouré d’une muraille défensive. Sa fondation remonte au XIIIe siècle. Indépendamment d’être superbe architecturellement, deux points le caractérisent :

  1. Le grand chedi du temple renfermerait un cheveu du Bouddha historique. Cette relique explique que le site est l’un des plus vénérés de Thaïlande. La légende dit même que le Bouddha a visité le lieu il y a plus 2500 ans…
  2. En regardant par une ouverture sise dans une petite chapelle attenante – où l’entrée est interdite aux femmes – l’on peut voir, par un effet optique surprenant, le sombre chedi du temple… à l’envers !

Wat Phra That Lampang Luang. Wat est le terme thaïlandais pour désigner un temple. Étymologiquement, phra that, signifie relique de Bouddha (phra est un terme honorifique et that signifie relique). Lampang est bien sûr le nom de la ville toute proche. Le mot Luang vient de ในหลวง (Nai Luang), une façon de désigner le roi de Thaïlande, et indique que le monument est parrainé par Sa Majesté, généralement pour sa reconstruction ou sa rénovation. La traduction de son nom complet signifie « le temple de la Grande Relique du Bouddha de Lampang ».

Ce temple a été conservé dans son état d’origine et ses restaurations successives ont respecté son architecture, mélange des styles Lanna et Tai Lü. Ainsi, ses viharns ouverts sur tous les côtés sont typiques du style Lanna. Il s’agit d’un temple fortifié ou wiang, entouré de hauts murs de briques. Au début du XVIIIe siècle, lorsque Lampang était occupée par les Birmans, les envahisseurs occupaient le temple. Il a été libéré par des troupes locales conduites par un homme nommé Thipchang, dont on peut voir la statue sur le terrain du temple. Et c’est justement cette libération qui est commémorée ici.

Le temple est en fait un complexe bouddhique contenant un grand nombre de bâtiments, y compris le plus ancien viharn en bois de Thaïlande. Protégé par deux grands lions gardiens, vous y accédez par un escalier Naga menant à une grande porte d’entrée. Le Viharn Luang est un grand bâtiment avec un toit à trois niveaux qui a été construit dans la seconde moitié du XVe siècle. Ouvert sur tous les côtés, sa structure est soutenue par un grand nombre d’énormes piliers en béton qui ont remplacé les piliers d’origine en bois de teck. A l’intérieur, les piliers sont décorés de lai kham, des motifs dorés sur de la laque noire. Vous y admirerez d’importantes images de Bouddha enchâssées au centre du viharn. De belles peintures murales représentant les Jataka, les histoires légendaires des vies antérieures du Bouddha, agrémentent le bâtiment.

Le chedi – ou stupa – est probablement la structure la plus ancienne du temple. Bien qu’on ne sache pas exactement quand il a été construit, il a été agrandi et reconstruit au XVe siècle jusqu’à sa hauteur actuelle d’environ 45 mètres. Le sombre chedi,  qui n’est pas ouvert au public, est recouvert de feuilles de bronze et de cuivre qui ont vieilli au fil des siècles et ont changé de couleur. La structure renferme donc une relique de cheveux du Bouddha, très vénérée. Quant au Viharn Nam Tam Tam, il a été construit au début du XVIe siècle. On pense qu’il s’agit du plus ancien temple en bois de Thaïlande qui est encore dans son état d’origine.

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© Facebook – พาไปวัด

On vous laisse découvrir les autres bâtiments du complexe religieux. Non sans terminer par vous parler de la chapelle Ho Phra Phutthabat, une chapelle au sol qui est fermée aux femmes; elle contient une sculpture de l’empreinte du Bouddha. C’est de là qu’une ouverture permet de voir le chedi sombre… à l’envers ! Un effet d’optique pour le moins surprenant.

Si vous désirez en savoir plus sur ce temple, il fait partie de ceux visités par Loris, le jeune passionné qui anime le site Temple-Thaï.com.


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ASPECTS PRATIQUE. Comment se rendre au Wat Phra That Lampang Luang ?
Le temple est situé dans le district de Ko Kah, à environ 15 kilomètres au sud-ouest de la ville de Lampang, à quelques kilomètres à l’ouest de l’autoroute 1 (Phahon Yothin road). Si vous ne disposez pas d’un véhicule privé, le moyen de transport le plus rapide et le plus confortable pour s’y rendre est le taxi (votre hôtel à Lampang vous en réservera un sur demande). A défaut, vous pouvez affréter un songthaew, camionnette convertie avec deux bancs à l’arrière. Mode de transport plus lent et plus amusant, typique de Lampang, la calèche (comptez THB 300.- minimum depuis la ville). Sur place, des calèches font le tour du temple (il vous en coûtera de THB 150.- à THB 200.-).

Le temple est généralement ouvert de 7h30 à 17h. L’entrée est gratuite et, comme pour tout temple en Thaïlande, un don est apprécié.

Nom du temple Wat Phra That Lampang Luang en thaïlandais : วัดพระธาตุลำปางหลวง ตำบลลำปางหลวง อำเภอเกาะคา จังหวัดลำปาง. Page Facebook et emplacement.


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KingThipChakHistoricalShowLampang2018Cover0MISE A JOUR : LIENS DE L’ÉDITION 2018 EN VIDÉO

La grande parade
Le spectacle de mercredi en direct
Le spectacle de jeudi (1ère partie)
Le spectacle de jeudi (2e partie)


Si vous passez par Lampang, la visite de ce temple hors de la ville se doit d’être impérativement mise au programme ! Et si vous avez la chance d’être présent lors de ce festival culturel annuel (vers mi-juillet), n’hésitez pas à y passer la nuit. Lampang, qui se languit au bord de la rivière Wang, recèle quelques intéressants sites et activités touristiques. Dont les deux sites-phares :

  • Le Pont en Bambou du Bouddha (c’est là la traduction du nom donné en anglais, Bamboo Buddha Bridge; en thaïlandais : ขัวแตะ สะพานบุญวัดพระธาตุสันดอน ลำปาง). Il s’agit d’un magnifique site vous permettant d’admirer des rizières durant la saison verte (grosso modo de juillet à octobre). La passerelle en bambou mène à un joli temple en rénovation, le Wat Phrathat San Don (วัดพระธาตุสันดอน), offrant une belle vue sur les montagnes alentour. Nous vous en avons déjà parlé sur notre page Facebook. Le temple dispose de sa propre page FB (mais elle n’est que peu animée; il y a aussi deux pages de lieu, générée par Facebook donc, celle-ci et celle-là). Emplacements Google Maps : le Wat Phrathat San Don et le Pont en Bambou du Bouddha (c’est donc à 30 km au sud de la ville de Lampang, sur la route no 11).
  • Le second site-phare de Lampang est l’étonnant temple perché sur des pics montagneux, le Wat Chalermprakiat Prajomklao Rachanusorn. C’est l’un des temples incontournables à visiter en Thaïlande, incontournable car singulier. Nulle part ailleurs vous ne verrez une telle architecture religieuse ! On vous laisse découvrir cela en vidéo. Le temple se trouve sur le mont Pu Yak, dans le district de Chae Hom, dans la province de Lampang donc; très précisément ici (à 70 km au nord de la ville de Lampang).
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© Facebook (Bangkok Airways) + MThai (Pornphen.c)

Par ailleurs, la production de céramique de Lampang est réputée dans tout le royaume. N’hésitez pas à visiter un de ces ateliers de production (ils accueillent tous des visiteurs dans leur showroom; certains ont même créé des musées). Pourquoi pas le Ko Kha Ceramic Village où vous pourrez acquérir des produits OTOP venant du district éponyme, là-même où se trouve le temple Wat Phra That Lampang Luang. Sans oublier le parc national de Chaeson et les agréables balades qu’il offre.

Depuis Chiang Mai, on vous conseille fortement de vivre une expérience locale mémorable au prix d’une bouchée de pain en y allant en train (de Chiang Mai à Nakhon Lampang). C’est là sans nul doute le tronçon le plus intéressant de la ligne ferroviaire du nord Bangkok-Chiang Mai. Et si vous deviez vous y rendre en voiture (ou en moto), faites donc une pause-café au Cocolampang (les familles préféreront le Hug You (ฟาร์มแกะฮักยู), juste à côté, où des moutons et des lapins attendent les enfants). Entre ces deux établissements, n’hésitez pas à suivre la petite route qui vous amène à une très belle retenue d’eau – un petit lac si vous préférez – qui ne se trouve étrangement pas répertoriée sur Google Maps… Ces trois endroits sont très proches du temple dont il est question dans cet article.

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Hébergements

LadaHouseVoici trois adresses hôtelières que nous vous recommandons :

  • Le Neuf est un hôtel moderne qui maintient sa bonne réputation; nous y avons dormi, l’ayant choisi pour son bon rapport qualité-prix (il était récent en 2017).
  • Celles et ceux qui veulent passer la nuit dans une maison de caractère se tourneront vers la Lada House, la bonne adresse du moment. Elle offre des chambres à des prix variés (mais bon marché pour la qualité proposée).
  • Et enfin, pour les amateurs d’auberges de jeunesse – qu’on appelle ici en anglais les hostels – en quête de lits bon marché, il y a le flambant neuf Memmoth Hostel. Nous, on adore son architecture. L’établissement offre des lits en dortoir mais également des chambres privées à des prix ma foi fort attirants. Grand avantage : il est à deux pas de la gare ferroviaire.

Plus proche du Wat Phra That Lampang Luang, là où se déroule le festival du roi Thipchang, vous avez le Lampang Green Garden Resort. De ravissantes maisonettes dans un agréable parc. Vous pourrez alors vous rendre au festival en vélo, prêté par le resort. Et sinon, faites votre choix sur Booking.com parmi les établissements hôteliers les mieux notés.

Alors, convaincu de visiter Lampang ? Si ce ne devait tours pas être le cas, on vous invite à lire cette intéressante contribution de Travellers Art Donating : Lampang : terre du bois sacré.

On termine en vous dévoilant le show de l’année 2016 en vidéo; qui sait, peut-être vous convaincra-t-il de faire enfin halte à Lampang, une halte que vous ne regretterez guère.


Source principale du texte sur le temple Wat Phra That Lampang Luang : Renown Travel (traduction libre). Source du texte sur le roi Thipchang : Wikipédia (traduction libre, texte plus complet en langue thaïlandaise).
Source photographique de l’image à la Une : EventsWeekly (que nous remercions).
Mise à jour le 21.07.2018

Lanna Expo 2018 – L’âme du Lanna qui s’exhibe

LANNA EXPO. En tant que touriste de passage, ce serait vraiment dommage de passer à côté de cet événement annuel se déroulant généralement en juin 10 jours durant ! Les expatriés et les locaux le savent, la Lanna Expo permet de tutoyer l’âme du Lanna, du nom de cet ancien royaume du Nord, annexé par le Siam. Tout ce que la région a de meilleur est exposé ici. Les arts et la culture y ont une place prépondérante. Et c’est la raison pour laquelle nous vous conseillons chaudement de vous y rendre, rendez-vous idéal si la journée est pluvieuse.

Il s’agit donc d’une grande foire régionale regroupant diverses expositions, impliquant quatre provinces du Nord : Chiang Mai, Lampang, Lamphun et Mae Hong Song. En plus des foires aux nombreux stands et des expositions elles-mêmes, quantité d’animations sont au programme, que ce soit des présentations et autres concerts sur la grande scène (une petite partie du programme), ou encore du folklore local sur d’autres plus petites scènes. Avec un grand show d’ouverture. Que vous soyez touriste ou résident, ne manquez pas cette nouvelle édition de la Lanna Expo (celle de l’année dernière a attiré 400’000 visiteurs).

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© Facebook – Lanna Expo 2018 + Instagram – ching_pron

LANNA EXPO 2018 – RENSEIGNEMENTS PRATIQUES

❖ Durée : 10 jours, du vendredi 22 juin au dimanche 1er juillet 2018.
❖ Horaires : tous les jours de 10h à 20h (jusqu’à 21h les samedi et dimanche).
❖ Entrée gratuite.
❖ Transport : navette gratuite (minibus rouges munis des panneaux violets « Lanna Expo » depuis les centres commerciaux suivants : MAYA (เมญ่า), Central Festival (เซ็นทรัลเฟสติวัล), CentralPlaza Airport (เซ็นทรัลพลาซา), Ruamchok (รวมโชคมอลล์, devant le KFC) et enfin le grand marché Warorot (Kad Luang, ตลาดวโรรส -กาดหลวง), près de la rivière Ping.
❖ Emplacement de la foire : CMECC – Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre (sur la route du Canal, au nord de la ville, ศูนย์ประชุมและแสดงสินค้านานาชาติ เชียงใหม่). Site web et page Facebook du centre.
❖ Un événement organisé par la Chambre du Commerce (Chiangmai Chamber of Commerce, หอการค้าจังหวัดเชียงใหม่). Site web et page Facebook.

Page Facebook (@LannaExpo).
Evénement FB.
❖ Hashtags : #LannaExpo2018 (sur Instagram) et #LannaExpo (sur Instagram).

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La Lanna Expo regroupe en fait plusieurs foires au sein du même écrin, l’immense centre d’exposition CMECC (Chiang Mai International Exhibition and Convention Centre), au nord de la ville. La devise de cette édition 2018 est : Arts & Culture du Lanna – Création de valeur pour une « thaïtude » durable (en anglais : Lanna Arts & Wisdom – Create the value of sustainable thainess). La thaïtude – ou thaïtitude, thainess en anglais – pourrait se décrire comme le caractère distinctif de la population thaïlandaise et de sa culture unique (un concept difficile à résumer, vulgarisé ici par les érudits expatriés Alain et Bernard; celles et ceux désirant en savoir plus liront avec intérêt cet ouvrage).

La Lanna Expo permet donc de se frotter à la riche culture du Lanna (danses, chants et autre artisanat). Elle est annoncée par une conférence de presse. Le premier jour a lieu une cérémonie d’ouverture où vous pouvez profiter d’un très beau show . Cette année ce sera donc le vendredi 22 juin 2018, à 15h30 (cérémonie repoussée à 17h).


Lanna Expo 2018 – Au programme cette année

Cette foire est bien entendu une occasion en or pour les entreprises locales et régionales de faire leur promotion. Il y est question de nourriture, de santé, de produits agricoles et d’agriculture en général. Les domaines du travail et de l’éducation ne sont pas négligés (on parle ici au nord de Lanna 4.0 au même titre que le plan directeur Thailand 4.0). A l’extérieur, pléthore de stands vous offre une nourriture locale souvent méconnue.


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Northern Thailand Food Valley + Lanna Coffee Hub
Qui n’apprécie pas la cuisine thaïlandaise ? Celle du Lanna en fait bien évidemment partie mais est bien différente de la conception que s’en font les touristes lorsque l’on évoque la cuisine thaïlandaise. Le khao soy (ข้าวซอย) est sans doute le plat le plus connu; il y a également la fameuse saucisse aux herbes sai ua (ไส้อั่ว), sans oublier moult produits OTOP (One Tambon One Product), une appellation d’origine contrôlée (AOC) ou protégée (AOP) à la sauce thaïlandaise. Découvrez d’autres produits alimentaires et boissons parmi les meilleurs à la Northern Food Valley grâce à des dégustations sur place. Y est intégré le Lanna Coffe Hub : le dynamisme des producteurs de café explique sans nul doute qu’il y ait presque plus de coffee shops que de 7 Eleven dans la Rose du Nord ! On vous en a déjà parlé dans cet article (Le café, grain de folie à Chiang Mai). Beaucoup d’acteurs s’évertuent à ériger Chiang Mai comme une cité du café : Chiang Mai Coffee City – เชียงใหม่เมืองกาแฟ.
▪︎ Northern Food Valley sur le web et sur Facebook (tout est pour l’heure en thaïlandais).
▪︎ Lanna Coffee Hub sur Facebook.
▪︎ Chiang Mai Coffee City – เชียงใหม่เมืองกาแฟ sur Facebook.


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Chiang Mai World Fair
Cet événement, mettant en valeur les cultures et les produits du monde, promeut les échanges culturels, éducatifs et touristiques internationaux. L’année dernière a vu la participation de 22 pays (un événement sur trois jours qui avait attiré plus de 180 000 visiteurs). Cette année, 16 consulats actifs dans la Rose du Nord y prennent part, avec le Consul d’Australie à leur tête (le pavillon australien anime même une page Facebook dédiée). Animations quotidiennes avec des shows provenant de diverses parties du monde.

Dans ce cadre-là, c’est vendredi 22 juin 2018, de 17h30 à 22h à la salle Leelawadee 1, qu’a lieu le Chiang Mai Sundowners hosted by AustCham, en présence du gouverneur de la province et des 16 consuls (idéal pour les entrepreneurs désirant réseauter du côté de Chiang Mai). Événement FB.

De plus, la Chiang Mai World Fair accueillera dimanche 24 juin, de 14h à 17h, la K-Pop Competition, concours du meilleur chanteur et du meilleur danseur. La K-Pop est un genre musical venu de Corée du Sud qui fait fureur dans toute l’Asie et au-delà. On peut comprendre pourquoi en visionnant le bonjour du groupe Rose Quartz 😏


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Lanna Health Fair – Foire de la Santé et du Bien-Être en Pays Lanna
Avec son Lanna Health Hub, auquel sont intégrés non seulement des prestataires de santé mais également des instituts universitaires de recherche, la région offre un bon niveau de soins. La médecine du Lanna partage avec la médecine chinoise son approche holistique; elle se concentre donc sur la prévention (avant que la maladie ne survienne). C’est dans cette optique qu’il faut considérer les bienfaits du massage du nord thaïlandais par exemple. On vous en reparlera un jour en détail. Une zone entière de la foire est réservée à la santé et la beauté (Health & Beauty zone). Une Convention sur le Massage thaïlandais et le Bien-Être est organisée. Il s’agit de la Wellness & Thai Massage Convention avec une impressionnante cérémonie de wai khru où les élèves ayant été formés par leur maîtres ès santé leur rendent hommage avec déférence. Cette dernière aura lieu le dimanche 24 juin 2018, de 9h10 à 10h30. On vous conseille vivement d’être présent. Vous pourrez alors bénéficier des conseils personnalisés prodigués par des thérapeutes d’horizons divers.
▪︎ Le Lanna Health Hub sur le web (tout est en thaïlandais) et sur Facebook (avec une page hélas moribonde).


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Communauté locale du Wat Srisuphan
Il s’agit des fameux artisans travaillant l’argent, ceux-là mêmes qui ont érigé le splendide Temple d’Argent, sis à Chiang Mai. Sur leur pavillon, vous en apprendrez plus sur le mode de vie traditionnel de cette ancienne communauté du Lanna. Plus de 40 exposants vous démontreront leur savoir-faire. S’y ajoute une exposition retraçant l’histoire de la civilisation lanna. A ne pas manquer donc.


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Amazing Ethnic Chiang Mai Culture – Le charme des tribus du Nord
Pas moins de 19 minorités ethniques sont présentes à la Lanna Expo, sous la forme d’un stand bien sûr, où vous découvrirez leur divers produits, culinaires comme artisanaux, mais également par le biais d’activités culturelles (représentations de danses par exemple). C’est sans nul doute l’endroit où vous rencontrerez le plus de représentants des nombreuses minorités qui peuplent tout le nord thaïlandais, Hmongs, Karens, Lahus, Lisus et autres Tai Lüe. Les fameuses femmes-girafes du village touristique tout proche sont également de la partie.


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OTOP & SMEs FAIR
Vous l’aurez compris, les dynamiques PME locales et régionales sont à l’honneur à la Lanna Expo. Beaucoup d’ateliers dans la halle destinée aux PME. Notamment ceux qu’organise le Centre halal d’études scientifiques de l’Université Chulalongkorn. Et si l’envie de vous lancer dans l’exploitation d’un food truck devait vous titiller, ne manquez pas la journée du jeudi 28 juin 2018 où le Food truck Club-Thailand organise une foire/exposition.


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D’autres manifestations enrichissent la Lanna Expo à l’image du Chiang Mai Forum 2018 du lundi 25 au mercredi 27 juin 2018, de 9h à 16h. Sous la houlette du Ministère thaïlandais de la Culture, il sera débattu (hélas en langue thaïlandaise seulement) de la promotion des arts et de la culture du Lanna dans le monde. Vaste sujet s’il en est !


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Il y a également des mini-concerts d’artistes célèbres, locaux et nationaux. On vous épargne leur noms qui vous sont sans doute parfaitement inconnus ! De nombreux ateliers agrémentent également la manifestation. Signalons encore une zone spéciale dédiée aux produits du Projet Royal (on vous promet de vous en parler un jour de manière plus précise tant le sujet est intéressant car il touche à l’amélioration des conditions de vie des minorités ethniques, amélioration voulue et initiée par le défunt roi Bhumibol le Grand).

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Ce riche programme vous permet de passer quelques heures à la Lanna Expo. Entre les expositions, les animations et le repas (à l’extérieur, pléthore de stands vous offre une nourriture locale souvent méconnue), le temps s’écoulera rapidement. Allez-y donc les yeux fermés et vous saurez ensuite pourquoi le Lanna nous ravit. Un ravissement que l’on partage à travers notre site qui aime à promouvoir les arts et la riche culture du Lanna. Sawat dee jao 😁

On vous quitte avec ces deux joyeux lurons qui devraient vous donner envie de vous déplacer jusqu’au centre d’exposition afin de participer vous aussi à la Lanna Expo 2018 et, qui sait, y rencontrer l’âme authentique du Lanna… La vidéo dévoile une partie de l’ambiance de cette foire; il s’agit en l’occurrence de l’édition de l’année dernière, 2017 donc.


Mise à jour le 24.06.2018

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Le King Kong des rizières

Huay Tueng Thao (อ่างเก็บน้ำห้วยตึงเฒ่า). C’est le nom d’une retenue d’eau aux pieds du Doi Suthep, située dans une zone militaire à Don Kaeo, dans le district de Mae Rim, à 14 km au nord de la ville de Chiang Mai. Ce lac n’a donc rien de naturel mais avec le Doi Suthep en toile de fond, le caractère bucolique de l’endroit le rend très populaire. Ainsi, pour échapper à la torpeur de la ville, ses habitants aiment à y passer d’agréables moments, notamment le dimanche après-midi où beaucoup pique-niquent. Les touristes ne s’y aventurent que rarement et c’est bien dommage car le site est l’endroit idéal pour se détendre et profiter du paysage. Les plus actifs pourront utiliser les pédalos et des kayaks ou bien encore pêcher. Et pourquoi ne pas profiter d’un massage thaïlandais ?C’est l’endroit rêvé pour faire du vélo ou encore du VTT (location sur place)… Plusieurs restaurants aux mets locaux vous permettront de vous sustenter (salade de papaye, riz gluant, poisson grillé évidemment, riz frit et nouilles, entre autres menus). Des vendeuses aux paniers colorés vous proposent des fruits frais et autres insectes. Des paillotes agrémentent le lieu où il est bien entendu possible de s’y baigner. Pour un peu, on se croirait à la mer ! L’on peut même y passer la nuit : il y a des hébergements (bungalows de paille à THB 600.- la nuit, appelez le 053 121 119 ou le 098 808 65 99), de même qu’une zone de camping.

Tel le monstre du Loch Ness, beaucoup vous diront avoir aperçu ces derniers jours une bête monstrueuse au cœur-même des rizières. Et vous pouvez les croire ! L’armée a en effet édifié un gorille de paille qui attire tous les curieux de la région (et les amateurs de selfies originaux). C’est une nouvelle attraction sise au lac Huay Tueng Thao offerte durant la saison verte (l’histoire ne dit pas encore comment le gorille réagira sous les fortes pluies de la région mais des observateurs sur le terrain ont signalé une grande bâche bleue qui le protège). Et le succès est au rendez-vous dès l’ouverture. Le géant mesure 4 mètres de haut et 2,30 mètres de large; il a coûté 70 000 bahts. Il a fallu 6 jours pour le créer, avec l’aide de bénévoles issus de l’Université de Technologie de Rajamangala. Une passerelle en bambou agrémente l’endroit.

La culture du riz n’est pas des plus rémunératrices. Cette attraction apportera un revenu complémentaire bienvenu aux agriculteurs. Et c’est l’occasion pour tous les visiteurs de découvrir non seulement un monstre de paille mais surtout de se frotter à la riziculture locale, les pieds dans la boue, sous le regard attendri des buffles d’eau. Une atmosphère des plus originales qui ravira les familles et les couples. Et une belle occasion d’admirer des rizières du plus bel effet (c’est le temps du repiquage en ce moment¹). Une seconde vidéo ici.

Avec ou sans ce « King Kong des rizières », le lac Huay Tueng Thao est un site que nous vous recommandons chaudement. Vous aurez ainsi une idée plus verte ce que peut être la (trop) polluée Rose du Nord durant votre séjour à Chiang Mai.


Le site lacustre est ouvert tous les jours (entrée payante de 8h à 17h: THB 50.- pour les étrangers et THB 20.- pour les locaux). A notre connaissance, aucun moyen de transport public ne s’y rend (sauf à s’arrêter sur la route 107 avec un song thaew jaune qui se rend à Mae Rim, exactement à ce carrefour (อุโมงค์ ดอนแก้ว กรมทางหลวง) mais alors il vous faudra encore marcher vers le lac, plus de 3 km (comptez 30 minutes) en direction de l’ouest; départ des song thaew au marché Warorot et la gare routière Chang Phueak). C’est donc la destination idéale pour qui se déplace en vélo (30 kilomètres aller-retour tout de même), en scooter ou motocycle, ou encore en voiture. Sans omettre les song thaew, les taxi/camionnettes rouges typiques de la ville, une fois négocié le prix avec le chauffeur (déplacement(s) et attente sur place).

Page Facebook du lac Huay Tueng Thao. Le site web officiel ne semble plus être mis à jour. Emplacement exact.

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Si vous êtes motorisé, ne manquez pas d’autres sites touristiques tout proches qui ne sont pas dénués d’intérêt :

  • La base militaire où vous pourrez admirer des dizaines de chevaux broutant dans un grand parc (หมวดสัตบาลที่ 3, en bordure de la route 107). Du lac, comptez 30 minutes de marche à pied (plus de 3 km).
  • Le Khuang Phra Chao Lanna tout proche (ข่วงพระเจ้าล้านนา),  que l’on qualifiera d’apaisant parc bouddhique puisque vous pouvez y admirer des œuvres architecturo-religieuses typiques de cette région, le Lanna (mais ce n’est pas un temple).
  • Le parc Cowboy Army Riding Club, un site d’où s’envolent des montgolfières, et le parc Rama IX Lanna (สวนลานนา ร.9), avec son labyrinthe végétal qui ravira les jeunes enfants (mais l’entretien du lieu laisse à désirer). Ces deux adresses sont cependant un brin redondantes si vous avez passé précédemment du temps au lac Huay Tueng Thao.
  • Le Musée de la Banque de Thaïlande (Bank of Thailand Museum – North Region Office, ธนาคารแห่งประเทศไทย สำนักงานภาคเหนือ), divisé en deux sections : une première présentant l’histoire de la monnaie thaïlandaise et une seconde axée sur l’importance du textile.
  • Le Wat Pa Dara Phirom (วัดป่าดาราภิรมย์ พระอารามหลวง), un complexe bouddhiste peu connu et dont l’architecture vous enchantera. Situé dans un parc à la quiétude enveloppante. Y sont organisées des rencontres entre bouddhistes avec la pratique de la méditation. De même que le ravissant Palais Darabhirom voisin (พระตำหนักดาราภิรมย์), une très belle villa en bois transformée en musée. C’est là qu’habitait la princesse Dara Rasmi, une des épouses du roi siamois Chulalongkorn, grande défenseur des arts du Lanna (les Québécois écriront défenseuse).
  • Sans parler des attractions jusqu’à la pléthore offertes par la vallée de Mae Sa, plus au nord ! Petit clin d’œil cependant pour les coquins qui pourront compléter la journée en visitant le Jardin Érotique (Chiang Mai Erotic Garden), lui aussi au coeur des belles rizières de Mae Rim, à 15 km au nord du lac Huay Tueng Thao.

¹ l’article a été écrit début juin 2018. Mise à jour le 20.06.2018.

Source de l’image à la Une : © Facebook – เช็คอินเชียงใหม่ Checkin Chiangmai

Pèlerinage annuel nocturne du Doi Suthep

C’est du Doi Suthep que l’on peut embrasser du regard toute la Rose du Nord !

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© CM108.com

Evoquer Chiang Mai, c’est forcément parler du Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville. Un sommet qui tire son nom de Sudeva Rishi, qui, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, menant une vie d’ermite, passant son temps à méditer dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Suthep. Doi, en langue locale, signifie montagne. Les parents de Sudeva Rishi sont d’ailleurs fêtés dans un spectaculaire festival annuel qui voit la mise à mort d’un buffle : Pu Sae et Ya Sae. Le jour du Vesak – pleine lune du 8e mois lunaire – commémore simultanément trois événements importants de la vie du Bouddha : sa naissance, son illumination et le nibbana, son extinction. C’est à l’occasion de cette fête commémorative, la plus importante pour les bouddhistes, qu’a lieu le fameux pèlerinage nocturne du Doi Suthep, cher au cœur des habitants de Chiang Mai (il est dit que nous en somme à la 647e édition). Une expérience, si vous deviez vous aussi la réaliser, que nous vous promettons inoubliable 😌

Le Wat Phrathat Doi Suthep Rat Wora Wihan (en thaïlandais วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร), appelé plus simplement Wat Prathat Doi Suthep est le temple qui se trouve sur le premier des deux sommets (le second étant le Doi Pui, le tout formant un parc national). C’est sans nul doute le temple bouddhiste le plus vénéré en Thaïlande du Nord. La route du temple a été ouverte le 30 avril 1935, permettant aux automobiles d’y accéder. Elle a été construite par une armée de volontaires sous l’égide du moine rénovateur Khruba Srivichai, un moine tout aussi vénéré que le temple.

Le pèlerinage annuel dont il est question ici emprunte donc cette route de 11 kilomètres. Pour rejoindre le sommet, situé à 1676 mètres, il vous faudra compter entre 3 et 4 heures de marche depuis le pied de la montagne. Une fois le temple en vue, il y a encore 306 marches d’escalier à grimper pour atteindre la pagode. Une ascension qui début au sanctuaire de Khruba Srivichai, peu après le zoo de Chiang Mai. Comme le rappelle l’abbé responsable du temple, c’est un événement ouvert à tous, au premier rang desquels les bouddhistes bien entendu. Il est demandé d’être vêtu de blanc. Et, s’agissant d’un rite religieux, c’est une attitude respectueuse qui est attendue de vous. L’édition 2017 a vu affluer près de 55’000 participants; certains d’entre eux marchent tenant entre leur mains une chandelle. Il y a également moult stands (cf. la carte ci-dessous) où vous pourrez vous reposer et où vous attendent des moines : ils vous mettront un bracelet en coton autour du poignet, vous gratifiant d’une bénédiction. Cette affluence, avec son lot de boissons gratuites et d’encas ingurgités tout au long du parcours, gère beaucoup de déchets (27 tonnes l’année dernière). Les autorités ne manquent d’ailleurs pas de donner des consignes écologiques (hélas peu respectées). C’est dire que les volontaires sont les bienvenus pour prêter main forte aux organisateurs. Notez que les étudiants de l’Université de Chiang Mai (CMU) effectuent eux aussi une telle ascension mais à une autre période, à l’ouverture de l’année académique.WalkUpDoiSuthep2017Photo5

Les festivités à proprement parler commencent par l’arrivée de l’eau lustrale à l’aéroport de Chiang Mai, en provenance de Bangkok, cadeau de Sa Majesté le roi. Une parade en voiture amène cette eau bénite au temple du Doi Suthep. Cela s’est déroulé le 23 mai 2018. Que vous ayez l’intention ou non d’effectuer l’ascension nocturne en compagnie des locaux, ne manquez pas le fabuleux spectacle donné le soir-même au sanctuaire de Khruba Srivichai – le 28 mai donc. Les autres jours de l’année, on vous invite à effectuer la visite matutinale du tempe du Doi Sthep en compagnie d’un ancien moine, un circuit exclusif proposé par le Swiss-Lanna Lodge. A moins que vous ne préfériez être parmi les hordes touristiques qui affluent en journée, causant d’importants dégâts à l’écosystème de ce parc naturel.

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Quoi qu’il en soit, voici le programme 2018 du pèlerinage annuel du Doi Suthep à l’occasion du jour du Vesak :

Dimanche 27.05.2018, après 16h (probablement vers 18h) : procession d’un char illuminé par des lanternes traditionnelles (typiques du Lanna), du Wat Upakut au Wat Phra Sing, au coeur de la cité historique, le long de la route Thapae.

Lundi soir 28.05.2018 (14e jour du 8e mois lunaire).
Joignez-vous aux pèlerins en marchant de nuit les 11 km du pied du mont Suthep au temple bouddhiste éponyme. Le départ se fait au sanctuaire de Khruba Srivichai (juste après le zoo). Le but est d’arriver tôt le matin au temple afin d’y effectuer trois circumambulations en guise de mérite, sans oublier l’aumône matutinale aux moines. Programme du pèlerinage nocturne du Doi Suthep :
• 18h30 : cérémonie d’ouverture au monument de Khruba Srivichai, aux pieds de la montagne.
• 19h09 : cérémonie religieuse en présence de 9 moines.
• Puis : show historique qui s’annonce haut en couleurs.
• 19h59 : procession colorée vers le temple du Doi Suthep.
• A 1h du matin, cérémonie religieuse (dépôt de l’eau sacrée au sanctuaire du Wat Phrathat Doi Suthep).

Mardi 29.05.2018 (15e jour du 8e mois lunaire, le jour du Visakha Bucha à proprement parler, วันวิสาขบูชา), au temple.
• 06h30 : cérémonie religieuse avec offrande matutinale aux moines (ตักบาตร, dtàk bàat), à ne pas manquer.
• 17h30 : cérémonie de clôture avec l’eau lustrale royale. Fin à 17h45.
Cette journée verra des bénévoles se consacrer au nettoyage de la route d’accès !

Au dernières nouvelles, courageux seront les pèlerins de cette édition 2018, la 647e donc, car une nuit pluvieuse est annoncée.

La légende de l’Éléphant blanc du Doi Suthep (© Wikipédia)
Selon la légende, un moine de Sukhothai du nom de Sumanathera a vu en rêve un dieu lui dire d’aller rechercher une relique à Pang Cha. Sumanathera s’est rendu sur place et y a trouvé un os, que beaucoup pensent être un os de l’épaule de Bouddha. La relique a montré des pouvoirs magiques, elle a rougeoyé, elle pouvait disparaître, se déplacer et se dupliquer. Sumanathera l’a apportée au roi de Sukhothai, le Dharmmaraja.

Le Dharmmaraja a fait des offrandes et une cérémonie pour l’arrivée de Sumanathera. Cependant, la relique n’a alors montré aucune caractéristique anormale et le roi, doutant de son authenticité, a dit à Sumanathera qu’il pouvait la garder.

Cependant, le Roi Nu Naone du royaume de Lanna a entendu parler de la relique et offert au moine de la prendre. En 1368, avec la permission de Dharmmaraja, Sumanathera a apporté la relique à l’actuelle Lamphun, au nord de la Thaïlande. La relique s’est apparemment dédoublée, une pièce étant de la même taille, l’autre plus petite que l’original. Le morceau le plus petit a été enchâssé au temple à Suandok et l’autre a été placée par le roi sur le dos d’un éléphant blanc qui a été libéré dans la jungle. L’éléphant a escaladé Doi Suthep, alors appelé Doi Aoy Chang (montagne d’éléphant de sucre), et a gémi trois fois avant de mourir. Ceci a été interprété comme un signe et le Roi Nu Naone a ordonné la construction d’un temple à l’emplacement de sa mort.

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Recommandations des autorités du parc national Doi Suthep/Doi Puiet parcours du pèlerinage avec ses nombreux arrêts


On se quitte en vous dévoilant des images de la dernière édition du pèlerinage, celle de 2017 donc :


Source photographique de l’image à la Une : TAT et pour ce qui a trait au programme : Chiangmai News. Mise à jour le 02.06.2018

Festival Pu Sae Ya Sae – Mise à mort d’un buffle pour concilier les esprits

On raconte qu’ils voulaient manger le Bouddha…

PuSaeYaSaeFestivalMarco11Âmes sensibles, s’abstenir ! Chaque année ici à Chiang Mai, dès les premières lueurs du jour, durant la pleine lune du 7e mois lunaire*, se déroule un spectaculaire festival animiste, le Pu Sae Ya Sae (สืบสานประเพณีเลี้ยงดง). Un rituel, autrefois parrainé par le roi du Lanna, qui implique le sacrifice d’un buffle de couleur sombre, effectué par un chaman local, qui doit en manger la chair crue et boire son sang – ce qu’il fait généralement après qu’il ait émis un cri strident. Cette cérémonie a lieu dans une clairière boisée aux pieds du Doi Kham, une colline d’environ 15 km au sud-ouest de la ville, à Mae Hia (Canal Rd, non loin de Hang Dong). Mieux vaut s’y rendre tôt pour s’imprégner de l’ambiance locale, avant l’arrivée de quelques groupes de touristes ! Cette année, la cérémonie a lieu le lundi 28 mai 2018, dès 7h du matin. Il vous faudra par conséquent venir avec votre propre moyen de transport (en louant un scooter ou négociant un song thaew par exemple).

NB : il ne nous appartient pas de porter un jugement sur des pratiques locales séculaires; nous tenons cependant à vous préciser que la mise à mort du buffle a lieu durant la nuit, avant l’événement public, une fête qui n’en reste pas moins spectaculaire. La voici résumée en vidéo :

Citylife a réalisé une autre vidéo résumant le rituel (basée sur la cérémonie de 2017).


De l’importance des esprits protecteurs…

Le rituel animiste dont il est question aujourd’hui, peu connu et archaïque, provient du peuple Luas (ou Lawas), une des ethnies régionales jadis au coeur du royaume du Lanna. Les Luas sont les premiers habitants connus de Chiang Mai, avant même la colonisation siamoise de la région, et même mon, soit une période antérieure à l’introduction du bouddhisme dans le nord de la Thaïlande. Nous vous avons déjà parlé du Festival annuel de l’Inthakin qui découle lui aussi d’anciennes croyances de ce même peuple premier. Trois esprits sont ici impliqués, de même que six esprits inférieurs : grand-père Pu Sae, gardien du Doi Suthep, son épouse grand-mère Ya Sae, gardienne du Doi Kham, et leur fils Sudeva Rishi. Ogres cannibales à l’appétit insatiable pour la chair humaine et le sang, ils hantaient jadis la région. On sait peu de choses des Luas, bien que l’on pense qu’ils fussent des chasseurs de têtes comme les Wa de l’État Shan, auxquels ils sont liés. Leur anthropophagie est étroitement liée au rituel Pu Sae – Ya Sae tel qu’il est encore pratiqué aujourd’hui.

Selon une légende locale, le Bouddha, arrivé ici par une vision lors d’un de ses rêves, remarqua un silence inhabituel, comme si le village était inhabité; il en demanda la raison. Les villageois lui apprirent alors que deux géants, mari et femme habitant la montagne, viennent souvent au village et en attrapent ses habitants pour se nourrir. Ce qui expliquait le calme apparent du village. Le Bouddha, compatissant face à ces villageois sans défense, partit à la rencontre des deux géants. Cupides, Pu Sae et son épouse Ya Sae, de même que leur fils Sudeva Rishi, voulurent dévorer le Bouddha. Celui-ci, ayant pris conscience de leur plan, leur fit d’abord peur en posant son pied sur un rocher – où se trouve aujourd’hui le Wat Phra Buddha Bat Si Roi dans le district de Mae Rim. Puis le Bouddha leur adressa un sermon et prédit qu’il y aura bientôt beaucoup de moines dans cette région, les exhortant à ne plus manger la chair des êtres vivants. Sudeva Rishi, le fils du couple, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, s’abstenant à jamais de consommer de la viande de toute sorte. Plus tard, il se déshabilla pour mener la vie d’un ermite, passant son temps en méditation dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Doi Suthep. Pu Sae et Ya Sae, de mauvaises grâces, acceptèrent eux aussi de ne plus manger de chair humaine mais demandèrent au Bouddha la permission de manger seulement deux buffles par an, un chacun, en compensation. Le Bouddha fut réticent à cette requête; il les bénit tout de même, leur dévoilant cinq préceptes, puis les quitta.

Et c’est depuis lors que les habitants vivant autour du Doi Kham pensent qu’ils doivent se concilier les deux esprits, considérés comme les gardiens de la montagne, et donc protecteurs de la forêt, en sacrifiant chaque année deux buffles. Une seconde cérémonie, tombée dans l’oubli, se déroulait dans la forêt aux pieds du Doi Suthep. Il s’agit ici d’apaiser ces deux esprits car, malgré leur promesse, la crainte d’un retour à leur vieilles habitudes cannibales est toujours présente. Le buffle sélectionné est abattu avant l’aube. Si l’animal, qui est tué avec un gros couteau par un boucher musulman, tombe parallèlement au ruisseau Mae Hiya, la pluie sera abondante. La tête, les os, la viande, les entrailles et le sang sont séparés et déposés sur une natte, sous le regard bienveillant d’une illustration du Bouddha suspendue à un arbre. Le chaman – qui peut être une femme, exalté par le lao khao (une liqueur blanche), est soudainement et violemment possédé par les deux esprits et se met à manger la chair crue extraite des entrailles du buffle et à boire son sang. Après un moment, le chaman s’effondre sur le sol. Les esprits le quittent, satisfaits. Ce qui permet aux gens qui vivent autour de la montagne d’être rassurés une année de plus. A travers ce rituel effectué au début de la saison des pluies, les habitants espèrent également des pluies abondantes permettant de bonnes récoltes, de même qu’une bonne santé durant l’année (une nouvelle année, Songkran, qui a commencé à mi-avril selon le calendrier thaïlandais).

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Déroulement de la cérémonie

Selon la légende, le vieux couple anthropophage, Pu Sae et Ya Sae, vivait donc sur les deux montagnes toutes proches, le Doi Suthep et le Doi Kham. Sachant que le Bouddha allait un jour y venir pour se reposer, les dieux védiques Brahma et Indra ont béni le village en apportant une pluie d’or et d’argent. Comme il pleuvait de l’or au village, le Bouddha a prédit que cet endroit s’appellera Doi Kham, ce qui signifie « Montagne d’or ». Et comme il pleuvait de l’argent plus au nord, la montagne a été appelée Doi Ngoen, ce qui signifie « Montagne d’argent » (renommée plus tard Doi Suthep).

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Le terrain rituel, aux abords de la forêt, est déjà prêt dès 6h du matin : le buffle abattu se trouve dans un espace sacré devant douze maisons des esprits. La cérémonie en tant que telle commence généralement peu après 8 heures avec une procession, agrémentée de musique et de danses. Les femmes du village déposent les offrandes prescrites aux esprits : bananes, maïs soufflé, peau de porc, riz gluant, canne à sucre, tabac et aussi de l’eau, de même que des bougies argentées et dorées. Il y a là six plateaux pour l’esprit de la terre et 23 énormes plateaux de feuilles de banane pour les maisons des esprits, chacun contenant des cigares et des noix de bétel. Au sud de la zone rituelle se trouve un sala destiné aux visiteurs qui peuvent voir le médium à l’œuvre, un villageois de la région qui sera bientôt possédé par l’esprit de Ya Sae. PuSaeYaSaeFestivalMarco10A 8h20, Ajarn Phromma, le maître rituel, arrive pour lire les textes sacrés qui appellent les esprits à résider dans les différentes maisons pendant que la musique traditionnelle agrémente la fête. Vers 9h, la bannière Phra Bot, amenée dans un cercueil noir, est hissée – c’est une représentation du Bouddha, flanqué de ses disciples, Sariputra et Moggallana. Neuf moines, reliés au Bouddha par une ficelle de coton blanc, récitent des incantations saintes en langue pali. Vers 9h30, le médium, possédé par l’esprit, se dirige vers le buffle pour se régaler de sa chair crue et de son sang. Vers 10h15, le médium va rendre hommage au Phra Bot.

Ajarn Kraisri Nimmanhaeminda, dont le récit de Pu Sae – Ya Sae a été publié dans le Journal of the Siam Society en 1967, soutient de manière convaincante que la présence de moines bouddhistes et du Phra Bot au sacrifice de buffle est destinée à convaincre les esprits des anciens cannibales que le Bouddha est toujours vivant et qu’ils devraient donc adhérer à leur vœu d’abstinence de chair humaine. Pour les apaiser davantage, on leur accorde leur dernier souhait – de la viande de buffle fraîche avec l’approbation du propriétaire de ce dernier.

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Plusieurs pèlerins demandent à l’homme possédé d’attacher une ficelle blanche autour de leur poignet afin de s’attirer chance et santé. D’autres participants à la fête profitent du passage du médium dans l’assistance pour lui demander les numéros gagnants de la loterie ! C’est vers 11h que prend fin la cérémonie (édition 2016 en vidéo).

Des rites ancestraux

PuSaeYaSaeFestivalMarco21Vous l’aurez compris, il s’agit là de rites ancestraux antérieurs au bouddhisme, ce dernier n’ayant aucune peine à intégrer les croyances animistes. Au même titre que le Festival de l’Inthakin, lui aussi découlant des croyances du peuple Lua, ou encore les rites visant à faire tomber la pluie à l’aide de fusées (fêtes que l’on retrouve au Xishuangbanna, au sud de la Chine, patrie des Dais), l’ensemble de ces fêtes font partie des rites de fertilité, les pluies assurant des récoltes abondantes (principalement de riz).

L’imbrication de rites chamaniques issus du peuple Lua avec des rites bouddhiste du peuple thaïlandais démontre à l’envi l’amalgame qui constitue le Nord thaïlandais, comprenant de nombreuses minorités ethniques. Les Luas et les Thaïlandais vivent ensemble depuis des siècles, partageant des terres et des traditions culturelles. Lorsque les Thaïs sont devenus dominants, ils n’ont pas cherché à éradiquer les rituels luas mais ont participé (en tant que bouddhistes) au rite (très non bouddhiste) du sacrifice de buffles pour adjurer les esprits :

Que le riz des Luas ne meure pas dans leur rizières
Que le riz des Thaïlandais ne se dessèche pas et ne meure pas dans leur rizières
Invocation du Festival Pu Sae Ya Sae

De toute évidence, la symbiose entre Lua et le nord de la Thaïlande est ancienne, étroite et fructueuse. Ainsi, les Luas sont toujours considérés et rappelés comme les ancêtres des Thaïlandais du Nord.

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Celles et ceux désirant approfondir le sujet liront avec intérêt le texte complet de la conférence qu’a donnée Reinhard Hohler le 13 septembre 2011 dans le cadre des réunions de l’INTG – Informal Northern Thai Group. Son titre en est Pu Sae -Ya Sae Spirit Worship: Highlighting the two sacred mountains of Chiang Mai. Ou encore l’article d’Andrew Forbes publié par CPA media, Pu Sae – Ya Sae – Guardian Spirits of Doi Suthep, agrémenté de quelques photos du rituel.

Nos lecteurs qui prendront la peine de participer à cette fête pourront, au retour, faire un détour par le Wat Doi Kham voisin, un charmant temple bouddhiste érigé sur la colline éponyme, qui abrite le grand Bouddha que vous aurez sans nul doute aperçu, un temple connu pour avoir fait gagner plusieurs dévots – ou crédules – à la loterie nationale (ce qui explique les offrandes fleuries qui affluent par milliers). Belle est la vue de là-haut. Ou encore passer l’après-midi au Royal Flora, un parc non dénué de charme (les plus jeunes voudront bien sûr faire trempette au Grand Canyon). On vous conseille également l’indispensable visite du temple tout proche Wat Intharawat (ou Wat Ton Kwen), témoin inestimable de l’architecture du Lanna. Et tout le monde de se retrouver au Brandnew Field Good, un café-restaurant en pleines rizières.

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© Bai Fern Feng Feng + Marco Rugo


* à noter qu’il existe plusieurs calendriers lunaires, ce qui explique la différence des mois si vous les comparez à nos autres publications

Nous remercions les Guides Kohlidays pour le crédit de la photo à la Une.
Sources éditoriales (traduction libre avec adaptation) : Chiang Mai Best, Reinhard Hohler (Chiangmai Mail et INTG – Informal Northern Thai Group) et Andrew Forbes (CPA media – The Asia Experts).
Mise à jour le 31.05.2018.

Khru Bawong à Lamphun. Exhumation d’un moine qui a quitté son écorce terrestre

Certains reprochent à la Thaïlande son explosion touristique. Il est vrai que les attractions du royaume, fort nombreuses et variées, attirent les touristes par millions, toujours plus d’année en année¹. Bangkok est d’ailleurs une des villes les plus visitées au monde, si ce n’est la plus visitée². Chiang Mai attire également moult touristes parmi lesquels beaucoup de Chinois (nous consacrerons un jour un article à cet intéressant sujet). Malgré cette affluence, il est fort aisé de se balader en des contrées où le touriste se fait plus rare : Chiang Mai De-ci De-là s’escrime à vous faire connaître des lieux et des fêtes qui devraient titiller votre curiosité. Et l’événement annuel dont il est question aujourd’hui, un événement religieux exceptionnel, en fait indubitablement partie.

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© Facebook

« Quitter son écorce terrestre », voilà une bien belle expression pour parler de la mort, qui est vue bien différemment selon que l’on soit chrétien, bouddhiste ou encore agnostique ! Kruba Chaiyawongsa, un moine bouddhiste devenu célèbre dans la région, appelé plus communément Khru Bawong, a donc « quitté son écorce terrestre » en l’an 2000. Mais son corps, qui ne s’est point décomposé et est donc momifié, fait l’objet d’un culte des plus étonnants. Ainsi, chaque année, les dévots procèdent à une cérémonie de changement de sa robe monastique. Cela se passe à Baan Phra Bat Huai Tom, dans le district de Li (sous-district de Na Sai), dans la province voisine de Lamphun, au sud de Chiang Mai (à 2h30 de route). Du 15 au 17 mai, les disciples de Luang Pu Khru Bawong, avec l’aide de nombreux moines et des villageois de la région, sont en fête; ils invoquent le corps de feu ce moine vénéré en se remémorant son enseignement. Le 16 mai a lieu le défilé et le 17 est le jour solennel où se déroule le changement de la robe monastique. Participez à cette cérémonie religieuse plus avec piété qu’avec curiosité (et soyez vêtu dignement).

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Programme des festivités :

Mardi 15 mai 2018 :

  • 06h00 : offrandes matutinales aux moines;
  • 09h00 : réunion des moines au temple;
  • 10h30 : prières;
  • 11h00 : repas pris en commun avec les moines et les novices;
  • 19h00 : prières avec sermon.

Mercredi 16 mai 2018 :

  • 06h00 : offrandes matutinales aux moines;

  • 09h00 : réunion des moines au temple;
  • 10h30 : prières;
  • 11h00 : repas pris en commun avec les moines et les novices;
  • 14h00 : grande procession autour du village;
  • 19h00 : prières avec sermon.

Jeudi 17 mai 2018 :

  • 06h00 : offrandes matutinales aux moines;
  • 09h00 : réunion des moines au temple;
  • 13h00 : changement de la robe monastique de Khru Bawong avec procession, suivi d’une cérémonie où les fidèles peuvent apposer des feuilles d’or sur son corps.
  • 19h00 : prières finales avec sermon.

Les conseils de notre reporter sur le terrain

De Chiang Mai, pour vous rendre dans le district de Li, privilégiez l’ancienne route Chiang Mai-Lamphun (route no 106). Après Pasang, elle devient vallonée, bordée de chaînes montagneuses de part et d’autre (en transports publics, passage obligé par la gare routière de Lamphun depuis laquelle un song thaew vous amènera à Li où vous devrez négocier pour vous rendre jusqu’au temple, à 5 kilomètres de là). Comptez 2h30 de route (bien plus par les transports publics). On vous conseille de passer la nuit sur place, ce qui vous permettra de vivre et la procession du 16 mai et celle du 17 mai où le corps est transporté. Le meilleur établissement doit être le récent Baan Paylin Resort; il est moderne et confortable, offrant une très belle vue sur les montagnes depuis le balcon de votre chambre (attention, réservation anticipée obligatoire car il affichait complet durant cet événement annuel). Autres attractions bouddhistes à visiter sur place : en bordure de route, vous ne pourrez manquer le site du Wat Mon Luang Sa (วัดมณหลวงษา) et ses divers éléments architecturaux éparpillés. De même que le Monument des Trois Moines (Three Kruba Monument, อนุสาวรีย์สามครูบา), au cœur de Li. Tout proche, deux autres temples valent le détour : le Phrathat Ha Duang (วัดพระธาตุห้าดวง) et ses deux imposantes portes, et, juste à côté, le Wat Phra That Duang Diao. Et bien sûr le magnifique chedi doré, le Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai (พระมหาธาตุเจดีย์ศรีเวียงชัย), qui correspond à l’attraction immanquable du district de Li. Ceux qui s’intéressent aux conditions de vie des Karens peuplant la région ne manqueront pas de faire un saut au Ban Huai Tom Royal Project (ศูนย์พัฒนาโครงการหลวงพระบาทห้วยต้ม), qui offre des opportunités professionnelles aux membres de cette minorité ethnique venue de Birmanie. Il y a également à l’est le lac Doi Tao (à sec durant la saison sèche) et plus au sud le parc national Mae Ping mais pour visiter pleinement ces deux derniers sites il vous faudra alors plus de temps à disposition !

Vous serez sans nul doute émerveillé par l’écrin où repose le corps momifié de Khru Bawong. Le bâtiment où les dévots viennent se recueillir recèle de très belles sculptures blanches sur les hauteurs. Sous le regard d’une statue du Bouddha, le corps du moine lui-même est protégé par une sorte de catafalque vitrifié, déposé sur un socle immense où l’argent brille, le tout dans un environnement protégé (et sous air conditionné).

La procession du 15 mai part du Wat Phra Bat Huai Tom et fait le tour du village avec comme halte le Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai. Dès lors, vous pouvez très bien l’attendre dans ce dernier lieu. A moins que vous ne vouliez prendre part à dite procession qui dure plus de 2 heures. Bien que de nombreuses boissons (le plus souvent sucrées) soit distribuées sur l’entier du parcours, il vous faudra encore vous protéger du soleil tapant, à l’aide d’une ombrelle ou d’un couvre-chef (qui ne pas fournis sur place).


Khru Bawong parcourant les collines

Durant son existence, Luang Pu Kruba Wong a parcouru cette région vallonnée, abattant une quantité de kilomètres à pied et visitant beaucoup de villages des provinces de Lamphun, Tak, Mae Hong Son et Chiang Mai. Par conséquent, nombre d’habitants ont bénéficié de son enseignement (la région compte une importante communauté de Karens, une des nombreuses minorités ethniques du Nord thaïlandais). Jusqu’à ce qu’il s’établisse dans le temple du village de Baan Phra Bat Huai Tom, attirant de nombreux disciples. Lui-même végétarien, cet érudit insistait sur les méfaits de la consommation de viande, convertissant beaucoup de disciples au végétarisme (il faut savoir que nombre de temples bouddhistes en Thaïlande n’interdisent étonnamment pas de consommer de la viande). Khru Bawong a contribué à propager l’enseignement du bouddhisme, combattant l’ignorance (les habitants, très superstitieux, sont profondément attachés à l’animisme et croient à l’existence des pee, les fantômes). A travers cette commémoration annuelle, l’enseignement de Khru Bawong perdure.


Quid de la conservation des corps dans le bouddhisme ?

Il peut paraître fort étonnant qu’un corps humain se conserve ainsi au fils des ans, évitant tout signe de décomposition, sans qu’il y ait eu un processus manuel de momification (nous n’avons pas – encore – réussi à savoir si le corps de Khru Bawong a fait l’objet d’analyses médicales poussées). La chrétienté connait aussi ses corps qui subissent peu ou ne subissent pas de putréfaction, évitant le processus normal de décomposition après la mort. Un état touchant les saints et les béatifiés appelé incorruptibilité, mis au bénéfice de l’intervention divine et perçu par les fidèles comme un signe de sainteté. L’histoire du monachisme bouddhique nous apprend que des états spirituels supérieurs, atteints par une intense méditation, agissent sur la conservation des corps (ici en Russie, en Mongolie et bien sûr en Thaïlande); on retrouve parfois des moines momifiés à l’intérieur de statues (comme en Chine). C’est notamment le cas d’un état spirituel rare connu sous le nom de tukdam et réalisable après la mort. Au Japon par exemple, les Sokushinbutsu, des moines bouddhistes, suivaient jadis une longue pratique ascétique, les amenant à se momifier vivants – pratique interdite depuis. Ailleurs, d’autres observations font état d’un « corps arc-en-ciel » correspondant à l’état spirituel le plus élevé, proche de celui du Bouddha historique. La littérature et la tradition orale du bouddhisme font état de nombreux cas où la conscience, sous une forme subtile, voyage hors du corps grossier³. Vous pourrez donc vous-même observer les restes momifiés en vous rendant à cet événement. Exceptionnel, disions-nous. Et l’on vous rappelle de participer à cette cérémonie religieuse plus avec piété qu’avec curiosité (en étant vêtu dignement).


Liens

  • Emplacement du Wat Phra Bat Huai Tom sur Google Maps.
  • Page Facebook dédiée à Khru Bawong.
  • Page Facebook Je suis Karen (ฮา กะเหรี่ยง, une des pages de la communauté karenne, parmi d’autres).
  • Village to the World (présentation officielle du village par Amazing Thailand – l’Office national du tourisme thaïlandais, en anglais).
  • CM77 (site web d’une radio régionale, avec le programme complet mais tout est en thaïlandais).
  • La radio locale, Li Radio, sur Facebook et sur le web.

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Le splendide Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai © Facebook – AnuKun..AR.boy

Que vous y alliez durant cette fête religieuse annuelle ou à un autre moment de l’année, vous ferez là un bien beau voyage dans une Thaïlande authentique, préservée du tourisme de masse, au contact d’une population campagnarde qui vous ravira. Un village à majorité karenne connu pour son tissage – il produit des textiles variés – et son argenterie (bagues, colliers), de même qu’une production coutelière. Magnifique est son chedi doré, le Chedi Phra Mahathat Si Wiang Chai (พระมหาธาตุเจดีย์ศรีเวียงชัย, photo ci-dessus), encore en construction, au milieu de la vallée (la procession y fait halte). Découvrez ici le village de Baan Phra Bat Huai Tom en vidéo :


Célébration 2018

(Mise à jour du 20 mai 2018). Plusieurs médias locaux ont consacré des articles à cet événement exceptionnel. A l’image de la chaîne de radio CM77. Et comme dit événement a été filmé, on vous en livre ci-dessous la vidéo en espérant qu’elle vous donne envie de mettre ce rendez-vous à votre agenda l’année prochaine :


¹ Top 20 des destinations touristiques et des pays émetteurs – Réseau Veille Tourisme
² Tourisme : Bangkok est la ville la plus visitée au monde en 2016 Mediaphore.com
³ Les états extra corporels dans le bouddhisme par Tsenshab Serkong Rinpotché – Study Buddhism

Crédit photographique de l’image à la Une : inconnu. Source : CM77.
Mise à jour de l’article le 20 mai 2018.

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