Coronavirus en Thaïlande – Ne pas céder à la panique !

Ainsi donc le nouveau coronavirus dont il est question a touché la Thaïlande, et notamment Chiang Mai, alors que l’Asie accueillait le Nouvel An chinois, paradoxalement l’année… du rat, grand vecteur de virus ! Ce bref point de la situation s’impose vu le ramdam médiatique, causant parfois une panique irrationnelle 🦠

De quoi parle-t-on ?

Le nouveau coronavirus, septième souche (c’est dire qu’il y en a déjà eu six autres) et dénommé 2019-nCoV (il a par la suite été officiellement nommé par l’OMS Covid-19), fait beaucoup parler de lui, affolant les primo-voyageurs sur les réseaux sociaux. Les inquiets, les anxieux et autres angoissés s’y donnent à cœur joie, contaminant le web de leurs peurs. Quand bien même c’est là une situation naturelle, la transmission de virus s’effectuant quotidiennement à des milliards de reprises (il y a dans le monde entre 600 et 800 000 virus selon les scientifiques).

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Il ne faudra s’en inquiéter que si, à travers sa mutation, ce nouveau coronavirus génère une épidémie (il n’y en a eu que deux pour l’heure, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV)). Et plus encore si l’OMS décrète une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), ce qu’il n’a point encore fait. Une Organisation mondiale de la santé (OMS) qui répond aux questions fréquentes sur les nouveaux ‎coronavirus.

Mise à jour du 31.01.2020 : Dite urgence a finalement été décrétée le 30 janvier 2020 par l’OMS sur recommandation de son comité ad hoc (déclaration). Ainsi et selon l’OMS, le coronavirus est désormais une « urgence de santé mondiale ». Il y a cependant différents niveaux d’urgence

Pour ce qui a trait aux voyageurs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recommande pas « de limitation […] de mouvement », rejetant les interdictions de se rendre en Chine. Le président du comité d’urgence, le professeur Didier Houssin, conteste la pertinence des mesures que la Chine a pris unilatéralement (rappelons que les voyages en groupe ont été interdits aux citoyens chinois et qu’en Chine des millions de personnes sont confinées dans leur lieu de résidence). M. Houssin a été on ne peut plus clair, mentionnant des « mesures discutables concernant les voyageurs ». En l’espèce, les interdictions de voyage imposées par les autorités chinoises influencent négativement le tourisme en Thaïlande puisque la Chine est pourvoyeuse de bon nombre de touristes visitant le royaume.

À travers les voyages en avion, le virus, venu de Chine – on pense qu’il s’est propagé à partir du marché Huanan de la ville de Wuhan, un marché où les petits animaux exotiques, souvent sauvages, sont nombreux à être vendus – a atteint la Thaïlande, de même que… la France (trois cas sont pour l’heure signalés dont un couple de Chinois) ! Pour ce dernier pays, les médecins soulignent que tous « vont bien ».

Deux iconographies de l’AFP sont fort instructives :

© AFP – Izland BipBip

Le professeur Laurent Kaiser, responsable des maladies infectieuses aux HUG, vous résume tout cela en vidéo sur la RTS. Il a d’ailleurs animé un colloque éclairant sur le sujet, Nouveau coronavirus: réalité et incertitudes, permettant de se faire une idée plus précise des risques que l’on prend; il est visible sur YouTube.

Et sur les réseaux sociaux, les fake news vont bon train. Et le racisme anti-chinois de se réveiller, un peu partout dans le monde, et donc en Thaïlande; à Chiang Mai aussi (lire ci-dessous).


Risque d’épidémie ou pas ?

Wikipédia, grand vulgarisateur devant l’Éternel, éclaire lui aussi notre lanterne. Intéressante également est l’analyse du magazine Slate qui pose la bonne question : Faut-il trembler face au coronavirus chinois ? Santé Publique France nous rappelle que les coronavirus sont très répandus et peuvent causer des maladies généralement bénignes chez l’Homme. Et pour être plus complet encore, vous pouvez consulter le premier avis du comité de l’OMS diffusé sur son site web. Rappelons encore que seuls trois cas de transmission d’homme à homme ont été constatés en dehors de la Chine, dont un seul est sévère. Par ailleurs, le test de dépistage est des plus simples.

Celles et ceux qui veulent suivre la propagation du virus en direct peuvent consulter la carte mondiale mise à jour en permanence (où l’on voit tous les cas déclarés, pays par pays). Un superbe travail scientifique.

EuroNews vient bien opportunément nous rappeler les chiffres en matière de virus. Des chiffres qui permettent de prendre du recul par rapport au nouveau coronavirus chinois et de conclure qu’à ce stade, il n’y a pas d’urgence sanitaire de niveau mondial, estime l’OMS, même si le niveau de préoccupation est élevé.

France 24 fait un retour sur les principales étapes de la propagation du nouveau virus chinois (article complet) et donne la parole à ce médecin :


Et à Chiang Mai ?

La ville de Chiang Mai, accueillant des touristes chinois par millions, se devait de réagir. Ainsi, à l’aéroport CNX, des scanners thermiques ont été installés aux arrivées des vols internationaux. D’ailleurs, les vols directs en provenance de Wuhan ont été annulés.

Les grands magasins, attractions incontournables des touristes chinois, désinfectent toutes les surfaces susceptibles d’être touchées. De même au Night Safari, un très beau zoo où, à travers la présence d’animaux vivants, le risque de propagation d’un virus est plus grand. Une ligne téléphonique d’assistance est à disposition des personnes soupçonnant être atteintes des symptômes de ce coronavirus : il suffit de composer le no 1422.

Anecdotiquement, vous savez qu’en pays Lanna, l’animisme dicte le quotidien de ses habitants. Ainsi, des rituels sont effectués dans les villages afin de conjurer le mauvais sort (et accessoirement éloigner tous virus malfaisants), comme ici à Banthi, dans la province voisine de Lamphun. En ville de Chiang Mai même, c’est le Wat Chedi Luang, site emblématique de la ville, au cœur de la Cité fortifiée, qui a accueilli les dévots tout habillés de blanc pour une cérémonie propitiatoire en soutien au peuple chinois.

L’irrationnel s’invite aussi à table : un restaurant connu pour servir de bons menus du nord, By Eve’s à Mae Rim pour ne pas le citer, ne sert plus sa clientèle chinoise ! Il l’a fait savoir à travers un post sur sa page Facebook, une publication qui crée du remous. Et cette xénophobie se répand (exemple à Mae On).

Autre expression, artistique celle-là, celle, brillante, du peintre de Chiang Mai Jirapat Tatsanasomboon, qui s’inspire de tableaux de grands maîtres (reproduction ci-dessus).

La situation est bien entendu suivie quotidiennement ici à Chiang Mai, avec la mise sur pied par le Gouverneur d’une cellule de crise où le Département de contrôle des maladies est aux aguets. À noter que c’est vendredi 31 janvier 2020, qu’a été officiellement reconnue la première personne porteuse du virus ici à Chiang Mai.


Situation en Thaïlande

La précision n’étant pas le fort des Thaïlandais, les informations du Bureau de la Santé publique sont contradictoires, en fonction de leur provenance (bureau de Chiang Mai ou celui de Bangkok). Ainsi, aujourd’hui-même (le 27 janvier 2020), le Gouverneur a confirmé qu’aucun coronavirus réel n’a été trouvé chez les porteurs de Chiang Mai; les patients n’étaient que suspectés et la plupart se sont avérés souffrir d’autres maladies. En revanche, ce même Bureau à Bangkok confirme la présence du coronavirus chez 3 patients au centre de la Thaïlande. Aux dernières nouvelles, il y a 14 cas avérés en Thaïlande; parmi eux, 5 personnes n’ont pas eu de conséquences importantes et sont rentrées chez elles. Neuf autres reçoivent actuellement un traitement. Avec, DANS TOUS LES CAS, une contraction du virus en Chine (et non pas en Thaïlande).

Mise à jour du 31.01.2020 : selon les infos tombées dans l’après-midi, un chauffeur de taxi de Bangkok – un Thaïlandais donc – aurait contracté le virus sur le sol thaïlandais… Les informations quotidiennes confirment pour l’heure qu’aucun décès n’est encore à déplorer en Thaïlande.

Le Département de contrôle des maladie du ministère thaïlandais de la Santé publique tient informée la population à travers son site web (version anglaise) et sa page Facebook.

Soulignons ici que la Thaïlande fait partie des 10 pays au monde les mieux préparés face à une épidémie (Statista).

D’un point de vue touristique, les autorités chinoises ont pris des mesures sans précédent en interdisant par exemple les voyages en groupe. Elle ne sont cependant pas exemptes de reproches. En Thaïlande, les conditions d’annulation de la clientèle chinoise se sont assouplies, la force majeure étant invoquée. À titre d’exemple, Agoda permet l’annulation des réservations hôtelières sans frais (et donc à charge des hôteliers thaïlandais). Expedia a suivi peu après.


Quelles sont les recommandations ?

À travers son site des Conseils aux voyageurs, le ministère français des Affaires étrangères recommande à tous les voyageurs se rendant dans les régions infestées :

  • de se laver régulièrement les mains avec de l’eau savonneuse ou avec des solutions de lavage hydro-alcooliques;
  • de nettoyer et désinfecter régulièrement les surfaces telles que les poignées de porte, les interrupteurs, les rambardes ou les jouets;
  • d’éviter les foules et grands rassemblements, ainsi que tout contact rapproché avec des personnes malades;
  • d’éviter tout contact avec les animaux, en particulier avec les chameaux et les dromadaires, et de ne pas consommer de viande de chameau ou de lait de chamelle (peu de chameaux en Thaïlande, cependant).

Ajoutons encore les recommandations de l’OFSP – Office fédéral de la Santé publique, des recommandations (suisses donc) tout aussi précises :

  • appliquer de bonnes mesures d’hygiène personnelle, notamment se laver régulièrement les mains;
  • éviter les marchés aux poissons ainsi que les marchés avec des animaux vivants ou morts;
  • manger des œufs et de la viande seulement s’ils sont bien cuits;
  • éviter tout contact avec des animaux et leurs excréments;
  • éviter tout contact avec des personnes souffrant de symptômes respiratoires;
  • respecter les conseils et recommandations locales.

D’ailleurs, Les touristes français ayant prévu de visiter prochainement le royaume de Thaïlande ne se font pas trop d’inquiétude – et ils ont bien raison !

Vous aurez constaté que les autorités sanitaires mondiales ne recommandent pas le port d’un masque de protection aux personnes qui ne souffrent d’aucun symptôme respiratoire. Mais la peur viscérale qui habite l’homme explique que bon nombre de personnes sorte masquées, ici à Chiang Mai comme dans tous les pays où le virus sévit. Le Dr Lalande, médecin francophone exerçant en Thaïlande, se veut rassurant (son interview par Le Petit Journal).

En guise de conclusion, permettez que l’on vous rappelle deux éléments essentiels :

  1. Les coronavirus (CoV) forment une grande famille de virus responsables généralement de rhumes et de syndromes grippaux bénins (ce sont là les autorités sanitaires françaises qui l’affirment, un constat que vous confirmera tout médecin.
  2. Il n’y a pour l’heure aucun cas avéré dû à une contamination survenue sur le territoire thaïlandais.

Ces informations rassurantes vous permettent dès lors de vous poser d’autres questions liées à vos prochaines vacances : faut-il visiter Chiang Mai lors de votre premier séjour en Thaïlande ? On y répond. Et si vous hésitez encore, voici 6 raisons de visiter Chiang Mai.

Gardez donc la tête froide et profitez de vos vacances au Pays du Sourire, tout masqué soyez-vous 😷


Source de l’image à la une © La Montagne – Google Images
Article composé le 27.01.2020 et mis à jour le 15.02.2020.

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