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Festival des Ombrelles 2020 & 2021 à Chiang Mai – Pas moins de 3 festivals !

L’on vous dit tout du Festival des Ombrelles de Bosang, non loin de Chiang Mai, dont l’édition 2020 commence le vendredi 17 janvier. Et cette année, deux autres festivals se déroulent dans les alentours, en lien direct avec les ombrelles. Ce sont donc bien trois festivals célébrant les ombrelles qui vous sont offerts ce long week-end de janvier, le tout gratuitement !

PROCHAINE ÉDITION DU FESTIVAL DES OMBRELLES : du vendredi 19 au dimanche 21 janvier 2024

L’édition 2023 a été dédiée à feu Kru Wicheon Kaew-Iam (ครูวิเชิญ แก้วเอี่ยม),
un artisan passé maître dans la fabrication des ombrelles, récemment disparu.

ÉDITION 2021 ANNULÉE 😕
Alors qu’elle avait été fixée – et confirmée – du vendredi 15 au dimanche 17 janvier 2021, l’édition 2021 du Festival des Ombrelles a été définitivement annulée en raison de la pandémie sanitaire. On se console avec le récent passage des candidates de Miss Thaïlande 2020 (un concours de beauté auquel nous avons consacré un article complet) ou encore avec ces romantiques clichés où les ombrelles enjolivent avec grâce les rizières jaunissantes…

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Pourquoi donc s’agit-il d’un festival incontournable ? Quel en est le programme complet ? Quid de la collaboration du Payung, un festival frère indonésien ? Que vient faire Miss Chiang Mai 2020 là-dedans ? La journée de visite idéale; quel jour parmi les trois du festival faut-il privilégier ? Comment s’y rendre ? Et enfin un rappel historique sur le peuple des ombrelles que même Lady D a visité. Non sans vous donner encore des conseils de visite à l’est de la Rose du Nord. Avec, cette année 2020, simultanément le 16e Festival du Papier de Mûrier et le 9e Festival des Lanternes du Lanna.


Un festival incontournable

Avec la Fête des Fleurs, la Fête de l’Eau (le Songkran, qui correspond au Nouvel An thaïlandais) ou encore la fameuse Fête des Lumières (Loi Krathong), le Festival des Ombrelles est sans aucun doute l’un des événements-phares à vivre ici dans la Rose du Nord ! Organisé annuellement le 3e week-end du mois de janvier. La fabrication des ombrelles avec un papier caractéristique – appelé สา (sa) et tiré du mûrier – est une spécialité du Lanna, du nom de l’ancien royaume du Nord. Le festival se déroule 3 jours durant à Bosang (บ่อสร้าง, parfois orthographié par erreur Borsang), à une dizaine de kilomètres à l’est de Chiang Mai. Cette année, il aura donc lieu du vendredi 17 au dimanche 19 janvier 2020 😃

Et comme indiqué en entame, deux autres festivals épauleront le Festival des Ombrelles, aux mêmes dates : il s’agit du Festival de Papier de Mûrier et du Festival des Lanternes du Lanna. C’est donc bel et bien de trois festivals en un dont vous allez pouvoir profiter, le tout relié par une sympathique navette gratuite. Le thème de cette année – Festival du Tourisme de Tonpao – vise à promouvoir le patrimoine culturel du district de Tonpao, là où se déroulent ces trois festivals, en invitant les touristes, thaïlandais comme étrangers. Les autorités ont eu l’occasion d’expliquer leur démarche dans cette émission TV (introduite par une jolie danse traditionnelle).

C’est une aire où l’artisanat est roi : sculpture sur bois, tissage, vannerie, papier de mûrier, lanternes traditionnelles, et, bien entendu, création d’ombrelles. Cet événement commun1 vise à combattre le déclin dont est victime la région (des boutiques ont fermé, de même que plusieurs ateliers artisanaux).

Les habitants de Bosang sont en majorité des Thaï Lü venus du Xishuangbanna, au sud de la Chine (le peuple Dai). L’on trouve beaucoup de bambou (appelé ซาง (sang) dans la langue du nord) dans la région où ils se sont installés. Une région faite de marécages (บ่อ en thaï, bo signifiant étang). D’où le nom du village : บ่อสร้าง, Bo Sang.

L’artisanat fait la fierté des gens de la région. Leur savoir-faire permet aux ombrelles d’être exportées dans le monde entier. Le festival en est à sa 37e édition (cet album-photo vient nous le rappeler, la nostalgie n’est pas loin…). Les ombrelles peuvent aussi servir d’expression artistique originale.

Le Festival des Ombrelles de Bosang est le plus ancien festival d’ombrelles au monde. Un long week-end où les rues se parent alors d’ombrelles et de lanternes – autre spécialité de la région – vous offrant une explosion de couleurs. Les divers ateliers sont embellis, les étals des marchands regorgent de produits artisanaux, un marché vous permet de goûter à la cuisine du Nord (suivez donc ce reporter coréen). Il y a là animation locale avec musique et danses traditionnelles, divers atelier où vous pourrez peindre votre ombrelle. Sans oublier le bucolique cortège en vélo des demoiselles aux ombrelles – un sympathique défilé qui fait la singularité du festival –  et la parade des chars fleuris; de même, bien sûr, que l’élection de Miss Ombrelle.

Quelques mots de thaï
ร่ม (rom) signifie ombrelle/parasol en thaï; ici au nord, on dira plutôt จ้อง (chong)
เทศกาลร่ม (thetsakan rom) correspond à Festival des Ombrelles
สา (sa) est le mûrier et กระดาษ (kradat) le papier, ce qui nous donne donc กระดาษสา (kradat sa) pour le papier de mûrier
ซาง (sang dans la langue du nord) correspond à bambou et บ่อ (bo en thaï) à étang/marécages; le nom du village, บ่อสร้าง (Bo Sang) signifie donc marécages de bambou.

Le programme complet

UmbrellaFestival2018LogoOn vous livre ci-dessous le programme complet du festival 2020, non sans l’accompagner de nos judicieux conseils. Bien qu’ouvert dès 9h, la matinée est plutôt calme à Bosang. La parade des Miss en vélo, vêtues d’un habit traditionnel, ne doit pas être manquée. Spectacle au charme suranné qui peut se voir les 3 jours de la fête (vendredi, samedi et dimanche), à 10h et à 13h (14h le samedi). Le marché, lui, s’ouvre à 15h sous forme de Walking Street chère aux Thaïlandais (la rue devient ainsi piétonne). Les deux soirées les plus intéressantes sont la première, le vendredi dès 18h, avec la cérémonie officielle d’ouverture et son magnifique spectacle folklorique, intégrant une parade de chars fleuris. S’y produira entre autres la jeune et brillante artiste locale Suling Eva Prayitno. Voilà donc échanges culturels qui nous plaisent et que nous aimons à relayer. Et la dernière, très animée, avec l’élection de Miss Ombrelle 2020, le dimanche dès 18h. Nous nous sommes laissés dire que Miss Chiang Mai 2020 et Miss Ombrelle 2019 seront présentes durant la parade du vendredi soir… Samedi est la journée où les enfants assureront les spectacles, l’après-midi dès 15h et en soirée. Signalons encore une course à pied qui est organisée aux aurores, la Borsang Umbrella Run 2020, samedi 18 janvier 2020, à 5h du matin.

Le Festival des Ombrelles sur Facebook :
Page Facebook officielle du festival
Page Facebook du Village de Bosang (กลุ่มพัฒนาการท่องเที่ยวบ้านบ่อสร้าง)
Page Facebook du marché artisanal sur place
Municipalité de Tonpao
Coopérative Umbrella Making Centre
Hashtag เทศกาลร่มบ่อสร้าง


Une collaboration indonésienne qui perdure

UmbrellaFestival2018LogoPayungIndonesiaDans le cadre des échanges culturels des pays de l’ASEAN, le Festival des Ombrelles de Bosang collabore depuis 2016 avec son homologue indonésien, le Festival Payung. En indonésien, payung signifie ombrelle et c’est là un festival itinérant qui se produit à travers tout l’archipel indonésien, notamment sur le site de Borobudur en septembre 2018. La prochaine édition de l’Indonesia Umbrella Festival aura lieu du 4 au 6 septembre 2020 à Candi Prambanan, sur l’île de Java.

Le fondateur du festival indonésien, Heru Mataya, sera d’ailleurs présent à Bosang. Si vous comprenez le Bahasa Indonesia, écoutez donc son interview où il y parle de l’utilisation des ombrelles dans différentes formes d’art.

Une heureuse collaboration qui perdure : on parle désormais de ces deux festivals comme de Sister Festival (en français, on dirait plutôt des festivals frères). Et le public de Chiang Mai en profitera pleinement. Jugez-en plutôt à travers l’apport du Festival Payung Indonesia pour cette édition 2020 ici à Bosang :

► Des ombrelles indonésiennes – non moins belles que celles locales – seront exposées dans la rue piétonne les trois jours du festival.

► Plusieurs ateliers mettant en avant les arts de l’archipel pourront être suivis, samedi et dimanche :

  • Incrustation de coquillages sur des sarong faits main par Echa Pahikung Umalulu, une artisane traditionnelle qui œuvre sur l’île de Sumba, dans l’archipel indonésien (retrouvez son travail sur Instagram).
  • Peinture sur toile d’écorce (bois d’Indonésie) à l’aide de colorants naturels (aquarelle) par Indira Cestra Soerojo & Ida Ayu R. Dianasari, animateurs de la communauté d’art textile Kreativita Bina Hasta.
  • Bajawa Flores’ Ikat; l’ikat indonésien étant un procédé de tissage à la main et de teinture utilisant des colorants indigo naturels. C’est Mama Monica Ngada & Ivan Both qui officient (ils sont de Nusa Tenggara).
  • Fabrication d’ombrelles et de wayang (des marionnettes du théâtre d’ombre indonésien) en utilisant des feuilles de cocotier, sous la houlette de Sigit Paripurno Art & Culture.
  • Sans oublier, bien entendu, la fabrication d’ombrelles traditionnelles indonésiennes et leur peinture, par Kris Wahyudi & Bagas Nirwana.

► L’année dernière, nous avons eu droit à un magnifique spectacle de l’artiste indonésienne Nova Burdo-Marseline qui s’était associée à la designer de mode Dian Oerip pour nous proposer Sheen of Toraja, soit Reflet des Toraja, avec la participation du Madaloka Dance Studio (les Toraja sont un groupe ethnique de Sulawesi). Ce fut également une belle occasion de découvrir d’originales créations vestimentaires. Les deux Indonésiennes seront encore à Chiang Mai cette année. Elles nous proposent un show similaire : Soul of Papua (L’âme de la Papouasie).

► Et la troupe artistique mise en valeur dans cette édition est Sanggar Kinnara Kinnari. Ils viennent de Borobudur et leur show s’intitule Kinna Kinnari Soreng Bambangan CakilWikipédia nous apprend que dans la mythologie bouddhique et la mythologie hindoue, un kinnara est un amoureux exemplaire, un musicien céleste, mi-homme mi-cheval (en Inde) ou mi -oiseau (Asie du Sud-Est). Son équivalent femelle est la kinnari. À découvrir sur scène, samedi et dimanche soir.

Hélas tant la page Facebook, le site web que le compte Twitter du Festival Payung ne sont plus alimentés pour l’heure…


Et les ombrelles attirent les Miss

Les ombrelles sont le produit d’un art partagé dans tout le Sud-Est asiatique; elles embellissent la gente féminine.

Bosang est d’ailleurs une destination que ne manquent jamais de visiter les candidates aux divers concours de beauté dont la Thaïlande regorge. Ainsi de Miss Chiang Mai bien sûr, mais également des concours nationaux comme Miss Grand ou encore Miss Universe Thailand. Et il faut bien avouer qu’une miss sous une ombrelle gagne en élégance.

© Facebook

Le festival est donc l’occasion rêvée d’élire la plus belle des filles de la région qui ambitionnent de ravir le titre de Miss Ombrelle. En nous lisant, vous savez déjà que les concours de beauté sont parmi les événements les plus populaires au Pays du Sourire ! Le concours en question aura lieu dimanche 19 janvier 2020, dès 18h. Ci-dessous les 30 prétendantes en photo (ne nous demandez pas pourquoi il en manque). Quelle est votre préférée ?

On vous a déjà dévoilé que Miss Chiang Mai 2020 devrait elle aussi animer ce festival. On nous promet en effet sa présence lors du défilé de chars fleuris vendredi soir… Reconnaîtrez-vous Alexandra Haenggi, plus connue sous son surnom thaïlandais de Cindy, Miss Chiang Mai 2020 ?
© Facebook


Visite du Festival – La journée idéale

Il serait exagéré de se rendre à Bosang et d’y rester toute la journée jusqu’au soir. Suivez donc nos conseils pour agrémenter votre visite. Rappelons ici les moments-phares du festival, à ne pas manquer donc :

  • La cérémonie d’ouverture avec son spectacle folklorique et le défilé de chars fleuris (vendredi 17 dès 18h).
  • Les parades des Miss en vélo (les trois jours, vendredi, samedi et dimanche, à 10h et 13h; 14h le samedi).
  • L’élection de Miss Ombrelle 2020 (dimanche 19 dès 18h).

Passez donc votre temps à visiter les divers ateliers d’ombrelles et autre artisanat (en remontant la route principale, et ce ne sont pas les seuls, ne citons ici que Sunisa), de même que le marché avec sa nourriture locale (la route devient piétonne dès 15h). La décoration de toute la rue vous ravira. Animation musicale et art de rue au programme les samedi 18 et dimanche 19 janvier. À noter encore l’organisation d’un concours de photos sur place.

Les expositions (photos et ombrelles), les ateliers et les spectacles assurés par Payung Festival, le partenaire indonésien, promettent une animation plus soutenue que d’habitude.

Et durant les temps morts, profitez de visiter les attractions alentour :

  • Le Dhara Dhevi, qui est un des hôtels les plus luxueux de la région. Y ont été réinstallés là d’anciennes maisons, pavillons et autres palais provenant du Lanna (Thaïlande, Myanmar et Laos). Il se visite sans autres jusqu’à la réception et cela vous suffira pour prendre conscience de la splendeur de cet ancien royaume. Les gourmands se délecteront avec un arrêt à la boulangerie, installée dans un ancien marché (kad), sur votre droite à l’entrée. Site webpage Facebook et emplacement. ATTENTION : ce complexe hôtelier a fermé ses portes pour l’heure (infos).
  • Une manufacture de celadon où vous pourrez y découvrir la fabrication de nombreux objets – vases, vaisselles… – utilisant cette matière, la céramique à la couleur vert pâle typique, en vous introduisant dans les ateliers où la finesse d’exécution est reine. Notre préférence va au plus petit d’entre eux, le premier cité (qui se trouve bien opportunément avant le village de Borsang : Baan Celadon, Siam Celadon ou encore Chiang Mai Celadon à Doi Saket.
  • La soie est également à l’honneur dans cette région et les manufactures y son nombreuses. Ne citons que Jolie Femme, Thai Silk Village , Sankamphaeng Silk ou encore Shinawatra.
  • Et puisque vous êtes venu pour les ombrelles, visitez également un atelier artisanal de papier sa, un papier tiré du mûrier, utilisé entre autres pour la création des ombrelles. Il y en a plusieurs; on ne vous parle ici que d’U.M. Thai. Ce papier donne d’ailleurs lieu à un autre festival, petit frère du Festival des Ombrelles : il s’agit du Festival du Papier de mûrier, presque au même endroit (municipalité de Tonpao).
  • Les amateurs d’art contemporain ne manqueront pour rien au monde la visite du MAIIAM, musée d’art contemporain de classe mondiale, sis à Sankamphaeng un peu plus à l’est. Site web, page Facebook et emplacement.
  • Restaurants. Et les gourmets se régaleront chez Meena (qui ferme à 17h), une adresse méconnue des touristes qui vous permettra de régaler et vos yeux (vous mangez sous d’anciennes maisons typiques en bois) et vos papilles. Ou bien chez Huen Jai Yong, considéré comme un des meilleurs restaurant qui sert une cuisine nord-thaïlandaise (cet article en anglais vous en donne un aperçu). On vous parle ici de cuisine thaïlandaise authentique. Une perle culinaire, qui avait fermé temporairement, a repris du service : le Nasi Jumpru. On vous parle ici de gastronomie.
  • Votre pause-café pourra se prendre à Bosang-même (plusieurs cafés sont installés sur l’artère principale) ou mieux, au Rice Life, histoire de profiter de belles rizières (avouons cependant que la période actuelle ne s’y prête guère).
  • Si d’aventure Bosang ne devait pas avoir assouvi votre soif d’achat de souvenirs, rendez-vous alors à l’OTOP Center : vous  y trouverez moult articles artisanaux de la région à des prix corrects.
  • Un marché. Celles et ceux qui voudront se rendre au festival le samedi, le moins intéressant des trois jours, ou alors le dimanche, pourront profiter en matinée du petit mais charmant marché Cham Cha dont on vous parle régulièrement sur notre page Facebook.

Comment s’y rendre ?

UmbrellaFestivalSpark1InstagramLe festival se déroule donc 3 jours durant à Bosang (บ่อสร้าง, orthographié par erreur Borsang), à une dizaine de kilomètre à l’est de Chiang Mai, route 1006 en direction de Sankampaeng. L’idéal est d’y aller pas ses propres moyens (en scooter ou en voiture louée). Vous vous rendrez alors compte d’une particularité propre à cette route, unique dans la région : les panneaux routiers comportent une écriture supplémentaire, en plus du thaïlandais et de l’anglais : l’ancienne écriture du Lanna, que seuls les érudits savent encore déchiffrer !

À défaut, et si vous ne désirez point privatiser un minibus local rouge – les fameux song thaew – vous pourrez prendre un tel minibus en version publique. De couleur blanche, il vous attend près du marché Warorot, au bord de la rivière Ping (ici très précisément). Il ne vous en coûtera que THB 15.- l’aller (prix officiel mais il n’est pas rare de se voir demander THB 30.- en tant qu’étranger). Seul écueil à surmonter : l’heure du retour. Nous ne doutons pas cependant que la gentillesse des habitants viendra à bout de toute difficulté à revenir à Chiang Mai, la capitale provinciale (et sans doute capitale culturelle du royaume).


16e Festival du Papier de Mûrier

La dernière édition de l’Amazing Lanna Sa Paper Festival (en anglais dans le texte) s’est déroulée en juin 2019 au village de Tonpao (bâtiment de la municipalité, non loin de Bosang; détails et vidéo). Nous vous l’avons dit en entame, les diverses communautés artisanales du district de Tonpao ont allié leurs forces afin de vous offrir trois festivals simultanés ! Et donc ce 16e Festival du Papier de Mûrier en fait partie. Organisé lui aussi du vendredi 17 au dimanche 19 janvier 2020. Ne vous inquiétez point de savoir où il se fête puisqu’une navette fait le lien entre les trois festivals.

La production de papier à Chiang Mai est axée sur le papier de mûrier, fabriqué à partir de l’écorce du mûrier. Localement connu sous le nom de papier sa (สา), le procédé utilisé aujourd’hui est similaire à celui inventé en Chine il y a environ 2000 ans. Le principal centre de production se situe dans le district de San Khampaeng, célèbre pour ses ombrelles, à Bosang. La communauté de Tonpao produit ce papier typique depuis plus de 100 ans. Un exemple en est la marque UM Thai, produisant des articles artisanaux 100% fait main.

Nous n’avons hélas pas réussi à mettre la main sur le programme précis de ce second festival. Laissez-vous donc emporter par la grâce de l’inattendu en vous y rendant. Nul doute qu’il y aura là des démonstrations de fabrication de papier de mûrier, avec des ateliers, de même que la présentation des produits afférents. En revanche, pas de parade spécifique, intégrée qu’elle est à la grande parade du vendredi soir, à Bosang.

Sur place, ne manquez pas de visiter le temple du village où vous pourrez y admirer une représentation du Bouddha constituée entièrement de papier de mûrier (reportage vidéo).

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9e Festival des Lanternes du Lanna

Voilà un festival plutôt confidentiel qui n’attire que les habitants de la région, quelques expatriés avisés et peu ou prou de touristes égarés. C’est d’ailleurs ce qui en fait tout son charme. Il se déroule habituellement en novembre, juste après le Yipeng/Loi Krathong, la fameuse Fête des Lumières. C’est l’occasion de lancer à nouveau des lanternes célestes (โคมลอย (khomloi), terme thaï signifiant lanterne ascendante) qui ne doivent pas être confondues avec les lanternes du Lanna (โคม, khom). Et ces dernières sont justement l’objet du Festival des Lanternes du Lanna, du nom de l’ancien royaume ici au nord 🏮

Or donc, la 9e édition de ce festival est organisée simultanément aux deux autres afin d’attirer le plus de chalands possibles, à savoir du vendredi 17 au dimanche 29 janvier 2020. Elle a lieu à Baan Nong Khong (หนองโค้ง, village faisant partie du sous-district de Ton Pao, district de Sankamphaeng, à l’est de Chiang Mai, 1 kilomètre avant Bosang, le village des ombrelles). Et là aussi, pas de souci puisqu’une navette fait le lien entre les trois festivals.

C’est un petit festival moins connu que son grand frère, le Festival des 100 000 Lanternes du Lanna, sis à Lamphun mais le charme y est tout aussi présent. Vous y croiserez le sourire des gens du Lanna dans une ambiance festive. Toute la rue est décorée de diverses lanternes traditionnelles (de quoi ravir les amateurs de selfies). Au programme :

  • Vendredi 19.01.2020, à 18h : la cérémonie d’ouverture est la même que le Festival des Ombrelles. Elle a donc lieu à Bosang (voir le programme ci-dessus).
  • Samedi 20.01.2020, de 19h à 22h : concours des lanternes du Lanna par les enfants de la région à l’école de Bosang (dans le cadre du Festival des Ombrelles donc).
  • Et durant les 3 jours de ce Festival des Lanternes, de 9h à 16h : exposition de lampes anciennes (à la maison de Lung Wong), exposition de lanternes du Lanna (maison Prom Ja), spectacles folkloriques sur la scène installée au temple, Wat Nong Khang).


Pas de parade spécifique non plus (réunissant 9 villages environnant, elle est intégrée elle aussi à la grande parade du vendredi soir, à Bosang) mais le site sera animé par un marché local à l’ancienne (kat mua), piétonnier. Et les nostalgiques constateront sur place qu’il ne devrait pas non plus y avoir de lâchers de lanternes célestes…

Page Facebook du Festival des Lanternes de Nong Khong (งานมหกรรมโคมบ้านหนองโค้งฯ)


© Facebook – กลุ่มพัฒนาการท่องเที่ยวบ้านบ่อสร้าง Bosang village

Le Peuple des Ombrelles

L’ombrelle est le fruit d’une ancienne tradition artisanale. L’Office du Tourisme thaïlandais nous présente les artisans de Bosang :

Protection contre le soleil et la pluie, les ombrelles ont aussi un rôle culturel. Très utilisées en Thaïlande, elles sont notamment un symbole important de la royauté : les monarques thaïlandais sont assis sur des trônes abrités par neuf niveaux d’ombrelles représentant les huit points cardinaux de la boussole et le fardeau du pouvoir. Dans le bouddhisme, l’ombrelle ou parapluie représente la protection contre la souffrance et le mal. L’histoire raconte que les célèbres ombrelles de Thaïlande ont été rapportées de Birmanie (Myanmar) par un moine nommé Phra Intha. Elles étaient confectionnées avec de l’écorce de mûrier (sa) et huilées pour garder les gens au sec mais aussi au frais. Impressionné, le moine en ramena quelques unes chez lui, au village Bor Sang2 à Chiang Mai et entreprit d’en enseigner la fabrication. Par la suite, le talent des artisans thaï les para de fioritures artistiques originales.

Bor Sang demeure encore aujourd’hui le centre de production des ombrelles faites à la main. Elles sont fabriquées dans une grande variété de tailles, ainsi que de superbes éventails brillamment colorés et des lanternes magnifiques.

Les artisans du village ont créé une coopérative en 1941 : le « Bor Sang Umbrella Making Cooperative Ltd. » se dédie au maintien des traditions et de l’artisanat. On peut se promener dans les différents ateliers et assister àchaque étape de la fabrication des ombrelles : préparation du bambou pour la poignée et les baleines, ajout du papier de sa (mûrier), laquage pour imperméabiliser, peinture de décoration et séchage.

On admire le talent des artistes peintres qui habillent de dessins et de couleurs ombrelles et éventails. Quelques minutes leur suffisent pour réaliser de très beaux motifs colorés généralement représentatifs de la Thaïlande comme des éléphants, des rizières ou des couchers de soleil.

Si vous avez un sac, des chaussures ou encore un vêtement que vous souhaitez relooker, ces sympathiques artisans vous proposent également de les peindre.

Sur place, vous pouvez bien sûr acquérir ombrelles, éventails et lanternes, des plus petites tailles à emporter aux plus grandes qui vous seront expédiées à votre domicile.

Les ombrelles si importantes pour l’économie locale, sont célébrées chaque année lors d’un festival de trois jours au mois de janvier. À l’occasion du Bor Sang Umbrella and Sankampaeng Handicraft Festival les rues sont illuminées de lanternes et décorées des ombrelles sa les plus colorées.

La coopérative dont il est question est l’Umbrella Making Centre, qui a été visité par moult personnalités, dont la regrettée princesse Lady D (c’était en 1988; quelques photos d’archives), précédée par la reine Elisabeth, accompagnée de son feu son époux, le prince Philip, duc d’Edimbourg (vidéo d’archives datant de 1972, un reportage qui permet de découvrir un Chiang Mai bien différent de celui d’aujourd’hui).

Le site, autour duquel est organisé le festival, est ouvert chaque jour de 8h30 à 17h. Un centre artisanal que vous retrouverez sur le web, sur Facebook et en réalité.

L’érudit Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Mai, une source inépuisable d’informations sur la Rose du Nord, est bien entendu déjà passé par le village de Bosang. Lisez donc ses impressions.

Vous trouverez d’autres informations (la plupart en langue thaï) sur la page Facebook officielle du festival et sur celle de la Municipalité de Tonpao. Il y a aussi le hashtag เทศกาลร่มบ่อสร้าง pour se plonger virtuellement dans l’ambiance de l’événement. Et enfin Events Weekly qui nous offre un florilège de photos (tirées de l’édition 2017). Mais plus que les pages internet, on vous invite à vous rendre sur le lieu-même du festival afin d’y rencontrer ses habitants, fort attachants, qui saurant vous faire aimer l’âme du Lanna… sans parler de la joliesse de Miss Ombrelle 😏

On vous livre pour terminer un document historique de l’INA sur Chiang Mai. Où les réalisateurs découvraient la Rose du Nord en 1960, Au Pays des Ombrelles (une vidéo d’archives qui n’est hélas plus en ligne).

Vous pouvez également lire (ou relire) nos articles des anciennes éditions du Festival des Ombrelles de Bosang :

Affiches de la 36e édition qui égayaient la rue

Alors, dites-nous, êtes-vous convaincu par la beauté que véhiculent les ombrelles ?


1 Et dire que même l’Office du tourisme thaïlandais ignore superbement cette réunion des forces, n’en pipant mot dans son communiqué de presse !
2 Nous avons retenu ici l’orthographe erronée utilisée dans le texte original

Source rédactionnelle : Chiang Mai News.
Source photographique de l’image à la une © Facebook
Article composé le 17.01.2020 et mis à jour le 15.01.2023

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La splendeur du Temple Blanc de Chiang Rai magnifiée par un festival nocturne

Si vous avez prévu de visiter Chiang Rai en cette fin d’année 2019, vous allez être gâté. Pour la première fois, son fameux Temple Blanc pourra être visité en soirée, le tout animé par un fabuleux spectacle son & lumière. Ainsi, l’horloge au centre-ville ne sera plus la seule attraction colorée des nuits de la Ville majeure, nom littéral de la cité (เชียงราย).

De notre point de vue et indépendamment du show qui ravit ses premiers spectateurs, cette animation nocturne aura le mérite de vous faire passer la nuit sur place et donc de prolonger votre séjour à Chiang Rai, une ville – et surtout une province – qui le mérite amplement. On vous résume ici tout ce qu’il faut savoir de la Wat Rong Khun Light Fest, avec un témoignage d’une des première spectatrices. Non sans vous donner les informations utiles pour visiter cette attraction en journée. En terminant par quelques autres conseils de visite.

Il n’y aura hélas pas de festival durant l’année 2020, pandémie du Covid-19 oblige ! Mais peut-être que l’attraction nocturne organisée au parc non loin y palliera : le Village Illuminé du parc Singha.

En revanche, les traditionnels Festivals de Fleurs ont bel et bien lieu à Chiang Rai, du 25 décembre 2020 au 10 janvier 2021. Tous les détails sur la publication de notre page Facebook.

Le Temple Blanc

C’est sans aucun doute l’attraction touristique phare de Chiang Rai, ville du nord thaïlandais endormie au bord de la rivière Kok. Le Temple Blanc – c’est là son surnom – est visité par plus de 2 millions de touristes alors que le chef-lieu de la province éponyme ne compte qu’environ 70 000 habitants. Impossible de rater ce site monumental avant d’arriver dans la ville à proprement dite par la route 118.

S’il est un adjectif dont on peut affubler le Temple Blanc, c’est bien celui d’hétérodoxe ! Le Wat Rong Khun – son nom officiel en thaï (วัดร่องขุ่น) – ne ressemble à aucun autre temple. Il se singularise d’abord par sa blancheur immaculée. Son symbolisme, dérivé des traditions bouddhistes et hindoues, intègre des sources pour le moins étonnantes : il y a certes – et sans surprise – des statues du Bouddha mais vous y trouverez également représentés, entre autres, Superman, Batman, et autre Néo (The Matrix) ! Enfin, bien que nommé temple bouddhiste, il ne remplit pas sa fonction première de monastère puisque, à notre connaissance, aucun moine n’y demeure (pour l’heure) ! Nous sommes plus proche de l’attraction touristique « bouddhiste » que du monastère abritant des moines recherchant l’illumination. Notez que l’enseignement du bouddhisme (et donc la méditation) se déroule dans des bâtiments attenants qui ne sont pas destinés à être visités par les touristes.

« Seule la mort peut arrêter mon rêve, mais pas mon projet »

Chalermchai Kositpipat, concepteur du Temple Blanc

Le temple est le fruit d’un projet un peu fou né dans l’esprit d’un artiste local, Chalermchai Kositpipat (เฉลิมชัย โฆษิตพิพัฒน์), à lui seul un vrai personnage !

À travers cette offrande au Bouddha, il désirait honorer son roi bien-aimé, feu Bhumibol le Grand. Grâce à des dons et surtout à la vente de ses œuvres artistiques, des œuvres que vous pouvez acquérir sur place, il a construit ce qui est devenu le site le plus connu de Chiang Rai, ouvert il y a 22 ans. C’est là sa façon d’accumuler des mérites1.

Fidèles à notre habitude, nous préférons que vous découvriez le site par vous-même, sans vous en dévoiler tout le contenu. Et croyez-nous, le complexe fourmille de mille détails, les uns plus étonnants que les autres. Sachez toutefois que le Temple Blanc est composé de quatre éléments principaux :

  • Le Pont du cycle des renaissances est le passage obligé qui inaugure la visite;
  • La Porte du Ciel est gardée par deux créatures représentant la mort et Rahu (divinité hindoue qui décide du sort des morts).
  • L’ubosot : c’est le bâtiment principal, entièrement blanc;
  • Le bâtiment couleur or où vous attendent… les toilettes ! Et nous vous invitons vivement à y entrer, même en l’absence de besoins.

Quelle est la symbolique de ces divers éléments ? Contentons-nous de vous dévoiler que l’édifice doré représente le corps, tandis que l’ubosot blanc représente l’esprit. L’or symbolise la façon dont les gens se concentrent sur les désirs et l’argent du monde. Ainsi, outre l’action de faire du mérite1, il s’agit de dompter son esprit – à travers la méditation – et d’abandonner ses possessions matérielles. Au surplus, RenownTravel vous donne plus d’explications sur la symbolique du lieu que vous pouvez admirer dans cette superbe vidéo.

Le site n’est point achevé puisqu’en tout, neuf bâtiments sont prévus. Vous pouvez d’ailleurs profiter d’un romantique pavillon doré récemment achevé dans la partie sud du complexe. Espérons qu’aucun nouveau désastre ne se produise, comme cela a été le cas le 5 mai 2014 où un puissant tremblement de terre a quelque peu endommagé la structure (nous avons ressenti la secousse jusqu’à Chiang Mai, c’est vous dire sa puissance).

Le temple peut se visiter tous les jours à l’exception de quelques fermetures exceptionnelles. Telle la sortie du personnel ou les funérailles de la mère de l’artiste. Précisons encore que certains, une minorité, verront là l’expression d’un mauvais goût, d’une esthétique inauthentique et surchargée… À vous de vous forger votre propre opinion.

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INFOS PRATIQUES
Wat Rong Khun (วัดร่องขุ่น) – Le Temple Blanc de Chiang Rai
Ouvert tous les jours de 8h à 17h (samedi et dimanche, jusqu’à 17h30).
Prix d’entrée : THB 100.- par personne (adulte comme enfant); gratuit pour les Thaïlandais.
Les bus Greenbus venant de Chiang Mai peuvent vous y déposer. Et sinon, la meilleure liaison sur place est assurée par les récents Chiang Mai City Bus (THB 20.- la course dans des bus modernes; liaison toutes les 20 minutes, de 6h à 23h30). Sans parler des minibus ouverts que vous pouvez héler au bord de la route.
Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement (le site web n’est pour l’heure plus fonctionnel).

Si vous êtes à Chiang Mai et désirez découvrir l’essentiel de Chiang Rai en une journée, Temple Blanc compris, la solution de l’aller-retour en groupe (minivan) peut alors être envisagée. Découvrez ici une offre à seulement THB 1’100.- proposée par notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour.


Wat Rong Khun Light Fest

Le Temple Blanc a pour habitude de fermer à la tombée de la nuit, laissant ainsi place aux ténèbres qui repoussent les touristes. Jusqu’à maintenant, peu étaient ceux qui restaient en fin de journée pour admirer le temple auréolé d’un magnifique coucher de soleil. Mais il en ira différemment un mois durant en cette fin d’année 2019… Pour la première fois de son histoire, le site s’offre en écrin à un spectacle son & lumière qui le magnifiera.

La date est connue depuis des mois : du 22 novembre au 22 décembre 2019. C’est sous le concept « L’illumination du Temple Blanc » – inspiré par le travail artistique de Chalermchai Kositpipat – qu’est organisée la Wat Rong Khun Light Fest. Il s’agit d’un spectacle qui dure 60 minutes, donné quotidiennement à deux reprises (à 18h30 et à 20h30, durant la nuit donc) à 1 000 spectateurs privilégiés. Précisons que le ticket du spectacle n’inclue pas la visite du temple en journée.

Un spectacle qui ne pourra que vous éblouir. Les organisateurs s’en sont donné les moyens : avec un budget supérieur à 100 millions de bahts thaïlandais, ce sont plus de 100 projecteurs laser – utilisant les dernières techniques de projection 3D – qui sublimiseront les différents éléments architecturaux du Wat Rong Khun. Sans tout vous dévoiler, sachez qu’il y aura une belle projection sur un rideau d’eau. Celles et ceux déjà émerveillés par le Temple Blanc en tant que tel et qui assisteront à ce spectacle n’en seront que plus émerveillés encore. En revanche, les sceptiques estimant l’attraction un brin kitsch risquent de voir leur sentiment renforcé…

Quoi qu’il en soit, le magazine américain Special Event considère le prestataire, Index Creative Village (actif dans les pays de l’ASEAN), comme la 7e meilleure société d’événements créatifs au monde. C’est donc une expérience immersive à 360 degrés qui vous est proposée, avec des techniques de réalité virtuelle qui enrichissent davantage l’expériences vécue par les spectateurs. Le spectacle animera six endroits différents :
1. Le chemin vers le ciel
2. Les péchés
3. L’astrologie
4. Illumination
5. Le cercle de la vie et
6. Le Temple Blanc commence…

On précisera encore que le bénéfice de l’événement sera versé à l’hôpital Prachanukrohe, qui se situe en ville de Chiang Rai.

Comme le nom officiel du festival d’un mois est Wat Rong Khun Light Fest, Begins et que le succès populaire semble au rendez-vous, parions sur une nouvelle édition l’année prochaine…

On reproduit ici le témoignage de Mélaine, une de nos fidèles lectrices, qui a assisté à l’une des premières représentations et que nous remercions : Voici un petit feedback de mon expérience des illuminations du Temple Blanc. L’entrée se trouve au niveau du parking (pas la même qu’en journée). Ne louper pas la petite exposition qui se trouve sur la droite du couloir d’entrée. Le combiné « repas buffet » n’est, selon moi, pas nécessaire (si vous avez des tickets pour 20h30, vous n’avez que jusque 19h00 pour manger… et vous ne pouvez pas venir avant 18h00). N’allez surtout pas vous asseoir directement, en réalité si votre ticket d’entrée est celui de 20h30, vous avez jusque 21h30 pour profiter du parc, du temple blanc, des 6 points d’exposition en show son & lumière. Cela fait partie intégrante du spectacle, ne courrez donc pas prendre votre siège. Les gradins se situent dans le fond du parc à droite. Prévoyez un pull! il fait vite frais. Enjoy! 🙂

INFOS PRATIQUES
Wat Rong Khun Light Fest
Du 22 novembre au 22 décembre 2019; spectacle à 18h30 et 20h30.
Ticket à THB 400.- (normal) et THB 1’000.- (VIP); ajoutez THB 150.- pour le repas facultatif (buffet). Achat des billets sur Thai Ticket Major. Les billets peuvent s’acheter au guichet du temple, de 9h à 16h puis au guichet installé sur le parking, derrière le temple, de 17h à 18h. Vous pouvez également en acquérir en vous rendant dans tous les guichets de la poste thaïlandaise, dans les cinémas Major Cineplex, dans les magasins Tesco Lotus et Big C.
Page Facebook, événement FB, site web, Instagram et YouTube.


Liaison Chiang Rai - Chiang Mai

En dehors de la liaison directe par bus, d’autres variantes existent pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai, que ce soit par le joli lac de Phayao ou bien encore en descendant la rivière Kok depuis Thaton. On vous dit tout dans cet article.

Et puisque vous êtes à Chiang Rai…

Vous l’aurez compris, on vous conseille bien entendu de visiter le temple en journée et, en sus, d’assister au spectacle de nuit, non sans profiter également des magnifiques couchers de soleil qu’offre le site peu avant 18h. C’est donc deux tickets qu’il vous faudra acquérir.

Un festival qui suit de peu un autre événement survenu dans la province de Chiang Rai, commémoratif celui-ci : l’ouverture de ce qui est devenu le Tham Luang–Khun Nam Nang Non (Forest) National Park (วนอุทยานถ้ำหลวง-ขุนน้ำนางนอน). C’est précisément là que 12 enfants faisant partie d’une équipe de foot, accompagnés de leur coach, ont fait l’objet d’une mission de sauvetage sans précédent afin de les sortir de la grotte Tham Luang. La zone a été rouverte au public le 1er novembre dernier, transformée en attraction touristique. Rappelons tout de même qu’un héroïque sauveteur y a laissé sa vie. L’aventure des Sangliers sauvages a fait l’objet d’un premier film, produit par Netflix, The Cave, sorti officiellement en Thaïlande.

Si vous vous rendez à Chiang Rai du 27 novembre au 1er décembre 2019, vous pourrez combiner ce festival du Temple Blanc avec une autre fête, organisée non loin, la Farm Fest on the Hill. Elle se déroule au très beau Singha Park (สิงห์ปาร์คเชียงราย). Une occasion de voir Chiang Rai de haut puisqu’il y aura là une magnifique attraction : les montgolfières de Balloon Adventure. Conjugué à la visite de la cascade Khun Korn, plus à l’ouest, le tout vous remplira merveilleusement la journée (et donc la soirée aussi). Un festival reconduit cette année 2020 : il aura lieu du 25 au 29 novembre 2020 (bande-annonce et programme).

Autre événement hivernal non loin de là, à moins de 10 minutes du Temple Blanc, proche du parc Singha, ici, le Sunday Craft Market, autrement dit le marché artisanal du dimanche qu’organise, du 24 novembre au 22 décembre 2019, de 14h à 21h, le café Garden 232.

Et dès le 4 décembre 2019, c’est la fête au Doi Tung, une montagne sise dans la province de Chiang Rai, là où a été implanté un important projet de la Fondation Mae Fah Luang, sous patronage royal. La famille est à la fête jusqu’au début de l’année 2563 (qui correspond à notre année 2020). Une belle occasion de rencontrer des membres de la minorité ethnique des Akha.

Notez que 5 décembre est un jour particulier en Thaïlande, férié : il correspond à la date de naissance du défunt roi Bhumibol le Grand, un jour férié maintenu où est célébrée la Fête des Pères. Voici la contribution artistique de Chalermchai Kositpipat pour ce jour du souvenir. Et si vous serez à Chiang Rai du 12 au 15 décembre 2019, vous croiserez peut-être sur la route les cyclistes du The Tour of Chiangrai

À Chiang Rai, le Temple Blanc fait partie d’une trinité qu’un touriste se doit d’honorer : la fameuse Maison Noire (officiellement le musée Baan Dam (พิพิธภัณฑ์บ้านดำ) de feu l’artiste Thawan Duchanee) et le Temple Bleu (Wat Rong Suea Ten, วัดร่องเสือเต้น) qui s’ajoutent donc à cet iconique Temple Blanc. Et, comme les Trois Mousquetaires, les incontournables sont maintenant quatre : aux trois sites précités, ajoutez l’étonnant Wat Huay Pla Kang (วัดห้วยปลากั้ง), un temple d’inspiration taïwanaise, avec son imposante pagode et sa non moins imposante statue de Guan Yin, divinité chinoise (le pendant du bodhisattva Avalokiteshvara).

Nous concentrant sur Chiang Mai, nous n’avons point encore pris le temps de vous donner nos conseils de visite à Chiang Rai mais nous le ferons bientôt, promis… Cependant, l’occasion est trop belle pour ne pas vous faire profiter de suite d’un travail de qualité de l’Office du tourisme thaïlandais. L’ouvrage Journey of Thai Gastronomy (en anglais dans le texte) est une véritable mine d’or pour celui qui a le temps de flâner en Thaïlande, et notamment dans la province de Chiang Rai (dès la page 8).

Vous y apprendrez qu’en plus du riz, l’ananas, le thé et le café, de même les fleurs du cotonnier rouge font partie de la production agricole locale. Vous saurez tout du khao ram fuen, du kha mu man to, du khao phat sapparot ou encore du khanom chin nam ngiao ! Et surtout, vous saurez où goûter ces spécialités du nord. Les auteurs vous indiquent par ailleurs 5 attractions qui rempliront sans autres une journée supplémentaire dans cette province. Pour ne rien gâcher, le livre s’attarde sur quatorze autres destinations dans les diverses parties du royaume. Un travail de qualité, vous disions-nous !

Journey of Thai Gastronomy – Consultable gratuitement sur Issuu.

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Un festival de fleurs en guise de consolation

Vous ne pouvez assister au festival du Temple Blanc, arrivant peu après à Chiang Rai ? Peut-être alors qu’un festival de fleurs vous consolera. Bien que la Fête des Fleurs de Chiang Mai soit la plus connue (la prochaine édition se tiendra du 5 au 7 février 2021), sa ville-sœur Chiang Rai organise elle aussi un festival de fleurs ô combien coloré. Un rendez-vous devenu traditionnel en fin d’année. Et encore devons-nous mettre un « s » à festivals puisque pas moins de deux festivals de fleurs se chevauchent en cette fin d’année !

Le 16e Festival des Fleurs de Chiang Rai (เชียงรายดอกไม้งาม เทศบาลนครเชียงราย) aura lieu du 27 décembre 2019 au 19 janvier 2020, de 7h à 22h. Il est organisé en ville, au parc Tung & Kom (สวนตุง). Nous devrions vous en reparler sur notre page Facebook Chiang Mai De-ci De-là, en vous donnant le programme plus précis (il y aura des concerts et une belle parade). Sachez d’ores et déjà qu’indépendamment du festival, le parc continuera d’être animé les samedis et dimanches, et ce jusqu’au 15 févier 2020 ! En attendant, voici déjà la page Facebook officielle du festival.

Cette fête sera précédée du Festival des Fleurs de Chiang Rai 2019 – auquel les organisateurs accolent l’acronyme ASEAN, ce qui donne ceci en thaï : มหกรรมไม้ดอกอาเซียนเชียงราย 2019. Organisé sur les rives de la rivière Kok, rive gauche, au parc floral Mae Kok (สวนไม้งามริมน้ำกก – ศูนย์ราชการฝั่งหมิ่น), il débutera deux jours avant, soit le 25 décembre 2019 pour se clore le 12 janvier 2020.

Là aussi, nous devrions vous en reparler sur notre page Facebook Chiang Mai De-ci De-là. Voici déjà le site web et la page Facebook officiels de ce second festival. Ce sera là une bien originale façon de fêter Noël en Thaïlande !

Terminons ces rendez-vous festifs par un événement religieux propre au pays Lanna : l’attente nocturne de Phra Upakut, un moine né de la semence du Bouddha et censé revenir à minuit, portant chance à celle ou celui qui le rencontrera… Rendez-vous vous est donné à Chiang Rai le soir du 10 décembre 2019. Cette étonnante cérémonie qui voit défiler de nombreux moines se déroule en bien d’autres lieux du nord thaïlandais, à commencer par Chiang Mai. Vous avez tous les détails dans notre article Les apparitions nocturnes de Phra Upakut.

Vous êtes à Chiang Mai ? Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai (et ne pas confondre ces deux villes) ? Notre article vous dit tout de la liaison entre ces deux villes et des différentes variantes possibles.

Un article de Chiang Mai De-ci De-là

Ce florilège festif devrait vous convaincre de visiter le nord thaïlandais durant la saison fraîche, le pays Lanna, riche culturellement, ayant beaucoup à vous offrir.

NOS ARTICLES SUR CHIANG RAI, LA PETITE SŒUR DE CHIANG MAI :

▶︎ Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai
▶︎ La splendeur du Temple Blanc (magnifiée par un festival nocturne)
▶︎ Le parc Singha et sa Balloon Fiesta, le Festival des Montgolfières
▶︎ Festivités du Songkran au nord de la Thaïlande (où l’on aime l’eau)
▶︎ Triangle d’Or. Dormir à la belle étoile sous une bulle, au pied des éléphants
▶︎ Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité fêté à Chiang Rai


1 L’accumulation de mérites est une notion essentielle du bouddhisme Theravada, la religion implantée en Thaïlande. Sur cette importante notion de mérite, on vous renvoie aux explication érudites d’Odon Vallet, historien des religions, dans le paragraphe ad hoc de notre article Wat Ton Kwen à Chiang Mai. Offrande de riz et feu en l’honneur du Bouddha.

Sources rédactionnelles, en plus des sites officiels ad hoc : Wikipédia (version anglaise), HuffPost, TTR Weekly.
Source de l’image à la une. Sauf mention contraire, les images proviennent de la page Facebook du festival ou de celle du temple © Facebook
Article composé le 01.12.2019 et mis à jour le 02.01.2021

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Le musée des maisons traditionnelles du Lanna, un musée qui devient vivant !

Lanna Traditional House Museum. Voilà un site muséal qui, lors de notre premier passage il y a passablement d’années, nous a envoûtés. Et ce pour plusieurs raisons : que ce soit le calme qui règne dans ce grand parc parsemé d’anciennes maisons en bois et d’arbres majestueux, le thème du musée en lui-même ou encore la quasi absence de touristes. Peut-être qu’un des divers événements organisés là vous y conduira, à l’image de celui dont on vous parle aujourd’hui. Et si ce ne devait point être le cas, on vous conseille vivement cette visite l’année durant. Lisez notre article et vous saurez pourquoi, d’autant qu’on vous indique également quoi visiter alentour.

Et puisque le thème des anciennes maisons traditionnelles est abordé, on en profite pour vous donner nos meilleurs conseils : visiter des maisons historiques au cœur de Chiang Mai, découvrir le projet d’un artiste de Sanpatong qui change les mentalités des propriétaires de ces maisons, ou encore manger dans une bâtisse transformée en restaurant/musée.

Au menu de cet article :

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Le musée à proprement dit

Il s’agit donc d’un musée en plein air – un brin excentré, à l’ouest de la ville – où vous pourrez admirer d’anciennes maisons traditionnelles du Lanna, du nom de l’ancien royaume sis au nord de la Thaïlande. Vous avez là une douzaine de bâtisses en bois – des maisons d’habitation et des greniers à riz – représentatives de l’habitat du Nord.

En se promenant en Thaïlande, on ne peut que regretter la rapide et inéluctable disparition des anciennes maisons en bois. Une disparition plus criante encore dans les villes telles que Chiang Mai. Sans toutefois renier le confort qu’apportent les constructions modernes. C’est dire le plaisir à voir ici réunies des bâtisses, parfois fort anciennes, démontées puis remontées sur place, sous l’égide du Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, une entité académique de l’Université de Chiang Mai (CMU).

Une fois déchaussé, vous pouvez entrer dans certaines des demeures et constater la sobriété de leur aménagement intérieur. Quelques explications sont données, tant en thaï qu’en langue anglaise. Il faut dire que le musée a vocation éducative et beaucoup d’écoliers et d’étudiants le visitent. Mais avouons qu’en matière de muséologie, l’aspect didactique pourrait être notablement amélioré.

On vous présente les maisons dans le détail en fin d’article. De notre point de vue, la visite vaut le détour. Coup d’œil en vidéo :

INFOS PRATIQUES
Musée des maisons traditionnelles du Lanna (Lanna Traditional House Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรือนโบราณล้านนา en thaï).
Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à 16h30, les samedis et dimanches, de 9h à 16h30. Fermé les jours fériés.
L’entrée, qui se situe sur la route du Canal, coûte THB 20.- (THB 10.- pour les étudiants, gratuit pour les enfants de moins de 10 ans).
Site web, page Facebook, avis TripAdvisor, emplacement


Living Museum – Un musée vivant

Abrité par de magnifiques arbres séculaires, l’ensemble du site s’anime de manière fort originale au début de la saison « hivernale ». Depuis plusieurs années maintenant, le musée des maisons traditionnelles Lanna se transforme en musée vivant plusieurs jours durant.

Qu’est-ce qu’un musée vivant ?
Un musée vivant ou un musée d’histoire vivante est un musée qui recrée les paramètres historiques pour reproduire les périodes passées. L’objectif des musées d’histoire vivante est de fournir aux visiteurs une interprétation pratique du passé. Ils donnent vie à l’histoire en imitant au maximum les conditions d’un environnement naturel, d’une période historique ou d’une culture.

Source : Ripleybelieves.com ®

La riche culture du Lanna se donne ainsi à voir ! Un événement qui vous permet de découvrir l’ancienne sagesse et l’artisanat de la région. Vous y rencontrerez ses meilleurs représentants, les artisans. Divers ateliers et démonstrations sont au programme; belle occasion par exemple d’admirer le tissage du coton sur d’anciens métiers, de découvrir l’utilisation d’instruments typiques ou encore de goûter aux mets d’une cuisine traditionnelle. Digne reconstitution du mode de vie d’antan et des savoirs anciens du Lanna. Y participent bien souvent les Tai Lüe, membres de la minorité ethnique des Dai.

Voici les divers ateliers organisés durant cette édition 2019 :

  • Station 1 : création de lanternes tai yai
  • Station 2 : fabrication de lampions en argile (phang pratheep)
  • Station 3 : vannerie (en utilisant des feuilles de bananier)
  • Station 4 : cuisine du riz gluant au sésame
  • Station 5 : fabrication de tuiles en terre cuite
  • Station 6 : initiation à l’écriture Lanna
  • Station 7 : architecture et croquis (maisons Lanna)
  • Station 8 : orchidées locales
  • Station 9 : variétés locales de riz
  • Station 10 : brocart de soie tissé et guirlande nouée à la main
  • Station 11 : laque

Vous retrouvez plusieurs de ces produits artisanaux durant les fêtes et festivals organisés à Chiang Mai, par exemple les lanternes et les lampions qui éclairent la féerique Fête des Lumières (le Loi Krathong).

Qui sait si ces clichés de l’édition 2017 vous donneront envie d’effectuer le déplacement…

INFOS PRATIQUES
Culture vivante et mode de vie
(en anglais : Living Culture & Way of Life, en thaï : แอ่วเฮือน เยือนผญา)
Du 27 au 29 novembre 2019, de 9h à 17h
Événement Facebook, page Facebook du Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, emplacement


Un site régulièrement animé

L’endroit est habituellement paisible – mort diront les mauvaises langues – et c’est un euphémisme. Mais d’éclectiques événements se déroulent régulièrement dans ce bel écrin. Il s’agit parfois de colloques universitaires – souvent liés à la riche culture du Lanna – qui n’attirent que les érudits. Telle cette conférence sur un ancien rituel, Salak Yom, une très ancienne cérémonie d’acquisition de mérites (où les pratiquants offrent des habits aux défunts), un rituel qui donne lieu à l’un des plus beaux festivals de Lamphun, la province voisine. Ou ce séminaire sur l’utilisation de la technologie numérique en anthropologie.

En 2019 a été lancé un projet de Conservation de l’architecture traditionnelle du Lanna à Chiang Mai. Projet qui inclut bien entendu ce site muséal et qui a reçu le soutien de l’ambassade des États-Unis en Thaïlande. Une page Facebook rend régulièrement compte des avancées de ce projet.

Tout au cours de l’an, de nombreux et intéressants ateliers sont organisés sur place. Ainsi de celui-ci permettant de réaliser des bougies de divers types, dont des bougies traditionnelles du Lanna (détails et ambiance). C’est dans une ambiance toujours détendue que s’acquièrent ces nouvelles connaissances.

Quelques manifestations populaires sont aussi organisées sur le site du musée. Comme par exemple, en 2014, un Festival international de marionnettes ou, l’année dernière, le Water Festival dans le cadre de Nouvel An thaïlandais (le fameux Songkran). Le site a vu défiler les meilleurs artistes du folklore Lanna (il s’agissait d’une cérémonie rituelle traditionnelle dont nous devrions vous reparler un jour). Dernier événement d’importance, le Chiang Mai City of Crafts and Folk Art 2020, une Foire de l’Artisanat dans le cadre d’une manifestation d’envergure internationale, le Chiang Mai Design Week, un rendez-vous annuel qui prend peu à peu ses lettres de noblesses.

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Aux alentours du musée

Le musée en plein air se situe sur une parcelle où a été créé le Centre d’Art de l’Université de Chiang Mai (CMU, หอนิทรรศการศิลปวัฒนธรรม มหาวิทยาลัยเชียงใหม่), une adresse incontournable pour tout amateur d’art. Terreau artistique s’il en est, fort animé toute l’année comme en témoignent les nombreux événements que nous ne manquons pas de promouvoir sur notre page Facebook.

À l’ouest, au bout de la route Suthep (il s’agit de l’ancienne route menant à la montagne éponyme, construite sous l’impulsion de Khruba Siwichai, un saint homme très vénéré), vous trouverez un autre « musée vivant », encore moins connu que le musée des maisons traditionnelles : le Roitawarabarn Baandhawalai (ou Musée Ganesh, ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย), la Propriété des Dieux et des Déesses comme l’appelle l’érudit Jean de la Mainate. C’est là une visite que nous conseillons vivement. On peut y voir de jeunes artistes à l’œuvre : peinture, sculpture sur bois et sculpture sur verre. Le propriétaire affirme que c’est là que se trouve le plus grand Ganesh en bois du royaume… Non loin, un peu plus haut que l’entrée no 2 du zoo de Chiang Mai, vous trouverez le point de départ du Sentier des moines, Monk Trail en anglais. Une magnifique balade d’une demi-heure qui vous mènera vers ce qui est un des temples marquant le plus les visiteurs de Chiang Mai, le Wat Palad (วัดผาลาด (สกทาคามี)). Un temple des moines de la forêt, une tradition thaïlandaise du bouddhisme Theravada. Les plus valeureux grimperont plus haut encore, vers le temple le plus vénéré du nord thaïlandais, le Wat Phrathat Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร). Notez que notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour, organise un circuit qui vous permet de visiter tant le Wat Palad que la Propriété des Dieux et des Déesses, avec, en point d’orgue, l’aumône matutinale aux moines du Wat Phra That Doi Suthep. Cela à l’écart du tourisme de masse, accompagné par un ancien moine bouddhiste, Khun Wet. Tous les détails de ce circuit hors du commun sur leur site web : Doi Suthep matutinal – Offrandes aux moines.

Non loin du musée des maisons traditionnelles du Lanna, de l’autre côté de la route du Canal, n’hésitez pas à faire une pause-café au Royal Project Shop (ร้านโครงการหลวง). Occasion de vous reposer dans un cadre agréable mais aussi de découvrir les produits de cette fondation créée par feu le roi Bhumibol le Grand, une fondation qui vient en aide aux membres des diverses minorités ethniques. Nous lui avons d’ailleurs consacré un article complet à l’occasion de la Royal Project Fair annuelle. Sans oublier que vous vous trouvez là au sud de Nimmanhaemin, le quartier branché de Chiang Mai. Un quartier qui vous permet de découvrir le foisonnement artistique et culturel de la Rose du Nord.


Voir d’anciennes bâtisses en bois au cœur de Chiang Mai

On vous le disait en guise d’entame, Chiang Mai voit désespérément disparaître peu à peu ses maisons traditionnelles en bois. Hélas, trois fois hélas, la préservation du patrimoine n’est pas la priorité des instances dirigeantes. Espérons que la volonté des autorités d’inscrire la ville au Patrimoine mondial de l’UNESCO infléchisse ce triste état de fait.

© HOP – House of photography

Les amateurs de maisons anciennes pourront cependant trouver plusieurs perles architecturales où le bois règne en maître. Voici quelques propositions de visites en commençant par une chouette maison repeinte en bleu, la Maison de la Photographie (หอภาพถ่ายล้านนา, Chiang Mai House of Photography), non loin de la place des Trois Rois. Vous pourrez non seulement visiter la maison à l’étage (en vous déchaussant) – y sont régulièrement organisées d’intéressantes expositions photographiques où l’entrée est gratuite – mais également consulter la librairie digitale au rez-de-chaussée (site web et page Facebook).

Khum Chao Burirat où a été créé le Centre d’architecture du Lanna

Autre adresse incontournable pour tout amateur de maisons traditionnelles, le Centre d’architecture du Lanna qu’anime la Faculté d’architecture de l’Université de Chiang Mai (CMU). Constituée de briques et de bois, c’est une demeure de deux étages datant de la fin du XIXe siècle. Elle allie le style occidental (la structure du rez-de-chaussée) et l’architecture lanna (la partie en bois à l’étage), fruit de l’arrivée des missionnaires et marchands occidentaux. En langue locale, khum (คุ้ม) s’utilisait pour désigner un manoir ou une maison appartenant à des membres de la famille royale du Lanna. Khum Chao Burirat (Maha Intra) était donc la résidence d’un dirigeant de l’époque, Chao Burirat. C’est l’un des rares khum anciens qui subsistent à Chiang Mai. Acheté en 1917 par Mme Thipayamonthon, ses héritiers ont cédé le bâtiment à la CMU en 2001 afin d’honorer leurs ancêtres.

La maison, entourée d’un petit parc au cœur de la Cité fortifiée (« le carré »), est visitable, pieds nus; vous y verrez des maquettes de maisons traditionnelles du Nord avec la mise en perspective de ce qui fait leur singularité. Et, une fois à l’étage, vous n’oublierez pas de jeter un œil depuis la terrasse sur le chedi du Wat Chedi Luang.

Centre d’architecture du Lanna (Lanna Architecture Center, ศูนย์สถาปัตยกรรมล้านนา คุ้มเจ้าบุรีรัตน์ (เจ้าน้อยมหาอินทร์ ณ เชียงใหม่)), appelé également le Musée Khum : site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement. Hors événements particuliers (tels que la Chiang Mai Design Week où l’on visite gratuitement), l’entrée est payante : THB 120.-/personne (et seulement THB 60.- pour les Thaïlandais), THB 20.- pour les éditants et seniors de plus de 60 ans (THB 10.- pour les Thaïlandais), gratuit pour les enfants jusqu’à 7 ans, les moines, les novices et les personnes handicapées. Le centre est ouvert de 9h à 17h (sauf le dimanche où il ouvre de 13h à 20h et le lundi où il est fermé).


Le Old Cultural Center (ศูนย์วัฒนธรรมเชียงใหม่) défend lui aussi la culture du Lanna en organisant notamment ses fameux dîners khantoke (repas traditionnel du nord à même le sol, servi sur un khantok et animé par des danses traditionnelles). Une animation originale organisée dans une vieille demeure semblable aux caravansérails. Vous pouvez visiter là une ancienne maison en bois de teck, Saw Hong, transformée en musée. Il s’agit d’un des trois styles de maisons Lanna, facilement reconnaissable aux deux pièces de bois sculptées s’entrecroisant au haut du toit (site web et page Facebook).

Plus à l’est, en bordure de la rivière Ping, rive droite, vous tomberez sans doute sous le charme de l’Ancient House (บ้านโบราณเชียงใหม่), transformée bien tristement en centre commercial open air par son riche propriétaire. Ban Bolan, c’est le nom de la maison, est une belle demeure qui revendique plus de 150 ans d’âge puisque construite en 1867. D’architecture birmano-thaïlandaise, elle est le fruit du commerce du bois qui utilisait jadis la rivière pour son transport, aidé par les éléphants. Un précieux héritage de l’histoire locale qui mérite d’être conservé. Reste en suspens l’usage idéal à en faire2 (page Facebook)…

Une maison en teck de plus de 150 ans. À quelques dizaines de mètres au nord, en retrait de la route Charoen Prathet, au pie du grand hôtel Diamond Riverside (ici), a été construite Baan Huen Luang. Une belle bâtisse qui date de l’année bouddhiste thaïlandaise 2409, soit 1866 de notre ère. C’est là aussi une maison chargée d’histoire, construite par le vice-capitaine Pacha Luang Yona Kanphichit, un négociant en bois venu de Birmanie voisine. Les riches Birmans ont contribué à la construction de routes et de ponts, en restaurant également d’innombrables temples (tel le Wat Upakut tout proche). Mongbpanyo – c’est là un des nombreux noms du propriétaire (autrefois, le nom de panyo en langue birmane signifiait fleur, plus précisément orchidées en fleur) – Mongbpanyo donc, a eu droit à une crémation royale, ayant rendu service à la dynastie Chakri (du roi Rama V au roi Rama VII).

Luang Yona Kanphichit est aussi celui qui a construit la première imprimerie de Chiang Mai, de même que le premier crématorium. Appartenant de nos jours à une riche famille de Bangkok, cette bâtisse a peine à trouver un exploitant sur le long terme (en dernier lieu, c’est un salon de massage qui y était installé).

Presque en face de l’Ancient House précédemment évoquée, de l’autre côté de la rivière, autre témoignage historique qui ne bénéficie hélas pas des mêmes ressources financières, Sriprakard (ศรีประกาศ). C’était l’un des premiers hôtels de Chiang Mai, tout en bois donc. Ses héritiers, sans le sou, essaient tant bien que mal de préserver l’endroit en y organisant régulièrement des événements originaux (page Facebook).

En longeant la rivière vers le sud, vous attend un restaurant qui sert sa clientèle depuis fort longtemps, l’Antique House (Huan Boran, เฮือนโบราณบ้านฮิมปิง). Si la cuisine typiquement thaïlandaise ne vous convainc pas, sirotez donc un verre au bord de la rivière, une fois entré dans cette maison en bois au décor original (page Facebook). Attention : le tout est en cours de rénovation (dès mars 2020) et il semble bien que l’ancienne maison sera détruite… Plus au sud encore, le long de la très belle route Chiang Mai-Lamphun, perdu dans la campagne, le Wiang Kum Kam (เวียงกุมกาม) est un site historique qui vous permettra d’admirer là aussi de belles demeures en bois dont la superbe Lanna Rice Barn, transformée en restaurant. La « vieille ville » de Chiang Mai, c’est bien ici et pas ailleurs !

On termine cette brève énumération en vous rappelant que vous pouviez dormir dans une authentique maison traditionnelle du Lanna. Notre ancien partenaire, le Swiss-Lanna Lodge ici à Chiang Mai, vous proposait ses chambres aménagées dans une ancienne demeure en bois rénovée. Vous pouviez bénéficier là d’un hébergement typique du Lanna et du chaleureux accueil qui caractérise les gens du Nord. Sawat dee jao ! Hélas, la crise du Covid-19 est passée par là et ce lodge n’existe plus 😒

Indépendamment des conseils que l’on vous donne, on vous enjoint vivement de vous abandonner à la grâce de l’inattendu : en vous promenant, vous découvrirez sans nul doute d’autres demeures en bois habitées par l’âme du lieu…


Chronique des maisons traditionnelles de Sanpatong4

Vivant depuis plusieurs années dans la Rose du Nord, nous ne pouvons que déplorer la lente mais inexorable disparition des anciennes maisons traditionnelles en bois. Elles sont peu à peu détruites au profit de constructions modernes (plus confortables, il est vrai). La préservation du patrimoine architectural n’est pas la priorité du gouvernement, à quelques exceptions près (on pense ici au Centre d’Arts et de Culture de la ville, sis sur la place des Trois Rois, brillamment rénové en 2019). Constat dramatique s’il en est.

Imaginez alors notre joie lorsque nous avons eu vent du projet mis sur pied par Roongroj Paimyossak, un artiste, militant et chef de village à la retraite : il a passé deux ans à répertorier des vieilles maisons en teck du district où il est né, Sanpatong ! « Quand j’étais petit garçon et que je grandissais dans mon village de Sanpatong, je me souviens d’avoir vu de vieilles maisons démontées et vendues pour du bois et d’avoir eu l’impression qu’une partie de moi-même était démolie, que de petits morceaux de moi étaient emportés », a-t-il déclaré.

Roongroj Paimyossak © Facebook

« Artiste, j’ai obtenu mon diplôme en beaux-arts. De retour dans mon village, j’en suis devenu le chef, un chef de village très controversé pendant environ cinq ans, m’attirant toutes sortes d’ennuis avec le statu quo », dit-il en riant. Mais voir disparaître maison après maison dans sa ville natale bien-aimée, pour être ensuite transformée en hôtel-boutique ou en café branché en ville, c’était un coup dur et il n’y avait pas de quoi rire, ajoute-t-il.

Il y a deux ans, de son propre chef, il a commencé à visiter les 120 villages du district de Sanpatong, à la recherche de vieilles maisons. « C’est un projet d’art communautaire que je me suis senti obligé de réaliser », poursuit-il. « J’ai pris mon appareil photo, mon bloc-notes et mon enregistreur et j’ai commencé à parler aux propriétaires de maisons. Ce que j’ai appris, c’est que beaucoup de ces maisons, qui étaient traditionnellement très importantes pour les gens, font aujourd’hui l’objet d’une lutte d’héritage entre eux. Alors que traditionnellement les familles vivaient pendant des générations dans une maison, organisant même des cérémonies annuelles où les familles se réunissaient pour honorer les ancêtres qui avaient construit la maison, aujourd’hui les descendants se disputent souvent leur maison, décidant parfois de la vendre et de partager l’argent. C’est une honte criante ».

Roongroj a commencé à parler aux propriétaires, à faire des croquis de leurs maisons, à filmer leurs interviews, à écouter leurs histoires et à photographier leur maisons. C’était un travail lent et difficile. « Mais j’ai constaté qu’en montrant de l’intérêt, les villageois voyaient voir leur propres maisons avec des yeux nouveaux. Ils ont commencé à en apprécier la valeur. C’était mon objectif. Je veux que les gens retournent chez eux, qu’ils vivent dans leur maisons ancestrales. Alors je m’assois et j’écoute leurs histoires. Et en la racontant, ils se souviennent alors de son importance. »

Le projet de Roongroj a pris de l’ampleur, attirant l’attention. Il travaille maintenant avec la Siam Society, ainsi qu’avec la faculté d’architecture de l’université de Chiang Mai (CMU). Il a depuis élargi son projet pour inclure d’autres régions, Mae Wang, Lamphun et Hang Dong.

« Mon souhait est que les familles rentrent fièrement chez elles. Nous pourrons alors aller dire aux propriétaires de cafés et d’hôtels-boutiques branchés que s’ils veulent la maison, au lieu de la démonter, ils peuvent en construire sur la base d’un modèle que nous pourrons établir. Il y a aussi des orfèvres et des sculpteurs sur bois, des gens qui étaient autrefois très admirés pour leurs compétences, mais qui ne sont plus que des travailleurs journaliers. Nous pouvons alors leur donner plus d’emplois et les aider à reproduire ces maisons pour le marché moderne. Il y a un réel potentiel ».

« Au départ, mon but était d’attirer l’attention des descendants sur la valeur patrimoniale des bâtisses. Je pense que nous sommes maintenant sur quelque chose de plus grand, quelque chose qui peut servir de modèle aux communautés de toute la Thaïlande pour aider à préserver et à rendre pertinent ce qui a été longtemps négligé et ignoré. Ce ne sont pas des objets. Ils ont une signification, un héritage et une histoire. Nous sommes bizarres : quand nous voyons que d’autres personnes voient une valeur, nous commençons à voir une valeur ».

« Sanpatong est particulièrement intéressant, je crois, parce que nous avons traditionnellement eu jusqu’à huit groupes ethniques vivant ici en harmonie. Leurs influences sont visibles dans l’architecture, qu’elle soit Lawa (ou Lua), Yong, Muang, chinoise ou même indienne ».

« Tous ces morceaux de moi que j’avais l’impression d’avoir perdus à chaque fois que, jeune garçon, je voyais une maison en train d’être démantelée, ont recommencé à être réparés. Tous les morceaux de ma vie reviennent, j’ai l’impression d’être reconstitué ».

Fruit de ce long travail, un livre présentant 101 maisons historiques de Sanpatong a déjà été publié (hélas qu’en thaï pour l’heure).

L’écrivain et collectionneuse d’art Janine Yasovant, installée à Chiang Mai, vous parle plus en détail de cet artiste sur Scene4 (c’est en anglais) : Art is the gentle force to connect things together.

L’artiste Roongroj Paimyossak (รุ่งโรจน์ เปี่ยมยศศักดิ์) : sa page Facebook
La Galerie d’Art de Sanpatong (หอศิลป์สันป่าตอง) : son emplacement et sa page Facebook (elle est généralement ouverte de 9h à 16h).


La maison Gen Kun, à Ban Pa Tan

Il est d’heureuses reconversions et celle-ci en fait partie. Les propriétaires d’une ancienne bâtisse en bois plus qu’octogénaire, Heuan Gen Kun, l’ont reconvertie : l’ancienne maison familiale est devenue un café-restaurant et, en même temps, un musée vivant. Ainsi, sur place, vous pourrez non seulement y manger une cuisine typique du nord mais également visiter la demeure, vous prendre en photo en habits d’époque ou encore participer à des ateliers, comme par exemple l’élaboration du célèbre muak kalo (หมวกกะโล่), chapeau de type colonial datant de l’époque Rama V.

Heuan Gen Kun (เฮือนเจ้นขุน) se trouve à Ban Pa Tan (San Kamphaeng), à 30 minutes de route à l’est de Chiang Mai, ici. Et c’est ouvert tous les jours de 10h à 19h. Voici leur page Facebook.

La chaîne de TV locale WeTV a consacré un reportage à ce lieu, de même que quelques photos, un reportage qu’on vous offre ci-dessous :


Trois livres indispensables

Oui, indispensables ouvrages, pour qui se passionne pour l’architecture des maisons du nord thaïlandais s’entend. Le premier, complément incontournable à toute visite du musée des maisons traditionnelles du Lanna, a été publié en 2014 par le Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, l’entité académique qui gère le musée. Lanna House and Way of Life a été écrit par Thapanee Kruaraya (et traduit en anglais par Somporn Varnado).

Après une brève introduction sur le peuple du Lanna, sa religion, sa culture et sa cuisine, on entre dans le vif du sujet avec les caractéristiques des maisons traditionnelles du Lanna. Suit la présentation des maisons telle que reproduite ci-dessous. Un livre très instructif avec moult photos, explications, plans et dessins. Vous devriez pouvoir le trouver et l’acquérir au musée même.

Plus récent, édité par deux facultés de l’Université de Chiang Mai (CMU), la faculté d’architecture et celle des beaux-arts, Architecture of Lanna commémore le 720e anniversaire de la ville de Chiang Mai. Ne l’ayant point feuilleté, on ne peut vous en dire plus.

Dernier livre de référence, Architecture of Thailand: A Guide to Tradition and Contemporary Forms, par Brian Mertens et le même auteur thaïlandais que l’ouvrage précédent. C’est là un beau livre qui embrasse un thème plus vaste, celui de l’architecture siamoise dans son ensemble. Toutes les caractéristiques importantes de la culture thaïlandaise qui en façonne son habitat sont ici évoquées : ses racines agraires, sa religion et sa monarchie, son riche mélange d’influences étrangères sont incarnées dans les bâtiments. Par conséquent, ce livre met également en lumière la tradition et l’histoire thaïlandaises. Un texte vivant et des centaines de photographies et d’illustrations explorent l’architecture des maisons indigènes de Thaïlande, de la modeste mais charmante hutte de campagne tissée de bambou au splendide manoir en teck construit sur pilotis. L’architecture religieuse n’est pas oubliée. Les variations stylistiques régionales sont également présentées. Des chapitres sont consacrés au Grand Palais, aux éléments et à l’ornementation des palais et des temples, ainsi qu’à l’architecture façonnée par les immigrants et par la tradition étrangère. Certains sujets sont peu traités ailleurs : l’architecture islamique de la Thaïlande, les shophouses, le jardin de bonsaïs de style siamois, les murs et les portes de la cour, de même que les ornements tels que la mosaïque de verre. Pour amateur éclairé (ou alors pour le devenir). Vous pouvez acquérir l’ouvrage, en anglais, chez votre libraire préféré ou encore sur Amazon.


Les maisons du musée en détail

Comme promis, voici la présentation détaillée des maisons exposées au musée des maisons traditionnelles du Lanna1.

Maison coloniale Heuan Lung Que

Heuan Lung Que est une maison de style colonial, construite en 1922. C’est un des premiers exemples de ce type de maison à cette époque. Les maisons de style colonial à Chiang Mai ont d’abord été construites par des étrangers travaillant avec des sociétés de commerce ou d’exploitation forestière en Thaïlande et en Birmanie. Parmi les premières adaptations, citons la véranda couverte et les grandes portes et fenêtres pour une meilleure ventilation. Ce style est devenu populaire plus tard parmi les aristocrates et les nobles.

Située à l’entrée du site, le plan de cette maison est de forme rectangulaire. L’entrée de la maison se trouve au centre du bâtiment. La première pièce à l’entrée de la maison est un grand hall avec une cheminée sur un côté. L’escalier qui mène au premier étage se trouve également dans ce hall, ce qui est peu fréquent dans les maisons de style traditionnel du Lanna. Le plafond du rez-de-chaussée est relativement haut pour faciliter la ventilation. Le plafond du premier étage n’est pas aussi haut et donne accès au toit. La véranda est entièrement couverte, ce qui permet de l’utiliser pendant la journée et d’éloigner la pluie et le soleil du compartiment principal.

Contexte historique. Le propriétaire de la maison était M. Arthur Lionel Queripel, un commerçant britannique travaillant pour la Bombay-Burma Trading Company. La maison a été construite en 1922 par un architecte birman du nom de Mong Chan. La Thaïlande a été occupée par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, de l’invasion de 1941 jusqu’en 1945, période pendant laquelle M. Queripel et sa femme Dokchan ont été contraints de quitter la maison. Après le décès de son proprétaire en 1946 à Bangkok, la famille Queripel est retournée vivre dans la maison jusqu’à ce qu’elle soit expropriée par le gouvernement, faisant partie intégrante de l’Université de Chiang Mai (CMU) en 1963. Détails de cette maison.


Maison des habitants de la ville de Chiang Mai – Heaun Phaya Pong Lang Ka

Heaun Phaya Pong Lang Ka est un excellent exemple de maison appartenant à une famille de haut statut social. Le style de la maison entourée d’eau, que l’on trouve typiquement en ville de Chiang Mai, ressemble aux anciennes maisons traditionnelles kalae.

La maison a été construite en hauteur et se compose de deux compartiments, chacun avec son propre toit et ses pignons, mais partageant la même plateforme. Une gouttière en bois faite d’une seule longueur de rondins passe entre les deux toits de tuiles. Le plus grand compartiment est le lieu de couchage, tandis que le plus petit sert de cuisine. Une grande véranda à l’avant de la maison est reliée à la terrasse. On suppose que le mur en bois de la maison a été construit plus tard pour séparer les chambres et la véranda.

Comme pour une maison kalae, sa construction est composée de piliers et de poutres pour en supporter le poids. La structure du toit est la même que dans une maison kalae mais il n’y a pas de kalae (un morceau de bois sculpté qui s’étend du haut des pignons). Aucun ham-yon n’a été trouvé comme linteau sculpté sur les portes des chambres à coucher. Les fenêtres sont assez peu nombreuses, mais il y a des panneaux coulissants à de nombreux endroits qui assurent une ventilation supplémentaire.

Contexte historique. Heaun Phaya Pong Lang Ka a été construite à l’origine dans la ville de Chiang Mai, entourée d’eau, en 1896, l’année même où la ville de Chiang Mai célébrait son 600e anniversaire, par Phaya Pong Lang Ka et sa femme Kham Moon. Les descendants de Phaya Pong Lang Ka, la famille Waneesorn, ont fait don de la maison à l’université de Chiang Mai en 2004. Son déménagement a été soutenu par la Fondation Chumbhot-Pantip. Détails de cette maison (avec une vidéo).

La maison kalae (en thaï : เรือนกาแล) est un style architectural du nord de la Thaïlande, une région qui s’appelait autrefois le Lan Na. La maison est composée de deux compartiments partageant la même plateforme. Elle doit son nom aux sculptures décoratives en bois qui dépassent du sommet des pignons, caractéristiques propres aux maisons traditionnelles du nord thaïlandais. C’est là une combinaison des résidences traditionnelles des groupes ethniques Lanna, Tai Lue, Tai Khoen et Tai Yong. Les influences de ces peuples rendent les maisons diverses en termes de style, de plan, de décoration, de fonctions et des éléments mêmes de la maison.
Le mot kalae a la même racine que le mot ka-lang, qui signifie un croisement ou un chevauchement. Kalae fait référence à la crémaillère en bois sculpté fixée aux pignons de la maison. La crémaillère en bois est prolongée pour former un V au sommet de la planche faîtière. La crémaillère allongée mesure 0,5 mètre de long. Les kalae sont remarquables pour leurs gravures, le point central. Les deux côtés du support de gravure sont généralement des oiseaux. Cependant, d’autres motifs peuvent être gravés. Le kalae était le cadre conçu pour maintenir le toit ensemble car le toit était autrefois construit à partir de feuilles de bananier. Plus tard, lorsque le matériau de construction s’est transformé en tuiles d’argile, le kalae est devenu un élément décoratif.
Les maisons kalae indiquent le statut du propriétaire et symbolisent sa fortune. À chaque partie de la maison ses fonctions.
Plusieurs générations partageaient le même toit. Le quotidien des Thaïlandais du nord est souvent basé sur des croyances superstitieuses. Il en va de même pour leurs constructions, dépendant également du climat, de la direction du vent, des matériaux disponibles localement.
L’orientation de la maison est calculée en fonction du soleil, le fronton du toit étant toujours orienté vers le sud ou le nord. Ces maisons ne sont plus aussi courantes qu’autrefois, des constructions plus modernes ayant fait leur apparition.

Vous en saurez plus grâce à Wikipédia (en anglais), source de ces indications
Maison kalae – Heaun Oui Paad

Heaun Oui Paad. Les maisons kalae ont souvent des compartiments jumeaux. Les faîtages parallèles sont généralement orientés selon l’axe nord-sud. Les extrémités des deux toits sont reliées par une gouttière en bois.

Les deux compartiments partagent généralement la même plate-forme qui s’étend de l’avant de la maison à l’arrière. Le plus grand compartiment est la zone de couchage, tandis que le plus petit est destiné à la cuisine. La salle de bain est généralement construite à l’écart de la maison. La véranda avant sert d’espace de travail et de repos pendant la journée. La nuit, elle est utilisée par tous les hommes du ménage comme lieu de couchage. Cette véranda avant comporte une petite cloison, qui est le prolongement du mur en bois de la chambre à coucher, appelée fha lap nang. Cette cloison est destinée à préserver l’intimité des jeunes filles qui travaillent dans la véranda pendant la journée.

En montant l’escalier de l’avant de la maison, la première véranda qui est séparée de la véranda principale est appelée shan hom. On trouve souvent sur cette véranda une petite étagère en bois pour l’eau potable dans un bocal en terre cuite. De nombreuses maisons ont également un stand d’eau potable similaire près de la porte d’entrée, offrant de l’eau potable aux voyageurs et aux gens de passage.

Il n’y a pas de plafond sous le toit, de sorte que la chaleur se disperse rapidement à partir de la zone de service. À ce niveau du plafond, une étagère en bois ou en bambou appelée kwan offre un espace de rangement supplémentaire. Au sommet des échasses se trouvent les kua yan, des supports qui aident à renforcer la structure du toit et servent également de point d’appui pour les travaux sur les tuiles. Le mur de la zone de couchage qui s’étend jusqu’au toit est appelé hnab toen. Au-dessus de la porte de la chambre à coucher, il y a un linteau décoratif remarquable appelé hum yon. Un poteau situé à côté de l’escalier d’entrée s’appelle sao laeng mah, l’endroit habituel pour attacher les chiens qui gardent la maison.

Cette maison Kalae est construite à partir de poteaux et de poutres en teck. Les six paires de poteaux ont été lattées en forme octogonale. Ces poteaux supportent le poids de toute la maison. Les quatre murs s’inclinent vers l’extérieur au lieu de se redresser, afin d’augmenter l’espace pour les étagères à l’intérieur de la pièce. La caractéristique la plus remarquable d’une maison kalae est la présence de sculptures décoratives en bois ou kalae au sommet des pignons.

Contexte historique. Comme son nom l’indique, cette maison kalae appartenait autrefois à Oui Paad (grand-mère Paad), habitant Chomtong, au sud de Chiang Mai. On estime l’âge de la demeure a environ 80 ans. Entièrement en bois et d’une dimension de 7 mètres sur 12, la maison est considérée comme assez compacte. Cependant, la maison est surélevée de 48 pilotis, ce qui est un nombre inhabituellement élevé de pilotis pour une maison de cette taille. En décembre 2011, cette maison était considérée comme étant en bon état en raison des travaux de réparation continus depuis qu’elle a été transférée au Centre pour la promotion des arts et de la culture en 1993. Détails de cette maison (avec une vidéo).

Maison kalae – Heaun Phaya Wong

Heaun Phaya Wong. Cette autre maison kalae est composée de deux compartiments principaux qui partagent la même plate-forme. Chaque compartiment a des toits à pignon séparés. Entre les deux toits à pignon, il y a une gouttière en bois ou hang lin. Le couloir de transition sous cette gouttière est appelé hom lin. Les deux compartiments servaient de dortoirs à la famille élargie de Phaya Wong. Il y a un petit compartiment séparé à l’arrière pour la cuisine. La salle de bain a été construite à l’écart de la maison. La véranda couverte à l’avant, ou toen, est dotée d’une cloison en bois qui part du mur, appelée fah lab nang, pour donner un peu d’intimité aux femmes qui l’occupent pendant la journée. Elle a été très bien construite et n’a pratiquement pas été clouée. L’espace sous le pignon est haut sans plafond sous la structure du toit. Ceci afin de faciliter la circulation de l’air à travers le toit. Au lieu d’un plafond, il y a une étagère en bois ou un kwan pour stocker des objets tels que des nam ton (récipients d’eau en terre cuite). Au niveau du plafond, il y a également un kua yan pour donner des points d’appui lors de la réparation du toit.

La zone de couchage est séparée de la véranda avant par un mur continu allant du sol à la pointe du pignon appelé nab toen. Les portes des chambres peuvent être verrouillées de l’intérieur par un loquet appelé saew. Au-dessus de la porte de la chambre à coucher, il y a un linteau décoratif remarquable appelé hum yon. Sous la porte, il y a un seuil en bois, ou khom tu.

Le plancher est constitué d’une bande de planches larges et épaisses appelée pan tong. Ces planches, qui sont soutenues par un poteau à mi-portée appelé sao pok, aident à stabiliser la structure du plancher. Comme elles sont distinctes des planches normales, elles servent également de chemin solide pour marcher pendant la nuit car elles font moins de bruit. Le système de poteaux et de poutres de cette maison kalae est construit en bois de teck. Les poteaux ont été taillés en forme octogonale. Chaque compartiment principal et la terrasse avant utilisaient six paires de poteaux – à l’exception des poteaux du milieu. Les poteaux de soutien des murs sont traversés par des poutres appelées waeng qui soutiennent les solives qui, à leur tour, soutiennent les planches de bois. Sur les pignons avant et arrière, il y a des poteaux au milieu du pignon qui supportent la poutre supérieure appelée pae jong. Au sommet des poteaux qui ne supportent pas les pignons, on trouve des tang yo (chevrons du pignon supportant un système de tuiles).

L’angle du toit est d’environ 45 degrés pour permettre l’évacuation rapide des eaux de pluie. Le bord prolongé du toit est soutenu au niveau des poteaux par un solide yang kam. Sous les murs avant et arrière des pignons, il y a des ngab, des toits allongés pour protéger l’avant et l’arrière de la maison contre la pluie et le soleil. Le mur pignon est normalement constitué d’un panneau de bois composite appelé fa ta pa. Les murs avant et arrière du pignon sont à angle droit avec le sol, tandis que les murs sont inclinés vers l’extérieur pour créer des espaces supplémentaires à l’intérieur de la maison. Cette disposition des murs inclinés permet également de soutenir la structure du toit. Le mur est fait de planches de bois verticales appelées pan lan, avec des lattes couvrant les espaces entre les planches.

La maison est grande et surélevée par rapport au sol sur des pilotis pour obtenir une légèreté de forme et de belles proportions. À travers une forme nette et cohérente, la relation entre la masse, les plans et les espaces intérieurs et extérieurs fait toute la beauté de cette maison kalae.

Contexte historique. Cette maison appartenait à l’origine à Phaya Wong, un descendant d’une des familles aristocratiques de Lamphun qui vivait dans le district de Pasang, à Lamphun. La maison a été construite par son beau-fils, Phaya Ud, également chef d’un autre sous-district de Pasang vers 1890. La maison a été utilisée par la famille pendant trois générations avant d’être vendue, puis démantelée et reconstruite dans le temple de Suwanavihara à Lamphun. La maison a ensuite été vendue à M. Harry Wong puis offerte à l’Université de Chiang Mai en 1998 par la Fondation du Dr Winit-Khunying Pannee Winitnayapak qui a également soutenu sa reconstruction. Détails de cette maison (avec une vidéo).


Maison Tai Lüe – Heaun Mon Tood ou Heaun Oui Tood

Heaun Mon Tood ou Heaun Oui Tood est considéré comme une maison en bois de taille moyenne. Tout comme une maison kalae, cette maison Tai Lüe comporte deux compartiments avec une large véranda à l’avant. La terrasse, agrémentée d’une petite étagère en bois pour un pot en terre cuite d’eau potable, est reliée à la véranda. Le plus grand compartiment sert de zone de couchage, tandis que le plus petit sert de cuisine. Il n’y a pas de salle de bain dans la maison.

Entièrement construite en bois de teck et avec des dimensions de 7 mètres sur 12, la maison est considérée comme assez compacte. Cependant, la maison a été surélevée de 48 pilotis par rapport au sol, ce qui est un nombre inhabituellement élevé pour une maison de cette taille. Les poteaux sont en forme d’octogone et ont été perforés afin de supporter des poutres pour supporter le poids. Au niveau du plafond, il y a des kua yan ou entretoises qui aident à renforcer la structure du toit et servent également de point d’appui lors des travaux sur les tuiles du toit. Il n’y a pas de linteau décoratif (hum yon) au-dessus de la porte de la chambre à coucher,

Contexte historique. Oui Tood ou Mon Tood (arrière grand-mère Tood) était un descendant Tai Lüe vivant dans le district de Doi Saket, à l’est de Chiang Mai. La maison a été construite en 1917 par son mari, Por Noi Luang, à partir de bois collecté dans de nombreuses vieilles maisons alentour. Ajarn Sirichai Narumitrekhakan a acquis la maison mais le déménagement n’a commencé qu’après le décès de Mon Tood, à l’âge de 107 ans, deux ans plus tard. Le déplacement de l’édifice au Centre pour la promotion des arts et de la culture en 1993 a été soutenu par la Fondation Chumbhot-Pantip. Détails de cette maison (avec une vidéo).


Maison du nord thaïlandais – Heaun Oui Kaew

Heaun Oui Kaew. Cette maison de style traditionnel Lanna a été construite après la Seconde Guerre mondiale, principalement en bois dur. Elle a des pignons jumeaux avec une gouttière (ou hom lin) reliant l’extrémité des toits entre les deux pignon; l’avant et l’arrière de la maison sont reliés par une véranda. La structure et la disposition des maisons de cette période ont été héritées des maisons traditionnelles du Lanna, comme la hutte en bambou ou la maison tub mai bau et kalae. Une différence notable est l’escalier qui ne mène plus directement à l’avant de la maison. La terrasse n’a que la moitié de la largeur de la maison et est fermée par des cloisons en bois pour plus de sécurité.

La Heaun Oui Kaew mesure 7 mètres de large sur 10 mètres de long et n’est surélevée que d’un mètre par rapport au sol, ce qui la fait paraître assez petite. La construction est composée de piliers et de poutres pour supporter le poids de la maison. Des clous ont été utilisés afin d’accélérer le processus de construction. Un mur coulissant ou fha lai, très populaire à cette époque, a été utilisé à de nombreux endroits pour faciliter la ventilation. En utilisant des tuiles de ciment plus grandes, la pente du toit n’était donc pas si raide.

Contexte historique. Heaun Oui Kaew a été construite pendant la Seconde Guerre mondiale, juste à l’extérieur de la ville de Chiang Mai qui est entourée d’eau. Elle appartenait à Oui Kaew (grand-mère Kaew) et à Oui In (grand-mère In). Ajarn Vithi Phanichphant, avec le soutien de l’université Seika de Kyoto, au Japon, a acheté cette maison en 1987, avant qu’elle ne soit démolie. Oui In (grand-mère In) a déménagé dans une nouvelle maison mais Oui Kaew a choisi de continuer à vivre dans sa maison bien-aimée jusqu’à sa mort. La maison a été démontée et reconstruite au Centre pour la promotion des arts et de la culture de l’université de Chiang Mai en 1997. Détails de cette maison.


Maison populaire de Mae Taeng

Maison populaire de Mae Taeng. Adaptée du style des maisons traditionnelles, cette maison se compose de deux compartiments principaux avec des pignons jumeaux. Principalement faite de bois dur, elle est surélevée par rapport au sol grâce au système de poteaux et de poutres, avec des escaliers à l’avant et à l’arrière de la maison. Le toit en tuiles de terre cuite se prolonge à l’avant et couvre à la fois la véranda et la terrasse. La plate-forme de la chambre a été surélevée pour séparer la zone de couchage plus privée de la véranda.

Contexte historique. La maison a été construite en 1917 à Ban Pa Phai, Chor Lae, district de Mae Taeng, au nord de Chiang Mai. Elle a appartenu à Noi Ping et plus tard à Mme Kan Takham. La maison a été transférée, avec le soutien de la Fondation Chumbhot-Pantip, au Centre pour la promotion des arts et de la culture de l’Université de Chiang Mai en 2008. Détails de cette maison (avec vidéo).


Maison pan-ya – Heaun Anusarn Sunthorn

Heaun Anusarn Sunthorn.

Ici au nord, le style pan-ya3 a été influencé par le style colonial apporté par les missionnaires, les négociants en bois anglais et les gouverneurs de Bangkok. Ce style est une adaptation du style européen pour s’adapter aux conditions locales de chaleur et d’humidité. Grâce aux progrès technologiques, la coupe et le tournage sont devenus beaucoup plus faciles. Les poteaux, poutres et murs carrés étaient plus faciles à fabriquer et leurs surfaces plus lisses. Les clous, les écrous et les boulons étaient largement utilisés, ce qui permettait d’assembler rapidement des pièces de bois. L’aménagement de l’espace dans la maison est également inspiré du style européen. L’utilisation de meubles nécessite plus d’espace, c’est pourquoi le toit est large et couvre toute la surface de la plate-forme disponible. La véranda a été utilisée pour relier les pièces et servir également de zone de repos. La zone centrale de la maison remplit les principales fonctions.

Les maisons de style pan-ya ne mettent pas l’accent sur la décoration mais plutôt sur la simplicité. Cependant, des adaptations ultérieures ont ajouté quelques détails délicats comme des panneaux de bois perforés, adoucissant un brin le côté rude. Les piliers de style colonnade donnent également au style plus de légèreté.

Contexte historique. Luang Anusarn Sunthorn et sa femme Khamtieng ont construit cette maison pour leur fils, MD Yong Chutima, en 1924. Elle a été cédée par les descendants de Luang Anusarn Sunthorn au Centre pour la promotion des arts et de la culture en 2004. Là aussi, le transfert a été soutenu par la Fondation Chumbhot-Pantip. Détails de cette maison (avec vidéo).


Les greniers à riz (หลองข้าว, long khao)

Grenier à riz ou long khao, Sarapee

Long khao, Sarapee. Contexte historique. À l’origine, ce grenier à riz a été construit en 1907 par Por Toh et a ensuite été acheté par Por Muengjai Thongkamma de Ban Sanklang, dans le district de Sarapee, au sud de Chiang Mai. Le bâtiment de bois possède huit grands piliers, le compartiment de stockage au centre étant entouré d’un balcon sur tous les côtés. En 2008, le professeur Dr Hans-Jurgen Langholz et sa femme, Dr med. Dr phil. Agnes Langholz en ont fait un don à l’Université de Chiang Mai. En vous promenant dans la campagne de la province de Chiang Mai, vous pourrez voir de nombreux greniers à riz similaires.

Grenier à riz (long khao)

Bâtiments vernaculaires du Lanna, les greniers à riz étaient généralement fait de bois dur, gage de résistance et de durabilité. Habituellement, on utilisait le tronc entier comme poteaux pour les supports verticaux. Les poteaux sont légèrement inclinés vers l’intérieur pour mieux supporter les charges. Il y a des poutres appelées wang, des solives et des planchers en bois – la même structure que l’on trouve dans les maisons.

Il n’y a pas d’escalier; seule une échelle appelée kern est utilisée en cas de besoin. Les murs sont assemblés à partir de planches de bois verticales de l’intérieur sur des cadres en bois. Il n’y a pas de fenêtre, sauf une ouverture pour charger et décharger le riz. Les structures des murs sont similaires à celles que l’on trouve dans les maisons. Habituellement, ils étaient assemblés séparément sur le sol et mis en place après que toutes les autres parties de la maison aient été construites. Les panneaux muraux sont reliés par des boulons en bois. La structure du toit est également similaire à celle des maisons, avec un toit à un seul niveau. Cependant, ce grenier-ci a un toit à deux étages. L’étage supérieur présente une pente plus importante. L’étage inférieur a une pente plus faible avec des surplombs de tous les côtés, ce qui donne au toit un aspect délicat. Les tuiles d’origine étaient en argile ou en terre cuite (din kor), avec une décoration de type nga sur le pignon. On trouve encore ce style de grenier à grains dans les zones rurales du Lanna, notamment dans les districts de Sanpatong et de Mae Chaem.

Grenier à riz laohawat
Grenier à riz, Pasang (Nandakwang)

Cette grande grange à riz appartient à la lignée de la famille Nandakwang et était à l’origine située dans le district de Pasang, dans la province voisine de Lamphun. Les deux côtés de ce grenier à riz, à l’avant et à l’arrière, nah jua (la forme triangulaire sous le toit), sont décorés d’un motif de paon en bois raffiné. Les escaliers à l’avant et à l’arrière ont été adaptés de la structure originale de la grange à riz en y ajoutant un escalier permanent qui, à l’origine, utilisait l’échelle temporaire pour monter et descendre à chaque fois. En se basant sur son architecture originale, on estime que ce grenier à riz doit avoir entre 150 et 170 ans. Mme Sopa Muangkrajang (Nandakwang), propriétaire de l’édifice, en a fait don à l’université de Chiang Mai. Détails de cette maison.

C’est là la présentation détaillée de tous les bâtiments que vous pouvez admirer sur le site du musée des maisons traditionnelles du Lanna. Un musée dont nous vous conseillons vivement la visite.

In fine, prenez connaissance du regard d’un amoureux du Lanna, Jean de la Mainate, infatigable animateur du site Merveilleuse Chiang Maï. Il vous présente ce musée en deux parties, première et seconde partie, à son inimitable façon.


1 La source des informations publiées n’est autre que le site web du Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, Université de Chiang Mai (CMU).
2 Le restaurant Chocolate Factory s’est installé en juillet 2018 mais son exploitation n’a hélas pas fait long feu ! La maison même, cœur du centre commercial, est donc pour l’heure fermée.
3 Le style pan-ya est d’influence indo-malaise; il se caractérise par un toit en croupe (type de toiture qui, côté pignon, est triangulaire en un ou deux pans inclinés dont un est un triangle et l’autre un trapèze).
4 C’est là un article original du magazine anglophone Citylife : Spotlighting the classic homes of Sanpatong

Source de l’image à la une : affiche recadrée de l’édition 2018 © Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, CMU. Article composé le 28.11.2019 mis à jour le 05.12.2020.

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