9 août 2019 – Journée internationale des Populations autochtones du monde

Vous l’apprendrez sans nul doute aujourd’hui : les Nations Unies ont déclaré cette année 2019 Année internationale des Langues autochtones. Qui plus est, le 9 août correspond à la Journée internationale des Populations autochtones du monde. Belle occasion pour les diverses minorités ethniques de faire entendre leur voix. Et pour vous d’assister à une rencontre exceptionnelle avec les membres de ces minorités, nombreuses dans le nord thaïlandais. Les festivités durent trois jours et commencent le jeudi 8 août 2019 à Chiang Mai.

On vous parle ici de cette Journée internationale, en vous livrant le programme de la fête. Vous en saurez plus sur la problématique de ces peuples, souvent bafoués. Et l’on vous dévoile un rituel méconnu qui perdure chez les Karen. L’on termine notre article par une brève présentation des minorités ethniques présentes ici au nord de la Thaïlande, en vous disant où en rencontrer autour de Chiang Mai.


9 août – Journée internationale des Populations autochtones du monde

Il est des journées qui accaparent les médias et aimantent les commerçants (prenez la Saint-Valentin en guise d’exemple). La journée dont il est question ici n’en fait pas partie, hélas, trois fois hélas. Les Journées internationales – voire mondiales – servent parfois à mettre en avant des problématiques complexes – certes moins populaires mais non moins importantes. Et cette Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde – célébrée le 9 août de chaque année – en fait indubitablement partie.

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© IMN Voices – ทักษ์ดนัย & บัวลอย

Le Nord thaïlandais est l’épicentre des minorités ethniques¹ – souvent venues du Nord – présentes dans le royaume : Karen, Shan, Lahu, Lisu, Hmong, Mien, Akha, Tai (dont les Tai Lüe que nous apprécions), pour ne citer que ces quelques minorités (en photo ici; pour en savoir plus sur les minorités ethniques, lisez donc notre article sur le Festival de la Vie Tribale). Nous ne pouvions donc passer sous silence cette commémoration d’autant que nous défendons, autant que faire se peut, ces peuplades aux droits souvent bafoués. La modernisation rapide de la Thaïlande va bien souvent à l’encontre des besoins de ces populations, par exemple en ce qui concerne la gestion forestière. Il s’agit aussi pour elles de préserver leur identité, leur langue et leur culture à travers la transmission de leur mode de vie aux générations futures, un mode de vie qui encourage une gestion efficace des ressources naturelles dans le pays. Cette transmission se fait par exemple à travers des réseaux éducatifs.

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones.

 Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 2

IndigenousPeoplesDay2018CoverBhumibol(2017)Les membres des minorités ethniques profitent de cette Journée internationale pour organiser leur Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande. En 2017, la 3e édition de cette assemblée s’était tenue ici à Chiang Mai, réunissant pas moins de 38 groupes autochtones; elle coïncidait avec le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C’est là un échelon important dans la reconnaissance des droits des minorités ethniques présentes dans tous les pays, a fortiori s’agissant des peuples premiers. Entre autres thèmes qui ont été évoqués, les défis et l’avenir des peuples autochtones en Thaïlande. Selon le Département du bien-être et du développement social, la Thaïlande compte 3’429 villages de « tribus montagnardes » totalisant une population de 923’257 personnes. Et 2017 marquait une date historique pour les ethnies minoritaires : leur reconnaissance par le gouvernement central thaïlandais ! Si vous désirez en savoir plus, Alain et Bernard font un rapide survol des  « populations montagnardes » du nord-ouest de la Thaïlande. Des populations dont le quotidien s’est amélioré grâce notamment à la Fondation du Projet Royal créée par feu le roi Bhumibol le Grand. Un roi qui a beaucoup œuvré à l’intégration des minorités ethniques au sein de la nation thaïlandaise, tout en préservant leurs spécificités culturelles.


Assemblée Nationale 2019 du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande

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Cette année, la 4e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande est organisée du 8 au 10 août 2019 à l’Université Mae Jo, au nord de Chiang Mai (มหาวิทยาลัยแม่โจ้), ici. Elle a pour thème : « La langue maternelle, notre langue, une langue du monde » (en thaï : ภาษาแม่ ภาษาเรา ภาษาโลก).

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© Facebook – Sroi SeamLai

Les groupes ethniques présents dans le nord de la Thaïlande conservent encore leur identité linguistique, part intégrante de leur patrimoine culturel. Par ailleurs, ils jouent un rôle important dans la gestion durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement en Thaïlande. Cet événement fait partie d’une campagne plus générale pour que la société thaïlandaise reconnaisse et accepte l’identité et les droits des diverses minorités ethniques, composante du pays. La politique n’est donc pas oubliée puisque l’assemblée a pour but d’élaborer des mécanismes décisionnels, en plus d’être un forum politique pour peser sur les lois touchant aux minorités ethniques. Une manifestation qui vise à promouvoir le vivre ensemble dans une société multiculturelle et pacifique.

Ce sont plus de 1000 participants d’horizons divers qui sont attendus durant cette manifestation, représentant plus de 30 tribus indigènes. Un espace d’échange de connaissances et d’expériences afin de résoudre leurs problèmes communs. Où le partage désintéressé est bel et bien présent, à l’image de cette cérémonie de bénédiction durant l’événement de l’année dernière. C’est là un événement soutenu par diverses organisations dont l’Union Européenne. Le programme, sur trois jours, comprend de nombreuses activités dont des séminaires, colloques et débats pour le plaidoyer et la promotion des droits des peuples autochtones en Thaïlande. Et cette année, des activités d’apprentissage des langues tribales. Le Conseil des peuples autochtones de Thaïlande se réunit à cette occasion (CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand). La Journée internationale du 9 août sera bien entendu célébrée. Il y aura également un concours de photographie, des expositions sur les coutumes autochtones, un marché des produits de ces communautés, des concerts et des spectacles folkloriques, de même qu’un défilé de mode.


Programme 2019 de l’événement

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© IMN Voices – สังคม

Étonnamment, le musée Tribal de Chiang Mai ne semble pas convié à la fête ! Quoi qu’il en soit, nous vous invitons vivement à vous déplacer du côté de San Sai, siège de l’université Mae Jo, dont la faculté d’agriculture est connue au niveau national. On vous livre ci-dessous l’extrait du programme complet, soit les principaux événements qui pourront vous intéresser en tant que touriste ou du moins en tant qu’étranger à ces ethnies.

JEUDI 8 AOÛT 2019 :

  •  13h : cérémonie d’ouverture avec des spectacles culturels des membres des minorités ethniques.
  • 14h puis à 15h : show des jeunes pousses (TKN Award).
  • 17h : démonstrations culinaires vous permettant de manger les spécialités des tribus.
  • Et de 18h à 21h30 : spectacle folklorique des 30 minorités ethniques. Une soirée qui vous permettra de découvrir la culture des minorités ethniques qui peuplent la Thaïlande, plus particulièrement le Nord.

VENDREDI 9 AOÛT 2019 (c’est la Journée internationale des Populations autochtones du monde à proprement dite) :

  • De 9h à 9h15 : représentation théâtrale reflétant l’importance de la langue maternelle.
  • 9h15 : débat académique Parler une langue autochtone – Relier le mode de vie local au monde. Avec des représentants des minorités ethniques, de l’Unesco, de l’ambassade américaine en Thaïlande et des professeurs d’université.
  • 10h : activité « Échanger du riz contre du poisson » (khao leak pla). Il s’agit de mettre en avant le système du troc traditionnel, sans monnaie, qui est bénéfique pour la communauté. Exemple ici avec une personne qui dispose de beaucoup de riz et en échange une partie contre du poisson.
  • De 13h à 15h30  : forum académique Identité tribale et mode de vie Karen – Promotion et conservation des modes de vie ethniques. Avec, entre autres, des représentants tribaux, dont le président par intérim du CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand, de même que le directeur du Centre d’anthropologie Sirindhorn. Puis établissement des résolutions du Conseil qui seront présentées au gouvernement thaïlandais.
  • Et de 18h à 21h : divers spectacles assurés par les membres des minorités ethniques, avec un défilé de mode. Et là aussi une bien belle  soirée qui vous permettra de découvrir la culture de ces minorités.

SAMEDI 10 AOÛT 2019 (une journée qui ne vous concerne pas vraiment) :

  • De 9h à 16h : Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, en tant que tel. C’est la 4e Assemblée Nationale de ce Conseil. Il va de soi que, contrairement aux deux jours précédents, cette journée est réservée aux seuls membres du Conseil.

En parallèle et durant les trois jours de la manifestation, vous pourrez profiter d’expositions et autres ateliers :

  • une exposition artistique;
  • une exposition sur le développement des communautés des hauts plateaux (c’est comme cela que les Thaïlandais les nomment), notamment à travers l’agriculture durable, l’agriculture biologique et les petits domaines agricoles;
  • des ateliers sur les connaissances propres aux minorités ethniques, telles que les balançoires (une spécialité ludique appréciée des Akha), la teinture de tissus, la composition de livres fait main, la réalisation de bougies, etc.

Pour entrer en contact avec ces minorités, Lonely Planet a édité un petit dictionnaire de langues mais il est en anglais, le Phrasebook Hill Tribes. De quoi faciliter la première approche.

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© IMN Voices – ศรีเพชร & รศ.ดร.จิรวัฒน์

Suivez la manifestation sur cette page Facebook.

Mise à jour – Édition 2019. Vous pouvez retrouver cette édition en parcourant l’album-photo de CM Daily Update. Une édition retransmise en direct sur la page Facebook IMN Voices. En voici les vidéos des moments-clés :

Le magazine (publicitaire) anglophone Citylife a envoyé une stagiaire qui, au retour de sa journée, a composé cet article (en anglais donc). Et le témoignage apporté nous semble essentiel : l’image des minorités ethniques véhiculée par les médias thaïlandais – une image plutôt négative – doit impérativement évoluer afin que leurs conditions s’améliorent.


Organisation

La reconnaissance de leur statut par les autorités siamoises, la sensibilisation des gouvernements au niveau mondial, le soutien des ONG internationales, la révolution technologique (internet et autres réseaux sociaux), le soutien selon les principes du case management, ce sont là quelques-unes des raisons qui ont facilité l’autonomie des minorités ethniques qui n’hésitent plus à revendiquer leurs droits.

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Cet événement est soutenu par beaucoup d’associations et d’ONG, entre autres :

  • Le Réseau des Peuples Autochtones de Thaïlande (NIPTNetwork of Indigenous Peoples in Thailand, เครือข่ายชนเผ่าพื้นเมืองแห่งประเทศไทย en thaï), que vous retrouvez sur Facebook.
  • Le Réseau des médias autochtones (IMN Voices – Indigenous Media Network) qui dispose d’une page Facebook et d’un site web en thaï (la version anglaise est rachitique). C’est lui qui gère l’événement Facebook.
  • สมาคม IMPECT, une ONG qui déploie ses diverses activités en faveur des minorités ethniques dans la région du Nord. IMPECT est un acronyme signifiant éducation et culture des divers peuples de la montagne en Thaïlande. Cette ONG défend le développement durable des minorités ethniques; elle a été fondée et est composée entièrement par des représentants de groupes autochtones. IMPECT sur Facebook et sur le web (mais tout est en langue thaï).
  • Le réseau TKN-Ton-kla qui s’adresse aux enfants et à la jeunesse issus des minorités. Il est soutenu par la fondation suisse Pestalozzi (page Facebook et site web).
  • À l’occasion de cette Journée internationale, la Fondation inter-culturelle (CrCF – Cross Cultural Foundation) a créé d’intéressantes fiches d’information sur l’indigénéité dans le cadre d’un projet de recherche et d’actions contre la discrimination raciale en Thaïlande. Vous pouvez consulter ces fiches signalétiques en langues anglaise et thaï. C’est là une fondation militante qui se bat pour la défense des droits des minorités ethniques (page Facebook et site web).
  • La Fondation pour la linguistique appliquée (FAL – Foundation for Applied Linguistics) s’implique pour que les enfants des minorités ethniques présentes en Thaïlande puisse bénéficier d’une éducation dans leur langue maternelle, ce qui permet un apprentissage plus rapide et plus efficace. Elle fournit des méthodes et des conseils aux enseignants locaux (page Facebook et site web).
  • Diakonia Thailand, une ONG suédoise qui soutient les diverses minorités en prônant des valeurs chrétiennes (page Facebook et site web). Attention ! En la matière, le prosélytisme n’est jamais loin…

Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.

Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 11,

IndigenousPeoplesDay2018LogoONUChiang Mai abrite de nombreuses ONG – Organisations non gouvernementales venant en aide aux diverses minorités ethniques. Une guesthouse est même gérée de manière autonome par les membres de diverses communautés. Il s’agit de l’INA House, à côté du Pont de Fer, non loin du Night Bazaar. Par ailleurs, leur situation au niveau national est largement étudiée. À titre d’exemple, lisez le rapport (en anglais) de Micah F. Morton, chercheur au sein de l’ISEAS – Yusof Ishak Institute de Singapour, Le mouvement des peuples autochtones en Thaïlande s’étend. En français, vous avez cette étude-ci : Les politiques de gestion des minorités en Thaïlande.

Autre ONG, l’IWGIA – International Work Group for Indigenous Affairs, d’origine danoise, est une organisation mondiale de défense des droits humains qui se consacre à la promotion, à la protection et à la défense des droits des peuples autochtones. Elle édite un rapport annuel mondial sur leurs droits, The Indigenous World (Monde autochtone). Un rapport implacable. C’est Kittisak Rattanakrajangsri qui dresse la situation des minorités ethniques en Thaïlande. L’auteur est lui-même Mien du nord de la Thaïlande. Il travaille avec des communautés et des organisations autochtones depuis 1989. Il est actuellement secrétaire général de la Fondation des peuples autochtones pour l’éducation et l’environnement (IPF), basée ici à Chiang Mai. Vous pouvez lire son travail pour l’année 2017 (dès la page 352), l’année 2018 (dès la page 306) et l’année 2019 (dès la page 311). La situation actuelle de la Thaïlande est résumée ici.

Prenez donc le temps de connaître leur problématique à travers les quelques liens ci-dessus.


Et au niveau institutionnel

Les peuples autochtones sont représentés à l’ONU – Organisation des Nations Unies par l’Instance permanente sur les questions autochtones (IPQA) qui dispose d’un Secrétariat (SPFII). Un secrétariat qui ne met pas vraiment à jour la version française de son site web ! La page Facebook, en anglais, est en revanche bien vivante. Sachez que la Thaïlande a voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones en 2007. Wikipédia nous donne une brève explication sur cette Déclaration qui a rencontré beaucoup d’obstacles avant son adoption ! Mais à force de persévérance, les droits des peuples autochtones sont peu à peu reconnus. Et c’est ainsi que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les droits des peuples autochtones, proclamant cette année 2019 Année internationale des Langues autochtones (lire ci-dessous).

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), qui représente l’engagement du monde envers les idéaux universels de la dignité humaine, promeut et protège tous les droits de l’Homme. Les observations sur la Thaïlande sont disponibles sur cette page web. On vous invite à prendre connaissance plus spécifiquement de ce document (en anglais et qui date) résumant les droits des peuples indigènes en Thaïlande. Et plus généralement en Asie (un travail de recherche sous l’égide du BIT – Bureau International du Travail, ILO en anglais).

Les peuples autochtones ne sont pas oubliés par l’UNESCO – Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture mais l’UNESCO semble hélas oublier de mettre à jour son site web !

L’UNICEF – Fonds des Nations unies pour l’enfance avait mené une campagne de sensibilisation des adolescent(e)s issu(e)s de ces peuples.

Et enfin d’autres ONG qui défendent les droits de ces peuplades, entre autres (là, tout ou presque est en anglais et/ou en thaï, obvie) :

Vous pouvez encore visionner le reportage qu’avait consacré ThaiPBS à l’Assemblée de l’année 2015. De notre côté, nous parlons – principalement sur notre page Facebook et à chaque fois que nous en avons l’occasion – des différents événements organisés par ces communautés très vivantes ici à Chiang Mai et alentour. Puisse cette Journée internationale sensibiliser le monde à la problématique vécue par les minorités ethniques, où qu’elles se trouvent, afin que leur culture soit préservée.


Les membres des minorités, souvent bafoués

C’est hélas bien souvent une constante : les membres des minorités ethniques, bien peu respectés en Thaïlande, voient leurs droits souvent bafoués. Ainsi du jeune Ja Jue, tué par un officier de police à Huai Khrai alors qu’il se déplaçait en motocycle. Un événement tragique qui a poussé les habitants du coin à manifester pour demander plus d’équité. Alors que personne ne l’a vu avec une arme, les villageois affirment que son corps a été déplacé et qu’une arme a été déposée a posteriori ! Il semble qu’il soit totalement étranger à un quelconque trafic de drogue. Les manifestants ont demandé :

  1. Que le policier responsable du drame quitte immédiatement la zone.
  2. Que l’enquête soit menée par des personnes neutres.
  3. Que les témoins et la famille de la victime bénéficient d’une protection adéquate.

Autre exemple au Myanmar voisin avec la situation des Karen, victimes d’une guerre civile qui ne dit pas son nom. Le film documentaire Like we don’t exist (Comme si nous n’existions pas), relate leur témoignage, dramatique et émouvant. En voici la bande-annonce :

Une pensée en cette journée particulière pour ces peuples aux droits souvent bafoués ne leur fera pas de mal !


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À la rencontre des Karen avec Loolu Tour

Rencontrer des minorités

Les minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais sont une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai – Mae Hong Song – Mae Sariang – Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. En dehors des festivités régulières où les minorités sont présentes – cette Journée internationale des Peuples autochtones, le Festival de la Vie Tribale ou encore la  Lanna Expo et autres manifestations permettant par exemple d’admirer leur folklore – l’on peut aller à la rencontre des tribus ailleurs qu’au musée Tribal de Chiang Mai. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. À titre d’exemple, les Karen s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.


La cérémonie du bracelet, une tradition Karen

Il est important que la culture des minorités ethniques puisse être transmise aux générations futures. À titre d’exemple, nous vous dévoilons une tradition qui perdure chez le peuple Karen : durant le 9e mois de chaque année, les anciens nouent autour du poignet des jeunes un bracelet en coton, une cérémonie qui donne lieu à de réjouissantes festivités. Au Myanmar voisin – appelé précédemment la Birmanie et d’où viennent et vivent beaucoup de Karen – cette cérémonie est appelée la Fête du Bracelet blanc (en thaï : งานผูกข้อมือเดือนเก้า, qui signifie « cérémonie du poignet le 9mois »).

Ce rituel – réunissant l’ensemble de la communauté – crée un lien entre les générations afin de rappeler aux plus jeunes qu’ils doivent en permanence penser et chérir leurs parents et toute personne s’occupant d’eux (les enseignants par exemple). Selon la croyance Karen, le bracelet noué au poignet apporte une protection aussi bien physique que spirituelle. Ce sont des cérémonies qui se déroulent généralement dans les temples bouddhistes, en présence des moines. Les Karen chrétiens ne la pratiquent donc pas. Y sont préparées des victuailles traditionnelles : riz gluant, riz bouilli, collations aux fruits… Chants et danses agrémentent la fête, de même que des jeux collectifs. Il s’agit de promouvoir l’harmonie au sein de la famille et de la communauté entière. C’est aussi et surtout une occasion pour les jeunes de trouver leur tendre moitié…

CérémonieBraceletKaren2019PhotoHugMungNeuaMontage

Crédit photo : Michael Minn Minn © Facebook – @HugMungneua

On vous livre ici quelques lieux et dates où vous pourrez observer ce rituel2 :

  • Dimanche 04.08.2019 : au sanctuaire Chao Pho Suea, à Bang Khae (Bangkok); au temple Chai Mongkhon, à Pak Nam (Bangkok), au marché Saphan Mai, Soi Phahonyothin 96/7 (Bangkok).
  • Dimanche 11.08.2019 : dans le quartier Bang Chalong, à Samut Prakan; dans le quartier Rangsit, à Bangkok.
  • Lundi 12.08.2019 : Sukawadee, à Pattaya, au temple Phloen Phet, district de Sam Phran, à Nakhon Pathom; au temple Rabat Thong, district de Pak Tho, à Ratchaburi.
  • Dimanche 18.08.2019 : au temple Phraayasuren, Ramintra Road 109, à Bangkok et au marché Simummuang, à Pathum Thani (Bangkok), le plus grand marché maraîcher du royaume.
  • Dimanche 25.08.2019 : au Wat Nakhon In, à Nonthaburi et au temple Tha Sao, quartier de Krathum Baen, à Samut Sakhon.

2019 – Année internationale des Langues autochtones

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© Facebook – @IYIL2019

  • 7 000 langues parlées dont 2 680 en danger
  • 370 millions de personnes
  • 90 pays
  • 5 000 cultures autochtones différentes

Voilà ce que représentent les langues autochtones dans le monde ! Des langues qui jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne des individus, non seulement en tant qu’outil de communication, d’éducation, d’intégration sociale et de développement, mais également comme gardiennes de l’identité et de l’histoire culturelle, des traditions et souvenirs propres à chacun. Pourtant, malgré leur valeur inestimable, les langues du monde entier continuent de disparaître à un rythme alarmant. Après l’Année internationale des langues, célébrée en l’an 2008, c’est dans cet esprit que les Nations Unies ont déclaré 2019 Année des Langues autochtones (#IY2019) afin de sensibiliser le public à celles-ci, non seulement pour que ce soit profitable aux personnes qui parlent ces langues, mais également pour que les autres puissent apprécier leur importante contribution à la riche diversité culturelle de notre monde.

Quand tu bois de l’eau, pense à la source (proverbe chinois)

L’IYIL2019 fait la promotion des langues autochtones dans cinq domaines clés :

  1. Accroître la compréhension, la réconciliation et la coopération internationale.
  2. Créer les conditions favorables au partage des connaissances et à la diffusion des bonnes pratiques concernant les langues autochtones.
  3. Intégrer des langues autochtones dans l’élaboration des normes.
  4. Autonomiser les personnes impliquées par le renforcement des capacités.
  5. Élaborer de nouvelles connaissances pour promouvoir la croissance et le développement.

Restez donc au courant des nombreuses actions entreprises tout au long de cette année 2019 – proclamée Année internationale des Langues autochtones – grâce au site web et à la page Facebook officiels (et les francophones sont gâtées puisque presque tout est traduit dans notre chère langue). Par ailleurs, l’édition 2019-1 du Courrier de l’Unesco (périodique téléchargeable gratuitement) passe en revue les problématiques liées aux langues et savoirs autochtones.

Celles et ceux attendant une nouvelle édition du Festival de la Vie Tribale devront prendre leur mal en patience (la dernière a eu lieu le 15 août 2018) ! Pour l’heure, aucune date d’une prochaine édition ne nous a encore été communiquée. C’est, là aussi, une bien belle façon de rencontrer des minorités ethniques.


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande3

On termine avec une brève présentation des minorités ethniques du nord de la Thaïlande que les anglophones appellent hill tribes, les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire du sud de la Chine, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits).

À l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et les non-Thaïs (environ 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande dont on parle ici. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée tribal). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement.

On se quitte avec cette ancienne bande-annonce (hélas, le site de nouvelles The North องศาเหนือ, sis à Chiang Mai, n’a assumé  aucun direct cette année ni produit un quelconque reportage) :


En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ Les minorités ethniques présentes au nord de la Thaïlande ne sont pas à proprement parler des autochtones, ce terme signifiant « originaire du lieu (pays, contrée, région, par affaiblissement ville, village) où il habite et que ses ancêtres ont également habité ». Elles sont en effet arrivées après l’envahisseur thaï. Elles profitent cependant de cette Journée internationale des Peuples autochtones afin de sensibiliser la population et de revendiquer leurs droits, à juste titre.
2 Source de cette information : @HugMungneua.
3 On reproduit ici le texte déjà publié dans notre article sur le Festival de la Vie Tribale.

#IYIL2019

Crédit photographique de l’image à la Une (que nous remercions vivement) : BangkokBlue (Blue Johnson). Mise à jour le 17.08.2019.

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