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La splendeur du Temple Blanc de Chiang Rai magnifiée par un festival nocturne

Si vous avez prévu de visiter Chiang Rai en cette fin d’année 2019, vous allez être gâté. Pour la première fois, son fameux Temple Blanc pourra être visité en soirée, le tout animé par un fabuleux spectacle son & lumière. Ainsi, l’horloge au centre-ville ne sera plus la seule attraction colorée des nuits de la Ville majeure, nom littéral de la cité (เชียงราย).

De notre point de vue et indépendamment du show qui ravit ses premiers spectateurs, cette animation nocturne aura le mérite de vous faire passer la nuit sur place et donc de prolonger votre séjour à Chiang Rai, une ville – et surtout une province – qui le mérite amplement. On vous résume ici tout ce qu’il faut savoir de la Wat Rong Khun Light Fest, avec un témoignage d’une des première spectatrices. Non sans vous donner les informations utiles pour visiter cette attraction en journée. En terminant par quelques autres conseils de visite.

Il n’y aura hélas pas de festival durant l’année 2020, pandémie du Covid-19 oblige ! Mais peut-être que l’attraction nocturne organisée au parc non loin y palliera : le Village Illuminé du parc Singha.

En revanche, les traditionnels Festivals de Fleurs ont bel et bien lieu à Chiang Rai, du 25 décembre 2020 au 10 janvier 2021. Tous les détails sur la publication de notre page Facebook.

Le Temple Blanc

C’est sans aucun doute l’attraction touristique phare de Chiang Rai, ville du nord thaïlandais endormie au bord de la rivière Kok. Le Temple Blanc – c’est là son surnom – est visité par plus de 2 millions de touristes alors que le chef-lieu de la province éponyme ne compte qu’environ 70 000 habitants. Impossible de rater ce site monumental avant d’arriver dans la ville à proprement dite par la route 118.

S’il est un adjectif dont on peut affubler le Temple Blanc, c’est bien celui d’hétérodoxe ! Le Wat Rong Khun – son nom officiel en thaï (วัดร่องขุ่น) – ne ressemble à aucun autre temple. Il se singularise d’abord par sa blancheur immaculée. Son symbolisme, dérivé des traditions bouddhistes et hindoues, intègre des sources pour le moins étonnantes : il y a certes – et sans surprise – des statues du Bouddha mais vous y trouverez également représentés, entre autres, Superman, Batman, et autre Néo (The Matrix) ! Enfin, bien que nommé temple bouddhiste, il ne remplit pas sa fonction première de monastère puisque, à notre connaissance, aucun moine n’y demeure (pour l’heure) ! Nous sommes plus proche de l’attraction touristique « bouddhiste » que du monastère abritant des moines recherchant l’illumination. Notez que l’enseignement du bouddhisme (et donc la méditation) se déroule dans des bâtiments attenants qui ne sont pas destinés à être visités par les touristes.

« Seule la mort peut arrêter mon rêve, mais pas mon projet »

Chalermchai Kositpipat, concepteur du Temple Blanc

Le temple est le fruit d’un projet un peu fou né dans l’esprit d’un artiste local, Chalermchai Kositpipat (เฉลิมชัย โฆษิตพิพัฒน์), à lui seul un vrai personnage !

À travers cette offrande au Bouddha, il désirait honorer son roi bien-aimé, feu Bhumibol le Grand. Grâce à des dons et surtout à la vente de ses œuvres artistiques, des œuvres que vous pouvez acquérir sur place, il a construit ce qui est devenu le site le plus connu de Chiang Rai, ouvert il y a 22 ans. C’est là sa façon d’accumuler des mérites1.

Fidèles à notre habitude, nous préférons que vous découvriez le site par vous-même, sans vous en dévoiler tout le contenu. Et croyez-nous, le complexe fourmille de mille détails, les uns plus étonnants que les autres. Sachez toutefois que le Temple Blanc est composé de quatre éléments principaux :

  • Le Pont du cycle des renaissances est le passage obligé qui inaugure la visite;
  • La Porte du Ciel est gardée par deux créatures représentant la mort et Rahu (divinité hindoue qui décide du sort des morts).
  • L’ubosot : c’est le bâtiment principal, entièrement blanc;
  • Le bâtiment couleur or où vous attendent… les toilettes ! Et nous vous invitons vivement à y entrer, même en l’absence de besoins.

Quelle est la symbolique de ces divers éléments ? Contentons-nous de vous dévoiler que l’édifice doré représente le corps, tandis que l’ubosot blanc représente l’esprit. L’or symbolise la façon dont les gens se concentrent sur les désirs et l’argent du monde. Ainsi, outre l’action de faire du mérite1, il s’agit de dompter son esprit – à travers la méditation – et d’abandonner ses possessions matérielles. Au surplus, RenownTravel vous donne plus d’explications sur la symbolique du lieu que vous pouvez admirer dans cette superbe vidéo.

Le site n’est point achevé puisqu’en tout, neuf bâtiments sont prévus. Vous pouvez d’ailleurs profiter d’un romantique pavillon doré récemment achevé dans la partie sud du complexe. Espérons qu’aucun nouveau désastre ne se produise, comme cela a été le cas le 5 mai 2014 où un puissant tremblement de terre a quelque peu endommagé la structure (nous avons ressenti la secousse jusqu’à Chiang Mai, c’est vous dire sa puissance).

Le temple peut se visiter tous les jours à l’exception de quelques fermetures exceptionnelles. Telle la sortie du personnel ou les funérailles de la mère de l’artiste. Précisons encore que certains, une minorité, verront là l’expression d’un mauvais goût, d’une esthétique inauthentique et surchargée… À vous de vous forger votre propre opinion.

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INFOS PRATIQUES
Wat Rong Khun (วัดร่องขุ่น) – Le Temple Blanc de Chiang Rai
Ouvert tous les jours de 8h à 17h (samedi et dimanche, jusqu’à 17h30).
Prix d’entrée : THB 100.- par personne (adulte comme enfant); gratuit pour les Thaïlandais.
Les bus Greenbus venant de Chiang Mai peuvent vous y déposer. Et sinon, la meilleure liaison sur place est assurée par les récents Chiang Mai City Bus (THB 20.- la course dans des bus modernes; liaison toutes les 20 minutes, de 6h à 23h30). Sans parler des minibus ouverts que vous pouvez héler au bord de la route.
Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement (le site web n’est pour l’heure plus fonctionnel).

Si vous êtes à Chiang Mai et désirez découvrir l’essentiel de Chiang Rai en une journée, Temple Blanc compris, la solution de l’aller-retour en groupe (minivan) peut alors être envisagée. Découvrez ici une offre à seulement THB 1’100.- proposée par notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour.


Wat Rong Khun Light Fest

Le Temple Blanc a pour habitude de fermer à la tombée de la nuit, laissant ainsi place aux ténèbres qui repoussent les touristes. Jusqu’à maintenant, peu étaient ceux qui restaient en fin de journée pour admirer le temple auréolé d’un magnifique coucher de soleil. Mais il en ira différemment un mois durant en cette fin d’année 2019… Pour la première fois de son histoire, le site s’offre en écrin à un spectacle son & lumière qui le magnifiera.

La date est connue depuis des mois : du 22 novembre au 22 décembre 2019. C’est sous le concept « L’illumination du Temple Blanc » – inspiré par le travail artistique de Chalermchai Kositpipat – qu’est organisée la Wat Rong Khun Light Fest. Il s’agit d’un spectacle qui dure 60 minutes, donné quotidiennement à deux reprises (à 18h30 et à 20h30, durant la nuit donc) à 1 000 spectateurs privilégiés. Précisons que le ticket du spectacle n’inclue pas la visite du temple en journée.

Un spectacle qui ne pourra que vous éblouir. Les organisateurs s’en sont donné les moyens : avec un budget supérieur à 100 millions de bahts thaïlandais, ce sont plus de 100 projecteurs laser – utilisant les dernières techniques de projection 3D – qui sublimiseront les différents éléments architecturaux du Wat Rong Khun. Sans tout vous dévoiler, sachez qu’il y aura une belle projection sur un rideau d’eau. Celles et ceux déjà émerveillés par le Temple Blanc en tant que tel et qui assisteront à ce spectacle n’en seront que plus émerveillés encore. En revanche, les sceptiques estimant l’attraction un brin kitsch risquent de voir leur sentiment renforcé…

Quoi qu’il en soit, le magazine américain Special Event considère le prestataire, Index Creative Village (actif dans les pays de l’ASEAN), comme la 7e meilleure société d’événements créatifs au monde. C’est donc une expérience immersive à 360 degrés qui vous est proposée, avec des techniques de réalité virtuelle qui enrichissent davantage l’expériences vécue par les spectateurs. Le spectacle animera six endroits différents :
1. Le chemin vers le ciel
2. Les péchés
3. L’astrologie
4. Illumination
5. Le cercle de la vie et
6. Le Temple Blanc commence…

On précisera encore que le bénéfice de l’événement sera versé à l’hôpital Prachanukrohe, qui se situe en ville de Chiang Rai.

Comme le nom officiel du festival d’un mois est Wat Rong Khun Light Fest, Begins et que le succès populaire semble au rendez-vous, parions sur une nouvelle édition l’année prochaine…

On reproduit ici le témoignage de Mélaine, une de nos fidèles lectrices, qui a assisté à l’une des premières représentations et que nous remercions : Voici un petit feedback de mon expérience des illuminations du Temple Blanc. L’entrée se trouve au niveau du parking (pas la même qu’en journée). Ne louper pas la petite exposition qui se trouve sur la droite du couloir d’entrée. Le combiné « repas buffet » n’est, selon moi, pas nécessaire (si vous avez des tickets pour 20h30, vous n’avez que jusque 19h00 pour manger… et vous ne pouvez pas venir avant 18h00). N’allez surtout pas vous asseoir directement, en réalité si votre ticket d’entrée est celui de 20h30, vous avez jusque 21h30 pour profiter du parc, du temple blanc, des 6 points d’exposition en show son & lumière. Cela fait partie intégrante du spectacle, ne courrez donc pas prendre votre siège. Les gradins se situent dans le fond du parc à droite. Prévoyez un pull! il fait vite frais. Enjoy! 🙂

INFOS PRATIQUES
Wat Rong Khun Light Fest
Du 22 novembre au 22 décembre 2019; spectacle à 18h30 et 20h30.
Ticket à THB 400.- (normal) et THB 1’000.- (VIP); ajoutez THB 150.- pour le repas facultatif (buffet). Achat des billets sur Thai Ticket Major. Les billets peuvent s’acheter au guichet du temple, de 9h à 16h puis au guichet installé sur le parking, derrière le temple, de 17h à 18h. Vous pouvez également en acquérir en vous rendant dans tous les guichets de la poste thaïlandaise, dans les cinémas Major Cineplex, dans les magasins Tesco Lotus et Big C.
Page Facebook, événement FB, site web, Instagram et YouTube.


Liaison Chiang Rai - Chiang Mai

En dehors de la liaison directe par bus, d’autres variantes existent pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai, que ce soit par le joli lac de Phayao ou bien encore en descendant la rivière Kok depuis Thaton. On vous dit tout dans cet article.

Et puisque vous êtes à Chiang Rai…

Vous l’aurez compris, on vous conseille bien entendu de visiter le temple en journée et, en sus, d’assister au spectacle de nuit, non sans profiter également des magnifiques couchers de soleil qu’offre le site peu avant 18h. C’est donc deux tickets qu’il vous faudra acquérir.

Un festival qui suit de peu un autre événement survenu dans la province de Chiang Rai, commémoratif celui-ci : l’ouverture de ce qui est devenu le Tham Luang–Khun Nam Nang Non (Forest) National Park (วนอุทยานถ้ำหลวง-ขุนน้ำนางนอน). C’est précisément là que 12 enfants faisant partie d’une équipe de foot, accompagnés de leur coach, ont fait l’objet d’une mission de sauvetage sans précédent afin de les sortir de la grotte Tham Luang. La zone a été rouverte au public le 1er novembre dernier, transformée en attraction touristique. Rappelons tout de même qu’un héroïque sauveteur y a laissé sa vie. L’aventure des Sangliers sauvages a fait l’objet d’un premier film, produit par Netflix, The Cave, sorti officiellement en Thaïlande.

Si vous vous rendez à Chiang Rai du 27 novembre au 1er décembre 2019, vous pourrez combiner ce festival du Temple Blanc avec une autre fête, organisée non loin, la Farm Fest on the Hill. Elle se déroule au très beau Singha Park (สิงห์ปาร์คเชียงราย). Une occasion de voir Chiang Rai de haut puisqu’il y aura là une magnifique attraction : les montgolfières de Balloon Adventure. Conjugué à la visite de la cascade Khun Korn, plus à l’ouest, le tout vous remplira merveilleusement la journée (et donc la soirée aussi). Un festival reconduit cette année 2020 : il aura lieu du 25 au 29 novembre 2020 (bande-annonce et programme).

Autre événement hivernal non loin de là, à moins de 10 minutes du Temple Blanc, proche du parc Singha, ici, le Sunday Craft Market, autrement dit le marché artisanal du dimanche qu’organise, du 24 novembre au 22 décembre 2019, de 14h à 21h, le café Garden 232.

Et dès le 4 décembre 2019, c’est la fête au Doi Tung, une montagne sise dans la province de Chiang Rai, là où a été implanté un important projet de la Fondation Mae Fah Luang, sous patronage royal. La famille est à la fête jusqu’au début de l’année 2563 (qui correspond à notre année 2020). Une belle occasion de rencontrer des membres de la minorité ethnique des Akha.

Notez que 5 décembre est un jour particulier en Thaïlande, férié : il correspond à la date de naissance du défunt roi Bhumibol le Grand, un jour férié maintenu où est célébrée la Fête des Pères. Voici la contribution artistique de Chalermchai Kositpipat pour ce jour du souvenir. Et si vous serez à Chiang Rai du 12 au 15 décembre 2019, vous croiserez peut-être sur la route les cyclistes du The Tour of Chiangrai

À Chiang Rai, le Temple Blanc fait partie d’une trinité qu’un touriste se doit d’honorer : la fameuse Maison Noire (officiellement le musée Baan Dam (พิพิธภัณฑ์บ้านดำ) de feu l’artiste Thawan Duchanee) et le Temple Bleu (Wat Rong Suea Ten, วัดร่องเสือเต้น) qui s’ajoutent donc à cet iconique Temple Blanc. Et, comme les Trois Mousquetaires, les incontournables sont maintenant quatre : aux trois sites précités, ajoutez l’étonnant Wat Huay Pla Kang (วัดห้วยปลากั้ง), un temple d’inspiration taïwanaise, avec son imposante pagode et sa non moins imposante statue de Guan Yin, divinité chinoise (le pendant du bodhisattva Avalokiteshvara).

Nous concentrant sur Chiang Mai, nous n’avons point encore pris le temps de vous donner nos conseils de visite à Chiang Rai mais nous le ferons bientôt, promis… Cependant, l’occasion est trop belle pour ne pas vous faire profiter de suite d’un travail de qualité de l’Office du tourisme thaïlandais. L’ouvrage Journey of Thai Gastronomy (en anglais dans le texte) est une véritable mine d’or pour celui qui a le temps de flâner en Thaïlande, et notamment dans la province de Chiang Rai (dès la page 8).

Vous y apprendrez qu’en plus du riz, l’ananas, le thé et le café, de même les fleurs du cotonnier rouge font partie de la production agricole locale. Vous saurez tout du khao ram fuen, du kha mu man to, du khao phat sapparot ou encore du khanom chin nam ngiao ! Et surtout, vous saurez où goûter ces spécialités du nord. Les auteurs vous indiquent par ailleurs 5 attractions qui rempliront sans autres une journée supplémentaire dans cette province. Pour ne rien gâcher, le livre s’attarde sur quatorze autres destinations dans les diverses parties du royaume. Un travail de qualité, vous disions-nous !

Journey of Thai Gastronomy – Consultable gratuitement sur Issuu.

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Un festival de fleurs en guise de consolation

Vous ne pouvez assister au festival du Temple Blanc, arrivant peu après à Chiang Rai ? Peut-être alors qu’un festival de fleurs vous consolera. Bien que la Fête des Fleurs de Chiang Mai soit la plus connue (la prochaine édition se tiendra du 5 au 7 février 2021), sa ville-sœur Chiang Rai organise elle aussi un festival de fleurs ô combien coloré. Un rendez-vous devenu traditionnel en fin d’année. Et encore devons-nous mettre un « s » à festivals puisque pas moins de deux festivals de fleurs se chevauchent en cette fin d’année !

Le 16e Festival des Fleurs de Chiang Rai (เชียงรายดอกไม้งาม เทศบาลนครเชียงราย) aura lieu du 27 décembre 2019 au 19 janvier 2020, de 7h à 22h. Il est organisé en ville, au parc Tung & Kom (สวนตุง). Nous devrions vous en reparler sur notre page Facebook Chiang Mai De-ci De-là, en vous donnant le programme plus précis (il y aura des concerts et une belle parade). Sachez d’ores et déjà qu’indépendamment du festival, le parc continuera d’être animé les samedis et dimanches, et ce jusqu’au 15 févier 2020 ! En attendant, voici déjà la page Facebook officielle du festival.

Cette fête sera précédée du Festival des Fleurs de Chiang Rai 2019 – auquel les organisateurs accolent l’acronyme ASEAN, ce qui donne ceci en thaï : มหกรรมไม้ดอกอาเซียนเชียงราย 2019. Organisé sur les rives de la rivière Kok, rive gauche, au parc floral Mae Kok (สวนไม้งามริมน้ำกก – ศูนย์ราชการฝั่งหมิ่น), il débutera deux jours avant, soit le 25 décembre 2019 pour se clore le 12 janvier 2020.

Là aussi, nous devrions vous en reparler sur notre page Facebook Chiang Mai De-ci De-là. Voici déjà le site web et la page Facebook officiels de ce second festival. Ce sera là une bien originale façon de fêter Noël en Thaïlande !

Terminons ces rendez-vous festifs par un événement religieux propre au pays Lanna : l’attente nocturne de Phra Upakut, un moine né de la semence du Bouddha et censé revenir à minuit, portant chance à celle ou celui qui le rencontrera… Rendez-vous vous est donné à Chiang Rai le soir du 10 décembre 2019. Cette étonnante cérémonie qui voit défiler de nombreux moines se déroule en bien d’autres lieux du nord thaïlandais, à commencer par Chiang Mai. Vous avez tous les détails dans notre article Les apparitions nocturnes de Phra Upakut.

Vous êtes à Chiang Mai ? Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai (et ne pas confondre ces deux villes) ? Notre article vous dit tout de la liaison entre ces deux villes et des différentes variantes possibles.

Un article de Chiang Mai De-ci De-là

Ce florilège festif devrait vous convaincre de visiter le nord thaïlandais durant la saison fraîche, le pays Lanna, riche culturellement, ayant beaucoup à vous offrir.

NOS ARTICLES SUR CHIANG RAI, LA PETITE SŒUR DE CHIANG MAI :

▶︎ Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai
▶︎ La splendeur du Temple Blanc (magnifiée par un festival nocturne)
▶︎ Le parc Singha et sa Balloon Fiesta, le Festival des Montgolfières
▶︎ Festivités du Songkran au nord de la Thaïlande (où l’on aime l’eau)
▶︎ Triangle d’Or. Dormir à la belle étoile sous une bulle, au pied des éléphants
▶︎ Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité fêté à Chiang Rai


1 L’accumulation de mérites est une notion essentielle du bouddhisme Theravada, la religion implantée en Thaïlande. Sur cette importante notion de mérite, on vous renvoie aux explication érudites d’Odon Vallet, historien des religions, dans le paragraphe ad hoc de notre article Wat Ton Kwen à Chiang Mai. Offrande de riz et feu en l’honneur du Bouddha.

Sources rédactionnelles, en plus des sites officiels ad hoc : Wikipédia (version anglaise), HuffPost, TTR Weekly.
Source de l’image à la une. Sauf mention contraire, les images proviennent de la page Facebook du festival ou de celle du temple © Facebook
Article composé le 01.12.2019 et mis à jour le 02.01.2021

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Les guerriers chinois envahissent Bangkok !

Ailleurs en Thaïlande. C’est l’une des découvertes archéologiques majeures de ces dernières décennies : les soldats en terre cuite de Qin Shi Huang. Pour les admirer, vous devrez vous rendre à Xi’an, capitale du Shaanxi, en Chine donc. Mais la mansuétude des autorités chinoises vous permet de profiter d’une partie de cette extraordinaire richesse historique : une exposition est organisée du 15 septembre au 15 décembre 2019 à Bangkok. Qin Shi Huang, premier empereur de Chine et les guerriers de terre cuite, tel est son nom. Elle se déroule au Musée National de Bangkok, trois mois durant. On vous la présente aujourd’hui.


Une première en Thaïlande

© Facebook – กลุ่มเผยแพร่ฯ กรมศิลปากร

Au même titre que la diplomatie du panda ou que l’essaimage des instituts Confucius, le prêt de pièces archéologiques – d’une valeur inestimable – fait partie des pratiques de soft power de la Chine, une nation qui s’impose de plus en plus dans le monde. Plusieurs pays ont déjà exposé ces soldats mais c’est la première fois que la Thaïlande les accueille pour une exposition de trois mois. On aurait tort de se priver face au caractère exceptionnel de cette exposition – le site original fait d’ailleurs partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Une exposition où vous pourrez admirer non seulement ces guerriers, sculptures funéraires grandeur nature représentant les armées de l’empereur Qin Shi Huang, vieilles de plus de 2 000 ans. Selon Qian Jikui, directeur adjoint de l’administration du patrimoine culturel du Shaanxi, qui s’est exprimé lors de la cérémonie d’ouverture, l’exposition présente 86 objets provenant de 14 musées de cette province. Un événement organisé conjointement par le département des Beaux-Arts de Thaïlande, le ministère de la Culture et donc l’administration du patrimoine culturel de la province chinoise du Shaanxi,

Ce n’est bien entendu pas l’armée entière qui est exposée puisque le site chinois ne compte pas moins de huit mille statues de soldats et chevaux en terre cuite. Mais les seules quatre statues en faïence exposées suffiront à ravir les amateurs d’histoire et autres archéologues en herbe. Des pièces déplacées avec beaucoup de précautions par les archéologues chinois. Une exposition qui comprend également des objets anciens de Chine : armes et autres armures, magnifique char en bronze, poterie, jade et talismans d’or, inscriptions (cf. la vidéo ci-dessous)… Des pièces qui démontrent le niveau extraordinaire de compétence des artisans polyvalents qui ont créé les soldats – tous différents – et leur milliers d’armes en bronze. Tout cela donne un aperçu de la vie et de l’œuvre de Qin Shi Huang, premier empereur, considéré comme l’unificateur de la Chine.

La fosse où ont été retrouvés les milliers de soldats et leur chevaux n’est qu’une partie du mausolée de l’empereur Qin. Selon l’historien chinois Sima Qian, la construction ce ce mausolée massif a commencé peu après l’accession au trône de Qin Shi Huang en 246 av. J.-C. Le projet, qui s’est étalé sur plusieurs décennies, a nécessité une main-d’œuvre de 700 000 hommes pour construire une nécropole souterraine massive semblable à celle de Xianyang, la capitale de la dynastie Qin.


Visiter l’exposition

L’exposition Qin Shi Huang, premier empereur de Chine et les guerriers de terre cuite comprend quatre zones :

  • Avant les Qin
  • L’Empire Qin : unification et naissance de la Chine
  • Armées en terre cuite : sa découverte et son mystère
  • L’empire prospère des Han

Une exposition organisée au Musée National de Bangkok, dans la salle du trône Siwamokkhaphiman, du 15 septembre au 15 décembre 2019. Le musée est ouvert du mercredi au dimanche, de 9h à 16h. Il vous en coûtera THB 200.- (à moins que vous êtes Thaïlandais, pour qui le prix chute à THB 30.- seulement). Vous pouvez visionner la cérémonie d’ouverture filmée par la chaîne NBT2. Ou vous contenter de cette brève bande-annonce :

Musée National de Bangkok (Phranakorn, พิธภัณฑสถานแห่งชาติ พระนคร)
Site web (dont l’accès peut être problématique)
Page Facebook
Museum Thailand vous donne toutes les indications pratiques pour s’y rendre
Emplacement


Une « re-découverte » exceptionnelle1

L’armée de terre cuite est découverte le 29 mars 1974 à l’est de Xi’an, capitale de la province du Shaanxi, par des fermiers en train de creuser un puits à 1,6 km à l’est de la tombe de Qin Shi Huang, dans une zone connue pour être riche en sources et rivières souterraines. Durant les siècles précédents, les autorités locales et divers érudits avaient déjà signalé à plusieurs reprises la découverte de fragments de statues de terre cuite et de divers éléments provenant de la nécropole de l’empereur, tels que des tuiles, des briques et des morceaux de maçonnerie. Lorsque les autorités comprennent l’importance de la découverte, des archéologues chinois sont envoyés sur place pour fouiller le site, ce qui leur permet de découvrir la plus grande concentration de statues en terre cuite jamais trouvée en Chine. Cette armée n’est qu’un des éléments d’une immense nécropole, bâtie à la gloire de Qin Shi Huang.


Un site alimentant les controverses

La « re-découverte » de ce site archéologique s’est déroulée à un moment charnière de l’histoire récente de la Chine, opportunément gonflée pour les besoins de la propagande communiste chinoise. Ils sont plusieurs – non archéologues – à remettre en question l’authenticité de cette découverte. C’est l’exemple le plus parlant de cet « empire de la poudre aux yeux » que décrit le journaliste français Jean Leclerc du Sablon, correspondant en Chine durant 30 ans, dans son livre éponyme. Le quotidien suisse Le Temps en a parlé.

Des controverses que des recherches récentes ont relancées : l’armée de terre cuite de l’empereur Qin ne serait pas l’œuvre d’artistes chinois ! Des découvertes dans le célèbre mausolée de l’empereur Qin suggèrent des influences étrangères et une passation de pouvoir sanglante suite à la mort du premier empereur de Chine… La suite dans le passionnant article du National Geographic.

Si cette exposition devait vous avoir titillé, pourquoi ne pas visiter le site original chinois de l’armée en terre cuite du mausolée de l’empereur Qin Shi Huang ? Le site archéologique est situé à 35 kilomètres au nord-est de Xi’an. Des vols aériens directs sont assurés depuis Bangkok – et même depuis Chiang Mai – notamment par des compagnies low cost.
Terres de Chine ou encore China Roads vous donnent les indications pratiques pour vous rendre sur place.

Les mordus liront avec intérêt Les soldats en terre cuite de Qin Shi Huang, un blog créé par quatre étudiantes françaises en archéologie. Il rassemble les ressources internet les plus pertinentes sur les soldats en terre cuite de l’empereur chinois Qin Shi Huang (259 av. J.-C.- 210 av. J.-C.). Un empereur obsédé par son immortalité et l’influence durable de son règne sur la culture chinoise.


D’autres soldats à Pattaya2

Affirmer que les soldats d’argile de Xi’an font leur première apparition au royaume de Thaïlande n’est pas tout à fait exact. Un endroit méconnu recèle une collection unique d’artefacts et d’antiquités chinoises d’une valeur inestimable. Il s’agit du Viharn Sien (Anek Kusala Sala en thaï), proche de Pattaya, la sulfureuse station balnéaire siamoise.

Le Viharn Sien – signifiant la Maison des Dieux – a été construit en 1987 pour le 60e anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej le Grand (ou Rama IX), père du roi régnant, Rama X. Le site, faisant partie du complexe du Wat Yansangwararam (un temple donc) est à la fois un musée et un lieu de culte chinois. Il s’agit d’un magnifique temple chinois au sud de Pattaya qui abrite une collection unique en son genre.

La véritable attraction se trouve donc à l’intérieur du Viharn Sien, bâtiment construit dans un élégant style chinois, affublé de plusieurs pavillons, à côté d’un beau lac. C’est l’un des meilleurs endroits d’Asie, en dehors de la Chine elle-même, pour admirer des antiquités et d’autres objets chinois, rares et inestimables. Vous avez là des figures mythologiques chinoises, deux énormes lions de Pékin en pierre, des poteries de plusieurs dynasties chinoises, dont la dynastie Shang, qui datent d’au moins 3 000 ans, des statues de 18 moines shaolin, monastère connu pour son art martial, des statues de 8 arhats en terre cuite (ce sont des disciples du Bouddha ayant eux aussi atteint l’illumination), de même qu’un grand nombre d’antiquités, de peintures, de statues et d’autres œuvres d’art précieuses.

Et parmi ces trésors, vous pourrez donc y admirer des guerriers en terre cuite avec leurs chevaux, des chars, ainsi qu’un trône d’or. Le tout provenant du mausolée de l’empereur Qin Shi. C’est l’un des rares endroits au monde où l’on peut voir cette armée en terre cuite de manière permanente (en dehors de la Chine, s’entend).

Si vous désirez vous rendre en cet endroit – et cela en vaut vraiment la peine – le site RenownTravel vous livre tous les détails. C’est ouvert tous les jours, de 8h à 17h. Attention : il est requis de vous habiller convenablement.


Et puisque l’on parle de Bangkok, on vous renvoie à nos autres articles évoquant la capitale siamoise :


1 Extrait de l’encyclopédie Wikipédia
2 On remercie ici Jean-Luc Barbier qui nous a signalé la présence de ces antiquités. Les informations proviennent du site RenownTravel.

Source de l’image à la une © ECNS
Sources éditoriales : China Internet Information Center, Time Out. et RenownTravel
Article mis à jour le 20.11.2019


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Feu Bhumibol le Grand – Trois ans déjà

C’est ce dimanche 13 octobre 2019 qu’a eu lieu la grande journée de commémoration en souvenir du défunt roi bien-aimé, Bhumibol Adulyadej le Grand1, un dimanche où le jaune était de rigueur. Depuis l’année 2017, le 13 octobre est devenu officiellement un jour férié en Thaïlande; il correspond à la date du décès de ce roi qui aura régné 70 ans durant. Comme en Thaïlande les jours fériés qui tombent sur le week-end se rattrapent le lundi, ce sont donc trois jours de congé d’affilée dont ont bénéficié beaucoup de Thaïlandais.

On revient brièvement sur ses funérailles tout en vous parlant des commémorations qui ont eu lieu tant à Chiang Mai qu’à Bangkok. Et l’on termine par un rappel de ce qu’est la dynastie Chakri, tout en vous donnant des conseils de lecture.

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© Facebook – SCB Thailand

Né le 5 décembre 1927 aux États-Unis et mort le 13 octobre 2016 à Bangkok, il y a trois ans donc, à près de 89 ans, Bhumibol le Grand, de son nom dynastique Rama IX, a été couronné en 1950. Il a régné de 1946 à 2016, soit plus de 70 ans ! C’est dire l’influence qu’il a pu avoir sur son peuple qui le vénérait; la plupart des Thaïlandais ne connaissait que ce roi-ci. Un billet commémoratif d’une valeur nominale de 70 bahts a même été émis naguère, une coupure devenue bien évidemment collector.

Ses funérailles royales, qui se sont déroulées du 25 au 29 octobre 2017, ont été historiques autant qu’émouvantes (relisez donc l’article que nous avions consacré à cette crémation royale ou visionnez ce documentaire poignant).

Bhumibol Photo Aekachai Wanson‎ Photo-cm Club

© Facebook – Aekachai Wanson (Photo-cm Club)

La période de deuil national, qui a duré plus d’un an, s’est achevée le 29 octobre 2017 (notre article). Formé en Suisse romande, Rama IX était non seulement francophone mais aussi francophile. À noter que dans le pays, on commémore également son anniversaire le 5 décembre (un jour qui marque encore la Fête des Pères).

C’est son fils, S.M. Maha Vajiralongkorn, désigné en 1972 héritier du trône, qui lui a succédé. Son couronnement a eu lieu le 4 mai de cette année 2019, juste après la présentation officielle de son épouse, la reine Suthida. Souverain constitutionnel, Sa Majesté le roi de Thaïlande est le chef de l’État et le protecteur des religions du royaume. Sous le regard maternel de Sa Majesté la reine douairière Sirikit qui, elle, est née un 12 août, journée où est également célébrée la Fête des Mères en Thaïlande.

L’émotion est encore vive dans toute la Thaïlande. Il suffit de s’être rendu à l’une ou l’autre des manifestations organisées dimanche dernier partout dans le royaume pour s’en convaincre. Impossible de toutes les mentionner, il y en a eu une myriade.


Commémorations à Chiang Mai

Considéré comme le “Père de la Nation”, le roi Bhumibol Adulyadej le Grand a laissé tout un pays orphelin. À Chiang Mai, le 3e anniversaire de sa disparition a été marqué officiellement dimanche 13 octobre 2019. Un hommage lui a été rendu en matinée à travers une cérémonie d’offrande aux moines (cela s’est déroulé au CMECC – Centre international d’expositions et de congrès, au nord de la ville, photos ici et ). Et durant la journée, des bénévoles ont procédé à des nettoyages de canaux. Mais l’événement commémoratif public le plus marquant a eu lieu en soirée, à la porte Thapae, épicentre touristique de la ville.

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Émouvante cérémonie nocturne aux chandelles sur la place Thapae © Facebook – PRD3

Toutes celles et tous ceux s’étant rendus au fameux marché piétonnier du dimanche soir ne pouvaient manquer la cérémonie officielle aux chandelles organisée sur la place. En plus des badauds, tous les fonctionnaires étaient convoqués; il y avait là plus de 10 000 personnes réunies par corps de métier ! Des participants qui sont restés silencieux 89 secondes durant, un cierge à la main (le roi étant mort à l’âge de 89 ans). Le jaune était de rigueur et gare à qui était habillé de noir ! Comme toujours en pareilles circonstances, l’émotion était palpable. L’événement a permis de prendre de remarquables clichés; reportages-photo de PR Chiang Mai, Chiang Mai Social News, Events Weekly News ou encore PRD3. Nous vous en avions parlé sur notre page Facebook.

D’autres institutions étatiques n’ont pas manqué de commémorer l’événement. À commencer par le parc Rajapruek (Royal Flora) et son exposition « En souvenir du roi Rama IX ». Un roi qui aimait à promouvoir une économie d’autosuffisance, l’agriculture étant au cœur de son action. Cette année, les habitants étaient invités à une cérémonie religieuse d’acquisition de mérites vendredi 11 octobre, en matinée : le jaune des dévots se mêlait à l’orange des moines. Jaune, le Royal Flora le restera tout le mois d’octobre à travers son parc floral qui peut être admiré par tout un chacun. En beaucoup d’autres endroits des fleurs jaunes ont été planté en souvenir du roi (clip vidéo).

Cérémonie plus discrète mais non moins émouvante à l’université Maejo, au nord de la ville. Autre cérémonie en mémoire du souverain au zoo de Chiang Mai : des offrandes aux moines en faisaient partie; une exposition en lien avec la sauvegarde de la faune vous y attend. Et comme à leur habitude, les centres commerciaux y vont aussi de leur hommage, en apprêtant un autel sur lequel les clients peuvent y faire leurs dévotions ou encore en organisant des offrandes aux moines.

Les temples royaux marquent eux aussi l’événement (il existe différentes classes de temples bouddhistes soutenus par la royauté). Tel le Wat Jed Yod, aux abords de la ville, sur la route pour se rendre au Doi Suthep (le Wat Jed Yod est un temple unique à Chiang Mai car d’inspiration hindoue). Ou encore du côté de Chom Thong, au sud-ouest (direction le Doi Inthanon, à 1h30 de route), avec son temple éponyme, le Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan. Cependant, cette année 2019, il était difficile de distinguer les cérémonies d’hommage au défunt roi des cérémonies bouddhistes liées à une importante fête marquant la fin de la retraite monastique bouddhique, ok phansa (ออกพรรษา) puisque toutes deux avaient lieu au même endroit le même jour (soit dimanche 13 octobre 2019).

Beaucoup d’autres cérémonies ont pu être observées au hasard de pérégrinations dans la Rose du Nord. Où bon nombre d’habitants était habillé de jaune.


Commémorations à Bangkok

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À Bangkok, les autorités actuelles au pied du défunt roi © Facebook – NationPhoto

Selon le programme officiel, à Bangkok, c’est le Premier ministre, le général Prayut Chan-o-cha, qui a mené la cérémonie d’aumônes à la mémoire du roi Bhumibol. À 6h45, le matin du 13 octobre 2019, accompagné de personnalités parmi lesquelles des responsables du gouvernement, 489 moines ont reçu les aumônes (photos et vidéo; l’année dernière ce n’étaient pas moins de 890 moines et novices qui ont reçu des offrandes, en souvenir des 89 ans de feu Bhumibol Adulyadej). A suivi une cérémonie de dépôt de couronnes à 8h30. Sa Majesté le roi Maha Vajiralongkorn, fils du défunt roi, a naturellement rendu hommage à feu son père à travers une cérémonie qui s’est déroulée au Grand Palais.

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Lueur d’espoir, celui d’un avenir meilleur © Facebook – Events Weekly News

En journée, ce sont des opérations de nettoyage des canaux qui ont occupé les bénévoles, toujours prêts à exécuter de bonnes actions en mémoire de feu le roi. La cérémonie officielle aux chandelles était fixée à 19h au Wat Thammaphirataram, dans le quartier de Dusit. Et là aussi, ce sont 89 secondes de silence qui ont été observées à la mémoire du roi Rama IX. Une série de spectacles musicaux a animé la soirée.

D’ailleurs, de l’aube au crépuscule, la grande place Sanam Luang était remplie de jaune. Une cérémonie aux chandelles – retransmise en direct – a illuminé l’espace dès 18h, en présence des autorités. Les habitants ont pu s’y rendre grâce aux navettes gratuites mises à disposition par la société de transport public. Les fonctionnaires n’étaient pas en reste; sur leur lieu de travail, nombreuses et nombreux ont rendu hommage comme par exemple le personnel de l’hôpital universitaire Siriraj. Une cérémonie agrémentée par la diffusion d’une chanson composée en 1971 par feu le roi : Le rêve impossible. Les paroles sont de Thanpuying Maneerat Bunnag (elles appellent les Thaïlandais à faire de grandes choses pour le royaume). L’hôpital Siriraj est lié à la famille régnante (lire notre article Deux dates où la médecine moderne thaïlandaise est célébrée).

C’est bien entendu tout le royaume qui rendait hommage ce jour là à Bhumibol le Grand (quelques événements répertoriés ici mais c’est bien sûr en thaï). Une véritable marée jaune humaine (et orange puisque les moines bouddhistes sont de la partie). Comme ici dans la province de Songkhla, en présence du Gouverneur. Et avouons qu’un wai appuyé effectué simultanément par autant de monde, à genoux, est acte impressionnant. Tout comme le Royal Flora à Chiang Mai, le complexe du Musée de l’Agriculture, sis à Pathum Thani, au nord de la capitale, se doit lui aussi de marquer l’événement. Ce sont trois jours de fête qu’il a organisés, du 12 au 14 octobre 2019, avec une exposition bien sûr mais aussi des animations musicales, y compris son émouvante cérémonie aux chandelles le soir du 13 octobre.

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Hommage du peuple thaïlandais (ici les infirmières de l’hôpital Siriraj) © Facebook – NationPhoto

Force est de constater que le peuple thaïlandais apprécie rendre hommage à son défunt roi. De même que certains farang comme par exemple Jack Brown, une personnalité populaires en Thaïlande. Notons encore que cette année, un nouveau navire de guerre a été baptisé du nom de Bhumibol.

Cette journée de commémoration est également l’occasion d’exhumer d’anciennes photographies (et quelques vidéos), notablement partagées sur les réseaux sociaux. Il faut dire que le bien-aimé Bhumibol aimait à parcourir son royaume, lui qui était à l’écoute des difficultés vécues par ses sujets.

Quand les artistes s’en mêlent

La contribution des artistes est aussi importante à cette occasion. Ainsi, l’année dernière, le 7e art était à l’honneur dans l’exposition Les Arts Suprêmes Thaïlandais du Règne du Roi Rama IX. Autre exposition qui avait eu lieu : The Artists of the 2 Reigns Exhibition; un événement artistique qui soulignait la transition familiale entre les deux premiers souverains thaïlandais de ce siècle (présentation vidéo). Ici au nord, un artiste de renom, Suwit Jaipom, initiateur de la galerie Art Bridge à Chiang Rai, avait composé un portrait au fusain du roi disparu; une œuvre exposée ensuite à Chiang Mai. On rappelle la contribution de 89 artistes visible dans ce musée virtuel, de même que le travail de deux artistes que nous apprécions : le peintre Jirapat Tatsanasomboon (2018 et 2019) et le danseur Ronnarong Khampha (hommage qui date de l’année dernière).

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Bhumibol, devenu une icône adorée © Facebook

Citons deux expositions qui se tiennent en ce moment, inaugurées le 13 octobre. Celle de la galerie d’art contemporain RCAC 84 (หอศิลป์ร่วมสมัยราชดำเนิน กรุงเทพฯ) intitulée นดวงใจนิรันดร์ | STILL ON MY MIND (Dans mon coeur pour toujours, présentée en vidéo). Et celle de la galerie N@Siam : Le Père ne s’en est pas allé (traduction libre de พ่อไม่ได้จากไปไหน, le père étant Bhumibol bien sûr, s’entend le Père de la Nation, dont l’esprit est toujours là).

Par ailleurs et toujours l’année dernière, un concours de photographie avait été organisé par l’APDA Thailand, soit l’Association asiatique pour le développement de la photographie; vous pouvez encore en voir le résultat avec le hashtag #KingRama9OfMemory. Rappelons ici la passion que vouait Bhumibol à la photographie. En matière musicale – le roi jouait du saxophone et a composé plusieurs pièces encore interprétées – des concerts ont été donnés en son honneur, hommages musicaux toujours émouvants, à l’image de celui de Boyd Kosiyabong ou encore celui-ci :

Les chancelleries du monde entier se sont fendues de leur communiqué rappelant les liens qui unissaient le monarque à leur pays respectif comme ici l’Ambassade de France. Et les entreprises privées de rappeler les réalisations de Bhumibol, lui qui a parcouru son pays de long en large, sensible aux difficultés quotidiennes vécues par ses sujets. Il est l’initiateur de nombreuses réalisations, la plus connue étant sans nul doute la Fondation du Projet Royal qui vient en aide aux minorités ethniques et, au-delà, aux communautés rurales, parents pauvres du spectaculaire développement économique de la Thaïlande (nous lui avons consacré un article complet). Voyez par exemple le diaporama de la banque SCB.

Retrouvez tous les articles que nous avons consacrés à Bhumibol le Grand sur cette page.


Rama, la dynastie régnante des Chakri2 !

Bhumibol Adulyadej était le 9e roi de Thaïlande issu de la dynastie actuellement régnante des Chakri, une dynastie fondée en 1782 qui prit la succession des rois d’Ayutthaya défaits par les Birmans. Cette date correspond à la fondation de Bangkok comme capitale du royaume. Les rois Chakri prirent le nom dynastique de « Rama ». Dix rois se sont pour l’heure succédé sur le trône. Le règne de Rama IX fut exceptionnellement long (plus de 70 ans donc). Résumons les 10 règnes :

  • Rama Ier – Chao Phraya Chakri, roi de 1782 à 1809 (27 ans de règne);
  • Rama II – Loet La, roi de 1809 à 1824 (14 ans de règne);
  • Rama III – Phra Nang Klao, roi de 1824 à 1851 (26 ans de règne);
  • Rama IV – Phra Chom Klao (appelé Mongkut), roi de 1851 à 1868 (17 ans de règne);
  • Rama V – Chulalongkorn, roi de 1868 à 1910 (42 ans de règne);
  • Rama VI – Vajiravudh (nommé aussi Mongkut Klao), roi de 1910 à 1925 (15 ans de règne);
  • Rama VII – Prajadhipok, (aussi appelé Pokklao), roi de 1925 à 1935, date de son abdication (9 ans de règne);
  • Rama VIII – Ananda Mahidol (qui n’est autre que le grand frère de Bhumibol; connu comme le Dr Chao Fah, il célébré chaque année le 9 juin), roi de 1945 à 1946 (1 an de règne effectif);
  • Rama IX – Bhumibol Adulyadej, roi de 1946 à 2016 (70 ans de règne);
  • Rama XMaha Vajiralongkorn, roi depuis le 1er décembre 2016 (couronné le 4 mai 2019).

Chakri Memorial Day HD Wallpapers

La dynastie Chakri (source)

DynastieChakriVénérés comme des demi-dieux par leurs sujets, les rois, de confession bouddhiste, sont eux aussi incinérés à leur décès, après de spectaculaires funérailles royales. Les cendres des neuf rois de cette dynastie reposent toutes dans un temple spécifique, à Bangkok-même ou aux alentours.

Vous pouvez bien entendu les visiter; leur dépôt se fait au pied d’un Bouddha (il vous suffira de demander sur place). En cliquant sur le nom du temple bouddhiste, vous le verrez sur Google Maps.

Retrouvez une photo de tous ces lieux royaux sur le blog de Richard Barrow.

Bhumibol Photo Marco Rugo

© Chiang Mai De-ci De-là


Pour aller plus loin

Celles et ceux désirant en savoir plus sur feu le roi Bhumibol Adulyadej pourront commencer par lire la fiche que lui consacre Wikipédia. La monarchie thaïlandaise est présente sur le web : site officiel, en anglais, quelque peu austère. Il y a également des pages Facebook panégyriques, à l’image de celles-ci : Following my King,  Nous aimons le roi Bhumibol Adulyadej le Grand – le roi Rama IX, La dynastie Chakri, Nous aimons la famille royale et Me love Praracha, ou encore le Centre d’information de la cérémonie de crémation du roi Bhumibol Adulyadej. Sans oublier ce musée virtuel : 89 years of King Rama IX.

On en profite pour vous rappeler que le père des rois Rama VIII (Ananda Mahidol) et Rama IX (Bhumibol Adulyadej), et donc le grand-père du roi actuel, Rama X, est célébré tous les 24 septembre en tant que Père de la médecine thaïlandaise moderne. Il s’agit du Prince Mahidol.

Les férus de lecture peuvent télécharger gratuitement Le roi Bhumibol. Force de la nation, un ouvrage illustré édité par le gouvernement thaïlandais en 2009. Et l’on vous invite également à plonger avec délice dans le livre Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne. Un ouvrage qui révèle pour la première fois les souvenirs professionnels de Cléon C. Séraïdaris, précepteur particulier de Leurs Majestés les rois Rama VIII et Rama IX durant leurs études en Suisse, qui resta pendant vingt-six ans au service de la Famille Royale. C’est pour répondre au vœu de S.M. le roi Bhumibol de faire connaître la carrière de son précepteur auprès de la famille royale en Suisse que le fils de ce dernier a publié cet ouvrage, quinze ans après la disparition de son père. Par discrétion et loyauté, Cléon C. Séraïdaris n’avait pas révélé ces épisodes historiques, estimant être astreint à un devoir de réserve. Ces pages n’auraient donc jamais vu le jour sans la suggestion du roi qui, lors d’une audience privée, encouragea l’auteur à éditer ce recueil (il en existe deux autres versions, en anglais et en langue thaï). Un témoignage unique, abondamment illustré de photographies et de documents issus des archives familiales de l’auteur, un point de vue intimiste et familial, une part de l’histoire du royaume de Thaïlande.

Autre ouvrage plus récent, celui de Marie-Sybille de Vienne, universitaire fine connaisseuse du sud-est asiatique (surtout son versant économique). Il s’intitule Thaïlande, une royauté bouddhique aux XXe et XXIe siècles. Vous y ferez connaissance des arcanes du pouvoir mis en place par Bhumibol, s’articulant autour du Conseil Privé, du Bureau des propriétés de la Couronne (CPB) et de la symbolique royale. Un système d’influence qu’assoit son fils, le roi régnant, S.M. Rama X, en continuant de moderniser cette royauté bouddhique de la dynastie Chakri. Une dynastie qui, pour l’heure, a su éviter la crise née de l’exceptionnelle durée du règne de son défunt père.

La mémoire du défunt monarque reste vive ici en Thaïlande; vous aurez sans nul doute constaté que ses portraits sont toujours présents, que ce soit dans les échoppes privées ou sur les places publiques, souvent accompagnant celui de son fils, le roi actuel Rama X dont les sujets attendent la procession des barges royales, un événement qui s’annonce d’ores et déjà grandiose et qui mettra officiellement fin aux cérémonies du couronnement. Initialement prévue le 24 octobre, elle a été repoussée au jeudi 12 décembre 2019…

En attendant, vous pouvez prendre connaissance de la brève analyse qu’a publiée le magazine en ligne Gavroche : Du roi Bhumibol au roi Vajiralongkorn, deux visions du monde. Elle émane de Philippe Bergues, spécialiste de géopolitique; il s’agit d’une tentative d’explication du rapport des monarques thaïlandais au reste du monde.

Retrouvez tous les articles que nous avons consacrés à Bhumibol le Grand sur cette page.

#Bhumibol #BhumibolAdulyadej #RamaIX #roi #royauté #Thaïlande


1 Selon le système général de transcription du thaï (RTGS), Bhumibol Adulyadej (en langue thaï : ภูมิพลอดุลยเดช) devrait s’écrire Phumiphon Adunyadet. Nous avons adopté ici la graphie la plus usitée.
2 Source : Wikipédia

Source de l’image à la Une © Facebook – NationPhoto. Article mis à jour le 22.10.2019.


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