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SIDA en Thaïlande🎗Un survol à l’occasion de sa Journée mondiale

Disparue des radars médiatiques ! Tel est le constat d’une triste épidémie qui sévit depuis des décennies maintenant. En cette année 2020, la pandémie de Covid-19 et ses répercussions ont monopolisé l’attention du monde entier. Éclipsant le SIDA, acronyme francophone du syndrome d’immunodéficience acquise. Et Bouddha sait que la Thaïlande échappe au premier fléau (le Covid-19) mais non pas au second (le SIDA), bien que le royaume fasse partie des bons élèves au niveau mondial en matière de prévention et de soins. C’est dire que la Journée mondiale de lutte contre le SIDA est une piqûre de rappel bienvenue.

On vous en parle brièvement aujourd’hui, en commençant par le message des instances internationales, se focalisant ensuite sur la situation en Thaïlande – avec la présentation d’un centre de recherche à Chiang Mai – et les événements organisés à cette occasion dans la capitale et à Chiang Mai.

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Le SIDA au niveau mondial

La Journée mondiale de lutte contre le SIDA est célébrée de par le monde chaque 1er décembre depuis l’année 1988. Les anglophones parlent de World AIDS Day. Instaurée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a pour but de sensibiliser tout un chacun à cette pandémie. Il s’agit aussi d’apporter un soutien aux personnes vivant avec le VIH et de rendre hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie à cause de celui-ci.

Cette année 2020, la pandémie de Covid-19, ainsi que les répercussions des pandémies sur les vies et la subsistance des personnes, ont monopolisé l’attention du monde entier. C’est un nouvel exemple illustrant les liens étroits entre la santé et d’autres aspects fondamentaux comme la réduction des inégalités, les droits humains, l’égalité des sexes, la protection sociale et la croissance économique. Le thème de l’édition 2020 de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, « Solidarité mondiale et responsabilité partagée », est né de ce constat. 

« La santé est un droit humain. Pour parvenir à une couverture sanitaire universelle, il faut que la santé soit une priorité d’investissement de premier plan. En cette Journée mondiale du SIDA, prenons conscience que, pour vaincre la COVID-19 et mettre fin au SIDA, nous devons être solidaires les uns des autres et partager les responsabilités. »

Message du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

La pandémie du Covid-19 a déjà touché 64 millions de personnes, en tuant près de 1,5 million (chiffres au 01.12.2020). En se basant sur les chiffres de l’année dernière, 38 millions de personnes vivent avec le VIH, dont seulement 25 millions ont accès à la thérapie antirétrovirale. Chaque année, ce sont 1,7 million de personnes qui sont nouvellement infectées par le VIH. Et 690 000 humains par an décèdent de maladies liées au SIDA. Notons que les personnes dont l’immunité est diminuée sont les premières victimes du Covid-19. N’hésitez pas à prendre connaissance de quelques autres faits et chiffres.

« Pourquoi on ne parle plus du SIDA ? »
La réponse dans ce podcast de la RTS

D’autres ressources sont disponibles en lien avec cette Journée mondiale auprès des principales instances internationales luttant contre le SIDA :

Et comme vous êtes nombreux à nous lire sur d’autres continents que celui asiatique, voici les ressources disponibles dans votre pays francophone respectif :

En plus de moult fondations (nous en parlons ci-dessous), beaucoup d’entreprises dans le monde s’investissent à l’image d’Apple qui lance régulièrement des produits (RED), contribuant ainsi à la lutte contre le SIDA, ceci depuis 14 ans maintenant. Vous pouvez d’ailleurs les acquérir sur Amazon


Situation en Thaïlande

Le premier cas de SIDA (importé) en Thaïlande date de l’année 1984. Il s’agissait d’un jeune Thaïlandais revenant d’un séjour estudiantin aux États-Unis. Dès 1988, l’infection par le VIH s’est propagée de façon explosive par vagues successives dans un groupe à risque après l’autre.

Selon les chiffres officiels d’ONU SIDA, la Thaïlande compte actuellement presque un demi-million de personnes porteuses du VIH (virus de l’immunodéficience humaine, HIV en anglais). 470 000 personnes pour être précis, dont 210 000 femmes. Un chiffre qui diminue puisqu’il frôlait les 800 000 en 1998. Chaque année, ce sont plus de 5 000 personnes qui sont infectées, adultes comme enfants. Là aussi, un chiffre qui, heureusement, est en continuelle baisse (au début des années 1990, on dénombrait 150 000 infections par année !). Une pandémie qui tue 14 000 personnes chaque année. Le royaume compte quelque 230 000 orphelins du SIDA.

Messages de prévention diffusés par les ONG internationales © AHF Thailand

Grâce à une importante couverture des femmes enceintes recevant un traitement adéquat (95 %), l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant est presque atteinte, avec un taux de transmission verticale finale inférieur à 2 % (ceci en partie grâce à un centre de recherche établi à Chiang Mai; on vous le présente ci-dessous).

Travailleurs du sexe. Sur un nombre total estimé à 43 000 personnes, alors que 83 % d’entre elles utilisent le préservatif, elles sont 66 % à s’être soumise à un dépistage du VIH, connaissant ainsi leur statut sérologique. Un peu moins de 10 % d’entre elles bénéficient d’une thérapie antirétrovirale. Autre maladie contagieuse, la syphilis touche plus de 3 % de ces personnes à risque.

Autre population à risque, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont estimés à plus de 500 000 personnes, avec une prévalence du VIH de près de 12 % malgré un taux d’usage du préservatif supérieur à 82 %. Autres populations touchées par le SIDA : 42 000 personnes s’injectant de la drogue (où la prévalence du VIH est supérieure à 20 % malgré une pratique d’injection sûre pour 95 % d’entre elles), 370 000 prisonniers et 62 800 personnes transgenres.

Stigmatisation et discrimination. Ils sont encore 23 % à répondre négativement à la question « Achèteriez-vous des légumes frais à un commerçant ou à un vendeur si vous saviez que cette personne est séropositive ? ». 23 % en trop ! Et presque 8 % des Thaïlandais disent non à la question « Pensez-vous que les enfants vivant avec le VIH devraient pouvoir fréquenter l’école avec des enfants séronégatifs ? ».

Information et éducation. L’ONG anglaise Avert, fournissant des informations précises et fiables sur le VIH et la santé sexuelle dans le monde entier, dresse un tableau exhaustif du SIDA en Thaïlande, en rappelant les programmes de prévention du VIH engagés par les autorités du pays.

Pour prendre un peu plus conscience de la réalité au quotidien des personnes porteuses du VIH au Pays du Sourire, ONU SIDA nous offre plusieurs reportages en français.

L’autorité en la matière est bien entendu le ministère de la Santé publique (MOPH) que vous retrouvez tant sur le web que sur Facebook. C’est lui qui gère la puissante Fondation thaïlandaise de promotion de la santé, symbolisée par trois lettres thaï, devenues son logo : สสส Thai Health. Vous avez sans nul doute déjà vu une de ses campagnes, par exemple contre le tabac. Présente sur le terrain, la fondation est active tant sur Facebook que sur le web (où elle alimente également un site en langue anglaise, quelque peu bridé).

Impossible ici de ne pas parler de la Société de la Croix-Rouge thaïlandaise (สภากาชาดไทย en thaï), une organisation humanitaire majeure en Thaïlande (site web et page Facebook). Fondée en 1893 sous patronage royal, elle fournit des services dans le cadre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. C’est notamment elle qui gère les dons du sang dans tout le pays.

En matière de SIDA, elle a créé un centre de recherche, le Thai Red Cross AIDS Research Centre. En tant que leader dans la recherche et l’innovation en matière de prévention du VIH, le centre plaide en faveur des changements de politique de santé pour tous. Soutenue notamment par USAID, le centre, actif depuis 1989, s’est donné comme mission de mener des recherches et des innovations concernant la prévention du VIH, de renforcer la capacité des agents de santé communautaires et favoriser le partenariat avec d’autres entités du secteur de la santé, d’être un centre d’éducation et de recherche sur le VIH de référence et enfin de promouvoir et préconiser un changement de politique fondé sur des données probantes. Le centre dispose d’un site web.

Des fondations thaïlandaises sont elles aussi actives dans le domaine. Ainsi de AIDS Access qui vient en aide aux personnes infectées du VIH, aux personnes atteintes du SIDA et à toute personne désirant obtenir de l’aide ou des informations. Elle gère notamment un site web, une page Facebook et aussi une hotline de conseil sur le SIDA (qui vise également les femmes enceintes); le no est le 1663. Évidemment, tout est en thaï.

Il existe également un Réseau de personnes vivant avec le VIH/SIDA en Thaïlande. Organisé sous la forme d’une ONG appelée Thai Plus (TNPplus ou encore TNP+), il anime tant un site web qu’une page Facebook, toujours en thaï obvie.

Beaucoup d’ONG internationales œuvrent dans le domaine du SIDA. À l’exemple de la fondation AIDS Healthcare (AHF), une ONG américaine qui fournit mondialement une médecine de pointe et défend les intérêts des personnes infectées par le VIH. En Thaïlande, travaillant avec beaucoup de partenaires clés locaux, son impact – résumé ici en anglais – n’est pas négligeable. La devise de cette année – AIDS, the other pandemic – est plutôt bien trouvée. Les personnes maîtrisant le thaï peuvent consulter son site web et sa page Facebook.

Signalons enfin la Coalition internationale de préparation au traitement (dont l’acronyme anglophone est ITPC; site web en français et page Facebook) qui est un réseau mondial né en Afrique du Sud constitué de militants communautaires vivant avec le VIH et de leurs défenseurs. Ils œuvrent ensemble pour l’accès universel au traitement du VIH et des comorbidités qui y sont associées (hépatites virales, tuberculose, etc.). Avec sa campagne Make Medicines Affordable (MMA, soit Rendre les médicaments abordables), le réseau rappelle que des millions de personnes meurent inutilement chaque année parce que des médicaments vitaux sont trop chers. Les tactiques employées par de nombreuses sociétés pharmaceutiques visent à prolonger les monopoles et à maintenir les médicaments à un prix élevé. MMA estime que chaque personne a le droit d’accéder au traitement dont elle a besoin. MMA s’efforce ainsi de faire baisser le prix des médicaments contre le VIH, la tuberculose, l’hépatite C et les éventuels médicaments Covid-19, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire (PRI) tels que la Thaïlande. Prenez donc connaissance, en anglais, des actions menées en Thaïlande.

Dans le cadre de sa campagne « Des fondations pour la vie et l’amour », l’UNESCO nous offre un court reportage d’une famille thaïlandaise qui parle de son expérience d’éducation complète à la sexualité (ECS). Vous pouvez participer à travers le hashtag #CSEandMe. Mais avant, en route pour la Thaïlande :

Le centre de recherche PHPT, fruit d’une collaboration internationale2

L’UMI 174-PHPT est une unité de collaboration entre la faculté de Sciences Médicales Associées de l’Université de Chiang Mai (CMU) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en France. Par PHPT on entend le Program for HIV Prevention and Treatment. Le centre implique un grand réseau de scientifiques, d’universitaires, de décideurs politiques en matière de santé publique et de cliniciens affiliés aux institutions gouvernementales et universitaires en Thaïlande et dans le monde entier. Initié en 1996 à Chiang Mai, qui à ce moment-là était l’épicentre de l’épidémie de VIH en Thaïlande, son objectif global était d’aider à améliorer la prévention et le traitement du VIH dans la cellule familiale à travers de la recherche clinique en se concentrant principalement sur la prévention de la transmission mère-enfant.

Avec l’amélioration de la situation du VIH/SIDA en Thaïlande et l’importance relative des autres problèmes de santé, le PHPT prend de base les expériences antérieures pour développer des études de recherche sur  des maladies infectieuses considérées comme problème majeur de santé publique en Asie du Sud-Est, notamment l’hépatite B et infection par le virus du Papillome Humain, tous deux associés à des cancers. Le groupe de recherche clinique PHPT en Thaïlande comprend un réseau de plus de 50 hôpitaux publics.

Le centre de coordination à Chiang Mai est responsable de l’élaboration des protocoles, la formation, le suivi des activités sur site, le traitement et l’analyse de données, la logistique, la distribution de médicaments et l’administration. Un laboratoire de virologie et pharmacologie central, lié à la faculté de Sciences Médicales Associées à l’Université de Chiang Mai, soutient ces activités de recherche clinique et mène des études de recherche en laboratoire.

Le PHPT fournit également des activités de soutien et de formation aux professionnels de la santé et à de nombreux étudiants locaux et internationaux.

C’est donc là le fruit d’une heureuse collaboration internationale, avec un important soutien de la France. Vous en saurez plus en consultant le site web de l’unité PHPT.

Et puisque nous sommes à Chiang Mai, si vous vous intéressez à ce que peut produire un tel centre, ou si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet du SIDA chez les jeunes Thaïlïandais, vous lirez alors avec beaucoup d’intérêt le projet TEEWA en Thaïlande, une enquête auprès d’adolescents nés avec le VIH.

Rétrospectivement, il est éclairant de lire la contribution de Sébastien Roux : La menace touristique – La Thaïlande face à « l’importation » du SIDA. En voici le résumé introductif :

À partir du milieu des années 1980, la Thaïlande a dû faire face à l’explosion du nombre de contaminations au VIH/SIDA, perçue à l’origine comme une « maladie blanche », un fléau occidental. Les prostituées travaillant au contact de touristes étrangers ont rapidement été désignées comme les responsables de l’introduction et de la diffusion du virus dans le pays. Et le tourisme, longtemps encensé pour ses vertus développementalistes, est soudainement apparu comme une menace pour la survie même du corps social. Les projets répressifs se sont multipliés (tests sanguins pour les touristes, sidatorium pour les prostituées, etc.), témoignant de la fébrilité et du sentiment d’urgence qui se sont emparés des autorités politiques et administratives. La mise en place de la réponse politico-sanitaire du gouvernement apparaît comme un moment singulier où les autorités politiques hésitent entre projets coercitifs, attentisme et libéralisme contraint. En revenant sur la chronologie de la réponse thaïlandaise, l’article montre comment l’industrie touristique, au cœur des problématiques de mobilités et de contrôle des frontières, a pu faire l’objet d’enjeux politiques particulièrement sensibles.
Lisez la suite en cliquant ici.

La menace touristique – La Thaïlande face à « l’importation » du SIDA, par Sébastien Roux

Événements à Bangkok et Pattaya

Dans la capitale, les autorités thaïlandaises marquent bien entendu la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Ainsi, le Premier ministre Prayut Chan-o-cha a visité une exposition mise sur pied par le Centre de recherche sur le SIDA de la Société thaïlandaise de la Croix-Rouge.

Le Premier ministre a accepté un ruban rouge symbolisant cette Journée mondiale et s’est joint à la célébration dont le thème cette année était « Marcher ensemble – Coexister sans stigmatisation ». Les agences étatiques concernées se doivent de soutenir les personnes atteintes du VIH.

Ainsi, le ministère du Travail a demandé aux entreprises de cesser de soumettre les demandeurs d’emploi aux tests du VIH/SIDA dans le cadre de sa campagne visant à mettre fin aux pratiques discriminatoires sur le lieu de travail. Apinya Sujittanan, directeur général du ministère de la protection et du bien-être au Travail (DLPW), a déclaré que, grâce aux progrès de la médecine, les employés atteints du VIH/SIDA peuvent travailler aux côtés de leurs collègues en bonne santé sans aucun problème.

Le Premier ministre a demandé à la société thaïlandaise de comprendre qu’il ne doit pas y avoir de stigmatisation liée à l’infection par le virus tout en rappelant que la Thaïlande a connu un succès considérable dans le traitement et la prévention de la propagation du VIH. Sur ce point, on vous renvoie à notre article sur l’introduction de la médecine moderne en Thaïlande.

SIDA en thaï
En thaï, le SIDA se traduit par le terme เอดส์ (prononcé et, correspondant à la prononciation thaïlandaise du terme anglophone AIDS). Ainsi la Journée mondiale du SIDA se dit วันเอดส์โลก, soit วัน (wan, journée), เอดส์ (et) et โลก (lok, monde). Avoir ou contracter le SIDA se dira ติดเอดส์ (tit et) et pour parler du « virus du SIDA »1, les Thaïlandais disent เชื้อเอดส์ (chuea et), เชื้อ (chuea) pouvant signifier autant un virus qu’une bactérie, un microbe, une levure ou encore un germe. Quant aux préservatifs, en langue soutenue, ils sont appelés ถุงยางอนามัย (thung yang anamai), plus communément ถุงยาง (thung yang). L’on dira donc ใช้ถุงยาง (chai thung yang) pour dire utiliser un préservatif.

Pattaya est plus triste que jamais. Station balnéaire qui accueillait les visiteurs par millions, la fermeture des frontières a précipité sa chute. Ainsi, la traditionnelle commémoration annuelle de la Journée mondiale du SIDA, qui voyait la ville s’animer au rythme d’un sympathique défilé, a été éclipsée par une autre maladie mortelle, le Covid-19 ! Pattaya Mail nous apprend que la parade a été annulée cette année, les organisations y œuvrant ont simplement tenu quelques stands dans un marché.

Le hashtag thaï #วันเอดส์โลก vous emmènera vers bien d’autres informations et événements organisés dans le royaume de Thaïlande en lien avec cette Journée, tant sur Facebook que sur Twitter.


Événements à Chiang Mai

Chiang Mai marque également l’événement avec, entre autres manifestations, une célébration qui a généralement lieu au centre commercial CentralPlaza Chiangmai Airport. C’est le cas encore cette année 2020, le 1er décembre donc, l’événement étant nommé One man One woman, dans le cadre de la campagne Walk Together (qui est la reprise du thème de cette année en Thaïlande : « Marcher ensemble – Coexister sans stigmatisation »).

Il inclut une cérémonie d’ouverture avec une danse haute en couleur car effectuée par la communauté transgenre, des discours et autres discussions, de même qu’une animation avec des récompenses à la clef. En plus de faire l’objet d’un album-photo et comme l’année dernière, le tout a été diffusé en direct sur Facebook. C’est toujours la bonne humeur quand les katoye prennent pas au spectacle.

Le tout est organisé par la fondation Mplus Thailand, un organisme qui vient en aide à la communauté LGBT+, et que l’on retrouve tant sur le web que sur Facebook.

La communauté qui regroupe les personnes transgenres est fort active; elle organise par exemple ses propres concours de beauté à l’image de Miss International Queen. Rappelons ici que la Rose du Nord a déjà organisé plusieurs Gay Prides dont une, naguère, a marqué fortement les esprits…

On met fin à notre article en évoquant deux autres célébrations en lien avec le SIDA. En premier lieu et parce que le SIDA continue de faire des victimes, qu’elles soient directes, à travers les contaminations, ou indirectes, comme les orphelins du SIDA, la Journée mondiale des orphelins du SIDA, un événement organisé tous les 7 mai par l’association François-Xavier Bagnoud (FXB). Une Journée qui a pour but de sensibiliser le public et les gouvernements à la détresse des orphelins du SIDA.

Et ensuite la Journée internationale du Préservatif (en anglais : International Condom Day). Elle est judicieusement célébrée le 13 février, soit le jour précédent la Saint-Valentin. Et en matière de préservatif en Thaïlande, il y a de quoi vous donner quelques intéressantes informations ! Peut-être le ferons-nous un jour…

On espère que le but sera atteint 🙏

#WorldAIDSDay #AIDS #JournéeMondialeSIDA #SIDA #Thaïlande #ChiangMai


1 VIH (HIV en anglais) et SIDA ne sont pas synonymes ! Comme on l’a vu plus haut, le VIH est un virus, le virus de l’immunodéficience humaine. Et ce virus peut amener à une maladie, le SIDA, le syndrome d’immunodéficience acquise.
2 Extrait du site web du centre de recherche PHPT; il y a près de 6 ans maintenant, nous avons eu l’occasion de côtoyer une jeune médecin français qui y travaillait.

Source rédactionnelle, en plus de celles figurant en lien dans l’article : PM helps promote World AIDS Day, Thai silk festival, un communiqué de NNT – National News Bureau of Thailand
Source de l’image à la une © Facebook – HomePro Max มุกดาหาร
Article composé le 02.12.2020 et modifié le 03.12.2020

Thaïlande. Un test du Covid-19 pour tous, vraiment ?

Self-test kit – Covid-19 vendu, bientôt, dans toutes les pharmacies en Thaïlande. C’est le titre choisi par Kohlidays – spécialiste de Ko Samui – pour sa publication de dernière minute En précisant que dit test sur bandelette serait sur le marché dès le lundi 30 mars 2020. Aujourd’hui donc.

Avouons qu’en ce moment, il n’y en a que pour le Covid-19 ! Que vous ouvriez votre quotidien, que vous allumiez votre poste de télévision, que vous vous branchiez sur votre réseau social préféré, le Covid-19 est partout. Il accapare l’esprit de tout un chacun. Nous en avions nous-mêmes déjà parlé en janvier dernier, lorsque le premier cas a fait son apparition au royaume, vous incitant à ne pas céder à la panique. De même que plus récemment avec les mesures prises à Chiang Mai (fermeture de tous les commerces non essentiels…). Sans parler de notre page Facebook qui vous informe quotidiennement.

Il serait donc question en Thaïlande d’un test rapide du Covid-19 pour tous, quand bien même les gouvernements du monde entier limite le dépistage par manque de tests ! Alors pensez-vous, lorsqu’une telle publication Facebook, tel un virus, se répand sur les réseaux sociaux, l’espoir qu’elle fait naître est compréhensible. La réalité est cependant bien différente…

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Quid du Chula COVID-19 Strip Test ?

Si l’on remonte à la source de l’information, l’on apprend que c’est l’université Chulalongkorn, sise à Bangkok, qui a mis au point ce test, présenté récemment aux autorités. Rappelons que Chulalongkorn est la plus ancienne université de Thaïlande, longtemps considérée comme une des plus prestigieuses du pays. Berceau de la médecine moderne thaïlandaise, l’on vous en a déjà parlé dans cet article. Cette université tient à jour une page d’information sur le Covid-19 (en anglais).

Or, la lecture de leur communiqué1 anéantit tous les espoirs ! Non, il ne s’agit pas d’un test destiné à tous les Thaïlandais (ils sont près de 70 millions). Oui, sa production sera – forcément – limitée. Non, votre pharmacie de quartier ne le vendra point.

Que nous apprend encore ce communiqué ? Il s’agit d’un test sanguin préliminaire, rapide et pratique (il ne prend que 15 minutes), pour dépister l’infection par le SARS-CoV-2. Pour l’heure, et ce effectivement à partir du 30 mars 2020, seul le Centre de santé de l’université Chulalongkorn est habilité à le réaliser. Ceci en appliquant un protocole très stricte. La première étape est de s’inscrire sur cette page web où des questions sont posées afin d’effectuer un premier tri. Le tout étant en langue thaï, on peut supputer que les Thaïlandais ont la priorité, voire l’exclusivité. Ainsi, les personnes présentant un résultat à risque élevé ou moyen seront informées et recevront une invitation pour se rendre au Centre de santé (un service prioritaire qui suit des protocoles de distanciation sociale).

Le test en question est un test sanguin par piqûre du doigt, réputé sûr, ne nécessitant pas de contact étroit avec d’autres personnes. Il ne remplace en aucun cas le test du Covid-19 fait en laboratoire. Le but du Chula COVID-19 Strip Test est de réduire le grand nombre de patients se rendant à l’hôpital pour un examen. Si le test sanguin est négatif et qu’il n’y a pas de risque, les personnes peuvent rester chez elles, recevant des conseils sur les mesures à prendre durant cette épidémie sans avoir besoin de subir d’examen physique à l’hôpital. Aussi, parler de test du Covid-19 pour tous est pour le moins exagéré.

Elles sont beaucoup les entreprises – étatiques, semi-étatiques ou privées – à vouloir proposer un tel test rapide et bon marché, partout dans le monde. Ainsi, Siam Bioscience en a produit 20 000 (et en promet 100 000 d’ici fin avril). Pour ce qui est des autres pays, on vous renvoie au paragraphe ad hoc ci-dessous.

Voici enfin la liste des laboratoires habilités à effectuer les tests (plus conventionnels) en Thaïlande (situation au 20 mars 2020)


Des kits dangereux

L’être humain étant ce qu’il est, des escrocs en profitent et surfent sur la peur instillée par le Covid-19. Le corps médical met ainsi en garde contre les tests de dépistage du Covid-19 effectués avec des kits achetés en ligne2.

L’Association des techniciens médicaux de Thaïlande (AMTT) a mis en garde la population de tels kits achetés en ligne, permettant un examen du Covid-19 à domicile. Certains de ces kits, illégaux, font l’objet de vente sur les réseaux sociaux, très populaires en Thaïlande. Ces kits, non vérifiés, ne répondent pas aux normes médicales étatiques. Si le résultat du test n’est pas interprété par un expert, il pourrait causer plus de mal que de bien, avertit l’AMTT.

En outre, les tests sanguins effectués à domicile ouvrent également la voie à la propagation du Covid-19, ainsi que d’autres agents pathogènes qui pourraient être transmis par le sang, tels que le SIDA et l’hépatite, pour se propager rapidement et largement dans la communauté.

Thailand Medical News est un site thaïlandais bilingue (thaï/anglais) où vous trouvez les dernières infos médicales propres à la Thaïlande

Et dans les autres pays ?

Sans ôter le mérite de l’équipe médicale de l’université Chulalongkorn, il faut savoir que beaucoup de laboratoires dans le monde effectuent des recherches pour proposer un kit de dépistage rapide, comme ici en Angleterre. La France est également à la pointe de la rechercher puisqu’elle dispose, elle aussi, d’un test « ultra-rapide » de détection du Covid-19 grâce à l’entreprise bretonne NG Biotech. Un article de la revue scientifique Nature, qui fait autorité, résume d’autres tests bientôt disponibles. Le magazine Science & Vie vous informe plus en détail, en français qui plus est.

On en profite pour vous apprendre que l’hôpital Chiang Mai RAM a mis sur pied un drive-in pour obtenir le résultat d’un test plus conventionnel du Covid-19. Cela coûte tout de même THB 7’500.-, le résultat étant communiqué par SMS 4 à 5 jours plus tard (informations détaillées en thaï avec explications en anglais).

On espère bien entendu que les scientifiques du monde entier trouveront la parade pour endiguer cette pandémie. Mais notre souhait est aussi celui que des nouvelles suscitant de faux espoirs ne soient point propagées, autant que faire se peut.

Nos principaux articles en lien avec le coronavirus et le Covid-19 :
(s’agissant d’une pandémie qui dure depuis près d’une année maintenant, soyez attentif à leur dates de publication)
▶︎ Flash ! Plus de 500 cas de coronavirus détectés dans un marché de la périphérie de Bangkok ! Une province dorénavant bouclée
▶︎ Pandémie du Covid-19 : quel pays l’a gérée le mieux ? La France ? La Thaïlande ?
▶︎ 5 héros thaïlandais en tête de lutte contre le Covid-19
▶︎ Thaïlande. Un test du Covid-19 pour tous, vraiment ?
▶︎ Coronavirus – La relance du tourisme en Thaïlande et dans le monde, touché de plein fouet par la pandémie

En vous rappelant tout de même qu’en Thaïlande, on meurt bien plus de la dengue, du SIDA ou encore du tabac !

Nos premiers articles en lien avec le nouveau coronavirus :
⦿ Covid-19 à Chiang Mai 🦠 Fermeture des lieux de divertissement
⦿ Coronavirus en Thaïlande : ne pas céder à la panique
Sans parler des publications quotidiennes sur notre page Facebook.


1 Communiqué en langue thaï
2 Un article du journal en ligne anglophone The Nation. À ce sujet, un médecin nous a encore précisé ceci : comme la plupart des tests de ce genre, il faudra interpréter un test négatif avec une grande prudence. Si le test est positif, le risque d’erreur du test est faible. Si le test est négatif, il n’en est pas de même.
Source de l’image à la une : © Chulalongkorn University
Article composé le 30.03.2020 et mis à jour le 05.04.2020.

Deux dates où la médecine moderne thaïlandaise est célébrée : le 24 septembre et le 9 juin

Vous savez que les trois piliers de la nation thaïlandaise sont la royauté, le bouddhisme et l’armée. Ici en Thaïlande, les rois sont vénérés comme des dieux. Et il se trouve que plusieurs d’entre eux se sont ouverts au monde. Un monde qui leur a apporté la médecine moderne. Et cette médecine (thaïlandaise) est célébrée deux fois durant l’année : le 24 septembre avec la Journée du prince Mahidol, Père de la médecine moderne thaïlandaise, et le 9 juin, où c’est la mémoire de son fils, Ananda Mahidol, qui est commémorée.

On vous parle donc aujourd’hui du prince Mahidol, grand-père du roi actuel, et de son fils Ananda, plus connu comme le Dr Chaofa. Mais également du Dr Margaret Lin Xavier, première femme médecin thaïlandaise, d’un autre prince défenseur de la médecine traditionnelle (et par ailleurs devenu roi) et enfin de la médecine d’aujourd’hui en Thaïlande. Dites trente-trois

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24 septembre – La Journée du prince Mahidol

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Chaque 24 septembre, la Thaïlande commémore la Journée du prince Mahidol (วันมหิดล), considéré comme le Père de la médecine moderne thaïlandaise (ce n’est cependant pas un jour férié officiel). Le 24 septembre correspond à la date de sa disparition, durant l’année 1929, à l’âge de 37 ans.

Des cérémonies commémoratives se déroulent généralement dans les facultés de médecine des diverses universités du royaume, comme ici à l’université de Chiang Mai (CMU, en 2020 et en 2019). C’est parfois l’occasion pour les grands groupes commerciaux d’annoncer des dons; l’année dernière la SCB a pris en charge la construction d’un bâtiment de l’hôpital Siriraj. Un hôpital qui ne manque jamais de lui rendre hommage (2020, 2019).

Voici la dernière leçon des étudiants en médecine, ponctuée par les paroles de leur maître à tous, le Prince Mahidol, père de la médecine moderne :

L’hôpital Siriraj a été fondé en 1888 par Sa Majesté le roi Chulalongkorn (Rama V). Son école de médecine est la plus ancienne institution d’enseignement supérieur en Thaïlande, délivrant son premier diplôme en médecine en 1893. Devenue l’Université des sciences médicales en 1943, l’université Mahidol a été rebaptisée en 1969 par S.M. le roi Bhumibol Adulyadej, du nom de son père, le prince Mahidol. Depuis, cette université est devenue l’un des établissements universitaires les plus prestigieux de Thaïlande (et fer de lance dans la lutte antitabac). Le roi Rama X en personne se déplace avec son épouse, la reine Suthida, pour déposer une couronne de fleurs au pied de la statue du prince Mahidol. Après tout, c’était son grand-père. Il n’a donc pas manqué de le faire cette année 2020 (article du journal Matichon, avec des photos).

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S.M. le roi Rama X rendant hommage à son grand-père, le prince Mahidol le 24 septembre 2019 © Facebook – NationPhoto

À Chiang Mai, le musée Chaofa (surnom d’un des fils du prince Mahidol, voir ci-dessous) est généralement l’épicentre des festivités publiques. Ainsi l’année en 2019, une campagne de vaccination avait été organisée par l’institution attenante, l’hôpital McCormick (en la matière, il n’est pas toujours aisé d’atteindre les habitants des zones montagneuses reculés ici au nord; ces quelques photos vous le démontrent). Et une exposition avec un concours de dessin s’étaient tenus. Clous des célébrations : un spectacle son & lumière en soirée (album-photo)… Des festivités closes le lendemain par une course matutinale.

Après deux années de disette due à la crise sanitaire du Covid-19, l’année 2022 a renoué avec cette commémoration culturelle. Ainsi, le musée Chaofa, là où se situe un campus de l’université Payap, précisément en face du Mabel Cort Cafe’ (มาเบล คอร์ท คาเฟ่), a offert une performance musicale en l’honneur du « Docteur Chao Fah ». Un show de haute tenue qui a été donné le samedi 24 septembre 2022, de 18h à 20h (les détails en thaï).

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Festivités 2019 à Chiang Mai autour du musée Chaofa

Brève biographie1. Mahidol Adulyadej, prince de Songkhla – un titre posthume qu’il reçu de son propre fils, le roi Rama IX – est né le vendredi 1er janvier 1892 au Grand Palais, à Bangkok. À l’age de 12 ans, il a été ordonné novice bouddhiste au Temple du Bouddha d’Émeraude par le Patriarche suprême de l’époque. Son éducation, commencée en Thaïlande, s’est ensuite faite en Angleterre puis en Allemagne et enfin aux États-Unis où il obtint le Certificate of Public Health de la Harvard School for Public Health Officers. Expert en santé publique, il se forma ensuite dans la médecine, tant à Édimbourg, en Écosse, qu’à l’université Harvard.

Le prince Mahidol obtint divers grades militaires tant dans la Marine impériale allemande que la Marine royale thaïlandaise. Sa carrière professionnelle fut riche avec un poste de médecin dans la marine thaïlandaise, de directeur au ministère de l’Éducation, d’inspecteur général au sein de ce même ministère, de Président du comité de l’École de médecine Siriraj et enfin de chargé de cours spécial, enseignant la médecine préventive et sociale à la faculté de médecine Siriraj. Il a également enseigné l’art, l’histoire thaïlandaise et l’anatomie à l’université Chulalongkorn. Depuis 1929, il était membre de l’Association Médicale Thaïlandaise. Il était également membre du comité de la Croix-Rouge thaïlandaise. De santé fragile, c’est donc le 24 septembre 1929 qu’il s’éteignit.

À noter que par décision du roi Bhumibol le Grand – fils du prince Mahidol – un district (อำเภอ, amphoe) montagneux de la province de Chiang Mai porte le nom de la fille aînée du prince, la princesse Galyani Vadhana, sœur de Bhumibol.

Considérez votre avantage personnel comme secondaire,
alors que l’avantage pour l’humanité doit être de première importance…
Mahidol Adulyadej, prince de Songkhla

Signalons encore que le prince Mahidol était marié à Sangwan Talapat devenue par la suite Son Altesse Royale la Princesse Mère Srinagarindra, les parents de Bhumibol le Grand donc. Née un 21 octobre, infirmière de formation, c’est ce jour-là, tous les 21 octobre depuis 1990, qu’est commémorée la Journée nationale des Infirmières en Thaïlande. Elle était affectueusement appelée Somdet Ya (สมเด็จ ย่า), « la Grand-Mère royale » par les Thaïlandais, et Mae Fah Luang (แม่ ฟ้า หลวง), « Royale Mère du Ciel » par les diverses minorités ethniques du pays, qu’elle a contribué à aider (une aide qu’a continuée son fils Bhumibol).

Si vous désirez en savoir plus sur le prince Mahidol, le grand-père du roi actuel, Wikipédia viendra à votre secours. Animés par leur seule passion, Alain et Bernard, animateurs du blog des Grandes et Petites Histoires de la Thaïlande, nous en parlent également dans leur article Mahidol Adulyadej, « le prince père ».

Mahidol Day (Journée du prince Mahidol)
Site webPage Facebook
Le tout – en thaï – animé par la faculté de médecine de l’hôpital Siriraj

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Étudiants en médecine de l’université Mahidol posant au pied de la statue du prince éponyme © Facebook – Mahidolday
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9 juin – La Journée d’Ananda Mahidol (Rama VIII)

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Autre journée de célébration, le 9 juin. C’est ce jour-là qu’est commémoré dans tout le royaume de Thaïlande Ananda Mahidol (พระบาทสมเด็จพระเจ้าอยู่หัวอานันทมหิดล), feu S.M. le roi Rama VIII (รัชกาลที่ ๘), que tout le monde en Thaïlande connait sous le nom de Docteur Chaofa (หมอเจ้าฟ้า, orthographié aussi Chao Fah). C’est le fils du prince Mahidol évoqué précédemment.

Il s’agit du frère de feu Bhumibol le Grand, et donc de l’oncle du roi actuel, Rama X. Son règne a été de courte durée (onze ans, dès 1935, mais une seule année effective, de 1945 à 1946) et sa mort, le 9 juin 1946, à l’âge de 30 ans, est entourée de mystère. Ses cendres ont été déposées au Wat Suthat Thepwararam Ratchaworamahawihan, à Bangkok.

C’est un jeune roi qui a beaucoup contribué au développement médical et éducatif en Thaïlande. Et donc son père, le prince Mahidol (วันมหิดล), considéré comme le Père de la médecine moderne thaïlandaise, a son jour de fête le 24 septembre (voir ci-dessus).

Au cours de sa vie, après l’obtention d’un doctorat en médecine en Suisse – Ananda est décrit par ses professeurs comme un brillant élève – le roi Rama VIII a souhaité développer les écoles de médecine dans le pays avec pour objectif de produire un nombre suffisant de personnel médical pour aider son peuple. Ce qui a donné lieu à la création de la Faculté de médecine de l’université Chulalongkorn. Une faculté qui continue d’honorer sa mémoire. Ainsi de son action caritative annuelle : des pin’s vendus THB 100.-/pièce par les étudiants permettent de récolter de l’argent et de venir en aide dans le domaine de la santé, en soutenant par exemple des moines malades, des orphelins, des patients atteints de maladies chroniques.

Une page Facebook est dédiée à la commémoration du 9 juin : Anan Day. Et la Faculté de médecine de l’université Chulalongkorn ne manque jamais de célébrer l’événement : site web.

La Fondation Ananda Mahidol

Une fondation porte le nom d’Ananda Mahidol. Créée en 1955 à l’instigation de son petit frère, feu le roi Bhumibol Adulyadej, Rama IX, la Fondation Ananda Mahidol (มูลนิธิอานันทมหิดล) soutient de jeunes étudiants exceptionnels de Thaïlande pour leur permettre de poursuivre des études supérieures à l’étranger dans huit domaines d’études : la médecine, les sciences, l’ingénierie, les sciences sociales, les arts et les sciences humaines, l’agriculture, la dentisterie et la médecine vétérinaire, des domaines essentiels au développement durable de la Thaïlande. Depuis près de sept décennies, les diplômés de cette fondation ont occupé divers rôles et postes dans la société thaïlandaise et ont fait progresser la production de connaissances pour la Thaïlande. Le Club des anciens d’Ananda Mahidol réunit les centaines d’étudiants soutenus jusque là.

L’origine de la fondation remonte à la volonté du défunt roi d’honorer la mémoire de son frère aîné et au conseil donné à Sa Majesté de faire quelque chose pour l’éducation. En raison des besoins criants de la nation, les premières bourses ont été accordées à deux étudiants en médecine. Depuis, près de 400 étudiants ont été parrainés, recevant une bourse. Chaque boursier excelle dans son domaine et consacre sa vie à l’amélioration de la société. Aujourd’hui, la fondation soutient également des projet visant à résoudre la question environnementale, devenue un problème primordial à résoudre pour le royaume. Ainsi de la pollution de l’air, avec un projet soutenu à Lamphun (cet article en anglais vous en dira plus).

Page Facebook de la Fondation Ananda Mahidol (le site web n’est plus exploité)

Et à Chiang Mai ?

Aucune cérémonie publique d’envergure n’est organisée le 9 juin. En revanche, comme chaque année, c’est une journée qui permet à des volontaires de s’engager dans des actions sanitaires. Comme ces dizaines de bénévoles qui ont nettoyé l’hôpital Nakornping à Mae Rim.

Sachez encore qu’ici à Chiang Mai, où Ananda est venu, c’est grâce à son aide que le premier bâtiment en dur de l’hôpital McCormick a pu être construit, dans le quartier de l’université Payap. Un site où un musée a son nom a été créé, le musée Chao Fah (Chaofa devrait-on écrire, พิพิธภัณฑ์หมอเจ้าฟ้า, appelé Doctor Prince Museum en anglais). Actuellement en rénovation (on nous a parlé d’une ouverture en 2021), vous pouvez cependant y faire un saut : l’endroit est ravissant, face à l’hôpital McCormick,  peu avant le Collège de la musique de l’université Payap (article et vidéo ci-dessous) :

Le musée Chaofa, à Chiang Mai (écrit Chao Fahพิพิธภัณฑ์หมอเจ้าฟ้า, Doctor Prince Museum) :
Page Facebook, site web et emplacement approximatif (en face de l’hôpital McCormick).

On notera à titre anecdotique que le prince Mahidol, le père d’Ananda Mahidol, a exercé comme médecin résident de l’hôpital McCormick du 25 avril 1929 au 18 mai 1929.

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Dr Lin, première femme médecin thaïlandaise2

En avance sur son temps, cette pionnière de la médecine a ouvert sa propre clinique dans les années 1920 pour fournir des soins de qualité à ceux qui en avaient besoin.

Doodle Google du 29 mai 2020 en Thaïlande

Née en 1898 à Bangkok, où son père occupait un poste gouvernemental aux affaires étrangères, elle l’a rejoint en Europe, poursuivant ses études à Londres. Obtenant un diplôme de médecine à la London School of Medicine for Women, elle est retournée en Thaïlande en 1924.

À son retour, Khunying Srivisanvaja, née Margaret Lin Xavier (plus connue sous le nom de Dr Lin), était ainsi la première femme thaïlandaise à obtenir un diplôme de médecine et à exercer dans le pays, à 26 ans. Devenue obstétricienne, elle a travaillé pour la Croix-Rouge thaïlandaise, l’hôpital Chulalongkorn et le centre médical du ministère de la santé publique dans le district de Bang Rak, où elle a principalement traité des maladies sexuellement transmissibles. Elle a également créé une clinique médicale avec sa demi-sœur Chan Xavier, qui travaillait comme pharmacienne de la clinique (elle aussi formée en Angleterre).

Le Dr Lin était clairement une femme en avance sur son temps. Selon le livre Naree Phu Mee Khun (traduit grosso modo par « Femmes vertueuses ») publié par l’Office national de l’identité en 1992, elle s’occupait de patients de toutes les classes sociales et pas seulement de l’aristocratie thaïlandaise. Dans l’établissement de Bang Rak, beaucoup de ses patientes étaient des travailleuses du sexe pauvres, qu’elle traitait gratuitement. Même lorsqu’elle allaitait, le Dr Lin continuait à travailler, rentrant chez elle pour allaiter au milieu de la journée de travail et retournant au travail l’après-midi. Elle a choisi d’allaiter elle-même ses enfants, bien que la plupart des femmes de son statut durant cette période auraient employé une nourrice.

Khunying Srivisanvaja a donc été la première femme thaïlandaise à recevoir un diplôme de médecine et à pratiquer la médecine en Thaïlande. Hélas, elle a disparu bien jeune, à 34 ans seulement, emportée par l’influenza. Bien que souffrant d’un anonymat relatif, ses réalisations ont eu un impact durable sur la société thaïlandaise. Google a consacré un doodle bienvenu au Dr Lin le 29 mai 2020, célébrant ainsi son 122e anniversaire.

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Quid de la médecine traditionnelle thaïlandaise ?

Notez encore que nous avons parlé jusque là de médecine moderne. Car c’est un autre prince, Chetsadabodin, devenu le roi Nang Klao (Rama III), que l’on considère comme le protecteur de la médecine traditionnelle thaïlandaise (TTM).

La philosophie thaïlandaise considère la vie humaine comme une combinaison de trois essences: le corps physique, la citta (un mot thaï que l’on peut traduire par l’esprit, le cœur) et l’énergie qui connecte les deux premières entités. Cette énergie se rapproche du concept chinois du Qi (ou Chi) ou du concept indien de Prana, cette énergie est un flux immatériel qui traverse le corps par l’intermédiaire des méridiens spécifiques appelés Nadis (ou les Sen). La médecine traditionnelle thaïlandaise est une médecine holistique et le massage traditionnel en fait bien évidemment partie. Un massage dont on fait remonter la tradition jusqu’au Bouddha, il y a de cela plus de 2 500 ans…

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Twin Pavilion, Wat Pho © National Library of Thailand

Entre 1831 et 1841, à l’initiative du roi Rama III, des savants siamois constituèrent 1 431 inscriptions gravées sur pierre en langue thaï. Les sujets sont aussi bien religieux que laïques. Cette encyclopédie représentait l’étendue des connaissances accumulées durant plus de cinq siècles d’échanges commerciaux, politiques et culturels à travers le monde. Y figurent bien entendu des écrits en lien avec la médecine traditionnelle, le massage et d’autres exercices de détente. Ces tablettes sont conservées au Wat Pho (« Temple de l’arbre Bodhi »), à Bangkok. Précisément le temple le plus réputé en matière de formation de masseuses et masseurs traditionnels thaïlandais.

Ces archives épigraphiques ont été reconnues comme un Patrimoine documentaire par l’UNESCO, précisément le 31 mars 2008, jour-anniversaire marquant les 220 ans de la naissance de Rama III. C’est d’ailleurs chaque 31 mars qu’est célébré la Journée de commémoration du roi Rama III. Ces inscriptions font dorénavant partie du registre Mémoire du monde.

Ici à Chiang Mai, les massages traditionnels et la médecine du Lanna sont régulièrement promus, comme par exemple lors de la Lanna Expo. Commémoration nationale, le 31 octobre de chaque année c’est la médecine traditionnelle thaïlandaise qui est à l’honneur.

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La médecine en Thaïlande

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© Facebook – Cup E

Vaste sujet que celui-ci ! Qui mérite à lui tout seul une contribution bien plus conséquente que les quelques éléments fournis ici. Contentons-nous d’évoquer l’excellence de la médecine contemporaine siamoise. Les dentistes du pays ont la réputation d’allier efficacité et douceur. Le tourisme médical attire les patients du monde entier par milliers, tirant les établissements médicaux vers le haut.

Très récemment, le magazine anglo-saxon CEO World – un magazine friand de classements de toutes sortes et se définissant comme le premier magazine au monde destiné aux PDG et autres affairistes fortunés – n’a-t-il pas classé la Thaïlande au 6e rang des pays du monde ayant le meilleur système de santé ? Leur indice des soins de santé intègre plusieurs facteurs : infrastructures médicales, compétence et nombre des professionnels de la santé, coût, disponibilité et qualité des médicaments. Vous pouvez consulter le résultat de cette étude dans leur article en anglais Revealed: Countries With The Best Health Care Systems, 2019.

D’autres instituts effectuent ce même type d’études, à l’image de l’Institut Legatum, lui aussi basé à Londres, qui publie son index annuel mondial sur la prospérité, une grande enquête classant les pays les plus prospères au monde. Un index intéressant puisque l’un des éléments qui pèsent le plus dans le classement est la santé des habitants. Dans cette sous-catégorie, le Pays du Sourire est passé du 32e (classement 2018) au 35e rang (classement 2019).

D’autres classements existent en ce domaine :

Dans sa publication annuelle Panorama de la santé, l’OCDE présente des données comparables sur les indicateurs de la santé et des systèmes de santé des états membres. Hélas, la Thaïlande n’en fait pas (encore) partie. Dommage car cette organisation propose des analyses approfondies des systèmes de santé avec sa série Examens de l’OCDE des systèmes de santé, un examen où les divers pays sont passés au crible. Ce qui n’empêche nullement l’OCDE d’intégrer parfois des pays non membres dans ses publications. Et même d’organiser des conférences, comme cette rencontre d’experts qui a eu lieu précisément à Bangkok en 2019 : il s’agissait d’échanger sur les divers système de protection sociale en Asie.

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Un des rapports les plus fiables est également celui de l’OMS. L’Organisation Mondiale de la Santé évalue les divers systèmes de santé dans le monde. Et son Rapport sur la santé dans le monde fait autorité. On vous promet de consacrer un jour un article plus fouillé sur ce sujet sensible qui intéresse tout particulièrement les expatriés, surtout les retraités. Attention cependant à ne pas confondre système de santé et qualité des hôpitaux (bien que cette dernière fasse partie intégrante du premier) !

Pour terminer, les francophones qui s’intéressent au système de santé thaïlandais, liront avec intérêt cette étude de l’Université de Genève. Plus pointue, cette thèse analyse les origines des inégalités en matière de santé au royaume de Thaïlande.

À vous tous, on vous souhaite une pleine santé.

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1 Source : Mahidol Day – Ministry of Culture, un document traduit en anglais qui mentionne d’ailleurs une année de naissance erronée (page consultée le 24 septembre 2019).
2 Sources : Doodle Google du 29 mai 2020 en Thaïlande et la contribution (en anglais) de Chariya Chiumkanokchai Accroître la visibilité des femmes dans l’espace numérique,

Source de l’image à la une © Facebook – Siriraj Piyamaharajkarun Hospital
Article publié le 24.09.2019 et mis à jour le 24.09.2022