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Triangle d’Or. Dormir à la belle étoile sous une bulle, entouré d’éléphants

C’est l’offre idyllique que vous propose l’hôtel Anantara Golden Triangle, sous la voûte céleste de Chiang Rai. Un séjour mémorable mais qui a un prix. Sera-ce l’une de vos destinations de rêve à intégrer à votre prochain voyage au royaume de Thaïlande ? On vous parle aujourd’hui de ce projet unique mais aussi d’autres attractions dans le sulfureux Triangle d’Or et à Chiang Rai, chef-lieu de cette province septentrionale du royaume de Thaïlande. En vous dévoilant d’autres sites où vous pourrez dormir dans une bulle transparente !

Les hébergements de style maison-bulle ont un succès grandissant de par le monde. Ils permettent d’être au plus proche de la nature. En Thaïlande cependant, peut d’endroits offrent un tel hébergement. Peut-être la chaleur freine-t-elle leur développement. Car ici, le soleil tapant fort, difficile de vous proposer une maison-bulle sans climatisation en journée. Et les Thaïlandais eux-mêmes – qui fuient le soleil – privilégient des espaces où l’on ne peut les voir…

Cet hébergement atypique attirera les touristes en quête d’une nuit insolite ou d’un week-end glamour. La bulle transparente vous offre tout le confort d’une chambre d’hôtel. Un nid douillet d’où vous pourrez admirer tant le coucher que le lever du soleil, vous endormir sous la voie lactée et vous réveiller avec Dame Nature. À la fois design, confortables et écologiques, ces bulles aux formes arrondies offrent un moment magique avec pour compagnie le ciel étoilé. Et dans ce cas précis, la vue sur de majestueux pachydermes, en plus de celle sur trois pays distincts ! Une expérience champêtre et poétique unique.

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Jungle Bubbles

Précisons-le d’emblée, cet hébergement original ne peut être réservé de manière indépendante mais constitue une activité optionnelle proposée aux clients du resort. Et c’est là une première mondiale : l’Anantara Golden Triangle offre à ses clients une occasion unique de passer la nuit avec de majestueux éléphants asiatiques, dans leur habitat naturel, grâce à ces bulles transparentes.

Au cœur de la jungle, deux bulles luxueuses sont perchées sur des terrasses surélevées en bois, offrant une vue directe sur les éléphants, ainsi qu’une observation nocturne des étoiles. Conçues sur mesure par l’entreprise espagnole Eye in the sky, elles sont fabriquées avec un tissu en polyester de haute technologie. Les heureux hôtes vivront forcément une expérience immersive proche de la nature. Un espace de 22 m² entièrement climatisé : une chambre avec un grand lit et un coin salon sous un toit transparent, avec une petite salle de bain incluant une douche (précisons que cette dernière est fermée et non transparente). Une touche intime avec des peignoirs et des pantoufles, des draps de lit d’un blanc éclatant, des oreillers (tant ordinaires qu’en plumes), ainsi que des équipements sanitaires tels que sèche-cheveux, meuble-lavabo et un miroir de maquillage rappellent que nous sommes dans un confortable resort de luxe.

De quoi observer les pachydermes au plus près, le parc où paissent trois éléphants étant attenant. Qui sait s’ils viendront vous titiller de leur trompe… Et durant la nuit, la carte du ciel vous étant offerte, l’observation du firmament vous occupera 😏

Les clients de l’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort peuvent profiter de cette expérience unique, appelée Jungle Bubble, en tant qu’activité optionnelle de leur séjour à l’hôtel. Ils passeront ainsi la nuit, du crépuscule à l’aube, en rentrant à l’hôtel en matinée. Cet hébergement a un prix non négligeable mais les clients de la chaîne hôtelière Anantara ne sont pas forcément regardant à la dépense… Ainsi et si vous en avez les moyens, dormir une nuit dans une Jungle Bubble de l’hôtel Anantara sera gage d’un séjour original et bucolique. Il va sans dire que toute lune de miel intégrant cette option augure d’un bel amour… Un véritable rêve éveillé ne laissant aucun hôte indifférent; CNN a d’ailleurs consacré un reportage au Jungle Bubble (on ne saura jamais ce qu’en pensent les éléphants…).

Signalons encore que cette réalisation fait partie des finalistes des HD Awards, une récompense du magazine américain Hospitality Design qui sera décernée le 20 octobre prochain. Ce prix permet d’honorer, de célébrer et de reconnaître l’extraordinaire travail des personnes œuvrant dans le domaine de l’hospitalité. 730 projets concourent cette année dans diverses catégories !

L’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort

Au sommet d’une montagne, l’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort plonge ses hôtes dans une expérience unique au milieu d’une nature sauvage où la rivière Ruak se jette dans le Mékong, fleuve majestueux. Cet endroit isolé est idéalement situé au confluent de la Thaïlande, du Laos et du Myanmar (la Birmanie), de quoi profiter de la vue imprenable sur les trois pays. S’étendant sur 65 hectares de jungle, le complexe hôtelier est assez grand pour y faire paître 22 éléphants dans un cadre naturel le plus étonnant qui soit.

Un resort de luxe, avec 61 chambres et suites parfaitement intégrées dans un environnement naturel. Une adresse romantique fort appréciée des couples. Le petit-déjeuner buffet international est servi au Sala Mae Nam et des plats italiens peuvent être dégustés au Baan Dahlia. Il vous sera possible de prendre vos repas dans l’intimité de votre chambre. Précisons qu’il y a une magnifique piscine avec vue sur le Mékong. L’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort est situé à 1 heure de route de l’aéroport international de Chiang Rai.

Les chambres spacieuses de l’établissement présentent une décoration thaïlandaise moderne. Trois types d’hébergement vous sont proposés :

  • Deluxe Three Country View Room, dès THB 23’944.-/nuit (une chambre de 32 m² avec un balcon et sa jolie vue, pouvant héberger 3 adultes ou 2 adultes avec 1 enfant);
  • Three Country View Suite, dès THB 34’654.-/nuit (64 m² comprenant un vaste espace de vie et un grand balcon et sa jolie vue, pour 3 adultes avec 1 enfant);
  • Three Country View Family Suite, dès THB 45’747.-/nuit (une suite de 96 m² pour 6 adultes).

Vous trouverez cependant des offres meilleur marché sur Booking.com (avec les meilleurs prix du moment), un site qui lui attribue la note de 8,5 correspond à la mention « Très bien ». Ainsi, une réservation au 1er juillet 2020 vous permettait d’obtenir

  • la chambre double à seulement THB 15’890.-/nuit1 (env. € 450.-);
  • la suite pour 2 personnes à seulement THB 16’243/nuit1 (env. € 460.-);
  • la suite familiale pour 4 personnes à seulement THB 25’306.-/nuit1 (env. € 715.-).

Cliquez ici pour profiter de ces offres Booking.com. Avec la crise due à la pandémie du Covid-19, mieux vaut contrôler régulièrement les offres et ne pas se baser sur les prix officiels car l’établissement n’a rouvert que le 1er juillet 2020, après plusieurs mois de fermeture, comme bon nombre d’hôtels en Thaïlande.

À ce prix-là et avant de vous décider, l’on peut comprendre que vous désiriez connaître l’avis d’hôtes y ayant séjourné et par là bénéficié des services de l’Anantara Golden Triangle. Vous ne risquez cependant pas d’être déçu puisque cet établissement de luxe obtient la note maximale de 5, se basant sur plus de 1 200 avis ! Lisez donc les commentaires qu’a recueillis TripAdvisor au sujet de cet hôtel apprécié, un établissement qui bénéficie de l’Attestation d’Excellence TripAdvisor. C’est le meilleur hôtel du coin, surpassé seulement par le Four Seasons Tented Camp Golden Triangle, no 1 à Chiang Saen (il faudra cependant y mettre THB 80’000.- et plus pour y dormir une seule nuit !). L’excellent Viang Yonok Hotel, bien plus abordable (dès THB 1’600.- seulement), complète le trio.

Avis TripAdvisor sur l’Anantara Golden Triangle Elephant Camp & Resort

L’Anantara Golden Triangle est mondialement connu pour son camp d’éléphants. En collaboration avec la Fondation du Triangle d’Or pour les Éléphants d’Asie, les hôtes du resort sont aux premières loges pour admirer ces magnifiques mammifères. Ici, les éléphants ne sont pas forcés à s’adonner à des activités qui ne leur plaisent pas, choyés qu’ils sont par leurs cornacs.

L’Anantara Resort du Triangle d’Or vous servira le café Black Ivory. Produit localement par l’entreprise Black Ivory Coffee, il s’agit de graines de café Arabica consommées par les éléphants et collectées dans leurs excréments. Les enzymes digestives des éléphants, qui décomposent les protéines du café, influencent le goût de ce breuvage.

ASPECT PRATIQUE – Comment réserver votre Jungle Bubble ?

On vous l’a déjà indiqué plus haut, impossible de réserver une Jungle Bubble de manière indépendante. Vous devrez forcément réserver une chambre d’hôtel deux nuits minimum et ajouter l’option Jungle Bubble en prenant contact au préalable avec l’hôtel (Email).

Le prix officiel est de THB 17’700.-1 (approximativement € 500.-) mais une offre à « seulement » THB 12’000.-1 est proposée jusqu’au 31 juillet 2020 (environ € 340.-). Nul doute qu’avec la crise liée à la pandémie du Covid-19 vous devriez pouvoir négocier un prix pour cette activité optionnelle… C’est là le tarif par nuit pour deux personnes. Un prix comprenant un délicieux panier repas, un mini-bar bien garni, un service de restauration en chambre 24 heures sur 24 et un service de préparation de thé et de café.

Jungle Bubble n’est pas la seule activité proposée par l’Anantara du Triangle d’Or, loin s’en faut. Pour un forfait de THB 5’000.- par personne, vous aurez droit à trois activités à choisir parmi celles-ci :

  • une balade en compagnie des éléphants où vous en apprendrez plus sur eux;
  • une cure thermale, une séance de yoga privé ou un cours Pilates;
  • un circuit en side-car Royal Enfield Classic 500;
  • une visite d’une plantation de riz;
  • une promenade en bateau sur le Mékong;
  • un cours de boxe thaïlandaise, la fameuse muay thai:
  • un cours de cuisine thaïlandaise;

De quoi enrichir votre séjour. Il est précisé que les enfants peuvent participer à des activités sous la supervision d’un personnel qualifié tandis que les parents profitent d’autres excursions.

LIAISONS AÉRIENNES. Notez encore qu’il existe une liaison aérienne directe entre Bangkok et l’aéroport de Chiang Rai (CEI), au nord de la ville; plusieurs compagnies assurent cet itinéraire quotidiennement (comptez 1h30 de vol). Thai Smile et Thai Vietjet depuis l’aéroport Suvarnabhumi (BKK) et Thai Air Asia, Nok Air et Thai Lion Air depuis l’aéroport Don Muang (DMK). C’est dire que vous avez le choix. La compagnie low cost Thai Vietjet assure même une liaison directe depuis Phuket (HKT); Nok Air en fait de même depuis la ville d’Udon Thani (UTH). Sans parler d’autres liaisons directes assurées depuis quelques villes chinoises.

Depuis Chiang Mai, Chiang Rai se rejoint aisément en bus.

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Quid des éléphants sur place ?

La Fondation du Triangle d’Or pour les Éléphants d’Asie (GTAEF) est une organisation thaïlandaise à but non lucratif, créée en 2005, en étroite collaboration avec le groupe Minor, propriétaire de l’Anantara et son principal soutien financier. La GTAEF croit fermement que, dans un monde idéal, les éléphants devraient n’être que sauvages. Ce n’est malheureusement pas le cas. Aussi, la fondation vient en aide aux éléphants captifs en améliorant leur vie et leur bien-être quotidiens, tout en participant à des programmes de conservation et de protection des éléphants sauvages pour assurer la survie des troupeaux sauvages.

Voici résumés les objectifs de la fondation GTAEF :

  • Aider les éléphants qui ne peuvent pas s’entretenir eux-mêmes et ceux qui se trouvent, par suite d’abus ou de circonstances, incapables de fournir et de maintenir un revenu pour eux-mêmes, leurs cornacs et leur familles.
  • Grâce à son camp, la fondation veut montrer qu’il est possible pour les éléphants et les cornacs de gagner leur vie tout en maintenant des normes de soins de niveau élevé et en évitant de recourir à des travaux dangereux ou dégradants comme la mendicité dans les rues, l’exploitation forestière illégale ou les spectacles d’éléphants inappropriés.
  • Fournir un environnement contrôlable et sûr pour que les chercheurs et les vétérinaires puissent mener des recherches éthiques et non invasives sur les éléphants d’Asie, leur comportement et leur intelligence, dans le but d’apprendre à mieux les soigner en captivité et à les protéger dans la nature.
  • Travailler avec des mouvements écologistes pour protéger les pachydermes qui vivent encore à l’état sauvage en Thaïlande et développer des projets qui leur permettent de vivre confortablement dans les forêts. La fondation travaille également avec les communautés humaines entourant le territoire des éléphants afin de minimiser les conflits entre l’homme et l’animal.

Cette fondation se refuse à acheter des éléphants car ceci impacte négativement leur conservation et leur bien-être (alimentant leur capture dans la nature). Vous en apprendrez bien plus en consultant leurs explications (en anglais). Quoi qu’il en soit, s’en donnant les moyens, c’est là une fondation (parmi quelques autres) qui contribue au bien-être animal protégeant des éléphants qui en ont bien besoin.

The Golden Triangle Asian Elephant Foundation (GTAEF) – #HelpUsHelpElephants
En savoir plus sur les activités de cette Fondation du Triangle d’Or pour les Éléphants d’Asie sur leur site web, leur page Facebook, leur compte Twitter ou encore sur Instagram.


Autres attractions alentour

Les montagnes de la province de Chiang Rai accueillent beaucoup de minorités ethniques. C’est notamment là que résident le plus de Akha (en thaï : อ่าข่า), minorité d’origine tibéto-birmane. Si vous avez l’occasion de visiter la région à fin août/début septembre, ne manquez alors pas le Festival Akha de la Balançoire, un rite de fertilité qui permet aux jeunes filles de se mettre en avant. Ce sera une belle occasion d’aller à leur rencontre.

Musée Hall of Opium

Vous le verrez forcément puisqu’il se trouve pratiquement en face de votre hôtel, le Hall of Opium est le plus beau musée qu’il nous ait été donné de visiter en Thaïlande. Créé par la fondation royale Mae Fah Luang, très active à Chiang Rai, sous l’impulsion de S.A.R. la princesse mère – c’était donc la mère de S.M. feu Bhumibol le Grand – il a pour vocation de réduire la demande de drogues à travers l’éducation.

Le Triangle d’Or – la zone frontalière entre la Thaïlande, le Laos et le Myanmar – est la région qui naguère était tristement célèbre pour ses champs de pavot, ses trafiquants de drogue et ses seigneurs de guerre de l’opium. Entre les années 1960 et le début des années 1990, le Triangle d’Or a fourni la majeure partie de l’héroïne mondiale.

Bien que destiné aux personnes de tous âges et de toutes nationalités, le Hall de l’Opium est donc un musée interactif qui accueille également son public-cible, des adolescents et des jeunes adultes, eux qui sont les plus susceptibles d’être attirés par les drogues illégales, afin de leur montrer comment la dépendance à l’opium est devenue un problème mondial et comment l’abus de drogues affecte les individus, leurs familles, leurs quartiers et même leur pays. Le musée a été conçu pour y passer un moment amusant, captivant et divertissant, tout en fournissant des informations ludo-éducatives. Couvrant une surface de 5 600 m², le musée est le fruit de près de 10 ans de recherche. Ses visiteurs y découvrent l’histoire de l’opium, vieille de 5 000 ans : comment cette drogue a servi à traiter des maladies, comment son utilisation s’est répandue dans le monde, comment l’expansion impérialiste a utilisé l’opium pour la colonisation et le contrôle économique de la Chine, et comment elle a fini par dominer dans le Triangle d’or ainsi que dans d’autres parties du monde, comme l’Afghanistan. Les visiteurs sont également informés des problèmes actuels de dépendance que crée l’opium et d’autres drogues illégales, des efforts déployés pour contrôler les drogues et des conséquences de l’abus de drogues et de la dépendance qu’elles causent. D’intéressantes expositions temporaires y sont également organisées. Le très grand parc est fort agréable.

Musée Hall of Opium (หอฝิ่นอุทยานสามเหลี่ยมทองคำ)
Site web et emplacement (pas de page Facebook à notre connaissance; quant aux avis TripAdvisor, ils ne sont manifestement pas pertinents, les visiteurs confondant ce musée avec le petit musée sis à Sop Ruak, voir ci-dessous).
Ouvert du mardi au dimanche, de 8h30 à 16h (c’est donc fermé le lundi). Le prix est de THB 200.- (THB 150.- pour les visiteurs thaïlandais); les enfants en dessous de 12 ans entrent gratuitement.
L’on peut également rejoindre le site en transports en commun : songthaew (taxi collectif) depuis Mae Sai (แม่สาย, 1h) ou vieux bus jaune depuis la gare routière au cœur de Chiang Rai (สถานีขนส่งผู้โดยสารจังหวัดเชียงราย 1 (ท่ารถเก่า), entre 1h30 et 2h30 de route). Depuis l’Anantara Resort, il ne vous faudra que 10 minutes de marche pour rejoindre le musée.

ATTENTION : il y a un second musée dans la région, entièrement dédié à l’opium ! Il s’agit de la Maison 212 de l’Opium, sise à Sop Ruak, le bourg au bord du Mékong. C’est souvent là que certains tour-opérateurs vous emmènent car plus facile d’accès et plus près du port. Nous ne saurions que trop vous recommander la visite du Hall of Opium (sans forcément exclure celle de ce musée d’une envergure bien moindre).
212 House of Opium (พิพิธภัณฑ์บ้านฝิ่น)
Site web (plutôt bien réalisé), page Facebook et emplacement (les avis TripAdvisor ne sont manifestement pas pertinents, les visiteurs confondant ce musée avec son grand frère, le Hall of Opium, voir ci-dessus). La Maison 212 de l’Opium est ouverte tous les jours de 7h à 18h et son prix d’entrée n’est que de THB 50.-.

Site historique de Chiang Saen

Chiang Saen n’égale ni Ayutthaya ni Sukhothai mais il reste un site historiquement important. Dans la mesure où il n’est qu’à 12 km de l’Anantara Resort, il serait dommage de ne pas prévoir une visite. Difficile de croire que ce bourg paisible au bord du Mékong était jadis capitale du royaume du Lanna, dotée de 140 temples bouddhistes ! C’est là qu’est né le premier grand roi des chefferies du nord (le Lanna), Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai.

De nos jours, il ne reste que  quelques chedi en ruine, et seuls ses remparts, restaurés, témoignent un peu de son ancienne puissance. Les trois visites conseillées sont

  • le Wat Pa Sak (วัดป่าสัก), principal site historique, à l’ouest du bourg, et son fameux chedi du XIIIe siècle, jadis entouré de 300 arbres de teck (d’où son nom, ป่า (pa) signifiant bois et สัก (sak) le teck);
  • érigés sur une colline, le Wat Phra That Chom Kitty (วัดพระธาตุจอมกิตติ), détenteur de trois reliques du Bouddha en son chedi, et le Wat Chom Chaeng (วัดจอมแจ้ง) voisin, qui offre une belle vue depuis sa terrasse;
  • de même que le musée national de Chiang Saen (พิพิธภัณฑสถานแห่งชาติเชียงแสน).

Site historique de Chiang Saen et son musée national (พิพิธภัณฑสถานแห่งชาติเชียงแสน)
Site web (qui vous propose une visite virtuelle), avis TripAdvisor et emplacement (pas de page Facebook à notre connaissance).
Le site est ouvert du mercredi au dimanche, de 9h à 16h (c’est donc fermé les lundis et mardis). L’entrée vous coûtera THB 100.- (et seulement THB 10.- ou 20.- pour les visiteurs thaïlandais); nous ne connaissons pas la limite d’âge pour que les enfants entrent gratuitement.

Parc du Triangle d’Or. En vous rendant sur ce site historique (ou en rejoignant l’Anantara Resort depuis l’aéroport de Chiang Rai), vous passerez forcément au Phra Phuttha Nawalantue, appelé plus communément le Parc du Triangle d’Or (Golden Triangle Park en anglais, สามเหลี่ยมทองคำ en thaï), dans la localité de Sop Ruak (สบรวก). L’arrêt est presque obligatoire (et gratuit) : c’est là que médite un Bouddha géant, au bord du Mékong. Avis TripAdvisor et emplacement. Notez que la vue sera plus belle encore en grimpant sur la colline à l’arrière où a été érigé le Wat Pra That Pukhao (พระธาตุดอยปู่เข้า, พระธาตุดอยภูเข้า).

Mais encore

Impossible ici de dresser une liste exhaustive des attractions de la province de Chiang Rai mais, c’est promis, nous nous y attellerons bientôt. En attendant, si vous vous rendez dans la région du Triangle d’Or, il vous faudra alors visiter ces quelques attractions incontournables :

  • Le Temple Blanc, qui s’appelle Wat Rong Khun (วัดร่องขุ่น), est l’attraction touristique no 1 de la province; c’est elle qui attire le plus de monde. Nous vous avons déjà présenté la magnificence de ce temple bouddhiste dans notre article La splendeur du Temple Blanc.
  • Le Bandam Museum (พิพิธภัณฑ์บ้านดำ), plus connu comme la Maison Noire, est l’autre grande attraction à ne pas manquer, située non loin de l’aéroport. Le site, bucolique, vous permet de découvrir les œuvres du premier grand artiste thaïlandais connu internationalement, feu Thawan Duchanee. L’entrée, qui était naguère gratuite, est devenue payante (THB 80.-/personne). C’est ouvert tous les jours de 9h à 17h (il y a généralement une pause à midi). Site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.
  • Les plantations de thé Choui Fong (ไร่ชา ฉุยฟง), nichées dans les collines au nord de la ville, vous permettront de vous reposer, bénéficiant d’une vue superbe, en sirotant un thé (en 2009, leur thé Oolong a obtenu la médaille d’or du meilleur thé, décernée par l’organisation Green Tea Japan). Site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement. À moins que vous ne préfériez vous rendre dans la mecque du thé en Thaïlande, le village montagneux de Mae Salong, appelé Santikhiri (หมู่บ้านสันติคีรี), à 1h30 de route de Chiang Rai.
  • Le parc Singha vaut le détour avec ses nombreuses cultures tirées au cordeau. C’est là que s’y déroule la Balloon Fiesta, festival des montgolfières, à mi-février. On vous en parle en détail dans cet article.
  • Et enfin le projet Doi Tung dans son ensemble, avec le parc et la villa royale sur la montagne, le tout créé sous l’égide de la Fondation Mae Fah Luang, instigatrice du Hall of Opium (voir ci-dessus). Un site animé dont on vous parle régulièrement sur notre page Facebook.
  • Sans oublier la ville même de Chiang Rai et son marché de nuit très animé.

NOS ARTICLES SUR CHIANG RAI, LA PETITE SŒUR DE CHIANG MAI :

▶︎ Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai
▶︎ La splendeur du Temple Blanc (magnifiée par un festival nocturne)
▶︎ Le parc Singha et sa Balloon Fiesta, le Festival des Montgolfières
▶︎ Festivités du Songkran au nord de la Thaïlande (où l’on aime l’eau)
▶︎ Triangle d’Or. Dormir à la belle étoile sous une bulle, au pied des éléphants
▶︎ Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité fêté à Chiang Rai

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La chaîne hôtelière Anantara

C’est en 2001 que la première propriété Anantara a ouvert à Hua Hin, plus ancienne station balnéaire thaïlandaise. La marque appartient à l’un des groupes hôteliers les plus importants d’Asie, Minor Hotel, créé en 1978 par un homme d’affaires thaïlandais d’origine américaine. Un groupe qui possède pas moins de 530 propriétés dans 56 pays (à titre d’exemple, les NH Hotels leur appartiennent) ! Aujourd’hui, il existe près de 39 propriétés exploitées sous la marque Anantara de par le monde.

« La vie est un voyage ». Tel est le credo de cette chaîne hôtelière qui s’est étendue dans le monde entier – des villes cosmopolites aux îles luxuriantes, en passant par les sables du désert, les sites patrimoniaux, les plages inexplorées et les destinations de tourisme contemporaines. Leurs hôtels et complexes de luxe s’adressent à des hôtes distingués. Un séjour dans un complexe hôtelier Anantara est un chapitre de plus inscrit dans une vie faite de voyages et d’exploration. Et leur personnel tient à ce que ce chapitre soit extraordinaire.

Au royaume de Thaïlande, ce ne sont pas moins de 12 luxueux complexes Anantara qui vous accueilleront. Celui de Chiang Rai bien sûr, deux sites attenants à Chiang Mai, deux adresses également dans la capitale, Bangkok. Mais également des resorts dans les plus beaux sites balnéaires de Thaïlande, que ce soit à Hua Hin, premier hôtel du groupe, ou dans les îles de Phuket, Ko Samui ou encore Ko Phangan. De quoi vous laisser le plus beau souvenir de votre séjour siamois.

Avec Booking.com, découvrez toute l’offre hôtelière de la chaîne de luxe Anantara en Thaïlande, au meilleur prix :

▶︎ à Bangkok, le Riverside Resort, jouxtant la Chao Phraya, et le Siam Hotel, au cœur du quartier historique;
▶︎ à Chiang Mai, le Chiang Mai Resort, au bord de la rivière Ping, et le Chiang Mai Serviced Suites, juste en face;
▶︎ à Hua Hin, l’Anantara Resort;
▶︎ deux resorts sur l’île de Ko Samui : l’Anantara de Bophut, nom de la plage, et l’Anantara Lawana, sur la plage plus animée de Chaweng;
▶︎ et sur l’île de Ko Phangan, le resort Rasananda Villas;
▶︎ pas moins de 3 complexes à Phuket qui satisferont les plus exigeants : Layan Resort, Mai Khao Villas & Phuket Suites & Villas;
▶︎ et donc à Chiang Rai, le complexe hôtelier Golden Triangle dont nous vous avons parlé ci-dessus.

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D’autres hébergements « bulle » en Thaïlande

L’Anantara Resort n’est bien entendu par le seul établissement hôtelier à proposer un hébergement-bulle en Thaïlande. On vous en cite quelques-uns qui pourraient peut-être vous intéresser, d’autant que les prix sont nettement plus abordables ! L’un se situe dans le sud balnéaire, ce qui vous permet d’être bercé par le son des vagues… Alors, tenté par une nuit à la belle étoile au Siam ?

Immersion dans la nature montagneuse de Pong Yaeng au North Star Valley © Facebook

Honneur au North Star Valley puisqu’il se situe lui aussi au nord de la Thaïlande, non loin de Chiang Mai, dans le district de Pong Yaeng. La vallée de Mae Sa est connue pour ses nombreuses attractions touristiques le long de la rivière éponyme, la Sa. Et cet hébergement-bulle en est une, et non des moindres. La chambre-bulle vous offre une belle vue sur les montagnes alentour, habitées par plusieurs ethnies minoritaires. Vous pourrez ensuite vous rendre à Mon Jam, une région collineuse qui ne manque pas de charme (vidéo). Ces quelques photos vous donnent un aperçu de l’offre hôtelière; vous pourrez y séjourner dès THB 3’500.- la nuit (tarif de haute saison).

North Star Valley (หุบเขาดาวเหนือ) sur Facebook. Peu d’avis sur TripAdvisor, les Thaïlandais n’utilisant pas vraiment ce site d’évaluation. Vous devrez contacter la structure hôtelière pour réserver car il semble que la réservation via Booking ne soit plus disponible. Soit via Messenger, soit via leur adresse Email, soit encore en leur téléphonant (+66 80 565 1111). Ou simplement, comme bien souvent en Thaïlande, vous rendre sur place.

Et à Mon Jam, ce ne sont pas les hébergements orignaux qui manquent ! Il y a là par exemple des chambres sous forme de dôme avec une grande ouverture transparente. C’est par exemple le cas du Moningdao Resort. Les chambres sont facturées entre THB 1’000.- et THB 3’500.-/nuit, selon la tente et selon la saison. Cependant, l’accumulation de tous ces hébergements en un même lieu pourra en rebuter certains. Mais même si vous n’y dormiez pas, n’hésitez pas à vous y arrêter pour y boire un verre et jouir de la vue.

Moningdao Resort (ม่อนอิงดาว). Leur page Facebook et leur site web. Pas encore d’avis sur TripAdvisor. Et là aussi vous devrez les contacter pour réserver car la réservation via Booking n’est pas fonctionnelle. Soit via Messenger, soit via leur adresse Email, soit via Line, soit encore en leur téléphonant (+66 86 216 7405 et +66 89 952 0202). Ou alors vous rendre sur place (attention, le week-end, le coin est pris d’assaut).

Au sud de Chiang Mai, un resort offrant des tentes a complété son offre avec des dômes offrant eux aussi une partie transparente pour profiter de la vue (si l’on est honnête, on ne parlera pas ici de bulle transparente). Il s’agit du Ban Khwan Glamping (บ้านขวัญ Glamping), à Hang Dong. Glamping est un terme anglais intraduisible utilisé pour une forme de camping impliquant un hébergement et des installations plus luxueuses que celles associées au camping traditionnel. Ainsi, ce complexe hôtelier devrait satisfaire tout citadin en quête d’un petit refuge dans la nature – sans pour autant renoncer au confort de la vie citadine.

Ce luxe, tout relatif, vous est proposé à THB 1’200.-/nuit en semaine et THB 1’500.- les vendredis et samedis soir, de même que les jours fériés. Les sanitaires sont communs.

Ban Khwan Glamping (บ้านขวัญ Glamping), à Hang Dong. Leur page Facebook (aucun site web à notre connaissance). Ici aussi, aucun avis sur TripAdvisor. Vous devrez les contacter pour réserver car la réservation via Booking n’est pas fonctionnelle, là aussi. Soit via Messenger ou alors en leur téléphonant (+66 89 987 4242). Ou, comme toujours, vous rendre sur place.


Khao Yai est le premier parc national thaïlandais et l’un des meilleurs; il permet d’y voir relativement facilement quelques animaux impressionnants. Et c’est là qu’est située la Casa De Montaña. Un resort qui propose de dormir tant dans des caravanes que des containers. Depuis juillet 2020, il ajoute à sa panoplie un camp d’igloos à bulles. Tout comme l’Anantara, c’est le luxe qui est proposé avec, par exemple, un jacuzzi privatif ! Certains considèrent le prix surfait; d’autres, des touristes étrangers, se plaignent du service. Quelle sera votre propre expérience ?

Casa de Montaña se trouve dans la province de Nakhon Ratchasima, dont le chef-lieu est appelé familièrement Korat, aux abords du parc national, ici. Site web du resort, page Facebook et avis TripAdvisor (qui ne tiennent pas compte du campement d’igloos à l’heure où nous écrivons). Les nouveaux hébergements sont proposés à THB 3’900.-/nuit en basse saison et THB 4’900.- durant la haute saison touristique (du 1er novembre au 28 février). Impossible de passer par Booking pour réserver; en revanche, ce moteur de réservation vous proposera moult autres hébergements aux abords du parc national Khao Yai (détails du parc, en anglais).

Comme promis et pour terminer, on vous emmène à la mer, sur l’île enchanteresse de Phuket. À Rawai plus précisément, là où se situe le See Safari Experience. Un complexe hôtelier balnéaire qui ne vous offre pas vraiment une bulle transparente mais un dôme avec une grande surface transparente, histoire de préserver quelque peu votre intimité. Le coin plage devant vous est privé. À moins que vous ne préfériez plonger dans la piscine du resort.

See Safari Experience. Vous les retrouvez sur leur page Facebook. Réservez vite votre dôme sur Booking.com où le resort est noté « Très bien » (avec une note globale de 8,1). Il vous en coûtera près de THB 3’000.-/nuit. C’est ici, en mer d’Andaman. Attention cependant : certaines des tentes ne sont pas en bord de mer, certaines n’ont pas la climatisation et suivant la marée, vous aurez une plage boueuse loin de l’idylle rêvée.

Voilà. Vous a-t-on fait rêver à travers les Jungle Bubbles, une offre d’hébergement unique au monde ? Nous l’espérons tout comme nous souhaitons vous voir bientôt en Thaïlande, que ce soit à l’Anantara du Triangle d’Or ou ailleurs.


1 La conversion monétaire correspond au taux de change du 22.06.2020

Sans indication contraire, les images proviennent de la chaîne hôtelière © Anantara Golden Triangle (site web et page Facebook) et de la fondation © GTAEF
Article composé le 26.06.2020 et mise à jour le 03.09.2020.

Rachaphruek. Chiang Mai en jaune !

C’est un émerveillement floral qui se produit annuellement à deux reprises : Chiang Mai, entre autres régions de Thaïlande, se pare de jaune durant la floraison du cotonnier jaune (qui annonce la fin de la saison froide, en février) et durant celle, plus abondante encore, de l’arbre rachaphruek1, qui a lieu en avril et annonce ainsi Songkran, le Nouvel An thaïlandais, fêté à mi-avril.

On vous parle aujourd’hui de l’abondante floraison du rachaphruek, un arbre venu d’Asie du Sud qui s’est parfaitement adapté au climat siamois. L’on vous dévoile notamment les endroits où vous pouvez admirer cette féerie choyée des photographes, au mois d’avril.

Majestueux cassier en fleur en ville de Chiang Mai © Facebook – Thinapob Proongsak

Un brin de botanique

Rachaphruek correspond à l’arbre cassia fistula dont les noms communs sont le cassier, le faux séné ou encore le faux caroubier. Une plante qui produit de magnifiques fleurs jaunes; ce qui explique son autre nom populaire, surtout en anglais, l’averse dorée ou la douche d’or (Golden Shower). Certains songent au mimosa à la vue de ces longues grappes de fleurs couleur citron.

Ne manquez pas la floraison du cassier, au mois d’avril !

© Facebook – Thailand Festival

Les feuilles caduques de cet arbre mesurant entre 10 et 20 mètres de haut sont masquées un mois durant par ses fleurs, produites en grappes pendantes de 20 à 40 cm de longueur. Une fois ses fleurs fanées tombées au sol, l’arbre laisse voir ses fruits, de longues gousses pendantes, brun sombre, mesurant de 30 à 60 cm de longueur et 2 à 2,5 cm de largeur. Elles émettent une odeur âcre et contiennent de 40 à 100 graines brun luisant, aplaties et de forme elliptique (attention, elles sont toxiques). Avouons que sans fleurs, cet arbre perd de sa superbe (et le fruit en question a plutôt tendance à l’enlaidir). Wikipédia vous en dit plus encore, en évoquant ses stipules, ses folioles, ses pédicelles, ses calices, ses sépales, ses corolles, ses étamines, ses pétales, ses anthères, ses ovaires, ou encore ses stigmates.

En Inde, c’est un arbre utilisé dans la pharmacopée ayurvédique, la pulpe du fruit sert par exemple comme léger laxatif. Son écorce contient des tanins permettant de produire une teinture rouge. Ici en Thaïlande, les anciens utilisent ses fleurs pour décorer leur coiffure; vous verrez également des danseuses traditionnelles en arborer. Dans les temples, la fleur rachaphruek est souvent déposée au pied des statues du Bouddha.

Cet arbre ne doit pas être confondu avec un arbrisseau qui donne lui aussi des fleurs jaunes et que les anglo-saxons appellent le cotonnier jaune (yellow cotton tree, สุพรรณิการ์ en thaï (suphannika), de son nom scientifique Cochlospermum regium). Originaire d’Amérique du Sud et devenu courant dans le Sud-Est asiatique, il fleurit généralement dès le mois de février, et ce jusqu’en avril (vidéo). Vous en trouverez notamment au parc Singha, à Chiang Rai, ce qui donne lieu à des photos romantiques.

Autre arbre offrant une floraison jaune, fleurissant, lui, dès la fin du mois de février : Handroanthus chrysanthus, un arbre rustique venu d’Amérique du Sud. Les Thaïlandais l’appellent เหลืองอินเดีย (lueang india), soit l’arbre indien jaune. Et lorsqu’il fleurit au bord des routes, beaucoup s’y arrêtent pour prendre des photos. Il y en a dans le district de Sansai, sur l’axe routier 1414, au nord de Chiang Mai, qui se termine à un carrefour d’où l’on rejoint Pai, dans la province de Mae Hong Son (route 1095).

Rachaphruek, un arbre sacré en Thaïlande

Il existe différentes appellations en fonction des régions du royaume. Ainsi, le terme officiel rachaphruek est-il remplacé par khun (คูณ), un nom plus facile à retenir. Ici au nord, l’arbre est aussi appelé lom laeng (ลมแล้ง). Au sud du pays, on parlera plus volontiers de lak kluea (ลักเกลือ) ou lak khoei (ลักเคย). Quel qu’en soit le nom, la vue de cet arbre flamboyant enjaunira votre quotidien.

Vous l’aurez compris, en pays Lanna et comme dans tout le royaume, c’est un arbre sacré. Sa couleur jaune correspond à la couleur du lundi en Thaïlande, jour-anniversaire du défunt roi Bhumibol le Grand (et accessoirement aussi celui de son fil, S.M. Rama X, le roi régnant). Les observateurs les plus imaginatifs voient dans le pollen du cassier le chiffre 9 en écriture thaï (๙), un chiffre porte-bonheur qui renvoie au roi Bhumibol le Grand, Rama IX… Notez que la reine douairière Sirikit a elle aussi sa fleur fétiche, le lilas des Indes. Une fleur dont nous vous reparlerons.

Par ailleurs, le jaune correspond à la couleur du bouddhisme thaïlandais. La fleur du cassier est de facto la fleur nationale de la Thaïlande (voulu depuis l’année 1963, ce titre n’est officiel que depuis le 26 octobre 2001). Les plus hardis des Thaïlandais voient dans la floraison simultanée des cassiers un symbole de l’unité et de l’harmonie du peuple thaïlandais…

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Où admirer ces explosions florales ?

La croissance du cassier étant meilleure en plein soleil, d’autant qu’il tolère la sécheresse, il s’agit d’une espèce souvent plantée à des fins ornementales, que ce soit dans les villes ou le long des axes routiers. Si vous êtes en Thaïlande au mois d’avril – ce qui vous permet d’y fêter le Nouvel An – vous verrez forcément ces arbres habillés de jaune.

En ville de Chiang Mai

La Rose du Nord n’est pas avare de cassiers (ses nombreux autres arbres constituent d’ailleurs une de ses agréables caractéristiques parmi d’autres). Avant d’entrer dans la Cité historique (« le carré »), généralement par la porte Tha Pae2 (ประตูท่าแพ), n’hésitez à vous promener le long des douves pour assister à ce spectacle floral qui ravira vos yeux. Les cassiers sont nombreux tout autour des remparts historiques de la Cité fortifiée, et plus encore dans la partie nord (vidéo); ainsi, la splendeur de leur floraison se reflète dans l’eau des douves et permet de très beaux clichés. Des fleurs qui recouvrent nonchalamment ces remparts protégés, ajoutant une note poétique.

Vous avez également quelques cassiers plantés aux abords du pont de fer (l’Iron Bridge, ขัวเหล็ก สะพานเหล็ก) qui amplifient sa touche romantique durant le mois d’avril. Quelques rues sont elles aussi bordées par cet arbre vous permettant d’y voir une averse d’or; signalons à titre d’exemple la route Rattanakosin, de part et d’autre du pont éponyme.

Et comment ne pas citer le parc Royal Flora, à l’extérieur de la ville, au pied du Doi Kham, lui qui porte précisément le nom de cette fleur, Rachaphruek (อุทยานหลวงราชพฤกษ์, le parc a opté pour la translittération Rajapruek). Créé à l’occasion d’une exposition horticole internationale organisée en 2006 en l’honneur du précédent roi, feu Bhumibol le Grand.

Il y a là plusieurs cassiers qui feraient presque oublier la présence d’une magnifique serre aux orchidées. Inutile de préciser que le logo du parc est précisément une fleur rachaphruek. Un parc dont on vous conseille vivement la visite, que ce soit durant la floraison des fleurs de cassier – en avril, rappelons-le – ou durant n’importe quelle autre période de l’année. On vous l’a déjà présenté dans notre article Le Royal Flora en fête.

En province

Mais peut-être aurez-vous déjà admiré le spectacle des fleurs de ces arbres en arrivant à Chiang Mai par le train (ou en quittant la ville en chemin de fer). Le long de la voie ferrée – qui se parcoure également en voiture, en moto ou en vélo – quelques arbres cassia fistula agrémentent le parcours entre Lamphun et Chiang Mai. Lamphun est par ailleurs une province qu’on vous conseille vivement de visiter, vous proposant d’intéressantes attractions et des festivals qui n’en sont pas moins (Festival du Longan, Festival Salak Yom…).

Au sud de Chiang Mai, dans le district de Hang Dong, des cassiers égaient la highway 2001 sur 200 mètres. En partant depuis le marché Nam Thong (ตลาดสด น้ำโท้ง), au bord de la rivière Ping, suivez cette route 2001 vers l’ouest, en direction de Ban Tawai, le fameux village des artisans (emplacement Facebook). En avril, tout est enjauni. Vous pourrez ensuite rejoindre le parc Royal Flora, plus au nord (voir ci-dessus).

Mae Taeng, au nord de la ville, vous permet de jouir de deux munificences simultanées: un temple bouddhiste splendide ouvert l’année durant, le Wat Ban Den (que nous aimons surnommer malicieusement « Le Vatican du bouddhisme »), et un tronçon enjauni par les cassiers au mois d’avril. Après la route 107 – celle partant de Chiang Mai en direction du nord – prenez la très belle route de campagne no 3038 et l’explosion florale des cassiers vous apparaîtra soudain. C’est dans cette aire qu’est organisée chaque année à fin décembre une chouette foire d’hiver avec une exposition florale que ne manquent en aucun cas les habitants de toute la province et au-delà. On parle bien sûr de la Foire d’Hiver de Muang Kaen.

D’ailleurs, si vous vous rendez à Mae Taeng par la route 107, peu avant Mae Rim, vous aurez au préalable pu admirer les cassiers en fleur en face du bâtiment provincial des impôts (สำนักงานสรรพากรพื้นที่เชียงใหม่ 2), sur votre gauche juste après la grande intersection.

On vous le signale sans faire d’amalgame : si vous avez prévu de vous rendre à Samoeng en mars – la boucle est fameuse depuis Chiang Mai – ne manquez alors pas d’admirer la floraison des cotonniers jaunes (suphannika) près du café Brand New Field, ici. C’est déjà dès mi-février qu’ils fleurissent. La visite du bucolique Wat Ton Kwen tout proche complètera judicieusement votre sortie.

Les plus aventureux d’entre vous se rendront vite compte que la province de Chiang Mai, au même titre que les autres provinces du nord, héberge moult endroits où vous pourrez admirer la munificente floraison des cassiers.

Bref vocabulaire thaï
ราชา (racha) : royal, relatif au roi
พฤกษ์ (phruek) : arbre, plante, flore
ต้นดอกราชพฤกษ์ (ton dok rachaphruek) : arbre à fleurs « royal »
ดอกราชพฤกษ์ (dok rachaphruek) : fleur « royale »
สีเหลือง (si lueang) : jaune (puisque telle est la couleur de cette fleur)


Et ailleurs en Thaïlande

Chiang Mai n’a pas l’exclusivité du cassia fistula ! C’est un arbre qui se plaît dans l’ensemble du royaume. Au nord bien sûr mais également au sud comme au centre, sans oublier le nord-est. Dans cette dernière région, l’Isan (อีสาน en thaï), beaucoup de routes sont bordées par ces magnifiques arbres fleuris, embellissant votre voyage. D’ailleurs, le sceau de Khon Kaen – une des provinces de cette région reculée – ne contient-il pas un stupa avec un arbre de chaque côté, dont l’un est un banian (Ficus benghalensis) et l’autre un… cassier.

Plus près de Chiang Mai, sur la route 1021 entre Phayao et Chiang Kham, tantôt vous admirerez des fleurs de cotonnier jaune (dès mi-février) et tantôt des fleurs rachaphruek (dès mi-avril). Vous savez d’ailleurs que pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai, on vous conseille depuis toujours d’effectuer le détour par Phayao et son joli lac (กว๊านพะเยา), un endroit enchanteur où vous pouvez, là aussi, admirer des arbres rachaphruek et leur floraison en grappe.

En parlant de Chiang Rai, là où se trouve le fameux Temple Blanc, plusieurs routes de cette province vous offrent elles aussi la possibilité d’admirer ces averses dorées. En revanche et à notre connaissance, le parc Singha ne semble pas avoir planté d’arbres rachaphruek, ce qui ne laisse pas de nous étonner. Cependant et comme déjà indiqué ci-dessus, c’est dès mi-février que peut être admiré une autre floraison, jaune et belle elle aussi, celle du cotonnier jaune. Le parc Singha n’en reste pas moins un parc paysager qui vaut la visite. Lisez donc notre article qui vous parle non seulement de ce parc mais également du Festival des Montgolfières qui y est organisé chaque année à mi-février. Plus proche de Chiang Mai, la ville de Lampang (เมืองลำปาง) est, elle aussi, embellie par des cassiers en fleur (vidéo).

In fine, en guise de clin d’œil et comme nous avons évoqué des fleurs flavescentes, signalons encore une autre fleur, jaune elle aussi, et qui fleurit en ce mois d’avril également : la fleur Dendrobium (Dendrobium lindleyi Steud, ดอกเอื้องผึ้ง en thaï). Ce sont de très belles orchidées de petite taille qui aiment, elles aussi, la lumière. Vous en retrouvez régulièrement accrochées aux arbres de la très belle route Chiang Mai – Lamphun (autres photos ici). Très belle car bordée par de majestueux Dipterocarpus alatus sur plusieurs kilomètres en direction de Lamphun (c’est ici, ตลาดหนองหอย). De part et d’autres, ce sont presque 1 000 exemplaires de ces arbres géants qui vous côtoierez ! Les Thaïlandais les nomment ยางนา, yang na. Une espèce – parmi tant d’autres – en danger de disparition du fait de la déforestation, hélas, trois fois hélas…

Alors bien sûr, où que vous vous rendiez, le spectacle de toutes ces fleurs resplendissantes ne justifie pas le déplacement à lui tout seul (du moins pas pour un touriste de passage). Mais si d’aventure vous deviez en profiter, les emplacements dont nous vous parlons aujourd’hui agrémenteront néanmoins agréablement votre journée. Et l’on vous rassure : les cassiers et ses grappes de fleurs enchanteresses se trouvent à mille autres endroits du Pays du Sourire que vous découvrirez sans nul doute au hasard de vos pérégrinations siamoises.

Vous aimez les fleurs ? Vous adorerez alors lire…
La Fête des Fleurs à Chiang Mai
À défaut de Fête des Fleurs, Chiang Mai Blooms anime la Rose du Nord
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Les champs de tournesols mexicains de Khun Yuam, à Mae Hong Son
Féerie de chrysanthèmes à Samoeng
Rachaphruek, Chiang Mai en jaune

Quittons-nous avec cette magnifique galerie des cassiers en fleur autour des douves de la Cité historique de Chiang Mai, au cœur de la ville. Un travail photographique que l’on doit à Checkin Chiangmai que nous remercions ici.


1 Pour le terme thaï complet ราชพฤกษ์, on retrouve bien souvent la translittération rajapruek (avec un j pour ราชา et sans h pour พฤกษ์). C’est d’ailleurs la translittération retenue par le parc royal Rajapruek. Mais vous nous savez fidèles au RTGS – Système général royal de transcription du thaï, ce qui nous pousse à adopter le plus officiel rachaphruek (avec ch pour le caractère ช et ph pour la lettre พ).
2 En cliquant sur les lieux indiqués, vous obtiendrez les coordonnées Google Maps.

Source de l’image à la une : Paisan Tinnachatarak © Facebook – Lanna Photo Club
Autres sources rédactionnelles que celles mentionnées dans l’article :
Publication Facebook du parc royal Rajapruek (traduction libre);
– Kapook! (ดอกราชพฤกษ์ ดอกไม้ประจำชาติไทย)
– Noy et Gilbert en Thaïlande (Ratchaphruek – La fleur nationale de Thaïlande).
Article composé le 20.04.2020 et mis à jour le 23.04.2020.

Makhabucha en Thaïlande, occasion de se rappeler le premier sermon du Bouddha

Une nuit de pleine lune qui est un jour férié en Thaïlande. Apprenez ce qu’il commémore – importante célébration aux yeux des Thaïlandais, découvrez les célébrations religieuses qui y sont liées et prenez connaissance des événements organisés plus spécifiquement ici à Chiang Mai (vous pourrez ainsi les vivre avec les locaux, tant aux aurores qu’à la tombée du jour). Avec des conseils de lecture en fin d’article pour qui s’intéresse au bouddhisme.

La prochaine célébration makhabucha en Thaïlande aura lieu le
lundi 6 mars 2023 (jour férié, sous réserve de modification)

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Édition 2021

La peur du Covid-19 aura retenu beaucoup de fidèles cette année et ce n’est donc pas une édition « normale » qui a été célébrée. Exemple ici au Wat Inthakin, sis à la place des Trois Rois, au cœur de la Cité historique de Chiang Mai, en photo et vidéo. Il y avait bien entendu plus de monde au Wat Chedi Luang, non loin, mais cependant bien moins qu’à l’accoutumée.

Dans toute la Thaïlande, il est des endroits plus spectaculaires que d’autres pour admirer ces célébrations. Ainsi, les moines du temple Na Tang Nok à Ayutthaya ont allumé 4 500 bougies pour rendre hommage à feu Luang Phor Jong, un moine mort en 1965, très vénéré et souvent représenté sur des amulettes.

Et comme à son habitude, la secte bouddhiste Dhammakaya s’est démarquée en réunissant 200 000 dévots sur Zoom.


La signification de la fête

La pleine lune de ce troisième mois lunaire sera donc l’occasion de célébrer makhabucha, jour qui marque deux événements distincts de la vie du Bouddha historique :

  • un sermon fait à 1 250 disciples au temple de Weluwan Mahawiharn, en Inde, et, 45 ans plus tard
  • ses derniers enseignements, avant que Gautama Sakayamuni n’abandonne son écorce terrestre et n’atteigne le nirvana.

Au-delà de ces deux événements, makhabucha est une importante fête bouddhiste qui célèbre l’enseignement de l’Éveillé, le dharma, l’un des Trois Joyaux du bouddhisme (les deux autres étant le Bouddha historique Shakyamuni lui-même et le sangha, la communauté bouddhiste). Étymologiquement, makhabucha1 (มาฆบูชา) ou wan makhabucha1 (วันมาฆบูชา, wan signifiant jour), vient du mois hindou magha et du mot sanskrit pooja signifiant célébration du culte. Avec le jour du Vesak – Wisakha Bucha (วันวิสาขบูชา) – une fête où l’on célèbre à la fois la naissance du Bouddha, son illumination et le nibbana, son « extinction définitive, ce sont là les deux fêtes les plus importantes du calendrier bouddhiste.

Ne fais rien de non vertueux,
Accomplis abondamment les actions vertueuses,
Dompte complètement ton esprit.
Voici les enseignements du Bouddha.

On raconte que neuf mois après son illumination, sans se concerter, 1 250 arhats (อรหันต์) – vénérables dont l’état correspond plus ou moins à nos saints chrétiens – rejoignirent le Bouddha pour lui rendre hommage la nuit de la pleine lune au jardin Weluwan. Le Tathagata leur rappela alors trois principes qui résument sa philosophie : faire le bien (ทำความดีทั้งทางกาย วาจา และใจ), éviter le mal (ไม่ทำความชั่ว) et garder la pureté de l’âme (ทำจิตใจให้บริสุทธิ์).

Makhabucha au Wat Phan Tao © – Facebook – Canvas of Light

Vous avez ici l’histoire de cet événement résumée en vidéo (attention, c’est là une réalisation produite par DMC, le média d’une branche sectaire du bouddhisme thaïlandais, qui aime à promouvoir ses spectaculaires cérémonies, reprises régulièrement par les médias du monde entier comme la cérémonie makhabucha de l’année 2018) :

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Cérémonies religieuses

Les fidèles observent ce jour un certain nombre de règles. Les rituels donnent lieu à des moments émouvants pour tout touriste qui prendra la peine de les observer.

Aux aurores, les Thaïlandais vont au temple acquérir des mérites2; ils font tak bat (ตักบาตร), apportant des offrandes de nourriture aux moines (bat (บาตร) étant le mot thaï du bol à aumônes).

En journée, les fidèles participent aux activités du temple, font des donations et écoutent les sermons des moines. Belle occasion de faire tham bun (ทำบุญ, faire le bien pour acquérir des mérites2 dans le cycle des réincarnations) : ce jour-là, beaucoup d’oiseaux vendus dans des cages retrouvent par exemple la liberté et les poissons dans les bassins des temples reçoivent plus de nourriture qu’à l’accoutumée.

Dès la tombée de la nuit, de spectaculaires processions enluminent les temples de cette nuit de pleine lune. Les fidèles effectuent trois circumambulations autour du bot du temple en tenant une bougie, trois bâtons d’encens et des fleurs (une grosse fleur de lotus est souvent de la partie) : un tour en l’honneur du Bouddha, un deuxième pour son enseignement (le dharma) et un dernier pour ses disciples (le sangha). Ce sont là les Trois Joyaux précédemment évoqués. Après le troisième tour, chacun dépose la bougie devant le sanctuaire. Ce rituel est appelé wian thian (เวียนเทียน), wian signifiant cercle et thian bougie.

Découvrez ici les joyeusetés de cette fête annuelle :

Les Thaïlandais (bouddhistes) tâcheront d’observer les 5 préceptes de base (เบญจศีล ou ศีลห้า) afin de progresser sur la voie de la délivrance : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas tromper son conjoint ou sa conjointe, ne pas mentir, ne pas boire d’alcool.

En Thaïlande, la vente d’alcool est prohibée depuis le jour précédent, à midi. La plupart des bars choisissent par conséquent de fermer durant makhabucha; il en va de même des boîtes en soirée. S’agissant d’un jour férié, les banques et les administrations seront fermées, de même que de nombreuses entreprises ou encore la plupart des musées (les centres commerciaux, eux, restant ouverts). Avant de vous dévoiler les célébrations qui se tiennent à Chiang Mai, voici un clip réalisé l’année dernière par le Bureau national thaïlandais du Bouddhisme à l’occasion de cette fête religieuse :

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Célébrations à Chiang Mai

On vous l’a déjà dit, c’est jour férié durant makhabucha (avec interdiction officielle de vendre de l’alcool), ce sera donc un long week-end pour la gent travailleuse. Cette année 2021, après des mois de restrictions quant aux événements publics – le dernier d’entre eux étant la fameuse Fête des Fleurs annulée au début du mois de février – les célébrations de makhabucha devraient rassembler passablement de monde. Le Bureau national du bouddhisme insiste d’ailleurs sur les mesures sanitaires à observer sur place.

En ce jour de makhabucha, c’est généralement l’effervescence dans les temples du royaume. En plus des cérémonies religieuses et autres sermons en journée, ne manquez pas les deux temps forts de cette fête bouddhiste :

  • les offrandes matutinales de nourriture aux moines (tak bat), toujours spectaculaires (et émouvantes) avec le défilé de dizaines de moines, et
  • les processions illuminées en soirée (wian thian).

Ainsi et comme chaque année, sur la route culturelle de l’Université de Chiang Mai (CMU) qui mène au Wat Fai In (วัดฝายหิน), des dizaines de moines recevront les offrandes des fidèles dès 6h45 ce vendredi 26 février 2021 (privilégiez les dons de riz). La ronde nocturne autour du temple a généralement lieu, elle, à 19h. Ce jour-là, les dévots s’habillent bien souvent de blanc. Ce temple diffuse la plupart des cérémonies qui s’y déroulent en direct sur Facebook (vidéo de l’édition 2018).

Cette année, en raison de la fermeture du pays au tourisme, nous ne vous indiquerons point les heures officielles des cérémonies de chaque temple. On vous invite simplement à vous rendre dans les temples bouddhistes dès la tombée du jour en ce vendredi 26 février 2021, la quête spirituelle ne s’embarrassant point de contraintes temporelles précises. La lueur de la pleine lune conjuguée à celle des bougies et autres lampions vous feront vivre une soirée mémorable. Notez que le bouquet contenant une bougie, les trois bâtons d’encens et la fleur de lotus vous sera vendu sur place pour une poignée de bahts. D’ailleurs, ce soir-là, l’entrée des grands temples est envahie par les marchands (principalement des stands de nourriture).

Aux yeux d’un véritable bouddhiste, aucun temple n’a plus de valeur qu’un autre ! Néanmoins, les habitants de Chiang Mai, pour diverses raisons liées à l’histoire de leurs temples, privilégient certains d’entre eux (du moins pour ceux qui ne se rendent dans leur temple de quartier). On vous en liste ci-dessous quelques-uns qui ont notre préférence, classés par ordre de leur importance supposée.

  • Le Wat Phra That Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพ), sur la montagne tutélaire de la ville. Son aura actuelle est due à sa rénovation voulue par le moine le plus vénéré du nord thaïlandais, Khruba Siwichai. Cérémonie d’offrande en matinée (elle se fait habituellement à 7h) et procession illuminée en soirée; pas d’indications plus précises en notre possession. Si vous y allez en soirée, alors il vous faudra impérativement vous arrêter au préalable au Wat Palad (วัดผาลาด, สกทาคามี), un temple de la forêt qui ne manquera pas de vous ravir. De même au sanctuaire dédié à Khruba Siwichai (อนุสาวรีย์ครูบาศรีวิชัย), au pied de la montagne, toujours très animé. Que ce soit durant makhabucha ou le reste de l’année, nous vous conseillons fortement de visiter ce temple hors des sentiers battus, à savoir aux aurores (tel que vous le propose ce circuit exclusif, accompagné d’un ancien moine bouddhiste).
  • Le Wat Phra Singh Woramahawihan (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร), au cœur de la cité fortifiée (« le carré »). C’est le temple le plus vénéré de la ville. La procession illuminée a généralement lieu dès 20h, après un sermon donné à 19h.
  • Le Wat Chedi Luang Worawihan (วัดเจดีย์หลวง, dont l’entrée est gratuite à cette occasion); c’est là que vous retrouverez une ambiance authentique empreinte de religiosité. Un sermon est donné à 9h du matin et la procession illuminée a lieu dès 19h. Un des temples où nous vous conseillons très fortement de vous rendre pour vivre cette célébration. De notre point de vue, le Wat Chedi Luang se doit impérativement d’être visité lors de votre venue à Chiang Mai, idéalement une fois la nuit tombée.
  • Le Wat Phan Tao (วัดพันเตา), non loin du précédent, n’organise plus sa très belle cérémonie avec de jeunes moines au pied du Bouddha, illuminés par des centaines de lampions. La célébration attirait plus les touristes et les photographes que les dévots bouddhistes, qui affluaient dès le crépuscule. S’ensuivait wian thian, soit la procession illuminée. Qui c’est si le Wat Sai Moon Muang (วัดทรายมูลเมือง) n’offrira une cérémonie similaire… Emplacement et page Facebook.
Cérémonie de naguère au Wat Phan Tao, une célébration qui était devenue plus photogénique que religieuse © Facebook – ช่องมองภาพ โลกหลังเลนส์f‎ (Chiangmai Photo Club)
  • Le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก พระอารามหลวง) est le temple qui abrite les mausolées royaux du Lanna. Au programme : récitation de prières, écoute d’un sermon puis procession illuminée (wian thian). L’endroit, avec son très bel éclairage, est propice à des cérémonies nocturnes.
  • Autre temple très prisé des dévots bouddhistes, le Wat Chiang Man (วัดเชียงมั่น), plus ancien temple de Chiang Mai. Il fait partie des visites incontournables de la Rose du Nord.
  • Le Wat Umong Suan Phutthatham (วัดอุโมงค์ สวนพุทธธรรม) est un temple de la forêt, obédience siamoise du courant theravâda, construit au pied du Doi Suthep. Ses galeries souterraines, jadis peintes, le rende unique. Vous pourrez y vivre le programme habituel d’une journée makhabucha : récitation des prières, écoute du sermon (qui se donne bien entendu en langue thaï) puis cérémonie proprement dite de la triple circumambulation (wian thian). L’année dernière, le tout sétait déroulé le lendemain du jour de makhabucha
  • Le Wat Lok Moli (วัดโลกโมฬี), un temple tout en bois, récemment rénové, qui nous charme à chacune de nos visites. En 2019, c’est un programme étendu qui était proposé sur 3 jours : l’on pouvait y pratiquer le dharma (enseignement, méditation et autres activités religieuses) en plus des festivités de makhabucha à proprement parler, commençant par la récitation de prières et finissant comme il se doit par la triple circumambulation aux chandelles.
  • Le Wat Jed Yod (วัดเจ็ดยอด), à l’écart, un magnifique temple d’inspiration hindoue, avec ses sept tours (chet (ou jed, เจ็ด) est le terme thaï indiquant le chiffre 7), dans un parc où règne la sérénité. Ici aussi aumônes matinales, sermon en soirée puis cérémonie aux chandelles.
  • On termine par le Wat Ket Karam (วัดเกตการาม) et son grand chedi au faîte sombre, sur la rive est de la rivière Ping, à l’écart de l’affluence touristique. La journée de makhabucha est habituellement bien remplie avec une récitation de prières matinales suivi des aumônes aux moines puis, en soirée, nouvelle récitation de prières suivie, elle, d’un sermon et de wian thian, soit la procession illuminée.

En combinant les divers horaires, vous pourrez assister à plusieurs cérémonies mais le mieux est de rester à un seul endroit et de s’imprégner de l’ambiance dévotieuse qui y règne. Nous vous rappelons tout de même que tous les temples ou presque fête makhabucha en ce soir du 26 février. Canvas of Light vous permet d’admirer la magie des lieux durant cette fête. Et même si ces cérémonies n’ont pas la somptuosité de la célébration organisée à Pathum Thani, au nord de Bangkok par le Dhammakaya – la secte bouddhiste dont nous vous avons parlée plus haut, elles valent toutes le déplacement de par leur authenticité.

© Facebook – Canvas of Light
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Et même dans les centres commerciaux !

Attention : ce sont là les indications de l’année 2020 ! Les centres commerciaux, ouverts tous les jours, de peur de voir fuir leur clientèle ce jour-là, y vont aussi de leur cérémonie ! Et les moines se prêtent volontiers à cette mascarade. Le rendez-vous matinal est par exemple fixé au Central Festival : dès 7h, 99 moines attendront les fidèles (qui riment ici avec consommateurs) pour recevoir l’aumône (tak bat). Même horaire pour le même type de cérémonie au centre commercial MAYA.


Nuit de super Lune (durant l’année 2020)

Que vous soyez émerveillé par ces cérémonies à la lueur des chandelles ne doit pas vous faire oublier que la nuit du samedi 8 février 2020 était une nuit de super Lune (de neige, en Occident). Ce qui n’a rien de surprenant, les célébrations bouddhistes se basant sur le calendrier lunaire. Concrètement, en levant les yeux au ciel, l’on pouvait admirer l’astre lunaire plus brillant qu’à l’accoutumée. Les passionnés pouvaient se rendre à l’AstroPark de la princesse Sirindhorn où une soirée spéciale était organisée, permettant de voir la Lune de près (site web, page Facebook, emplacement). L’Institut national thaïlandais de recherche astronomique (NARIT), sis à Mae Rim, au nord de la ville, organise souvent de telles portes ouvertes et son nouvel AstroPark enrichit l’offre muséale de Chiang Mai; un musée qui ravira les aspirants astronomes et les familles avec enfants.


Faire le bien et acquérir des mérites

Cette fête religieuse dynamise le prosélytisme bouddhique. Ainsi, c’est une période où s’ouvre généralement la Semaine des missionnaires bouddhistes, occasion de répandre les enseignements du Bouddha (un événement (ici en 2018) organisé par le Bureau Provincial du Bouddhisme). Parmi les activités proposées : un grand nettoyage en journée (Big Cleaning Day) autour du Wat Phra Singh, au cœur de la cité historique, une compétition de questions/réponses sur le dharma, l’écoute de sermons et la récitation de prières, de même qu’une méditation marchée à la bougie.

Une ancienne affiche incitant les dons du sang à l’occasion de makhabucha.

En Thaïlande, faire tham bun c’est faire le bien pour acquérir des mérites dans le cycle des réincarnations. Cette acquisition des mérites, un concept cher aux Thaïlandais2, passe également par des bonnes actions comme le don de sang. Ainsi, durant la fête de makhabucha 2021, les habitants de Chiang Mai sont particulièrement invités à donner leur sang le 26 février, de 8h30 à 15h30, au centre de récolte sanguine de la Croix-Rouge (ภาคบริการโลหิตแห่งชาติที่ 10 จังหวัดเชียงใหม่, Red Cross Blood Donations, à côté du complexe nocturne Zoe in Yellow). Le personnel de la faculté de médecine de l’université de Chiang Mai (CMU) vous le demande en vidéo.

On vous souhaite la plus belle des fêtes de makhabucha en espérant que vous aussi, à cette occasion, vous fassiez le bien, évitiez le mal et gardiez la pureté de votre âme 😌

© DMC

Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Voici quelques ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

Bouddhisme - Livres Montage 1.jpeg

Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


Vous l’aurez compris, avec l’entrée des bonzes dans la retraite monastique de trois mois, asaraha bucha et khao phansa, sa sortie, ok phansa, et la cérémonie des offrandes de nouvelles robes aux moines, thod khatin, makha bucha fait partie des plus importantes célébrations bouddhistes de l’année ici en Thaïlande, où le courant largement majoritaire est le bouddhisme Theravāda.

Et pour vous remercier de votre attentive lecture, on vous offre une superbe vidéo de ce qu’est la célébration de cette fête à Kalasin, dans l’Isan, le nord-est rizicole du royaume de Thaïlande :

Indépendamment du texte qu’affiche Facebook, il vous suffit de cliquer sur l’encadré ci-dessus pour visionner la vidéo !

LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE
● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique.
Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon.
● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ».
● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne.
● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).

Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.


1 Nous adoptons ici la transcription selon le Système général royal de transcription du thaï (RTGS), basé sur la langue anglaise (la prononciation française est donc différente : lorsque l’on écrit par exemple tham bun, un francophone devra lire tame boune).
2 Sur cet important concept cher aux Thaïlandais, l’on vous invite à lire l’interview d’un grand spécialiste des religions, Odon Vallet, reproduite dans notre article Wat Ton Kwen à Chiang Mai. Offrande de riz et feu en l’honneur du Bouddha.
3 À chaque fois que nous nous sommes amusés à compter le nombre de moines indiqué, jamais le compte n’y était.

Source de l’image à la Une : © Facebook.
Article composé le 08.02.2020 et mis à jour le 20.02.2023

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