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Féerie de chrysanthèmes à Samoeng

C’est à une bucolique virée florale que l’on vous convie. Une contrée ignorée du tourisme de masse où les seuls visiteurs sont locaux. Un endroit qui vous permettra de respirer le bon air de la montagne car Samoeng est une région montueuse aux multiples vallées encaissées. Mais avant de vous dévoiler où se trouvent précisément ces champs de chrysanthèmes qui attirent Thaïlandaises et Thaïlandais, un peu d’histoire et de géographie vous sont imposées.

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© Chiang Mai De-ci De-là

De la Chine au Japon – Une plante asiatique

S’intéresser au chrysanthème – un nom de genre qui vient du grec et signifie «fleur d’or» – c’est voyager en Chine, d’où la plante est originaire, et au Japon, où les fleurs sont considérées propices à la longévité et à la jeunesse éternelle. En Chine, le chrysanthème vivace fait partie des Quatre nobles plantes, associées au Quatre gentilshommes du confucianisme – qui en symbolisent des vertus – de même qu’aux quatre saisons. Au Japon, le Festival du chrysanthème est l’un des cinq festivals anciens et sacrés de l’empire. On doit la première description botanique du chrysanthème au botaniste provençal Thomas d’Audibert de Ramatuelle. En 1792, il a pu analyser une plante ramenée de Chine par le navigateur marseillais Blancard, sous le nom de « camomille à grandes fleurs ».

Au chrysanthème   题菊花 

Au vent d’ouest glacial, vous êtes florissant dans mon jardin   飒飒西风满院栽
Votre parfum n’attire nul papillon frileux 蕊寒香冷蝶难来。
Si je deviens un jour maître du printemps   他年我若为青帝,
Je vous inviterai à vous épanouir avec la fleur du pêcher   报与桃花一处开。

Ode au chrysanthème, célèbre poème chinois à la gloire du chrysanthème, œuvre de Huang Chao (黄巢), farouche chef d’une jacquerie paysanne contre la dynastie Tang

Le Chrysanthème des fleuristes – Chrysanthemum ×grandiflorum ou Chrysanthemum ×morifolium – est une plante ornementale appelée également Chrysanthème d’automne. Et c’est justement à la fin de la saison des pluies, vers mi-octobre ici au nord de la Thaïlande, que cette plante vivace offre sa floraison aux yeux émerveillés. Au fil des siècles, à force d’hybridations, ce sont des milliers de cultivars différents qui existent maintenant de par le monde. Inutile de regarder la fleur pour savoir à quoi l’on a à faire car c’est principalement en regardant les feuilles, caduques, que l’on saura s’il s’agit d’un chrysanthème !


Et en Thaïlande

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© Chiang Mai De-ci De-là

Dans la région de Samoeng, c’est une variété à fleurs simples qui est cultivée – généralement jaunes ou blanches; elles ont une allure de marguerites. Vous savez déjà que dok (ดอก en thaï) signifie fleur; la fleur de chrysanthème est appelée dok kek huai (ดอกเก๊กฮวย).

Le chrysanthème a longtemps été utilisé comme plante médicinale pour traiter les maladies respiratoires, la fièvre, les règles difficiles et les flatulences. Il est également comestible, les jeunes pousses et les pétales étant consommés frais dans des salades ou cuits dans des gâteaux alors que les fleurs séchées servent à produire tisanes et liqueurs. Attention, de nombreuses personnes réagissent négativement à la sève du chrysanthème, développant une dermatite de contact après une exposition prolongée à la plante. Les chrysanthèmes sont d’ailleurs considérés comme toxiques pour de nombreux animaux.

Une fleur aux nombreuses vertus cependant. Ainsi de ce site médical thaïlandais qui ne lui en trouve pas moins de 26 ! Les Thaïlandais apprécient la fleur de chrysanthème pour deux raisons principales : une fois séchée, elle se conserve longtemps. Qui plus est, elle permet de composer un breuvage qui se boit chaud ou froid, le thé de chrysanthème, une boisson rafraîchissante lorsque l’on a soif.

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© Chiang Mai De-ci De-là

Les champs de chrysanthèmes de Samoeng

Dans une petite vallée perdue du district de Samoeng, à l’ouest de Chiang Mai, ce sont des centaines d’arbrisseaux qui ont été plantés sur les collines. Ainsi, le village de Baan Om Long (บ้านอมลอง, dans le sous-district de Mae Sap) attire de nombreux admirateurs. Les jeunes (et moins jeunes) Thaïlandaises adorent se faire photographier au milieu des cultures, simulant la cueillette. Des blogueurs régionaux ont popularisé l’endroit, en le photographiant sous ses meilleurs atours : @TheiywLaewHlaw, @IAmSeason9, คนขี้เล่า เหงาก็เที่ยว ou encore หมีบรื้น : The Wanderer Bear. C’est notamment grâce à ces photos que Baan Om Long est devenu très récemment populaire. Les couples y posent maintenant pour leurs photos de mariage. Le romantisme à la sauce thaïlandaise.

Sur place, durant la saison de la cueillette, les journaliers œuvrent sous une chaleur accablante, protégés par des parasols. Vous pourrez bien entendu déguster la boisson et acheter une galette de fleurs séchées (elle est vendue THB 100.-). À défaut, vous en trouverez au marché Warorot, à Chiang Mai donc, où les propriétaires agricoles écoulent principalement leur production.


Y aller

Difficile, voire impossible, d’emprunter un moyen de transport public pour visiter les diverses plantations. Vous devrez impérativement y aller avec votre propre véhicule (ou un véhicule loué), idéalement depuis Chiang Mai. Un deux-roues vous procurera plus de plaisir, obvie. Le site se trouve après la ville-même de Samoeng, à près d’une heure de route en direction de Wat Chan (donc à plus de 2 heures en partant de la Rose du Nord).

L’on peut combiner la visite avec la fameuse boucle de Chiang Mai – Samoeng – Mae Rim – Chiang Mai. Mais le faire en une journée est périple harassant ! Quoi qu’il en soit, vous emprunterez la magnifique route en lacets 1349, de très bonne qualité depuis Samoeng. Une route appréciée des bovidés qui s’y prélassent ! Attention à ne pas rater l’embranchement à droite, là où dite route se dédouble (vous y verrez plusieurs panneaux d’indication publicitaires). À partir de là, la route se détériore (nids de poules et gravier) mais reste sans autres praticable. Une fois arrivé, les premières plantations s’offrent à vous. N’hésitez cependant pas à suivre la route de campagne qui longe la petite rivière Om Long car la plus belle d’entre les plantations se trouve plus loin encore, après que la route asphaltée se transforme en piste (attention car s’il a plu ce sera alors fort glissant). Un habitant du lieu nous a dit que la piste rejoignait la route 4021; elle devrait donc être asphaltée dans le futur mais nous ne l’avons point empruntée jusqu’au bout (elle n’est point encore cartographiée).

Selon les indications des travailleurs agricoles recueillies sur place – qui sont dans leur écrasante majorité des travailleuses – la floraison ici à Samoeng a généralement lieu de mi-octobre à mi-novembre. Une fenêtre relativement étroite pour programmer votre visite dans la région.

On vous donne l’emplacement Google Maps (ทุ่งดอกเก็กฮวย อ.สะเมิง จ.เชียงใหม่) et la page Facebook d’une plantation (ไร่วังธาร-ดอกเก๊กฮวย, la dernière… et la plus belle). De notre point de vue, le site ne vaut pas un déplacement à lui tout seul depuis Chiang Mai ! Mais si vous le combinez avec d’autres attractions dans la région, votre journée en sera alors arc-en-ciélisée.

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© Chiang Mai De-ci De-là

Nous consacrerons prochainement un article plus complet à Samoeng, charmant district montagneux au pied du Doi Suthep, à l’ouest, où il fait bon dormir. Mais si vous deviez vous rendre à Baan Om Long pour profiter de cette féérie florale – et accessoirement jouir de routes montagneuses procurant moult plaisir en deux roues – ne manquez pas dans ce cas deux arrêts indispensables. Un tout petit peu plus loin, en continuation de la route 1349, des rizières en terrasse où est également cultivée de la stevia, exactement ici. Et sur la route en y venant, le Wat Phra That Doi Nok (พระธาตุดอยนก), que vous n’aurez pas manqué de voir sur votre droite, érigé sur une colline (le Mont Oiseau en traduction littérale, Doi Nok). Son sommet vous procurera une magnifique vue sur toute la vallée, dans un lieu forcément paisible s’agissant d’un temple. A toutes fins utiles, vous pouvez consulter l’offre hôtelière de Booking (attention, les établissements ne se trouvent pas toujours proches de Samoeng-même !) et lire les bons conseils de TripAdvisor en lien avec Samoeng.

SAMOENG SUR BOOKING ET SUR TRIPADVISOR

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Rizières en terrasse et vue depuis le Doi Nok (© Chiang Mai De-ci De-là et Facebook – จิรัฏฐ์ รถแดง เที่ยวเชียงใหม่)

Si vous êtes arrivé(e) en fin d’article, c’est que vous êtes passionné(e) par les fleurs ! Et Chiang Mai en ce domaine vous offre le meilleur : sa fameuse Fête des Fleurs (qui a lieu chaque année le premier week-end du mois de février). Et s’il vous est impossible de vous rendre sur place, Amazon vous livrera des fleurs de chrysanthème bio (elles proviennent cependant de Chine). Et si l’envie de cultiver cette plante devait naître en vous, vous pouvez acquérir des graines. La prochaine fois que vous boirez un thé de chrysanthème, vous saurez alors à quoi ressemble et l’arbrisseau et sa fleur. Que la santé, la longévité et la jeunesse éternelle vous accompagnent.

#ChampsChrysanthèmes #chrysanthème #Samoeng #MaeSap #BaanOmLong


Sources rédactionnelles : Wikipédia et Jardinier Paresseux. Source de l’image à la Une : © Facebook – The Wanderer Bear. Mise à jour le 02.02.2019

 

 

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Le zoo de Chiang Mai accueille les animaux du Dusit zoo de Bangkok, définitivement fermé

Si vous aviez prévu de visiter le Dusit zoo avec vos enfants, il va falloir changer vos plans. Le plus célèbre zoo de Thaïlande, véritable institution créée il y a 80 ans à Bangkok, a définitivement fermé le 30 septembre 2018 ! Un nouvel emplacement est prévu. Mais que vont devenir les centaines d’animaux du zoo ?


Quid des animaux ?

Zoo de Dusit The Standard FB

© Facebook – The Standard

A l’origine, ce zoo, le plus ancien de Thaïlande, était un jardin botanique, nommé Khao Din Wana, à l’usage privé de la famille royale. Un petit lac artificiel a été creusé là; la terre accumulée a formé un monticule et des arbres ont été plantés. D’où le nom du site, appelé affectueusement Khao Din par les habitants de Bangkok (Khao Din signifie « montagne de terre » et Wana peut être traduit par « forêt »). Ce n’est que depuis 1983 qu’il est devenu un zoo public sous le nom de Dusit (สวนสัตว์ดุสิต). Une attraction des plus populaires qui attirait plus de 2 millions de visiteurs par an.

Le nouvel emplacement, un terrain offert par le roi actuel, S.M. Rama X, dont la construction n’a pas encore commencé, est situé à Pathum Thani, la province au nord de la capitale. L’on nous promet une réalisation respectant les normes internationales en matière zoologique. Ne nous hasardons cependant pas à fixer une date d’ouverture… Ceci dit, les animaux en captivité jouiront d’un espace trois fois plus grand (300 rai, qui correspondent à 48 hectares). Mais que sont-ils donc devenus ?

Le Dusit zoo sur le web
On ne dira pas que les relations publiques du zoo de Dusit sont des plus actives sur leur site web. Rien ou presque au sujet de cette fermeture n’y figure ! Ils auraient pu profiter de cette pause pour continuer leur mission de manière virtuelle, en attendant l’ouverture du nouveau zoo. Que nenni ! Ne vous reste donc à consulter que leur encyclopédie animale ou encore les anciennes éditions de leur magazine (e-Book qui ne sont pas récents, en langue thaï de surcroît…).
Pour ce qui est de la page Facebook, elle continue a être animée.
Le zoo dispose de son compte Instagram, un site sur lequel on peut aussi admirer de belles photos avec le hashtag #DusitZoo.


Le zoo de Chiang Mai en guise de maison d’accueil

Ce sont tout de même près de 1600 animaux qui doivent être temporairement transférés dans d’autres zoos de Thaïlande – un transfert qui dure deux mois  : à Chonburi (qui accueille tous les volatiles), à Nakhon Ratchasima, à Ubon Ratchathani, à Khon Kaen, et bien sûr à Chiang Mai. Au pied du Doi Suthep, la Rose du Nord dispose d’un zoo connu mondialement pour abriter des pandas remis en prêt par la Chine. Son aquarium attire lui aussi beaucoup d’admirateurs. Et il y a bien entendu des éléphants, un des symboles de la Thaïlande.

Zoo de Chiang Mai Logo FB

© Facebook

Quels sont donc les animaux qui ont été transférés ces jours derniers au zoo de Chiang Mai ? En voici une liste, non exhaustive (communiqué de presse) : on retrouve le koala, appelé aussi le paresseux australien, un marsupial qu’on ne trouve qu’en Australie, le chat viverrin, une espèce en danger d’extinction, le jaguar, un félidé lui aussi menacé, le renard à oreilles de chauve-souris, la petite civette indienne ou encore le muntjac de Fea, du nom d’un zoologue italien, espèce locale du cerf aboyeur ou muntjac indien. Vous devriez donc pouvoir admirer tous ces animaux au zoo de Chiang Mai.

Ce vaste zoo, qui n’a pas moins de deux entrées, est une des attractions incontournables de la ville, surtout pour les familles avec enfants. Presque tous les touristes passent devant, sans forcément s’y arrêter, car il se trouve sur la route du Doi Suthep, la montagne tutélaire de la ville sur laquelle a été érigé le temple bouddhiste éponyme le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Après leur visite du zoo, certains en sortent charmés, d’autres dépités par les conditions de vie des animaux qui y vivent. On vous laisse juge.

Le zoo de Chiang Mai sur le web
Quoi qu’il en soit, ce parc zoologique, ouvert tous les jours de 8h à 17h, organise souvent des activités et autres événements diversifiés. Il a bien entendu son site web (quadrilingue dont l’anglais) et sa page Facebook, régulièrement alimentée. De même que son compte YouTube et Instagram (le hashtag #ChiangmaiZoo permet de le visiter à bon compte). Emplacement Google Maps.

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Conférences
régionale à Chiang Mai et mondiale à Bangkok

On peut bien sûr s’interroger sur le bien-fondé de l’existence-même des parcs zoologiques où les animaux, des êtres sensibles, sont confinés, certains diront incarcérés. Et les dérives sont nombreuses. Faut-il encore des zoos ? La question est légitime. Le bien-être animal est une cause émergeante et nous ne pouvons que nous en féliciter (d’ailleurs, une votation populaire fédérale a lieu en Suisse sur cette thématique). Une des problématiques – sans doute la plus essentielle – que soulève l’existence des parcs zoologiques est la suivante : indépendamment du plaisir que nous – êtres humains – pouvons retirer d’une visite au zoo, ces institutions servent-elles à la conservation des espèces animales¹ ?

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Il n’est pas de notre ressort dans ce court article d’animer ce débat. Néanmoins, on en profite pour vous parler d’une conférence qui se tient ces jours-ci à Chiang Mai-même. Il s’agit de SEAZA 2018, soit la 26e Conférence annuelle de l’Association des institutions zoologiques de l’Asie du Sud-Est, institutions qui gèrent notamment les zoos et les aquariums géants dans cette région dont fait partie la Thaïlande. Un événement, organisé sous le patronage de S.M. le roi Maha Vajiralongkorn, qui se déroule du 28 octobre au 2 novembre 2018 à l’Empress Hotel; les participants iront visiter le Night Safari (lire plus bas).

Au programme de cette conférence : la gestion et la conception des zoos, la science au service de la gestion des parcs zoologiques, les programmes de réintroduction d’espèces animales, le bien-être animal et l’éthique, les soins vétérinaires ou encore la biodiversité. Espérons qu’il ne s’agisse pas là de vains mots et concepts ! Celles et ceux désirant en savoir plus peuvent consulter le site web créé à cette occasion (c’est en anglais, langue officielle de l’ASEAN). Et si vous lisez le thaï, le zoo de Chiang Mai en parle sur sa page Facebook, de même que le site d’information 100LannaNews (ร้อยเรื่องเมืองล้านนา).

SEAZA est une association régionale membre de l’Association mondiale des zoos et aquariums (WAZA). Piquant télescopage de dates puisque cette conférence régionale était précédée d’une autre conférence, mondiale celle-là, qui s’est tenue à Bangkok.

WAZA est l’organisme unificateur de la communauté mondiale des zoos et aquariums, regroupant, en plus des institutions gérant les parcs, des associations, des organisations affiliées et des entreprises partenaires du monde entier, tous ensemble « Unis pour la Conservation ». La 73e Conférence annuelle de cet organisme s’est déroulée à Bangkok du 21 au 25 octobre dernier. Les participants ont abordé des problèmes mondiaux, s’attaquant à des questions clés. Ainsi, WAZA a accepté d’organiser un Congrès mondial sur les espèces pour faire face aux crises de leur conservation et de leur extinction. L’institution s’est engagée à suivre des lignes directrices pour une exploitation forestière durable. Elle a par ailleurs décerné divers prix et récompenses. Ce sont des orateurs de marque qui ont pris la parole tels que Jane Goodall, Messagère de la paix des Nations Unies, George Archibald, expert en grues (on parle bien sûr d’oiseaux), Kim Carstensen, directrice du Forest Stewardship Council, et Pilai Poonswad, conservationniste thaïlandais.

Les délégués ont également pris une décision audacieuse : l’accompagnement des autorités thaïlandaises dans la fermeture d’un zoo terrible, Pata, installé dans un centre commercial de Bangkok. 300 animaux parqués sur deux étages de l’immeuble de cette institution délabrée, parmi lesquels des espèces menacées telles qu’un gorille, un bonobo, un calao, un dragon de Komodo, entre aux chimpanzés et orang-outan. Vous pouvez lire la déclaration finale de WAZA2018.

Sur son site web, WAZA vous propose la visite d’un zoo virtuel (et là, pas besoin de billet d’entrée). WAZA sur Facebook (principalement en anglais) et sur le web (en français !).


Des zoos en Thaïlande

C’est un organisme gouvernemental qui gère les divers zoos publics du royaume : องค์การสวนสัตว์ ในพระบรมราชูปถัมภ์, en anglais le Zoological Park Organization of Thailand. Ces parcs sont au nombre de sept, sans compter l’Elephant Kingdom Project dans la province de Surin, dédié aux seuls pachydermes. Thailand Zoo dispose d’un site web et d’une page Facebook; il est présent sur YouTube. Une organisation qui dispose heureusement d’un Bureau de conservation et de recherche (สำนักอนุรักษ์ และวิจัย). Occasion de rappeler ici qu’il n’est pas aisé d’être activiste écologique au Pays du Sourire; l’exemple de Seub, qui s’est donné la mort, fatigué de combattre, est encore dans les mémoires des Thaïlandais sensibles à la protection de la nature.

Il y a également des zoos gérés par des entreprises privées, dont le but n’est pas philantropique, loin s’en faut. Outre Pata déjà cité, les plus connus d’entre eux sont le Night Safari et le controversé Tiger Kingdom ici à Chiang Mai, le Safari World à Bangkok ou encore le zoo de Phuket que beaucoup considèrent comme abominable (malgré le soutien officiel de l’Office du tourisme…). Ces institutions utilisent toutes le terme happiness dans leur communication mais il est permis de douter que le bonheur fasse partie du quotidien des animaux exploités en ces lieux…

#zoo #DusitZoo #WAZA2018 #SEAZA2018

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¹ Une esquisse de réponse peut être trouvée dans le travail de mémoire présenté par Mme Violette Pouillard (Master en Sciences et Gestion de l’Environnement), Les zoos et la conservation des espèces – Le cas du zoo d’Anvers.

Sources rédactionnelles : zoo de Dusit, Bangkok Post (08.08.2018 & 24.08.2018), The Nation et Thai PBS. Source de l’image à la Une : © Dusit Zoo. Mise à jour le 01.11.2018.

Érotisme. Lorsque la presse francophone en Thaïlande se dévergonde !

Vague de chaleur cet été dans la presse francophone en Thaïlande ! Kohlidays, le guide de Koh¹ Samui, a-t-il agi pertinemment ? Car en publiant son dossier intitulé Sexe à Koh Samui : on vous dit tout !, il a mis le feu aux poudres ! Et c’est peu dire… Deux mois plus tard, en juin, Le Petit Journal, dans son édition siamoise, y est également allé de son article sur l’art érotique dans toutes ses positions. Tout un programme ! Et c’était sans compter sur l’ancêtre des magazines francophones, Gavroche, qui, dans son édition de juin, consacrait un long article à la nouvelle vague érotique au Siam… Nous oubliions dans cette recension le plus récent des magazines francophones, Latitudes ! Dans son édition estivale, il s’est rendu au Jardin Érotique de Chiang Mai… Le démon de midi a-t-il frappé les rédactions francophones ici en Thaïlande ? On fait le point.

Kohlidays – Dossier Sexe à Koh Samui : on vous dit tout!

Kohlidays Logo FBCelles et ceux qui connaissent les Guides Kohlidays savent que c’est là une importante source d’informations pratiques, en français qui plus est, sur cette île du golfe de Thaïlande. Ils avaient été parmi les premiers à croire en l’iPad et nous nous souvenons d’avoir naguère fort apprécié leur application pionnière. Que ce soit pour préparer votre voyage ou pour profiter des loisirs une fois sur place, Kohlidays vous apporte moult informations. La société exerce également comme agence immobilière et agence de voyage. Son dynamisme se reflète dans l’animation de sa page Facebook. Le blog est lui aussi des plus actifs; il compte plus de 300 articles pour le plaisir de découvrir la vie locale.

Et c’est justement ce canal qui a défrayé la chronique ! L’article s’intitule Sexe à Koh Samui : on vous dit tout ! Avec comme premier titre L’île de tous les possibles. Avouons que cela est aguichant, comme le sont les demoiselles illustrant l’article.

Kohlidays Photo FB

© Facebook – Kohlidays

Les mœurs thaïlandaises sont très particulières et parfois contradictoires. Vues au travers du prisme de la morale judéo-chrétienne occidentale, elles peuvent apparaître, parfois, comme libertines et immorales. La sexualité des Thaïs (bien qu’extrêmement pudiques et réservés) répond à de nombreux paradoxes, mais aussi à toutes sortes de valeurs et d’interdits issus, entre autre, du bouddhisme, et régie par des règles traditionnelles d’une société particulièrement hiérarchisée. Il n’en reste pas moins que le Pays du Sourire, pour une multitude de voyageurs, demeure le fief du tourisme sexuel. Grave erreur ! En effet, il serait particulièrement réducteur de résumer le Royaume à cette image galvaudée, rapportée par des reportages racoleurs et des vacanciers à l’affût de plaisirs charnels. A cet effet, notre dossier se veut à la fois exempt de tout moralisme et jugement. Nous proposons juste un Etat des Lieux de la vie nocturne et ses plaisirs sur Koh Samui. Bonne lecture.
C’est là la note introductive au sulfureux dossier de Kohlidays

Koh Samui est une destination familiale prisée – à juste titre. Mais l’île est aussi connue pour sa vie nocturne. Et Kohlidays dévoile ses deux quartiers chauds en donnant les adresses des bars, pubs, discothèques, beach clubs, cabarets, go go bars et autres salons de massage. De quoi ravir tous celles et ceux qui sont à la recherche d’un moment sensuel, d’un amour de vacances ou d’une relation longue durée…

Des cris d’orfraie ont été poussés par les bien-pensants (lisez donc les commentaires de la publication Facebook). Il faut dire que le ton de l’article est léger, sans répandre une quelconque culpabilité vis-à-vis des consommateurs de plaisirs charnels. Parangon du sexe tarifé ! Et qu’en plus y sont indiqués non seulement des prix indicatifs mais également les mœurs de ces endroits de luxure (de débauche, écriront d’autres). Kohlidays précise encore que quoiqu’il en soit, toutes [les prostituées] méritent le respect et l’attention qui leur sont dus.

Il va de soi que la rédaction était consciente du potentiel explosif du sujet puisqu’une note concluait son dossier : Encore une fois, il s’agit d’un Etat des Lieux de la Vie Nocturne et ses distractions sur Koh Samui. En tant que principal Guide sur l’île, nous nous devons d’apporter un maximum de renseignements sur le sujet, au même titre que nous le faisons régulièrement pour d’autres thèmes dans le but d’informer nos lecteurs qui souhaiteraient, un jour, séjourner ici. Face à la véhémence des réactions, la rédaction de Kohlidays a publié une mise au point sur sa ligne éditoriale. On vous laisse juge et vous faire votre propre opinion.

Poohers - Logo FBDe notre côté, sans du tout condamner cette publication, nous regrettons cependant que l’auteur de l’article n’ait pipé mot des dégâts psychologiques que cause le sexe tarifé. Qui sont certes moindres ici en Thaïlande mais bien présents tout de même (la prostitution thaïlandaise a ceci de particulier que les personnes qui s’y adonnent le font durant une durée moyenne bien moindre que la plupart des prostitué(e)s dans le monde). Ainsi, afin d’apporter un maximum de renseignements sur le sujet, il eut été intéressant de mentionner le travail des nombreuses ONG – thaïlandaises comme internationales – qui défendent les droits des travailleurs et travailleuses du sexe. On vous a par exemple déjà parlé du Can Do Bar ici à Chiang Mai, un lieu qui offre aux jeunes filles prostituées la possibilité de s’émanciper à travers des programmes d’empowerment. Ces associations réclament depuis longtemps la dépénalisation de la prostitution en Thaïlande. Changement de loi qui permettrait de mieux défendre les victimes de ce marché colossal. Un marché où certains opportunistes s’engouffrent. Ainsi, Poohers, site de réservation pour les établissements adultes, recherchent des représentants en Thaïlande…

Kohlidays sur le net
Site webBlogPage Facebook
Article Sexe à Koh Samui : on vous dit tout ! (sa publication Facebook).
Mise au point de la rédaction de Kohlidays suite aux réactions suscitées.


Maison Close - Photos Montage

© Facebook – Maison Close BKK

Le Petit Journal – […] l’art érotique dans toutes ses positions

Le Petit Journal Bangkok Logo FBSous un titre aguicheur – Maison Close expose l’art érotique dans toutes ses positions – Le Petit Journal (édition de Bangkok, qui n’est qu’électronique) évolue sur un registre bien différent, celui de l’art, l’art érotique. Maison Close BKK. Le nom est français, le propriétaire aussi mais les œuvres exposées proviennent principalement d’artistes thaïlandais. A la fois musée, galerie d’art, bar et studio de tatouage, c’est un lieu où se côtoie religion, enfer, mort et amour…

Maison Close est un lieu unique et hybride de Bangkok. Stephen Bessac, un Français à l’origine du concept, invite à franchir la porte d’un univers habituellement caché dans lequel l’art érotique s’expose, enivre le visiteur et jette une encre nouvelle dans le quartier de Bang Rak.
Lisez la suite de l’article ci-dessous.

Maison Close BKK se veut devenir un lieu incontournable de la culture underground de Bangkok. L’établissement organise régulièrement des événements. On vous invite à y faire un saut lors de votre prochain passage à Krung Thep (c’est comme cela que les Thaïlandais appellent la ville). Bang Rak est un quartier qui se situe au sud du centre historique, non loin du fleuve Chao Phraya. Excellente occasion de visiter trois autres sites muséaux méconnus de Bangkok : le TCDC – Thailand Creative & Design Center, fer de lance du design siamois (qui dispose d’une filiale ici à Chiang Mai), le Bangkokian Museum et enfin l’Institut de l’art islamique thaïlandais. C’est là un quatuor de musées qui agrémentera votre visite de Bangkok.

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© Facebook

Le Petit Journal a également évoqué dans ce post une exposition éphémère de Myrtille Tibayrenc, agitatrice du milieu de l’art contemporain en Thaïlande. Dans le cadre du festival Bangkok Biennial, l’exposition de ses peintures inspirées d’images reflétant la violence du quotidien sur internet s’est tenue dans un lieu pour le moins insolite mais ô combien approprié pour l’érotisme que véhiculent nombre d’entre-elles : les toilettes du Bangrak Bazaar à Bangkok (entrée : 3 bahts!!) ! Une trace résiduelle sous forme d’autocollants reproduisant ses œuvres y est toujours visible. Le festival a clos ses portes fin septembre mais vous pouvez retrouver l’artiste sur son site web et sa page Facebook. Comme elle habite maintenant Chiang Mai où elle a récemment migré sa galerie d’art, on vous en reparlera tantôt…

Le Petit Journal Bangkok sur le net et sur Facebook.
Article Maison Close expose l’art érotique dans toutes ses positions.

Maison Close BKK sur Facebook (emplacement; ouvert de 15h à minuit, fermé les lundi et mardi).
TCDC – Thailand Creative & Design Center sur le web et sur Facebook (emplacement; ouvert de 10h30 à 21h, fermé le lundi).
Bangkokian Museum (พิพิธภัณฑ์ชาวบางกอก) sur Facebook (emplacement; ouvert de 10h à 16h, fermé les lundi et mardi).
Institut de l’Art Islamique Thaïlandais (สถาบันศิลปะอิสลามแห่งประเทศไทย) sur Facebook (emplacement).


Gavroche – Thaïlande : la nouvelle vague érotique

Gavroche Magazine s’y colle aussi ! L’édition du mois de juin 2018 de ce vénérable magazine papier² nous emmène dans les remous érotiques thaïlandais, à la découverte des lieux et des personnages insolites de ce renouveau.

Gavroche - La nouvelle vague érotiqueOn y parle de Maison Close là aussi. Mais également de l’art du bondage japonais shibari que deux Thaïlandaises pratiquent dans la Cité des Anges. Vous y découvrirez, si vous ne le connaissez pas encore, le surprenant monde des love motel dont les Thaïlandais sont friands (nous consacrerons un jour un article complet à ce sujet axé sur les hôtels de la Rose du Nord). Ou encore l’existence du The Hidden Closet, boutique érotique de Bangkok, à Thong Lo (alors que les sex-shops ne sont pas légion au royaume) ! Là-même où se situe un autre trésor de l’art érotique, le musée Kamavijitra. Plus de 2000 objets de l’art érotique asiatique vous y attendent… Sur la même ligne du BTS – le métro aérien de Bangkok, en l’occurrence la ligne Sukhumvit, entre l’arrêt Chit Lom et l’arrêt Phloen Chit, si vous empruntez la route menant vers le canal, direction nord donc, au pied de ce qui fut le Swiss Hotel (et, encore avant, le Hilton), vous découvrirez un des lieux insolites de Bangkok, qui a tout à fait sa place dans cet article : Chao Mae Tuptim est un oratoire dédié à la déesse Tuptim. Autour d’une maison des esprits y sont déposées d’étonnantes et détonnantes offrandes : des milliers de phallus, stylisés ou des plus réalistes. Un site entièrement dévolu à la fertilité; femmes et couples viennent y faire leurs dévotions, dans l’attente d’un heureux évènement. Une singulière adresse qu’il ne faut pas hésiter à mettre à votre programme.

Le panorama que dresse le magazine comprend aussi une interview de Mme Pimpawun Boonmongkon, co-auteure de l’ouvrage Thai Sex Talk: The language of sex and sexuality in Thailand (en anglais donc). Un travail érudit sur les mots utilisés par les Thaïlandais pour parler de sexualité ou désigner des situations érotiques.

L’auteure de l’article nous rappelle qu’en Thaïlande, le désir sexuel n’est pas à aborder n’importe où, n’importe quand et avec n’importe qui. La société thaïlandaise est conformiste et pudique mais elle sait aussi réinventer ses propres codes érotiques. N’hésitez donc pas à prendre connaissance de cette intéressante enquête qui vous parle de lieux à la vitalité et à l’audace libératrices, entre sensualité, plaisir et phantasmes.

Dans le même numéro, Arnaud Dubus esquisse un tableau de la situation des membres de la communauté LGBT au royaume de Thaïlande (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Victimes de nombreuses discriminations, leur situation est bien loin du paradis imaginé par les touristes occidentaux de passage. L’article est disponible en ligne (voir ci-dessous). Une communauté LGBT qui a d’ailleurs organisé une Pride à Chiang Mai le 21 février 2019, alors que la précédente édition, il y a 10 ans, avait capoté face à une tenace hostilité.

Gavroche - Montage

© Facebook – Gavroche Thaïlande

Gavroche sur le net et sur Facebook. Hélas, la version papier a été abandonnée à la fin de l’année 2017, comme nous l’apprend un de nos lecteurs, Chom’s²; seule l’édition électronique subsiste. Vous pouvez vous y abonner (version pdf).
Article Thaïlande : la nouvelle vague érotique
Article Les LGBT thaïlandais au milieu du gué

Boutique érotique The Hidden Closet sur Facebook (emplacement; ouvert de midi à 23h).
Musée érotique Kamavijitra (กามาวิจิตรา) sur le net et sur Facebook (emplacement; ouvert de 10h à 18h, fermé les samedi et dimanche).
Chao Mae Tuptim (emplacement; ouvert en permanence).

Kama Vijitra - Cover FB


© Facebook – Kamavijitra


Latitudes Magazine - L'Eros du JardinLe Jardin Érotique de Chiang Mai présenté par Latitudes Magazine

Décidément, l’érotisme semble être un virus tenace, particulièrement virulent cet été. Un magazine francophone que nous apprécions, tant par la qualité d’impression que celle éditoriale (avec des articles également en anglais), s’est fendu lui aussi de son article érotique. Enfin, disons que l’article en tant que tel n’a rien d’érotique mais le sujet l’est en revanche. Latitudes Magazine revient en effet sur le Jardin Érotique de Chiang Mai (Erotic Garden). Un endroit détonant dans le paysage siamois, créé au milieu des magnifiques rizières de Mae Rim, au nord de la ville. La journaliste décrit la visite de ce lieu de tous les désirs et nous présente sa créatrice thaïlandaise.

Nous vous avions déjà parlé de cette iconoclaste attraction dans notre article consacré à la Saint-Valentin ici à Chiang Mai. De notre point de vue, l’endroit mérite de figurer dans tout programme touristique de la Rose du Nord.

Latitudes Magazine sur le net, sur Facebook et sur Instagram.
Article L’Eros du jardin


Et Chiang Mai Deci-Delà de s’y mettre aussi 😆

A Kohliday les adresses de Koh Samui. A Bangkok Extérieur Nuit celle de Bangkok ! Au-delà des polémiques, nous vous avons déjà parlé d’un guide sur ce sujet ô combien sulfureux. Bangkok Extérieur Nuit: Guide de la nuit 2018. Un ouvrage récent répertoriant les adresses hot de la Cité des Anges (qui ne semblent jamais dormir…). Un guide très apprécié, qui paraîtra sulfureux aux âmes sensibles. Beaucoup de conseils pratiques et, bien entendu, un répertoire des adresses de la nuit, connues et moins connues. A moins que vous ne vous contentiez d’un poster vintageHot Sex In Bangkok.

Et puisque l’on parle d’alcôves, Chiang Mai a chaudement inspiré Joséphine Laturlutte, auteur de Girl’s band a Chiang Mai (ouvrage affublé d’un provoquant sous-titre : Folles, et mouillées, sont ces adorables Thaïlandaises). Sur un ton plus badin, elle nous livre là le récit de son troisième voyage en Thaïlande…

Il y aurait tant à écrire sur l’art érotique d’Asie, dont celui de la Thaïlande (certains temples bouddhistes cachent en leur sein des peintures érotiques sous forme de fresques murales). Nous nous y attellerons peut-être un jour… De même pour les adresses chaudes de Chiang Mai, la Rose du Nord qui peut, elle aussi, se montrer affriolante. En attendant, voici notre propre contribution polémique 😆 Malgré la pruderie affichée de ses dirigeants, Facebook vous permet de visionner d’adorables créatures siamoises. A titre d’exemple, les pages Facebook de Cup Magazine qui ont pour nom Cup C, Cup D ou encore Cup E (manque à l’appel Cup X). D’adorables créatures siamoises, nous vous disions…

Cup Photos Montage

© Facebook – Cup C/D/E

Décidément, comme l’écrivait Bernard Formoso dans son ouvrage éclairant Thaïlande : Bouddhisme renonçant, capitalisme triomphant, la Thaïlande est plus que jamais un pays idéalisé comme pôle de spiritualité [bouddhiste] et stigmatisé comme lieu de déperdition.

#Kohlidays #LePetitJournal #Gavroche #sexe #Thaïlande #prostitution


¹ Les puristes se référeront au RTGS – Système général de transcription royal thaïlandais
² Nous remercions Chom’s de nous avoir appris la fin de l’édition papier du magazine Gavroche. De même de nous avoir rendu attentifs à l’existence de l’article publié par Latitudes (lire les commentaires ci-dessous).

Photo à la Une : Donut – Cup E Mag © Facebook. Mise à jour : 20.02.2019

Salak Yom, l’un des plus beaux festivals de Lamphun

Avec le Festival des Lumières (Loy Kratong, célébré simultanément avec le celui des Lanternes, Yi Peng), le Festival du Longane (Lam Yai) et le Festival du Bain Rituel au Wat Haripunchai, le Festival Salak Yom (ประเพณีสลากย้อม) et sa cérémonie Salakapat (สลากภัต) est l’un des festivals immanquables¹ de Lamphun, chef-lieu de la province éponyme, à moins de trois quarts d’heure de route au sud de Chiang Mai. Il se déroule à l’intérieur et autour du Wat Haripunchai. Le chedi de ce temple ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du fameux temple du Doi Suthep. Mais au contraire de ce dernier, perché au haut d’une montagne, le Wat Haripunchai est situé au cœur de la ville. Haripunchai était le nom de cette ville du temps du royaume môn; c’est la plus vieille cité du nord de la Thaïlande (une région qui jadis abritait le royaume du Lanna).

Le festival s’étend sur trois jours, généralement au mois de septembre. C’est un festival unique que nous vous conseillons fortement de mettre à votre agenda. Et nous vous disons pourquoi.

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Festival Salak Yom 2018

Le Wat Phra That Hariphunchai Woramahawihan (วัดพระธาตุหริภุญชัยวรมหาวิหาร), le temple au cœur de la cité de Lamphun, vaut à lui seul le déplacement. Mais à l’occasion du festival Salak Yom et de la cérémonie Salakapat, il s’anime alors de milles feux, tant en journée qu’en soirée. Vous ne serez que quelques touristes étrangers à participer à cette fête, entourés de centaines de locaux venus de toute la province et au-delà.

Cette année 2018, le festival Salak Yom et sa cérémonie Salakapat ont lieu du samedi 22 au lundi 24 septembre 2018. Une grande parade est organisée dimanche 23 septembre, à 17h30. Un événement immanquable pour qui s’intéresse à la culture du Lanna. Le temple où se déroule la fête a mis en ligne de courts documentaires où l’on voit les diverss protagonistes donner quelques intéressantes explications (mais hélas, tout est en langue thaï seulement). Cela vous permet tout de même de vous imprégner de l’ambiance. Voici les liens : vidéos 02, 03, 04 et 05.

« Salak Yom » correspond à une ancienne cérémonie d’acquisition de mérites effectuée par les femmes de la minorité ethnique des Thai Yong. Ce festival, unique et haut en couleur, vous permettra d’admirer d’immenses « arbres Salakapat » (ou « arbres à cadeaux ») magnifiquement décorés. Mais aussi de participer à des cérémonie d’accumulation de mérites, notamment à travers des aumônes aux moines. Il y a là de nombreuses animations locales (danses folkloriques entre autres) où vous verrez hommes et femmes habillés traditionnellement. Sans oublier, obvie, des stands de délicieuse nourriture du Nord.

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Programme du festival 2018

Le festival se déroule donc sur trois jours. En voici le programme détaillé :

1er jour – Samedi 22.09.2018

  • 9h : décoration des ‘arbres salakapat’ durant la journée.
  • 16h : ouverture du marché (nourriture typique du Lanna et d’autres produits de la région) en face du Wat Hariphunchai, le long du canal. Ne manquez pas de vous rendre au pont en bois Tha Singh, avec ses échoppes vendant de nombreux produits OTOP.
  • 17h : spectacles par les diverses minorités ethniques de la province de Lamphun (au même endroit, appelé « Culture road »).
  • 18h30 : divers spectacles folkloriques.
  • 20h : show « Kha jae ja tan Salak Yom » (une fusion de danses thaïlandaises moderne et traditionnelle). Fin vers 21h.
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2e jour – Dimanche 23.09.2018 (NE MANQUEZ PAS LA PARADE à 17h30)

  • 9h : animations culturelles typiques du Lanna avec spectacle folklorique et marché.
  • 13h : concours des plus beaux ‘arbres salakapat’ (sur la place du temple).
  • 16h : ouverture du marché traditionnel de la minorité « Thai Yong » en plein air devant le Wat Haripunchai, avec animations culturelles.
  • 17h30 – A NE PAS MANQUER ! Grand cortège Salak Yom (tous les participants arrivent au temple par l’entrée principale, du côté du canal, soit la route (thanom) Roi Mueang Nai.
  • 18h : spectacle des minorités ethniques de la province de Lamphun.
  • 18h30 : cérémonie d’ouverture « Salak Yom de Lamphun – Un festival unique au monde » avec les résultats du concours du plus bel arbre Salak Yom.
  • 20h30 : show « Kha jae ja tan Salak Yom » (une fusion de danses thaïlandaises moderne et traditionnelle). Fin vers 21h30.

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3e jour – Lundi 24.09.2018 (attention, ça commence tôt !)

  • 7h : dépôt des petits et grands Salakapat dans une zone réservée près du temple (dons afin d’accumuler des mérites).
  • 10h : ouverture du marché traditionnel.
  • 10h : concours de poésie « Ham Ga Long » dans le bâtiment « Gang Sa Dan » et performance musicale (violon local).
  • 11h : cérémonie d’aumônes aux moines et aux novices (nourriture et dons).
  • 13h : les salaks sont offerts aux moines. Des donations sont effectuées dans l’espoir qu’elles retrouvent leur propriétaires (des esprits représentant les ancêtres décédés).

Ce festival, unique en son genre, se termine ainsi vers 15h. Comme nous l’avons fait, on vous conseille vivement de passer la nuit sur place, idéalement le deuxième jour – cette année dimanche soir, afin de profiter de la fête, tant en journée qu’en soirée. Ceci vous permettra, entre autres, de visiter les autres sites durant les temps morts du festival.


Y aller

De Chiang Mai on peut rejoindre Lamphun, à 35 kilomètres au sud, par le train. Cependant, une fois en gare de Lamphun, il vous faudra encore parcourir 3 km pour rejoindre la ville. Et les horaires de retour ne vous permettront guère d’assister aux festivités nocturnes, hélas, trois fois hélas. Le problème est plus ou moins identique en empruntant les minivan ou les song thaew bleus au départ du marché Warorot, au bord de la rivière Ping (bien que ces derniers soient bien plus nombreux et assurent une liaison aussi le soir).

SRT - Chiang Mai-Lamphun Montage

© SRT Thailand + Facebook (NoVemBer)

Ainsi, le mieux est d’y aller avec votre propre véhicule (voiture, motocycle ou scooter). Vous privilégierez la très belle route Chiang Mai-Lamphun Rd (route 106) et ses monumentaux arbres (des Dipterocarpus alatus appelés ยางนา en thaï, yang na, protégés par du tissu monastique orange), au détriment de l’autoroute 11 plus rapide.

Sur le web
Page Facebook du temple Hariphunchai
❂ Emplacement : Google Maps.

Un rituel bouddhiste ancestral²

LamphunSalakYomFestival2018Logo@SalakYom

© Facebook – @SalakYom

Traditionnellement pratiquée au sein de l’ethnie Thai Yong de la province de Lamphun, ici en Thaïlande du nord³, la cérémonie Salak Yom consiste en la présentation aux moines bouddhistes et aux novices des monastères locaux d’un « arbre à cadeaux », richement décoré, afin de gagner du mérite et de le transmettre à leurs proches décédés ou à d’autres êtres impliqués dans leur propre vie et renaissance.

Les cadeaux – y compris de la nourriture, des vêtements, des objets religieux, des objets d’usage courant, de l’argent et des objets de valeur – sont accrochés à une très haute structure en bambou, décorée d’objets artisanaux colorés, en bambou eux aussi, papier, feuille de banane et autres matériaux locaux. C’est le calendrier lunaire qui fixe la date des festivités, généralement au mois de septembre.

Autrefois, les jeunes femmes d’une vingtaine d’années offraient un arbre Salak à leur monastère local. Pour ces jeunes demoiselles, la cérémonie de Salak Yom n’était pas seulement l’occasion d’accumuler des mérites mais représentait également un rite de passage vers l’âge adulte, exprimant le statut social et l’aptitude au mariage de la femme.

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© Facebook

Ce rituel a commencé à s’estomper il y a une cinquantaine d’années, car les coûts associés à l’offre du Salak Yom sont devenus trop élevés pour la plupart des familles. En 2003, un groupe de moines bouddhistes de Lamphun, en collaboration avec l’administration provinciale, a décidé de relancer le Salak Yom. Cependant, au lieu de le faire revivre au niveau individuel, le comité organisateur a apporté son soutien aux monastères pour qu’ils se rassemblent et offrent collectivement les arbres Salak.

Un documentaire du SAC, qui montre les préparatifs de la fête, se veut refléter le sens de ce rituel pour les diverses générations de l’ethnie Thai Yong et explorer comment son renouveau a transformé cette tradition séculaire. Étant donné qu’une grande partie du festival Salak Yom est intangible et éphémère, cette documentation visuelle pourra servir à la promotion du festival et à l’éducation des jeunes générations thaïlandaises sur leur patrimoine. L’Université de Chiang Mai a d’ailleurs déjà organisé une conférence avec atelier pratique sur cette cérémonie.

Celle et ceux qui désirent en savoir plus sur le sens de ce festival se délecteront du travail (en anglais) de l’anthropologue Alexandra Denes : Trees of Offering: The Salak Yom Festival in Lamphun Province, Thailand.

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© Chiang Mai Deci-Delà

On vous promet de consacrer un jour un article plus fouillé à Lamphun, tant la ville que la province, afin que vous puissiez vous aussi découvrir les intéressantes attractions de cette région que nous apprécions particulièrement. Une province qui vous réserve un accueil des plus authentiques, loin du tourisme de masse de sa grande sœur, Chiang Mai.

Et l’on termine en vous dévoilant en vidéo une ancienne édition, celle de 2015, non sans vous enjoindre fortement de vous déplacer à Lamphun. Un déplacement que vous ne saurez regretter, croyez-nous :

#SalakYom #Lamphun #ThaiYong


MISE A JOUR DU 23.09.2018

La parade du dimanche est diffusée en direct sur Facebook !


¹ Nous pourrions encore ajouter à cette liste de festivals immanquables de Lamphun le Festival du changement de robe monastique de feu Khru Bawong, les festivités liées à l’anniversaire de Kruba Srivichai, la Fête de « l’Hiver » (Winter Fair) couplée au Festival de la Reine Chamadevi, le Festival du Coton à Mae Raeng ou encore le Festival de la Saucisse (Sai Oua). Comme quoi cette province méconnue se doit d’être encore plus visitée.
² Source rédactionnelle : ICH – Intangible Cultural Heritage and Museums Learning Resources, un site du SAC – Banque de données anthropologique (traduction libre)
³ Une Thaïlande du nord qui est une véritable mosaïque ethnique.

Sauf mention contraire, la source photographique est © Facebook (notamment NoVemBer/MG), y compris celle de de l’image à la Une. Mise à jour le 23.09.2018.

Le père de l’art moderne thaïlandais est Italien ? Sì !

Silpa Bhirasri¹ (ศิลป์ พีระศรี). Les Thaïlandais l’appelaient « Sin ». Et tous les étudiants en art du royaume de Thaïlande le vénèrent. C’est lui qui a fondé l’Université Silpakorn, la plus importante université thaïlandaise en matière de beaux-arts et d’archéologie. Sa mémoire et son héritage artistique sont célébrés chaque année le 15 septembre, jour de sa naissance. Découvrez comment feu Corrado Feroci, expatrié transalpin en Thaïlande, est devenu le père de l’art moderne thaïlandais. Ses statues et monuments les plus célèbres peuvent être admirés principalement à Bangkok (comme le Monument de la Victoire ou encore celui de la Démocratie). Cependant, il est aussi l’auteur d’une des statues les plus vénérées ici à Chiang Mai…

Silpa Bhirasri The National Gallery of Thailand Cover FB

15 septembre 2018, 126e anniversaire © Facebook – The National Gallery of Thailand

De Florence à Bangkok

Né le 15 septembre 1892 à Florence, Corrado s’est nourri du génie artistique toscan, appréciant par exemple des œuvres de Michel-Ange. Contre l’avis familial qui le voulait reprendre le commerce paternel, il intégra l’Académie royale des arts de Florence et obtint son certificat en sculpture. Les sources francophones le décrivent comme un artiste reconnu, ce que ne font en rien les sources italophones. Quoi qu’il en soit, sous le règne de Rama VI, c’est le gouvernement siamois qui sollicita du gouvernement italien un sculpteur doué pour des commandes d’État et l’enseignement de l’art occidental. Corrado Feroci fut choisi par le prince Narisranuvattiwongse, frère du roi. Il débarqua donc au Siam avec femme et enfant.

A 32 ans, il travailla comme sculpteur au Département des Beaux-Arts du ministère de la Maison royale. Deux ans plus tard, il fut nommé professeur de sculpture de la division des Beaux-Arts de l’Académie Royale Siamoise. Et c’est en 1943 que l’École des Beaux-Arts fut transformée en ce qui est encore aujourd’hui l’Université Silpakorn : Silpa Bhirasri fut son premier directeur et le premier doyen de la faculté de peinture et de sculpture.

Rentré en Italie en raison d’une grave crise économique qui suivit la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement thaïlandais le pria de revenir en Thaïlande, lui promettant d’augmenter son salaire. Ce qu’il fait en 1949, arrivant cette fois-ci seul, sans sa famille.

SilpaBhirasriImage1Portrait

© Facebook

Le professeur Silpa Bhirasri, décrit comme un enseignant passionné, appréciait énormément l’art thaï sur lequel il fit des recherches et consacra plusieurs livres et articles. Il avait à cœur de promouvoir l’art traditionnel thaïlandais. Silpa Bhirasri fut l’initiateur et le soutien de l’art contemporain siamois. En 1948, à l’occasion de la célébration de la Constitution thaïlandaise, il sollicita du gouvernement la mise sur pied d’un concours des arts : dessin, peinture et sculpture. La première exposition nationale d’art fut organisée en 1949. C’est un événement annuel qui perdure encore aujourd’hui (la 64ᵉ édition aura d’ailleurs lieu du 10 au 28 octobre 2018 à Bangkok). Ce concours permet aux artistes de tout le royaume d’améliorer leurs compétences et de présenter leurs œuvres d’art au public.

« Ars longa vita brevis² »
Devise de Silpa Bhirasri

C’est à 69 ans qu’il s’éteint, ici en Thaïlande, soit le 14 mai 1962. La cérémonie crématoire avec la « flamme » donnée par le roi Rama IX (feu Bhumibol le Grand) s’est déroulée le 17 janvier 1963 au magnificent Wat Thep Sirin Thrawat, à Bangkok. Ses cendres ont été rapatriées et déposées au cimetière évangélique Allori, à Florence.

Il est intéressant de compléter cette très courte biographie par la naturalisation dont a bénéficié cet artiste italien. Tout comme l’Italie, la Thaïlande et le Japon faisaient partie des Forces de l’Axe (donc trois pays alliés à l’Allemagne nazie). Or, après la rupture de l’Italie avec l’Axe en 1943, Corrado Feroci aurait pu être considéré comme prisonnier de guerre par le Japon, allié de la Thaïlande. Il fut d’ailleurs incarcéré un court moment. C’est avec l’appui du directeur général du Département des Beaux-Arts que Corrado Feroci devint Thaïlandais sous le nouveau nom de « Silpa Bhirasri¹ », ce qui lui permettait d’échapper à toute action malveillante de la part des Japonais.

Silpa Bhirasri Silpakorn University Cover FB 2

© Facebook – Silpakorn University


Balade en Thaïlande à la découverte de ses œuvres

Bien qu’il ne fasse plus partie de ce monde, vous pouvez croiser Silpa Bhirasri au Musée Tussauds de Bangkok; l’on y voit son effigie en cire y sculpter une de ses œuvres. Le lieu de mémoire par excellence pour qui veut découvrir le fruit de son long travail artistique est, bien entendu, le musée qui lui est consacré à Bangkok, Silpa Bhirasri Memorial National Museum en anglais. C’est un petit musée en deux parties : l’une qui expose des pièces d’art contemporain, principalement produites par ses élèves, et l’autre qui réunit les affaires personnelles du maître-sculpteur. Officiellement ouvert le… 15 septembre de l’année 1984, il se trouve à l’intérieur de l’Université Silpakorn, face au Palais Royal. Ouvert généralement du lundi au vendredi, de 8h à 16h, son entrée est libre. À l’extérieur, vous pourrez y admirer une statue de Silpa Bhirasri réalisée par Sanan Silakorn, l’un de ses élèves préférés. Vous ne manquerez pas de visiter l’impressionnante Galerie des Sculptures, toute proche. Entièrement rénovée et transformée en un café-galerie moderne, la magnifique Silpa Bhirasri’s House attend votre visite tous les jours de 7h à 19h. Corrado y a vécu 10 ans avec sa famille dès son arrivée en Thaïlande.

Silpa Bhirasri Facebook Photo 1

© Facebook

Avant que nous prenions le temps d’en dresser une liste plus précise avec leur emplacement, voici déjà celle de quelques-unes des œuvres de Silpa (entre parenthèses figure la date d’achèvement) :

  • À Bangkok : le roi Rama Ier, fondateur de la dynastie actuelle des Chakri (là où se situe le Pont du Mémorial, exécution, 1932), le Monument de la Démocratie (conception, 1940), le Monument de la Victoire avec ses reliefs ornementaux (conception, 1941), Rama VI (conception et réalisation, 1942), le roi Rama VIII (conception, 1950), le roi Taksin le Grand à cheval durant une bataille (plus précisément à Thonburi, conception et réalisation, 1954; voir la vidéo d’époque ci-dessous. Il est aussi l’auteur d’un des bustes du monument), le prince Kampaengpetch Akrayotin (conception, 1957), le prince Rajburi Direkrit (conception, 1969).
  • À Nakhon Ratchasima (Khorat) : l’héroïne Thao Suranari (conception, 1934). Les locaux l’appellent Ya Mo et elle est fêtée chaque année, dans ce qui est le plus grand festival de Khorat.
  • À Nakhon Si Thammarat : le héros Chao Phor Dam (conception, 1941).
  • À Suphanburi : l’imposante statue du roi Naresuan le Grand sur le dos d’un éléphant durant une bataille (conception et réalisation, 1959).
  • À Lopburi : le roi Narai le Grand (conception et réalisation partielle, 1966).
  • À Nakhon Pathom, à l’ouest de Bangkok : Bouddha marchant (conception, 1982). Cette immense statue très vénérée fait partie du parc Phutthamonthon ou Buddha Monthon, พุทธมณฑล en thaï. Haute de presque 16 mètres, on la considère comme la plus grande statue autoportante au monde représentant le Bouddha. Cette fameuse statue a fait l’objet d’un timbre-poste sans que le nom de Silpa Bhirasri soit mentionné.
  • À Trang : Phraya Rasadarnpradit Mahisarapakdee (conception, date inconnue).
  • À Phitsanulok : le roi Naresuan le Grand (conception et réalisation, date inconnue), de même qu’une tête en particulier.

Et quid de Chiang Mai ? À notre connaissance, une seule pièce est exposée dans la Rose du Nord. Mais ce n’est pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du moine le plus vénéré de tout le nord de la Thaïlande, Kruba Sriwichai, dont nous vous reparlerons un jour, celui-ci ayant marqué l’histoire de ce qui était le royaume du Lanna. Non seulement, Silpa Bhirasri en a réalisé le dessin mais il a exécuté cette œuvre lui-même (à une date d’achèvement inconnue). Cette statue, ô combien vénérée par les gens du Lanna, se trouve ici, dans un sanctuaire qui s’agrandit d’année en année au pied du Doi Suthep.


Silpa Bhirasri Facebook Photo 2Son héritage

Corrado Feroci est, à ce jour, le seul Occidental à figurer sur un timbre-poste siamois³ ! Le 15 septembre est donc son jour de commémoration en Thaïlande. Des célébrations qui ne sont pas des plus visibles puisqu’elles se déroulent principalement dans les institutions de formation artistique. Ainsi de cette commémoration annuelle, le 15 septembre obvie, dans le musée qui porte son nom. Il n’en reste pas moins populaire; pour preuve, Google lui avait consacré un Doodle en 2016. Et il est même vendu sous forme de figurine en résine !

Silpa Bhirasri SU Cute Girl Photo Montage

Cérémonie annuelle de vénération à l’Université Silpakorn 2018 © Facebook – SU Cute Girl

Silpa Bhirasri Facebook Photo 3

© Facebook

En tant que professeur, il reste vénéré par les étudiants en beaux-arts. Une galerie-photo vous permet de le voir enseigner. La voie artistique est un choix professionnel qui n’est pas toujours compris par les familles des artistes (l’émission Divas Café’ de la chaîne Voice TV 21 s’est emparée du sujet lors d’une de ses éditions, en s’appuyant sur la vie et l’expérience de Silpa Bhisrasri). Ajarn Sin était décrit comme une personne très disponible, qui aimait à transmettre ses connaissances à ses étudiants. Au sein de l’université qu’il a créée et qui porte toujours son nom, sa mémoire est honorée tous les 15 septembre.

C’est lui faire un procès d’intention que de le considérer comme un artiste fasciste – Mussolini pris le pouvoir en 1922 –  bien que Corrado Feroci s’inscrive dans la tendance de cette époque (le Monument de la Démocratie à Bangkok en est un brillant exemple). Celles et ceux qui désirent approfondir leurs connaissances sur cet artiste liront avec intérêt la chronique d’Alain et Bernard, deux expatriés passionnés : Corrado Feroci (Silpa Bhirasri), « Le Père de l’art thaï contemporain » (1892 – 1962). Et plus encore le blog Merveilleuse Chiang Maï de l’érudit Jean de la Mainate, qui réside ici à Chiang Mai. Il parle de Corrado Feroci dans un long article en trois parties, auquel il a ajouté un complément ayant pour thème le musée qui lui est consacré à Bangkok :

Sur son site web, le Musée d’Art Moderne Thaïlandais Rama IX vous livre non seulement une biographie (en anglais) mais également l’illustration de toutes les œuvres de Silpa Bhirasri (liens que nous avons insérés dans notre liste ci-dessus). In fine, un site web est consacré à cette figure marquante de l’art moderne thaïlandais. Bien qu’il soit en langue thaï, vous y trouverez moult documents, dont les ouvrages d’art écrit par Silpa (en anglais).

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Silpa continue d’influencer les artistes thaïlandais © Facebook – Silpa Bhirasri Day

En Thaïlande, le marché de l’art contemporain s’est modernisé dès les années ’80 avec l’apparition d’une nouvelle catégorie de galeries à Bangkok. Dans son article Les galeristes thaïlandais et l’art contemporain – Comment créer un marché sans en maîtriser les valeurs ?, Annabelle Boissier analyse ces nouveaux acteurs de l’art contemporain à travers trois thématiques : la formation, le financement et la collaboration. Où il est question d’interroger la relation entre la création de la valeur marchande et celle de la valeur esthétique.

Et nous vous rappelons encore qu’en matière d’art contemporain, la scène de Chiang Mai est des plus dynamiques. Nous consacrerons un jour un article à ce sujet. En attendant, le musée qu’il faut absolument visiter en matière d’art moderne ici dans la Rose du Nord est le MAIIAM, un musée qui n’a rien à envier aux espaces culturels mondiaux dédiés à l’art contemporain (site web, page Facebook, Instagram, Twitter (encore inactif) et emplacement). Et ce n’est de loin pas le seul endroit vous permettant d’être confronté à l’art contemporain ici au nord…

On se quitte ci-dessous avec Santa Lucia, chanson italienne devenue l’hymne de l’université Silpakorn créée par Corrado Feroci (mélodie sur laquelle Dinsai Studio a créé une animation à l’occasion du 125e anniversaire de ce professeur apprécié) :


¹ Selon le système royal de transcription RTGS, son nom thaïlandais devrait s’écrire Sin Phirasi. Nous reprenons cependant le nom communément admis de Silpa Bhirasri.
² Devise latine reprise d’une citation qui constitue les deux premières lignes de la traduction en latin d’un aphorisme énoncé par l’ancien médecin grec Hippocrate, une devise que l’on traduit librement par l’art est éternel alors que la vie est brève.
³ Ce sont Alain et Bernard qui l’affirment

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia en français et en italien.
Source de l’image à la Une : © Facebook – Silpakorn University
Mise à jour le 17.09.2018

Pikanet, le culte du dieu-éléphant à la sauce siamoise

Ganesh¹ est à la fête cette semaine ! La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthiest une célébration indienne au cours de laquelle le Seigneur Ganesh, fils de Shiva et de Pârvatî, est vénéré. Mais que vient faire un dieu hindou en pays bouddhiste ? Il se trouve que la Thaïlande – de même Chiang Mai – abrite plusieurs sanctuaires dédiés au dieu-éléphant et les statues de Ganesh sont présentes dans bien des temples. C’est donc tout naturellement que ces adresses organisent des cérémonies lors de cette fête annuelle. Et l’on ne peut que vous inviter à y participer car dites cérémonies, mélangeant allègrement les figures religieuses, sont hautes en couleur. C’est bien simple, la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal – le samedi 15 septembre cette année 2018 – est l’une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai ! À ne pas rater donc.

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© Chiang Mai Deci-Delà

Ce ne sont pas moins de six sanctuaires où fête il y aura ici dans la Rose du Nord durant cette seconde semaine du mois de septembre 2018 ! Précisons encore que les lieux indiqués peuvent se visiter à l’année ! Mais comme ils prennent une couleur festive lors de ces diverses célébrations, le plaisir de la visite n’en sera que démultiplié.

On vous livre ci-dessous le programme des festivités à Chiang Mai en vous donnant au préalable quelques éléments de compréhension. Et l’on termine avec les autres endroits en Thaïlande où Ganesh sera roi.


Qui est donc Pikanet³ ?

L’Asie du Sud-Est est un carrefour fascinant du bouddhisme et de l’hindouisme qui révèle  des perspectives intéressantes sur la façon dont les cultures migrent et évoluent². Ainsi, l’hindouisme (ou plus précisément le védisme) est arrivé avant le bouddhisme en Thaïlande où Ganesh, le dieu hindou à tête d’éléphant, est appelé Phra Pikanet³ (พระพิฆเนศ, ou Phra Pikanesuan³, พระพิฆเนศวร). Il ne doit pas être confondu avec Erawan, l’éléphant à trois têtes ! Phra Pikanet jouit d’un véritable culte. Vous le retrouverez souvent dans des centres commerciaux ou encore dans de nombreux temples bouddhistes – que ce soit sous la forme de statues ou de peintures murales; beaucoup de Thaïlandais le portent en pendentif.

La popularité de Ganesh en Thaïlande se déploie également sur le web ! Ainsi du site Siam Ganesh et de la page Facebook du même nom (évidemment, tout est en langue thaï).

Ganesh apparaît également dans le bouddhisme, non seulement sous la forme du dieu bouddhiste Vināyaka – souvent montré dansant – mais aussi sous celle d’une divinité hindoue éponyme. Symbole de la puissance mentale, on le retrouve à travers des sculptures bouddhistes. Faites donc plus connaissance avec les divinités du riche panthéon hindou en lisant l’ouvrage Dieux et déesses de l’Inde écrit par Stéphane Guillerme.

GaneshaFestival2018PikanetCNXCover0aAu royaume de Thaïlande, Ganesh est vénéré principalement par les milieux artistiques et les commerçants. Il est donc associé aux arts, à l’éducation et au commerce. Divinité connue comme éliminatrice d’obstacles, il est courant pour les bouddhistes thaïlandais de faire une offrande à un sanctuaire de Ganesh lorsque quelque chose de nouveau est entrepris comme lancer une affaire, effectuer un voyage à l’étranger, construire une nouvelle maison ou se marier. La dévotion à Ganesh est également populaire auprès des étudiants universitaires avant les examens. Connu pour son amour des beaux-arts, il encourage la créativité, d’où sa popularité auprès des artistes qui le nomment Por Kru (Père Guru). Pour la même raison, une image du dieu à tête d’éléphant est incorporée dans le logo du Département des Beaux-Arts de Thaïlande. Les grandes chaînes de télévision et les maisons de production ont des sanctuaires en son honneur devant leurs locaux. D’autres attributs associés à Ganesh en Thaïlande sont le succès, l’accomplissement, la sagesse et la richesse; il n’est donc pas surprenant que cette divinité hindoue soit si populaire auprès des Siamois. Ce culte est cependant un phénomène récent.

Autrefois, les Thaïlandais ordinaires n’étaient confrontés aux dieux hindous que dans l’étude de la littérature classique. Mais à mesure que le pays s’enrichissait, les nouvelles classes moyennes recherchaient un dieu qu’elles pouvaient vénérer pour attirer fortune et succès. C’est alors que Ganesh est devenu populaire. L’influence de la religion hindoue est encore plus forte à la Cour royale de Thaïlande (ainsi de la cérémonie annuelle du Labour Royal sur la place Sanam Luang, à Bangkok). La royauté thaïlandaise est basée sur l’idéal hindou du roi Rama, l’avatar de Vishnu, le souverain d’Ayodhaya. En fait, les rois thaïlandais ont toujours été appelés « Rama » et l’ancienne capitale de la Thaïlande (le Siam) était Ayutthaya. La capitale actuelle, Bangkok (Krungthep) n’est qu’une reconstruction d’Ayutthaya. Le vrai nom de Bangkok est « Krung Thep Thawarawadi Si Ayutthaya ». Beaucoup de Thaïlandais considèrent encore leur roi comme l’avatar d’un dieu. Parce que la royauté thaïlandaise est basée étroitement sur la mythologie hindoue, le culte des divinités païennes hindoues survit ainsi à des fins cérémonielles. Ne vous étonnez donc point du syncrétisme de bon aloi que représente l’adoration de Ganesh dans les temples bouddhistes. Une adoration que jamais le Bouddha historique n’a préconisée…


Festivités à Chiang Mai

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© Chiang Mai Deci-Delà

À Chiang Mai, l’éléphant n’est pas qu’une figure mythologique puisque l’on peut facilement rencontrer de vrais pachydermes dans la jungle environnante (les anciens se souviennent qu’en s’installant dans la région, les éléphants étaient nombreux). Pléthore sont les temples abritant les effigies de Ganesh. Qui sait si vous arriverez à trouver la petite statue de couleur turquoise représentant Ganesh en roi nichée au Wat Phra That Doi Suthep, temple le plus vénéré de la Rose du Nord… Autre sanctuaire, plus récent, celui sur la place du centre commercial MAYA, non loin de la fontaine. L’Université de Chiang Mai (CMU) en abrite elle aussi un.

C’est cependant ailleurs que la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est célébrée ici à Chiang Mai. Elle est souvent appelée Ganpati Festival, un des divers noms du dieu Ganesh¹. On vous dévoile pas moins de six adresses, à commencer par celle qu’il faut absolument visiter le samedi 15 septembre  : le musée Ganesh Himal, qui sera donc en fête ce jour-là. Rappellons – si besoin est – que la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal est une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai. À ne pas rater donc !

Ganesha Himal Museum le samedi 15 septembre 2018

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le site vaut à lui seul le détour, fête ou pas fête ! Il se trouve dans le district de Doi Lo, après la ville de Hang Dong, au sud-ouest de Chiang Mai. Pour y arriver, la petite route campagnarde no 3018 traverse de splendides rizières (ça tombe bien puisque nous sommes en saison verte). Depuis Chiang Mai, on vous conseille d’ailleurs d’emprunter au préalable la route du canal (route no 3035 et non la 108, plus directe); comptez une heure de route depuis Chiang Mai (un peu plus de 40 km). Revenez en rejoignant la rivière Ping à l’est, puis « remontant » par la très jolie route 4032 longeant la rive est. Une balade agreste que vous saurez apprécier si vous êtes en scooter. Bien qu’il soit dénommé musée, c’est bien plus un lieu de dévotion au dieu-éléphant qu’un seul site muséal. Mais il est vrai que quelques belles pièces y sont exposées. L’endroit, des plus paisibles, ravit la majorité des visiteurs qui font l’effort du déplacement. Évidemment, le jour de la fête, l’affluence est grande et ne correspond en rien au calme habituel des lieux. Un banquet gratuit est organisé; c’est dire que les dons sont les bienvenus.

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Le programme est divisé en deux jours. Le premier jour, jeudi 13 septembre 2018, de 9h à midi, une cérémonie du wai kru est organisée; c’est un rituel où les dévots rendent hommage à leur maître. Il est demandé de s’habiller en blanc. De notre point de vue, en tant que touriste, ce n’est pas ce jour-là qu’il faut y venir !

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le second jour, soit samedi 15 septembre 2018, de 9h à 16h, correspond à la Fête de Ganesh à proprement parler (Ganesh Chaturthi ou Ganpati Festival). C’est ce jour-là qu’il vous faut venir au musée Ganesha Himal ! Vous ne regretterez en rien le déplacement, croyez-nous. Riche est le programme, avec un défilé, des danses, de la musique rituelle, de nombreux adeptes rendant hommage au dieu Ganesh (sur la grande place, à l’arrière). Suivez la foule et noyez-vous dans cette ambiance religieuse unique. Entre les diverses cérémonies, vous aurez tout loisir de visiter les espaces du musée. Il est demandé de vous habiller de couleurs chatoyantes, à défaut d’un sari indien (on parle ici de la gent féminine).

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Programme du samedi 15.09.2018 :
• 9h : défilé
• 9h30 : danses et show « La légende de l’Éléphant Blanc »
• 11h : cérémonie religieuse
• 14h30 :  bénédiction du dieu Ganesh exposé sur la place
• 15h : parade (soit le retour de la statue de Ganesh dans son écrin protecteur)
• 15h30 : cérémonie Ganga Aarti

Ganesha Himal Museum (พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ)
Date : jeudi 13, de 9h à midi, mais surtout samedi 15.09.2018, de 9h à 16h (ou 17h)
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 17h)
Adresse : 277 กิ่ง,  Moo 10, borne des 35km de la route Chiang Mai-Hod, sous-district (tambon) de Yang Kram, district (amphoe) de Doi Lo, Chiang Mai 50160. En thaï : 277 กิ่ง ตำบล ยางคราม อำเภอ ดอยหล่อ เชียงใหม่ 50160
✆ +66 53 269 011 (ou +66 53 269 101), +66 53 024 287, +66 89 430 4050
Site web (qui n’est qu’en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB

Roitawarabarn Baandhewalai le dimanche 9 septembre 2018

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© Facebook – Michel Bochet

C’est là l’un des joyaux cachés de Chiang Mai; peu de touristes s’y aventurent. Et pourtant, l’endroit est situé aux pieds du Doi Suthep, au bout de la route éponyme (qui ne conduit plus à la montagne depuis la construction de la nouvelle route plus au nord). Un professeur en économie de l’université dédie sa fortune à la création d’un musée qui contient de très belles œuvres classiques (ce sont là des copies dont il demande la création à des artistes). Et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt du lieu : en y venant (et revenant), vous pouvez voir évoluer une œuvre (et surtout vous rendre compte du temps nécessaire aux artistes pour terminer leur chef-d’œuvre in vivo). Vous verrez ici non seulement de très belles peintures classiques (des reproductions du Palais Royal de Bangkok) mais également d’imposantes sculptures sur bois (un grand Ganesh noir y trône) et également des motifs sculptés dans du verre. L’entrée est libre mais rien ne vous empêche d’acheter une offrande que vous pourrez déposer aux pieds de Ganesh. Durant la fête de Ganesh du dimanche 9 septembre, qui est la première des 5 fêtes programmées à Chiang Mai, il est demandé de s’habiller de blanc.

Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Maï, un monument d’érudition, vous parle mieux que nous de ce lieu qu’il vous faut impérativement visiter. Il l’a joliment surnommé : la propriété des dieux et des déesses.

GaneshaFestival2018RoitawarabarnBaandhewalaiCoverProgramme du dimanche 09.09.2018 :
• 9h : prière au dieu Ganesh
• 10h45 : bénédiction du dieu Ganesh
• 11h : danses indiennes (vidéo)
• 12h : buffet végétarien
• 13h : visite de l’exposition permanente

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© Facebook – Michel Bochet

Roitawarabarn Baandhewalai (ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย)
Date : dimanche 09.09.2018, de 8h à 13h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 19h)
Adresse en thaï : 79/7 ม .1 ซ .2 ถ สุ เทพ สุเทพ เมือง Chiang Mai 50200
✆ +66 86 192 9699
Site web (qui n’est plus fonctionnel) / Page Facebook / Pas d’événement FB

Pikane(t) Suan Devalai le jeudi 13 septembre 2018

GaneshaFestival2018PikaneSuanDevaLogoFBC’est un nouveau lieu de culte dédié à Ganesh, celui qui nous est le moins familier. Et pourtant, il se trouve au centre-ville, à l’intérieur de la cité fortifiée, remparts sud, non loin de la porte Chiang Mai. L’étroit sanctuaire est coincé entre deux commerces (à gauche le représentant des appareils ménagers LG, à droite un point de vente d’objets bouddhistes destinés aux temples). L’entrée est surmontée d’un grand logo Ganesh doré.

Nous n’avons encore jamais assisté à aucune cérémonie en ce lieu « saint » et ce sera là sans doute une belle occasion de le faire.  La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est organisée le jeudi 13 septembre. Hors cérémonies spéciales, le personnel vous invitera à vous déchausser, vous offrira une bougie et de l’encens et vous demandera de faire sonner la cloche avant d’entrer. Vous pourrez ensuite vous adonner à des prières à l’intérieur. Et ne pas oublier de faire sonner une seconde fois la cloche avant de quitter les lieux.

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Programme du jeudi 13 septembre 2018 :
• 18h30 : début de la cérémonie avec la réception des hôtes
• 19h00 : sacrifice à Ganesh
• 20h30 : cérémonie religieuse
• 21h00 : cérémonie Ganga Aarti

Pikane(t) Suan Devalai (พิฆเนศวรเทวาลัย)
Date : jeudi 13.09.2018, de 18h30 à 21h30
Emplacement : Google Maps (ouvert de 8h à 21h)
Adresse en thaï: 39/1 ถนนบำรุงบุรี พระสิงห์ เมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50200
✆ +66 95 692 4262
Site web (en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB
Twitter / Instagram / YouTube


Pikanet Chiang Mai le vendredi 14 mars 2018

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Vous êtes fort probablement passé à côté de ce lieu de culte aux statues spectaculaires sans même vous en rendre compte ! Il est en effet accolé au terminal 2 de la gare routière Arcade ! Maintenant que vous le savez, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas le visiter, à votre arrivée (ou à votre départ) de Chiang Mai en bus. Ganesh est au centre de ce sanctuaire qui lui est dédié – et dont il porte le nom thaïlandais – mais d’autres statues du panthéon hindou sont érigées là. Ici, pas de Bouddha !

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Le lieu est souvent animé et nous relatons régulièrement sur notre page Facebook les fêtes qui y sont organisées (et même bien organisées, fêtes qui donnent à voir de belles danses du Lanna). En l’occurrence, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi, คเณศจตุรถี) se déroulera vendredi 14 septembre, en soirée. Notez que le site est souvent en fête (l’on peut commander des cérémonies spécifiques contre monnaie sonnante et trébuchante; après tout, Ganesh est censé attirer la fortune 😏). Habituellement, les cérémonies au Pikanet voient affluer des dévots habillés de blanc. Mais ce jour-là, s’agissant de la Fête de Ganesh, le code vestimentaire demande aux invités de s’habiller de couleurs chatoyantes; les dames en profiteront pour se vêtir de leur plus beau sari de couleur.

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Programme du vendredi 14 septembre 2018 :
• 19h00 : danses cérémonielles
• 19h30 : enregistrement des invités
• 20h00 : cérémonie religieuse Ganesh Chaturthi
• 21h10 : cérémonie religieuse Aarti

Pikanet Chiang Mai (ศาลพระพิฆเนศ อาเขตเชียงใหม่)
Date : vendredi 14.09.2018, de 18h à 22h (en journée dès 9h)
Emplacement : Google Maps (ouvert 24 heures sur 24)
Adresse en thaï : 207 ซอย5 ถนน แก้วนวรัฐ ตำบลวัดเกต อำเภอเมือง เชียงใหม่ 50000
✆ +66 95 639 8881
Site web (version anglaise indigente) / Page FacebookÉvénement FB / Twitter


Ashram Guru Deva le dimanche 16 septembre 2018

La communauté de cet ashram discret situé entre Doi Saket et le lac Mae Kuang Dam, à l’est de Chiang Mai (précisément ici), organise elle aussi une fête à Ganesh. Elle n’a ni la magnificence de celle du musée Himal Ganesh ni la ferveur du Pikanet Chiang Mai . Néanmoins, cette cérémonie est originale puisqu’elle verra son guru mettre à l’eau une statue de Ganesh comme cela se fait en Inde. Ça se passe au bord de la rivière Ping dans le parc près du pont Nawarat. De quoi agrémenter joliment votre dimanche après-midi.

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La cérémonie durera tout au plus deux heures. Elle débute le dimanche 16 septembre, à 14h, avec une procession qui démarre au marché Warorot pour rallier les bords de la rivière Ping, juste en face de la First Church (une grande église évangélique).

Ashram Guru Deva (กูรูเดวาอาชรัม(อีโคไลฟ์))
Date : dimanche 16.09.2018, de 14h à 16h
Emplacement de la cérémonie : Google Maps
Pas d’adresse précise s’agissant d’un parc au bord de la rivière Ping
À notre connaissance, aucun site web ni page Facebook n’est géré par cet ashram. Page Facebook du guru.


Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent) le mercredi 19 septembre 2018

On clot la liste des animations dédiées au dieu Ganesh par le dernier événement, en journée, organisé dans un endroit plutôt insolite puisqu’il s’agit d’un temple tout ce qu’il y a de plus bouddhiste, le Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (Silver Temple en anglais), sur Wualai Road, au cœur du fameux marché piétonnier du samedi soir. C’est un temple qui organise une cérémonie prisée des touristes, le samedi soir justement, avec une veillée aux chandelles autour du temple d’argent, illuminé à cette occasion des seules bougies des dévots. L’épicentre est interdit aux femmes… Mais la fête dont il est question ici, dédiée à Ganesh donc, aura lieu le mercredi 19 septembre 2018, dès 9h39. Ne manquez pas le défilé programmé à 15h39 (on sait être précis en Thaïlande, du moins dans les programmes 😏). Code vestimentaire : couleurs chatoyantes à défaut d’un sari indien.

Programme du mercredi 19.09.2018 :
• 9h39 : bain rituel de Ganesh
• midi : repas en commun
• 15h39 : défilé

Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent, วัดศรีสุพรรณ ในพระอุปถัมภ์ พระเจ้าหลานเธอพระองค์เจ้าทีปังกรรัศมีโชติ)
Date : mercredi 19.09.2018, de 9h39 à 16h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 5h39 à 21h30)
Adresse en thaï : 100 ถนนวัวลาย ตำบล หายยา อำเภอเมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50100
✆ +66 61 403 2581 et +66 97 215 5397
Site web, page Facebook (qui n’est pas la page officielle), pas d’événement FB à notre connaissance

Comme cela fait beaucoup de cérémonies en des lieux fort dispersés, on publie ci-dessous la carte des divers emplacements (ne nous remerciez pas, c’est tout naturel) :


Ailleurs en Thaïlande

Vous trouverez des sanctuaires et des statues de Ganesh – souvent immenses – dans toute la Thaïlande. L’un des plus célèbres est situé dans le quartier commerçant de Ratchaprasong à Bangkok, précisément au Central World, à l’extérieur, en face du magasin Isetan, sur Ratchadamri Road (ouvert 24 heures sur 24, arrêt BTS Chidlom). Les habitants y déposent des statuettes d’éléphants, des guirlandes de calendula frais, des bonbons, des bananes et de la canne à sucre.

Autre sanctuaire des plus vénérés, celui du temple royal des brahmanes au centre de Bangkok, près de la balançoire géante (Giant Swing). Le temple hindou Wat Phra Si Maha Utama Devi (วัดพระศรีมหาอุมาเทวี), à Silom, abrite lui aussi une statue de Ganesh qui a été transportée d’Inde à la fin du XIXe siècle. Une statue de bronze du Xe siècle a, elle, été retrouvée à Phang-Na avec des inscriptions tamoules. Enfin, la province Chachoengsao, à l’est de Bangkok, abrite pas moins de trois parcs exposant des statues géantes de Ganesh, dont celle qui est considérée comme la plus grande statue de Ganesh au monde (site web et page Facebook).

Dans tous ces lieux de culte, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) sera bien évidemment célébrée cette semaine (à des dates diverses). Deux des plus grands événements ont lieu au temple Shiva (ตำหนักพระแม่กวนอิมมหาโพธิ์สัตว์อวโลกิเตศวร โชคชัย 4 สาขารามอินทรา), à l’extérieur de Bangkok, et au temple Utthayan Ganesh à Nakhon Nayok, dans la province éponyme, à l’est de la capitale (Ganesha Park, อุทยานพระพิฆเนศ). Généralement, les bouddhistes thaïlandais participent également aux célébrations aux côtés des hindous.

Vous savez maintenant que Chiang Mai Deci-Delà vous invite à vivre pleinement toutes les fêtes et festivals au contact de la population locale. C’est sans nul doute là la plus belle des manière de se frotter à la culture siamoise. Et cette Fête de Ganesh, bien que venue d’ailleurs, en fait bien évidemment partie. Si vous faites l’acquisition d’une statuette de Ganesh afin de vous remémorer votre voyage en Thaïlande – et pourquoi pas attirer fortune et succès, tenez compte de ces 10 règles pour la placer correctement ! Joyeuse fête à tous et que la fortune et le succès vous accompagnent.


Mise à jour après l’édition 2018

Peu sont les touristes et expatriés ayant vécu l’événement en direct, sur place au musée Ganesha Himal. Il n’empêche, belle fut la fête !

GaneshaFestival2018GanheshaMuseumPhoto2018Montage1

Édition 2018 – Crédit photo : Narin Srikhamlure – Source : พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ – © Facebook

Vidéos de l’édition 2018 : cortège initialcélébrationfin de la célébration et cortège final
Photos de l’édition 2018 : set 1set 2set 3set 4

Vous pouvez également voir ou revoir la cérémonie organisée au Pikanet Chiang Mai, le sanctuaire accolé à la gare routière Arcade : vidéo. Pour les danses, il nous faut nous contenter de photographies.

De même pour la cérémonie au Pikane(t) Suan Devalai : premier montage-photo suivi d’un second montage. Et là aussi, quelques photos.

Enfin, l’immersion du Ganesh dans la rivière Ping lors de la cérémonie de l’ashram Guru Deva avec également quelques photos.


¹ ou Ganesha, mot sanskrit. Ganesh porte un grand nombre d’autres noms (Autres noms de Ganesh, Wikipédia): Ganapati (le chef des Ganas), Vinâyaka (le meilleur des guides), Gajânana (face d’éléphant), Gajâdhipa (le roi des éléphants), Vighneshvara (le maître des obstacles), Vighnahartā (celui qui évite et écarte les obstacles). Les 12 noms en sanskrit les plus souvent utilisés pour les prières courtes sont : Sumukha (Celui qui a un beau visage), Ekadanta (Celui qui n’a qu’une seule défense), Kapila (Celui qui est rouge foncé), Gajakarnaka (Celui qui a des oreilles d’éléphant), Lambodara (Celui qui a un ventre proéminent), Vikata (Celui qui est imposant), Vighnanasha (le destructeur des obstacles), Ganadhipa (le maître des Ganas, serviteurs de Shiva), Dhumraketu (Celui dont la bannière est grise), Ganadhyaksha (le chef des Ganas), Bhalachandra (Celui qui porte la lune sur son front), Gajânana (Celui qui a une tête d’éléphant).
² Lire à cet effet l’ouvrage India-Thailand Cultural Interactions: Glimpses from the Past to Present, sous la direction de Lipi Ghosh.

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia (Ganesha in world religions).
Source de l’image à la Une. Mise à jour le 18.09.2018

Festival de la Vie Tribale 2018

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de la récente Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, qui s’est tenue à Chiang Rai ce mois-ci dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde célébrée le 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ses populations en marge de la société. Et le festival dont il est question ici y participe.


Le Musée Tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le Musée Tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le Musée Tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de 10 ethnies qui vous sont présentées là (lire le paragraphe idoine).

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale 2018, un événement que nous vous recommandons chaleureusement (cf. le paragraphe suivant).

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée du musée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer dans les paillotes au bord du lac servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

 

Le Musée Tribal de Chiang Mai sur internet (Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais)
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Emplacement

Le Festival de la Vie Tribale 2018

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au Musée Tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา, cf. le paragraphe ci-dessus), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

TribalLifeFestival2018Cover2THAMERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï):


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

A l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (env. 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. A titre d’exemple, les Karens s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. A titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karen : Les Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses :
Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu

© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)


Mise à jour après l’édition 2018 du festival

Cette année, le festival a dû faire face à une météo capricieuse. Force est cependant de constater que les Thaïlandais eux-mêmes s’intéressent fort peu aux minorités ethniques peuplant leur pays. Sans parler de l’absence de promotion attirant les touriste étrangers. Mais les représentants de ces minorités sont bel et bien présents et disponibles à toutes et ceux qui veulent bien s’intéresser à leur sort.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo récapitulative de la cérémonie d’ouverture, une cérémonie qui était marquée par un défilé de mode où le designer s’est largement inspiré des motifs tribaux. Quelques photos d’ambiance ici, et encore ici. Un festival qui s’est donc clos et qui vous donne rendez-vous à l’année prochaine.

 

En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Mise à jour le 22.08.2018.

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