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Le King Kong des rizières (le lac Huai Tueng Thao sis à Chiang Mai)

On vous présente aujourd’hui un site bucolique de Chiang Mai où les locaux apprécient s’y détendre. Y venir c’est côtoyer un peu des perles secrètes de la Rose du Nord… L’endroit devient un must touristique avec la création d’un véritable parc d’attractions constitué d’immenses statues de paille. Qui plus est, l’on rejoint une sympathique aire de repos attenante, au bord du lac, en empruntant une passerelle en bambou. Et ses belles rizières ne sont pas la moindre des attractions du lieu…

Un site bucolique

Huai Tueng Thao1 (อ่างเก็บน้ำห้วยตึงเฒ่า). C’est un peu le Central Park new-yorkais de Chiang Mai sauf que cet espace vert se situe à l’extérieur de la ville. Il s’agit en fait d’une retenue d’eau au pied du Doi Suthep, transformée en parc par la volonté de feu Bhumibol le Grand, située dans une zone militaire à Don Kaeo, dans le district de Mae Rim, à 14 km au nord de la ville de Chiang Mai. Ce lac n’a donc rien de naturel mais avec le Doi Suthep en toile de fond, le caractère bucolique de l’endroit le rend très populaire.

Ainsi, pour échapper à la torpeur de la ville, ses habitants aiment à y passer d’agréables moments, notamment le dimanche après-midi où beaucoup pique-niquent. Les touristes ne s’y aventurent que rarement et c’est bien dommage car le site est l’endroit idéal pour se détendre et profiter du paysage. Les plus actifs pourront utiliser les pédalos et des kayaks ou bien encore pêcher. Et pourquoi ne pas profiter d’un massage thaïlandais ? C’est l’endroit rêvé pour faire du vélo ou encore du VTT (location sur place)…

Plusieurs restaurants aux mets locaux vous permettront de vous sustenter (salade de papaye, riz gluant, poisson grillé évidemment, riz frit et nouilles, entre autres menus). Des vendeuses aux paniers colorés vous proposent des fruits frais et autres insectes. Des paillotes agrémentent le lieu où il est bien entendu possible de s’y baigner. Pour un peu, on se croirait à la mer ! L’on peut même y passer la nuit : il y a des hébergements (bungalows de paille à THB 600.- la nuit, appelez le 053 121 119 ou le 098 808 65 99), de même qu’une zone de camping.


Non pas un mais bel et bien trois King Kong !

Huay Tueng Thao - King Kong - Chiang Mai News 07.2018
Au premier King Kong installé s’est ajoutée toute une famille

Tel le monstre du Loch Ness, beaucoup vous diront avoir aperçu une bête monstrueuse au cœur même des rizières. Et vous pouvez les croire ! En début d’année 2018, l’armée a en effet édifié un gorille de paille (« Magnéto, Serge !« ) qui attire tous les curieux de la région (et les amateurs de selfies originaux). Ce qui ne devait être qu’une nouvelle attraction sise au lac Huai Tueng Thao offerte durant la saison verte s’est transformée en véritable parc d’attractions, ouvert toute l’année. Quelques mois plus tard, c’est une famille de trois King Kong qui a surgi là ! Il semble que ces constructions de paille résistent aux intempéries (et vous savez la force que peuvent revêtir les pluies siamoises). Le succès a été au rendez-vous dès l’ouverture et il ne se dément point.

Le premier géant mesure 4 mètres de haut et 2,30 mètres de large; il a coûté 70 000 bahts. Il aura fallu 6 jours pour le créer, avec l’aide de bénévoles issus de l’Université de Technologie de Rajamangala. On ne vous donne pas les dimensions des nouveaux King Kong mais sachez qu’ils sont encore plus impressionnants (vous pouvez d’ailleurs grimper sur le plus grand d’entre eux). Leur inauguration a eu lieu en juillet 2018 (vidéo) et c’est maintenant une iconographie devenue familière, utilisée par exemple pour un festival de musique organisé au parc (KONG Jungle Mountain).

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Nouveau parc de sculptures en paille

Depuis le mois de décembre 2018, la famille des trois King Kong n’est plus seule ! C’est carrément parc d’exposition de sculptures en paille qui a été créé là. Ceci grâce à un concours où de nombreuses équipes d’étudiants se sont affrontées. Un véritable zoo de statues animalières : florilège (ne cliquez pas si vous désirez préserver la surprise que vous procurera une visite sur place). Le riz ayant été planté2, le paysage se prête aux plus belles photos.

Huay Tueng Thao - King Kong - 100LannaNews Montage
D’impressionnantes sculptures, tout de paille soient-elles © Facebook – ร้อยเรื่องเมืองล้านนา

Ne manquez pas l’aire de repos aménagée de l’autre côté de la route, au bord du lac donc, romantique à souhait. Avec une chouette passerelle en bambou pour y accéder. De quoi prolonger fort agréablement votre visite. Nouvelle également, une belle tour d’observation, peinte de jaune, qui s’intègre très bien au paysage (elle se trouve sur la route faisant le tour du lac, à gauche en entrant).

Huay Tueng Thao - King Kong - Checkin Chiangmai Montage
Une aire de repos romantique © Facebook – Checkin Chiangmai

Sachez encore que neuf nouveaux cabanons vous accueillent au cœur du parc. L’intérieur est spartiate, pour le moins. Il vous en coûtera THB 400.-/nuit pour 2 personnes maximum (et encore). On regrette que les petites maisons récemment construites au bord du lac, et non dénuées de charme, ne sont destinées qu’aux personnes V.I.P. (et donc pas au tout-venant); l’intérieur est coquet. Espérons que l’offre d’hébergement s’élargira à l’avenir…

La culture du riz n’est pas des plus rémunératrices. Ces nouvelles attractions apporteront donc un revenu complémentaire bienvenu aux agriculteurs locaux. Et c’est l’occasion pour tous les visiteurs de découvrir non seulement des statues de paille mais aussi de se frotter à la riziculture locale, les pieds dans la boue, sous le regard attendri des buffles d’eau. Il y a parfois des moutons qui paissent (une nouvelle attraction a été intégrée en août 2020). Une atmosphère des plus originales qui ravira les familles avec enfants, de même que les amoureux. Et une belle occasion d’admirer des rizières du plus bel effet (une vidéo pour vous en convaincre).

Avec ou sans ces « King Kong des rizières » et ces nombreuses sculptures de paille, le lac Huai Tueng Thao est un site que nous vous recommandons chaudement. Vous aurez ainsi une idée plus verte ce que peut être la (trop) polluée Rose du Nord durant votre séjour à Chiang Mai.


Le site lacustre est ouvert tous les jours (entrée payante de 8h à 17h: THB 50.- pour les étrangers et THB 20.- pour les locaux). À notre connaissance, aucun moyen de transport public ne s’y rend (sauf à s’arrêter sur la route 107 avec un song thaew jaune qui poursuit vers Mae Rim, exactement à ce carrefour (อุโมงค์ ดอนแก้ว กรมทางหลวง) mais alors il vous faudra encore marcher plus de 3 km (comptez 30 minutes) vers le lac, direction ouest; départ des song thaew au marché Warorot et la gare routière Chang Phueak). C’est donc la destination idéale pour qui se déplace en vélo (30 kilomètres aller-retour tout de même), en scooter ou motocycle, ou encore en voiture. Sans omettre les song thaew, les taxis/camionnettes rouges typiques de la ville, une fois négocié le prix avec le chauffeur (déplacement(s) et attente sur place).

Page Facebook du lac Huai Tueng Thao
Avis TripAdvisor
Le site web officiel (dont la mise à jour est aléatoire)
Emplacement Google Maps

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Booking.com - Chiang Mai


Autres attractions touristiques alentour

Si vous êtes motorisé, ne manquez pas d’autres sites touristiques tout proches qui ne sont pas dénués d’intérêt :

  • La base militaire où vous pourrez admirer des dizaines de chevaux broutant dans un grand parc (หมวดสัตบาลที่ 3, en bordure de la route 107). Du lac, comptez 30 minutes de marche à pied (plus de 3 km).
  • L’agréable Khuang Phra Chao Lanna tout proche (ข่วงพระเจ้าล้านนา),  que l’on qualifiera d’apaisant parc bouddhique puisque vous pouvez y admirer des œuvres architecturo-religieuses typiques de cette région, le Lanna (mais ce n’est pas un temple).
  • Le parc Cowboy Army Riding Club, un site d’où s’envolent des montgolfières, et le parc Rama IX Lanna (สวนลานนา ร.9), avec son labyrinthe végétal qui ravira les jeunes enfants (mais l’entretien du lieu laisse à désirer). Ces deux adresses sont cependant un brin redondantes si vous avez passé précédemment du temps au lac Huai Tueng Thao.
  • Le Musée de la Banque de Thaïlande (Bank of Thailand Museum – North Region Office, ธนาคารแห่งประเทศไทย สำนักงานภาคเหนือ), divisé en deux sections : une première présentant l’histoire de la monnaie thaïlandaise et une seconde axée sur l’importance du textile.
  • Le Wat Pa Dara Phirom (วัดป่าดาราภิรมย์ พระอารามหลวง), un complexe bouddhiste peu connu et dont l’architecture vous enchantera. Situé dans un parc à la quiétude enveloppante. Y sont organisées des rencontres entre bouddhistes avec la pratique de la méditation. De même que le ravissant Palais Darabhirom voisin (พระตำหนักดาราภิรมย์), une très belle villa en bois transformée en musée. C’est là qu’habitait la princesse Dara Rasmi, une des épouses du roi siamois Chulalongkorn, grande défenseur des arts du Lanna (les Québécois écriront défenseuse).
  • Sans parler des attractions jusqu’à la pléthore offertes par la vallée de Mae Sa, plus au nord ! Petit clin d’œil cependant pour les coquins qui pourront compléter la journée en visitant le Jardin Érotique (Chiang Mai Erotic Garden), lui aussi au cœur des belles rizières de Mae Rim, à 15 km au nord du lac Huai Tueng Thao.

Bandeau 1

Que vous vous limitiez à une visite du lac Huai Tueng Thao ou que vous suiviez nos autres conseils de visite ci-dessus, vous ne regrettez en rien votre sortie, au contact d’une sympathique population locale, loin des foules touristiques. La magie opérera si votre passage se fait durant la saison des pluies avec les magnifiques rizières qu’offre la région de Mae Rim (de juillet à fin octobre). Mais les rizières du lac Huai Tueng Thao sont également visibles hors saison, approximativement de mars à juin. On ne peut que vous inviter à y faire un tour; l’endroit en deviendrait presque incontournable… Quoiqu’il en soit, vous serez là à la campagne, dans un cadre idyllique.


1 On retrouve souvent la graphie Huay (avec y) Tueng Thao, erronée. Nous avons retenu Huai pour ห้วย selon le RTGS – Système général royal de transcription du thaï
2 On parle ici de fin février 2019

Source de l’image à la Une : © Facebook – เช็คอินเชียงใหม่ Checkin Chiangmai
Article composé le 03.06.2018 et mis à jour le 17.08.2020

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Pèlerinage annuel nocturne du Doi Suthep

C’est du Doi Suthep que l’on peut embrasser du regard toute la Rose du Nord ! Cela, vous le constaterez en gravissant ce mont proche de la ville de Chiang Mai. Un pèlerinage annuel très populaire, effectué le jour précédant Vesak, fête la plus importante du calendrier bouddhiste. Et un second pèlerinage suit, une semaine plus tard, celui du Doi Kham. On vous donne tous les détails de ces deux événements, immanquables si vous êtes à Chiang Mai.

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Vue nocturne sur Chiang Mai depuis le Doi Suthep. Crédit photographique : Hannyman © Facebook – แอ่วดีไหม?-แอ่วใหนดี?

Un pèlerinage qui précède le Vesak, plus importante fête bouddhiste

Évoquer Chiang Mai, c’est forcément parler du Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville. Un sommet qui tire son nom de Sudeva Rishi, qui, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, menant une vie d’ermite, passant son temps à méditer dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Suthep. Doi, en langue locale, signifie montagne. Les parents de Sudeva Rishi sont d’ailleurs fêtés dans un spectaculaire festival annuel qui voit la mise à mort d’un buffle : Pu Sae et Ya Sae (se déroulant généralement entre fin mai et début juin). Le jour de Vesak – pleine lune du 6e mois lunaire – commémore simultanément trois événements importants de la vie du Bouddha historique : sa naissance, son illumination et le nibbana, son extinction définitive. C’est à l’occasion de cette fête commémorative, la plus importante pour les bouddhistes, qu’a lieu le fameux pèlerinage nocturne du Doi Suthep, cher au cœur des habitants de Chiang Mai (nous en somme à plus de 650 éditions). Une expérience, si vous deviez vous aussi la réaliser, que nous vous promettons inoubliable.

La prochaine date du pèlerinage sera être le soir du mardi 21 mai 2024

Sachez encore que deux autres journées permettent de vivre un moment unique sur le parcours du Doi Suthep : l’une est l’ascension annuelle du Doi Suthep par les nouveaux étudiants de l’Université de Chiang Mai, début septembre (une ascension moins spectaculaire a lieu en juin, effectuée par les étudiants de l’université RMUTL), et l’autre le pèlerinage effectué par des centaines de moinillons à l’occasion de khao phansa, importante fête bouddhiste elle aussi, qui a lieu généralement en juillet.

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Le temple le plus vénéré du nord thaïlandais

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© CM108.com

Le Wat Phrathat Doi Suthep Rat Wora Wihan (en thaï วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร), appelé plus simplement Wat Prathat Doi Suthep est le temple qui se trouve sur le premier des deux sommets (le second étant le Doi Pui, le tout formant un parc national). Il s’agit du temple bouddhiste le plus vénéré en Thaïlande du Nord. L’ancienne route du temple a été ouverte le 30 avril 1935, permettant aux automobiles d’y accéder. Elle a été construite par une armée de volontaires sous l’égide du moine rénovateur Khruba Siwichai, un moine tout aussi vénéré que le temple (apprenez-en plus sur ce saint homme en lisant notre article Khruba Siwichai, le saint homme de Chiang Mai).


Un pèlerinage annuel

Le pèlerinage annuel dont il est question ici emprunte donc cette route de 11 kilomètres. Pour rejoindre le sommet, situé à un peu plus de 1 000 mètres (alors que le Doi Pui culmine à 1676 mètres), il vous faudra compter entre 3 et 4 heures de marche depuis le pied de la montagne. Une fois le temple en vue, il y a encore 306 marches d’escalier à grimper pour atteindre le monastère. Une ascension qui débute au sanctuaire de Khruba Siwichai, peu après le zoo de Chiang Mai.

Comme le rappelle l’abbé responsable du temple, c’est un événement ouvert à tous, au premier rang desquels les bouddhistes bien entendu. Un pèlerinage auquel les expatriés se joignent bien volontiers (album-photo de notre ami Michel, qui n’a pas hésité à gravir le mont Suthep en 2019).

Il est demandé d’être vêtu de blanc. Et, s’agissant d’un rite religieux, c’est une attitude respectueuse qui est attendue de vous. Vous y croiserez aussi des pèlerins en groupe, que ce soit les employés d’une même entreprise ou encore les étudiants d’un même établissement (à l’image de la RMUTL – Université Rajamangala toute proche). Un pèlerinage que certains dévots effectuent également en journée le lendemain, jour du Vesak donc.

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L’édition 2017 a vu affluer près de 55’000 participants; certains d’entre eux marchent tenant entre leurs mains une chandelle. Il y a également moult stands (cf. la carte ci-dessous) où vous pourrez vous reposer et où vous attendent des moines : ils vous mettront un bracelet en coton autour du poignet, vous gratifiant d’une bénédiction. Cette affluence, avec son lot de boissons gratuites et d’encas ingurgités tout au long du parcours, gère beaucoup de déchets (27 tonnes en 2017). Les autorités ne manquent d’ailleurs pas de donner des consignes écologiques (hélas peu respectées). C’est dire que les volontaires sont les bienvenus pour prêter main forte aux organisateurs. Comme indiqué plus haut, les étudiants de l’Université de Chiang Mai (CMU) effectuent eux aussi une telle ascension mais à une autre période, à l’ouverture de l’année académique.

Les festivités à proprement parler sont précédées par l’arrivée de l’eau lustrale à l’aéroport de Chiang Mai, en provenance de Bangkok, cadeau de Sa Majesté le roi Rama X. Une parade en voiture amène cette eau bénite au temple du Doi Suthep. Que vous ayez l’intention ou non d’effectuer l’ascension nocturne en compagnie des locaux, ne manquez pas le fabuleux spectacle donné généralement le soir-même au sanctuaire de Khruba Siwichai. La statue de ce moine, tous deux très vénérés, est l’œuvre de Silpa Bhirasri, père fondateur de l’art moderne thaïlandais.

Les autres jours de l’année, on vous invite à effectuer la visite matutinale du tempe du Doi Suthep en compagnie d’un ancien moine, un circuit exclusif proposé par notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge, ce qui vous permet de participer aux offrandes aux moines. À moins que vous ne préfériez être parmi les hordes touristiques qui affluent en journée, causant d’importants dégâts à l’écosystème de ce parc naturel.

Édition 2022, qui marque le retour de ce pèlerinage

Les ouailles ont pu renouer avec ce populaire pèlerinage puisque l’édition 2022 a pu se tenir normalement le samedi 14 mai 2022. Le plaisir était palpable sur place après deux éditions annulées pour raisons sanitaires, en 2020 & 2021 ! C’est un événement religieux qui commence au pied du Doi Suthep, là où a été érigé un monument à la gloire de Khruba Sriwichai, le moine le plus vénéré du Nord Thaïlandais. La cérémonie d’ouverture permet d’y admirer la fameuse danse traditionnelle fon leb. S’ensuit une montée vers le temple le plus vénéré du Nord. Tôt le lendemain matin, la cérémonie d’offrande aux moines est particulièrement émouvante, les moines descendant les marches du temple. En fin de journée – soit dimanche à 17h – a suivi une cérémonie royale de bénédiction de robes monastiques et d’eau lustrale offertes par Leurs Majestés le roi et la reine de Thaïlande. Un pèlerinage diffusé en direct sur Facebook par CM108, en 3 parties (première partie, seconde et enfin troisième). Cette vidéo résume à elle seule ce pèlerinage :

Indépendamment du texte qu’affiche Facebook, il vous suffit de cliquer sur l’encadré ci-dessus pour visionner la vidéo !

Les médias locaux proposent tous leur galerie photographique qui permet de vous faire une idée plus précise de ce que représente cet événement annuel cher au cœur des habitants : Chiang Mai News, Chiang Mai 108, Events Weekly News, ou encore Top Chiang Mai.

Ailleurs à Chiang Mai, le Wat Jed Yod a réuni 10 moines pour les offrandes matinales. Et là aussi la cérémonie fut haute en couleur.


Éditions 2020 & 2021 annulées !

Ce pèlerinage nocturne, qui devait se dérouler dans la nuit du mardi 25 mai 2021, a été annulé suite aux mesures prises par les autorités pour endiguer la pandémie du Covid-19, comme en 2020 donc ! Bien que le pèlerinage en tant que tel soit annulé – ce qui peut se comprendre puisqu’il attire des milliers de pèlerins – il sera en revanche possible de se rendre au temple dès le lendemain matin, mercredi 26 mai, jour du Vesak, pour y rendre hommage au Bouddha. Les mesures de distanciation y seront imposées (désinfection des mains à l’entrée du temple, port obligatoire du masque et distance de sécurité imposée).

La cérémonie traditionnelle de réception de l’eau lustrale royale s’est tenu à 17h en présence de 10 moines mais il a été impossible pour un dévot d’y participer ! Seules les instances officielles y étaient conviées, pandémie du Covid-19 oblige. C’est là une cérémonie liée au Vesak (toutes les infos dans notre article).


Un œil sur le programme habituel, celui de l’année 2019

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Tel était le programme du pèlerinage annuel du Doi Suthep à l’occasion du jour de Vesak de l’année 2019, l’année dernière donc  :

Jeudi 16.05.2019, après 16h (probablement vers 18h) : procession d’un char illuminé par des lanternes traditionnelles (typiques du Lanna), du Wat Upakut au Wat Phra Sing, au cœur de la cité historique, le long de la route Thapae.

Vendredi soir, 17.05.2019 (14e jour du 8e mois lunaire).
Joignez-vous aux pèlerins en marchant de nuit les 11 km du pied du mont Suthep au temple bouddhiste éponyme. Le départ se fait au sanctuaire de Khruba Siwichai (juste après le zoo). Le but est d’arriver tôt le matin au temple afin d’y effectuer trois circumambulations en guise de mérite, sans oublier l’aumône matutinale aux moines. Programme du pèlerinage nocturne du Doi Suthep :
• 18h30 : cérémonie d’ouverture au monument de Khruba Siwichai, aux pieds de la montagne.
• 19h09 : cérémonie religieuse en présence de 9 moines.
• Puis : show historique qui s’annonce comme chaque année haut en couleurs (on vous l’indique mais il n’est pas mentionné au programme cette année…).
• 19h59 : procession colorée vers le temple du Doi Suthep.
• À 1h du matin, cérémonie religieuse (dépôt de l’eau sacrée au sanctuaire du Wat Phra That Doi Suthep).

Les personnes présentes matutinalement profiteront bien entendu d’un magnifique lever de soleil.

Samedi 18.05.2019 (15e jour du 6e mois lunaire, le jour du Wisakha Bucha à proprement parler, วันวิสาขบูชา), au temple.
• 06h30 : cérémonie religieuse avec offrande matutinale aux moines (ตักบาตร, tak bat), à ne pas manquer.
• 17h30 : cérémonie de clôture avec l’eau lustrale royale. Fin vers 17h45.
Cette journée verra des bénévoles se consacrer au nettoyage de la route d’accès !

Courageux sont les pèlerins car c’est bien souvent une nuit pluvieuse qui est annoncée, comme l’année dernière lors de la 647édition du pèlerinage. Mais les prévisions de cette année 2019 semblent au beau fixe.

La légende de l’Éléphant blanc du Doi Suthep
Selon la légende, un moine de Sukhothai du nom de Sumanathera a vu en rêve un dieu lui dire d’aller rechercher une relique à Pang Cha. Sumanathera s’est rendu sur place et y a trouvé un os, que beaucoup pensent être un os de l’épaule de Bouddha. La relique a montré des pouvoirs magiques, elle a rougeoyé, elle pouvait disparaître, se déplacer et se dupliquer. Sumanathera l’a apportée au roi de Sukhothai, le Dharmmaraja.

Le Dharmmaraja a fait des offrandes et une cérémonie pour l’arrivée de Sumanathera. Cependant, la relique n’a alors montré aucune caractéristique anormale et le roi, doutant de son authenticité, a dit à Sumanathera qu’il pouvait la garder.

Cependant, le roi du royaume du Lanna, Nu Naone, a entendu parler de la relique et offert au moine de la prendre. En 1368, avec la permission de Dharmmaraja, Sumanathera a apporté la relique à l’actuelle Lamphun, au nord de la Thaïlande. La relique s’est apparemment dédoublée, une pièce étant de la même taille, l’autre plus petite que l’original. Le morceau le plus petit a été enchâssé au temple à Suandok et l’autre a été placée par le roi sur le dos d’un éléphant blanc qui a été libéré dans la jungle. L’éléphant a escaladé le Doi Suthep, alors appelé Doi Aoy Chang (la montagne de l’éléphant sucré), et a gémi trois fois avant de mourir. Ceci a été interprété comme un signe et le roi Nu Naone a ordonné la construction d’un temple à l’emplacement de sa mort.
© Wikipédia

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Recommandations des autorités du parc national Doi Suthep/Doi Pui et parcours du pèlerinage avec ses nombreux arrêts

Attirant les dévots par dizaines de milliers, cet événement demande une organisation sans faille. La bande-annonce d’une précédente édition le résume en chiffres.


Suivi d’un second pèlerinage, celui du Doi Kham

L’édition 2024 aura lieu le mercredi 29 mai 2024, départ officiel à 18h39; le temple sera en fête jusqu’au lendemain, jeudi 30 mai (où une cérémonie de bain rituel est organisée à 10h).

Moins connu que l’ascension nocturne vers le temple du Doi Suthep, le pèlerinage du Wat Phra That Doi Kham ne fait pas moins partie d’une tradition chère au cœur des habitants de la Rose du Nord. Il a traditionnellement lieu une semaine après le jour de Vesak, cette année le samedi 10 juin 2023, à 17h. La cérémonie du bain lustrale aura lieu le lendemain, dimanche 11 juin 2023, à 9h du matin.

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On dit le temple érigé au VIIe siècle de notre ère par le peuple qui a introduit le bouddhisme en Thaïlande, les Mon. Il attire en tous les cas beaucoup de membres de l’ethnie des Tai Yai. Plus récemment, sa célébrité est due à la vente d’un billet gagnant de la loterie nationale, ce qui aimante les pèlerins crédules en masse.

L’on vous convie donc à un pèlerinage nocturne vers le temple qui se trouve au sommet du Doi Kham, à 15 kilomètres de la ville, au sud-ouest (comptez 30 minutes de voiture). Facile à reconnaître avec son grand bouddha blanc de 17 mètres, en position méditative (où, ayant atteint l’illumination, il prend la terre à témoin avec sa main droite), et flanqué plus récemment d’un autre bouddha, blanc lui aussi mais debout. Deux statues qui se voient de loin. Il y a généralement de très belles danses traditionnelles lanna qui accompagnent l’événement. Par ailleurs, la soirée est animée par des artistes de la communauté tai yai.

Édition 2019

En 2019, cet événement s’est déroulé le week-end des samedi 25 et dimanche 26 mai 2019 au Wat Phra That Doi Kham (วัดพระธาตุดอยคำ, dans le sous-district de Mae Hia). De là-haut, belle est la vue sur la vallée. Résumé du programme :
⦿ Samedi 25.05.2019, dès 19h : montée vers le Wat Phra That Doi Kham (cela peut se faire tant par la route, récente, que par les 310 escaliers au bas de la colline, escaliers qui mènent directement au temple).
⦿ Dimanche 26.05.2019, à 9h : cérémonie religieuse avec vénération du chedi (qui contient une relique du Bouddha) et de la statue de la reine Chamadevi. Rappelons ici que ce sont ses fils qui ont commandé la construction de ce temple, au VIIe siècle donc.

Précisons encore que Doi Kham – qui signifie Montagne d’Or – est une marque déposée issue du Projet Royal et qui offre des très bons produits dont nous ne pouvons que conseiller l’achat. Et comme vous êtes près du parc Rajapruek (Royal Flora), autant en profiter pour le visiter ! Tous les détails ici.

Page Facebook du Wat Phra That Doi Kham
Page Facebook du lieu (วัดพระธาตุดอยคำ)

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Ferveur et recueillement. Crédit photo : Hannyman © Facebook – 100LannaNews

À travers cet article, l’on espère vous avoir donné envie de mettre une de ces deux marches nocturnes à votre agenda (et pourquoi pas les deux, tant l’ambiance est différente). Vous garderez ainsi un souvenir indélébile de votre séjour dans la Rose du Nord. On vous rappelle que le Doi Suthep et le Doi Kham sont liés par une légende qui donne lieu à une étonnante cérémonie, qui suit de prêt le jour de Vesak, et qui voit consacrer la mort d’un buffle… : Pu Sae Ya Sae (âmes sensibles, s’abstenir) !

On se quitte en vous dévoilant des images de l’édition 2017 du pèlerinage du Doi Suthep :


Source photographique de l’image à la Une : © Facebook – Chiang Mai Jaao (เชียงใหม่เจ้า).
Article composé le 28.05.2018 et mis à jour le 28.05.2024


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Festival Pu Sae Ya Sae – Mise à mort d’un buffle pour concilier les esprits

On raconte qu’ils voulaient manger le Bouddha…

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Âmes sensibles, s’abstenir ! Chaque année ici à Chiang Mai, dès les premières lueurs du jour, durant la pleine lune du 7e mois lunaire*, se déroule un spectaculaire festival animiste, le Pu Sae Ya Sae (สืบสานประเพณีเลี้ยงดง). Un rituel, autrefois parrainé par le roi du Lanna, qui implique le sacrifice d’un buffle de couleur sombre, effectué par un chaman local, qui doit en manger la chair crue et boire son sang – ce qu’il fait généralement après qu’il ait émis un cri strident. Cette cérémonie a lieu dans une clairière boisée au pied du Doi Kham, une colline à environ 15 km au sud-ouest de la ville, sise à Mae Hia (Canal Rd, non loin de Hang Dong). Mieux vaut s’y rendre tôt pour s’imprégner de l’ambiance locale, avant l’arrivée de quelques groupes de touristes ! Cette année, la cérémonie a lieu le vendredi 2 juin 2023, dès 7h du matin. Il vous faudra par conséquent venir avec votre propre moyen de transport (en louant un scooter ou négociant un song thaew par exemple).

NB : il ne nous appartient pas de porter un jugement sur des pratiques locales séculaires; nous tenons cependant à vous préciser que la mise à mort du buffle a lieu durant la nuit, avant l’événement public, une fête qui n’en reste pas moins spectaculaire. La voici résumée en vidéo :

Citylife a réalisé une autre vidéo résumant le rituel (basée sur la cérémonie de 2017).


De l’importance des esprits protecteurs…

Le rituel animiste dont il est question aujourd’hui, peu connu et archaïque, provient du peuple Luas (ou Lawas), une des ethnies régionales jadis au coeur du royaume du Lanna. Les Luas sont les premiers habitants connus de Chiang Mai, avant même la colonisation siamoise de la région, et même mon, soit une période antérieure à l’introduction du bouddhisme dans le nord de la Thaïlande. Nous vous avons déjà parlé du Festival annuel de l’Inthakin qui découle lui aussi d’anciennes croyances de ce même peuple premier. Trois esprits sont ici impliqués, de même que six esprits inférieurs : grand-père Pu Sae, gardien du Doi Suthep, son épouse grand-mère Ya Sae, gardienne du Doi Kham, et leur fils Sudeva Rishi. Ogres cannibales à l’appétit insatiable pour la chair humaine et le sang, ils hantaient jadis la région. On sait peu de choses des Luas, bien que l’on pense qu’ils fussent des chasseurs de têtes comme les Wa de l’État Shan, auxquels ils sont liés. Leur anthropophagie est étroitement liée au rituel Pu Sae – Ya Sae tel qu’il est encore pratiqué aujourd’hui.

Selon une légende locale, le Bouddha, arrivé ici par une vision lors d’un de ses rêves, remarqua un silence inhabituel, comme si le village était inhabité; il en demanda la raison. Les villageois lui apprirent alors que deux géants, mari et femme habitant la montagne, viennent souvent au village et en attrapent ses habitants pour se nourrir. Ce qui expliquait le calme apparent du village. Le Bouddha, compatissant face à ces villageois sans défense, partit à la rencontre des deux géants. Cupides, Pu Sae et son épouse Ya Sae, de même que leur fils Sudeva Rishi, voulurent dévorer le Bouddha. Celui-ci, ayant pris conscience de leur plan, leur fit d’abord peur en posant son pied sur un rocher – où se trouve aujourd’hui le Wat Phra Buddha Bat Si Roi dans le district de Mae Rim. Puis le Bouddha leur adressa un sermon et prédit qu’il y aura bientôt beaucoup de moines dans cette région, les exhortant à ne plus manger la chair des êtres vivants. Sudeva Rishi, le fils du couple, touché par la grâce du Bouddha, se convertit et devint moine, s’abstenant à jamais de consommer de la viande de toute sorte. Plus tard, il se déshabilla pour mener la vie d’un ermite, passant son temps en méditation dans une grotte au sommet de la montagne qui prit ainsi son nom : Doi Suthep. Pu Sae et Ya Sae, de mauvaises grâces, acceptèrent eux aussi de ne plus manger de chair humaine mais demandèrent au Bouddha la permission de manger seulement deux buffles par an, un chacun, en compensation. Le Bouddha fut réticent à cette requête; il les bénit tout de même, leur dévoilant cinq préceptes, puis les quitta.

Et c’est depuis lors que les habitants vivant autour du Doi Kham pensent qu’ils doivent se concilier les deux esprits, considérés comme les gardiens de la montagne, et donc protecteurs de la forêt, en sacrifiant chaque année deux buffles. Une seconde cérémonie, tombée dans l’oubli, se déroulait dans la forêt aux pieds du Doi Suthep. Il s’agit ici d’apaiser ces deux esprits car, malgré leur promesse, la crainte d’un retour à leur vieilles habitudes cannibales est toujours présente. Le buffle sélectionné est abattu avant l’aube. Si l’animal, qui est tué avec un gros couteau par un boucher musulman, tombe parallèlement au ruisseau Mae Hiya, la pluie sera abondante. La tête, les os, la viande, les entrailles et le sang sont séparés et déposés sur une natte, sous le regard bienveillant d’une illustration du Bouddha suspendue à un arbre. Le chaman – qui peut être une femme, exalté par le lao khao (une liqueur blanche), est soudainement et violemment possédé par les deux esprits et se met à manger la chair crue extraite des entrailles du buffle et à boire son sang. Après un moment, le chaman s’effondre sur le sol. Les esprits le quittent, satisfaits. Ce qui permet aux gens qui vivent autour de la montagne d’être rassurés une année de plus. A travers ce rituel effectué au début de la saison des pluies, les habitants espèrent également des pluies abondantes permettant de bonnes récoltes, de même qu’une bonne santé durant l’année (une nouvelle année, Songkran, qui a commencé à mi-avril selon le calendrier thaïlandais).

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Déroulement de la cérémonie

Selon la légende, le vieux couple anthropophage, Pu Sae et Ya Sae, vivait donc sur les deux montagnes toutes proches, le Doi Suthep et le Doi Kham. Sachant que le Bouddha allait un jour y venir pour se reposer, les dieux védiques Brahma et Indra ont béni le village en apportant une pluie d’or et d’argent. Comme il pleuvait de l’or au village, le Bouddha a prédit que cet endroit s’appellera Doi Kham, ce qui signifie « Montagne d’or ». Et comme il pleuvait de l’argent plus au nord, la montagne a été appelée Doi Ngoen, ce qui signifie « Montagne d’argent » (renommée plus tard Doi Suthep).

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Le terrain rituel, aux abords de la forêt, est déjà prêt dès 6h du matin : le buffle abattu se trouve dans un espace sacré devant douze maisons des esprits. La cérémonie en tant que telle commence généralement peu après 8 heures avec une procession, agrémentée de musique et de danses. Les femmes du village déposent les offrandes prescrites aux esprits : bananes, maïs soufflé, peau de porc, riz gluant, canne à sucre, tabac et aussi de l’eau, de même que des bougies argentées et dorées. Il y a là six plateaux pour l’esprit de la terre et 23 énormes plateaux de feuilles de banane pour les maisons des esprits, chacun contenant des cigares et des noix de bétel. Au sud de la zone rituelle se trouve un sala destiné aux visiteurs qui peuvent voir le médium à l’œuvre, un villageois de la région qui sera bientôt possédé par l’esprit de Ya Sae. A 8h20, Ajarn Phromma, le maître rituel, arrive pour lire les textes sacrés qui appellent les esprits à résider dans les différentes maisons pendant que la musique traditionnelle agrémente la fête. Vers 9h, la bannière Phra Bot, amenée dans un cercueil noir, est hissée – c’est une représentation du Bouddha, flanqué de ses disciples, Sariputra et Moggallana. Neuf moines, reliés au Bouddha par une ficelle de coton blanc, récitent des incantations saintes en langue pali. Vers 9h30, le médium, possédé par l’esprit, se dirige vers le buffle pour se régaler de sa chair crue et de son sang. Vers 10h15, le médium va rendre hommage au Phra Bot.

Ajarn Kraisri Nimmanhaeminda, dont le récit de Pu Sae – Ya Sae a été publié dans le Journal of the Siam Society en 1967, soutient de manière convaincante que la présence de moines bouddhistes et du Phra Bot au sacrifice de buffle est destinée à convaincre les esprits des anciens cannibales que le Bouddha est toujours vivant et qu’ils devraient donc adhérer à leur vœu d’abstinence de chair humaine. Pour les apaiser davantage, on leur accorde leur dernier souhait – de la viande de buffle fraîche avec l’approbation du propriétaire de ce dernier.

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Plusieurs pèlerins demandent à l’homme possédé d’attacher une ficelle blanche autour de leur poignet afin de s’attirer chance et santé. D’autres participants à la fête profitent du passage du médium dans l’assistance pour lui demander les numéros gagnants de la loterie ! C’est vers 11h que prend fin la cérémonie (édition 2016 en vidéo).

Des rites ancestraux

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Vous l’aurez compris, il s’agit là de rites ancestraux antérieurs au bouddhisme, ce dernier n’ayant aucune peine à intégrer les croyances animistes. Au même titre que le Festival de l’Inthakin, lui aussi découlant des croyances du peuple Lua, ou encore les rites visant à faire tomber la pluie à l’aide de fusées (fêtes que l’on retrouve au Xishuangbanna, au sud de la Chine, patrie des Dais), l’ensemble de ces fêtes font partie des rites de fertilité, les pluies assurant des récoltes abondantes (principalement de riz).

L’imbrication de rites chamaniques issus du peuple Lua avec des rites bouddhiste du peuple thaïlandais démontre à l’envi l’amalgame qui constitue le Nord thaïlandais, comprenant de nombreuses minorités ethniques. Les Luas et les Thaïlandais vivent ensemble depuis des siècles, partageant des terres et des traditions culturelles. Lorsque les Thaïs sont devenus dominants, ils n’ont pas cherché à éradiquer les rituels luas mais ont participé (en tant que bouddhistes) au rite (très non bouddhiste) du sacrifice de buffles pour adjurer les esprits :

Que le riz des Luas ne meure pas dans leurs rizières
Que le riz des Thaïlandais ne se dessèche pas et ne meure pas dans leurs rizières
Invocation du Festival Pu Sae Ya Sae

De toute évidence, la symbiose entre Lua et le nord de la Thaïlande est ancienne, étroite et fructueuse. Ainsi, les Luas sont toujours considérés et rappelés comme les ancêtres des Thaïlandais du Nord.

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Celles et ceux désirant approfondir le sujet liront avec intérêt le texte complet de la conférence qu’a donnée Reinhard Hohler le 13 septembre 2011 dans le cadre des réunions de l’INTG – Informal Northern Thai Group. Son titre en est Pu Sae -Ya Sae Spirit Worship: Highlighting the two sacred mountains of Chiang Mai. Ou encore l’article d’Andrew Forbes publié par CPA media, Pu Sae – Ya Sae – Guardian Spirits of Doi Suthep, agrémenté de quelques photos du rituel.

Nos lecteurs qui prendront la peine de participer à cette fête pourront, au retour, faire un détour par le Wat Doi Kham voisin, un charmant temple bouddhiste érigé sur la colline éponyme, qui abrite le grand Bouddha que vous aurez sans nul doute aperçu, un temple connu pour avoir fait gagner plusieurs dévots – ou crédules – à la loterie nationale (ce qui explique les offrandes fleuries qui affluent par milliers). Belle est la vue de là-haut. Ou encore passer l’après-midi au Royal Flora, un parc non dénué de charme (les plus jeunes voudront bien sûr faire trempette au Grand Canyon). On vous conseille également l’indispensable visite du temple tout proche Wat Intharawat (ou Wat Ton Kwen), témoin inestimable de l’architecture du Lanna. Et tout le monde de se retrouver au Brandnew Field Good, un café-restaurant en pleines rizières.

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© Bai Fern Feng Feng + Marco Rugo

* à noter qu’il existe plusieurs calendriers lunaires, ce qui explique la différence des mois si vous les comparez à nos autres publications

Nous remercions les Guides Kohlidays pour le crédit de la photo à la Une.
Sources éditoriales (traduction libre avec adaptation) : Chiang Mai Best, Reinhard Hohler (Chiangmai Mail et INTG – Informal Northern Thai Group) et Andrew Forbes (CPA media – The Asia Experts). Autre source non utilisée, celle d’un professeur de la CMU, en langue thaï donc. Mise à jour le 31.05.2023.

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