Ailleurs en Thaïlande. C’est l’une des découvertes archéologiques majeures de ces dernières décennies : les soldats en terre cuite de Qin Shi Huang. Pour les admirer, vous devrez vous rendre à Xi’an, capitale du Shaanxi, en Chine donc. Mais la mansuétude des autorités chinoises vous permet de profiter d’une partie de cette extraordinaire richesse historique : une exposition est organisée du 15 septembre au 15 décembre 2019 à Bangkok. Qin Shi Huang, premier empereur de Chine et les guerriers de terre cuite, tel est son nom. Elle se déroule au Musée National de Bangkok, trois mois durant. On vous la présente aujourd’hui.
Au même titre que la diplomatie du panda ou que l’essaimage des instituts Confucius, le prêt de pièces archéologiques – d’une valeur inestimable – fait partie des pratiques de soft power de la Chine, une nation qui s’impose de plus en plus dans le monde. Plusieurs pays ont déjà exposé ces soldats mais c’est la première fois que la Thaïlande les accueille pour une exposition de trois mois. On aurait tort de se priver face au caractère exceptionnel de cette exposition – le site original fait d’ailleurs partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une exposition où vous pourrez admirer non seulement ces guerriers, sculptures funéraires grandeur nature représentant les armées de l’empereur Qin Shi Huang, vieilles de plus de 2 000 ans. Selon Qian Jikui, directeur adjoint de l’administration du patrimoine culturel du Shaanxi, qui s’est exprimé lors de la cérémonie d’ouverture, l’exposition présente 86 objets provenant de 14 musées de cette province. Un événement organisé conjointement par le département des Beaux-Arts de Thaïlande, le ministère de la Culture et donc l’administration du patrimoine culturel de la province chinoise du Shaanxi,
Ce n’est bien entendu pas l’armée entière qui est exposée puisque le site chinois ne compte pas moins de huit mille statues de soldats et chevaux en terre cuite. Mais les seules quatre statues en faïence exposées suffiront à ravir les amateurs d’histoire et autres archéologues en herbe. Des pièces déplacées avec beaucoup de précautions par les archéologues chinois. Une exposition qui comprend également des objets anciens de Chine : armes et autres armures, magnifique char en bronze, poterie, jade et talismans d’or, inscriptions (cf. la vidéo ci-dessous)… Des pièces qui démontrent le niveau extraordinaire de compétence des artisans polyvalents qui ont créé les soldats – tous différents – et leur milliers d’armes en bronze. Tout cela donne un aperçu de la vie et de l’œuvre de Qin Shi Huang, premier empereur, considéré comme l’unificateur de la Chine.
La fosse où ont été retrouvés les milliers de soldats et leur chevaux n’est qu’une partie du mausolée de l’empereur Qin. Selon l’historien chinois Sima Qian, la construction ce ce mausolée massif a commencé peu après l’accession au trône de Qin Shi Huang en 246 av. J.-C. Le projet, qui s’est étalé sur plusieurs décennies, a nécessité une main-d’œuvre de 700 000 hommes pour construire une nécropole souterraine massive semblable à celle de Xianyang, la capitale de la dynastie Qin.
Visiter l’exposition
L’exposition Qin Shi Huang, premier empereur de Chine et les guerriers de terre cuite comprend quatre zones :
Avant les Qin
L’Empire Qin : unification et naissance de la Chine
Armées en terre cuite : sa découverte et son mystère
L’empire prospère des Han
Une exposition organisée au Musée National de Bangkok, dans la salle du trône Siwamokkhaphiman,du 15 septembre au 15 décembre 2019. Le musée est ouvert du mercredi au dimanche, de 9h à 16h. Il vous en coûtera THB 200.- (à moins que vous êtes Thaïlandais, pour qui le prix chute à THB 30.- seulement). Vous pouvez visionner la cérémonie d’ouverture filmée par la chaîne NBT2. Ou vous contenter de cette brève bande-annonce :
Musée National de Bangkok (Phranakorn, พิธภัณฑสถานแห่งชาติ พระนคร) Site web (dont l’accès peut être problématique) Page Facebook Museum Thailand vous donne toutes les indications pratiques pour s’y rendre Emplacement
Une « re-découverte » exceptionnelle1
L’armée de terre cuite est découverte le 29 mars 1974 à l’est de Xi’an, capitale de la province du Shaanxi, par des fermiers en train de creuser un puits à 1,6 km à l’est de la tombe de Qin Shi Huang, dans une zone connue pour être riche en sources et rivières souterraines. Durant les siècles précédents, les autorités locales et divers érudits avaient déjà signalé à plusieurs reprises la découverte de fragments de statues de terre cuite et de divers éléments provenant de la nécropole de l’empereur, tels que des tuiles, des briques et des morceaux de maçonnerie. Lorsque les autorités comprennent l’importance de la découverte, des archéologues chinois sont envoyés sur place pour fouiller le site, ce qui leur permet de découvrir la plus grande concentration de statues en terre cuite jamais trouvée en Chine. Cette armée n’est qu’un des éléments d’une immense nécropole, bâtie à la gloire de Qin Shi Huang.
Un site alimentant les controverses
La « re-découverte » de ce site archéologique s’est déroulée à un moment charnière de l’histoire récente de la Chine, opportunément gonflée pour les besoins de la propagande communiste chinoise. Ils sont plusieurs – non archéologues – à remettre en question l’authenticité de cette découverte. C’est l’exemple le plus parlant de cet « empire de la poudre aux yeux » que décrit le journaliste français Jean Leclerc du Sablon, correspondant en Chine durant 30 ans, dans son livre éponyme. Le quotidien suisse Le Temps en a parlé.
Des controverses que des recherches récentes ont relancées : l’armée de terre cuite de l’empereur Qin ne serait pas l’œuvre d’artistes chinois ! Des découvertes dans le célèbre mausolée de l’empereur Qin suggèrent des influences étrangères et une passation de pouvoir sanglante suite à la mort du premier empereur de Chine… La suite dans le passionnant article du National Geographic.
Si cette exposition devait vous avoir titillé, pourquoi ne pas visiter le site original chinois de l’armée en terre cuite du mausolée de l’empereur Qin Shi Huang ? Le site archéologique est situé à 35 kilomètres au nord-est de Xi’an. Des vols aériens directs sont assurés depuis Bangkok – et même depuis Chiang Mai – notamment par des compagnies low cost. Terres de Chine ou encore China Roads vous donnent les indications pratiques pour vous rendre sur place.
Les mordus liront avec intérêt Les soldats en terre cuite de Qin Shi Huang, un blog créé par quatre étudiantes françaises en archéologie. Il rassemble les ressources internet les plus pertinentes sur les soldats en terre cuite de l’empereur chinois Qin Shi Huang (259 av. J.-C.- 210 av. J.-C.). Un empereur obsédé par son immortalité et l’influence durable de son règne sur la culture chinoise.
D’autres soldats à Pattaya2
Affirmer que les soldats d’argile de Xi’an font leur première apparition au royaume de Thaïlande n’est pas tout à fait exact. Un endroit méconnu recèle une collection unique d’artefacts et d’antiquités chinoises d’une valeur inestimable. Il s’agit du Viharn Sien (Anek Kusala Sala en thaï), proche de Pattaya, la sulfureuse station balnéaire siamoise.
Le Viharn Sien – signifiant la Maison des Dieux – a été construit en 1987 pour le 60e anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej le Grand (ou Rama IX), père du roi régnant, Rama X. Le site, faisant partie du complexe du Wat Yansangwararam (un temple donc) est à la fois un musée et un lieu de culte chinois. Il s’agit d’un magnifique temple chinois au sud de Pattaya qui abrite une collection unique en son genre.
La véritable attraction se trouve donc à l’intérieur du Viharn Sien, bâtiment construit dans un élégant style chinois, affublé de plusieurs pavillons, à côté d’un beau lac. C’est l’un des meilleurs endroits d’Asie, en dehors de la Chine elle-même, pour admirer des antiquités et d’autres objets chinois, rares et inestimables. Vous avez là des figures mythologiques chinoises, deux énormes lions de Pékin en pierre, des poteries de plusieurs dynasties chinoises, dont la dynastie Shang, qui datent d’au moins 3 000 ans, des statues de 18 moines shaolin, monastère connu pour son art martial, des statues de 8 arhats en terre cuite (ce sont des disciples du Bouddha ayant eux aussi atteint l’illumination), de même qu’un grand nombre d’antiquités, de peintures, de statues et d’autres œuvres d’art précieuses.
Et parmi ces trésors, vous pourrez donc y admirer des guerriers en terre cuite avec leurs chevaux, des chars, ainsi qu’un trône d’or. Le tout provenant du mausolée de l’empereur Qin Shi. C’est l’un des rares endroits au monde où l’on peut voir cette armée en terre cuite de manière permanente (en dehors de la Chine, s’entend).
Si vous désirez vous rendre en cet endroit – et cela en vaut vraiment la peine – le site RenownTravel vous livre tous les détails. C’est ouvert tous les jours, de 8h à 17h. Attention : il est requis de vous habiller convenablement.
Et puisque l’on parle de Bangkok, on vous renvoie à nos autres articles évoquant la capitale siamoise :
Des bus touristiques « Hop On Hop Off » qui vous permettent d’effectuer des tours de ville avec audio-guide afin de parcourir aisément le centre historique.
D’une balade à la découverte des œuvres de Silpa Bhirasri, père de l’art moderne thaïlandais.
1 Extrait de l’encyclopédie Wikipédia 2 On remercie ici Jean-Luc Barbier qui nous a signalé la présence de ces antiquités. Les informations proviennent du site RenownTravel.
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Les touristes découvrant Chiang Mai y ressentent rapidement une agréable douceur de vivre alimentée par des habitants avenants. Une dolce vita à la sauce siamoise (du Lanna plus précisément) qui attire les expatriés. Les nombreux événements culturels organisés dans la Rose du Nord contribuent à maintenir cet état d’esprit.
Et ceux dont on vous parle aujourd’hui en font partie. Il y a en effet plusieurs festivals de jazz organisés dans l’année; et le Chiang Mai Street Jazz Festival, bien ancré dans le tissu artistique local, en est l’étendard malgré sa relative jeunesse (sa première édition a eu lieu en 2019). Sans parler des clubs qui animent la ville quotidiennement. L’on vous livre ici un bref aperçu pour savoir où écouter de la bonne musique à Chiang Mai.
L’édition 2020 du Chiang Mai Street Jazz Festival a eu lieu du 7 au 29 novembre 2020, n’en déplaise à la crise sanitaire causée par le Covid-19 ! Il s’est déroulé sous la forme d’ateliers musicaux animés par les artistes avec, en apothéose, les concerts du festival donnés le week-end du samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020. Rendez-vous en 2022 ?
En terminant par un documentaire sur le sujet, tourné à Chiang Mai : Off the Leash.
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Naissance d’un festival
Commençons par le Chiang Mai Street Jazz Festival, original à plus d’un titre. Le festival – éclaté tant dans le temps que dans l’espace – a été imaginé par Pharadon Phonamnuai (ภราดล พรอำนวย). Un saxophoniste thaïlandais qui a réuni les meilleures boîtes de jazz/blues de Chiang Mai pour nous offrir ce rendez-vous musical inédit.
Quand le vert rencontre le bleu, le bleu de la note s’entend ! Plus connu sous son surnom de Por (ปอ), Pharadon est le cofondateur de The North Gate Jazz Co-Op, lieu de rencontre populaire et préféré des musiciens locaux. Diplômé en architecture et joueur de saxophone expérimenté, il aime voyager. Ces deux passions l’ont amené à partir en auto-stop de Chiang Mai à Paris avec seulement 20 000 bahts et son instrument de musique. Il en a tiré un récit de voyage – Loem Tai Pord (Blowing West; Soufflant vers l’Ouest). Mais Por est aussi un fervent défenseur de l’environnement. Il a participé à de nombreux projets verts, tels que la campagne pour la plantation d’arbres à Chiang Mai, le nettoyage du canal Mae Kha, ou encore l’élimination des pailles en plastique dans les établissements publics… En tant que dirigeant d’entreprise – c’est, entre autres, le patron du Birds nest café – il soutient également des enfants défavorisés à travers une école de musique, Ban Pan Sound. C’est de tout cela qu’il parlait lors d’une conférence TEDX ici à Chiang Mai en 2016 (TEDX Chiang Mai sur le web et sur Facebook; vidéo ci-dessous). Le magazine The People l’a interviewé (mais tout est en thaï), lui qui avait déjà eu les honneurs du magazine anglophone local, Citylife (et là, l’article est donc en anglais).
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Chiang Mai Street Jazz Festival 2020
La première édition, celle de l’année dernière, d’une durée de 3 jours, avait été amenée au fil des mois par quatre événements musicaux qui l’avaient précédée. Changement de formule en cette année de crise sanitaire : le festival 2020 aura lieu du 7 au 29 novembre 2020. Il se déroulera sous la forme d’ateliers musicaux animés par les artistes avec, en apothéose, les concerts du festival donnés en soirée le week-end du 28 et 29 novembre 2020, en 5 lieux différents. Bien que les artistes et groupes invités ne soient point encore tous connus, ce week-end musical de clôture ravira les mélomanes de la Rose du Nord, à n’en pas douter.
Le Chiang Mai Street Jazz Festival est donc co-organisé par quatre boîtes de jazz qui se sont unies. Saluons le courage des organisateurs, eux qui affrontent des chiffres d’affaire faméliques avec leur boîtes de jazz durant la présente crise sanitaire qui a amené à la fermeture des frontières du pays, générant une terrible crise économique.
D’abord les ateliers et les rencontres avec des artistes…
Le dernier week-end du mois de novembre est donc l’aboutissement du festival, avec deux soirées de concerts. Mais avant cela, huit ateliers thématiques animeront la ville. Ils ont lieu de 14h à 16h. Le prix est de THB 150.- par atelier ou THB 700.- pour toutes les rencontres (les étudiants ne paient respectivement que THB 80.- et THB 350.-).
Ces 8 ateliers se proposent de vous donner des connaissances sur le jazz, voire de les améliorer :
Samedi 07.11.2020 au North Gate Jazz Co-Op. Thème : comment jouer du saxophone et créer un club de jazz (en thaï uniquement). Un atelier animé par Pharadon ‘Por’ Phonamnuai, saxophoniste et propriétaire de la North Gate Jazz Co-op (on vous l’a présenté ci-dessus). Événement FB.
Dimanche 08.11.2020 au North Gate Jazz Co-Op. Thème : formation rythmique de base et avancée – pour tous les instruments. Un atelier animé par Phantawat ‘Phan’ Nawigi, tambouriste et conférencier au Collège de musique de l’Université Payap. Événement FB.
Samedi 14.11.2020 au The Groove Music School. Thème : la composition de chansons en 4 étapes pour les débutants (en thaï uniquement). Un atelier animé par Karn ‘Louis’ Setthakorn, bassiste et directeur de l’école de musique The Groove.
Dimanche 15.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : les techniques de narration musicale dans l’improvisation (en thaï uniquement). Un atelier animé par Krit ‘Tang’ Suwanthada, guitariste.
Samedi 21.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : techniques de walking bass (en thaï uniquement). Un atelier animé par Warin Tatun, bassiste et propriétaire du club de jazz Moment’s Notice.
Dimanche 22.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : improvisation jazz avancée – pour tous les instruments (en anglais). Un atelier animé par Andreas Møller, un pianiste de jazz danois.
Samedi 28.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : improvisation pour un batteur de jazz (en anglais, avec peut-être quelques touches de français). Un atelier animé par Mathieu Franceschi, percussionniste français.
Dimanche 29.11.2020 au Old Chiang Mai Cultural Center. Thème : cité de la musique – Appréciation de la musique(en thaï uniquement). Un atelier animé par Bringkop ‘Joe’ Vora-urai, chargé de cours au Collège de musique de l’Université Payap. Ce dernier atelier est gratuit.
… puis les concerts du week-end en guise d’apothéose
C’est donc un parfum de jazz qui flotte sur Chiang Mai en novembre grâce au Chiang Mai Street Jazz Festival 2020. À travers les ateliers susmentionnés et peut-être aussi des concerts-surprises comme l’année dernière (ici dans la rue ou les transports publics).
Ce serait bien… d’apprendre à mieux se connaître et mieux se comprendre ! (devise du festival)
L’aboutissement artistique aura lieu le week-end du samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020, de 17h à minuit, avec pas moins de 26 concerts qui feront vibrer la ville deux soirs durant.
Samedi 28 novembre 2020 (de 19h à minuit) en quatre endroits différents de la ville, à savoir les quatre boîtes de jazz organisatrices. Au programme :
20h30 : The Interplayers (France, Canada, Thaïlande, Espagne)
21h00 : Payap Percussion Band (เชียงใหม่)
21h50 : Top Bud Brothers
21h45 : ปากเพรียวแจ๊สแบนด์ ft. MaxTone (สระบุรี)
21h45 : Doijao
21h15 : NG Super Handsome Band
23h00 : The Multiple Standards (USA, Canada, Corée du Sud, Espagne, Thaïlande)
23h00 : Breaking Mad
23h00 : The Funkster
22h15 : หมาเก้าหาง
23h30 : Super Sax ChiangMai (เชียงใหม่)
Dimanche 29 novembre 2020 (de 17h à minuit passé) au centre culturel Old Chiang Mai Cultural Center (ศูนย์วัฒนธรรมเชียงใหม่) :
17h00 : Ajentcid (เชียงใหม่)
17h50 : Jettakoff (กรุงเทพ)
18h40 : Cats Away (เชียงใหม่)
19h30 : ปากเพรียวแจ๊สแบนด์ ft. MaxTone (สระบุรี)
20h30 : ATM Trio (France, Danemark, Thaïlande)
21h30 : Ranna Hop (กรุงเทพฯ)
22h30 : Paparesto (เชียงใหม่)
23h30 : Grace Moon (เชียงใหม่) clora la soirée et, par la même occasion, l’édition 2020 du festival.
Les étoiles vont briller à Chiang Mai ! Notons au passage que d’autres groupes ayant passé les auditions ne semblent pas avoir été retenus, tels Wes Montgomery (กรุงเทพฯ), Mahoree ChiangMai (วงปี่พาทย์ เชียงใหม่), Akaohang หมา 9 หาง (กาฬสินธุ์), Del Ritmo (เชียงใหม่), The Street Guardian Jazz Ensemble (Allemagne, Thaïlande) ou encore Jinda John (กรุงเทพฯ)…
C’est gratuit ? Les événements culturels sont souvent gratuits ici à Chiang Mai, soutenus soit par les autorités soit par des mécènes. Le Chiang Mai Street Jazz Festival 2020 déroge à cette règle mais le prix du billet est riquiqui par rapport aux prestations proposées : un pass au prix de THB 200.- pour tous les concerts (seulement THB 100.- pour les étudiants). C’est peu cher tenant compte du nombre de concerts au programme ! À notre connaissance, pas de billets Extra ou VIP cette année. Rappelons que les bénéfices sont destinés à des projets environnementaux afin de verdir la ville.
La riche programmation du Chiang Mai Street Jazz Festival 2020
Le Chiang Mai Street Jazz Festival est la preuve qu’une fructueuse collaboration entre diverses entités peut produire un événement d’envergure : le festival a été répertorié sur un site de jazz réputé, Smooth Jazz. Il attire de nombreux bénévoles venus prêter main forte et d’importants sponsors. Tous les bénéfices sont consacrés au reverdissement de la ville par la plantation d’arbres.
Le cœur du festival (dimanche soir) est un lieu qui défend la culture du Lanna en organisant une soirée khantoke (repas local avec danses traditionnelles du Nord thaïlandais; le spectacle était naguère quotidien, il est devenu hebdomadaire, crise oblige). On parle bien sûr du centre culturel Old Chiang Mai, en ville donc, non loin de l’aéroport. Ne manquez pas d’y admirer les bâtiments typiques de la région, dont le principal, une sorte de caravansérail en bois.
Chiang Mai Street Jazz Festival 2020 – En résumé :
🎵 Du samedi 7 au samedi 28.11.2020 : divers ateliers selon les indications ci-dessus (activité payante)
🎵 Billeterie. Un pass de THB 200.- donne accès à l’ensemble des concerts (sur 2 jours donc); THB 100.- seulement pour les étudiants. À acquérir sur place (l’un des 5 endroits des concerts ou via Ticket Melon).
C’est donc là un festival de musique qui donne à tous la possibilité de faire quelque chose de concret pour l’environnement à Chiang Mai. Il va de soi qu’il vous est demandé d’éviter l’utilisation du plastique, de venir avec votre propre récipient (une gourde par exemple) et au besoin vos propres services. Chiang Mai en vert c’est la garantie d’un avenir durable.
Le Chiang Mai Street Jazz Festival sur internet Site web (qui n’est pour l’heure pas fonctionnel pour cette édition) Page Facebook (on espère qu’il y aura une diffusion Live FB) Événement FB (pas encore créé) Bande-annonce (pas encore réalisée) Twitter (@ChiangJazz) Instagram Emplacement du concert de dimanche soir, le 29 novembre 2020
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L’implémentation du jazz à Chiang Mai – une musique venue d’ailleurs – prouve l’ouverture d’esprit des locaux, des habitants qui s’adaptent aux cultures extérieures.
Vous l’aurez compris, les quatre co-organisateurs du festival sont donc des valeurs sûres en matière musicale. En dehors de la période du festival, vous pouvez y aller les yeux fermés. Occasion pour vous de vivre de manière originale les nuits de Chiang Mai. Évidemment, l’ambiance dépendra beaucoup du groupe qui s’y produit.
The North Gate Jazz Co-Op, proche de la porte du Nord dont il a repris le nom, est un lieu de rencontre prisé des mélomanes, l’un des préférés des musiciens locaux. Ils s’y produisent à foison pour le plus grand bonheur des habitants de la Rose du Nord et des touristes de passage. Souvent bondé, les spectateurs débordent alors sur la chaussée. Ici, tous les genres musicaux sont les bienvenus; les jam sessions ont généralement lieu le mardi soir. Un succès dont n’est pas peu fier Por, l’âme du festival que l’on vous a présenté ci-dessus.
Ouvert au public en 2015 et initié par le même Por, Thapae East est un lieu qui promeut la création musicale et artistique, sous diverses formes. Il est composé de deux zones principales : une pelouse en plein air avec une grande structure de deux étages en acier rouge servant d’arrière-plan à des événements tels que des projections de films, des fêtes et des concerts, et deux rangées d’échoppes qui comprennent un restaurant et un bar. Les boutiques sont gérées par des artistes et des amis et comprennent des magasins de reliure de livres, des accessoires de style indien, des articles décoratifs faits à la main, un bureau d’architecture et un restaurant mexicain. Thapae East accueille régulièrement des concerts passionnants de différents styles de musique. Le local de musique est petit mais la cour permet de recevoir les amateurs lorsqu’ils viennent en nombre. Si vous jetez un œil au programme de cette boîte, vous y décèlerez un éclectisme de bon aloi. Nous, on aime beaucoup. Thapae est le nom de la porte principale qui donne accès à la Cité fortifiée, épicentre touristique de Chiang Mai. Et la boîte se trouve donc à l’est de dite porte, sur la route éponyme.
Thapae East – Venue for the Creative Arts Ouvert tous les jours de midi à minuit (mardi et mercredi, seulement de 18h30 à minuit, et dimanche fermeture à 21h); concerts en soirée seulement. Page Facebook, site web, avis TripAdvisor et emplacement.
The Mellowship, plus cozy
Ici, l’ambiance est plus feutrée. The Mellowship est la boîte à musique qui offre la cuisine la plus raffinée des quatre adresses répertoriées. Elle se trouve à l’ouest de Nimmanhaemin, le quartier branché de Chiang Mai, en direction de la CMU (la fameuse université de la ville). Un quartier jeune donc; on y rencontre régulièrement des expatriés, en plus de touristes égarés et de locaux. Bien que l’adresse se définisse comme une boîte de jazz, on y entend aussi bien du jazz, du blues, du rock et autre musique contemporaine. Chaque dernier samedi du mois, on y swingue dans la bonne humeur.
Ambiance intimiste au Moment’s Notice; cette boîte de jazz n’offre que 60 places. Créée par Warin Tatun, lui-même bassiste, elle se situe au sud du Night Bazaar, direction la rivière Ping. Amateurs d’adresses hors des sentiers battus, nous aimons à conseiller sa fréquentation car les touristes y sont denrée rare. C’est dire que vous vivrez une expérience authentiquement thaïlandaise, avec de sympathiques locaux en guise de voisins de table. L’endroit propose une cuisine fusion.
Même en se limitant au jazz, la scène musicale ne saurait être réduite à ces seules quatre adresses, bien entendu. La Rose du Nord vibre de mille lieux offrant des concerts de blues, de jazz et d’autres musiques contemporaines d’excellente qualité. En vrac, quelques autres adresses :
Jazz Cafe’. Le Jazz Cafe’, non loin du Holiday Inn (qui lui est de l’autre côté de la rivière Ping), est un club de jazz à l’air libre. Ouvert en 2016, en l’espèce de trois ans, son succès l’a fait déménager de l’autre côté de la route et c’est maintenant une importante structure qui accueille les amateurs de jazz. Avouons que nous apprécions l’adresse pour son ambiance et pour sa gestion typiquement locale. À savoir des groupes thaïlandais, une cuisine thaïlandaise et des jolies – sexys devrions-nous écrire – serveuses thaïlandaises. Devons-nous préciser encore que la clientèle est, elle aussi, thaïlandaise. Bref, de quoi passer une soirée dépaysante en compagnie des mélomanes chiangmaiens. Ouvert tous les jours de 18h à minuit (c’est à partir de 22h que l’ambiance devient chaude). Page Facebook et emplacement.
Bars du Night Bazaar. Le Night Bazaar offre lui aussi plusieurs cafés où la musique live est à l’honneur. Signalons-en deux. ➥ Tout d’abord le Boy Blues Bar, au marché Anusarn, au sud du Night Bazaar. Il promet le meilleur du blues de Chicago ! Ouvert tous les jours sauf dimanche, de 20h à minuit. Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement. ➥ Ensuite le marché de nuit Ploen Ruedee, un endroit qu’on adore, situé, lui, au nord du Night Bazaar. C’est sur des bottes de foin que vous pourrez écouter les artistes du cru. Parfois, la soirée est entièrement blues comme en octobre dernier lors de l’inauguration du nouvel album de Chiangmai Blues, groupe musical local. Ouvert tous les soirs sauf le dimanche, de 18h à minuit. Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.
Road Fire. Autre endroit où la clientèle est presque exclusivement locale, le Road Fire Bar & Cafe (รถไฟบาร์แอนด์คาเฟ่). Il élit domicile en soirée, sis dans un container (l’endroit doit se transformer en centre commercial exclusivement fait de containers mais les commerçants semblent pour l’heure frileux). Le nom vous aura peut-être signalé que vous êtes ici à la gare ferroviaire. Les concerts sont quotidiens (et quand il pleut, l’endroit est déserté). Ouvert tous les jours, de 18h à minuit. Page Facebook et emplacement.
The Carpenter. Nouveau venu sur la scène musicale chiangmaienne, l’endroit peut être défini de cozy. On est ici plutôt dans le cadre d’un restaurant qui offre une animation musicale. Les riches Thaïlandais aiment à s’y montrer. The Carpenter est situé à l’extérieur de la ville, en direction de Mae Rim. Et c’est plutôt joli : le bâtiment est bien intégré à son environnement naturel. Ouvert tous les jours, de 16h à minuit. Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.
L’ambiance de tous ces endroits dépend beaucoup du groupe invité, obvie. Ainsi, vous pourrez vivre une expérience fort différente en fonction du moment où vous vous rendrez sur place ! Quoi qu’il en soit, à part peut-être la vénérable boîte qu’est le North Gate et les bars du Night Bazaar, vous n’y verrez pas beaucoup de touristes en ces lieux et pourrez donc vous mêler à la population mélomane locale. On vous résume tous ces lieux ici :
Il y a bien entendu moult autres adresses où des concerts de musique sont donnés dans la Rose du Nord. Nous nous sommes limités ici au jazz et aux musiques proches.
Indépendamment des conseils qu’on aura pu vous donner, des adresses glanées ici et là, ne manquez jamais de vous abandonner à la grâce de l’inattendu. Peut-être qu’ainsi, au hasard d’une rue, vos oreilles seront attirées par de captivantes mélodies. Ce sera alors là la garantie de vivre de mémorables moments.
Thailand’s International Jazz Festival 2021
Les divers centres commerciaux se font une guéguerre pour héberger les festivals de jazz. Et depuis l’édition 2020, c’est le One Nimman qui a obtenu l’organisation du Thailand’s International Jazz Festival. L’édition 2021 – bravant le covid – aura lieu le samedi 13 mars 2021, dès 17h (emplacement).
Présenté comme le plus grand rassemblement de musiciens de jazz de classe mondiale venus du monde entier pour se produire avec leur propre style, il verra donc se produire, dans l’ordre :
L’International Jazz All Star avec la voix de Cherryl Hayes soutenue par le batteur Willard Dyson et le guitariste américain Mark Mosley (qui lui est internationalement reconnu);
Suivi de Maew Jirasuk et Denny Euprasert avec Lisa Morgan en guise de talentueuse invitée vocale, elle qui nous vient d’Australie;
Puis ce sera le tour du Jazz Philharmonic avec la chanteuse Nicole Theriault; ils seront rejoints par Maître Phlawit Opatunthu, l’un des meilleurs musiciens de jazz thaïlandais.
Les talents continueront à animer la soirée : Varitda avec PAE SAX, virtuose du saxophone. Namm Ronnadet sera leur invitée;
Et enfin le groupe ETC. qui nous propose une pop jazz avec un jeune chanteur à la voix douce, Burin Bunwisut.
Le clocher du One Nimman vibrera donc aux sons jazzy 6 heures durant ce samedi 13 mars 2021. Pour ne rien gâcher, l’entrée est gratuite ! Retrouvez l’ambiance de l’édition 2021 ici et là, de même que celle de l’édition 2020.
Les autres festivals
Le jazz et le blues font l’objet de plusieurs autres festivals ici à Chiang Mai. Si vous avez l’occasion d’être dans la région durant leur déroulement, n’hésitez pas à y venir. C’est de cette façon-là que la Rose du Nord se laisse apprécier, à travers ses nombreux rendez-vous culturels.
CHIANGMAI JAZZ FESTIVAL. Rendez-vous annuel organisé dorénavant à l’extérieur de la ville, le Chiangmai Jazz Festival est LE grand événement en matière de jazz à Chiang Mai, avec des artistes internationaux (les soutiens financiers nationaux expliquent cela). Il a lieu traditionnellement à la fin du mois de janvier. On regrette bien sûr qu’il aie quitté le cœur de Chiang Mai, soit la place des Trois Rois : l’ambiance est tout autre sur l’esplanade extérieure du centre commercial Promenada, où il est dorénavant organisé depuis au moins 3 ans (vous lirez à juste titre une pointe de regret dans nos propos). Le festival sur Facebook.
Notons au passage que le centre commercial concurrent, le Central Festival, accueille traditionnellement, lui, le THAILAND SMILE JAZZ FESTIVAL lorsque ce dernier fait escale à Chiang Mai (en novembre ou décembre). Page Facebook.
NIMMAN ART & MUSIC FEST. On vous en avait bien entendu parlé sur notre page Facebook. C’est là un nouveau rendez-vous culturel organisé en septembre dernier au centre commercial One Nimman. On se réjouit de la prochaine itération de ce festival musical soutenu par les autorités touristiques nationales; ci-dessous la vidéo-souvenir, Page Facebook du festival.
PAI JAZZ & BLUES FEST. Alors bien sûr, c’est n’est pas en ville de Chiang Mai puisqu’il faut plus de 3 heures de route pour rejoindre Pai, un bourg niché dans les montagnes de la province voisine de Mae Hong Son, non loin de la Birmanie. Mais il nous était difficile de ne pas vous parler de ce festival musical qui a lieu généralement en juillet. Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’édition 2023 du Pai Jazz & Blues Fest : elle est agendée du 7 au 9 juillet 2023 🎷
L’édition 2020 – 4e du nom – est une édition spéciale, crise sanitaire du Covid-19 oblige. À part les quelques privilégiés qui pourront être sur place (alors que les frontières du royaume sont fermées), le festival, qui a lieu du 17 au 19 juillet 2020, sera diffusé en direct sur le web ! Facebook est bien sûr de la partie; vous pouvez dès lors profiter d’une diffusion en direct selon ce programme (pas besoin de mettre votre masque de protection devant votre écran 😏) :
Vendredi 17.07.2020 : de 15h à 17h30 depuis le Memorial Bridge (le Pont Commémoratif) puis de 17h30 à 20h30 depuis Two Huts Pai (Live FB).
Samedi 18.07.2020 : de 15h à 17h30 depuis la Romance Farm puis de 17h30 à 18h30 depuis le Canyon de Pai et enfin de 18h30 à 21h30 depuis l’hôtel Rêverie Siam (Live FB).
Dimanche 19.07.2020 : de 15h à 17h30 depuis le point de vue haut perché Yun Lai puis de 17h30 à 21h depuis le Monko in Pai (Live FB).
S’y produiront : Boy & Namtarn (acoustique), Sexy Blues n’ Jazz (jazz), Kongtoon (gypsy jazz), The Multiple Standards (standard jazz), Foxy (instrumental), Poshy, Nagasawa Takahiro (handpan), Ake Wild Sax & friend, RibbindaSky, Geng Cello (acoustic jazz/pop jazz), Los Rumberos (smooth latin jazz), Doijao (modern jazz), Gang Cello feat. Nagasawa Takahiro (pop jazz), Miles Divas (trio jazz), Hot Club de Pai feat. Claire Kelly et enfin le fameux groupe de Chiang Mai, Chiangmai Blues & Friends feat. Ake Wild Sax.
Le Pai Jazz Blues Fest sur Facebook (le site web n’a pas été mis à jour pour l’édition 2020). FRIEND SHIP – Concept Restaurant. Et si vous êtes à Pai à une autre période de l’année, sachez que cette adresse vous permet non seulement de vous restaurer mais surtout d’écouter des concerts de musique jazz et blues tous les samedis, de 19h à 20h. Le Friend Ship – Concept Restaurant sur Facebook.
Off the Leash
Comment ne pas évoquer, en guise de conclusion, l’hommage musical que ne manque jamais de marquer les artistes du Lanna chaque mois de septembre. En souvenir de Jaran Manopet(จรัลมโนเพ็ชร), leur maître ès musique. Alors bien sûr ce n’est pas là du jazz mais sa musique est dans tous les esprits des gens du nord. Et la mélancolie qui s’en dégage n’a rien à envier à celle propre au blues. Un concert gratuit que nous vous recommandons chaleureusement (il a généralement lieu le 2 et/ou le 3 septembre de chaque année depuis sa disparition il y a 18 ans). En savoir plus.
La scène blues, rock et punk de Chiang Mai a récemment fait l’objet d’un film-documentaire de la cinéaste australienne Jess Milne. Intitulé Off the Leash Chiang Mai (Sans laisse ou En laisse ?). « Avec ce film, j’ai voulu documenter la passion, la créativité, le zèle et le talent de ces musiciens extraordinaires. Cela donne au public une perspective intime de la vie des musiciens locaux. » nous dit Jess Milne. La première a été diffusée récemment à Chiang Mai. La bande-annonce1 peut être visionnée sur le site des producteurs, Ten Alphas. Il semble que le film en tant que tel soit à nouveau visible :
Que vous veniez quelques jours ou que vous résidiez à Chiang Mai, il vaut vraiment la peine d’investir une soirée de votre existence pour vous mêler à la population locale, bercé par de la bonne musique. Vous vous rendrez alors compte que Chiang Mai, qui recèle quelques très bons musiciens, est amie du jazz, du blues et des musiques contemporaines venues du monde entier.
Vous n’avez plus d’excuse car vous savez maintenant que notre page Facebook @CMDeciDelà vous tient régulièrement informé des divers concerts et festivals organisés à Chiang Mai et alentour. En avant la musique !
Chiang Mai Street Jazz Festival – Édition 2019
La première édition du Chiang Mai Street Jazz Festival, originale à plus d’un titre, a été amenée au fil des mois par quatre événements musicaux qui l’ont précédée; le festival a finalement eu lieu 3 jours durant, du vendredi 1er au dimanche 3 novembre 2019.
Ce festival est co-organisé par quatre boîtes de jazz qui se sont unies. Avant l’aboutissement du week-end, un tournus2 de quatre roadshows thématiques a animé la ville durant l’année 2019 :
Le 27 juin, Green Street au North Gate Jazz Co-O : première pierre de l’édifice, la soirée, résolument verte, a ouvert le feu du festival. Il y avait de la musique bien sûr (le Chiang Mai Street Jazz All-Stars et, en invitée spéciale, l’artiste locale Aom Ratanang) mais aussi des activités visant à la sensibilisation environnementale (dont une exposition d’art).
Le 21 juillet, Jungle Street au Thapae East – Venue for the Creative Arts : une soirée placée sous les couleurs des minorités ethniques, nombreuses dans la région, des minorités dont les membres jouent un rôle important dans l’histoire de Chiang Mai. Du jazz mâtiné de musiques venues d’ailleurs, le tout agrémenté de nourriture diverse.
Le 26 août, Swing Street au The Mellowship : une immersion dans l’ambiance de Gatsby où il était demandé de venir en tenue rétro. Les meilleurs jazzmen de la ville s’y produisaient.
Et enfin le 30 septembre dernier, Poetry Street au Moment’s Notice. Ce fut la dernière rencontre avant le festival à proprement parler. Et c’est dans le cadre intimiste du Moment’s Notice que s’est produite, entre autres, la star musicale de Chiang Mai : Rasmee Isan Soul.
… puis le festival en guise d’apothéose
C’est donc un parfum de jazz qui a flotté plusieurs mois sur Chiang Mai. À travers les roadshows susmentionnés mais aussi des concerts-surprises par exemple dans la rue ou les transports publics. Et le Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 en a été l’aboutissement.
Répertorié sur un site de jazz réputé, Smooth Jazz, le festival a attiré de nombreux bénévoles venus prêter main forte et d’importants sponsors. Tous les bénéfices seront consacrés au reverdissement de la ville par la plantation d’arbres (une action qui a déjà commencé).
Le cœur du festival (samedi et dimanche) est un lieu qui défend la culture du Lanna en organisant quotidiennement une soirée khantoke (repas local avec danses traditionnelles du Nord thaïlandais). On parle bien sûr du Old Chiang Mai Cultural Center, en ville donc, non loin de l’aéroport. Ne manquez pas d’y admirer les bâtiments typiques de la région, dont le principal, une sorte de caravansérail en bois. Mais les quatre endroits précités restent membres du corps musical qui vibrera trois jours durant.
Le Chiang Mai Street Jazz Festival a donc eu lieu les vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019. Ça a commencé vendredi soir, de 18h à minuit, dans les quatre bars à jazz co-organisateurs qui animent donc le festival ce soir-là : North Gate Jazz Co-Op, Thapae East, The Mellowship et Moment’s Notice. Un soir où l’entrée était gratuite. Et ça a continué le week-end, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019, de 14h à minuit au Old Chiang Mai Cultural Center (ศูนย์วัฒนธรรมเชียงใหม่). Là, les deux journées étaient payantes.
Une foule d’artistes de jazz locaux et internationaux ont joué en journée et en soirée. Notamment Rubem Santana (Brésil), Aya Sekine Freedom Jazz Party (Singapour), Raffaele Matta The Trio (Italie), SSKRU Jazz Band (Sisaket). D’autres artistes viennent de Bangkok : Sunny Trio & Natt Buntita, Asia 7, The Jazzminions, Let’s Fin, InDeedweNeed, Grid Bathaisong. Sans oublier les artistes du cru : Ice & Earth Band, FOXY, Klee Bho, Ming Ming The Voice, August & Hub, Funkster, Musicalli, Duriyasilp Jazz Big Band, Sanim Yok, Chiangmai Blues, The Muliple Standards, Ribbindasky and Geng Cello, Del Ritmo, Chiang Mai Street Jazz All-Stars (House Band). La liste complète des artistes (avec une brève présentation) figurait sur le site web du festival. Les étoiles ont brillé à Chiang Mai !
1 Le film était librement visible sur Vimeo mais depuis que nous en avons dévoilé l’existence, un mot de passe en interdit la lecture ! Jusqu’à quand ? Il semble qu’en cette année 2020, l’on puisse à nouveau le visionner sans entrave… 2Tournus est un terme helvétique signifiant rotation
Dans toute la Thaïlande, au lendemain de la sortie de la retraite monastique (ok phansa), commence la période de thotkathin1 (ทอดกฐิน) ou kathina. Elle dure un mois, jusqu’au Loi Krathong (La Fête des Lumières), dès le 9 novembre cette année 2019 à Chiang Mai. Thotkathin est une cérémonie d’offrande de nouvelles robes aux moines; vous pourrez donc assister à des processions, toujours émouvantes et spectaculaires (les dates des cérémonies sont variables et dépendent de chaque temple).
Mais d’où donc vient cette tradition séculaire ? Comment se déroule-t-elle ? Quand a-t-elle lieu ? Où sont organisées ces cérémonies auxquelles vous pouvez participer ? On répond à toutes ces questions, on vous dévoilant en fin d’article le vocabulaire thaï de circonstance.
Une tradition qui remonte au Bouddha
Kathina – nom sanscrit d’une sorte de cadre qui sert à tendre les tissus durant la couture – est une cérémonie religieuse observée dans les pays où le bouddhisme theravāda – la doctrine des Anciens – est implanté (tels la Birmanie, Sri Lanka, le Cambodge, le Laos et bien sûr la Thaïlande). Elle s’effectue durant le mois qui suit la fin de la retraite monastique annuelle (une retraite de trois mois lunaires qui se termine en octobre ou novembre). À cette occasion, les laïcs offrent aux moines une pièce de tissu qu’ils doivent transformer en une robe monastique, en une nuit seulement. D’autres dons utiles ainsi qu’un repas sont également offerts.
La tradition de kathina est attribuée au Bouddha lui-même. Il est question dans le canon pali d’un groupe de trente moines se rendant à Savatthi pour passer la saison des pluies auprès du Maître. N’ayant pu y parvenir à temps, ils s’arrêtèrent en chemin et se remirent en route dès la fin des trois mois obligatoires, sans égard à la pluie qui, elle, ne s’était pas arrêtée; ils arrivèrent trempés à destination. Peut-être est-ce pour les réconforter que Gautama décida de renouveler leur garde-robe et de les dispenser temporairement de certaines règles. Une autre explication proposée est que le mois suivant la retraite était consacré à la préparation en commun de la garde-robe, et que certaines règles étaient relâchées pour faciliter ce travail. Bien que les dons des laïcs suffisent en général à satisfaire les besoins vestimentaires des moines, la tradition de la couture en commun a été maintenue car elle contribue à souder la communauté. La robe fabriquée en une nuit rappelle celle que Mahaprajapati Gautami, mère adoptive du Bouddha et doyenne des nonnes, tissa pour son fils. Wikipédia
Les bikkhu – ou moines bouddhistes – sont soumis à 227 règles – ou préceptes. En s’y astreignant durant leur retraite de la saison des pluies, en plus de recevoir une part des dons de tissu faits au monastère, kathina leur donne l’occasion d’un allègement des règles (cinq de moins) pour une durée variable. Ils ne sont plus, par exemple, tenus d’avertir les autres moines de leurs sorties ni d’emmener les trois robes réglementaires dans tous leurs déplacements; ils peuvent accepter autant de dons vestimentaires qu’il leur sera fait, de même pour les dons alimentaires qui ne sont pas présentés dans les règles.
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Déroulement de la cérémonie
Kathina constitue pour le monastère une journée spéciale au cours de laquelle les laïcs et parfois des moines ou nonnes d’autres communautés sont invités. Historiquement, les règles monastiques interdisaient formellement aux bonzes de solliciter un cadeau de tissu des laïcs; ils devaient en effet coudre leur robe avec des tissus récupérés. Mais cette coutume du don de robe est dorénavant solidement ancrée. La date de la cérémonie fait l’objet d’une réclame (souvent une banderole à l’entrée du temple avec en plus, de nos jours, une publication Facebook). Les différents temples de la région tiennent leurs kathina à des dates différentes. Comme lors de toutes les fêtes bouddhistes, certains dévots, pour s’acquérir plus de mérites, en profitent pour prononcer auprès de l’abbé le vœu d’observer huit préceptes (au lieu des cinq préceptes traditionnels). Si le temple est riche, les dons surnuméraires sont distribués aux pauvres.
En Thaïlande, la cérémonie se tient le plus souvent dans le monastère-même, soit au temple. Traditionnellement, la pièce de tissu est tout d’abord paradée (dans le village ou le quartier) et accompagnée d’un arbre à argent (ต้นกฐินเงิน, dtohn kathin ngern). Les pratiquants bouddhistes estiment que la personne ou le groupe qui organise ou parraine une procession kathina acquerra ainsi beaucoup de mérite (ทำบุญ, tham bun).
Kathina ne peut être observé que par une communauté d’au moins cinq moines ayant passé les trois mois de retraite dans la même résidence. Ceux qui n’ont pas satisfait à ces conditions de présence en sont exclus. La pièce de tissu, d’environ trois mètres de long, est présentée à l’ensemble de la communauté – le sangha – qui l’offre solennellement à l’un d’entre eux, théoriquement le plus pauvre, le plus érudit ou le plus âgé. Le tissu est alors emporté et sera coupé, cousu et teint avant l’aube du lendemain par tous les moines ou un groupe désigné si la communauté est importante. Lorsque le vêtement, appelé mahakathina, est achevé, le récipiendaire l’étend symboliquement sur le cadre (le « kathina ») et appelle les autres pour approbation. Les participants à la cérémonie peuvent alors « déployer le cadre », c’est-à-dire bénéficier des assouplissements du règlement. À l’issue de la période autorisée appelée également kathina, ils doivent « replier le cadre » et suivre de nouveau l’intégralité des règles.
Outre la procession des laïcs, la cérémonie est faite de récitations de textes par les moines. Ensuite, des dons sont effectués : don de nourriture plus particulièrement puisque le repas des moines doit être pris absolument avant le passage du soleil au zénith. Dans l’après-midi, après le repas des moines, se déroule la cérémonie spécifique à cette journée.
Ici en Thaïlande, rares – pour ne pas dire inexistants – sont les moines ayant confectionné leur propre robe monastique comme le préconisait jadis le Bouddha ! Les dévots achètent ainsi des robes déjà confectionnées et les remettent aux moines en guise d’offrandes. Des échoppes se sont spécialisées dans ce commerce bouddhique. Y sont vendus les divers produits utilisés au quotidien par les moines ou ceux servant aux cérémonies religieuses, tels des représentations du Bouddha, des bougies, de l’encens… Elles sont faciles à reconnaître : la couleur orange y prédomine.
Deux formes de cérémonie subsistent en Thaïlande. La première, la plus usuelle, มหากฐิน (maha kathin), la grande kathina. Durant plusieurs jours, elle n’impose aucun délai et les dons y afférents sont principalement destinés à la rénovation du temple. Beaucoup de dévots participant à cette cérémonie, on parle alors de กฐินสามัคคี (kathin samakkhi). Et la seconde, จุลกฐิน (chunla kathin) : forme raccourcie – stimulante et mouvementée – du festival thotkathin, dans laquelle tout le processus de fabrication et de présentation des robes aux moines (qui prend normalement un mois) doit être achevé en une seule journée.
Ce sont les dévots bouddhistes qui demandent à ce que kathina soit organisée; l’abbé du temple fixe alors une date, en accord avec ceux-là. La procédure d’inscription dans les temples bouddhistes royaux – tel le Wat Pho, à Bangkok – est plus complexe que les temples ordinaires; les premiers ont droit à la présence d’un représentant du roi (et pour certains temples, les plus importants, aux offrandes de robes provenant du roi lui-même). Si vous avez par exemple l’occasion d’assister à la cérémonie thotkathin du Wat Arun, à Bangkok, ne la manquez pour rien au monde : le roi régnant s’y rend habituellement en barge royale !
Si vous lisez le thaï, vous pourrez alors connaître les subtilités de cette cérémonie religieuse : DhammaThai.org ou encore TempleThailand.org (une page académique). Rappelons que les deux grandes cérémonies du bouddhisme theravadin sont le jour de Vesak – qui célèbre l’illumination de Bouddha, sa naissance et son extinction définitive – et donc la cérémonie de kathina. Celles et ceux qui veulent en savoir plus liront avec intérêt la retranscription de l’émission TV Sagesses Bouddhistes qui avait été consacrée à cette cérémonie.
Que signifie le mot même de kathina ? Kathina, à l’origine, veut dire dur, difficile. On ne voit pas très bien, a priori, la relation avec la cérémonie [kathina], qui n’a rien de difficile, mais, traditionnellement, on a deux étymologies possibles. On dit que le don de la robe – parce qu’il doit répondre à un certain nombre de règles très précises – est un don particulièrement difficile à accomplir, ou bien que les bénéfices qu’on en retire sont durs comme le diamant. Ce sont deux étymologies plutôt symboliques que réellement linguistiques. Dominique Trotignon, Sagesses Bouddhistes
De quelques cérémonies ici à Chiang Mai
Le kathina du temple local est un jour de fête pour tous et nous vous invitons à y participer afin d’expérimenter une cérémonie avec les locaux. Les dévots amenant les pièces de tissu parcourent souvent de nombreux kilomètres pour atteindre le temple désigné. En plus de l’aspect religieux, c’est aussi l’occasion de combiner sanouk, shopping et visites touristiques en un seul voyage prolongé. Votre hôtel devrait pouvoir vous renseigner sur les cérémonies des temples du quartier.
Crédit photographique : inconnu
On vous livre ci-dessous quelques cérémonies qui ont lieu dans la province de Chiang Mai, avec les plus originales mises en avant. La liste n’est évidemment pas exhaustive puisqu’il y a des centaines de temples qui organisent kathina ! Au surplus, consultez les publications plus fréquentes de notre page Facebook pour connaître les dates des cérémonies qu’organiseront d’autres temples de Chiang Mai et alentour tout au long des mois d’octobre et novembre. Le lien sur le nom du temple renvoie à Google Maps (on vous met également le nom du temple en écriture thaï afin que vous puissiez le montrer aux autochtones si vous ne deviez pas réussir à localiser le monastère).
Et si vous êtes ailleurs qu’au nord de la Thaïlande, sachez qu’un groupe Facebook répertorie moult autres cérémonies kathina à travers le royaume : รวบรวมงานกฐินทั่วไทย ปี2562 (évidemment, il vous faut connaître l’écriture thaï pour déchiffrer quelque chose).
Kathina au Wat Upakut
C’est la cérémonie religieuse à ne pas manquer cette année 2019 ! Pourquoi donc ? Le Wat Upakut – du nom d’un moine attendu depuis des millénaires et devant apparaître à minuit – organise une cérémonie chunla kathin avec tissage traditionnel de coton. Elle aura lieu les samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019. En voici le programme2 :
Samedi 2 novembre 2019 : 7h39 : cérémonie d’ouverture suivie du tissage du coton 19h : cérémonie religieuse (invocation des anges) 22h : danses traditionnelles Lanna
Dimanche 3 novembre 2019 : 9h19 : rendez-vous au temple 9h39 : cérémonie bouddhiste 10h39: offrande du tissu kathin aux moines 11h : repas des moines 12h : repas des dévots 13h : cérémonie en faveur de 108 temples qui n’ont pas encore reçu leur tissu kathin
Voilà un rendez-vous immanquable pour tout amateur de folklore Lanna : une compétition (dans la bonne humeur) de danse traditionnelle fon leb. Il s’agit d’une danse traditionnelle emblématique du Lanna, le nord thaïlandais. Cette journée culturelle a pour objectif de préserver les riches traditions de la région; elle est couplée à une cérémonie bouddhiste, ทอดผ้าป่า (thot pha pa, qu’on traduira librement par « étendre l’habit », ici la robe monastique). C’est un rituel semblable à thotkathin mais sans contrante de temps; contrairement à celle-là, elle peut être effectuée en toute saison.
Cela se déroulera samedi 2 novembre 2019, de 8h à 16h, sur la cour extérieure du Collège d’Arts dramatiques (Chiang Mai College of Dramatic Arts, วิทยาลัยนาฎศิลป์จังหวัดเชียงใหม่). Au programme :
8h : inscription
9h : décoration de l’aire ผ้าป่า (pha pa), de nos jours avec de l’argent (il s’agit donc de faire des dons sonnants et trébuchants)
9h30 : cérémonie religieuse (avec spectacle)
10h : compétition fon leb (la danse des ongles)
11h30 : repas
14h30 : distribution des prix
15h : cérémonie ทอดผ้าป่า (thot pha pa, soit l’offrande de robes monastiques aux moines)
La journée sera animée culturellement avec de la musique et des spectacles folkloriques par les étudiants de l’école, de même qu’un marché (miam, miam).
Et c’est ainsi que perdurent les traditions du Lanna, un pays qui sait se faire aimer à toute personne qui prend le temps de l’appréhender.
◆ Le festival sur Facebook (avec son événement FB) ◆ Le Collège d’Arts dramatiques sur Facebook
Dans le cadre de la période kathina – qui dure un mois – ce sera là la cérémonie la plus animée culturellement organisée à Chiang Mai – sans doute la plus originale. Pour avoir déjà assisté à plusieurs représentations culturelles au Collège d’Arts dramatiques, on vous garantit d’en revenir ravi, foi de Chiang Mai De-ci De-là 😏
Bien moins fréquenté que Pai, Mae Chaem est un grand district montagneux à l’ouest du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande. C’est là, entre autres, que se trouvent les plus belles rizières en terrasse de Thaïlande (la géographie s’y prête). La région est aussi connue pour son tissu unique, teen jok (un musée s’y trouve). Mae Chaem est aussi le nom du chef-lieu, à 120 km de Chiang Mai. C’est précisément là que se trouve le Wat Yang Luang, au bord de la Mae Pan (c’est donc une rivière). Le temple est magnifique, au milieu des rizières verdoyantes qui s’étendent vers les collines lointaines. Immanquable est sa grande peinture du Seigneur Bouddha et de deux disciples sur le mur extérieur du viharn (salle de réunion, un bâtiment qui date de 1877). Les habitants affirment que la statue de Bouddha en pierre blanche a plus de 500 ans (elle se trouve à l’arrière de la grande statue, sur la droite)…
Le Wat Yang Luang accueille donc chaque année une cérémonie chunla kathin fort originale pour tout citadin qui s’y rend. C’est la plus importante fête religieuse du district. Cette année, la fête a lieu le dimanche 10 novembre 2019. Mais celles et ceux désirant découvrir la procédure complète du tissage de coton s’y rendront déjà le samedi 9 novembre 2019. Le nom complet de la fête est ปั่นฝ้าย ทอบุญ จุลกฐิน (pan fai tho bun chunla kathin); jetez donc un œil au vocabulaire en fin d’article pour savoir de quoi il en retourne. On vous garantit que vous vivrez là une cérémonie des plus authentiquement lanna.
Nous commenterons plus en détail quelques-unes des cérémonies répertoriées ci-dessous. Merci de votre patience.
Le temple au sein du campus de l’université de Chiang Mai (CMU), le Wat Fai Hin (วัดฝายหิน), organise ses festivités de kathina le samedi 26 octobre, dès 13h; y participe, entre autres, le corps professoral. Le Wat Phra Singh Woramahawihan (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร), au cœur de la Cité historique, est sans doute le temple le plus vénéré de la ville. Il sera intéressant de participer à la cérémonie qui y est organisée le dimanche 27 octobre 2019 (photos). Le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก), là où sont érigés les tombeaux royaux du Lanna, est aussi un temple où les officiels y organisent leurs cérémonies. Ce sera le cas de kathina le lundi 28 octobre 2019 (photos).
Le temple le plus visité de Chiang Mai, là-haut sur la montagne – on parle bien entendu du Wat Phra That Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร) – ne manque pas, lui non plus, de célébrer thotkathin. C’est l’armé qui en est l’instigatrice et cela se passera le vendredi 1er novembre, dès 14h. Une bande-annonce a même été créée.
Programme du kathina au Wat Santitham (où il s’agit bien sûr de récolter des fonds)
Le samedi 2 novembre, c’est le Wat Santitham (วัดสันติธรรม), au cœur du quartier populaire éponyme, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019 (วัดสันติธรรม, programme). La fête ne devrait pas avoir les fastes de l’année dernière, où le gouverneur était présent. Chunla kathin (จุลกฐิน) commence donc samedi à 16h16 où une statue de Bouddha en or sera coulée sur place; à 19h suivra la cérémonie religieuse kathin puis à 20h un sermon bouddhiste donné par Phra Suphanpan. Le lendemain, dimanche 3 novembre, offrandes aux moines à 7h30 suivies d’une cérémonie religieuse à 9h. À 9h30 seront alors remises en offrande aux moines les tissus kathin.
Original est le Wat Umong Suan Phutthatham (วัดอุโมงค์ สวนพุทธธรรม), niché au pied du Doi Suthep. Notamment par ses galeries souterraines – jadis peintes – et son chedi érigé sur une petite colline. Vous aurez plaisir à vous reposer au bord de son étang après avoir admiré les nombreuses représentations du Bouddha éparpillé à l’entrée (dont la fameuse tête selon l’école de Phayao). Un temple à l’écart de la ville qui perpétue la Tradition des Moines de la Forêt propre au bouddhisme theravada : pratique méditative poussée, monachisme errant, relation étroite et constante entre religieux et laïcs (vous pouvez y méditer), discipline et simplicité, sont les maîtres mots de cette tradition typique thaïlandaise. Kathina aura lieu le dimanche 10 novembre 2019. En voici le programme :
9h : cérémonie avec décoration
11h : offrande de nourriture aux moines
12h : repas en commun
13h : défilé khatina
Les divers fonds récoltés – dont les dons des fidèles – serviront à la rénovation des bâtiments et à l’amélioration du parc.
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Kathina 2018
Pour l’heure et avant que notre liste ci-dessus s’étoffe, on vous laisse à toutes fins utiles les indications de l’année dernière…
Du côté de Chiang Dao, le Wat Thummuangna fête kathina le samedi 27 octobre2018 (วัดพุทธพรหมปัญโญ, page Facebook ). Le lendemain, dimanche 28 octobre 2018, c’est au tour du Wat Tham Pakpiang (วัดถ้ำปากเปียง, page Facebook ). Pas d’autres indications pour ces deux événements.
Le vendredi 2 novembre 2018, c’est le Wat Santitham, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, vendredi 2 et samedi 3 novembre (วัดสันติธรรม, programme). Un temple dont le chedi a été rénové grâce aux dons des fidèles. Cela commence donc vendredi avec chunla kathin (จุลกฐิน) par une cérémonie religieuse à 6h09 puis une cérémonie officielle dès 9h09, en présence du gouverneur de la province. Animations avec des danses traditionnelles et un marché (produits OTOP). La fête durera jusqu’en soirée avec une cérémonie religieuse à 19h et un sermon à 20h – un moine très connu, Luang Pu Buaket Pathum Silo (หลวงปู่บัวเกตุ ปทุมสิโร), viendra de Mae Taeng – et probablement une autre cérémonie religieuse réunissant 60 moines à 21h. La musique traditionnelle du Lanna sera de la partie; vous y êtes cordialement invité. Le lendemain, samedi 3 novembre, offrande de nourriture aux moines à 7h30, suivie d’une cérémonie religieuse à 9h et de la cérémonie kathina à proprement parler à 9h30. Les moines mangeront ensemble à 11h. Pas moins de douze arbre à argent attendent les dons des dévots.
Le Wat Jed Yod célébrera sa fête samedi 3 novembre, dès 10h (วัดเจ็ดยอด พระอารามหลวง, détails). N’hésitez pas à choisir cette fête-ci car la visite de ce temple d’inspiration hindoue n’est en rien comparable à celle des temples en ville; son parc est apaisant. Dommage que le spectacle khon de l’année dernière n’est pas réédité cette année-ci.
Même jour, samedi 3 novembre 2018, mais à Mae Taeng, au nord de Chiang Mai. C’est le Wat Nong Kai qui fête kathina (วัดหนองก๋าย, détails). Cérémonie religieuse avec 28 moines à 8h, prières à 9h39, offrande aux moines à 11h, repas en commun à midi et procession kathina à 13h.
Plus près de Chiang Mai, toujours au nord du chef-lieu provincial, le Wat Pa Thep Khantikaram, à Mae Rim, célèbre kathina le dimanche 4 novembre 2018, de 8h à 12h30 (วัดป่าเทพขันติการาม, détails).
Le week-end du samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018, grande cérémonie kathina auprès du temple royal Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, à Chom Thong, à une heure de route au sud-ouest. Temple royal oblige, la cérémonie est conduite par un dignitaire d’État au nom de S.M. le Rama X. Ce temple a pour habitude de diffuser en direct ses diverses cérémonies et kathina ne devrait pas faire exception : Live FB (วัดพระธาตุศรีจอมทองวรวิหาร, événement FB du 03.11, événement FB du 04.11). La cérémonie kathina en tant que telle se déroule dimanche à 15h.
C’est ce même week-end, les samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018 que le Wat Phra That Doi Saket, non loin de Chiang Mai, à l’est, a choisi pour son propre kathina. Samedi 3 novembre, une cérémonie religieuse se tiendra à 17h39, suivie à 18h39 par un spectacle de danse assuré par des étudiants. Le lendemain, dimanche 4 novembre, c’est à 8h39 que vous pourrez assister à la procession de kathina pour aboutir à la cérémonie à proprement dite à 9h39 où 29 moines y participeront (วัดพระธาตุดอยสะเก็ด, détails).
On nous signale d’autres cérémonies kathina la semaine suivante, sans que nous ayons beaucoup plus de renseignements supplémentaires :
Le jeudi8 novembre 2018 au Wat Pa Thara Phirom, appelé également Wat Rim Ping car érigé au bord de la rivière éponyme (วัดป่าธาราภิรมย์ (วัดริมปิง)).
Le dimanche 11 novembre 2018 au Wat Si Arun, dans le district de San Pa Tong (วัดศรีอรุณ).
Et enfin le dimanche 18 novembre 2018 au Wat Si Nawarat (ou Wat Thung Siao, วัดศรีนวรัฐ (วัดทุ่งเสี้ยว), détails).
Vocabulaire en lien avec kathina
กฐิน (kathin) : cérémonie de remise des robes aux moines bouddhistes ทอดกฐิน (thotkathin) : présenter les robes monastiques (à la fin de la période de retraite de trois mois lunaires) มหากฐิน (maha kathin), la ‘grande’ kathina : cérémonie complète réunissant beaucoup de dévots, on parle alors de กฐินสามัคคี (kathin samakkhi), samakkhi pouvant se tradurie par à l’unisson, harmonieusement จุลกฐิน (chunla kathin) : forme raccourcie – stimulante et mouvementée – du festival thotkathin, dans lequel tout le processus de fabrication et de présentation des robes aux moines (qui prend normalement un mois) doit être achevé en une seule journée ไม้สะดึง (mai sadueng) : cadre en bois ou motif en bois pour l’étirement du tissu à broder ปั่น (pan) : tourner (sur un axe) ฝ้าย (fai) : coton ทอ (tho) : tisser ออกพรรษา (ok phansa) : fin de la retraite monastique (qui dure 3 mois lunaires); en savoir plus en lisant notre article Ok phansa, la fin de la retraite monastique en Thaïlande บุญ (bun) : bonne action, acte méritoire ทำบุญ (tham bun) : accumuler des mérites (ou faire des mérites) ทำบุญอุทิศส่วนกุศล (tham bun uthit suan kuson) : effectuer des actes méritoires dans un but particulier (généralement pour des personnes défuntes) เงินบริจาค (ngoen borichak) : don financier, contribution en argent ต้นกฐินเงิน (tonkathinngoen) : arbre à argent (qui reçoit les donations en espèces des dévots) จีวร (chiwon) : robe monastique (correspond au kesa). ห่มจีวร (hom chiwon) : porter une robe monastique, revêtir une robe de moine bouddhiste พระ (phra) : moine bouddhiste. Ici au nord, on dira plutôt ตุ๊ (tu, prononcé tou). On utilisera le titre ทิด (thit) pour les hommes revenus à la vie séculière. วัด (wat) : temple ou monastère bouddhiste; on utilise plus rarement อาราม (aram), combinant même les deux mots, วัดวาอาราม (watwaaram). อัฐบริขาร (attha borikhan) : ce sont là les huit biens indispensables du moine bouddhiste (photo).
Vous en savez déjà beaucoup sur cette cérémonie bouddhiste annuelle. Pour celles et ceux qui s’intéressent au bouddhisme et veulent en approfondir leurs connaissances, on publie à nouveau ci-dessous nos conseils de lecture.
Pour aller plus loin – Conseils de lecture
Voici quelques ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.
Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.
Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.
On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.
Que ce soit durant une célébration particulière – comme ici kathina – ou alors au quotidien, n’hésitez pas à vous rendre dans les temples bouddhistes de Chiang Mai et d’ailleurs. Fête ou pas fête, il y règne toujours une ambiance particulière, certains temples étant porteurs d’une indéniable énergie tellurique.
LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE ● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique. ● Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon. ● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ». ● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne. ● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).
Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.
1 Vous trouverez également la graphie thod kathin; nous nous en tenons pour notre part au Système général royal de transcription du thaï (RTGS). 2 Attention ! Nous nous acharnons à diffuser les programmes de nombreuses – très nombreuses – manifestations organisées à Chiang Mai et alentour. Néanmoins, dans les faits, l’organisation subit parfois quelques variantes. C’est là l’expression de la souplesse du peuple thaïlandais. Ainsi, bien que les danses traditionnelles figurent bel et bien au programme à 22h, au final, elles ont eu lieu à 17h30, samedi. Croyez bien que nous en sommes désolés. Nous-mêmes nous sommes déplacés bien inutilement pour en faire le constat sur place. Mais après tout, c’est là tout le charme du pays 😏
Sources rédactionnelles : Wikipédia et Sagesses Bouddhistes. Source de l’image à la Une : DMC TV. Article composé le 2710.2019 et mis à jour le 03.11.2019