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Et la ville la plus polluée de Thaïlande est…

Tout le monde vous répondra en chœur : Chiang Mai. Et bien « tout le monde » se trompe puisque la Rose du Nord ne vient qu’en 16e position au classement des villes les plus polluées du royaume ! Analysons donc brièvement cet insane palmarès1.

On vous parle aujourd’hui de pollution, et seulement de pollution de l’air, en nous basant sur les données des particules fines, les fameux PM2,5. Dressant le portrait de la Thaïlande polluée au sein d’un monde pollué, nous nous attarderons ensuite sur la pollution des villes siamoises en vous donnant quelques éléments techniques en fin d’article. Occasion de vous rappeler que la pollution de l’air constitue le risque environnemental le plus pressant pour la santé de la population mondiale (des estimations imputent près de 7 millions de décès prématurés par an à la pollution atmosphérique). Une pollution qui peut certes incommoder le touriste de passage mais qui a un effet délétère sur la population qui la subit au quotidien.

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La Thaïlande, un pays pollué ?

Avant de nous pencher sur les villes les plus polluées de Thaïlande, découvrons ce qu’il en est du pays tout entier, comparé aux nations du globe. Il s’agit du classement IQAir par concentration moyenne de PM2,5 (μg/m3, voir ci-dessous), pondérée par la population. La Thaïlande n’est pas l’Inde, sous-continent où sont concentrées 6 des 10 villes les plus polluées du monde ! Sur 98 pays classés en 2019, la Thaïlande se situe au 28e rang mondial des pays les plus pollués. Il y a donc 27 pays qui sont plus pollués qu’elle (et par conséquent 70 pays qui offrent une pollution de l’air moindre).

Carte mondiale de l’exposition estimée aux PM2,5 par pays en 2019 © IQAir

Comme vous le montre la carte mondiale ci-dessus, comparée aux pays européens, la Thaïlande dans son ensemble est un pays beaucoup plus pollué. En revanche, en comparaison asiatique, elle s’en tire plutôt bien (si l’on peut s’exprimer ainsi). En utilisant une moyenne pondérée de la population, les 5 pays les plus pollués au monde – tous asiatiques – sont, dans l’ordre, le Bangladesh et ses 166 millions d’habitants (avec une concentration de PM2,5 de 83 μg/m3, dans le rouge), le Pakistan, la Mongolie, l’Afghanistan et l’Inde où ses 1,3 milliards d’habitants doivent supporter une concentration de 58 μg/m3, dans le rouge elle aussi !

😷 91% de la population mondiale vit dans des zones où la pollution de l’air dépasse les limites fixées par l’OMS !

Sur la base des données de l’année 2019, la Thaïlande est donc au 28e rang mondial des pays les plus pollués avec une concentration de PM2,5 de 24 μg/m3 en moyenne annuelle, un nombre qui se situe dans le jaune (il correspond à un indice de la qualité de l’air (IQA, AQI en anglais) de 76). Pour le dire autrement, la concentration en particules PM2,5 en Thaïlande était plus de deux fois au-dessus des recommandations d’exposition de l’OMS (10 μg/m3 au maximum). L’année précédente, en 2018 donc, la concentration était supérieure, 26 μg/m3 en moyenne. L’on doit donc noter une très légère amélioration mais sans vraiment s’en réjouir.

Et les pays de l’ASEAN ?

Les 30 villes les plus polluées du monde en 2019 se trouvent toutes en Asie. À l’échelle régionale, l’Asie du Sud-Est fait partie des régions les plus touchées par la pollution par les particules fines (PM2,5).

Si l’on compare le classement des pays de l’ASEAN, la Thaïlande fait mieux que l’Indonésie (6e rang mondial avec une concentration de 52 μg/m3), le Vietnam (15e rang mondial avec 34 μg/m3) et le Myanmar (20e rang mondial avec 31 μg/m3). En revanche, le Pays du Sourire est plus pollué que le Laos (34e rang mondial avec 23 μg/m3), le Cambodge (41e rang mondial avec 21 μg/m3), la Malaisie (50e rang mondial avec 19 μg/m3), Singapour (52e rang mondial avec 19 μg/m3 également) et les Philippines, pays le moins pollué de la région (57e rang mondial avec 17 μg/m3). Notez que l’ensemble de ces pays est dans le jaune, exception faite de l’Indonésie, pays le plus pollué de l’ASEAN qui, avec sa concentration de 52 μg/m3, est dans l’orange.

En 2019, seules 3,2 % des villes régionales du Sud-Est asiatique ont atteint l’objectif de l’OMS en matière de PM2,5. La ville la moins polluée de la région est Calamba, aux Philippines (avec une concentration de 4 μg/m3 seulement). Et c’est Tangerang du Sud, une ville d’Indonésie située à moins de 20 km à l’ouest de Jakarta, la capitale, qui détient la palme peu enviable de la ville la plus polluée d’Asie du Sud-Est; sa concentration de PM2,5, dans le rouge, a été de 81 μg/m3 en moyenne.

La carte résume visuellement la situation au niveau mondial. Anecdotiquement, sachez que les 385 000 habitants des Bahamas sont ceux qui respirent l’air le moins pollué de la planète, avec une concentration de PM2,5 qui est dans le vert, à seulement 14 μg/m3.

Ci-dessus, le tableau de l’indice de la qualité de l’air selon l’IQA US. À ne pas confondre avec la concentrations de particules PM2,5 exprimée en micron-grammes (μg) par m3 :

PROGRÈS. Le gouvernement thaïlandais a mis en place un important réseau de stations de surveillance de la qualité de l’air, ajoutant 15 nouvelles stations en 2019. Cependant, la majorité (76 %) des stations de surveillance à l’échelle nationale sont fournies par des organismes non gouvernementaux. En dehors des États-Unis, il s’agit du plus grand réseau de stations de surveillance à faible coût financées par la communauté. La publication et l’engagement autour de ces données ont contribué à susciter un dialogue national sur la qualité de l’air et à sensibiliser le public à cette question.

DÉFIS. Une grande partie de la pollution de l’air en Thaïlande est saisonnière, la pollution atteignant son maximum pendant la saison sèche, de décembre à avril. Les principales sources d’émissions dans les zones métropolitaines telles que Bangkok comprennent les transports, les usines et la construction inefficaces et alimentés au diesel, de même que les impacts saisonniers des provinces et pays voisins, tandis que les régions agricoles sont plus exposées à la pollution provenant de l’agriculture à ciel ouvert et de la combustion des déchets. La Thaïlande a connu plusieurs épisodes de pollution de l’air très médiatisés en 2019. En janvier, des centaines d’écoles ont été fermées à Bangkok pour limiter l’exposition à l’air pollué. En mars et avril, la région nord a connu une intense pollution de l’air, notamment à Chiang Mai et alentour.

En dehors de la pollution de l’air, la Thaïlande, qui est passée en quelques décennies du stade de pays en développement (on parlait naguère du tiers monde) à celui de pays émergent, n’est pas un parangon de vertu en matière de lutte contre la pollution en général. Songeons ici à la situation, dramatique elle aussi, de la pollution des eaux par les déchets en plastique…

En direct, la qualité de l’air en Thaïlande avec IQAir

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Nakhon Ratchasima, la ville la plus polluée de Thaïlande !

Commençons par vous dévoiler la ville la moins polluée de Thaïlande. Beaucoup seront étonnés d’apprendre qu’il s’agit de… Phuket (ภูเก็ต), sur l’île éponyme. Un étonnement que ne partagent pas les insulaires qui profitent donc du meilleur air de Thaïlande (ou plus précisément de l’air le moins pollué avec seulement 11 μg/m3 de PM2,5 (soit un IQA de seulement 47, dans le vert donc).

En arrivant dans la capitale, Bangkok, beaucoup de touristes la prennent pour la ville la plus polluée de Thaïlande. Il est vrai que la circulation débridée de cette immense agglomération pourrait le laisser croire mais il n’en est rien. Krungthep, comme la nomment les Thaïlandais, ne se situe qu’au 48e rang national des villes les plus polluées, avec une concentration de PM2,5 moyenne de 23 µg/m³, indice jaune donc. Au niveau mondial, ce n’est que la 737e ville la plus polluée (33e si l’on ne tient compte que des capitales). En revanche, elle subit elle aussi le drame des brûlis quelques jours – voire semaines – par an, principalement les fumées provenant du Cambodge voisin en janvier (cf. le second tableau ci-dessous).

Des données auxquelles l’on peut se fier puisque Bangkok dispose de la plus forte densité de stations PM2,5 de toutes les villes, avec 160 stations de mesure. Par ailleurs, c’est la ville qui compte le plus grand nombre de stations PM2,5 publiques au monde. En même temps, la moyenne annuelle de PM2,5 de la ville s’est progressivement améliorée au cours des trois dernières années. Malgré ces améliorations, la moyenne annuelle de PM2,5 à Bangkok reste plus de quatre fois supérieure à l’objectif de l’OMS.

Alors, quelle est donc la ville la plus polluée de Thaïlande ? Le sous-titre vous l’a déjà dévoilé : la ville la plus polluée de Thaïlande est Nakhon Ratchasima (นครราชสีมา), chef-lieu de la province de Nakhon Ratchasima. Une agglomération communément appelée Korat (โคราช) qui se trouve dans l’Isan, le nord-est thaïlandais, grenier à riz du pays et la région la moins riche (la plus pauvre diront certains), précisément ici. Sa concentration de PM2,5 a été de 42 μg/m3 en moyenne durant l’année 2019 (soit un IQA US de 117, de couleur orange). Ce qui la place non seulement au 1er rang national mais également au 8e rang des villes les plus polluées du Sud-Est Asiatique ! La situation n’est globalement pas bonne de janvier à avril avec deux mois en rouge, février et mars (qui sont des mois pollués dans une bonne partie de la Thaïlande, on vous dit pourquoi ci-dessous).

Voyons maintenant le Top 10 des villes les plus polluées de Thaïlande :

Le Top 5 des villes les plus polluées du royaume est donc constitué par Korat (Nakhon Ratchasima), suivie de Saraphi (สารภี), ville au sud de Chiang Mai, et Pai (ปาย), dans les montagnes de la province septentrionale de Mae Hong Son, à 3h de route de Chiang Mai. Quatrième ville la plus polluée de Thaïlande, Hang Dong (หางดง), au sud de la Rose du Nord, suivie, en 5e position, de Chiang Rai (เชียงราย), historiquement la petite sœur de Chiang Mai.

L’indice est orange en moyenne annuelle dans les 8 premières villes, ce qui se traduit par un air mauvais pour les personnes sensibles (grand public et personnes sensibles fortement exposées, risquant de ressentir des irritations et des problèmes respiratoires). Ce n’est qu’à partir du 9e rang, avec la ville de Mae Hong Son, chef-lieu de la province éponyme, que l’indice passe au jaune, se traduisant par un air de qualité moyenne (où les personnes sensibles peuvent éprouver des problèmes respiratoires et doivent donc éviter les activités en plein air).

Autre dramatique constat que démontre le classement national : toute les grandes villes du nord thaïlandais figurent hélas dans le Top 20 des villes les plus polluées, dans l’ordre : Chiang Rai, Lamphun, Mae Hong Son, Lampang, Chiang Mai, Phrae et Nan ! Seule Phayao – connue par son joli lac – se démarque avec une concentration de PM2,5 moyenne de 18 µg/m³, indice jaune, ce qui la place au 60e rang national des villes siamoises les plus polluées (mais c’est là sans nul doute une anomalie puisqu’aucun relevé ne figure pour les mois critiques).

Le tableau ci-dessus permet de vous rendre compte de la moyenne mensuelle de la pollution de l’air tout au long de l’année. Sans surprise c’est la période entre février (parfois janvier) et avril qui est la plus polluée généralement dans les villes thaïlandaises. On rappelle cependant que ces moyennes mensuelles sont surtout graves pour les personnes qui vivent à l’année dans ces régions – et donc beaucoup moins pour les touristes de passage deux ou trois jours.

En résumé :
➥ La Thaïlande se situe au 28e rang mondial des pays les plus pollués
➥ La ville la plus saine est Phuket
➥ Et le Top 5 des villes les plus polluées du royaume est constitué de Nakhon Ratchasima (Korat), Saraphi, Pai, Hang Dong et Chiang Rai

Mais où diable se situe Chiang Mai alors ?

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Et donc Chiang Mai n’est pas la ville la plus polluée de Thaïlande ?

© Facebook – Chiang Mai Breathe Council qui est une force de proposition issue de la société civile afin d’améliorer l’air de la Rose du Nord

Et bien non, n’en déplaise à ceux qui l’écrivent benoîtement. On vous l’a déjà dit, Chiang Mai ne vient qu’en 16e position au classement des villes les plus polluées du royaume (on ne parle ici que de pollution de l’air, rappelons-le); sa concentration de PM2,5 a été de 32 μg/m3 en moyenne durant l’année 2019 (soit un indice de couleur jaune). C’est dire qu’il y a quinze villes plus polluées que la Rose du Nord ! Notamment Pai, Chiang Rai, Lamphun, Mae Hong Son, comme on l’a vu ci-dessus, mais également Lampang, pour les plus connues d’entre elles. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’il n’y a que peu d’industries à Chiang Mai.

Pourquoi donc Chiang Mai est systématiquement citée comme la ville la plue polluée du monde ? Cela tient à plusieurs facteurs. Le principal est que Chiang Mai, durant la saison des brûlis – entre mi-février et mi-avril, et uniquement durant cette période – atteint des pics de pollution et figure alors en tête du classement en direct IQAir des villes les plus polluées au monde. Cela fait régulièrement le titre des journaux et autres médias sur internet, une information largement partagée via les réseaux sociaux. Évidemment, au mois de juin, personne ne met plus l’accent sur l’indice de la qualité de l’air de Chiang Mai puisqu’à ce moment-là, la ville répond aux recommandations d’exposition de l’OMS (qui sont de 10 μg/m3 au maximum, rappelons-le). Plusieurs raisons expliquent que les villes thaïlandaises plus polluées que Chiang Mai durant cette période ne figurent pas dans dit classement. C’est par exemple le cas tant de Mae Hong Son, de Pai ou encore de Chiang Rai, des villes qui sont plus polluées que Chiang Mai durant les sinistres mois de mars et avril (encore plus cette année 2020, hélas, trois fois hélas). Leur faible nombre d’habitants leur permet de passer sous le radar.

La pratique annuelle des brûlis à ciel ouvert est couramment utilisée dans les zones agricoles pour défricher des terres en vue de la culture la saison suivante. Si cet essartage est bénéfique pour les agriculteurs, nécessitant peu de ressources et éliminant rapidement les déchets agricoles, le brûlage à ciel ouvert entraîne une pollution atmosphérique de grande ampleur, qui dure des semaines, voire des mois. Les cinq villes les plus polluées sont toutes situées dans les zones agricoles du nord de la Thaïlande, qui sont généralement touchées par le brûlage à l’air libre de février à avril.

Qualité de l’air de Chiang Mai en direct sur IQAir, une ville suivie par plus de 11 millions de personnes (vous pouvez aussi accéder à l’information sous forme de carte géographique)

Dans le futur, nous consacrerons un article fouillé à cette problématique de la pollution due aux brûlis, une pollution qui est loin d’être banale, incommodant les habitants et mettant en péril leur santé. Cependant, le tableau ci-dessous vous montre que l’air est bon à Chiang Mai du mois de mai jusqu’à mi-février, soit plus de 9 mois sur 12.

Situation quant à la pollution de l’air de quelques villes en Thaïlande, dont Chiang Mai

Que dit le site de référence IQAir de la pollution de l’air de Chiang Mai ? L’air de Chiang Mai est modérément pollué, s’aggravant pendant la saison brumeuse qui s’étend généralement de janvier à avril. La concentration moyenne annuelle de PM2,5 dans la ville est passée de 22,7 microgrammes par mètre cube (µg/m³) en 2017 à 24,5 µg/m³ en 2018. Des chiffres qui sont plus de deux fois supérieurs à la recommandation annuelle de l’Organisation mondiale de la santé, et ne sont que légèrement supérieurs à la qualité de l’air de Bangkok, où la moyenne annuelle de PM2,5 était de 25,2 µg/m³ en 2018. La qualité de l’air à Chiang Mai s’est donc encore dégradée en 2019 avec une moyenne de 32 μg/m3 en 2019.

Si l’on veut être honnête, l’on doit cependant relever que la situation a Chiang Mai n’est pas idyllique car les villes jouxtant le chef-lieu sont parmi les plus polluées du pays. Citons bien sûr Saraphi (au 2e rang national avec une concentration de PM2,5 moyenne de 41 µg/m³, indice orange), Hang Dong (4e rang avec 38 µg/m³, indice orange) et Lamphun (7e rang avec 37 µg/m³, indice orange), trois villes au sud non loin du chef-lieu. Mais aussi au nord avec Mae Rim (6e rang avec 37 µg/m³, indice orange).

Précisons encore qu’il faut évidemment tenir compte de la temporalité. Une moyenne, tant annuelle que mensuelle, n’a d’importance que pour les habitants d’une ville, qui y vivent à l’année. Si l’indice est violet 3 jours, rouge 4 jours et vert 2 jours, le touriste de passage n’a que faire d’une moyenne. Il ne se souciera que de la pollution durant la période de sa visite ! Et pour ce qui est d’un séjour ne dépassant pas trois jours, certains seront incommodés – les personnes sensibles – quand d’autres n’y verront que du feu. Et avouons qu’un touriste occidental est fort mal placé pour se plaindre d’une pollution, lui qui parcourt des milliers de kilomètres en avion pour arriver à destination (sans parler du retour, des voyages fort polluants)…


Quid de la pollution des principales destinations touristiques du royaume ?

Peut-être serez-vous intéressé à connaître l’indice de pollution moyen pour l’année 2019 des principales destinations touristiques du royaume. Le voici (plus le rang est élevé est moins la pollution est grande) :

RangVilleConcentration PM2,5Indice
48Bangkok23jaune
68Phuket11vert
53Pattaya21jaune
64Ko Samui*17jaune
Krabi
52Hua Hin21jaune
33Ayutthaya25jaune
Sukhothai
30Kanchanaburi25jaune
16Chiang Mai32jaune

* Comme Samui ne figure pas dans le classement, nous avons pris comme référence Surat Thani. Krabi et Sukhothai ne figurent elles aussi pas dans le classement 2019 en question.

Entre autres sites web, IQAir vous permet de connaître le niveau de pollution en direct de n’importe quelle ville thaïlandaise. À consulter au même titre que la météo. Notez que notre propre site web, Chiang Mai De-Ci De-là, affiche en permanence l’indice IQA US de Chiang Mai (partie haute de la colonne de droite). Et à l’heure où nous vous écrivons, il est au vert 😏

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Qu’entend-on par pollution ?

© Facebook – Lollipop.bra

On le souligne encore une fois ici, la pollution dont il est question ne concerne que l’air. Et encore, les données du classement IQAir ne se concentrent que sur les seules particules fines, les PM2,5. Pourquoi donc seulement les PM2.5 ? Il s’agit du polluant généralement considéré comme le plus nocif pour la santé humaine. Les PM2,5 sont définies comme des particules en suspension dans l’air ambiant mesurant jusqu’à 2,5 microns (μm). Pour vous en faire une idée, le cheveu humain mesure 60 μm, soit 24 fois plus épais. De taille microscopique, ces particules pénètre dans le flux sanguin via le système respiratoire et voyage dans tout le corps, provoquant des effets sanitaires de grande envergure, notamment l’asthme, le cancer du poumon et les maladies cardiaques.

D’autres polluants s’ajoutent encore : les PM10, qui sont elles aussi des particules fines mais d’un diamètre de 10 μm, l’ozone (O3), un polluant qui se forme par réaction chimique à partir d’autres polluants, le dioxyde d’azote (NO2), gaz brun-rouge toxique notamment produit par les moteurs à combustion interne et les centrales thermiques, le dioxyde de soufre (SO2) qui contribue à la formation des pluies acides, ou encore le monoxyde de carbone (CO) qui se forme lors de la combustion incomplète de matières organiques (gaz, charbon, fiouls, carburants, bois) et dont la source principale est le trafic automobile. L’indice de la qualité de l’air IQA US tient cependant compte de tous ces polluants.

Toute cette pollution de l’air a également été associée à un faible poids à la naissance, à une augmentation des infections respiratoires aiguës et des accidents vasculaires cérébraux. Ainsi, la pollution de l’air ambiant à l’échelle mondiale est responsable de :

  • 29 % de tous les décès et maladies dus au cancer du poumon;
  • 17 % de tous les décès et maladies dus à des infections respiratoires basses aiguës;
  • 24 % de tous les décès dus aux accidents vasculaires cérébraux;
  • 25 % de tous les décès et maladies dus aux cardiopathies ischémiques;
  • 43 % de tous les décès et maladies dus à la bronchopneumopathie chronique obstructive.

Les particules en suspension dans l’air proviennent de diverses sources. La combustion des moteurs de véhicules, l’industrie, les incendies et la combustion du charbon représentent les sources anthropiques les plus courantes, tandis que les tempêtes de sable, l’agriculture et les produits chimiques réagissant dans l’atmosphère représentent les sources naturelles les plus courantes.

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont très claires en matière de pollution intérieure ou extérieure. Elles se basent sur les concentrations de particules de 2,5 et 10 microns, respectivement PM2,5 et PM10. Pour l’OMS, une exposition chronique ne doit pas dépasser la concentration de 10 µg/m3 en moyenne annuelle pour les particules PM2,5 et de 20 µg/m3 pour les particules PM10. Une exposition aigüe ne doit pas dépasser les seuils de 25 µg/m3 en moyenne sur 24 heures pour le PM2,5 et de 50 µg/m3 pour les PM10.

Source : France Air. En signalant encore que l’OMS prévient qu’aucun niveau d’exposition aux PM2,5 ne s’est avéré exempt d’effets sur la santé…

L’Office du tourisme thaïlandais vante les mérites du Pays du Sourire sous le slogan anglophone Amazing Thailand. Mais pour que la Thaïlande reste amazing encore faut-il que les autorités prennent des mesures draconiennes en matière de protection de l’environnement afin que les touristes reviennent de leur séjour le sourire aux lèvres. Cela passe, entre autres, par une diminution de la pollution de l’air. Sans parler des autres problématiques liées au tourisme de masse dont la Thaïlande est victime (victime certes mais une victime consentante). Toute mesure visant à améliorer la qualité de l’air plaira au touriste mais sera surtout bénéfique pour les habitants du royaume.

Vous pouvez maintenant fermer les yeux et… respirer !



1 Toutes les données de cet article proviennent du Rapport mondial sur la qualité de l’air en 2019 édité par IQAir (que vous pouvez télécharger sur cette page web). Anciennement AirVisual, une startup suisse – pays ami de la précision – créée en 2015 et qui est devenue la référence mondiale en matière de contrôle de la qualité de l’air. Elle fait maintenant partie de la multinationale IQAir, autre société suisse fondée en 1963 par deux frères Allemands (un pays tout aussi précis). En plus de leur application mobile (gratuite) et d’un petit capteur miracle, ils vendent également des purificateurs d’air Swiss made. Sur ce marché, hélas en expansion, avouons que les entreprises suisses sont leaders. IQAir répond à vos questions sur la manière d’établir leurs classements. Par ailleurs, certaines villes, à l’image de Chanthaburi à l’heure où nous écrivons, ne disposent pas de stations de surveillance aérienne au sol; IQAir estime alors l’IQA sur la base des données PM2,5 satellitaires, moins précises (leurs explications). Les relevés sont alors suivis d’un astérisque qui indique cet état de fait.

Source de l’image à la une © Flickr – Tous droits réservés par Kalboz
Article publié le 07.08.2020 et mis à jour le 13.02.2021

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Parcs nationaux. La Journée mondiale des Rangers se célèbre aussi en Thaïlande

Elle n’est pas de trop cette Journée mondiale célébrant les rangers, eux qui paient un lourd tribut à la conservation de la faune et de la flore sauvages. On vous parle du pourquoi de cette Journée, des rangers actifs en Thaïlande, en terminant par un thème qui ne devrait pas exister, le pillage des ressources naturelles, qui a également lieu au Pays du Sourire, hélas, trois fois hélas.

Affiche de l’année 2020

Le dernier bilan annuel (de juin 2021 à mai 2022) fait état de 150 rangers qui ont perdu la vie (dont 14 en Thaïlande). Tués par des animaux sauvage, abattus par des braconniers, ou encore victimes d’accident de véhicules. Cette année, le thème retenu est Je me tiens aux côtés des rangers du monde. Par ailleurs, l’IFAW – Fonds international pour la protection des animaux vous permet d’envoyer une carte postale pour soutenir les écogardes.

En Thaïlande, cette Journée a été commémorée le 30 juillet 2022. En présence de « Warawut », ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, plus de 500 employé·e·s du Département des Parcs Nationaux, de la conservation de la faune et de la flore (DNP), du Département Royal des Forêts et du Département des ressources marines et côtières ont été convié·e·s au parc national de Khao Yai, dans la province de Nakhon Nayok, pour être remercié·e·s. L’on a parlé d’eux en terme de « héros ». En voici quelques photos. Une cérémonie diffusée en direct (ne manquez pas de visionner le mini reportage qui précède, une invitation à découvrir les parcs nationaux). 

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Garde nature. Voilà un métier qui s’embrasse bien souvent par vocation. La Journée mondiale des Rangers (ou Journée internationale des Gardes nature1, World Ranger Day en anglais), célébrée annuellement le 31 juillet, est là pour rappeler l’important engagement de ces hommes et de ces femmes défenseurs de la nature. Un corps de métier qui, hélas, paie un lourd tribut face au braconnage (exemple ici où les calaos, une espèce quasi menacée, sont chassés).

La Thaïlande préserve près de 20 % de son territoire, immense, sous forme de zones protégées. Il y a actuellement 147 parcs nationaux, dont des parcs marins, 58 sanctuaires de la faune, 67 zones sans chasse et 120 parcs forestiers dans le royaume. Des projets de création de nouvelles zones protégées sont en cours. C’est dire que des centaines de rangers, qu’ils soient gardes faune ou gardes forestiers, œuvrent au quotidien afin de préserver la nature, de sorte que vous ayez la meilleure des expériences en visitant les parcs nationaux de Thaïlande 🏞

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Journée mondiale des Gardes nature

IRF – Une traduction officielle pas très heureuse…

#TogetherPossible
À quoi servent les gardes nature ? Prenons l’exemple des rangers sous la responsabilité de l’ONG américaine Wildlife Alliance, principalement active au Cambodge voisin mais également en Thaïlande (ils ont mené une campagne de renforcement de la biodiversité dans le parc national de Kao Yai). Ses rangers sont en première ligne pour protéger l’une des dernières grandes forêts tropicales d’Asie.

L’Asie du Sud-Est est bien malheureusement au centre de la crise d’extinction mondiale et les menaces sont de plus en plus nombreuses. Sans les gardes forestiers, il n’y aurait aucun espoir de renverser la tendance dans la lutte pour la protection de certaines des espèces les plus menacées et les plus en danger au monde. Les 143 rangers de la Wildlife Alliance travaillent inlassablement en première ligne, au péril de leur vie chaque jour, pour

  • localiser et retirer les pièges qui mutilent ou tuent sans discernement les animaux sauvages;
  • trouver et appréhender les braconniers et les bûcherons qui détruisent la faune sauvage et son habitat;
  • mettre fin à l’empiètement illégal des terres dans la forêt tropicale des Cardamomes (un empiètement qui a augmenté de 750 % depuis 2010 !).

Sans ces héros de la conservation, la forêt tropicale humide des Cardamomes, l’une des plus grandes forêts tropicales intactes d’Asie du Sud-Est, ne serait qu’un « parc de papier » comme la majorité des zones protégées du Cambodge. Ces gardes forestiers très performants protègent directement plus de 55 espèces menacées (selon la liste de l’UICN) sur plus de 2 millions d’hectares de forêt tropicale. Des hommes courageux sans qui la forêt tropicale des Cardamomes ne pourrait être le refuge sûr qu’elle est pour les éléphants, les pangolins, les léopards et de nombreuses autres espèces emblématiques.

Tout est lié. Les forêts. La rivière. La vie sauvage… et nous ! C’est là le message de cette ONG environnementale pour la Journée 2020, un message que vous pouvez découvrir à travers sa bande-annonce sur Facebook.

Qu’est-ce qu’un ranger ?
เรนเจอร์, ranger en thaï (plus précisément ผู้พิทักษ์ป่า, garde forestier, เจ้าหน้าที่พิทักษ์ป่า au complet).
L’IRF définit un ranger comme la personne impliquée dans la protection pratique et la préservation de tous les aspects des zones sauvages, des sites historiques et culturels. Les rangers offrent des possibilités de loisirs et d’interprétation des sites tout en assurant des liens entre les communautés locales, les zones protégées et l’administration de la zone.

Chris Galliers, Président de l’IRF – Fédération Internationale des Rangers, indique dans son message que cette Journée est l’occasion de réfléchir au travail exceptionnel accompli par les rangers dans le monde, eux qui mettent continuellement leur vie en danger et restent à l’avant-garde de la conservation. Il ne manque pas de rendre hommage aux rangers qui ont perdu la vie, rappelant qu’au cours de la dernière année, l’on doit déplorer le plus grand nombre de décès de rangers enregistrés depuis le mise en place du Tableau d’honneur (137 décès, dont des rangers thaïlandais). Ce nombre pourrait être considérablement plus élevé car tous les décès de rangers ne sont pas signalés. Sur les sept régions couvertes par l’IRF, l’Asie a connu le plus grand nombre de gardes forestiers tués, avec 48 % de tous les décès. Un nombre inacceptable, les décès de rangers enregistrés au cours de la dernière décennie se montant à 1 013 (voir la carte du monde en fin d’article). C’est une préoccupation majeure pour le président de la fédération.

Comment ne pas être sensible à l’engagement de ces hommes et de ces femmes qui mettent quotidiennement leur vie en péril pour la sauvegarde de la faune et de la flore sauvage ? C’est donc cet engagement sans faille que cette Journée célèbre (vous pouvez visionner plusieurs vidéos de rangers à travers le monde, des messages enregistrés à l’occasion de cette commémoration).

Le Dr Jane Goodall, célèbre éthologue connue mondialement, soutient chaque année la Journée mondiale des Gardes nature à travers un message vidéo :

Un message d’espoir pour la faune et la flore sauvage

Les diverses organisations de rangers

Gardien du Patrimoine mondial, l’UNESCO saisit naturellement l’opportunité de cette Journée mondiale des rangers pour honorer les rangers des nombreux sites que l’organisation a reconnus. Écoutez donc le témoignage vidéo de quelques rangers. Même célébration annuelle sous forme de remerciement de la part du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), conscient de l’importance vitale du travail des rangers pour la protection de la faune.

Depuis 1992, une fédération internationale unit tous les rangers. Elle organise notamment un congrès mondial. Alors que le dernier a eu lieu en novembre 2019 au Népal, le prochain sera organisé au mois de mai 2022 dans l’archipel des Açores, terre portugaise.

L’IRF – Fédération internationale des gardes nature :
➤ sur le web
➤ et sur Facebook

Cette fédération internationale est composée des fédérations continentales et nationales. Ainsi vous avez par exemple l’ERF – Fédération européenne des gardes nature. Mais également la Fédération asiatique des gardes nature (RFA, site web, page Facebook, Instagram et YouTube). Le royaume a sa propre entité, la Fédération thaïlandaise des gardes nature, que vous retrouvez sur le web (un site essentiellement en langue thaï).

Le Département thaïlandais des Parcs nationaux (กรมอุทยานแห่งชาติ สัตว์ป่า และพันธุ์พืช) :
➤ sur Facebook
➤ sur le web
Et son bureau des relations publiques, sur Facebook.
De même que son Bureau de la conservation de la faune (ำนักอนุรักษ์สัตว์ป่า), sur Facebook.

On vous offre ci-dessous la vidéo tournée à l’occasion de cette Journée commémorative par le Département thaïlandais des Parcs nationaux. Ce qui vous permet de vous rendre compte de leur travail sur le terrain au quotidien :

Mentionnons également le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui soutient les rangers du monde entier en mettant à disposition des ressources qui améliorent les conditions de travail des éco-gardes et leur formation sur le terrain .


La fondation qui vient en aide aux rangers

Chaque jour, les gardes forestiers risquent leur vie pour protéger la faune et les lieux sauvages contre le braconnage et d’autres menaces. Malheureusement, on estime que plus de 1 000 gardes forestiers ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au cours des dix dernières années, dont une grande partie à cause de braconniers et de milices armées. Les gardes forestiers sont généralement sous-équipés, sous-payés et souvent sous-estimés. Nous pensons qu’ils sont des héros.

The Thin Green Line (TTGLF) est une fondation qui travaille sans relâche pour apporter le soutien dont les rangers ont besoin pour continuer à protéger les espèces menacées dans le monde entier. Cette fondation protège les protecteurs de la nature en apportant un soutien vital aux gardes forestiers et à leurs communautés qui sont en première ligne de la conservation. Elle travaille principalement dans les pays en développement et les zones de conflit, ainsi qu’avec les Park Rangers indigènes en Australie, son pays d’origine.

C’est la seule organisation qui se consacre exclusivement à fournir aux rangers du monde entier l’assistance qu’ils méritent et dont ils ont besoin. En tant que branche caritative officielle de la Fédération internationale des Rangers, la TTGLF a un accès sans égal aux rangers dans le monde entier. La Fondation Thin Green Line est très efficace pour apporter un soutien indispensable aux rangers, avec un large éventail de programmes efficients dans le monde entier, du Kenya à la Tanzanie, du Costa Rica au Guatemala, de la Thaïlande à l’Indonésie, et dans de nombreux autres endroits du globe. Dans la triste circonstance où un ranger perd la vie dans l’exercice de ses fonctions, cette fondation contribue à soutenir financièrement sa veuve et sa famille. Voici ce qu’elle vise à garantir :

  • Que les gardes forestiers soient appréciés pour leur rôle vital en première ligne de la conservation;
  • Que les gardes forestiers, lorsqu’ils sont en contact avec des braconniers, aient la possibilité de se défendre;
  • Que les rangers bénéficient de conditions de travail dignes et d’un salaire décent;
  • Que les gardes forestiers reçoivent la formation et les outils dont ils ont besoin;
  • Et enfin que les familles et les communautés des rangers bénéficient d’un soutien continu lorsque les rangers sont blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions.

The Thin Green Line, la fondation qui vient en aide aux rangers :
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Pillage des ressources naturelles

La Thaïlande figure dans le rapport annuel 2020 de Global Witness

Ce jour est aussi une occasion d’aborder une problématique connexe : la défense de l’environnement. Global Witness est une ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption qui l’accompagne, qu’il s’agisse de l’exploitation du pétrole, du bois ou encore des diamants. Et cette année, elle s’alarme : le nombre d’assassinats de militants pour la défense de la terre et de l’environnement a été plus élevé que jamais ! Et ce dans le contexte actuel très préoccupant de la vertigineuse accélération de la dégradation du climat.

© Global Witness

Global Witness dévoile un sombre record de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement assassinés en une seule année : 212 personnes ont été tuées en 2019 pour avoir défendu pacifiquement leurs maisons et s’être opposées à la destruction de la nature. Le rapport annuel de cette ONG a également mis en lumière le rôle critique que jouent les défenseurs des droits à la terre et de l’environnement dans la lutte urgente contre la dégradation du climat. Ils s’opposent directement aux industries non durables qui émettent le plus de carbone et accélèrent le réchauffement climatique et les dégâts environnementaux. Le rapport montre comment, dans un contexte de répression et de surveillance accrues pendant le confinement du Covid-19, la protection de ces militants est devenue indispensable pour reconstruire une planète plus sûre et plus verte.

Quid de la Thaïlande ?

En 2015, cette ONG avait déjà dénoncé l’assassinat du défenseur thaïlandais des droits fonciers Chai Bunthonglek, abattu à son domicile. Le tireur non identifié a tiré six fois sur Chai à la tête et à la poitrine, avant de s’échapper à moto. Chai était un militant chevronné qui faisait campagne pour récupérer les terres communautaires d’une entreprise d’huile de palme qui continue d’occuper les terres des villageois malgré le fait qu’elle possède un bail foncier qui a expiré il y a 15 ans. Le meurtre de Chai fait de lui le quatrième militant de sa communauté tué en cinq ans. Pas un seul meurtrier n’a été traduit en justice. Ni les autorités locales ni les autorités nationales n’ont offert aucune protection à Chai ou à ses collègues de la Fédération des paysans du Sud de la Thaïlande, malgré le risque très réel d’une attaque meurtrière. Selon les recherches de Global Witness, depuis 2001, 22 défenseurs de l’environnement ont été tués en Thaïlande. Le plus connu d’entre eux, Seub Nakhasathien, est devenu l’icône écologiste du pays, lui qui se battait pour défendre la vie sauvage. Découvrez sa tragique fin en lisant l’article que nous lui avons consacré.

Que nous apprend le dernier rapport de Global Witness ? Après une longue bataille juridique, les membres de la communauté de Ban Haeng – un village de la province de Lampang, dans le nord de la Thaïlande – ont obtenu justice lorsque le tribunal administratif de Chiang Mai a statué en leur faveur à la suite de leur plainte contre un projet d’extraction de charbon dans leur région. Depuis 2010, cette communauté a protesté contre ce projet minier et a déposé de nombreuses demandes juridiques pour l’empêcher d’aller de l’avant. En retour, ils ont dû faire face à diverses formes d’intimidation, notamment des menaces de mort, des disparitions forcées, la surveillance par des hommes non identifiés et le harcèlement de la part d’officiers militaires. Mais la communauté a continué à résister et maintenant, avec la décision du tribunal selon laquelle le ministère thaïlandais de l’Industrie n’a pas suivi la procédure correcte lors de l’octroi de la concession minière, cela pourrait ouvrir la voie à une fin permanente de l’exploitation du charbon dans leur région. Une victoire pour cette communauté et pour le climat.

Pour aller plus loin…
Global Witness. Lisez leur communiqué de presse (en français) ou accédez au rapport complet Defending Tomorrow (fichiers PDF en haute résolution ou en basse résolution).

On compte sur vous pour avoir une pensée pour les rangers qui, à travers leur indispensable travail, vous permettent de visiter au mieux les parcs nationaux et les zones dont ils ont la responsabilité. Grâce à eux, la nature ne s’en porte que mieux.

C’est là la carte mondiale des rangers décédés au cours de la dernière décennie !

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1 On retrouve également l’appellation Journée internationale des éco-gardes

Source de l’image à la une © Facebook – สำนักอนุรักษ์สัตว์ป่า Wildlife Conservation Bureau, Thailand
Article composé le 31.07.2020 et modifié le 31.07.2022.

28 juillet 2020 – Festivités en l’honneur de l’anniversaire de S.M. Rama X

Vive le roi ! L’éclosion des panneaux à l’effigie du roi régnant sur fond jaune vous a peut-être mis la puce à l’oreille. Ou alors est-ce le nombre inhabituel de Thaïlandaises et Thaïlandais tout de jaune vêtus qui vous a étonné ce matin et ces jours derniers. Le 28 juillet est en effet commémoré dans tout le royaume de Thaïlande l’anniversaire de S.M. le roi Rama X. Ce mardi est jour férié mais le week-end a été long puisqu’un jour férié a été octroyé hier, lundi, en compensation du Loi Krathong, le Nouvel An thaïlandais supprimé cette année de pandémie sanitaire. En quoi cela changera-t-il votre journée ? On vous livre les festivités organisées à cette occasion, nous consacrant principalement à Chiang Mai mais aussi à Bangkok.

Le mercredi 28 juillet 2021, Sa Majesté le roi Rama X fête ses 69 ans
Avec un pays en proie à une pandémie sanitaire sans précédent en cette année 2021, l’heure n’est pas à la fête. Nous ne mettons donc pas à jour cet article, nous contentant de publier un post sur notre page Facebook.

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Un couronnement récent

C’était l’événement historique de l’année 2019. Le précédent couronnement a eu lieu en 1950. Soit celui du père du roi actuel, Bhumibol Adulyadej le Grand, qui a régné 70 ans, de 1946 à 2016, année de sa disparition, vécue émotionnellement par nombre de Thaïlandais qui, pour la plupart, n’avait connu que ce seul roi, ô combien bien-aimé et qui n’est pas oublié. Couronné sous le nom dynastique de Rama IX, sa disparition a donné lieu à de fastueuses et fort émouvantes funérailles, après une année de deuil. Souverain constitutionnel, le roi est le chef de l’État et le protecteur des religions de Thaïlande.

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Sa Majesté Rama X © Facebook แวะ

C’est donc son fils, S.M. Maha Vajiralongkorn (มหาวชิราลงกรณ), désigné en 1972 héritier du trône, qui lui a succédé et qui a été officiellement couronné le 4 mai 2019 (lisez le portrait qu’en dresse FranceInfo). Vous avez pu suivre les fastueuses cérémonies royales sur notre page Facebook. Un faste semblable à celui de la cérémonie annuelle du labour royal sur la place Sanam Luang que le roi honore de sa présence. Il faut dire que la royauté thaïlandaise trône au sommet des monarchies les plus fortunées au monde.

Vous pouvez également feuilleter l’ouvrage (en anglais) intitulé The Royal Coronation Ceremony. Un livre qui relate les cérémonies de couronnement antérieures, avec les discours prononcés par tous les monarques de la dynastie Chakri, de même que les objets royaux utilisés pour la cérémonie. Vous apprendrez également les rituels bouddhistes et hindouistes sur lesquels repose cet événement; le livre contient des photographies rares des divers couronnements.

Le mardi 28 juillet 2020, Sa Majesté le roi Rama X fête ses 68 ans

Ce couronnement a permis aux sujets de Sa Majesté de mieux le connaître, lui et sa famille. À l’occasion de son 68e anniversaire, ce mardi 28 juillet 2020, les Thaïlandais sont invités à s’habiller de jaune, couleur du jour de naissance de Rama X (c’était également la couleur du précédent roi). Faites-en de même et les autochtones vous apprécieront d’autant plus. Notons encore que pour l’heure la Fête des Pères n’a point encore été déplacée à cette date.

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Festivités à Bangkok

Cette journée est marquée par un événement récurrent de la poste thaïlandaise : l’émission d’un timbre-poste spécial d’une valeur faciale de THB 10.-, une émission qui intéressera tous les philatélistes. Et sinon, de nombreuses manifestations sont organisées à travers tout le pays. Où le caractère symbolique est souvent présent comme ces tortues remises à la mer à Chonburi il y a trois ans (article et vidéo). 

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© Facebook – NationPhoto

À Bangkok, les monuments et les rues principales sont richement décorés; le drapeau thaïlandais flottera à plein vent aujourd’hui. Les ponts enjambant le Chao Phraya sont illuminés tout ce mois de juillet; un fleuve qui a vu la libération de poissons en l’honneur du roi. En soirée, attendez-vous à des feux d’artifice. Et n’hésitez pas à admirer les spectacles de danse traditionnelle.

Le roi se soumet habituellement à diverses cérémonies, accompagné de Sa Majesté la reine consort Suthida (สุทิดา) : aumônes matinales aux moines (un rite auquel se prête également le Premier ministre Prayuth Chan-o-Cha), tirs de canon, cérémonie royale dans la salle du trône Amarindra Vinijaya (où sont conviés la famille royale, les membres du cabinet et les dignitaires). Sous le regard protecteur de celle qui l’a toujours protégé, la reine mère douairière Sirikit, dont l’anniversaire est fêté le 12 août, jour de la Fête des Mères en Thaïlande.

Nous écrivons habituellement car cette année 2020, l’absence du roi en son royaume est remarquée. Toutes les cérémonies se déroulent donc en la seule présence de son effigie selon un protocole similaire à ce qu’imposaient les précédents rois, protocole présenté d’ailleurs sous un aspect négatif par le magazine Gala. La cérémonie matinale de prestation de serment des fonctionnaires du gouvernement a été retransmise en direct de Sanam Luang.

Maha Vachiralongkon Bodintharathepphayawarangkun, Xe roi de la dynastie Chakri, régnant sous le titre officiel de Phrabat Somdet Phra Vajira Klao Chao Yu Hua1

À la tombée du jour (ce mardi vers 19h), comme dans toutes les provinces du pays, les Thaïlandais prendront part à la traditionnelle cérémonie aux chandelles (à Krung Thep, comme les locaux appellent la capitale, cela se déroule sur l’immense place Sanam Luang). Un rituel suivi, cette année comme l’année dernière, d’un spectacle son et lumière à l’aide de dizaines de drones (à 19h15 à l’Université Thamassat (มหาวิทยาลัยธรรมศาสตร์ ท่าพระจันทร์), non loin de la place Sanam Luang, ici).

Ne sachant pas encore où la cérémonie sera diffusée en direct ce soir, on vous livre ici quelques photos de la somptueuse cérémonie nocturne de l’année dernière, une cérémonie diffusée sur Facebook :

Nos principaux articles sur Bangkok, envoûtante métropole :
▶︎ Nouveau à Bangkok : tour-de-ville en bus Hop on Hop off
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▶︎ Les guerriers chinois envahissent Bangkok
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Au-delà de la capitale siamoise, sur l’initiative du précédent monarque, Bhumibol le Grand, francophone et ami de la Suisse, l’entrée aux parcs nationaux est gratuite aujourd’hui (mais seuls les Thaïlandais devraient en profiter, peut-être aussi les résidents étrangers qui sauront se montrer persuasifs… et souriants).

Plus spécifiquement à Chiang Mai : l’entrée est gratuite (pour tous) au jardin botanique de la reine Sirikit (QSBG, ouvert de 8h30 à 16h30).

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Nature sauvage des parcs nationaux © Facebook – Tourism Product

Festivités à Chiang Mai

Dans la Rose du Nord – et partout dans le royaume – les cérémonies solennelles sont nombreuses, au premier rang desquelles celles organisées par toutes les administrations et entités étatiques ces jours derniers. Il s’agit de rendre hommage à leur roi, comme ici au Bureau du Développement agricole de la province.

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Solennités de l’année dernière à Chiang Mai © Facebook – PR Chiangmai (1 & 2)

Cette année de crise sanitaire, nous n’avons pas retrouvé autant d’événements originaux comme ceux organisés l’année dernière : que ce soit cette cérémonie de chants célébrée par l’école Sapphitthayakhom, cette libération de dizaines de milliers de carpes dans la rivière Ping organisée par le Centre de conservation de la faune sauvage, ou encore cette revalorisation des canaux de la ville, ici à Sansai où des dizaines de bénévoles ont œuvré (une réjouissante revalorisation dont on se réjouit du résultat futur).

En revanche, la cérémonie d’aumônes matinales aux moines, à 7h au Centre des Congrès, a été maintenue. Elle a été suivie par une cérémonie officielle d’hommage en présence notamment du Gouverneur de la province. Le plus vénéré des temples bouddhistes du centre-ville, le Wat Phra Singh (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร, ici), est souvent utilisé lui aussi lors des cérémonies officielles.

L’anniversaire royal est souvent l’occasion d’un reboisement. L’année dernière, une telle action réunissait plus de 500 volontaires au Projet de développement forestier Khun Mae Kuang et des dizaines d’autres du côté de Mon Chaem, au Centre de développement Nong Hoi (une entité de la Fondation du Projet Royal). Cette année, l’action est nationale à travers un important projet de reforestation dont on vous a déjà parlé dans cette publication Facebook. Le pays compte reverdir d’ici l’année 2027 près de 3 millions de rai, soit plus de 400 000 hectares !

Ce n’est pas là une liste exhaustive, bien entendu, mais cela vous permet de voire que les Thaïlandais font généralement preuve d’imagination en honneur de leur souverain.

Il n’y a pas d’autres événements d’envergure attirant les touristes étrangers, ces derniers ne pouvant franchir les frontières qui sont fermées depuis plusieurs mois ! Contrairement à l’année dernière, pas de danses traditionnelles lanna sur la place Thapae, épicentre touristique (qui a récemment été prise d’assaut par de jeunes étudiants manifestant contre le gouvernement). Pas non plus d’hommage au roi sur un nouvel axe routier ni d’hommage public au parc Royal Flora, ce dernier ne s’étant déroulé que pour les employés. Mais comme c’est un jour férié, l’occasion reste belle pour visiter dans l’après-midi tant le Wat Phra That Doi Kham, au haut de la colline, que le Wat Ton Kwen tout proche, ce dernier ayant gagné en popularité depuis le grand succès de la série TV l’Odeur de la kasalong.

Autre défection, la parade « We Love the King Chiang Mai » en samlor n’aura elle aussi pas lieu. Ça été l’événement touristique phare de l’année dernière, organisé par des amoureux de Chiang Mai – la même communauté qui organise l’événement annuel We Love the King Parade le 5 décembre de chaque année, date de naissance du précédent monarque, Bhumibol le Grand.

Signalons pour terminer qu’à Chiang Mai comme dans toute la nation, ce jour est une occasion pour donner du sang (et nombre de Thaïlandais le font volontiers). Cela se passe au centre de collecte X de la province, en ville donc, de 8h30 à 15h30.

In fine, du samedi au mardi compris, il a fallu compter avec quatre jours de fermetures (tous les bureaux étatiques, certains musées, les banques et assurances – mais pas les centres commerciaux, etc.), féries obligent. La vente d’alcool n’est pas prohibée.

Bref, vous l’aurez compris, cette année de pandémie mondiale, conjuguée à l’absence physique du monarque, ne sera pas l’année la plus marquante en terme de célébration. Cependant, habillez-vous de jaune en cette journée spéciale si vous ne souhaitez pas sortir du lot. En conclusion de ces cérémonies d’hommage, nous ne pouvons que scander « Longue vie au roi ! » 🤴


1 Wikipédia

Source de l’image à la une © Facebook – Thai PBS World. Article composé le 28.07.2020 et mis à jour le 27.07.2021

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