Parcs nationaux. La Journée mondiale des Rangers se célèbre aussi en Thaïlande

Elle n’est pas de trop cette Journée mondiale célébrant les rangers, eux qui paient un lourd tribut à la conservation de la faune et de la flore sauvages. On vous parle du pourquoi de cette Journée, des rangers actifs en Thaïlande, en terminant par un thème qui ne devrait pas exister, le pillage des ressources naturelles, qui a également lieu au Pays du Sourire, hélas, trois fois hélas.

Garde nature. Voilà un métier qui s’embrasse bien souvent par vocation. La Journée mondiale des Rangers (ou Journée internationale des Gardes nature1, World Ranger Day en anglais), célébrée annuellement le 31 juillet, est là pour rappeler l’important engagement de ces hommes et de ces femmes défenseurs de la nature. Un corps de métier qui, hélas, paie un lourd tribut face au braconnage.

La Thaïlande préserve près de 20 % de son territoire, immense, sous forme de zones protégées. Il y a actuellement 147 parcs nationaux, dont des parcs marins, 58 sanctuaires de la faune, 67 zones sans chasse et 120 parcs forestiers dans le royaume. Des projets de création de nouvelles zones protégées sont en cours. C’est dire que des centaines de rangers, qu’ils soient gardes faune ou gardes forestiers, œuvrent au quotidien afin de préserver la nature, de sorte que vous ayez la meilleure des expériences en visitant les parcs nationaux de Thaïlande 🏞

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Journée mondiale des Gardes nature

IRF – Une traduction officielle pas très heureuse…

#TogetherPossible
À quoi servent les gardes nature ? Prenons l’exemple des rangers sous la responsabilité de l’ONG américaine Wildlife Alliance, principalement active au Cambodge voisin mais également en Thaïlande (ils ont mené une campagne de renforcement de la biodiversité dans le parc national de Kao Yai). Ses rangers sont en première ligne pour protéger l’une des dernières grandes forêts tropicales d’Asie.

L’Asie du Sud-Est est bien malheureusement au centre de la crise d’extinction mondiale et les menaces sont de plus en plus nombreuses. Sans les gardes forestiers, il n’y aurait aucun espoir de renverser la tendance dans la lutte pour la protection de certaines des espèces les plus menacées et les plus en danger au monde. Les 143 rangers de la Wildlife Alliance travaillent inlassablement en première ligne, au péril de leur vie chaque jour, pour

  • localiser et retirer les pièges qui mutilent ou tuent sans discernement les animaux sauvages;
  • trouver et appréhender les braconniers et les bûcherons qui détruisent la faune sauvage et son habitat;
  • mettre fin à l’empiètement illégal des terres dans la forêt tropicale des Cardamomes (un empiètement qui a augmenté de 750 % depuis 2010 !).

Sans ces héros de la conservation, la forêt tropicale humide des Cardamomes, l’une des plus grandes forêts tropicales intactes d’Asie du Sud-Est, ne serait qu’un « parc de papier » comme la majorité des zones protégées du Cambodge. Ces gardes forestiers très performants protègent directement plus de 55 espèces menacées (selon la liste de l’UICN) sur plus de 2 millions d’hectares de forêt tropicale. Des hommes courageux sans qui la forêt tropicale des Cardamomes ne pourrait être le refuge sûr qu’elle est pour les éléphants, les pangolins, les léopards et de nombreuses autres espèces emblématiques.

Tout est lié. Les forêts. La rivière. La vie sauvage… et nous ! C’est là le message de cette ONG environnementale pour cette Journée 2020, un message que vous pouvez découvrir à travers sa bande-annonce sur Facebook.

Qu’est-ce qu’un ranger ?
เรนเจอร์, ranger en thaï (plus précisément ผู้พิทักษ์ป่า, garde forestier, เจ้าหน้าที่พิทักษ์ป่า au complet).
L’IRF définit un ranger comme la personne impliquée dans la protection pratique et la préservation de tous les aspects des zones sauvages, des sites historiques et culturels. Les rangers offrent des possibilités de loisirs et d’interprétation des sites tout en assurant des liens entre les communautés locales, les zones protégées et l’administration de la zone.

Chris Galliers, Président de l’IRF – Fédération Internationale des Rangers, indique dans son message que cette Journée est l’occasion de réfléchir au travail exceptionnel accompli par les rangers dans le monde, eux qui mettent continuellement leur vie en danger et restent à l’avant-garde de la conservation. Il ne manque pas de rendre hommage aux rangers qui ont perdu la vie, rappelant qu’au cours de la dernière année, l’on doit déplorer le plus grand nombre de décès de rangers enregistrés depuis le mise en place du Tableau d’honneur (137 décès, dont des rangers thaïlandais). Ce nombre pourrait être considérablement plus élevé car tous les décès de rangers ne sont pas signalés. Sur les sept régions couvertes par l’IRF, l’Asie a connu le plus grand nombre de gardes forestiers tués, avec 48 % de tous les décès. Un nombre inacceptable, les décès de rangers enregistrés au cours de la dernière décennie se montant à 1 013 (voir la carte du monde en fin d’article). C’est une préoccupation majeure pour le président de la fédération.

Comment ne pas être sensible à l’engagement de ces hommes et de ces femmes qui mettent quotidiennement leur vie en péril pour la sauvegarde de la faune et de la flore sauvage ? C’est donc cet engagement sans faille que cette Journée célèbre (vous pouvez visionner plusieurs vidéos de rangers à travers le monde, des messages enregistrés à l’occasion de cette commémoration).

Le Dr Jane Goodall, célèbre éthologue connue mondialement, soutient chaque année la Journée mondiale des Gardes nature à travers un message vidéo :

Un message d’espoir pour la faune et la flore sauvage

Les diverses organisations de rangers

Gardien du Patrimoine mondial, l’UNESCO saisit naturellement l’opportunité de cette Journée mondiale des rangers pour honorer les rangers des nombreux sites que l’organisation a reconnus. Écoutez donc le témoignage vidéo de quelques rangers. Même célébration annuelle sous forme de remerciement de la part du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), conscient de l’importance vitale du travail des rangers pour la protection de la faune.

Depuis 1992, une fédération internationale unit tous les rangers. Elle organise notamment un congrès mondial. Alors que le dernier a eu lieu en novembre 2019 au Népal, le prochain sera organisé au mois de mai 2022 dans l’archipel des Açores, terre portugaise.

L’IRF – Fédération internationale des gardes nature :
➤ sur le web
➤ et sur Facebook

Cette fédération internationale est composée des fédérations continentales et nationales. Ainsi vous avez par exemple l’ERF – Fédération européenne des gardes nature. Mais également la Fédération asiatique des gardes nature (RFA, site web, page Facebook, Instagram et YouTube). Le royaume a sa propre entité, la Fédération thaïlandaise des gardes nature, que vous retrouvez sur le web (un site essentiellement en langue thaï).

Le Département thaïlandais des Parcs nationaux (กรมอุทยานแห่งชาติ สัตว์ป่า และพันธุ์พืช) :
➤ sur Facebook
➤ sur le web
Et son bureau des relations publiques, sur Facebook.
De même que son Bureau de la conservation de la faune (ำนักอนุรักษ์สัตว์ป่า), sur Facebook.

On vous offre ci-dessous la vidéo tournée à l’occasion de cette Journée commémorative par le Département thaïlandais des Parcs nationaux. Ce qui vous permet de vous rendre compte de leur travail sur le terrain au quotidien :

Mentionnons également le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui soutient les rangers du monde entier en mettant à disposition des ressources qui améliorent les conditions de travail des éco-gardes et leur formation sur le terrain .


La fondation qui vient en aide aux rangers

Chaque jour, les gardes forestiers risquent leur vie pour protéger la faune et les lieux sauvages contre le braconnage et d’autres menaces. Malheureusement, on estime que plus de 1 000 gardes forestiers ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au cours des dix dernières années, dont une grande partie à cause de braconniers et de milices armées. Les gardes forestiers sont généralement sous-équipés, sous-payés et souvent sous-estimés. Nous pensons qu’ils sont des héros.

The Thin Green Line (TTGLF) est une fondation qui travaille sans relâche pour apporter le soutien dont les rangers ont besoin pour continuer à protéger les espèces menacées dans le monde entier. Cette fondation protège les protecteurs de la nature en apportant un soutien vital aux gardes forestiers et à leurs communautés qui sont en première ligne de la conservation. Elle travaille principalement dans les pays en développement et les zones de conflit, ainsi qu’avec les Park Rangers indigènes en Australie, son pays d’origine.

C’est la seule organisation qui se consacre exclusivement à fournir aux rangers du monde entier l’assistance qu’ils méritent et dont ils ont besoin. En tant que branche caritative officielle de la Fédération internationale des Rangers, la TTGLF a un accès sans égal aux rangers dans le monde entier. La Fondation Thin Green Line est très efficace pour apporter un soutien indispensable aux rangers, avec un large éventail de programmes efficients dans le monde entier, du Kenya à la Tanzanie, du Costa Rica au Guatemala, de la Thaïlande à l’Indonésie, et dans de nombreux autres endroits du globe. Dans la triste circonstance où un ranger perd la vie dans l’exercice de ses fonctions, cette fondation contribue à soutenir financièrement sa veuve et sa famille. Voici ce qu’elle vise à garantir :

  • Que les gardes forestiers soient appréciés pour leur rôle vital en première ligne de la conservation;
  • Que les gardes forestiers, lorsqu’ils sont en contact avec des braconniers, aient la possibilité de se défendre;
  • Que les rangers bénéficient de conditions de travail dignes et d’un salaire décent;
  • Que les gardes forestiers reçoivent la formation et les outils dont ils ont besoin;
  • Et enfin que les familles et les communautés des rangers bénéficient d’un soutien continu lorsque les rangers sont blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions.

The Thin Green Line, la fondation qui vient en aide aux rangers :
➤ sur le web
➤ sur Facebook


Pillage des ressources naturelles

La Thaïlande figure dans le rapport annuel 2020 de Global Witness

Ce jour est aussi une occasion d’aborder une problématique connexe : la défense de l’environnement. Global Witness est une ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption qui l’accompagne, qu’il s’agisse de l’exploitation du pétrole, du bois ou encore des diamants. Et cette année, elle s’alarme : le nombre d’assassinats de militants pour la défense de la terre et de l’environnement a été plus élevé que jamais ! Et ce dans le contexte actuel très préoccupant de la vertigineuse accélération de la dégradation du climat.

© Global Witness

Global Witness dévoile un sombre record de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement assassinés en une seule année : 212 personnes ont été tuées en 2019 pour avoir défendu pacifiquement leurs maisons et s’être opposées à la destruction de la nature. Le rapport annuel de cette ONG a également mis en lumière le rôle critique que jouent les défenseurs des droits à la terre et de l’environnement dans la lutte urgente contre la dégradation du climat. Ils s’opposent directement aux industries non durables qui émettent le plus de carbone et accélèrent le réchauffement climatique et les dégâts environnementaux. Le rapport montre comment, dans un contexte de répression et de surveillance accrues pendant le confinement du Covid-19, la protection de ces militants est devenue indispensable pour reconstruire une planète plus sûre et plus verte.

Quid de la Thaïlande ?

En 2015, cette ONG avait déjà dénoncé l’assassinat du défenseur thaïlandais des droits fonciers Chai Bunthonglek, abattu à son domicile. Le tireur non identifié a tiré six fois sur Chai à la tête et à la poitrine, avant de s’échapper à moto. Chai était un militant chevronné qui faisait campagne pour récupérer les terres communautaires d’une entreprise d’huile de palme qui continue d’occuper les terres des villageois malgré le fait qu’elle possède un bail foncier qui a expiré il y a 15 ans. Le meurtre de Chai fait de lui le quatrième militant de sa communauté tué en cinq ans. Pas un seul meurtrier n’a été traduit en justice. Ni les autorités locales ni les autorités nationales n’ont offert aucune protection à Chai ou à ses collègues de la Fédération des paysans du Sud de la Thaïlande, malgré le risque très réel d’une attaque meurtrière. Selon les recherches de Global Witness, depuis 2001, 22 défenseurs de l’environnement ont été tués en Thaïlande. Le plus connu d’entre eux, Seub Nakhasathien, est devenu l’icône écologiste du pays, lui qui se battait pour défendre la vie sauvage. Découvrez sa tragique fin en lisant l’article que nous lui avons consacré.

Que nous apprend le dernier rapport de Global Witness ? Après une longue bataille juridique, les membres de la communauté de Ban Haeng – un village de la province de Lampang, dans le nord de la Thaïlande – ont obtenu justice lorsque le tribunal administratif de Chiang Mai a statué en leur faveur à la suite de leur plainte contre un projet d’extraction de charbon dans leur région. Depuis 2010, cette communauté a protesté contre ce projet minier et a déposé de nombreuses demandes juridiques pour l’empêcher d’aller de l’avant. En retour, ils ont dû faire face à diverses formes d’intimidation, notamment des menaces de mort, des disparitions forcées, la surveillance par des hommes non identifiés et le harcèlement de la part d’officiers militaires. Mais la communauté a continué à résister et maintenant, avec la décision du tribunal selon laquelle le ministère thaïlandais de l’Industrie n’a pas suivi la procédure correcte lors de l’octroi de la concession minière, cela pourrait ouvrir la voie à une fin permanente de l’exploitation du charbon dans leur région. Une victoire pour cette communauté et pour le climat.

Pour aller plus loin…
Global Witness. Lisez leur communiqué de presse (en français) ou accédez au rapport complet Defending Tomorrow (fichiers PDF en haute résolution ou en basse résolution).

On compte sur vous pour avoir une pensée pour les rangers qui, à travers leur indispensable travail, vous permettent de visiter au mieux les parcs nationaux et les zones dont ils ont la responsabilité. Grâce à eux, la nature ne s’en porte que mieux.

C’est là la carte mondiale des rangers décédés au cours de la dernière décennie !

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1 On retrouve également l’appellation Journée internationale des éco-gardes

Source de l’image à la une © Facebook – สำนักอนุรักษ์สัตว์ป่า Wildlife Conservation Bureau, Thailand
Article composé le 31.07.2020 et modifié le 03.08.2020.

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