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SIDA en Thaïlande🎗Un survol à l’occasion de sa Journée mondiale

Disparue des radars médiatiques ! Tel est le constat d’une triste épidémie qui sévit depuis des décennies maintenant. En cette année 2020, la pandémie de Covid-19 et ses répercussions ont monopolisé l’attention du monde entier. Éclipsant le SIDA, acronyme francophone du syndrome d’immunodéficience acquise. Et Bouddha sait que la Thaïlande échappe au premier fléau (le Covid-19) mais non pas au second (le SIDA), bien que le royaume fasse partie des bons élèves au niveau mondial en matière de prévention et de soins. C’est dire que la Journée mondiale de lutte contre le SIDA est une piqûre de rappel bienvenue.

On vous en parle brièvement aujourd’hui, en commençant par le message des instances internationales, se focalisant ensuite sur la situation en Thaïlande – avec la présentation d’un centre de recherche à Chiang Mai – et les événements organisés à cette occasion dans la capitale et à Chiang Mai.

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Le SIDA au niveau mondial

La Journée mondiale de lutte contre le SIDA est célébrée de par le monde chaque 1er décembre depuis l’année 1988. Les anglophones parlent de World AIDS Day. Instaurée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a pour but de sensibiliser tout un chacun à cette pandémie. Il s’agit aussi d’apporter un soutien aux personnes vivant avec le VIH et de rendre hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie à cause de celui-ci.

Cette année 2020, la pandémie de Covid-19, ainsi que les répercussions des pandémies sur les vies et la subsistance des personnes, ont monopolisé l’attention du monde entier. C’est un nouvel exemple illustrant les liens étroits entre la santé et d’autres aspects fondamentaux comme la réduction des inégalités, les droits humains, l’égalité des sexes, la protection sociale et la croissance économique. Le thème de l’édition 2020 de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA, « Solidarité mondiale et responsabilité partagée », est né de ce constat. 

« La santé est un droit humain. Pour parvenir à une couverture sanitaire universelle, il faut que la santé soit une priorité d’investissement de premier plan. En cette Journée mondiale du SIDA, prenons conscience que, pour vaincre la COVID-19 et mettre fin au SIDA, nous devons être solidaires les uns des autres et partager les responsabilités. »

Message du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres

La pandémie du Covid-19 a déjà touché 64 millions de personnes, en tuant près de 1,5 million (chiffres au 01.12.2020). En se basant sur les chiffres de l’année dernière, 38 millions de personnes vivent avec le VIH, dont seulement 25 millions ont accès à la thérapie antirétrovirale. Chaque année, ce sont 1,7 million de personnes qui sont nouvellement infectées par le VIH. Et 690 000 humains par an décèdent de maladies liées au SIDA. Notons que les personnes dont l’immunité est diminuée sont les premières victimes du Covid-19. N’hésitez pas à prendre connaissance de quelques autres faits et chiffres.

« Pourquoi on ne parle plus du SIDA ? »
La réponse dans ce podcast de la RTS

D’autres ressources sont disponibles en lien avec cette Journée mondiale auprès des principales instances internationales luttant contre le SIDA :

Et comme vous êtes nombreux à nous lire sur d’autres continents que celui asiatique, voici les ressources disponibles dans votre pays francophone respectif :

En plus de moult fondations (nous en parlons ci-dessous), beaucoup d’entreprises dans le monde s’investissent à l’image d’Apple qui lance régulièrement des produits (RED), contribuant ainsi à la lutte contre le SIDA, ceci depuis 14 ans maintenant. Vous pouvez d’ailleurs les acquérir sur Amazon


Situation en Thaïlande

Le premier cas de SIDA (importé) en Thaïlande date de l’année 1984. Il s’agissait d’un jeune Thaïlandais revenant d’un séjour estudiantin aux États-Unis. Dès 1988, l’infection par le VIH s’est propagée de façon explosive par vagues successives dans un groupe à risque après l’autre.

Selon les chiffres officiels d’ONU SIDA, la Thaïlande compte actuellement presque un demi-million de personnes porteuses du VIH (virus de l’immunodéficience humaine, HIV en anglais). 470 000 personnes pour être précis, dont 210 000 femmes. Un chiffre qui diminue puisqu’il frôlait les 800 000 en 1998. Chaque année, ce sont plus de 5 000 personnes qui sont infectées, adultes comme enfants. Là aussi, un chiffre qui, heureusement, est en continuelle baisse (au début des années 1990, on dénombrait 150 000 infections par année !). Une pandémie qui tue 14 000 personnes chaque année. Le royaume compte quelque 230 000 orphelins du SIDA.

Messages de prévention diffusés par les ONG internationales © AHF Thailand

Grâce à une importante couverture des femmes enceintes recevant un traitement adéquat (95 %), l’élimination de la transmission de la mère à l’enfant est presque atteinte, avec un taux de transmission verticale finale inférieur à 2 % (ceci en partie grâce à un centre de recherche établi à Chiang Mai; on vous le présente ci-dessous).

Travailleurs du sexe. Sur un nombre total estimé à 43 000 personnes, alors que 83 % d’entre elles utilisent le préservatif, elles sont 66 % à s’être soumise à un dépistage du VIH, connaissant ainsi leur statut sérologique. Un peu moins de 10 % d’entre elles bénéficient d’une thérapie antirétrovirale. Autre maladie contagieuse, la syphilis touche plus de 3 % de ces personnes à risque.

Autre population à risque, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont estimés à plus de 500 000 personnes, avec une prévalence du VIH de près de 12 % malgré un taux d’usage du préservatif supérieur à 82 %. Autres populations touchées par le SIDA : 42 000 personnes s’injectant de la drogue (où la prévalence du VIH est supérieure à 20 % malgré une pratique d’injection sûre pour 95 % d’entre elles), 370 000 prisonniers et 62 800 personnes transgenres.

Stigmatisation et discrimination. Ils sont encore 23 % à répondre négativement à la question « Achèteriez-vous des légumes frais à un commerçant ou à un vendeur si vous saviez que cette personne est séropositive ? ». 23 % en trop ! Et presque 8 % des Thaïlandais disent non à la question « Pensez-vous que les enfants vivant avec le VIH devraient pouvoir fréquenter l’école avec des enfants séronégatifs ? ».

Information et éducation. L’ONG anglaise Avert, fournissant des informations précises et fiables sur le VIH et la santé sexuelle dans le monde entier, dresse un tableau exhaustif du SIDA en Thaïlande, en rappelant les programmes de prévention du VIH engagés par les autorités du pays.

Pour prendre un peu plus conscience de la réalité au quotidien des personnes porteuses du VIH au Pays du Sourire, ONU SIDA nous offre plusieurs reportages en français.

L’autorité en la matière est bien entendu le ministère de la Santé publique (MOPH) que vous retrouvez tant sur le web que sur Facebook. C’est lui qui gère la puissante Fondation thaïlandaise de promotion de la santé, symbolisée par trois lettres thaï, devenues son logo : สสส Thai Health. Vous avez sans nul doute déjà vu une de ses campagnes, par exemple contre le tabac. Présente sur le terrain, la fondation est active tant sur Facebook que sur le web (où elle alimente également un site en langue anglaise, quelque peu bridé).

Impossible ici de ne pas parler de la Société de la Croix-Rouge thaïlandaise (สภากาชาดไทย en thaï), une organisation humanitaire majeure en Thaïlande (site web et page Facebook). Fondée en 1893 sous patronage royal, elle fournit des services dans le cadre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. C’est notamment elle qui gère les dons du sang dans tout le pays.

En matière de SIDA, elle a créé un centre de recherche, le Thai Red Cross AIDS Research Centre. En tant que leader dans la recherche et l’innovation en matière de prévention du VIH, le centre plaide en faveur des changements de politique de santé pour tous. Soutenue notamment par USAID, le centre, actif depuis 1989, s’est donné comme mission de mener des recherches et des innovations concernant la prévention du VIH, de renforcer la capacité des agents de santé communautaires et favoriser le partenariat avec d’autres entités du secteur de la santé, d’être un centre d’éducation et de recherche sur le VIH de référence et enfin de promouvoir et préconiser un changement de politique fondé sur des données probantes. Le centre dispose d’un site web.

Des fondations thaïlandaises sont elles aussi actives dans le domaine. Ainsi de AIDS Access qui vient en aide aux personnes infectées du VIH, aux personnes atteintes du SIDA et à toute personne désirant obtenir de l’aide ou des informations. Elle gère notamment un site web, une page Facebook et aussi une hotline de conseil sur le SIDA (qui vise également les femmes enceintes); le no est le 1663. Évidemment, tout est en thaï.

Il existe également un Réseau de personnes vivant avec le VIH/SIDA en Thaïlande. Organisé sous la forme d’une ONG appelée Thai Plus (TNPplus ou encore TNP+), il anime tant un site web qu’une page Facebook, toujours en thaï obvie.

Beaucoup d’ONG internationales œuvrent dans le domaine du SIDA. À l’exemple de la fondation AIDS Healthcare (AHF), une ONG américaine qui fournit mondialement une médecine de pointe et défend les intérêts des personnes infectées par le VIH. En Thaïlande, travaillant avec beaucoup de partenaires clés locaux, son impact – résumé ici en anglais – n’est pas négligeable. La devise de cette année – AIDS, the other pandemic – est plutôt bien trouvée. Les personnes maîtrisant le thaï peuvent consulter son site web et sa page Facebook.

Signalons enfin la Coalition internationale de préparation au traitement (dont l’acronyme anglophone est ITPC; site web en français et page Facebook) qui est un réseau mondial né en Afrique du Sud constitué de militants communautaires vivant avec le VIH et de leurs défenseurs. Ils œuvrent ensemble pour l’accès universel au traitement du VIH et des comorbidités qui y sont associées (hépatites virales, tuberculose, etc.). Avec sa campagne Make Medicines Affordable (MMA, soit Rendre les médicaments abordables), le réseau rappelle que des millions de personnes meurent inutilement chaque année parce que des médicaments vitaux sont trop chers. Les tactiques employées par de nombreuses sociétés pharmaceutiques visent à prolonger les monopoles et à maintenir les médicaments à un prix élevé. MMA estime que chaque personne a le droit d’accéder au traitement dont elle a besoin. MMA s’efforce ainsi de faire baisser le prix des médicaments contre le VIH, la tuberculose, l’hépatite C et les éventuels médicaments Covid-19, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire (PRI) tels que la Thaïlande. Prenez donc connaissance, en anglais, des actions menées en Thaïlande.

Dans le cadre de sa campagne « Des fondations pour la vie et l’amour », l’UNESCO nous offre un court reportage d’une famille thaïlandaise qui parle de son expérience d’éducation complète à la sexualité (ECS). Vous pouvez participer à travers le hashtag #CSEandMe. Mais avant, en route pour la Thaïlande :

Le centre de recherche PHPT, fruit d’une collaboration internationale2

L’UMI 174-PHPT est une unité de collaboration entre la faculté de Sciences Médicales Associées de l’Université de Chiang Mai (CMU) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), en France. Par PHPT on entend le Program for HIV Prevention and Treatment. Le centre implique un grand réseau de scientifiques, d’universitaires, de décideurs politiques en matière de santé publique et de cliniciens affiliés aux institutions gouvernementales et universitaires en Thaïlande et dans le monde entier. Initié en 1996 à Chiang Mai, qui à ce moment-là était l’épicentre de l’épidémie de VIH en Thaïlande, son objectif global était d’aider à améliorer la prévention et le traitement du VIH dans la cellule familiale à travers de la recherche clinique en se concentrant principalement sur la prévention de la transmission mère-enfant.

Avec l’amélioration de la situation du VIH/SIDA en Thaïlande et l’importance relative des autres problèmes de santé, le PHPT prend de base les expériences antérieures pour développer des études de recherche sur  des maladies infectieuses considérées comme problème majeur de santé publique en Asie du Sud-Est, notamment l’hépatite B et infection par le virus du Papillome Humain, tous deux associés à des cancers. Le groupe de recherche clinique PHPT en Thaïlande comprend un réseau de plus de 50 hôpitaux publics.

Le centre de coordination à Chiang Mai est responsable de l’élaboration des protocoles, la formation, le suivi des activités sur site, le traitement et l’analyse de données, la logistique, la distribution de médicaments et l’administration. Un laboratoire de virologie et pharmacologie central, lié à la faculté de Sciences Médicales Associées à l’Université de Chiang Mai, soutient ces activités de recherche clinique et mène des études de recherche en laboratoire.

Le PHPT fournit également des activités de soutien et de formation aux professionnels de la santé et à de nombreux étudiants locaux et internationaux.

C’est donc là le fruit d’une heureuse collaboration internationale, avec un important soutien de la France. Vous en saurez plus en consultant le site web de l’unité PHPT.

Et puisque nous sommes à Chiang Mai, si vous vous intéressez à ce que peut produire un tel centre, ou si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet du SIDA chez les jeunes Thaïlïandais, vous lirez alors avec beaucoup d’intérêt le projet TEEWA en Thaïlande, une enquête auprès d’adolescents nés avec le VIH.

Rétrospectivement, il est éclairant de lire la contribution de Sébastien Roux : La menace touristique – La Thaïlande face à « l’importation » du SIDA. En voici le résumé introductif :

À partir du milieu des années 1980, la Thaïlande a dû faire face à l’explosion du nombre de contaminations au VIH/SIDA, perçue à l’origine comme une « maladie blanche », un fléau occidental. Les prostituées travaillant au contact de touristes étrangers ont rapidement été désignées comme les responsables de l’introduction et de la diffusion du virus dans le pays. Et le tourisme, longtemps encensé pour ses vertus développementalistes, est soudainement apparu comme une menace pour la survie même du corps social. Les projets répressifs se sont multipliés (tests sanguins pour les touristes, sidatorium pour les prostituées, etc.), témoignant de la fébrilité et du sentiment d’urgence qui se sont emparés des autorités politiques et administratives. La mise en place de la réponse politico-sanitaire du gouvernement apparaît comme un moment singulier où les autorités politiques hésitent entre projets coercitifs, attentisme et libéralisme contraint. En revenant sur la chronologie de la réponse thaïlandaise, l’article montre comment l’industrie touristique, au cœur des problématiques de mobilités et de contrôle des frontières, a pu faire l’objet d’enjeux politiques particulièrement sensibles.
Lisez la suite en cliquant ici.

La menace touristique – La Thaïlande face à « l’importation » du SIDA, par Sébastien Roux

Événements à Bangkok et Pattaya

Dans la capitale, les autorités thaïlandaises marquent bien entendu la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Ainsi, le Premier ministre Prayut Chan-o-cha a visité une exposition mise sur pied par le Centre de recherche sur le SIDA de la Société thaïlandaise de la Croix-Rouge.

Le Premier ministre a accepté un ruban rouge symbolisant cette Journée mondiale et s’est joint à la célébration dont le thème cette année était « Marcher ensemble – Coexister sans stigmatisation ». Les agences étatiques concernées se doivent de soutenir les personnes atteintes du VIH.

Ainsi, le ministère du Travail a demandé aux entreprises de cesser de soumettre les demandeurs d’emploi aux tests du VIH/SIDA dans le cadre de sa campagne visant à mettre fin aux pratiques discriminatoires sur le lieu de travail. Apinya Sujittanan, directeur général du ministère de la protection et du bien-être au Travail (DLPW), a déclaré que, grâce aux progrès de la médecine, les employés atteints du VIH/SIDA peuvent travailler aux côtés de leurs collègues en bonne santé sans aucun problème.

Le Premier ministre a demandé à la société thaïlandaise de comprendre qu’il ne doit pas y avoir de stigmatisation liée à l’infection par le virus tout en rappelant que la Thaïlande a connu un succès considérable dans le traitement et la prévention de la propagation du VIH. Sur ce point, on vous renvoie à notre article sur l’introduction de la médecine moderne en Thaïlande.

SIDA en thaï
En thaï, le SIDA se traduit par le terme เอดส์ (prononcé et, correspondant à la prononciation thaïlandaise du terme anglophone AIDS). Ainsi la Journée mondiale du SIDA se dit วันเอดส์โลก, soit วัน (wan, journée), เอดส์ (et) et โลก (lok, monde). Avoir ou contracter le SIDA se dira ติดเอดส์ (tit et) et pour parler du « virus du SIDA »1, les Thaïlandais disent เชื้อเอดส์ (chuea et), เชื้อ (chuea) pouvant signifier autant un virus qu’une bactérie, un microbe, une levure ou encore un germe. Quant aux préservatifs, en langue soutenue, ils sont appelés ถุงยางอนามัย (thung yang anamai), plus communément ถุงยาง (thung yang). L’on dira donc ใช้ถุงยาง (chai thung yang) pour dire utiliser un préservatif.

Pattaya est plus triste que jamais. Station balnéaire qui accueillait les visiteurs par millions, la fermeture des frontières a précipité sa chute. Ainsi, la traditionnelle commémoration annuelle de la Journée mondiale du SIDA, qui voyait la ville s’animer au rythme d’un sympathique défilé, a été éclipsée par une autre maladie mortelle, le Covid-19 ! Pattaya Mail nous apprend que la parade a été annulée cette année, les organisations y œuvrant ont simplement tenu quelques stands dans un marché.

Le hashtag thaï #วันเอดส์โลก vous emmènera vers bien d’autres informations et événements organisés dans le royaume de Thaïlande en lien avec cette Journée, tant sur Facebook que sur Twitter.


Événements à Chiang Mai

Chiang Mai marque également l’événement avec, entre autres manifestations, une célébration qui a généralement lieu au centre commercial CentralPlaza Chiangmai Airport. C’est le cas encore cette année 2020, le 1er décembre donc, l’événement étant nommé One man One woman, dans le cadre de la campagne Walk Together (qui est la reprise du thème de cette année en Thaïlande : « Marcher ensemble – Coexister sans stigmatisation »).

Il inclut une cérémonie d’ouverture avec une danse haute en couleur car effectuée par la communauté transgenre, des discours et autres discussions, de même qu’une animation avec des récompenses à la clef. En plus de faire l’objet d’un album-photo et comme l’année dernière, le tout a été diffusé en direct sur Facebook. C’est toujours la bonne humeur quand les katoye prennent pas au spectacle.

Le tout est organisé par la fondation Mplus Thailand, un organisme qui vient en aide à la communauté LGBT+, et que l’on retrouve tant sur le web que sur Facebook.

La communauté qui regroupe les personnes transgenres est fort active; elle organise par exemple ses propres concours de beauté à l’image de Miss International Queen. Rappelons ici que la Rose du Nord a déjà organisé plusieurs Gay Prides dont une, naguère, a marqué fortement les esprits…

On met fin à notre article en évoquant deux autres célébrations en lien avec le SIDA. En premier lieu et parce que le SIDA continue de faire des victimes, qu’elles soient directes, à travers les contaminations, ou indirectes, comme les orphelins du SIDA, la Journée mondiale des orphelins du SIDA, un événement organisé tous les 7 mai par l’association François-Xavier Bagnoud (FXB). Une Journée qui a pour but de sensibiliser le public et les gouvernements à la détresse des orphelins du SIDA.

Et ensuite la Journée internationale du Préservatif (en anglais : International Condom Day). Elle est judicieusement célébrée le 13 février, soit le jour précédent la Saint-Valentin. Et en matière de préservatif en Thaïlande, il y a de quoi vous donner quelques intéressantes informations ! Peut-être le ferons-nous un jour…

On espère que le but sera atteint 🙏

#WorldAIDSDay #AIDS #JournéeMondialeSIDA #SIDA #Thaïlande #ChiangMai


1 VIH (HIV en anglais) et SIDA ne sont pas synonymes ! Comme on l’a vu plus haut, le VIH est un virus, le virus de l’immunodéficience humaine. Et ce virus peut amener à une maladie, le SIDA, le syndrome d’immunodéficience acquise.
2 Extrait du site web du centre de recherche PHPT; il y a près de 6 ans maintenant, nous avons eu l’occasion de côtoyer une jeune médecin français qui y travaillait.

Source rédactionnelle, en plus de celles figurant en lien dans l’article : PM helps promote World AIDS Day, Thai silk festival, un communiqué de NNT – National News Bureau of Thailand
Source de l’image à la une © Facebook – HomePro Max มุกดาหาร
Article composé le 02.12.2020 et modifié le 03.12.2020

Miss International Queen 2019

Miss International Queen® est un concours de beauté international destiné aux  femmes transgenres. Soutenu par la TAT – l’autorité touristique – il est organisé par une société thaïlandaise, Tiffany’s Show, et se déroule chaque année à Pattaya, sulfureuse station balnéaire siamoise.

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Les lauréates 2018 et 2019 © Facebook – Miss International Queen (2018/2019)


Un concours de beauté particulier

C’est un concours de beauté qui s’adresse aux personnes transgenres et transsexuelles du monde entier afin de leur donner l’occasion d’être mieux acceptées dans le monde d’aujourd’hui. Un événement qui a pour vocation de sensibiliser la communauté internationale aux droits humains en créant une plateforme d’amitié où l’échange d’idées est favorisé. Un concours qui a également pour mission  de sensibiliser la communauté LGBTQ+ et de promouvoir l’égalité au sein de la société, notamment en matière de droit du travail. Notez que tous les profits sont reversés à une fondation royale thaïlandaise venant en aide aux personnes atteintes du SIDA.

En guise de clin d’œil, la finale de l’édition 2019 a eu lieu le jour de la Journée Internationale du Droit des Femmes, vendredi 8 mars 2019. Ce sont 20 finalistes qui se sont affrontées, l’une plus ravissante que l’autre. Jugez-en plutôt :


And the winner is…

L’actuelle couronne de Miss International Queen a été dessinée en s’inspirant des papillons, symbole de beauté naturelle avec une idée de renaissance. Elle vaut tout de même $US 10’000  ! La lauréate reçoit THB 450’000, quelques cadeaux des sponsors et un appartement au Woodland Resort dont elle peut jouir son règne durant.

Les participantes à ce concours de beauté doivent être âgées de 18 à 35 ans et être nées de sexe masculin. Elles peuvent représenter leur pays de naissance ou celui qui figure dans leur passeport. Par ailleurs, elles ne doivent pas s’être déjà inscrites à une publication, un site web, un film pour adultes ou une proposition mettant en valeur leur nudité.

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La Thaïlandaise Kanwara Kaewjin a été élue Miss Photogenic © Facebook

Ne perdons pas plus de temps avant de vous dévoiler l’heureuse élue qui succède à la Vietnamienne Nguyễn Hương Giang, Miss International Queen 2018. Non sans vous dire au préalable qui sont les dauphines 2019… La Thaïlande a de quoi se mordre les doigts puisque c’est sa représentante, Mlle Kanwara Kaewjin qui est arrivée seconde, ravissant le titre de Miss Photogénique ! Découvrez cette 1ère dauphine en vidéo. Quant à la seconde dauphine, il s’agit de Yaya, candidate chinoise arrivée en 3e position (sa présentation vidéo).

And the winner is… Toutes nos félicitations à… Mlle Jazell Barbie Royale, candidate américaine, qui a donc été sacrée Miss International Queen 2019 ce 8 mars. On la découvre en vidéo :

Miss International Queen sur internet
Site web
Page Facebook
Canal YouTube
Avis TripAdvisor


Être kathoei en Thaïlande

Selon des études récentes, les personnes transgenres et transsexuelles sont souvent victimes de discrimination sociale et politique (on vous en a déjà parlé à l’occasion de la Pride récemment organisée à Chiang Mai). Aussi, le concours Miss International Queen offre de mettre en valeur les talents et la beauté des participantes, ceci dans un environnement convivial pour les LGBT+.

Les attitudes générales à l’égard des concours de beauté ne font pas l’objet de consensus dans la population mondiale. Des études suggèrent que certaines personnes sont en faveur de l’inclusion des transgenres dans les concours de beauté, tandis que d’autres soutiennent qu’il est tout à fait juste qu’elles participent à des concours de beauté qui s’adressent exclusivement aux personnes transgenres. Le principe même des concours de beauté recueille lui aussi des opinions diverses. De récentes publications et études affirment que les concours de beauté ont des impacts négatifs, alors que d’autres sources suggèrent que ces mêmes concours illustrent la dynamique des politiques de genre, de l’orientation sexuelle et des stigmates culturels.

La Thaïlande est bien connue pour son taux élevé de tourisme sexuel, en particulier à Pattaya. Miss International Queen et son organisateur visent à montrer aux femmes transgenres qu’il existe d’autres choix de carrière. Le terme thaï kathoei fait généralement référence à une femme transgenre ou à un homme efféminé. Bien que la Thaïlande accepte beaucoup mieux les transsexuels que la plupart des autres pays, les personnes LQBTQ+ sont encore stigmatisées (on vous en a déjà parlé ici). Les normes culturelles suggèrent toujours que les passe-temps, les manières et les intérêts d’une personne doivent correspondre à son sexe de naissance. Ainsi, même si les kathoei sont accepté(e)s dans la société, un homme qui occupe un emploi typiquement féminin est encore méprisé. Cependant, en octobre 1997, la Thaïlande a adopté une Constitution qui préconise l’égalité de droits et de traitement pour tous, sans distinction de race, ni de sexe. Par conséquent, la culture thaïlandaise commence lentement à accepter tous les individus tel(le)s quel(le)s.


Le Tiffany’s Show à Pattaya

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On peut dire que le Tiffany est à Pattaya ce que le Moulin Rouge est à Paris. Créé en 1974, le Tiffany’s Show est une des attractions incontournables pour qui se rend à Pattaya. Un cabaret où l’extravagance le dispute à l’humour; pas de souci pour s’y rendre en famille. Le spectacle a gagné de nombreux prix au fil des ans (et une Attestation d’Excellence TripAdvisor). Trois représentations quotidiennes sont données. On vous conseille vivement d’y aller au moins une fois dans votre existence, ce sera une des singularités de votre voyage au Pays du Sourire. À Bangkok, on vous recommande le Calypso Cabaret, intégré au centre commercial Asiatique The Riverfront;  et à Chiang Mai, nous vous en dirons bientôt plus…

Tiffany’s Show à Pattaya : site web, page Facebook et avis TripAdvisor (où vous pouvez commander directement vos billets).

Calypso Cabaret à Bangkok : site web, page Facebook et avis TripAdvisor (où vous pouvez commander directement vos billets).


Wikipédia vous en dira plus (en anglais) sur ce concours de beauté, avec notamment la liste de toutes les Miss élues. Une liste que vous retrouvez partiellement sous forme de galerie-photo ici. On vous donne rendez-vous l’année prochaine pour savoir qui sera couronnée Miss International Queen 2020. L’édition 2019 dans son ensemble peut être vue et revue en vidéo :

#MIQ2019 #MissInternationalQueen2019 #MIQ #MissInternationalQueen #Tiffany #TiffanyShow #TiffanyShowPattaya #Pattaya #Thaïlande #LGBT #transgenre #égalité #JazellBarbieRoyale #ConcoursBeauté


Source photographique de l’image à la Une : © Facebook – Miss International Queen. Source rédactionnelle : Wikipédia. Article mise à jour le 09.03.2019.

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Une gay pride à Chiang Mai, la ville aux 300 temples !

Il aura fallu attendre 10 ans pour qu’une nouvelle pride¹ soit organisée à Chiang Mai ! Un événement unique donc qui arc-en-ciélisera la Rose du Nord. Une parade de joyeux homosexuels² dans la ville aux 300 temples bouddhistes ? Oui, Madame ! On vous donne tous les détails, comme à notre habitude, et on en profite pour évoquer brièvement la situation des gays ici en Thaïlande, une destination gay friendly. Mais pourquoi diable avoir choisi le 21 février, date funeste pour la communauté gaye de Chiang Mai.

Date de la prochaine pride : Chiang Mai PRIDE 2024, dimanche 26 mai 2024 (lisez notre post).

MISES À JOUR :
Chiang Mai Pride 2023, notre post
Chiang Mai Pride 2022, notre post
– Le mariage homosexuel accepté en Thaïlande ! En savoir plus en cliquant ici.

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21 février. Une date qui ne relève pas du hasard

Il est vrai qu’au moment où nous l’avons appris, il y a quelques semaines, une once de surprise nous a effleurés. Quoi, une pride à Chiang Mai, ville où le bouddhisme est prégnant ? Ne dit-on pas que Chiang Mai abrite plus de 300 temples – ceux-ci occupant 10 % de sa surface – et qu’il est impossible de s’y promener en journée sans croiser des moines ? Une surprise allant en grandissant lorsque nous avons découvert que cet événement est organisé jour pour jour 10 ans après une première tentative avortée suite à de vives protestations.

Chiang Mai Pride 2019 - Young Pride Logo FB

Le terme anglais de pride se traduit par fierté, orgueil ou encore fierté d’être. En thaï, on parlerait de khwam phakphumichai (ความภาคภูมิใจ) mais les organisateurs ont préféré appeler leur défilé Chiang Mai Pride 2019, tout simplement. Non sans y ajouter « en souvenir du samedi d’il y a 10 ans » (๑๐ ปี เสาร์ซาวเอ็ดรำลึก).

Si vous avez pour habitude de regarder des défilés en Thaïlande, vous aurez sans nul doute constaté qu’il y a à chaque fois des kathoei³ – terme thaï qui signifie tout autant travesti, transsexuel (homme devenu femme), homosexuel que ladyboy, mais aussi hermaphrodite ou encore un fruit à pépins non développés. Vous verrez donc des kathoei animer la parade de la Fête des Fleurs ou celles du Songkran, le Nouvel An thaïlandais, comme toute autre parade publique. En Thaïlande, vous serez d’ailleurs sans nul doute confronté à des kathoei au restaurant comme à l’hôtel, parfois sans même vous en apercevoir. Ici à Chiang Mai, les jeunes membres de la communauté LGBT ont fait une timide apparition lors de l’ascension du Doi Suthep par les nouveaux étudiants de l’université de Chiang Mai (CMU). Rappelons encore que la communauté LGBT est mise à l’honneur traditionnellement au mois de juin dans beaucoup de pays de par le monde (🌈 Pride Month; le 4 juin 2019 un doodle de Google marque d’ailleurs les 50 ans de la première Marche des Fiertés). Et ce fut également le cas ici à Chiang Mai en 2017 à travers une expo photo à la Chiang Mai House of Photography. L’exposition du photographe Thanathip Adirekkiet était opportunément intitulée Chiang Mai Pride. Plus récemment, un centre commercial de Bangkok a marqué lui aussi ce mois (publication FB).


21 février – Chiang Mai Pride 2019

Nous ne savons bien entendu pas ce que cette Chiang Mai Pride 2019 donnera – tout en nous réjouissant d’y participer – toujours est-il qu’elle a été fixée au jeudi 21 février 2019, de 17h à 22h, au lendemain (ou presque) de Makha Bucha, importante fête bouddhiste. Au-delà de la parade à proprement parler, il y aura également des discours, une cérémonie du souvenir, un concours de beauté, le tout avec une cérémonie d’ouverture et, vous l’aurez deviné, une cérémonie de clôture. On s’est laissé dire que des artistes réputés seront de la partie… D’autres événements, en marge, sont aussi organisés.

Cette date n’est pas le fruit du hasard ! Suivant de peu la Saint-Valentin, le jeudi 21 février 2019 a été choisi en guise de commémoration de la pride qui n’a jamais eu lieu le 21 février 2009 à la suite de contre-manifestations – violentes – s’opposant à l’événement (lire ci-dessous). Cela fait donc 10 ans qu’aucune manifestation de ce genre n’a été organisée à Chiang Mai. Décidément, la pride en Thaïlande joue de malchance puisque l’édition 2017 qui devait se tenir à Bangkok a été repoussée d’un an suite à la période de deuil qui a suivi la disparition de S.M. le roi Bhumibol le Grand.

Chiang Mai Pride 2019 - Cover Montage 2

Programme de la Chiang Mai Pride 2019

  • 17h00 : réunion des participants au Budhastan (Chiang Mai Religion Practice Center, พุทธสถานเชียงใหม่, près du pont Nawarat).
  • 19h00 : départ du défilé en passant par la route Changklan (là où se trouve le Night Bazaar).
  • 20h00 :  arrivée de la parade à la porte Thapae (Tha Phae Gate, ประตูท่าแพ) après un passage par la sulfureuse route Loi Kroh; elle sera accueillie par une cérémonie d’ouverture
  • 20h15 : 1er discours (Histoire de la pride de Chiang Mai)
  • 20h25 : cérémonie du souvenir
  • 20h35 : 2e discours (Questions LGBT actuelles)
  • 20h50 : début du Chiang Mai Pride Ambassador 2019 qui est l’inénarrable concours de beauté lié à l’événement
  • 21h35 : cérémonie de clôture

Cette journée a pour but de rassembler la communauté LGBT. Ses membres veulent avoir le droit d’être à l’abri de toute violence; ils se battent (pacifiquement) pour améliorer leur qualité de vie et réfléchir à leur histoire commune. Ce sont plusieurs organisations qui travaillent sur les questions de genre et de diversité sexuelle depuis 10 ans qui organisent cette pride.

Quelques règles ont été édictées : pas de fumée ni d’alcool, aucun détritus laissé à l’abandon et enfin pas de seins nus (il est même conseillé de revêtir sa plus belle tenue).

Chiang Mai Pride 2019 - Map Montage

D’autres événements sont encore organisés en marge de la pride :

  • Vendredi 22 février 2019, de 17h à 21h30 : ChiangMai Connect x Regus: Diversity in the Workplace (la diversité en milieu professionnel).
    Qu’y a-t-il de vital dans la culture d’une entreprise qui favorise l’ouverture et l’innovation ? La recherche a montré qu’universellement, les organisations qui adoptent la « diversité » sont plus créatives, plus innovantes, plus performantes et plus ouvertes au changement. Avec l’émergence d’un paysage d’affaires multiculturel ici à Chiang Mai, il est important pour les start-ups, les PME, les entreprises et toutes les organisations de tirer parti de ces compétences. Le réseau Chiang Mai Connect apporte son expertise sur le thème de la « diversité » sur le lieu de travail. Trois orateurs sont invités : M. Paul Overdijk, coprésident du conseil consultatif, Workplace Pride & OUT Business Network, Mme Chitsanupong Nithiwana, « Best », organisatrice principale de la Chiang Mai Pride, et M. Hans van den Born, directeur exécutif, NTCC – Chambre de commerce Pays-Bas-Thaïlande. Ce thème est le fer de lance de l’organisation Pride At Work Thailand.
    Attention, une inscription préalable est requise. Il reste peu de places encore mais la rencontre est diffusée en direct sur Facebook.
    Organisateur : Chiang Mai Connect by NTCC (site web, page Facebook, événement FB, Live FB et emplacement du centre d’affaires Regus à l’Icon Park Business Centre).
Chiang Mai Pride 2019 - Events Montage
  • Mercredi 20 février 2019, de 18h45 à 19h45Light and Sound Meditation.
    Le Mastermind Brain Spa soutient la Chiang Mai Pride à travers une séance de méditation Lumière et Son qui stimulera votre énergie en activant les chakras, centres énergétiques de votre corps. La séance coûte THB 499.-, collation incluse. Attention, l’événement a lieu un jour avant la pride.
    Mastermind Brain Spa (site webpage Facebook, événement FB, emplacement et avis TripAdvisor).

LA CHIANG MAI PRIDE 2019 SUR LE NET
Chiang Mai Pride 2019 : 
Page Facebook et Événement FB
Young Pride Club sur Facebook
On ne sait point encore s’il y aura une diffusion en direct sur Facebook.


La Thaïlande, une destination vendue comme gay friendly

On dit LGBT+ friendly de nos jours mais ça sonne moins bien. L’acronyme LGBT englobent les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres. Le + représente tous les autres (on s’y perd un peu, il est vrai, mais Wikipédia vient à la rescousse). Il est vrai que le tourisme sexuel dont la Thaïlande est victime – un tourisme combattu tant bien que mal par les autorités – donne l’image d’un royaume aux mœurs légères. Ce qu’il n’est de loin pas (la Walking Street de Pattaya n’est pas toute la Thaïlande !), malgré la vague d’érotisme qui a envahi les magazines francophones du pays l’été dernier.

Même les autorités – ici la TAT, l’Office national du tourisme thaïlandais – y vont de leur promotion visant cette communauté LGBT+. L’action, de portée mondiale, s’intitule #GoThaiBeFree (Allez en Thaïlande et soyez libre). Elle a pour but de montrer la Thaïlande comme une destination idéale pour les homosexuels, hommes comme femmes. Le tout sous un angle positif. Et les moyens y ont à l’évidence été investis : site web, page Facebook, chaîne YouTube. Prenez donc connaissance de leur présentation de Chiang Mai et sa région. Ou suivez la romance de Saky et Rosy dans un cadre plutôt enchanteur :

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LA COMMUNAUTE LGBT THAÏLANDAISE SUR LE NET
Spectrum – Communauté promouvant la diversité afin que tous soient égaux, sans discrimination basée sur le sexe. #ShowYourSpectrum
1448 For All – Communauté prônant le mariage pour tous
Prism – 1er magazine digital de la communauté LGBT thaïlandaise
Pride At Work Thailand – Organisation s’occupant de la diversité en milieu professionnel
Gay in Chiang Mai, le site anglophone de référence : site web & page Facebook


21 février 2009 – Funeste date pour la communauté LGBT de Chiang Mai

Une pride – qui était la seconde – a été organisée en ville de Chiang Mai le 21 février 2009, il y a donc 10 ans. Mais il y a eu des bisbilles internes – alimentées par un groupe d’homosexuels étrangers – quant à l’objectif de la manifestation. La politique s’en est mêlée. Aussi, au départ du défilé, un groupe politique local a encerclé l’enceinte où les participants s’étaient rassemblés, criant des insultes à travers des mégaphones et lançant fruits et pierres ! Face à cette grande hostilité, les organisateurs ont préféré abandonner la partie.

Un mois auparavant, un meurtre avait été commis à Chiang Mai. La victime en était un expatrié gérant un bar, figure connue du milieu gay. L’image de la ville en a souffert car l’information de cette annulation de dernière minute s’est répandue dans le monde entier. Vous pouvez en savoir plus sur les événements de ce samedi-là en lisant cet article en anglais.

Ton (ต้น), de son vrai nom Sirisak Chaithet (ศิริศักดิ์ ไชยเทศ), figure marquante de Chiang Mai par ses excentriques tenues vestimentaires, était de la partie il y a 10 ans. Depuis son jeune âge, elle défend bec et ongles la cause des personnes LGBT. Nous sommes quelque peu frustrés de ne trouver aucune interview en anglais nous permettant de mieux comprendre son inlassable combat. Un combat médiatique qui est soutenu par Amnesty International Thailand (autre interview, toujours en thaï, sur Voice TV). Elle ne pouvait que promouvoir la présente édition de la pride,  à laquelle elle participera, obvie. Magnéto Serge !


Situation des personnes LGBT au royaume

En Thaïlande, nous croyons que la diversité est formidable et nous sommes fiers d’accueillir des voyageurs LGBT+ dans ce pays extraordinaire. Nous espérons que vous en serez inspiré(e)s.
TAT – Office national du tourisme thaïlandais

Bien évidemment, la situation idyllique décrite par l’Office du tourisme – et peut-être vécue par les touristes visitant le royaume – est loin de représenter le quotidien des membres LGBT+ locaux. Malgré les apparences que peut laisser croire la visibilité des kathoei. 

Une étude conjointe de Plan International, de l’UNESCO et de l’université Mahidol a montré que sur les 2000 jeunes LGBT interrogés, 31% avaient subi des violences physiques, 29% des violences verbales et 24% des harcèlements sexuels. L’étude a également révélé que 7% de ceux qui avaient été victimes de violence, physique ou verbale, avaient tenté de se suicider, tandis que 23% des victimes de violence souffrent de dépression. Selon une autre étude d’ONUSIDA, les victimes d’intimidation sont également plus susceptibles de consommer des drogues illicites et d’avoir des rapports sexuels non protégés, ce qui les expose à un risque accru de contracter le VIH. De telles études sont importantes pour mettre en évidence la prévalence de l’homophobie culturelle qui continue d’opprimer les minorités sexuelles et de genre, ce qui est particulièrement difficile à reconnaître dans un pays qui possède une culture éminemment non conflictuelle. Selon les données de 2015 de The Franklin & Marshall Global Barometer of Gay Rights rates, la Thaïlande serait un pays intolérant aux minorités sexuelles ! D’autres éclairantes données figurent dans cet article : Thaïlande: Gay Paradise ?

Chiang Mai Pride 2019 - 1448 For All Cover FB recadrée
© Facebook – 1448 For All

Ces réactions homophobes ne nous étonnent qu’à moitié. Peu après notre première publication Facebook sur cette pride, une première réaction primaire de rejet s’est faite jour (fruit de la communauté expatriée donc). Quoi qu’il en soit, ici en Thaïlande, les personnes LGBT concernées font face, au quotidien, à une culture conservatrice forte et particulièrement sensible à l’expression de la sexualité. C’est également le cas dans d’autres pays d’Asie. Notez au passage que Yangon a connu il y a peu son premier Festival LGBT alors que l’homosexualité est illégale au Myanmar.

Chiang Mai Pride 2019 - Post Spectrum

En Thaïlande, c’est depuis 1956 que l’homosexualité est légale. En revanche et pour l’heure, les couples homosexuels ne peuvent ni s’unir civilement ni se marier; la situation devrait prochainement changer. L’armée intègre les personnes LGBT depuis 2005; il y a d’ailleurs une législation sur le genre qui interdit les discriminations liées à l’orientation sexuelle (mais le changement de sexe – c’est le pays où il y en a le plus – n’est toujours pas possible civilement). L’adoption par les couples homosexuels n’est, elle aussi, toujours pas possible. Lisez donc l’intéressant témoignage de Nam et Nico, un jeune couple homosexuel français animant le site I dream in 6 colors. Ils nous parlent de leur ressenti en Thaïlande : LGBT et tolérance en Thaïlande.

De courageuses personnes s’impliquent cependant afin que les mentalités changent. Ainsi de cette candidate transgenre aux prochaines élections législatives. Malgré tout, relevons que la Thaïlande est classée 16e, au GHI – Gay Happiness Index, soit le premier classement mondial du bonheur gay établi par le site de rencontres Romeo. Trois thèmes ont été combinés pour générer ce classement : l’opinion publique (Que pensent les hommes gay du regard de la société sur l’homosexualité  ?), les comportements (Comment les hommes gays ressentent-ils la façon dont ils sont traités par les autres  ?) et enfin le goût de la vie (Les hommes gays sont-ils satisfaits de la vie qu’ils mènent et s’acceptent-ils eux-mêmes  ?). On m’a expliqué que je suis ”gay” – Tourisme, prostitution et circulation internationale des identités sexuelles est un travail académique de Sébastien Roux qui touche de près la Thaïlande (et vous permettra d’avoir un regard plus riche sur ce thème).

🏳️‍🌈 Le saviez-vous ?
Le drapeau arc-en-ciel est utilisé comme symbole des LGBTQ depuis 1978. Il est composé de six couleurs :
🔴 Le rouge représente la vie
🟠 L’orange représente le réconfort (ou la guérison) 
🟡 Le jaune représente la lumière du soleil
🟢 Le vert représente la nature
🔵 Le bleu représente l’art
🟣 Et le violet représente la spiritualité

Terminons en vous rappelant que l’homosexualité est soumise aux normes fluctuantes de nos sociétés depuis des siècles. Selon les époques, elle peut être ainsi courante, tolérée ou admise, moquée, méprisée voire condamnée, criminalisée ou psychiatrisée (L’homosexualité dans l’histoire sur LigneAzur.org).

Notez encore que la compétition Miss International Queen 2019, un concours de beauté qui se veut promouvoir l’égalité, aura lieu le 8 mars prochain à Pattaya. Et les concurrent(e)s sont plutôt ravissant(e)s (photos et vidéo). Mais avant, on vous donne donc gaiement rendez-vous ce jeudi 21 février 2019, dès 19h, dans les rues de la Rose du Nord animées par cette réjouissante pride. Et que belle soit la fête !


¹ Lors de sa première organisation, on parlait alors de gay pride. Depuis lors, le combat pour le droit des homosexuels  s’est étendu aux autres membres de la communauté LGBT, et seul le terme de pride est retenu.
² « Une parade de folles » voulions-nous écrire, avant de nous raviser, apprenant que le terme de folle a une connotation injurieuse (malgré son utilisation dans un film qui avait marqué son époque, « La cage aux folles »).
³ Les Thaïlandais disent aussi ke (เกย์) qui est la transcription du terme anglophone gay. Dans le langage soutenu, on dira phu rak phet diao kan (ผู้รักเพศเดียวกัน).

Article mis à jour le 26.05.2024

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