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Pikanet, le culte du dieu-éléphant à la sauce siamoise

On vous invite à consulter la version 2019/2020 de ce même article

Ganesh¹ est à la fête cette semaine ! La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthiest une célébration indienne au cours de laquelle le Seigneur Ganesh, fils de Shiva et de Pârvatî, est vénéré. Mais que vient faire un dieu hindou en pays bouddhiste ? Il se trouve que la Thaïlande – de même Chiang Mai – abrite plusieurs sanctuaires dédiés au dieu-éléphant et les statues de Ganesh sont présentes dans bien des temples. C’est donc tout naturellement que ces adresses organisent des cérémonies lors de cette fête annuelle. Et l’on ne peut que vous inviter à y participer car dites cérémonies, mélangeant allègrement les figures religieuses, sont hautes en couleur. C’est bien simple, la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal – le samedi 15 septembre cette année 2018 – est l’une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai ! À ne pas rater donc.

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© Chiang Mai Deci-Delà

Ce ne sont pas moins de six sanctuaires où fête il y aura ici dans la Rose du Nord durant cette seconde semaine du mois de septembre 2018 ! Précisons encore que les lieux indiqués peuvent se visiter à l’année ! Mais comme ils prennent une couleur festive lors de ces diverses célébrations, le plaisir de la visite n’en sera que démultiplié.

On vous livre ci-dessous le programme des festivités à Chiang Mai en vous donnant au préalable quelques éléments de compréhension. Et l’on termine avec les autres endroits en Thaïlande où Ganesh sera roi.


Qui est donc Pikanet³ ?

L’Asie du Sud-Est est un carrefour fascinant du bouddhisme et de l’hindouisme qui révèle  des perspectives intéressantes sur la façon dont les cultures migrent et évoluent². Ainsi, l’hindouisme (ou plus précisément le védisme) est arrivé avant le bouddhisme en Thaïlande où Ganesh, le dieu hindou à tête d’éléphant, est appelé Phra Pikanet³ (พระพิฆเนศ, ou Phra Pikanesuan³, พระพิฆเนศวร). Il ne doit pas être confondu avec Erawan, l’éléphant à trois têtes ! Phra Pikanet jouit d’un véritable culte. Vous le retrouverez souvent dans des centres commerciaux ou encore dans de nombreux temples bouddhistes – que ce soit sous la forme de statues ou de peintures murales; beaucoup de Thaïlandais le portent en pendentif.

La popularité de Ganesh en Thaïlande se déploie également sur le web ! Ainsi du site Siam Ganesh et de la page Facebook du même nom (évidemment, tout est en langue thaï).

Ganesh apparaît également dans le bouddhisme, non seulement sous la forme du dieu bouddhiste Vināyaka – souvent montré dansant – mais aussi sous celle d’une divinité hindoue éponyme. Symbole de la puissance mentale, on le retrouve à travers des sculptures bouddhistes. Faites donc plus connaissance avec les divinités du riche panthéon hindou en lisant l’ouvrage Dieux et déesses de l’Inde écrit par Stéphane Guillerme.

GaneshaFestival2018PikanetCNXCover0aAu royaume de Thaïlande, Ganesh est vénéré principalement par les milieux artistiques et les commerçants. Il est donc associé aux arts, à l’éducation et au commerce. Divinité connue comme éliminatrice d’obstacles, il est courant pour les bouddhistes thaïlandais de faire une offrande à un sanctuaire de Ganesh lorsque quelque chose de nouveau est entrepris comme lancer une affaire, effectuer un voyage à l’étranger, construire une nouvelle maison ou se marier. La dévotion à Ganesh est également populaire auprès des étudiants universitaires avant les examens. Connu pour son amour des beaux-arts, il encourage la créativité, d’où sa popularité auprès des artistes qui le nomment Por Kru (Père Guru). Pour la même raison, une image du dieu à tête d’éléphant est incorporée dans le logo du Département des Beaux-Arts de Thaïlande. Les grandes chaînes de télévision et les maisons de production ont des sanctuaires en son honneur devant leurs locaux. D’autres attributs associés à Ganesh en Thaïlande sont le succès, l’accomplissement, la sagesse et la richesse; il n’est donc pas surprenant que cette divinité hindoue soit si populaire auprès des Siamois. Ce culte est cependant un phénomène récent.

Autrefois, les Thaïlandais ordinaires n’étaient confrontés aux dieux hindous que dans l’étude de la littérature classique. Mais à mesure que le pays s’enrichissait, les nouvelles classes moyennes recherchaient un dieu qu’elles pouvaient vénérer pour attirer fortune et succès. C’est alors que Ganesh est devenu populaire. L’influence de la religion hindoue est encore plus forte à la Cour royale de Thaïlande (ainsi de la cérémonie annuelle du Labour Royal sur la place Sanam Luang, à Bangkok). La royauté thaïlandaise est basée sur l’idéal hindou du roi Rama, l’avatar de Vishnu, le souverain d’Ayodhaya. En fait, les rois thaïlandais ont toujours été appelés « Rama » et l’ancienne capitale de la Thaïlande (le Siam) était Ayutthaya. La capitale actuelle, Bangkok (Krungthep) n’est qu’une reconstruction d’Ayutthaya. Le vrai nom de Bangkok est « Krung Thep Thawarawadi Si Ayutthaya ». Beaucoup de Thaïlandais considèrent encore leur roi comme l’avatar d’un dieu. Parce que la royauté thaïlandaise est basée étroitement sur la mythologie hindoue, le culte des divinités païennes hindoues survit ainsi à des fins cérémonielles. Ne vous étonnez donc point du syncrétisme de bon aloi que représente l’adoration de Ganesh dans les temples bouddhistes. Une adoration que jamais le Bouddha historique n’a préconisée…


Festivités à Chiang Mai

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© Chiang Mai Deci-Delà

À Chiang Mai, l’éléphant n’est pas qu’une figure mythologique puisque l’on peut facilement rencontrer de vrais pachydermes dans la jungle environnante (les anciens se souviennent qu’en s’installant dans la région, les éléphants étaient nombreux). Pléthore sont les temples abritant les effigies de Ganesh. Qui sait si vous arriverez à trouver la petite statue de couleur turquoise représentant Ganesh en roi nichée au Wat Phra That Doi Suthep, temple le plus vénéré de la Rose du Nord… Autre sanctuaire, plus récent, celui sur la place du centre commercial MAYA, non loin de la fontaine. L’Université de Chiang Mai (CMU) en abrite elle aussi un.

C’est cependant ailleurs que la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est célébrée ici à Chiang Mai. Elle est souvent appelée Ganpati Festival, un des divers noms du dieu Ganesh¹. On vous dévoile pas moins de six adresses, à commencer par celle qu’il faut absolument visiter le samedi 15 septembre  : le musée Ganesh Himal, qui sera donc en fête ce jour-là. Rappellons – si besoin est – que la Fête de Ganesh célébrée au musée Ganesh Himal est une des plus belles fêtes que vous puissiez vivre ici à Chiang Mai. À ne pas rater donc !

Ganesha Himal Museum le samedi 15 septembre 2018

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le site vaut à lui seul le détour, fête ou pas fête ! Il se trouve dans le district de Doi Lo, après la ville de Hang Dong, au sud-ouest de Chiang Mai. Pour y arriver, la petite route campagnarde no 3018 traverse de splendides rizières (ça tombe bien puisque nous sommes en saison verte). Depuis Chiang Mai, on vous conseille d’ailleurs d’emprunter au préalable la route du canal (route no 3035 et non la 108, plus directe); comptez une heure de route depuis Chiang Mai (un peu plus de 40 km). Revenez en rejoignant la rivière Ping à l’est, puis « remontant » par la très jolie route 4032 longeant la rive est. Une balade agreste que vous saurez apprécier si vous êtes en scooter. Bien qu’il soit dénommé musée, c’est bien plus un lieu de dévotion au dieu-éléphant qu’un seul site muséal. Mais il est vrai que quelques belles pièces y sont exposées. L’endroit, des plus paisibles, ravit la majorité des visiteurs qui font l’effort du déplacement. Évidemment, le jour de la fête, l’affluence est grande et ne correspond en rien au calme habituel des lieux. Un banquet gratuit est organisé; c’est dire que les dons sont les bienvenus.

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Le programme est divisé en deux jours. Le premier jour, jeudi 13 septembre 2018, de 9h à midi, une cérémonie du wai kru est organisée; c’est un rituel où les dévots rendent hommage à leur maître. Il est demandé de s’habiller en blanc. De notre point de vue, en tant que touriste, ce n’est pas ce jour-là qu’il faut y venir !

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© Chiang Mai Deci-Delà

Le second jour, soit samedi 15 septembre 2018, de 9h à 16h, correspond à la Fête de Ganesh à proprement parler (Ganesh Chaturthi ou Ganpati Festival). C’est ce jour-là qu’il vous faut venir au musée Ganesha Himal ! Vous ne regretterez en rien le déplacement, croyez-nous. Riche est le programme, avec un défilé, des danses, de la musique rituelle, de nombreux adeptes rendant hommage au dieu Ganesh (sur la grande place, à l’arrière). Suivez la foule et noyez-vous dans cette ambiance religieuse unique. Entre les diverses cérémonies, vous aurez tout loisir de visiter les espaces du musée. Il est demandé de vous habiller de couleurs chatoyantes, à défaut d’un sari indien (on parle ici de la gent féminine).

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Programme du samedi 15.09.2018 :
• 9h : défilé
• 9h30 : danses et show « La légende de l’Éléphant Blanc »
• 11h : cérémonie religieuse
• 14h30 :  bénédiction du dieu Ganesh exposé sur la place
• 15h : parade (soit le retour de la statue de Ganesh dans son écrin protecteur)
• 15h30 : cérémonie Ganga Aarti

Ganesha Himal Museum (พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ)
Date : jeudi 13, de 9h à midi, mais surtout samedi 15.09.2018, de 9h à 16h (ou 17h)
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 17h)
Adresse : 277 กิ่ง,  Moo 10, borne des 35km de la route Chiang Mai-Hod, sous-district (tambon) de Yang Kram, district (amphoe) de Doi Lo, Chiang Mai 50160. En thaï : 277 กิ่ง ตำบล ยางคราม อำเภอ ดอยหล่อ เชียงใหม่ 50160
✆ +66 53 269 011 (ou +66 53 269 101), +66 53 024 287, +66 89 430 4050
Site web (qui n’est qu’en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB

Roitawarabarn Baandhewalai le dimanche 9 septembre 2018

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© Facebook – Michel Bochet

C’est là l’un des joyaux cachés de Chiang Mai; peu de touristes s’y aventurent. Et pourtant, l’endroit est situé aux pieds du Doi Suthep, au bout de la route éponyme (qui ne conduit plus à la montagne depuis la construction de la nouvelle route plus au nord). Un professeur en économie de l’université dédie sa fortune à la création d’un musée qui contient de très belles œuvres classiques (ce sont là des copies dont il demande la création à des artistes). Et c’est justement ce qui fait tout l’intérêt du lieu : en y venant (et revenant), vous pouvez voir évoluer une œuvre (et surtout vous rendre compte du temps nécessaire aux artistes pour terminer leur chef-d’œuvre in vivo). Vous verrez ici non seulement de très belles peintures classiques (des reproductions du Palais Royal de Bangkok) mais également d’imposantes sculptures sur bois (un grand Ganesh noir y trône) et également des motifs sculptés dans du verre. L’entrée est libre mais rien ne vous empêche d’acheter une offrande que vous pourrez déposer aux pieds de Ganesh. Durant la fête de Ganesh du dimanche 9 septembre, qui est la première des 5 fêtes programmées à Chiang Mai, il est demandé de s’habiller de blanc.

Jean de la Mainate, animateur du blog Merveilleuse Chiang Maï, un monument d’érudition, vous parle mieux que nous de ce lieu qu’il vous faut impérativement visiter. Il l’a joliment surnommé : la propriété des dieux et des déesses.

GaneshaFestival2018RoitawarabarnBaandhewalaiCoverProgramme du dimanche 09.09.2018 :
• 9h : prière au dieu Ganesh
• 10h45 : bénédiction du dieu Ganesh
• 11h : danses indiennes (vidéo)
• 12h : buffet végétarien
• 13h : visite de l’exposition permanente

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© Facebook – Michel Bochet

Roitawarabarn Baandhewalai (ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย)
Date : dimanche 09.09.2018, de 8h à 13h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 9h à 19h)
Adresse en thaï : 79/7 ม .1 ซ .2 ถ สุ เทพ สุเทพ เมือง Chiang Mai 50200
✆ +66 86 192 9699
Site web (qui n’est plus fonctionnel) / Page Facebook / Pas d’événement FB

Pikane(t) Suan Devalai le jeudi 13 septembre 2018

GaneshaFestival2018PikaneSuanDevaLogoFBC’est un nouveau lieu de culte dédié à Ganesh, celui qui nous est le moins familier. Et pourtant, il se trouve au centre-ville, à l’intérieur de la cité fortifiée, remparts sud, non loin de la porte Chiang Mai. L’étroit sanctuaire est coincé entre deux commerces (à gauche le représentant des appareils ménagers LG, à droite un point de vente d’objets bouddhistes destinés aux temples). L’entrée est surmontée d’un grand logo Ganesh doré.

Nous n’avons encore jamais assisté à aucune cérémonie en ce lieu « saint » et ce sera là sans doute une belle occasion de le faire.  La Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) est organisée le jeudi 13 septembre. Hors cérémonies spéciales, le personnel vous invitera à vous déchausser, vous offrira une bougie et de l’encens et vous demandera de faire sonner la cloche avant d’entrer. Vous pourrez ensuite vous adonner à des prières à l’intérieur. Et ne pas oublier de faire sonner une seconde fois la cloche avant de quitter les lieux.

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Programme du jeudi 13 septembre 2018 :
• 18h30 : début de la cérémonie avec la réception des hôtes
• 19h00 : sacrifice à Ganesh
• 20h30 : cérémonie religieuse
• 21h00 : cérémonie Ganga Aarti

Pikane(t) Suan Devalai (พิฆเนศวรเทวาลัย)
Date : jeudi 13.09.2018, de 18h30 à 21h30
Emplacement : Google Maps (ouvert de 8h à 21h)
Adresse en thaï: 39/1 ถนนบำรุงบุรี พระสิงห์ เมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50200
✆ +66 95 692 4262
Site web (en langue thaï) / Page FacebookÉvénement FB
Twitter / Instagram / YouTube


Pikanet Chiang Mai le vendredi 14 mars 2018

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Vous êtes fort probablement passé à côté de ce lieu de culte aux statues spectaculaires sans même vous en rendre compte ! Il est en effet accolé au terminal 2 de la gare routière Arcade ! Maintenant que vous le savez, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas le visiter, à votre arrivée (ou à votre départ) de Chiang Mai en bus. Ganesh est au centre de ce sanctuaire qui lui est dédié – et dont il porte le nom thaïlandais – mais d’autres statues du panthéon hindou sont érigées là. Ici, pas de Bouddha !

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Le lieu est souvent animé et nous relatons régulièrement sur notre page Facebook les fêtes qui y sont organisées (et même bien organisées, fêtes qui donnent à voir de belles danses du Lanna). En l’occurrence, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi, คเณศจตุรถี) se déroulera vendredi 14 septembre, en soirée. Notez que le site est souvent en fête (l’on peut commander des cérémonies spécifiques contre monnaie sonnante et trébuchante; après tout, Ganesh est censé attirer la fortune 😏). Habituellement, les cérémonies au Pikanet voient affluer des dévots habillés de blanc. Mais ce jour-là, s’agissant de la Fête de Ganesh, le code vestimentaire demande aux invités de s’habiller de couleurs chatoyantes; les dames en profiteront pour se vêtir de leur plus beau sari de couleur.

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Programme du vendredi 14 septembre 2018 :
• 19h00 : danses cérémonielles
• 19h30 : enregistrement des invités
• 20h00 : cérémonie religieuse Ganesh Chaturthi
• 21h10 : cérémonie religieuse Aarti

Pikanet Chiang Mai (ศาลพระพิฆเนศ อาเขตเชียงใหม่)
Date : vendredi 14.09.2018, de 18h à 22h (en journée dès 9h)
Emplacement : Google Maps (ouvert 24 heures sur 24)
Adresse en thaï : 207 ซอย5 ถนน แก้วนวรัฐ ตำบลวัดเกต อำเภอเมือง เชียงใหม่ 50000
✆ +66 95 639 8881
Site web (version anglaise indigente) / Page FacebookÉvénement FB / Twitter


Ashram Guru Deva le dimanche 16 septembre 2018

La communauté de cet ashram discret situé entre Doi Saket et le lac Mae Kuang Dam, à l’est de Chiang Mai (précisément ici), organise elle aussi une fête à Ganesh. Elle n’a ni la magnificence de celle du musée Himal Ganesh ni la ferveur du Pikanet Chiang Mai . Néanmoins, cette cérémonie est originale puisqu’elle verra son guru mettre à l’eau une statue de Ganesh comme cela se fait en Inde. Ça se passe au bord de la rivière Ping dans le parc près du pont Nawarat. De quoi agrémenter joliment votre dimanche après-midi.

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La cérémonie durera tout au plus deux heures. Elle débute le dimanche 16 septembre, à 14h, avec une procession qui démarre au marché Warorot pour rallier les bords de la rivière Ping, juste en face de la First Church (une grande église évangélique).

Ashram Guru Deva (กูรูเดวาอาชรัม(อีโคไลฟ์))
Date : dimanche 16.09.2018, de 14h à 16h
Emplacement de la cérémonie : Google Maps
Pas d’adresse précise s’agissant d’un parc au bord de la rivière Ping
À notre connaissance, aucun site web ni page Facebook n’est géré par cet ashram. Page Facebook du guru.


Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent) le mercredi 19 septembre 2018

On clot la liste des animations dédiées au dieu Ganesh par le dernier événement, en journée, organisé dans un endroit plutôt insolite puisqu’il s’agit d’un temple tout ce qu’il y a de plus bouddhiste, le Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (Silver Temple en anglais), sur Wualai Road, au cœur du fameux marché piétonnier du samedi soir. C’est un temple qui organise une cérémonie prisée des touristes, le samedi soir justement, avec une veillée aux chandelles autour du temple d’argent, illuminé à cette occasion des seules bougies des dévots. L’épicentre est interdit aux femmes… Mais la fête dont il est question ici, dédiée à Ganesh donc, aura lieu le mercredi 19 septembre 2018, dès 9h39. Ne manquez pas le défilé programmé à 15h39 (on sait être précis en Thaïlande, du moins dans les programmes 😏). Code vestimentaire : couleurs chatoyantes à défaut d’un sari indien.

Programme du mercredi 19.09.2018 :
• 9h39 : bain rituel de Ganesh
• midi : repas en commun
• 15h39 : défilé

Wat Sri Suphan (le Temple d’Argent, วัดศรีสุพรรณ ในพระอุปถัมภ์ พระเจ้าหลานเธอพระองค์เจ้าทีปังกรรัศมีโชติ)
Date : mercredi 19.09.2018, de 9h39 à 16h
Emplacement : Google Maps (ouvert de 5h39 à 21h30)
Adresse en thaï : 100 ถนนวัวลาย ตำบล หายยา อำเภอเมืองเชียงใหม่ เชียงใหม่ 50100
✆ +66 61 403 2581 et +66 97 215 5397
Site web, page Facebook (qui n’est pas la page officielle), pas d’événement FB à notre connaissance

Comme cela fait beaucoup de cérémonies en des lieux fort dispersés, on publie ci-dessous la carte des divers emplacements (ne nous remerciez pas, c’est tout naturel) :


Ailleurs en Thaïlande

Vous trouverez des sanctuaires et des statues de Ganesh – souvent immenses – dans toute la Thaïlande. L’un des plus célèbres est situé dans le quartier commerçant de Ratchaprasong à Bangkok, précisément au Central World, à l’extérieur, en face du magasin Isetan, sur Ratchadamri Road (ouvert 24 heures sur 24, arrêt BTS Chidlom). Les habitants y déposent des statuettes d’éléphants, des guirlandes de calendula frais, des bonbons, des bananes et de la canne à sucre.

Autre sanctuaire des plus vénérés, celui du temple royal des brahmanes au centre de Bangkok, près de la balançoire géante (Giant Swing). Le temple hindou Wat Phra Si Maha Utama Devi (วัดพระศรีมหาอุมาเทวี), à Silom, abrite lui aussi une statue de Ganesh qui a été transportée d’Inde à la fin du XIXe siècle. Une statue de bronze du Xe siècle a, elle, été retrouvée à Phang-Na avec des inscriptions tamoules. Enfin, la province Chachoengsao, à l’est de Bangkok, abrite pas moins de trois parcs exposant des statues géantes de Ganesh, dont celle qui est considérée comme la plus grande statue de Ganesh au monde (site web et page Facebook).

Dans tous ces lieux de culte, la Fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi) sera bien évidemment célébrée cette semaine (à des dates diverses). Deux des plus grands événements ont lieu au temple Shiva (ตำหนักพระแม่กวนอิมมหาโพธิ์สัตว์อวโลกิเตศวร โชคชัย 4 สาขารามอินทรา), à l’extérieur de Bangkok, et au temple Utthayan Ganesh à Nakhon Nayok, dans la province éponyme, à l’est de la capitale (Ganesha Park, อุทยานพระพิฆเนศ). Généralement, les bouddhistes thaïlandais participent également aux célébrations aux côtés des hindous.

Vous savez maintenant que Chiang Mai Deci-Delà vous invite à vivre pleinement toutes les fêtes et festivals au contact de la population locale. C’est sans nul doute là la plus belle des manière de se frotter à la culture siamoise. Et cette Fête de Ganesh, bien que venue d’ailleurs, en fait bien évidemment partie. Si vous faites l’acquisition d’une statuette de Ganesh afin de vous remémorer votre voyage en Thaïlande – et pourquoi pas attirer fortune et succès, tenez compte de ces 10 règles pour la placer correctement ! Joyeuse fête à tous et que la fortune et le succès vous accompagnent.


Mise à jour après l’édition 2018

Peu sont les touristes et expatriés ayant vécu l’événement en direct, sur place au musée Ganesha Himal. Il n’empêche, belle fut la fête !

GaneshaFestival2018GanheshaMuseumPhoto2018Montage1

Édition 2018 – Crédit photo : Narin Srikhamlure – Source : พิพิธภัณฑ์พระพิฆเนศ – © Facebook

Vidéos de l’édition 2018 : cortège initialcélébrationfin de la célébration et cortège final
Photos de l’édition 2018 : set 1set 2set 3set 4

Vous pouvez également voir ou revoir la cérémonie organisée au Pikanet Chiang Mai, le sanctuaire accolé à la gare routière Arcade : vidéo. Pour les danses, il nous faut nous contenter de photographies.

De même pour la cérémonie au Pikane(t) Suan Devalai : premier montage-photo suivi d’un second montage. Et là aussi, quelques photos.

Enfin, l’immersion du Ganesh dans la rivière Ping lors de la cérémonie de l’ashram Guru Deva avec également quelques photos.


¹ ou Ganesha, mot sanskrit. Ganesh porte un grand nombre d’autres noms (Autres noms de Ganesh, Wikipédia): Ganapati (le chef des Ganas), Vinâyaka (le meilleur des guides), Gajânana (face d’éléphant), Gajâdhipa (le roi des éléphants), Vighneshvara (le maître des obstacles), Vighnahartā (celui qui évite et écarte les obstacles). Les 12 noms en sanskrit les plus souvent utilisés pour les prières courtes sont : Sumukha (Celui qui a un beau visage), Ekadanta (Celui qui n’a qu’une seule défense), Kapila (Celui qui est rouge foncé), Gajakarnaka (Celui qui a des oreilles d’éléphant), Lambodara (Celui qui a un ventre proéminent), Vikata (Celui qui est imposant), Vighnanasha (le destructeur des obstacles), Ganadhipa (le maître des Ganas, serviteurs de Shiva), Dhumraketu (Celui dont la bannière est grise), Ganadhyaksha (le chef des Ganas), Bhalachandra (Celui qui porte la lune sur son front), Gajânana (Celui qui a une tête d’éléphant).
² Lire à cet effet l’ouvrage India-Thailand Cultural Interactions: Glimpses from the Past to Present, sous la direction de Lipi Ghosh.

Entre autres sources rédactionnelles : Wikipédia (Ganesha in world religions).
Source de l’image à la Une. Mise à jour le 18.09.2018

Spectaculaire ascension du Doi Suthep par les nouveaux étudiants de la CMU

Qui n’est pas venu au temple du Doi Suthep n’a pas visité Chiang Mai ! C’est ce que pensent les habitants de la Rose du Nord et avec eux tous les Thaïlandais. C’est dire le rôle primordial que joue ce temple bouddhiste ô combien vénéré – sans doute le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Et comme l’Université de Chiang Mai se trouve à ses pieds, c’est tout naturellement que le temple est la destination d’un rite de passage1 impliquant les nouveaux étudiants, un spectaculaire événement organisé annuellement.

La prochaine édition de cette ascension se déroulera en novembre, plus précisément le samedi 22 novembre 2025

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Il s’agit, en anglais, du CMU Trekking, à savoir l’ascension, à pied bien sûr, du mont Suthep. Comme ils sont plus de 8 000 nouveaux étudiants, l’ascension est spectaculaire, d’autant que les traditions du Lanna sont mises en avant en commençant par les habits traditionnels. Spectacle immanquable que nous ne saurions que trop vous conseiller. Mais pour cela, il faut vous lever tôt…

Notre article aborde l’organisation de cet événement annuel bien entendu mais également celui similaire d’une université toute proche, la RMUTL, avec un mot sur une défunte mascotte, Tia. D’autres sujets seront survolés : la naissance de ce rite de passage, l’imbrication du bouddhisme dans l’éducation et enfin la qualité du système éducatif siamois.

Pour vous donner l’envie de participer à cet événement estudiantin unique, jetez donc un œil à ses anciennes éditions : 2020, une édition bridée, 2019, la dernière avant que ne survienne le covid et 2018, sachant que l’édition 2021 avait été annulée en raison de la pandémie sanitaire.

En tant que touriste, la visite du temple perché au sommet du Doi Suthep se doit d’être impérativement au programme de votre séjour. C’est la montagne tutélaire de la ville de Chiang Mai. De là-haut, la vue sur toute la vallée est splendide (encore plus si vous effectuez la visite aux aurores, seul ou presque, en participant aux aumônes matutinales, ou alors en soirée, assistant aux prières des moines bouddhistes). Mais la visite du temple du Doi Suthep prendra une tournure tout autre à trois occasions précises :


Édition 2022 – Retour à la normal

Quel plaisir de revoir les étudiant·e·s gravir la montagne la plus sacrée du Nord thaïlandais, effectuant des rituels affinés au fil des éditions d’un événement qui les marquera à jamais. Une édition 2022 qui a retrouvé les fastes des éditions précovid.

Cette année, la bande-annonce officielle donnait le ton d’un retour bienvenu à la normal. Les étudiantes et étudiants de toutes les facultés ont eu le temps de bien se préparer pour le jour J, repoussé au 19 novembre 2022. Il s’agit à chaque fois de préparer les habits traditionnels du Lanna.

C’est avant l’aube que les premiers étudiants se sont élancés – à 4h20 – après une parade initiale débutée à 4h. S’ensuivit une cérémonie d’ouverture – à 6h30 – avant que le gros des troupes ne s’élance. Jetez donc un œil à ces instantanés d’AmeexoPhoto ou à ceux de Chiang Mai News, des photos qui permettent de s’imaginer l’ambiance sur place (en vous rappelant que rien ne vaut de vivre l’événement).

La marche était bien sûr diffusée sur Facebook. Le reportage vidéo de Chiang Mai News résume le tout en moins de 3 minutes. On vous donne rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle édition de ce pèlerinage estudiantin.


Organisation de la cérémonie

CMU Trekking 2016
© Chiang Mai Deci-Delà

C’est l’Union des Étudiants de l’Université de Chiang Mai (CMU) qui organise la manifestation. Il s’agit donc d’une célébration d’accueil des étudiants de première année de la CMU, soutenus par leurs coreligionnaires plus âgés (l’Université de Chiang Mai compte plus de 36 000 étudiants venus de toutes les provinces de la Thaïlande). Le nom officiel de l’événement est « La tradition d’accompagnement de nouveaux étudiants pour rendre hommage au temple du Doi Suthep ». Un événement qui se rapproche des baptêmes d’étudiants occidentaux en tant que rites de passage1 marquant le début de la nouvelle session académique. Tous les élèves universitaires de 1ère année se soutiennent afin de réaliser cette difficile ascension, à pied, ce qui leur permet de nouer de solides amitiés. Vous y verrez des scènes émouvantes, notamment celles où les étudiants handicapés (en chaise roulante par exemple), sont soutenus par leurs camarades afin que tous arrivent au sommet. Formidable cortège, avec chants et bavardages, qui ne manquera pas de vous impressionner.

Se fondant sur son nom en anglais, l’acronyme de l’université de Chiang Mai est CMU. Mais les habitants l’appellent affectueusement มช (terme thaï se prononçant mocho).

Programme et horaire

CMUTrekkingWalkUpDoiSuthep2018CheckPoints

Samedi donc, l’événement débute tôt, très tôt, avant l’aube ! Voici le programme qui s’applique généralement :

◆ À 4h du matin : première parade ouvrant la marche, sur l’esplanade de l’université, au pied du Doi Suthep.

◆ À 4h20 : départ des premiers étudiants, facultés après facultés.

◆ À 6h30 : cérémonie d’ouverture sur la même esplanade.

◆ À 7h : les étudiants continuent de s’élancer, selon les facultés.

Les premiers étudiants s’élancent donc aux aurores ! La place d’où part la marche reste animée jusque vers 10h; vous pourrez ainsi profiter des animations culturelles. Et comme les premiers étudiants arriveront au temple – qui se trouve au sommet de la montagne – vers 8h, un choix cornélien s’imposera à celui qui voudra vivre l’événement : soit participer au point de départ de tous les participants au bas du Doi Suthep, soit alors les attendre à leur arrivée au temple éponyme, sur les hauteurs. Vous pouvez également les encourager le long du parcours, notamment dans l’avant-dernier virage, celui en épingle à cheveux.

À noter que la circulation est difficile ce jour-là dans tout le quartier de l’université, des tronçons de la route étant fermés tôt le matin. Perturbation à prévoir jusqu’à 18h. La pluie peut par ailleurs s’inviter car c’est saison verte en ce moment (mais aucune pluie n’était à déplorer en 2020 et en 2022).

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Le Young Pride Club profite de l’occasion pour promouvoir sa cause © Facebook

Le jour de la course, les vidéos personnelles de l’ascension se multiplient sur les réseaux sociaux. D’autant quand un concours est organisé.

Signalons encore la présence du groupement Young Pride Club (anciennement Pride CMU) qui regroupe la communauté LGBT. Ils seront également de la partie afin de sensibiliser leurs collègues et amis étudiants à leur cause. Inoubliable, la journée l’est forcément pour ces jeunes étudiants qui rejoignent le sommet à pied. Une cohorte de marcheurs qui pourra se sustenter sur le parcours jonché de nombreux stands (beaucoup d’entreprises sponsorisent l’événement). Mais la journée sera aussi inoubliable pour vous car c’est là un événement des plus authentiques, pratiquement inconnu des touristes. C’est pourquoi, nous vous conseillons grandement d’y participer.

Le CMU Trekking sur le net
Page Facebook de l’Union des Étudiants de l’Université de Chiang Mai (สโมสรนักศึกษามหาวิทยาลัยเชียงใหม่)
‣ Pas d’événement FB cette année, à notre connaissance (ประเพณีรับน้องขึ้นดอย 2563)
‣ Autre page FB prenant part à l’événement : @TeamMorChor; et une troisième moins animée : CMLive CMU
‣ Hashtags de l’événement : #CMUTrekking2022, #ฮับน้องขึ้นดอย65 et #รับน้องขึ้นดอย2565
‣ L’ascension est diffusée en direct sur Facebook depuis plusieurs années, sur la page officielle de la CMU, à défaut sur celle de l’Union des Étudiants CMU
‣ Emplacement du départ de la marche sur Google Maps

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Naissance d’un rite de passage1

Cette tradition remonte à 1964, année de la fondation de l’université de Chiang Mai (soit 2507 selon le calendrier bouddhiste thaïlandais), où 291 étudiants ont pris part avec piété à l’événement mis sur pied par le professeur Boonsom Martin. Il s’agissait alors de trouver un acte qui singularisait la nouvelle université. Comme une route, nouvelle elle aussi, menant au temple du Doi Suthep venait d’être construite à l’initiative de Khruba Siwichai et que l’université se trouve au pied de la montagne éponyme, c’est tout naturellement que ce trek est venu à l’esprit (photos d’époque et explications en anglais).

Il n’y a pas moins de 11 km et un dénivelé de plus de 1000 mètres pour arriver au sommet du Doi Suthep, escalade qui se fait en 3 à 4 heures de marche. Comme c’est la saison des pluies, l’air est humide est la chaleur présente. Ce qui n’empêche pas les étudiants d’effectuer d’étranges chorégraphies au départ, discipline de rigueur ! Quel que soit leur enthousiasme, tous les étudiants redoutent la déclivité du dernier virage, juste avant d’arrivée au temple, le Wat Phrathat Doi Suthep Rat Wora Wihan, de son nom complet. C’est notamment dans ce virage en épingle à cheveux qu’on peut voir les étudiants courir ensemble bras dessus bras dessous, s’élançant et en émettant des cris de guerre.

Accompagnés de leurs professeurs, les élèves se regroupent par faculté. Belle occasion pour eux de se faire de nouveaux amis, en formant de nouveaux liens. L’objectif de cette journée n’est pas seulement d’accueillir les nouveaux étudiants de l’université mais aussi de favoriser les relations entre les nouveaux arrivants et les anciens étudiants. Aux yeux d’un Occidental, cet impressionnant défilé est l’occasion de constater l’extrême obéissance des étudiants. Une expérience unique des plus émouvantes, inoubliable pour tous les étudiants de la CMU, étudiants qui sont invités à ne pas boire d’alcool ce jour-là. Et quelle fierté que d’être arrivé à pied au haut du Doi Suthep et d’y faire des offrandes au temple éponyme !

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Les étudiants de la CMU reçoivent des recommandations pour réussir leur ascension : préparez votre corps en vous entraînant, en courant et en faisant de l’exercice, évaluez votre condition physique (préparez au besoin vos médicaments), évitez de boire de l’alcool avant le jour de la montée, évitez les buffets ou les aliments trop lourds ou trop épicés, reposez-vous suffisamment, préparez votre esprit à parcourir la distance de 14 kilomètres [bien que la route fasse 11 kilomètres…].

En y allant, la première chose qui vous frappera sera leur habillement. Comme dans toutes les écoles du royaume, l’uniforme est de rigueur. Mais ici, non seulement le style Lanna – du nom de l’ancien royaume du nord – est respecté mais chaque faculté dispose de son propre costume. Ce sera aussi pour vous l’occasion de découvrir de magnifiques danseuses Lanna et des musiciens frappant les fameux tambours traditionnels du Lanna. C’est dire que le spectacle est aussi culturel.

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Une tradition plus que cinquantenaire puisque la première ascension par les étudiants de la CMU remonte à l’année 1964 © Facebook – สโมสรนักศึกษามหาวิทยาลัยเชียงใหม่

Tia, mascotte malgré lui

En vous promenant à Chiang Mai, vous croiserez de nombreux chiens errants, notamment en gravissant le mont Suthep. Tia était de ceux-là, traînant dans le campus de la faculté des sciences de la CMU. Jusqu’à ce qu’un jour, il y a quelques années, il se mette à suivre les étudiants durant cette randonnée annuelle. Depuis lors, il bénéficiait de l’aile protectrice estudiantine, vivant son quotidien mieux loti que ses congénères. Et chaque année, il faisait lui aussi la spectaculaire ascension du Doi Suthep, suivant les étudiants.

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Feu Tia, devenu en quelque sorte la mascotte du trekking © Facebook – เตี้ย มช.

Des pages Facebook lui avaient été consacrées, suivies par des dizaines de milliers de fans. Voici les deux plus importantes : @DogStoryCS et @TiaDogCMU. Le hashtag #เตี้ยมช permettait de suivre les aventures de Tia, le héros d’une histoire touchante.

Si nous employons l’imparfait, c’est parce qu’hélas Tia n’est plus. Le 7 mai 2020, nous avons appris sa mort. Il avait disparu le jour précédent et tout Chiang Mai le recherchait. Entre-temps, l’affaire a pris une tournure judiciaire.

Feu Tia, un chien que vous ne croiserez plus en vous promenant dans le campus de la CMU. Qu’il repose en paix. L’avenir nous dira si une nouvelle mascotte canine se joindra aux étudiants…


Un événement similaire, celui de la RMUTL

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Défilé de la RMUTL, non dénué de charme lui aussi © Facebook

La CMU, l’Université de Chiang Mai, n’est bien entendu pas la seule université à y aller de son rite de passage. Ainsi de la RMUTL – Rajamangala University of Technology Lanna. C’est une université dont le petit campus Payap se trouve de l’autre côté de la route (par rapport à la CMU); son aura est bien moindre que sa grande sœur (et le coût des études à l’avenant). Les étudiants effectuent eux aussi leur sortie annuelle en tenue traditionnelle Lanna. Partant de l’université, ils s’arrêtent cependant au sanctuaire voisin de Khruba Siwichai. Avec quelques centaines de participants, le défilé est forcément moins impressionnant. Il n’empêche ! Si vous avez l’occasion de passer dans les alentours ce jour-là, vos yeux en seront éblouis. L’événement est généralement organisé au début du mois de juin (à notre connaissance, la dernière fois le 16 juin 2019). Un album-photo est visible sur Facebook, et même une vidéo.


Imbrication du bouddhisme dans la société thaïlandaise

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© Facebook – Édition de l’année 2017
CMUTrekkingWalkUpDoiSuthep2018PhotoTeamMorChor
© Facebook – ทีมมช by AutoBot

La dimension religieuse est prégnante. Tous les étudiants sont bénis par un moine au départ, sur l’esplanade centrale de la CMU, à la jonction de la route Huay Kaew (vous risquez vous aussi d’être aspergé d’eau bénite). Un premier arrêt est effectué au sanctuaire dédié à Khruba Siwichai, non loin, juste après le zoo (vous saurez pourquoi en lisant notre article Khruba Siwichai, le saint homme de Chiang Mai, ô combien vénéré). Par ailleurs, des étudiants transportent une statue d’éléphant en verre contenant des reliques; il s’agit de Ganesh (que les Thaïlandais appellent พระพิฆเนศ, Phra Phikanet, ou encore พระพิฆเนศวร, Phra Phikanesuan). Avec son socle en bambou, cette châsse pèse près de 300 kg ! In fine, tout le monde rend hommage à Bouddha une fois arrivé au temple (306 marches closent l’ascension), en déposant une fleur de lotus. Il s’agit d’accumuler des mérites – notion plus que chère au cœur des Thaïlandais et que nous développerons un jour2 – et d’attirer la chance durant les années de leurs études. Anecdotiquement, des centaines de chaussures attendent les pieds de leur propriétaires car, comme dans tout temple bouddhiste qui se respecte, on se déchausse !

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© Facebook – Édition de l’année 2017

De la qualité du système éducatif siamois3

Tout éblouis que nous sommes par la splendeur de cet événement unique, n’en oublions cependant pas que le système éducatif du royaume de Thaïlande ne vaut tripette en comparaison internationale. Nous ne rappellerons ici que quelques faits : en 2013, parmi les pays de l’ASEAN, la Thaïlande n’occupait que le huitième rang (sur 10 pays) en termes de qualité de l’éducation. En 2015, le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) a signalé que les résultats des élèves thaïlandais avaient considérablement baissé par rapport à l’évaluation précédente, notamment en lecture et en sciences. La Thaïlande a à nouveau été giflée en 2017 par le Rapport mondial de suivi de l’éducation 2017/2018 de l’UNESCO. Un système éducatif jugé archaïque et critiqué par le gouvernement ! Sachez encore pour conclure que le classement de Shanghai 20184 n’intègre plus aucune institution académique thaïlandaise dans les 500 meilleures universités du monde (alors qu’en 2017, l’université Chulalongkorn y figurait) ! Seules quatre universités siamoises sont encore classées et elles font piètre figure (au-delà du 501e rang, la CMU étant située entre la 801e et la 900e place, sur 1000 donc…).

Les élites thaïlandaises n’hésitent d’ailleurs pas à inscrire leur progéniture dans les écoles internationales puis à les envoyer à l’étranger pour terminer leurs études (principalement en Australie et aux USA). Néanmoins, Chiang Mai n’est pas à la traîne en matière d’amélioration pédagogique2. La réforme de l’éducation (plus précisément des processus d’apprentissage) fait d’ailleurs partie des priorités du gouvernement faisant suite aux élections de 2019. Dans un monde où l’interdépendance ne fait que s’accroître, espérons que le système éducatif des écoles thaïlandaises se modernisera sans renier la culture qui fait des Thaïlandais ce qu’ils sont, ceci afin que leurs étudiants s’intègrent au mieux et s’épanouissent dans la société qui sera la leur.

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#CMUtrekking2020 #CMUtrekking #รับน้องขึ้นดอย63 #รับน้องขึ้นดอย #DoiSuthep #étudiants #CMU


⚠️ Édition 2020 bridée – et c’est un euphémisme – en raison du Covid-19 🦠

Vous savez déjà que la marche de cette année – qui a été repoussée de trois mois au dimanche 6 décembre 2020 – devait être un événement redimensionné à la sauce « new normal » (ce qui peut se comprendre s’agissant d’une manifestation réunissant plus de 10 000 personnes). Ce changement de date a conduit à une devise : ลูกจ๊างขึ้นดอย โตยฮอยศรัทธา ล้านนาในม่านหมอก, signifiant approximativement « Les étudiants (de la CMU) montent au Doi Suthep dans le brouillard pour préserver la tradition lanna« .

Cependant, la détection de quelques cas de Covid-19 à Chiang Rai et Chiang Mai ces jours derniers a encore chamboulé l’organisation. Alors qu’il s’agissait de respecter les normes sanitaires qu’impose la pandémie en cours, l’on nous parle maintenant de « quelques étudiants accompagnés par des professeurs », en nous précisant que ceux-ci iront en minivan. Pour le dire clairement, cette édition 2020 n’aura pas lieu ! Ou du moins, ce qu’il en reste ne vaut aucunement le déplacement. Nous ne vous cachons pas que nous nous sommes demandés si cette triste annulation n’est pas liée à la peur des autorités universitaires de voir 8 000 étudiants faire le signe de ralliement des trois doigts instauré par leurs coreligionnaires de Bangkok, qui continue de manifester presque quotidiennement, soutenus par les étudiants de toutes les villes universitaires…

C’est d’autant plus dommage que les nouveaux étudiants de la CMU, récemment accueillis à l’université, s’étaient préparés à cette longue ascension (vidéo). Eux qui voulaient vraiment la réaliser, aidés de leurs aînés (vidéo Facebook ou YouTube). Avec beaucoup d’humour, la Team Moo Chor, qui anime la page Facebook ทีมมช by AutoBot, a créé un événement FB où sont mentionnées les heures de départ des diverses facultés de la CMU (entre 4h, heure de la procession Seleng Chang Kaew (ขบวนเสลี่ยงช้างแก้ว) et 8h20, heure de départ des étudiants de la faculté des Beaux-Arts, la plus animée au niveau culturel). Un départ devenu dès lors virtuel puisqu’il n’aura pas lieu (la mascotte de l’ascension, feu Tia, doit s’en retourner dans son tombe) !

Au final, la marche a bel et bien été amputée. Les photos le confirment : au pied du Doi Suthep, à l’entrée du campus de l’université, et au haut de la montagne sacrée, à l’entrée du temple éponyme. Cette année de pandémie, il nous faudra donc nous contenter de ces photos d’archives pour se remémorer ce qu’est cet événement puisque la présente édition n’a eu de spectaculaire que le nom.


Édition 2019, avant que le covid ne frappe !

L’édition 2019 a donc été été diffusée en direct sur Facebook (avec des moyens considérables, le tout sponsorisé par AIS, important opérateur télécom). Comme elle dure plusieurs heures (sic), vous pouvez vous contenter de ce montage vidéo recueillant plusieurs témoignages et vous faisant vivre l’expérience de l’intérieur (les sous-titres sont en anglais).

Chiang Mai News nous offre un album-photo du fameux avant-dernier virage, celui en épingle à cheveux où les étudiants effectuent une dernière course. Et comme à l’accoutumée, une vidéo récapitulative a été éditée. Sinon, vous avez là quelques photos des instances dirigeantes de l’université.

Voici le bref et attrayant résumé vidéo officiel :


Édition 2018

On vous livre ci-dessous le résumé vidéo de Chiang Mai News (เชียงใหม่นิวส์) qui, à nos yeux, reflète parfaitement cette émouvante marche estudiantine vers le temple du Doi Suthep, événement que nous vous conseillons vivement de vivre, obvie. Une autre vidéo, très belle elle aussi, vous dévoile un peu des coulisses de ce rendez-vous unique à travers le regard d’un participant.

Comme l’ascension a été diffusée en direct sur Facebook, rien ne vous empêche de revivre cette ancienne édition : premier direct officiel, second, troisièmequatrième et cinquième !


1 À lire à cet effet Les nouveaux rites de passage, une transmission expérientielle, une intervention de Fabrice Hervieu-Wane ou, plus spécifiquement, Le rite de passage dans nos sociétés contemporaines : l’exemple du baptême étudiant, une analyse de Bénédicte Loriers.
2 Sur cette notion de mérite, on vous renvoie aux érudites explications d’Odon Vallet, historien des religions, reprises dans notre article Wat Ton Kwen à Chiang Mai. Offrande de riz et feu en l’honneur du Bouddha.
Prenez donc connaissance de l’article Education is Coming Home: How Chiang Mai is Taking a Lead in Education Reform du magazine anglophone Citylife. Nous consacrerons un jour un article plus fouillé à ce sujet sensible.
4 Appellation commune du ARWU – Academic Ranking of World Universities en anglais (soit le classement académique des universités mondiales par l’université Jiao Tong de Shanghai).

Source de l’image à la une : © Facebook
Article composé le 07.09.2018 et mis à jour le 21.11.2025


Seub, l’icône écologiste de la Thaïlande

Seub1, c’est un peu le « Nicolas Hulot de la Thaïlande », à la différence près que cet activiste s’est donné la mort il y a 30 ans 😔 Feu Khun Seub est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire récente de la Thaïlande. Véritable défenseur de l’environnement, la protection des forêts et de la faune habitait cet écologiste convaincu. Il a payé sa passion en sacrifiant sa vie.

On vous dit qui était Seub, on vous parle du sanctuaire de faune Huai Kha Khaeng, on évoque la perception du suicide d’un point de vue bouddhiste et l’on vous dévoile les commémorations du 1er septembre. En terminant par la présentation de la Fondation Seub Nakhasathien et d’autres organismes environnementaux œuvrant en Thaïlande notamment pour combattre la déforestation rampante.

On considère un peu trop vite la Thaïlande comme un mauvais élève en matière d’écologie. Pensons ici au carburant E91 vendu dans tout le royaume (alors qu’il a été interdit en Europe), à la consommation effrénée de plastique (la Thaïlande est un des  cinq pays les plus pollueurs en la matière) ou encore au sort réservé aux éléphants, exploités de manière éhontée. Mais il y a ici aussi des activistes en matière d’écologie et Seub en faisait partie. Sa disparition, tragique, est commémorée annuellement, le 1er septembre, une opportunité de parler de la préservation de l’environnement au Pays du Sourire.

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Quid donc était Seub2 ?

Seub Nakhasathien (สืบ นาคะเสถียร en thaï), militant et érudit thaïlandais, était un défenseur de l’environnement, reconnu pour ses efforts visant à protéger un important lac artificiel et des réserves animalières. Après des années de combat écologiste, Seub s’est suicidé le 1er septembre 1990 pour signifier l’importance de l’environnement et pour le préserver. Sa mort a inspiré de nombreux jeunes Thaïlandais à s’engager pour la protection de l’environnement.

Les premières années. Seub, né Seubyos dans la province de Prachinburi, était l’enfant du gouverneur, par ailleurs chasseur. Sa famille exploitant une ferme, il a été en contact avec de nombreux animaux, recueillant également des animaux sauvages, dont beaucoup sont morts à cause d’un traitement inadéquat. Adolescent, il aimait à chasser les oiseaux. Plus tard, sa maturité aidant, Seub a cessé d’en chasser. De ce passé, il dira : « Nous avons tous fait des erreurs. »

Sa carrière. Seub était un perfectionniste. Quelle que soit l’ampleur de la tâche, il se sentait contraint de l’accomplir sans faille. En raison de sa passion pour les arts, Seub voulait étudier l’architecture. Mais ses résultats à l’examen d’entrée à l’université l’ont orienté vers la faculté de foresterie de l’Université Kasetsart, son cinquième choix d’études. Son camarade de classe et colocataire a décrit Seub comme un étudiant brillant, toujours assis à l’avant de la classe et prenant des notes avec des dessins. Seub a toujours été vu en train de lire des livres le soir. Il s’investissait avec sérieux dans toutes ses activités. Après l’obtention de son diplôme, il a poursuivi des études supérieures en sylviculture. En 1979, il a reçu une bourse du British Council pour une maîtrise à l’Université de Londres afin d’étudier la conservation des ressources et de l’environnement. Il a également obtenu une bourse de doctorant pour étudier au Royaume-Uni en 1989, mais a décidé d’accepter le poste de surintendant du sanctuaire de la faune sauvage Huai Kha Khaeng. Il a par ailleurs mené des recherches sur les animaux sauvages, en particulier les oiseaux, les gorilles, les chamois… Seub a également travaillé comme professeur de biologie à l’Université Kasetsart (une université qui lui rend hommage chaque année; 2020 & 2019).

Le projet d’évacuation de la faune de Cheow Lan. En 1986, Seub a été nommé chef de projet d’évacuation de la faune lors de la création du barrage de Cheow Lan, avec un faible budget (il s’agissait d’évacuer une zone de 400 km²) ! Le barrage de Rajjaprabha (ou barrage de Cheow Lan, treizième barrage de Thaïlande) a été achevé en 1987. L’inondation qui en a résulté a détruit 185 km² de la plus grande superficie restante de forêt pluviale à feuillage persistant des basses terres du pays. Pour la première fois en Thaïlande, une opération de sauvetage a été menée pour tenter de sauver une partie de la faune sauvage, qui comprenait des espèces menacées et en voie de disparition échouées sur les îles au fur et à mesure que les eaux s’élevaient. En 18 mois, 1 364 animaux de 116 espèces ont été capturés. Quarante-quatre sont morts peu après. Les survivants ont été relâchés dans des zones protégées à proximité. Seub a pu sauver des centaines d’animaux mais il savait que beaucoup d’autres n’ont pas pu s’échapper et en sont morts. Après ce qu’il considérait comme l’échec du projet Cheow Lan, il s’est battu contre d’autres projets d’exploitation forestière et de construction de barrages, comme le barrage de Nam Chon. Le projet de l’État de construire un barrage au cœur de la forêt de Thungyai Naresuan dans les années 1990 a déclenché la première protestation environnementale du pays dans laquelle les manifestants ont eu gain de cause.

Sanctuaire de faune Huai Kha Khaeng. En 1988, Seub et ses collègues conservationnistes ont pris des mesures contre la Thai Plywood Co. Ltd, une entreprise d’État relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement au sujet d’une concession forestière dans le sanctuaire faunique de Huai Kha Khaeng (ห้วยขาแข้ง). Dans son argumentation, il a affirmé que « celui qui veut faire de l’exploitation forestière est le Département Royal des Forêts, et celui qui veut conserver la forêt est aussi le Département Royal des Forêts ».

Ce sanctuaire, un endroit unique préservant une importante faune sauvage, se trouve à l’ouest de la Thaïlande, le long de la frontière avec le Myanmar (l’ex-Birmanie, dans les provinces d’Uthai Thani, Tak et Kanchanaburi). Ce sont en fait deux sanctuaires distincts mais contigus, Huai Kha Khaeng et Thung Yai Naresuan. Cette région de 622 200 hectares englobe deux importants systèmes fluviaux, le Khwae Yai supérieur et le Huai Khakhakhaeng. Il s’agit ni plus ni moins de la plus grande zone de conservation d’Asie du Sud-Est continentale et l’une des zones forestières les moins accessibles et les moins perturbées de Thaïlande. Et c’est ce qui explique que ces deux réserves ont été inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que biens naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité, premier du genre en Asie du Sud-Est.

Sanctuaires de Thung Yai-Huai Kha Khaeng
S’étendant sur plus de 600 000 ha en bordure de la frontière avec le Myanmar, les sanctuaires, demeurés en grande partie intacts, contiennent presque toutes les formations forestières de l’Asie du Sud-Est continentale. Ils abritent un ensemble d’espèces animales très divers, dont 77% des grands mammifères (notamment éléphants et tigres), 50% des grands oiseaux et 33% des vertébrés terrestres que l’on trouve dans cette région.
Tous les détails de ces sanctuaires sur le site web de l’Unesco (description, cartes, documents, galerie de photos, indicateurs et demande d’assistance).
Le sanctuaire Huai Kha Khaeng a sa propre page Facebook, hélas animée en langue thaï seulement.

Seub avait une vision de protection globale de ces réserves animalières : des gardes forestiers doivent patrouiller avec les équipes de protection de la faune pour s’assurer que les animaux ne soient pas blessés et que la déforestation soit stoppée. L’idée de « zones tampons forestières » a alors été mise en œuvre. Les villages de la zone tampon forestière ont été mobilisés en tant que « villages forestiers ». Leurs habitants ont été impliqués avec des programmes d’arrêt de la chasse et de la déforestation. Les villageois ont d’ailleurs remis leurs armes à feu aux autorités en signe de bonne foi et de coopération.

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© Facebook – Priwan Den (1 & 2)

Suicide. En 1989, sous pression (il devait notamment gérer un problème de salaire d’ouvriers, de même que des désaccords avec des cadres supérieurs, sans parler de la mort de certains employés), alors qu’il était à la tête du sanctuaire Huai Kha Khaeng, Seub se découragea. Pour lui, la seule façon de conserver pleinement le sanctuaire était d’en faire un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Après avoir effectué des recherches et complété le rapport à cet effet, il l’a soumis à l’organisation qui l’a approuvé après sa mort. Le 31 août 1989, Seub travaillait comme d’habitude. Le lendemain, vers 4h du matin, un coup de feu a été entendu mais au Huai Kha Khaeng le bruit des coups de feu n’était pas rare. Seub n’a pas été vu au petit-déjeuner. À 10h, un de ses collaborateurs s’est rendu à son refuge et a trouvé son corps sur son lit entouré de morceaux de papier. Sur l’un d’eux était écrit : « J’ai l’intention de me tuer, personne n’a été associé dans cette décision », signé par Seub.

Perception du suicide d’un point de vue bouddhiste3
Selon les enseignements de Bouddha, ce qu’un individu fait à tout moment aura une conséquence sur son avenir, dans cette vie ou dans la suivante (principe de la réincarnation). Il y aurait donc un lien de cause à effet, appelé karma par lequel toute action intentionnelle du corps, de l’esprit ou de la parole aurait des conséquences et des répercussions à l’avenir. Nos actions passées détermineraient ainsi les caractéristiques de notre existence terrestre. Selon certains maîtres bouddhistes, le suicide commis dans une vie pourrait entraîner sa répétition dans plusieurs vies suivantes. Une exception cependant, le suicide altruiste, dans une vie passée, le Bouddha aurait sacrifié son existence en offrant son corps à une tigresse affamée allaitant cinq tigrons, qui devinrent les cinq premiers disciples de Bouddha.

La mort de Seub a poussé la Thaïlande à l’action. Dix jours après sa crémation, le 10 septembre 1990, correspondant au 94e anniversaire de la création du Département Royal des Forêts, la Fondation Seub Nakhasathien a été créée. Elle a reçu des dons de Sa Majesté la reine douairière Sirikit et de Son Altesse la Princesse Soamsawal, ainsi que des milliers d’autres sympathisants. Ses objectifs sont de protéger les sanctuaires naturels ainsi que la flore et la faune qui les habitent et de protéger les espèces en voie de disparition.

Retrouvez cette biographie, plus complète, en anglais, sur Wikipédia, ou encore sous forme de 10 transparents (slideshow). On en profite pour vous rappeler que les rangers du monde entier mettent leur vie en danger pour la protection de la nature (en savoir plus).

Seub Nakhasathien a publié de nombreux textes liés à ses recherches, variées, par exemple sur la cigogne de Storm, sur la gestion de la forêt, qu’elle soit présente dans un bassin hydrographique ou qu’il s’agisse de forêt marécageuse de tourbe, sur le sauvetage de la faune, sur l’importance des sanctuaires fauniques, sur le muntjac de Fea, une espèce en voie de disparition, sur la nidification et la ponte de certaines espèces d’oiseaux, ou encore sur l’impact des centrales hydroélectriques sur la faune. Seub est connu de tous les Thaïlandais. Dans la culture populaire, plusieurs artistes lui ont consacré une chanson. Un poisson d’un nouveau genre découvert dans le sanctuaire de faune de Chiang Dao, ici dans la province de Chiang Mai, porte même son nom, l’oreglanis nakasathiani.

Pour commémorer la grandeur de Seub, Thai PBS a produit un documentaire, diffusé en 2013, The lights never gone (แสงไฟไม่เคยดับ). Par ailleurs, en 2015, Phakpoom Wongpoom a réalisé un court métrage, Falling rain in Huai Kha Khaeng (ฝนตกที่ห้วยขาแข้ง), avec Nopchai Chainam dans le rôle de Seub Nakhasathien, partie intégrante du quadriptyque Royal symphony – Songs in our Heart (คีตราชนิพนธ์์ บทเพลงในดวงใจราษฎร์), œuvre inspirée par les compositions musicales de feu le roi Bhumibol. Voici la bande-annonce du film qui conte la vie de Seub, dont la fin est tragique :

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Commémorations du 1er septembre

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. À notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

Dommage que les conférences Seub Talks de cette année 2021 – où toutes les commémorations son virtuelles – ne soient pas sous-titrées en anglais.

🌳 Cette année 2020 est une année particulière à deux titres : en premier lieu, la pandémie du Covid-19 vient bousculer les événements prévus mais surtout cette année marque le trentenaire de la disparition de Seub Nakhasathien. Le lundi 31 août 2020, dès 18h, l’événement est donc virtuel avec notamment deux concerts, un reportage vidéo (Spirit of the jungle) et une cérémonie aux bougies : le tout en direct sur Facebook.

🌳 Le mardi 1er septembre 2020 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. C’est habituellement un camp de deux jours qui est organisé annuellement; thème de cette année : le changement ne s’arrête jamais. En matinée, les rangers du sanctuaire font du mérite en souvenir de leur figure légendaire.

  • Les activités online sont diffusées en direct sur Facebook dès 18h15. Cela commence par un reportage (Goral Home & Hope) puis des discours et un débat pour se clore par une récolte de fonds avec un mini-concert.
  • De 17h à 21h, devant le Bangkok Art and Culture Center, dépôt de fleurs et cérémonie à la bougie à la mémoire de Seub Nakhasathien.
  • De 19h à 21h, à 5 endroits différents de la capitale – les lieux précis nous sont inconnus – LIGHT IT UP, projection laser de messages environnementaux.

🌳 Enfin, du 1er au 6 septembre 2020, 30th Memory of Seub, est une exposition commémorant les 30 ans de la disparition de Seub, écologiste devenu une légende, sous le thème ombre et lumière. Elle se déroule de 10h à 19h, Bangkok Art and Culture Center (au rez-de-chaussée, floor 1); l’entrée est libre.

Le hashtag de cette année – #30thSeub – vous permettra de retrouver les nombreux hommages et événements organisées dans tout le royaume.


La Fondation Seub Nakhasathien

Seub Nakhasathien Logo

Créée dix jours après la crémation de Seub, la Fondation Seub Nakhasathien maintient le flambeau environnementaliste. Elle s’est donnée pour tâches :

  1. Le soutien de la réserve animalière Huai Kha Khaeng.
  2. L’amélioration du bien-être des gardes-forestiers par des programmes d’empowerment (sur ce sujet, on vous invite à lire notre article sur la Journée mondiale des Rangers, célébrée bien sûr en Thaïlande).
  3. La protection et la conservation des forêts sous le concept « Pas de forêt, pas d’eau ».
  4. La promotion de la conservation des ressources naturelles et de l’environnement.
  5. Le soutien de la recherche sur la faune à travers la création d’un fond spécifique.

Ces cinq axes d’action expliquent par exemple l’implication de la fondation dans une récente affaire qui a scandalisé l’opinion publique thaïlandaise : le braconnage du patron multi-millionaire d’ItalThai qui est notamment soupçonné d’avoir tué une panthère noire, espèce protégée. La fondation suit cette affaire et veut que le coupable soit condamné (Son Altesse royale la princesse Ubolratana, soeur-ainée du roi actuel Rama X, soutient moralement le ranger à la base de la dénonciation). Plus d’informations (mais c’est en thaï); entre-temps, le patron en question a été condamné, reste en suspens le résultat des recours…

Les rangers s’efforcent de réduire le braconnage, qui hélas est quotidien, comme ici avec l’arrestation de trois chasseurs ayant tué un calao, espèce quasi menacée).

La Fondation Seub Nakhasathien sur le net

Site web (en langue thaï uniquement)
Page Facebook (version anglaise peu mise à jour)
Twitter
Instagram
YouTube
Issuu (qui vous permet de consulter le magazine édité par la fondation)


Autres organismes environnementaux

De par la richesse de sa faune et de sa flore, sans oublier bien entendu celle des fonds marins, le royaume de Thaïlande se doit d’être attentif à la protection de son environnement. Mme Pinkaew Laungaramsri, maître de conférence à la CMU – Université de Chiang Mai, nous parle de la politique de conservation de la nature en Thaïlande, un article publié dans la Kyoto Review of Southeast Asia.

Les ONG environnementales de la région du sud-est asiatique représentent un mouvement émergent. En Thaïlande, où elles sont plus développées, les ONG environnementales sont devenues une voix forte que le gouvernement ne peut plus ignorer4Moult ONG sont actives dans le pays, certaines focalisées sur la sauvegarde animale, d’autres sur l’environnement en général. Parmi elles, le WWF Thailand, de même que Greenpeace Thailand, rendent hommage à Seub Nakhasathien chaque 1er septembre. Citons encore, en vrac :

  • La fondation Freeland. Une fondation – soutenue par USAID – qui fournit une expertise et un soutien au réseau de sauvegarde de la faune sauvage des nations du sud-est asiatique (ASEAN Wildlife Enforcement Network), fruit d’une initiative intergouvernementale régionale visant à lutter contre la contrebande d’espèces sauvages.
  • La Fondation PATT – Plant A Tree Today. Voilà une ONG que n’aurait pas reniée Seub. Créée pour lutter contre la déforestation en cours par le biais de campagnes d’éducation du public et de plantations d’arbres, elle est fort active en Thaïlande.
  • Green Fins Thailand. Une organisation soutenue par l’UNEP – le programme de l’ONU Environnement qui travaille avec les opérateurs économiques, les communautés et les gouvernements. Cette ONG aide à mettre en œuvre des normes environnementales pour l’industrie de la plongée et du snorkelling par le biais d’un code de conduite.
  • Et enfin, non loin de Chiang Mai, Conserve Natural Forests (CNF – Préservation des Forêts Naturelles). Une organisation à but non lucratif basée à Pai qui vise à restaurer les écosystèmes tropicaux endommagés avec, comme principaux idéaux, le reboisement, la réhabilitation de la faune et l’éducation.

Les minorités ethniques, nombreuses ici au nord de la Thaïlande, sont très concernées par la problématique de l’environnement, notamment à travers la déforestation rampante. Qui est en contact avec les Karen, par exemple, sait ce peuple très proche de la nature. Ainsi, à la naissance d’un enfant, certains Karen entourent un petit arbre à l’aide du cordon ombilical : ce sera là l’arbre que le nouveau-né devra protéger tout au long de son existence. Il est donc naturel que des ONG soutiennent ces peuplades, à l’exemple de la KWCI – Initiative karenne pour la préservation de la faune et de la flore.

On mentionne in fine le ministère thaïlandais des Ressources Naturelles et de l’Environnement (son site web et sa page Facebook).


Déforestation. Du combat des environnementalistes, parfois mortel !

Il est bien loin le temps du royaume du Siam couvert de forêts épaisses et luxuriantes, habitées par une faune abondante, en particulier ici au nord ! La déforestation, commencée au XIXe siècle, a fait des ravages inéluctables. La forêt de Thaïlande, comme toutes les forêts tropicales, est en voie de disparition, hélas, trois fois hélas. Il s’agit cependant d’une problématique complexe. Lisez donc ces deux articles : Quel avenir pour les forêts thaïlandaises ? et En Thaïlande, les arbres cachent une forêt d’injustice. Celles et ceux désirant connaître le sujet plus en profondeur liront avec intérêt cet autre travail de Jean-Pierre Lainé : Déforestation et reboisement en Thaïlande. Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous agir. En premier lieu en évitant d’acheter du bois devenu rare comme le teck. Il existe des labels assurant la durabilité sylvicole à l’image du label FSC.

Le précédent roi de Thaïlande, feu Sa Majesté Bhumibol le Grand, s’est beaucoup impliqué dans la protection de l’environnement. Un roi qui avait obtenu un prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l’environnement en Thaïlande5.  Un pays qui compte d’ailleurs de très nombreux parcs nationaux.

En tant que « roi du développement », Sa Majesté [le roi Bhumibol] a tendu la main aux populations les plus vulnérables de Thaïlande, sans se soucier de leur statut, de leur ethnicité ou de leur religion, a écouté leur problèmes et leur a donné les moyens de se prendre en charge.
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

Bien que la situation des défenseurs de l’environnement de par le monde soit tragique (les morts se comptent par centaines), ces activistes méritent une Protection Internationale, en Thaïlande aussi. Lisez donc notre article Parcs nationaux – La Journée mondiale des Rangers se célèbre aussi en Thaïlande. Et Chiang Mai a aussi ses activistes; en 2018, une action visant à sauver le Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville, a remporté un vif succès. Jetez donc un œil sur l’article que le magazine Spark U Lanna leur a consacré : The environmentalists (pages 6 à 10).


Promenez-vous donc dans la nature siamoise !

Quelle meilleure façon que de prendre conscience de la richesse et de la beauté de la nature qu’en allant l’admirer in situ ? Et la Thaïlande vous offre mille possibilités : ses  rivages ou ses fonds marins, ses nombreux lacs, ses parcs nationaux, ses sanctuaires, ses cascades, sa jungle, ses montagnes…

Le nord du royaume en général et la province de Chiang Mai en particulier sont bien lotis. En tant que touriste, vous serez sans nul doute tenté par la visite du parc national du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, qui offre les plus belles cascades du nord thaïlandais. Ou encore les treks dans la jungle qui ont fait la réputation de la Rose du Nord (comme par exemple ceux de Loolu, un jeune Karen pétillant, très apprécié ici à Chiang Mai).

En louant un moyen de transport – scooter, motocycle ou voiture – vous pourrez visiter des endroits idylliques à l’image de Mae Kam Pong, ravissant village de montagne, et ses petites chutes d’eau :

Avant de nous quitter, contemplez les somptueux clichés de la nature siamoise que nous offre le photographe thaïlandais Priwan Den.

Puisse la protection de l’environnement dans son ensemble devenir l’attention permanente des habitants de la Thaïlande, un pays dont la beauté mérite cette prévenance – de même que le respect des touristes qui le visitent.

Nous reproduisons ci-dessous les informations relatives aux commémorations des années dernières, à toutes fins utiles.


Anciennes commémorations

Année 2019

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. À notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2019 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. C’est généralement un camp de deux jours qui est organisé annuellement; thème de cette année : Résultat de la préservation de la forêt au Huai Kha Khaeng.

Une exposition-photo en plein air est organisée à l’occasion des 29 ans de la disparition de Seub. C’est aussi une belle occasion d’observer la vie sauvage et naturelle depuis la « Tour du Paon ». Au programme le samedi 31 août : à 17h, concert acoustique du groupe Khao Laeng Arch (vidéo de l’année dernière), suivi de la projection d’un documentaire, puis un concert de l’artiste Manoch Puttal, avec un spectacle son & lumière à 21h. Une cérémonie aux chandelles clora la journée à 21h30 devant le mémorial de Seub. Le tout entrecoupé par des discours du superviseur de ce sanctuaire animalier et du vice-président de la fondation Seub Nakhasathien.

Le lendemain, dimanche 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.

Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

🌳 Exposition « Vie animale de la forêt Huai Kha Khaeng » du 3 au 8 septembre 2019 au Bangkok Art and Culture Center. La forêt du sanctuaire animalier est très riche en faune diverse (tigres, éléphants, tapirs, bisons, taureaux rouges, panthères, léopards et buffles sauvages, entre autres bêtes). Les images présentées dans cette exposition sont tirées d’un livre relatant l’histoire du sanctuaire.

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🌳 Evénement national du 6 au 8 septembre 2019 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Chaque journée à son thème. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos, de même que des animations musicales. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï). Les divers événements devraient être diffusés en direct sur la page Facebook de la fondation.

🌳 Notons encore que cette année 2019 a vu les ministres de l’Environnement des dix pays de l’ASEAN – réunis à Chiang Mai – signer un accord qui renforcera la lutte contre le trafic des espèces animales protégées. Une initiative pour laquelle se battait justement la fondation Seub Nakasathien (lire l’article plus complet du magazine francophone Gavroche).

Année 2018

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. À notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2018 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. Une exposition en plein air est organisée à l’occasion des 28 ans de la disparition de Seub. Le vendredi 31 août, en plus d’un débat l’après-midi, un concert a lieu à 17h, puis une cérémonie aux chandelles à 20h20 suivie d’un spectacle son et lumière sur la vie de Seub. Le lendemain, samedi 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.
Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

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🌳 Evénement national du 7 au 9 septembre 2018 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï).

#Seub #SeubNakhasathien #nature #Thaïlande #ProtectionNature #environnement #écologie


1 Selon le Système général royal de transcription du thaï (RTGS), le phonème สืบ devrait se traduire par ‘suep’ (et donc le prénom être ici Suep). Nous avons cependant repris l’orthographe utilisée communément (et donc erronément) tant par l’encyclopédie en ligne Wikipédia que, surtout, par la fondation qui porte son nom. A savoir Seub. Que les puristes ici nous pardonnent. Nous remercions Pascal Engelmajer, grand défenseur de la langue thaï, de nous avoir rendus attentifs à cet aspect.
2 Cette brève biographie est un résumé (traduction libre) de la biographie en anglais que vous pouvez retrouver sur Wikipédia.
3 Point de vue religieux sur le suicide, Wikipédia
4 Au sujet des ONG environnementales en Thaïlande, lire l’article de Sunil Subhanrao Pednekar, NGOs and Natural Resource Management in Mainland Southeast Asia
5 Hommage au « roi du développement », article de Håkan Björkmank (Chroniques UN)

Source photographique de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News.
Article composée le 02.09.2018 et mis à jour le 01.09.2021

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