SIDA en ThaĂŻlande🎗Un survol Ă  l’occasion de sa JournĂ©e mondiale

Disparue des radars mĂ©diatiques ! Tel est le constat d’une triste Ă©pidĂ©mie qui sĂ©vit depuis des dĂ©cennies maintenant. En cette annĂ©e 2020, la pandĂ©mie de Covid-19 et ses rĂ©percussions ont monopolisĂ© l’attention du monde entier. Éclipsant le SIDA, acronyme francophone du syndrome d’immunodĂ©ficience acquise. Et Bouddha sait que la ThaĂŻlande Ă©chappe au premier flĂ©au (le Covid-19) mais non pas au second (le SIDA), bien que le royaume fasse partie des bons Ă©lĂšves au niveau mondial en matiĂšre de prĂ©vention et de soins. C’est dire que la JournĂ©e mondiale de lutte contre le SIDA est une piqĂ»re de rappel bienvenue.

On vous en parle briĂšvement aujourd’hui, en commençant par le message des instances internationales, se focalisant ensuite sur la situation en ThaĂŻlande – avec la prĂ©sentation d’un centre de recherche Ă  Chiang Mai – et les Ă©vĂ©nements organisĂ©s Ă  cette occasion dans la capitale et Ă  Chiang Mai.

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Le SIDA au niveau mondial

La JournĂ©e mondiale de lutte contre le SIDA est cĂ©lĂ©brĂ©e de par le monde chaque 1er dĂ©cembre depuis l’annĂ©e 1988. Les anglophones parlent de World AIDS Day. InstaurĂ©e par l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS), elle a pour but de sensibiliser tout un chacun Ă  cette pandĂ©mie. Il s’agit aussi d’apporter un soutien aux personnes vivant avec le VIH et de rendre hommage Ă  celles et ceux qui ont perdu la vie Ă  cause de celui-ci.

Cette annĂ©e 2020, la pandĂ©mie de Covid-19, ainsi que les rĂ©percussions des pandĂ©mies sur les vies et la subsistance des personnes, ont monopolisĂ© l’attention du monde entier. C’est un nouvel exemple illustrant les liens Ă©troits entre la santĂ© et d’autres aspects fondamentaux comme la rĂ©duction des inĂ©galitĂ©s, les droits humains, l’égalitĂ© des sexes, la protection sociale et la croissance Ă©conomique. Le thĂšme de l’édition 2020 de la JournĂ©e mondiale de lutte contre le SIDA, « SolidaritĂ© mondiale et responsabilitĂ© partagĂ©e Â», est nĂ© de ce constat. 

« La santĂ© est un droit humain. Pour parvenir Ă  une couverture sanitaire universelle, il faut que la santĂ© soit une prioritĂ© d’investissement de premier plan. En cette JournĂ©e mondiale du SIDA, prenons conscience que, pour vaincre la COVID-19 et mettre fin au SIDA, nous devons ĂȘtre solidaires les uns des autres et partager les responsabilitĂ©s. Â»

Message du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, AntĂłnio Guterres

La pandĂ©mie du Covid-19 a dĂ©jĂ  touchĂ© 64 millions de personnes, en tuant prĂšs de 1,5 million (chiffres au 01.12.2020). En se basant sur les chiffres de l’annĂ©e derniĂšre, 38 millions de personnes vivent avec le VIH, dont seulement 25 millions ont accĂšs Ă  la thĂ©rapie antirĂ©trovirale. Chaque annĂ©e, ce sont 1,7 million de personnes qui sont nouvellement infectĂ©es par le VIH. Et 690 000 humains par an dĂ©cĂšdent de maladies liĂ©es au SIDA. Notons que les personnes dont l’immunitĂ© est diminuĂ©e sont les premiĂšres victimes du Covid-19. N’hĂ©sitez pas Ă  prendre connaissance de quelques autres faits et chiffres.

« Pourquoi on ne parle plus du SIDA ? »
La réponse dans ce podcast de la RTS

D’autres ressources sont disponibles en lien avec cette JournĂ©e mondiale auprĂšs des principales instances internationales luttant contre le SIDA :

Et comme vous ĂȘtes nombreux Ă  nous lire sur d’autres continents que celui asiatique, voici les ressources disponibles dans votre pays francophone respectif :

En plus de moult fondations (nous en parlons ci-dessous), beaucoup d’entreprises dans le monde s’investissent Ă  l’image d’Apple qui lance rĂ©guliĂšrement des produits (RED), contribuant ainsi Ă  la lutte contre le SIDA, ceci depuis 14 ans maintenant. Vous pouvez d’ailleurs les acquĂ©rir sur Amazon


Situation en ThaĂŻlande

Le premier cas de SIDA (importĂ©) en ThaĂŻlande date de l’annĂ©e 1984. Il s’agissait d’un jeune ThaĂŻlandais revenant d’un sĂ©jour estudiantin aux États-Unis. DĂšs 1988, l’infection par le VIH s’est propagĂ©e de façon explosive par vagues successives dans un groupe Ă  risque aprĂšs l’autre.

Selon les chiffres officiels d’ONU SIDA, la ThaĂŻlande compte actuellement presque un demi-million de personnes porteuses du VIH (virus de l’immunodĂ©ficience humaine, HIV en anglais). 470 000 personnes pour ĂȘtre prĂ©cis, dont 210 000 femmes. Un chiffre qui diminue puisqu’il frĂŽlait les 800 000 en 1998. Chaque annĂ©e, ce sont plus de 5 000 personnes qui sont infectĂ©es, adultes comme enfants. LĂ  aussi, un chiffre qui, heureusement, est en continuelle baisse (au dĂ©but des annĂ©es 1990, on dĂ©nombrait 150 000 infections par annĂ©e !). Une pandĂ©mie qui tue 14 000 personnes chaque annĂ©e. Le royaume compte quelque 230 000 orphelins du SIDA.

Messages de prévention diffusés par les ONG internationales © AHF Thailand

GrĂące Ă  une importante couverture des femmes enceintes recevant un traitement adĂ©quat (95 %), l’Ă©limination de la transmission de la mĂšre Ă  l’enfant est presque atteinte, avec un taux de transmission verticale finale infĂ©rieur Ă  2 % (ceci en partie grĂące Ă  un centre de recherche Ă©tabli Ă  Chiang Mai; on vous le prĂ©sente ci-dessous).

Travailleurs du sexe. Sur un nombre total estimĂ© Ă  43 000 personnes, alors que 83 % d’entre elles utilisent le prĂ©servatif, elles sont 66 % Ă  s’ĂȘtre soumise Ă  un dĂ©pistage du VIH, connaissant ainsi leur statut sĂ©rologique. Un peu moins de 10 % d’entre elles bĂ©nĂ©ficient d’une thĂ©rapie antirĂ©trovirale. Autre maladie contagieuse, la syphilis touche plus de 3 % de ces personnes Ă  risque.

Autre population Ă  risque, les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes sont estimĂ©s Ă  plus de 500 000 personnes, avec une prĂ©valence du VIH de prĂšs de 12 % malgrĂ© un taux d’usage du prĂ©servatif supĂ©rieur Ă  82 %. Autres populations touchĂ©es par le SIDA : 42 000 personnes s’injectant de la drogue (oĂč la prĂ©valence du VIH est supĂ©rieure Ă  20 % malgrĂ© une pratique d’injection sĂ»re pour 95 % d’entre elles), 370 000 prisonniers et 62 800 personnes transgenres.

Stigmatisation et discrimination. Ils sont encore 23 % Ă  rĂ©pondre nĂ©gativement Ă  la question « AchĂšteriez-vous des lĂ©gumes frais Ă  un commerçant ou Ă  un vendeur si vous saviez que cette personne est sĂ©ropositive ? ». 23 % en trop ! Et presque 8 % des ThaĂŻlandais disent non Ă  la question « Pensez-vous que les enfants vivant avec le VIH devraient pouvoir frĂ©quenter l’Ă©cole avec des enfants sĂ©ronĂ©gatifs ? ».

Information et Ă©ducation. L’ONG anglaise Avert, fournissant des informations prĂ©cises et fiables sur le VIH et la santĂ© sexuelle dans le monde entier, dresse un tableau exhaustif du SIDA en ThaĂŻlande, en rappelant les programmes de prĂ©vention du VIH engagĂ©s par les autoritĂ©s du pays.

Pour prendre un peu plus conscience de la réalité au quotidien des personnes porteuses du VIH au Pays du Sourire, ONU SIDA nous offre plusieurs reportages en français.

L’autoritĂ© en la matiĂšre est bien entendu le ministĂšre de la SantĂ© publique (MOPH) que vous retrouvez tant sur le web que sur Facebook. C’est lui qui gĂšre la puissante Fondation thaĂŻlandaise de promotion de la santĂ©, symbolisĂ©e par trois lettres thaĂŻ, devenues son logo : àžȘàžȘàžȘ Thai Health. Vous avez sans nul doute dĂ©jĂ  vu une de ses campagnes, par exemple contre le tabac. PrĂ©sente sur le terrain, la fondation est active tant sur Facebook que sur le web (oĂč elle alimente Ă©galement un site en langue anglaise, quelque peu bridĂ©).

Impossible ici de ne pas parler de la SociĂ©tĂ© de la Croix-Rouge thaĂŻlandaise (àžȘàž àžČàžàžČàžŠàžČàž”àč„àž—àžą en thaĂŻ), une organisation humanitaire majeure en ThaĂŻlande (site web et page Facebook). FondĂ©e en 1893 sous patronage royal, elle fournit des services dans le cadre du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. C’est notamment elle qui gĂšre les dons du sang dans tout le pays.

En matiĂšre de SIDA, elle a créé un centre de recherche, le Thai Red Cross AIDS Research Centre. En tant que leader dans la recherche et l’innovation en matiĂšre de prĂ©vention du VIH, le centre plaide en faveur des changements de politique de santĂ© pour tous. Soutenue notamment par USAID, le centre, actif depuis 1989, s’est donnĂ© comme mission de mener des recherches et des innovations concernant la prĂ©vention du VIH, de renforcer la capacitĂ© des agents de santĂ© communautaires et favoriser le partenariat avec d’autres entitĂ©s du secteur de la santĂ©, d’ĂȘtre un centre d’Ă©ducation et de recherche sur le VIH de rĂ©fĂ©rence et enfin de promouvoir et prĂ©coniser un changement de politique fondĂ© sur des donnĂ©es probantes. Le centre dispose d’un site web.

Des fondations thaĂŻlandaises sont elles aussi actives dans le domaine. Ainsi de AIDS Access qui vient en aide aux personnes infectĂ©es du VIH, aux personnes atteintes du SIDA et Ă  toute personne dĂ©sirant obtenir de l’aide ou des informations. Elle gĂšre notamment un site web, une page Facebook et aussi une hotline de conseil sur le SIDA (qui vise Ă©galement les femmes enceintes); le no est le 1663. Évidemment, tout est en thaĂŻ.

Il existe Ă©galement un RĂ©seau de personnes vivant avec le VIH/SIDA en ThaĂŻlande. OrganisĂ© sous la forme d’une ONG appelĂ©e Thai Plus (TNPplus ou encore TNP+), il anime tant un site web qu’une page Facebook, toujours en thaĂŻ obvie.

Beaucoup d’ONG internationales Ɠuvrent dans le domaine du SIDA. À l’exemple de la fondation AIDS Healthcare (AHF), une ONG amĂ©ricaine qui fournit mondialement une mĂ©decine de pointe et dĂ©fend les intĂ©rĂȘts des personnes infectĂ©es par le VIH. En ThaĂŻlande, travaillant avec beaucoup de partenaires clĂ©s locaux, son impact – rĂ©sumĂ© ici en anglais – n’est pas nĂ©gligeable. La devise de cette annĂ©e – AIDS, the other pandemic – est plutĂŽt bien trouvĂ©e. Les personnes maĂźtrisant le thaĂŻ peuvent consulter son site web et sa page Facebook.

Signalons enfin la Coalition internationale de prĂ©paration au traitement (dont l’acronyme anglophone est ITPC; site web en français et page Facebook) qui est un rĂ©seau mondial nĂ© en Afrique du Sud constituĂ© de militants communautaires vivant avec le VIH et de leurs dĂ©fenseurs. Ils Ɠuvrent ensemble pour l’accĂšs universel au traitement du VIH et des comorbiditĂ©s qui y sont associĂ©es (hĂ©patites virales, tuberculose, etc.). Avec sa campagne Make Medicines Affordable (MMA, soit Rendre les mĂ©dicaments abordables), le rĂ©seau rappelle que des millions de personnes meurent inutilement chaque annĂ©e parce que des mĂ©dicaments vitaux sont trop chers. Les tactiques employĂ©es par de nombreuses sociĂ©tĂ©s pharmaceutiques visent Ă  prolonger les monopoles et Ă  maintenir les mĂ©dicaments Ă  un prix Ă©levĂ©. MMA estime que chaque personne a le droit d’accĂ©der au traitement dont elle a besoin. MMA s’efforce ainsi de faire baisser le prix des mĂ©dicaments contre le VIH, la tuberculose, l’hĂ©patite C et les Ă©ventuels mĂ©dicaments Covid-19, en particulier dans les pays Ă  revenu intermĂ©diaire (PRI) tels que la ThaĂŻlande. Prenez donc connaissance, en anglais, des actions menĂ©es en ThaĂŻlande.

Dans le cadre de sa campagne « Des fondations pour la vie et l’amour », l’UNESCO nous offre un court reportage d’une famille thaĂŻlandaise qui parle de son expĂ©rience d’éducation complĂšte Ă  la sexualitĂ© (ECS). Vous pouvez participer Ă  travers le hashtag #CSEandMe. Mais avant, en route pour la ThaĂŻlande :

Le centre de recherche PHPT, fruit d’une collaboration internationale2

L’UMI 174-PHPT est une unitĂ© de collaboration entre la facultĂ© de Sciences MĂ©dicales AssociĂ©es de l’UniversitĂ© de Chiang Mai (CMU) et l’Institut de recherche pour le dĂ©veloppement (IRD), en France. Par PHPT on entend le Program for HIV Prevention and Treatment. Le centre implique un grand rĂ©seau de scientifiques, d’universitaires, de dĂ©cideurs politiques en matiĂšre de santĂ© publique et de cliniciens affiliĂ©s aux institutions gouvernementales et universitaires en ThaĂŻlande et dans le monde entier. InitiĂ© en 1996 Ă  Chiang Mai, qui Ă  ce moment-lĂ  Ă©tait l’Ă©picentre de l’Ă©pidĂ©mie de VIH en ThaĂŻlande, son objectif global Ă©tait d’aider Ă  amĂ©liorer la prĂ©vention et le traitement du VIH dans la cellule familiale Ă  travers de la recherche clinique en se concentrant principalement sur la prĂ©vention de la transmission mĂšre-enfant.

Avec l’amĂ©lioration de la situation du VIH/SIDA en ThaĂŻlande et l’importance relative des autres problĂšmes de santĂ©, le PHPT prend de base les expĂ©riences antĂ©rieures pour dĂ©velopper des Ă©tudes de recherche sur  des maladies infectieuses considĂ©rĂ©es comme problĂšme majeur de santĂ© publique en Asie du Sud-Est, notamment l’hĂ©patite B et infection par le virus du Papillome Humain, tous deux associĂ©s Ă  des cancers. Le groupe de recherche clinique PHPT en ThaĂŻlande comprend un rĂ©seau de plus de 50 hĂŽpitaux publics.

Le centre de coordination Ă  Chiang Mai est responsable de l’Ă©laboration des protocoles, la formation, le suivi des activitĂ©s sur site, le traitement et l’analyse de donnĂ©es, la logistique, la distribution de mĂ©dicaments et l’administration. Un laboratoire de virologie et pharmacologie central, liĂ© Ă  la facultĂ© de Sciences MĂ©dicales AssociĂ©es Ă  l’UniversitĂ© de Chiang Mai, soutient ces activitĂ©s de recherche clinique et mĂšne des Ă©tudes de recherche en laboratoire.
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Le PHPT fournit Ă©galement des activitĂ©s de soutien et de formation aux professionnels de la santĂ© et Ă  de nombreux Ă©tudiants locaux et internationaux.

C’est donc lĂ  le fruit d’une heureuse collaboration internationale, avec un important soutien de la France. Vous en saurez plus en consultant le site web de l’unitĂ© PHPT.

Et puisque nous sommes Ă  Chiang Mai, si vous vous intĂ©ressez Ă  ce que peut produire un tel centre, ou si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet du SIDA chez les jeunes ThaĂŻlĂŻandais, vous lirez alors avec beaucoup d’intĂ©rĂȘt le projet TEEWA en ThaĂŻlande, une enquĂȘte auprĂšs d’adolescents nĂ©s avec le VIH.

RĂ©trospectivement, il est Ă©clairant de lire la contribution de SĂ©bastien Roux : La menace touristique – La ThaĂŻlande face Ă  « l’importation Â» du SIDA. En voici le rĂ©sumĂ© introductif :

À partir du milieu des annĂ©es 1980, la ThaĂŻlande a dĂ» faire face Ă  l’explosion du nombre de contaminations au VIH/SIDA, perçue Ă  l’origine comme une « maladie blanche Â», un flĂ©au occidental. Les prostituĂ©es travaillant au contact de touristes Ă©trangers ont rapidement Ă©tĂ© dĂ©signĂ©es comme les responsables de l’introduction et de la diffusion du virus dans le pays. Et le tourisme, longtemps encensĂ© pour ses vertus dĂ©veloppementalistes, est soudainement apparu comme une menace pour la survie mĂȘme du corps social. Les projets rĂ©pressifs se sont multipliĂ©s (tests sanguins pour les touristes, sidatorium pour les prostituĂ©es, etc.), tĂ©moignant de la fĂ©brilitĂ© et du sentiment d’urgence qui se sont emparĂ©s des autoritĂ©s politiques et administratives. La mise en place de la rĂ©ponse politico-sanitaire du gouvernement apparaĂźt comme un moment singulier oĂč les autoritĂ©s politiques hĂ©sitent entre projets coercitifs, attentisme et libĂ©ralisme contraint. En revenant sur la chronologie de la rĂ©ponse thaĂŻlandaise, l’article montre comment l’industrie touristique, au cƓur des problĂ©matiques de mobilitĂ©s et de contrĂŽle des frontiĂšres, a pu faire l’objet d’enjeux politiques particuliĂšrement sensibles.
Lisez la suite en cliquant ici.

La menace touristique – La ThaĂŻlande face Ă  « l’importation Â» du SIDA, par SĂ©bastien Roux

ÉvĂ©nements Ă  Bangkok et Pattaya

Dans la capitale, les autorités thaïlandaises marquent bien entendu la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Ainsi, le Premier ministre Prayut Chan-o-cha a visité une exposition mise sur pied par le Centre de recherche sur le SIDA de la Société thaïlandaise de la Croix-Rouge.

Le Premier ministre a acceptĂ© un ruban rouge symbolisant cette JournĂ©e mondiale et s’est joint Ă  la cĂ©lĂ©bration dont le thĂšme cette annĂ©e Ă©tait « Marcher ensemble – Coexister sans stigmatisation ». Les agences Ă©tatiques concernĂ©es se doivent de soutenir les personnes atteintes du VIH.

Ainsi, le ministĂšre du Travail a demandĂ© aux entreprises de cesser de soumettre les demandeurs d’emploi aux tests du VIH/SIDA dans le cadre de sa campagne visant Ă  mettre fin aux pratiques discriminatoires sur le lieu de travail. Apinya Sujittanan, directeur gĂ©nĂ©ral du ministĂšre de la protection et du bien-ĂȘtre au Travail (DLPW), a dĂ©clarĂ© que, grĂące aux progrĂšs de la mĂ©decine, les employĂ©s atteints du VIH/SIDA peuvent travailler aux cĂŽtĂ©s de leurs collĂšgues en bonne santĂ© sans aucun problĂšme.

Le Premier ministre a demandĂ© Ă  la sociĂ©tĂ© thaĂŻlandaise de comprendre qu’il ne doit pas y avoir de stigmatisation liĂ©e Ă  l’infection par le virus tout en rappelant que la ThaĂŻlande a connu un succĂšs considĂ©rable dans le traitement et la prĂ©vention de la propagation du VIH. Sur ce point, on vous renvoie Ă  notre article sur l’introduction de la mĂ©decine moderne en ThaĂŻlande.

SIDA en thaĂŻ
En thaĂŻ, le SIDA se traduit par le terme àč€àž­àž”àžȘàčŒ (prononcĂ© et, correspondant Ă  la prononciation thaĂŻlandaise du terme anglophone AIDS). Ainsi la JournĂ©e mondiale du SIDA se dit àž§àž±àž™àč€àž­àž”àžȘàčŒàč‚àž„àž, soit àž§àž±àž™ (wan, journĂ©e), àč€àž­àž”àžȘàčŒ (et) et àč‚àž„àž (lok, monde). Avoir ou contracter le SIDA se dira àž•àžŽàž”àč€àž­àž”àžȘàčŒ (tit et) et pour parler du « virus du SIDA »1, les ThaĂŻlandais disent àč€àžŠàž·àč‰àž­àč€àž­àž”àžȘàčŒ (chuea et), àč€àžŠàž·àč‰àž­ (chuea) pouvant signifier autant un virus qu’une bactĂ©rie, un microbe, une levure ou encore un germe. Quant aux prĂ©servatifs, en langue soutenue, ils sont appelĂ©s àž–àžžàž‡àžąàžČàž‡àž­àž™àžČàžĄàž±àžą (thung yang anamai), plus communĂ©ment àž–àžžàž‡àžąàžČàž‡ (thung yang). L’on dira donc àčƒàžŠàč‰àž–àžžàž‡àžąàžČàž‡ (chai thung yang) pour dire utiliser un prĂ©servatif.

Pattaya est plus triste que jamais. Station balnĂ©aire qui accueillait les visiteurs par millions, la fermeture des frontiĂšres a prĂ©cipitĂ© sa chute. Ainsi, la traditionnelle commĂ©moration annuelle de la JournĂ©e mondiale du SIDA, qui voyait la ville s’animer au rythme d’un sympathique dĂ©filĂ©, a Ă©tĂ© Ă©clipsĂ©e par une autre maladie mortelle, le Covid-19 ! Pattaya Mail nous apprend que la parade a Ă©tĂ© annulĂ©e cette annĂ©e, les organisations y Ɠuvrant ont simplement tenu quelques stands dans un marchĂ©.

Le hashtag thaĂŻ #àž§àž±àž™àč€àž­àž”àžȘàčŒàč‚àž„àž vous emmĂšnera vers bien d’autres informations et Ă©vĂ©nements organisĂ©s dans le royaume de ThaĂŻlande en lien avec cette JournĂ©e, tant sur Facebook que sur Twitter.


ÉvĂ©nements Ă  Chiang Mai

Chiang Mai marque Ă©galement l’Ă©vĂ©nement avec, entre autres manifestations, une cĂ©lĂ©bration qui a gĂ©nĂ©ralement lieu au centre commercial CentralPlaza Chiangmai Airport. C’est le cas encore cette annĂ©e 2020, le 1er dĂ©cembre donc, l’Ă©vĂ©nement Ă©tant nommĂ© One man One woman, dans le cadre de la campagne Walk Together (qui est la reprise du thĂšme de cette annĂ©e en ThaĂŻlande : « Marcher ensemble – Coexister sans stigmatisation »).

Il inclut une cĂ©rĂ©monie d’ouverture avec une danse haute en couleur car effectuĂ©e par la communautĂ© transgenre, des discours et autres discussions, de mĂȘme qu’une animation avec des rĂ©compenses Ă  la clef. En plus de faire l’objet d’un album-photo et comme l’annĂ©e derniĂšre, le tout a Ă©tĂ© diffusĂ© en direct sur Facebook. C’est toujours la bonne humeur quand les katoye prennent pas au spectacle.

Le tout est organisĂ© par la fondation Mplus Thailand, un organisme qui vient en aide Ă  la communautĂ© LGBT+, et que l’on retrouve tant sur le web que sur Facebook.

La communautĂ© qui regroupe les personnes transgenres est fort active; elle organise par exemple ses propres concours de beautĂ© Ă  l’image de Miss International Queen. Rappelons ici que la Rose du Nord a dĂ©jĂ  organisĂ© plusieurs Gay Prides dont une, naguĂšre, a marquĂ© fortement les esprits…

On met fin Ă  notre article en Ă©voquant deux autres cĂ©lĂ©brations en lien avec le SIDA. En premier lieu et parce que le SIDA continue de faire des victimes, qu’elles soient directes, Ă  travers les contaminations, ou indirectes, comme les orphelins du SIDA, la JournĂ©e mondiale des orphelins du SIDA, un Ă©vĂ©nement organisĂ© tous les 7 mai par l’association François-Xavier Bagnoud (FXB). Une JournĂ©e qui a pour but de sensibiliser le public et les gouvernements Ă  la dĂ©tresse des orphelins du SIDA.

Et ensuite la JournĂ©e internationale du PrĂ©servatif (en anglais : International Condom Day). Elle est judicieusement cĂ©lĂ©brĂ©e le 13 fĂ©vrier, soit le jour prĂ©cĂ©dent la Saint-Valentin. Et en matiĂšre de prĂ©servatif en ThaĂŻlande, il y a de quoi vous donner quelques intĂ©ressantes informations ! Peut-ĂȘtre le ferons-nous un jour…

On espùre que le but sera atteint 🙏

#WorldAIDSDay #AIDS #JournĂ©eMondialeSIDA #SIDA #ThaĂŻlande #ChiangMai


1 VIH (HIV en anglais) et SIDA ne sont pas synonymes ! Comme on l’a vu plus haut, le VIH est un virus, le virus de l’immunodĂ©ficience humaine. Et ce virus peut amener Ă  une maladie, le SIDA, le syndrome d’immunodĂ©ficience acquise.
2 Extrait du site web du centre de recherche PHPT; il y a prĂšs de 6 ans maintenant, nous avons eu l’occasion de cĂŽtoyer une jeune mĂ©decin français qui y travaillait.

Source rĂ©dactionnelle, en plus de celles figurant en lien dans l’article : PM helps promote World AIDS Day, Thai silk festival, un communiquĂ© de NNT – National News Bureau of Thailand
Source de l’image Ă  la une © Facebook – HomePro Max àžĄàžžàžàž”àžČàž«àžČàžŁ
Article composé le 02.12.2020 et modifié le 03.12.2020

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