Sepak takraw ou kick volley-ball, sport national thaïlandais

SepakTakraw8thQueenSCup2018CoverTHAEn vous promenant en Thaïlande, que ce soit en ville ou à la campagne, vous aurez forcément vu, au détour de votre balade, des joueurs s’adonnant à un sport fort acrobatique, un sport hybride, croisement entre gymnastique et volley-ball ou encore fusion entre arts martiaux et football. Il s’agit du sepak takraw (เซปักตะกร้อ en thaïlandais). En Thaïlande, ce sport est considéré comme un sport national – à l’égal de la boxe muay thaï – et les joueurs sont des stars. Les Thaïlandais sont les rois de la discipline et remportent régulièrement la Coupe du monde. Chiang Mai vous offre l’opportunité de voir le championnat national des clubs thaïlandais. Ne manquez surtout pas cet événement organisé du 6 au 10 février 2018, dès 17h30 sur la place de la Porte Tha Pae, épicentre touristique de Chiang Mai. Plus d’infos en fin d’article. Un sport spectaculaire, très agréable à regarder. Mais de quoi s’agit-il ?

Wikipedia nous vient heureusement en aide. Le sepak takraw (du malais-indonésien sepak, qui signifie « donner un coup de pied », et du thaïlandais ตะกร้อ, takraw, « balle ») est un sport d’équipe, proche du volley-ball. Très populaire dans tous les pays du sud-est asiatique, il est souvent désigné par le seul terme takraw (au Laos, il est appelé kataw, en Birmanie voisine, chinlon et en Europe anglophone kick volley-ball). 

On raconte que lors de l’un de ses périples en Chine, Marco Polo a ramené en Europe un jeu qui consistait à jongler en cercle avec une balle en rotin et à compter le nombre de jonglages… Patrick Laemmel – AFST

Un peu d’histoire

C’est une discipline née en Chine d’un exercice militaire. Pratiquée au XIe siècle en Asie du sud-est, ce sport millénaire fait partie intégrante de la culture asiatique. Le sepak takraw était à l’origine plus un sport “de cohésion” que d’affrontement : les villageois formaient un cercle et devaient garder la balle en l’air aussi longtemps que possible. Avec le temps, le takraw a évolué, jusqu’à sa version sportive actuelle. Mais ici en Asie, vous verrez de nombreuses personnes continuent de le pratiquer sans filet – qui est apparu au XIXe siècle – dans le seul but de s’échanger la balle et de partager un moment de convivialité.

Un jeu populaire en Thaïlande et dans toute l’Asie du sud-est

Les archives thaïlandaises décrivent ce sport comme datant du XVIe siècle (au Laos). Et c’est en 1829 que la Siam Sports Association a rédigé les premières règles du jeu. Quatre ans plus tard, l’association impose le filet de volley-ball en organisant le premier match public. Le sepak takraw a ensuite été introduit au programme d’éducation physique dans les écoles (sport très populaire lors des Asean Schools Games). A Bangkok, les peintures murales du Wat Phra Kaew (le Temple du Bouddha d’Emeraude) représentent le dieu hindou Hanuman jouant du sepak takraw sur un anneau avec une troupe de singes. D’autres récits historiques mentionnent aussi le jeu plus tôt sous le règne du roi Naresuan d’Ayutthaya. Un jeu devenu une coutume locale si appréciée qu’une exposition de sepak takraw a été organisée pour célébrer la première constitution du royaume en 1933, après que la Thaïlande ait aboli la monarchie absolue.
Un sport qui se pratique avec une balle traditionnellement en bambou ou en rotin tressé, des balles bon marché qui se prêtent à la décoration (depuis 1982, elles ont été remplacées par des balles tressées synthétiques, du moins dans les compétitions officielles).

Marathon ®

Le jeu, en deux mots

SepakTakraw8thQueenSCup2018PhotoSportifSACM

© Facebook – SACM

Une équipe est composée de trois joueurs (un seul remplacement de joueur est autorisé) et évolue sur un terrain de 82 m2, séparé en deux camps par un filet disposé à 1,55 m de hauteur. C’est un peu comme du volley mais où il est interdit d’utiliser bras et mains ! Ils peuvent se faire trois passes entre eux ou à eux-mêmes, avant de renvoyer la balle dans le camp adverse par-dessus le filet. Pour cela, ils doivent utiliser principalement leur pieds, mais aussi les genoux, les épaules ou la tête. L’équipe marque un point quand la balle touche le sol dans le camp adverse ou si les joueurs adverses envoient la balle hors du terrain. Un match n’est pas limité dans le temps et se joue en deux manches, une manche étant remportée par une équipe lorsqu’elle atteint 21 points. En cas d’égalité, une troisième manche dénommée tie-break est disputée et remportée par l’équipe qui atteint les 21 points.

En route vers le statut olympique

Comme chaque pays du sud-est asiatique avait ses règles, une normalisation devenait indispensable. En 1960, des représentants de la Malaisie, de Singapour, de l’Indonésie, du Laos et de la Thaïlande se sont rencontrés à Kuala Lumpur pour normaliser les règles et règlements du jeu. Après un débat long et animé, un consensus a été atteint : officiellement, ce sport s’appellera dorénavant sepak takraw. A cette occasion, ils ont formé la Fédération asiatique Sepak Takraw (ASTAF), et traduit les règles en anglais, préparant le terrain pour la première compétition internationale, tenue en Malaisie en 1965, aux Jeux péninsulaires d’Asie du Sud-Est (SEAP Games, prédécesseurs des Jeux Asiatiques). Ce qui a ouvert la voie au développement international de ce sport insolite. Cependant, c’est le remplacement de la balle en rotin naturel, qui avait tendance à se briser et à se déformer, avec la balle en plastique synthétique plus standardisée qui a vraiment donné un coup de fouet à la popularité du jeu. En 1990, sepak takraw a été inclus aux Jeux asiatiques de Beijing. Les femmes ont également participé à l’expansion de ce sport; ainsi, la Thaïlande a accueilli les premiers championnats féminins en 1997. Aujourd’hui, plus de 20 pays ont des associations nationales de sepak takraw avec des représentants au conseil d’administration de la Fédération internationale Sepak Takraw (ISTAF sur Facebook et sur le web).

Sepak takraw est l’un des sports qui connaît la croissance la plus rapide en Asie. Les coups de pied défiant la gravité, les torsions aériennes et la vitesse aveuglante du jeu étonnent les spectateurs du monde entier. La Thaïlande a dominé les compétitions internationales, remportant presque tous les grands événements. La Malaisie a inversé cette tendance aux Jeux de 2005 à Manille. Ces deux pays resteront les équipes à battre dans un proche avenir, mais d’autres pays comme le Myanmar (la Birmanie), la Corée du Sud, Singapour ou encore le Vietnam progressent rapidement. Les nations asiatiques font actuellement pression sur le CIO pour que les Jeux Olympiques intègrent ce sport.

La King’s Cup, le Mondial du sepak takraw

En attendant, c’est la Thaïlande qui organise ce qui est considéré comme la Coupe du monde de la discipline : la King’s Cup Sepak Takraw World Championship, qui a lieu tous les ans. La dernière édition, 32e du nom, s’est déroulée à Bangkok en décembre 2017. Vous imaginez bien que les joueurs siamois sont des stars au pays et en Asie. Ainsi de Pornchai Kaokeaw, de son petit nom Puy. Regardez-le à l’action, c’est impressionnant (autre extrait sur YouTube) :

Revivez dans cet article de Vice Sports l’aventure des Français qui ont participé au précédent Mondial, celui de 2016. Au niveau asiatique, les XVIII Jeux Asiatiques se tiendront en 2018 à Jakarta-Palembang, en Indonésie donc, avec au programme plusieurs compétitions de sepak takraw.

En Europe, la FESTA – Fédération Européenne de Sepak Takraw est née le 1er juin 2003 à l’initiative de tous les représentants européens présents au « Swiss Open 03 » de sepak takraw auquel ont participé dix-huit équipes. La FESTA en Europe et l’ASTAF en Asie représentent l’ISTAF (Fédération Internationale de Sepak Takraw). Cette dernière organise l’ISTAF SuperSeries, compétition internationale réunissant les principaux pays joueurs.

Le journal L’Equipe a déjà parlé de ce sport, évoquant son évolution en France où l’Association française de sepak takraw a été créée en 2003. De même que le journal Le Monde ou encore Europe 1newvoradio s’est intéressée, elle, à Jérémy Vorady, un joueur alsacien. Un sport également organisé en Suisse (allemande) avec l’association Sepak Takraw Schweiz, présente également sur FacebookBali Autrement nous offre un regard indonésien sur ce sport, un article plutôt fouillé. Et le magazine Le Point nous présente l’équipe nationale d’Indonésie, soumise à une discipline de fer afin de gagner les compétitions internationales dominées par la Thaïlande.

 

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8e Queen’s Cup à Chiang Mai en février 2018

Cette longue entame pour vous annoncer l’organisation de la 8e Queen’s Cup à Chiang Mai du 6 au 10 février 2018, dès 17h30 sur la place de la Porte Tha Pae, épicentre touristique de la Rose du Nord. Ne manquez surtout pas cet événement spectaculaire. La compétition est soutenue par l’Association Sportive de Chiang Mai (สมาคมกีฬาแห่งจังหวัดเชียงใหม่ SACM que vous retrouvez sur Facebook). Vous devriez pouvoir visionner les matchs en direct sur la chaîne YouTube de Panuwat Designman (06.02, 07.02, 08.02). Ou encore sur la page FB We Love Sepak Takraw En attendant, voici la bande-annonce :

On complète cette information avec les photos du défilé d’arrivée des athlètes et celles de la cérémonie d’ouverture. De même que les podiums.

Par ailleurs, celles et ceux désirant observer des parties de sepak takraw dans la rue ici à Chiang Mai pourront se rendre en soirée à ce carrefour-ci. Spectacle garanti.


SepakTakraw8thQueenSCup2018PhotoCoupeEn Thaïlande, Sanam Takraw (สนามตะกร้อ qui signifie le Stade du takraw) est le site de référence du sepak takraw. Retrouvez-le sur Facebook et sur le web (mais bien entendu, tout est en langue thaïlandaise).
Il y a bien sûr l’Association Thaïlandaise du Takraw, sur Facebook et sur le web.
Mentionnons encore la page Facebook We Love Sepak Takraw qui réunit tous les passionnés du royaume (et il y en a plus de 100’000), émanation de Sepak Takraw World.
Dommage que l’ouvrage de Christine et Yves Michel édité en 2003 – Guide officiel du sepak takraw : Histoire, entraînement, règles du jeu – ne soit plus disponible.


On récapitule ici le nom de ce sport à travers les divers pays asiatiques :
Thaïlande
(commun
ément)
เซปักตะกร้อ (sepak takraw)
(
ตะกร้อ, takraw)
Laos kator
Myanmar chinlon
Malaisie
Singapour
Brunei

sepak raga
Philippines sipa
Vietnam da cau
Indonésie rago
Cambodge ?
Chine 藤球 (sepak takraw)
Europe sepak takraw
Pays anglophones kick volley-ball

Et comme dans tout sport il y a forcément des mordus, on termine avec les fautes sanctionnées (extrait de Wikipedia), ce qui vous permettra de mieux comprendre les règles en regardant un match :

  • Si le tekong ne garde pas un pied dans le cercle de service ou que son pied touche la ligne du cercle.
  • Si le service est effectué alors que les ailiers ne sont pas dans leur quart de cercle ou qu’ils marchent sur la ligne de leur quart de cercle.
  • Si au service, les autres joueurs se trouvent en dehors des limites du terrain.
  • Si pendant le jeu, un joueur touche le filet ou les poteaux avec son corps ou ses vêtements.
  • Si un joueur touche la balle avec sa main ou son bras.
  • Si un joueur porte la balle.
  • Si la balle glisse sur le corps d’un joueur.
  • Si une équipe effectue plus de 3 touches de balle.
  • Si un joueur passe son pied au-dessus du filet afin de contrer un adversaire.
  • Si un joueur touche la balle dans le camp adverse.
  • Si la balle touche le plafond ou le mur.

Crédit photographique de l’image à la Une: © Facebook – สนามตะกร้อ
Mise à jour : 29.03.2018

 

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