Archives des étiquettes : Agenda

9 août – Journée internationale des Populations autochtones

Vous l’apprendrez sans nul doute aujourd’hui : les Nations Unies avaient déclaré l’année 2019 Année internationale des Langues autochtones. Par ailleurs, le 9 août correspond à la Journée internationale des Populations autochtones du monde. Belle occasion pour les diverses minorités ethniques de faire entendre leur voix. Et pour vous d’assister à une rencontre exceptionnelle avec les membres de ces minorités, nombreuses dans le nord thaïlandais.

On vous parle ici de cette Journée internationale, en vous livrant le programme de la fête. Vous en saurez plus sur la problématique de ces peuples, souvent bafoués. Et l’on vous dévoile un rituel méconnu qui perdure chez les Karen. L’on termine notre article par une brève présentation des minorités ethniques présentes ici au nord de la Thaïlande, en vous disant où en rencontrer autour de Chiang Mai.

Publicités

Édition 2023

Le thème de l’année 2023 est « Les jeunes autochtones, agents du changement pour l’autodétermination ». En savoir plus sur le site web des Nations-Unies. Une belle occasion de d’apprendre 10 choses sur les peuples autochtones.

À notre connaissance, aucune grande manifestation publique n’est organisée à Chiang Mai cette année (contrairement aux années dernières). Néanmoins, un événement a lieu au Centre de recherche anthropologique Sirindhorn, à Bangkok. Les échanges porteront sur la coopération des partenaires pour soutenir la gestion des aires protégées qui abritent des modes de vie ethniques, tout en promouvant leurs droits. Quelle sera l’évolution politique propre à la diversité de la société thaïlandaise ? Le tout est diffusé en direct sur Facebook. Sachez cependant que les représentants des nombreuses minorités ethniques de Thaïlande se sont cependant déjà réunis lundi dernier (vidéo).


Édition 2021 virtuelle, covid oblige

Vous ne serez pas étonné.e d’apprendre que l’édition 2021 de cette Journée internationale des peuples autochtones est célébrée virtuellement en Thaïlande, un pays où le terme « covid » est passé dans le langage courant mais surtout un pays en proie à une pandémie sanitaire terrible, affectant chaque jour toujours plus d’habitants (actuellement, le pays compte près de 20 000 infections par jour).

Au niveau international, le thème retenu cette année est « Ne laisser personne de côté : Les peuples autochtones et l’appel pour un nouveau contrat social ». La page web officielle de l’ONU vous en dit plus à ce sujet (et c’est en français).

Ici en Thaïlande, la réunion virtuelle permet un échange riche entre les diverses communautés, invitant notamment ses jeunes représentants. Elle est émaillée de reportages et de concerts d’artistes. Bien que tout ou presque soit en langue thaï, on vous invite vraiment à y jeter un oeil : c’est là une occasion unique de découvrir le quotidien des minorités ethniques, un quotidien bien loin de l’image qu’un touriste peut s’en faire. La vidéo dure plus de 6 heures.


Édition 2020 bousculée par le Covid-19 !

Dans la mesure où les frontières thaïlandaises sont fermées à tous touristes étrangers depuis le mois de mars 2020, nous n’avons pas mis à jour cet article – qui en garde par ailleurs toute sa pertinence – en dehors du présent paragraphe. La crise du Covid-19 a affecté l’organisation des festivités habituelles liées à cette commémoration, des festivités organisées malgré tout et réparties en quatre endroits différents en Thaïlande : dans la province centrale d’Uthai Thani, à Sakon Nakhon pour l’Isan et dans la province de Phatthalung, au sud.

Pour ce qui est du nord, c’est bien sûr Chiang Mai qui a été choisi. Cela se déroule les samedi 8 et dimanche 9 août 2020 au siège de l’ONG IMPECT (สมาคม), ici. C’est sous le signe de la solidarité entre les diverses ethnies que sont placées ces célébrations. Le thème en est « Partageons l’amour, partageons la joie, des montagnes aux océans » en reflet à la solidarité des minorités ethniques régionales qui se sont entraidées durant cette période de crise. Les célébrations sont diffusées en direct sur cette page Facebook.

Une édition toujours aussi colorée

9 août – Journée internationale des Populations autochtones du monde

Il est des journées qui accaparent les médias et aimantent les commerçants (prenez la Saint-Valentin en guise d’exemple). La journée dont il est question ici n’en fait pas partie, hélas, trois fois hélas. Les Journées internationales – voire mondiales – servent parfois à mettre en avant des problématiques complexes – certes moins populaires mais non moins importantes. Et cette Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde – célébrée le 9 août de chaque année – en fait indubitablement partie.

IndigenousPeoplesDay2018ConcoursPhotoMontage2
© IMN Voices – ทักษ์ดนัย & บัวลอย

Le Nord thaïlandais est l’épicentre des minorités ethniques¹ – souvent venues du Nord – présentes dans le royaume : Karen, Shan, Lahu, Lisu, Hmong, Mien, Akha, Tai (dont les Taï Lüe que nous apprécions), pour ne citer que ces quelques minorités (en photo ici; pour en savoir plus sur les minorités ethniques, lisez donc notre article sur le Festival de la Vie Tribale). Nous ne pouvions donc passer sous silence cette commémoration d’autant que nous défendons, autant que faire se peut, ces peuplades aux droits souvent bafoués. La modernisation rapide de la Thaïlande va bien souvent à l’encontre des besoins de ces populations, par exemple en ce qui concerne la gestion forestière. Il s’agit aussi pour elles de préserver leur identité, leur langue et leur culture à travers la transmission de leur mode de vie aux générations futures, un mode de vie qui encourage une gestion efficace des ressources naturelles dans le pays. Cette transmission se fait par exemple à travers des réseaux éducatifs.

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones.

 Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 2

IndigenousPeoplesDay2018CoverBhumibol(2017)

Les membres des minorités ethniques profitent de cette Journée internationale pour organiser leur Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande. En 2017, la 3e édition de cette assemblée s’était tenue ici à Chiang Mai, réunissant pas moins de 38 groupes autochtones; elle coïncidait avec le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C’est là un échelon important dans la reconnaissance des droits des minorités ethniques présentes dans tous les pays, a fortiori s’agissant des peuples premiers. Entre autres thèmes qui ont été évoqués, les défis et l’avenir des peuples autochtones en Thaïlande. Selon le Département du bien-être et du développement social, la Thaïlande compte 3’429 villages de « tribus montagnardes » totalisant une population de 923’257 personnes. Et 2017 marquait une date historique pour les ethnies minoritaires : leur reconnaissance par le gouvernement central thaïlandais ! Si vous désirez en savoir plus, Alain et Bernard font un rapide survol des  « populations montagnardes » du nord-ouest de la Thaïlande. Des populations dont le quotidien s’est amélioré grâce notamment à la Fondation du Projet Royal créée par feu le roi Bhumibol le Grand. Un roi qui a beaucoup œuvré à l’intégration des minorités ethniques au sein de la nation thaïlandaise, tout en préservant leurs spécificités culturelles.


Assemblée Nationale 2019 du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande

JournéeInternationaleDesPeuplesAutochtones2019CoverFBEvent

Cette année, la 4e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande est organisée du 8 au 10 août 2019 à l’Université Mae Jo, au nord de Chiang Mai (มหาวิทยาลัยแม่โจ้), ici. Elle a pour thème : « La langue maternelle, notre langue, une langue du monde » (en thaï : ภาษาแม่ ภาษาเรา ภาษาโลก).

JournéeInternationaleDesPeuplesAutochtones2019PhotoSroiSeamLai
© Facebook – Sroi SeamLai

Les groupes ethniques présents dans le nord de la Thaïlande conservent encore leur identité linguistique, part intégrante de leur patrimoine culturel. Par ailleurs, ils jouent un rôle important dans la gestion durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement en Thaïlande. Cet événement fait partie d’une campagne plus générale pour que la société thaïlandaise reconnaisse et accepte l’identité et les droits des diverses minorités ethniques, composante du pays. La politique n’est donc pas oubliée puisque l’assemblée a pour but d’élaborer des mécanismes décisionnels, en plus d’être un forum politique pour peser sur les lois touchant aux minorités ethniques. Une manifestation qui vise à promouvoir le vivre ensemble dans une société multiculturelle et pacifique.

Ce sont plus de 1000 participants d’horizons divers qui sont attendus durant cette manifestation, représentant plus de 30 tribus indigènes. Un espace d’échange de connaissances et d’expériences afin de résoudre leurs problèmes communs. Où le partage désintéressé est bel et bien présent, à l’image de cette cérémonie de bénédiction durant l’événement de l’année dernière. C’est là un événement soutenu par diverses organisations dont l’Union Européenne. Le programme, sur trois jours, comprend de nombreuses activités dont des séminaires, colloques et débats pour le plaidoyer et la promotion des droits des peuples autochtones en Thaïlande. Et cette année, des activités d’apprentissage des langues tribales. Le Conseil des peuples autochtones de Thaïlande se réunit à cette occasion (CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand). La Journée internationale du 9 août sera bien entendu célébrée. Il y aura également un concours de photographie, des expositions sur les coutumes autochtones, un marché des produits de ces communautés, des concerts et des spectacles folkloriques, de même qu’un défilé de mode.


Programme 2019 de l’événement

IndigenousPeoplesDay2018ConcoursPhotoPhoto5
© IMN Voices – สังคม

Les festivités durent trois jours et commencent le jeudi 8 août 2019 à Chiang Mai. Étonnamment, le musée Tribal de Chiang Mai ne semble pas convié à la fête ! Quoi qu’il en soit, nous vous invitons vivement à vous déplacer du côté de San Sai, siège de l’université Mae Jo, dont la faculté d’agriculture est connue au niveau national. On vous livre ci-dessous l’extrait du programme complet, soit les principaux événements qui pourront vous intéresser en tant que touriste ou du moins en tant qu’étranger à ces ethnies.

JEUDI 8 AOÛT 2019 :

  •  13h : cérémonie d’ouverture avec des spectacles culturels des membres des minorités ethniques.
  • 14h puis à 15h : show des jeunes pousses (TKN Award).
  • 17h : démonstrations culinaires vous permettant de manger les spécialités des tribus.
  • Et de 18h à 21h30 : spectacle folklorique des 30 minorités ethniques. Une soirée qui vous permettra de découvrir la culture des minorités ethniques qui peuplent la Thaïlande, plus particulièrement le Nord.

VENDREDI 9 AOÛT 2019 (c’est la Journée internationale des Populations autochtones du monde à proprement dite) :

  • De 9h à 9h15 : représentation théâtrale reflétant l’importance de la langue maternelle.
  • 9h15 : débat académique Parler une langue autochtone – Relier le mode de vie local au monde. Avec des représentants des minorités ethniques, de l’Unesco, de l’ambassade américaine en Thaïlande et des professeurs d’université.
  • 10h : activité « Échanger du riz contre du poisson » (khao leak pla). Il s’agit de mettre en avant le système du troc traditionnel, sans monnaie, qui est bénéfique pour la communauté. Exemple ici avec une personne qui dispose de beaucoup de riz et en échange une partie contre du poisson.
  • De 13h à 15h30  : forum académique Identité tribale et mode de vie Karen – Promotion et conservation des modes de vie ethniques. Avec, entre autres, des représentants tribaux, dont le président par intérim du CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand, de même que le directeur du Centre d’anthropologie Sirindhorn. Puis établissement des résolutions du Conseil qui seront présentées au gouvernement thaïlandais.
  • Et de 18h à 21h : divers spectacles assurés par les membres des minorités ethniques, avec un défilé de mode. Et là aussi une bien belle  soirée qui vous permettra de découvrir la culture de ces minorités.

SAMEDI 10 AOÛT 2019 (une journée qui ne vous concerne pas vraiment) :

  • De 9h à 16h : Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, en tant que tel. C’est la 4e Assemblée Nationale de ce Conseil. Il va de soi que, contrairement aux deux jours précédents, cette journée est réservée aux seuls membres du Conseil.

En parallèle et durant les trois jours de la manifestation, vous pourrez profiter d’expositions et autres ateliers :

  • une exposition artistique;
  • une exposition sur le développement des communautés des hauts plateaux (c’est comme cela que les Thaïlandais les nomment), notamment à travers l’agriculture durable, l’agriculture biologique et les petits domaines agricoles;
  • des ateliers sur les connaissances propres aux minorités ethniques, telles que les balançoires (une spécialité ludique appréciée des Akha), la teinture de tissus, la composition de livres fait main, la réalisation de bougies, etc.

Pour entrer en contact avec ces minorités, Lonely Planet a édité un petit dictionnaire de langues mais il est en anglais, le Phrasebook Hill Tribes. De quoi faciliter la première approche.

IndigenousPeoplesDay2018ConcoursPhotoMontage3
© IMN Voices – ศรีเพชร & รศ.ดร.จิรวัฒน์

Suivez la manifestation sur cette page Facebook.

Mise à jour – Édition 2019. Vous pouvez retrouver cette édition en parcourant l’album-photo de CM Daily Update. Une édition retransmise en direct sur la page Facebook IMN Voices. En voici les vidéos des moments-clés :

Le magazine (publicitaire) anglophone Citylife a envoyé une stagiaire qui, au retour de sa journée, a composé cet article (en anglais donc). Et le témoignage apporté nous semble essentiel : l’image des minorités ethniques véhiculée par les médias thaïlandais – une image plutôt négative – doit impérativement évoluer afin que leurs conditions s’améliorent.


Organisation

La reconnaissance de leur statut par les autorités siamoises, la sensibilisation des gouvernements au niveau mondial, le soutien des ONG internationales, la révolution technologique (internet et autres réseaux sociaux), le soutien selon les principes du case management, ce sont là quelques-unes des raisons qui ont facilité l’autonomie des minorités ethniques qui n’hésitent plus à revendiquer leurs droits.

IndigenousPeoplesDay2018LogosMontage

Cet événement est soutenu par beaucoup d’associations et d’ONG, entre autres :

  • Le Réseau des Peuples Autochtones de Thaïlande (NIPTNetwork of Indigenous Peoples in Thailand, เครือข่ายชนเผ่าพื้นเมืองแห่งประเทศไทย en thaï), que vous retrouvez sur Facebook.
  • Le Réseau des médias autochtones (IMN Voices – Indigenous Media Network) qui dispose d’une page Facebook et d’un site web en thaï (la version anglaise est rachitique). C’est lui qui gère l’événement Facebook.
  • Le Réseau des Femmes Autochtones de Thaïlande (IWNT – Indigenous Women’s Network of Thailand), actif sur Facebook et sur le web. Il est intéressant de consulter la liste des membres du comité de ce réseau pour vous rendre compte que beaucoup d’ethnies y sont représentées.
  • สมาคม IMPECT, une ONG qui déploie ses diverses activités en faveur des minorités ethniques dans la région du Nord. IMPECT est un acronyme signifiant éducation et culture des divers peuples de la montagne en Thaïlande. Cette ONG défend le développement durable des minorités ethniques; elle a été fondée en 1993 et est composée entièrement par des représentants de groupes autochtones. IMPECT sur Facebook et sur le web (mais tout est en langue thaï).
  • Autre ONG active au sein des populations autochtones du nord thaïlandais, la Fondation Manushya (site web et page Facebook). Fondée en 2017, elle sert de pont pour engager, mobiliser et responsabiliser les agents du changement. Cette fondation développe des stratégies visant à placer la voix des communautés locales au centre de la défense des droits de l’homme. La Fondation Manushya renforce la solidarité et la capacité des communautés et des populations de base à s’assurer qu’elles peuvent soulever de manière constructive leurs propres préoccupations et apporter des solutions afin d’améliorer leurs moyens de subsistance et la situation des droits de l’homme sur le terrain.
  • Le réseau TKN-Ton-kla qui s’adresse aux enfants et à la jeunesse issus des minorités. Il est soutenu par la fondation suisse Pestalozzi (page Facebook et site web).
  • À l’occasion de cette Journée internationale, la Fondation inter-culturelle (CrCF – Cross Cultural Foundation) a créé d’intéressantes fiches d’information sur l’indigénéité dans le cadre d’un projet de recherche et d’actions contre la discrimination raciale en Thaïlande. Vous pouvez consulter ces fiches signalétiques en langues anglaise et thaï. C’est là une fondation militante qui se bat pour la défense des droits des minorités ethniques (page Facebook et site web).
  • La Fondation pour la linguistique appliquée (FAL – Foundation for Applied Linguistics) s’implique pour que les enfants des minorités ethniques présentes en Thaïlande puisse bénéficier d’une éducation dans leur langue maternelle, ce qui permet un apprentissage plus rapide et plus efficace. Elle fournit des méthodes et des conseils aux enseignants locaux (page Facebook et site web).
  • Diakonia Thailand, une ONG suédoise qui soutient les diverses minorités en prônant des valeurs chrétiennes (page Facebook et site web). Attention ! En la matière, le prosélytisme n’est jamais loin…

Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.

Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 11,

IndigenousPeoplesDay2018LogoONU

Chiang Mai abrite de nombreuses ONG – Organisations non gouvernementales venant en aide aux diverses minorités ethniques. Une guesthouse est même gérée de manière autonome par les membres de diverses communautés. Il s’agit de l’INA House, à côté du Pont de Fer, non loin du Night Bazaar. Par ailleurs, leur situation au niveau national est largement étudiée. À titre d’exemple, lisez le rapport (en anglais) de Micah F. Morton, chercheur au sein de l’ISEAS – Yusof Ishak Institute de Singapour, Le mouvement des peuples autochtones en Thaïlande s’étend. En français, vous avez cette étude-ci : Les politiques de gestion des minorités en Thaïlande.

Autre ONG, l’IWGIA – International Work Group for Indigenous Affairs, d’origine danoise, est une organisation mondiale de défense des droits humains qui se consacre à la promotion, à la protection et à la défense des droits des peuples autochtones. Elle édite un rapport annuel mondial sur leurs droits, The Indigenous World (Monde autochtone). Un rapport implacable. C’est Kittisak Rattanakrajangsri qui dresse la situation des minorités ethniques en Thaïlande. L’auteur est lui-même Mien du nord de la Thaïlande. Il travaille avec des communautés et des organisations autochtones depuis 1989. Il est actuellement secrétaire général de la Fondation des peuples autochtones pour l’éducation et l’environnement (IPF), basée ici à Chiang Mai. Vous pouvez lire son travail pour l’année 2017 (dès la page 352), l’année 2018 (dès la page 306) et l’année 2019 (dès la page 311). La situation actuelle de la Thaïlande est résumée ici.

La Thaïlande est victime – toute consentante – d’une explosion touristique. Dès lors, la demande de terrains pour les hôtels et autres installations touristiques augmente. Et ce sont les peuples autochtones de Thaïlande qui risquent de perdre encore davantage de leurs terres au profit d’hôtels et de parcs nationaux, en raison de l’expansion incontrôlée du tourisme qui tend à les marginaliser, s’alarment des groupes de défense des droits de l’Homme, parmi lesquels la Fondation Manushya cité plus haut. Vous en saurez plus en lisant l’article du Petit Journal.

Prenez donc le temps de connaître les diverses problématiques de ces peuples à travers les quelques liens ci-dessus. Vous pouvez également lire les 10 choses à savoir sur les peuples autochtones, une information du Programme des Nations Unies pour le développement (UNDP).


Et au niveau institutionnel

Les peuples autochtones sont représentés à l’ONU – Organisation des Nations Unies par l’Instance permanente sur les questions autochtones (IPQA) qui dispose d’un Secrétariat (SPFII). Un secrétariat qui ne met pas vraiment à jour la version française de son site web ! La page Facebook, en anglais, est en revanche bien vivante. Sachez que la Thaïlande a voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones en 2007. Wikipédia nous donne une brève explication sur cette Déclaration qui a rencontré beaucoup d’obstacles avant son adoption ! Mais à force de persévérance, les droits des peuples autochtones sont peu à peu reconnus. Et c’est ainsi que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les droits des peuples autochtones, proclamant cette année 2019 Année internationale des Langues autochtones (lire ci-dessous).

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), qui représente l’engagement du monde envers les idéaux universels de la dignité humaine, promeut et protège tous les droits de l’Homme. Les observations sur la Thaïlande sont disponibles sur cette page web. On vous invite à prendre connaissance plus spécifiquement de ce document (en anglais et qui date) résumant les droits des peuples indigènes en Thaïlande. Et plus généralement en Asie (un travail de recherche sous l’égide du BIT – Bureau International du Travail, ILO en anglais).

Les peuples autochtones ne sont pas oubliés par l’UNESCO – Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture mais l’UNESCO semble hélas oublier de mettre à jour son site web !

L’UNICEF – Fonds des Nations unies pour l’enfance avait mené une campagne de sensibilisation des adolescent(e)s issu(e)s de ces peuples.

Et enfin d’autres ONG qui défendent les droits de ces peuplades, entre autres (là, tout ou presque est en anglais et/ou en thaï, obvie) :

Vous pouvez encore visionner le reportage qu’avait consacré ThaiPBS à l’Assemblée de l’année 2015. De notre côté, nous parlons – principalement sur notre page Facebook et à chaque fois que nous en avons l’occasion – des différents événements organisés par ces communautés très vivantes ici à Chiang Mai et alentour. Puisse cette Journée internationale sensibiliser le monde à la problématique vécue par les minorités ethniques, où qu’elles se trouvent, afin que leur culture soit préservée.


Les membres des minorités, souvent bafoués

C’est hélas bien souvent une constante : les membres des minorités ethniques, bien peu respectés en Thaïlande, voient leurs droits souvent bafoués. Ainsi du jeune Ja Jue, tué par un officier de police à Huai Khrai alors qu’il se déplaçait en motocycle. Un événement tragique qui a poussé les habitants du coin à manifester pour demander plus d’équité. Alors que personne ne l’a vu avec une arme, les villageois affirment que son corps a été déplacé et qu’une arme a été déposée a posteriori ! Il semble qu’il soit totalement étranger à un quelconque trafic de drogue. Les manifestants ont demandé :

  1. Que le policier responsable du drame quitte immédiatement la zone.
  2. Que l’enquête soit menée par des personnes neutres.
  3. Que les témoins et la famille de la victime bénéficient d’une protection adéquate.

Autre exemple au Myanmar voisin avec la situation des Karen, victimes d’une guerre civile qui ne dit pas son nom. Le film documentaire Like we don’t exist (Comme si nous n’existions pas), relate leur témoignage, dramatique et émouvant. En voici la bande-annonce :

Une pensée en cette journée particulière pour ces peuples aux droits souvent bafoués ne leur fera pas de mal !


Rencontrer des minorités

À la rencontre des Karen avec Loolu Tour

Les minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais sont une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai – Mae Hong Song – Mae Sariang – Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. En dehors des festivités régulières où les minorités sont présentes – cette Journée internationale des Peuples autochtones, le Festival de la Vie Tribale ou encore la  Lanna Expo et autres manifestations permettant par exemple d’admirer leur folklore – l’on peut aller à la rencontre des tribus ailleurs qu’au musée Tribal de Chiang Mai. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. À titre d’exemple, les Karen s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.


La cérémonie du bracelet, une tradition Karen

Il est important que la culture des minorités ethniques puisse être transmise aux générations futures. À titre d’exemple, nous vous dévoilons une tradition qui perdure chez le peuple Karen : durant le 9e mois de chaque année, les anciens nouent autour du poignet des jeunes un bracelet en coton, une cérémonie qui donne lieu à de réjouissantes festivités. Au Myanmar voisin – appelé précédemment la Birmanie et d’où viennent et vivent beaucoup de Karen – cette cérémonie est appelée la Fête du Bracelet blanc (en thaï : งานผูกข้อมือเดือนเก้า, qui signifie « cérémonie du poignet le 9mois »).

Ce rituel – réunissant l’ensemble de la communauté – crée un lien entre les générations afin de rappeler aux plus jeunes qu’ils doivent en permanence penser et chérir leurs parents et toute personne s’occupant d’eux (les enseignants par exemple). Selon la croyance Karen, le bracelet noué au poignet apporte une protection aussi bien physique que spirituelle. Ce sont des cérémonies qui se déroulent généralement dans les temples bouddhistes, en présence des moines. Les Karen chrétiens ne la pratiquent donc pas. Y sont préparées des victuailles traditionnelles : riz gluant, riz bouilli, collations aux fruits… Chants et danses agrémentent la fête, de même que des jeux collectifs. Il s’agit de promouvoir l’harmonie au sein de la famille et de la communauté entière. C’est aussi et surtout une occasion pour les jeunes de trouver leur tendre moitié…

CérémonieBraceletKaren2019PhotoHugMungNeuaMontage
Crédit photo : Michael Minn Minn © Facebook – @HugMungneua

On vous livre ici quelques lieux et dates où vous pourrez observer ce rituel2 :

  • Dimanche 04.08.2019 : au sanctuaire Chao Pho Suea, à Bang Khae (Bangkok); au temple Chai Mongkhon, à Pak Nam (Bangkok), au marché Saphan Mai, Soi Phahonyothin 96/7 (Bangkok).
  • Dimanche 11.08.2019 : dans le quartier Bang Chalong, à Samut Prakan; dans le quartier Rangsit, à Bangkok.
  • Lundi 12.08.2019 : Sukawadee, à Pattaya, au temple Phloen Phet, district de Sam Phran, à Nakhon Pathom; au temple Rabat Thong, district de Pak Tho, à Ratchaburi.
  • Dimanche 18.08.2019 : au temple Phraayasuren, Ramintra Road 109, à Bangkok et au marché Simummuang, à Pathum Thani (Bangkok), le plus grand marché maraîcher du royaume.
  • Dimanche 25.08.2019 : au Wat Nakhon In, à Nonthaburi et au temple Tha Sao, quartier de Krathum Baen, à Samut Sakhon.

2019 – Année internationale des Langues autochtones

2019AnnéeInternationaleDesLanguesAutochtonesMontagePhotoFRA1
© Facebook – @IYIL2019
  • 7 000 langues parlées dont 2 680 en danger
  • 370 millions de personnes
  • 90 pays
  • 5 000 cultures autochtones différentes

Voilà ce que représentent les langues autochtones dans le monde ! Des langues qui jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne des individus, non seulement en tant qu’outil de communication, d’éducation, d’intégration sociale et de développement, mais également comme gardiennes de l’identité et de l’histoire culturelle, des traditions et souvenirs propres à chacun. Pourtant, malgré leur valeur inestimable, les langues du monde entier continuent de disparaître à un rythme alarmant. Après l’Année internationale des langues, célébrée en l’an 2008, c’est dans cet esprit que les Nations Unies ont déclaré 2019 Année des Langues autochtones (#IY2019) afin de sensibiliser le public à celles-ci, non seulement pour que ce soit profitable aux personnes qui parlent ces langues, mais également pour que les autres puissent apprécier leur importante contribution à la riche diversité culturelle de notre monde.

Quand tu bois de l’eau, pense à la source (proverbe chinois)

L’IYIL2019 fait la promotion des langues autochtones dans cinq domaines clés :

  1. Accroître la compréhension, la réconciliation et la coopération internationale.
  2. Créer les conditions favorables au partage des connaissances et à la diffusion des bonnes pratiques concernant les langues autochtones.
  3. Intégrer des langues autochtones dans l’élaboration des normes.
  4. Autonomiser les personnes impliquées par le renforcement des capacités.
  5. Élaborer de nouvelles connaissances pour promouvoir la croissance et le développement.

Restez donc au courant des nombreuses actions entreprises tout au long de cette année 2019 – proclamée Année internationale des Langues autochtones – grâce au site web et à la page Facebook officiels (et les francophones sont gâtées puisque presque tout est traduit dans notre chère langue). Par ailleurs, l’édition 2019-1 du Courrier de l’Unesco (périodique téléchargeable gratuitement) passe en revue les problématiques liées aux langues et savoirs autochtones.

Celles et ceux attendant une nouvelle édition du Festival de la Vie Tribale devront prendre leur mal en patience (la dernière a eu lieu le 15 août 2018) ! Pour l’heure, aucune date d’une prochaine édition ne nous a encore été communiquée. C’est, là aussi, une bien belle façon de rencontrer des minorités ethniques.


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande3

On termine avec une brève présentation des minorités ethniques du nord de la Thaïlande que les anglophones appellent hill tribes, les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire du sud de la Chine, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits).

HighlandMuseumPhoto3MinoritésEthniques
© พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง

À l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et les non-Thaïs (environ 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande dont on parle ici. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée tribal). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement.

On se quitte avec cette ancienne bande-annonce (hélas, le site de nouvelles The North องศาเหนือ, sis à Chiang Mai, n’a assumé  aucun direct cette année ni produit un quelconque reportage) :


Nos articles en lien avec les minorités ethniques présentes en Thaïlande :
Le musée tribal de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale, un article qui vous présente brièvement toutes ces minorités ethniques;
9 août – Journée internationale des Populations Autochtones du monde;
Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité
29 juillet, Journée nationale du Thaï, la langue officielle de la Thaïlande
Commémoration de l’anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej, grand défenseur des minorités ethniques de son royaume.


¹ Les minorités ethniques présentes au nord de la Thaïlande ne sont pas à proprement parler des autochtones, ce terme signifiant « originaire du lieu (pays, contrée, région, par affaiblissement ville, village) où il habite et que ses ancêtres ont également habité ». Elles sont en effet arrivées après l’envahisseur thaï. Elles profitent cependant de cette Journée internationale des Peuples autochtones afin de sensibiliser la population et de revendiquer leurs droits, à juste titre.
2 Source de cette information : @HugMungneua.
3 On reproduit ici le texte déjà publié dans notre article sur le Festival de la Vie Tribale.

#JournéePeuplesAutochtones #IndigenouseDay #IndigenouseDay2020 #IndigenouseDay2019 #IYIL2019 #IYIL2020 #วันชนเผ่าพื้นเมือง 

Crédit photographique de l’image à la Une (que nous remercions vivement) : © BangkokBlue (Blue Johnson).
Article composé le 07.08.2019 et mis à jour le 09.08.2023.

28 juillet 2019 – Festivités en l’honneur de l’anniversaire de S.M. Rama X

On vous renvoie à la version 2020 de cet article !

Vive le roi ! L’éclosion des panneaux à l’effigie du roi régnant sur fond jaune vous a peut-être mis la puce à l’oreille. Ou alors est-ce le nombre inhabituel de Thaïlandaises et Thaïlandais tout de jaune vêtus qui vous a étonné ce matin. Le 28 juillet est en effet commémoré dans tout le royaume de Thaïlande l’anniversaire de S.M. le roi Rama X. Comme c’est un jour férié tombant sur un dimanche, la férie est reportée à lundi. En quoi cela changera-t-il votre journée ? On vous livre les festivités organisées à cette occasion, nous consacrant principalement à Chiang Mai mais aussi à Bangkok.

Un couronnement récent

C’était l’événement historique du mois de mai 2019, le dernier couronnement ayant eu lieu en 1950, celui du père du roi actuel, Bhumibol Adulyadej le Grand, qui a régné 70 ans, de 1946 à 2016, année de sa disparition, vécue émotionnellement par nombre de Thaïlandais qui, pour la plupart, n’avait connu que ce seul roi, ô combien bien-aimé et qui n’est pas oublié. Couronné sous le nom dynastique de Rama IX, sa disparition a donné lieu à de fastueuses et fort émouvantes funérailles, après une année de deuil. Souverain constitutionnel, le roi est le chef de l’État et le protecteur des religions de Thaïlande.

RamaXAnniversaire2019แวะPhoto

Sa Majesté Rama X © Facebook แวะ

C’est donc son fils, S.M. Maha Vajiralongkorn (มหาวชิราลงกรณ), désigné en 1972 héritier du trône, qui lui a succédé et qui a été officiellement couronné le 4 mai dernier (lisez le portrait qu’en dresse FranceInfo). Vous avez pu suivre les fastueuses cérémonies royales sur notre page Facebook. Un faste semblable à celui de la cérémonie annuelle du labour royal sur la place Sanam Luang que le roi honore de sa présence. Il faut dire que la royauté thaïlandaise trône au sommet des monarchies les plus fortunées au monde.

Vous pouvez également feuilleter l’ouvrage (en anglais) intitulé The Royal Coronation Ceremony. Un livre qui relate les cérémonies de couronnement antérieures, avec les discours prononcés par tous les monarques de la dynastie Chakri, de même que les objets royaux utilisés pour la cérémonie. Vous apprendrez également les rituels bouddhistes et hindouistes sur lesquels repose cet événement; le livre contient des photographies rares des divers couronnements.

Le 28 juillet 2019, Sa Majesté le roi Rama X fêtera ses 67 ans

Ce couronnement a permis aux sujets de Sa Majesté de mieux le connaître, lui et sa famille. À l’occasion de son 67e anniversaire, ce dimanche 28 juillet 2019, les Thaïlandais sont invités à s’habiller de jaune, couleur du jour de naissance de Rama X (c’était également la couleur du précédent roi). Faites-en de même et les autochtones vous apprécieront d’autant plus. Notons encore que pour l’heure la Fête des Pères n’a point encore été déplacée à cette date.



Booking.com


Festivités à Bangkok

Cette journée est marquée par un événement récurrent de la poste thaïlandaise : l’émission d’un timbre-poste spécialEt sinon, de nombreuses manifestations sont organisées à travers tout le pays. Où le caractère symbolique est souvent présent comme ces tortues remises à la mer à Chonburi il y a deux ans (article et vidéo). 

RamaXAnniversaire2019NationPhotoMontage

© Facebook – NationPhoto

À Bangkok, les monuments et les rues sont richement décorés; le drapeau thaïlandais flottera à plein vent aujourd’hui. En soirée, attendez-vous à des feux d’artifice. Et n’hésitez pas à admirer les spectacles de danse traditionnelle. Le roi se soumet à diverses cérémonies, accompagné de Sa Majesté la nouvelle reine consort Suthida (สุทิดา) : aumônes matinales aux moines (un rite auquel se prête le Premier ministre Prayuth Chan-o-Cha), tirs de canon, cérémonie royale dans la salle du trône Amarindra Vinijaya (y sont invités la famille royale, les membres du cabinet et les dignitaires). Sous le regard protecteur de celle qui l’a toujours protégé, la reine mère douairière Sirikit, dont l’anniversaire est fêté le 12 août, jour de la Fête des Mères en Thaïlande.

À la tombée du jour (ce dimanche vers 19h30), comme partout dans le pays, les Thaïlandais prendront part à la traditionnelle cérémonie aux chandelles (à Krung Thep, comme les locaux appellent la capitale), cela se déroule sur l’immense place Sanam Luang. Un rituel suivi cette année d’un spectacle son et lumière (incluant des drones) à l’Université Thamassat. C’est également ce dimanche 28 juillet qui se terminera le festival folklorique qui a débuté jeudi dernier au Siam Paragon sous le thème Long Live Our Beloved King (Longue vie à notre roi bien-aimé, publication Facebook).

Mise à jour : le magazine francophone Gavroche nous offre la traduction du communiqué officiel de la maison royale qui décrit le déroulement de cette journée de fête. Vous pouvez voir quelques photos de la somptueuse cérémonie nocturne qui a d’ailleurs été diffusée en direct :

Maha Vachiralongkon Bodintharathepphayawarangkun, Xe roi de la dynastie Chakri, régnant sous le titre officiel de Phrabat Somdet Phra Vajira Klao Chao Yu Hua¹

Bangkok, qui a récemment déplacé son zoo, est une ville récente; maints places et monuments découlent de l’art moderne thaïlandais de Silpa Bhirasri. Elle peut dorénavant se visiter en bus touristique.

Au-delà de la capitale siamoise, sur l’initiative du précédent monarque, Bhumibol le Grand, francophone et ami de la Suisse, l’entrée aux parcs nationaux est gratuite aujourd’hui (mais seuls les Thaïlandais en profiteront, peut-être aussi les résidents étrangers qui sauront se montrer persuasifs… et souriants). Cette petite vidéo nous le rappelle. Plus spécifiquement à Chiang Mai : entrée gratuite (pour tous) au jardin botanique de la reine Sirikit (QSBG, ouvert de 8h30 à 16h30) où se déroule jusqu’au 15 août 2019 une exposition spéciale sur les dinosaures qui ravira les petits. Notons encore que la municipalité de Chiang Mai a profité de ce jour de fête pour inaugurer un nouveau parc public : Charoen Pratet.

RamaXAnniversaire2019ParcsNationauxMontagePhoto

Nature sauvage des parcs nationaux © Facebook – Tourism Product


Festivités à Chiang Mai

Dans la Rose du Nord – et partout dans le royaume – les cérémonies solennelles sont nombreuses, au premier rang desquelles celles des administrations et entités étatiques ces jours derniers, qui rendent hommage à leur roi comme ici au Bureau du Développement agricole de la province.

RamaXAnniversaire2019PRChiangmaiPhotoMontage.jpeg

Solennités à Chiang Mai © Facebook – PR Chiangmai (1 & 2)

D’autres événements plus originaux sont organisés, comme cette cérémonie de chants célébrée par l’école Sapphitthayakhom, cette libération de dizaines de milliers de carpes dans la rivière Ping organisée par le Centre de conservation de la faune sauvage, ce reboisement qui réunit plus de 500 volontaires au Projet de développement forestier Khun Mae Kuang Forest ou du côté de Mon Chaem, au Centre de développement Nong Hoi (une entité de la Fondation du Projet Royal), ou encore cette revalorisation des canaux de la ville, ici à Sansai où des dizaines de bénévoles œuvrent (et nous nous réjouissons vraiment du futur que nous réserve cette revalorisation). Vous le voyez, les Thaïlandais font preuve d’imagination pour leur souverain.

Swiss-Lanna Lodge Chiang Mai

Mais en tant que touristes, d’autres événements d’envergure vous attireront; ainsi samedi soir se sont déroulées des danses traditionnelles Lanna sur la place Thapae, épicentre touristique de la ville.

Voici encore les principaux événement organisés dimanche. Et ça commence tôt !

Aumônes matinales aux moines au CMECC

C’est là une tradition quotidienne – avec des cérémonies plus amples à certaines occasions spéciales comme l’est la célébration de l’anniversaire du roi : l’aumône matinale aux moines permettant d’acquérir des mérites, notion impérieuse pour tout bouddhiste thaïlandais qui se respecte.

La cérémonie d’aumônes officielle est organisée dimanche 28 juillet 2019 au Centre international de convention et d’exposition de Chiang Mai, le CMECC, au nord de la ville, là où se déroule la traditionnelle Lanna Expo. Au programme :

  • 7h30 : offrandes faites à 68 moines
  • 9h : cérémonie de signatures
  • 11h : cérémonie d’ouverture du projet de la nouvelle route Chaloem Phra Kiat
  • 19h : cérémonie aux chandelles

Habillez-vous de jaune si vous ne souhaitez pas sortir du lot (photos de la cérémonie du projet routier et vidéo aérienne de l’hommage au roi).

Parade en samlor – We Love the King Chiang Mai

Ce sera là l’événement-phare de ce dimanche 28 juillet 2019, touristiquement s’entend, et il commence tôt lui aussi, place Thapae ! Un show culturel avec une parade de tricycles – les fameux samlor – avec, au programme :

  • 7h00 : enregistrement des invités;
  • 8h00 : cérémonie d’ouverture avec des danses traditionnelles Lanna et d’autres spectacles folkloriques où se produiront de jeunes artistes des divers arts du Lanna;
  • 9h10 : réunion de la parade à la Porte Tha Pae;
  • 9h30 : départ de la parade des tricycles vers le nouveau parc public Charoen Pratet, inauguré ce même jour;
  • 11h00 : cérémonie religieuse au parc en question;
  • 11h30 : retour de la parade des tricycles à la Porte Tha Phae.

L’événement est gratuit mais celles et ceux qui désirent embarquer dans un samlor devront s’acquitter d’un forfait de THB 400.- (un drapeau est offert). Le tout organisé par des amoureux de Chiang Mai – la même communauté qui organise l’événement annuel We Love the King Parade le 5 décembre de chaque année, date de naissance du précédent monarque, Bhumibol le Grand. Et le spectacle folklorique matinal était diffusé en direct sur Facebook :

Hommage au roi au Royal FloraPrint

Le Parc royal Rajapruek (ou Royal Flora) ne manque jamais de commémorer les événements liés à la famille royale. C’est donc tout naturellement qu’il organise lui aussi une cérémonie d’hommage au roi. Comme elle a lieu dimanche 28 juillet 2019, de 18h à 20h, ce sera probablement une cérémonie aux chandelles. Cela se déroule à la salle Sak Thong du parc, à l’extérieur de la ville donc. Précisons que l’entrée – payante habituellement – est ici gratuite. Si vous y allez, le jaune sera de rigueur (de même qu’une tenue correcte).

Une belle occasion de visiter dans l’après-midi tant le Wat Phra That Doi Kham, au haut de la colline, que le Wat Ton Kwen tout proche, ce dernier ayant gagné en popularité depuis le grand succès de la série TV l’Odeur de la kasalong.

Ce n’est pas là liste exhaustive. Il y a par exemple une cérémonie bouddhiste au plus vénéré temple du centre-ville, le Wat Phra Singh, en présence des officiels, notamment le gouverneur de la province.

Signalons pour terminer qu’à Chiang Mai comme dans toute la nation, ce jour est une occasion pour donner du sang (et nombre de Thaïlandais le font volontiers). Cela se passe au centre de collecte X de la province, en ville donc.

In fine, lundi étant chômé, il faut compter avec les fermetures habituelles (tous les bureaux étatiques, certains musées, les banques et assurances – mais pas les centres commerciaux, etc.). La vente d’alcool n’est pas prohibée.

En conclusion de toutes ces cérémonies d’hommages, nous ne pouvons que scander « Longue vie au roi ! » 🤴


¹ Wikipédia

Source de l’image à la une © Facebook – NationPhoto. Article mis à jour le 30.07.2019


Vous avez aimé cet article ? Produire du contenu original demande du temps, des compétences et des connaissances. Utilisez nos liens d’affiliation tant pour vos hébergements, vos déplacements que les achats multimédias. Votre soutien ne vous coûtera rien de plus et nous aidera à continuer à vous offrir les informations que vous appréciez. Un grand merci à vous 🙏


//cdn0.trainbusferry.com/tools/form/fr/?id=1286319

Powered by 12Go Asia system

Asanhabucha & khao phansa 2019, ’20 & ’21 – L’entrée dans « le carême bouddhique » (qui n’en est pas un)

Ce sont là deux fêtes bouddhistes parmi les plus importantes de Thaïlande ! Asanhabucha – écrit plus souvent Asalha Bucha – commémore le premier sermon du Bouddha et khao phansa, survenant le lendemain, correspond au début du retrait des moines dans leur temple. Dans cet article, vous saurez de manière détaillée ce que recouvrent ces deux termes religieux thaïlandais. Et l’on vous livre également le programme des diverses commémorations dans moult temples bouddhistes de Chiang Mai, avec notamment les événements organisés à cette occasion.

On vous invite vivement à vous rendre dans un temple le soir de la première fête, à la tombée de la nuit, pour vivre une soirée pleine d’émotion en compagnie des dévots durant cette nuit de pleine lune…

Prochaines festivités de l’asanhabucha : mardi 1er août 2023.
Et donc wan khao phansa le lendemain, soit mercredi 2 août 2023.

Publicités

Édition 2021

Avec toutes les restrictions en cours liées à la crise du covid, nous renonçons à une mise à jour des festivités pour cette année sachant que tout peut être remis en question à tout moment !

Édition 2020

Cette année 2020, dans la mesure où les frontières sont fermées pour contenir l’épidémie du Covid-19, nous ne mettrons pas entièrement à jour le présent article – en dehors de cette partie initiale – dans la mesure où les informations de l’édition 2019 restent pertinentes.

Ainsi donc, ce dimanche 5 juillet 2020 est jour férié en Thaïlande en raison de wan asanhabucha, importante fête bouddhiste commémorant le premier sermon du Bouddha. C’est ce jour-là qu’il vaut la peine de se rendre dans les temples, en fin de journée, pour assister aux célébrations wian thian (เวียนเทียน), la triple circumambulation sous forme de procession à la bougie; lire ci-dessous. Alors que le lendemain, lundi 6 juillet 2020, correspond au wan khao phansa, belle occasion de participer aux aumônes matinales marquant le début du retrait des moines dans leur temple. Elles ont lieu vers 7h, l’heure précise variant selon les temples.

Comme ce sera là la première fête bouddhiste post-Covid-19 à pouvoir être célébrée publiquement dans les temples, nous misons sur une importante participation des dévots bouddhistes le soir du dimanche 5 juillet 2020. Des mesures de protection seront cependant imposées aux fidèles (prise de température à l’entrée du temple, port du masque obligatoire, respect de la distanciation physique et gel alcoolique pour se laver les mains).

Sachez encore qu’ici à Chiang Mai, cette année il n’y aura aucune cérémonie au Wat Phan Tao, célèbre pour ses mises en scène des moinillons, éclairés à la bougie au pied d’un Bouddha méditant. Contrairement à l’année dernière, dite annulation est sûre et certaine, le monticule où avait lieu la cérémonie ayant été démoli ! À défaut, on vous conseille de vous rendre ce soir-là au Wat Sai Moon Muang (วัดทรายมูลเมือง) qui, lui aussi, fait généralement participer ses jeunes moines éclairés à la lueur de leur bougie (une mise en scène dans laquelle une solennité de circonstance est respectée). Ou alors, sans risque d’être déçu, au Wat Chedi Luang (วัดเจดีย์หลวง วรวิหาร) où des dizaines de jeunes moines participent à la cérémonie qui se termine par une émouvante triple circumambulation atour de l’immense chedi partiellement détruit.

Autre annulation qui nous a été confirmée, le rassemblement d’éléphants à Maetaman (voir ci-dessous). En revanche cette année, une telle procession de bougies à dos d’éléphant a été organisée à Mae Chaem par le peuple karen (reportage et vidéo). Restent en suspens les éventuels défilés des écoles en ville (une organisation qui nous semble bien improbable, la rentrée post-covid-19 n’ayant eu lieu que le 1er juillet dernier).

Pour ce qui est du traditionnel pèlerinage des moinillons vers le Doi Suthep (vous saurez de quoi l’on parle en lisant la suite de cet article), ce ne sont ni les jeunes moines du temple Sri Soda ni ceux du Wat Wiwek Wanaram (วัดวิเวกวนาราม) qui l’ont effectué cette année (photos de l’asanhabucha de ces derniers, qui sont des jeunes venues des zones montagneuses du nord). L’honneur de ce pèlerinage effectué le 4 juillet revient aux jeunes moines du Wat Ban Khun (วัดบ้านขุน), dans le district de Hot, au sud de la province de Chiang Mai. Un pèlerinage qui a clôt leur formation religieuse. On vous offre les images :

Traditionnellement, le Premier ministre offre des bougies au Patriarche du bouddhisme thaïlandais. Si vous comprenez la langue thaï, vous pourrez alors apprécier le message du dit Patriarche à l’occasion de ces fêtes religieuses. Des festivités officielles qui ont été lancées cette année par le ministre de la Culture. Et cette année 2020, en raison de la crise sanitaire, Vassa pourra même être célébrée virtuellement à travers une triple circumambulation à la bougie !

ATTENTION : FÉRIES & ALCOOL. Wan asanhabucha tombant un dimanche, la férie est accordée le jour suivant, lundi 6 juillet. Comme ce dernier jour est déjà férié, la férie des fonctionnaires due en raison de wan khao phansa est par conséquent accordée le lendemain également, soit le mardi 7 juillet 2020. Pour le dire autrement, toutes les agences gouvernementales seront closes 4 jours, du samedi 4 juillet au mardi 7 juillet 2020 (c’est notamment le cas du Bureau de l’Immigration). Pour ce qui est de l’interdiction de vente de l’alcool, elle prend effet 48 heures durant : dès le samedi 4 juillet à 0h01 jusqu’au dimanche 5 juillet 2020, à 23h59. Ainsi donc, les bars, qui n’ont rouvert que ce 1er juillet, fermeront samedi 4 et dimanche 5 juillet (ce qui correspond aux deux jours bouddhistes, celui d’asanhabucha et celui du khao phansa).

Festivals des Bougies. Et c’est durant asanhabucha et khao phansa, fêtes où la bougie tient un grand rôle cérémoniel, que sont organisés dans l’Isan, le nord-est de la Thaïlande, les divers festival de bougies. Le plus connu, le Festival des Bougies d’Ubon Ratcha Thani, a lieu du 3 au 7 juillet 2020, de 10h à 22h. Il donne habituellement lieu à un impression défilé mais cette année les festivités ont été remaniées afin de réduire les risques de contagion (un risque tout relatif, la Thaïlande n’ayant officiellement connu en son sein aucune contagion par le SARS-CoV-2 depuis plus de 30 jours). Si vous vous rendez sur place, une inscription préalable est nécessaire, les places étant limitées (inscription via ce site web non traduit, shows de 10h à 13h, de 14h à 17h et de 18h à 22h). Des festivités que vous pouvez admirer sur la page Facebook officielle.

D’autres festivals des bougies se tiennent en Isan : les 4 et 5 juillet à Chok Chai, à Phimai et à Chaiyaphum, de même qu’à Korat (mais dans cette dernière ville, officiellement nommée Nakhon Ratchasima, les festivités se réduiront à des célébrations dans les temples). Puis les 5 et 6 juillet à Suphan Buri et à Prakhon Chai (province de Buri Ram); mêmes activités réduites ces deux jours-là à Roi Et (comme à Korat donc).

Notez qu’en Isan, mais plus au nord, dans le district de Dan Sai, province de Loei, se tient en même temps cette année le festival des fantômes, phi ta khon et sa tradition boon luang. Ceux qui vivent dans cette région d’Isan – la plus pauvre du royaume – savent que ses habitants sont gens festifs. Et la fête est promise à Nakhon Phanom, au bord du Mékong. La cérémonie Phaya Srisattakharak a lieu du 7 au 13 juillet 2020; elle donne à voir les plus belles filles des 12 districts de la province s’adonner à des danses traditionnelles.

Cérémonies promues par la TAT durant Khao Phansa

Si vous vous trouvez à Bangkok, le temple Ratchabophit Sathit Maha Simaram organise lui aussi ses festivités où la bougie tient un rôle central, avec comme originalité des offrandes de fleurs aux moines. Cela se passe les 5 et 6 juillet 2020. Même tradition d’offrandes florales durant asanhabucha (le 5 juillet donc) au temple Bang Chalong, dans le district de Bang Phli, province de Samut Prakan, à l’extérieur de Bangkok donc, vers l’est. À l’opposé, soit à l’ouest de la capitale, la province de Samut Sakhon – où les canaux sont nombreux – célèbre habituellement asanhabucha par une procession sur l’eau. Cette année cependant, le 6 juillet 2020, ce ne sont que les actes méritoires dans les temples qui auront lieu.

Puisque l’on parle d’eau, sachez encore que la procession sur le lac de Phayao est elle aussi annulée; là aussi, seuls les actes méritoires aux temples auront lieu. Ici au nord, il y a également une tradition visant à offrir des bougies aux moines. Elle a lieu dans la province de Nan, cette année le 7 juillet 2020.

Quel que soit le lieu que vous aurez choisi pour célébrer asanhabucha, nul doute que la dévotion des participants vous touchera. On vous offre les images émouvantes du Wat Chang Lom, non loin du Parc historique de Sukhotai.

Pour ce qui a trait spécifiquement à khao pansa, lundi 6 juillet 2020, ce sont surtout les offrandes matinales aux moines qui prendront une saveur particulière. Elles seront bien plus nombreuses et importantes qu’à l’accoutumée. L’Office national du Tourisme (TAT) en profite d’ailleurs pour stimuler le tourisme à travers la promotion de cérémonies originales dans plusieurs provinces du royaume.

En dehors de l’abstinence d’alcool imposée ces deux jours, les bouddhistes les plus fervents deviennent végétariens les trois prochains mois. Voilà pour ce qui est de la mise à jour de cette année 2020. On vous dit donc tout de ces deux fêtes religieuses ci-dessous.


Wan asanhabucha, késako ?

C’est donc dans toute la Thaïlande qu’asanhabucha1 est fêtée (วันอาสาฬหบูชา en thaï). Un jour férié dans tout le royaume où l’on commémore le premier sermon du Bouddha, délivré à Bénarès, en Inde, il y a plus de 2500 ans, à ses cinq premiers disciplines. C’est le fameux sermon qui contient Les Quatre Nobles Vérités :

  1. L’existence de la souffrance (Dukkha2);
  2. L’origine de la souffrance (Samudaya2);
  3. La cessation de la souffrance (Nirodha2);
  4. Le chemin menant à la cessation de cette souffrance, soit l’Octuple Sentier (Magga2).
AsanaBucha(วันอาสาฬหบูชา)

Découvrez la traduction française du texte intégral du Dhammacakkappavattana Sutta, Les Quatre Nobles Vérités, sur BouddhaChannel. Un sermon considéré comme la mise en mouvement de la roue du Dhamma, soit l’enseignement de l’Éveillé. L’Institut d’Études Bouddhiques vous donne quelques explications de base, de même que Nguyen Dang Truc ou encore Ajahn Sumedho, un moine ordonné en Thaïlande. Celles et ceux désirant approfondir ce sujet, et donc s’initier à l’enseignement de l’Éveillé, liront avec plaisir l’ouvrage de Thich Nhat Hanh, excellent vulgarisateur,  Le cœur des enseignements du Bouddha. Vous pouvez également écouter une brève explication en vidéo prodiguée par ce maître bouddhiste vietnamien installé en France depuis 1972. On vous livre quelques autres conseils de lecture en fin d’article.

L’histoire propre à ce premier sermon de Siddharta Gautama, devenu l’Éveillé, le Bouddha, vous est contée sur le site de Dhammadana. Quant à Alain et Bernard, deux retraités francophones installés en Thaïlande, amis de l’érudition, ils vous en disent plus sur le bouddhisme thaïlandais, une pratique issue de la tradition Theravada (cliquez ici).

AsanaBucha2018Photo1WatSuanDok
© Facebook – Wat Suan Dok

En Thaïlande – et donc à Chiang Mai – les temples bouddhistes seront particulièrement animés le jour d’asanhabucha, pleine lune du 8e mois lunaire, et ce dès l’aurore (programme ci-dessous).

La politique étant imbriquée à la religion, le gouvernement thaïlandais ne manque jamais cette occasion pour rappeler au peuple les vertus du bouddhisme. Ainsi, en 2017 par exemple, dans une allocution télévisée, le Premier ministre Prayut Chan-o-cha a demandé que les Thaïlandais respectent les 5 préceptes moraux du bouddhisme durant cette période de trois mois lunaires, à savoir :

  1. Ne pas tuer des êtres vivants.
  2. Ne pas prendre ce qu’on ne vous donne pas (donc ne pas voler).
  3. Ne pas mal se comporter sexuellement parlant.
  4. Ne pas mentir.
  5. Ne pas prendre des substances perturbant la conscience (l’alcool en fait partie).

Cette année, la fête s’étant télescopée avec une récolte de fonds qui a lieu tous les 14 juillet en Thaïlande, le Premier ministre a fait d’une pierre deux coups : on l’a ainsi vu à une cérémonie en compagnie de jeunes handicapés mentaux. C’est en effet tous les 14 juillet que sont vendues des fleurs en faveur des institutions œuvrant au bien-être des jeunes handicapés du royaume (d’autres photos ici).

Et à chaque fois, les semaines qui précèdent, les autorités religieuses organisent une action de sensibilisation à la voie monachique. Voici le clip vidéo officiel 2019 du Département des Affaires Religieuses :

Le Département des Affaires Religieuses (DRA – Department of Religious Affairs en anglais, กรมการศาสนา en thaï), sous la tutelle du Ministère de la Culture thaïlandais (tout ou presque est en langue thaïlandaise) : page Facebook et site web.

L’Office National du Bouddhisme (ONAB – National Office of Buddhism en anglais, สำนักงานพระพุทธศาสนาแห่งชาติ en thaï) : site web et page Facebook.

Le Conseil Suprême du Sangha (Sangha Supreme Council of Thailand en anglais, มหาเถรสมาคม en thaï), dirigé par le patriarche : site web (aucune page Facebook à notre connaissance). Un Conseil qui vous est brièvement présenté par Wikipédia (en anglais).


Wan khao phansa, késako ?

Wan khao phansa, le jour qui suit wan asanhabucha, cette année le mercredi 17 juillet 2019, est un jour semi-férié (seuls les employés d’État y ont officiellement droit). C’est là aussi une importante fête pour les Thaïlandais marquant le début de ce beaucoup appellent, de manière erronée, le carême bouddhique (et qui n’en est donc pas un !).

En thaï, on parle donc de วันเข้าพรรษา (wan khao phansa), à savoir วัน (wan), jour, เข้า (khao), entrer et พรรษา (phansa), la saison des pluies. Vous entendrez plus souvent le diminutif เข้าพรรษา (khao phansa) correspondant au début de la retraite des pluies ou, plus simplement encore, พรรษา (phansa), la saison des pluies.

C’est donc une période de retrait pour les moines, qui doivent rester, trois mois lunaires durant, aux abords de leur temple, se consacrant davantage à l’étude, la méditation et l’éducation des novices. Les cérémonies d’ordination sont plus nombreuses à ce moment-là. Les pratiquants multiplient les offrandes durant cette période, que ce soit de l’argent, de la nourriture ou encore des bougies (thian en thaï). Le but étant d’acquérir le plus de mérites possibles.

En Thaïlande, cette célébration s’articule autour de deux rites religieux importants :

  • La procession des bougies. Une tradition née lorsque l’électricité n’existait pas. Il s’agissait de fournir de la lumière au grand nombre de moines qui séjournaient dans les temples. Ils pouvaient ainsi psalmodier les prières du matin et du soir à la clarté des bougies, de même que s’adonner à l’étude religieuse en soirée. Les laïcs préparaient donc de grandes bougies destinées à être utilisées dans les temples tout au long de cette retraite. Ces bougies, particulièrement grandes, s’entendent également être des offrandes au Bouddha.
  • L’offrande d’une pèlerine contre la pluie. La tradition d’offrir un vêtement de protection contre la pluie remonte à l’époque du Bouddha; elle a été initiée par la bienfaitrice Visakha. Un jour, alors qu’elle visitait un temple, il pleuvait et Visakha a vu de nombreux moines se faire mouiller sous la pluie. Elle a pensé que ce n’était pas approprié et a demandé au Bouddha de lui permettre de faire une offrande de vêtements protecteurs. Depuis, c’est devenu une tradition d’offrir une pèlerine contre la pluie le jour de khao phansa, début de la retraite monastique.

Du temps de Bouddha, en Inde , deux raisons justifiaient cette retraite monastique : durant les moussons, les déplacements à pied sur les chemins boueux étaient dangereux. Par ailleurs, les moines piétinaient de nombreux petits animaux et pouvaient endommager les récoltes. Khao phansa correspond à Vassa (provenant de vasso en palī ou varṣaḥ (varsha) en sanskrit, mot signifiant pluie), la retraite de la saison des pluies, une période de trois mois lunaires pendant laquelle les moines bouddhistes abandonnent leur vie d’errance pour prendre une résidence fixe. Wikipédia nous en dit plus sur cette période de retraite qui n’est pas propre qu’à la Thaïlande. En 2019, elle débute donc ce mercredi 17 juillet.


Précédente édition, 2019 donc. Célébrations dans tous les temples bouddhistes (ou presque)

Ce mardi 16 juillet 2019 est jour férié en Thaïlande en raison de wan asanhabucha, une importante fête bouddhiste. Alors que le lendemain, mercredi 17 juillet 2019, correspond au wan khao phansa

Jour férié ou pas ?
➠ Mardi 16 juillet 2019 – wan asanhabucha – est un jour officiellement férié dans tout le royaume de Thaïlande.
➠ Mercredi 17 juillet 2019 – wan khao phansa – est un jour férié pour les seuls fonctionnaires d’État.

En revanche, vente d’alcool prohibée durant 48 heures, que le jour soit férié ou pas (explications ci-dessous) !

Après nous êtres renseignés auprès de divers temples bouddhistes de la région, nous pouvons vous communiquer le programme qui sera suivi, peu ou prou, par tous les temples de Chiang Mai et environs. Notons que la nuit du 16 juillet sera nuit de pleine lune (plus d’explications ci-dessous).

MARDI 16 JUILLET 2019

  • Vers 7h : cérémonie d’offrandes matinales aux moines (comme tous les autres jours de l’année, rien de particulier donc)
  • Dès 17h : prières, sermon et triple circumambulation (เวียนเทียน, wian thian en langue thaï) qui se fait généralement autour d’un chedi.

Attention, chaque temple fait comme bon lui semble. À titre d’exemple, le programme ci-dessus est confirmé pour les temples suivants : Wat Phra Sing Woramahawihan, Wat Jed YodWat Sri Soda ou encore le Wat Chedi Luang Worawihan. Mais le Wat Phra That Doi Suthep, au haut de la montagne éponyme,  nous parle d’une cérémonie qui ne débute qu’à 19h (prières, sermon et triple circumambulation). De même pour le Wat Fai Hin, au sein de l’université de Chiang Mai (CMU), au pied du Doi Suthep, où la circumambulation nocturne aura lieu à 19h (alors que les offrandes, elles, débutent déjà aux aurores, à 6h45). Les détails en thaï.

Vous avez par exemple le programme spécifique du Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, un temple lié à la royauté, à Chom Thong donc, à 1 heure de route au sud-ouest de Chiang Mai. Mardi 16 juillet 2019 : offrandes à 7h, sermon à 15h suivi, dès 18h30, de la cérémonie nocturne (prières, sermon et triple circumambulation). Le lendemain, mercredi 17 juillet 2019 : prière et sermon à 7h et rebelote à 18h30. C’est un lieu qui accueille en permanence des jeunes occidentaux s’initiant à la méditation. Temple « branché » qui diffuse presque quotidiennement des vidéos en direct. Vous avez donc les vidéos en direct du sermon du jour et des offrandes, de même les prières qui ont suivi; l’ambiance générale, avec des danses traditionnelles du Lanna, est plutôt plaisante en ce jour d’asanhabucha. Il y avait encore circumambulation à 22h30…

Ou encore le programme du Wat Suan Dok, à la route de Suthep, le mardi 16 juillet 2019 donc : offrandes aux moines à 7h du matin, bain rituel du chedi dès 13h et cérémonies nocturnes dès 18h (prières, sermon et triple circumambulation, photos 2018). Un temple qui, comme beaucoup d’autres, reçoit bien plus de moinillons durant cette période, comme le montrent ces photos du Wat Sri Soda ou encore cette vidéo du Wat Ram Poeng (où là ce sont des moines adultes qui ont été ordonnés le 14 juillet dernier).

Le Wat Ram Poeng (Tapotaram) justement, un temple au pied du Doi Suthep que nous apprécions pour pouvoir y observer régulièrement des dévots s’adonnant à la méditation marchée, est en direct ce mardi 16 juillet 2019, jour de l’asanhabucha, occasion de voir ce qu’est une cérémonie matinale d’offrandes aux moines, empreinte de dévotion :

Mention spéciale pour le Wat Inthakin Sadue Muang, sur la place des Trois Rois. Celles et ceux qui choisiront ce temple pour fêter wan asanhabucha seront éloignés des hordes touristiques. C’est en petit comité que la cérémonie a lieu dans ce temple ô combien enchanteur une fois éclairé de nuit. Les moinillons qui officient matutinalement (prières dès 5h) ne sont entourés que de quelques dévots. Et c’est là tout le charme de la cérémonie.

Le blog Noy & Gilbert en Thaïlande nous décrit une journée avec ses divers rites et c’est plutôt intéressant. Que vous soyez en Thaïlande durant l’asanhabucha ou pas, sachez que les offrandes matinales aux moines peuvent se vivre chaque jour de l’année. Une expérience qui restera inoubliable pour vous, comme ici au temple du Doi Suthep où la probabilité d’être seul ou presque avec les moines est grande (un circuit exclusif de notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge).


Ailleurs en Thaïlande

Festivals des Bougies et processions aquatiques

Notez encore que c’est durant cette période qu’ont lieu les divers Festivals des Bougies, fameux dans toute l’Isan. On vous en a déjà parlé et, l’année dernière, la TAT – L’office du Tourisme national de Thaïlande – avait livré une liste – qui n’est pas exhaustive – des principales villes organisant un festival des bougies.  Cette année, la TAT, plutôt avare, ne met en avant que deux d’entre eux : le plus connu, le Festival des Bougies d’Ubon Ratcha Thani, du 12 au 17 juillet 2019, qui donne lieu à un impression défilé (vidéo, intéressante dès la 32e minute) et le plus original, le Festival Aquatique Phansa d’Ayutthaya le mardi 16 juillet 2019. Une procession bouddhiste qui se déroule sur le canal Bang Khi, près du Wat Lat Chado (c’est donc un temple), à moins de 40 km de la ville d’Ayutthaya, ancienne cité royale réceptacle de trois rivières, la Pa Sak, la Lopburi et la Chao Phraya, cette dernière arrivant à Bangkok, coupant la capitale en deux. Quelques photos du festival; EuroNews en a même diffusé les images :

Et puisque l’on parle d’eau, comment ne pas citer Phayao, une ville dont le lac et son temple inondé se prête à merveille à de spectaculaires festivals aquatiques. Ce sera la 37e édition de l’asanhabucha aquatique sise au Wat Tilok Aram, le temple inondé au milieu du lac. Et là aussi, il y aura une triple circumambulation. Les plus curieux d’entre vous se demanderont si dite circumambulation est effectuée sur l’île, autour du temple, ou alors sur le lac, autour de l’île. Nous ne répondrons pas à cette question afin de vous laisser la surprise une fois sur place. Programme du mardi 16 juillet 2019 :

  • 6h : cérémonie religieuse matinale avec offrandes à 109 moines;
  • 16h : cérémonie d’ouverture (de jolies danses traditionnelles Lanna sont attendues);
  • 17h : triple circumambulation (mais où ?).

On vous invite vivement à faire le détour de Phayao (60 km de plus entre Chiang Mai et Chiang Rai) et découvrir cette magnifique province hors des sentiers touristiques convenus, où l’on vous accueillera avec authenticité. Ces quelques photos vous donneront-elles envie d’y aller ?

Asanhabucha2019PhayaoWatTilokAramMontage
Originale cérémonie aquatique à Phayao © Facebook – Akagapap

Ailleurs encore, à Saraburi par exemple, c’est une cérémonie d’offrande de fleurs et de bougies qui est organisée durant khao phansa en guise d’acte méritoire, avec la participation d’éléphants... De même à Surin, où les éléphants sont mis à contribution, bien malheureusement.


De quelques singulières cérémonies à Chiang Mai

Une même cérémonie, peu connue et impliquant elle aussi des pachydermes, se déroule dans la province de Chiang Mai, près de Mae Taeng. Elle a lieu à Maetaman. Les villageois, parmi lesquels beaucoup de membres issus des minorités ethniques, ont défilé le 12 juillet dernier, accompagnés de 66 éléphants qui portaient de grosses bougies de cire vers le temple local. Jetez donc un œil au reportage-photo de Chiang Mai News et aux photographies de Seven Pix, de même que sa vidéo accélérée.

À cette occasion, les écoles sont mises à contribution en ville de Chiang Mai. Ainsi des défilés qui précèdent l’asanhabucha et khao phansa. Les étudiants du Collège technique de Chiang Mai, par exemple, ont défilé le 10 juillet, amenant des bougies dans 11 temples de la ville. Et les élèves de l’école Thep Bodint Wittaya ont effectué eux aussi une procession, le 12 juillet, s’arrêtant dans divers temples de la Rose du Nord.

Asanhabucha2019ThepBodintSchoolPhotoMontage
Les élèves de l’école Thep Bodint Wittaya défilant dans les rues de Chiang Mai © Facebook – โรงเรียนเทพบดินทร์วิทยาเชียงใหม่

Autre cérémonie, religieuse celle-là, qui convoque des centaines de jeunes moinillons : le pèlerinage vers le fameux temple du Doi Suthep effectué à l’occasion de khao phansa. Au même titre que le pèlerinage nocturne du Doi Suthep par la population ou encore la montée spectaculaire des étudiants de l’Université de Chiang Mai, voilà un autre événement annuel qui a pour destination finale le Doi Suthep, montagne tutélaire de Chiang Mai et temple éponyme ô combien vénéré. Ainsi, les novices de deux temples (le temple royal Srisoda et le temple Wiwek Wanaram, à Sansai), accompagnés de moines plus expérimentés, effectuent le pèlerinage de jour (11 kilomètres d’un dénivelé de 700 mètres tout de même). Il y a là pas moins de 600 participants ! En thaï, on parle de ธรรมยาตรา (thamyattra) qui signifie pèlerinage. Le tout effectué sous le patronage du moine le plus vénéré du nord thaïlandais, feu Khruba Siwichai (le sanctuaire d’où part la marche porte son nom). Cette année, le pèlerinage se déroule durant la journée du jeudi 18 juillet 2019. Vous ne pourrez le manquer en visitant le temple du Doi Suthep ! Au programme :
➤ 7h : départ de la marche du sanctuaire de Khruba Siwichai, au pied du Doi Suthep, peu après le zoo.
➤ 15h : arrivée au temple du Doi Suthep avec une cérémonie finale.

C’est là un événement qui vous permet d’acquérir des mérites de deux manières : soit devenir volontaire aux différents postes de distribution de nourriture tout au long du parcours, soit alors sustenter les moinillons en leur offrant de l’eau. Plus original, un dévot a par exemple offert des centaines de savates aux jeunes moinillons en question. Cet événement est organisé sous l’égide du Ministère de l’Education thaïlandais, plus spécifiquement son Bureau de développement et de propagation du bouddhisme dans les communautés rurales. Retrouvez le pèlerinage 2019 en photo et vidéo, avec la cérémonie finale au temple.

Asanhabucha2019PèlerinageMoinillonsMontagePhoto
Ils étaient 609 moinillons pour ce pèlerinage annuel © Facebook (พระปลัดประทิน วรสทฺโธ & วัดศรีโสดา พระอารามหลวง)

Evénement spécial au Wat Phan Tao annulé (ou pas)

Le Wat Phan Tao (วัดพันเตา) – au cœur de la cité fortifiée ici à Chiang Mai – a le don de la mise en scène. Ainsi, ses jeunes moinillons font le bonheur des photographes. Il faut dire que le monticule où est posée une représentation du Bouddha est particulièrement photogénique, éclairé par des centaines de bougies, avec les moinillons méditant aux pieds de l’Éveillé.

Cependant, cette année 2019, il ne devrait y avoir aucune cérémonie spéciale ! Ceci en raison des rénovations du wiharn (travaux que nous vous avions déjà annoncés). Ainsi, pour vivre la féerie de cette soirée – une féerie empreinte d’émotion – vous devrez vous contenter de la vidéo ci-dessous (il s’agit de la cérémonie 2017). Ceci dit, nous sommes passés sur place et… des lampions étaient posés sur le monticule… Qui vivra verra !

Mise à jour. Il ne devait pas y avoir… mais il y a quand même eu ! Le Wat Phan Tao nous a indiqué annuler l’événement et… l’organise tout de même. Enfin, il s’est agi d’une cérémonie amputée il est vrai car la triple circumambulation autour du wiharn ne pouvait se faire, travaux de rénovation obligent. Retrouvez les préparatifs, la vidéo et les superbes photos de la cérémonie 2019 (merci à 100LannaNews).


Pas de tournée des 9 temples au cœur de Chiang Mai

Asanhabucha2019TATOdeurKasalongCover

En Thaïlande, le chiffre 9 est porteur de chance, entre autres (mais il a bien d’autres significations). L’année dernière, une visite de 9 temples auspicieux avait été proposée, véhiculé par un moyen de transport électrique. Ceci trois jours durant, avec un trajet nocturne qui a eu beaucoup de succès (il permettait de participer aux circumambulations nocturnes muni d’une bougie). Rien de tout cela cette année, hélas, trois fois hélas.

Le succès d’une série TV – L’odeur de kasalong – a poussé l’Office du tourisme a organisé la visite de quatre lieux religieux liés à cette série (et magnifiquement filmés) : le superbe Wat Ton Kwen (auquel nous avons déjà consacré un article), le Wat Ket Karam, le Wat Lok Moli et le Wat Jed Yod. Cela se passera justement les mardi 16 et mercredi 17 juillet 2019. Mais il est un brin inutile de vous en parler car toutes les places – gratuites – ont déjà été attribuées (sur réservation préalable). 

On vous indique donc à nouveau les neuf temples auspicieux qui étaient au programme l’année dernière. Qui sait, peut-être, comme tout bouddhiste qui se respecte, aurez-vous envie de les visiter vous aussi (mais alors par vos propres moyens) : il s’agit du Wat Phra Singh Woramahawihan (pour obtenir joie et apaisement), du Wat Dab Pai (pour combattre les mauvais éléments), du Wat Lok Moli (pour obtenir l’élévation spirituelle supérieure), du Wat Chiang Yuen (pour obtenir puissance et moyens de subsistance), du Wat Chiang Man (pour stabiliser les mérites déjà effectués), du Wat Duang Dee (afin d’attirer la bonne fortune), du Wat Phan Tao (pour multiplier l’effet des mérites), du Wat Chedi Luang (afin de recevoir des honneurs) et enfin du Wat Sri Suphan, plus connu comme le Temple d’Argent (ici le but est d’attirer or et… argent !).

AsanaBucha2018CoverMontageTournée9Temples.jpeg

Notez que ces « pèlerinages » motorisés sont monnaie courante en Thaïlande durant l’asanhabucha, un royaume très majoritairement bouddhiste. Avec le soutien (financier) de l’Office du tourisme officiel. Vous en avez une liste ici (mais c’est en thaï).

Carême ou pas carême ?
Dans son acception première, le carême est la période de quarante jours [sans compter les dimanches] située entre le mardi gras et le jour de Pâques, pendant laquelle les catholiques sont invités par leur Église à faire certains jours jeûne et abstinence et à se livrer à la prière et aux pratiques pénitentielles3. Par analogie, c’est une période d’abstinence, de maigre chère, de privations3.
Wan asanhabucha commémore le premier sermon du Bouddha. Et wan khao phansa correspond au début de la retraite monastique de trois mois. Où aucune privation n’est demandée aux moines autres que celles auxquelles ils se conforment déjà. Pas de jeûne donc (bien que ce soit là une pratique qui transcende les religions).
Pourquoi diable parler de « carême » ? En premier lieu, c’est sans nul doute la méconnaissance théologique des auteurs qui œuvre. Un peu comme si l’on vous affirmait qu’asanhabucha correspond au ramadan ! Ensuite, les dictionnaires traduisent le terme thaï de wan khao phansa par celui anglais de Lent (et donc de carême) ! Mais reconnaissons que les traducteurs sont souvent dépourvus lorsqu’il s’agit de traduire des notions étrangères à l’esprit des locuteurs (bien que des directives aient été émises il y a plusieurs siècles déjà). La plus grande partie du vocabulaire et des concepts du bouddhisme est difficilement traduisible en français, sans perdre le sens et la portée des termes originaux. Et Dieu sait – tout comme le Bouddha – que la conception bouddhique est à mille lieues de celle des Chrétiens. Écoutons Philippe Cornu, docteur en philosophie, sur cet intéressant sujet. Avouons cependant qu’utiliser le terme de carême peut être commode.


Et pas de Lune de sang éclipsée

EclipseLunaire201808NARIT
Ça, c’était l’année dernière ! © Facebook – NARIT

Vous savez que les fêtes bouddhistes thaïlandaises sont régies par un complexe calendrier luni-solaire. Ainsi, toutes les fêtes se déroulent durant les pleines lunes. Et il en est de même pour ces deux fêtes-ci : asanhabucha se tient durant la pleine lune du 8e mois lunaire, mardi 16 juillet cette année 2019, et wan khao phansa le lendemain, mercredi 27 juillet 2019. Ce sera donc l’occasion d’admirer l’astre lunaire pour ceux qui lèveront les yeux au ciel !

Mais contrairement à l’année dernière, où la nuit offrait la plus longue éclipse lunaire du siècle, ce n’est qu’une éclipse partielle qui pourra être observée la nuit du 16 juillet. La beauté sera cependant au rendez-vous puisque l’astre prendra une teinte rouge cuivrée, phénomène appelé populairement « lune de sang ». Plus de détails avec Numerama.


Mais une journée sans alcool !

Journée noire pour les tenanciers de bars, qui ferment pour la plupart durant ces deux jours commémoratifs ! La vente et la consommation d’alcool en public sont prohibées dans tout le royaume 48 heures durant dès l’asanhabucha (cette année de mardi 00:00 à mercredi minuit). Les hôtels internationaux bénéficient d’une certaine tolérance. Le gouvernement lance chaque année des campagnes de prévention, encourageant sa population à ne pas consommer d’alcool durant les trois mois de retraite bouddhique. Une ancienne campagne était ainsi nommée งดเหล้าเข้าพรรษา (ngod lao kao phansa, « pas d’alcool durant khao phansa ! »). En 2018, la devise de cette journée était la suivante : « Réduire ou cesser la consommation d’alcool rend les familles heureuses ».

Asanhabucha2019RedCrossBloodBankChiangMaiCoverMontage

Rappelons que l’alcool cause des ravages humains terribles, que ce soit avec les drames familiaux ou encore les accidents de la route. Et les Thaïlandais en profitent pour donner leur sang durant ces fêtes. Ainsi, du 13 au 17 juillet, une collecte de sang est organisée de 8h30 à 15h30 au Centre régional X du sang de la Croix-Rouge locale (ภาคบริการโลหิตแห่งชาติที่ 10 จังหวัดเชียงใหม่, ici). Tous les détails (en anglais) sur la page Facebook de la Banque du Sang.


Fermetures et événements spéciaux

Ces mardi 16 et mercredi 17 juillet 2019, attendez-vous à beaucoup des fermetures dues aux féries. Ainsi, les musées, les administrations (dont les bureaux de l’immigration) à l’exception bien entendu de la police qui assure son service 24 heures sur 24, les ambassades et consulats, de même que la poste et les banques seront fermés. Mais comme une bonne partie de ces services se trouve également dans les centres commerciaux – qui eux restent ouverts comme d’habitude – vous ne devriez pas trop subir d’inconvénients. Devons-nous encore préciser que les 7 Eleven restent bien entendu ouverts, 24 heures sur 24 de surcroît.

Asanhabucha2019MAYACoverFBEvent.jpg

Les centres commerciaux, fidèles à leurs pratiques et faisant de tout pour attirer les chalands, marquent d’ailleurs eux aussi l’événement. Ainsi MAYA qui organise une cérémonie d’offrandes matinales aux moines. Ils étaient 99 moines l’année dernière, ils ne seront que 9 cette année, 9 moines qui récolteront les offrandes faites par les fidèles le mardi 16 juillet 2019, à 8h, sur la place de la fontaine, à l’entrée du centre commercial donc.

Le zoo de Chiang Mai sera ouvert (et accueillera sans nul doute beaucoup de visiteurs ce jour-là). A notre connaissance, cette année ne sera pas marquée par la cérémonie qui avait eu lieu en 2018 à l’occasion de l’asanhabucha : un cortège aux bougies qui incluait… des éléphants et d’autres animaux du zoo (qui n’avaient rien demandé !).

Contrairement à l’année dernière, ces deux fêtes bouddhistes ne coïncideront pas avec l’anniversaire de Sa Majesté le roi Rama X, le prochain samedi 28 juillet 2019. Un événement dont on vous reparlera sur notre page Facebook.

In fine, l’Association thaïlandaise végétarienne de Chiang Mai (TVA – Thai Vegetarian Association) vous invite à ne consommer ni viande ni alcool durant les trois prochains mois.

L’asanhabucha est une fête bouddhiste qui inspire chaque année les graphistes thaïlandais. Les extraits ci-dessous sont tirés du site Dhamma on Lens qui promeut le multimédia en lien avec le bouddhisme. Présentation des artistes et de leur œuvres.

Asanhabucha2019DhammaOnLensCoverMontage.jpeg
© Facebook – Dhamma on Lens

La Rose du Nord vous permet donc de vivre un événement authentique ce mardi 16 juillet en soirée. Ne manquez pas de vous rendre à la tombée de la nuit dans un des temples évoqués afin d’en observer le rituel bouddhiste.

Et l’on vous donne rendez-vous dans trois mois (lunaires), à l’occasion de ce que nous appelons – par commodité mais erronément – la fin du « carême » bouddhiste, ok phansa (qui donc est plus précisément la fin de la retraite monastique).

Bandeau 1


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

Bouddhisme - Livres Montage 1.jpeg
De quelques ouvrages fort instructifs

Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

Bouddhisme - Livres Montage 2
Le bouddhisme côté pratique

Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.

LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE
● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique.
Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon.
● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ».
● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne.
● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).

Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.


1 Plusieurs graphies recouvrent toutes la même commémoration (asana, asarna, asahna, asala, asalaha, asaraha…). Nous basant comme à notre habitude sur le RTGS – Système général royal de transcription du thaï, nous avons retenu celle prônée par ce dernier, à savoir asanhabucha (en un seul mot, sans majuscule). De même pour bucha (que l’on retrouve écrite parfois puja, transcription du sanskrit selon la devanagari…). En thaïlandais, cela donne ceci : วันอาสาฬหบูชา (wan asanhabucha) et อาสาฬหบูชา (asanhabucha).
2 Ce sont là des termes pāli,  langue indo-européenne qui est utilisée encore aujourd’hui comme langue liturgique dans le bouddhisme theravada.
3 Définition du TLFi.

Entre autres sources, celle du ministère de la Culture thaïlandais.

Photo à la Une © Facebook. Crédit : Mongkol Ritthaisong et source : ChiangMai Photo Club (une cérémonie qui n’aura donc pas lieu cette année au Wat Phan Tao).
Article publié le 15.07.2019 et mis à jour le 19.09.2021.

//cdn0.trainbusferry.com/tools/form/fr/?id=1286319

Powered by 12Go Asia system
« Entrées précédentes Derniers articles »