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Le musée des maisons traditionnelles du Lanna, un musée qui devient vivant !

Lanna Traditional House Museum. Voilà un site muséal qui, lors de notre premier passage il y a passablement d’années, nous a envoûtés. Et ce pour plusieurs raisons : que ce soit le calme qui règne dans ce grand parc parsemé d’anciennes maisons en bois et d’arbres majestueux, le thème du musée en lui-même ou encore la quasi absence de touristes. Peut-être qu’un des divers événements organisés là vous y conduira, à l’image de celui dont on vous parle aujourd’hui. Et si ce ne devait point être le cas, on vous conseille vivement cette visite l’année durant. Lisez notre article et vous saurez pourquoi, d’autant qu’on vous indique également quoi visiter alentour.

Et puisque le thème des anciennes maisons traditionnelles est abordé, on en profite pour vous donner nos meilleurs conseils : visiter des maisons historiques au cœur de Chiang Mai, découvrir le projet d’un artiste de Sanpatong qui change les mentalités des propriétaires de ces maisons, ou encore manger dans une bâtisse transformée en restaurant/musée.

Au menu de cet article :

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Le musée à proprement dit

Il s’agit donc d’un musée en plein air – un brin excentré, à l’ouest de la ville – où vous pourrez admirer d’anciennes maisons traditionnelles du Lanna, du nom de l’ancien royaume sis au nord de la Thaïlande. Vous avez là une douzaine de bâtisses en bois – des maisons d’habitation et des greniers à riz – représentatives de l’habitat du Nord.

En se promenant en Thaïlande, on ne peut que regretter la rapide et inéluctable disparition des anciennes maisons en bois. Une disparition plus criante encore dans les villes telles que Chiang Mai. Sans toutefois renier le confort qu’apportent les constructions modernes. C’est dire le plaisir à voir ici réunies des bâtisses, parfois fort anciennes, démontées puis remontées sur place, sous l’égide du Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, une entité académique de l’Université de Chiang Mai (CMU).

Une fois déchaussé, vous pouvez entrer dans certaines des demeures et constater la sobriété de leur aménagement intérieur. Quelques explications sont données, tant en thaï qu’en langue anglaise. Il faut dire que le musée a vocation éducative et beaucoup d’écoliers et d’étudiants le visitent. Mais avouons qu’en matière de muséologie, l’aspect didactique pourrait être notablement amélioré.

On vous présente les maisons dans le détail en fin d’article. De notre point de vue, la visite vaut le détour. Coup d’œil en vidéo :

INFOS PRATIQUES
Musée des maisons traditionnelles du Lanna (Lanna Traditional House Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรือนโบราณล้านนา en thaï).
Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à 16h30, les samedis et dimanches, de 9h à 16h30. Fermé les jours fériés.
L’entrée, qui se situe sur la route du Canal, coûte THB 20.- (THB 10.- pour les étudiants, gratuit pour les enfants de moins de 10 ans).
Site web, page Facebook, avis TripAdvisor, emplacement


Living Museum – Un musée vivant

Abrité par de magnifiques arbres séculaires, l’ensemble du site s’anime de manière fort originale au début de la saison « hivernale ». Depuis plusieurs années maintenant, le musée des maisons traditionnelles Lanna se transforme en musée vivant plusieurs jours durant.

Qu’est-ce qu’un musée vivant ?
Un musée vivant ou un musée d’histoire vivante est un musée qui recrée les paramètres historiques pour reproduire les périodes passées. L’objectif des musées d’histoire vivante est de fournir aux visiteurs une interprétation pratique du passé. Ils donnent vie à l’histoire en imitant au maximum les conditions d’un environnement naturel, d’une période historique ou d’une culture.

Source : Ripleybelieves.com ®

La riche culture du Lanna se donne ainsi à voir ! Un événement qui vous permet de découvrir l’ancienne sagesse et l’artisanat de la région. Vous y rencontrerez ses meilleurs représentants, les artisans. Divers ateliers et démonstrations sont au programme; belle occasion par exemple d’admirer le tissage du coton sur d’anciens métiers, de découvrir l’utilisation d’instruments typiques ou encore de goûter aux mets d’une cuisine traditionnelle. Digne reconstitution du mode de vie d’antan et des savoirs anciens du Lanna. Y participent bien souvent les Tai Lüe, membres de la minorité ethnique des Dai.

Voici les divers ateliers organisés durant cette édition 2019 :

  • Station 1 : création de lanternes tai yai
  • Station 2 : fabrication de lampions en argile (phang pratheep)
  • Station 3 : vannerie (en utilisant des feuilles de bananier)
  • Station 4 : cuisine du riz gluant au sésame
  • Station 5 : fabrication de tuiles en terre cuite
  • Station 6 : initiation à l’écriture Lanna
  • Station 7 : architecture et croquis (maisons Lanna)
  • Station 8 : orchidées locales
  • Station 9 : variétés locales de riz
  • Station 10 : brocart de soie tissé et guirlande nouée à la main
  • Station 11 : laque

Vous retrouvez plusieurs de ces produits artisanaux durant les fêtes et festivals organisés à Chiang Mai, par exemple les lanternes et les lampions qui éclairent la féerique Fête des Lumières (le Loi Krathong).

Qui sait si ces clichés de l’édition 2017 vous donneront envie d’effectuer le déplacement…

INFOS PRATIQUES
Culture vivante et mode de vie
(en anglais : Living Culture & Way of Life, en thaï : แอ่วเฮือน เยือนผญา)
Du 27 au 29 novembre 2019, de 9h à 17h
Événement Facebook, page Facebook du Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, emplacement


Un site régulièrement animé

L’endroit est habituellement paisible – mort diront les mauvaises langues – et c’est un euphémisme. Mais d’éclectiques événements se déroulent régulièrement dans ce bel écrin. Il s’agit parfois de colloques universitaires – souvent liés à la riche culture du Lanna – qui n’attirent que les érudits. Telle cette conférence sur un ancien rituel, Salak Yom, une très ancienne cérémonie d’acquisition de mérites (où les pratiquants offrent des habits aux défunts), un rituel qui donne lieu à l’un des plus beaux festivals de Lamphun, la province voisine. Ou ce séminaire sur l’utilisation de la technologie numérique en anthropologie.

En 2019 a été lancé un projet de Conservation de l’architecture traditionnelle du Lanna à Chiang Mai. Projet qui inclut bien entendu ce site muséal et qui a reçu le soutien de l’ambassade des États-Unis en Thaïlande. Une page Facebook rend régulièrement compte des avancées de ce projet.

Tout au cours de l’an, de nombreux et intéressants ateliers sont organisés sur place. Ainsi de celui-ci permettant de réaliser des bougies de divers types, dont des bougies traditionnelles du Lanna (détails et ambiance). C’est dans une ambiance toujours détendue que s’acquièrent ces nouvelles connaissances.

Quelques manifestations populaires sont aussi organisées sur le site du musée. Comme par exemple, en 2014, un Festival international de marionnettes ou, l’année dernière, le Water Festival dans le cadre de Nouvel An thaïlandais (le fameux Songkran). Le site a vu défiler les meilleurs artistes du folklore Lanna (il s’agissait d’une cérémonie rituelle traditionnelle dont nous devrions vous reparler un jour). Dernier événement d’importance, le Chiang Mai City of Crafts and Folk Art 2020, une Foire de l’Artisanat dans le cadre d’une manifestation d’envergure internationale, le Chiang Mai Design Week, un rendez-vous annuel qui prend peu à peu ses lettres de noblesses.

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Aux alentours du musée

Le musée en plein air se situe sur une parcelle où a été créé le Centre d’Art de l’Université de Chiang Mai (CMU, หอนิทรรศการศิลปวัฒนธรรม มหาวิทยาลัยเชียงใหม่), une adresse incontournable pour tout amateur d’art. Terreau artistique s’il en est, fort animé toute l’année comme en témoignent les nombreux événements que nous ne manquons pas de promouvoir sur notre page Facebook.

À l’ouest, au bout de la route Suthep (il s’agit de l’ancienne route menant à la montagne éponyme, construite sous l’impulsion de Khruba Siwichai, un saint homme très vénéré), vous trouverez un autre « musée vivant », encore moins connu que le musée des maisons traditionnelles : le Roitawarabarn Baandhawalai (ou Musée Ganesh, ร้อยทวารบาล บ้านเทวาลัย), la Propriété des Dieux et des Déesses comme l’appelle l’érudit Jean de la Mainate. C’est là une visite que nous conseillons vivement. On peut y voir de jeunes artistes à l’œuvre : peinture, sculpture sur bois et sculpture sur verre. Le propriétaire affirme que c’est là que se trouve le plus grand Ganesh en bois du royaume… Non loin, un peu plus haut que l’entrée no 2 du zoo de Chiang Mai, vous trouverez le point de départ du Sentier des moines, Monk Trail en anglais. Une magnifique balade d’une demi-heure qui vous mènera vers ce qui est un des temples marquant le plus les visiteurs de Chiang Mai, le Wat Palad (วัดผาลาด (สกทาคามี)). Un temple des moines de la forêt, une tradition thaïlandaise du bouddhisme Theravada. Les plus valeureux grimperont plus haut encore, vers le temple le plus vénéré du nord thaïlandais, le Wat Phrathat Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร). Notez que notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour, organise un circuit qui vous permet de visiter tant le Wat Palad que la Propriété des Dieux et des Déesses, avec, en point d’orgue, l’aumône matutinale aux moines du Wat Phra That Doi Suthep. Cela à l’écart du tourisme de masse, accompagné par un ancien moine bouddhiste, Khun Wet. Tous les détails de ce circuit hors du commun sur leur site web : Doi Suthep matutinal – Offrandes aux moines.

Non loin du musée des maisons traditionnelles du Lanna, de l’autre côté de la route du Canal, n’hésitez pas à faire une pause-café au Royal Project Shop (ร้านโครงการหลวง). Occasion de vous reposer dans un cadre agréable mais aussi de découvrir les produits de cette fondation créée par feu le roi Bhumibol le Grand, une fondation qui vient en aide aux membres des diverses minorités ethniques. Nous lui avons d’ailleurs consacré un article complet à l’occasion de la Royal Project Fair annuelle. Sans oublier que vous vous trouvez là au sud de Nimmanhaemin, le quartier branché de Chiang Mai. Un quartier qui vous permet de découvrir le foisonnement artistique et culturel de la Rose du Nord.


Voir d’anciennes bâtisses en bois au cœur de Chiang Mai

On vous le disait en guise d’entame, Chiang Mai voit désespérément disparaître peu à peu ses maisons traditionnelles en bois. Hélas, trois fois hélas, la préservation du patrimoine n’est pas la priorité des instances dirigeantes. Espérons que la volonté des autorités d’inscrire la ville au Patrimoine mondial de l’UNESCO infléchisse ce triste état de fait.

© HOP – House of photography

Les amateurs de maisons anciennes pourront cependant trouver plusieurs perles architecturales où le bois règne en maître. Voici quelques propositions de visites en commençant par une chouette maison repeinte en bleu, la Maison de la Photographie (หอภาพถ่ายล้านนา, Chiang Mai House of Photography), non loin de la place des Trois Rois. Vous pourrez non seulement visiter la maison à l’étage (en vous déchaussant) – y sont régulièrement organisées d’intéressantes expositions photographiques où l’entrée est gratuite – mais également consulter la librairie digitale au rez-de-chaussée (site web et page Facebook).

Khum Chao Burirat où a été créé le Centre d’architecture du Lanna

Autre adresse incontournable pour tout amateur de maisons traditionnelles, le Centre d’architecture du Lanna qu’anime la Faculté d’architecture de l’Université de Chiang Mai (CMU). Constituée de briques et de bois, c’est une demeure de deux étages datant de la fin du XIXe siècle. Elle allie le style occidental (la structure du rez-de-chaussée) et l’architecture lanna (la partie en bois à l’étage), fruit de l’arrivée des missionnaires et marchands occidentaux. En langue locale, khum (คุ้ม) s’utilisait pour désigner un manoir ou une maison appartenant à des membres de la famille royale du Lanna. Khum Chao Burirat (Maha Intra) était donc la résidence d’un dirigeant de l’époque, Chao Burirat. C’est l’un des rares khum anciens qui subsistent à Chiang Mai. Acheté en 1917 par Mme Thipayamonthon, ses héritiers ont cédé le bâtiment à la CMU en 2001 afin d’honorer leurs ancêtres.

La maison, entourée d’un petit parc au cœur de la Cité fortifiée (« le carré »), est visitable, pieds nus; vous y verrez des maquettes de maisons traditionnelles du Nord avec la mise en perspective de ce qui fait leur singularité. Et, une fois à l’étage, vous n’oublierez pas de jeter un œil depuis la terrasse sur le chedi du Wat Chedi Luang.

Centre d’architecture du Lanna (Lanna Architecture Center, ศูนย์สถาปัตยกรรมล้านนา คุ้มเจ้าบุรีรัตน์ (เจ้าน้อยมหาอินทร์ ณ เชียงใหม่)), appelé également le Musée Khum : site web, page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement. Hors événements particuliers (tels que la Chiang Mai Design Week où l’on visite gratuitement), l’entrée est payante : THB 120.-/personne (et seulement THB 60.- pour les Thaïlandais), THB 20.- pour les éditants et seniors de plus de 60 ans (THB 10.- pour les Thaïlandais), gratuit pour les enfants jusqu’à 7 ans, les moines, les novices et les personnes handicapées. Le centre est ouvert de 9h à 17h (sauf le dimanche où il ouvre de 13h à 20h et le lundi où il est fermé).


Le Old Cultural Center (ศูนย์วัฒนธรรมเชียงใหม่) défend lui aussi la culture du Lanna en organisant notamment ses fameux dîners khantoke (repas traditionnel du nord à même le sol, servi sur un khantok et animé par des danses traditionnelles). Une animation originale organisée dans une vieille demeure semblable aux caravansérails. Vous pouvez visiter là une ancienne maison en bois de teck, Saw Hong, transformée en musée. Il s’agit d’un des trois styles de maisons Lanna, facilement reconnaissable aux deux pièces de bois sculptées s’entrecroisant au haut du toit (site web et page Facebook).

Plus à l’est, en bordure de la rivière Ping, rive droite, vous tomberez sans doute sous le charme de l’Ancient House (บ้านโบราณเชียงใหม่), transformée bien tristement en centre commercial open air par son riche propriétaire. Ban Bolan, c’est le nom de la maison, est une belle demeure qui revendique plus de 150 ans d’âge puisque construite en 1867. D’architecture birmano-thaïlandaise, elle est le fruit du commerce du bois qui utilisait jadis la rivière pour son transport, aidé par les éléphants. Un précieux héritage de l’histoire locale qui mérite d’être conservé. Reste en suspens l’usage idéal à en faire2 (page Facebook)…

Une maison en teck de plus de 150 ans. À quelques dizaines de mètres au nord, en retrait de la route Charoen Prathet, au pie du grand hôtel Diamond Riverside (ici), a été construite Baan Huen Luang. Une belle bâtisse qui date de l’année bouddhiste thaïlandaise 2409, soit 1866 de notre ère. C’est là aussi une maison chargée d’histoire, construite par le vice-capitaine Pacha Luang Yona Kanphichit, un négociant en bois venu de Birmanie voisine. Les riches Birmans ont contribué à la construction de routes et de ponts, en restaurant également d’innombrables temples (tel le Wat Upakut tout proche). Mongbpanyo – c’est là un des nombreux noms du propriétaire (autrefois, le nom de panyo en langue birmane signifiait fleur, plus précisément orchidées en fleur) – Mongbpanyo donc, a eu droit à une crémation royale, ayant rendu service à la dynastie Chakri (du roi Rama V au roi Rama VII).

Luang Yona Kanphichit est aussi celui qui a construit la première imprimerie de Chiang Mai, de même que le premier crématorium. Appartenant de nos jours à une riche famille de Bangkok, cette bâtisse a peine à trouver un exploitant sur le long terme (en dernier lieu, c’est un salon de massage qui y était installé).

Presque en face de l’Ancient House précédemment évoquée, de l’autre côté de la rivière, autre témoignage historique qui ne bénéficie hélas pas des mêmes ressources financières, Sriprakard (ศรีประกาศ). C’était l’un des premiers hôtels de Chiang Mai, tout en bois donc. Ses héritiers, sans le sou, essaient tant bien que mal de préserver l’endroit en y organisant régulièrement des événements originaux (page Facebook).

En longeant la rivière vers le sud, vous attend un restaurant qui sert sa clientèle depuis fort longtemps, l’Antique House (Huan Boran, เฮือนโบราณบ้านฮิมปิง). Si la cuisine typiquement thaïlandaise ne vous convainc pas, sirotez donc un verre au bord de la rivière, une fois entré dans cette maison en bois au décor original (page Facebook). Attention : le tout est en cours de rénovation (dès mars 2020) et il semble bien que l’ancienne maison sera détruite… Plus au sud encore, le long de la très belle route Chiang Mai-Lamphun, perdu dans la campagne, le Wiang Kum Kam (เวียงกุมกาม) est un site historique qui vous permettra d’admirer là aussi de belles demeures en bois dont la superbe Lanna Rice Barn, transformée en restaurant. La « vieille ville » de Chiang Mai, c’est bien ici et pas ailleurs !

On termine cette brève énumération en vous rappelant que vous pouviez dormir dans une authentique maison traditionnelle du Lanna. Notre ancien partenaire, le Swiss-Lanna Lodge ici à Chiang Mai, vous proposait ses chambres aménagées dans une ancienne demeure en bois rénovée. Vous pouviez bénéficier là d’un hébergement typique du Lanna et du chaleureux accueil qui caractérise les gens du Nord. Sawat dee jao ! Hélas, la crise du Covid-19 est passée par là et ce lodge n’existe plus 😒

Indépendamment des conseils que l’on vous donne, on vous enjoint vivement de vous abandonner à la grâce de l’inattendu : en vous promenant, vous découvrirez sans nul doute d’autres demeures en bois habitées par l’âme du lieu…


Chronique des maisons traditionnelles de Sanpatong4

Vivant depuis plusieurs années dans la Rose du Nord, nous ne pouvons que déplorer la lente mais inexorable disparition des anciennes maisons traditionnelles en bois. Elles sont peu à peu détruites au profit de constructions modernes (plus confortables, il est vrai). La préservation du patrimoine architectural n’est pas la priorité du gouvernement, à quelques exceptions près (on pense ici au Centre d’Arts et de Culture de la ville, sis sur la place des Trois Rois, brillamment rénové en 2019). Constat dramatique s’il en est.

Imaginez alors notre joie lorsque nous avons eu vent du projet mis sur pied par Roongroj Paimyossak, un artiste, militant et chef de village à la retraite : il a passé deux ans à répertorier des vieilles maisons en teck du district où il est né, Sanpatong ! « Quand j’étais petit garçon et que je grandissais dans mon village de Sanpatong, je me souviens d’avoir vu de vieilles maisons démontées et vendues pour du bois et d’avoir eu l’impression qu’une partie de moi-même était démolie, que de petits morceaux de moi étaient emportés », a-t-il déclaré.

Roongroj Paimyossak © Facebook

« Artiste, j’ai obtenu mon diplôme en beaux-arts. De retour dans mon village, j’en suis devenu le chef, un chef de village très controversé pendant environ cinq ans, m’attirant toutes sortes d’ennuis avec le statu quo », dit-il en riant. Mais voir disparaître maison après maison dans sa ville natale bien-aimée, pour être ensuite transformée en hôtel-boutique ou en café branché en ville, c’était un coup dur et il n’y avait pas de quoi rire, ajoute-t-il.

Il y a deux ans, de son propre chef, il a commencé à visiter les 120 villages du district de Sanpatong, à la recherche de vieilles maisons. « C’est un projet d’art communautaire que je me suis senti obligé de réaliser », poursuit-il. « J’ai pris mon appareil photo, mon bloc-notes et mon enregistreur et j’ai commencé à parler aux propriétaires de maisons. Ce que j’ai appris, c’est que beaucoup de ces maisons, qui étaient traditionnellement très importantes pour les gens, font aujourd’hui l’objet d’une lutte d’héritage entre eux. Alors que traditionnellement les familles vivaient pendant des générations dans une maison, organisant même des cérémonies annuelles où les familles se réunissaient pour honorer les ancêtres qui avaient construit la maison, aujourd’hui les descendants se disputent souvent leur maison, décidant parfois de la vendre et de partager l’argent. C’est une honte criante ».

Roongroj a commencé à parler aux propriétaires, à faire des croquis de leurs maisons, à filmer leurs interviews, à écouter leurs histoires et à photographier leur maisons. C’était un travail lent et difficile. « Mais j’ai constaté qu’en montrant de l’intérêt, les villageois voyaient voir leur propres maisons avec des yeux nouveaux. Ils ont commencé à en apprécier la valeur. C’était mon objectif. Je veux que les gens retournent chez eux, qu’ils vivent dans leur maisons ancestrales. Alors je m’assois et j’écoute leurs histoires. Et en la racontant, ils se souviennent alors de son importance. »

Le projet de Roongroj a pris de l’ampleur, attirant l’attention. Il travaille maintenant avec la Siam Society, ainsi qu’avec la faculté d’architecture de l’université de Chiang Mai (CMU). Il a depuis élargi son projet pour inclure d’autres régions, Mae Wang, Lamphun et Hang Dong.

« Mon souhait est que les familles rentrent fièrement chez elles. Nous pourrons alors aller dire aux propriétaires de cafés et d’hôtels-boutiques branchés que s’ils veulent la maison, au lieu de la démonter, ils peuvent en construire sur la base d’un modèle que nous pourrons établir. Il y a aussi des orfèvres et des sculpteurs sur bois, des gens qui étaient autrefois très admirés pour leurs compétences, mais qui ne sont plus que des travailleurs journaliers. Nous pouvons alors leur donner plus d’emplois et les aider à reproduire ces maisons pour le marché moderne. Il y a un réel potentiel ».

« Au départ, mon but était d’attirer l’attention des descendants sur la valeur patrimoniale des bâtisses. Je pense que nous sommes maintenant sur quelque chose de plus grand, quelque chose qui peut servir de modèle aux communautés de toute la Thaïlande pour aider à préserver et à rendre pertinent ce qui a été longtemps négligé et ignoré. Ce ne sont pas des objets. Ils ont une signification, un héritage et une histoire. Nous sommes bizarres : quand nous voyons que d’autres personnes voient une valeur, nous commençons à voir une valeur ».

« Sanpatong est particulièrement intéressant, je crois, parce que nous avons traditionnellement eu jusqu’à huit groupes ethniques vivant ici en harmonie. Leurs influences sont visibles dans l’architecture, qu’elle soit Lawa (ou Lua), Yong, Muang, chinoise ou même indienne ».

« Tous ces morceaux de moi que j’avais l’impression d’avoir perdus à chaque fois que, jeune garçon, je voyais une maison en train d’être démantelée, ont recommencé à être réparés. Tous les morceaux de ma vie reviennent, j’ai l’impression d’être reconstitué ».

Fruit de ce long travail, un livre présentant 101 maisons historiques de Sanpatong a déjà été publié (hélas qu’en thaï pour l’heure).

L’écrivain et collectionneuse d’art Janine Yasovant, installée à Chiang Mai, vous parle plus en détail de cet artiste sur Scene4 (c’est en anglais) : Art is the gentle force to connect things together.

L’artiste Roongroj Paimyossak (รุ่งโรจน์ เปี่ยมยศศักดิ์) : sa page Facebook
La Galerie d’Art de Sanpatong (หอศิลป์สันป่าตอง) : son emplacement et sa page Facebook (elle est généralement ouverte de 9h à 16h).


La maison Gen Kun, à Ban Pa Tan

Il est d’heureuses reconversions et celle-ci en fait partie. Les propriétaires d’une ancienne bâtisse en bois plus qu’octogénaire, Heuan Gen Kun, l’ont reconvertie : l’ancienne maison familiale est devenue un café-restaurant et, en même temps, un musée vivant. Ainsi, sur place, vous pourrez non seulement y manger une cuisine typique du nord mais également visiter la demeure, vous prendre en photo en habits d’époque ou encore participer à des ateliers, comme par exemple l’élaboration du célèbre muak kalo (หมวกกะโล่), chapeau de type colonial datant de l’époque Rama V.

Heuan Gen Kun (เฮือนเจ้นขุน) se trouve à Ban Pa Tan (San Kamphaeng), à 30 minutes de route à l’est de Chiang Mai, ici. Et c’est ouvert tous les jours de 10h à 19h. Voici leur page Facebook.

La chaîne de TV locale WeTV a consacré un reportage à ce lieu, de même que quelques photos, un reportage qu’on vous offre ci-dessous :


Trois livres indispensables

Oui, indispensables ouvrages, pour qui se passionne pour l’architecture des maisons du nord thaïlandais s’entend. Le premier, complément incontournable à toute visite du musée des maisons traditionnelles du Lanna, a été publié en 2014 par le Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, l’entité académique qui gère le musée. Lanna House and Way of Life a été écrit par Thapanee Kruaraya (et traduit en anglais par Somporn Varnado).

Après une brève introduction sur le peuple du Lanna, sa religion, sa culture et sa cuisine, on entre dans le vif du sujet avec les caractéristiques des maisons traditionnelles du Lanna. Suit la présentation des maisons telle que reproduite ci-dessous. Un livre très instructif avec moult photos, explications, plans et dessins. Vous devriez pouvoir le trouver et l’acquérir au musée même.

Plus récent, édité par deux facultés de l’Université de Chiang Mai (CMU), la faculté d’architecture et celle des beaux-arts, Architecture of Lanna commémore le 720e anniversaire de la ville de Chiang Mai. Ne l’ayant point feuilleté, on ne peut vous en dire plus.

Dernier livre de référence, Architecture of Thailand: A Guide to Tradition and Contemporary Forms, par Brian Mertens et le même auteur thaïlandais que l’ouvrage précédent. C’est là un beau livre qui embrasse un thème plus vaste, celui de l’architecture siamoise dans son ensemble. Toutes les caractéristiques importantes de la culture thaïlandaise qui en façonne son habitat sont ici évoquées : ses racines agraires, sa religion et sa monarchie, son riche mélange d’influences étrangères sont incarnées dans les bâtiments. Par conséquent, ce livre met également en lumière la tradition et l’histoire thaïlandaises. Un texte vivant et des centaines de photographies et d’illustrations explorent l’architecture des maisons indigènes de Thaïlande, de la modeste mais charmante hutte de campagne tissée de bambou au splendide manoir en teck construit sur pilotis. L’architecture religieuse n’est pas oubliée. Les variations stylistiques régionales sont également présentées. Des chapitres sont consacrés au Grand Palais, aux éléments et à l’ornementation des palais et des temples, ainsi qu’à l’architecture façonnée par les immigrants et par la tradition étrangère. Certains sujets sont peu traités ailleurs : l’architecture islamique de la Thaïlande, les shophouses, le jardin de bonsaïs de style siamois, les murs et les portes de la cour, de même que les ornements tels que la mosaïque de verre. Pour amateur éclairé (ou alors pour le devenir). Vous pouvez acquérir l’ouvrage, en anglais, chez votre libraire préféré ou encore sur Amazon.


Les maisons du musée en détail

Comme promis, voici la présentation détaillée des maisons exposées au musée des maisons traditionnelles du Lanna1.

Maison coloniale Heuan Lung Que

Heuan Lung Que est une maison de style colonial, construite en 1922. C’est un des premiers exemples de ce type de maison à cette époque. Les maisons de style colonial à Chiang Mai ont d’abord été construites par des étrangers travaillant avec des sociétés de commerce ou d’exploitation forestière en Thaïlande et en Birmanie. Parmi les premières adaptations, citons la véranda couverte et les grandes portes et fenêtres pour une meilleure ventilation. Ce style est devenu populaire plus tard parmi les aristocrates et les nobles.

Située à l’entrée du site, le plan de cette maison est de forme rectangulaire. L’entrée de la maison se trouve au centre du bâtiment. La première pièce à l’entrée de la maison est un grand hall avec une cheminée sur un côté. L’escalier qui mène au premier étage se trouve également dans ce hall, ce qui est peu fréquent dans les maisons de style traditionnel du Lanna. Le plafond du rez-de-chaussée est relativement haut pour faciliter la ventilation. Le plafond du premier étage n’est pas aussi haut et donne accès au toit. La véranda est entièrement couverte, ce qui permet de l’utiliser pendant la journée et d’éloigner la pluie et le soleil du compartiment principal.

Contexte historique. Le propriétaire de la maison était M. Arthur Lionel Queripel, un commerçant britannique travaillant pour la Bombay-Burma Trading Company. La maison a été construite en 1922 par un architecte birman du nom de Mong Chan. La Thaïlande a été occupée par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, de l’invasion de 1941 jusqu’en 1945, période pendant laquelle M. Queripel et sa femme Dokchan ont été contraints de quitter la maison. Après le décès de son proprétaire en 1946 à Bangkok, la famille Queripel est retournée vivre dans la maison jusqu’à ce qu’elle soit expropriée par le gouvernement, faisant partie intégrante de l’Université de Chiang Mai (CMU) en 1963. Détails de cette maison.


Maison des habitants de la ville de Chiang Mai – Heaun Phaya Pong Lang Ka

Heaun Phaya Pong Lang Ka est un excellent exemple de maison appartenant à une famille de haut statut social. Le style de la maison entourée d’eau, que l’on trouve typiquement en ville de Chiang Mai, ressemble aux anciennes maisons traditionnelles kalae.

La maison a été construite en hauteur et se compose de deux compartiments, chacun avec son propre toit et ses pignons, mais partageant la même plateforme. Une gouttière en bois faite d’une seule longueur de rondins passe entre les deux toits de tuiles. Le plus grand compartiment est le lieu de couchage, tandis que le plus petit sert de cuisine. Une grande véranda à l’avant de la maison est reliée à la terrasse. On suppose que le mur en bois de la maison a été construit plus tard pour séparer les chambres et la véranda.

Comme pour une maison kalae, sa construction est composée de piliers et de poutres pour en supporter le poids. La structure du toit est la même que dans une maison kalae mais il n’y a pas de kalae (un morceau de bois sculpté qui s’étend du haut des pignons). Aucun ham-yon n’a été trouvé comme linteau sculpté sur les portes des chambres à coucher. Les fenêtres sont assez peu nombreuses, mais il y a des panneaux coulissants à de nombreux endroits qui assurent une ventilation supplémentaire.

Contexte historique. Heaun Phaya Pong Lang Ka a été construite à l’origine dans la ville de Chiang Mai, entourée d’eau, en 1896, l’année même où la ville de Chiang Mai célébrait son 600e anniversaire, par Phaya Pong Lang Ka et sa femme Kham Moon. Les descendants de Phaya Pong Lang Ka, la famille Waneesorn, ont fait don de la maison à l’université de Chiang Mai en 2004. Son déménagement a été soutenu par la Fondation Chumbhot-Pantip. Détails de cette maison (avec une vidéo).

La maison kalae (en thaï : เรือนกาแล) est un style architectural du nord de la Thaïlande, une région qui s’appelait autrefois le Lan Na. La maison est composée de deux compartiments partageant la même plateforme. Elle doit son nom aux sculptures décoratives en bois qui dépassent du sommet des pignons, caractéristiques propres aux maisons traditionnelles du nord thaïlandais. C’est là une combinaison des résidences traditionnelles des groupes ethniques Lanna, Tai Lue, Tai Khoen et Tai Yong. Les influences de ces peuples rendent les maisons diverses en termes de style, de plan, de décoration, de fonctions et des éléments mêmes de la maison.
Le mot kalae a la même racine que le mot ka-lang, qui signifie un croisement ou un chevauchement. Kalae fait référence à la crémaillère en bois sculpté fixée aux pignons de la maison. La crémaillère en bois est prolongée pour former un V au sommet de la planche faîtière. La crémaillère allongée mesure 0,5 mètre de long. Les kalae sont remarquables pour leurs gravures, le point central. Les deux côtés du support de gravure sont généralement des oiseaux. Cependant, d’autres motifs peuvent être gravés. Le kalae était le cadre conçu pour maintenir le toit ensemble car le toit était autrefois construit à partir de feuilles de bananier. Plus tard, lorsque le matériau de construction s’est transformé en tuiles d’argile, le kalae est devenu un élément décoratif.
Les maisons kalae indiquent le statut du propriétaire et symbolisent sa fortune. À chaque partie de la maison ses fonctions.
Plusieurs générations partageaient le même toit. Le quotidien des Thaïlandais du nord est souvent basé sur des croyances superstitieuses. Il en va de même pour leurs constructions, dépendant également du climat, de la direction du vent, des matériaux disponibles localement.
L’orientation de la maison est calculée en fonction du soleil, le fronton du toit étant toujours orienté vers le sud ou le nord. Ces maisons ne sont plus aussi courantes qu’autrefois, des constructions plus modernes ayant fait leur apparition.

Vous en saurez plus grâce à Wikipédia (en anglais), source de ces indications
Maison kalae – Heaun Oui Paad

Heaun Oui Paad. Les maisons kalae ont souvent des compartiments jumeaux. Les faîtages parallèles sont généralement orientés selon l’axe nord-sud. Les extrémités des deux toits sont reliées par une gouttière en bois.

Les deux compartiments partagent généralement la même plate-forme qui s’étend de l’avant de la maison à l’arrière. Le plus grand compartiment est la zone de couchage, tandis que le plus petit est destiné à la cuisine. La salle de bain est généralement construite à l’écart de la maison. La véranda avant sert d’espace de travail et de repos pendant la journée. La nuit, elle est utilisée par tous les hommes du ménage comme lieu de couchage. Cette véranda avant comporte une petite cloison, qui est le prolongement du mur en bois de la chambre à coucher, appelée fha lap nang. Cette cloison est destinée à préserver l’intimité des jeunes filles qui travaillent dans la véranda pendant la journée.

En montant l’escalier de l’avant de la maison, la première véranda qui est séparée de la véranda principale est appelée shan hom. On trouve souvent sur cette véranda une petite étagère en bois pour l’eau potable dans un bocal en terre cuite. De nombreuses maisons ont également un stand d’eau potable similaire près de la porte d’entrée, offrant de l’eau potable aux voyageurs et aux gens de passage.

Il n’y a pas de plafond sous le toit, de sorte que la chaleur se disperse rapidement à partir de la zone de service. À ce niveau du plafond, une étagère en bois ou en bambou appelée kwan offre un espace de rangement supplémentaire. Au sommet des échasses se trouvent les kua yan, des supports qui aident à renforcer la structure du toit et servent également de point d’appui pour les travaux sur les tuiles. Le mur de la zone de couchage qui s’étend jusqu’au toit est appelé hnab toen. Au-dessus de la porte de la chambre à coucher, il y a un linteau décoratif remarquable appelé hum yon. Un poteau situé à côté de l’escalier d’entrée s’appelle sao laeng mah, l’endroit habituel pour attacher les chiens qui gardent la maison.

Cette maison Kalae est construite à partir de poteaux et de poutres en teck. Les six paires de poteaux ont été lattées en forme octogonale. Ces poteaux supportent le poids de toute la maison. Les quatre murs s’inclinent vers l’extérieur au lieu de se redresser, afin d’augmenter l’espace pour les étagères à l’intérieur de la pièce. La caractéristique la plus remarquable d’une maison kalae est la présence de sculptures décoratives en bois ou kalae au sommet des pignons.

Contexte historique. Comme son nom l’indique, cette maison kalae appartenait autrefois à Oui Paad (grand-mère Paad), habitant Chomtong, au sud de Chiang Mai. On estime l’âge de la demeure a environ 80 ans. Entièrement en bois et d’une dimension de 7 mètres sur 12, la maison est considérée comme assez compacte. Cependant, la maison est surélevée de 48 pilotis, ce qui est un nombre inhabituellement élevé de pilotis pour une maison de cette taille. En décembre 2011, cette maison était considérée comme étant en bon état en raison des travaux de réparation continus depuis qu’elle a été transférée au Centre pour la promotion des arts et de la culture en 1993. Détails de cette maison (avec une vidéo).

Maison kalae – Heaun Phaya Wong

Heaun Phaya Wong. Cette autre maison kalae est composée de deux compartiments principaux qui partagent la même plate-forme. Chaque compartiment a des toits à pignon séparés. Entre les deux toits à pignon, il y a une gouttière en bois ou hang lin. Le couloir de transition sous cette gouttière est appelé hom lin. Les deux compartiments servaient de dortoirs à la famille élargie de Phaya Wong. Il y a un petit compartiment séparé à l’arrière pour la cuisine. La salle de bain a été construite à l’écart de la maison. La véranda couverte à l’avant, ou toen, est dotée d’une cloison en bois qui part du mur, appelée fah lab nang, pour donner un peu d’intimité aux femmes qui l’occupent pendant la journée. Elle a été très bien construite et n’a pratiquement pas été clouée. L’espace sous le pignon est haut sans plafond sous la structure du toit. Ceci afin de faciliter la circulation de l’air à travers le toit. Au lieu d’un plafond, il y a une étagère en bois ou un kwan pour stocker des objets tels que des nam ton (récipients d’eau en terre cuite). Au niveau du plafond, il y a également un kua yan pour donner des points d’appui lors de la réparation du toit.

La zone de couchage est séparée de la véranda avant par un mur continu allant du sol à la pointe du pignon appelé nab toen. Les portes des chambres peuvent être verrouillées de l’intérieur par un loquet appelé saew. Au-dessus de la porte de la chambre à coucher, il y a un linteau décoratif remarquable appelé hum yon. Sous la porte, il y a un seuil en bois, ou khom tu.

Le plancher est constitué d’une bande de planches larges et épaisses appelée pan tong. Ces planches, qui sont soutenues par un poteau à mi-portée appelé sao pok, aident à stabiliser la structure du plancher. Comme elles sont distinctes des planches normales, elles servent également de chemin solide pour marcher pendant la nuit car elles font moins de bruit. Le système de poteaux et de poutres de cette maison kalae est construit en bois de teck. Les poteaux ont été taillés en forme octogonale. Chaque compartiment principal et la terrasse avant utilisaient six paires de poteaux – à l’exception des poteaux du milieu. Les poteaux de soutien des murs sont traversés par des poutres appelées waeng qui soutiennent les solives qui, à leur tour, soutiennent les planches de bois. Sur les pignons avant et arrière, il y a des poteaux au milieu du pignon qui supportent la poutre supérieure appelée pae jong. Au sommet des poteaux qui ne supportent pas les pignons, on trouve des tang yo (chevrons du pignon supportant un système de tuiles).

L’angle du toit est d’environ 45 degrés pour permettre l’évacuation rapide des eaux de pluie. Le bord prolongé du toit est soutenu au niveau des poteaux par un solide yang kam. Sous les murs avant et arrière des pignons, il y a des ngab, des toits allongés pour protéger l’avant et l’arrière de la maison contre la pluie et le soleil. Le mur pignon est normalement constitué d’un panneau de bois composite appelé fa ta pa. Les murs avant et arrière du pignon sont à angle droit avec le sol, tandis que les murs sont inclinés vers l’extérieur pour créer des espaces supplémentaires à l’intérieur de la maison. Cette disposition des murs inclinés permet également de soutenir la structure du toit. Le mur est fait de planches de bois verticales appelées pan lan, avec des lattes couvrant les espaces entre les planches.

La maison est grande et surélevée par rapport au sol sur des pilotis pour obtenir une légèreté de forme et de belles proportions. À travers une forme nette et cohérente, la relation entre la masse, les plans et les espaces intérieurs et extérieurs fait toute la beauté de cette maison kalae.

Contexte historique. Cette maison appartenait à l’origine à Phaya Wong, un descendant d’une des familles aristocratiques de Lamphun qui vivait dans le district de Pasang, à Lamphun. La maison a été construite par son beau-fils, Phaya Ud, également chef d’un autre sous-district de Pasang vers 1890. La maison a été utilisée par la famille pendant trois générations avant d’être vendue, puis démantelée et reconstruite dans le temple de Suwanavihara à Lamphun. La maison a ensuite été vendue à M. Harry Wong puis offerte à l’Université de Chiang Mai en 1998 par la Fondation du Dr Winit-Khunying Pannee Winitnayapak qui a également soutenu sa reconstruction. Détails de cette maison (avec une vidéo).


Maison Tai Lüe – Heaun Mon Tood ou Heaun Oui Tood

Heaun Mon Tood ou Heaun Oui Tood est considéré comme une maison en bois de taille moyenne. Tout comme une maison kalae, cette maison Tai Lüe comporte deux compartiments avec une large véranda à l’avant. La terrasse, agrémentée d’une petite étagère en bois pour un pot en terre cuite d’eau potable, est reliée à la véranda. Le plus grand compartiment sert de zone de couchage, tandis que le plus petit sert de cuisine. Il n’y a pas de salle de bain dans la maison.

Entièrement construite en bois de teck et avec des dimensions de 7 mètres sur 12, la maison est considérée comme assez compacte. Cependant, la maison a été surélevée de 48 pilotis par rapport au sol, ce qui est un nombre inhabituellement élevé pour une maison de cette taille. Les poteaux sont en forme d’octogone et ont été perforés afin de supporter des poutres pour supporter le poids. Au niveau du plafond, il y a des kua yan ou entretoises qui aident à renforcer la structure du toit et servent également de point d’appui lors des travaux sur les tuiles du toit. Il n’y a pas de linteau décoratif (hum yon) au-dessus de la porte de la chambre à coucher,

Contexte historique. Oui Tood ou Mon Tood (arrière grand-mère Tood) était un descendant Tai Lüe vivant dans le district de Doi Saket, à l’est de Chiang Mai. La maison a été construite en 1917 par son mari, Por Noi Luang, à partir de bois collecté dans de nombreuses vieilles maisons alentour. Ajarn Sirichai Narumitrekhakan a acquis la maison mais le déménagement n’a commencé qu’après le décès de Mon Tood, à l’âge de 107 ans, deux ans plus tard. Le déplacement de l’édifice au Centre pour la promotion des arts et de la culture en 1993 a été soutenu par la Fondation Chumbhot-Pantip. Détails de cette maison (avec une vidéo).


Maison du nord thaïlandais – Heaun Oui Kaew

Heaun Oui Kaew. Cette maison de style traditionnel Lanna a été construite après la Seconde Guerre mondiale, principalement en bois dur. Elle a des pignons jumeaux avec une gouttière (ou hom lin) reliant l’extrémité des toits entre les deux pignon; l’avant et l’arrière de la maison sont reliés par une véranda. La structure et la disposition des maisons de cette période ont été héritées des maisons traditionnelles du Lanna, comme la hutte en bambou ou la maison tub mai bau et kalae. Une différence notable est l’escalier qui ne mène plus directement à l’avant de la maison. La terrasse n’a que la moitié de la largeur de la maison et est fermée par des cloisons en bois pour plus de sécurité.

La Heaun Oui Kaew mesure 7 mètres de large sur 10 mètres de long et n’est surélevée que d’un mètre par rapport au sol, ce qui la fait paraître assez petite. La construction est composée de piliers et de poutres pour supporter le poids de la maison. Des clous ont été utilisés afin d’accélérer le processus de construction. Un mur coulissant ou fha lai, très populaire à cette époque, a été utilisé à de nombreux endroits pour faciliter la ventilation. En utilisant des tuiles de ciment plus grandes, la pente du toit n’était donc pas si raide.

Contexte historique. Heaun Oui Kaew a été construite pendant la Seconde Guerre mondiale, juste à l’extérieur de la ville de Chiang Mai qui est entourée d’eau. Elle appartenait à Oui Kaew (grand-mère Kaew) et à Oui In (grand-mère In). Ajarn Vithi Phanichphant, avec le soutien de l’université Seika de Kyoto, au Japon, a acheté cette maison en 1987, avant qu’elle ne soit démolie. Oui In (grand-mère In) a déménagé dans une nouvelle maison mais Oui Kaew a choisi de continuer à vivre dans sa maison bien-aimée jusqu’à sa mort. La maison a été démontée et reconstruite au Centre pour la promotion des arts et de la culture de l’université de Chiang Mai en 1997. Détails de cette maison.


Maison populaire de Mae Taeng

Maison populaire de Mae Taeng. Adaptée du style des maisons traditionnelles, cette maison se compose de deux compartiments principaux avec des pignons jumeaux. Principalement faite de bois dur, elle est surélevée par rapport au sol grâce au système de poteaux et de poutres, avec des escaliers à l’avant et à l’arrière de la maison. Le toit en tuiles de terre cuite se prolonge à l’avant et couvre à la fois la véranda et la terrasse. La plate-forme de la chambre a été surélevée pour séparer la zone de couchage plus privée de la véranda.

Contexte historique. La maison a été construite en 1917 à Ban Pa Phai, Chor Lae, district de Mae Taeng, au nord de Chiang Mai. Elle a appartenu à Noi Ping et plus tard à Mme Kan Takham. La maison a été transférée, avec le soutien de la Fondation Chumbhot-Pantip, au Centre pour la promotion des arts et de la culture de l’Université de Chiang Mai en 2008. Détails de cette maison (avec vidéo).


Maison pan-ya – Heaun Anusarn Sunthorn

Heaun Anusarn Sunthorn.

Ici au nord, le style pan-ya3 a été influencé par le style colonial apporté par les missionnaires, les négociants en bois anglais et les gouverneurs de Bangkok. Ce style est une adaptation du style européen pour s’adapter aux conditions locales de chaleur et d’humidité. Grâce aux progrès technologiques, la coupe et le tournage sont devenus beaucoup plus faciles. Les poteaux, poutres et murs carrés étaient plus faciles à fabriquer et leurs surfaces plus lisses. Les clous, les écrous et les boulons étaient largement utilisés, ce qui permettait d’assembler rapidement des pièces de bois. L’aménagement de l’espace dans la maison est également inspiré du style européen. L’utilisation de meubles nécessite plus d’espace, c’est pourquoi le toit est large et couvre toute la surface de la plate-forme disponible. La véranda a été utilisée pour relier les pièces et servir également de zone de repos. La zone centrale de la maison remplit les principales fonctions.

Les maisons de style pan-ya ne mettent pas l’accent sur la décoration mais plutôt sur la simplicité. Cependant, des adaptations ultérieures ont ajouté quelques détails délicats comme des panneaux de bois perforés, adoucissant un brin le côté rude. Les piliers de style colonnade donnent également au style plus de légèreté.

Contexte historique. Luang Anusarn Sunthorn et sa femme Khamtieng ont construit cette maison pour leur fils, MD Yong Chutima, en 1924. Elle a été cédée par les descendants de Luang Anusarn Sunthorn au Centre pour la promotion des arts et de la culture en 2004. Là aussi, le transfert a été soutenu par la Fondation Chumbhot-Pantip. Détails de cette maison (avec vidéo).


Les greniers à riz (หลองข้าว, long khao)

Grenier à riz ou long khao, Sarapee

Long khao, Sarapee. Contexte historique. À l’origine, ce grenier à riz a été construit en 1907 par Por Toh et a ensuite été acheté par Por Muengjai Thongkamma de Ban Sanklang, dans le district de Sarapee, au sud de Chiang Mai. Le bâtiment de bois possède huit grands piliers, le compartiment de stockage au centre étant entouré d’un balcon sur tous les côtés. En 2008, le professeur Dr Hans-Jurgen Langholz et sa femme, Dr med. Dr phil. Agnes Langholz en ont fait un don à l’Université de Chiang Mai. En vous promenant dans la campagne de la province de Chiang Mai, vous pourrez voir de nombreux greniers à riz similaires.

Grenier à riz (long khao)

Bâtiments vernaculaires du Lanna, les greniers à riz étaient généralement fait de bois dur, gage de résistance et de durabilité. Habituellement, on utilisait le tronc entier comme poteaux pour les supports verticaux. Les poteaux sont légèrement inclinés vers l’intérieur pour mieux supporter les charges. Il y a des poutres appelées wang, des solives et des planchers en bois – la même structure que l’on trouve dans les maisons.

Il n’y a pas d’escalier; seule une échelle appelée kern est utilisée en cas de besoin. Les murs sont assemblés à partir de planches de bois verticales de l’intérieur sur des cadres en bois. Il n’y a pas de fenêtre, sauf une ouverture pour charger et décharger le riz. Les structures des murs sont similaires à celles que l’on trouve dans les maisons. Habituellement, ils étaient assemblés séparément sur le sol et mis en place après que toutes les autres parties de la maison aient été construites. Les panneaux muraux sont reliés par des boulons en bois. La structure du toit est également similaire à celle des maisons, avec un toit à un seul niveau. Cependant, ce grenier-ci a un toit à deux étages. L’étage supérieur présente une pente plus importante. L’étage inférieur a une pente plus faible avec des surplombs de tous les côtés, ce qui donne au toit un aspect délicat. Les tuiles d’origine étaient en argile ou en terre cuite (din kor), avec une décoration de type nga sur le pignon. On trouve encore ce style de grenier à grains dans les zones rurales du Lanna, notamment dans les districts de Sanpatong et de Mae Chaem.

Grenier à riz laohawat
Grenier à riz, Pasang (Nandakwang)

Cette grande grange à riz appartient à la lignée de la famille Nandakwang et était à l’origine située dans le district de Pasang, dans la province voisine de Lamphun. Les deux côtés de ce grenier à riz, à l’avant et à l’arrière, nah jua (la forme triangulaire sous le toit), sont décorés d’un motif de paon en bois raffiné. Les escaliers à l’avant et à l’arrière ont été adaptés de la structure originale de la grange à riz en y ajoutant un escalier permanent qui, à l’origine, utilisait l’échelle temporaire pour monter et descendre à chaque fois. En se basant sur son architecture originale, on estime que ce grenier à riz doit avoir entre 150 et 170 ans. Mme Sopa Muangkrajang (Nandakwang), propriétaire de l’édifice, en a fait don à l’université de Chiang Mai. Détails de cette maison.

C’est là la présentation détaillée de tous les bâtiments que vous pouvez admirer sur le site du musée des maisons traditionnelles du Lanna. Un musée dont nous vous conseillons vivement la visite.

In fine, prenez connaissance du regard d’un amoureux du Lanna, Jean de la Mainate, infatigable animateur du site Merveilleuse Chiang Maï. Il vous présente ce musée en deux parties, première et seconde partie, à son inimitable façon.


1 La source des informations publiées n’est autre que le site web du Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, Université de Chiang Mai (CMU).
2 Le restaurant Chocolate Factory s’est installé en juillet 2018 mais son exploitation n’a hélas pas fait long feu ! La maison même, cœur du centre commercial, est donc pour l’heure fermée.
3 Le style pan-ya est d’influence indo-malaise; il se caractérise par un toit en croupe (type de toiture qui, côté pignon, est triangulaire en un ou deux pans inclinés dont un est un triangle et l’autre un trapèze).
4 C’est là un article original du magazine anglophone Citylife : Spotlighting the classic homes of Sanpatong

Source de l’image à la une : affiche recadrée de l’édition 2018 © Centre pour la promotion des Arts et de la Culture, CMU. Article composé le 28.11.2019 mis à jour le 05.12.2020.

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Au-delà du Chiang Mai Street Jazz Festival, où écouter de la bonne musique à Chiang Mai ?

Les touristes découvrant Chiang Mai y ressentent rapidement une agréable douceur de vivre alimentée par des habitants avenants. Une dolce vita à la sauce siamoise (du Lanna plus précisément) qui attire les expatriés. Les nombreux événements culturels organisés dans la Rose du Nord contribuent à maintenir cet état d’esprit.

Et ceux dont on vous parle aujourd’hui en font partie. Il y a en effet plusieurs festivals de jazz organisés dans l’année; et le Chiang Mai Street Jazz Festival, bien ancré dans le tissu artistique local, en est l’étendard malgré sa relative jeunesse (sa première édition a eu lieu en 2019). Sans parler des clubs qui animent la ville quotidiennement. L’on vous livre ici un bref aperçu pour savoir où écouter de la bonne musique à Chiang Mai.

L’édition 2020 du Chiang Mai Street Jazz Festival a eu lieu du 7 au 29 novembre 2020, n’en déplaise à la crise sanitaire causée par le Covid-19 ! Il s’est déroulé sous la forme d’ateliers musicaux animés par les artistes avec, en apothéose, les concerts du festival donnés le week-end du samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020. Rendez-vous en 2022 ?

Au menu de cet article au parfum jazzy :

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Naissance d’un festival

Commençons par le Chiang Mai Street Jazz Festival, original à plus d’un titre. Le festival – éclaté tant dans le temps que dans l’espace – a été imaginé par Pharadon Phonamnuai (ภราดล พรอำนวย). Un saxophoniste thaïlandais qui a réuni les meilleures boîtes de jazz/blues de Chiang Mai pour nous offrir ce rendez-vous musical inédit.

L’instigateur

Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Pharadon Phonamnuai - Photo The People
Por, l’âme du Chiang Mai Street Jazz Festival
© The People

Quand le vert rencontre le bleu, le bleu de la note s’entend ! Plus connu sous son surnom de Por (ปอ), Pharadon est le cofondateur de The North Gate Jazz Co-Op, lieu de rencontre populaire et préféré des musiciens locaux. Diplômé en architecture et joueur de saxophone expérimenté, il aime voyager. Ces deux passions l’ont amené à partir en auto-stop de Chiang Mai à Paris avec seulement 20 000 bahts et son instrument de musique. Il en a tiré un récit de voyage – Loem Tai Pord (Blowing West; Soufflant vers l’Ouest). Mais Por est aussi un fervent défenseur de l’environnement. Il a participé à de nombreux projets verts, tels que la campagne pour la plantation d’arbres à Chiang Mai, le nettoyage du canal Mae Kha, ou encore l’élimination des pailles en plastique dans les établissements publics… En tant que dirigeant d’entreprise – c’est, entre autres, le patron du Birds nest café – il soutient également des enfants défavorisés à travers une école de musique, Ban Pan Sound. C’est de tout cela qu’il parlait lors d’une conférence TED ici à Chiang Mai en 2016 (TED Chiang Mai sur le web et sur Facebookvidéo ci-dessous). Le magazine The People l’a interviewé (mais tout est en thaï), lui qui avait déjà eu les honneurs du magazine anglophone local, Citylife (et là, l’article est donc en anglais).

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Chiang Mai Street Jazz Festival 2020

La première édition, celle de l’année dernière, d’une durée de 3 jours, avait été amenée au fil des mois par quatre événements musicaux qui l’avaient précédée. Changement de formule en cette année de crise sanitaire : le festival 2020 aura lieu du 7 au 29 novembre 2020. Il se déroulera sous la forme d’ateliers musicaux animés par les artistes avec, en apothéose, les concerts du festival donnés en soirée le week-end du 28 et 29 novembre 2020, en 5 lieux différents. Bien que les artistes et groupes invités ne soient point encore tous connus, ce week-end musical de clôture ravira les mélomanes de la Rose du Nord, à n’en pas douter.

Le Chiang Mai Street Jazz Festival est donc co-organisé par quatre boîtes de jazz qui se sont unies. Saluons le courage des organisateurs, eux qui affrontent des chiffres d’affaire faméliques avec leur boîtes de jazz durant la présente crise sanitaire qui a amené à la fermeture des frontières du pays, générant une terrible crise économique.

D’abord les ateliers et les rencontres avec des artistes…

Le dernier week-end du mois de novembre est donc l’aboutissement du festival, avec deux soirées de concerts. Mais avant cela, huit ateliers thématiques animeront la ville. Ils ont lieu de 14h à 16h. Le prix est de THB 150.- par atelier ou THB 700.- pour toutes les rencontres (les étudiants ne paient respectivement que THB 80.- et THB 350.-).

Ces 8 ateliers se proposent de vous donner des connaissances sur le jazz, voire de les améliorer :

  1. Samedi 07.11.2020 au North Gate Jazz Co-Op. Thème : comment jouer du saxophone et créer un club de jazz (en thaï uniquement). Un atelier animé par Pharadon ‘Por’ Phonamnuai, saxophoniste et propriétaire de la North Gate Jazz Co-op (on vous l’a présenté ci-dessus). Événement FB.
  2. Dimanche 08.11.2020 au North Gate Jazz Co-Op. Thème : formation rythmique de base et avancée – pour tous les instruments. Un atelier animé par Phantawat ‘Phan’ Nawigi, tambouriste et conférencier au Collège de musique de l’Université Payap. Événement FB.
  3. Samedi 14.11.2020 au The Groove Music School. Thème : la composition de chansons en 4 étapes pour les débutants (en thaï uniquement). Un atelier animé par Karn ‘Louis’ Setthakorn, bassiste et directeur de l’école de musique The Groove.
  4. Dimanche 15.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : les techniques de narration musicale dans l’improvisation (en thaï uniquement). Un atelier animé par Krit ‘Tang’ Suwanthada, guitariste.
  5. Samedi 21.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : techniques de walking bass (en thaï uniquement). Un atelier animé par Warin Tatun, bassiste et propriétaire du club de jazz Moment’s Notice.
  6. Dimanche 22.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : improvisation jazz avancée – pour tous les instruments (en anglais). Un atelier animé par Andreas Møller, un pianiste de jazz danois.
  7. Samedi 28.11.2020 au Moment’s Notice. Thème : improvisation pour un batteur de jazz (en anglais, avec peut-être quelques touches de français). Un atelier animé par Mathieu Franceschi, percussionniste français.
  8. Dimanche 29.11.2020 au Old Chiang Mai Cultural Center. Thème : cité de la musique – Appréciation de la musique (en thaï uniquement). Un atelier animé par Bringkop ‘Joe’ Vora-urai, chargé de cours au Collège de musique de l’Université Payap. Ce dernier atelier est gratuit.

… puis les concerts du week-end en guise d’apothéose

C’est donc un parfum de jazz qui flotte sur Chiang Mai en novembre grâce au Chiang Mai Street Jazz Festival 2020. À travers les ateliers susmentionnés et peut-être aussi des concerts-surprises comme l’année dernière (ici dans la rue ou les transports publics).

Ce serait bien… d’apprendre à mieux se connaître et mieux se comprendre !
(devise du festival)

L’aboutissement artistique aura lieu le week-end du samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020, de 17h à minuit, avec pas moins de 26 concerts qui feront vibrer la ville deux soirs durant.

Samedi 28 novembre 2020 (de 19h à minuit) en quatre endroits différents de la ville, à savoir les quatre boîtes de jazz organisatrices. Au programme :

North Gate Jazz Co-OpThapae EastThe MellowshipMoment’s Notice
19h30 : Shi Suwichan (ชิ สุวิชาน)19h30 : OMNIBUS19h30 : Croissant Band (เชียงใหม่)19h30 : Super Sax ChiangMai (เชียงใหม่)
20h15 : Triumph Gate20h40 : Boy Paco (เชียงใหม่)20h30 : Chiang Mai Blues20h30 : The Interplayers (France, Canada, Thaïlande, Espagne)
21h00 : Payap Percussion Band (เชียงใหม่)21h50 : Top Bud Brothers21h45 : ปากเพรียวแจ๊สแบนด์ ft. MaxTone (สระบุรี)21h45 : Doijao
21h15 : NG Super Handsome Band23h00 : The Multiple Standards (USA, Canada, Corée du Sud, Espagne, Thaïlande)23h00 : Breaking Mad23h00 : The Funkster
22h15 : หมาเก้าหาง
23h30 : Super Sax ChiangMai (เชียงใหม่)

Dimanche 29 novembre 2020 (de 17h à minuit passé) au centre culturel Old Chiang Mai Cultural Center (ศูนย์วัฒนธรรมเชียงใหม่) :

  • 17h00 : Ajentcid (เชียงใหม่)
  • 17h50 : Jettakoff (กรุงเทพ)
  • 18h40 : Cats Away (เชียงใหม่)
  • 19h30 : ปากเพรียวแจ๊สแบนด์ ft. MaxTone (สระบุรี)
  • 20h30 : ATM Trio (France, Danemark, Thaïlande)
  • 21h30 : Ranna Hop (กรุงเทพฯ)
  • 22h30 : Paparesto (เชียงใหม่)
  • 23h30 : Grace Moon (เชียงใหม่) clora la soirée et, par la même occasion, l’édition 2020 du festival.

Les étoiles vont briller à Chiang Mai ! Notons au passage que d’autres groupes ayant passé les auditions ne semblent pas avoir été retenus, tels Wes Montgomery (กรุงเทพฯ), Mahoree ChiangMai (วงปี่พาทย์ เชียงใหม่), Akaohang หมา 9 หาง (กาฬสินธุ์), Del Ritmo (เชียงใหม่), The Street Guardian Jazz Ensemble (Allemagne, Thaïlande) ou encore Jinda John (กรุงเทพฯ)…

C’est gratuit ?
Les événements culturels sont souvent gratuits ici à Chiang Mai, soutenus soit par les autorités soit par des mécènes. Le Chiang Mai Street Jazz Festival 2020 déroge à cette règle mais le prix du billet est riquiqui par rapport aux prestations proposées : un pass au prix de THB 200.- pour tous les concerts (seulement THB 100.- pour les étudiants). C’est peu cher tenant compte du nombre de concerts au programme ! À notre connaissance, pas de billets Extra ou VIP cette année. Rappelons que les bénéfices sont destinés à des projets environnementaux afin de verdir la ville.

Le Chiang Mai Street Jazz Festival est la preuve qu’une fructueuse collaboration entre diverses entités peut produire un événement d’envergure : le festival a été répertorié sur un site de jazz réputé, Smooth Jazz. Il attire de nombreux bénévoles venus prêter main forte et d’importants sponsors. Tous les bénéfices sont consacrés au reverdissement de la ville par la plantation d’arbres.

Le cœur du festival (dimanche soir) est un lieu qui défend la culture du Lanna en organisant une soirée khantoke (repas local avec danses traditionnelles du Nord thaïlandais; le spectacle était naguère quotidien, il est devenu hebdomadaire, crise oblige). On parle bien sûr du centre culturel Old Chiang Mai, en ville donc, non loin de l’aéroport. Ne manquez pas d’y admirer les bâtiments typiques de la région, dont le principal, une sorte de caravansérail en bois.

Chiang Mai Street Jazz Festival 2020 – En résumé :

🎵 Du samedi 7 au samedi 28.11.2020 : divers ateliers selon les indications ci-dessus (activité payante)

🎵 Samedi 28.11.2020, de 19h à minuit, concerts dans les 4 boîtes de jazz organisatrices : North Gate Jazz Co-Op, Thapae East, The Mellowship et Moment’s Notice.

🎵 Dimanche 29.11.2020, de 17h à minuit passé, concerts au Old Chiang Mai Cultural Center.

🎵 Billeterie. Un pass de THB 200.- donne accès à l’ensemble des concerts (sur 2 jours donc); THB 100.- seulement pour les étudiants. À acquérir sur place (l’un des 5 endroits des concerts ou via Ticket Melon).

C’est donc là un festival de musique qui donne à tous la possibilité de faire quelque chose de concret pour l’environnement à Chiang Mai. Il va de soi qu’il vous est demandé d’éviter l’utilisation du plastique, de venir avec votre propre récipient (une gourde par exemple) et au besoin vos propres services. Chiang Mai en vert c’est la garantie d’un avenir durable.

Le Chiang Mai Street Jazz Festival sur internet
Site web (qui n’est pour l’heure pas fonctionnel pour cette édition)
Page Facebook (on espère qu’il y aura une diffusion Live FB)
Événement FB (pas encore créé)
Bande-annonce (pas encore réalisée)
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Instagram
Emplacement du concert de dimanche soir, le 29 novembre 2020

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L’implémentation du jazz à Chiang Mai – une musique venue d’ailleurs – prouve l’ouverture d’esprit des locaux, des habitants qui s’adaptent aux cultures extérieures.

Vous l’aurez compris, les quatre co-organisateurs du festival sont donc des valeurs sûres en matière musicale. En dehors de la période du festival, vous pouvez y aller les yeux fermés. Occasion pour vous de vivre de manière originale les nuits de Chiang Mai. Évidemment, l’ambiance dépendra beaucoup du groupe qui s’y produit.


Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Photo North Gate Jazz Co-Op
Les nuits sont chaudes au North Gate Jazz Co-Op © Facebook

The North Gate, la vénérable boîte

The North Gate Jazz Co-Op, proche de la porte du Nord dont il a repris le nom, est un lieu de rencontre prisé des mélomanes, l’un des préférés des musiciens locaux. Ils s’y produisent à foison pour le plus grand bonheur des habitants de la Rose du Nord et des touristes de passage. Souvent bondé, les spectateurs débordent alors sur la chaussée. Ici, tous les genres musicaux sont les bienvenus; les jam sessions ont généralement lieu le mardi soir. Un succès dont n’est pas peu fier Por, l’âme du festival que l’on vous a présenté ci-dessus.

The North Gate Jazz Co-Op
Ouvert tous les jours, concerts dès 20h.
Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.


Thapae East – Venue for the Creative Arts

Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Photo Thapae East
© Facebook – Thapae East

Ouvert au public en 2015 et initié par le même Por, Thapae East est un lieu qui promeut la création musicale et artistique, sous diverses formes. Il est composé de deux zones principales : une pelouse en plein air avec une grande structure de deux étages en acier rouge servant d’arrière-plan à des événements tels que des projections de films, des fêtes et des concerts, et deux rangées d’échoppes qui comprennent un restaurant et un bar. Les boutiques sont gérées par des artistes et des amis et comprennent des magasins de reliure de livres, des accessoires de style indien, des articles décoratifs faits à la main, un bureau d’architecture et un restaurant mexicain. Thapae East accueille régulièrement des concerts passionnants de différents styles de musique. Le local de musique est petit mais la cour permet de recevoir les amateurs lorsqu’ils viennent en nombre. Si vous jetez un œil au programme de cette boîte, vous y décèlerez un éclectisme de bon aloi. Nous, on aime beaucoup. Thapae est le nom de la porte principale qui donne accès à la Cité fortifiée, épicentre touristique de Chiang Mai. Et la boîte se trouve donc à l’est de dite porte, sur la route éponyme.

Thapae East – Venue for the Creative Arts
Ouvert tous les jours de midi à minuit (mardi et mercredi, seulement de 18h30 à minuit, et dimanche fermeture à 21h); concerts en soirée seulement.
Page Facebook, site web, avis TripAdvisor et emplacement.


The Mellowship, plus cozy

Ici, l’ambiance est plus feutrée. The Mellowship est la boîte à musique qui offre la cuisine la plus raffinée des quatre adresses répertoriées. Elle se trouve à l’ouest de Nimmanhaemin, le quartier branché de Chiang Mai, en direction de la CMU (la fameuse université de la ville). Un quartier jeune donc; on y rencontre régulièrement des expatriés, en plus de touristes égarés et de locaux. Bien que l’adresse se définisse comme une boîte de jazz, on y entend aussi bien du jazz, du blues, du rock et autre musique contemporaine. Chaque dernier samedi du mois, on y swingue dans la bonne humeur.

Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Photo The Mellowship
The Mellowship © Facebook

The Mellowship
Ouvert tous les jours, de 18h à minuit (ou presque).
Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.


Moment’s Notice, le petit dernier

Ambiance intimiste au Moment’s Notice; cette boîte de jazz n’offre que 60 places. Créée par Warin Tatun, lui-même bassiste, elle se situe au sud du Night Bazaar, direction la rivière Ping. Amateurs d’adresses hors des sentiers battus, nous aimons à conseiller sa fréquentation car les touristes y sont denrée rare. C’est dire que vous vivrez une expérience authentiquement thaïlandaise, avec de sympathiques locaux en guise de voisins de table. L’endroit propose une cuisine fusion.

Le design du Moment’s Notice permet des concerts intimistes © Facebook

Moment’s Notice
Ouvert tous les jours, concerts dès 20h.
Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.

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Et d’autres adresses encore

Même en se limitant au jazz, la scène musicale ne saurait être réduite à ces seules quatre adresses, bien entendu. La Rose du Nord vibre de mille lieux offrant des concerts de blues, de jazz et d’autres musiques contemporaines d’excellente qualité. En vrac, quelques autres adresses :

Jazz Cafe’. Le Jazz Cafe’, non loin du Holiday Inn (qui lui est de l’autre côté de la rivière Ping), est un club de jazz à l’air libre. Ouvert en 2016, en l’espèce de trois ans, son succès l’a fait déménager de l’autre côté de la route et c’est maintenant une importante structure qui accueille les amateurs de jazz. Avouons que nous apprécions l’adresse pour son ambiance et pour sa gestion typiquement locale. À savoir des groupes thaïlandais, une cuisine thaïlandaise et des jolies – sexys devrions-nous écrire – serveuses thaïlandaises. Devons-nous préciser encore que la clientèle est, elle aussi, thaïlandaise. Bref, de quoi passer une soirée dépaysante en compagnie des mélomanes chiangmaiens.
Ouvert tous les jours de 18h à minuit (c’est à partir de 22h que l’ambiance devient chaude). Page Facebook et emplacement.

Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Photo Jazz Cafe
© Facebook

Bars du Night Bazaar. Le Night Bazaar offre lui aussi plusieurs cafés où la musique live est à l’honneur. Signalons-en deux.
➥ Tout d’abord le Boy Blues Bar, au marché Anusarn, au sud du Night Bazaar. Il promet le meilleur du blues de Chicago !
Ouvert tous les jours sauf dimanche, de 20h à minuit. Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.
➥ Ensuite le marché de nuit Ploen Ruedee, un endroit qu’on adore, situé, lui, au nord du Night Bazaar. C’est sur des bottes de foin que vous pourrez écouter les artistes du cru. Parfois, la soirée est entièrement blues comme en octobre dernier lors de l’inauguration du nouvel album de Chiangmai Blues, groupe musical local.
Ouvert tous les soirs sauf le dimanche, de 18h à minuit. Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.

Road Fire. Autre endroit où la clientèle est presque exclusivement locale, le Road Fire Bar & Cafe (รถไฟบาร์แอนด์คาเฟ่). Il élit domicile en soirée, sis dans un container (l’endroit doit se transformer en centre commercial exclusivement fait de containers mais les commerçants semblent pour l’heure frileux). Le nom vous aura peut-être signalé que vous êtes ici à la gare ferroviaire. Les concerts sont quotidiens (et quand il pleut, l’endroit est déserté).
Ouvert tous les jours, de 18h à minuit. Page Facebook et emplacement.

The Carpenter. Nouveau venu sur la scène musicale chiangmaienne, l’endroit peut être défini de cozy. On est ici plutôt dans le cadre d’un restaurant qui offre une animation musicale. Les riches Thaïlandais aiment à s’y montrer. The Carpenter est situé à l’extérieur de la ville, en direction de Mae Rim. Et c’est plutôt joli : le bâtiment est bien intégré à son environnement naturel.
Ouvert tous les jours, de 16h à minuit. Page Facebook, avis TripAdvisor et emplacement.

L’ambiance de tous ces endroits dépend beaucoup du groupe invité, obvie. Ainsi, vous pourrez vivre une expérience fort différente en fonction du moment où vous vous rendrez sur place ! Quoi qu’il en soit, à part peut-être la vénérable boîte qu’est le North Gate et les bars du Night Bazaar, vous n’y verrez pas beaucoup de touristes en ces lieux et pourrez donc vous mêler à la population mélomane locale. On vous résume tous ces lieux ici :

Il y a bien entendu moult autres adresses où des concerts de musique sont donnés dans la Rose du Nord. Nous nous sommes limités ici au jazz et aux musiques proches.

Indépendamment des conseils qu’on aura pu vous donner, des adresses glanées ici et là, ne manquez jamais de vous abandonner à la grâce de l’inattendu. Peut-être qu’ainsi, au hasard d’une rue, vos oreilles seront attirées par de captivantes mélodies. Ce sera alors là la garantie de vivre de mémorables moments.


Thailand’s International Jazz Festival 2021

Les divers centres commerciaux se font une guéguerre pour héberger les festivals de jazz. Et depuis l’édition 2020, c’est le One Nimman qui a obtenu l’organisation du Thailand’s International Jazz Festival. L’édition 2021 – bravant le covid – aura lieu le samedi 13 mars 2021, dès 17h (emplacement).

Présenté comme le plus grand rassemblement de musiciens de jazz de classe mondiale venus du monde entier pour se produire avec leur propre style, il verra donc se produire, dans l’ordre :

  • L’International Jazz All Star avec la voix de Cherryl Hayes soutenue par le batteur Willard Dyson et le guitariste américain Mark Mosley (qui lui est internationalement reconnu);
  • Suivi de Maew Jirasuk et Denny Euprasert avec Lisa Morgan en guise de talentueuse invitée vocale, elle qui nous vient d’Australie;
  • Puis ce sera le tour du Jazz Philharmonic avec la chanteuse Nicole Theriault; ils seront rejoints par Maître Phlawit Opatunthu, l’un des meilleurs musiciens de jazz thaïlandais.
  • Les talents continueront à animer la soirée : Varitda avec PAE SAX, virtuose du saxophone. Namm Ronnadet sera leur invitée;
  • Et enfin le groupe ETC. qui nous propose une pop jazz avec un jeune chanteur à la voix douce, Burin Bunwisut.

Événement FB
Bande-annonce
Page Facebook de l’organisateur (Neekrung To Go)
Le centre commercial One Nimman sur Facebook

Le clocher du One Nimman vibrera donc aux sons jazzy 6 heures durant ce samedi 13 mars 2021. Pour ne rien gâcher, l’entrée est gratuite ! Retrouvez l’ambiance de l’édition 2021 ici et , de même que celle de l’édition 2020.


Les autres festivals

Le jazz et le blues font l’objet de plusieurs autres festivals ici à Chiang Mai. Si vous avez l’occasion d’être dans la région durant leur déroulement, n’hésitez pas à y venir. C’est de cette façon-là que la Rose du Nord se laisse apprécier, à travers ses nombreux rendez-vous culturels.

CHIANGMAI JAZZ FESTIVAL. Rendez-vous annuel organisé dorénavant à l’extérieur de la ville, le Chiangmai Jazz Festival est LE grand événement en matière de jazz à Chiang Mai, avec des artistes internationaux (les soutiens financiers nationaux expliquent cela). Il a lieu traditionnellement à la fin du mois de janvier. On regrette bien sûr qu’il aie quitté le cœur de Chiang Mai, soit la place des Trois Rois : l’ambiance est tout autre sur l’esplanade extérieure du centre commercial Promenada, où il est dorénavant organisé depuis au moins 3 ans (vous lirez à juste titre une pointe de regret dans nos propos).
Le festival sur Facebook.

Notons au passage que le centre commercial concurrent, le Central Festival, accueille traditionnellement, lui, le THAILAND SMILE JAZZ FESTIVAL lorsque ce dernier fait escale à Chiang Mai (en novembre ou décembre). Page Facebook.

NIMMAN ART & MUSIC FEST. On vous en avait bien entendu parlé sur notre page Facebook. C’est là un nouveau rendez-vous culturel organisé en septembre dernier au centre commercial One Nimman. On se réjouit de la prochaine itération de ce festival musical soutenu par les autorités touristiques nationales; ci-dessous la vidéo-souvenir,
Page Facebook du festival.


PAI JAZZ & BLUES FEST. Alors bien sûr, c’est n’est pas en ville de Chiang Mai puisqu’il faut plus de 3 heures de route pour rejoindre Pai, un bourg niché dans les montagnes de la province voisine de Mae Hong Son, non loin de la Birmanie. Mais il nous était difficile de ne pas vous parler de ce festival musical qui a lieu généralement en juillet. Rendez-vous est d’ores et déjà pris pour l’édition 2023 du Pai Jazz & Blues Fest : elle est agendée du 7 au 9 juillet 2023 🎷

L’édition 2020 – 4e du nom – est une édition spéciale, crise sanitaire du Covid-19 oblige. À part les quelques privilégiés qui pourront être sur place (alors que les frontières du royaume sont fermées), le festival, qui a lieu du 17 au 19 juillet 2020, sera diffusé en direct sur le web ! Facebook est bien sûr de la partie; vous pouvez dès lors profiter d’une diffusion en direct selon ce programme (pas besoin de mettre votre masque de protection devant votre écran 😏) :

  • Vendredi 17.07.2020 : de 15h à 17h30 depuis le Memorial Bridge (le Pont Commémoratif) puis de 17h30 à 20h30 depuis Two Huts Pai (Live FB).
  • Samedi 18.07.2020 : de 15h à 17h30 depuis la Romance Farm puis de 17h30 à 18h30 depuis le Canyon de Pai et enfin de 18h30 à 21h30 depuis l’hôtel Rêverie Siam (Live FB).
  • Dimanche 19.07.2020 : de 15h à 17h30 depuis le point de vue haut perché Yun Lai puis de 17h30 à 21h depuis le Monko in Pai (Live FB).

S’y produiront : Boy & Namtarn (acoustique), Sexy Blues n’ Jazz (jazz), Kongtoon (gypsy jazz), The Multiple Standards (standard jazz), Foxy (instrumental), Poshy, Nagasawa Takahiro (handpan), Ake Wild Sax & friend, RibbindaSky, Geng Cello (acoustic jazz/pop jazz), Los Rumberos (smooth latin jazz), Doijao (modern jazz), Gang Cello feat. Nagasawa Takahiro (pop jazz), Miles Divas (trio jazz), Hot Club de Pai feat. Claire Kelly et enfin le fameux groupe de Chiang Mai, Chiangmai Blues & Friends feat. Ake Wild Sax.

Le Pai Jazz Blues Fest sur Facebook (le site web n’a pas été mis à jour pour l’édition 2020).

FRIEND SHIP – Concept Restaurant
. Et si vous êtes à Pai à une autre période de l’année, sachez que cette adresse vous permet non seulement de vous restaurer mais surtout d’écouter des concerts de musique jazz et blues tous les samedis, de 19h à 20h.
Le Friend Ship – Concept Restaurant sur Facebook.


Off the Leash

Comment ne pas évoquer, en guise de conclusion, l’hommage musical que ne manque jamais de marquer les artistes du Lanna chaque mois de septembre. En souvenir de Jaran Manopet (จรัลมโนเพ็ชร), leur maître ès musique. Alors bien sûr ce n’est pas là du jazz mais sa musique est dans tous les esprits des gens du nord. Et la mélancolie qui s’en dégage n’a rien à envier à celle propre au blues. Un concert gratuit que nous vous recommandons chaleureusement (il a généralement lieu le 2 et/ou le 3 septembre de chaque année depuis sa disparition il y a 18 ans). En savoir plus.

La scène blues, rock et punk de Chiang Mai a récemment fait l’objet d’un film-documentaire de la cinéaste australienne Jess Milne. Intitulé Off the Leash Chiang Mai (Sans laisse ou En laisse ?). « Avec ce film, j’ai voulu documenter la passion, la créativité, le zèle et le talent de ces musiciens extraordinaires. Cela donne au public une perspective intime de la vie des musiciens locaux. » nous dit Jess Milne. La première a été diffusée récemment à Chiang Mai. La bande-annonce1 peut être visionnée sur le site des producteurs, Ten Alphas. Il semble que le film en tant que tel soit à nouveau visible :

https://player.vimeo.com/api/player.js

Off the Leash Chiang Mai | TEN ALPHAS ORIGINALS from TEN ALPHAS on Vimeo.

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Que vous veniez quelques jours ou que vous résidiez à Chiang Mai, il vaut vraiment la peine d’investir une soirée de votre existence pour vous mêler à la population locale, bercé par de la bonne musique. Vous vous rendrez alors compte que Chiang Mai, qui recèle quelques très bons musiciens, est amie du jazz, du blues et des musiques contemporaines venues du monde entier.

Vous n’avez plus d’excuse car vous savez maintenant que notre page Facebook @CMDeciDelà vous tient régulièrement informé des divers concerts et festivals organisés à Chiang Mai et alentour. En avant la musique !


Chiang Mai Street Jazz Festival – Édition 2019

Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Cover FB.png

La première édition du Chiang Mai Street Jazz Festival, originale à plus d’un titre, a été amenée au fil des mois par quatre événements musicaux qui l’ont précédée; le festival a finalement eu lieu 3 jours durant, du vendredi 1er au dimanche 3 novembre 2019.

Chiang Mai Street Jazz Festival – Édition 2019
Bande-annonce
Soirée d’ouverture de vendredi (dans les quatre clubs de jazz) : photos officielles
1er jour du festival, samedi : photos officielles
2e jour du festival, dimanche : photos officielles
Ambiance générale

D’abord les roadshows…

Ce festival est co-organisé par quatre boîtes de jazz qui se sont unies. Avant l’aboutissement du week-end, un tournus2  de quatre roadshows thématiques a animé la ville durant l’année 2019 :

  • Le 27 juin, Green Street au North Gate Jazz Co-O : première pierre de l’édifice, la soirée, résolument verte, a ouvert le feu du festival. Il y avait de la musique bien sûr (le Chiang Mai Street Jazz All-Stars et, en invitée spéciale, l’artiste locale Aom Ratanang) mais aussi des activités visant à la sensibilisation environnementale (dont une exposition d’art).
  • Le 21 juillet, Jungle Street au Thapae East – Venue for the Creative Arts : une soirée
    placée sous les couleurs des minorités ethniques, nombreuses dans la région, des minorités dont les membres jouent un rôle important dans l’histoire de Chiang Mai. Du jazz mâtiné de musiques venues d’ailleurs, le tout agrémenté de nourriture diverse.
  • Le 26 août, Swing Street au The Mellowship : une immersion dans l’ambiance de Gatsby où il était demandé de venir en tenue rétro. Les meilleurs jazzmen de la ville s’y produisaient.
  • Et enfin le 30 septembre dernier, Poetry Street au Moment’s Notice. Ce fut la dernière rencontre avant le festival à proprement parler. Et c’est dans le cadre intimiste du Moment’s Notice que s’est produite, entre autres, la star musicale de Chiang Mai : Rasmee Isan Soul.

… puis le festival en guise d’apothéose

C’est donc un parfum de jazz qui a flotté plusieurs mois sur Chiang Mai. À travers les roadshows susmentionnés mais aussi des concerts-surprises par exemple dans la rue ou les transports publics. Et le Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 en a été l’aboutissement.

Répertorié sur un site de jazz réputé, Smooth Jazz, le festival a attiré de nombreux bénévoles venus prêter main forte et d’importants sponsors. Tous les bénéfices seront consacrés au reverdissement de la ville par la plantation d’arbres (une action qui a déjà commencé).

Le cœur du festival (samedi et dimanche) est un lieu qui défend la culture du Lanna en organisant quotidiennement une soirée khantoke (repas local avec danses traditionnelles du Nord thaïlandais). On parle bien sûr du Old Chiang Mai Cultural Center, en ville donc, non loin de l’aéroport. Ne manquez pas d’y admirer les bâtiments typiques de la région, dont le principal, une sorte de caravansérail en bois. Mais les quatre endroits précités restent membres du corps musical qui vibrera trois jours durant.

Le Chiang Mai Street Jazz Festival a donc eu lieu les vendredi 1er, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019. Ça a commencé vendredi soir, de 18h à minuit, dans les quatre bars à jazz co-organisateurs qui animent donc le festival ce soir-là : North Gate Jazz Co-Op, Thapae East, The Mellowship et Moment’s Notice. Un soir où l’entrée était gratuite. Et ça a continué le week-end, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019, de 14h à minuit au Old Chiang Mai Cultural Center (ศูนย์วัฒนธรรมเชียงใหม่). Là, les deux journées étaient payantes.

Une foule d’artistes de jazz locaux et internationaux ont joué en journée et en soirée. Notamment Rubem Santana (Brésil), Aya Sekine Freedom Jazz Party (Singapour), Raffaele Matta The Trio (Italie), SSKRU Jazz Band (Sisaket). D’autres artistes viennent de Bangkok : Sunny Trio & Natt Buntita, Asia 7, The Jazzminions, Let’s Fin, InDeedweNeed, Grid Bathaisong. Sans oublier les artistes du cru : Ice & Earth Band, FOXY, Klee Bho, Ming Ming The Voice, August & Hub, Funkster, Musicalli, Duriyasilp Jazz Big Band, Sanim Yok, Chiangmai Blues, The Muliple Standards, Ribbindasky and Geng Cello, Del Ritmo, Chiang Mai Street Jazz All-Stars (House Band). La liste complète des artistes (avec une brève présentation) figurait sur le site web du festival. Les étoiles ont brillé à Chiang Mai !

Chiang Mai Street Jazz Festival
🎵 Vendredi 01.11.2019, dès 18h @ North Gate Jazz Co-Op, Thapae East, The Mellowship et Moment’s Notice (entrée gratuite)
🎵 Samedi 02 et dimanche 03.11.2019 dès 14h @ Old Chiang Mai Cultural Center (entré payante)

Chiang Mai Street Jazz Festival 2019 - Schedule Montage

Les organisateurs avaient promis une nouvelle édition du festival en 2020 et, malgré la crise sanitaire due au Covid-19, ils auront tenu parole (en savoir plus sur l’édition 2020) 🤩


1 Le film était librement visible sur Vimeo mais depuis que nous en avons dévoilé l’existence, un mot de passe en interdit la lecture ! Jusqu’à quand ? Il semble qu’en cette année 2020, l’on puisse à nouveau le visionner sans entrave…
2 Tournus est un terme helvétique signifiant rotation

Source de l’image à la une : © Facebook – Chiang Mai Street Jazz Festival
Article composé le 01.11.2019 et mis à jour le 11.07.2022

Kathina 2019 – L’offrande de nouvelles robes aux moines

Dans toute la Thaïlande, au lendemain de la sortie de la retraite monastique (ok phansa), commence la période de thotkathin(ทอดกฐิน) ou kathina. Elle dure un mois, jusqu’au Loi Krathong (La Fête des Lumières), dès le 9 novembre cette année 2019 à Chiang Mai. Thotkathin est une cérémonie d’offrande de nouvelles robes aux moines; vous pourrez donc assister à des processions, toujours émouvantes et spectaculaires (les dates des cérémonies sont variables et dépendent de chaque temple).

Mais d’où donc vient cette tradition séculaire ? Comment se déroule-t-elle ? Quand a-t-elle lieu ? Où sont organisées ces cérémonies auxquelles vous pouvez participer ? On répond à toutes ces questions, on vous dévoilant en fin d’article le vocabulaire thaï de circonstance.

Kathina2018 - Illustration 2


Une tradition qui remonte au Bouddha

Kathina – nom sanscrit d’une sorte de cadre qui sert à tendre les tissus durant la couture – est une cérémonie religieuse observée dans les pays où le bouddhisme theravāda – la doctrine des Anciens – est implanté (tels la Birmanie, Sri Lanka, le Cambodge, le Laos et bien sûr la Thaïlande). Elle s’effectue durant le mois qui suit la fin de la retraite monastique annuelle (une retraite de trois mois lunaires qui se termine en octobre ou novembre). À cette occasion, les laïcs offrent aux moines une pièce de tissu qu’ils doivent transformer en une robe monastique, en une nuit seulement. D’autres dons utiles ainsi qu’un repas sont également offerts.

La tradition de kathina est attribuée au Bouddha lui-même. Il est question dans le canon pali d’un groupe de trente moines se rendant à Savatthi pour passer la saison des pluies auprès du Maître. N’ayant pu y parvenir à temps, ils s’arrêtèrent en chemin et se remirent en route dès la fin des trois mois obligatoires, sans égard à la pluie qui, elle, ne s’était pas arrêtée; ils arrivèrent trempés à destination. Peut-être est-ce pour les réconforter que Gautama décida de renouveler leur garde-robe et de les dispenser temporairement de certaines règles.
Une autre explication proposée est que le mois suivant la retraite était consacré à la préparation en commun de la garde-robe, et que certaines règles étaient relâchées pour faciliter ce travail. Bien que les dons des laïcs suffisent en général à satisfaire les besoins vestimentaires des moines, la tradition de la couture en commun a été maintenue car elle contribue à souder la communauté. La robe fabriquée en une nuit rappelle celle que Mahaprajapati Gautami, mère adoptive du Bouddha et doyenne des nonnes, tissa pour son fils.
Wikipédia

Kathina2018 - Illustration 1

Les bikkhu – ou moines bouddhistes – sont soumis à 227 règles – ou préceptes. En s’y astreignant durant leur retraite de la saison des pluies, en plus de recevoir une part des dons de tissu faits au monastère, kathina leur donne l’occasion d’un allègement des règles (cinq de moins) pour une durée variable. Ils ne sont plus, par exemple, tenus d’avertir les autres moines de leurs sorties ni d’emmener les trois robes réglementaires dans tous leurs déplacements; ils peuvent accepter autant de dons vestimentaires qu’il leur sera fait, de même pour les dons alimentaires qui ne sont pas présentés dans les règles.

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Déroulement de la cérémonie

Kathina constitue pour le monastère une journée spéciale au cours de laquelle les laïcs et parfois des moines ou nonnes d’autres communautés sont invités. Historiquement, les règles monastiques interdisaient formellement aux bonzes de solliciter un cadeau de tissu des laïcs; ils devaient en effet coudre leur robe avec des tissus récupérés. Mais cette coutume du don de robe est dorénavant solidement ancrée. La date de la cérémonie fait l’objet d’une réclame (souvent une banderole à l’entrée du temple avec en plus, de nos jours, une publication Facebook). Les différents temples de la région tiennent leurs kathina à des dates différentes. Comme lors de toutes les fêtes bouddhistes, certains dévots, pour s’acquérir plus de mérites, en profitent pour prononcer auprès de l’abbé le vœu d’observer huit préceptes (au lieu des cinq préceptes traditionnels). Si le temple est riche, les dons surnuméraires sont distribués aux pauvres.

Kathina2018 - Montage Photos Marco Rugo
© Chiang Mai Deci-Delà

En Thaïlande, la cérémonie se tient le plus souvent dans le monastère-même, soit au temple. Traditionnellement, la pièce de tissu est tout d’abord paradée (dans le village ou le quartier) et accompagnée d’un arbre à argent (ต้นกฐินเงิน, dtohn kathin ngern). Les pratiquants bouddhistes estiment que la personne ou le groupe qui organise ou parraine une procession kathina acquerra ainsi beaucoup de mérite (ทำบุญ, tham bun).

Kathina ne peut être observé que par une communauté d’au moins cinq moines ayant passé les trois mois de retraite dans la même résidence. Ceux qui n’ont pas satisfait à ces conditions de présence en sont exclus. La pièce de tissu, d’environ trois mètres de long, est présentée à l’ensemble de la communauté – le sangha – qui l’offre solennellement à l’un d’entre eux, théoriquement le plus pauvre, le plus érudit ou le plus âgé. Le tissu est alors emporté et sera coupé, cousu et teint avant l’aube du lendemain par tous les moines ou un groupe désigné si la communauté est importante. Lorsque le vêtement, appelé mahakathina, est achevé, le récipiendaire l’étend symboliquement sur le cadre (le « kathina ») et appelle les autres pour approbation. Les participants à la cérémonie peuvent alors « déployer le cadre », c’est-à-dire bénéficier des assouplissements du règlement. À l’issue de la période autorisée appelée également kathina, ils doivent « replier le cadre » et suivre de nouveau l’intégralité des règles.

Outre la procession des laïcs, la cérémonie est faite de récitations de textes par les moines. Ensuite, des dons sont effectués : don de nourriture plus particulièrement puisque le repas des moines doit être pris absolument avant le passage du soleil au zénith. Dans l’après-midi, après le repas des moines, se déroule la cérémonie spécifique à cette journée.

Ici en Thaïlande, rares – pour ne pas dire inexistants – sont les moines ayant confectionné leur propre robe monastique comme le préconisait jadis le Bouddha ! Les dévots achètent ainsi des robes déjà confectionnées et les remettent aux moines en guise d’offrandes. Des échoppes se sont spécialisées dans ce commerce bouddhique. Y sont vendus les divers produits utilisés au quotidien par les moines ou ceux servant aux cérémonies religieuses, tels des représentations du Bouddha, des bougies, de l’encens… Elles sont faciles à reconnaître : la couleur orange y prédomine.

ThotKathin2019(Kathina)PhotoNationPhotoWatArun
Thotkathin au Wat Arun (Bangkok) en présence de la reine Suthida © Facebook – NationPhoto

Deux formes de cérémonie subsistent en Thaïlande. La première, la plus usuelle, มหากฐิน (maha kathin), la grande kathina. Durant plusieurs jours, elle n’impose aucun délai et les dons y afférents sont principalement destinés à la rénovation du temple. Beaucoup de dévots participant à cette cérémonie, on parle alors de กฐินสามัคคี (kathin samakkhi). Et la seconde, จุลกฐิน (chunla kathin) : forme raccourcie – stimulante et mouvementée – du festival thotkathin, dans laquelle tout le processus de fabrication et de présentation des robes aux moines (qui prend normalement un mois) doit être achevé en une seule journée.

Ce sont les dévots bouddhistes qui demandent à ce que kathina soit organisée; l’abbé du temple fixe alors une date, en accord avec ceux-là. La procédure d’inscription dans les temples bouddhistes royaux – tel le Wat Pho, à Bangkok – est plus complexe que les temples ordinaires; les premiers ont droit à la présence d’un représentant du roi (et pour certains temples, les plus importants, aux offrandes de robes provenant du roi lui-même). Si vous avez par exemple l’occasion d’assister à la cérémonie thotkathin du Wat Arun, à Bangkok, ne la manquez pour rien au monde : le roi régnant s’y rend habituellement en barge royale !

Si vous lisez le thaï, vous pourrez alors connaître les subtilités de cette cérémonie religieuse : DhammaThai.org ou encore TempleThailand.org (une page académique). Rappelons que les deux grandes cérémonies du bouddhisme theravadin sont le jour de Vesak – qui célèbre l’illumination de Bouddha, sa naissance et son extinction définitive – et donc la cérémonie de kathina. Celles et ceux qui veulent en savoir plus liront avec intérêt la retranscription de l’émission TV Sagesses Bouddhistes qui avait été consacrée à cette cérémonie.

Que signifie le mot même de kathina ?
Kathina, à l’origine, veut dire dur, difficile. On ne voit pas très bien, a priori, la relation avec la cérémonie [kathina], qui n’a rien de difficile, mais, traditionnellement, on a deux étymologies possibles. On dit que le don de la robe – parce qu’il doit répondre à un certain nombre de règles très précises – est un don particulièrement difficile à accomplir, ou bien que les bénéfices qu’on en retire sont durs comme le diamant. Ce sont deux étymologies plutôt symboliques que réellement linguistiques.
Dominique Trotignon, Sagesses Bouddhistes


Bandeau 1

De quelques cérémonies ici à Chiang Mai

Le kathina du temple local est un jour de fête pour tous et nous vous invitons à y participer afin d’expérimenter une cérémonie avec les locaux. Les dévots amenant les pièces de tissu parcourent souvent de nombreux kilomètres pour atteindre le temple désigné. En plus de l’aspect religieux, c’est aussi l’occasion de combiner sanouk, shopping et visites touristiques en un seul voyage prolongé. Votre hôtel devrait pouvoir vous renseigner sur les cérémonies des temples du quartier.

ThodKathinPhotoCreditUnknow
Crédit photographique : inconnu

On vous livre ci-dessous quelques cérémonies qui ont lieu dans la province de Chiang Mai, avec les plus originales mises en avant. La liste n’est évidemment pas exhaustive puisqu’il y a des centaines de temples qui organisent kathina ! Au surplus, consultez les publications plus fréquentes de notre page Facebook pour connaître les dates des cérémonies qu’organiseront d’autres temples de Chiang Mai et alentour tout au long des mois d’octobre et novembre. Le lien sur le nom du temple renvoie à Google Maps (on vous met également le nom du temple en écriture thaï afin que vous puissiez le montrer aux autochtones si vous ne deviez pas réussir à localiser le monastère).

Et si vous êtes ailleurs qu’au nord de la Thaïlande, sachez qu’un groupe Facebook répertorie moult autres cérémonies kathina à travers le royaume : รวบรวมงานกฐินทั่วไทย ปี2562 (évidemment, il vous faut connaître l’écriture thaï pour déchiffrer quelque chose).


Kathina au Wat Upakut

C’est la cérémonie religieuse à ne pas manquer cette année 2019 ! Pourquoi donc ? Le Wat Upakut – du nom d’un moine attendu depuis des millénaires et devant apparaître à minuit – organise une cérémonie chunla kathin avec tissage traditionnel de coton. Elle aura lieu les samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019. En voici le programme2 :

Samedi 2 novembre 2019 :
7h39 : cérémonie d’ouverture suivie du tissage du coton
19h : cérémonie religieuse (invocation des anges)
22h : danses traditionnelles Lanna

Dimanche 3 novembre 2019 :
9h19 : rendez-vous au temple
9h39 : cérémonie bouddhiste
10h39: offrande du tissu kathin aux moines
11h : repas des moines
12h : repas des dévots
13h : cérémonie en faveur de 108 temples qui n’ont pas encore reçu leur tissu kathin

Wat Upakut (วัดอุปคุต), emplacement et page Facebook.

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Programme du Wat Upakut

Thot pha pa au Collège d’Arts dramatiques

Voilà un rendez-vous immanquable pour tout amateur de folklore Lanna : une compétition (dans la bonne humeur) de danse traditionnelle fon leb. Il s’agit d’une danse traditionnelle emblématique du Lanna, le nord thaïlandais. Cette journée culturelle a pour objectif de préserver les riches traditions de la région; elle est couplée à une cérémonie bouddhiste, ทอดผ้าป่า (thot pha pa, qu’on traduira librement par « étendre l’habit », ici la robe monastique). C’est un rituel semblable à thotkathin mais sans contrante de temps; contrairement à celle-là, elle peut être effectuée en toute saison.

Cela se déroulera samedi 2 novembre 2019, de 8h à 16h, sur la cour extérieure du Collège d’Arts dramatiques (Chiang Mai College of Dramatic Arts, วิทยาลัยนาฎศิลป์จังหวัดเชียงใหม่). Au programme :

  • 8h : inscription
  • 9h : décoration de l’aire ผ้าป่า (pha pa), de nos jours avec de l’argent (il s’agit donc de faire des dons sonnants et trébuchants)
  • 9h30 : cérémonie religieuse (avec spectacle)
  • 10h : compétition fon leb (la danse des ongles)
  • 11h30 : repas
  • 14h30 : distribution des prix
  • 15h : cérémonie ทอดผ้าป่า (thot pha pa, soit l’offrande de robes monastiques aux moines)
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La journée sera animée culturellement avec de la musique et des spectacles folkloriques par les étudiants de l’école, de même qu’un marché (miam, miam).

Et c’est ainsi que perdurent les traditions du Lanna, un pays qui sait se faire aimer à toute personne qui prend le temps de l’appréhender.

◆ Le festival sur Facebook (avec son événement FB)
◆ Le Collège d’Arts dramatiques sur Facebook 

Dans le cadre de la période kathina – qui dure un mois – ce sera là la cérémonie la plus animée culturellement organisée à Chiang Mai – sans doute la plus originale. Pour avoir déjà assisté à plusieurs représentations culturelles au Collège d’Arts dramatiques, on vous garantit d’en revenir ravi, foi de Chiang Mai De-ci De-là 😏


Kathina à Mae Chaem

Bien moins fréquenté que Pai, Mae Chaem est un grand district montagneux à l’ouest du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande. C’est là, entre autres, que se trouvent les plus belles rizières en terrasse de Thaïlande (la géographie s’y prête). La région est aussi connue pour son tissu unique, teen jok (un musée s’y trouve). Mae Chaem est aussi le nom du chef-lieu, à 120 km de Chiang Mai. C’est précisément là que se trouve le Wat Yang Luang, au bord de la Mae Pan (c’est donc une rivière). Le temple est magnifique, au milieu des rizières verdoyantes qui s’étendent vers les collines lointaines. Immanquable est sa grande peinture du Seigneur Bouddha et de deux disciples sur le mur extérieur du viharn (salle de réunion, un bâtiment qui date de 1877). Les habitants affirment que la statue de Bouddha en pierre blanche a plus de 500 ans (elle se trouve à l’arrière de la grande statue, sur la droite)…

Le Wat Yang Luang accueille donc chaque année une cérémonie chunla kathin fort originale pour tout citadin qui s’y rend. C’est la plus importante fête religieuse du district.  Cette année, la fête a lieu le dimanche 10 novembre 2019. Mais celles et ceux désirant découvrir la procédure complète du tissage de coton s’y rendront déjà le samedi 9 novembre 2019. Le nom complet de la fête est ปั่นฝ้าย ทอบุญ จุลกฐิน (pan fai tho bun chunla kathin); jetez donc un œil au vocabulaire en fin d’article pour savoir de quoi il en retourne. On vous garantit que vous vivrez là une cérémonie des plus authentiquement lanna.

Wat Yang Luang (วัดยางหลวง), emplacement et page Facebook.

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Une cérémonie kathina au milieu des rizières © Facebook – วัดยางหลวง อ.แม่แจ่ม จ.เชียงใหม่

De quelques autres cérémonies

Nous commenterons plus en détail quelques-unes des cérémonies répertoriées ci-dessous. Merci de votre patience.

Le temple au sein du campus de l’université de Chiang Mai (CMU), le Wat Fai Hin (วัดฝายหิน), organise ses festivités de kathina le samedi 26 octobre, dès 13h; y participe, entre autres, le corps professoral. Le Wat Phra Singh Woramahawihan (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร), au cœur de la Cité historique, est sans doute le temple le plus vénéré de la ville. Il sera intéressant de participer à la cérémonie qui y est organisée le dimanche 27 octobre 2019 (photos). Le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก), là où sont érigés les tombeaux royaux du Lanna, est aussi un temple où les officiels y organisent leurs cérémonies. Ce sera le cas de kathina le lundi 28 octobre 2019 (photos).

Le temple le plus visité de Chiang Mai, là-haut sur la montagne – on parle bien entendu du Wat Phra That Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร) – ne manque pas, lui non plus, de célébrer thotkathin. C’est l’armé qui en est l’instigatrice et cela se passera le vendredi 1er novembre, dès 14h. Une bande-annonce a même été créée.

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Programme du kathina au Wat Santitham (où il s’agit bien sûr de récolter des fonds)

Le samedi 2 novembre, c’est le Wat Santitham (วัดสันติธรรม), au cœur du quartier populaire éponyme, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019 (วัดสันติธรรม, programme). La fête ne devrait pas avoir les fastes de l’année dernière, où le gouverneur était présent. Chunla kathin (จุลกฐิน) commence donc samedi à 16h16 où une statue de Bouddha en or sera coulée sur place; à 19h suivra la cérémonie religieuse kathin puis à 20h un sermon bouddhiste donné par Phra Suphanpan. Le lendemain, dimanche 3 novembre, offrandes aux moines à 7h30 suivies d’une cérémonie religieuse à 9h. À 9h30 seront alors remises en offrande aux moines les tissus kathin.

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La Tradition des Moines de la Forêt au Wat Umong © Facebook

Original est le Wat Umong Suan Phutthatham (วัดอุโมงค์ สวนพุทธธรรม), niché au pied du Doi Suthep. Notamment par ses galeries souterraines – jadis peintes – et son chedi érigé sur une petite colline. Vous aurez plaisir à vous reposer au bord de son étang après avoir admiré les nombreuses représentations du Bouddha éparpillé à l’entrée (dont la fameuse tête selon l’école de Phayao). Un temple à l’écart de la ville qui perpétue la Tradition des Moines de la Forêt propre au bouddhisme theravada : pratique méditative poussée, monachisme errant, relation étroite et constante entre religieux et laïcs (vous pouvez y méditer), discipline et simplicité, sont les maîtres mots de cette tradition typique thaïlandaise. Kathina aura lieu le dimanche 10 novembre 2019. En voici le programme :

  • 9h : cérémonie avec décoration
  • 11h : offrande de nourriture aux moines
  • 12h : repas en commun
  • 13h : défilé khatina

Les divers fonds récoltés – dont les dons des fidèles – serviront à la rénovation des bâtiments et à l’amélioration du parc.

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Kathina 2018

Pour l’heure et avant que notre liste ci-dessus s’étoffe, on vous laisse à toutes fins utiles les indications de l’année dernière…

Du côté de Chiang Dao, le Wat Thummuangna fête kathina le samedi 27 octobre 2018 (วัดพุทธพรหมปัญโญ, page Facebook

). Le lendemain, dimanche 28 octobre 2018, c’est au tour du Wat Tham Pakpiang (วัดถ้ำปากเปียง, page Facebook

). Pas d’autres indications pour ces deux événements.


Le vendredi 2 novembre 2018, c’est le Wat Santitham, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, vendredi 2 et samedi 3 novembre (วัดสันติธรรม, programme). Un temple dont le chedi a été rénové grâce aux dons des fidèles. Cela commence donc vendredi avec chunla kathin (จุลกฐิน) par une cérémonie religieuse à 6h09 puis une cérémonie officielle dès 9h09, en présence du gouverneur de la province. Animations avec des danses traditionnelles et un marché (produits OTOP). La fête durera jusqu’en soirée avec une cérémonie religieuse à 19h et  un sermon à 20h – un moine très connu, Luang Pu Buaket Pathum Silo (หลวงปู่บัวเกตุ ปทุมสิโร), viendra de Mae Taeng – et probablement une autre cérémonie religieuse réunissant 60 moines à 21h. La musique traditionnelle du Lanna sera de la partie; vous y êtes cordialement invité. Le lendemain, samedi 3 novembre, offrande de nourriture aux moines à 7h30, suivie d’une cérémonie religieuse à 9h et de la cérémonie kathina à proprement parler à 9h30. Les moines mangeront ensemble à 11h. Pas moins de douze arbre à argent attendent les dons des dévots.

Kathina2018 - Wat Santitham Montage

Le Wat Jed Yod célébrera sa fête samedi 3 novembre, dès 10h (วัดเจ็ดยอด พระอารามหลวง, détails). N’hésitez pas à choisir cette fête-ci car la visite de ce temple d’inspiration hindoue n’est en rien comparable à celle des temples en ville; son parc est apaisant. Dommage que le spectacle khon de l’année dernière n’est pas réédité cette année-ci.


Même jour, samedi 3 novembre 2018, mais à Mae Taeng, au nord de Chiang Mai. C’est le Wat Nong Kai qui fête kathina (วัดหนองก๋าย, détails). Cérémonie religieuse avec 28 moines à 8h, prières à 9h39, offrande aux moines à 11h, repas en commun à midi et procession kathina à 13h.

Kathina2018 - Wat Nong Khai Cover

Plus près de Chiang Mai, toujours au nord du chef-lieu provincial, le Wat Pa Thep Khantikaram, à Mae Rim, célèbre kathina le dimanche 4 novembre 2018, de 8h à 12h30 (วัดป่าเทพขันติการาม, détails).

Kathina2018 - Wat Pa Thep Khantikaram Montage.jpeg

Le week-end du samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018, grande cérémonie kathina auprès du temple royal Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, à Chom Thong, à une heure de route au sud-ouest. Temple royal oblige, la cérémonie est conduite par un dignitaire d’État au nom de S.M. le Rama X. Ce temple a pour habitude de diffuser en direct ses diverses cérémonies et kathina ne devrait pas faire exception : Live FB (วัดพระธาตุศรีจอมทองวรวิหาร, événement FB du 03.11, événement FB du 04.11). La cérémonie kathina en tant que telle se déroule dimanche à 15h.

Kathina2018 - Wat Chom Thong Cover

C’est ce même week-end, les samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018 que le Wat Phra That Doi Saket, non loin de Chiang Mai, à l’est, a choisi pour son propre kathina. Samedi 3 novembre, une cérémonie religieuse se tiendra à 17h39, suivie à 18h39 par un spectacle de danse assuré par des étudiants. Le lendemain, dimanche 4 novembre, c’est à 8h39 que vous pourrez assister à la procession de kathina pour aboutir à la cérémonie à proprement dite à 9h39 où 29 moines y participeront (วัดพระธาตุดอยสะเก็ด, détails).

Kathina2018 - Wat Phra That Doi Saket Cover Montage

On nous signale d’autres cérémonies kathina la semaine suivante, sans que nous ayons beaucoup plus de renseignements supplémentaires :

  • Le jeudi 8 novembre 2018 au Wat Pa Thara Phirom, appelé également Wat Rim Ping car érigé au bord de la rivière éponyme (วัดป่าธาราภิรมย์ (วัดริมปิง)).
  • Le dimanche 11 novembre 2018 au Wat Si Arun, dans le district de San Pa Tong (วัดศรีอรุณ).
  • Le samedi 17 novembre 2018, de 8h à 16h, au Wat Tharathip Chaipradid, un centre de méditation vipassana (วัดธาราทิพย์ชัยประดิษฐ์ วิปัสสนา, événement FB, page Facebook).
  • Et enfin le dimanche 18 novembre 2018 au Wat Si Nawarat (ou Wat Thung Siao, วัดศรีนวรัฐ (วัดทุ่งเสี้ยว), détails).
Kathina2018 - Wat Pa Thara Phirom + Wat Tarathip Chaipradit Montage

Vocabulaire en lien avec kathina

กฐิน (kathin) : cérémonie de remise des robes aux moines bouddhistes
ทอดกฐิน
(thotkathin) : présenter les robes monastiques (à la fin de la période de retraite de trois mois lunaires)
มหากฐิน (maha kathin), la ‘grande’ kathina : cérémonie complète réunissant beaucoup de dévots, on parle alors de กฐินสามัคคี (kathin samakkhi), samakkhi pouvant se tradurie par à l’unisson, harmonieusement
จุลกฐิน (chunla kathin) : forme raccourcie – stimulante et mouvementée – du festival thotkathin, dans lequel tout le processus de fabrication et de présentation des robes aux moines (qui prend normalement un mois) doit être achevé en une seule journée
ไม้สะดึง (mai sadueng) : cadre en bois ou motif en bois pour l’étirement du tissu à broder
ปั่น (pan) : tourner (sur un axe)
ฝ้าย (fai) : coton
ทอ (tho) : tisser
ออกพรรษา (ok phansa) : fin de la retraite monastique (qui dure 3 mois lunaires); en savoir plus en lisant notre article Ok phansa, la fin de la retraite monastique en Thaïlande
บุญ (bun) : bonne action, acte méritoire
ทำบุญ (tham bun) : accumuler des mérites (ou faire des mérites)
ทำบุญอุทิศส่วนกุศล (tham bun uthit suan kuson) : effectuer des actes méritoires dans un but particulier (généralement pour des personnes défuntes)
เงินบริจาค (ngoen borichak) : don financier, contribution en argent
ต้นกฐินเงิน (ton kathin ngoen) : arbre à argent (qui reçoit les donations en espèces des dévots)
จีวร (chiwon) : robe monastique (correspond au kesa).
ห่มจีวร (hom chiwon) : porter une robe monastique, revêtir une robe de moine bouddhiste
พระ (phra) : moine bouddhiste. Ici au nord, on dira plutôt ตุ๊ (tu, prononcé tou). On utilisera le titre ทิด (thit) pour les hommes revenus à la vie séculière.
วัด (wat) : temple ou monastère bouddhiste; on utilise plus rarement อาราม (aram), combinant même les deux mots, วัดวาอาราม (watwaaram).
อัฐบริขาร (attha borikhan) : ce sont là les huit biens indispensables du moine bouddhiste (photo).

Vous en savez déjà beaucoup sur cette cérémonie bouddhiste annuelle. Pour celles et ceux qui s’intéressent au bouddhisme et veulent en approfondir leurs connaissances, on publie à nouveau ci-dessous nos conseils de lecture.


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Voici quelques ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

Bouddhisme - Livres Montage 2

Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

Amazon Livre 12 - Dvaravati

On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


Que ce soit durant une célébration particulière – comme ici kathina – ou alors au quotidien, n’hésitez pas à vous rendre dans les temples bouddhistes de Chiang Mai et d’ailleurs. Fête ou pas fête, il y règne toujours une ambiance particulière, certains temples étant porteurs d’une indéniable énergie tellurique.

#ThotKathin #ThodKathin #Kathina #moine #RobeMonastique #bouddhisme #Bouddha

LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE
● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique.
Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon.
● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ».
● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne.
● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).

Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.


1 Vous trouverez également la graphie thod kathin; nous nous en tenons pour notre part au Système général royal de transcription du thaï (RTGS).
2 Attention ! Nous nous acharnons à diffuser les programmes de nombreuses – très nombreuses – manifestations organisées à Chiang Mai et alentour. Néanmoins, dans les faits, l’organisation subit parfois quelques variantes. C’est là l’expression de la souplesse du peuple thaïlandais. Ainsi, bien que les danses traditionnelles figurent bel et bien au programme à 22h, au final, elles ont eu lieu à 17h30, samedi. Croyez bien que nous en sommes désolés. Nous-mêmes nous sommes déplacés bien inutilement pour en faire le constat sur place. Mais après tout, c’est là tout le charme du pays 😏

Sources rédactionnelles : Wikipédia et Sagesses Bouddhistes. Source de l’image à la Une : DMC TV. Article composé le 2710.2019 et mis à jour le 03.11.2019

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