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Khruba Siwichai, le saint homme de Chiang Mai, ô combien vénéré

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Khruba Siwichai © Facebook – Lanna

Khruba Siwichai1. Prononcez ce nom ici en pays Lanna et vous verrez les yeux de votre interlocuteur briller de mille feux. Ce moine bouddhiste, disparu il y a plus de 80 ans, est sans nul doute l’homme le plus vénéré dans le nord thaïlandais, particulièrement dans les provinces de Chiang Mai (où il a vécu) et Lamphun (où il est né). Et connu dans l’ensemble du royaume de Thaïlande. Lors de votre passage dans la Rose du Nord, vous le verrez forcément représenté sous forme de statue, que ce soit dans un temple ou dans l’espace public. Et vous aurez visité plusieurs temples sans même savoir que leur chedi contient une de ses reliques. Attention à ne pas confondre ce moine avec le légendaire Phra Upakut – lui aussi présent en de nombreux temples – dont les apparitions nocturnes sont scrutées par les gens du Lanna…

Le nom de Siwichai est indissociable du fameux temple du Doi Suthep. Nous reviendrons un jour sur l’ensemble des 14 sites où ses reliques reposent, principalement des temples bouddhistes, et développerons la brève biographie figurant en fin d’article. Mais l’objet de ce dernier est de vous indiquer quelles sont les célébrations publiques en lien avec Khruba Siwichai, des célébrations auxquelles on ne peut que vous inviter à participer. Vous vous rendrez alors compte de la vénération dont est l’objet feu ce saint homme. En y participant, ce sera pour vous l’occasion de découvrir des cérémonies religieuses parfumées d’authenticité où sa mémoire est honorée. Ici, pas de tourisme à outrance ! Quatre dates vous permettront de vivre les festivités en lien avec Khruba Siwichai : le 21 février, le 30 avril, un jour du mois de mai et le 11 juin.

PROCHAINES FESTIVITÉS
mardi 21 février 2025 : cérémonie en souvenir de sa disparition au Wat Phra Singh (post Facebook);
➥ mercredi 30 avril 2025 : commémoration de la route menant au Doi Suthep (post 2024 et 2 albums-photo, ici et ;
mercredi 21 mai 2025 (sous réserve de changement) : pèlerinage vers le temple du Doi Suthep;
➥ mardi 10 & mercredi 11 juin 2025 : commémoration de la naissance de Khruba Siwichai (l’on vous en parle ici)

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21 février – Commémoration de sa disparition au Wat Phra Singh

Le Wat Phra Singh (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร) est le temple le plus vénéré de la ville de Chiang Mai. Il se trouve au cœur de la Cité fortifiée, tout étincelant. Et Khruba Siwichai en a été naguère l’un des abbés.

C’est la raison pour laquelle ce temple bouddhiste ne manque pas de commémorer sa disparition le 21 février de chaque année. Une cérémonie d’aumônes est ainsi organisée ce matin-là, généralement à 6h, là où se trouve le monument en son honneur, dans l’enceinte du temple. Emplacement.


30 avril – Inauguration de la route menant au Doi Suthep

C’est l’une de ses grandes réalisations, l’édification d’une route moderne permettant aux dévots bouddhistes de rejoindre plus facilement le site le plus vénéré du nord thaïlandais, le Wat Phra That Doi Suthep Rat Wora Wihan, soit le temple au haut du Doi Suthep, montagne tutélaire de Chiang Mai. Il faut savoir qu’avant la construction de dite route, ce ne sont pas moins de cinq heures de marche dans une forêt dense qui étaient nécessaires pour rejoindre le temple sacré; aussi, les personnes de santé faible ne pouvaient se permettre l’ascension.

C’est un homme d’affaires d’origine chinoise, Chin Ngow, qui a conduit Khruba Srivichai en haut de la montagne, avec sa propre voiture. Khruba Siwichai était assis derrière lui et Luang Sri Prakad, maire de Chiang Mai, les accompagnait. La voiture, une Ford, est exposée au musée Khruba Siwichai à Wat Ban Pang, à environ 100 km au sud de Chiang Mai (photos de Frans Betgem, inlassable arpenteur de l’histoire de Chiang Mai).

Grand-père Oui Noi, alors qu’il était novice, a participé à la construction de cette route. Âgé de 101 ans et vivant à Lamphun, il s’en souvient encore, en parlant avec émotion et exhibant des photos d’archives (c’est le moinillon assis sur la voiture; la photo, datant du 30 avril 1935, a été colorisée).

Ainsi, chaque 30 avril est l’occasion de commémorer l’ouverture de la route du Doi Suthep, inaugurée en 1935. À noter que, de nos jours, une nouvelle route plus large y mène (ce qui explique que la route Suthep actuelle en ville de Chiang Mai n’est plus celle qui mène à la montagne). Les photos d’archives de cette construction épique peuvent être admirées au pied du temple, là où se trouve l’entrée du petit funiculaire, sur votre droite avant les 310 escaliers donc. Si vous prévoyez de visiter le temple ce jour-là, voilà ce que vous risquez d’y voir :

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Généralement en mai – Pèlerinage nocturne du Doi Suthep2

Ce pèlerinage est indirectement relié à Khruba Siwichai. Il a lieu le jour précédent le Vesak, plus importante fête du bouddhisme théravadin (cet année, les festivités sont programmées pour le mardi 21 mai 2024). Ce sont des dizaines de milliers de dévots qui se lancent dans l’ascension nocturne du Doi Suthep – il leur faudra entre trois et quatre heures de marche afin d’arriver au temple, perché là-haut à 1676 mètres. Le départ du pèlerinage se fait depuis le sanctuaire dédié à Khruba Siwichai (อนุสาวรีย์ครูบาศรีวิชัย), au pied de la montagne. Un sanctuaire très animé tout au long de l’année – et plus encore ce soir-là. Cette nuit est aussi l’occasion pour les pèlerins d’honorer la mémoire du saint homme qui s’est battu afin de rendre plus accessible ce temple sacré.

Si vous avez le courage de rejoindre le temple du Doi Suthep à pied, vous mêlant aux locaux, ce sera là sans doute un souvenir impérissable que vous garderez de Chiang Mai. Vous saurez tout de cet événement en lisant l’article que nous lui avons consacré : Pèlerinage annuel nocturne du Doi Suthep.


11 juin – Date de sa naissance et principales célébrations en son honneur

Khruba Siwichai est né le mardi 11 juin 1878 dans la province de Lamphun. C’est donc tout naturellement dans cette province voisine de Chiang Mai que les célébrations les plus importantes ont lieu. On vous les livre ci-dessous par ordre d’importance. Attention, elles commencent, pour certaines, le jour précédent, le 10 juin.

Wat Doi Ti, à Lamphun

Depuis Chiang Mai, en empruntant la route no 11 qui rejoint l’axe autoroutier principal menant à Bangkok (l’autoroute no 1), impossible pour vous de ne pas voir l’imposante statue de Khruba Siwichai, dont le visage est souvent agrémenté naturellement d’immenses nids d’abeilles ! C’est là que se situe le Wat Doi Ti (วัดดอยติ), un temple bouddhiste portant le nom de cette petite colline qui vous offre une magnifique vue sur toute la vallée avec, au loin, la chaîne de montagnes Khun Tan. Vous avez peut-être déjà entendu parler de ce temple en raison du magnifique spectacle que représente le lâcher géant de lanternes célestes durant le Loy Kratong. Et c’est précisément ce temple qui organise la plus belle célébration en mémoire de son saint patron.

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Programme de l’édition 2019

Un événement qui se déroule sur deux jours, lundi 10 et mardi 11 juin 2019, ayant comme concept cette année : Où Khruba est allé, nous irons aussi. La grande journée commémorative est fixée à mardi 11 juin puisqu’elle marque le jour-anniversaire du vénérable Khruba Siwichai ! En voici le programme :

► LUNDI 10.06.2019 – Une journée qui permet d’accumuler des mérites

  • 13h : compétition de tambours sabatchai (สะบัดชัย, c’est ce type de tambours).
  • 14h : concours de prières charismatiques; sera récitée บารมี ๓๐ ทัศ (barami samsip that, qu’on peut traduire par Les 30 visions prestigieuses); c’est cette prière-ci, écrite par Khruba Siwichai, et ça ressemble à ça.
  • 18h : récitation commune de la prière Les 30 visions prestigieuses.

► MARDI 11.06.2019 – C’est la grande journée de commémoration

En matinée :

  • 07h00 : offrandes matutinales à 19 moines bouddhistes
  • 08h00 : spectacle historique son & lumière contant la vie de Khruba Siwichai
  • 09h30 : cérémonie religieuse Thaksina Nuprathan avec 30 moines bouddhistes
  • 10h00 : bain rituel du reliquaire (กู่, ku) de Khruba Chao1 Siwichai (song nam ku)
  • 10h45 : spectacle historique son & lumière contant la vie de Khruba Siwichai
  • 11h00 : offrande de nourriture aux moines
  • 11h30 : repas en commun (et c’est gratuit)

En soirée (c’est là que vous pourrez admirer de magnifiques danses traditionnelles du Lanna) :

  • 17h00 : grande parade en 4 parties : parade Doi Khamam, parade des 7 districts, parade Kanchan et parade Dharma Yat. Le départ se fait depuis le Centre en cas de catastrophes du sous-district de Pa Sak, l’arrivée est attendue au temple vers 17h30.
  • 18h00 : cérémonie d’ouverture.
  • 18h45 : cérémonie religieuse (offrande de nourriture et sacrifice en l’honneur de Khruba Chao Siwichai).
  • 19h00 : la grande statue de Khruba Chao Siwichai sera recouverte d’une nappe et un bain rituel effectué.
  • 19h30 : spectacle Nantapri Nanatleela Lanna en l’honneur des 141 ans de la naissance de Khruba Siwichai, avec la présence des tambours du Lanna.

Contrairement à l’année dernière, il n’y aura pas de marché local à l’ancienne (กาดมัว, kat mua). Quoi qu’il en soit, ne manquez pas la splendeur offerte par cet événement étalé sur deux jours, d’autant que Lamphun n’est pas très loin de Chiang Mai (un peu plus de 30 minutes de route, voir ci-dessous). Un événement tant religieux que culturel – difficile de faire la différence entre ces deux notions souvent entremêlées en Thaïlande.

Si vous vous rendez au Wat Doi Ti, excentré, vous ne manquerez alors pas de faire une visite du Wat Phra That Hariphunchai, temple au cœur de la ville de Lamphun (lire ci-dessous). En revanche, et là-aussi contrairement à l’année dernière, pas d’activité particulière liée à Khruba Siwichai dans ce temple cette année-ci.

Le Wat Doi Ti (วัดดอยติ)
Page Facebook (pas de site web à notre connaissance)
Un temple que nous présente le siteTemple-Thaï.com
Avis TripAdvisor
Emplacement

Mise à jour : on vous offre ci-dessous l’ensemble du spectacle 2019 filmé en direct par TV Lampang :


Wat Chamma Thewi, à Lamphun

À l’ouest de la ville de Lamphun se trouve une perle architecturale, le temple Chamma Thewi (วัดจามเทวี) – que les habitants du coin appellent le Wat Ku Kut (วัดกู่กุด) – et ses deux anciens chedi. Parmi ces deux, le chedi Mahabol est l’un des derniers témoins survivants de l’architecture môn Dvaravati en Thaïlande. Relativement bien conservé, vous le reconnaîtrez facilement de par sa construction pyramidale. L’endroit porte le nom de la souveraine fondatrice d’Haripunchai, le nom premier de Lamphun : Chamadevi (พระนางจามเทวี). Ses cendres y ont été déposées.

Et c’est le lieu, bucolique, où est organisée, mardi 11 juin 2019, une cérémonie religieuse pour rendre hommage aux reliques de Khruba Siwichai. En voici le programme :

  • 07h00 : offrandes de nourriture à 19 moines;
  • 09h30 : cérémonie bouddhiste avec psalmodie d’un sermon en présence de 30 moines (en référence à la prière composée par le Vénérable, voir ci-dessus);
  • 10h45 : cérémonie religieuse de respect.

Sur place, vous verrez une exposition des diverses étapes de la vie de Khruba Siwichai. Le folklore du Lanna sera de la partie; vous avez là quelques photos avec, en titre, l’ancienne écriture du Lanna. On annonce la présence du gouverneur de la province.

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Ces cérémonies sont l’occasion de préserver les traditions culturelles du Lanna ©  Chiang Mai News

Le Wat Chamma Thewi (วัดจามเทวี), appelé communément Wat Ku Kut (วัดกู่กุด)
Page Facebook (pas de site web à notre connaissance)
Avis TripAdvisor
Emplacement


Wat Phranon Mee Pukha, à San Kamphaeng

KrubaSrivichaiAnniversary141(2019)WatPhranonMeePukhaPostWETV

On vous a déjà parlé de ce ravissant temple perdu dans la campagne à l’occasion d’une exposition d’ombrelles typiques du Lanna. Comme c’est un endroit sacré qui abrite des reliques de Khruba Siwichai – de même qu’une grande statue du vénérable à l’entrée, immanquable – c’est tout naturellement que le temple organise lui aussi une fête à l’occasion de son jour-anniversaire. Et cette année, les festivités prendront une tournure exceptionnelle puisqu’une paire de statues de lions-gardiens (phaya singh luang) sera livrée par un cortège ayant marché deux kilomètres jusqu’au temple, en tirant à mains nues les deux statues !

La parade démarre mardi 11 juin 2019, à 15h, au carrefour de Bo Sang (le village des ombrelles), et arrivera au Wat Phra Pan (ou Wat Phranon Mee Pukha), deux kilomètres plus loin.

KrubaSrivichaiAnniversary141(2019)WatPhranonMeePukhaCoverMontage

L’expression thaïlandaise singh (lion) vient de simha; on rencontre le terme singh dans les noms de plusieurs personnages illustres de l’histoire du royaume. En savoir plus sur la symbolique des lions gardiens de temples asiatiques avec l’historien Cosimo Nocera, guide au Musée national de Bangkok et animateur du site fort instructif Usus Mundi.

Au surplus, notre article Un temple où repose un Bouddha couché à l’ombre des ombrelles vous en dit plus sur le Wat Phranon Mee Pukha, vous dévoilant moult autres adresses alentour pour qui veut s’y rendre.

Le Wat Phra Pan (วัดพระป้าน) ou Wat Phranon Mee Pukha (วัดพระนอนแม่ปู๋คา)
Page Facebook du temple (pas mise à jour), de l’organisation religieuse qui y est reliée (animée aléatoirement) et enfin de Nan Louang, un moine qui est plutôt actif. Vous pourrez voir des photos récentes sur la page FB du lieu, sur Instagram et sur Twitter (hashtag #วัดพระนอนแม่ปูคา).
Pas de site web à notre connaissance
Ne semble pas figurer sur TripAdvisor
Emplacement

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Impressionnant cortège accompagnant les deux lions gardiens © Facebook – สันกำแพง เมืองคนงาม

Mise à jour : ces photos aériennes vous permettent d’imaginer le très beau spectacle offert par cette cérémonie unique (à laquelle nous avons participé). C’est bel et bien la traction humaine qui a déplacé ces deux immenses statues ! Quel n’a pas été notre étonnement à la vue de ces centaines de dévots tirant à mains nues sur deux très longues cordes afin que les lions gardiens atteignent leur emplacement définitif.


Sanctuaire Khruba Siwichai, au pied du Doi Suthep, à Chiang Mai

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C’est en silence qu’arrive matutinalement la file orangée © CM77.com

Ce sanctuaire, situé au pied de la montagne tutélaire de Chiang Mai et qui s’étend d’année en année, est un arrêt obligatoire pour tout dévot bouddhiste qui visite le temple  du Doi Suthep, au haut de la montagne. Il est dédié à l’homme grâce à qui 20 minutes de route seulement permettent de déposer son offrande dans ce qui est le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Et dire qu’il fallait naguère cinq heures de marche dans une forêt épaisse… On vous dit ci-dessous pourquoi Khruba Siwichai est autant vénéré. Une vénération qui peut facilement s’observer dans ce sanctuaire qui reçoit les fidèles chaque jour de l’année, que ce soit en matinée, en journée ou en soirée (et chaque période de la journée a son ambiance particulière). Les fleurs s’achètent dans les stands juste en face afin d’en faire offrande. Un lieu apprécié de toute la population comme des Miss qui ne manquent jamais de s’y faire photographier.

C’est donc ce sanctuaire dédié à Khruba Siwichai (อนุสาวรีย์ครูบาศรีวิชัย), au pied de la montagne, qui voit traditionnellement marcher silencieusement aux aurores, le 11 juin de chaque année (vers 6h du matin), des dizaines de moines à la robe orange recevant les offrandes des dévots.

En raison de l’arrivée d’un nouvel abbé supérieur, nous n’avons pas pu obtenir le détail de la cérémonie de cette année mais elle nous a cependant été confirmée. L’an dernier, ce ne sont pas moins de 219 moines qui ont reçu les offrandes matutinales des fidèles; photos et vidéo :

Précisons encore que c’est tous les matins qu’un tel cérémonial a lieu à cet endroit (mais pas avec autant de moines, ce qui n’enlève rien à son authenticité). Par ailleurs, notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge, vous propose un circuit exclusif, accompagné de Khun Wet, ancien moine ayant enseigné huit ans durant à l’université bouddhique du Wat Chedi Luang, un circuit qui vous permet de participer aux aumônes matutinales du Wat Phra That Doi Suthep, au haut de la montagne. Une singulière cérémonie en compagnie de quelques courageux dévots, juste après le lever du soleil. Mais alors, il faut vous lever tôt : départ à 5h du matin ! Consultez les détails de ce circuit exclusif qui vous met au contact du bouddhisme vécu par les Thaïlandais.

Le sanctuaire dédié à Khruba Siwichai (อนุสาวรีย์ครูบาศรีวิชัย)
Page Facebook du monument (pas vraiment mise à jour)
Avis TripAdvisor
Emplacement (ouvert 24 heures sur 24)

Bandeau 1


Se rendre à Lamphun

Lamphun est la plus ancienne ville de l’ancien royaume du Lanna, créée au VIIe siècle; Hariphunchai est son nom historique au temps du royaume môn. On vous l’a déjà dit, la ville n’est pas très éloignée de Chiang Mai; le déplacement n’en est que d’autant plus justifié.

Tenant compte des horaires des divers événements et de leur emplacement, il vous sera difficile – mais non impossible – d’utiliser des moyens de transport en commun pour rejoindre Lamphun depuis Chiang Mai (principalement en minivan depuis le marché Warorot ou alors en song thaew bleus). Le trajet en train est hautement recommandable – ambiance locale garantie – mais difficile de vous le conseiller vu les horaires en question.

Comme la distance n’est que de 30 kilomètres, le scooter de location est le moyen de transport idéal (attention au retour durant la nuit cependant). Quatre liaisons routières s’offrent à vous :

  • l’autoroute no 11 (c’est l’axe le plus rapide mais nous vous le déconseillons);
  • l’ancienne route principale vers Bangkok, qui se nomme fort à-propos la route Chiang Mai-Lamphun (no 106) : sa longue allée d’arbres en ravira plus d’un !
  • la route, toute droite ou presque, parallèle à la ligne de chemin de fer. Elle a son charme;
  • et enfin la liaison la plus bucolique – que nous vous conseillons si le temps n’est pas votre ennemi – celle longeant la rivière Ping (choisir idéalement la rive droite).
KrubaSrivichaiAnniversary141(2019)Photo@WadDoi(Tiวัดดอยติ)
L’imposante statue du maître au Wat Doi Ti © Facebook – วัดดอยติ

Si vous y allez à plusieurs, en famille par exemple, négociez avec un chauffeur de song thaew le trajet aller-retour depuis Ching Mai, comprenant l’attente.

En arrivant à Lamphun, apercevoir au loin la statue de Khruba Siwichai est spectacle émouvant, d’autant qu’en longeant à vélo la ligne de chemin de fer, l’imposante représentation du saint homme apparaît peu à peu…

Si vous n’êtes encore jamais allé à Lamphun, la visite incontournable est celle du Wat Phra That Hariphunchai, très ancien temple au cœur de la ville. Son chedi est aussi beau que celui du temple du Doi Suthep (ce dernier s’en étant largement inspiré). Avant que l’on ne consacre un article complet à la visite de Lamphun, vous pouvez consulter les conseils de notre partenaire TripAdvisor ou encore ceux de l’Office du tourisme thaïlandais (TAT), bien qu’ils datent.


Pourquoi une telle vénération ?

Le vénérable Khruba Siwichai a marqué de son empreinte morale tout le nord thaïlandais, d’où il était originaire et où il a vécu. On y organise des pèlerinages en sa mémoire. C’est un moine bouddhique qualifié de ton bun (littéralement « personne de mérite ») , en raison du prestige particulier qu’il a acquis par l’accomplissement d’œuvres extraordinaires, cumulant entreprises d’édification religieuse hors-normes, manifestations de supposés pouvoirs surnaturels et prises de position politiques plus ou moins radicales. Personnage charismatique, rendu célèbre par son opposition aux réformes administratives et religieuses engagées par Bangkok et devenu par là-même le symbole de la résistance régionale à l’hégémonie siamoise.

Lorsque nous avons demandé à un moine vivant dans un temple bouddhiste perdu dans la campagne de Mae Taeng, au nord de Chiang Mai – encore un temple qui a été rénové grâce aux efforts de Khruba Siwichai – l’homme nous répondit qu’un bon nombre de temples a été rénové du temps de Khruba Siwichai. Qui plus est, il a rendu populaire l’enseignement bouddhique de sorte que beaucoup de jeunes se sont engagés dans le noviciat durant ce temps-là.

Brève biographie

KrubaSrivichaiAnniversary141(2019)Photoวัดพระนอนแม่ปูคาอุทยานครูบาเจ้าศรีวิไชย
© Facebook

Khruba Siwichai est donc né le mardi 11 juin 1878 (2421 selon l’année bouddhique thaïlandaise) à Ban Pang, petit village du district de Li, dans la province de Lamphun, au sud de Chiang Mai. Il y est mort le 21 février 1939 (ou 2482), un mardi également, à l’âge de 60 ans. Ce même district de Li où se déroule chaque année la spectaculaire exhumation de deux autres moines, dont l’un est très vénéré, Khru Bawong.

Siwichai est un mélange de charisme (très populaire de son vivant), d’activisme (il est surtout connu pour la construction et la rénovation de nombreux temples) et d’affrontement (en conflit politique avec les autorités, il a été emprisonné). Un être à l’impressionnante ascèse3 : on dit qu’il ne prenait qu’un repas par jour, sans viande ni poisson (animaux « qui ont une âme », winyan) et pratiquait la méditation de concentration (phatibat dan smathitham). On lui attribue des faits miraculeux qu’il a toujours niés.

Siwichai est né dans une humble famille paysanne. Des témoignages suggèrent que le jour de sa naissance, il y a eu un orage violent et de la pluie, raison pour laquelle on lui a donné le nom de Fuen (เฟือน, tremblement de terre),  ou encore Fa Rong (ฟ้าร้อง, tonnerre). Enfant, il avait de la compassion pour tous les êtres, relâchant les animaux que son père attrapait.

Sa première construction fut la rénovation du temple de son village. Depuis lors, il ne cessa de réunir les habitants afin qu’ils s’engagent dans la construction et la rénovation de moult ouvrages, religieux ou non, avec, en point d’orgue, la route du fameux temple du Doi Suthep, à Chiang Mai.

Les autorités bouddhistes nationales ont promulgué une loi – le Sangha Act de 1902 – que Khruba Siwichai, rebelle, a vivement combattue, ce qui lui a valu plusieurs emprisonnements (on se bornera ici à indiquer que le désacord portait sur l’ordination de moines). Pour mieux comprendre les conflits dont il est question, il faut se rappeler qu’en 1897 le royaume du Lanna a été intégré – plus ou moins de force – au royaume du Siam. À titre d’exemple, la langue locale étaient bannie mais Khruba Siwichai continuait, lui, d’enseigner le bouddhisme dans sa langue maternelle, et non pas en thaï.

KrubaSrivichaiAnniversary140(2018)UneDuLivreรำลึก140ปีชาตกาลครูบาศรีวิชัย

Le mardi 21 février 1939, lorsque Khruba Siwichai a quitté son écorce terrestre, vaincu par la maladie, l’on dit que le ciel s’est assombri, apportant de fortes pluies, inattendues (février étant encore la saison sèche), un temps semblable au jour de sa naissance… Les croyances étant ce qu’elles sont, Khruba Siwichai se retrouve souvent représenté sur les amulettes thaïlandaises.

En l’an 2018, à l’occasion de la commémoration des 140 ans de la naissance de Khruba Siwichai, l’érudition a été convoquée et a permis la composition d’un ouvrage édité en son souvenir, hélas dans la seule langue thaï. Une page Facebook – qui continue à être alimentée – a été créée afin de le promouvoir : รำลึก 140 ปี ชาตกาล ครูบาศรีวิชัย. Vous pouvez consulter les premières pages du livre-souvenir. Le tout s’est clos avec un événement académique organisé le 19 juillet 2018.

Et comme souvent, l’exégèse de Jean de la Mainate, auteur de l’indispensable site Merveilleuse Chiang Maï, permet un éclairage original sur l’histoire du vénérable Khruba Siwichai. Retrouvez enfin quelques photos d’archives du maître bien-aimé.

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Une des reliques de Khruba Siwichai © Facebook – CM77

Celles et ceux désirant en savoir plus liront avec intérêt Bouddhisme et politique en Thaïlande : une relation complexe et ambiguë. C’est là une contribution de feu le regretté Arnaud Dubus pour Églises d’Asie. Si vous comprenez l’anglais, n’hésitez alors pas à lire son dernier livre : Buddhism and Politics in Thailand (publié par l’IRASEC – Institut de recherches sur l’Asie du Sud-Est contemporaine et disponible gratuitement; vous pouvez également acquérir la version Kindle). Il y parle entre autres de Khruba Siwichai et du mouvement de revitalisation bouddhiste dont il faisait partie. Mentionnons encore ici deux textes de référence (en anglais) : Charismatic Monks of Lanna Buddhism, un ouvrage écrit par l’anthropologue Paul Cohen, lui qui s’intéresse aux moines bouddhiques qualifiés de ton bun par les fidèles des régions septentrionales de Thaïlande (littéralement « personnes de mérite »), avec Khruba Siwichai en couverture. Et The Saint with Indra’s Sword: Khruubaa Srivichai and Buddhist Millenarianism in Northern Thailand, une contribution d’importance de Katherine Bowie, anthropologue elle aussi et professeure à l’université de Wisconsin-Madison, affiliée au Centre d’études du sud-est asiatique (texte en ligne).

Vos pouvez aller à la rencontre d’un disciple de Khruba Siwichai, adepte comme lui de la tradition de la forêt, qui effectue souvent de longues marches et est sortie d’une retraite méditative de trois ans, trois mois et trois jours à fin juillet 2022. Il officie dans un temple de Tachileik, au Myanmar, à la frontière thaïlandaise. Son nom est Khruba Boonchum, véritable bouddha vivant. En savoir plus.

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Nous prévoyons de vous dévoiler un jour les lieux emblématiques de Khruba Siwichai afin que vous puissiez, vous aussi, les découvrir et, pourquoi pas, en faire votre pèlerinage ici dans la Rose du Nord. Qui sait si ce magnifique album-photo et cet article vous donneront envie de vous rendre au Wat Ban Pang, dans la province de Lamphun, là où le saint homme est né et où il s’est éteint…

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Le temple de Ban Pang, village d’origine de Khruba Siwichai © Facebook – แอ่วดี-Review + EventsWeekly

Plonger dans l’histoire de Khruba Siwichai et des autres Vénérables bouddhistes du nord thaïlandais, à l’image du Vénérable Mun Bhuridatta Kaenkaew, appelé Ajahn Mun et plus connu sous le nom de Luang Pu Mun, qui fut l’un des abbés du Wat Chedi Luang et lui aussi l’un des moines les plus vénérés du Lanna, ayant atteint la pleine illumination, c’est comprendre un peu mieux les croyances qui animent le peuple du Lanna, profondément animiste. Bien malheureusement, la littérature francophone est quasi muette sur le sujet. À travers cet article, on espère avoir titillé votre curiosité afin que vous cheminiez autant sur les routes du pays Lanna, à la rencontre des lieux emblématiques qui façonnent son histoire, que sur celles, plus escarpées, de la spiritualité bouddhiste…


1 ครูบาศรีวิชัย en thaï. Vous trouverez d’autres orthographes parlant du même homme, que ce soit Kuba, Khuba, Kruba et autre Sivichai, Srivichai ou Sriwichai. Comme à notre habitude, nous nous en tenons aux règles du Système général royal de transcription du thaï (RTGS). On peut traduire Khruba (ครูบา) par maître. Par ailleurs, il y a une hiérarchie parmi les vénérables bouddhistes : en accolant le terme honorifique chao (เจ้า), on signifie que le niveau de spiritualité est plus élevé encore.
2 Date fluctuante, qui dépend du calendrier lunaire.
3 Sopha Chanamun, Khruba Srivichai ‘dton bun’ haeng lanna, MA thesis, Faculty of Arts, Thammasat University (1991).

Sources rédactionnelles :

Source de l’image à la une © Facebook.
Article composé le 10.06.2019 et mis à jour le 19.02.2025


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Le panda Chuang Chuang, emblème du zoo de Chiang Mai, est mort

Voilà une nouvelle qui s’est répandue dans le monde comme une traînée de poudre ! On vous l’a annoncé le jour-même par une publication sur notre page FacebookChuang Chuang est mort lundi 16 septembre 2019 à l’âge de 19 ans. Chuang Chuang (创创 en langue chinoise, ช่วงๆ en thaï) était le mâle du couple de pandas prêté par la Chine au zoo de Chiang Mai 🐼

Chiang Mai Zoo - Cover FB
Chuang Chuang, le panda emblématique du zoo de Chiang Mai, n’est plus © Facebook – Chiang Mai Zoo

La famille de Chuang Chuang

Le panda, une espèce menacée, est le symbole de la protection de la nature dans le monde entier depuis qu’il est l’emblème de l’ONG internationale de protection de l’environnement WWF (World Wide Fund, en français Fonds mondial pour la vie sauvage).

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On vous a déjà parlé du zoo de Chiang Mai, un zoo, entre autres parcs animaliers, qui a accueilli plusieurs des animaux du zoo Dusit de Bangkok, définitivement fermé. Ici à Chiang Mai, Chuang Chuang était une véritable star; l’attraction principale du zoo depuis son installation, en 2003, à l’âge de trois ans. Il vivait dans un enclos spécial avec sa chère et tendre, Lin Hui. Au grand dam du directeur du zoo, le fruit de leurs amours se faisait attendre; la chasteté de Chuang Chuang en intriguait plus d’un… Ce qui n’avait pas empêché le couple de pandas de donner naissance à un bébé, Lin Ping, né en 2009 par insémination artificielle, premier panda au monde à naître dans un pays tropical. Une naissance que toute la Thaïlande a suivi; Lin Ping a d’ailleurs fait l’objet d’un programme TV trois ans durant (Panda Channel) !

L’arrivée de Chuang Chuang en Thaïlande a été un véritable événement national. Lui et Lin Hui sont les premiers pandas à vivre en Thaïlande. Notez qu’il était appelé Thewan en langue thaï (เทวัญ) et Kham Ai (คำอ้าย) dans la langue du nord. Mais tout Thaïlandais connaissait le nom de Chuang Chuang, resté populaire.

Les caméras de surveillance laissaient supputer une mort de cause naturelle : Chuang Chuang a titubé et s’est effondré durant l’après-midi du 16 septembre 2019. Bien que des rumeurs liées à un mauvais traitement de la part du zoo aient circulé, l’autopsie, menée par des spécialistes venus de Chine, a tranché : c’est une insuffisance cardiaque qui a emporté Chuang Chuang. L’espérance de vie moyenne d’un panda géant oscille entre 15 à 20 ans dans la nature et jusqu’à 30 ans en captivité; parmi ces derniers, le plus vieux est mort à l’âge de 38 ans.

Depuis la disparition de Chuang Chuang, les réseaux sociaux thaïlandais n’ont cessé de bruisser (notamment à travers les hashtags #RIPช่วงๆ et #RIPช่วงช่วง). Un dernier hommage a été rendu à feu Chuang Chuang mercredi matin, le 18 septembre 2019, au zoo de Chiang Mai, là-même où il vivait, avec le dépôt de gerbes de fleurs.


Le panda a Chiang Mai, une histoire d’amour récente

Au même titre qu’on ne trouve des koalas qu’en Australie, les pandas ne vivent à l’état naturel qu’en Chine, dans la région de Chengdu, province du Sichuan (il y en avait jadis tant au Myanmar qu’au Vietnam). C’est en 2001 qu’un général, vice-premier ministre, négocie avec la Chine la venue de pandas au royaume de Thaïlande. Le projet se concrétise en 2003 avec l’arrivée de Chuang Chuang, né à Chengdu en l’an 2000, et sa compagne Lin Hui, scellant ainsi les bonnes relations entre la Chine et la Thaïlande.

Dix ans après l’arrivée des premiers pandas à Chiang Mai, ce fut à nouveau l’emballement médiatique en Thaïlande : le fils de Chuang Chuang, Lin Ping, rejoignait la mère patrie à des fins de reproduction. Un voyage mis en scène par la compagnie aérienne nationale, Thai Airways, en 2013.

La population de Chiang Mai a prouvé son attachement au panda à travers le succès populaire qu’avait eu l’exposition itinérante 1600 Pandas+ en mars 2016. Le WWF a organisé, avec l’artiste français Paulo Grangeon, une installation qui en a surpris plus d’un : près de 1600 pandas en papier mâché ont trôné sur la place Thae Pha, épicentre touristique de la Rose du Nord. Une exposition qui visait à sensibiliser l’opinion publique sur la fragilité des espèces en danger, alors qu’on ne comptait plus que 1864 pandas vivant dans leur milieu naturel à l’époque. Une opération qui avait été lancée pour la première fois en France en 2008, quand il ne restait plus que 1600 pandas dans le monde. Depuis, cette exposition a fait le tour du globe et la population de pandas est en sensible augmentation.

Un WWF Thailand qui ne pouvait que rendre hommage à Chuang Chuang au lendemain de sa disparition.

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L’exposition 1600 Pandas+ à Chiang Mai en mars 2016 © Facebook (1600 Pandas+ TH et Lanna Photo Club/Kajohnwit LungPiak‎)

Une affaire de gros sous

La diplomatie du Panda est une pratique chinoise ancestrale. Mais en l’espèce, c’est une diplomatie sonnante et trébuchante. La Chine facture le prêt de ses pandas en millions (d’euros); on parle même ici de 11 millions sur quinze ans pour être précis. Il faut dire que la présence de cette famille de pandas au zoo de Chiang Mai génère un important chiffre d’affaires (la visite du parc aux pandas se paie en sus du ticket d’entrée). Ainsi, après le contrat de prêt initial portant sur 10 ans, c’est un nouveau contrat de prêt de 15 ans qui assurait au zoo la présence des pandas jusqu’en 2028. Mais la mort de Chuang Chuang vient contrecarrer ces plans.

Le panda géant a ses passionnés
Jérôme, animateur du site Panda.fr, est  une véritable mine d’information sur cet ursidé. Il a d’ailleurs visité le zoo de Chiang Mai en été 2013 (son récit) et nous parle tant du couple Chuang Chuang & Lin Hui que de leur fils Lin Ping. Intéressante est sa page résumant la présence des pandas hors de Chine.
Autre blog tenu par un passionné lui aussi : Pandaddict.

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Les zoos de Chiang Mai

Dans la région de Chiang Mai, l’exploitation des animaux fait florès. Nous en parlerons un jour de manière plus étendue, et critique. En attendant, nous limitant ici aux zoos à proprement parler, sachez qu’il existe deux zoos d’envergure : le zoo de Chiang Mai obvie, à l’ouest de la ville, sur la route du Doi Suthep, et le Night Safari. Des attractions dont on peut mettre en cause la légitimité mais qui attirent néanmoins les familles.

Chiang Mai a organisé la SEAZA 2018, soit la 26e Conférence annuelle de l’Association des institutions zoologiques de l’Asie du Sud-Est. SEAZA est une association régionale membre de l’Association mondiale des zoos et aquariums (WAZA), l’organisme unificateur de la communauté mondiale des zoos et aquariums, regroupant, en plus des institutions gérant les parcs, des associations, des organisations affiliées et des entreprises partenaires du monde entier, tous ensemble « Unis pour la Conservation ». La 73e Conférence annuelle de cet organisme s’est déroulée à Bangkok en octobre 2018.

Notons encore qu’au mois de novembre 2019, Chiang Mai a accueilli l’AZEC 2019, soit la 7e Conférence asiatique des éducateurs de zoo.

Le site web officiel de l’Organisation des parcs zoologiques est celui-ci : ZooThailand.org. Vous pouvez accéder à une encyclopédie en ligne des divers animaux que l’on retrouve en Thaïlande. Une organisation qui regroupe 8 parcs zoologiques au niveau national. Vous la retrouvez sur Facebook.

Si vous voulez en savoir plus sur les zoos de Thaïlande et vous interrogez sur le bien-fondé de l’existence-même des parcs zoologiques où les animaux, des êtres sensibles, sont confinés, certains diront incarcérés, on vous invite alors à lire cet article car hélas les dérives sont nombreuses. Il devient légitime de se poser la question : faut-il encore des zoos ?

Le zoo de Chiang Mai

Fondé en 1952 par un missionnaire américain, ce parc zoologique est situé au pied du Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville, qui abrite en son sommet le temple bouddhiste éponyme, le plus vénéré de la Rose du Nord. Y est naturellement commémorée la Journée nationale de l’Éléphant puisque des pachydermes y vivent (festivités du 13 mars dernier).

Ouvert tous les jours de 8h à 17h, l’entrée du zoo est payante (THB 150.- pour les adultes et THB 70.- pour les enfants de moins de 135 cm). Une fois à l’intérieur, soit vous vous déplacez à pied (mais le site est grand, 85 ha) soit vous optez pour une navette publique et ses divers arrêts (THB 30.- pour les adultes, THB 20.- pours les enfants). Si vous avez votre propre véhicule, il vous en coûtera THB 50.- pour une voiture, THB 10.- pour un scooter et même THB 1.- pour un vélo (sic).

Plusieurs zones sont payantes, en sus. C’est notamment le cas du parc aux pandas (THB 100.- pour les adultes, THB 50.- pours les enfants), du fameux aquarium (THB 290.- pour les adultes, THB 220.- pours les enfants), ou encore du récent dome hivernal où les Thaïlandais peuvent toucher de la neige artificielle (THB 150.- pour les adultes, THB 100.- pours les enfants). En choisissant toutes les options et en y allant en voiture, le montant total peut donc être salé pour une famille.

Site web en anglais, page Facebook, comptes YouTube et Instagram (le hashtag #ChiangmaiZoo permet de le visiter virtuellement à bon compte).
Avis TripAdvisor, emplacement (สวนสัตว์เชียงใหม่) et carte du zoo

Night Safari Logo FBLe Night Safari

Si l’on apprécie les zoos, avouons que le Night Safari, au sud de la ville, en direction de Hang Dong, ne manque pas d’arguments. C’est de nuit que cette attraction animalière déploie son potentiel. En y allant vers 16h, vous pourrez visiter ce qui ressemble à un zoo standard autour du grand étang. Puis admirer le clou du Night Safari : ses deux parcs animaliers qui se visitent idéalement la nuit tombée. Vous parcourez les deux enclos où vivent les animaux, véhiculé par des navettes électriques (autrement dit, c’est l’homme qui est dans la cage, si l’on peut user de cette image). Sur place, vous pourrez y voir des shows, qu’ils soient culturels ou animaliers (avec les tigres par exemple). De notre côté, nous déplorons la sortie journalière des divers animaux afin d’être montrés – et surtout photographiés – aux visiteurs. Restauration sur place, de même qu’hébergement. Nouveau : une navette gratuite vous emmènera au Night Safari depuis le centre-ville de Chiang Mai.

Ouvert lui aussi tous les jours, de 11h à 22h. Il vous en coûtera THB 800.- (THB 400.- pour les enfants jusqu’à 1m40, gratuit si votre petiot fait 1m de haut au maximum). Le nouveau sentier des jaguars est payant (THB 100.- pour les adultes, THB 50.- pour les enfants). En soirée, le départ des navettes dans l’enclos se fait à18h50, 19h30, 20h30, 21h30, et même 22h semble-t-il (avec explications en anglais).

Site web en anglais, page Facebook, avis TripAdvisor, emplacement (ชียงใหม่ไนท์ซาฟารี) et carte du zoo.


Ouvrages sur le panda

Panda Love Amazon

Peu d’ouvrages sont disponibles pour qui voudrait en savoir plus sur ce singulier mammifère, et c’est un euphémisme. Sans doute le plus intéressant est-il le livre d’Ami Vitale, Panda Love – Dans l’intimité des pandas. C’est là le fruit d’un travail documentaire de trois ans que l’auteure livre sous la forme d’étonnantes images prises sur le terrain, en Chine, autant dans les sanctuaires que dans leur habitat naturel. De superbes photographies.

Second ouvrage recommandable, Les pandasde Stéphanie Redoulès. Une lecture agréable éditée par Fleurus dans sa collection La grande imagerie, en partenariat avec le zoo de Beauval. Oû l’on y découvre la star locale, Yuan Meng.

Et sinon, beaucoup de livres sur le panda destinés aux enfants.


R.I.P. Chuang Chuang. Oui, qu’il repose en paix après ses années de captivité au zoo de Chiang Mai ! Un zoo où ne reste donc plus que Lin Hui, esseulée. À l’heure où nous écrivons, on ne sait si un nouveau mâle viendra la rejoindre. Tout le monde espère cependant que son fils Lin Ping fasse son retour au zoo, accompagné d’une compagne…

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Au royaume de Thaïlande, vous ne trouverez de vrais pandas qu’à Chiang Mai © Facebook – 1600Pandas+ TH

#panda #zoo #ChiangmaiZoo #ZooChiangMai #NightSafari


Source de l’image à la une : Chiang Mai News. Sources rédactionnelles :

Article composé le 09.06.2019 et mis à jour le 15.06.2020


13 mars 2019. Journée Nationale de l’Eléphant en Thaïlande. Bombance éléphantesque

À Chiang Mai, en matière d’éléphants, on côtoie le pire et le meilleur ! Cette Journée nationale thaïlandaise de l’Éléphant est une bonne occasion de vous parler de la relation qu’entretient le peuple siamois avec ce majestueux mammifère. Si vous êtes dans la Rose du Nord le 13 mars, ne manquez pas le buffet gigantesque offert aux pachydermes, le satok (ou satoke, สะโตก). On vous livre ici le programme des camps qui l’organisent, de même que celui du Centre national de conservation des éléphants, à Lampang.


L’éléphant en Thaïlande

Chaque année depuis 1998, la Thaïlande célèbre la Journée nationale thaïlandaise de l’Éléphant le 13 mars, wan chang thai en langue thaïlandaise (วันช้างไทย), «chang» signifiant l’éléphant. Notez qu’elle ne coïncide pas avec le World Elephant Day, soit la Journée internationale de l’Éléphant célébrée le 12 août, plus récente et pratiquement ignorée en Thaïlande. Ce jour a été choisi parce que c’est le 13 mars 1963 que le Département Royal des Forêts a désigné l’éléphant blanc (ช้างเผือก, chang phueak) comme animal national du royaume. Ce dernier est considéré comme sacré et représente un symbole du pouvoir royal. Malheureusement, la superstition entretient le commerce de l’ivoire; certains riches Thaïlandais continuent de croire que les défenses sont le signe d’un grand pouvoir… On vous dévoile encore quelques éléments historiques avant de vous donner le programme des diverses festivités à Chiang Mai.

Depuis l’Antiquité, les Thaïlandais entretiennent des relations étroites avec les éléphants, ceux-ci jouant un rôle important dans le transport, le travail et la guerre. De nombreuses légendes y font référence. Hélas, trois fois hélas, leur existence-même est menacée en raison de la raréfaction de leur habitat naturel, grignoté peu à peu par l’invasion humaine, du changement climatique et également du braconnage, entre autres raisons. En un siècle, malgré la protection dont ils sont l’objet, ils sont ainsi passés de plus de 100’000 individus à moins de 3’000 éléphants sauvages et environ 2’700 éléphants domestiques.

Eléphant et bouddhisme. Les représentations d’éléphants sont nombreuses dans les temples thaïlandais. Selon une légende, Mayadévi, la propre mère du Bouddha historique, rêva qu’un éléphant blanc venu du paradis entrait dans son ventre, signe de la prochaine venue d’un être pur et puissant. Aussi, l’éléphant blanc est considéré comme très favorable et jouit d’un statut royal en Thaïlande. Le bouddhisme thaïlandais incorpore des éléments de croyances hindoues; il est courant de voir des sanctuaires dédiés aux dieux et divinités hindous : Ganesh, dieu hindou à tête d’éléphant, et Erawan, mont des éléphants d’Indra, sont souvent représentés dans les sanctuaires et temples siamois.

ThaiElephantDay2018FlagL’éléphant en tant que symbole national. Les visiteurs arrivant en Thaïlande, et plus encore à Chiang Mai, ne manqueront pas de remarquer que les représentations d’éléphants apparaissent sur une gamme infinie d’objets du quotidien allant des réverbères aux souvenirs, en passant par les serviettes des hôtels pliées en forme d’éléphants ou encore les tasses où la trompe sert d’anse.

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© cheism

Pendant près de 100 ans*, le drapeau national du Siam a intégré un éléphant blanc. Éléphant qui fait toujours partie du blason de la Marine Royale thaïlandaise.
Coïncidence ou non, si vous regardez le contour d’une carte de la Thaïlande, vous pouvez voir la ressemblance avec un éléphant : les «oreilles» au nord et au nord-est et le «tronc» se baissant vers le sud de Bangkok et s’étendant vers la Malaisie.

Quelques mots de thaïlandais :
ช้าง (chang) : l’éléphant
ช้างเผือก (chang phueak) : l’éléphant blanc
งา (nga) : l’ivoire
งวง (nguang) : la trompe
หาง (hang) : la queue

Vous l’aurez compris, l’éléphant fait partie du patrimoine thaïlandais. Et c’est peut-être cette intimité qui empêche le peuple siamois d’apporter un regard critique sur la façon dont il a traité et traite encore ce majestueux mammifère. Prenez l’exemple de la King’s Cup organisée à Bangkok : des joueurs de polo à dos d’éléphants ! Un vil asservissement embaumé sous le couvert d’un événement de charité. Lorsqu’un des organisateurs affirme par exemple «Notre but c’est de les emmener ici pour une semaine de vacances. Nous avons nos vétérinaires, ils sont bien nourris et passent un très bon moment», précisant que chaque animal ne joue que 35 minutes par jour, on se rend compte du chemin à parcourir pour éveiller les consciences. Autre exemple édifiant, la cérémonie commune de mariages organisée durant la Saint-Valentin à Mae Taeng : il est affligeant de continuer à voir des êtres humains, tout amoureux peuvent-ils être, assis sur des nacelles montées sur le dos de ces majestueux animaux !

La condamnation est facile mais la problématique de la coexistence des éléphants et des humains est complexe. Et les réponses que l’on peut apporter ne sont jamais faciles à mettre en œuvre.

Trois objectifs ont été assignés à cette journée de commémoration :

⦿ Montrer à quel point les éléphants sont importants en Thaïlande.
⦿ Rappeler l’importance de l’éléphant dans la culture siamoise.
⦿ Sensibiliser la population à leur protection et leur conservation dans leur habitat naturel.

Vous avez là en vidéo quelques exemples des festivités, dans le camp de Mae Sa, au nord de Chiang Mai, à Surin, dans l’Isan, avec une grande parade (où le religieux n’est jamais loin) permettant d’admirer, par exemple, un impressionnant éléphant blanc. Espérons que cette célébration annuelle participera du lent changement de mentalité afin que le sort des éléphants s’améliore et leur existence à plus long terme soit garantie.

Et si vous désirez en savoir plus sur ce magnifique mammifère, présente tant en Afrique qu’en Asie, on vous renvoie à cet article-ci.


Festivités à Chiang Mai. Buffet pour près de 80 éléphants

Les principaux camps d’éléphants de la région marquent l’événement en octroyant généralement l’entrée gratuite. Des festivités sont organisées, notamment avec des parades et des danses traditionnelles. Le point d’orgue est constitué par un impressionnant buffet, gigantesque, offert aux pachydermes, le satok.

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Feu M. Choochart Kalmapijit, fondateur du camp d’éléphants de Mae Sa © Facebook

Ce n’est pas sans réticence que nous vous parlons aujourd’hui du camp d’éléphants de Mae Sa, créé en 1976 au nord de la ville, dans le district de Mae Rim, le plus proche de la ville de Chiang Mai. Un camp qui se vante de préserver l’espèce; la popularité de sa nurserie en témoigne. Nous n’apprécions pas vraiment les attractions proposées généralement par cet endroit, assimilable à un camp de torture animalière. Il est vrai qu’il est fort impressionnant de voir des éléphants peindre en reproduisant ce qu’ils voient mais pour arriver à ce résultat spectaculaire, il en aura fallu des heures de dur dressage où la violence et la contrainte ne sont jamais absentes. Le fondateur du camp, M. Choochart Kalmapijit (พ่อเลี้ยงชูชาติ กัลมาพิจิตร), de confession chrétienne, est d’ailleurs décédé en janvier dernier; il avait 79 ans. Il est vu par la communauté locale comme un bienfaiteur, ayant offert du travail à des centaines de familles depuis plus de 40 ans. Des familles dont la majorité est Karen, une des nombreuses ethnies minoritaires de Thaïlande du nord. Une communauté locale qui lui a rendu un vibrant hommage.

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C’est donc ce camp qui organise, depuis quelques années maintenant, la cérémonie la plus impressionnante, le fameux satok officiel réunissant plus de 70 éléphants (l’année dernière, on nous en promettait plus de 80 mais nous en avions compté 60 au maximum) ! À cette occasion, l’entrée est gratuite (don apprécié) et la fête est, ma foi, spectaculaire, à défaut d’être belle. Elle attire beaucoup de membres de la communauté karenne. Au programme en ce mercredi 13 mars :

 

  • 12h00 : ouverture au public.
  • 13h00 : spectacle « The Way of the Tribe » (la Voie des Tribus) par les membres du village ethnique voisin de Thung Luang, un village touristique.
  • 13h30 : arrivée des invités d’honneur, dont le gouverneur de la province de Chiang Mai.
  • 13h35 : début du satoksoit le khantoke des éléphants (impressionnant buffet qui réunira plus de 70 pachydermes donc).
  • 14h15 : spectacle folklorique des minorités ethniques alentour.
  • 15h00 : fin de l’événement.

Camp d’éléphants de Mae Taeng (ปางช้างแม่แตง คลับ) : site web, page Facebook, emplacement et avis TripAdvisor.

Indépendamment des deux camps cités, il y a des dizaines d’autres camps d’éléphants dans la région de Chiang Mai, principalement dans les vallées de Mae Sa et Mae Taeng, au nord de la ville, et celle de Mae Wang, au sud-ouest, en direction du Doi Inthanon. Mais ces derniers ne marquent pas spécifiquement l’événement, continuant à exploiter quotidiennement leurs bêtes.

Les propriétaires de camps d’éléphants se sont regroupés afin de défendre leurs intérêts au niveau national. Ils ont créé l’association Thai Elephant Alliance. Avec un site web en léthargie et une page Facebook active. Nous aurons sans doute l’occasion de revenir sur le côté sombre qu’induit l’existence des camps d’éléphants destinés au tourisme.


Aux portes de la ville, le zoo de Chiang Mai organise lui aussi sa Journée nationale de l’Eléphant ce 13 mars 2019, de 8h30 à 15h. Une exposition organisée en divers endroits du zoo vous fera mieux connaître les éléphantidés. Et comme d’habitude au zoo, les activités se destinent plus particulièrement aux enfants, avec notamment un atelier de dessin et de peinture. Et dès 9h30, là aussi un satok, buffet dont les éléphants raffolent (d’autant que le quotidien des éléphants enfermés dans de minuscules parcs n’est pas rose). Le zoo est ouvert de 8h à 17h (prix d’entrée habituel).

Zoo de Chiang Mai (สวนสัตว์เชียงใหม่) : site web, page Facebook, emplacement et avis TripAdvisor.


Enfin, signalons l’exposition-photo organisée annuellement par Thai Elephants through the Lens dans un centre commercial Central. Cette année, elle a eu lieu au Central Plaza (près de l’aéroport) le 9 et 10 mars 2019. Les clichés exposés ont fait l’objet d’une vente aux enchères dont les bénéfices sont reversés à des associations défendant la cause animale, dont celle-ci. Le thème en était L’éléphant dans la culture thaïlandaise. Malheureusement, en se penchant sur les photographies et sans nous ériger en juge, l’on se rend compte du chemin à parcourir pour que le respect de l’animal daigne s’ancrer dans les habitudes quotidiennes des Thaïlandais…

Thai Elephants through the Lens –  Elephant in Thai culture, les 9 et 10 mars 2019 au Central Plaza (เซ็นทรัลพลาซา เชียงใหม่ แอร์พอร์ต) : page Facebook, emplacement, album-photo.

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Cette journée de célébration peut aussi être l’occasion de visiter l’Elephant Parade Land, une adresse prisée des familles avec enfants. Vous pourrez en apprendre beaucoup sur l’éléphant d’Asie, admirer à l’extérieur les superbes sculptures des artistes ayant créé des œuvres pour soutenir la fondation et peindre vous-même votre propre exemplaire. Nous vous reparlerons de cet endroit admirable.

Elephant Parade Land : site web, page Facebook, emplacement et avis TripAdvisor.

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© Facebook – Maetaeng Elephant Park

Et à Lampang, siège du Centre national de Conservation des Éléphants

Autre très belle cérémonie (si l’on fait fi de l’exploitation qu’est faite des pachydermes impliqués), à Lampang, à seulement 1h30 de route de Chiang Mai. Le Centre national de Conservation des Eléphants de Lampang (ศูนย์อนุรักษ์ช้างไทย จ.ลำปาง) organise une cérémonie similaire sur deux jours, les 12 et 13 mars 2019. Les moines bouddhistes y participent et elle commence généralement à 8h09. Les activités habituelles du centre sont remplacées par les activités spéciales en l’honneur de l’éléphant (et en souvenir de feu Sa Majesté le roi Bhumibol Adulyadej le Grand, Rama IX, qui soutint de son vivant ce centre). A cette occasion, une impressionnante parade d’éléphants est organisée. Ces deux jours sont également des jours de repos semi-officiels des éléphants (et ils le méritent bien).

Programme – Mardi 12.03.2019 :

  • De 9h à 15h : concours avec stands de nourriture pour les éléphants.
  • De 10h30 à 11h30 : cérémonie de mérite en faveur des éléphants.

Programme – Mercredi 13.03.2019 :

  • Dès 8h : offrandes en compagnie de moines et d’éléphants avec deux cérémonies spécifiques : hong kwan et pook kwan chang
  • À 10h15 : satok, soit le grand buffet en faveur des éléphants
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Centre de Conservation des Eléphants, à Lampang (Thai Elephant Conservation Center, ศูนย์อนุรักษ์ช้างไทย จ.ลำปาง) : site web, page Facebook, emplacement et avis TripAdvisor.

Mise à jour. Voici l’album-photo des célébrations.

Bien évidemment, ces célébrations ne sont pas l’apanage du seul nord thaïlandais. C’est tout le royaume qui célèbre les éléphants, notamment la région de Surin, dans l’Isan, ou encore cette cérémonie qui a eu lieu chaque année dans la province de Tak, à Mae Sot, à la frontière de la Birmanie, non loin de Sukhothai (le reportage concerne celle de 2017; le programme de cette année 2019 est publiée ici, en thaï). Vous pouvez voir tant la cérémonie du satok que le défilé des éléphants, tous deux transmises en direct sur FB. ThaiPBS North a d’ailleurs consacré un reportage à l’événement de cette année :


Défense et préservation des pachydermes

La commémoration de ce 13 mars est bien entendu une journée que ne peut manquer de rappeler le WWF Thailand. Il a diffusé sur sa page Facebook une superbe vidéo d’éléphants sauvages. Et ce sont bien ces images qui sont à valoriser et non pas celles des éléphants exploités dans les camps aux seuls fins de satisfaire l’appétence des touristes.

Lek Chailert, l’iconique fondatrice de l’ENP – Elephant Nature Park, premier véritable sanctuaire d’éléphants ici à Chiang Mai, profite de cette Journée nationale de l’Éléphant pour marteler son message. Ainsi celui de l’année 2015, accompagné d’une photo terrible, ou encore celui de l’an dernier. Cette année 2019, elle l’a fait sous forme de vidéo, rappelant que chaque éléphant mérite d’être heureux.

Ce jour-là, les festivités au camp de l’ENP ne concernent que les visiteurs du jour, payants donc. La chaîne de TV thaïlandaise Voice TV a diffusé un reportage ce 13 mars où l’on voit le travail effectué au parc. Depuis des décennies, Lek Chailert ne cesse de dénoncer les souffrances qu’endurent les éléphants exploités dans l’industrie touristique. L’on vous offre encore le superbe reportage que l’émission Faut Pas Rêver avait consacré à Lek, Thaïlande, la route des rois – pour l’amour des éléphants :


Que ce soit le 13 mars ou non, les éléphants sont une des attractions touristiques-phares pour toute personne venant à Chiang Mai. A défaut de vous rendre dans un parc national pour observer ces majestueux pachydermes, vous pouvez visiter un sanctuaire ou un camp d’éléphants sis dans la jungle autour de Chiang Mai (ici avec Loolu, jeune Karen pétillant, l’un des plus appréciés de la région). Préparez donc votre visite en connaissant mieux ce mammifère géant à travers la lecture.

ElephantsAsieOn vous conseille le beau livre Éléphant d’Asie. Un géant menacé, recueil d’images captivantes, intrigantes et parfois provocantes de Palani Mohan qui a consacré de nombreuses années à étudier cet animal. Sinon, vos enfants apprécieront L’histoire vraie de Siam l’éléphant (dès 6 ans) ou encore Savais-tu ? Les éléphants, tiré de la série documentaire humoristique sur les animaux servis à la manière d’une BD (à partir de 9 ans).

Ces achats peuvent aussi se faire ensuite de votre rencontre avec les éléphants et permettront ainsi de vous remémorer l’émouvant souvenir que laisse une telle rencontre. Chose que fera sans difficulté aucune ce magnifique calendrier 2018 de photos noir-blanc Des Eléphants et des Hommes 2019 (qui capte brillamment la relation entre les éléphants et les êtres humains en Asie du sud-est).


*de 1820 à 1917, sous trois aspects différents

Sources rédactionnelles : programmes des divers camps d’éléphants évoqués, Wikipedia, Thaizer, Learn Thai with Mod, EREC – Centre de recherche de la Faculté vétérinaire de l’Université de Chiang Mai (CMU).
Source photographique de l’image à la une : © Facebook. Mise à jour le 02.04.2019

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