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Le Festival de la Balançoire au nord de la Thaïlande (Akha Swing Festival), ancien rite de fertilité

Voilà un festival qui vous permet d’entrer facilement en contact avec l’une des ethnies minoritaires du nord thaïlandais, les Akha. Il a généralement lieu entre la fin du mois d’août et la mi-septembre. La plupart des villages akha disséminés dans la province septentrionale de Chiang Rai l’organise. Un ancien rite de fertilité à double titre : fertilité des cultures et fertilité des jeunes filles de la tribu. Occasion pour ces dernières de montrer qu’elles sont en âge de se marier.

On vous en dit plus sur cette fête annuelle qui dure quatre jours, en vous précisant le déroulement des cérémonies et vous dévoilant les dates et lieux des festivités. Vous apprendrez quelle est la première implantation des Akha en terres siamoises et en saurez par ailleurs plus sur cette ethnie pourchassée. Bienvenue en pays akha, un peuple qui appréciait feu S.M. le roi Bhumibol le Grand, Rama IX, venu à leur rencontre.

ÉDITIONS 2024 DU FESTIVAL – QUELQUES DATES :

➥ du jeudi 8 au dimanche 11 août 2024 à Ban Mae Toe (บ้านแม่เต๋อ), Tambol Mae Salong Nok (ตำบลแม่สลองนอก), ici;
➥ les samedi 17 et dimanche 18 août 2024 dans le village de Doi Chang (ดอยช้าง), fief du café éponyme;
➥ le jeudi 22 août 2024 à Ban Saen Chai (บ้านแสนใจใหม่), Tambol Mae Salong Nai (ตำบลแม่สลองใน), ici;
➥ du jeudi 29 août au dimanche 1er septembre 2024 à Baan Pha Hee (ลานโล้ชิงช้าบ้านผาฮี้, ici). C’est là le festival le plus connu et donc celui qui attire le plus de touristes. Samedi 31 août 2024 sera la journée la plus animée (voir ci-dessous);
➥ les jeudi 29 et vendredi 30 août 2024 à Ban A Bae (บ้านอาแบ), Tambol Mae Salong Nok (ตำบลแม่สลองนอก), ici;
➥ du vendredi 30 août au dimanche 1er septembre 2024 à Baan Pha Mee (หมู่บ้านผาหมี, ici), village non loin de Baan Pha Hee mentionné ci-avant (voir ci-dessous);
➥ du samedi 7 au dimanche 8 septembre 2024 à Ban Sam Yaek Iko (สำนักสงฆ์บ้านสามแยกอาข่า), toujours dans le sous-district de Mae Salong, ici.

Un ancien rite de fertilité

Le Festival de la Balançoire du peuple akha – tout en honorant les ancêtres – est une fête de la fertilité : en premier lieu agricole, visant à obtenir de bonnes récoltes, mais également fertilité humaine puisque les jeunes filles devenant adultes en profitent pour se mettre en avant. C’est donc un rituel annuel qui célèbre la vie, convoquant la déesse de la fécondité (« Um Saye », อึ่มซาแยะ). Une symbolique que fêtaient également les anciens Grecs durant les célébrations des Anthestéries à travers la Fête athénienne de l’Aiora1.

D’origine tibéto-birmane, les Akha ont émigré du sud de la Chine au cours des deux cents dernières années pour s’installer au Laos, en Birmanie, au Vietnam et au nord de la Thaïlande. On estime entre 80 à 100 000 les Akha qui vivent aujourd’hui dans les montagnes du nord de la Thaïlande. C’est donc là une des nombreuses minorités ethniques de la région (les anglophones parlent de hill tribes, tribus des montagnes). Une peuplade qui disposait autrefois de son propre royaume, situé dans ce qui est aujourd’hui le sud de la Chine. Après des siècles de persécution, d’esclavage et de préjugés (ces derniers sont encore prégnants aujourd’hui, même en Thaïlande), ils se battent toujours pour conserver leur identité unique.

Tout en honorant les ancêtres, le Festival de la Balançoire du peuple akha est une fête de la fertilité, agricole et humaine. Il faut une année entière pour préparer la robe spécialement portée pour ce festival. C’est donc une activité qui crée l’unité entre les membres de la communauté. Quant aux hommes, ils participent tous à la construction de la balançoire.

La balançoire pour le plaisir et les morts. Ce qu’on appelle le Festival de la Balançoire est le festival le plus important du peuple akha. Une fête qui se déroule sur quatre jours, organisée chaque année entre fin août et mi-septembre, durant la saison des pluies. Eux-mêmes la nomment Yehkuja, Kuza za ou encore Loa cher bee err, ce qui se traduit approximativement par « manger du riz amer », une expression qui semble faire référence à la diminution des réserves de riz de l’année précédente et qui intègre l’espoir que les pluies prévues arroseront la nouvelle récolte de riz.

Les activités du festival comprennent des offrandes rituelles aux esprits ancestraux de la famille à l’autel des ancêtres situé dans un coin de la maison des femmes. Il faut savoir que les Akha vivent séparés selon le sexe, tant à la maison que dans les zones communes. Mari et femme habitent la même maison, ils font cependant chambre à part : la chambre de l’époux se trouve près de l’entrée de la maison et l’épouse dort avec les enfants dans une autre pièce. C’est l’épouse qui rejoint son conjoint dans le lit de ce dernier lorsqu’elle en a envie… Le Festival de la Balançoire est particulièrement important pour les femmes akha, qui attendent avec impatience l’occasion de porter les vêtements et les ornements de valeur qu’elles ont passé toute l’année à fabriquer. Véritable rite de passage, c’est aussi le moment pour les demoiselles de montrer qu’elles sont en âge de se marier…

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La nouvelle année des femmes akha

Les femmes akha sont renommées pour leurs coiffes d’argent – elles pèsent jusqu’à 5 kg – aux formes et décors différents suivant les groupes. Les coiffes – représentant leur statut social et marital dans la communauté – sont très souvent ornées de piastres de commerce, pièces de monnaie en argent datant de l’époque coloniale (de nos jours, les piastres sont de pâles copies). Des perles colorées finissent d’orner leur tête.

Les femmes du village passent beaucoup de temps à confectionner leurs vêtements brodés à la main, agrémentés de bijoux traditionnels qu’elles exposeront avec beaucoup de fierté, tout en exécutant des danses et des chants traditionnels pour les autres villageois. Cette fête est également connue sous le nom de Nouvel An féminin. Le Nouvel An traditionnel qui tombe à la fin du mois de décembre étant, lui, le Nouvel An masculin.

Si les femmes du village sont invitées sur l’escarpolette, seules ou à deux, à se balancer aussi haut que possible pour porter chance et attirer de bons augures au village, chantant et criant à gorge déployée, les hommes peuvent eux aussi se joindre à ce qui ressemble parfois à un envol de casse-cous !

Ko Ti Ah Ber, une belle femme akha, murmurait une chanson folklorique akha. Sa mélodie atteignit le dieu de la Pluie qui logeait au ciel. Attiré par cette musique tribale, le dieu bénit alors le peuple akha en leur accordant suffisamment de pluie pour leurs récoltes. Depuis lors, les femmes de la tribu revêtent de beaux costumes et célèbrent le festival peu la saison des récoltes, espérant que la pluie vienne en suffisance.

La légende sur laquelle repose le Festival Akha de la Balançoire
Fabuleux peuple akha © Facebook – Yochika Photographer (source)

Construction de la balançoire – Un rituel sacré

Une balançoire aux proportions gigantesques © Facebook – มนัสพรถาวรทรัพย์

Chaque année, au sein même du village, une nouvelle grande balançoire est construite à l’occasion du festival, sous la direction du chef du village, très respecté, appelé dzoeuh mah. Les villages sans chef spirituel ne peuvent pas construire de balançoire. Tout d’abord, la balançoire de l’année dernière doit être démontée, quatre longs poteaux sont coupés dans la jungle environnante et deux nouveaux trous de poteaux sont creusés. La nouvelle escarpolette doit utiliser deux des trous de la balançoire de l’année précédente. Tous les participants doivent être vigilants avec leur ombre; la balançoire doit se trouver à un endroit où aucune ombre de maison ne la traverse et les travailleurs qui creusent ne peuvent pas laisser leur ombre passer sur les trous de poteaux.

Les poteaux une fois enfoncés dans la terre, ils forment alors un quadrangulaire d’environ quatre mètres de distance. À ce stade de la construction, une cérémonie est organisée, au cours de laquelle on demande aux esprits de la terre la permission de l’utiliser. Du whisky, du thé, du riz fermenté et des pièces de monnaie sont offerts pour apaiser les esprits de la terre et s’assurer contre tout incident fâcheux.

Les Akha croient que les esprits peuvent influencer à la fois leur vie quotidienne et la fortune des vivants à plus long terme. Par cette cérémonie sacrée et les réjouissances, festins, chants et danses qui y sont associés, les Akha montrent leur respect et leur gratitude envers leurs ancêtres qui, à leur tour, apportent bien-être, prospérité et abondance de récoltes à leurs descendants.

Une fois ce rite important terminé, les hommes grimpent au sommet des poteaux, qui sont ensuite fermement attachés avec des cordes, créant ce qui ressemble au squelette d’un énorme wigwam. Là, sous un lourd joug en bois, on ajoute au sommet de ce grand édifice une longueur de vigne forte et bien sûr tissée, qui fait office de pendule. Lorsque la balançoire géante sera terminée, le dzoeuh mah attachera une poignée de pierre, de vigne épineuse et d’herbe du diable au siège suspendu. La pierre représente la force et la stabilité, tandis que la vigne épineuse et l’herbe du diable sont destinées à améliorer la santé et la prospérité.


Déroulement du festival sur 4 jours

Chacun des quatre jours de cet événement annuel a sa propre signification. Le Centre culturel de la communauté Ban2  Jalae nous les dévoilent.

Premier jour. Connue sous le nom de cérémonie de l’ours jarre, les femmes akha – qui portent leur robes traditionnelles affublées d’un grand nombre d’ornements et ce, jusqu’à la fin du festival – vont chercher de l’eau dans un puits sacré qui servira au rite de E joo e saw. C’est là un rituel qui honore les ancêtres décédés de chaque famille; des brioches de riz collant au sésame noir, du poulet cuit à la vapeur, du vin de riz et du thé chaud sont alors offerts à l’autel ancestral. Il ne s’agit pas d’un riz usuel mais d’un riz collant cultivé dans un champ spécial; il est d’abord cuit à la vapeur puis pilonné dans un pilon en bois, appelé hor tong, jusqu’à l’obtention d’une masse collante. De petites graines de sésame noir appelées luuh seeh sont ajoutées, ainsi qu’un peu de sel; la pâte est ensuite façonnée en gâteaux qui sont offerts aux invités.

Les Thaïlandais nomment cette fête ประเพณีโล้ชิงช้าอ่าข่า ou plus simplement โล้ชิงช้าอ่าข่า (lo ching cha Akha) qui se traduit littéralement par se balancer (โล้, lo), balançoire (ชิงช้า, ching cha) et Akha (อ่าข่า, akha), nom de la tribu en question, donc se balancer sur une balançoire akha.

Deuxième jour. Connue sous le nom de dzoeuh mah, la journée commence par une réunion de tous les membres du village avec le dzoeuh mah qui désigne la personne à qui sera confiée la tâche de construire la fameuse balançoire. Aucun autre rite n’est organisé ce jour-là, à l’exception d’un contact avec les esprits de la terre pour demander la permission d’ériger la balançoire; une journée où aucun animal ne doit être tué. Une fois la balançoire terminée, le dzoeuh mah sera le premier à l’essayer et à donner son approbation. Ensuite de quoi, les villageois peuvent s’amuser avec l’imposante balançoire. La journée s’achève lorsque les familles ont fini de construire pour leurs enfants leur propre balançoire (err ler), beaucoup plus petite, en bambou.

Où les jeunes Akha font des rencontres © Facebook – กาแฟคั่วภูผาฮี้

Troisième jour ou wan lor da ar pew. C’est le grand jour du festival. Toutes les familles se réunissent pour préparer la nourriture de la fête. Les anciens du village mènent leur propre rite : ils bénissent les gens, ainsi que leurs invités, en augurant chance et bonheur pour l’année à venir. Une orgie de nourriture, de boisson, de chants et de danses est promise la journée durant, jusqu’à tard dans la nuit. L’air est alors rempli de rires et de clameurs alors que les participants essaient de se surpasser sur la balançoire, atteignant une hauteur vertigineuse (l’objet est parfois installé en bordure de falaises). Durant ce rituel aérien, les demoiselles chantent, crient et scandent des versets de poésie akha en espérant que les déités leur répondent… et accessoirement qu’un prétendant se manifeste.

Quatrième et dernier jour. Connu sous le nom de jar sar, c’est le dernier jour des festivités. À la tombée de la nuit – vers 18h – le dzoeuh mah, vêtu de sa robe de cérémonie, enlèvera la corde qui relie la grande balançoire qui ne sera dès lors plus utilisée. Les poteaux, eux, resteront en place. Après le repas du soir et l’enlèvement des objets sacrifiés, le festival touche à sa fin.

Vous l’aurez compris : en tant que touriste de passage, les jours à ne pas manquer sont les troisième et quatrième jours qui s’avèrent les plus festifs. Vous aurez alors la possibilité de voir exécutée une danse qui se caractérise par des pas saccadés que les femmes fécondes effectuent en couvrant leur corps et en agitant un éventail. Au début de chaque séquence, elles s’ébranlent en faisant face à l’est, puis elles opèrent un double mouvement de va-et-vient et de rotation dans le sens des aiguilles d’une montre. L’orientation initiale du mouvement est liée à la structuration de leur habitat : les portes principales des habitations font en effet face à l’est, où le soleil se lève, mais d’où proviennent aussi les principales pluies de mousson. Soleil et pluies dont la combinaison est, faut-il le rappeler, essentielle à la vie3. Un motif de leur habit – posè sèta ou « bouton-éventail » – évoque justement cette danse; il symbolise le chemin que parcourt les danseuses.

Voici encore quelques photos d’une précédente édition du festival. Un reportage vidéo vous donne à voir ce festival avec ses préparatifs mais le mieux est encore de le vivre sur place.


Lieux et dates des festivités

En vous rendant dans un village akha, vous verrez alors une porte qui en marque l’entrée. Elle a pour but d’indiquer la limite entre le monde des humains et celui des esprits. Censée protéger le village contre l’extérieur (brigands, animaux sauvages et maladies), vous éviterez soigneusement de la toucher.

C’est donc le chef spirituel du village qui fixe la date des célébrations, qui varient selon les communautés. Elle tombe normalement sur le 120e jour après que le village ait planté son riz. ATTENTION : les règles de cette cérémonie étant très strictes, un report des festivités n’est pas exclu (par exemple en cas de funérailles). Faites donc preuve de flexibilité en vous y rendant.

Fête populaire à Baan Pha Mee et Baan Pha Hee

Au fil des ans, les villages de Baan2 Pha Mee et Baan Pha Hee, distants de 8 km, tous deux à la lisière de la Birmanie, sont devenus les lieux qui accueillent le plus de touristes durant leur Festival de la Balançoire respectif (โล้ชิงช้าอาข่า ดอยผาหมี). Un site naguère visité par feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand (Rama IX), qui a œuvré afin d’améliorer le sort des minorités ethniques), devenu encore plus populaire depuis l’incident des douze enfants et leur entraîneur – surnommés les Sangliers sauvages – survenu en 2018 dans la grotte Tham Luang, située non loin. C’est l’endroit que nous vous conseillons si vous deviez assister à votre premier festival, notamment pour les nombreux logements proposés, pris d’assaut durant la fête (Phufa Zaje, une auberge parmi d’autres à Baan Pha Mee).

Cette année 2020 et ce pour les deux villages, les festivités commencent le mercredi 26 août pour se terminer le samedi 29 août 2020. Le 3e jour représente comme toujours l’acmé des célébrations. Rendez-vous vous est donc donné ce jour-là, vendredi 28 août 2020, dès 9h30 (cf. l’affiche ci-dessus).

En vous promenant dans le village de Baan Pha Hee, vous tomberez sans doute sur le café Phuphahee (กาแฟภูผาฮี้), un lieu qui vous offre un panorama inégalable. La preuve sur leur page Facebook. À moins que la spectaculaire vue du café Life Museum (สวนคุณปู่), se situant entre les deux villages, ne vous aura retenu (sa page Facebook). Les festivités sont aussi l’occasion de goûter à une nourriture typique (vous verrez alors que les Akha apprêtent merveilleusement les herbes sauvages).

Vue offerte par le café Life Museum à Baan Pha Mee © Facebook

Le village de Baan Pha Hee (ลานโล้ชิงช้าบ้านผาฮี้, ici) est précédé de celui de Baan Pha Mee (หมู่บ้านผาหมี, ). Tous deux organisent leur propre festival, généralement aux mêmes dates. Ils se trouvent au sud du district de Mae Sai, dans la province de Chiang Rai, à la frontière avec la Birmanie voisine. C’est par la route de montagne no 1149 que ces villages voisins se rejoignent, un tracé sur les crêtes que les motards ne pourront qu’apprécier. En continuant la route en direction du sud, vous atteindrez alors le Projet Royal du Doi Tung d’où la chaussée est de bien meilleure qualité.

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Et les autres villages akha

On vous l’a déjà dit, tous les villages disposant d’un dzoeuh mah, chef spirituel équivalent d’un chaman, organise leur Festival de la Balançoire, plus ou moins aux mêmes dates. L’Office du tourisme de Chiang Rai dispose généralement d’une liste des festivités, sans qu’elle soit forcément rendu publique. Si vous êtes du genre aventureux, vous privilégierez alors des villages akha un peu plus reculés.

L’Office du tourisme de Chiang Rai (TAT – Tourism Authority of Thailand) vous renseigne
➥ par téléphone : +66 53 717 433
➥ sur sa page Facebook.

Et c’est cet office qui nous a transmis la liste des célébrations locales4 que voici, tous les villages étant situés dans la province de Chiang Rai. Autre source possible (mais bien moins complète) : le média anglophone Chiang Rai Times (CTN News).

District de Mae Sai (อำเภอแม่สาย) :

  • Ban2 Pha Mee (บ้านผาหมี), Tambol Wiang Phang Kham (ตำบลเวียงพางคำ) : du 25 au 29 août 2020; GPS (20.3996822, 99.8479430), ici. C’est là l’un des deux villages décrits ci-dessus;
  • Ban Pha Hee (บ้านผาฮี้), Tambol Pong Ngam (ตำบลโป่งงาม) : du 26 au 29 août 2020; GPS (20.3511632, 99.8267856), ici. C’est là aussi l’un des deux villages décrits ci-dessus.

District de Mae Fa Luang (อำเภอแม่ฟ้าหลวง) :

  • Ban Mae Toe (บ้านแม่เต๋อ), Tambol Mae Salong Nok (ตำบลแม่สลองนอก) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.1752434, 99.6123337), ici;
  • Mae Chan Luang (แม่จันหลวง), Tambol Mae Salong Nok (ตำบลแม่สลองนอก) : du 26 au 28 août 2020; GPS (20.1777201, 99.5944420), ici;
  • Pa Kha Suk Jai (ป่าคาสุขใจ), Tambol Mae Salong Nok (ตำบลแม่สลองนอก) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.1331036, 99.6347255), ici;
  • Ban A Bae (บ้านอาแบ), Tambol Mae Salong Nok (ตำบลแม่สลองนอก) : du 6 au 9 septembre 2020; GPS (20.1251842, 99.6855992), ici;
  • Ban Thu Mo A-Ne (บ้านทูหมออาเน), Tambol Thoed Thai (ตำบลเทอดไทย) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.2407228, 99.7125280), ici;
  • Phaya Phrai Lao Ma (พญาไพรเล่ามา), Tambol Thoed Thai (ตำบลเทอดไทย) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.3190899, 99.6043639), ici;
  • Phaya Phrai Li Thu (พญาไพรลีถู่), Tambol Thoed Thai (ตำบลเทอดไทย) : du 25 au 28 août 2920; GPS (20.3222079, 99.5980603), ici;
  • Ban Mae Mo Lao Wang (บ้านแม่หม้อเล่าวาง), Tambol Thoed Thai (ตำบลเทอดไทย) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.3283761, 99.6340505), ici;
  • Ban Saen Chai (บ้านแสนใจใหม่), Tambol Mae Salong Nai (ตำบลแม่สลองใน) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.2049808, 99.7537669), ici;
  • Ban Saen Chai Phattana (บ้านแสนใจพัฒนา), Tambol Mae Salong Nai (ตำบลแม่สลองใน) : du 25 au 28 août 2020; GPS (20.2230919, 99.7704982), ici;
  • Ban Sam Yaek Akha (บ้านสามแยกอ่าข่า) : la date n’a pas été fixée ou communiquée. Ce village, dans le district de Mae Fa Luang, réunit plusieurs communautés akha de Mae Salong et est fort apprécié par ceux qui s’y rendent, précisément ici (จุดชมวิวแม่สลองใน), sur l’esplanade Phra Siam Thewathirat, GPS (20.1650671, 99.7088285). Il se trouve sur la route 1130, à l’ouest des fameuses plantations de thé Choui Fong.

Fête aussi à Ban Lo Yo (voir ci-dessous, en fin d’article). Par ailleurs, le village de Pa Kluay (ป่ากล้วย, ici), là-même où se situe le projet royal Doi Tung, organise lui aussi son festival de la balançoire mais cette année, la date nous est inconnue. Même inconnue pour ce qui est du village de Huay Yuak Pa So dans ce même district de Mae Fa Luang.

Le district de Mae Fa Luang recèle encore un village connu dans le monde entier pour avoir hébergé un temps l’homme le plus recherché du monde… Il s’agit de Ban Hin Taek. On vous en parle ci-dessous.

District Mae Chan (อำเภอแม่จัน) :

  • Ban Cho Pa Kha (บ้านจอป่าคา), Tambol Mae Chan (ตำบลแม่จัน) : du 6 au 9 septembre 2020; GPS (20.1318812, 99.9087034), ici;
  • Ban Huai Rai (บ้านห้วยไร่), Tambol Mae Rai (ตำบลแม่ไร่) : du 14 au 16 août 2020; GPS (20.2742195, 99.8257950), ici;
  • Ban Saen Suk (บ้านแสนสุข), Tambol Mae Chan (ตำบลแม่จัน) : du 6 au 9 septembre 2020; GPS (20.1880089, 99.7668812), ici;
  • Rai San Sao Doi (ไร่สีสันซาวดอย, Maesalong Farm), Tambol Pa Sang (ตำบลป่าซาง) : le 12 septembre 2020 (date du spectacle); GPS (20.1748032, 99.7650697), ici.

District de Mae Suai (อำเภอแม่สรวย) : à Ban Mae Chan Tai (บ้านแม่จันใต้), Tambol Tha Ko (ตำบลท่าก๊อ) : du 25 au 28 août 2020; GPS (19.4811567, 99.3227383), ici.

District de Mueang Chiang Rai (อำเภอเมืองเชียงราย, autour de la ville même de Chiang Rai) :

  • Ban Rom Yen (บ้านร่มเย็น), Huai Mae Liam (ห้วยแม่เลี่ยม) : du 25 au 28 août 2020; GPS (19.9157630, 99.6142052), ici;
  • Ban Pang Khon (บ้านปางขอน), Kam Jo (กำจ่อ) : du 25 au 28 août 2020; GPS (19.8997251, 99.6187465), ici;
  • Ban Sri Wichian (บ้านศรีวิเชียร), Tambol Tha Sut (ตำบลท่าสุด) : du 14 au 16 août 2020 (compétitions sportives); GPS (20.0651674, 99.8921203), ici;
  • Festival Akha Dae Khong (งานอ่าข่าแดข่อง, Athu Akhahome) : le 23 août 2020; GPS (19.9421457, 99.8271552), ici.

Pas de date communiquée pour le village Ban Pha Soet Phatthana dans ce district de Mueng Chiang Rai (ici).

Il y a encore d’autres villages organisant le Festival de la Balançoire, notamment au-delà de Mae Salong, dans le district de Chiang Saen (par exemple à Doi Sa Ngo, paisible village du Triangle d’Or), ou encore quelques-uns dans les provinces voisines, Chiang Mai et Phayao.

Comment s’y rendre

Si vous regardez sur une carte les lieux où se situent ces divers villages akha, vous n’aurez nulle peine à imaginer le souci qui sera le vôtre pour y accéder par des moyens de transports publics. Lorsqu’il y en a ! C’est pourquoi l’idéal bien sûr est de s’y rendre à l’aide de votre propre véhicule. Suivant la destination choisie, un 4×4 est parfois recommandé; les motards prendront leur pied en parcourant les routes montagneuses de la province de Chiang Rai.

Autre solution : vous faire accompagner. Jean-Baptiste, ethnologue et patron d’Indochina Trails, est sans doute l’un des plus fins connaisseurs de la région. Vivant en Thaïlande depuis belle lurette, il en maîtrise la langue, tant orale qu’écrite, entre autres langues d’Asie du Sud-Est. C’est l’homme qui vous fera connaître les villages les plus reculés des montagnes du nord thaïlandais, que ce soit en moto ou en 4×4. Ses circuits sont pour le moins originaux. À défaut, Mlle Toto, gérante de notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour, aura plaisir à vous accompagner; guide thaïlandaise licenciée pour le nord thaïlandais, vous n’oublierez pas de sitôt son sourire 😄

Et si vous avez l’occasion de venir dans la région du Triangle d’Or, n’hésitez pas à profiter des autres attractions touristiques de la région. On vous donne d’ailleurs tous les détails pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai.

NOS ARTICLES SUR CHIANG RAI, LA PETITE SŒUR DE CHIANG MAI :

▶︎ Comment rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai
▶︎ La splendeur du Temple Blanc (magnifiée par un festival nocturne)
▶︎ Le parc Singha et sa Balloon Fiesta, le Festival des Montgolfières
▶︎ Festivités du Songkran au nord de la Thaïlande (où l’on aime l’eau)
▶︎ Triangle d’Or. Dormir à la belle étoile sous une bulle, au pied des éléphants
▶︎ Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité fêté à Chiang Rai


Ban Hin Taek, village akha d’un baron de la drogue

Bien que ses habitants continuent d’appeler leur village Ban Hin Taek (บ้านหินแตก), termes signifiant « Le village de la roche cassée », The Village of Broken Stone en anglais, la rivière Mae Kham ayant fragmenté une roche à cet endroit), les autorités l’ont officiellement renommé Ban Thoet Thai (ou Ban Therd Thai, บ้านเทอดไทย) qu’on traduira par le « Village qui honore la Thaïlande ». L’on dit que c’est la première implantation des Akha en terres siamoises. Les anthropologues estiment en effet qu’il s’agit du premier village Akha de Thaïlande, fondé en 1903 lorsque les Akha sont entrés au Siam en provenance des États Shan les plus à l’est de la Birmanie voisine.

Au cœur du fameux Triangle d’Or, le village doit sa notoriété à feu Khun Sa, baron de la drogue, de son vrai nom Chang Si-Fu. Pour les habitants de Ban Hin Taek, ce fut un bienfaiteur, construisant des centres de santé, des écoles (ce fut le principal soutien de l’école chinoise de Da Tong), de même que le réseau d’eau. Duangdee Khemmawongse, le chef du village de Ban Hin Taek, se souvient : « Khun Sa est venu vivre à Ban Hin Taek à la fin de 1964, alors qu’il avait environ 30 ans, et il est parti un an plus tard. En 1976, il est revenu avec sa femme et ses enfants. » Khun Sa se désignait comme le libérateur du peuple shan, plaidant pour un État Shan séparé au sein de la Birmanie. Le commerce de l’opium lui a permis d’entretenir une armée qui a compté jusqu’à 20 000 hommes. L’empire de la drogue de Khun Sa a continué à se développer jusqu’au début des années 1980, lorsque l’administration américaine de lutte contre la drogue (DEA) a estimé que « 70% de l’héroïne consommée aux Etats-Unis provenait de son organisation ». La DEA a donc décidé d’agir. Les changements politiques au sein du gouvernement thaïlandais ont précipité la chute de Khun Sa qui a négocié son retrait à Rangoon, où il est mort le 26 octobre 2007.

Arte dresse un portrait du narcotrafiquant Khun Sa, « roi de l’opium » et leader du peuple Shan. Vous pouvez également visionner le clin d’œil de Thomas Chauvineau jusqu’au 12 avril 2021 : Khun Sa, seigneur de l’opium. Wikipédia, comme toujours, vous permet d’en savoir plus (la version anglaise est plus fournie).

De nos jours, Ban Hin Taek est un bourg comptant plus de 3 000 âmes, composé principalement de Akha, la minorité prédominante fondatrice du village, mais aussi des résidents d’autres origines ethniques, dont les Shan, les Yunnanais, les Lisu, les Hmong ou encore les Lahu. Vous y entendrez parler le yunnanais à un coin de rue et l’akha au suivant; l’on peut même entendre parler le thaï avec un accent chinois. Indépendamment du commerce de la drogue – illégal, rappelons-le – le village doit sa prospérité au commerce agricole (tomates, maïs, oignons, ail, pommes de terre…) et au commerce transfrontalier, légal s’entend.

Les maisons de Ban Hin Taek ne sont pas construites dans un style akha mais montrent plutôt des signes d’influence yunnanaise : elles sont construites en torchis et en boue sur un sol solide au lieu des maisons sur pilotis que l’on trouve couramment dans la région. Vous y verrez aussi des lieux de culte très divers : deux temples bouddhistes thaïlandais bien sûr (les wat) mais aussi une mosquée, un grand temple chinois, de même que diverses églises chrétiennes (les évangéliques sont actifs ici au nord, qu’ils soient américains ou asiatiques). Ban Hin Taek offre une diversité culturelle réjouissante. En vous rendant au marché – allez-y tôt, réchauffé par les rayons du soleil – vous pourrez alors vous rendre compte de la multiethnicité du lieu.

Vous ne croiserez pas beaucoup de touriste à Ban Hin Taek. D’ailleurs, son surnom est Ban Lap Lay (le village caché) ! Sur place, la maison de Khun Sa a été transformée en musée. Par ailleurs, vous pourrez visiter les champs d’un producteur de thé. Depuis Ban Hin Taek, il est possible de voir le sommet du Doi Tung, une montagne culminant à 1322 mètres. En parcourant l’étroite route vers l’ouest, vous atteindrez alors en une heure de voiture le Doi Hua Mae Kham, extrémité frontalière qui vous permet d’admirer de magnifiques panoramas que constituent les montagnes birmanes.

Wikipédia vous en apprendra plus sur l’histoire mouvementée du village ces dernières décennies (c’est en anglais). Quant au magazine anglophone de Chiang Mai Citylife, il vous donne des informations pratiques pour y séjourner.


Les Akha, une ethnie minoritaire

Tribu Akha © Facebook – TAT Photograph Section

Les Akha (en thaï : อ่าข่า) sont l’une des minorités ethniques montagnardes les plus petites, les plus pauvres et les moins développées d’Asie du Sud-Est bien que parmi les plus connues des touristes. Les femmes Akha sont célèbres pour leurs beaux costumes traditionnels, très élaborés et on ne peut plus distinctifs. Notez qu’en Chine les Akha sont appelés Hani.

Les Akha ne vivent pas seulement dans le nord de la Thaïlande mais aussi dans le nord du Laos, l’ouest de la Birmanie, le nord du Vietnam et le sud de la Chine (selon un recensement de 1990, ils étaient 1 254 000 dans ce pays). Les chiffres dans les autres pays sont sommaires. D’après certaines estimations, il y en aurait 180 000 au Myanmar, 59 000 au Laos, 10 000 au Vietnam et 40 000 en Thaïlande (une source plus récente les estime à près de 100 000 de nos jours). On les trouve surtout dans les zones montagneuses entre le fleuve Rouge et le Mékong. Beaucoup vivent dans la région du Triangle d’Or (Thaïlande, Myanmar et Laos).

L’ethnie akha est composée de plusieurs sous-groupes ethniques et d’autres groupes associés à des clans et des lignées. Les différents sous-groupes ethniques au sein du groupe akha principal ne se mélangent pas entre les villages et les langues diffèrent considérablement entre eux.

Les Akha sont traditionnellement des agriculteurs semi-nomades pratiquant la culture sur brûlis. Dans certains endroits, ils sont impliqués dans le commerce de l’opium mais n’y sont généralement pas associés autant que d’autres groupes. Les Akha sont détestés par les autres tribus des collines thaïlandaises et birmanes qui les considèrent comme sales, ignorants et violents. Le taux de dépendance à l’opium est très élevé chez les Akha (particulièrement au Laos).

L’histoire des Akha est faite d’une longue migration nord-sud commencée au Tibet aux XVIe et XVIIe siècles (les plus anciens disent qu’elle remonte à plus de 55 générations). On dit qu’ils ont échappé aux rébellions politiques et aux malandrins chinois qui volaient le bétail et pillaient les villages. La plupart des Akha de Thaïlande sont arrivés après la Seconde Guerre mondiale en provenance des États du nord de la Birmanie, politiquement instables.

Petit lexique akha
Bonjour : u du tha ma (en prononçant, en français ou dou tha ma)
Merci : gue long gue ma (gu long gu ma)
Au revoir : u le ma de (ou lé ma deu)

La langue et l’écriture akha. Les Akha parlent une langue tibéto-birmane similaire aux langues parlées par les Lisu et les Lahu. Il s’agit d’une langue tonale sino-tibétaine; il existe plusieurs dialectes. Certains sont si différents qu’ils ne peuvent pas être compris par les autres Akha. De nombreux mots ont été empruntés au thaï, au chinois et à d’autres langues locales. Les Akha n’ont traditionnellement pas de langue écrite mais leur transmission orale est très performante. Après 1949, le gouvernement communiste chinois leur en a donné une; de leur côté, les Thaïlandais et les missionnaires chrétiens ont développé des scripts basés sur le thaï et sur l’alphabet latin.

Les Akha sont à l’aise dans la nature © Facebook – Akha Handmade

Chaque enfant reçoit un nom généalogique dans lequel la première syllabe provient du nom du père et la deuxième syllabe est ajoutée. Tout Akha accorde une grande importance à la « voie Akha » (Akha Way), un système de croyances compliqué qui implique, entre autres, la mémorisation et la récitation de mythes oraux et de noms d’ancêtres masculins. Ainsi, le code Akhazan régit leur vie quotidienne et est transmis oralement d’une génération à l’autre pour assurer la pérennité de leurs traditions. Dès lors, les comportements, attitudes et activités quotidiennes sont conditionnés par leurs croyances akha et des codes complexes.

Le peuple akha fait preuve d’un grand respect pour les êtres humains et les ressources naturelles, tous sous la garde d’un esprit protecteur. La naissance de jumeaux ou d’enfants malformés ou la mort d’une personne en dehors des limites du village sont considérées comme honteuses car on pense qu’elles sont voulues par des esprits mauvais.

Traditionnellement, la religion akha peut être décrite comme un polythéisme : de l’animisme combiné avec le culte des ancêtres. Mais depuis quelques décennies, les missionnaires tant protestants que catholiques ont été très actifs dans les villages akha. De sorte qu’un grand nombre d’Akha se sont convertis au christianisme. Dans de nombreux cas, des villages entiers sont devenus chrétiens, abandonnant de nombreuses croyances religieuses traditionnelles.

En Thaïlande, tout comme les Lahu, les Akha se sont installés dans des endroits accessibles aux touristes. Il faut savoir que de nombreux prostitués en Thaïlande sont issus de minorités ethniques. Dans certains cas, ils sont vendus par leurs parents pour des sommes ridicules.

Une semaine Akha dure 12 jours; pour chaque activité du village, il y a des jours favorables et des jours défavorables. Il y a également une sélection en fonction du jour de la semaine, du mois et de la période de l’année.

Visite royale de Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand, Rama IX, à Doi Pha Mee le 11 janvier 1970

Les règles complexes des Akha ont survécu à leur longue histoire migratoire et leurs croyances dominent toujours leur mode de vie. Les traditions des Akha représentent la caractéristique principale de ce groupe ethnique particulier – elles méritent d’être profondément respectées, surtout à la lumière des changements et du développement que les Akha connaissent et dont ils dépendent de plus en plus, le tourisme en faisant partie.

Les informations ci-dessus relatives au peuple akha proviennent du site de référence Facts and Details (que nous remercions au passage). En le consultant, vous en apprendrez bien plus sur l’organisation de la société akha, notamment leurs esprits et dieux, leur mythe de la création, leurs croyances populaires, leurs funérailles et leurs mariages, leurs costumes ou encore d’autres festivals que celui de la balançoire. Tout cela en anglais cependant.

Si vous avez l’occasion de côtoyer des Akha ou de visiter un de leurs villages, vous pourrez alors acquérir des produits akha aux motifs caractéristiques dont la mode sait s’emparer.

L’Office du tourisme thaïlandais, à travers son site Thailand Village Academy, vous présente, en anglais, ce à quoi peut ressembler un séjour – très actif – dans une communauté akha, en l’occurrence celle du village de Lo Yo, à 2000 mètres d’altitude, sur les hauteurs du Doi Mae Salong (un village qui fête lui aussi sont Festival de la Balançoire).

Amae Amowr, guide Akha

Puisque nous nous trouvons avec les Akha dans la région de Chiang Rai, difficile de ne pas vous conseiller les treks proposés par Amae Amowr (oui, Amour). C’est un guide que nous recommandons fortement. Il est lui-même Akha et vous initiera aux secrets de la jungle, vous accueillant dans son village. Notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour, vous présentera bientôt en langue française ses prestations. En attendant, jetez un œil à sa page Facebook, à ses services de guide et au musée Akha qu’il a créé.

Nos articles en lien avec les minorités ethniques présentes en Thaïlande :
Le musée tribal de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale, un article qui vous présente brièvement toutes ces minorités ethniques;
9 août – Journée internationale des Populations Autochtones du monde;
Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité
29 juillet, Journée nationale du Thaï, la langue officielle de la Thaïlande
Commémoration de l’anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej, grand défenseur des minorités ethniques de son royaume.

Si donc vous avez l’occasion de visiter le nord de la Thaïlande à cette période – fin août à mi-septembre – ne manquez pas de vous renseigner quant à ces Festivals de la Balançoire organisés là où vivent des Akha, particulièrement dans la province de Chiang Rai (et dans une moindre mesure celle de Chiang Mai). Une période de réjouissances et de célébrations qui vous laisseront un magnifique souvenir.


1 La fête athénienne de l’Aiora et le Symbolisme de la balançoire, un article de Jean Hani paru dans la Revue des Études Grecques (1978)
2 Le terme thaï บ้าน (ban), qui a plusieurs acceptions (maison, foyer, lieu, village), devrait s’écrire ban selon le RTGS – Système général royal de transcription du thaï. Pour une question pratique, nous avons cependant retenu la translittération la plus usitée, à savoir baan, qu’on retrouve souvent utilisée sur Google Maps.
3 Article de Bernard Formoso, Costumes, espaces protégés et « signature ethnique ». Le cas des Hani-Akha du Yunnan (R.P. de Chine) , paru dans Arts Asiatiques (2004)
4 Nous remercions ici Mlle Toto, gérante du Swiss-Lanna Tour, pour l’obtention de cette liste et Jean-Baptiste, d’Indochina Trails, qui a procédé à sa traduction et nous a donné quelques informations reproduites ici, notamment la photo de S.M. le roi Bhumibol et le petit lexique akha. Tous deux pourront vous accompagner au Festival de la Balançoire et plus généralement dans le nord thaïlandais (voir ci-dessus).

Sources éditoriales autres que celles mentionnées :
The Akha Swing Festival Thailand, par Josh, d’Asia Backpackers BLOG for Inspire
Akha celebrate life and fertility with annual Swing Festival, un article du Chiang Rai Times (CTN News)

Source de l’image à la une © Facebook – Amazing Thailand
Article composé le 28.08.2020 et mis à jour le 21.08.2024

Et la ville la plus polluée de Thaïlande est…

Tout le monde vous répondra en chœur : Chiang Mai. Et bien « tout le monde » se trompe puisque la Rose du Nord ne vient qu’en 16e position au classement des villes les plus polluées du royaume ! Analysons donc brièvement cet insane palmarès1.

On vous parle aujourd’hui de pollution, et seulement de pollution de l’air, en nous basant sur les données des particules fines, les fameux PM2,5. Dressant le portrait de la Thaïlande polluée au sein d’un monde pollué, nous nous attarderons ensuite sur la pollution des villes siamoises en vous donnant quelques éléments techniques en fin d’article. Occasion de vous rappeler que la pollution de l’air constitue le risque environnemental le plus pressant pour la santé de la population mondiale (des estimations imputent près de 7 millions de décès prématurés par an à la pollution atmosphérique). Une pollution qui peut certes incommoder le touriste de passage mais qui a un effet délétère sur la population qui la subit au quotidien.

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La Thaïlande, un pays pollué ?

Avant de nous pencher sur les villes les plus polluées de Thaïlande, découvrons ce qu’il en est du pays tout entier, comparé aux nations du globe. Il s’agit du classement IQAir par concentration moyenne de PM2,5 (μg/m3, voir ci-dessous), pondérée par la population. La Thaïlande n’est pas l’Inde, sous-continent où sont concentrées 6 des 10 villes les plus polluées du monde ! Sur 98 pays classés en 2019, la Thaïlande se situe au 28e rang mondial des pays les plus pollués. Il y a donc 27 pays qui sont plus pollués qu’elle (et par conséquent 70 pays qui offrent une pollution de l’air moindre).

Carte mondiale de l’exposition estimée aux PM2,5 par pays en 2019 © IQAir

Comme vous le montre la carte mondiale ci-dessus, comparée aux pays européens, la Thaïlande dans son ensemble est un pays beaucoup plus pollué. En revanche, en comparaison asiatique, elle s’en tire plutôt bien (si l’on peut s’exprimer ainsi). En utilisant une moyenne pondérée de la population, les 5 pays les plus pollués au monde – tous asiatiques – sont, dans l’ordre, le Bangladesh et ses 166 millions d’habitants (avec une concentration de PM2,5 de 83 μg/m3, dans le rouge), le Pakistan, la Mongolie, l’Afghanistan et l’Inde où ses 1,3 milliards d’habitants doivent supporter une concentration de 58 μg/m3, dans le rouge elle aussi !

😷 91% de la population mondiale vit dans des zones où la pollution de l’air dépasse les limites fixées par l’OMS !

Sur la base des données de l’année 2019, la Thaïlande est donc au 28e rang mondial des pays les plus pollués avec une concentration de PM2,5 de 24 μg/m3 en moyenne annuelle, un nombre qui se situe dans le jaune (il correspond à un indice de la qualité de l’air (IQA, AQI en anglais) de 76). Pour le dire autrement, la concentration en particules PM2,5 en Thaïlande était plus de deux fois au-dessus des recommandations d’exposition de l’OMS (10 μg/m3 au maximum). L’année précédente, en 2018 donc, la concentration était supérieure, 26 μg/m3 en moyenne. L’on doit donc noter une très légère amélioration mais sans vraiment s’en réjouir.

Et les pays de l’ASEAN ?

Les 30 villes les plus polluées du monde en 2019 se trouvent toutes en Asie. À l’échelle régionale, l’Asie du Sud-Est fait partie des régions les plus touchées par la pollution par les particules fines (PM2,5).

Si l’on compare le classement des pays de l’ASEAN, la Thaïlande fait mieux que l’Indonésie (6e rang mondial avec une concentration de 52 μg/m3), le Vietnam (15e rang mondial avec 34 μg/m3) et le Myanmar (20e rang mondial avec 31 μg/m3). En revanche, le Pays du Sourire est plus pollué que le Laos (34e rang mondial avec 23 μg/m3), le Cambodge (41e rang mondial avec 21 μg/m3), la Malaisie (50e rang mondial avec 19 μg/m3), Singapour (52e rang mondial avec 19 μg/m3 également) et les Philippines, pays le moins pollué de la région (57e rang mondial avec 17 μg/m3). Notez que l’ensemble de ces pays est dans le jaune, exception faite de l’Indonésie, pays le plus pollué de l’ASEAN qui, avec sa concentration de 52 μg/m3, est dans l’orange.

En 2019, seules 3,2 % des villes régionales du Sud-Est asiatique ont atteint l’objectif de l’OMS en matière de PM2,5. La ville la moins polluée de la région est Calamba, aux Philippines (avec une concentration de 4 μg/m3 seulement). Et c’est Tangerang du Sud, une ville d’Indonésie située à moins de 20 km à l’ouest de Jakarta, la capitale, qui détient la palme peu enviable de la ville la plus polluée d’Asie du Sud-Est; sa concentration de PM2,5, dans le rouge, a été de 81 μg/m3 en moyenne.

La carte résume visuellement la situation au niveau mondial. Anecdotiquement, sachez que les 385 000 habitants des Bahamas sont ceux qui respirent l’air le moins pollué de la planète, avec une concentration de PM2,5 qui est dans le vert, à seulement 14 μg/m3.

Ci-dessus, le tableau de l’indice de la qualité de l’air selon l’IQA US. À ne pas confondre avec la concentrations de particules PM2,5 exprimée en micron-grammes (μg) par m3 :

PROGRÈS. Le gouvernement thaïlandais a mis en place un important réseau de stations de surveillance de la qualité de l’air, ajoutant 15 nouvelles stations en 2019. Cependant, la majorité (76 %) des stations de surveillance à l’échelle nationale sont fournies par des organismes non gouvernementaux. En dehors des États-Unis, il s’agit du plus grand réseau de stations de surveillance à faible coût financées par la communauté. La publication et l’engagement autour de ces données ont contribué à susciter un dialogue national sur la qualité de l’air et à sensibiliser le public à cette question.

DÉFIS. Une grande partie de la pollution de l’air en Thaïlande est saisonnière, la pollution atteignant son maximum pendant la saison sèche, de décembre à avril. Les principales sources d’émissions dans les zones métropolitaines telles que Bangkok comprennent les transports, les usines et la construction inefficaces et alimentés au diesel, de même que les impacts saisonniers des provinces et pays voisins, tandis que les régions agricoles sont plus exposées à la pollution provenant de l’agriculture à ciel ouvert et de la combustion des déchets. La Thaïlande a connu plusieurs épisodes de pollution de l’air très médiatisés en 2019. En janvier, des centaines d’écoles ont été fermées à Bangkok pour limiter l’exposition à l’air pollué. En mars et avril, la région nord a connu une intense pollution de l’air, notamment à Chiang Mai et alentour.

En dehors de la pollution de l’air, la Thaïlande, qui est passée en quelques décennies du stade de pays en développement (on parlait naguère du tiers monde) à celui de pays émergent, n’est pas un parangon de vertu en matière de lutte contre la pollution en général. Songeons ici à la situation, dramatique elle aussi, de la pollution des eaux par les déchets en plastique…

En direct, la qualité de l’air en Thaïlande avec IQAir

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Nakhon Ratchasima, la ville la plus polluée de Thaïlande !

Commençons par vous dévoiler la ville la moins polluée de Thaïlande. Beaucoup seront étonnés d’apprendre qu’il s’agit de… Phuket (ภูเก็ต), sur l’île éponyme. Un étonnement que ne partagent pas les insulaires qui profitent donc du meilleur air de Thaïlande (ou plus précisément de l’air le moins pollué avec seulement 11 μg/m3 de PM2,5 (soit un IQA de seulement 47, dans le vert donc).

En arrivant dans la capitale, Bangkok, beaucoup de touristes la prennent pour la ville la plus polluée de Thaïlande. Il est vrai que la circulation débridée de cette immense agglomération pourrait le laisser croire mais il n’en est rien. Krungthep, comme la nomment les Thaïlandais, ne se situe qu’au 48e rang national des villes les plus polluées, avec une concentration de PM2,5 moyenne de 23 µg/m³, indice jaune donc. Au niveau mondial, ce n’est que la 737e ville la plus polluée (33e si l’on ne tient compte que des capitales). En revanche, elle subit elle aussi le drame des brûlis quelques jours – voire semaines – par an, principalement les fumées provenant du Cambodge voisin en janvier (cf. le second tableau ci-dessous).

Des données auxquelles l’on peut se fier puisque Bangkok dispose de la plus forte densité de stations PM2,5 de toutes les villes, avec 160 stations de mesure. Par ailleurs, c’est la ville qui compte le plus grand nombre de stations PM2,5 publiques au monde. En même temps, la moyenne annuelle de PM2,5 de la ville s’est progressivement améliorée au cours des trois dernières années. Malgré ces améliorations, la moyenne annuelle de PM2,5 à Bangkok reste plus de quatre fois supérieure à l’objectif de l’OMS.

Alors, quelle est donc la ville la plus polluée de Thaïlande ? Le sous-titre vous l’a déjà dévoilé : la ville la plus polluée de Thaïlande est Nakhon Ratchasima (นครราชสีมา), chef-lieu de la province de Nakhon Ratchasima. Une agglomération communément appelée Korat (โคราช) qui se trouve dans l’Isan, le nord-est thaïlandais, grenier à riz du pays et la région la moins riche (la plus pauvre diront certains), précisément ici. Sa concentration de PM2,5 a été de 42 μg/m3 en moyenne durant l’année 2019 (soit un IQA US de 117, de couleur orange). Ce qui la place non seulement au 1er rang national mais également au 8e rang des villes les plus polluées du Sud-Est Asiatique ! La situation n’est globalement pas bonne de janvier à avril avec deux mois en rouge, février et mars (qui sont des mois pollués dans une bonne partie de la Thaïlande, on vous dit pourquoi ci-dessous).

Voyons maintenant le Top 10 des villes les plus polluées de Thaïlande :

Le Top 5 des villes les plus polluées du royaume est donc constitué par Korat (Nakhon Ratchasima), suivie de Saraphi (สารภี), ville au sud de Chiang Mai, et Pai (ปาย), dans les montagnes de la province septentrionale de Mae Hong Son, à 3h de route de Chiang Mai. Quatrième ville la plus polluée de Thaïlande, Hang Dong (หางดง), au sud de la Rose du Nord, suivie, en 5e position, de Chiang Rai (เชียงราย), historiquement la petite sœur de Chiang Mai.

L’indice est orange en moyenne annuelle dans les 8 premières villes, ce qui se traduit par un air mauvais pour les personnes sensibles (grand public et personnes sensibles fortement exposées, risquant de ressentir des irritations et des problèmes respiratoires). Ce n’est qu’à partir du 9e rang, avec la ville de Mae Hong Son, chef-lieu de la province éponyme, que l’indice passe au jaune, se traduisant par un air de qualité moyenne (où les personnes sensibles peuvent éprouver des problèmes respiratoires et doivent donc éviter les activités en plein air).

Autre dramatique constat que démontre le classement national : toute les grandes villes du nord thaïlandais figurent hélas dans le Top 20 des villes les plus polluées, dans l’ordre : Chiang Rai, Lamphun, Mae Hong Son, Lampang, Chiang Mai, Phrae et Nan ! Seule Phayao – connue par son joli lac – se démarque avec une concentration de PM2,5 moyenne de 18 µg/m³, indice jaune, ce qui la place au 60e rang national des villes siamoises les plus polluées (mais c’est là sans nul doute une anomalie puisqu’aucun relevé ne figure pour les mois critiques).

Le tableau ci-dessus permet de vous rendre compte de la moyenne mensuelle de la pollution de l’air tout au long de l’année. Sans surprise c’est la période entre février (parfois janvier) et avril qui est la plus polluée généralement dans les villes thaïlandaises. On rappelle cependant que ces moyennes mensuelles sont surtout graves pour les personnes qui vivent à l’année dans ces régions – et donc beaucoup moins pour les touristes de passage deux ou trois jours.

En résumé :
➥ La Thaïlande se situe au 28e rang mondial des pays les plus pollués
➥ La ville la plus saine est Phuket
➥ Et le Top 5 des villes les plus polluées du royaume est constitué de Nakhon Ratchasima (Korat), Saraphi, Pai, Hang Dong et Chiang Rai

Mais où diable se situe Chiang Mai alors ?

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Et donc Chiang Mai n’est pas la ville la plus polluée de Thaïlande ?

© Facebook – Chiang Mai Breathe Council qui est une force de proposition issue de la société civile afin d’améliorer l’air de la Rose du Nord

Et bien non, n’en déplaise à ceux qui l’écrivent benoîtement. On vous l’a déjà dit, Chiang Mai ne vient qu’en 16e position au classement des villes les plus polluées du royaume (on ne parle ici que de pollution de l’air, rappelons-le); sa concentration de PM2,5 a été de 32 μg/m3 en moyenne durant l’année 2019 (soit un indice de couleur jaune). C’est dire qu’il y a quinze villes plus polluées que la Rose du Nord ! Notamment Pai, Chiang Rai, Lamphun, Mae Hong Son, comme on l’a vu ci-dessus, mais également Lampang, pour les plus connues d’entre elles. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’il n’y a que peu d’industries à Chiang Mai.

Pourquoi donc Chiang Mai est systématiquement citée comme la ville la plue polluée du monde ? Cela tient à plusieurs facteurs. Le principal est que Chiang Mai, durant la saison des brûlis – entre mi-février et mi-avril, et uniquement durant cette période – atteint des pics de pollution et figure alors en tête du classement en direct IQAir des villes les plus polluées au monde. Cela fait régulièrement le titre des journaux et autres médias sur internet, une information largement partagée via les réseaux sociaux. Évidemment, au mois de juin, personne ne met plus l’accent sur l’indice de la qualité de l’air de Chiang Mai puisqu’à ce moment-là, la ville répond aux recommandations d’exposition de l’OMS (qui sont de 10 μg/m3 au maximum, rappelons-le). Plusieurs raisons expliquent que les villes thaïlandaises plus polluées que Chiang Mai durant cette période ne figurent pas dans dit classement. C’est par exemple le cas tant de Mae Hong Son, de Pai ou encore de Chiang Rai, des villes qui sont plus polluées que Chiang Mai durant les sinistres mois de mars et avril (encore plus cette année 2020, hélas, trois fois hélas). Leur faible nombre d’habitants leur permet de passer sous le radar.

La pratique annuelle des brûlis à ciel ouvert est couramment utilisée dans les zones agricoles pour défricher des terres en vue de la culture la saison suivante. Si cet essartage est bénéfique pour les agriculteurs, nécessitant peu de ressources et éliminant rapidement les déchets agricoles, le brûlage à ciel ouvert entraîne une pollution atmosphérique de grande ampleur, qui dure des semaines, voire des mois. Les cinq villes les plus polluées sont toutes situées dans les zones agricoles du nord de la Thaïlande, qui sont généralement touchées par le brûlage à l’air libre de février à avril.

Qualité de l’air de Chiang Mai en direct sur IQAir, une ville suivie par plus de 11 millions de personnes (vous pouvez aussi accéder à l’information sous forme de carte géographique)

Dans le futur, nous consacrerons un article fouillé à cette problématique de la pollution due aux brûlis, une pollution qui est loin d’être banale, incommodant les habitants et mettant en péril leur santé. Cependant, le tableau ci-dessous vous montre que l’air est bon à Chiang Mai du mois de mai jusqu’à mi-février, soit plus de 9 mois sur 12.

Situation quant à la pollution de l’air de quelques villes en Thaïlande, dont Chiang Mai

Que dit le site de référence IQAir de la pollution de l’air de Chiang Mai ? L’air de Chiang Mai est modérément pollué, s’aggravant pendant la saison brumeuse qui s’étend généralement de janvier à avril. La concentration moyenne annuelle de PM2,5 dans la ville est passée de 22,7 microgrammes par mètre cube (µg/m³) en 2017 à 24,5 µg/m³ en 2018. Des chiffres qui sont plus de deux fois supérieurs à la recommandation annuelle de l’Organisation mondiale de la santé, et ne sont que légèrement supérieurs à la qualité de l’air de Bangkok, où la moyenne annuelle de PM2,5 était de 25,2 µg/m³ en 2018. La qualité de l’air à Chiang Mai s’est donc encore dégradée en 2019 avec une moyenne de 32 μg/m3 en 2019.

Si l’on veut être honnête, l’on doit cependant relever que la situation a Chiang Mai n’est pas idyllique car les villes jouxtant le chef-lieu sont parmi les plus polluées du pays. Citons bien sûr Saraphi (au 2e rang national avec une concentration de PM2,5 moyenne de 41 µg/m³, indice orange), Hang Dong (4e rang avec 38 µg/m³, indice orange) et Lamphun (7e rang avec 37 µg/m³, indice orange), trois villes au sud non loin du chef-lieu. Mais aussi au nord avec Mae Rim (6e rang avec 37 µg/m³, indice orange).

Précisons encore qu’il faut évidemment tenir compte de la temporalité. Une moyenne, tant annuelle que mensuelle, n’a d’importance que pour les habitants d’une ville, qui y vivent à l’année. Si l’indice est violet 3 jours, rouge 4 jours et vert 2 jours, le touriste de passage n’a que faire d’une moyenne. Il ne se souciera que de la pollution durant la période de sa visite ! Et pour ce qui est d’un séjour ne dépassant pas trois jours, certains seront incommodés – les personnes sensibles – quand d’autres n’y verront que du feu. Et avouons qu’un touriste occidental est fort mal placé pour se plaindre d’une pollution, lui qui parcourt des milliers de kilomètres en avion pour arriver à destination (sans parler du retour, des voyages fort polluants)…


Quid de la pollution des principales destinations touristiques du royaume ?

Peut-être serez-vous intéressé à connaître l’indice de pollution moyen pour l’année 2019 des principales destinations touristiques du royaume. Le voici (plus le rang est élevé est moins la pollution est grande) :

RangVilleConcentration PM2,5Indice
48Bangkok23jaune
68Phuket11vert
53Pattaya21jaune
64Ko Samui*17jaune
Krabi
52Hua Hin21jaune
33Ayutthaya25jaune
Sukhothai
30Kanchanaburi25jaune
16Chiang Mai32jaune

* Comme Samui ne figure pas dans le classement, nous avons pris comme référence Surat Thani. Krabi et Sukhothai ne figurent elles aussi pas dans le classement 2019 en question.

Entre autres sites web, IQAir vous permet de connaître le niveau de pollution en direct de n’importe quelle ville thaïlandaise. À consulter au même titre que la météo. Notez que notre propre site web, Chiang Mai De-Ci De-là, affiche en permanence l’indice IQA US de Chiang Mai (partie haute de la colonne de droite). Et à l’heure où nous vous écrivons, il est au vert 😏

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Qu’entend-on par pollution ?

© Facebook – Lollipop.bra

On le souligne encore une fois ici, la pollution dont il est question ne concerne que l’air. Et encore, les données du classement IQAir ne se concentrent que sur les seules particules fines, les PM2,5. Pourquoi donc seulement les PM2.5 ? Il s’agit du polluant généralement considéré comme le plus nocif pour la santé humaine. Les PM2,5 sont définies comme des particules en suspension dans l’air ambiant mesurant jusqu’à 2,5 microns (μm). Pour vous en faire une idée, le cheveu humain mesure 60 μm, soit 24 fois plus épais. De taille microscopique, ces particules pénètre dans le flux sanguin via le système respiratoire et voyage dans tout le corps, provoquant des effets sanitaires de grande envergure, notamment l’asthme, le cancer du poumon et les maladies cardiaques.

D’autres polluants s’ajoutent encore : les PM10, qui sont elles aussi des particules fines mais d’un diamètre de 10 μm, l’ozone (O3), un polluant qui se forme par réaction chimique à partir d’autres polluants, le dioxyde d’azote (NO2), gaz brun-rouge toxique notamment produit par les moteurs à combustion interne et les centrales thermiques, le dioxyde de soufre (SO2) qui contribue à la formation des pluies acides, ou encore le monoxyde de carbone (CO) qui se forme lors de la combustion incomplète de matières organiques (gaz, charbon, fiouls, carburants, bois) et dont la source principale est le trafic automobile. L’indice de la qualité de l’air IQA US tient cependant compte de tous ces polluants.

Toute cette pollution de l’air a également été associée à un faible poids à la naissance, à une augmentation des infections respiratoires aiguës et des accidents vasculaires cérébraux. Ainsi, la pollution de l’air ambiant à l’échelle mondiale est responsable de :

  • 29 % de tous les décès et maladies dus au cancer du poumon;
  • 17 % de tous les décès et maladies dus à des infections respiratoires basses aiguës;
  • 24 % de tous les décès dus aux accidents vasculaires cérébraux;
  • 25 % de tous les décès et maladies dus aux cardiopathies ischémiques;
  • 43 % de tous les décès et maladies dus à la bronchopneumopathie chronique obstructive.

Les particules en suspension dans l’air proviennent de diverses sources. La combustion des moteurs de véhicules, l’industrie, les incendies et la combustion du charbon représentent les sources anthropiques les plus courantes, tandis que les tempêtes de sable, l’agriculture et les produits chimiques réagissant dans l’atmosphère représentent les sources naturelles les plus courantes.

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont très claires en matière de pollution intérieure ou extérieure. Elles se basent sur les concentrations de particules de 2,5 et 10 microns, respectivement PM2,5 et PM10. Pour l’OMS, une exposition chronique ne doit pas dépasser la concentration de 10 µg/m3 en moyenne annuelle pour les particules PM2,5 et de 20 µg/m3 pour les particules PM10. Une exposition aigüe ne doit pas dépasser les seuils de 25 µg/m3 en moyenne sur 24 heures pour le PM2,5 et de 50 µg/m3 pour les PM10.

Source : France Air. En signalant encore que l’OMS prévient qu’aucun niveau d’exposition aux PM2,5 ne s’est avéré exempt d’effets sur la santé…

L’Office du tourisme thaïlandais vante les mérites du Pays du Sourire sous le slogan anglophone Amazing Thailand. Mais pour que la Thaïlande reste amazing encore faut-il que les autorités prennent des mesures draconiennes en matière de protection de l’environnement afin que les touristes reviennent de leur séjour le sourire aux lèvres. Cela passe, entre autres, par une diminution de la pollution de l’air. Sans parler des autres problématiques liées au tourisme de masse dont la Thaïlande est victime (victime certes mais une victime consentante). Toute mesure visant à améliorer la qualité de l’air plaira au touriste mais sera surtout bénéfique pour les habitants du royaume.

Vous pouvez maintenant fermer les yeux et… respirer !



1 Toutes les données de cet article proviennent du Rapport mondial sur la qualité de l’air en 2019 édité par IQAir (que vous pouvez télécharger sur cette page web). Anciennement AirVisual, une startup suisse – pays ami de la précision – créée en 2015 et qui est devenue la référence mondiale en matière de contrôle de la qualité de l’air. Elle fait maintenant partie de la multinationale IQAir, autre société suisse fondée en 1963 par deux frères Allemands (un pays tout aussi précis). En plus de leur application mobile (gratuite) et d’un petit capteur miracle, ils vendent également des purificateurs d’air Swiss made. Sur ce marché, hélas en expansion, avouons que les entreprises suisses sont leaders. IQAir répond à vos questions sur la manière d’établir leurs classements. Par ailleurs, certaines villes, à l’image de Chanthaburi à l’heure où nous écrivons, ne disposent pas de stations de surveillance aérienne au sol; IQAir estime alors l’IQA sur la base des données PM2,5 satellitaires, moins précises (leurs explications). Les relevés sont alors suivis d’un astérisque qui indique cet état de fait.

Source de l’image à la une © Flickr – Tous droits réservés par Kalboz
Article publié le 07.08.2020 et mis à jour le 13.02.2021

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Parcs nationaux. La Journée mondiale des Rangers se célèbre aussi en Thaïlande

Elle n’est pas de trop cette Journée mondiale célébrant les rangers, eux qui paient un lourd tribut à la conservation de la faune et de la flore sauvages. On vous parle du pourquoi de cette Journée, des rangers actifs en Thaïlande, en terminant par un thème qui ne devrait pas exister, le pillage des ressources naturelles, qui a également lieu au Pays du Sourire, hélas, trois fois hélas.

Affiche de l’année 2020

Le dernier bilan annuel (de juin 2021 à mai 2022) fait état de 150 rangers qui ont perdu la vie (dont 14 en Thaïlande). Tués par des animaux sauvage, abattus par des braconniers, ou encore victimes d’accident de véhicules. Cette année, le thème retenu est Je me tiens aux côtés des rangers du monde. Par ailleurs, l’IFAW – Fonds international pour la protection des animaux vous permet d’envoyer une carte postale pour soutenir les écogardes.

En Thaïlande, cette Journée a été commémorée le 30 juillet 2022. En présence de « Warawut », ministre des Ressources naturelles et de l’Environnement, plus de 500 employé·e·s du Département des Parcs Nationaux, de la conservation de la faune et de la flore (DNP), du Département Royal des Forêts et du Département des ressources marines et côtières ont été convié·e·s au parc national de Khao Yai, dans la province de Nakhon Nayok, pour être remercié·e·s. L’on a parlé d’eux en terme de « héros ». En voici quelques photos. Une cérémonie diffusée en direct (ne manquez pas de visionner le mini reportage qui précède, une invitation à découvrir les parcs nationaux). 

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Garde nature. Voilà un métier qui s’embrasse bien souvent par vocation. La Journée mondiale des Rangers (ou Journée internationale des Gardes nature1, World Ranger Day en anglais), célébrée annuellement le 31 juillet, est là pour rappeler l’important engagement de ces hommes et de ces femmes défenseurs de la nature. Un corps de métier qui, hélas, paie un lourd tribut face au braconnage (exemple ici où les calaos, une espèce quasi menacée, sont chassés).

La Thaïlande préserve près de 20 % de son territoire, immense, sous forme de zones protégées. Il y a actuellement 147 parcs nationaux, dont des parcs marins, 58 sanctuaires de la faune, 67 zones sans chasse et 120 parcs forestiers dans le royaume. Des projets de création de nouvelles zones protégées sont en cours. C’est dire que des centaines de rangers, qu’ils soient gardes faune ou gardes forestiers, œuvrent au quotidien afin de préserver la nature, de sorte que vous ayez la meilleure des expériences en visitant les parcs nationaux de Thaïlande 🏞

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Journée mondiale des Gardes nature

IRF – Une traduction officielle pas très heureuse…

#TogetherPossible
À quoi servent les gardes nature ? Prenons l’exemple des rangers sous la responsabilité de l’ONG américaine Wildlife Alliance, principalement active au Cambodge voisin mais également en Thaïlande (ils ont mené une campagne de renforcement de la biodiversité dans le parc national de Kao Yai). Ses rangers sont en première ligne pour protéger l’une des dernières grandes forêts tropicales d’Asie.

L’Asie du Sud-Est est bien malheureusement au centre de la crise d’extinction mondiale et les menaces sont de plus en plus nombreuses. Sans les gardes forestiers, il n’y aurait aucun espoir de renverser la tendance dans la lutte pour la protection de certaines des espèces les plus menacées et les plus en danger au monde. Les 143 rangers de la Wildlife Alliance travaillent inlassablement en première ligne, au péril de leur vie chaque jour, pour

  • localiser et retirer les pièges qui mutilent ou tuent sans discernement les animaux sauvages;
  • trouver et appréhender les braconniers et les bûcherons qui détruisent la faune sauvage et son habitat;
  • mettre fin à l’empiètement illégal des terres dans la forêt tropicale des Cardamomes (un empiètement qui a augmenté de 750 % depuis 2010 !).

Sans ces héros de la conservation, la forêt tropicale humide des Cardamomes, l’une des plus grandes forêts tropicales intactes d’Asie du Sud-Est, ne serait qu’un « parc de papier » comme la majorité des zones protégées du Cambodge. Ces gardes forestiers très performants protègent directement plus de 55 espèces menacées (selon la liste de l’UICN) sur plus de 2 millions d’hectares de forêt tropicale. Des hommes courageux sans qui la forêt tropicale des Cardamomes ne pourrait être le refuge sûr qu’elle est pour les éléphants, les pangolins, les léopards et de nombreuses autres espèces emblématiques.

Tout est lié. Les forêts. La rivière. La vie sauvage… et nous ! C’est là le message de cette ONG environnementale pour la Journée 2020, un message que vous pouvez découvrir à travers sa bande-annonce sur Facebook.

Qu’est-ce qu’un ranger ?
เรนเจอร์, ranger en thaï (plus précisément ผู้พิทักษ์ป่า, garde forestier, เจ้าหน้าที่พิทักษ์ป่า au complet).
L’IRF définit un ranger comme la personne impliquée dans la protection pratique et la préservation de tous les aspects des zones sauvages, des sites historiques et culturels. Les rangers offrent des possibilités de loisirs et d’interprétation des sites tout en assurant des liens entre les communautés locales, les zones protégées et l’administration de la zone.

Chris Galliers, Président de l’IRF – Fédération Internationale des Rangers, indique dans son message que cette Journée est l’occasion de réfléchir au travail exceptionnel accompli par les rangers dans le monde, eux qui mettent continuellement leur vie en danger et restent à l’avant-garde de la conservation. Il ne manque pas de rendre hommage aux rangers qui ont perdu la vie, rappelant qu’au cours de la dernière année, l’on doit déplorer le plus grand nombre de décès de rangers enregistrés depuis le mise en place du Tableau d’honneur (137 décès, dont des rangers thaïlandais). Ce nombre pourrait être considérablement plus élevé car tous les décès de rangers ne sont pas signalés. Sur les sept régions couvertes par l’IRF, l’Asie a connu le plus grand nombre de gardes forestiers tués, avec 48 % de tous les décès. Un nombre inacceptable, les décès de rangers enregistrés au cours de la dernière décennie se montant à 1 013 (voir la carte du monde en fin d’article). C’est une préoccupation majeure pour le président de la fédération.

Comment ne pas être sensible à l’engagement de ces hommes et de ces femmes qui mettent quotidiennement leur vie en péril pour la sauvegarde de la faune et de la flore sauvage ? C’est donc cet engagement sans faille que cette Journée célèbre (vous pouvez visionner plusieurs vidéos de rangers à travers le monde, des messages enregistrés à l’occasion de cette commémoration).

Le Dr Jane Goodall, célèbre éthologue connue mondialement, soutient chaque année la Journée mondiale des Gardes nature à travers un message vidéo :

Un message d’espoir pour la faune et la flore sauvage

Les diverses organisations de rangers

Gardien du Patrimoine mondial, l’UNESCO saisit naturellement l’opportunité de cette Journée mondiale des rangers pour honorer les rangers des nombreux sites que l’organisation a reconnus. Écoutez donc le témoignage vidéo de quelques rangers. Même célébration annuelle sous forme de remerciement de la part du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), conscient de l’importance vitale du travail des rangers pour la protection de la faune.

Depuis 1992, une fédération internationale unit tous les rangers. Elle organise notamment un congrès mondial. Alors que le dernier a eu lieu en novembre 2019 au Népal, le prochain sera organisé au mois de mai 2022 dans l’archipel des Açores, terre portugaise.

L’IRF – Fédération internationale des gardes nature :
➤ sur le web
➤ et sur Facebook

Cette fédération internationale est composée des fédérations continentales et nationales. Ainsi vous avez par exemple l’ERF – Fédération européenne des gardes nature. Mais également la Fédération asiatique des gardes nature (RFA, site web, page Facebook, Instagram et YouTube). Le royaume a sa propre entité, la Fédération thaïlandaise des gardes nature, que vous retrouvez sur le web (un site essentiellement en langue thaï).

Le Département thaïlandais des Parcs nationaux (กรมอุทยานแห่งชาติ สัตว์ป่า และพันธุ์พืช) :
➤ sur Facebook
➤ sur le web
Et son bureau des relations publiques, sur Facebook.
De même que son Bureau de la conservation de la faune (ำนักอนุรักษ์สัตว์ป่า), sur Facebook.

On vous offre ci-dessous la vidéo tournée à l’occasion de cette Journée commémorative par le Département thaïlandais des Parcs nationaux. Ce qui vous permet de vous rendre compte de leur travail sur le terrain au quotidien :

Mentionnons également le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui soutient les rangers du monde entier en mettant à disposition des ressources qui améliorent les conditions de travail des éco-gardes et leur formation sur le terrain .


La fondation qui vient en aide aux rangers

Chaque jour, les gardes forestiers risquent leur vie pour protéger la faune et les lieux sauvages contre le braconnage et d’autres menaces. Malheureusement, on estime que plus de 1 000 gardes forestiers ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions au cours des dix dernières années, dont une grande partie à cause de braconniers et de milices armées. Les gardes forestiers sont généralement sous-équipés, sous-payés et souvent sous-estimés. Nous pensons qu’ils sont des héros.

The Thin Green Line (TTGLF) est une fondation qui travaille sans relâche pour apporter le soutien dont les rangers ont besoin pour continuer à protéger les espèces menacées dans le monde entier. Cette fondation protège les protecteurs de la nature en apportant un soutien vital aux gardes forestiers et à leurs communautés qui sont en première ligne de la conservation. Elle travaille principalement dans les pays en développement et les zones de conflit, ainsi qu’avec les Park Rangers indigènes en Australie, son pays d’origine.

C’est la seule organisation qui se consacre exclusivement à fournir aux rangers du monde entier l’assistance qu’ils méritent et dont ils ont besoin. En tant que branche caritative officielle de la Fédération internationale des Rangers, la TTGLF a un accès sans égal aux rangers dans le monde entier. La Fondation Thin Green Line est très efficace pour apporter un soutien indispensable aux rangers, avec un large éventail de programmes efficients dans le monde entier, du Kenya à la Tanzanie, du Costa Rica au Guatemala, de la Thaïlande à l’Indonésie, et dans de nombreux autres endroits du globe. Dans la triste circonstance où un ranger perd la vie dans l’exercice de ses fonctions, cette fondation contribue à soutenir financièrement sa veuve et sa famille. Voici ce qu’elle vise à garantir :

  • Que les gardes forestiers soient appréciés pour leur rôle vital en première ligne de la conservation;
  • Que les gardes forestiers, lorsqu’ils sont en contact avec des braconniers, aient la possibilité de se défendre;
  • Que les rangers bénéficient de conditions de travail dignes et d’un salaire décent;
  • Que les gardes forestiers reçoivent la formation et les outils dont ils ont besoin;
  • Et enfin que les familles et les communautés des rangers bénéficient d’un soutien continu lorsque les rangers sont blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions.

The Thin Green Line, la fondation qui vient en aide aux rangers :
➤ sur le web
➤ sur Facebook


Pillage des ressources naturelles

La Thaïlande figure dans le rapport annuel 2020 de Global Witness

Ce jour est aussi une occasion d’aborder une problématique connexe : la défense de l’environnement. Global Witness est une ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption qui l’accompagne, qu’il s’agisse de l’exploitation du pétrole, du bois ou encore des diamants. Et cette année, elle s’alarme : le nombre d’assassinats de militants pour la défense de la terre et de l’environnement a été plus élevé que jamais ! Et ce dans le contexte actuel très préoccupant de la vertigineuse accélération de la dégradation du climat.

© Global Witness

Global Witness dévoile un sombre record de défenseurs des droits à la terre et de l’environnement assassinés en une seule année : 212 personnes ont été tuées en 2019 pour avoir défendu pacifiquement leurs maisons et s’être opposées à la destruction de la nature. Le rapport annuel de cette ONG a également mis en lumière le rôle critique que jouent les défenseurs des droits à la terre et de l’environnement dans la lutte urgente contre la dégradation du climat. Ils s’opposent directement aux industries non durables qui émettent le plus de carbone et accélèrent le réchauffement climatique et les dégâts environnementaux. Le rapport montre comment, dans un contexte de répression et de surveillance accrues pendant le confinement du Covid-19, la protection de ces militants est devenue indispensable pour reconstruire une planète plus sûre et plus verte.

Quid de la Thaïlande ?

En 2015, cette ONG avait déjà dénoncé l’assassinat du défenseur thaïlandais des droits fonciers Chai Bunthonglek, abattu à son domicile. Le tireur non identifié a tiré six fois sur Chai à la tête et à la poitrine, avant de s’échapper à moto. Chai était un militant chevronné qui faisait campagne pour récupérer les terres communautaires d’une entreprise d’huile de palme qui continue d’occuper les terres des villageois malgré le fait qu’elle possède un bail foncier qui a expiré il y a 15 ans. Le meurtre de Chai fait de lui le quatrième militant de sa communauté tué en cinq ans. Pas un seul meurtrier n’a été traduit en justice. Ni les autorités locales ni les autorités nationales n’ont offert aucune protection à Chai ou à ses collègues de la Fédération des paysans du Sud de la Thaïlande, malgré le risque très réel d’une attaque meurtrière. Selon les recherches de Global Witness, depuis 2001, 22 défenseurs de l’environnement ont été tués en Thaïlande. Le plus connu d’entre eux, Seub Nakhasathien, est devenu l’icône écologiste du pays, lui qui se battait pour défendre la vie sauvage. Découvrez sa tragique fin en lisant l’article que nous lui avons consacré.

Que nous apprend le dernier rapport de Global Witness ? Après une longue bataille juridique, les membres de la communauté de Ban Haeng – un village de la province de Lampang, dans le nord de la Thaïlande – ont obtenu justice lorsque le tribunal administratif de Chiang Mai a statué en leur faveur à la suite de leur plainte contre un projet d’extraction de charbon dans leur région. Depuis 2010, cette communauté a protesté contre ce projet minier et a déposé de nombreuses demandes juridiques pour l’empêcher d’aller de l’avant. En retour, ils ont dû faire face à diverses formes d’intimidation, notamment des menaces de mort, des disparitions forcées, la surveillance par des hommes non identifiés et le harcèlement de la part d’officiers militaires. Mais la communauté a continué à résister et maintenant, avec la décision du tribunal selon laquelle le ministère thaïlandais de l’Industrie n’a pas suivi la procédure correcte lors de l’octroi de la concession minière, cela pourrait ouvrir la voie à une fin permanente de l’exploitation du charbon dans leur région. Une victoire pour cette communauté et pour le climat.

Pour aller plus loin…
Global Witness. Lisez leur communiqué de presse (en français) ou accédez au rapport complet Defending Tomorrow (fichiers PDF en haute résolution ou en basse résolution).

On compte sur vous pour avoir une pensée pour les rangers qui, à travers leur indispensable travail, vous permettent de visiter au mieux les parcs nationaux et les zones dont ils ont la responsabilité. Grâce à eux, la nature ne s’en porte que mieux.

C’est là la carte mondiale des rangers décédés au cours de la dernière décennie !

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1 On retrouve également l’appellation Journée internationale des éco-gardes

Source de l’image à la une © Facebook – สำนักอนุรักษ์สัตว์ป่า Wildlife Conservation Bureau, Thailand
Article composé le 31.07.2020 et modifié le 31.07.2022.

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