La Thaïlande doit être LE pays des concours de beauté, chaque fête locale organise le sien. Et chaque province à sa Miss, Chiang Mai ne faisant pas exception. Avouons que depuis l’élection de Mlle Bow au titre de Miss Chiang Mai 2017, nous suivons plus attentivement, pour ne pas dire assidûment, ce concours de beauté. Il faut dire que Mlle Bow dégage un charme certain.
De son vrai nom Supaporn Rittiphuek, élue à 19 ans, « Baby Bow » étudie à l’Université Rajabhat ici à Chiang Mai. Elle en aura fait du chemin en une année, gagnant en assurance. Il faut dire que les rumeurs allaient bon train au concours de Miss Universe Thailand où elle s’est présentée. Alors qu’elle ne figurait pas dans les dix favorites du public, Mlle Supaporn Rittiphuek, notre petite chouchou, a été élue dauphine de Miss Universe Thailand !
Si l’on vous en parle aujourd’hui, c’est que Miss Chiang Mai 2018 sera en tête du cortège à la fameuse Fête des Fleurs 2018 ce week-end. Flanquée de Mister Chiang Mai 2018, à savoir le jeune Sathaporn Mullisa (dont le petit nom est Game).
Bow, originaire de Lamphun, la plus vieille cité du Nord appelée jadis Haripunchai, à seulement 30 minutes de route de Chiang Mai, représente à merveille la beauté des filles du Lanna, l’ancien royaume du nord thaïlandais, des filles sublimées jusque dans les temples à travers des peintures murales.
C’est en vain que nous avons essayé de la contacter pour lui poser quelques questions sur son expérience de Miss. Quoi qu’il en soit, elle a remis sa couronne le 6 janvier dernier. Mais vous pouvez bien entendu suivre sa carrière sur sa page Facebook.
Avant de vous dévoiler la gagnante de cette année, sachez que le concours de beauté a été précédé d’une soirée où a été élue Miss Parodie (il s’agissait de gagner le coeur du jury en parodiant une ancienne miss). Et l’heureuse élue est… Mlle Wacharakan Kanmai. Une soirée animée où les inénarrables lady boys ont assuré le spectacle. And the winner is…
Baby Bow (à droite sur la photo ci-dessus) a donc passé le flambeau de la plus belle créature de Chiang Mai à Mlle Watusiri Jaiklang qui a été élue Miss Chiang Mai 2018 (กองประกวดนางสาวเชียงใหม่). Son petit nom est Kitty, elle a 24 ans et étudie à la faculté des sciences humaines de l’Université de Chiang Mai (CMU). Elle aussi vient de la province voisine de Lamphun. Notez qu’elle a également ravi les titres de Miss “Pensée Positive” et Miss Radieuse (sponsorisé par les produits de beauté Reju Plus). C’est donc elle qui ouvrira le cortège de la fameuse Fête des Fleurs, accompagnée de Mister Chiang Mai. Ensuite, en tant que détentrice du titre, elle se présentera au concours de Miss Universe Thailand 2018. On vous tiendra bien sûr au courant. En attendant, vous pouvez la suivre sur sa page Facebook.
N’oublions cependant pas les autres titres distribués lors de cette soirée à laquelle nous avons d’ailleurs participé :
(candidate 20) La 1ère dauphine de Miss Chiang Mai 2018 est Mlle Wannaporn Wuthiwatthanakal (son surnom est plus facile à retenir : Aom), 24 ans. Elle étudie dans la même faculté de la CMU que la tenante du titre. Elle habite Sankamphaeng et on s’est laissé dire qu’elle adore le café. Sa page Facebook.
(candidate 32) 2e Dauphine, Mlle Likitpaket Wichitsuwan, Lokson de son petit nom, a également gagné le titre de Miss Smile (sponsorisé par les assurances Muang Thai Life). Elle n’a que 21 ans et étudie à l’Université technologique du Lanna Rajamangala (faculté des Beaux-Arts et d’Architecture). Elle nous vient de la province voisine de Lampang. Quid de sa page Facebook ?
(candidate 11) Elue Miss Personnalité et Miss Central Festival Chiangmai, MlleKanyarat Watjarin a 25 ans et est originaire de Phrae, charmante ville à l’est. Elle étudie elle aussi à la même faculté universitaire de la CMU que les deux premières du concours ! Appelez-la donc Nan et jetez un oeil sur sa page Facebook.
(candidate 19) Quant à Dararat Sribenjarat, surnommée Gam, elle a décroché un titre honorifique, Best Costume, grâce aux vêtements qu’elle portait. Elle a 22 ans, étudie à la Faculté des sciences humaines de l’Université Rajabhat de Chiang Mai et est aussi originaire de Lamphun (serait-ce là que se nichent les plus belles ?). Sa page Facebook.
(candidate 04) On termine cette énumération par le Choix du Public (qui donc n’a pas été suivi par le jury). Miss People’s Choice 2018 est Mlle Pimnipa Damrongjiraboon. Ing a 19 ans et étudie au Chiang Mai Vocational College. Sa page Facebook vous en dira plus.
Cet article en thaïlandais vous donne à admirer les candidates en maillot de bain; et encore plus celui-ci. Nous qui pensions que la chirurgie esthétique était interdite à toute candidate au titre de Miss, une fine analyse des photos nous laisse maintenant croire le contraire… On pense ici aux nez qui ne correspondent pas au canon local.
Vous pouvez bien entendu suivre la page Facebook officielle du concours de beauté Miss Chiang Mai, un concours organisé cette année par M Group. L’une comme l’autre page nous tiennent informés des activités organisées autour de Miss et Mister Chiang Mai 2018. Rappelons ici que Miss Chiang Mai 2018, Kitty, sera candidate au titre de Miss Universe Thailand 2018. Bonne chance à elle. Mais avant, allez donc l’admirer en ouverture du cortège de la Fête des Fleurs 2018, samedi matin, le 3 février 2018, ici à Chiang Mai 🌺
Au niveau national, on s’y perd un peu avec toutes les Miss élues par la pléthore de concours de beauté. On vous en reparle bientôt, le temps pour nous de démêler l’écheveau.
La cérémonie décrite dans cet article n’aura lieu qu’à deux reprises cette année 2019, le mardi 19 mars et le mardi 10 décembre 2019.
Chaque temple est libre d’organiser le tak bat peng pud (explications ci-dessous), qui a donc lieu à minuit. En ville de Chiang Mai, les deux principaux temples qui organisent la cérémonies sont
Le Wat Upakut (วัดอุปคุต). Prières et autres cérémonies bouddhistes dès 22h, aumônes à minuit. Page Facebook, site web et emplacement.
Le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก). Prières et autres cérémonies bouddhistes dès 21h30, aumônes à minuit. Page Facebook, site web et emplacement.
Nous vous signalons encore d’autres temples qui organise la même cérémonie :
Non loin, àDoi Saket : le Wat Wang Than (วัดวังธาร หมู่ที่8). Cérémonie à 23h30 avec la présence de 9 moines. Page Facebook et emplacement.
A l’est de la Rose du Nord, vers San Kamphaeng : le Wat Phra Pan, appelé également Wat Phranon Mee Pukha (วัดพระป้าน ou วัดพระนอนแม่ปู๋คา). La cérémonie commence à 22h. Page Facebook et emplacement. On vous a déjà parlé de ce temple qui permet une chouette balade dans la campagne; lisez donc notre article Un temple où repose un Bouddha couché à l’ombre des ombrelles…
Au nord de Chiang Mai, à Mae Rim : le Wat Tamnak Thamma Nimit (วัดตำหนักธรรมนิมิต). Les prières commencent à 20h30 déjà. Page Facebook et emplacement.
Dans le chef-lieu éponyme de la province voisine de Lamphun : le magnifique Wat Phra That Haripunchai Woramahawihan (วัดพระธาตุหริภุญชัย วรมหาวิหาร จังหวัดลำพูน) manque l’événement. Page Facebook et emplacement.
A Lamphun toujours, le Wat Phrathat Doi Hang Bat (วัดพระธาตุดอยห้างบาตร). Prières et sermons dès 20h, cérémonie spéciale dédiée à Phra Upakut à 22h30 puis aumônes à 23h59 : ce sont là aussi 9 moines bouddhistes qui les recevront. Page Facebook et emplacement.
Dans la vallée de Mae Wang, au sud-ouest de Chiang Mai : le Wat Saen Kham (วัดแสนคำ). Aumônes à minuit. Info Facebook et emplacement.
Pour le reste les informations ci-dessous restent valables (et elles sont pour le moins intéressantes pour qui veut mieux comprendre les croyances bouddhistes).
Celles et ceux qui traîneront dans les rues de Chiang Mai ce soir après 22h risquent d’être quelque peu surpris : une cérémonie d’offrandes nocturnes aux moines réunira des centaines de pratiquants bouddhistes en l’honneur de Phra Upakut (พระอุปคุต en thaïlandais). Les dévots seront tout de blanc vêtus face aux moines et leur robe orange. Phra Upakut est souvent représenté dans les temples du nord de la Thaïlande, assis en position méditative, les mains sur son bol d’aumônes, coiffé de sa feuille de lotus, le visage souriant, légèrement renversé. Mais qui donc était ce saint homme ?
Son existence relève plus de la légende que de l’histoire. Mais histoire et légende se confondent bien souvent en Asie. Phra Upakut (en sanskrit, Upagupta Thera) était un sarvāstivādin, un moine bouddhiste de la forêt (un courant dont nous vous parlerons un jour). Il vécut au nord de l’Inde au IIIe siècle avant J.-C. sous le règne de l’empereur Aśoka, grand protecteur du bouddhisme. Notez qu’Upagupta Thera n’est jamais mentionné dans le canon pāḷi. Ici en Thaïlande, sa légende est incluse dans le Phra Paṭhamasambodhikathā, un récit populaire jātaka (mot sanscrit qui décrit les histoires des naissances antérieures du Bouddha). On le retrouve également dans d’autres manuscrits du Lanna – le nord de la Thaïlande et au-delà.
Un moine né du liquide séminal du Bouddha
Histoire et légende
Retenons deux légendes à son sujet. La première, la plus troublante, a trait à sa naissance miraculeuse : il serait ainsi le fils du Bouddha historique et d’une sirène. Connu sous le nom de Bua Khem, nom signifiant aiguille tranchante en référence à la tige de la feuille de lotus qui recouvre sa tête sur toutes les statues qui le représentent. Selon cette légende, il a été conçu quand une sirène a ingurgité accidentellement du liquide séminal du Bouddha qui s’est détaché pendant qu’elle lavait ses robes dans une rivière.
Autre légende sanskrite ayant trait à ses vies passées : il aurait été le fils d’un parfumeur et l’un des premiers adeptes du Bouddha. Un arhat – un saint – doté de grands pouvoirs magiques. Avant que le Bouddha n’entre dans le nirvana, il demanda à Phra Upakut de rester en vie jusqu’à ce que l’Eveillé devienne Maitreya, la seconde venue historique du Bouddha. Ayant pour mission de protéger le sangha – la communauté bouddhiste – et le dharma – l’enseignement du Bouddha. Aussi, les Thaïlandais croient que Phra Upakut est toujours vivant, résidant dans un palais en cristal du Grand Océan (ce qu’un chrétien appellerait le Paradis), flanqué de sa coiffe de Lotus.
Et c’est précisément cette seconde légende qui explique la cérémonie de ce soir, semblable à l’angélophanie chrétienne. Ainsi, Phra Upakut, à la neuvième pleine lune de l’année, arpenterait les rues de Chiang Mai en tant que moine cherchant l’aumône. Le premier dévot à faire une offrande sera béni de sa bonne fortune.
En cette nuit de pleine lune du mardi 30 au mercredi 31 janvier 2018 sont organisées des cérémonies bouddhistes en divers lieux de la ville. Chants, sermons et autres prières débuteront à 22h et les offrandes de nourriture à des dizaines de moines à même la rue se font après minuit (il y avait pas moins de 300 moines lors de la cérémonie de novembre 2015, appelée ตักบาตรเป็งปุ๊ด (tak bat peng pud, en langue Lanna) ou ตักบาตรเที่ยงคืน (tak bat thiang kuen, en thaï, thiang kuen signifiant minuit). C’est là une tradition typique du Lanna que l’on vous invite vivement à découvrir.
Le lieu emblématique où se rendre est bien entendu le temple bouddhiste éponyme, soit le Wat Upakut, qui se trouve sur la route Tha Phae, après le pont Nawarat, à gauche en allant vers la Cité Historique (« le carré »), et donc au nord du fameux Night Bazaar. Ce temple, fondé au XIVe siècle, accueillera la cérémonie la plus importante (emplacement et page Facebook).
Parmi d’autres temples, le Wat Suan Dok, là où sont érigés les tombeaux royaux du Lanna,organise lui aussi cette cérémonie nocturne. Attention ! Ici la cérémonie débutera à 20h et les offrandes aux moines se font à minuit une (emplacement et page Facebook).
Ce sont là les deux temples habituels où se déroulent les cérémonies les plus populaires.
Si vous deviez manquer ce rituel nocturne, sachez encore que deux autres dates vous permettront de le revivre : mardi 26 juin 2018 et mardi 23 octobre 2018 (vidéo et photos de la célébration au Wat Upakut ici à Chiang Mai). En fait et selon la dénomination Lanna, la cérémonie nocturne n’a lieu lorsque la pleine lune du mois se déploie du mardi au mercredi.
Phra Upakut est une figure importante en Birmanie, au nord de la Thaïlande et au Laos, soit la région de ce qui était jadis le royaume du Lanna. Divinité bienveillante possédant de grands pouvoirs magiques, il protège contre tous les maux et les dommages physiques; ses auspices sont censés attirer la richesse.
La Thaïlande étant le pays des amulettes, vous comprendrez dès lors que Phra Upakut est souvent représenté sur celles-ci, objets sacrés à qui la population attribue des pouvoirs magiques. Le bouddhisme siamois, qui s’inscrit dans l’école du bouddhisme Theravāda, s’accommode de cette particularité… hérétique s’il en est !
Qui sait, peut-être qu’en plus de voir les nombreuses représentations de Phra Upakut dans les temples du nord de la Thaïlande, vous rencontrerez ce saint homme ce soir, transformé en moine mendiant…
Si vous n’êtes pas à Chiang Mai durant cette cérémonie nocturne (les dates varient selon les explications ci-dessus), vous aurez tout de même la possibilité de participer aux aumônes matutinales. Elles sont en effet quotidiennes, comme partout en Thaïlande. Il suffit de vous promener aux abords du temple le plus proche, généralement avant 7h du matin. Beaucoup de dévots se rendent au pied du Doi Suthep, là où a été construit un sanctuaire en hommage au moine le plus vénéré du nord de la Thaïlande, Kuba Srivichai (nous vous reparlerons bientôt de ce saint homme au caractère bien trempé). Autres endroits pour observer de telles offrandes aux moines : les marchés matinaux. Notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge, organise avant l’aube un circuit hors des sentiers battus, que peu de touristes effectuent : vous serez là au contact du bouddhisme vécu par les Thaïlandais. C’est accompagné d’un ancien moine bouddhiste, Khun Wet, que vous assisterez à la cérémonie d’offrandes matutinales au haut du très vénéré Doi Suthep. En savoir plus.
Pour aller plus loin – Conseils de lecture
Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.
Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.
Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.
On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.
Celles et ceux qui traîneront dans les rues de Chiang Mai un mardi soir de pleine lune risquent d’être quelque peu surpris : une cérémonie d’offrandes nocturnes aux moines réunit à chaque fois des centaines de pratiquants bouddhistes en l’honneur de Phra Upakut (พระอุปคุต en thaï). Les dévots sont tout de blanc vêtus face aux moines et leur robe orange. C’est là un rite propre au pays Lanna.
Cette année, la première des cérémonies nocturnes aura lieu dans la nuit du mardi 21 mai 2024.
On vous donne ici les éléments pratiques pour assister à cette cérémonie religieuse organisée en pleine nuit. De plus, nos informations sont pour le moins intéressantes pour qui veut mieux comprendre les croyances bouddhistes.
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Phra Upakut est représenté dans moult temples du nord de la Thaïlande, assis en position méditative, les mains sur son bol d’aumônes, coiffé de sa feuille de lotus, le visage souriant, légèrement renversé. Mais qui donc était ce saint homme ?
Affiches d’une des éditions 2018 de cette cérémonie religieuse propre au pays Lanna
Son existence relève plus de la légende que de l’histoire. Mais en Asie histoire et légende se confondent bien souvent. Phra Upakut (en sanskrit, Upagupta Thera) était un sarvāstivādin, un moine bouddhiste de la forêt (un courant dont nous vous parlerons un jour). Il vécut au nord de l’Inde au IIIe siècle avant J.-C. sous le règne de l’empereur Aśoka, grand protecteur du bouddhisme. Notez qu’Upagupta Thera n’est jamais mentionné dans le canon pāḷi. Ici en Thaïlande, sa légende est incluse dans le Phra Paṭhamasambodhikathā, un récit populaire jātaka (mot sanscrit qui décrit les histoires des naissances antérieures du Bouddha historique). On le retrouve également dans d’autres manuscrits du Lanna – le nord de la Thaïlande et au-delà.
Une des représentations de Phra Upakut, nombreuses dans les temples du nord thaïlandais
Histoire et légendes
Retenons deux légendes à son sujet. La première, la plus troublante, a trait à sa naissance miraculeuse : il serait ainsi le fils du Bouddha historique et d’une sirène. Connu sous le nom de Bua Khem, nom signifiant aiguille tranchante en référence à la tige de la feuille de lotus qui recouvre sa tête sur presque toutes les statues qui le représentent. Selon cette légende, il a été conçu quand une sirène a ingurgité accidentellement du liquide séminal du Bouddha qui s’est détaché pendant qu’elle lavait ses robes dans une rivière.
Un moine né du liquide séminal du Bouddha !
Autre légende sanskrite ayant trait à ses vies passées : Upakut aurait été le fils d’un parfumeur et l’un des premiers adeptes du Bouddha. Un arhat – un saint – doté de grands pouvoirs magiques. Avant que le Bouddha n’entre dans le nirvana, il demanda à Phra Upakut de rester en vie jusqu’à ce que l’Éveillé devienne Maitreya, la seconde venue historique du Bouddha. Ayant pour mission de protéger la sangha – la communauté bouddhiste – et le dharma – l’enseignement du Bouddha. Aussi, les Thaïlandais croient que Phra Upakut est toujours vivant, résidant dans un palais en cristal du Grand Océan (ce qu’un chrétien appellerait le Paradis), flanqué de sa coiffe de lotus.
Et c’est précisément cette seconde légende qui explique la cérémonie dont il est question aujourd’hui, semblable à l’angélophanie chrétienne. Ainsi, Phra Upakut, à la neuvième pleine lune de l’année, arpenterait les rues en tant que moine quérant l’aumône. Le premier dévot à faire une offrande sera béni de sa bonne fortune… pourquoi pas à de Chiang Mai !
Selon la dénomination complète lanna, c’est une cérémonie nocturne qui n’a lieu que lorsque la pleine lune du mois se déploie dans la nuit du mardi au mercredi. Ce qui arrive deux ou trois fois par année. C’est alors que des cérémonies bouddhistes sont organisées en divers lieux de la ville, et même bien au-delà. Chants, sermons et autres prières débutent généralement vers 22h et les offrandes de nourriture à des dizaines de moines à même la rue se font après minuit (à minuit et une minute pour être précis). Des centaines de moines participent à l’événement dans les temples les plus importants. La cérémonie est appelée ตักบาตรเป็งปุ๊ด (tak bat peng pud, en langue du nord) ou ตักบาตรเที่ยงคืน (tak bat thiang kuen, en thaï, thiang kuen signifiant minuit). C’est là une tradition typique du Lanna – l’ancien nom du royaume du nord – que l’on vous invite vivement à découvrir.
Ici à Chiang Mai, le lieu emblématique où se rendre est bien entendu le temple bouddhiste qui porte le nom du saint, soit le Wat Upakut (วัดอุปคุต), qui se trouve sur la route Tha Phae, après le pont Nawarat, à gauche en allant vers la cité fortifiée (« le carré »), et donc au nord du fameux Night Bazaar. Ce temple, fondé au XIVe siècle, accueille la cérémonie la plus importante (emplacement et page Facebook; plus de site web à notre connaissance).
Parmi d’autres temples, le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก), là où sont érigés les tombeaux royaux du Lanna,organise lui aussi cette célébration nocturne. Attention ! Ici la cérémonie débute habituellement à 20h alors que les offrandes aux moines se font à minuit une (emplacement, site web et page Facebook).
Ce sont là les deux temples principaux où se déroulent les cérémonies les plus populaires du tak bat peng pud en ville de Chiang Mai.
Cérémonies de l’année 2020
Hélas, trois fois hélas, les cérémonies d’offrandes à minuit (dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 mai 2020) sont toutes annulées en raison des restrictions liées à la pandémie du Covid-19. Les offrandes peuvent cependant être effectuées le matin du mercredi 6 mai 2020 au Wat Upakut où – en principe – la distanciation sociale sera appliquée (désinfection des mains à l’entrée du temple, distance de sécurité à respecter et port du masque obligatoire).
Celles et ceux d’entre vous qui désiraient assister à cette cérémonie religieuse auront dû patienter jusqu’au… mardi 1erseptembre 2020, seconde et unique date du calendrier lunaire où tak bat peng pud est organisé cette année. Mais hélas, tout est annulé en ville de Chiang Mai, malgré une tradition séculaire.
Quant au Wat Suan Dok, autre lieu où est attendu Phra Upakut durant la nuit, il a mis en suspens toutes ses activités religieuses. Ce devrait également être le cas de tous les autres temples qui organisent habituellement ce rite (voir la liste ci-dessous, dans le paragraphe des éditions 2019).
Notons encore que des temples de moindre importance disséminés dans la province organisent malgré tout cette cérémonie nocturne. C’est par exemple le cas, entre autres temples, du Wat Buak Krok Luang (วัดบวกครกหลวง) qui vous attend dès 23h39 ! C’est le temple situé à côté du complexe hôtelier de luxe Dhara Dhevi, à l’est de la ville, peu avant Bosang, ici.
Ailleurs dans le nord thaïlandais, une grande cérémonie est annoncée à Chiang Rai, ce mardi 1er septembre 2020 donc. Elle a lieu dès 13h30 (jusqu’à minuit passé) et inclut une parade en costume traditionnel. Plus d’infos sur cette page Facebook (c’est bien sûr en thaï).
Lampang célèbre malgré tout le tak bat peng pud, au grand dam du Covid-19. Comme par exemple à l’Université Thammasat (มหาวิทยาลัยธรรมศาสตร์ ศูนย์ลำปาง, ici) : prières dès 21h, cérémonie religieuse dès 23h et aumône à minuit.
Ce qui nous fait dire que le SARS-CoV-2 semble moins virulent à Chiang Rai ou à Lampang qu’à Chiang Mai, dans un pays où il ne sévit officiellement pas, les frontières étant hermétiquement fermées…
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Phra Upakut est une figure importante en Birmanie, au nord de la Thaïlande et au Laos, soit la région de ce qui était jadis le royaume du Lanna. Divinité bienveillante possédant de grands pouvoirs magiques, elle protège contre tous les maux et les dommages physiques; ses auspices sont censés attirer la richesse.
La Thaïlande étant le pays des amulettes, vous comprendrez dès lors que Phra Upakut est souvent représenté sur celles-ci, objets sacrés à qui la population attribue des pouvoirs magiques. Le bouddhisme siamois, qui s’inscrit dans l’école du bouddhisme theravāda, s’accommode de cette particularité… hérétique s’il en est !
Qui sait, peut-être qu’en plus de voir les nombreuses représentations de Phra Upakut dans les temples du nord de la Thaïlande, vous rencontrerez ce saint homme un mardi soir de pleine lune, transformé en moine mendiant…
Si vous n’êtes pas à Chiang Mai durant cette cérémonie nocturne (les dates varient selon les explications ci-dessus), vous aurez tout de même la possibilité de participer aux aumônes matutinales. Elles sont en effet quotidiennes, comme partout en Thaïlande. Il suffit de vous promener aux abords du temple le plus proche, généralement avant 7h du matin. À Chiang Mai, beaucoup de dévots se rendent au pied du Doi Suthep, là où a été construit un sanctuaire en hommage au moine le plus vénéré du nord de la Thaïlande, Khruba Siwichai (vous en saurez plus sur ce moine au caractère bien trempé en lisant notre article Khruba Siwichai, le saint homme de Chiang Mai). Autres endroits pour observer de telles offrandes aux moines : les marchés matinaux. Notre partenaire, le Swiss-Lanna Tour, organise avant l’aube un circuit hors des sentiers battus, que peu de touristes effectuent : vous serez là au contact du bouddhisme vécu par les Thaïlandais. C’est accompagné d’un ancien moine bouddhiste, Khun Wet, que vous assisterez à la cérémonie d’offrandes matutinales au haut du très vénéré Doi Suthep. En savoir plus.
Pour aller plus loin – Conseils de lecture
Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.
Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.
Le bouddhisme côté pratique
Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.
Que vous vous intéressiez au bouddhisme ou non, ne manquez pas d’attendre fébrilement, mêlé à la population de Chiang Mai, Phra Upakut. Sa rencontre sera gage pour vous d’une bonne fortune…
Anciennes éditions tak bat peng pud
En 2019
La cérémonie tak bat peng pud n’a eu lieu qu’à deux reprises l’année dernière, 2019 donc : les mardi 19 mars et mardi 10 décembre 2019. On vous rappelle que chaque temple est libre d’organiser son tak bat peng pud (explications ci-dessus), qui a donc lieu à minuit. En ville de Chiang Mai, les deux temples ayant recueilli le plus de dévots sont le Wat Upakut (วัดอุปคุต) et le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก).
D’autres temples de la région attendaient eux aussi Phra Upakut. Non loin de Chiang Mai, àDoi Saket, le Wat Wang Than (วัดวังธาร หมู่ที่) proposait la présence de neuf moines. À l’est de la Rose du Nord, vers San Kamphaeng, les moines du Wat Phra Pan, appelé également Wat Phranon Mee Pukha (วัดพระป้าน ou วัดพระนอนแม่ปู๋คา) officiaient dès 22h. On vous a déjà parlé de ce temple qui permet une chouette balade dans la campagne; lisez donc notre article Un temple où repose un Bouddha couché à l’ombre des ombrelles… Au nord de Chiang Mai, à Mae Rim, les prières du Wat Tamnak Thamma Nimit (วัดตำหนักธรรมนิมิต) sont psalmodiées dès 20h30 déjà.
Dans le chef-lieu éponyme de la province voisine de Lamphun, le magnifique Wat Phra That Haripunchai Woramahawihan (วัดพระธาตุหริภุญชัย วรมหาวิหาร จังหวัดลำพูน) a lui aussi marqué l’événement, comme à son habitude. À Lamphun toujours, au Wat Phrathat Doi Hang Bat (วัดพระธาตุดอยห้างบาตร), neuf moines bouddhistes ont prié dès 20h puis organisé la cérémonie spéciale dédiée à Phra Upakut à 22h30, étant prêts pour les aumônes à 23h59. Et enfin, dans la vallée de Mae Wang, au sud-ouest de Chiang Mai, les aumônes de minuit pouvaient être effectuées au Wat Saen Kham (วัดแสนคำ).
Vous l’aurez saisi, le chiffre 9 lié au nombre de moines rappelle le 9e mois lunaire du calendrier Lanna, mois où est attendu Phra Upakut…
En 2018
En l’an 2018 – 2561 selon le calendrier bouddhiste thaïlandais – ce ne sont pas moins de trois nuits de pleine lune où la population dévote de Chiang Mai a attendu Phra Upakut : les mardi 30 janvier, mardi 26 juin et mardi 23 octobre 2018. Chants, sermons et autres prières ont animés ces trois nuits en divers lieux de la ville. Ici en vidéo la dernière nuit de l’année :