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Seub, l’icône écologiste de la Thaïlande

Seub1, c’est un peu le « Nicolas Hulot de la Thaïlande », à la différence près que cet activiste s’est donné la mort il y a 30 ans 😔 Feu Khun Seub est l’une des figures les plus marquantes de l’histoire récente de la Thaïlande. Véritable défenseur de l’environnement, la protection des forêts et de la faune habitait cet écologiste convaincu. Il a payé sa passion en sacrifiant sa vie.

On vous dit qui était Seub, on vous parle du sanctuaire de faune Huai Kha Khaeng, on évoque la perception du suicide d’un point de vue bouddhiste et l’on vous dévoile les commémorations du 1er septembre. En terminant par la présentation de la Fondation Seub Nakhasathien et d’autres organismes environnementaux œuvrant en Thaïlande notamment pour combattre la déforestation rampante.

On considère un peu trop vite la Thaïlande comme un mauvais élève en matière d’écologie. Pensons ici au carburant E91 vendu dans tout le royaume (alors qu’il a été interdit en Europe), à la consommation effrénée de plastique (la Thaïlande est un des  cinq pays les plus pollueurs en la matière) ou encore au sort réservé aux éléphants, exploités de manière éhontée. Mais il y a ici aussi des activistes en matière d’écologie et Seub en faisait partie. Sa disparition, tragique, est commémorée annuellement, le 1er septembre, une opportunité de parler de la préservation de l’environnement au Pays du Sourire.

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Quid donc était Seub2 ?

Seub Nakhasathien (สืบ นาคะเสถียร en thaï), militant et érudit thaïlandais, était un défenseur de l’environnement, reconnu pour ses efforts visant à protéger un important lac artificiel et des réserves animalières. Après des années de combat écologiste, Seub s’est suicidé le 1er septembre 1990 pour signifier l’importance de l’environnement et pour le préserver. Sa mort a inspiré de nombreux jeunes Thaïlandais à s’engager pour la protection de l’environnement.

Les premières années. Seub, né Seubyos dans la province de Prachinburi, était l’enfant du gouverneur, par ailleurs chasseur. Sa famille exploitant une ferme, il a été en contact avec de nombreux animaux, recueillant également des animaux sauvages, dont beaucoup sont morts à cause d’un traitement inadéquat. Adolescent, il aimait à chasser les oiseaux. Plus tard, sa maturité aidant, Seub a cessé d’en chasser. De ce passé, il dira : « Nous avons tous fait des erreurs. »

Sa carrière. Seub était un perfectionniste. Quelle que soit l’ampleur de la tâche, il se sentait contraint de l’accomplir sans faille. En raison de sa passion pour les arts, Seub voulait étudier l’architecture. Mais ses résultats à l’examen d’entrée à l’université l’ont orienté vers la faculté de foresterie de l’Université Kasetsart, son cinquième choix d’études. Son camarade de classe et colocataire a décrit Seub comme un étudiant brillant, toujours assis à l’avant de la classe et prenant des notes avec des dessins. Seub a toujours été vu en train de lire des livres le soir. Il s’investissait avec sérieux dans toutes ses activités. Après l’obtention de son diplôme, il a poursuivi des études supérieures en sylviculture. En 1979, il a reçu une bourse du British Council pour une maîtrise à l’Université de Londres afin d’étudier la conservation des ressources et de l’environnement. Il a également obtenu une bourse de doctorant pour étudier au Royaume-Uni en 1989, mais a décidé d’accepter le poste de surintendant du sanctuaire de la faune sauvage Huai Kha Khaeng. Il a par ailleurs mené des recherches sur les animaux sauvages, en particulier les oiseaux, les gorilles, les chamois… Seub a également travaillé comme professeur de biologie à l’Université Kasetsart (une université qui lui rend hommage chaque année; 2020 & 2019).

Le projet d’évacuation de la faune de Cheow Lan. En 1986, Seub a été nommé chef de projet d’évacuation de la faune lors de la création du barrage de Cheow Lan, avec un faible budget (il s’agissait d’évacuer une zone de 400 km²) ! Le barrage de Rajjaprabha (ou barrage de Cheow Lan, treizième barrage de Thaïlande) a été achevé en 1987. L’inondation qui en a résulté a détruit 185 km² de la plus grande superficie restante de forêt pluviale à feuillage persistant des basses terres du pays. Pour la première fois en Thaïlande, une opération de sauvetage a été menée pour tenter de sauver une partie de la faune sauvage, qui comprenait des espèces menacées et en voie de disparition échouées sur les îles au fur et à mesure que les eaux s’élevaient. En 18 mois, 1 364 animaux de 116 espèces ont été capturés. Quarante-quatre sont morts peu après. Les survivants ont été relâchés dans des zones protégées à proximité. Seub a pu sauver des centaines d’animaux mais il savait que beaucoup d’autres n’ont pas pu s’échapper et en sont morts. Après ce qu’il considérait comme l’échec du projet Cheow Lan, il s’est battu contre d’autres projets d’exploitation forestière et de construction de barrages, comme le barrage de Nam Chon. Le projet de l’État de construire un barrage au cœur de la forêt de Thungyai Naresuan dans les années 1990 a déclenché la première protestation environnementale du pays dans laquelle les manifestants ont eu gain de cause.

Sanctuaire de faune Huai Kha Khaeng. En 1988, Seub et ses collègues conservationnistes ont pris des mesures contre la Thai Plywood Co. Ltd, une entreprise d’État relevant du ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement au sujet d’une concession forestière dans le sanctuaire faunique de Huai Kha Khaeng (ห้วยขาแข้ง). Dans son argumentation, il a affirmé que « celui qui veut faire de l’exploitation forestière est le Département Royal des Forêts, et celui qui veut conserver la forêt est aussi le Département Royal des Forêts ».

Ce sanctuaire, un endroit unique préservant une importante faune sauvage, se trouve à l’ouest de la Thaïlande, le long de la frontière avec le Myanmar (l’ex-Birmanie, dans les provinces d’Uthai Thani, Tak et Kanchanaburi). Ce sont en fait deux sanctuaires distincts mais contigus, Huai Kha Khaeng et Thung Yai Naresuan. Cette région de 622 200 hectares englobe deux importants systèmes fluviaux, le Khwae Yai supérieur et le Huai Khakhakhaeng. Il s’agit ni plus ni moins de la plus grande zone de conservation d’Asie du Sud-Est continentale et l’une des zones forestières les moins accessibles et les moins perturbées de Thaïlande. Et c’est ce qui explique que ces deux réserves ont été inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que biens naturels présentant un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité, premier du genre en Asie du Sud-Est.

Sanctuaires de Thung Yai-Huai Kha Khaeng
S’étendant sur plus de 600 000 ha en bordure de la frontière avec le Myanmar, les sanctuaires, demeurés en grande partie intacts, contiennent presque toutes les formations forestières de l’Asie du Sud-Est continentale. Ils abritent un ensemble d’espèces animales très divers, dont 77% des grands mammifères (notamment éléphants et tigres), 50% des grands oiseaux et 33% des vertébrés terrestres que l’on trouve dans cette région.
Tous les détails de ces sanctuaires sur le site web de l’Unesco (description, cartes, documents, galerie de photos, indicateurs et demande d’assistance).
Le sanctuaire Huai Kha Khaeng a sa propre page Facebook, hélas animée en langue thaï seulement.

Seub avait une vision de protection globale de ces réserves animalières : des gardes forestiers doivent patrouiller avec les équipes de protection de la faune pour s’assurer que les animaux ne soient pas blessés et que la déforestation soit stoppée. L’idée de « zones tampons forestières » a alors été mise en œuvre. Les villages de la zone tampon forestière ont été mobilisés en tant que « villages forestiers ». Leurs habitants ont été impliqués avec des programmes d’arrêt de la chasse et de la déforestation. Les villageois ont d’ailleurs remis leurs armes à feu aux autorités en signe de bonne foi et de coopération.

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© Facebook – Priwan Den (1 & 2)

Suicide. En 1989, sous pression (il devait notamment gérer un problème de salaire d’ouvriers, de même que des désaccords avec des cadres supérieurs, sans parler de la mort de certains employés), alors qu’il était à la tête du sanctuaire Huai Kha Khaeng, Seub se découragea. Pour lui, la seule façon de conserver pleinement le sanctuaire était d’en faire un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. Après avoir effectué des recherches et complété le rapport à cet effet, il l’a soumis à l’organisation qui l’a approuvé après sa mort. Le 31 août 1989, Seub travaillait comme d’habitude. Le lendemain, vers 4h du matin, un coup de feu a été entendu mais au Huai Kha Khaeng le bruit des coups de feu n’était pas rare. Seub n’a pas été vu au petit-déjeuner. À 10h, un de ses collaborateurs s’est rendu à son refuge et a trouvé son corps sur son lit entouré de morceaux de papier. Sur l’un d’eux était écrit : « J’ai l’intention de me tuer, personne n’a été associé dans cette décision », signé par Seub.

Perception du suicide d’un point de vue bouddhiste3
Selon les enseignements de Bouddha, ce qu’un individu fait à tout moment aura une conséquence sur son avenir, dans cette vie ou dans la suivante (principe de la réincarnation). Il y aurait donc un lien de cause à effet, appelé karma par lequel toute action intentionnelle du corps, de l’esprit ou de la parole aurait des conséquences et des répercussions à l’avenir. Nos actions passées détermineraient ainsi les caractéristiques de notre existence terrestre. Selon certains maîtres bouddhistes, le suicide commis dans une vie pourrait entraîner sa répétition dans plusieurs vies suivantes. Une exception cependant, le suicide altruiste, dans une vie passée, le Bouddha aurait sacrifié son existence en offrant son corps à une tigresse affamée allaitant cinq tigrons, qui devinrent les cinq premiers disciples de Bouddha.

La mort de Seub a poussé la Thaïlande à l’action. Dix jours après sa crémation, le 10 septembre 1990, correspondant au 94e anniversaire de la création du Département Royal des Forêts, la Fondation Seub Nakhasathien a été créée. Elle a reçu des dons de Sa Majesté la reine douairière Sirikit et de Son Altesse la Princesse Soamsawal, ainsi que des milliers d’autres sympathisants. Ses objectifs sont de protéger les sanctuaires naturels ainsi que la flore et la faune qui les habitent et de protéger les espèces en voie de disparition.

Retrouvez cette biographie, plus complète, en anglais, sur Wikipédia, ou encore sous forme de 10 transparents (slideshow). On en profite pour vous rappeler que les rangers du monde entier mettent leur vie en danger pour la protection de la nature (en savoir plus).

Seub Nakhasathien a publié de nombreux textes liés à ses recherches, variées, par exemple sur la cigogne de Storm, sur la gestion de la forêt, qu’elle soit présente dans un bassin hydrographique ou qu’il s’agisse de forêt marécageuse de tourbe, sur le sauvetage de la faune, sur l’importance des sanctuaires fauniques, sur le muntjac de Fea, une espèce en voie de disparition, sur la nidification et la ponte de certaines espèces d’oiseaux, ou encore sur l’impact des centrales hydroélectriques sur la faune. Seub est connu de tous les Thaïlandais. Dans la culture populaire, plusieurs artistes lui ont consacré une chanson. Un poisson d’un nouveau genre découvert dans le sanctuaire de faune de Chiang Dao, ici dans la province de Chiang Mai, porte même son nom, l’oreglanis nakasathiani.

Pour commémorer la grandeur de Seub, Thai PBS a produit un documentaire, diffusé en 2013, The lights never gone (แสงไฟไม่เคยดับ). Par ailleurs, en 2015, Phakpoom Wongpoom a réalisé un court métrage, Falling rain in Huai Kha Khaeng (ฝนตกที่ห้วยขาแข้ง), avec Nopchai Chainam dans le rôle de Seub Nakhasathien, partie intégrante du quadriptyque Royal symphony – Songs in our Heart (คีตราชนิพนธ์์ บทเพลงในดวงใจราษฎร์), œuvre inspirée par les compositions musicales de feu le roi Bhumibol. Voici la bande-annonce du film qui conte la vie de Seub, dont la fin est tragique :

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Commémorations du 1er septembre

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. À notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

Dommage que les conférences Seub Talks de cette année 2021 – où toutes les commémorations son virtuelles – ne soient pas sous-titrées en anglais.

🌳 Cette année 2020 est une année particulière à deux titres : en premier lieu, la pandémie du Covid-19 vient bousculer les événements prévus mais surtout cette année marque le trentenaire de la disparition de Seub Nakhasathien. Le lundi 31 août 2020, dès 18h, l’événement est donc virtuel avec notamment deux concerts, un reportage vidéo (Spirit of the jungle) et une cérémonie aux bougies : le tout en direct sur Facebook.

🌳 Le mardi 1er septembre 2020 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. C’est habituellement un camp de deux jours qui est organisé annuellement; thème de cette année : le changement ne s’arrête jamais. En matinée, les rangers du sanctuaire font du mérite en souvenir de leur figure légendaire.

  • Les activités online sont diffusées en direct sur Facebook dès 18h15. Cela commence par un reportage (Goral Home & Hope) puis des discours et un débat pour se clore par une récolte de fonds avec un mini-concert.
  • De 17h à 21h, devant le Bangkok Art and Culture Center, dépôt de fleurs et cérémonie à la bougie à la mémoire de Seub Nakhasathien.
  • De 19h à 21h, à 5 endroits différents de la capitale – les lieux précis nous sont inconnus – LIGHT IT UP, projection laser de messages environnementaux.

🌳 Enfin, du 1er au 6 septembre 2020, 30th Memory of Seub, est une exposition commémorant les 30 ans de la disparition de Seub, écologiste devenu une légende, sous le thème ombre et lumière. Elle se déroule de 10h à 19h, Bangkok Art and Culture Center (au rez-de-chaussée, floor 1); l’entrée est libre.

Le hashtag de cette année – #30thSeub – vous permettra de retrouver les nombreux hommages et événements organisées dans tout le royaume.


La Fondation Seub Nakhasathien

Seub Nakhasathien Logo

Créée dix jours après la crémation de Seub, la Fondation Seub Nakhasathien maintient le flambeau environnementaliste. Elle s’est donnée pour tâches :

  1. Le soutien de la réserve animalière Huai Kha Khaeng.
  2. L’amélioration du bien-être des gardes-forestiers par des programmes d’empowerment (sur ce sujet, on vous invite à lire notre article sur la Journée mondiale des Rangers, célébrée bien sûr en Thaïlande).
  3. La protection et la conservation des forêts sous le concept « Pas de forêt, pas d’eau ».
  4. La promotion de la conservation des ressources naturelles et de l’environnement.
  5. Le soutien de la recherche sur la faune à travers la création d’un fond spécifique.

Ces cinq axes d’action expliquent par exemple l’implication de la fondation dans une récente affaire qui a scandalisé l’opinion publique thaïlandaise : le braconnage du patron multi-millionaire d’ItalThai qui est notamment soupçonné d’avoir tué une panthère noire, espèce protégée. La fondation suit cette affaire et veut que le coupable soit condamné (Son Altesse royale la princesse Ubolratana, soeur-ainée du roi actuel Rama X, soutient moralement le ranger à la base de la dénonciation). Plus d’informations (mais c’est en thaï); entre-temps, le patron en question a été condamné, reste en suspens le résultat des recours…

Les rangers s’efforcent de réduire le braconnage, qui hélas est quotidien, comme ici avec l’arrestation de trois chasseurs ayant tué un calao, espèce quasi menacée).

La Fondation Seub Nakhasathien sur le net

Site web (en langue thaï uniquement)
Page Facebook (version anglaise peu mise à jour)
Twitter
Instagram
YouTube
Issuu (qui vous permet de consulter le magazine édité par la fondation)


Autres organismes environnementaux

De par la richesse de sa faune et de sa flore, sans oublier bien entendu celle des fonds marins, le royaume de Thaïlande se doit d’être attentif à la protection de son environnement. Mme Pinkaew Laungaramsri, maître de conférence à la CMU – Université de Chiang Mai, nous parle de la politique de conservation de la nature en Thaïlande, un article publié dans la Kyoto Review of Southeast Asia.

Les ONG environnementales de la région du sud-est asiatique représentent un mouvement émergent. En Thaïlande, où elles sont plus développées, les ONG environnementales sont devenues une voix forte que le gouvernement ne peut plus ignorer4Moult ONG sont actives dans le pays, certaines focalisées sur la sauvegarde animale, d’autres sur l’environnement en général. Parmi elles, le WWF Thailand, de même que Greenpeace Thailand, rendent hommage à Seub Nakhasathien chaque 1er septembre. Citons encore, en vrac :

  • La fondation Freeland. Une fondation – soutenue par USAID – qui fournit une expertise et un soutien au réseau de sauvegarde de la faune sauvage des nations du sud-est asiatique (ASEAN Wildlife Enforcement Network), fruit d’une initiative intergouvernementale régionale visant à lutter contre la contrebande d’espèces sauvages.
  • La Fondation PATT – Plant A Tree Today. Voilà une ONG que n’aurait pas reniée Seub. Créée pour lutter contre la déforestation en cours par le biais de campagnes d’éducation du public et de plantations d’arbres, elle est fort active en Thaïlande.
  • Green Fins Thailand. Une organisation soutenue par l’UNEP – le programme de l’ONU Environnement qui travaille avec les opérateurs économiques, les communautés et les gouvernements. Cette ONG aide à mettre en œuvre des normes environnementales pour l’industrie de la plongée et du snorkelling par le biais d’un code de conduite.
  • Et enfin, non loin de Chiang Mai, Conserve Natural Forests (CNF – Préservation des Forêts Naturelles). Une organisation à but non lucratif basée à Pai qui vise à restaurer les écosystèmes tropicaux endommagés avec, comme principaux idéaux, le reboisement, la réhabilitation de la faune et l’éducation.

Les minorités ethniques, nombreuses ici au nord de la Thaïlande, sont très concernées par la problématique de l’environnement, notamment à travers la déforestation rampante. Qui est en contact avec les Karen, par exemple, sait ce peuple très proche de la nature. Ainsi, à la naissance d’un enfant, certains Karen entourent un petit arbre à l’aide du cordon ombilical : ce sera là l’arbre que le nouveau-né devra protéger tout au long de son existence. Il est donc naturel que des ONG soutiennent ces peuplades, à l’exemple de la KWCI – Initiative karenne pour la préservation de la faune et de la flore.

On mentionne in fine le ministère thaïlandais des Ressources Naturelles et de l’Environnement (son site web et sa page Facebook).


Déforestation. Du combat des environnementalistes, parfois mortel !

Il est bien loin le temps du royaume du Siam couvert de forêts épaisses et luxuriantes, habitées par une faune abondante, en particulier ici au nord ! La déforestation, commencée au XIXe siècle, a fait des ravages inéluctables. La forêt de Thaïlande, comme toutes les forêts tropicales, est en voie de disparition, hélas, trois fois hélas. Il s’agit cependant d’une problématique complexe. Lisez donc ces deux articles : Quel avenir pour les forêts thaïlandaises ? et En Thaïlande, les arbres cachent une forêt d’injustice. Celles et ceux désirant connaître le sujet plus en profondeur liront avec intérêt cet autre travail de Jean-Pierre Lainé : Déforestation et reboisement en Thaïlande. Quoi qu’il en soit, nous pouvons tous agir. En premier lieu en évitant d’acheter du bois devenu rare comme le teck. Il existe des labels assurant la durabilité sylvicole à l’image du label FSC.

Le précédent roi de Thaïlande, feu Sa Majesté Bhumibol le Grand, s’est beaucoup impliqué dans la protection de l’environnement. Un roi qui avait obtenu un prix décerné par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) afin de saluer son action exceptionnelle dans le domaine du développement humain, de la réduction de la pauvreté et de la conservation de l’environnement en Thaïlande5.  Un pays qui compte d’ailleurs de très nombreux parcs nationaux.

En tant que « roi du développement », Sa Majesté [le roi Bhumibol] a tendu la main aux populations les plus vulnérables de Thaïlande, sans se soucier de leur statut, de leur ethnicité ou de leur religion, a écouté leur problèmes et leur a donné les moyens de se prendre en charge.
Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies

Bien que la situation des défenseurs de l’environnement de par le monde soit tragique (les morts se comptent par centaines), ces activistes méritent une Protection Internationale, en Thaïlande aussi. Lisez donc notre article Parcs nationaux – La Journée mondiale des Rangers se célèbre aussi en Thaïlande. Et Chiang Mai a aussi ses activistes; en 2018, une action visant à sauver le Doi Suthep, montagne tutélaire de la ville, a remporté un vif succès. Jetez donc un œil sur l’article que le magazine Spark U Lanna leur a consacré : The environmentalists (pages 6 à 10).


Promenez-vous donc dans la nature siamoise !

Quelle meilleure façon que de prendre conscience de la richesse et de la beauté de la nature qu’en allant l’admirer in situ ? Et la Thaïlande vous offre mille possibilités : ses  rivages ou ses fonds marins, ses nombreux lacs, ses parcs nationaux, ses sanctuaires, ses cascades, sa jungle, ses montagnes…

Le nord du royaume en général et la province de Chiang Mai en particulier sont bien lotis. En tant que touriste, vous serez sans nul doute tenté par la visite du parc national du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, qui offre les plus belles cascades du nord thaïlandais. Ou encore les treks dans la jungle qui ont fait la réputation de la Rose du Nord (comme par exemple ceux de Loolu, un jeune Karen pétillant, très apprécié ici à Chiang Mai).

En louant un moyen de transport – scooter, motocycle ou voiture – vous pourrez visiter des endroits idylliques à l’image de Mae Kam Pong, ravissant village de montagne, et ses petites chutes d’eau :

Avant de nous quitter, contemplez les somptueux clichés de la nature siamoise que nous offre le photographe thaïlandais Priwan Den.

Puisse la protection de l’environnement dans son ensemble devenir l’attention permanente des habitants de la Thaïlande, un pays dont la beauté mérite cette prévenance – de même que le respect des touristes qui le visitent.

Nous reproduisons ci-dessous les informations relatives aux commémorations des années dernières, à toutes fins utiles.


Anciennes commémorations

Année 2019

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. À notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2019 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. C’est généralement un camp de deux jours qui est organisé annuellement; thème de cette année : Résultat de la préservation de la forêt au Huai Kha Khaeng.

Une exposition-photo en plein air est organisée à l’occasion des 29 ans de la disparition de Seub. C’est aussi une belle occasion d’observer la vie sauvage et naturelle depuis la « Tour du Paon ». Au programme le samedi 31 août : à 17h, concert acoustique du groupe Khao Laeng Arch (vidéo de l’année dernière), suivi de la projection d’un documentaire, puis un concert de l’artiste Manoch Puttal, avec un spectacle son & lumière à 21h. Une cérémonie aux chandelles clora la journée à 21h30 devant le mémorial de Seub. Le tout entrecoupé par des discours du superviseur de ce sanctuaire animalier et du vice-président de la fondation Seub Nakhasathien.

Le lendemain, dimanche 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.

Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

🌳 Exposition « Vie animale de la forêt Huai Kha Khaeng » du 3 au 8 septembre 2019 au Bangkok Art and Culture Center. La forêt du sanctuaire animalier est très riche en faune diverse (tigres, éléphants, tapirs, bisons, taureaux rouges, panthères, léopards et buffles sauvages, entre autres bêtes). Les images présentées dans cette exposition sont tirées d’un livre relatant l’histoire du sanctuaire.

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🌳 Evénement national du 6 au 8 septembre 2019 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Chaque journée à son thème. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos, de même que des animations musicales. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï). Les divers événements devraient être diffusés en direct sur la page Facebook de la fondation.

🌳 Notons encore que cette année 2019 a vu les ministres de l’Environnement des dix pays de l’ASEAN – réunis à Chiang Mai – signer un accord qui renforcera la lutte contre le trafic des espèces animales protégées. Une initiative pour laquelle se battait justement la fondation Seub Nakasathien (lire l’article plus complet du magazine francophone Gavroche).

Année 2018

La Thaïlande commémore donc officiellement la disparition de Seub Nakhasathien le 1er septembre de chaque année. Plusieurs événements ont lieu dans le royaume, principalement dans les divers sanctuaires et parcs nationaux. Les écoles sont également impliquées. À notre connaissance, aucun événement public n’est organisé à Chiang Mai.

🌳 Les 31 août et 1er septembre 2018 au sanctuaire Huai Kha Khaeng. Une exposition en plein air est organisée à l’occasion des 28 ans de la disparition de Seub. Le vendredi 31 août, en plus d’un débat l’après-midi, un concert a lieu à 17h, puis une cérémonie aux chandelles à 20h20 suivie d’un spectacle son et lumière sur la vie de Seub. Le lendemain, samedi 1er septembre, au même endroit, se tiendra une cérémonie bouddhiste à 7h du matin, suivie, dès 8h30, par des activités qui se destinent aux étudiants. A 9h, dépôt d’une couronne aux pieds de la statue de Seub. La commémoration se termine à 10h.
Programme complet et événement Facebook (mais tout est en langue thaï).

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🌳 Evénement national du 7 au 9 septembre 2018 au Bangkok Art and Culture Center. Cela se déroule au rez-de-chaussée (floor 1, multipurpose room), de 10h à 20h; l’entrée est libre. Tout au long de cet événement de trois jours, il y aura des débats, des rencontres et des discussions dès 13h. Avec une exposition thématique et une exposition de photos. Le tout visant à promouvoir la conservation de l’environnement telle que l’envisageait Seub Nakhasathien.
Programme complet et événement Facebook (et là aussi tout est en langue thaï).

#Seub #SeubNakhasathien #nature #Thaïlande #ProtectionNature #environnement #écologie


1 Selon le Système général royal de transcription du thaï (RTGS), le phonème สืบ devrait se traduire par ‘suep’ (et donc le prénom être ici Suep). Nous avons cependant repris l’orthographe utilisée communément (et donc erronément) tant par l’encyclopédie en ligne Wikipédia que, surtout, par la fondation qui porte son nom. A savoir Seub. Que les puristes ici nous pardonnent. Nous remercions Pascal Engelmajer, grand défenseur de la langue thaï, de nous avoir rendus attentifs à cet aspect.
2 Cette brève biographie est un résumé (traduction libre) de la biographie en anglais que vous pouvez retrouver sur Wikipédia.
3 Point de vue religieux sur le suicide, Wikipédia
4 Au sujet des ONG environnementales en Thaïlande, lire l’article de Sunil Subhanrao Pednekar, NGOs and Natural Resource Management in Mainland Southeast Asia
5 Hommage au « roi du développement », article de Håkan Björkmank (Chroniques UN)

Source photographique de l’image à la Une : เชียงใหม่นิวส์ Chiang Mai News.
Article composée le 02.09.2018 et mis à jour le 01.09.2021

Pourquoi la Thaïlande ne fête pas l’Éléphant le 12 août, Journée internationale de l’Éléphant ?

C’est le 12 août qu’est célébrée la Journée internationale de l’Éléphant. Un événement annuel qui a pour but la conservation et la protection des éléphants du monde entier. Mais pourquoi diable la Thaïlande, où les éléphants sont pourtant bien présents, qu’ils soient sauvages ou domestiques, ne célèbre-t-elle pas cet événement mondial ?

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Deux éléments expliquent cette léthargie nationale :

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C’est donc ce qui explique que le royaume de Thaïlande n’organise rien ou pas grand-chose le 12 août ! En revanche, le mois d’août voit organisée ici en Thaïlande la Conférence nationale sur les Éléphants. Vous avez sans nul doute entendu parler du fort impact qu’a eu la pandémie mondiale du Covid-19 sur la situation des éléphants ici en Thaïlande cette année 2020 : la disparition du tourisme a fait tarir la source financière que représentait l’exploitation des pachydermes. L’édition 2020 de cette conférence aborde bien sûr ce thème : Covid-19 – Aller au-delà, s’adapter et avancer après cette crise. Elle aura lieu à Lampang du 20 au 23 août 2020.

D’ailleurs, l’Office national du Tourisme de Thaïlande (TAT) a lancé l’opération « Help Community, Help Elephant, Help Nation » pour aider les éléphants à traverser cette crise du Covid-19 qui a vidé le pays des touristes étrangers. Grâce à diverses organisations spécialisées dans le bien-être des éléphants, ce sont plus de 1 450 éléphants domestiques appartenant à une centaine de camps qui sont soutenus à l’échelle nationale.

Conférence nationale sur les Éléphants 2020 (งานประชุมช้างแห่งชาติ ประจำปี ๒๕๖๒)
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Chiang Mai abrite des dizaines de camps d’éléphants dans sa jungle environnante. Les principaux ne font qu’évoquer cette journée de commémoration sans organiser un événement spécial – contrairement au 13 mars. Ainsi du meilleur,  l’ENP – Elephant Nature Park à ce qui était jusqu’à peu le pire, le camp d’éléphants de Mae Sa.

L’année dernière à cette époque, la fondatrice était en tournée promotionnelle en Europe. Et cette année, on la retrouve dans son parc parmi ses éléphants  (vidéo). Quant au camp de Mae Sa, c’était un sinistre endroit où se pratiquait l’exploitation animale à outrance mais la reprise du camp par la fille du fondateur thaïlandais, un chrétien décédé en 2019, associée à la crise du Covid-19, a permis une saine reconversion du camp : plus de balade sur le dos des pachydermes et plus de jeux de cirques. L’endroit essaie d’être rentable en permettant aux hôtes de nourrir les éléphants, de se baigner avec eux, ou encore de se prendre en photo. Autre intelligente ressource : la transformation des déjections animales en un engrais. Devenu ainsi plus respectueux des besoins de ses pensionnaires, ce camp avait pour habitude d’inviter chaque année les mamans thaïlandaises en ce jour national de Fête des Mères. Le Centre de conservation des éléphants, sis à Lampang, met généralement lui aussi sur pied ce 12 août une journée spéciale; mais elle ne concerne en rien la Journée internationale de l’Éléphant ! Il s’agit en fait d’activités au sein du centre où les mamans thaïlandaises sont là aussi à l’honneur (mais point cette année). Notez que la Patara Elephant Farm – qui n’a rien commémoré ce 12 août 2020 – organise annuellement un ancien cérémonial de vénération d’éléphants, avec une parade dans la jungle haute en couleur; il a lieu généralement fin juin/début juillet. Mais rien de tout cela en cette année 2020 où le Covid-19 bouscule toute les activités touristiques (les ayant fait disparaître pour beaucoup d’entre elles). L’ensemble des camps – bien mal en point en ce moment – est représentée par une association, la Thai Elephant Alliance, qui ne peut que déplorer la situation actuelle.

Rappelons ici qu’en matière de maltraitance animale, se balader à dos d’éléphants fait partie des dix attractions touristiques les plus cruelles selon une étude commandée par l’ONG internationale World Animal Protection. Il faut en finir avec ces ignobles jeux de cirque ! Évitons cependant de porter un regard manichéen sur ce sujet complexe. Ainsi de la polémique – toujours vivace – en lien avec l’utilisation du bull hook, un crochet pour faire obéir les éléphants domestiques… Dans cette vidéo par exemple, ce mahout, décédé entre temps, justifie son utilisation face à la dangerosité que représente un éléphant en musth.

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Journée Internationale de l’Éléphant

Elephant never forget
© Facebook

En dehors des zoos, les éléphants vivent sur deux continents : l’Afrique et l’Asie. Ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes espèces (différences entre l’éléphant d’Asie et l’éléphant d’Afrique). La principale menace de leur existence en Afrique est le commerce illégal de l’ivoire des défenses d‘éléphants (son interdiction n’empêche nullement le braconnage qui reste un problème important; 96 ! oui 96 éléphants sont abattus chaque jour en Afrique !). En Asie, la problématique est autre (les femelles de l’éléphant d’Asie sont dépourvues de défenses) : ici, c’est la perte de l’habitat qui menace l’espèce. Un habitat naturel qui se restreint d’année en année en raison de la population humaine croissante, de l’expansion des plantations agricoles (telle la production d’huile de palme), de la déforestation à grande échelle…

Relevons ici l’excellence du parc d’éléphants Kaeng Krachan, point fort du zoo de Zurich, en Suisse. Les gardiens (humains) n’interagissent plus qu’à travers une méthode inédite de contacts indirects. C’est là une réalisation que même la PSA – Protection suisse des animaux qualifie de remarquable. Le nom du parc (de détention) helvétique correspond en fait à un parc national thaïlandais. Les bénéfices générés par le premier permettent de soutenir les éléphants que l’on retrouve dans le second, ici en Thaïlande.

Parmi les éléphants d’Asie, il faut clairement distinguer les éléphants sauvages (que vous pouvez observer dans quelques parcs nationaux thaïlandais) des éléphants domestiques (qui sont en majorité exploités touristiquement depuis que le travail forestier leur a été interdit en Thaïlande). Heureusement, la législation dans ce pays a contribué à améliorer la situation. Cependant, l’éléphant d’Asie reste inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature. EuroNews vous en dit plus sur cette Journée internationale de l’Éléphant. En bon archiviste qu’il est, l’INA nous offre quelques intéressantes vidéos sur le sujet. À cette occasion, le National Geographic nous fait découvrir une très belle galerie photo, une galerie que tout un chacun peut contribuer à alimenter (YourShot). Ou encore celle du journal The Telegraph (il vous suffit de cliquer sur le cliché pour visionner le suivant). Vous remarquerez enfin l’étonnante dextérité de la trompe du plus grand mammifère terrestre.

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Beaucoup d’organisations de défense des animaux se battent pour la survie des éléphants en Afrique et en Asie. Au rang desquelles l’IFAW – Fonds international pour la protection des animaux, qui mène notamment le combat mondial pour que cesse le commerce de l’ivoire. Retrouvez ici une infographie sur les majestueux pachydermes d’Afrique ou encore la plaquette de leur programme Éléphants (qui n’inclue pas la Thaïlande). Signalons enfin une action annuelle qui concerne également les éléphants, la Marche Mondiale pour les éléphants, rhinocéros et tigres qui, en 2016, a été élargie à l’ensemble des animaux sauvages menacés d’extinction (une liste qui s’allonge de par les méfaits de l’être humain). Nous ne connaissons point encore la date d’une prochaine marche mondiale…

🐘  LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ÉLÉPHANT SUR INTERNET  

Site web (en anglais) et page Facebook (@WorldElephantDay, toujours en anglais).
Et encore : TumblrInstagram et Twitter.

L’année dernière, les responsables de cette Journée internationale nous avaient offert une vidéo des plus émouvantes. Celle de cette année est axée sur l’exploitation touristique « éthique » des éléphants en Thailande (si tant est que l’on puisse exploiter des animaux éthiquement) :

D’ailleurs, les autorités thaïlandaises ne sont pas insensibles aux critiques émises à l’encontre de l’exploitation qui est faite des animaux en Thaïlande. Pour preuve, le débat organisé à Bangkok par la TAT, l’Office du tourisme, avec des membres actifs dans cette lucrative industrie. Puisse la dimension éthique être incluse dans la réflexion…


Rencontrer des éléphants à Chiang Mai

Idéalement, il faudrait observer les troupeaux d’éléphants sauvages dans leur élément naturel, la jungle. Il existe plusieurs parcs nationaux où cela est possible (mais jamais garanti); aucun hélas ne se trouve dans la province de Chiang Mai. Cependant, force est de constater qu’au final bien peu de touristes font l’effort de s’y rendre. Difficile en effet de consacrer plusieurs jours pour réussir à observer – sans garantie aucune – des éléphants sauvages d’Asie dans leur environnement naturel. C’est pourquoi la plupart des touristes rencontrent ces pachydermes dans des camps sis dans la jungle. Et Chiang Mai est l’épicentre de cette activité touristique, florissante, avec tous les excès que cela engendre. Nous consacrerons un jour un article plus poussé sur ces camps…

L’ENP – Elephant Nature Park est sans nul doute le centre qui, ayant mis le bien-être des éléphants au centre de ses préoccupations, est le moins nuisible. Mais, succès oblige, il faut s’y prendre bien à l’avance pour être certain de pouvoir le visiter (les échanges se font en anglais). Nous pouvons également vous recommander de visiter un camp d’éléphants avec Loolu, un jeune Karen pétillant. Ici, pas d’exploitation à outrance, pas de cirque avec ces animaux fort intelligents, et pas non plus de balade sur leur dos ! Le petit camp est géré par une famille karenne. Nul doute que la rencontre des pachydermes, émouvante, sera l’un des moments les plus mémorables de votre séjour dans la Rose du Nord (d’autant si vous y allez durant la saison des pluies, de juillet à octobre, où étincelantes sont les vertes rizières). Découvrez (en français) les formules proposées par Loolu Tour pour rencontrer des éléphants dans la jungle.

Elephant Parade
© Facebook

Chiang Mai abrite également – et tout naturellement – l’Elephant Parade. Une entreprise sociale qui dispose de plusieurs points de vente à Chiang Mai et à Bangkok. Vous pourrez y acquérir de jolies reproductions artistiques d’éléphants. Ou participer à des ateliers à l’Elephant Parade Land où vous peindrez vous-même votre éléphant; une activité manuelle très appréciée des enfants. Cette société organise régulièrement à travers les grandes villes du monde des parades d’éléphants – conçus par des artistes réputés ou non – dont le but est de sensibiliser la population à la disparition de l’espèce et de récolter des fonds qui viennent en aide à un hôpital  où sont soignés gratuitement les éléphants à Lampang. Les touristes et les habitants de Chiang Mai gardent encore un beau souvenirs des 89 éléphants exposés dans plusieurs points de la ville en décembre 2016. Nous consacrerons là aussi un article plus approfondi sur les activités de cette entreprise sociale.

Que vous ayez rencontré ou non des éléphants dans un parc national ou dans un camp, peut-être aurez envie d’en voir ou d’en revoir. Les livres permettent de le faire à bon compte. On vous propose cette brève sélection.

Dernier des beaux livres édités, Mémoires d’éléphant, du photographe franco-grec Kyriakos Kaziras, vous propose une approche très picturale de la photographie, l’auteur maniant ses appareils photo comme des pinceaux. Comme l’indique son titre, Éléphants d’Asie – Un géant menacé, cet autre ouvrage est axé sur l’espèce que vous rencontrerez notamment en Thaïlande. On peut également faire confiance à l’éditeur Gründ qui réalise de bien beaux libres; L’Art d’être éléphant ne fait pas exception. Pour vous-même ou pour en faire cadeau, vous pouvez commander le calendrier Elephants, édition 2020 (la langue anglaise n’empêchera nullement d’admirer les superbes images au fil des mois qui passent).

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Si aux belles photographies vous désirez ajouter les connaissances de spécialistes, optez pour l’ouvrage Incroyable éléphants des photographes animaliers Denis et Christine Huot. Ce ne sont pas eux qui nieront la vie émotionnelle des animaux ! Et c’est précisément le thème d’un ancien livre sorti au moment où l’étologie devenait populaire : Quand les éléphants pleurent risque de vous bouleverser. Ajoutons pour terminer les récits de personnes sur le terrain. Une histoire d’amour africaine relate la vie de Daphné Sheldrick au Kenya, surnommée  « la mère des éléphants ». L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants, en Afrique du Sud, c’est Anthony Lawrence. On reste en Afrique avec Le Dernier des éléphants, où il est question du combat de Stéphanie Vergniault et son association SOS Éléphants du Tchad pour sauver les derniers spécimens de l’espèce. Et enfin le récit de Tarquin Hall qui touche, lui, à l’éléphant d’Asie : Vers le cimetière des éléphants relate une expédition entreprise avec un chasseur professionnel engagé par l’État indien pour abattre un éléphant qui a déjà tué trente-huit personnes ! Ce sont là les ouvrages encore disponibles les plus appréciés sur les éléphants.

Qu’il soit célébré le 12 août lors de cette Journée Internationale de l’Éléphant ou le 13 mars durant la Journée Nationale de l’Eléphant, on souhaite aux pachydermes de Thaïlande, et au-delà du monde entier, un meilleur avenir que l’hécatombe vécue durant le siècle passé !

#WorldElephantDay #JournéeMondialeElephant #JournéeÉlephant #éléphant #éléphants


Source de l’image à la Une : © Facebok – World Elephant Day
Article composée le 17.08.2018 et mis à jour le 24.08.2020

Le musée des minorités ethniques de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale

Les minorités ethniques que vous pouvez rencontrer ici dans le nord de la Thaïlande sont une des raisons du succès touristique du nord thaïlandais. Et elles sont nombreuses dans les provinces de Mae Hong Son, Chiang Rai, Lamphun, Lampang, Phayao et bien sûr Chiang Mai. La ville même de Chiang Mai est une mosaïque d’ethnies à elle toute seule.

Il est un musée au nord de la ville qui vous présente les principales ethnies habitant la région, c’est le musée des minorités ethniques, appelé aussi le musée tribal. Sa visite vous donnera un aperçu de la vie des membres de ces minorités, souvent réunis en villages ethniques dans les montagnes du nord. On vous parle aujourd’hui de ce musée, des événements qui l’animent – que ce soit le Festival de la Vie Tribale ou la cérémonie du riz nouveau – et bien sûr des diverses minorités ethniques du nord thaïlandais.

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Des minorités honnies

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de l’Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, tenue dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde, célébrée chaque 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ces populations en marge de la société. Et les événements publics organisés par le musée tribal y participent, au premier rang desquels son festival tribal.


Le musée tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le musée tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Le nom thaï de l’établissement (พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง) a été traduit par Highland People Discovery Museum en anglais, ce qui correspond, en français, au musée de la découverte des peuples des hautes terres, ces ethnies se concentrant généralement dans les montagnes environnantes (c’est le propre de toutes les ethnies minoritaires du monde : grimper à mesure que le peuple majoritaire s’installe en plaine).

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le musée tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de dix ethnies qui vous sont présentées là.

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale, un événement que nous vous recommandons chaleureusement si d’aventure vous deviez vous trouver dans la Rose du Nord au moment de son déroulement.

Le musée est ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer au bord du lac attenant, les paillotes servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

Présentation du musée en moins de 5 minutes, avec des danses traditionnelles en guise de fin
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Le musée tribal de Chiang Mai sur internet
(Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais); il n’est plus fonctionnel en cette fin d’année 2020…
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Avis TripAdvisor
  • Emplacement

Cérémonie du riz nouveau

Grâce aux températures plus fraîches en hauteur, les cultures qui parsèment les paysages montagneux du nord thaïlandais sont différentes de celles que vous pouvez observer en plaine. Néanmoins, les membres des diverses ethnies cultivent eux aussi du riz, des variétés différentes cependant.

Les ONG Impect et IMN Voices, en collaboration avec le musée tribal, vous invitent à participer à une cérémonie traditionnelle, la cérémonie du riz nouveau. Vous pourrez goûter à ce riz fraîchement récolté (กินข้าวใหม่) et profiter d’un marché réunissant les membres de diverses ethnies du nord thaïlandais. Cela se déroule les samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020 (aucune heure n’est précisée), au musée tribal de Chiang Mai (พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง), ici.

Au programme :

  • Samedi 28.11.2020 :
    – dégustation du riz nouveau bien sûr, avec des séances de cuisine;
    – divers spectacles folkloriques, impliquant chants et danses traditionnelles, de même que des musiciens, parmi lesquels des Hmong, jouant d’un orgue à bouche appelé khên (แคน), un instrument qui remonte à l’âge de bronze;
    – défilé de mode (habits ethniques, forcément);
    – un marché qui vous permettra non seulement de goûter à de la nourriture locale villageoise mais aussi d’acheter des produits agricoles et des produits artisanaux qui feront d’excellents souvenirs.
    – deux rituels auxquels il est plutôt rare d’assister : en premier lieu celui du peuple S’gaw (ปกาเกอะญอ), appelé aussi les Karen Blancs, et ensuite l’échange et le partage de graines végétales traditionnelles entre tribus indigènes, un rituel appelé pan rak pansuk (ปันรักปันสุข);
    D’autres animations complètent cette journée : un exposé dressant l’histoire du riz et de son importance pour les tribus et des activités motivationnelles (empowerment) visant à donner des outils pratiques permettant à ces minorités ethniques d’investir elles-mêmes le marché de la vente en ligne.
    Ce jour-là, samedi donc, il sera possible de visiter le musée tribal. Profitez-en.
  • Dimanche 29.11.2020 :
    – goûtez et cuisinez de la nourriture typique des diverses ethnies présentes, en utilisant des aliments venus de la montagne;
    – avec diverses animations tout au long de la journée et un marché d’artisanat, incluant des produits innovants.

C’est donc là une belle opportunité de rencontrer moult membres de différentes minorités ethniques qui partageront un peu de leur culture. Une occasion unique de se frotter au style de vie tribal.

Rappelons qu’une autre cérémonie impliquant du riz, un rituel tout aussi important pour le peuple du Lanna, est organisée en fin d’année, celle de l’offrande de riz du Wat Ton Kwen.


Le Festival de la Vie Tribale 2018

Aucune date ne nous a été communiquée quant à une nouvelle édition de ce festival, que ce soit en 2019 ou en 2020, année du Covid-19 !

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au musée tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

Tribal Life Festival 2018

MERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï) : page Facebook (@TribalLifeFestival) et événement FB


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

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© พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง

À l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (environ 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha (qui organisent leur singulier Festival de la Balançoire), les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté.e à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. À titre d’exemple, les Karen s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karen, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. À titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karenLes Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses : Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu
© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)

Mise à jour après l’édition 2018 du festival

Cette année, le festival a dû faire face à une météo capricieuse. Force est cependant de constater que les Thaïlandais eux-mêmes s’intéressent fort peu aux minorités ethniques peuplant leur pays. Sans parler de l’absence de promotion attirant les touriste étrangers. Mais les représentants de ces minorités sont bel et bien présents et disponibles à toutes et ceux qui veulent bien s’intéresser à leur sort.

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© Facebook – พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง

Vous trouverez ci-dessous une vidéo récapitulative de la cérémonie d’ouverture, une cérémonie qui était marquée par un défilé de mode où le designer – présent lors du défilé – s’est largement inspiré des motifs tribaux. Quelques photos d’ambiance ici, et encore ici. Un festival qui s’est donc clos et qui vous donne rendez-vous à la prochaine édition.

Nos articles en lien avec les minorités ethniques présentes en Thaïlande :
Le musée tribal de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale, un article qui vous présente brièvement toutes ces minorités ethniques;
9 août – Journée internationale des Populations Autochtones du monde;
Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité
29 juillet, Journée nationale du Thaï, la langue officielle de la Thaïlande
Commémoration de l’anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej, grand défenseur des minorités ethniques de son royaume.


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Article composé le 14.08.2018 et mise à jour le 27.11.2020.

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