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Féerie de chrysanthèmes à Samoeng

C’est à une bucolique virée florale que l’on vous convie. Une contrée ignorée du tourisme de masse où les seuls visiteurs sont locaux. Un endroit qui vous permettra de respirer le bon air de la montagne car Samoeng est une région montueuse aux multiples vallées encaissées.

Comment s’articule notre article ? On vous parle donc des champs de chrysanthèmes de Samoeng et l’on vous dit comment y aller, en vous dévoilant encore les attractions alentour et les hébergements conseillés. L’article se termine avec des adresses ailleurs qu’à Samoeng (en l’occurrence, dans la province de Chiang Rai et, plus près de Chiang Mai, à Mon Jam). Mais avant de vous dévoiler où se trouvent précisément ces champs de chrysanthèmes qui attirent Thaïlandaises et Thaïlandais, un peu d’histoire et de géographie vous sont imposées.

La floraison des chrysanthèmes a généralement lieu de mi-octobre à fin novembre ici au nord de la Thaïlande.
En 2020 par exemple, du 20 octobre au 25 novembre maximum !

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De la Chine au Japon – Une plante asiatique

© Chiang Mai De-ci De-là

S’intéresser au chrysanthème – un nom de genre qui vient du grec et signifie fleur d’or – c’est voyager en Chine, d’où la plante est originaire, et au Japon, où les fleurs sont considérées propices à la longévité et à la jeunesse éternelle. En Chine, le chrysanthème vivace fait partie des Quatre nobles plantes, associées au Quatre gentilshommes du confucianisme – qui en symbolisent des vertus – de même qu’aux quatre saisons. Au Japon, le Festival du chrysanthème est l’un des cinq festivals anciens et sacrés de l’empire. On doit la première description botanique du chrysanthème au botaniste provençal Thomas d’Audibert de Ramatuelle. En 1792, il a pu analyser une plante ramenée de Chine par le navigateur marseillais Blancard, sous le nom de « camomille à grandes fleurs ».

Au chrysanthème   题菊花 

Au vent d’ouest glacial, vous êtes florissant dans mon jardin   飒飒西风满院栽
Votre parfum n’attire nul papillon frileux 蕊寒香冷蝶难来。
Si je deviens un jour maître du printemps   他年我若为青帝,
Je vous inviterai à vous épanouir avec la fleur du pêcher   报与桃花一处开。

Ode au chrysanthème, célèbre poème chinois à la gloire du chrysanthème, œuvre de Huang Chao (黄巢), farouche chef d’une jacquerie paysanne contre la dynastie Tang

Le Chrysanthème des fleuristes – Chrysanthemum ×grandiflorum ou Chrysanthemum ×morifolium – est une plante ornementale appelée également Chrysanthème d’automne. Et c’est justement à la fin de la saison des pluies, vers mi-octobre ici au nord de la Thaïlande, que cette plante vivace offre sa floraison à nos yeux émerveillés. Au fil des siècles, à force d’hybridations, ce sont des milliers de cultivars différents qui existent maintenant de par le monde. Inutile de regarder la fleur pour savoir à quoi l’on a à faire car c’est principalement en regardant les feuilles, caduques, que l’on saura s’il s’agit d’un chrysanthème !


Et en Thaïlande

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Chrysanthèmes séchées © Chiang Mai De-ci De-là

Dans la région de Samoeng, c’est une variété à fleurs simples qui est cultivée – généralement jaunes ou blanches; elles ont une allure de marguerites. Vous savez déjà que dok (ดอก en thaï) signifie fleur; la fleur de chrysanthème est appelée dok kekhuai (ดอกเก๊กฮวย).

Le chrysanthème a longtemps été utilisé comme plante médicinale pour traiter les maladies respiratoires, la fièvre, les règles difficiles et les flatulences. Il est également comestible, les jeunes pousses et les pétales étant consommés frais dans des salades ou cuits dans des gâteaux alors que les fleurs séchées servent à produire tisanes et liqueurs. Attention, de nombreuses personnes réagissent négativement à la sève du chrysanthème, développant une dermatite de contact après une exposition prolongée à la plante. Les chrysanthèmes sont d’ailleurs considérés comme toxiques pour de nombreux animaux.

Une fleur aux nombreuses vertus cependant. Ainsi de ce site médical thaïlandais qui ne lui en trouve pas moins de 26 ! Les Thaïlandais apprécient la fleur de chrysanthème pour deux raisons principales : une fois séchée, elle se conserve longtemps. Qui plus est, elle permet de composer un breuvage qui se boit chaud ou froid, le thé de chrysanthème, une boisson rafraîchissante lorsque l’on a soif.

Photo Toto Montage
Balade champêtre © Chiang Mai De-ci De-là

Les champs de chrysanthèmes de Samoeng

Dans une petite vallée perdue du district de Samoeng, à l’ouest de Chiang Mai, ce sont des centaines d’arbrisseaux qui ont été plantés sur les collines. Ainsi, le village de Baan Om Long (บ้านอมลอง, dans le sous-district de Mae Sap) attire de nombreux admirateurs. Les jeunes (et moins jeunes) Thaïlandaises adorent se faire photographier au milieu des cultures, simulant la cueillette. Des blogueurs régionaux ont popularisé l’endroit, en le photographiant sous ses meilleurs atours : @TheiywLaewHlaw, @IAmSeason, คนขี้เล่า เหงาก็เที่ยว ou encore หมีบรื้น : The Wanderer Bear. C’est notamment grâce à ces photos que Baan Om Long est devenu récemment populaire. Les couples y posent maintenant pour leurs photos de mariage : le romantisme à la sauce thaïlandaise.

Sur place, durant la saison de la cueillette, les journaliers œuvrent sous une chaleur accablante, protégés par des parasols. Vous pourrez bien entendu déguster la boisson et acheter une galette de fleurs séchées (elle est vendue THB 100.-). À défaut, vous en trouverez au marché Warorot, à Chiang Mai donc, où les propriétaires agricoles écoulent principalement leur production.


Y aller

Difficile, voire impossible, d’emprunter un moyen de transport public pour visiter les diverses plantations. Vous devrez impérativement y aller avec votre propre véhicule (ou un véhicule loué), idéalement depuis Chiang Mai. Un deux-roues vous procurera plus de plaisir, obvie. Le site se trouve après le bourg de Samoeng, à près d’une heure de route en direction de Wat Chan (donc à plus de 2 heures en partant de la Rose du Nord).

L’on peut combiner la visite avec la fameuse boucle de Chiang Mai – Samoeng – Mae Rim – Chiang Mai. Mais le faire en une journée est périple harassant ! Quoi qu’il en soit, vous emprunterez la magnifique route en lacets 1349, de très bonne qualité depuis Samoeng. Une route appréciée des bovidés qui s’y prélassent ! Attention à ne pas rater l’embranchement à droite, là où dite route se dédouble (vous y verrez plusieurs panneaux d’indication publicitaires). À partir de là, la route se détériore (nids de poules et gravier) mais reste sans autres praticable. Une fois arrivé.e, les premières plantations s’offrent à vous. N’hésitez cependant pas à suivre la route de campagne qui longe la petite rivière Om Long car la plus belle d’entre les plantations se trouve plus loin encore, après que la route asphaltée se transforme en piste (attention car s’il a plu ce sera alors fort glissant). Un habitant du lieu nous a dit que la piste rejoignait la route 4021; elle devrait donc être asphaltée dans le futur mais nous ne l’avons pas empruntée jusqu’au bout (elle n’est point encore cartographiée).

Selon les indications des travailleurs agricoles recueillies sur place – qui sont dans leur écrasante majorité des travailleuses – la floraison ici à Samoeng a généralement lieu de mi-octobre à mi-novembre. Une fenêtre relativement étroite pour programmer votre visite dans la région.

On vous donne les coordonnées de deux exploitations :

  • la ferme de chrysanthèmes Nai Phon (ไร่เก๊กฮวยนายพล) : emplacement et page Facebook;
  • le jardin de chrysanthèmes Wang Than (ไร่วังธาร ดอกเก๊กฮวย), la dernière exploitation… et la plus belle à notre avis : emplacement et page Facebook.

De notre point de vue, le site ne vaut pas un déplacement à lui tout seul depuis Chiang Mai ! Mais si vous le combinez avec d’autres attractions dans la région, votre journée en sera alors arc-en-ciélisée.

Lorsque nous avons visité les diverses exploitations (en l’an 2018), l’entrée était gratuite (une gratuité compensée par l’achat de produits sur place). Mais le succès de ces exploitations poussera sans doute leur propriétaires à introduire un prix d’entrée minime, de l’ordre de THB 40.- par adulte…

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Attractions alentour

Photo Toto 7 light
Séchage des chrysanthèmes © Chiang Mai De-ci De-là

Nous consacrerons un jour un article plus complet à Samoeng, charmant district montagneux au pied du Doi Suthep, à l’ouest, où il fait bon dormir. Le village organise chaque année un Festival de la Fraise. Et si vous deviez vous rendre à Baan Om Long pour profiter de cette féérie florale – et accessoirement jouir de routes montagneuses procurant moult plaisir en deux roues – ne manquez pas dans ce cas deux arrêts indispensables. Un tout petit peu plus loin, en continuation de la route 1349, des rizières en terrasse où est également cultivée de la stevia, exactement ici. Et sur la route en y venant, le Wat Phra That Doi Nok (พระธาตุดอยนก), que vous n’aurez pas manqué de voir sur votre droite, érigé sur une colline (le Mont Oiseau en traduction littérale, doi nok). Son sommet vous procurera une magnifique vue sur toute la vallée, dans un lieu forcément paisible s’agissant d’un temple.

Attractions à visiter à Samoeng et alentour
➥ Le marché central de Samoeng (ตลาดสดเทศบาลตำบลสะเมิงใต้) où vous pourrez côtoyer les membres des diverses minorités ethniques descendus de leur village.
➥ La grotte aux chauves-souris Tham Luang Mae Sap (ถ้ำหลวงแม่สาบ), sis dans le parc national Khun Khan
➥ Le Wat Phra That Doi Nok et sa magnifique vue sur toute la vallée
➥ Les rizières en terrasse non loin des champs de chrysanthèmes
➥ Les très nombreux champs de fraises (où la cueillette est payante)
➥ Les photogéniques champs de blé du Centre de recherche agricole sur le riz (ศูนย์วิจัยข้าวสะเมิง), ici (de fin février à mars)
➥ Et donc les romantiques champs de chrysanthèmes

Ces diverses attractions et le charme de cette région montueuse nous poussent à vous conseiller tout naturellement de dormir sur place. Vous pourrez revenir à Chiang Mai en empruntant la route rural 4021 qui passe par Mon Jam, région non dénuée de charme, surtout si vous la parcourez en scooter.


Samoeng Center Photo Montage
Il y a hébergement de qualité à Samoeng, comme ici le Samoeng Center

Dormir à Samoeng

Dormir à Samoeng ! Voilà une belle occasion de vous imprégner du charme bucolique de cette région. Voici donc nos recommandations hôtelières, sachant qu’il existe quantité d’autres hébergements, à Samoeng même ou aux alentours. En cliquant sur le lien, vous serez dirigé vers le site Booking.com (avec qui nous sommes partenaires), où vous est présenté l’hôtel et où vous pourrez directement le réserver (adresses données sous réserve, la crise sanitaire de cette année 2020 étant passée par là…) :
Sometime @ Samoeng, c’est l’adresse qu’on préfère, un peu en retrait. Privilégiez les bungalows au bord de la rivière Samoeng (petit canal) avec vue sur les rizières et les collines alentour. THB 1’500.-/nuit (hélas, pas de rabais sans utilisation de la climatisation, bien inutile en saison fraîche). Un resort au milieu des cultures (fruits de la passion et raisins qui vous seront servis au petit-déjeuner).
Lhongkhao Samoeng est l’adresse la plus prisée, non loin de la fête; elle ne devrait pas vous décevoir.
Samoeng Center. Il s’agit de l’établissement le plus luxueux en ville, là-même où vous pouvez profiter du spa (onsen accessible aux invités). Faites-vous donc plaisir ! Nous, on adore.
Li-su Camp @ Samoeng. Il peut être original de dormir sous tente ! Pour ceux qui veulent vivre une expérience authentique, au contact d’une des minorités de la région, en l’occurrence les Lisu.
► Et enfin notre petite adresse de derrière les fagots. Baan Khao (White House en anglais, บ้านขาวสะเมิง โฮสเทล แอนด์ คาเฟ่ en thaï), une petite maison en bois tout de blanc peinte, en ville. Ce n’est évidemment pas le confort qui est visé en dormant ici (le prix est de THB 400.-/personne). Ici, vous aurez vraiment l’impression de vivre comme des locaux. Trois chambre avec salle d’eau commune. Une maison qui nous a envoûtés et qui ravira les amateurs d’authenticité. Vous pouvez essayer d’appeler (089 701 0417) mais le mieux est de passer pour réserver (et ainsi de voir si l’offre est en adéquation avec vos exigences).

DORMIR À SAMOENGRéservez sur
Booking.com
Avis TripAdvisor
Sometime @ SamoengInfosAvis
Lhongkhao SamoengInfosAvis
Samoeng CenterInfos
Li-su Camp @ SamoengInfosAvis
Baan Khao (White House)
Booking - Samoeng

À toutes fins utiles, vous pouvez consulter l’offre hôtelière de Booking (attention, les établissements ne se trouvent pas toujours proches du bourg de Samoeng !) et lire les bons conseils de TripAdvisor en lien avec Samoeng.

SAMOENG SUR BOOKING ET SUR TRIPADVISOR

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Rizières en terrasse et vue depuis le Doi Nok © Chiang Mai De-ci De-là et Facebook – จิรัฏฐ์ รถแดง เที่ยวเชียงใหม่

Ailleurs (Chiang Rai et Mon Jam)

Au gré de nos recherches, nous avons appris l’existence d’une autre région où vous pourrez admirer des champs de chrysanthèmes : il s’agit du district de Chiang Saen, dans la province voisine de Chiang Rai. Comme pour Samoeng, les chrysanthèmes ne justifient pas un long déplacement. En revanche, si vous passez dans le coin, dits champs égaieront votre journée.

L’exploitation dont il est question n’est autre qu’un Projet Royal proche du Triangle d’Or, précisément à Ban Doi Sa-ngo (orthographié également Doi Sako), où vit une communauté Lava (ou Lua, considérés comme les premiers habitants du nord thaïlandais). Et il semble que la floraison des feuilles de chrysanthèmes soit plus longue que celle à Samoeng… N’hésitez donc pas à y faire un détour si vous deviez visiter le Triangle d’Or en novembre ou décembre.

Découvrez son emplacement (โครงการหลวงสะโงะ) et quelques beaux clichés du photographe Nicky Prim. On vous rappelle les diverses possibilités de rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai. Bon voyage !

Enfin, plus près de la ville de Chiang Mai, certains jardins floraux proposent maintenant eux aussi des champs de chrysanthèmes. C’est le cas du jardin de fleurs Chok, situé à Mon Jam, dans le district voisin de Mae Rim. Laladaday y est allée. Cependant, la surface cultivée est bien moindre qu’à Samoeng.

Mon Jam, très prisé des Thaïlandais durant la saison fraîche, est une destination que nous conseillons : la rencontre des membres des minorités ethniques qui y travaillent est quasi garantie. Et d’autres attractions touristiques sont proposées aux alentours. Le coin étant des plus montueux, de là-haut, il y a de quoi profiter de beaux panoramas. De plus, en bordure de route, l’on peut y admirer des bua tong, les fameuses fleurs de tournesol mexicain, jaune éclatant. Depuis la ville de Chiang Mai, vous y serez en 1h30 de route maximum (les transports publics – en l’occurrence les minibus song thaew – rejoignent Mon Jam).

Emplacement (สวนดอกเก๊กฮวย ม่อนแจ่ม) et page Facebook de l’exploitation (qui vous demandera THB 40.-).

Si vous êtes arrivé.e en fin d’article, c’est que vous êtes passionné.e par les fleurs ! Et Chiang Mai en ce domaine vous offre le meilleur : sa fameuse Fête des Fleurs (qui a lieu chaque année le premier week-end du mois de février). Et s’il vous est impossible de vous rendre sur place, Amazon vous livrera des fleurs de chrysanthème bio (elles proviennent cependant de Chine). Enfin, si l’envie de cultiver cette plante devait naître en vous, vous pouvez en acquérir des graines. La prochaine fois que vous boirez un thé de chrysanthème, vous saurez alors à quoi ressemble et l’arbrisseau et sa fleur. Que la santé, la longévité et la jeunesse éternelle vous accompagnent.

Et l’on se quitte avec cette vidéo (tournée à Samoeng) :

Vous aimez les fleurs ? Vous adorerez alors lire…
La Fête des Fleurs à Chiang Mai
À défaut de Fête des Fleurs, Chiang Mai Blooms anime la Rose du Nord
Le parc Royal Flora en fête
Thai sakura, lorsque la Thailande du nord se pare de rose
Les champs de tournesols mexicains de Khun Yuam, à Mae Hong Son
Féerie de chrysanthèmes à Samoeng
Rachaphruek, Chiang Mai en jaune

#ChampsChrysanthèmes #chrysanthème #Samoeng #MaeSap #BaanOmLong #fleurs


Sources rédactionnelles : Wikipédia et Jardinier Paresseux.
Source de l’image à la une : © Facebook – The Wanderer Bear.
Article composé le 08.11.2018 et mis à jour le 18.11.2020


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Kathina 2018 – L’offrande de nouvelles robes aux moines

Consultez la mise à jour 2019 de cet article, plus complète encore :
Kathina 2019 – L’offrande de nouvelles robes aux moines

Dans toute la Thaïlande, au lendemain de la sortie de la retraite monastique (Ok Pansa), commence la période de Thod Khatin (ทอดกฐิน) ou Kathina. Elle dure un mois, jusqu’au Loy Kratong, à la fin du mois de novembre cette année. Thod Kathin est une cérémonie d’offrande de nouvelles robes aux moines; vous pourrez donc assister à des processions, toujours émouvantes et spectaculaires (les dates des cérémonies sont variables et dépendent de chaque temple). D’où donc vient cette tradition séculaire ? Comment se déroule-t-elle ? Quand a-t-elle lieu ? On répond à ces questions.

Kathina2018 - Illustration 2

Une tradition qui remonte au Bouddha

Kathina – nom sanscrit d’une sorte de cadre qui sert à tendre les tissus durant la couture – est une cérémonie religieuse observée dans les pays où le bouddhisme theravāda – la doctrine des Anciens – est implanté (tels la Birmanie, Sri Lanka, le Cambodge, le Laos et bien sûr la Thaïlande). Elle s’effectue durant le mois qui suit la fin de la retraite monastique annuelle (une retraite de trois mois lunaires qui se termine en octobre ou novembre). À cette occasion, les laïcs offrent aux moines une pièce de tissu qu’ils doivent transformer en une nuit en une robe monastique. D’autres dons utiles ainsi qu’un repas sont également offerts.

La tradition de kathina est attribuée au Bouddha lui-même. Il est question dans le canon pali d’un groupe de trente moines se rendant à Savatthi pour passer la saison des pluies auprès du Maître. N’ayant pu y parvenir à temps, ils s’arrêtèrent en chemin et se remirent en route dès la fin des trois mois obligatoires, sans égard à la pluie qui, elle, ne s’était pas arrêtée ; ils arrivèrent trempés à destination. Peut-être est-ce pour les réconforter que Gautama décida de renouveler leur garde-robe et de les dispenser temporairement de certaines règles. Une autre explication proposée est que le mois suivant la retraite était consacré à la préparation en commun de la garde-robe, et que certaines règles étaient relâchées pour faciliter ce travail. Bien que les dons des laïcs suffisent en général à satisfaire les besoins vestimentaires des moines, la tradition de la couture en commun a été maintenue car elle contribue à souder la communauté. La robe fabriquée en une nuit rappelle celle que Mahaprajapati Gautami, mère adoptive du Bouddha et doyenne des nonnes, tissa pour son fils.
Wikipédia

Kathina2018 - Illustration 1Les bikkhu – ou moines bouddhistes – sont soumis à 227 règles – ou préceptes. En s’y astreignant durant leur retraite de la saison des pluies, en plus de recevoir une part des dons de tissu faits au monastère, kathina leur donne l’occasion d’un allègement des règles (cinq de moins) pour une durée variable. Ils ne sont plus, par exemple, tenus d’avertir les autres moines de leurs sorties ni d’emmener les trois robes réglementaires dans tous leurs déplacements; ils peuvent accepter autant de dons vestimentaires qu’il leur sera fait, de même pour les dons alimentaires qui ne sont pas présentés dans les règles.


Déroulement de la cérémonie

Kathina constitue pour le monastère une journée spéciale au cours de laquelle les laïcs et parfois des moines ou nonnes d’autres communautés sont invités. Historiquement, les règles monastiques interdisaient formellement aux bonzes de solliciter un cadeau de tissu des laïcs; ils devaient en effet coudre leur robe avec des tissus récupérés. Mais cette coutume du don de robe est dorénavant solidement ancrée. La date de la cérémonie fait l’objet d’une réclame (souvent une banderole à l’entrée du temple avec en plus, de nos jours, une publication Facebook). Les différents temples de la région tiennent leurs kathina à des dates différentes. Comme lors de toutes les fêtes bouddhistes, certains dévots, pour s’acquérir plus de mérites, en profitent pour prononcer auprès de l’abbé le vœu d’observer huit préceptes (au lieu des cinq préceptes traditionnels). Si le temple est riche, les dons surnuméraires sont distribués aux pauvres.

Kathina2018 - Montage Photos Marco Rugo

© Chiang Mai Deci-Delà

En Thaïlande, la cérémonie se tient le plus souvent dans le monastère-même, soit au temple. Traditionnellement, la pièce de tissu est tout d’abord paradée (dans le village ou le quartier) et accompagnée d’un arbre à argent (ต้นกฐินเงิน, dtohn kathin ngern). Les pratiquants bouddhistes estiment que la personne ou le groupe qui organise ou parraine une procession kathina acquerra ainsi beaucoup de mérite (ทำบุญ, Tham Bun).

Le kathina ne peut être observé que par une communauté d’au moins cinq moines ayant passé les trois mois de retraite dans la même résidence. Ceux qui n’ont pas satisfait à ces conditions de présence en sont exclus. La pièce de tissu, d’environ trois mètres de long, est présentée à l’ensemble de la communauté – le sangha – qui l’offre solennellement à l’un d’entre eux, théoriquement le plus pauvre, le plus érudit ou le plus âgé. Le tissu est alors emporté et sera coupé, cousu et teint avant l’aube du lendemain par tous les moines ou un groupe désigné si la communauté est importante. Lorsque le vêtement, appelé mahakathina, est achevé, le récipiendaire l’étend symboliquement sur le cadre (le « kathina ») et appelle les autres pour approbation. Les participants à la cérémonie peuvent alors « déployer le cadre », c’est-à-dire bénéficier des assouplissements du règlement. À l’issue de la période autorisée appelée également kathina, ils doivent « replier le cadre » et suivre de nouveau l’intégralité des règles.

Outre la procession des laïcs, la cérémonie est faite de récitations de textes par les moines. Et puis ensuite il y a les dons qui sont effectués : don de nourriture plus particulièrement puisque le repas des moines doit être pris absolument avant le passage du soleil au zénith. Dans l’après midi, après le repas des moines, se déroule la cérémonie spécifique à cette journée.

Rappelons que les deux grandes cérémonies du bouddhisme theravadin sont le jour de Vesak – qui célèbre l’illumination de Bouddha, sa naissance et son extinction définitive – et donc la cérémonie de kathina. Celles et ceux qui veulent en savoir plus liront avec intérêt la retranscription de l’émission TV Sagesses Bouddhistes qui avait été consacrée à cette cérémonie.

Que signifie le mot même de kathina ?
Kathina, à l’origine, veut dire dur, difficile. On ne voit pas très bien, a priori, la relation avec la cérémonie [kathina], qui n’a rien de difficile, mais, traditionnellement, on a deux étymologies possibles. On dit que le don de la robe – parce qu’il doit répondre à un certain nombre de règles très précises – est un don particulièrement difficile à accomplir, ou bien que les bénéfices qu’on en retire sont durs comme le diamant. Ce sont deux étymologies plutôt symboliques que réellement linguistiques.
Dominique Trotignon, Sagesses Bouddhistes


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De quelques dates ici à Chiang Mai

Le kathina du temple local est un jour de fête pour tous et nous vous invitons à y participer afin d’expérimenter une cérémonie avec les locaux. Les dévots amenant les pièces de tissu parcourent souvent de nombreux kilomètres pour atteindre le temple désigné. En plus de l’aspect religieux, c’est aussi l’occasion de combiner sanouk, shopping et visites touristiques en un seul voyage prolongé.

ThodKathinPhotoCreditUnknow

Crédit photographique : inconnu

On vous livre ci-dessous quelques cérémonies qui ont lieu dans la province de Chiang Mai. La liste n’est évidemment pas exhaustive puisqu’il y a des centaines de temples qui organisent kathina ! Au surplus, consultez les publications plus fréquentes de notre page Facebook pour connaître les dates des cérémonies qu’organiseront d’autres temples de Chiang Mai et alentour tout au long des mois d’octobre et novembre. Le lien sur le nom du temple renvoie à Google Maps (on vous met également le nom du temple en écriture thaï afin que vous puissiez le montrer aux autochtones si vous ne deviez pas réussir à localiser le monastère). Cette liste sera complété au fil des jours…

Et si vous êtes ailleurs qu’au nord de la Thaïlande, sachez qu’un groupe Facebook répertorie moult autres cérémonies kathina à travers le royaume : รวบรวมงานกฐินทั่วไทย ปี2561 (évidemment, il vous faut connaître l’écriture thaï pour déchiffrer quelque chose).


Du côté de Chiang Dao, le Wat Thummuangna fête kathina le samedi 27 octobre 2018 (วัดพุทธพรหมปัญโญ, page Facebook

). Le lendemain, dimanche 28 octobre 2018, c’est au tour du Wat Tham Pakpiang (วัดถ้ำปากเปียง, page Facebook

). Pas d’autres indications pour ces deux événements.


Le temple au cœur de l’université de Chiang Mai, le Wat Fai Hin, a déjà eu ses festivités du kathina le 27 octobre dernier (วัดฝายหิน, reportage).

Le vendredi 2 novembre 2018, c’est le Wat Santitham, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, vendredi 2 et samedi 3 novembre (วัดสันติธรรม, programme). Un temple dont le chedi a été rénové grâce aux dons des fidèles. Cela commence donc vendredi avec Chunla Kathin (จุลกฐิน) par une cérémonie religieuse à 6h09 puis une cérémonie officielle dès 9h09, en présence du gouverneur de la province. Animations avec des danses traditionnelles et un marché (produits OTOP). La fête durera jusqu’en soirée avec une cérémonie religieuse à 19h et  un sermon à 20h – un moine très connu, Luang Pu Buaket Pathum Silo (หลวงปู่บัวเกตุ ปทุมสิโร), viendra de Mae Taeng – et probablement une autre cérémonie religieuse réunissant 60 moines à 21h. La musique traditionnelle du Lanna sera de la partie; vous y êtes cordialement invité. Le lendemain, samedi 3 novembre, offrande de nourriture aux moines à 7h30, suivie d’une cérémonie religieuse à 9h et de la cérémonie kathina à proprement parler à 9h30. Les moines mangeront ensemble à 11h. Pas moins de douze arbre à argent attendent les dons des dévots.

Kathina2018 - Wat Santitham Montage


Le Wat Jed Yod célébrera sa fête samedi 3 novembre, dès 10h (วัดเจ็ดยอด พระอารามหลวง, détails). N’hésitez pas à choisir cette fête-ci car la visite de ce temple d’inspiration hindoue n’est en rien comparable à celle des temples en ville; son parc est apaisant. Dommage que le spectacle khon de l’année dernière n’est pas réédité cette année-ci.


Même jour, samedi 3 novembre 2018, mais à Mae Taeng, au nord de Chiang Mai. C’est le Wat Nong Kai qui fête kathina (วัดหนองก๋าย, détails). Cérémonie religieuse avec 28 moines à 8h, prières à 9h39, offrande aux moines à 11h, repas en commun à midi et procession kathina à 13h.

Kathina2018 - Wat Nong Khai Cover


Plus près de Chiang Mai, toujours au nord du chef-lieu provincial, le Wat Pa Thep Khantikaram, à Mae Rim, célèbre kathina le dimanche 4 novembre 2018, de 8h à 12h30 (วัดป่าเทพขันติการาม, détails).

Kathina2018 - Wat Pa Thep Khantikaram Montage.jpeg


Le week-end du samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018, grande cérémonie kathina auprès du temple royal Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, à Chom Thong, à une heure de route au sud-ouest. Temple royal oblige, la cérémonie est conduite par un dignitaire d’État au nom de S.M. le Rama X. Ce temple a pour habitude de diffuser en direct ses diverses cérémonies et kathina ne devrait pas faire exception : Live FB (วัดพระธาตุศรีจอมทองวรวิหาร, événement FB du 03.11, événement FB du 04.11). La cérémonie kathina en tant que telle se déroule dimanche à 15h.

Kathina2018 - Wat Chom Thong Cover


C’est ce même week-end, les samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018 que le Wat Phra That Doi Saket, non loin de Chiang Mai, à l’est, a choisi pour son propre kathina. Samedi 3 novembre, une cérémonie religieuse se tiendra à 17h39, suivie à 18h39 par un spectacle de danse assuré par des étudiants. Le lendemain, dimanche 4 novembre, c’est à 8h39 que vous pourrez assister à la procession de kathina pour aboutir à la cérémonie à proprement dite à 9h39 où 29 moines y participeront (วัดพระธาตุดอยสะเก็ด, détails).

Kathina2018 - Wat Phra That Doi Saket Cover Montage


On nous signale d’autres cérémonies kathina la semaine suivante, sans que nous ayons beaucoup plus de renseignements supplémentaires :

  • Le jeudi 8 novembre 2018 au Wat Pa Thara Phirom, appelé également Wat Rim Ping car érigé au bord de la rivière éponyme (วัดป่าธาราภิรมย์ (วัดริมปิง)).
  • Le dimanche 11 novembre 2018 au Wat Si Arun, dans le district de San Pa Tong (วัดศรีอรุณ).
  • Le samedi 17 novembre 2018, de 8h à 16h, au Wat Tharathip Chaipradid, un centre de méditation vipassana (วัดธาราทิพย์ชัยประดิษฐ์ วิปัสสนา, événement FB, page Facebook).
  • Et enfin le dimanche 18 novembre 2018 au Wat Si Nawarat (ou Wat Thung Siao, วัดศรีนวรัฐ (วัดทุ่งเสี้ยว), détails).

Kathina2018 - Wat Pa Thara Phirom + Wat Tarathip Chaipradit Montage

D’autres cérémonies sont au programme les jours suivants. On complètera très bientôt cet article… En attendant, pour qui s’intéresse au bouddhisme et veut en approfondir ses connaissances, on publie à nouveau ci-dessous nos conseils de lecture.


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Voici quelques ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

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Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

Amazon Livre 12 - DvaravatiOn termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


Que ce soit durant une célébration particulière – comme ici kathina – ou alors au quotidien, n’hésitez pas à vous rendre dans les temples bouddhistes de Chiang Mai et d’ailleurs. Fête ou pas fête, il y règne toujours une ambiance particulière, certains temples étant porteurs d’une indéniable énergie tellurique.

#ThodKathin #Kathina #moine #RobeMonastique #bouddhisme #Bouddha


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Sources rédactionnelles : Wikipédia et Sagesses Bouddhistes. Source de l’image à la Une : DMC TV. Mise à jour le 03.11.2018

 
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Le zoo de Chiang Mai accueille les animaux du Dusit zoo de Bangkok, définitivement fermé

Si vous aviez prévu de visiter le zoo Dusit avec vos enfants, il va falloir changer vos plans. Le plus célèbre zoo de Thaïlande, véritable institution créée il y a 80 ans à Bangkok, a définitivement fermé le 30 septembre 2018 ! Un nouvel emplacement est prévu. Mais que vont devenir les centaines d’animaux du zoo ?


Quid des animaux ?

Zoo de Dusit The Standard FB

© Facebook – The Standard

A l’origine, ce zoo, le plus ancien de Thaïlande, était un jardin botanique, nommé Khao Din Wana, à l’usage privé de la famille royale. Un petit lac artificiel a été creusé là; la terre accumulée a formé un monticule et des arbres ont été plantés. D’où le nom du site, appelé affectueusement Khao Din par les habitants de Bangkok (Khao Din signifie « montagne de terre » et Wana peut être traduit par « forêt »). Ce n’est que depuis 1983 qu’il est devenu un zoo public sous le nom de Dusit (สวนสัตว์ดุสิต). Une attraction des plus populaires qui attirait plus de 2 millions de visiteurs par an.

Le nouvel emplacement, un terrain offert par le roi actuel, S.M. Rama X, dont la construction n’a pas encore commencé, est situé à Pathum Thani, la province au nord de la capitale. L’on nous promet une réalisation respectant les normes internationales en matière zoologique. Ne nous hasardons cependant pas à fixer une date d’ouverture… Ceci dit, les animaux en captivité jouiront d’un espace trois fois plus grand (300 rai, qui correspondent à 48 hectares). Mais que sont-ils donc devenus ?

Le zoo Dusit sur le web
On ne dira pas que les relations publiques du zoo Dusit sont des plus actives sur leur site web. Rien ou presque au sujet de cette fermeture n’y figure ! Ils auraient pu profiter de cette pause pour continuer leur mission de manière virtuelle, en attendant l’ouverture du nouveau zoo. Que nenni ! Ne vous reste donc à consulter que leur encyclopédie animale ou encore les anciennes éditions de leur magazine (e-Book qui ne sont pas récents, en langue thaï de surcroît…).
Pour ce qui est de la page Facebook, elle continue a être animée.
Le zoo dispose de son compte Instagram, un site sur lequel on peut aussi admirer de belles photos avec le hashtag #DusitZoo.


Le zoo de Chiang Mai en guise de maison d’accueil

Ce sont tout de même près de 1600 animaux qui doivent être temporairement transférés dans d’autres zoos de Thaïlande – un transfert qui dure deux mois  : à Chonburi (qui accueille tous les volatiles), à Nakhon Ratchasima, à Ubon Ratchathani, à Khon Kaen, et bien sûr à Chiang Mai. Au pied du Doi Suthep, la Rose du Nord dispose d’un zoo connu mondialement pour abriter des pandas remis en prêt par la Chine. Son aquarium attire lui aussi beaucoup d’admirateurs. Et il y a bien entendu des éléphants, un des symboles de la Thaïlande.

Zoo de Chiang Mai Logo FB

© Facebook

Quels sont donc les animaux qui ont été transférés ces jours derniers au zoo de Chiang Mai ? En voici une liste, non exhaustive (communiqué de presse) : on retrouve le koala, appelé aussi le paresseux australien, un marsupial qu’on ne trouve qu’en Australie, le chat viverrin, une espèce en danger d’extinction, le jaguar, un félidé lui aussi menacé, le renard à oreilles de chauve-souris, la petite civette indienne ou encore le muntjac de Fea, du nom d’un zoologue italien, espèce locale du cerf aboyeur ou muntjac indien. Vous devriez donc pouvoir admirer tous ces animaux au zoo de Chiang Mai.

Ce vaste zoo, qui n’a pas moins de deux entrées, est une des attractions incontournables de la ville, surtout pour les familles avec enfants. Presque tous les touristes passent devant, sans forcément s’y arrêter, car il se trouve sur la route du Doi Suthep, la montagne tutélaire de la ville sur laquelle a été érigé le temple bouddhiste éponyme le plus vénéré du nord de la Thaïlande. Après leur visite du zoo, certains en sortent charmés, d’autres dépités par les conditions de vie des animaux qui y vivent. On vous laisse juge.

Le zoo de Chiang Mai sur le web
Quoi qu’il en soit, ce parc zoologique, ouvert tous les jours de 8h à 17h, organise souvent des activités et autres événements diversifiés. Il a bien entendu son site web (quadrilingue dont l’anglais) et sa page Facebook, régulièrement alimentée. De même que son compte YouTube et Instagram (le hashtag #ChiangmaiZoo permet de le visiter à bon compte). Emplacement Google Maps.

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Conférences
régionale à Chiang Mai et mondiale à Bangkok

On peut bien sûr s’interroger sur le bien-fondé de l’existence-même des parcs zoologiques où les animaux, des êtres sensibles, sont confinés, certains diront incarcérés. Et les dérives sont nombreuses. Faut-il encore des zoos ? La question est légitime. Le bien-être animal est une cause émergeante et nous ne pouvons que nous en féliciter (d’ailleurs, une votation populaire fédérale a lieu en Suisse sur cette thématique). Une des problématiques – sans doute la plus essentielle – que soulève l’existence des parcs zoologiques est la suivante : indépendamment du plaisir que nous – êtres humains – pouvons retirer d’une visite au zoo, ces institutions servent-elles à la conservation des espèces animales¹ ?

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Il n’est pas de notre ressort dans ce court article d’animer ce débat. Néanmoins, on en profite pour vous parler d’une conférence qui se tient ces jours-ci à Chiang Mai-même. Il s’agit de SEAZA 2018, soit la 26e Conférence annuelle de l’Association des institutions zoologiques de l’Asie du Sud-Est, institutions qui gèrent notamment les zoos et les aquariums géants dans cette région dont fait partie la Thaïlande. Un événement, organisé sous le patronage de S.M. le roi Maha Vajiralongkorn, qui se déroule du 28 octobre au 2 novembre 2018 à l’Empress Hotel; les participants iront visiter le Night Safari (lire plus bas).

Au programme de cette conférence : la gestion et la conception des zoos, la science au service de la gestion des parcs zoologiques, les programmes de réintroduction d’espèces animales, le bien-être animal et l’éthique, les soins vétérinaires ou encore la biodiversité. Espérons qu’il ne s’agisse pas là de vains mots et concepts ! Celles et ceux désirant en savoir plus peuvent consulter le site web créé à cette occasion (c’est en anglais, langue officielle de l’ASEAN). Et si vous lisez le thaï, le zoo de Chiang Mai en parle sur sa page Facebook, de même que le site d’information 100LannaNews (ร้อยเรื่องเมืองล้านนา).

SEAZA est une association régionale membre de l’Association mondiale des zoos et aquariums (WAZA). Piquant télescopage de dates puisque cette conférence régionale était précédée d’une autre conférence, mondiale celle-là, qui s’est tenue à Bangkok.

WAZA est l’organisme unificateur de la communauté mondiale des zoos et aquariums, regroupant, en plus des institutions gérant les parcs, des associations, des organisations affiliées et des entreprises partenaires du monde entier, tous ensemble « Unis pour la Conservation ». La 73e Conférence annuelle de cet organisme s’est déroulée à Bangkok du 21 au 25 octobre dernier. Les participants ont abordé des problèmes mondiaux, s’attaquant à des questions clés. Ainsi, WAZA a accepté d’organiser un Congrès mondial sur les espèces pour faire face aux crises de leur conservation et de leur extinction. L’institution s’est engagée à suivre des lignes directrices pour une exploitation forestière durable. Elle a par ailleurs décerné divers prix et récompenses. Ce sont des orateurs de marque qui ont pris la parole tels que Jane Goodall, Messagère de la paix des Nations Unies, George Archibald, expert en grues (on parle bien sûr d’oiseaux), Kim Carstensen, directrice du Forest Stewardship Council, et Pilai Poonswad, conservationniste thaïlandais.

Les délégués ont également pris une décision audacieuse : l’accompagnement des autorités thaïlandaises dans la fermeture d’un zoo terrible, Pata, installé dans un centre commercial de Bangkok. 300 animaux parqués sur deux étages de l’immeuble de cette institution délabrée, parmi lesquels des espèces menacées telles qu’un gorille, un bonobo, un calao, un dragon de Komodo, entre aux chimpanzés et orang-outan. Vous pouvez lire la déclaration finale de WAZA2018.

Sur son site web, WAZA vous propose la visite d’un zoo virtuel (et là, pas besoin de billet d’entrée). WAZA sur Facebook (principalement en anglais) et sur le web (en français !).


Des zoos en Thaïlande

C’est un organisme gouvernemental qui gère les divers zoos publics du royaume : องค์การสวนสัตว์ ในพระบรมราชูปถัมภ์, en anglais le Zoological Park Organization of Thailand. Ces parcs sont au nombre de sept, sans compter l’Elephant Kingdom Project dans la province de Surin, dédié aux seuls pachydermes. Thailand Zoo dispose d’un site web et d’une page Facebook; il est présent sur YouTube. Une organisation qui dispose heureusement d’un Bureau de conservation et de recherche (สำนักอนุรักษ์ และวิจัย). Occasion de rappeler ici qu’il n’est pas aisé d’être activiste écologique au Pays du Sourire; l’exemple de Seub, qui s’est donné la mort, fatigué de combattre, est encore dans les mémoires des Thaïlandais sensibles à la protection de la nature.

Il y a également des zoos gérés par des entreprises privées, dont le but n’est pas philantropique, loin s’en faut. Outre Pata déjà cité, les plus connus d’entre eux sont le Night Safari et le controversé Tiger Kingdom ici à Chiang Mai, le Safari World à Bangkok ou encore le zoo de Phuket que beaucoup considèrent comme abominable (malgré le soutien officiel de l’Office du tourisme…). Ces institutions utilisent toutes le terme happiness dans leur communication mais il est permis de douter que le bonheur fasse partie du quotidien des animaux exploités en ces lieux…

#zoo #DusitZoo #WAZA2018 #SEAZA2018


¹ Une esquisse de réponse peut être trouvée dans le travail de mémoire présenté par Mme Violette Pouillard (Master en Sciences et Gestion de l’Environnement), Les zoos et la conservation des espèces – Le cas du zoo d’Anvers.

Sources rédactionnelles : zoo de Dusit, Bangkok Post (08.08.2018 & 24.08.2018), The Nation et Thai PBS. Source de l’image à la Une : © Dusit Zoo. Mise à jour le 01.11.2018.


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