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12 août – Célébration de la Fête des Mères en Thaïlande

La Thaïlande fête heureusement elle aussi ses mères ! Dans cet article, l’on vous dit pourquoi la date du 12 août a été choisie, qui est donc la « Mère de tous les Thaïlandais », comment les habitants du royaume fêtent l’événement et quelles sont les célébrations ici à Chiang Mai. Google y est allé de son sympathique doodle (que nous vous livrons en fin d’article). In fine, vous saurez même dire « Bonne Fête maman » en thaï 😄

Édition 2021

Difficile de célébrer quoi que ce soit en ces temps troubles où la moitié des provinces, dans la capitale, est confinée, subissant une pandémie meurtrière, terrible. Il n’en reste pas moins que ce jeudi 12 août 2021 est férié, triste Fête des Mères cependant…

Contentons-nous de vous signaler le spectacle de khon – un art récemment reconnu par l’UNESCO – offert en l’honneur de l’anniversaire de la reine-mère, un spectacle que vous pouvez visionner sur cette page Facebook. En voici la bande-annonce :

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Édition 2020

En raison de la crise du Covid-19 qui a amené les autorités à fermer les frontières aux touristes étrangers depuis le mois de mars 2020, nous ne mettrons pas à jour l’ensemble de cet article cette année, hormis les éléments de ce paragraphe, un article dont le contenu garde cependant toute sa pertinence.

Ainsi, cette année 2020, la tradition a été respectée avec une cérémonie matinale d’offrandes aux moines, suivie des traditionnels tirs au canon depuis la place Sanam Luang (le salut au canon), au cœur du quartier historique de Bangkok. Le roi régnant, S.M. Rama X, fils de la reine mère, est revenu au pays pour l’occasion, avec son épouse, S.M. la reine Suthida. En soirée, la place Sanam Luang fut grandiosement animée par les festivités officielles, notamment un show son & lumière impliquant de nombreux drones (le tout vidéo). Voici les photos officielles de la famille royale réunie.

MotherDay2016

Comme dans la plupart des pays du monde, la Thaïlande célèbre la Fête des Mères. Depuis 1976, cette fête a été fixée au 12 août. C’est donc officiellement ce lundi 12 août 2019 que seront fêtées toutes les mères du royaume, un jour férié1. Le 12 août correspond à l’anniversaire de Sa Majesté la reine douairière Sirikit, mère de Sa Majesté Rama X, l’actuel roi de Thaïlande. Au même titre que son défunt mari, feu Bhumibol le Grand qui était considéré comme le Père de tous les Thaïlandais, elle est elle-même la Mère de tous les Thaïlandais. Cette journée a donc été choisie pour célébrer la Fête des Mères (วันแม่, wan mae en langue thaï).

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La reine douairière Sirikit

Ainsi, le 12 août, tout le pays célèbre l’anniversaire de Sa Majesté la reine douairière Sirikit (สิริกิติ์) qui souffle cette année 87 bougies. C’est donc l’épouse de feu le roi Bhumibol le Grand, qu’elle a rencontré à Paris. Ils se sont fiancés le 19 juillet 1949, en Suisse (où son mari étudiait, à Lausanne). À noter que tous deux parlaient français.

La reine Sirikit n’exerce pas de fonction politique, même si elle a assuré la régence en 1956, lors de la période de retraite monacale du roi. Elle occupe en revanche de nombreuses fonctions caritatives, dont la présidence de la Croix-Rouge. De nombreuses décorations ont salué ses divers engagements : envers les réfugiés cambodgiens, la protection de l’environnement, les conditions de vie des femmes dans les campagnes, l’éducation en zone rurale et la promotion de la culture et des arts thaïlandais. Une reine dont la beauté a naguère inspiré les créateurs de mode, comme nous le rappelle le site MGR Online.

Reine douairière vs reine consort2
Douairière
. La douairière est un terme de droit ancien (conventionnel ou coutumier) désignant une veuve d’un milieu aristocratique jouissant d’une partie des biens de son défunt mari qui constituent son douaire. Comme son défunt mari régnait, on parle donc de reine douairière, appelée aussi reine mère puisqu’elle est la mère du souverain en titre. Le terme n’a donc que peu de rapport avec un éventuel douaire et constitue une précision utile lorsque deux femmes portent le même titre.
Consort. Le titre de reine consort correspond à l’épouse non couronnée du souverain. Or, quelques jours avant son couronnement, en mai dernier, S.M. le roi Rama X a épousé Suthida, devenue la reine consort du royaume.

La reine Sirikit Kitiyakara n’a plus fait d’apparition publique depuis plusieurs années maintenant. Cependant, l’année dernière, des photos officielles non dénuées d’émotion la montraient avec deux de ses enfants, Sa Majesté le roi Rama X (qui parle aussi allemand) et Son Altesse la princesse Maha Chakri Sirindhorn (qui, elle, entre autres langues, parle français). Vous pouvez en visionner l’album-photo complet. Rebelote cette année 2019 avec des photos de la reine entourée de ses enfants et petits-enfants, de même que la reine Suthida.

Photo Sirikit We Love Chakry 1
Cliché officiel daté du 12 août 2018 à l’occasion du 86e anniversaire de S.M. la reine Sirikit © Facebook – เรารักราชวงศ์จักรี « We love Chakri Dynasty »

Wikipédia vous permet d’en savoir plus sur elle. Vous pouvez également télécharger ce dithyrambe à sa gloire, qui résume toutes ses actions bienfaitrices.


Festivités en Thaïlande

Quelques semaines avant la fête des mères, les gens de tout le pays hissent le drapeau national accolé d’un drapeau bleu qui est le drapeau de la reine; les maisons sont également décorées avec le portrait de Sa Majesté la reine. Les établissements scolaires marquent eux aussi l’événement. Les Thaïlandais expriment ainsi avec beaucoup d’honneur leur loyauté envers elle. Durant plusieurs jours, les bâtiments administratifs et autres immeubles du royaume se parent des portraits de la souveraine bien-aimée (comme ici dans une gare de la compagnie ferroviaire nationale, la SRT, qui a organisé une cérémonie spéciale cette année, la reine appréciant les voyages en train). Les sites Internet mettent en place une page d’accueil spéciale pour lui rendre hommage et moult activités, dont des expositions, sont organisées en son honneur un peu partout dans le pays jusqu’à la fin du mois. Par ailleurs, beaucoup de Thaïlandais se parent de bleu, la couleur du jour de naissance de la reine, le vendredi.

Le corps diplomatique ne manque évidemment pas de présenter ses meilleurs vœux, comme ici l’ambassade de France à Bangkok. Ce jour particulier fait parfois le bonheur des numismates et autres philatélistes : ainsi de cette pièce commémorative de 10 bahts lancée à l’occasion des 75 ans de la reine ou ce billet de 80 bahts imprimé pour ses 80 ans.

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Dans la capitale, l’avenue Ratchadamnoen, Sanam Luang et toute la zone autour du Grand Palais sont enguirlandées et illuminées de nuit. À Bangkok, la matinée du 12 août commencent par des offrandes aux moines puis est consacrée aux cérémonies officielles. En soirée, le public se rassemble sur l’esplanade Sanam Luang (ainsi que sur les places principales des autres villes du royaume) pour allumer une chandelle et entonner une chanson à sa gloire (à 19h19 précisément). Cette cérémonie hautement solennelle est suivie de concerts et de nombreux feux d’artifices qui embrasent les cieux. On vous offre l’édition de cette année en vidéo :


Les Thaïlandais profitent de cette journée pour remercier leur chère maman pour son amour inconditionnel. La matinée de la fête des mères en Thaïlande commence par l’aumône aux moines (cérémonie qui permet d’acquérir des mérites). Suivant la tradition thaïlandaise, les enfants s’agenouillent devant leur mère pour montrer leur amour et leur gratitude. Ils lui offrent des fleurs ou des guirlandes de jasmin blanc (พวงมาลัยดอกมะลิ, phuang malai dok mali). En retour, la mère donne sa bénédiction aux enfants. Les fleurs de jasmin blanc sont le symbole de l’amour maternel. La couleur blanche de cette fleur symbolise la pureté de cet amour, l’intensité de son parfum en illustre la force, et le fait que cette fleur s’épanouisse toute l’année suggère l’éternité de cet amour. Les cadeaux ont également fait leur apparition depuis quelques années; ils sont devenus de rigueur pour exprimer l’amour pour sa maman. En complément, les activités caritatives, les dons, les offrandes aux moines représentent une partie importante de la journée pour exprimer l’amour et la gratitude de l’enfant envers sa mère.

Lors de la Fête des Mères, les Thaïlandais offrent à leur maman un bouquet de jasmin dont la blancheur rappelle la pureté de l’amour d’une mère pour son enfant

À l’occasion de cet anniversaire royal, une devise est émise par la royauté. Voici celle de cette année, en version originale :

เพราะรักลูกมากกว่าใครในโลกหล้า
เพราะพระคุณเลิศล้ำฟ้าจะหาไหน
เพราะสอนให้ประพฤติดีทั้งกายใจ
ลูกจึงรักแม่กว่าใครทดแทนคุณ

Un texte poétique que l’on traduira librement ainsi :

L’amour d’une mère pour son enfant est infini
La grâce maternelle est infinie elle aussi
Elle lui enseigne à bien se comporter, physiquement et mentalement
En guise de remerciement, l’enfant aimera sa mère infiniment

MotherDay2019VoeuxPatriarche
Comme il se doit, le patriarche suprême de Thaïlande, le sangharaja, a lui aussi émis ses bons vœux, rappelant des préceptes bouddhiques © Facebook – @prd3cmi

Célébrations à Chiang Mai

Comme chaque année, pratiquement tous les organismes gouvernementaux, établissements scolaires compris, marquent l’événement (exemple au parc national Mae Lay où à la municipalité de Mae Hia avec, ici, une belle danse traditionnelle exécutée) où sont également conviés les hauts dignitaires bouddhistes. C’est bien sûr le cas de la ville de Chiang Mai qui organise elle aussi sa cérémonie, solennité qui a bien peu d’intérêt pour le touriste de passage ou l’expatrié. De nombreuses célébrations sont aussi orchestrées par les entreprises privées, sans parler des animations (intéressées) des centres commerciaux. En revanche, pas de course cycliste populaire cette année comme cela avait été le cas en 2015, une action nommée Bike for Mom (qui avait suivi la retentissante action internationale Bike for Dad en l’honneur de feu le roi Bhumibol le Grand). Lamphun marque parfois l’événement avec une impressionnante danse Lanna aux chandelles (nous y étions; elle avait égayé le Festival du Longane en 2017).

Royal Flora Montage

Une cérémonie religieuse est organisée au Wat Suan Dok, samedi 10 août 2019, dès 8h. Ce n’est pas un hasard si ce temple convoque les dévots pour une telle célébration : c’est un temple royal soutenu par la monarchie.

Les autorités provinciales, de leur côté, organisent une cérémonie d’hommage au Centre de convention, au nord de la ville (CMECC – Chiang Mai International Convention and Exhibition Center). Au programme ce lundi 12 août 2019 (il vous est demandé une tenue correcte, idéalement dans les tons bleus) :

  • 6h : cérémonie d’offrande aux moines;
  • 8h : signature du registre officiel des vœux;
  • 17h : cérémonie aux chandelles.

Nous croyons savoir, sans que le programme nous soit connu, que les festivités officielles de la municipalité se tiendront sur la place des Trois Rois (พระบรมราชานุสาวรีย์สามกษัตริย์), ce lundi 12 août à la tombée de la nuit. Y aura-t-il des feus d’artifice ce soir-là, l’avenir nous le dira…

Comme l’année dernière, le parc royal Rajapruek (ou Royal Flora, อุทยานหลวงราชพฤกษ์, au sud-ouest de la ville) marque également l’événement en repiquant du riz. Une activité originale qui se déroule le vendredi précédent (cette année le 9 août 2019, en matinée). Lundi soir, le 12 août 2019 donc, a lieu une cérémonie de 18h à 20h mais elle est plutôt confidentielle (album-photo).

Et comme chaque année, l’accès au jardin botanique de la reine Sirikit (QSBG – สวนพฤกษศาสตร์สมเด็จพระนางเจ้าสิริกิติ์, à Mae Rim) est gratuit le 12 août.

QSBG - Montage
LannaFloraFestival2019Cover

Du vendredi 9 au mardi 13 août 2019, de 8h à 18h, on vous conseille vivement de vous rendre sur la place des Trois Rois (พระบรมราชานุสาวรีย์สามกษัตริย์). Devant l’entrée du Musée folklorique du Lanna (Lanna Folklife Museum, พิพิธภัณฑ์พื้นถิ่นล้านนา) prend place le 38e Festival floral du Lanna (Lanna Flora Festival, งานลานนาพฤกษาชาติ ครั้งที่ 38). Vous l’aurez deviné, il s’agit d’un festival de fleurs (à ne pas confondre avec la grande Fête des Fleurs qui se déroule chaque année, début février). Événement organisé en l’honneur de Sa Majesté la reine mère Sirikit (qui fêtera donc son anniversaire ce 12 août). Un festival qui donne lieu à des concours avec remise de prix (le mercredi 7 dès 16h, le jeudi 8 de 16h à 20h et le vendredi 9 août 2019, de 8h à midi). La cérémonie officielle d’ouverture est fixée au vendredi 9 août, à 17h; il y a là généralement une très belle danse traditionnelle. Une exposition agrémentée d’un marché aux fleurs, avec notamment des produits OTOP. Ce festival floral est organisé conjointement par la Chiangmai Orchid Society (สมาคมกล้วยไม้เชียงใหม่ในพระบรมราชินูปถัมภ์) et la Municipalité de Chiang Mai. Vous avez là des photos d’ambiance et un magnifique album-photo d’orchidées, un des symboles du royaume de Thaïlande. Sachez encore que la reine a donné son nom à plusieurs fleurs; Chang Puak Magazine nous en dit plus à ce sujet 🌺

Contrairement à l’année dernière, nous ne répertorierons pas ici toutes les actions proposées à l’occasion de cette journée particulière, fériée rappelons-le. Mais sachez que c’est une avalanche de promotions qui s’abat sur le consommateur thaïlandais (dont peut profiter le touriste de passage). C’est le cas par exemple des groupes de cinémas ou encore du service de transport VTC à la demande Grab. Les restaurants – pour la plupart internationaux – ne manquent pas, eux aussi, de marquer (commercialement) l’événement. Tous les centres commerciaux s’y mettent. Ainsi et à titre d’exemple, ce sont les étudiants de l’université Payap qui animent le plus grand centre commercial de la ville , le Central Festival Chiang Mai, du 9 au 12 août 2019 (de 11h à 21h, au rez-de-chaussée). Au programme: démonstrations de fitness, de médecine alternative, de compresses pour le massage, de cuisine (nourriture et boissons). Le tout animé par des chants choraux, de même que des défilés de mode chinoise (pourquoi chinoise ? on se pose encore la question).

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Sur la droite du cliché, vous voyez ce que sont les malai de jasmin. Vous en trouverez dès THB 100.- au marché aux fleurs dans le quartier Warorot. Attention : vu le prix du jasmin ce jour-là, il est rare que tout le collier soit en fleurs de jasmin (dans ce cas, ce n’est pas moins de THB 600.- qui vous seront demandés) ! Les fleuristes utilisent une fleur semblable, bien moins odorante, que vous voyez ici au bas de la guirlande. Parfois, c’est tout le collier qui est composé de ce succédané, d’où le prix moindre (ces deux illustrations datent de l’année dernière).

Même les cliniques y vont de leur offre « Fête des Mères » ! Il y a également des ateliers organisés spécialement à cette occasion : l’on vous apprendra à composer qui un cake et qui un origami floraux. Initiative plus louable : profiter de l’occasion pour faire un don du sang (les Thaïlandais y voient une manière d’accumuler des mérites, notion ô combien importante pour eux). Vous pouvez l’effectuer lundi 12 août, de 8h30 à 15h30, auprès de la Croix-Rouge, organe qui gère la Banque du Sang (comme déjà indiqué, S.M. la reine Sirikit préside la Croix-Rouge thaïlandaise).

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Quelques mots en langue thaï

Voici quelques mots en langue thaïlandaise en lien avec cette Fête des Mères3. Bonne chance pour leur prononciation 😉

  • Mère : แม่ (mae)
  • Fête des Mères : วันแม่ (wan mae) = jour mère
  • Le jour national de la Fête des Mères : วันแม่แห่งชาติ (wan mae haeng chat) = jour mère national
  • Bonne Fête des Mères : สุขสันต์วันแม่ (suksan wan mae) = joyeux jour mère
  • Je t’aime maman : รักแม่ (rak mae) = aimer mère
  • Sa Majesté la reine : พระราชินี (phrarachini) ou encore พระราชินีนาด (phrarachininat)
  • Feu d’artifice : ดอกไม้ไฟ (dok mai fai)
  • Fleur de jasmin : ดอกมะลิ (dok mali)
  • Guirlande de fleurs : พวงมาลัย (phuang malai)
  • Guirlande de fleurs de jasmin blanc : พวงมาลัยดอกมะลิ (phuang malai dok mali)

Vous voulez en savoir plus sur cette langue qui ne manque pas d’étonner le touriste à son arrivée au royaume de Thaïlande ? Lisez donc notre article 29 juillet, Journée nationale du thaï, la langue officielle de la Thaïlande.

Bandeau 1


Avouons que les créatifs thaïlandais savent émouvoir. Ainsi de leurs vidéos. Et celles pour la Fête des Mères ne font pas exception. En voici une parmi d’autres, intitulée Un enfant qui ne manque de rien :

Vous pouvez également visionner d’autres vidéos sur le même sujet, l’amour maternelle, que ce soit Souvenirs de maman (produite par la chaîne de restauration KFC) ou encore La vérité des Mères, une production Amazing Thailand (activez donc les sous-titres).

On en profite pour vous présenter Piyamapor, une maman thaïlandaise de 40 ans, et ses deux filles : Anaïs Pitcha, 3 ans, et Mélina Chanya, 18 mois. Un intéressant reportage du magazine Parents qui vous permet de savoir ce que représente la maternité au Pays du Sourire. Et en cadeau-bonus, un superbe album-photo du photographe Sarawut Intarob.

Et Google y est même allé de son sympathique doodle sur la page de recherche thaïlandaise.

À toutes les mères merveilleuses, patientes et aimantes, nous souhaitons une journée enchantée. N’oubliez pas d’honorer la vôtre ! Bonne Fête des Mères. Et Joyeux Anniversaire à Sa Majesté la reine Sirikit, Longue Vie à elle.

Vous comprenez maintenant pourquoi la Thaïlande ne fête pas l’Éléphant le 12 août, Journée Internationale de l’Éléphant ! On se quitte avec cette émouvante interprétation, une chanson intitulée Mère de la terre :

Occasion ici de signaler encore que chaque année, le 1er août marque la Journée des Femmes thaïlandaises (วันสตรีไทย) en l’honneur de Sa Majesté la Reine douairière, qui est considérée comme la Mère du pays. Cette célébration – célébrée depuis l’année 2003 – vise également à souligner le rôle important des femmes dans la société thaïlandaise.



1 Que tous les alcooliques établis en Thaïlande se rassurent, non, la vente et la consommation d’alcool ne sont pas interdites durant la Fête des Mères !
2 Définitions reprises de Wikipédia
3 On remercie ici Gilbert Courtot, qui s’est exprimé dans le groupe Facebook Apprendre le Thaï, de même que Learn Thai with Mod.

La source de la photo à la une (reprise en fin d’article) nous est hélas inconnue (probablement Facebook). Sources rédactionnelles : Learn Thai with Mod, TAT – l’Office du tourisme thaïlandais.
Article composé le 12.08.2019 et mis à jour le 03.08.2022.

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9 août – Journée internationale des Populations autochtones

Vous l’apprendrez sans nul doute aujourd’hui : les Nations Unies avaient déclaré l’année 2019 Année internationale des Langues autochtones. Par ailleurs, le 9 août correspond à la Journée internationale des Populations autochtones du monde. Belle occasion pour les diverses minorités ethniques de faire entendre leur voix. Et pour vous d’assister à une rencontre exceptionnelle avec les membres de ces minorités, nombreuses dans le nord thaïlandais.

On vous parle ici de cette Journée internationale, en vous livrant le programme de la fête. Vous en saurez plus sur la problématique de ces peuples, souvent bafoués. Et l’on vous dévoile un rituel méconnu qui perdure chez les Karen. L’on termine notre article par une brève présentation des minorités ethniques présentes ici au nord de la Thaïlande, en vous disant où en rencontrer autour de Chiang Mai.

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Édition 2023

Le thème de l’année 2023 est « Les jeunes autochtones, agents du changement pour l’autodétermination ». En savoir plus sur le site web des Nations-Unies. Une belle occasion de d’apprendre 10 choses sur les peuples autochtones.

À notre connaissance, aucune grande manifestation publique n’est organisée à Chiang Mai cette année (contrairement aux années dernières). Néanmoins, un événement a lieu au Centre de recherche anthropologique Sirindhorn, à Bangkok. Les échanges porteront sur la coopération des partenaires pour soutenir la gestion des aires protégées qui abritent des modes de vie ethniques, tout en promouvant leurs droits. Quelle sera l’évolution politique propre à la diversité de la société thaïlandaise ? Le tout est diffusé en direct sur Facebook. Sachez cependant que les représentants des nombreuses minorités ethniques de Thaïlande se sont cependant déjà réunis lundi dernier (vidéo).


Édition 2021 virtuelle, covid oblige

Vous ne serez pas étonné.e d’apprendre que l’édition 2021 de cette Journée internationale des peuples autochtones est célébrée virtuellement en Thaïlande, un pays où le terme « covid » est passé dans le langage courant mais surtout un pays en proie à une pandémie sanitaire terrible, affectant chaque jour toujours plus d’habitants (actuellement, le pays compte près de 20 000 infections par jour).

Au niveau international, le thème retenu cette année est « Ne laisser personne de côté : Les peuples autochtones et l’appel pour un nouveau contrat social ». La page web officielle de l’ONU vous en dit plus à ce sujet (et c’est en français).

Ici en Thaïlande, la réunion virtuelle permet un échange riche entre les diverses communautés, invitant notamment ses jeunes représentants. Elle est émaillée de reportages et de concerts d’artistes. Bien que tout ou presque soit en langue thaï, on vous invite vraiment à y jeter un oeil : c’est là une occasion unique de découvrir le quotidien des minorités ethniques, un quotidien bien loin de l’image qu’un touriste peut s’en faire. La vidéo dure plus de 6 heures.


Édition 2020 bousculée par le Covid-19 !

Dans la mesure où les frontières thaïlandaises sont fermées à tous touristes étrangers depuis le mois de mars 2020, nous n’avons pas mis à jour cet article – qui en garde par ailleurs toute sa pertinence – en dehors du présent paragraphe. La crise du Covid-19 a affecté l’organisation des festivités habituelles liées à cette commémoration, des festivités organisées malgré tout et réparties en quatre endroits différents en Thaïlande : dans la province centrale d’Uthai Thani, à Sakon Nakhon pour l’Isan et dans la province de Phatthalung, au sud.

Pour ce qui est du nord, c’est bien sûr Chiang Mai qui a été choisi. Cela se déroule les samedi 8 et dimanche 9 août 2020 au siège de l’ONG IMPECT (สมาคม), ici. C’est sous le signe de la solidarité entre les diverses ethnies que sont placées ces célébrations. Le thème en est « Partageons l’amour, partageons la joie, des montagnes aux océans » en reflet à la solidarité des minorités ethniques régionales qui se sont entraidées durant cette période de crise. Les célébrations sont diffusées en direct sur cette page Facebook.

Une édition toujours aussi colorée

9 août – Journée internationale des Populations autochtones du monde

Il est des journées qui accaparent les médias et aimantent les commerçants (prenez la Saint-Valentin en guise d’exemple). La journée dont il est question ici n’en fait pas partie, hélas, trois fois hélas. Les Journées internationales – voire mondiales – servent parfois à mettre en avant des problématiques complexes – certes moins populaires mais non moins importantes. Et cette Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde – célébrée le 9 août de chaque année – en fait indubitablement partie.

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© IMN Voices – ทักษ์ดนัย & บัวลอย

Le Nord thaïlandais est l’épicentre des minorités ethniques¹ – souvent venues du Nord – présentes dans le royaume : Karen, Shan, Lahu, Lisu, Hmong, Mien, Akha, Tai (dont les Taï Lüe que nous apprécions), pour ne citer que ces quelques minorités (en photo ici; pour en savoir plus sur les minorités ethniques, lisez donc notre article sur le Festival de la Vie Tribale). Nous ne pouvions donc passer sous silence cette commémoration d’autant que nous défendons, autant que faire se peut, ces peuplades aux droits souvent bafoués. La modernisation rapide de la Thaïlande va bien souvent à l’encontre des besoins de ces populations, par exemple en ce qui concerne la gestion forestière. Il s’agit aussi pour elles de préserver leur identité, leur langue et leur culture à travers la transmission de leur mode de vie aux générations futures, un mode de vie qui encourage une gestion efficace des ressources naturelles dans le pays. Cette transmission se fait par exemple à travers des réseaux éducatifs.

Les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones.

 Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 2

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Les membres des minorités ethniques profitent de cette Journée internationale pour organiser leur Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande. En 2017, la 3e édition de cette assemblée s’était tenue ici à Chiang Mai, réunissant pas moins de 38 groupes autochtones; elle coïncidait avec le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. C’est là un échelon important dans la reconnaissance des droits des minorités ethniques présentes dans tous les pays, a fortiori s’agissant des peuples premiers. Entre autres thèmes qui ont été évoqués, les défis et l’avenir des peuples autochtones en Thaïlande. Selon le Département du bien-être et du développement social, la Thaïlande compte 3’429 villages de « tribus montagnardes » totalisant une population de 923’257 personnes. Et 2017 marquait une date historique pour les ethnies minoritaires : leur reconnaissance par le gouvernement central thaïlandais ! Si vous désirez en savoir plus, Alain et Bernard font un rapide survol des  « populations montagnardes » du nord-ouest de la Thaïlande. Des populations dont le quotidien s’est amélioré grâce notamment à la Fondation du Projet Royal créée par feu le roi Bhumibol le Grand. Un roi qui a beaucoup œuvré à l’intégration des minorités ethniques au sein de la nation thaïlandaise, tout en préservant leurs spécificités culturelles.


Assemblée Nationale 2019 du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande

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Cette année, la 4e Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande est organisée du 8 au 10 août 2019 à l’Université Mae Jo, au nord de Chiang Mai (มหาวิทยาลัยแม่โจ้), ici. Elle a pour thème : « La langue maternelle, notre langue, une langue du monde » (en thaï : ภาษาแม่ ภาษาเรา ภาษาโลก).

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© Facebook – Sroi SeamLai

Les groupes ethniques présents dans le nord de la Thaïlande conservent encore leur identité linguistique, part intégrante de leur patrimoine culturel. Par ailleurs, ils jouent un rôle important dans la gestion durable des ressources naturelles et la préservation de l’environnement en Thaïlande. Cet événement fait partie d’une campagne plus générale pour que la société thaïlandaise reconnaisse et accepte l’identité et les droits des diverses minorités ethniques, composante du pays. La politique n’est donc pas oubliée puisque l’assemblée a pour but d’élaborer des mécanismes décisionnels, en plus d’être un forum politique pour peser sur les lois touchant aux minorités ethniques. Une manifestation qui vise à promouvoir le vivre ensemble dans une société multiculturelle et pacifique.

Ce sont plus de 1000 participants d’horizons divers qui sont attendus durant cette manifestation, représentant plus de 30 tribus indigènes. Un espace d’échange de connaissances et d’expériences afin de résoudre leurs problèmes communs. Où le partage désintéressé est bel et bien présent, à l’image de cette cérémonie de bénédiction durant l’événement de l’année dernière. C’est là un événement soutenu par diverses organisations dont l’Union Européenne. Le programme, sur trois jours, comprend de nombreuses activités dont des séminaires, colloques et débats pour le plaidoyer et la promotion des droits des peuples autochtones en Thaïlande. Et cette année, des activités d’apprentissage des langues tribales. Le Conseil des peuples autochtones de Thaïlande se réunit à cette occasion (CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand). La Journée internationale du 9 août sera bien entendu célébrée. Il y aura également un concours de photographie, des expositions sur les coutumes autochtones, un marché des produits de ces communautés, des concerts et des spectacles folkloriques, de même qu’un défilé de mode.


Programme 2019 de l’événement

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© IMN Voices – สังคม

Les festivités durent trois jours et commencent le jeudi 8 août 2019 à Chiang Mai. Étonnamment, le musée Tribal de Chiang Mai ne semble pas convié à la fête ! Quoi qu’il en soit, nous vous invitons vivement à vous déplacer du côté de San Sai, siège de l’université Mae Jo, dont la faculté d’agriculture est connue au niveau national. On vous livre ci-dessous l’extrait du programme complet, soit les principaux événements qui pourront vous intéresser en tant que touriste ou du moins en tant qu’étranger à ces ethnies.

JEUDI 8 AOÛT 2019 :

  •  13h : cérémonie d’ouverture avec des spectacles culturels des membres des minorités ethniques.
  • 14h puis à 15h : show des jeunes pousses (TKN Award).
  • 17h : démonstrations culinaires vous permettant de manger les spécialités des tribus.
  • Et de 18h à 21h30 : spectacle folklorique des 30 minorités ethniques. Une soirée qui vous permettra de découvrir la culture des minorités ethniques qui peuplent la Thaïlande, plus particulièrement le Nord.

VENDREDI 9 AOÛT 2019 (c’est la Journée internationale des Populations autochtones du monde à proprement dite) :

  • De 9h à 9h15 : représentation théâtrale reflétant l’importance de la langue maternelle.
  • 9h15 : débat académique Parler une langue autochtone – Relier le mode de vie local au monde. Avec des représentants des minorités ethniques, de l’Unesco, de l’ambassade américaine en Thaïlande et des professeurs d’université.
  • 10h : activité « Échanger du riz contre du poisson » (khao leak pla). Il s’agit de mettre en avant le système du troc traditionnel, sans monnaie, qui est bénéfique pour la communauté. Exemple ici avec une personne qui dispose de beaucoup de riz et en échange une partie contre du poisson.
  • De 13h à 15h30  : forum académique Identité tribale et mode de vie Karen – Promotion et conservation des modes de vie ethniques. Avec, entre autres, des représentants tribaux, dont le président par intérim du CIPT – Council of Indigenous Peoples in Thailand, de même que le directeur du Centre d’anthropologie Sirindhorn. Puis établissement des résolutions du Conseil qui seront présentées au gouvernement thaïlandais.
  • Et de 18h à 21h : divers spectacles assurés par les membres des minorités ethniques, avec un défilé de mode. Et là aussi une bien belle  soirée qui vous permettra de découvrir la culture de ces minorités.

SAMEDI 10 AOÛT 2019 (une journée qui ne vous concerne pas vraiment) :

  • De 9h à 16h : Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, en tant que tel. C’est la 4e Assemblée Nationale de ce Conseil. Il va de soi que, contrairement aux deux jours précédents, cette journée est réservée aux seuls membres du Conseil.

En parallèle et durant les trois jours de la manifestation, vous pourrez profiter d’expositions et autres ateliers :

  • une exposition artistique;
  • une exposition sur le développement des communautés des hauts plateaux (c’est comme cela que les Thaïlandais les nomment), notamment à travers l’agriculture durable, l’agriculture biologique et les petits domaines agricoles;
  • des ateliers sur les connaissances propres aux minorités ethniques, telles que les balançoires (une spécialité ludique appréciée des Akha), la teinture de tissus, la composition de livres fait main, la réalisation de bougies, etc.

Pour entrer en contact avec ces minorités, Lonely Planet a édité un petit dictionnaire de langues mais il est en anglais, le Phrasebook Hill Tribes. De quoi faciliter la première approche.

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© IMN Voices – ศรีเพชร & รศ.ดร.จิรวัฒน์

Suivez la manifestation sur cette page Facebook.

Mise à jour – Édition 2019. Vous pouvez retrouver cette édition en parcourant l’album-photo de CM Daily Update. Une édition retransmise en direct sur la page Facebook IMN Voices. En voici les vidéos des moments-clés :

Le magazine (publicitaire) anglophone Citylife a envoyé une stagiaire qui, au retour de sa journée, a composé cet article (en anglais donc). Et le témoignage apporté nous semble essentiel : l’image des minorités ethniques véhiculée par les médias thaïlandais – une image plutôt négative – doit impérativement évoluer afin que leurs conditions s’améliorent.


Organisation

La reconnaissance de leur statut par les autorités siamoises, la sensibilisation des gouvernements au niveau mondial, le soutien des ONG internationales, la révolution technologique (internet et autres réseaux sociaux), le soutien selon les principes du case management, ce sont là quelques-unes des raisons qui ont facilité l’autonomie des minorités ethniques qui n’hésitent plus à revendiquer leurs droits.

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Cet événement est soutenu par beaucoup d’associations et d’ONG, entre autres :

  • Le Réseau des Peuples Autochtones de Thaïlande (NIPTNetwork of Indigenous Peoples in Thailand, เครือข่ายชนเผ่าพื้นเมืองแห่งประเทศไทย en thaï), que vous retrouvez sur Facebook.
  • Le Réseau des médias autochtones (IMN Voices – Indigenous Media Network) qui dispose d’une page Facebook et d’un site web en thaï (la version anglaise est rachitique). C’est lui qui gère l’événement Facebook.
  • Le Réseau des Femmes Autochtones de Thaïlande (IWNT – Indigenous Women’s Network of Thailand), actif sur Facebook et sur le web. Il est intéressant de consulter la liste des membres du comité de ce réseau pour vous rendre compte que beaucoup d’ethnies y sont représentées.
  • สมาคม IMPECT, une ONG qui déploie ses diverses activités en faveur des minorités ethniques dans la région du Nord. IMPECT est un acronyme signifiant éducation et culture des divers peuples de la montagne en Thaïlande. Cette ONG défend le développement durable des minorités ethniques; elle a été fondée en 1993 et est composée entièrement par des représentants de groupes autochtones. IMPECT sur Facebook et sur le web (mais tout est en langue thaï).
  • Autre ONG active au sein des populations autochtones du nord thaïlandais, la Fondation Manushya (site web et page Facebook). Fondée en 2017, elle sert de pont pour engager, mobiliser et responsabiliser les agents du changement. Cette fondation développe des stratégies visant à placer la voix des communautés locales au centre de la défense des droits de l’homme. La Fondation Manushya renforce la solidarité et la capacité des communautés et des populations de base à s’assurer qu’elles peuvent soulever de manière constructive leurs propres préoccupations et apporter des solutions afin d’améliorer leurs moyens de subsistance et la situation des droits de l’homme sur le terrain.
  • Le réseau TKN-Ton-kla qui s’adresse aux enfants et à la jeunesse issus des minorités. Il est soutenu par la fondation suisse Pestalozzi (page Facebook et site web).
  • À l’occasion de cette Journée internationale, la Fondation inter-culturelle (CrCF – Cross Cultural Foundation) a créé d’intéressantes fiches d’information sur l’indigénéité dans le cadre d’un projet de recherche et d’actions contre la discrimination raciale en Thaïlande. Vous pouvez consulter ces fiches signalétiques en langues anglaise et thaï. C’est là une fondation militante qui se bat pour la défense des droits des minorités ethniques (page Facebook et site web).
  • La Fondation pour la linguistique appliquée (FAL – Foundation for Applied Linguistics) s’implique pour que les enfants des minorités ethniques présentes en Thaïlande puisse bénéficier d’une éducation dans leur langue maternelle, ce qui permet un apprentissage plus rapide et plus efficace. Elle fournit des méthodes et des conseils aux enseignants locaux (page Facebook et site web).
  • Diakonia Thailand, une ONG suédoise qui soutient les diverses minorités en prônant des valeurs chrétiennes (page Facebook et site web). Attention ! En la matière, le prosélytisme n’est jamais loin…

Les peuples autochtones ont le droit d’observer et de revivifier leurs traditions culturelles et leurs coutumes. Ils ont notamment le droit de conserver, de protéger et de développer les manifestations passées, présentes et futures de leur culture, telles que les sites archéologiques et historiques, l’artisanat, les dessins et modèles, les rites, les techniques, les arts visuels et du spectacle et la littérature.

Déclaration des Nations unies sur les les droits des peuples autochtones, article 11,

IndigenousPeoplesDay2018LogoONU

Chiang Mai abrite de nombreuses ONG – Organisations non gouvernementales venant en aide aux diverses minorités ethniques. Une guesthouse est même gérée de manière autonome par les membres de diverses communautés. Il s’agit de l’INA House, à côté du Pont de Fer, non loin du Night Bazaar. Par ailleurs, leur situation au niveau national est largement étudiée. À titre d’exemple, lisez le rapport (en anglais) de Micah F. Morton, chercheur au sein de l’ISEAS – Yusof Ishak Institute de Singapour, Le mouvement des peuples autochtones en Thaïlande s’étend. En français, vous avez cette étude-ci : Les politiques de gestion des minorités en Thaïlande.

Autre ONG, l’IWGIA – International Work Group for Indigenous Affairs, d’origine danoise, est une organisation mondiale de défense des droits humains qui se consacre à la promotion, à la protection et à la défense des droits des peuples autochtones. Elle édite un rapport annuel mondial sur leurs droits, The Indigenous World (Monde autochtone). Un rapport implacable. C’est Kittisak Rattanakrajangsri qui dresse la situation des minorités ethniques en Thaïlande. L’auteur est lui-même Mien du nord de la Thaïlande. Il travaille avec des communautés et des organisations autochtones depuis 1989. Il est actuellement secrétaire général de la Fondation des peuples autochtones pour l’éducation et l’environnement (IPF), basée ici à Chiang Mai. Vous pouvez lire son travail pour l’année 2017 (dès la page 352), l’année 2018 (dès la page 306) et l’année 2019 (dès la page 311). La situation actuelle de la Thaïlande est résumée ici.

La Thaïlande est victime – toute consentante – d’une explosion touristique. Dès lors, la demande de terrains pour les hôtels et autres installations touristiques augmente. Et ce sont les peuples autochtones de Thaïlande qui risquent de perdre encore davantage de leurs terres au profit d’hôtels et de parcs nationaux, en raison de l’expansion incontrôlée du tourisme qui tend à les marginaliser, s’alarment des groupes de défense des droits de l’Homme, parmi lesquels la Fondation Manushya cité plus haut. Vous en saurez plus en lisant l’article du Petit Journal.

Prenez donc le temps de connaître les diverses problématiques de ces peuples à travers les quelques liens ci-dessus. Vous pouvez également lire les 10 choses à savoir sur les peuples autochtones, une information du Programme des Nations Unies pour le développement (UNDP).


Et au niveau institutionnel

Les peuples autochtones sont représentés à l’ONU – Organisation des Nations Unies par l’Instance permanente sur les questions autochtones (IPQA) qui dispose d’un Secrétariat (SPFII). Un secrétariat qui ne met pas vraiment à jour la version française de son site web ! La page Facebook, en anglais, est en revanche bien vivante. Sachez que la Thaïlande a voté en faveur de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples autochtones en 2007. Wikipédia nous donne une brève explication sur cette Déclaration qui a rencontré beaucoup d’obstacles avant son adoption ! Mais à force de persévérance, les droits des peuples autochtones sont peu à peu reconnus. Et c’est ainsi que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution sur les droits des peuples autochtones, proclamant cette année 2019 Année internationale des Langues autochtones (lire ci-dessous).

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), qui représente l’engagement du monde envers les idéaux universels de la dignité humaine, promeut et protège tous les droits de l’Homme. Les observations sur la Thaïlande sont disponibles sur cette page web. On vous invite à prendre connaissance plus spécifiquement de ce document (en anglais et qui date) résumant les droits des peuples indigènes en Thaïlande. Et plus généralement en Asie (un travail de recherche sous l’égide du BIT – Bureau International du Travail, ILO en anglais).

Les peuples autochtones ne sont pas oubliés par l’UNESCO – Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture mais l’UNESCO semble hélas oublier de mettre à jour son site web !

L’UNICEF – Fonds des Nations unies pour l’enfance avait mené une campagne de sensibilisation des adolescent(e)s issu(e)s de ces peuples.

Et enfin d’autres ONG qui défendent les droits de ces peuplades, entre autres (là, tout ou presque est en anglais et/ou en thaï, obvie) :

Vous pouvez encore visionner le reportage qu’avait consacré ThaiPBS à l’Assemblée de l’année 2015. De notre côté, nous parlons – principalement sur notre page Facebook et à chaque fois que nous en avons l’occasion – des différents événements organisés par ces communautés très vivantes ici à Chiang Mai et alentour. Puisse cette Journée internationale sensibiliser le monde à la problématique vécue par les minorités ethniques, où qu’elles se trouvent, afin que leur culture soit préservée.


Les membres des minorités, souvent bafoués

C’est hélas bien souvent une constante : les membres des minorités ethniques, bien peu respectés en Thaïlande, voient leurs droits souvent bafoués. Ainsi du jeune Ja Jue, tué par un officier de police à Huai Khrai alors qu’il se déplaçait en motocycle. Un événement tragique qui a poussé les habitants du coin à manifester pour demander plus d’équité. Alors que personne ne l’a vu avec une arme, les villageois affirment que son corps a été déplacé et qu’une arme a été déposée a posteriori ! Il semble qu’il soit totalement étranger à un quelconque trafic de drogue. Les manifestants ont demandé :

  1. Que le policier responsable du drame quitte immédiatement la zone.
  2. Que l’enquête soit menée par des personnes neutres.
  3. Que les témoins et la famille de la victime bénéficient d’une protection adéquate.

Autre exemple au Myanmar voisin avec la situation des Karen, victimes d’une guerre civile qui ne dit pas son nom. Le film documentaire Like we don’t exist (Comme si nous n’existions pas), relate leur témoignage, dramatique et émouvant. En voici la bande-annonce :

Une pensée en cette journée particulière pour ces peuples aux droits souvent bafoués ne leur fera pas de mal !


Rencontrer des minorités

À la rencontre des Karen avec Loolu Tour

Les minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais sont une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai – Mae Hong Song – Mae Sariang – Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. En dehors des festivités régulières où les minorités sont présentes – cette Journée internationale des Peuples autochtones, le Festival de la Vie Tribale ou encore la  Lanna Expo et autres manifestations permettant par exemple d’admirer leur folklore – l’on peut aller à la rencontre des tribus ailleurs qu’au musée Tribal de Chiang Mai. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. À titre d’exemple, les Karen s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.


La cérémonie du bracelet, une tradition Karen

Il est important que la culture des minorités ethniques puisse être transmise aux générations futures. À titre d’exemple, nous vous dévoilons une tradition qui perdure chez le peuple Karen : durant le 9e mois de chaque année, les anciens nouent autour du poignet des jeunes un bracelet en coton, une cérémonie qui donne lieu à de réjouissantes festivités. Au Myanmar voisin – appelé précédemment la Birmanie et d’où viennent et vivent beaucoup de Karen – cette cérémonie est appelée la Fête du Bracelet blanc (en thaï : งานผูกข้อมือเดือนเก้า, qui signifie « cérémonie du poignet le 9mois »).

Ce rituel – réunissant l’ensemble de la communauté – crée un lien entre les générations afin de rappeler aux plus jeunes qu’ils doivent en permanence penser et chérir leurs parents et toute personne s’occupant d’eux (les enseignants par exemple). Selon la croyance Karen, le bracelet noué au poignet apporte une protection aussi bien physique que spirituelle. Ce sont des cérémonies qui se déroulent généralement dans les temples bouddhistes, en présence des moines. Les Karen chrétiens ne la pratiquent donc pas. Y sont préparées des victuailles traditionnelles : riz gluant, riz bouilli, collations aux fruits… Chants et danses agrémentent la fête, de même que des jeux collectifs. Il s’agit de promouvoir l’harmonie au sein de la famille et de la communauté entière. C’est aussi et surtout une occasion pour les jeunes de trouver leur tendre moitié…

CérémonieBraceletKaren2019PhotoHugMungNeuaMontage
Crédit photo : Michael Minn Minn © Facebook – @HugMungneua

On vous livre ici quelques lieux et dates où vous pourrez observer ce rituel2 :

  • Dimanche 04.08.2019 : au sanctuaire Chao Pho Suea, à Bang Khae (Bangkok); au temple Chai Mongkhon, à Pak Nam (Bangkok), au marché Saphan Mai, Soi Phahonyothin 96/7 (Bangkok).
  • Dimanche 11.08.2019 : dans le quartier Bang Chalong, à Samut Prakan; dans le quartier Rangsit, à Bangkok.
  • Lundi 12.08.2019 : Sukawadee, à Pattaya, au temple Phloen Phet, district de Sam Phran, à Nakhon Pathom; au temple Rabat Thong, district de Pak Tho, à Ratchaburi.
  • Dimanche 18.08.2019 : au temple Phraayasuren, Ramintra Road 109, à Bangkok et au marché Simummuang, à Pathum Thani (Bangkok), le plus grand marché maraîcher du royaume.
  • Dimanche 25.08.2019 : au Wat Nakhon In, à Nonthaburi et au temple Tha Sao, quartier de Krathum Baen, à Samut Sakhon.

2019 – Année internationale des Langues autochtones

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© Facebook – @IYIL2019
  • 7 000 langues parlées dont 2 680 en danger
  • 370 millions de personnes
  • 90 pays
  • 5 000 cultures autochtones différentes

Voilà ce que représentent les langues autochtones dans le monde ! Des langues qui jouent un rôle essentiel dans la vie quotidienne des individus, non seulement en tant qu’outil de communication, d’éducation, d’intégration sociale et de développement, mais également comme gardiennes de l’identité et de l’histoire culturelle, des traditions et souvenirs propres à chacun. Pourtant, malgré leur valeur inestimable, les langues du monde entier continuent de disparaître à un rythme alarmant. Après l’Année internationale des langues, célébrée en l’an 2008, c’est dans cet esprit que les Nations Unies ont déclaré 2019 Année des Langues autochtones (#IY2019) afin de sensibiliser le public à celles-ci, non seulement pour que ce soit profitable aux personnes qui parlent ces langues, mais également pour que les autres puissent apprécier leur importante contribution à la riche diversité culturelle de notre monde.

Quand tu bois de l’eau, pense à la source (proverbe chinois)

L’IYIL2019 fait la promotion des langues autochtones dans cinq domaines clés :

  1. Accroître la compréhension, la réconciliation et la coopération internationale.
  2. Créer les conditions favorables au partage des connaissances et à la diffusion des bonnes pratiques concernant les langues autochtones.
  3. Intégrer des langues autochtones dans l’élaboration des normes.
  4. Autonomiser les personnes impliquées par le renforcement des capacités.
  5. Élaborer de nouvelles connaissances pour promouvoir la croissance et le développement.

Restez donc au courant des nombreuses actions entreprises tout au long de cette année 2019 – proclamée Année internationale des Langues autochtones – grâce au site web et à la page Facebook officiels (et les francophones sont gâtées puisque presque tout est traduit dans notre chère langue). Par ailleurs, l’édition 2019-1 du Courrier de l’Unesco (périodique téléchargeable gratuitement) passe en revue les problématiques liées aux langues et savoirs autochtones.

Celles et ceux attendant une nouvelle édition du Festival de la Vie Tribale devront prendre leur mal en patience (la dernière a eu lieu le 15 août 2018) ! Pour l’heure, aucune date d’une prochaine édition ne nous a encore été communiquée. C’est, là aussi, une bien belle façon de rencontrer des minorités ethniques.


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande3

On termine avec une brève présentation des minorités ethniques du nord de la Thaïlande que les anglophones appellent hill tribes, les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire du sud de la Chine, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits).

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© พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง

À l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et les non-Thaïs (environ 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande dont on parle ici. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée tribal). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement.

On se quitte avec cette ancienne bande-annonce (hélas, le site de nouvelles The North องศาเหนือ, sis à Chiang Mai, n’a assumé  aucun direct cette année ni produit un quelconque reportage) :


Nos articles en lien avec les minorités ethniques présentes en Thaïlande :
Le musée tribal de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale, un article qui vous présente brièvement toutes ces minorités ethniques;
9 août – Journée internationale des Populations Autochtones du monde;
Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité
29 juillet, Journée nationale du Thaï, la langue officielle de la Thaïlande
Commémoration de l’anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej, grand défenseur des minorités ethniques de son royaume.


¹ Les minorités ethniques présentes au nord de la Thaïlande ne sont pas à proprement parler des autochtones, ce terme signifiant « originaire du lieu (pays, contrée, région, par affaiblissement ville, village) où il habite et que ses ancêtres ont également habité ». Elles sont en effet arrivées après l’envahisseur thaï. Elles profitent cependant de cette Journée internationale des Peuples autochtones afin de sensibiliser la population et de revendiquer leurs droits, à juste titre.
2 Source de cette information : @HugMungneua.
3 On reproduit ici le texte déjà publié dans notre article sur le Festival de la Vie Tribale.

#JournéePeuplesAutochtones #IndigenouseDay #IndigenouseDay2020 #IndigenouseDay2019 #IYIL2019 #IYIL2020 #วันชนเผ่าพื้นเมือง 

Crédit photographique de l’image à la Une (que nous remercions vivement) : © BangkokBlue (Blue Johnson).
Article composé le 07.08.2019 et mis à jour le 09.08.2023.

Bouddha, la légende dorée – Exposition (à Paris)

Que n’a-t-on pas écrit sur le Bouddha, lui qui, comme d’autres grands maître à l’image de Jésus ou Mahomet, n’a jamais écrit une seule ligne ! D’ailleurs, a-t-il même existé ? L’exceptionnelle exposition dont nous vous parlons aujourd’hui permet d’approcher un être qui aura apporté un éclairage bienveillant sur notre existence, suivi par des millions d’adeptes qui, sans tous se lancer dans la quête de vérité, suivent encore ses enseignements. Occasion unique de découvrir des pièces artistiques d’une valeur incalculable.

En y venant, vous constaterez que la Thaïlande est un pays profondément bouddhiste. On détaille bien sûr l’exposition Bouddha, la légende dorée, tout en vous présentant brièvement le musée Guimet, l’institution qui vous la propose. Une exposition dont les divers médias se sont emparés. Vous en saurez plus sur la vie de Bouddha en consultation la série des publications Facebook du musée Guimet intitulée Sur les pas de Bouddha. Et l’on termine par des conseils de lecture pour qui veut s’initier aux enseignements de l’Éveillé.

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La Thaïlande, un pays profondément bouddhiste

Le Bouddha, et plus généralement le bouddhisme, n’est pas forcément la raison première qui vous a poussé à venir en Thaïlande. Néanmoins, une fois le pied posé dans le royaume, et plus encore à Chiang Mai, vous serez vite confronté à la prégnance de Siddhārtha Gautama, le Bouddha supputé historique.

L’Éveillé n’a jamais mis les pieds en terre siamoise, sauf dans des légendes. Il est néanmoins présent partout au quotidien. Promenez-vous en ville et vous croiserez sa représentation à foison. Pour un bouddhiste thaïlandais, une statue du maître n’est pas une simple image mais bel et bien sa présence réelle, d’où l’immense respect que les Thaïlandais vouent à  toutes les représentations du Bouddha – à quelque exception près.

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Cette œuvre ne fait pas partie de l’expo © Facebook – Dhamma on Lens

Et il est probable qu’une fois rentré dans votre pays d’origine, vous garderez en tête encore longtemps l’énigmatique sourire permanent qui habite l’Éveillé et presque toutes ses représentations. Peut-être même que vous vous intéresserez alors à son message qui vise à se libérer de la souffrance.

L’auteur de cet article n’avait pas hésité à faire le déplacement vers Paris pour la seule visite du musée national des Arts asiatiques (MNAAG), plus communément appelé le musée Guimet, peu après sa rénovation en 1997. Et c’est à une exceptionnelle exposition organisée dans ce musée que nous vous invitons aujourd’hui, vous rappelant que nous sommes entrés il y a peu dans la retraite de trois mois qu’effectuent les moines bouddhistes, appelée khao phansa ici en Thaïlande.


Exposition Bouddha, la légende dorée1

Pour la première fois en France une exposition événement est consacrée à la vie du Bouddha et à la diffusion du bouddhisme en Asie. L’exposition met en exergue la richesse des traditions iconographiques et stylistiques se rapportant à la représentation de la vie exemplaire et édifiante du fondateur du bouddhisme.

Conçue sur un mode transversal, l’exposition confronte les modes d’expression artistique des différentes aires culturelles de l’Asie et en révèle les similitudes et l’originalité, pour mieux souligner la diversité et la richesse des arts asiatiques. Articulée autour des grands « miracles » de la vie du Bienheureux (naissance, éveil, premier sermon, accès au nirvana), l’exposition permet d’admirer un ensemble représentatif d’œuvres issues des collections du MNAAG et de comprendre par l’illustration les épisodes de la vie du Bouddha.

En s’appuyant sur les chefs-d’œuvre du musée, les grandes étapes de la vie du Bouddha sont retracées, depuis sa naissance survenue dans le parc de Lumbini au sud du Népal jusqu’à sa totale extinction à Kushinagara dans l’État indien de l’Uttar Pradesh. Il s’agit de mettre en regard les représentations du Bienheureux lui-même dans les multiples transcriptions iconographiques et esthétiques déclinées dans les divers pays d’Asie, de l’Afghanistan au Japon et de la Chine à l’Indonésie, où peintures, statuaires et plus marginalement architecture, sont mises à l’honneur. Narrant le destin d’un homme aux qualités intellectuelles et morales exceptionnelles, la vie du Bouddha se déroule telle une geste de l’esprit, tour à tour concrète et banale, miraculeuse et transcendante.

MuseeGuimmetExpoBouddhaLaLégendeDoréeCover

Quatrième religion au monde en nombre de fidèles, derrière le christianisme, l’islam et l’hindouisme, le bouddhisme représente le véritable fil conducteur du parcours muséographique qui se découpe en dix séquences, depuis les scènes des vies antérieures jusqu’à l’esthétisme de l’image du Bouddha en Asie, en passant par le premier sermon et la communauté monastique (dont les arhat). Ainsi sont rappelées les circonstances de l’apparition du bouddhisme en Inde, aux environs du 5e siècle avant J.-C., puis l’évocation de la « Bonne Loi » et les principales évolutions doctrinales qui ont marqué son développement : bouddhisme ancien (theravada), bouddhisme du grand véhicule (mahayana) et bouddhisme du véhicule de diamant (vajrayana).

Cette exposition, qui présente 159 œuvres au total, fruit de quatre années de préparation, vous offre les clefs de compréhension essentielles associées à la légende du Bouddha.

INFORMATIONS PRATIQUES
Exposition Bouddha – La légende dorée
Du 19 juin au 4 novembre 2019 (ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h)

Au musée national des Arts asiatiques (MNAAG, musée Guimet), à Paris; accès.
On vous conseille vivement la visite commentée (€ 8.- en sus du billet d’entrée), les samedis à 14h (jusqu’au 21 septembre 2019) et les samedis et les jeudis à 14h (du 23 septembre au 4 novembre 2019).


Le musée Guimet

Événement FB / Site web / Page Facebook / Blog / Twitter (@MuseeGuimet) / Instagram / Chaîne YouTube / #MuseeGuimet


En savoir plus sur l’exposition

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© Facebook – Zhang Lu

Les médias de l’hexagone se sont emparés du sujet et vous parle plus en profondeur de cette exposition, de même que du Bouddha et du bouddhisme en général, à l’image de Telerama, de La Croix, du Figaro ou encore du quotidien Le Monde. Si vous n’êtes pas abonné à ces journaux, l’article du magazine Le Point fera l’affaire, tout comme celui de Sciences & Avenir. Vous pouvez aussi vous rabattre sur le dernier numéro du Mag du MNAGG qui vous parle de l’expo.

Et si l’érudition vous titille, vous lirez avec délectation l’intéressante présentation de Véronique Crombé sur Bouddha News. Ou encore l’intervention de Anne-Frédérique Fer parue dans la revue culturelle franco-chinoise FranceFineArt. On peut y admirer un très beau diaporama et y écouter une interview de M. Thierry Zéphir, co-commissaire de l’exposition. À moins que vous vous contentiez de la présentation faite par Béatrice Benoit-Gonin dans l’émission Télé Matin :

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Bouddha, la légende dorée. Une vie, une dernière vie… Une naissance ultime et, de toutes, la plus fondamentale puisqu’en son développement, celui que l’on désigne universellement comme le Bouddha – l’Eveillé – proposa à ses contemporains un mode de vie, une philosophie, une éthique, bientôt une religion appelée à devenir le véritable ciment spirituel de l’Asie. A partir d’un socle iconographique originaire de l’Inde, puis diffusé dans l’ensemble des pays asiatiques, la mise en images de la vie du Bouddha historique constitue une part essentielle des arts religieux du monde extrême-oriental. De sa naissance merveilleuse à Lumbini – au sud du Népal – jusqu’à son ultime trépas dans l’actuel Etat indien de l’Uttar Pradesh, sa vie exemplaire et édifiante a inspiré d’innombrables représentations artistiques. De l’Afghanistan au Japon, de la Chine à l’Indonésie, les artistes se sont succédé pour retranscrire le destin du Bienheureux, révélant la richesse des traditions iconographiques et stylistiques de l’Asie. Puisant dans l’extrême richesse des collections du musée Guimet, cet ouvrage nous conduit dans les pas du Bouddha et nous invite à découvrir la « légende dorée » d’un être d’exception.

Telle est la présentation de l’ouvrage officiel édité sous la direction du commissaire de l’exposition, Thierry Zéphyr. Un beau-livre recommandé à toutes celles et tous ceux qui auront profité de cette exposition et veulent en garder le plus beau des souvenirs, comme à celles et ceux qui n’auront pas pu s’y rendre. En complément, Beaux Arts éditions vous propose un album-photo de l’exposition, 58 pages pour seulement € 10.

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Une autre exposition – tout aussi exceptionnelle – présentant l’Éveillé vous est proposée par le musée des Cultures, à Bâle (en Suisse donc, à la lisière de la France et de l’Allemagne), et ce jusqu’au 23 janvier 2022. Elle s’intitule ILLUMINÉ – L’univers des bouddhas. Avec, comme grand avantage, de disposer d’une superbe version virtuelle – un digitorial – visible par tout un chacun. On vous en a parlé dans cette publication Facebook.


Sur les pas de Bouddha 👣
En savoir plus sur le bouddhisme

À l’occasion de cette exposition exceptionnelle, le Musée Guimet vous conte sur sa page Facebook la vie de Bouddha, l’homme qui proposa un mode de vie, une philosophie, une religion appelés à transcender les pays d’Asie. Un récit fantastique, retracé par les œuvres de l’exposition Bouddha, La légende dorée :

  1. La naissance de Siddhārtha
  2. Les quatre rencontres
  3. La voie du milieu
  4. Les assauts de Mara
  5. Vers l’Éveil…
  6. Le miracle de Shravasti

L’exposition porte bien son nom – La légende dorée – car aucun chercheur occidental n’a encore réussi à prouver l’historicité du Bouddha ! Ainsi, la question de l’existence historique du Bouddha reste sans réponse…

On termine par cette réalisation qui bénéficie des explications du brillant vulgarisateur qu’est Frédéric Lenoir. De quoi vous passionner pour le Bouddha et le bouddhisme :

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Pour aller plus loin – Nos conseils de lecture

Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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De quelques ouvrages fort instructifs

Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

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Le bouddhisme côté pratique

Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


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Peut-être n’aurez-vous pas l’occasion de vous rendre au Musée Guimet afin de profiter de cette très riche exposition. Dans ce cas, la visite des très nombreux temples de la Rose du Nord devrait vous combler. En dehors des très belles représentations du Bouddha, l’architecture Lanna qui les abrite – dont le Wat Ton Kwen représente un des plus beaux exemples – aura de quoi vous ravir.


1 Nous reproduisons ici le texte officiel du musée figurant sur son site web.

Source de l’image à la une : affiche originale de l’exposition.
Article composé le 04.08.2019 et mis à jour le 25.03.2021.

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