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Kathina 2019 – L’offrande de nouvelles robes aux moines

Dans toute la Thaïlande, au lendemain de la sortie de la retraite monastique (ok phansa), commence la période de thotkathin(ทอดกฐิน) ou kathina. Elle dure un mois, jusqu’au Loi Krathong (La Fête des Lumières), dès le 9 novembre cette année 2019 à Chiang Mai. Thotkathin est une cérémonie d’offrande de nouvelles robes aux moines; vous pourrez donc assister à des processions, toujours émouvantes et spectaculaires (les dates des cérémonies sont variables et dépendent de chaque temple).

Mais d’où donc vient cette tradition séculaire ? Comment se déroule-t-elle ? Quand a-t-elle lieu ? Où sont organisées ces cérémonies auxquelles vous pouvez participer ? On répond à toutes ces questions, on vous dévoilant en fin d’article le vocabulaire thaï de circonstance.

Kathina2018 - Illustration 2


Une tradition qui remonte au Bouddha

Kathina – nom sanscrit d’une sorte de cadre qui sert à tendre les tissus durant la couture – est une cérémonie religieuse observée dans les pays où le bouddhisme theravāda – la doctrine des Anciens – est implanté (tels la Birmanie, Sri Lanka, le Cambodge, le Laos et bien sûr la Thaïlande). Elle s’effectue durant le mois qui suit la fin de la retraite monastique annuelle (une retraite de trois mois lunaires qui se termine en octobre ou novembre). À cette occasion, les laïcs offrent aux moines une pièce de tissu qu’ils doivent transformer en une robe monastique, en une nuit seulement. D’autres dons utiles ainsi qu’un repas sont également offerts.

La tradition de kathina est attribuée au Bouddha lui-même. Il est question dans le canon pali d’un groupe de trente moines se rendant à Savatthi pour passer la saison des pluies auprès du Maître. N’ayant pu y parvenir à temps, ils s’arrêtèrent en chemin et se remirent en route dès la fin des trois mois obligatoires, sans égard à la pluie qui, elle, ne s’était pas arrêtée; ils arrivèrent trempés à destination. Peut-être est-ce pour les réconforter que Gautama décida de renouveler leur garde-robe et de les dispenser temporairement de certaines règles.
Une autre explication proposée est que le mois suivant la retraite était consacré à la préparation en commun de la garde-robe, et que certaines règles étaient relâchées pour faciliter ce travail. Bien que les dons des laïcs suffisent en général à satisfaire les besoins vestimentaires des moines, la tradition de la couture en commun a été maintenue car elle contribue à souder la communauté. La robe fabriquée en une nuit rappelle celle que Mahaprajapati Gautami, mère adoptive du Bouddha et doyenne des nonnes, tissa pour son fils.
Wikipédia

Kathina2018 - Illustration 1

Les bikkhu – ou moines bouddhistes – sont soumis à 227 règles – ou préceptes. En s’y astreignant durant leur retraite de la saison des pluies, en plus de recevoir une part des dons de tissu faits au monastère, kathina leur donne l’occasion d’un allègement des règles (cinq de moins) pour une durée variable. Ils ne sont plus, par exemple, tenus d’avertir les autres moines de leurs sorties ni d’emmener les trois robes réglementaires dans tous leurs déplacements; ils peuvent accepter autant de dons vestimentaires qu’il leur sera fait, de même pour les dons alimentaires qui ne sont pas présentés dans les règles.

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Déroulement de la cérémonie

Kathina constitue pour le monastère une journée spéciale au cours de laquelle les laïcs et parfois des moines ou nonnes d’autres communautés sont invités. Historiquement, les règles monastiques interdisaient formellement aux bonzes de solliciter un cadeau de tissu des laïcs; ils devaient en effet coudre leur robe avec des tissus récupérés. Mais cette coutume du don de robe est dorénavant solidement ancrée. La date de la cérémonie fait l’objet d’une réclame (souvent une banderole à l’entrée du temple avec en plus, de nos jours, une publication Facebook). Les différents temples de la région tiennent leurs kathina à des dates différentes. Comme lors de toutes les fêtes bouddhistes, certains dévots, pour s’acquérir plus de mérites, en profitent pour prononcer auprès de l’abbé le vœu d’observer huit préceptes (au lieu des cinq préceptes traditionnels). Si le temple est riche, les dons surnuméraires sont distribués aux pauvres.

Kathina2018 - Montage Photos Marco Rugo
© Chiang Mai Deci-Delà

En Thaïlande, la cérémonie se tient le plus souvent dans le monastère-même, soit au temple. Traditionnellement, la pièce de tissu est tout d’abord paradée (dans le village ou le quartier) et accompagnée d’un arbre à argent (ต้นกฐินเงิน, dtohn kathin ngern). Les pratiquants bouddhistes estiment que la personne ou le groupe qui organise ou parraine une procession kathina acquerra ainsi beaucoup de mérite (ทำบุญ, tham bun).

Kathina ne peut être observé que par une communauté d’au moins cinq moines ayant passé les trois mois de retraite dans la même résidence. Ceux qui n’ont pas satisfait à ces conditions de présence en sont exclus. La pièce de tissu, d’environ trois mètres de long, est présentée à l’ensemble de la communauté – le sangha – qui l’offre solennellement à l’un d’entre eux, théoriquement le plus pauvre, le plus érudit ou le plus âgé. Le tissu est alors emporté et sera coupé, cousu et teint avant l’aube du lendemain par tous les moines ou un groupe désigné si la communauté est importante. Lorsque le vêtement, appelé mahakathina, est achevé, le récipiendaire l’étend symboliquement sur le cadre (le « kathina ») et appelle les autres pour approbation. Les participants à la cérémonie peuvent alors « déployer le cadre », c’est-à-dire bénéficier des assouplissements du règlement. À l’issue de la période autorisée appelée également kathina, ils doivent « replier le cadre » et suivre de nouveau l’intégralité des règles.

Outre la procession des laïcs, la cérémonie est faite de récitations de textes par les moines. Ensuite, des dons sont effectués : don de nourriture plus particulièrement puisque le repas des moines doit être pris absolument avant le passage du soleil au zénith. Dans l’après-midi, après le repas des moines, se déroule la cérémonie spécifique à cette journée.

Ici en Thaïlande, rares – pour ne pas dire inexistants – sont les moines ayant confectionné leur propre robe monastique comme le préconisait jadis le Bouddha ! Les dévots achètent ainsi des robes déjà confectionnées et les remettent aux moines en guise d’offrandes. Des échoppes se sont spécialisées dans ce commerce bouddhique. Y sont vendus les divers produits utilisés au quotidien par les moines ou ceux servant aux cérémonies religieuses, tels des représentations du Bouddha, des bougies, de l’encens… Elles sont faciles à reconnaître : la couleur orange y prédomine.

ThotKathin2019(Kathina)PhotoNationPhotoWatArun
Thotkathin au Wat Arun (Bangkok) en présence de la reine Suthida © Facebook – NationPhoto

Deux formes de cérémonie subsistent en Thaïlande. La première, la plus usuelle, มหากฐิน (maha kathin), la grande kathina. Durant plusieurs jours, elle n’impose aucun délai et les dons y afférents sont principalement destinés à la rénovation du temple. Beaucoup de dévots participant à cette cérémonie, on parle alors de กฐินสามัคคี (kathin samakkhi). Et la seconde, จุลกฐิน (chunla kathin) : forme raccourcie – stimulante et mouvementée – du festival thotkathin, dans laquelle tout le processus de fabrication et de présentation des robes aux moines (qui prend normalement un mois) doit être achevé en une seule journée.

Ce sont les dévots bouddhistes qui demandent à ce que kathina soit organisée; l’abbé du temple fixe alors une date, en accord avec ceux-là. La procédure d’inscription dans les temples bouddhistes royaux – tel le Wat Pho, à Bangkok – est plus complexe que les temples ordinaires; les premiers ont droit à la présence d’un représentant du roi (et pour certains temples, les plus importants, aux offrandes de robes provenant du roi lui-même). Si vous avez par exemple l’occasion d’assister à la cérémonie thotkathin du Wat Arun, à Bangkok, ne la manquez pour rien au monde : le roi régnant s’y rend habituellement en barge royale !

Si vous lisez le thaï, vous pourrez alors connaître les subtilités de cette cérémonie religieuse : DhammaThai.org ou encore TempleThailand.org (une page académique). Rappelons que les deux grandes cérémonies du bouddhisme theravadin sont le jour de Vesak – qui célèbre l’illumination de Bouddha, sa naissance et son extinction définitive – et donc la cérémonie de kathina. Celles et ceux qui veulent en savoir plus liront avec intérêt la retranscription de l’émission TV Sagesses Bouddhistes qui avait été consacrée à cette cérémonie.

Que signifie le mot même de kathina ?
Kathina, à l’origine, veut dire dur, difficile. On ne voit pas très bien, a priori, la relation avec la cérémonie [kathina], qui n’a rien de difficile, mais, traditionnellement, on a deux étymologies possibles. On dit que le don de la robe – parce qu’il doit répondre à un certain nombre de règles très précises – est un don particulièrement difficile à accomplir, ou bien que les bénéfices qu’on en retire sont durs comme le diamant. Ce sont deux étymologies plutôt symboliques que réellement linguistiques.
Dominique Trotignon, Sagesses Bouddhistes


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De quelques cérémonies ici à Chiang Mai

Le kathina du temple local est un jour de fête pour tous et nous vous invitons à y participer afin d’expérimenter une cérémonie avec les locaux. Les dévots amenant les pièces de tissu parcourent souvent de nombreux kilomètres pour atteindre le temple désigné. En plus de l’aspect religieux, c’est aussi l’occasion de combiner sanouk, shopping et visites touristiques en un seul voyage prolongé. Votre hôtel devrait pouvoir vous renseigner sur les cérémonies des temples du quartier.

ThodKathinPhotoCreditUnknow
Crédit photographique : inconnu

On vous livre ci-dessous quelques cérémonies qui ont lieu dans la province de Chiang Mai, avec les plus originales mises en avant. La liste n’est évidemment pas exhaustive puisqu’il y a des centaines de temples qui organisent kathina ! Au surplus, consultez les publications plus fréquentes de notre page Facebook pour connaître les dates des cérémonies qu’organiseront d’autres temples de Chiang Mai et alentour tout au long des mois d’octobre et novembre. Le lien sur le nom du temple renvoie à Google Maps (on vous met également le nom du temple en écriture thaï afin que vous puissiez le montrer aux autochtones si vous ne deviez pas réussir à localiser le monastère).

Et si vous êtes ailleurs qu’au nord de la Thaïlande, sachez qu’un groupe Facebook répertorie moult autres cérémonies kathina à travers le royaume : รวบรวมงานกฐินทั่วไทย ปี2562 (évidemment, il vous faut connaître l’écriture thaï pour déchiffrer quelque chose).


Kathina au Wat Upakut

C’est la cérémonie religieuse à ne pas manquer cette année 2019 ! Pourquoi donc ? Le Wat Upakut – du nom d’un moine attendu depuis des millénaires et devant apparaître à minuit – organise une cérémonie chunla kathin avec tissage traditionnel de coton. Elle aura lieu les samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019. En voici le programme2 :

Samedi 2 novembre 2019 :
7h39 : cérémonie d’ouverture suivie du tissage du coton
19h : cérémonie religieuse (invocation des anges)
22h : danses traditionnelles Lanna

Dimanche 3 novembre 2019 :
9h19 : rendez-vous au temple
9h39 : cérémonie bouddhiste
10h39: offrande du tissu kathin aux moines
11h : repas des moines
12h : repas des dévots
13h : cérémonie en faveur de 108 temples qui n’ont pas encore reçu leur tissu kathin

Wat Upakut (วัดอุปคุต), emplacement et page Facebook.

ThotKathin2019(Kathina)WatUpakutMontage.jpeg
Programme du Wat Upakut

Thot pha pa au Collège d’Arts dramatiques

Voilà un rendez-vous immanquable pour tout amateur de folklore Lanna : une compétition (dans la bonne humeur) de danse traditionnelle fon leb. Il s’agit d’une danse traditionnelle emblématique du Lanna, le nord thaïlandais. Cette journée culturelle a pour objectif de préserver les riches traditions de la région; elle est couplée à une cérémonie bouddhiste, ทอดผ้าป่า (thot pha pa, qu’on traduira librement par « étendre l’habit », ici la robe monastique). C’est un rituel semblable à thotkathin mais sans contrante de temps; contrairement à celle-là, elle peut être effectuée en toute saison.

Cela se déroulera samedi 2 novembre 2019, de 8h à 16h, sur la cour extérieure du Collège d’Arts dramatiques (Chiang Mai College of Dramatic Arts, วิทยาลัยนาฎศิลป์จังหวัดเชียงใหม่). Au programme :

  • 8h : inscription
  • 9h : décoration de l’aire ผ้าป่า (pha pa), de nos jours avec de l’argent (il s’agit donc de faire des dons sonnants et trébuchants)
  • 9h30 : cérémonie religieuse (avec spectacle)
  • 10h : compétition fon leb (la danse des ongles)
  • 11h30 : repas
  • 14h30 : distribution des prix
  • 15h : cérémonie ทอดผ้าป่า (thot pha pa, soit l’offrande de robes monastiques aux moines)
FonLebCompetition2019(ThotPhaPa)Montage3allégé

La journée sera animée culturellement avec de la musique et des spectacles folkloriques par les étudiants de l’école, de même qu’un marché (miam, miam).

Et c’est ainsi que perdurent les traditions du Lanna, un pays qui sait se faire aimer à toute personne qui prend le temps de l’appréhender.

◆ Le festival sur Facebook (avec son événement FB)
◆ Le Collège d’Arts dramatiques sur Facebook 

Dans le cadre de la période kathina – qui dure un mois – ce sera là la cérémonie la plus animée culturellement organisée à Chiang Mai – sans doute la plus originale. Pour avoir déjà assisté à plusieurs représentations culturelles au Collège d’Arts dramatiques, on vous garantit d’en revenir ravi, foi de Chiang Mai De-ci De-là 😏


Kathina à Mae Chaem

Bien moins fréquenté que Pai, Mae Chaem est un grand district montagneux à l’ouest du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande. C’est là, entre autres, que se trouvent les plus belles rizières en terrasse de Thaïlande (la géographie s’y prête). La région est aussi connue pour son tissu unique, teen jok (un musée s’y trouve). Mae Chaem est aussi le nom du chef-lieu, à 120 km de Chiang Mai. C’est précisément là que se trouve le Wat Yang Luang, au bord de la Mae Pan (c’est donc une rivière). Le temple est magnifique, au milieu des rizières verdoyantes qui s’étendent vers les collines lointaines. Immanquable est sa grande peinture du Seigneur Bouddha et de deux disciples sur le mur extérieur du viharn (salle de réunion, un bâtiment qui date de 1877). Les habitants affirment que la statue de Bouddha en pierre blanche a plus de 500 ans (elle se trouve à l’arrière de la grande statue, sur la droite)…

Le Wat Yang Luang accueille donc chaque année une cérémonie chunla kathin fort originale pour tout citadin qui s’y rend. C’est la plus importante fête religieuse du district.  Cette année, la fête a lieu le dimanche 10 novembre 2019. Mais celles et ceux désirant découvrir la procédure complète du tissage de coton s’y rendront déjà le samedi 9 novembre 2019. Le nom complet de la fête est ปั่นฝ้าย ทอบุญ จุลกฐิน (pan fai tho bun chunla kathin); jetez donc un œil au vocabulaire en fin d’article pour savoir de quoi il en retourne. On vous garantit que vous vivrez là une cérémonie des plus authentiquement lanna.

Wat Yang Luang (วัดยางหลวง), emplacement et page Facebook.

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Une cérémonie kathina au milieu des rizières © Facebook – วัดยางหลวง อ.แม่แจ่ม จ.เชียงใหม่

De quelques autres cérémonies

Nous commenterons plus en détail quelques-unes des cérémonies répertoriées ci-dessous. Merci de votre patience.

Le temple au sein du campus de l’université de Chiang Mai (CMU), le Wat Fai Hin (วัดฝายหิน), organise ses festivités de kathina le samedi 26 octobre, dès 13h; y participe, entre autres, le corps professoral. Le Wat Phra Singh Woramahawihan (วัดพระสิงห์วรมหาวิหาร), au cœur de la Cité historique, est sans doute le temple le plus vénéré de la ville. Il sera intéressant de participer à la cérémonie qui y est organisée le dimanche 27 octobre 2019 (photos). Le Wat Suan Dok (วัดสวนดอก), là où sont érigés les tombeaux royaux du Lanna, est aussi un temple où les officiels y organisent leurs cérémonies. Ce sera le cas de kathina le lundi 28 octobre 2019 (photos).

Le temple le plus visité de Chiang Mai, là-haut sur la montagne – on parle bien entendu du Wat Phra That Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพราชวรวิหาร) – ne manque pas, lui non plus, de célébrer thotkathin. C’est l’armé qui en est l’instigatrice et cela se passera le vendredi 1er novembre, dès 14h. Une bande-annonce a même été créée.

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Programme du kathina au Wat Santitham (où il s’agit bien sûr de récolter des fonds)

Le samedi 2 novembre, c’est le Wat Santitham (วัดสันติธรรม), au cœur du quartier populaire éponyme, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, samedi 2 et dimanche 3 novembre 2019 (วัดสันติธรรม, programme). La fête ne devrait pas avoir les fastes de l’année dernière, où le gouverneur était présent. Chunla kathin (จุลกฐิน) commence donc samedi à 16h16 où une statue de Bouddha en or sera coulée sur place; à 19h suivra la cérémonie religieuse kathin puis à 20h un sermon bouddhiste donné par Phra Suphanpan. Le lendemain, dimanche 3 novembre, offrandes aux moines à 7h30 suivies d’une cérémonie religieuse à 9h. À 9h30 seront alors remises en offrande aux moines les tissus kathin.

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La Tradition des Moines de la Forêt au Wat Umong © Facebook

Original est le Wat Umong Suan Phutthatham (วัดอุโมงค์ สวนพุทธธรรม), niché au pied du Doi Suthep. Notamment par ses galeries souterraines – jadis peintes – et son chedi érigé sur une petite colline. Vous aurez plaisir à vous reposer au bord de son étang après avoir admiré les nombreuses représentations du Bouddha éparpillé à l’entrée (dont la fameuse tête selon l’école de Phayao). Un temple à l’écart de la ville qui perpétue la Tradition des Moines de la Forêt propre au bouddhisme theravada : pratique méditative poussée, monachisme errant, relation étroite et constante entre religieux et laïcs (vous pouvez y méditer), discipline et simplicité, sont les maîtres mots de cette tradition typique thaïlandaise. Kathina aura lieu le dimanche 10 novembre 2019. En voici le programme :

  • 9h : cérémonie avec décoration
  • 11h : offrande de nourriture aux moines
  • 12h : repas en commun
  • 13h : défilé khatina

Les divers fonds récoltés – dont les dons des fidèles – serviront à la rénovation des bâtiments et à l’amélioration du parc.

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Kathina 2018

Pour l’heure et avant que notre liste ci-dessus s’étoffe, on vous laisse à toutes fins utiles les indications de l’année dernière…

Du côté de Chiang Dao, le Wat Thummuangna fête kathina le samedi 27 octobre 2018 (วัดพุทธพรหมปัญโญ, page Facebook

). Le lendemain, dimanche 28 octobre 2018, c’est au tour du Wat Tham Pakpiang (วัดถ้ำปากเปียง, page Facebook

). Pas d’autres indications pour ces deux événements.


Le vendredi 2 novembre 2018, c’est le Wat Santitham, à Chiang Mai donc, qui débutera sa fête du kathina, sur deux jours, vendredi 2 et samedi 3 novembre (วัดสันติธรรม, programme). Un temple dont le chedi a été rénové grâce aux dons des fidèles. Cela commence donc vendredi avec chunla kathin (จุลกฐิน) par une cérémonie religieuse à 6h09 puis une cérémonie officielle dès 9h09, en présence du gouverneur de la province. Animations avec des danses traditionnelles et un marché (produits OTOP). La fête durera jusqu’en soirée avec une cérémonie religieuse à 19h et  un sermon à 20h – un moine très connu, Luang Pu Buaket Pathum Silo (หลวงปู่บัวเกตุ ปทุมสิโร), viendra de Mae Taeng – et probablement une autre cérémonie religieuse réunissant 60 moines à 21h. La musique traditionnelle du Lanna sera de la partie; vous y êtes cordialement invité. Le lendemain, samedi 3 novembre, offrande de nourriture aux moines à 7h30, suivie d’une cérémonie religieuse à 9h et de la cérémonie kathina à proprement parler à 9h30. Les moines mangeront ensemble à 11h. Pas moins de douze arbre à argent attendent les dons des dévots.

Kathina2018 - Wat Santitham Montage

Le Wat Jed Yod célébrera sa fête samedi 3 novembre, dès 10h (วัดเจ็ดยอด พระอารามหลวง, détails). N’hésitez pas à choisir cette fête-ci car la visite de ce temple d’inspiration hindoue n’est en rien comparable à celle des temples en ville; son parc est apaisant. Dommage que le spectacle khon de l’année dernière n’est pas réédité cette année-ci.


Même jour, samedi 3 novembre 2018, mais à Mae Taeng, au nord de Chiang Mai. C’est le Wat Nong Kai qui fête kathina (วัดหนองก๋าย, détails). Cérémonie religieuse avec 28 moines à 8h, prières à 9h39, offrande aux moines à 11h, repas en commun à midi et procession kathina à 13h.

Kathina2018 - Wat Nong Khai Cover

Plus près de Chiang Mai, toujours au nord du chef-lieu provincial, le Wat Pa Thep Khantikaram, à Mae Rim, célèbre kathina le dimanche 4 novembre 2018, de 8h à 12h30 (วัดป่าเทพขันติการาม, détails).

Kathina2018 - Wat Pa Thep Khantikaram Montage.jpeg

Le week-end du samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018, grande cérémonie kathina auprès du temple royal Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan, à Chom Thong, à une heure de route au sud-ouest. Temple royal oblige, la cérémonie est conduite par un dignitaire d’État au nom de S.M. le Rama X. Ce temple a pour habitude de diffuser en direct ses diverses cérémonies et kathina ne devrait pas faire exception : Live FB (วัดพระธาตุศรีจอมทองวรวิหาร, événement FB du 03.11, événement FB du 04.11). La cérémonie kathina en tant que telle se déroule dimanche à 15h.

Kathina2018 - Wat Chom Thong Cover

C’est ce même week-end, les samedi 3 et dimanche 4 novembre 2018 que le Wat Phra That Doi Saket, non loin de Chiang Mai, à l’est, a choisi pour son propre kathina. Samedi 3 novembre, une cérémonie religieuse se tiendra à 17h39, suivie à 18h39 par un spectacle de danse assuré par des étudiants. Le lendemain, dimanche 4 novembre, c’est à 8h39 que vous pourrez assister à la procession de kathina pour aboutir à la cérémonie à proprement dite à 9h39 où 29 moines y participeront (วัดพระธาตุดอยสะเก็ด, détails).

Kathina2018 - Wat Phra That Doi Saket Cover Montage

On nous signale d’autres cérémonies kathina la semaine suivante, sans que nous ayons beaucoup plus de renseignements supplémentaires :

  • Le jeudi 8 novembre 2018 au Wat Pa Thara Phirom, appelé également Wat Rim Ping car érigé au bord de la rivière éponyme (วัดป่าธาราภิรมย์ (วัดริมปิง)).
  • Le dimanche 11 novembre 2018 au Wat Si Arun, dans le district de San Pa Tong (วัดศรีอรุณ).
  • Le samedi 17 novembre 2018, de 8h à 16h, au Wat Tharathip Chaipradid, un centre de méditation vipassana (วัดธาราทิพย์ชัยประดิษฐ์ วิปัสสนา, événement FB, page Facebook).
  • Et enfin le dimanche 18 novembre 2018 au Wat Si Nawarat (ou Wat Thung Siao, วัดศรีนวรัฐ (วัดทุ่งเสี้ยว), détails).
Kathina2018 - Wat Pa Thara Phirom + Wat Tarathip Chaipradit Montage

Vocabulaire en lien avec kathina

กฐิน (kathin) : cérémonie de remise des robes aux moines bouddhistes
ทอดกฐิน
(thotkathin) : présenter les robes monastiques (à la fin de la période de retraite de trois mois lunaires)
มหากฐิน (maha kathin), la ‘grande’ kathina : cérémonie complète réunissant beaucoup de dévots, on parle alors de กฐินสามัคคี (kathin samakkhi), samakkhi pouvant se tradurie par à l’unisson, harmonieusement
จุลกฐิน (chunla kathin) : forme raccourcie – stimulante et mouvementée – du festival thotkathin, dans lequel tout le processus de fabrication et de présentation des robes aux moines (qui prend normalement un mois) doit être achevé en une seule journée
ไม้สะดึง (mai sadueng) : cadre en bois ou motif en bois pour l’étirement du tissu à broder
ปั่น (pan) : tourner (sur un axe)
ฝ้าย (fai) : coton
ทอ (tho) : tisser
ออกพรรษา (ok phansa) : fin de la retraite monastique (qui dure 3 mois lunaires); en savoir plus en lisant notre article Ok phansa, la fin de la retraite monastique en Thaïlande
บุญ (bun) : bonne action, acte méritoire
ทำบุญ (tham bun) : accumuler des mérites (ou faire des mérites)
ทำบุญอุทิศส่วนกุศล (tham bun uthit suan kuson) : effectuer des actes méritoires dans un but particulier (généralement pour des personnes défuntes)
เงินบริจาค (ngoen borichak) : don financier, contribution en argent
ต้นกฐินเงิน (ton kathin ngoen) : arbre à argent (qui reçoit les donations en espèces des dévots)
จีวร (chiwon) : robe monastique (correspond au kesa).
ห่มจีวร (hom chiwon) : porter une robe monastique, revêtir une robe de moine bouddhiste
พระ (phra) : moine bouddhiste. Ici au nord, on dira plutôt ตุ๊ (tu, prononcé tou). On utilisera le titre ทิด (thit) pour les hommes revenus à la vie séculière.
วัด (wat) : temple ou monastère bouddhiste; on utilise plus rarement อาราม (aram), combinant même les deux mots, วัดวาอาราม (watwaaram).
อัฐบริขาร (attha borikhan) : ce sont là les huit biens indispensables du moine bouddhiste (photo).

Vous en savez déjà beaucoup sur cette cérémonie bouddhiste annuelle. Pour celles et ceux qui s’intéressent au bouddhisme et veulent en approfondir leurs connaissances, on publie à nouveau ci-dessous nos conseils de lecture.


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Voici quelques ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

Bouddhisme - Livres Montage 2

Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

Amazon Livre 12 - Dvaravati

On termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


Que ce soit durant une célébration particulière – comme ici kathina – ou alors au quotidien, n’hésitez pas à vous rendre dans les temples bouddhistes de Chiang Mai et d’ailleurs. Fête ou pas fête, il y règne toujours une ambiance particulière, certains temples étant porteurs d’une indéniable énergie tellurique.

#ThotKathin #ThodKathin #Kathina #moine #RobeMonastique #bouddhisme #Bouddha

LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE
● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique.
Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon.
● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ».
● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne.
● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).

Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.


1 Vous trouverez également la graphie thod kathin; nous nous en tenons pour notre part au Système général royal de transcription du thaï (RTGS).
2 Attention ! Nous nous acharnons à diffuser les programmes de nombreuses – très nombreuses – manifestations organisées à Chiang Mai et alentour. Néanmoins, dans les faits, l’organisation subit parfois quelques variantes. C’est là l’expression de la souplesse du peuple thaïlandais. Ainsi, bien que les danses traditionnelles figurent bel et bien au programme à 22h, au final, elles ont eu lieu à 17h30, samedi. Croyez bien que nous en sommes désolés. Nous-mêmes nous sommes déplacés bien inutilement pour en faire le constat sur place. Mais après tout, c’est là tout le charme du pays 😏

Sources rédactionnelles : Wikipédia et Sagesses Bouddhistes. Source de l’image à la Une : DMC TV. Article composé le 2710.2019 et mis à jour le 03.11.2019

Feu Bhumibol le Grand – Trois ans déjà

C’est ce dimanche 13 octobre 2019 qu’a eu lieu la grande journée de commémoration en souvenir du défunt roi bien-aimé, Bhumibol Adulyadej le Grand1, un dimanche où le jaune était de rigueur. Depuis l’année 2017, le 13 octobre est devenu officiellement un jour férié en Thaïlande; il correspond à la date du décès de ce roi qui aura régné 70 ans durant. Comme en Thaïlande les jours fériés qui tombent sur le week-end se rattrapent le lundi, ce sont donc trois jours de congé d’affilée dont ont bénéficié beaucoup de Thaïlandais.

On revient brièvement sur ses funérailles tout en vous parlant des commémorations qui ont eu lieu tant à Chiang Mai qu’à Bangkok. Et l’on termine par un rappel de ce qu’est la dynastie Chakri, tout en vous donnant des conseils de lecture.

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© Facebook – SCB Thailand

Né le 5 décembre 1927 aux États-Unis et mort le 13 octobre 2016 à Bangkok, il y a trois ans donc, à près de 89 ans, Bhumibol le Grand, de son nom dynastique Rama IX, a été couronné en 1950. Il a régné de 1946 à 2016, soit plus de 70 ans ! C’est dire l’influence qu’il a pu avoir sur son peuple qui le vénérait; la plupart des Thaïlandais ne connaissait que ce roi-ci. Un billet commémoratif d’une valeur nominale de 70 bahts a même été émis naguère, une coupure devenue bien évidemment collector.

Ses funérailles royales, qui se sont déroulées du 25 au 29 octobre 2017, ont été historiques autant qu’émouvantes (relisez donc l’article que nous avions consacré à cette crémation royale ou visionnez ce documentaire poignant).

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© Facebook – Aekachai Wanson (Photo-cm Club)

La période de deuil national, qui a duré plus d’un an, s’est achevée le 29 octobre 2017 (notre article). Formé en Suisse romande, Rama IX était non seulement francophone mais aussi francophile. À noter que dans le pays, on commémore également son anniversaire le 5 décembre (un jour qui marque encore la Fête des Pères).

C’est son fils, S.M. Maha Vajiralongkorn, désigné en 1972 héritier du trône, qui lui a succédé. Son couronnement a eu lieu le 4 mai de cette année 2019, juste après la présentation officielle de son épouse, la reine Suthida. Souverain constitutionnel, Sa Majesté le roi de Thaïlande est le chef de l’État et le protecteur des religions du royaume. Sous le regard maternel de Sa Majesté la reine douairière Sirikit qui, elle, est née un 12 août, journée où est également célébrée la Fête des Mères en Thaïlande.

L’émotion est encore vive dans toute la Thaïlande. Il suffit de s’être rendu à l’une ou l’autre des manifestations organisées dimanche dernier partout dans le royaume pour s’en convaincre. Impossible de toutes les mentionner, il y en a eu une myriade.


Commémorations à Chiang Mai

Considéré comme le “Père de la Nation”, le roi Bhumibol Adulyadej le Grand a laissé tout un pays orphelin. À Chiang Mai, le 3e anniversaire de sa disparition a été marqué officiellement dimanche 13 octobre 2019. Un hommage lui a été rendu en matinée à travers une cérémonie d’offrande aux moines (cela s’est déroulé au CMECC – Centre international d’expositions et de congrès, au nord de la ville, photos ici et ). Et durant la journée, des bénévoles ont procédé à des nettoyages de canaux. Mais l’événement commémoratif public le plus marquant a eu lieu en soirée, à la porte Thapae, épicentre touristique de la ville.

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Émouvante cérémonie nocturne aux chandelles sur la place Thapae © Facebook – PRD3

Toutes celles et tous ceux s’étant rendus au fameux marché piétonnier du dimanche soir ne pouvaient manquer la cérémonie officielle aux chandelles organisée sur la place. En plus des badauds, tous les fonctionnaires étaient convoqués; il y avait là plus de 10 000 personnes réunies par corps de métier ! Des participants qui sont restés silencieux 89 secondes durant, un cierge à la main (le roi étant mort à l’âge de 89 ans). Le jaune était de rigueur et gare à qui était habillé de noir ! Comme toujours en pareilles circonstances, l’émotion était palpable. L’événement a permis de prendre de remarquables clichés; reportages-photo de PR Chiang Mai, Chiang Mai Social News, Events Weekly News ou encore PRD3. Nous vous en avions parlé sur notre page Facebook.

D’autres institutions étatiques n’ont pas manqué de commémorer l’événement. À commencer par le parc Rajapruek (Royal Flora) et son exposition « En souvenir du roi Rama IX ». Un roi qui aimait à promouvoir une économie d’autosuffisance, l’agriculture étant au cœur de son action. Cette année, les habitants étaient invités à une cérémonie religieuse d’acquisition de mérites vendredi 11 octobre, en matinée : le jaune des dévots se mêlait à l’orange des moines. Jaune, le Royal Flora le restera tout le mois d’octobre à travers son parc floral qui peut être admiré par tout un chacun. En beaucoup d’autres endroits des fleurs jaunes ont été planté en souvenir du roi (clip vidéo).

Cérémonie plus discrète mais non moins émouvante à l’université Maejo, au nord de la ville. Autre cérémonie en mémoire du souverain au zoo de Chiang Mai : des offrandes aux moines en faisaient partie; une exposition en lien avec la sauvegarde de la faune vous y attend. Et comme à leur habitude, les centres commerciaux y vont aussi de leur hommage, en apprêtant un autel sur lequel les clients peuvent y faire leurs dévotions ou encore en organisant des offrandes aux moines.

Les temples royaux marquent eux aussi l’événement (il existe différentes classes de temples bouddhistes soutenus par la royauté). Tel le Wat Jed Yod, aux abords de la ville, sur la route pour se rendre au Doi Suthep (le Wat Jed Yod est un temple unique à Chiang Mai car d’inspiration hindoue). Ou encore du côté de Chom Thong, au sud-ouest (direction le Doi Inthanon, à 1h30 de route), avec son temple éponyme, le Wat Phra That Si Chom Thong Worawihan. Cependant, cette année 2019, il était difficile de distinguer les cérémonies d’hommage au défunt roi des cérémonies bouddhistes liées à une importante fête marquant la fin de la retraite monastique bouddhique, ok phansa (ออกพรรษา) puisque toutes deux avaient lieu au même endroit le même jour (soit dimanche 13 octobre 2019).

Beaucoup d’autres cérémonies ont pu être observées au hasard de pérégrinations dans la Rose du Nord. Où bon nombre d’habitants était habillé de jaune.


Commémorations à Bangkok

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À Bangkok, les autorités actuelles au pied du défunt roi © Facebook – NationPhoto

Selon le programme officiel, à Bangkok, c’est le Premier ministre, le général Prayut Chan-o-cha, qui a mené la cérémonie d’aumônes à la mémoire du roi Bhumibol. À 6h45, le matin du 13 octobre 2019, accompagné de personnalités parmi lesquelles des responsables du gouvernement, 489 moines ont reçu les aumônes (photos et vidéo; l’année dernière ce n’étaient pas moins de 890 moines et novices qui ont reçu des offrandes, en souvenir des 89 ans de feu Bhumibol Adulyadej). A suivi une cérémonie de dépôt de couronnes à 8h30. Sa Majesté le roi Maha Vajiralongkorn, fils du défunt roi, a naturellement rendu hommage à feu son père à travers une cérémonie qui s’est déroulée au Grand Palais.

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Lueur d’espoir, celui d’un avenir meilleur © Facebook – Events Weekly News

En journée, ce sont des opérations de nettoyage des canaux qui ont occupé les bénévoles, toujours prêts à exécuter de bonnes actions en mémoire de feu le roi. La cérémonie officielle aux chandelles était fixée à 19h au Wat Thammaphirataram, dans le quartier de Dusit. Et là aussi, ce sont 89 secondes de silence qui ont été observées à la mémoire du roi Rama IX. Une série de spectacles musicaux a animé la soirée.

D’ailleurs, de l’aube au crépuscule, la grande place Sanam Luang était remplie de jaune. Une cérémonie aux chandelles – retransmise en direct – a illuminé l’espace dès 18h, en présence des autorités. Les habitants ont pu s’y rendre grâce aux navettes gratuites mises à disposition par la société de transport public. Les fonctionnaires n’étaient pas en reste; sur leur lieu de travail, nombreuses et nombreux ont rendu hommage comme par exemple le personnel de l’hôpital universitaire Siriraj. Une cérémonie agrémentée par la diffusion d’une chanson composée en 1971 par feu le roi : Le rêve impossible. Les paroles sont de Thanpuying Maneerat Bunnag (elles appellent les Thaïlandais à faire de grandes choses pour le royaume). L’hôpital Siriraj est lié à la famille régnante (lire notre article Deux dates où la médecine moderne thaïlandaise est célébrée).

C’est bien entendu tout le royaume qui rendait hommage ce jour là à Bhumibol le Grand (quelques événements répertoriés ici mais c’est bien sûr en thaï). Une véritable marée jaune humaine (et orange puisque les moines bouddhistes sont de la partie). Comme ici dans la province de Songkhla, en présence du Gouverneur. Et avouons qu’un wai appuyé effectué simultanément par autant de monde, à genoux, est acte impressionnant. Tout comme le Royal Flora à Chiang Mai, le complexe du Musée de l’Agriculture, sis à Pathum Thani, au nord de la capitale, se doit lui aussi de marquer l’événement. Ce sont trois jours de fête qu’il a organisés, du 12 au 14 octobre 2019, avec une exposition bien sûr mais aussi des animations musicales, y compris son émouvante cérémonie aux chandelles le soir du 13 octobre.

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Hommage du peuple thaïlandais (ici les infirmières de l’hôpital Siriraj) © Facebook – NationPhoto

Force est de constater que le peuple thaïlandais apprécie rendre hommage à son défunt roi. De même que certains farang comme par exemple Jack Brown, une personnalité populaires en Thaïlande. Notons encore que cette année, un nouveau navire de guerre a été baptisé du nom de Bhumibol.

Cette journée de commémoration est également l’occasion d’exhumer d’anciennes photographies (et quelques vidéos), notablement partagées sur les réseaux sociaux. Il faut dire que le bien-aimé Bhumibol aimait à parcourir son royaume, lui qui était à l’écoute des difficultés vécues par ses sujets.

Quand les artistes s’en mêlent

La contribution des artistes est aussi importante à cette occasion. Ainsi, l’année dernière, le 7e art était à l’honneur dans l’exposition Les Arts Suprêmes Thaïlandais du Règne du Roi Rama IX. Autre exposition qui avait eu lieu : The Artists of the 2 Reigns Exhibition; un événement artistique qui soulignait la transition familiale entre les deux premiers souverains thaïlandais de ce siècle (présentation vidéo). Ici au nord, un artiste de renom, Suwit Jaipom, initiateur de la galerie Art Bridge à Chiang Rai, avait composé un portrait au fusain du roi disparu; une œuvre exposée ensuite à Chiang Mai. On rappelle la contribution de 89 artistes visible dans ce musée virtuel, de même que le travail de deux artistes que nous apprécions : le peintre Jirapat Tatsanasomboon (2018 et 2019) et le danseur Ronnarong Khampha (hommage qui date de l’année dernière).

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Bhumibol, devenu une icône adorée © Facebook

Citons deux expositions qui se tiennent en ce moment, inaugurées le 13 octobre. Celle de la galerie d’art contemporain RCAC 84 (หอศิลป์ร่วมสมัยราชดำเนิน กรุงเทพฯ) intitulée นดวงใจนิรันดร์ | STILL ON MY MIND (Dans mon coeur pour toujours, présentée en vidéo). Et celle de la galerie N@Siam : Le Père ne s’en est pas allé (traduction libre de พ่อไม่ได้จากไปไหน, le père étant Bhumibol bien sûr, s’entend le Père de la Nation, dont l’esprit est toujours là).

Par ailleurs et toujours l’année dernière, un concours de photographie avait été organisé par l’APDA Thailand, soit l’Association asiatique pour le développement de la photographie; vous pouvez encore en voir le résultat avec le hashtag #KingRama9OfMemory. Rappelons ici la passion que vouait Bhumibol à la photographie. En matière musicale – le roi jouait du saxophone et a composé plusieurs pièces encore interprétées – des concerts ont été donnés en son honneur, hommages musicaux toujours émouvants, à l’image de celui de Boyd Kosiyabong ou encore celui-ci :

Les chancelleries du monde entier se sont fendues de leur communiqué rappelant les liens qui unissaient le monarque à leur pays respectif comme ici l’Ambassade de France. Et les entreprises privées de rappeler les réalisations de Bhumibol, lui qui a parcouru son pays de long en large, sensible aux difficultés quotidiennes vécues par ses sujets. Il est l’initiateur de nombreuses réalisations, la plus connue étant sans nul doute la Fondation du Projet Royal qui vient en aide aux minorités ethniques et, au-delà, aux communautés rurales, parents pauvres du spectaculaire développement économique de la Thaïlande (nous lui avons consacré un article complet). Voyez par exemple le diaporama de la banque SCB.

Retrouvez tous les articles que nous avons consacrés à Bhumibol le Grand sur cette page.


Rama, la dynastie régnante des Chakri2 !

Bhumibol Adulyadej était le 9e roi de Thaïlande issu de la dynastie actuellement régnante des Chakri, une dynastie fondée en 1782 qui prit la succession des rois d’Ayutthaya défaits par les Birmans. Cette date correspond à la fondation de Bangkok comme capitale du royaume. Les rois Chakri prirent le nom dynastique de « Rama ». Dix rois se sont pour l’heure succédé sur le trône. Le règne de Rama IX fut exceptionnellement long (plus de 70 ans donc). Résumons les 10 règnes :

  • Rama Ier – Chao Phraya Chakri, roi de 1782 à 1809 (27 ans de règne);
  • Rama II – Loet La, roi de 1809 à 1824 (14 ans de règne);
  • Rama III – Phra Nang Klao, roi de 1824 à 1851 (26 ans de règne);
  • Rama IV – Phra Chom Klao (appelé Mongkut), roi de 1851 à 1868 (17 ans de règne);
  • Rama V – Chulalongkorn, roi de 1868 à 1910 (42 ans de règne);
  • Rama VI – Vajiravudh (nommé aussi Mongkut Klao), roi de 1910 à 1925 (15 ans de règne);
  • Rama VII – Prajadhipok, (aussi appelé Pokklao), roi de 1925 à 1935, date de son abdication (9 ans de règne);
  • Rama VIII – Ananda Mahidol (qui n’est autre que le grand frère de Bhumibol; connu comme le Dr Chao Fah, il célébré chaque année le 9 juin), roi de 1945 à 1946 (1 an de règne effectif);
  • Rama IX – Bhumibol Adulyadej, roi de 1946 à 2016 (70 ans de règne);
  • Rama XMaha Vajiralongkorn, roi depuis le 1er décembre 2016 (couronné le 4 mai 2019).

Chakri Memorial Day HD Wallpapers

La dynastie Chakri (source)

DynastieChakriVénérés comme des demi-dieux par leurs sujets, les rois, de confession bouddhiste, sont eux aussi incinérés à leur décès, après de spectaculaires funérailles royales. Les cendres des neuf rois de cette dynastie reposent toutes dans un temple spécifique, à Bangkok-même ou aux alentours.

Vous pouvez bien entendu les visiter; leur dépôt se fait au pied d’un Bouddha (il vous suffira de demander sur place). En cliquant sur le nom du temple bouddhiste, vous le verrez sur Google Maps.

Retrouvez une photo de tous ces lieux royaux sur le blog de Richard Barrow.

Bhumibol Photo Marco Rugo

© Chiang Mai De-ci De-là


Pour aller plus loin

Celles et ceux désirant en savoir plus sur feu le roi Bhumibol Adulyadej pourront commencer par lire la fiche que lui consacre Wikipédia. La monarchie thaïlandaise est présente sur le web : site officiel, en anglais, quelque peu austère. Il y a également des pages Facebook panégyriques, à l’image de celles-ci : Following my King,  Nous aimons le roi Bhumibol Adulyadej le Grand – le roi Rama IX, La dynastie Chakri, Nous aimons la famille royale et Me love Praracha, ou encore le Centre d’information de la cérémonie de crémation du roi Bhumibol Adulyadej. Sans oublier ce musée virtuel : 89 years of King Rama IX.

On en profite pour vous rappeler que le père des rois Rama VIII (Ananda Mahidol) et Rama IX (Bhumibol Adulyadej), et donc le grand-père du roi actuel, Rama X, est célébré tous les 24 septembre en tant que Père de la médecine thaïlandaise moderne. Il s’agit du Prince Mahidol.

Les férus de lecture peuvent télécharger gratuitement Le roi Bhumibol. Force de la nation, un ouvrage illustré édité par le gouvernement thaïlandais en 2009. Et l’on vous invite également à plonger avec délice dans le livre Le Roi Bhumidol et la famille royale de Thaïlande à Lausanne. Un ouvrage qui révèle pour la première fois les souvenirs professionnels de Cléon C. Séraïdaris, précepteur particulier de Leurs Majestés les rois Rama VIII et Rama IX durant leurs études en Suisse, qui resta pendant vingt-six ans au service de la Famille Royale. C’est pour répondre au vœu de S.M. le roi Bhumibol de faire connaître la carrière de son précepteur auprès de la famille royale en Suisse que le fils de ce dernier a publié cet ouvrage, quinze ans après la disparition de son père. Par discrétion et loyauté, Cléon C. Séraïdaris n’avait pas révélé ces épisodes historiques, estimant être astreint à un devoir de réserve. Ces pages n’auraient donc jamais vu le jour sans la suggestion du roi qui, lors d’une audience privée, encouragea l’auteur à éditer ce recueil (il en existe deux autres versions, en anglais et en langue thaï). Un témoignage unique, abondamment illustré de photographies et de documents issus des archives familiales de l’auteur, un point de vue intimiste et familial, une part de l’histoire du royaume de Thaïlande.

Autre ouvrage plus récent, celui de Marie-Sybille de Vienne, universitaire fine connaisseuse du sud-est asiatique (surtout son versant économique). Il s’intitule Thaïlande, une royauté bouddhique aux XXe et XXIe siècles. Vous y ferez connaissance des arcanes du pouvoir mis en place par Bhumibol, s’articulant autour du Conseil Privé, du Bureau des propriétés de la Couronne (CPB) et de la symbolique royale. Un système d’influence qu’assoit son fils, le roi régnant, S.M. Rama X, en continuant de moderniser cette royauté bouddhique de la dynastie Chakri. Une dynastie qui, pour l’heure, a su éviter la crise née de l’exceptionnelle durée du règne de son défunt père.

La mémoire du défunt monarque reste vive ici en Thaïlande; vous aurez sans nul doute constaté que ses portraits sont toujours présents, que ce soit dans les échoppes privées ou sur les places publiques, souvent accompagnant celui de son fils, le roi actuel Rama X dont les sujets attendent la procession des barges royales, un événement qui s’annonce d’ores et déjà grandiose et qui mettra officiellement fin aux cérémonies du couronnement. Initialement prévue le 24 octobre, elle a été repoussée au jeudi 12 décembre 2019…

En attendant, vous pouvez prendre connaissance de la brève analyse qu’a publiée le magazine en ligne Gavroche : Du roi Bhumibol au roi Vajiralongkorn, deux visions du monde. Elle émane de Philippe Bergues, spécialiste de géopolitique; il s’agit d’une tentative d’explication du rapport des monarques thaïlandais au reste du monde.

Retrouvez tous les articles que nous avons consacrés à Bhumibol le Grand sur cette page.

#Bhumibol #BhumibolAdulyadej #RamaIX #roi #royauté #Thaïlande


1 Selon le système général de transcription du thaï (RTGS), Bhumibol Adulyadej (en langue thaï : ภูมิพลอดุลยเดช) devrait s’écrire Phumiphon Adunyadet. Nous avons adopté ici la graphie la plus usitée.
2 Source : Wikipédia

Source de l’image à la Une © Facebook – NationPhoto. Article mis à jour le 22.10.2019.


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Cérémonies ‘Tak Bat Thewo’ en Thaïlande (avec programmes à Chiang Mai et alentour)

Quand le Bouddha revient sur Terre…

Rares ont été les offrandes nocturnes tak bat peng pud aux moines bouddhistes cette année (faites en l’honneur du retour espéré de Phra Upakut). En revanche, dits moines, après les offrandes de ce matin liées à la sortie à proprement dite de la retraite monacale (Ok phansa), vont à nouveau être gâtés. Les dévots se réunissent ce lundi 14 octobre 2019, aux aurores ! C’est une occasion de réjouissance où les laïcs vont nombreux au temple offrir leur repas aux moines. Cette année plus nombreux encore puisque lundi est jour férié en raison de l’anniversaire de la disparition de Bhumibol le Grand, le précédent roi bien-aimé. Ce ne sont pas moins de 14 sites que nous vous dévoilons afin de participer à cette fête religieuse matutinale.

Prochain tak bat thewo en Thaïlande : vendredi 18 octobre 2024

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La légende

Il s’agit d’une spectaculaire cérémonie bouddhiste dénommée tak bat thewo (ตักบาตรเทโว en thaï). Tak bat (ตักบาตร) signifie « présenter de la nourriture à un moine » (le bat (บาตร) étant le bol à aumône où il reçoit les offrandes). Thewo quant à lui (en thaï : เทโว) est dérivé du mot theworona (เทโวโรหนะ) qui signifie « La descente du Bouddha du monde céleste ». Dite cérémonie comprend des prières et des offrandes matutinales à des centaines de moines qui descendent des marches en souvenir d’un épisode légendaire attribué au Bouddha historique.

Cette coutume se rapporte à un épisode de la vie de Siddharta Gautama. En l’occurrence, il s’agit de son retour en gloire du ciel Tavatimsa où il avait passé sa septième vassa (une retraite monastique) à prêcher l’Abhidhamma – la dernière partie des textes canoniques – à sa mère et aux devas. D’autres sources racontent que le Bouddha a livré un démon à sa mère morte au ciel. Quoi qu’il en soit, cette fête commémore donc cette histoire légendaire où le Seigneur Bouddha, après trois mois passés à prêcher dans le monde des dévatas, redescend sur Terre, dans la ville de Sangkassa, par le triple escalier d’or, d’argent et de diamant (ou cristal, c’est d’ailleurs ce dernier qu’est censé avoir emprunté le Bouddha).


La cérémonie

Vous verrez donc cet épisode reproduit dans les temples qui disposent d’escaliers (dont les rampes sont généralement en forme de nâgas). Les représentations les plus spectaculaires réunissent des centaines de moine. Le Bouddha quant à lui est représenté par une statue. Les moines se mettent ensuite en fil indienne pour recevoir les offrandes de nourriture matutinales.


En Thaïlande

C’est en Thaïlande que ce festival perdure. Il participe du fameux tham bun (ทำบุญ), l’acquisition des mérites1, une notion chère aux Thaïlandais. Tham (ทำ) signifie faire et bun (บุญ), dérivé du sanskrit punya, peut se traduire par mérite. Dans le bouddhisme, les sources pâli décrivent trois sortes de causes produisant du mérite : la générosité (dāna), la moralité (shila) et la méditation (bhavana). Les offrandes de nourriture aux moines sont gage de générosité (dāna), leur permettant de méditer (bhavana) au sortir de cette période où ils sont censés avoir fait preuve de plus de moralité (shila). C’est dire la popularité de ce rite-ci chez les dévots.

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Cérémonie de l’année dernière au Wat Sangkat Rattanakhiri, à Uthai Thani

Une des cérémonies les plus spectaculaires, parmi celles qui attirent le plus de monde, est organisée à Uthai Mai, dans le district d’Uthai Thani, au Wat Sangkat Rattanakhiri, érigé sur la colline de Sakaekrang, où 500 moines descendent les 449 marches de l’escalier pour recevoir l’aumône des habitants et des touristes. Jetez un œil sur le reportage de Richard Barrow in Thailand. Autres célébrations fameuses à Chon Buri, ou encore à Buri Ram où environ deux mille personnes se joignent à 199 moines afin d’acquérir des mérites (au Wat Phra Phutthabat Khao Kradong, วัดพระพุทธบาทเขากระโดง). Mais tak bat thewo est organisé un peu partout en Thaïlande (exemple ici à Suphan Buri).

Le site thaïlandais Kapook a répertorié 7 sites en Thaïlande parmi les plus populaires où est fêté tak bat thewo. On vous résume les endroits dont il est question (en cliquant sur le nom du temple (wat en thaï), vous connaîtrez sa position sur Google Maps) :

  1. Le Wat Sangkat Rattana Khiri, à Uthai Thani, dont il est question ci-dessus.
  2. Le Wat Phraphutthachai, à Saraburi.
  3. Le Wat Phutthawat Phu Sing, à Kalasin.
  4. L’Office municipal de Nakhon Songkhla.
  5. Le Wat Fai Hin, à Chiang Mai (on vous en reparle ci-dessous).
  6. Le Wat Phra Bat Phu Pan Kham, à Khon Kaen.
  7. Et enfin le Wat Phra That Cho Hae, à Phrae ici au nord (un temple que vous pouvez retrouver sur Facebook).

Notons que des cérémonies similaires sont organisées du côté de Mae Hong Son, province voisine de celle de Chiang Mai, dans le cadre des festivités du poi lern sip et.


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Et à Chiang Mai (il faut vous lever tôt)

À Chiang Mai et alentour, vous aurez le choix car plusieurs cérémonies hautes en couleur s’y déroulent (peu ou prou aux mêmes heures). Attention, à 8h tout sera déjà fini ou presque ! On vous recommande particulièrement cinq endroits, y compris notre coup de cœur cette année :

  • l’un des plus proches et celui qui accueillera le plus de moines (666 pour être précis, chiffre de l’année dernière), le Wat Fai Hin, dans le campus universitaire au pied du Doi Suthep (no 1 dans l’énumération ci-dessous) !
  • le plus beau site, le parc royal Rajapruek, dans un magnifique écrin au sud-ouest de la ville (no 2 ci-dessous);
  • le plus original, le temple de Doi Saket, facile à reconnaître sur sa colline : les moines descendent le grand escalier accompagnant une statue de Bouddha étincelante (no 6 ci-dessous; la vidéo en début d’article représente justement ce festival). À noter cette année, un spectacle son & lumière en soirée.
  • un des plus authentiques (localement parlant et de notre point de vue), le Wat Chetawan ou Wat Nong Mu (no 11 ci-dessous) ou alors le Wat Phra Phut Tha Bat Tak Pha (no 13 ci-dessous), tous deux à Lamphun, la province voisine;
  • c’est notre temple coup de cœur cette année 2019, le nouveau Wat Phrabat Tin Nok  (no 14 ci-dessous), au nord de la ville. Il s’agit du Temple de Verre, érigé sur une colline surplombant les rizières.

Notez que les dévots sont pour la plupart habillés de blanc. La probabilité est forte que vous soyez les seuls touristes présents à ces événements. Et c’est très bien ainsi !


Voici donc les meilleures adresses pour participer à cette fête religieuse à Chiang Mai et alentour, lundi matin, 14 octobre 2019



1
. À 6h30 au Wat Fai Hin (วัดฝายหิน), sur ce qui est appelé la route culturelle, au sein du campus de l’Université de Chiang Mai (CMU). Ils n’étaient pas moins de 666 moines à participer aux célébrations l’année dernière, grandioses donc; combien seront-ils cette année ? En savoir plus (mais c’est en thaï, avec le programme précis et la bande-annonce). Notons au passage qu’il est demandé de ne pas utiliser de plastique…

TakBatThewo2019WatFaiHinCover

2. Le Pavillon Royal du Royal Flora se prête à merveille pour une telle cérémonie. Elle se déroule donc à 6h au pavillon Ho Kham Luang du Parc Royal Rajapruek (อุทยานหลวงราชพฤกษ์), au sud-ouest de la ville. Ce sont 99 moines qui vous attendent. Il est demandé de vous habiller en jaune ou en blanc. En savoir plus, en thaï, avec l’affiche de cette année; vous avez une bande-annonce de la cérémonie de l’année dernière ci-dessous :

À noter que le Wat Phra That Doi Kham tout proche (วัดพระธาตุดอยคำ) se joint à la cérémonie du Royal Flora. Il n’y aura donc pas de célébration spécifique sur les marches de ce temple érigé sur la petite colline, des marches qui pourtant s’y prêteraient à merveille. Nul doute cependant que ce temple sera fort animé durant cette journée, d’autant que lundi est férié.


3. La municipalité de Chang Phueak et le temple royal Jed Yod se sont unis afin d’offrir une cérémonie d’offrande tak bat thewo (bien qu’aucun dénivelé ne puisse être proposé ici). Une route culturelle d’une distance de 997 mètres a été « dessinée » avec, comme point d’arrivée, le Wat Jed Yod (วัดเจ็ดยอด), où nous vous conseillons d’attendre le défilé qui part à 7h de Khuang Rin Kham en passant par la route de contournement no 11.

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© Facebook – Bowling Passawarin

4. On prend des pincettes pour vous signaler la cérémonie qu’organise à 6h du matin le Lanna Dhutanka (ธุดงคสถานล้านนา) à Mae Jo, au nord de Chiang Mai. Il s’agit en fait de la branche locale d’un mouvement sectaire décrié, le Dhammakaya. Ce sont eux qui ont lancé la mode des lâchers géants de lanternes célestes !

La cérémonie a été rebaptisée jao tak bak thewo, jao étant un terme de la langue Lanna qui remplace le kha/khap siamois. 100 moines seront là. Et bien entendu, tout le monde y est cordialement invité… Détails (en thaï).

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5. Le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande marque aussi le coup. On parle bien sûr du Wat Phra That Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพ), sis sur la montagne tutélaire éponyme de Chiang Mai. D’habitude, il n’y a que quelques pèlerins, se comptant le plus souvent sur les doigts d’une main, qui sont présents à 7h du matin pour la cérémonie d’aumônes matutinales. Et c’est justement à 7h que débutera la cérémonie du tak bat thewo. Il est fait mention de la présence de 50 moines ce jour-là; ce ne sera évidemment pas l’affluence de la spectaculaire ascension par les étudiants de l’université CMU mais il est toujours intéressant d’être là-haut au lever du soleil pour en humer la fraîcheur tout en embrassant la ville du regard.


6. Pour y avoir participé alors que nous n’étions que deux touristes présents – une Chinoise et un Occidental – nous vous recommandons fortement la cérémonie qui se déroule dès 6h30 au Wat Phra That Doi Saket (soit le temple sur la colline, à Doi Saket, เชิงบันไดนาควัดพระธาตุดอยสะเก็ด). L’année dernière, 59 moines accompagnaient la statut du Bouddha de cette cérémonie pétaradante. Affiche de cette année, avec plus de détails (bien entendu, tout est en thaï). À noter qu’un spectacle son & lumière a lieu en soirée aux abords du temple…

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Le temple au haut de la colline de Doi Saket se prête à merveille à cette cérémonie

7. L’original Wat Umong Suan Phutthatham (วัดอุโมงค์ สวนพุทธธรรม), au pied du Doi Suthep, connu pour ses galeries jadis peintes, met également sur pied une cérémonie tak bat thewo. Mais comme l’année dernière, nous n’avons pas d’autres informations que l’heure de celle-ci : 6h du matin.


8. Au cœur de la ville, le joli Wat Inthakhin Sadue Muang (วัดอินทขีลสะดือเมือง), accolé à la place des Trois Rois, promet la présence de 69 moines; c’est d’ailleurs sur cette place que se déroulera la cérémonie. Nul doute que les nombreux moinillons du temple y participeront. Cérémonie agendée à 7h. Détails.

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9. Mais Chiang Mai c’est aussi une ville sur la rive gauche de la rivière Ping, là où se trouve sa gare ferroviaire. Le très important Wat Ket Karam (วัดเกตการาม) y célébrait le tak bat thewo l’année dernière, à 6h du matin, avec la présence de 29 moines. Wat Ket est le nom du quartier. D’ailleurs, le Wat Sikong (วัดศรีโขง) tout proche s’était joint au Wat Ket Karam pour fêter le retour du Bouddha sur la Terre. Hélas, nous n’avons pas réussi à trouver une quelconque information pour cette année 2019…


10. Dernier temple de la ville que nous mentionnons, le charmant Wat Lok Moli (วัดโลกโมฬี) au nord de la cité fortifiée (« le carré »). Ici le bois est roi; son ancien chedi restauré vous impressionnera. L’année dernière, la cérémonie a eu lieu à 7h mais hélas, et là aussi, nous n’avons pas obtenu d’information pour cette année 2019…

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11. Au sud-ouest de Chiang Mai, sur la route du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, se trouve une ville dont peu ont entendu parler : Chom Thong. Le temple de cette ville, très beau au demeurant, accueille régulièrement des méditants occidentaux. Si l’on vous en parle, c’est bien entendu parce que ce temple, le Wat Chom Thong (วัดจอมทอง เชียงใหม่) organise lui aussi son tak bat thewo à 6h30 du matin.

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C’est un temple très actif sur Facebook. C’est dire qu’il y a de fortes chances que dite cérémonie soit retransmise en direct sur leur page Facebook… Si tel devait être le cas, vous verrez alors beaucoup de moines recevoir les offrandes des fidèles bouddhistes (ils étaient 180 l’année dernière).


Les deux adresses suivantes se situent dans la province voisine de Lamphun, à moins d’une heure de route au sud de Chiang Mai, une ville et une province campagnarde dont on apprécie l’ambiance typique du Lanna (après tout, Haripunchai, l’ancien nom de Lamphun, n’est-elle pas la plus ancienne ville du Lanna, nom de l’ancien royaume du Nord).

12. La municipalité d’Umong, dans la province de Lamphun, organise elle aussi son Tak Bat Devo au temple Chetawan (วัดเชตวัน ou Wat Nong Mu, วัดหนองหมู) où sont attendus 59 moines à 7h du matin (détails). Le site a son charme, jugez-en :


13. Lieu de pèlerinage, le Wat Phra Phut Tha Bat Tak Pha (วัดพระพุทธบาตรตากผ้า จังหวัดลำพูน) a même vu feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand le visiter. Érigé sur une colline, c’est un endroit idéal pour organiser le tak bat thewo. La cérémonie a lieu à 6h du matin où 199 moines descendront les 469 marches de l’escalier naga depuis le chedi érigé au sommet. En savoir plus.

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14. C’est « le petit dernier » – notre coup de cœur cette année 2019 : le nouveau Wat Phrabat Tin Nok (วัดพระบาทตีนนก), dans le district de San Sai, au nord de la ville de Chiang Mai. En empruntant la (belle) route pour rejoindre Phrao, au nord de la province, vous apercevrez une tâche blanche dans les collines. C’est précisément ce nouveau temple – le Temple de Verre – qui fait appel à la générosité des Thaïlandais pour son édification. On nous promet 68 moines qui recevront vos offrandes dès 7h09 à l’occasion de tak bat thewo. Bande-annonce :

Retrouvez ce nouveau temple, le Temple de Verre donc, sur sa page Facebook.


In fine, le tak bat thewo est aussi organisé dans… les grands centres commerciaux de la ville. Il y a deux ans, le Central Festival avait mis sur pied une telle cérémonie en présence de 99 moines. Comme quoi les affaires peuvent bien se marier au bouddhisme ! Ce sera aussi le cas cette année au centre commercial MAYA (เมญ่า). 149 moines provenant de 9 temples différents vous attendent non pas le lundi 13 octobre 2019 mais le mercredi 16, de 7h à 9h. Événement FB.

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En Thaïlande, même les centres commerciaux accueillent des cérémonies bouddhistes

Si vous n’êtes pas à Chiang Mai en cette journée du tak bat thewo, aux aurores, vous avez tout de même la possibilité de participer aux aumônes matutinales, que que soit le jour. Elles sont en effet quotidiennes, comme partout en Thaïlande. Il suffit de vous promener aux abords du temple le plus proche, généralement avant 7h du matin. Beaucoup de dévots se rendent au pied du Doi Suthep, là où a été construit un sanctuaire en hommage au moine le plus vénéré du nord de la Thaïlande, Khruba Siwichai (apprenez-en plus sur ce moine au caractère bien trempé en lisant notre article Khruba Siwichai, le saint homme de Chiang Mai, ô combien vénéré). Autres endroits pour observer de telles offrandes aux moines : les marchés matinaux.

Notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge, organise avant l’aube un circuit hors des sentiers battus, que peu de touristes effectuent : vous serez là au contact du bouddhisme vécu par les Thaïlandais. C’est accompagné d’un ancien moine bouddhiste, Khun Wet, que vous assisterez à la cérémonie d’offrandes matutinales au haut du très vénéré Doi Suthep, après avoir vu le soleil se lever. Émotions garantis. En savoir plus.

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Tak bat thewo au Royal Flora © Facebook

Voilà. Notre énumération n’est bien entendu point exhaustive. Elle a pour seul but de vous donner les clefs pour participer à l’une des célébrations évoquées. Vous serez là au cœur du bouddhisme, en l’espèce le bouddhisme theravāda du Nord, avec les dévots qui seront tout heureux de vous voir parmi eux aux aurores.

Édition 2019 (beaucoup de photos visibles en cliquant sur les liens). Au fil des ans, le parc Royal Flora est devenu une adresse incontournable pour la cérémonie annuelle tak bat thewo, toujours aussi photogénique. Animation au menu pour le défilé de la route culturelle menant au Wat Jed Yod avec des danses traditionnelles Lanna. L’album-photo du Lanna Duthanka démontre a l’envi l’organisation millimétrique de cette secte bouddhiste. Cette année, le temple qui porte le nom de la colline sur laquelle il est érigé, Doi Saket, a attiré beaucoup de monde (la preuve en photo); il y avait même quelques danses traditionnelles Lanna du plus bel effet. Les moines défilaient aussi au Wat Ket Karam, proche de la rivière Ping. En ville de Chiang Mai, c’était la place des Trois Rois qui accueillait la cérémonie organisée par le Wat Inthakin tout proche, un temple qui avait promis la présence de 69 moines.

Toujours autant de dévots, tout habillés de blanc, au Wat Chom Thong, un autre temple royal. Une cérémonie que vous pouvez revoir en vidéo. Quant au fameux lieu de pèlerinage sis dans la province voisine de Lamphun, le Wat Phra Phut Tha Bat Tak Pha, comme à chaque fois, ce fut une cérémonie pétaradante et très enfumée, une cérémonie de toute beauté. Sans oublier notre coup de cœur 2019, la cérémonie tak bat thewo au Wat Phrabat Tin Nok, le Temple de Verre; elle a été filmée in extenso. Et l’on termine avec les très belles photos de CM Daily Update, prise au parc Royal Flora.

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Tak bat thewo au temple royal de Chom Thong en 2019 © Facebook – วัดพระธาตุศรีจอมทองวรวิหาร

Édition 2018. Ci-dessous, quelques photos de la cérémonie tak bat thewo de l’année dernière, sise au Royal Flora (d’autres photos ici).

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Tak bat thewo au Royal Flora en 2018 © Facebook – อุทยานหลวงราชพฤกษ์

Et la même cérémonie matutinale en vidéo, emprunte de dévotion, mais cette fois-ci au Wat Chom Thong :

Cette cérémonie, qui n’a lieu qu’une fois par année, est suivie par les nombreuses cérémonies d’offrande de nouvelles robes monastiques aux moines bouddhistes : thotkathin. Elles durent jusqu’au Loi Krathong, appelé Yipeng ici à Chiang Mai, la Fête des Lumières, ce qui est sans doute le plus beau festival de la Rose du Nord. Pour tout savoir de ces festivités, il suffit de lire notre article Yipeng/Loi Krathong 2019 à Chiang Mai. Pour tout savoir de la Fête des Lumières.


1 Sur cette importante notion de mérite, on vous renvoie aux explication de l’historien des religions Odon Vallet dans le paragraphe ad hoc de notre article Wat Ton Kwen à Chiang Mai. Offrande de riz et feu en l’honneur du Bouddha.

Entre autres sources rédactionnelles, Wikipédia.
Source de l’image à la Une.
Article composé le 13.10.2019 et mise à jour le 21.10.2021

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