Farangs, Anutin vous parle !

Édition spéciale des Facebook Live #AskTheEmbassy ! L’ambassade suisse à Bangkok a eu l’heureuse initiative d’inviter Son Excellence Anutin Charnvirakul (อนุทิน ชาญวีรกูล), vice-Premier ministre et ministre de la Santé publique de Thaïlande, pour une séance de questions-réponses.

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Anutin, un ministre multipliant les controverses

Anutin ? Oui, c’est bien le ministre thaïlandais qui avait causé un tollé en affirmant, il y a un an à peine, que les farangs qui ne portent pas de masque de protection « devraient être mis à la porte » (source). Le terme farang désignant les étrangers occidentaux qu’il ne semble pas apprécier outre mesure.

Un ministre de la Santé – qui est même vice-Premier ministre du royaume de Thaïlande – qui n’a pas la langue dans sa poche. Un mois plus tard, à travers deux tweets – effacés par la suite – il popularisait le terme de dirty farangs, soit des touristes occidentaux sales

L’un des messages Twitter déclarait que les farangs « ne se douchent jamais » et posent des risques pour la santé de la population thaïlandaise : « C’est l’hiver en ce moment en Europe, donc ces gens fuient le froid en venant en Thaïlande. Beaucoup sont habillés de façon sale et ne se douchent jamais. En tant qu’hôtes, nous devons être prudents. Même eux ne veulent pas se mêler aux autres, en fermant leurs frontières ».

Un autre en rajoutait : « Aujourd’hui, je suis à Chiang Mai. Il n’y a presque plus de touristes chinois, seulement des farangs. Plus de 90 % des Thaïlandais portent des masques mais aucun farang n’en a. C’est pourquoi il y a tant d’infections dans leur pays. Nous devons faire plus attention aux Occidentaux qu’aux Asiatiques. » (source).

Même si le fond s’approche d’une quelconque réalité, il n’en demeure pas moins que le langage diplomatique propre à tout ministre a de loin été oublié et cause un tort indéniable à l’image du royaume de Thaïlande, une destination que l’Office du tourisme s’efforce de vendre en tant que Pays du Sourire. Les médias occidentaux, aux premiers rangs desquels les francophones, s’en étaient fait l’écho (exemple avec Siam Actu).

Et si l’on a choisi comme illustration à la une une photo d’Anutin entouré de plants de cannabis, c’est à dessein. En tant que ministre de la Santé du royaume de Thaïlande, c’est lui qui gère la légalisation progressive du cannabis. Que ce soit à titre thérapeutique ou pour une consommation récréative, la Thaïlande avance peu à peu vers une libéralisation du cannabis. Lisez donc l’article fort intéressant du magazine Slate.

« À l’avenir, chaque famille pourra cultiver six plants de cannabis »

Anutin Charnvirakul, ministre de la Santé de Thaïlande

À ce sujet, Chiang Mai est aux avant-postes avec les recherches menées à l’université Mae Jo. Lors de votre prochain passage dans la Rose du Nord, n’hésitez point à goûter aux spécialités culinaires utilisant de la marijuana.

In fine, signalons encore que M. Anutin Charnvirakul a été récompensé par l’OMS en 2020 pour la lutte contre le tabagisme que mène la Thaïlande. Notre article sur la Journée mondiale Sans Tabac aborde ce sujet.

Anutin Charnvirakul présenté sur Wikipédia (version anglophone).

Retrouvez Anutin sur Facebook : sa page officielle, une seconde page appelée Like Anutin et encore sa page personnelle.

Revenons cependant à l’objet principal de cet article, l’entretien qu’a accordé le ministre de la Santé thaïlandais dans le cadre de la série de vidéos en direct #AskTheEmbassy de l’ambassade suisse à Bangkok. En espérant que la langue du ministre ne fourche pas une nouvelle fois…


Entretien #AskTheEmbassy avec Anutin

Vous savez que la pandémie sanitaire du Covid-19 dure depuis plus d’un an maintenant. La Thaïlande doit faire face à une flambée – toute relative – de cas depuis la mi-décembre (on vous en a parlé dans cet article-ci). Malgré la lutte menée quotidiennement au front par les employées du ministère de la Santé thaïlandais, le ministre de la Santé a pris le temps de répondre aux interrogations des internautes, principalement helvétiques.

L’entretien avec le vice-Premier ministre s’est déroulé en anglais, se basant sur les nombreuses questions reçues au préalable par courriel et sur Facebook. Il y est question de la situation du Covid-19 bien sûr, avec en toile de fond la campagne de vaccination prévue en Thaïlande, mais également des conditions de séjour et des voyages des expatriés, ainsi que d’un sujet récurrent qui revient chaque début d’année : la pollution atmosphérique (sur ce point, n’hésitez pas à lire le billet que nous lui avons consacré : Et la ville la plus polluée de Thaïlande est…).

On vous livre ci-dessous la version originale de cet échange qui, à en lire les commentaires de la publication Facebook, a été plutôt apprécié par les internautes. Ça ne commence réellement qu’à la minute 02:50 :

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Retrouvez l’ambassade de Suisse à Bangkok sur le web, sur Facebook, sur Twitter ou encore sur YouTube.

Si d’aventure vous ne deviez comprendre l’anglais, on vous propose alors le résumé vidéo établi par S.E. Pierre Hagmann, ambassadeur-adjoint :

Un grand merci à S.E. Anutin Charnvirakul d’avoir accepté l’invitation de S.E. Mme l’ambassadrice Helene Budliger Artieda, représentant fièrement la Suisse en Thaïlande, au Laos et au Cambodge. Vous avez là quelques photos des coulisses.

C’est le genre d’échange qui enrichit les relations bilatérales, permettant une meilleure compréhension entre des cultures fort différentes.

Relations bilatérales entre la Thaïlande et la Suisse

La Suisse et la Thaïlande ont établi des relations diplomatiques en 1932. Les relations entre les deux pays reposent sur la présence d’entreprises suisses bien implantées en Thaïlande, les importantes colonies de ressortissants thaïlandais en Suisse et de ressortissants helvétiques en Thaïlande (qui constitue actuellement la plus grande communauté suisse en Asie, composé d’environ 10 000 personnes) ainsi que sur le tourisme.

Sans omettre de rappeler la relation affectueuse qu’entretenait avec la Suisse romande feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand, père du roi actuel, Vajiralongkorn. Bhumibol a vécu et étudié à Lausanne; on vous en dit plus ici.

Si les relations bilatérales entre la Thaïlande et la Suisse vous intéressent, le DFAE – Département fédéral des Affaires étrangères vous parle en détail des points clés de ces relations diplomatiques, des relations économiques et financières entre ces deux pays, de la coopération en matière de formation, de recherche et d’innovation, d’une autre coopération tout aussi essentielle, celle quant au développement et à l’aide humanitaire, en concluant par un bref historique des ces bonnes relations bilatérales. Il vous suffit de cliquer ici.

DFAE – Département fédéral des Affaires étrangères

Source de l’image à la une © Facebook – Like Anutin
Article composé le 02.02.2021 et mis à jour le 03.02.2021

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