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Pourquoi la Thaïlande ne fête pas l’Éléphant le 12 août, Journée internationale de l’Éléphant ?

C’est le 12 août qu’est célébrée la Journée internationale de l’Éléphant. Un événement annuel qui a pour but la conservation et la protection des éléphants du monde entier. Mais pourquoi diable la Thaïlande, où les éléphants sont pourtant bien présents, qu’ils soient sauvages ou domestiques, ne célèbre-t-elle pas cet événement mondial ?

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Deux éléments expliquent cette léthargie nationale :

WorldElephantDay2018MontagePhoto

C’est donc ce qui explique que le royaume de Thaïlande n’organise rien ou pas grand-chose le 12 août ! En revanche, le mois d’août voit organisée ici en Thaïlande la Conférence nationale sur les Éléphants. Vous avez sans nul doute entendu parler du fort impact qu’a eu la pandémie mondiale du Covid-19 sur la situation des éléphants ici en Thaïlande cette année 2020 : la disparition du tourisme a fait tarir la source financière que représentait l’exploitation des pachydermes. L’édition 2020 de cette conférence aborde bien sûr ce thème : Covid-19 – Aller au-delà, s’adapter et avancer après cette crise. Elle aura lieu à Lampang du 20 au 23 août 2020.

D’ailleurs, l’Office national du Tourisme de Thaïlande (TAT) a lancé l’opération « Help Community, Help Elephant, Help Nation » pour aider les éléphants à traverser cette crise du Covid-19 qui a vidé le pays des touristes étrangers. Grâce à diverses organisations spécialisées dans le bien-être des éléphants, ce sont plus de 1 450 éléphants domestiques appartenant à une centaine de camps qui sont soutenus à l’échelle nationale.

Conférence nationale sur les Éléphants 2020 (งานประชุมช้างแห่งชาติ ประจำปี ๒๕๖๒)
Page Facebook

Chiang Mai abrite des dizaines de camps d’éléphants dans sa jungle environnante. Les principaux ne font qu’évoquer cette journée de commémoration sans organiser un événement spécial – contrairement au 13 mars. Ainsi du meilleur,  l’ENP – Elephant Nature Park à ce qui était jusqu’à peu le pire, le camp d’éléphants de Mae Sa.

L’année dernière à cette époque, la fondatrice était en tournée promotionnelle en Europe. Et cette année, on la retrouve dans son parc parmi ses éléphants  (vidéo). Quant au camp de Mae Sa, c’était un sinistre endroit où se pratiquait l’exploitation animale à outrance mais la reprise du camp par la fille du fondateur thaïlandais, un chrétien décédé en 2019, associée à la crise du Covid-19, a permis une saine reconversion du camp : plus de balade sur le dos des pachydermes et plus de jeux de cirques. L’endroit essaie d’être rentable en permettant aux hôtes de nourrir les éléphants, de se baigner avec eux, ou encore de se prendre en photo. Autre intelligente ressource : la transformation des déjections animales en un engrais. Devenu ainsi plus respectueux des besoins de ses pensionnaires, ce camp avait pour habitude d’inviter chaque année les mamans thaïlandaises en ce jour national de Fête des Mères. Le Centre de conservation des éléphants, sis à Lampang, met généralement lui aussi sur pied ce 12 août une journée spéciale; mais elle ne concerne en rien la Journée internationale de l’Éléphant ! Il s’agit en fait d’activités au sein du centre où les mamans thaïlandaises sont là aussi à l’honneur (mais point cette année). Notez que la Patara Elephant Farm – qui n’a rien commémoré ce 12 août 2020 – organise annuellement un ancien cérémonial de vénération d’éléphants, avec une parade dans la jungle haute en couleur; il a lieu généralement fin juin/début juillet. Mais rien de tout cela en cette année 2020 où le Covid-19 bouscule toute les activités touristiques (les ayant fait disparaître pour beaucoup d’entre elles). L’ensemble des camps – bien mal en point en ce moment – est représentée par une association, la Thai Elephant Alliance, qui ne peut que déplorer la situation actuelle.

Rappelons ici qu’en matière de maltraitance animale, se balader à dos d’éléphants fait partie des dix attractions touristiques les plus cruelles selon une étude commandée par l’ONG internationale World Animal Protection. Il faut en finir avec ces ignobles jeux de cirque ! Évitons cependant de porter un regard manichéen sur ce sujet complexe. Ainsi de la polémique – toujours vivace – en lien avec l’utilisation du bull hook, un crochet pour faire obéir les éléphants domestiques… Dans cette vidéo par exemple, ce mahout, décédé entre temps, justifie son utilisation face à la dangerosité que représente un éléphant en musth.

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Journée Internationale de l’Éléphant

Elephant never forget
© Facebook

En dehors des zoos, les éléphants vivent sur deux continents : l’Afrique et l’Asie. Ce ne sont d’ailleurs pas les mêmes espèces (différences entre l’éléphant d’Asie et l’éléphant d’Afrique). La principale menace de leur existence en Afrique est le commerce illégal de l’ivoire des défenses d‘éléphants (son interdiction n’empêche nullement le braconnage qui reste un problème important; 96 ! oui 96 éléphants sont abattus chaque jour en Afrique !). En Asie, la problématique est autre (les femelles de l’éléphant d’Asie sont dépourvues de défenses) : ici, c’est la perte de l’habitat qui menace l’espèce. Un habitat naturel qui se restreint d’année en année en raison de la population humaine croissante, de l’expansion des plantations agricoles (telle la production d’huile de palme), de la déforestation à grande échelle…

Relevons ici l’excellence du parc d’éléphants Kaeng Krachan, point fort du zoo de Zurich, en Suisse. Les gardiens (humains) n’interagissent plus qu’à travers une méthode inédite de contacts indirects. C’est là une réalisation que même la PSA – Protection suisse des animaux qualifie de remarquable. Le nom du parc (de détention) helvétique correspond en fait à un parc national thaïlandais. Les bénéfices générés par le premier permettent de soutenir les éléphants que l’on retrouve dans le second, ici en Thaïlande.

Parmi les éléphants d’Asie, il faut clairement distinguer les éléphants sauvages (que vous pouvez observer dans quelques parcs nationaux thaïlandais) des éléphants domestiques (qui sont en majorité exploités touristiquement depuis que le travail forestier leur a été interdit en Thaïlande). Heureusement, la législation dans ce pays a contribué à améliorer la situation. Cependant, l’éléphant d’Asie reste inscrit sur la liste rouge des espèces en danger d’extinction de l’UICN – Union Internationale pour la Conservation de la Nature. EuroNews vous en dit plus sur cette Journée internationale de l’Éléphant. En bon archiviste qu’il est, l’INA nous offre quelques intéressantes vidéos sur le sujet. À cette occasion, le National Geographic nous fait découvrir une très belle galerie photo, une galerie que tout un chacun peut contribuer à alimenter (YourShot). Ou encore celle du journal The Telegraph (il vous suffit de cliquer sur le cliché pour visionner le suivant). Vous remarquerez enfin l’étonnante dextérité de la trompe du plus grand mammifère terrestre.

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Beaucoup d’organisations de défense des animaux se battent pour la survie des éléphants en Afrique et en Asie. Au rang desquelles l’IFAW – Fonds international pour la protection des animaux, qui mène notamment le combat mondial pour que cesse le commerce de l’ivoire. Retrouvez ici une infographie sur les majestueux pachydermes d’Afrique ou encore la plaquette de leur programme Éléphants (qui n’inclue pas la Thaïlande). Signalons enfin une action annuelle qui concerne également les éléphants, la Marche Mondiale pour les éléphants, rhinocéros et tigres qui, en 2016, a été élargie à l’ensemble des animaux sauvages menacés d’extinction (une liste qui s’allonge de par les méfaits de l’être humain). Nous ne connaissons point encore la date d’une prochaine marche mondiale…

🐘  LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE L’ÉLÉPHANT SUR INTERNET  

Site web (en anglais) et page Facebook (@WorldElephantDay, toujours en anglais).
Et encore : TumblrInstagram et Twitter.

L’année dernière, les responsables de cette Journée internationale nous avaient offert une vidéo des plus émouvantes. Celle de cette année est axée sur l’exploitation touristique « éthique » des éléphants en Thailande (si tant est que l’on puisse exploiter des animaux éthiquement) :

D’ailleurs, les autorités thaïlandaises ne sont pas insensibles aux critiques émises à l’encontre de l’exploitation qui est faite des animaux en Thaïlande. Pour preuve, le débat organisé à Bangkok par la TAT, l’Office du tourisme, avec des membres actifs dans cette lucrative industrie. Puisse la dimension éthique être incluse dans la réflexion…


Rencontrer des éléphants à Chiang Mai

Idéalement, il faudrait observer les troupeaux d’éléphants sauvages dans leur élément naturel, la jungle. Il existe plusieurs parcs nationaux où cela est possible (mais jamais garanti); aucun hélas ne se trouve dans la province de Chiang Mai. Cependant, force est de constater qu’au final bien peu de touristes font l’effort de s’y rendre. Difficile en effet de consacrer plusieurs jours pour réussir à observer – sans garantie aucune – des éléphants sauvages d’Asie dans leur environnement naturel. C’est pourquoi la plupart des touristes rencontrent ces pachydermes dans des camps sis dans la jungle. Et Chiang Mai est l’épicentre de cette activité touristique, florissante, avec tous les excès que cela engendre. Nous consacrerons un jour un article plus poussé sur ces camps…

L’ENP – Elephant Nature Park est sans nul doute le centre qui, ayant mis le bien-être des éléphants au centre de ses préoccupations, est le moins nuisible. Mais, succès oblige, il faut s’y prendre bien à l’avance pour être certain de pouvoir le visiter (les échanges se font en anglais). Nous pouvons également vous recommander de visiter un camp d’éléphants avec Loolu, un jeune Karen pétillant. Ici, pas d’exploitation à outrance, pas de cirque avec ces animaux fort intelligents, et pas non plus de balade sur leur dos ! Le petit camp est géré par une famille karenne. Nul doute que la rencontre des pachydermes, émouvante, sera l’un des moments les plus mémorables de votre séjour dans la Rose du Nord (d’autant si vous y allez durant la saison des pluies, de juillet à octobre, où étincelantes sont les vertes rizières). Découvrez (en français) les formules proposées par Loolu Tour pour rencontrer des éléphants dans la jungle.

Elephant Parade
© Facebook

Chiang Mai abrite également – et tout naturellement – l’Elephant Parade. Une entreprise sociale qui dispose de plusieurs points de vente à Chiang Mai et à Bangkok. Vous pourrez y acquérir de jolies reproductions artistiques d’éléphants. Ou participer à des ateliers à l’Elephant Parade Land où vous peindrez vous-même votre éléphant; une activité manuelle très appréciée des enfants. Cette société organise régulièrement à travers les grandes villes du monde des parades d’éléphants – conçus par des artistes réputés ou non – dont le but est de sensibiliser la population à la disparition de l’espèce et de récolter des fonds qui viennent en aide à un hôpital  où sont soignés gratuitement les éléphants à Lampang. Les touristes et les habitants de Chiang Mai gardent encore un beau souvenirs des 89 éléphants exposés dans plusieurs points de la ville en décembre 2016. Nous consacrerons là aussi un article plus approfondi sur les activités de cette entreprise sociale.

Que vous ayez rencontré ou non des éléphants dans un parc national ou dans un camp, peut-être aurez envie d’en voir ou d’en revoir. Les livres permettent de le faire à bon compte. On vous propose cette brève sélection.

Dernier des beaux livres édités, Mémoires d’éléphant, du photographe franco-grec Kyriakos Kaziras, vous propose une approche très picturale de la photographie, l’auteur maniant ses appareils photo comme des pinceaux. Comme l’indique son titre, Éléphants d’Asie – Un géant menacé, cet autre ouvrage est axé sur l’espèce que vous rencontrerez notamment en Thaïlande. On peut également faire confiance à l’éditeur Gründ qui réalise de bien beaux libres; L’Art d’être éléphant ne fait pas exception. Pour vous-même ou pour en faire cadeau, vous pouvez commander le calendrier Elephants, édition 2020 (la langue anglaise n’empêchera nullement d’admirer les superbes images au fil des mois qui passent).

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Si aux belles photographies vous désirez ajouter les connaissances de spécialistes, optez pour l’ouvrage Incroyable éléphants des photographes animaliers Denis et Christine Huot. Ce ne sont pas eux qui nieront la vie émotionnelle des animaux ! Et c’est précisément le thème d’un ancien livre sorti au moment où l’étologie devenait populaire : Quand les éléphants pleurent risque de vous bouleverser. Ajoutons pour terminer les récits de personnes sur le terrain. Une histoire d’amour africaine relate la vie de Daphné Sheldrick au Kenya, surnommée  « la mère des éléphants ». L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants, en Afrique du Sud, c’est Anthony Lawrence. On reste en Afrique avec Le Dernier des éléphants, où il est question du combat de Stéphanie Vergniault et son association SOS Éléphants du Tchad pour sauver les derniers spécimens de l’espèce. Et enfin le récit de Tarquin Hall qui touche, lui, à l’éléphant d’Asie : Vers le cimetière des éléphants relate une expédition entreprise avec un chasseur professionnel engagé par l’État indien pour abattre un éléphant qui a déjà tué trente-huit personnes ! Ce sont là les ouvrages encore disponibles les plus appréciés sur les éléphants.

Qu’il soit célébré le 12 août lors de cette Journée Internationale de l’Éléphant ou le 13 mars durant la Journée Nationale de l’Eléphant, on souhaite aux pachydermes de Thaïlande, et au-delà du monde entier, un meilleur avenir que l’hécatombe vécue durant le siècle passé !

#WorldElephantDay #JournéeMondialeElephant #JournéeÉlephant #éléphant #éléphants


Source de l’image à la Une : © Facebok – World Elephant Day
Article composée le 17.08.2018 et mis à jour le 24.08.2020

Festival de la Vie Tribale 2018

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de la récente Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, qui s’est tenue à Chiang Rai ce mois-ci dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde célébrée le 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ses populations en marge de la société. Et le festival dont il est question ici y participe.


Le Musée Tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le Musée Tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le Musée Tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de 10 ethnies qui vous sont présentées là (lire le paragraphe idoine).

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale 2018, un événement que nous vous recommandons chaleureusement (cf. le paragraphe suivant).

Ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée du musée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer dans les paillotes au bord du lac servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

 

Le Musée Tribal de Chiang Mai sur internet (Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais)
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Emplacement

Le Festival de la Vie Tribale 2018

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au Musée Tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา, cf. le paragraphe ci-dessus), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

TribalLifeFestival2018Cover2THAMERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï):


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

A l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (env. 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha, les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. A titre d’exemple, les Karens s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari Karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karenne, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. A titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karen : Les Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses :
Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu

© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)


Mise à jour après l’édition 2018 du festival

Cette année, le festival a dû faire face à une météo capricieuse. Force est cependant de constater que les Thaïlandais eux-mêmes s’intéressent fort peu aux minorités ethniques peuplant leur pays. Sans parler de l’absence de promotion attirant les touriste étrangers. Mais les représentants de ces minorités sont bel et bien présents et disponibles à toutes et ceux qui veulent bien s’intéresser à leur sort.

Vous trouverez ci-dessous une vidéo récapitulative de la cérémonie d’ouverture, une cérémonie qui était marquée par un défilé de mode où le designer s’est largement inspiré des motifs tribaux. Quelques photos d’ambiance ici, et encore ici. Un festival qui s’est donc clos et qui vous donne rendez-vous à l’année prochaine.

 

En complément à cet article, on vous invite à lire nos autres articles connexes :


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Mise à jour le 22.08.2018.

#TribalLifeFestival #MinoritésEthniques #ChiangMai #Karen #Hmong #Mien #Lisu #Lahu #Akha #Htin #Khamu #Lawa #Mlabri #tribus #Thaïlande

 

 

Le musée des minorités ethniques de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale

Les minorités ethniques que vous pouvez rencontrer ici dans le nord de la Thaïlande sont une des raisons du succès touristique du nord thaïlandais. Et elles sont nombreuses dans les provinces de Mae Hong Son, Chiang Rai, Lamphun, Lampang, Phayao et bien sûr Chiang Mai. La ville même de Chiang Mai est une mosaïque d’ethnies à elle toute seule.

Il est un musée au nord de la ville qui vous présente les principales ethnies habitant la région, c’est le musée des minorités ethniques, appelé aussi le musée tribal. Sa visite vous donnera un aperçu de la vie des membres de ces minorités, souvent réunis en villages ethniques dans les montagnes du nord. On vous parle aujourd’hui de ce musée, des événements qui l’animent – que ce soit le Festival de la Vie Tribale ou la cérémonie du riz nouveau – et bien sûr des diverses minorités ethniques du nord thaïlandais.

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Des minorités honnies

Il fut un temps, pas si lointain, où les minorités ethniques étaient honnies ici au nord de la Thaïlande (et partout ailleurs dans le royaume). Les gouvernements siamois successifs s’acharnaient à les assimiler (à titre d’exemple, seule la langue thaï était enseignée à l’école). L’aide que leur a apportée le précédent roi de Thaïlande, Bhumibol le Grand (Rama IX), a permis d’améliorer leur situation et a grandement contribué à leur émancipation (on ne vous parlera pas ici du trafic de drogue qui sévissait dans le Triangle d’Or, un trafic qui existe toujours mais dans une bien moindre mesure).

Les membres de ces minorités n’hésitent plus à se réunir afin de demander que leurs droits soient reconnus. Ainsi de l’Assemblée Nationale du Conseil des Peuples Autochtones en Thaïlande, tenue dans le cadre de la Journée Internationale des Populations Autochtones du Monde, célébrée chaque 9 août. Toutes ces actions ont pour but de ne plus laisser ces populations en marge de la société. Et les événements publics organisés par le musée tribal y participent, au premier rang desquels son festival tribal.


Le musée tribal de Chiang Mai

Peu sont les touristes pouvant se targuer d’avoir visité le musée tribal de Chiang Mai. Et pourtant, construit au milieu d’un petit lac faisant partie du parc Rama IX, son architecture originale, avec en toile de fond le massif du Doi Suthep, rend la visite mémorable et ravira celles et ceux qui auront pris le temps de sortir des sentiers touristiques battus et rebattus. Il se trouve non loin d’un autre site bucolique dont nous vous avons déjà parlé, le lac Huay Tueng Thao.

Le nom thaï de l’établissement (พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง) a été traduit par Highland People Discovery Museum en anglais, ce qui correspond, en français, au musée de la découverte des peuples des hautes terres, ces ethnies se concentrant généralement dans les montagnes environnantes (c’est le propre de toutes les ethnies minoritaires du monde : grimper à mesure que le peuple majoritaire s’installe en plaine).

Créé par le gouvernement thaïlandais qui a repris le fonds d’un anthropologue néozélandais, le musée tribal de Chiang Mai expose sur trois niveaux des ustensiles et autres objets du quotidien, des costumes traditionnels, des armes, des instruments de musique, des bijoux et autres objets spirituels. Un parcours circulaire incluant des mises en scènes dynamiques, véritable univers interactif composée de pièces thématiques, le tout bercé par de la musique traditionnelle. Ce ne sont pas moins de dix ethnies qui vous sont présentées là.

Et c’est judicieusement dans cet écrin qu’est organisé le Festival de la Vie Tribale, un événement que nous vous recommandons chaleureusement si d’aventure vous deviez vous trouver dans la Rose du Nord au moment de son déroulement.

Le musée est ouvert du lundi au vendredi, de 8h30 à midi et de 13h à 16h. L’entrée est gratuite (et les dons appréciés). Vous pourrez ensuite vous restaurer au bord du lac attenant, les paillotes servant une cuisine locale. Ne manquez pas d’admirer sur la route faisant le tour du lac l’accumulation des maisons des esprits, avec leurs nombreuses statuettes, partiellement abandonnées.

Présentation du musée en moins de 5 minutes, avec des danses traditionnelles en guise de fin
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Le musée tribal de Chiang Mai sur internet
(Highland People Discovery Museum en anglais, พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง en langue thaï) :

  • Site web (en langue thaï, hélas, à l’exception de la brève présentation des 10 minorités ethniques, que l’on peut lire en anglais); il n’est plus fonctionnel en cette fin d’année 2020…
  • Page Facebook (@HighlandPeopleDiscoveryMuseum)
  • Chaîne YouTube (ne contenant qu’une seule vidéo, celle reproduite ci-dessus)
  • Avis TripAdvisor
  • Emplacement

Cérémonie du riz nouveau

Grâce aux températures plus fraîches en hauteur, les cultures qui parsèment les paysages montagneux du nord thaïlandais sont différentes de celles que vous pouvez observer en plaine. Néanmoins, les membres des diverses ethnies cultivent eux aussi du riz, des variétés différentes cependant.

Les ONG Impect et IMN Voices, en collaboration avec le musée tribal, vous invitent à participer à une cérémonie traditionnelle, la cérémonie du riz nouveau. Vous pourrez goûter à ce riz fraîchement récolté (กินข้าวใหม่) et profiter d’un marché réunissant les membres de diverses ethnies du nord thaïlandais. Cela se déroule les samedi 28 et dimanche 29 novembre 2020 (aucune heure n’est précisée), au musée tribal de Chiang Mai (พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง), ici.

Au programme :

  • Samedi 28.11.2020 :
    – dégustation du riz nouveau bien sûr, avec des séances de cuisine;
    – divers spectacles folkloriques, impliquant chants et danses traditionnelles, de même que des musiciens, parmi lesquels des Hmong, jouant d’un orgue à bouche appelé khên (แคน), un instrument qui remonte à l’âge de bronze;
    – défilé de mode (habits ethniques, forcément);
    – un marché qui vous permettra non seulement de goûter à de la nourriture locale villageoise mais aussi d’acheter des produits agricoles et des produits artisanaux qui feront d’excellents souvenirs.
    – deux rituels auxquels il est plutôt rare d’assister : en premier lieu celui du peuple S’gaw (ปกาเกอะญอ), appelé aussi les Karen Blancs, et ensuite l’échange et le partage de graines végétales traditionnelles entre tribus indigènes, un rituel appelé pan rak pansuk (ปันรักปันสุข);
    D’autres animations complètent cette journée : un exposé dressant l’histoire du riz et de son importance pour les tribus et des activités motivationnelles (empowerment) visant à donner des outils pratiques permettant à ces minorités ethniques d’investir elles-mêmes le marché de la vente en ligne.
    Ce jour-là, samedi donc, il sera possible de visiter le musée tribal. Profitez-en.
  • Dimanche 29.11.2020 :
    – goûtez et cuisinez de la nourriture typique des diverses ethnies présentes, en utilisant des aliments venus de la montagne;
    – avec diverses animations tout au long de la journée et un marché d’artisanat, incluant des produits innovants.

C’est donc là une belle opportunité de rencontrer moult membres de différentes minorités ethniques qui partageront un peu de leur culture. Une occasion unique de se frotter au style de vie tribal.

Rappelons qu’une autre cérémonie impliquant du riz, un rituel tout aussi important pour le peuple du Lanna, est organisée en fin d’année, celle de l’offrande de riz du Wat Ton Kwen.


Le Festival de la Vie Tribale 2018

Aucune date ne nous a été communiquée quant à une nouvelle édition de ce festival, que ce soit en 2019 ou en 2020, année du Covid-19 !

La province de Chiang Mai et le Musée Tribal de Chiang Mai sont fiers de présenter le Tribal Life Festival 2018 à Chiang Mai, soit le Festival de la Vie Tribale 2018. Un événement qui aura lieu du 15 au 18 août 2018 au musée tribal de Chiang Mai (Highland People Discovery Museum, พิพิธภัณฑ์ชาวเขา), niché dans le joli parc Rama IX, au nord de la ville, vers Mae Rim.

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Un festival qui comprend

  • des expositions sur le mode de vie des divers groupes ethniques;
  • des danses et des musiques traditionnelles des 10 minorités ethniques peuplant la région;
  • un marché vous proposant des aliments et d’autres articles produits par ces minorités ethniques;
  • des démonstrations culinaires;
  • des débats;
  • et même des compétitions sportives.

Comme le musée lui-même, le festival veut promouvoir la préservation des modes de vie des divers groupes ethniques à travers l’échange de connaissances sous l’égide d’un développement durable (un concept que le roi Bhumibol nommait l’économie de suffisance).


PROGRAMME DU FESTIVAL

Tribal Life Festival 2018

MERCREDI 15.08.2018
09h30 : “Luo”, une impressionnante danse avec épée (rum dab)
10h00 : Cérémonie d’ouverture avec spectacle culturel et défilé de mode « Mode tribale et nouvelles tendances ».
11h30 : chant folklorique Hmong
12h30 : speed drawing (peinture rapide) “Mode de vie d’un groupe ethnique”
16h00 : spectacle culturel
17h00 : musique traditionnelle Lanna

JEUDI 16.08.2018
10h30 : spectacle culturel
11h00 : musique traditionnelle Lanna
12h00 : compétitions sportives (avec prix à la clef)
13h00 : spectacle culturel “Cueillette du thé »
13h30 : musique traditionnelle Lanna
15h30 : jeux et compétitions sportives
16h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)

VENDREDI 17.08.2018
09h00 : jeux et compétitions sportives
10h30 : débat dont le sujet est การอนุรักษ์วิถีชนเผ่ากับกระแสการท่องเที่ยวในอนาคต¹
11h30 : musique traditionnelle Lanna
13h00 : spectacle culturel
13h30 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”)
15h30 : spectacle culturel Hmong avec danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna

SAMEDI 18.08.2018
10h30 : spectacle traditionnel de danse
11h30 : “Da ra aung”, spectacle de danse contemporaine
13h00 : spectacle culturel
13h30 : “Lee su”, spectacle de danse traditionnelle
15h30 : “Tai”, spectacle de danse traditionnelle
16h00 : musique traditionnelle Lanna (« Mr. Berm Lanna”, groupe au complet)

Les divers spectacles folkloriques vous permettront de découvrir chants, danses et musiques interprétés par les membres des dix minorités ethniques représentées. Ce sont là les activités principales. Il y en a bien entendu d’autres, comme par exemple des débats, mais sans maîtriser la langue thaï, difficile d’y participer. Le marché a lieu les quatre jours durant, de même que les expositions et autres démonstrations culinaires.

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Le Festival de la Vie Tribale 2018 sur internet (tout ou presque est en thaï) : page Facebook (@TribalLifeFestival) et événement FB


Les minorités ethniques au nord de la Thaïlande

Les anglophones les appellent « hill tribes », les tribus des collines. Nous préférons l’appellation plus générales de minorités ethniques, moins péjorative.

La Thaïlande est constituée d’un groupe ethnique principal, originaire de la Chine du Sud, les Thaïs (ou les Tai Siam), une constituante du peuple Tai. Leur langue, le thaï, fait partie des langues tai de la famille tai-kadai. Les premières vagues de migration à partir du Yunnan vers la Thaïlande actuelle sont attestées dès le XIe siècle. Les Khmers, dont l’empire s’étendait alors sur la région, appelaient ces nouveaux venus « Śyâma », un mot sanscrit (श्याम) qui signifie « brun » ou « foncé » et qui a donné le mot Siam, précédent nom du pays. La majorité des Thaïs sont adeptes du bouddhisme Theravada, qui coexiste avec la croyance aux esprits (phi et chao thi honorés dans les maisons des esprits)².

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© พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง

À l’heure actuelle et pour simplifier, parmi les nombreux peuples que compte la Thaïlande, on peut en distinguer deux types principaux :

  • les Thaïs, environ 80% de la population, composés de quatre groupes ethniques et linguistiques (les Thaïs siamois, les Thaïs du Nord-Est (les Isans ou Lao-Thaïs), les Thaïs du Nord (ou les Muangs) et les Thaïs du Sud (ou les Pak Tai)
  • et non-Thaïs (environ 20 %).

Et c’est justement ses autres ethnies présentes au nord de la Thaïlande qui sont au cœur du musée et du festival. Au rang desquelles les Karen, les Hmong, les Mien, les Lisu, les Lahu, les Akha (qui organisent leur singulier Festival de la Balançoire), les H’tin, les Khamu, les Lawa et enfin les Mlabri (les liens renvoient à leur brève présentation en anglais sur la page du musée). Vous en avez une représentation cartographique ici (qui reste approximative). On pourrait y ajouter d’autres minorités comme par exemple les Tai Lüe dont nous apprécions les événements culturels qu’ils organisent régulièrement (dite minorité sera présente au marché mais non présentée en tant que telle au musée).

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© Facebook – Evasion Karen

En pénétrant dans un village ethnique, vous serez confronté.e à une culture différente de celle des villes et villages thaïlandais. D’autres us et coutumes, des faciès différents, une autre langue, des costumes qui bien souvent les caractérisent, des traditions culturelles qui leurs sont propres, une pratique religieuse où l’animisme prime. Tout une richesse culturelle que les membres de ces minorités ethniques essaient tant bien que mal de conserver précieusement.

Promis, on vous reparlera plus en détail des minorités ethniques qui peuplent la région du nord thaïlandais. C’est une composante essentielle de l’attrait qu’offre le nord du royaume, ce qui en fait sans nul doute sa richesse, tant culturelle que touristique.  Il n’est pas aisé d’approcher ces minorités, la barrière de la langue n’étant pas le moindre des écueils. Celles et ceux qui effectuent par exemple la boucle Chiang Mai-Mae Hong Song-Mae Sariang-Chiang Mai de manière indépendante s’en rendent compte (nombreuses sont les ethnies dans les villages traversés). Le contact se limite bien souvent au marché, voire à l’hébergement. Il est cependant des passerelles qui facilitent une meilleure approche. À titre d’exemple, les Karen s’autonomisent peu à peu et reçoivent directement des hôtes sans intermédiaires. Ainsi de l’immersion que vous propose Pauline, une expatriée française qui s’est unie à Tham, son mari karen. À eux deux, ayant créé l’agence Évasion Karen, ils vous accueillent dans leur village retiré – difficile de faire plus authentique – et vous proposent de vivre une expérience unique au contact des membres de leur famille. Immersion garantie ! Autre expérience fort appréciée des touristes qui s’y risquent : les treks immersifs de Loolu Tour. Loolu est un jeune Karen pétillant né dans la région de Samoeng. Il organise des randonnées dans la jungle, avec ou sans la rencontre d’éléphants. Sur deux jours, vous dormirez dans le village de sa famille karen, ce qui constituera sans nul doute un souvenir inoubliable pour vous.

Il existe bien entendu d’autres offres qui vous permettent de rencontrer des membres des minorités ethniques, à Chiang Mai ou ailleurs. Les touristes qui privilégient ce tourisme de proximité repartent enrichis d’une expérience mémorable. Que ce soit à travers les événements culturels ou les offres touristiques, nous vous invitons vraiment à aller à la rencontre de ces minorités, ce qui vous permettra d’être sensibilisé à leur problématique. Une problématique qui peut s’approcher par la lecture. À titre d’exemple, vous avez là une brève présentation du peuple karenLes Karen en Thaïlande par Matthieu John. On peut approfondir le sujet avec cette thèse de doctorat en anthropologie sociale et culturelle-ethnologie présentée par Abigaël Pesses : Les Karen : horizons d’une population frontière – Mises en scène de l’indigénisme et écologie en Thaïlande.

Doister+Loolu
© Facebook (Loolu Tour + DoiSter)

Mise à jour après l’édition 2018 du festival

Cette année, le festival a dû faire face à une météo capricieuse. Force est cependant de constater que les Thaïlandais eux-mêmes s’intéressent fort peu aux minorités ethniques peuplant leur pays. Sans parler de l’absence de promotion attirant les touriste étrangers. Mais les représentants de ces minorités sont bel et bien présents et disponibles à toutes et ceux qui veulent bien s’intéresser à leur sort.

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© Facebook – พิพิธภัณฑ์เรียนรู้ราษฎรบนพื้นที่สูง

Vous trouverez ci-dessous une vidéo récapitulative de la cérémonie d’ouverture, une cérémonie qui était marquée par un défilé de mode où le designer – présent lors du défilé – s’est largement inspiré des motifs tribaux. Quelques photos d’ambiance ici, et encore ici. Un festival qui s’est donc clos et qui vous donne rendez-vous à la prochaine édition.

Nos articles en lien avec les minorités ethniques présentes en Thaïlande :
Le musée tribal de Chiang Mai et son Festival de la Vie Tribale, un article qui vous présente brièvement toutes ces minorités ethniques;
9 août – Journée internationale des Populations Autochtones du monde;
Le Festival Akha de la Balançoire, ancien rite de fertilité
29 juillet, Journée nationale du Thaï, la langue officielle de la Thaïlande
Commémoration de l’anniversaire de feu le roi Bhumibol Adulyadej, grand défenseur des minorités ethniques de son royaume.


¹ C’est à dessein que nous ne traduisons pas le thème car tout se discute en langue thaï
² Wikipédia

Article composé le 14.08.2018 et mise à jour le 27.11.2020.

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