Archives de Catégorie: Accueil

31 mai, Journée mondiale Sans Tabac. En Thaïlande aussi

La Thaïlande est un des pays luttant le plus activement contre le tabac, fléau mondial. Il est bien souvent parmi les premiers à appliquer les recommandations de l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé (le pays reçoit un soutien financier pour cela il est vrai). En tant que touriste, vous vous en rendez vite compte : les espaces où il est permis de fumer deviennent denrée rare. Et les non-fumeurs ne peuvent que s’en réjouir, le Pays du Sourire étant fort agréable pour eux.

À l’occasion de la Journée mondiale Sans Tabac, on vous parle de la situation en Thaïlande, notamment de l’e-cigarette (strictement interdite mais tolérée), des actions menées à Chiang Mai, en terminant par un utile vocabulaire thaï.

Publicités

Une Journée mondiale sous l’égide de l’OMS

La lutte contre le tabagisme est une des missions de l’OMS. Le problème n’est pas le tabac en lui-même mais la nicotine qu’il contient, un agent psychotrope qui entraîne une forte dépendance, que le tabac soit fumé, sucé, chiqué ou prisé.

Le 31 mai de chaque année est donc célébrée la Journée mondiale Sans Tabac, et ce depuis 1988. En Thaïlande aussi !

Le slogan de cette Journée mondiale sans tabac 2023 est le suivant : Cultivons des aliments, pas du tabac ! La culture du tabac nuit à notre santé, à la santé des agriculteurs et de la planète. L’ingérence de l’industrie du tabac se manifeste par les tentatives de remplacement de la culture du tabac, contribuant ainsi à la crise alimentaire mondiale. Cette campagne encourage les gouvernements à mettre fin aux subventions accordées à la culture du tabac et à utiliser les économies réalisées pour aider les agriculteurs à passer à des cultures plus durables qui améliorent la sécurité alimentaire et la nutrition.

● Le tabac est cultivé dans plus de 124 pays, occupant des terres qui pourraient être utilisées pour faire pousser des cultures qui permettent de nourrir des millions de personnes, réduisant ainsi l’insécurité alimentaire.
● Le tabac n’est pas une culture très rentable pour les agriculteurs ou les gouvernements, bien que l’industrie du tabac exagère son importance économique.
● Passer du tabac à des cultures vivrières nutritives peut permettre de nourrir des millions de familles et d’améliorer les moyens de subsistance des communautés agricoles du monde entier.
● Les gouvernements devraient aider les producteurs de tabac à passer à d’autres cultures en mettant fin aux subventions à la culture du tabac et en réaffectant les ressources en faveur de solutions de remplacement de la culture du tabac.

Tels sont les messages clés de la campagne 2023

Une ONG américaine rend attentifs les jeunes aux méfaits du tabac; elle met à disposition ses ressources de qualité, en français. Voici le clip d’une campagne de l’OMS qui rappelle que l’industrie du tabac, sournoise et pernicieuse, cible la génération à venir :

L’OMS – Organisation Mondiale de la Santé (WHO en anglais) est bien entendu
sur le web (avec sa page dédiée au Tabagisme)
➥ sur Facebook
➥ sur YouTube
➥ sur Twitter
➥ ou encore sur Instagram

De même pour sa filiale dans le Sud-Est asiatique (WHO SEARO, sur le web et sur Facebook).


Le tabac en Thaïlande

En 2019, le site ThailandeFR a dressé un bref panorama de la situation en Thaïlande : avec près de 10 millions de fumeurs (sur 70 millions d’habitants, soit 15 % de la population), nous devons déplorer presque 75 000 morts par an (à savoir 200 morts par jour)1 !

Un récent rapport publié par l’Alliance pour la lutte antitabac en Asie du Sud-Est (SEATCA; site web et page Facebook) révèle la duplicité des compagnies de tabac. En savoir plus (et c’est en français).

Ici en Thaïlande, les étiquettes de mise en garde sanitaire sur les paquets de cigarettes sont des plus explicites (dégoûtantes donc, exemples de 2005 à 2013). Et pour ce qui est des campagnes publicitaires, elles sont elles aussi des plus explicites (des clips où les réalisateurs thaïlandais n’hésitent point à faire vibrer la corde sensible) :

Vous trouverez d’autres clips tout aussi émouvants, ici et . Des campagnes anti-tabac qui peuvent s’avérer fort efficaces. De toute manière, au Pays du Sourire, mêmes les interdictions se font avec… le sourire (caméra cachée).

Comme tous les esprits sont encore échauffés par la pandémie du Covid-19, le gouvernement a rappelé que les fumeurs infectés par le SARS-CoV-2 sont susceptibles d’avoir des affections 14 fois plus graves que les non-fumeurs, ce qui augmente le risque de décès.

Au niveau mondial, la Thaïlande est un bon élève. Il y a près de 10 ans, l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé a choisi ce pays (ainsi que le Brésil) comme pays « modèles » pour les pays à bas et moyen revenus, en raison de leur application stricte des directives mondiales antitabac. L’OMS recommande que les États affectent à la lutte contre le tabac un pourcentage des revenus fiscaux générés par les produits du tabac, chose que le royaume effectue depuis longtemps, affectant directement une portion des recettes de la fiscalité à la prévention et la promotion de la santé, notamment celle de la prévention du tabagisme. Sur ce sujet, l’OMS a publié un rapport éclairant : Taxes sur le tabac à affectation spécifique – Les enseignements de l’expérience de neuf pays (dont la Thaïlande).

Il s’agit également de lutter contre le commerce illicite des produits du tabac, aspect essentiel de toute politique complète de lutte antitabac. Une lutte régulièrement médiatisée, comme cette prise d’une valeur de 10 millions de bahts.

Par ailleurs, l’augmentation de 40 % de la taxe sur le tabac, reportée, est finalement entrée en vigueur en octobre 2020. Ainsi, le paquet le moins cher coûtera environ 90 bahts (au lieu de 60 bahts précédemment). Une augmentation qui devrait réduire le nombre de consommateurs addictifs.

Tobacco Asia, c’est le magazine en ligne de l’industrie régionale du tabac en Asie (à lire avec un œil critique donc)

Comme d’autres pays, pour mettre fin à toute forme de publicité sur le lieu de vente, la Thaïlande a légiféré pour que les produits du tabac sur le lieu de vente soient placés dans des armoires ou des tiroirs fermés, évitant ainsi que les paquets (utilisés comme support de publicité) soient exposés, notamment à la vue des jeunes2.

Depuis le 10 septembre 2019, les marques n’ont d’ailleurs plus le droit d’habiller graphiquement les paquets de cigarettes; une loi instaure le paquet de cigarettes neutre, ce qui est une première pour un pays émergent.

Quid de la e-cigarette ?

Vapoter au Siam, crime ou liberté ? Gavroche crée le débat. Les touristes et autres étrangers de passage doivent savoir que la cigarette électronique est strictement interdite au royaume de Thaïlande, et ce depuis 2014 ! Le vapotage est passible d’une amende (jusqu’à 500’000.- bahts) et même d’une peine de prison (jusqu’à 5 ans fermes). Une fois le mécanisme répressif enclenché, ça ne rigole plus (lisez la triste expérience de Cécile, une touriste qui dit avoir vécu l’enfer). La législation évoluera sans doute puisque les ministères réfléchissent à légaliser la e-cigarette en la taxant mais le sujet est complexe.

La cigarette électronique représente un sujet épineux : l’on pourrait croire que c’est la panacée pour arrêter de fumer du tabac mais ses effets ne sont pas encore bien connus. La problématique que fait naître la e-cigarette est due au fait que les sociétés de tabac investissent massivement dans ce produit en le promouvant auprès des jeunes dans le but de les faire passer ensuite au tabac (en savoir plus). La perversité commerciale de ces compagnies n’est plus à démontrer, vu leur sombre historique. Ainsi, le leader américain des cigarettes électroniques, Juul Labs, fait tout pour initier les jeunes à ce mode de consommation, espérant peut-être qu’ils basculent ensuite dans le camp des fumeurs…
N’oublions pas que l’État thaïlandais dispose du monopole nationale du tabac. Dans ces conditions, il est lui aussi suspecté de duplicité3
De toute façon, s’agissant de multinationales qui défendent leur pré carré, la guerre risque de ne jamais finir
Sur ce thème, on vous invite à vous intéresser aux publications de #sovape, une association française qui prône le dialogue.

En ce qui concerne le tabac, la Thaïlande interdit de fumer dans les lieux publics, ce qui inclut les marchés, et même dans les jardins publics. Il est cependant encore possible de fumer dans la rue… Maigre consolation pour les fumeurs sachant que depuis le 20 aout 2019, ils ne peuvent plus fumer à l’intérieur d’une habitation (même à domicile, d’autant s’il y a des enfants) ! Une mesure qui vise à lutter contre les dangers de la fumée passive.

De même, depuis le 1er novembre 2019, il est également interdit de fumer sur 24 plages très touristiques à cause de la pollution liée aux mégots de cigarettes « sur les plages et dans la mer ». L’interdiction concerne Hua Hin, Phuket, Ko Tao, Ko Samui, Pattaya, Jomtien, entre autres plages. Elle a pour l’heure valeur de test; les fumeurs encourent jusqu’à un an de prison ou une amende jusqu’à THB 100’000.-. Même les espaces fumeurs des aéroports gérés par AOT ont été fermés.

Douane. Signalons encore qu’à votre arrivée au Pays du Sourire (sans fumée), vous ne pouvez posséder qu’un maximum de 200 cigarettes par personne adulte (ou alors 250 gr. de tabac, l’un excluant l’autre). Inutile de préciser que toute drogue est interdite. Pour ce qui est du droit en quittant la Thaïlande, cela dépendra surtout des limitations des douanes de votre propre pays. À titre d’exemple, la France applique la même quantité (200 cigarettes maximum) alors que la Suisse permet de revenir avec 250 cigarettes).


Arrêter de fumer grâce à la médecine traditionnelle

Pour celles et ceux désirant mettre un terme à leur addiction, un centre d’appel est disponible dans l’ensemble du pays : 📞 1600 (en thaï, évidemment), un service complété d’un site web, Quitline 1600 (dont l’adresse figure sur tous les paquets de cigarettes). Et la médecine traditionnelle thaïlandaise vient même en aide à toute personne désirant arrêter de fumer (cf. l’image à droite).

Au royaume de Thaïlande, le combat contre le tabac est mené par beaucoup d’instances dont la principale – mais non la seule – est l’Agence thaïlandaise de promotion de la santé (สำนักงานกองทุนสนับสนุนการสร้างเสริมสุขภาพ, dont l’acronyme est composé de ces trois lettres : สสส) que vous retrouvez sur le web (site Thai Health en anglais et en thaï) et sur Facebook. Des fondations spécialisées consacrent tout ou partie de leur action, à l’instar de la Fondation ASH Thailand (Action sur le tabagisme et la santé, sur le web, sur Facebook et sur YouTube); exemple avec sa campagne Smoke Free Zone, soit des zones sans fumée. Autre important acteur, la NATFT – Alliance nationale pour une Thaïlande sans tabac (site web et page Facebook). De même que le TRC – Centre de recherche et de gestion des connaissances sur la lutte antitabac, une instance de la faculté de médecine de l’hôpital Ramathibodi, faisant partie de l’Université Mahidol, à Bangkok (site web en anglais et page Facebook). Le tout sous l’aile protectrice du ministère thaïlandais de la Santé (site web et page Facebook).


Les actions à Chiang Mai

En 2020, une action de sensibilisation a été menée dans les commissariats de Chiang Mai afin de rappeler que ce sont des zones non-fumeur. L’action vise également à diminuer de 30 % le nombre de fumeurs chez les policiers…

La province peut compter sur le Département provincial de la Santé (ประชาสัมพันธ์ สำนักงานสาธารณสุขจังหวัดเชียงใหม่, avec sa page Facebook (Chiangmai Health) et son site web, en thaï, forcément). Et le Bureau de prévention et de contrôle des maladies de ce même département (สำนักงานป้องกันควบคุมโรคที่ 1 เชียงใหม่, site web et page Facebook).

Même type d’action à Chiang Rai où des responsables locaux ont eux aussi été sensibilisés aux dégâts du tabac.


Petit vocabulaire thaï 🚬

วันงดสูบบุหรี่โลก (wan ngot sup buri) correspond à la Journée mondiale sans tabac (วัน, wan, journée; งด, ngot, arrêter; สูบบุหรี่, sup buri, fumer (la cigarette) et โลก, lok, le monde, mondial).

Voici d’ailleurs un petit lexique en lien avec ce thème :

  • บุหรี่ (buri) : cigarette
  • บุหรี่ไฟฟ้า (buri fai fa) : cigarette électronique ou e-cigarette. บุหรี่ไฟฟ้าอันตรายหรือไม่ (buri fai fa antarai rue mai) : les e-cigarettes sont-elles dangereuses ou non ?
  • ซองบุหรี่ (song buri) : paquet de cigarettes
  • ซิการ์ (sika) : cigare (il s’agit bel et bien de la transcription du terme anglais cigar)
  • กล้องยาเส้น (klong ya sen) : pipe; ขัดถูกล้อง (khat thu klong) correspond à nettoyer une pipe mais on vous conseille vivement de ne pas prononcer cela !
  • ยา (ya) : tabac. Vous verrez ce mot affiché sur quantité de pancartes et autres enseignes puisqu’il signifie également médicament, remède; il indique donc une pharmacie (เภสัชศาสตร์, phesatcha sat ou encore ร้านขายยา, ran khai ya) ! ยาสูบ (ya sup) correspond au tabac à fumer, ยามวน (ya muan) au tabac à rouler et ใบยา (bai ya) à la feuille de tabac alors que le tabac pour une pipe se dit กล้องยาสูบ (klong ya sup).
  • สูบ (sup) : fumer; สูบบุหรี่ (sup buri) : fumer une cigarette et สูบยาเส้น (sup ya sen) : fumer du tabac. Enfin, สูบบุหรี่ไฟฟ้า (sup buri fai fa) : fumer une cigarette électronique, soit vapoter.
  • แช็ก (chaek) : briquet; alternativement แช๊ก ou แช๊ค (même prononciation). Le mot complet est ไฟแช็ก, ไฟแช๊ก ou ไฟแช๊ค (fai chaek), ไฟ (fai) signifiant feu, flamme.
  • คุณสูบบุหรี่มั้ย (khun sup buri mai) : est-ce que vous fumez ?
  • สูบบุหรี่ตรงนี้ได้ไหม (sup buri trong ni dai mai) : est-il permis de fumer ici ?
  • ห้ามสูบบุหรี่ (ham sup buri) : interdiction de fumer (ne pas fumer). Terme composé de ห้าม (ham), interdit et d’un mot que vous devez maintenant connaître, บุหรี่ (buri), soit la cigarette.
  • ไม่ดีต่อสุขภาพ (mai di sukkha phap) : mauvais pour la santé, malsain; expression composée de ไม่ดี (mai di), mauvais, pas bien, ต่อ (to), pour et สุขภาพ (sukkha phap), santé. Le contraire de สุขภาพดี (sukkha phap di), sain, bon pour la santé.
  • เสียงไอ (siang ai) : la toux et ไอ (ai) : tousser
  • มะเร็ง (mareng) : cancer; เป็นมะเร็ง (pen mareng) : avoir un cancer et โรคมะเร็งปอด (mareng pot) : cancer du poumon.

Journée mondiale Sans Tabac 2022

Affiche choc de l’OMS pour sa campagne 2022

Le thème pour la Journée mondiale Sans Tabac de cette année est court et percutant : « Le tabac : une menace pour notre environnement ». Peu de mots, des actes. Espérons que les moyens suivront. La campagne vise à sensibiliser le grand public à l’impact du tabac sur l’environnement – culture, production, distribution et déchets. Elle donne aux consommateurs de tabac une raison de plus de renoncer à cette addiction. C’est une campagne qui dénonce aussi les efforts que fait l’industrie du tabac pour « verdir » sa réputation et ses produits en les commercialisant comme des produits respectueux de l’environnement.

« Il empoisonne notre planète ». L’impact néfaste de l’industrie du tabac sur l’environnement est le thème central de la campagne de l’OMS (tous les détails sur cette page web, avec notamment ce clip vidéo).

Avec des émissions de gaz à effet de serre équivalant à 84 mégatonnes de dioxyde de carbone par an, l’industrie du tabac contribue au changement climatique et amoindrit la résilience face à ces changements, gaspille des ressources et endommage les écosystèmes.

Chaque année, environ 3,5 millions d’hectares de terres sont détruits pour y cultiver du tabac. La culture du tabac contribue à la déforestation, surtout dans le monde en développement. L’abattage des forêts pour y planter du tabac provoque une dégradation des sols et une baisse des rendements, c’est-à-dire la capacité du sol à accueillir d’autres plantes ou cultures.

C’est là le principal message de la Journée mondiale Sans Tabac 2022

Journée mondiale Sans Tabac 2020

Cette année 2020, le thème s’attaque aux « tactiques utilisées par l’industrie du tabac et les industries connexes pour attirer les jeunes générations ».

La campagne mondiale #ExposésAuTabac déconstruit les idées reçues et expose au grand jour les tactiques sournoises employées par les industries du tabac, puissant lobby s’il en est. Elle donne aux jeunes les connaissances nécessaires pour détecter facilement les manœuvres de ces industries et leur procure les outils nécessaires pour les déjouer et les combattre. L’OMS appelle tous les jeunes à se joindre à cette lutte pour faire de cette génération une génération sans tabac. Journée mondiale Sans Tabac 2020 – Retrouvez les informations de cette campagne :

Signalons encore que chaque année, l’OMS récompense des personnes ou des organisations pour leurs réalisations dans le domaine de la lutte antitabac. Cette reconnaissance prend la forme d’un prix spécial du Directeur général de l’OMS et de prix de la Journée mondiale Sans Tabac. Cette année 2020, M. Anutin Charnvirakul, vice-Premier ministre et ministre de la Santé publique du royaume de Thaïlande, a été récompensé (il a fait parler de lui au début de l’année pour une tout autre raison, s’en prenant aux étrangers ne voulant pas porter de masque dans le cadre de la pandémie du Covid-19). Il a accordé un entretien dans la série des vidéos Facebook #AskTheEmbassy de l’ambassade de Suisse à Bangkok; on vous en parle dans notre article Farangs, Anutin vous parle !

Les produits du tabac tuent plus de 8 millions de personnes chaque année. Afin de préserver leurs recettes, l’industrie du tabac et les industries connexes doivent continuellement trouver de nouveaux consommateurs pour remplacer ceux que leurs produits ont tués.

C’est là le principal message de la Journée mondiale Sans Tabac 2020

Journée mondiale Sans Tabac 2019

En 2019, la Journée mondiale Sans Tabac était axée sur « le tabac et la santé pulmonaire ». La campagne a permis de sensibiliser davantage aux aspects suivants :

  • l’effet négatif que le tabac a sur la santé pulmonaire, allant du cancer aux maladies respiratoires chroniques;
  • le rôle fondamental des poumons dans la santé et le bien être de tous.

Elle a servi aussi d’appel à l’action, en plaidant pour des politiques efficaces visant à réduire la consommation du tabac, en engageant les parties prenantes dans de multiples secteurs à agir pour la lutte antitabac.

Sur le site web de l’OMS, vous trouverez les thèmes des précédentes Journée mondiale Sans Tabac.


Le tabac et ses méfaits représentent une lutte mondiale menée par les gouvernements et la Thaïlande en est un fer de lance. Vous l’aurez sans doute subodoré, au risque de nous attirer les foudres de nos lecteurs tabaco-dépendants, nous, nous adorons la Thaïlande pour sa quasi absence de tabac dans les espaces publics. En Thaïlande, c’est pratiquement tous les jours une journée sans tabac ! Un pays dès lors des plus agréables pour tous les non-fumeurs (et infernal pour tout invétéré fumeur). Reste encore à régler une autre pollution de l’air, tout aussi insidieuse, celle des particules fines PM10 et surtout PM2,5… On vous incite d’ailleurs à continuer la lecture en vous dévoilant quelles sont les villes les plus polluées de Thaïlande.

#JournéeMondialeSansTabac #JournéeSansTabac #tabac #santé #Thaïlande #JMST2022 #JMST #StopTabac #TobaccoExposed #NonAuTabac #fumer


1 En 2018, l’OMS évoquait plus de 81 000 décès pour presque 15 millions de fumeurs actifs et passifs
2 Cf. Propositions pour une nouvelle politique de lutte contre le tabac – Rapport au Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé – Yves Bur, février 2012
3 OMS, vapotage et lutte antitabac – #sovape

Source de l’image à la une : © Facebook – @Tamseeprint.
Article composé le 31.05.2020 et mis à jour le 30.05.2023.

5 héros thaïlandais en tête de lutte contre le Covid-19

Une crise qui engendre des héros. Thailand Tatler1 nous présente cinq personnalités thaïlandaises qui se sont illustrées durant la pandémie du Covid-19 au royaume de Thaïlande. C’est là une belle occasion de faire plus ample connaissance d’influents membres de la société civile thaïlandaise.

Le magazine britannique Tatler en Thaïlande (on vous le présente en fin d’article)


Rappelons qu’en dehors de la Chine où est née la maladie, la Thaïlande fut le premier pays touché par le Covid-19. Une fois que la crise a éclaté, des médecins, des entrepreneurs et d’autres personnes se sont investis pour combattre ce fléau. Ces personnes apportent de l’espoir, utilisant leur influence à travers leurs actions, leurs idées et leur exemple. Tatler Thailand met en avant cinq personnalités parmi ces héros qui défendent avec passion les intérêts de la nation thaïlandaise.

Publicités

Dr Narin Hiransuthikul, épidémiologiste

Le professeur Narin est le chef du centre d’opération d’urgence Covid-19 de l’université Chulalongkorn et l’un des meilleurs experts thaïlandais en matière de maladies et d’épidémiologie. Son équipe a mis au point un test à bandelettes Covid-19 qui donne des résultats en 15 minutes. Après plus de 100 essais, les tests ont montré un taux de précision de 95 %. Le test par bandelettes est maintenant disponible à l’université Chulalongkorn en s’inscrivant d’abord en ligne. Il explique que si les bandelettes de test Chula Covid-19 ne remplacent pas les tests classiques d’amplification en chaîne par polymérase, l’objectif est d’alléger la charge des hôpitaux car de plus en plus de personnes s’y rendent pour se faire tester.

Nous avons déjà consacré un article à cette avancée médicale : Thaïlande. Un test du Covid-19 pour tous, vraiment ?


Sireethorn Leearamwat, reine de beauté

Petite, Sireethorn rêvait de devenir une reine de beauté car elle voyait ce rôle comme une façon d’aider les autres. Après avoir obtenu son diplôme de pharmacienne en 2018, elle a travaillé comme représentante commerciale dans le secteur pharmaceutique. Puis à l’âge de 25 ans, elle a participé et remporté le concours de beauté Miss Thaïlande 2019, assumant avec aplomb le rôle d’ambassadrice culturelle et touristique du pays. Elle a même ravi le titre de Miss International 2019.

Afin de pallier la pénurie de masques, en particulier pour les professionnels de la santé, Sireethorn a créé, en collaboration avec Prangphisut Daengdej, la Mask Bank. L’une des préoccupations croissantes en Thaïlande est que les masques faciaux sont devenus excessivement chers.

La Mask Bank sur le web, sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter

Avec l’objectif de lever 100 millions de bahts, la Mask Bank vise à présenter une solution à long terme en construisant des usines pour les fabriquer au prix de seulement THB 2,50 la pièce. Sa campagne Kickstarter prévoit un achat minimum de 400 masques au prix de THB 1’000.-, dont 200 pour un usage personnel et l’autre moitié à donner à l’institution ou à l’organisation médicale choisie par l’acheteur. Le projet a déjà permis de récolter plus de 20 millions de bahts et Sireethorn espère pouvoir commencer à produire des masques prochainement.

Retrouvez Bint, petit nom de Sireethorn, Miss Thaïlande 2019, sur sa page Facebook et sur Instagram.

Dr Yong Poovorawan, professeur

Quatrième de six frères et sœurs, le Dr Yong, professeur de médecine de 69 ans, a très tôt aspiré à suivre les traces de ses frères et à étudier l’ingénierie. Mais son frère aîné lui a conseillé de poursuivre ses études de médecine et Yong s’est finalement inscrit à la faculté de médecine de l’université Chulalongkorn, dont il a obtenu le diplôme en 1972. Il poursuivra ses études avec un diplôme en pédiatrie et une certification du Conseil médical de Thaïlande, se voyant offrir une bourse de recherche au département des sciences du foie de l’école de médecine du King’s College Hospital en 1984.

À son retour, Yong a obtenu son poste de professeur et a enseigné au département de pédiatrie de l’université Chulalongkorn. L’actuel directeur du Centre d’excellence en virologie clinique a attiré l’attention internationale en 2004 par ses travaux sur le séquençage génétique et la détection du virus de la grippe aviaire en Thaïlande (H5N1). Divers prix du Fonds de recherche de Thaïlande et du Conseil national de la recherche ont couronné ses efforts. Plus récemment, il a sensibilisé l’opinion aux effets psychologiques qu’induit la panique du public face à l’épidémie de Covid-19.

En tant qu’expert de premier plan dans ce domaine, M. Yong travaille avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Science, de la Recherche et de l’Innovation et la société de la Croix-Rouge thaïlandaise pour sensibiliser le public à l’épidémie de Covid-19 et aux moyens de faire face aux défis quotidiens que représentent l’isolement et les mesures de distanciation sociale. Il est également le fer de lance des tests sur l’utilisation du plasma sanguin des patients ayant terrassé le Covid-19 dans le traitement des cas graves.

Pour M. Yong, en tant que professeur de médecine, la formation de la prochaine génération de professionnels de la santé qualifiés est une priorité. Et il affirme qu’il donnera l’exemple, en continuant à enseigner, à mener des recherches et à développer des méthodes adoptant une technologie moderne car, comme il le souligne, les nouvelles maladies font partie intégrante de la vie moderne et les générations futures doivent être préparées à les combattre.

On retrouve ici le Professeur Yong tout sourire à l’occasion de la Journée d’Ananda Mahidol (พระบาทสมเด็จพระเจ้าอยู่หัวอานันทมหิดล), feu S.M. le roi Rama VIII (รัชกาลที่ ๘), de la dynastie des Chakri, que tout le monde en Thaïlande connait sous le nom de Docteur Chaofa (หมอเจ้าฟ้า). Un jeune roi qui a beaucoup contribué au développement médical et éducatif en Thaïlande.


Sakson Rouypirom, Fondation SATI

Sakson Rouypirom © Thailand Tatler

Alors que la Fondation à but non lucratif SATI met l’accent sur l’aide aux jeunes Thaïlandais défavorisés, son fondateur, Sakson, apporte régulièrement son soutien à d’autres personnes dans le besoin. Face à la pandémie mondiale de coronavirus, il a usé de son influence et rassemblé des ressources pour former une alliance de personnes partageant les mêmes idées afin d’aider les gens les plus exposés à la maladie.

En collaboration avec Scholars of Sustenance, une organisation caritative qui se concentre sur la collecte et la distribution de surplus alimentaires pour les communautés à faible revenu et défavorisées, et Urban Studies Lab, un centre de gestion des connaissances et des données urbaines, Covid Relief Bangkok a été créé. Il s’agit d’un programme visant à atténuer la détresse des groupes les plus démunis de Bangkok, à savoir les personnes âgées, les handicapés, les orphelins et les réfugiés. Les programmes de soins de Covid Relief comprennent des produits sanitaires tels que des masques faciaux et des désinfectants pour les mains à base d’alcool, du gel et du savon, ainsi que de la nourriture (riz, conserves et autre poisson en boîte).

La Fondation SATI sur le web, sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter
La Fondation Scholars of Sustenance sur le web et sur Facebook
Le centre Urban Studies Lab sur Facebook

En utilisant des données démographiques pour identifier et localiser les personnes les plus nécessiteuses à Bangkok en fonction de leur âge et de leur revenu, les colis de soins Covid Relief Bangkok ont déjà été livrés à environ 200 ménages dans le district de Nanglerng. Trois autres sous-districts prioritaires ont été cartographiés pour des livraisons en mai et comprennent quelque 13 000 ménages de personnes âgées et près de 5 500 foyers à faible revenu. Avec le soutien de la Fondation des bénévoles de la santé, les distributions ont été soigneusement planifiées pour maintenir la distance physique et réduire le risque de propagation du virus.

Sakson, diplômé de l’université de New York, s’est également associé à Aliza Napartivaumnuay de l’entreprise sociale en ligne Social Giver, qui permet désormais aux gens de faire des dons de THB 300.- pour couvrir un paquet de Covid Relief pour une famille. « L’énergie positive et le désir d’aider ont été incroyables et cela ne fait que commencer », dit-il. « Si nous unissons tous nos forces pour obtenir le même résultat, nous traverserons cette épreuve ensemble avec succès. »

Dès sa première semaine de fonctionnement, le projet a attiré près de 1 000 sympathisants. Mais il faut encore beaucoup plus d’aide. Rejoignez l’effort et faites la différence : groupe Facebook Covid Relief Bangkok.


Panachit Kittipanya-ngam, PDG de AccRevo

Panachit est à l’avant-garde du combat contre le Covid-19 en Thaïlande. Comme l’association Thailand Tech Start-up disposait d’une abondance de ressources et de travailleurs qualifiés pour combattre le coronavirus, Panachit a réuni des collègues pour former un groupe appelé ped thai su phai (« les canards thaïlandais combattent le danger »).

Panachit Kittipanya-ngam © Thailand Tatler

Appliquant une économie de partage, le projet vise à associer la bonne personne au bon service, c’est-à-dire à jumeler les personnes susceptibles d’être infectées avec les médecins dont elles ont besoin.

L’une des premières initiatives de ped thai su phai a été de créer un site pour offrir des informations précises. Grâce à un système de dépistage des patients en ligne, les gens peuvent entrer les détails de leurs symptômes pour être évalués selon trois catégories de risque différentes. Les données sont envoyées aux médecins et aux hôpitaux qui peuvent alors établir des consultations avec les patients potentiels.

Le dernier effort en date du projet est une application appelée PedKeeper, qui s’attaque aux limites du dépistage de la température en classant les utilisateurs en deux catégories de risque, élevé ou faible, sur la base de leurs récents voyages à l’étranger, en utilisant les données fournies par le département de contrôle des maladies.

Pour son expertise en matière de création de jeunes entreprises, Panachit a été récompensé par le prix national du Start-up Leadership of the year en 2016. Ce diplômé de l’université Chulalongkorn, titulaire d’une licence en ingénierie des télécommunications et d’un master en traitement numérique des signaux, est également titulaire d’un doctorat en science de l’imagerie et en ingénierie biomédicale de l’université de Manchester.

Panachit a commencé sa carrière professionnelle en tant que chercheur à l’institut A*Star de Singapour, où il a passé six ans avant de devenir directeur adjoint du centre d’innovation de True Corporation en 2014. Il a également aidé le gouvernement thaïlandais en tant que directeur de son département de l’innovation et a cofondé la plateforme de services comptables AccRevo, avant de se consacrer à son rôle de président de la Thailand Tech Startup Association. En 2019, il a créé Ztrus, une entreprise d’automatisation des processus basée sur l’IA (intelligence artificielle).


Si nous avons pris le temps de vous traduire cet article du magazine Tatler Thailand, c’est parce nous estimons important d’en partager ainsi le contenu. C’est à travers ce genre d’articles que vous pouvez vous forger une image un brin différente de la Thaïlande touristique que vous appréciez sans doute. Il vous donne à découvrir une autre Thaïlande, connectée au monde, innovante, recherchant des solutions aux problèmes contemporains. C’est bien souvent l’écueil de la langue qui empêche d’en savoir plus sur ce pays et ses habitants, au-delà des seuls clichés touristiques.

Publicités

Nos principaux articles en lien avec le coronavirus et le Covid-19 :
(s’agissant d’une pandémie qui dure depuis près d’une année maintenant, soyez attentif à leur dates de publication)
▶︎ Flash ! Plus de 500 cas de coronavirus détectés dans un marché de la périphérie de Bangkok ! Une province dorénavant bouclée
▶︎ Pandémie du Covid-19 : quel pays l’a gérée le mieux ? La France ? La Thaïlande ?
▶︎ 5 héros thaïlandais en tête de lutte contre le Covid-19
▶︎ Thaïlande. Un test du Covid-19 pour tous, vraiment ?
▶︎ Coronavirus – La relance du tourisme en Thaïlande et dans le monde, touché de plein fouet par la pandémie

En vous rappelant tout de même qu’en Thaïlande, on meurt bien plus de la dengue, du SIDA ou encore du tabac !


500 List, le Who’s Who de Thailand Tatler

Tatler est connu dans le monde pour éditer une liste des personnalités qui comptent. Thailand Tatler ne déroge pas à la règle en éditant sa 500 List, soit les cinq cents personnalités les plus influentes du royaume de Thaïlande. Ce qui donne lieu à l’impression d’un ouvrage annuel que vous pouvez acquérir dans les librairies AsiaBooks par exemple, au prix de THB 300.-.

500 List est aussi disponible gratuitement en ligne. Une version en anglais qui vous permet de connaître le nom de la personnalité retenue, le domaine dans lequel elle exerce, ses centres d’intérêt et parfois un contact (par exemple une page Facebook ou le lien Linkedin). Chacune des 500 personnalités mises en avant est brièvement représentée. De quoi mieux percevoir les arcanes du pouvoir en Thaïlande.

L’Expat List complète ce travail. Il s’agit d’une liste des expatriés influents, de par leur richesse, leur poste, ou encore leur domaine d’expertise. Cela va de la diplomatie aux talents en passant par les experts de terrain. Une liste elle aussi disponible gratuitement en ligne.

La Gen.T List complète utilement ces deux listes. Il s’agit d’une liste annuelle qui met en avant 400 leaders de demain qui façonnent l’avenir de l’Asie. Ce sont des entrepreneurs et des créatifs pionniers qui ont un impact positif et qui catalysent le changement sur le continent asiatique. Parmi eux, quelques leaders thaïlandais. Consultez l’édition 2019 de la Gen.T List (l’édition imprimée peut être commandée sur le site).

Parmi eux, les leaders de demain en Asie

NOS ARTICLES SUR LES PERSONNALITÉS
En Thaïlande :
5 héros thaïlandais en tête de lutte contre la pandémie du Covid-19 (Thailand Tatler)
Les stars vénérées par les Thaïlandais en 2017
Seub, l’icône écologiste de la Thaïlande
Silpa Bhirasri, le père de l’art moderne thaïlandais
Fahsai, Miss Universe Thailand 2019 (qui parle français !) et Amanda, tenante du titre 2020
● Sans oublier bien sûr feu Bhumibol le Grand, le défunt roi Rama IX tant aimé de son peuple
À Chiang Mai :
Cindy, Miss Chiang Mai 2020 (et l’inoubliable Baby Bow, Miss Chiang Mai 2017)
Jenny, Miss Grand Chiang Mai 2019
RonnarOng Khampha, danseur contemporain qui magnifie la danse traditionnelle du Lanna


Thailand Tatler

Tatler est un magazine britannique plus que centenaire publié par le groupe américain de presse Condé Nast (à ne pas confondre avec un journal satirique éponyme anglais du XVIIIe siècle, Tatler signifiant  « le babillard »). Ciblant un lectorat aisé, il est axé sur la mode, sur un certain style de vie, ainsi que sur la haute société et la politique.

Il n’y a pas moins de quatorze versions asiatiques du magazine (aux mains du groupe suisse Edipresse) ! Thailand Tatler est le premier magazine de luxe en langue anglaise du royaume, créé en 1991 déjà. Il s’adresse aux nantis (et à ceux qui souhaitent le devenir). Vous le trouverez en kiosque au prix de THB 150.-.

Accessoirement, Tatler Asia édite également son Tatler Dining qui répertorie les meilleurs restaurants de Thaïlande. De quoi faire frémir vos papilles (et vider votre porte-monnaie).

Quant à Generation T, c’est une plateforme gérée par Tatler Asia qui célèbre l’esprit d’entreprise et de rupture des entrepreneurs et des créatifs de toute la région. Nous y reviendrons.

Thailand Tatler
Un magazine que vous retrouvez sur le web, sur Facebook, sur Twitter, sur YouTube et sur Instagram, de même que sur Pinterest (compte inactif pour l’heure).

Alors bien sûr, le pan de la société décrit aujourd’hui est bien loin de celui que vous pouvez côtoyer en tant qu’expatrié vivant dans un village de l’Isan ou bien encore comme simple touriste découvrant le Pays du Sourire. Mais les facettes de la Thaïlande sont multiples. Et cette facette-ci – le monde des riches et autres personnes influentes – démontre à l’envi que la Thaïlande n’est plus le « pays du tiers-monde » imaginé par certains. Bienvenue dans la Thaïlande du XXIe siècle !


1 Il s’agit là d’une traduction libre de l’article Tatler Heroes: 5 Thais Leading The Fight Against COVID-19 du magazine Tatler Thailand ©
Source de l’image à la une (recadrée) : © Thailand Tatler.
Article composé le 14.05.2020 et modifié le 26.11.2020.

Rachaphruek. Chiang Mai en jaune !

C’est un émerveillement floral qui se produit annuellement à deux reprises : Chiang Mai, entre autres régions de Thaïlande, se pare de jaune durant la floraison du cotonnier jaune (qui annonce la fin de la saison froide, en février) et durant celle, plus abondante encore, de l’arbre rachaphruek1, qui a lieu en avril et annonce ainsi Songkran, le Nouvel An thaïlandais, fêté à mi-avril.

On vous parle aujourd’hui de l’abondante floraison du rachaphruek, un arbre venu d’Asie du Sud qui s’est parfaitement adapté au climat siamois. L’on vous dévoile notamment les endroits où vous pouvez admirer cette féerie choyée des photographes, au mois d’avril.

Majestueux cassier en fleur en ville de Chiang Mai © Facebook – Thinapob Proongsak

Un brin de botanique

Rachaphruek correspond à l’arbre cassia fistula dont les noms communs sont le cassier, le faux séné ou encore le faux caroubier. Une plante qui produit de magnifiques fleurs jaunes; ce qui explique son autre nom populaire, surtout en anglais, l’averse dorée ou la douche d’or (Golden Shower). Certains songent au mimosa à la vue de ces longues grappes de fleurs couleur citron.

Ne manquez pas la floraison du cassier, au mois d’avril !

© Facebook – Thailand Festival

Les feuilles caduques de cet arbre mesurant entre 10 et 20 mètres de haut sont masquées un mois durant par ses fleurs, produites en grappes pendantes de 20 à 40 cm de longueur. Une fois ses fleurs fanées tombées au sol, l’arbre laisse voir ses fruits, de longues gousses pendantes, brun sombre, mesurant de 30 à 60 cm de longueur et 2 à 2,5 cm de largeur. Elles émettent une odeur âcre et contiennent de 40 à 100 graines brun luisant, aplaties et de forme elliptique (attention, elles sont toxiques). Avouons que sans fleurs, cet arbre perd de sa superbe (et le fruit en question a plutôt tendance à l’enlaidir). Wikipédia vous en dit plus encore, en évoquant ses stipules, ses folioles, ses pédicelles, ses calices, ses sépales, ses corolles, ses étamines, ses pétales, ses anthères, ses ovaires, ou encore ses stigmates.

En Inde, c’est un arbre utilisé dans la pharmacopée ayurvédique, la pulpe du fruit sert par exemple comme léger laxatif. Son écorce contient des tanins permettant de produire une teinture rouge. Ici en Thaïlande, les anciens utilisent ses fleurs pour décorer leur coiffure; vous verrez également des danseuses traditionnelles en arborer. Dans les temples, la fleur rachaphruek est souvent déposée au pied des statues du Bouddha.

Cet arbre ne doit pas être confondu avec un arbrisseau qui donne lui aussi des fleurs jaunes et que les anglo-saxons appellent le cotonnier jaune (yellow cotton tree, สุพรรณิการ์ en thaï (suphannika), de son nom scientifique Cochlospermum regium). Originaire d’Amérique du Sud et devenu courant dans le Sud-Est asiatique, il fleurit généralement dès le mois de février, et ce jusqu’en avril (vidéo). Vous en trouverez notamment au parc Singha, à Chiang Rai, ce qui donne lieu à des photos romantiques.

Autre arbre offrant une floraison jaune, fleurissant, lui, dès la fin du mois de février : Handroanthus chrysanthus, un arbre rustique venu d’Amérique du Sud. Les Thaïlandais l’appellent เหลืองอินเดีย (lueang india), soit l’arbre indien jaune. Et lorsqu’il fleurit au bord des routes, beaucoup s’y arrêtent pour prendre des photos. Il y en a dans le district de Sansai, sur l’axe routier 1414, au nord de Chiang Mai, qui se termine à un carrefour d’où l’on rejoint Pai, dans la province de Mae Hong Son (route 1095).

Rachaphruek, un arbre sacré en Thaïlande

Il existe différentes appellations en fonction des régions du royaume. Ainsi, le terme officiel rachaphruek est-il remplacé par khun (คูณ), un nom plus facile à retenir. Ici au nord, l’arbre est aussi appelé lom laeng (ลมแล้ง). Au sud du pays, on parlera plus volontiers de lak kluea (ลักเกลือ) ou lak khoei (ลักเคย). Quel qu’en soit le nom, la vue de cet arbre flamboyant enjaunira votre quotidien.

Vous l’aurez compris, en pays Lanna et comme dans tout le royaume, c’est un arbre sacré. Sa couleur jaune correspond à la couleur du lundi en Thaïlande, jour-anniversaire du défunt roi Bhumibol le Grand (et accessoirement aussi celui de son fil, S.M. Rama X, le roi régnant). Les observateurs les plus imaginatifs voient dans le pollen du cassier le chiffre 9 en écriture thaï (๙), un chiffre porte-bonheur qui renvoie au roi Bhumibol le Grand, Rama IX… Notez que la reine douairière Sirikit a elle aussi sa fleur fétiche, le lilas des Indes. Une fleur dont nous vous reparlerons.

Par ailleurs, le jaune correspond à la couleur du bouddhisme thaïlandais. La fleur du cassier est de facto la fleur nationale de la Thaïlande (voulu depuis l’année 1963, ce titre n’est officiel que depuis le 26 octobre 2001). Les plus hardis des Thaïlandais voient dans la floraison simultanée des cassiers un symbole de l’unité et de l’harmonie du peuple thaïlandais…

Publicités

Où admirer ces explosions florales ?

La croissance du cassier étant meilleure en plein soleil, d’autant qu’il tolère la sécheresse, il s’agit d’une espèce souvent plantée à des fins ornementales, que ce soit dans les villes ou le long des axes routiers. Si vous êtes en Thaïlande au mois d’avril – ce qui vous permet d’y fêter le Nouvel An – vous verrez forcément ces arbres habillés de jaune.

En ville de Chiang Mai

La Rose du Nord n’est pas avare de cassiers (ses nombreux autres arbres constituent d’ailleurs une de ses agréables caractéristiques parmi d’autres). Avant d’entrer dans la Cité historique (« le carré »), généralement par la porte Tha Pae2 (ประตูท่าแพ), n’hésitez à vous promener le long des douves pour assister à ce spectacle floral qui ravira vos yeux. Les cassiers sont nombreux tout autour des remparts historiques de la Cité fortifiée, et plus encore dans la partie nord (vidéo); ainsi, la splendeur de leur floraison se reflète dans l’eau des douves et permet de très beaux clichés. Des fleurs qui recouvrent nonchalamment ces remparts protégés, ajoutant une note poétique.

Vous avez également quelques cassiers plantés aux abords du pont de fer (l’Iron Bridge, ขัวเหล็ก สะพานเหล็ก) qui amplifient sa touche romantique durant le mois d’avril. Quelques rues sont elles aussi bordées par cet arbre vous permettant d’y voir une averse d’or; signalons à titre d’exemple la route Rattanakosin, de part et d’autre du pont éponyme.

Et comment ne pas citer le parc Royal Flora, à l’extérieur de la ville, au pied du Doi Kham, lui qui porte précisément le nom de cette fleur, Rachaphruek (อุทยานหลวงราชพฤกษ์, le parc a opté pour la translittération Rajapruek). Créé à l’occasion d’une exposition horticole internationale organisée en 2006 en l’honneur du précédent roi, feu Bhumibol le Grand.

Il y a là plusieurs cassiers qui feraient presque oublier la présence d’une magnifique serre aux orchidées. Inutile de préciser que le logo du parc est précisément une fleur rachaphruek. Un parc dont on vous conseille vivement la visite, que ce soit durant la floraison des fleurs de cassier – en avril, rappelons-le – ou durant n’importe quelle autre période de l’année. On vous l’a déjà présenté dans notre article Le Royal Flora en fête.

En province

Mais peut-être aurez-vous déjà admiré le spectacle des fleurs de ces arbres en arrivant à Chiang Mai par le train (ou en quittant la ville en chemin de fer). Le long de la voie ferrée – qui se parcoure également en voiture, en moto ou en vélo – quelques arbres cassia fistula agrémentent le parcours entre Lamphun et Chiang Mai. Lamphun est par ailleurs une province qu’on vous conseille vivement de visiter, vous proposant d’intéressantes attractions et des festivals qui n’en sont pas moins (Festival du Longan, Festival Salak Yom…).

Au sud de Chiang Mai, dans le district de Hang Dong, des cassiers égaient la highway 2001 sur 200 mètres. En partant depuis le marché Nam Thong (ตลาดสด น้ำโท้ง), au bord de la rivière Ping, suivez cette route 2001 vers l’ouest, en direction de Ban Tawai, le fameux village des artisans (emplacement Facebook). En avril, tout est enjauni. Vous pourrez ensuite rejoindre le parc Royal Flora, plus au nord (voir ci-dessus).

Mae Taeng, au nord de la ville, vous permet de jouir de deux munificences simultanées: un temple bouddhiste splendide ouvert l’année durant, le Wat Ban Den (que nous aimons surnommer malicieusement « Le Vatican du bouddhisme »), et un tronçon enjauni par les cassiers au mois d’avril. Après la route 107 – celle partant de Chiang Mai en direction du nord – prenez la très belle route de campagne no 3038 et l’explosion florale des cassiers vous apparaîtra soudain. C’est dans cette aire qu’est organisée chaque année à fin décembre une chouette foire d’hiver avec une exposition florale que ne manquent en aucun cas les habitants de toute la province et au-delà. On parle bien sûr de la Foire d’Hiver de Muang Kaen.

D’ailleurs, si vous vous rendez à Mae Taeng par la route 107, peu avant Mae Rim, vous aurez au préalable pu admirer les cassiers en fleur en face du bâtiment provincial des impôts (สำนักงานสรรพากรพื้นที่เชียงใหม่ 2), sur votre gauche juste après la grande intersection.

On vous le signale sans faire d’amalgame : si vous avez prévu de vous rendre à Samoeng en mars – la boucle est fameuse depuis Chiang Mai – ne manquez alors pas d’admirer la floraison des cotonniers jaunes (suphannika) près du café Brand New Field, ici. C’est déjà dès mi-février qu’ils fleurissent. La visite du bucolique Wat Ton Kwen tout proche complètera judicieusement votre sortie.

Les plus aventureux d’entre vous se rendront vite compte que la province de Chiang Mai, au même titre que les autres provinces du nord, héberge moult endroits où vous pourrez admirer la munificente floraison des cassiers.

Bref vocabulaire thaï
ราชา (racha) : royal, relatif au roi
พฤกษ์ (phruek) : arbre, plante, flore
ต้นดอกราชพฤกษ์ (ton dok rachaphruek) : arbre à fleurs « royal »
ดอกราชพฤกษ์ (dok rachaphruek) : fleur « royale »
สีเหลือง (si lueang) : jaune (puisque telle est la couleur de cette fleur)


Et ailleurs en Thaïlande

Chiang Mai n’a pas l’exclusivité du cassia fistula ! C’est un arbre qui se plaît dans l’ensemble du royaume. Au nord bien sûr mais également au sud comme au centre, sans oublier le nord-est. Dans cette dernière région, l’Isan (อีสาน en thaï), beaucoup de routes sont bordées par ces magnifiques arbres fleuris, embellissant votre voyage. D’ailleurs, le sceau de Khon Kaen – une des provinces de cette région reculée – ne contient-il pas un stupa avec un arbre de chaque côté, dont l’un est un banian (Ficus benghalensis) et l’autre un… cassier.

Plus près de Chiang Mai, sur la route 1021 entre Phayao et Chiang Kham, tantôt vous admirerez des fleurs de cotonnier jaune (dès mi-février) et tantôt des fleurs rachaphruek (dès mi-avril). Vous savez d’ailleurs que pour rejoindre Chiang Rai depuis Chiang Mai, on vous conseille depuis toujours d’effectuer le détour par Phayao et son joli lac (กว๊านพะเยา), un endroit enchanteur où vous pouvez, là aussi, admirer des arbres rachaphruek et leur floraison en grappe.

En parlant de Chiang Rai, là où se trouve le fameux Temple Blanc, plusieurs routes de cette province vous offrent elles aussi la possibilité d’admirer ces averses dorées. En revanche et à notre connaissance, le parc Singha ne semble pas avoir planté d’arbres rachaphruek, ce qui ne laisse pas de nous étonner. Cependant et comme déjà indiqué ci-dessus, c’est dès mi-février que peut être admiré une autre floraison, jaune et belle elle aussi, celle du cotonnier jaune. Le parc Singha n’en reste pas moins un parc paysager qui vaut la visite. Lisez donc notre article qui vous parle non seulement de ce parc mais également du Festival des Montgolfières qui y est organisé chaque année à mi-février. Plus proche de Chiang Mai, la ville de Lampang (เมืองลำปาง) est, elle aussi, embellie par des cassiers en fleur (vidéo).

In fine, en guise de clin d’œil et comme nous avons évoqué des fleurs flavescentes, signalons encore une autre fleur, jaune elle aussi, et qui fleurit en ce mois d’avril également : la fleur Dendrobium (Dendrobium lindleyi Steud, ดอกเอื้องผึ้ง en thaï). Ce sont de très belles orchidées de petite taille qui aiment, elles aussi, la lumière. Vous en retrouvez régulièrement accrochées aux arbres de la très belle route Chiang Mai – Lamphun (autres photos ici). Très belle car bordée par de majestueux Dipterocarpus alatus sur plusieurs kilomètres en direction de Lamphun (c’est ici, ตลาดหนองหอย). De part et d’autres, ce sont presque 1 000 exemplaires de ces arbres géants qui vous côtoierez ! Les Thaïlandais les nomment ยางนา, yang na. Une espèce – parmi tant d’autres – en danger de disparition du fait de la déforestation, hélas, trois fois hélas…

Alors bien sûr, où que vous vous rendiez, le spectacle de toutes ces fleurs resplendissantes ne justifie pas le déplacement à lui tout seul (du moins pas pour un touriste de passage). Mais si d’aventure vous deviez en profiter, les emplacements dont nous vous parlons aujourd’hui agrémenteront néanmoins agréablement votre journée. Et l’on vous rassure : les cassiers et ses grappes de fleurs enchanteresses se trouvent à mille autres endroits du Pays du Sourire que vous découvrirez sans nul doute au hasard de vos pérégrinations siamoises.

Vous aimez les fleurs ? Vous adorerez alors lire…
La Fête des Fleurs à Chiang Mai
À défaut de Fête des Fleurs, Chiang Mai Blooms anime la Rose du Nord
Le parc Royal Flora en fête
Thai sakura, lorsque la Thailande du nord se pare de rose
Les champs de tournesols mexicains de Khun Yuam, à Mae Hong Son
Féerie de chrysanthèmes à Samoeng
Rachaphruek, Chiang Mai en jaune

Quittons-nous avec cette magnifique galerie des cassiers en fleur autour des douves de la Cité historique de Chiang Mai, au cœur de la ville. Un travail photographique que l’on doit à Checkin Chiangmai que nous remercions ici.


1 Pour le terme thaï complet ราชพฤกษ์, on retrouve bien souvent la translittération rajapruek (avec un j pour ราชา et sans h pour พฤกษ์). C’est d’ailleurs la translittération retenue par le parc royal Rajapruek. Mais vous nous savez fidèles au RTGS – Système général royal de transcription du thaï, ce qui nous pousse à adopter le plus officiel rachaphruek (avec ch pour le caractère ช et ph pour la lettre พ).
2 En cliquant sur les lieux indiqués, vous obtiendrez les coordonnées Google Maps.

Source de l’image à la une : Paisan Tinnachatarak © Facebook – Lanna Photo Club
Autres sources rédactionnelles que celles mentionnées dans l’article :
Publication Facebook du parc royal Rajapruek (traduction libre);
– Kapook! (ดอกราชพฤกษ์ ดอกไม้ประจำชาติไทย)
– Noy et Gilbert en Thaïlande (Ratchaphruek – La fleur nationale de Thaïlande).
Article composé le 20.04.2020 et mis à jour le 23.04.2020.

« Entrées précédentes Derniers articles »