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15 juin – Journée de l’ASEAN contre la Dengue 🦟

La dengue continue d’affecter les communautés et les pays du monde entier, la région Asie-Pacifique étant parmi les plus touchées. C’est l’une des principales causes de décès chez les enfants et la moitié de la population est à risque. Dans les pays de l’ASEAN1, la dengue est la maladie la plus mortelle et celle qui se propage le plus rapidement parmi les autres maladies à transmission vectorielle. C’est la raison pour laquelle les ministres de la Santé de l’ASEAN, lors de leur 10e réunion le 22 juillet 2010 à Singapour, ont convenu de célébrer la Journée de l’ASEAN contre la Dengue le 15 juin de chaque année, วันไข้เลือดออกอาเซียน en thaï.

On parle aujourd’hui de cette Journée internationale, en évoquant spécifiquement l’épidémie qui sévit en Thaïlande, et vous donnant quelques éléments utiles afin de la combattre. Non sans vous rappeler qu’en tant que touriste ou expatrié, la prophylaxie est indispensable ! La lecture du dernier paragraphe – la prophylaxie – est donc FORTEMENT CONSEILLÉE pour qui veut fouler le sol du Pays du Sourire. En cadeau-bonus, le vocabulaire thaï lié à la dengue.

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Éditions 2020 & 2021 passées sous silence !

Depuis le mois de mars 2020, il semble que la pandémie du Covid-19 ait annihilé tous les efforts de communication de l’ASEAN quant à cette Journée. Nous ne trouvons peu ou prou aucune information qui y est liée ! Si ce n’est les comptes rendus de la conférence de presse du ministre thaïlandais de la Santé. Aucune nouvelle non plus de la part du Secrétariat de l’ASEAN à qui nous avons écrit…

À l’heure où le coronavirus est encore dans tous les esprits, on en oublie donc son cousin, le virus de la dengue, qui lui est un flavivirus. Endémique en Thaïlande, il fait des ravages avec l’actuelle saison des pluies. En 2020, à fin mai, le département de lutte contre les maladies recensait déjà plus de 13 000 infections et, hélas, 10 morts à l’échelle nationale. La ville de Nakhon Ratchasima (appelée plus communément Korat) était la plus touchée avec plus de 1 000 cas ! Si le Covid-19 achève les vieux, ce sont les jeunes qui sont le plus touchés par la dengue. Quels en sont les symptômes ? Forte fièvre, mal de tête, douleur musculaire, visage rouge, éruption cutanée, taches de saignement… Dans ce cas, mieux vaut consulter.

Heureusement et contrairement au coronavirus, il n’y a pas de transmission directe du virus de personne à personne. La « grippe tropicale » se transmet par la piqûre d’un moustique du genre Aedes. Pour le combattre, un seul mot : prophylaxie, valable aussi bien pour les habitants du pays que les touristes ou les expatriés.

Signalons tout de même une courte réunion en ligne mise sur pied le 15 juin 2020 par l’organisation indépendante ISNTD (voir ci-dessous) : De l’action régionale à la coopération mondiale au sujet de la dengue : célébrer les partenariats en matière de dengue dans le monde entier à l’occasion de la Journée de l’ASEAN contre la Dengue.

Cette année 2021, l’ASEAN Dengue Day s’est transformé en premier World Dengue Day, à savoir la Journée mondiale contre la Dengue. N’hésitez donc pas à signer la pétition en ligne lancée par l’ISNTD – La société internationale pour les maladies tropicales négligées, le tout soutenu par le groupe ADVA – Asia Dengue Voice & Action. Un groupe qui organise une conférence officielle en ligne du 13 au 15 juin 2021.

Qu’en sera-t-il en 2022 alors que se tient le 5e Sommet asiatique sur la dengue, du 13 au 15 juin 2022 à Singapour ?

ISNTD – La société internationale pour les maladies tropicales négligées
➥ sur le web
➥ et sur Facebook

Le groupe ADVA – Asia Dengue Voice & Action
➥ sur le web
➥ et sur Facebook

ASEAN Dengue Day
Le site web de l’ASEAN n’a pas été mis à jour après l’édition 2019…

ASEAN Dengue Day Thailand
La page Facebook n’a plus été mise à jour après l’édition 2016…

À défaut, retrouvez l’ASEAN (dont le pays hôte cette année 2021 est Brunei, alors qu’en 2020 c’était le Vietnam).
➥ surle web (c’est en anglais puisque telle est la langue officielle de l’organisation)
➥ et sur Facebook

Les hashtags supposés sont les suivants : #WorldDengueDay #ASEANDengueDay2021 #ADD2021


Édition 2019

En 2019, le thème retenu fut : « Mettre fin à la dengue commence par soi ». En tant que pays chef de file pour l’observation de la Journée de l’ASEAN contre la Dengue 2019, c’est le Myanmar qui avait proposé ce thème. Un thème lié à « L’appel à l’action de tous », l’un des quatre messages du plaidoyer sur la dengue qui ont fait l’objet d’un accord. La fin de la dengue doit commencer par soi, en tant qu’individu, pour aider à diffuser ce message de santé publique et à le mettre en pratique simultanément afin de réduire la dengue dans les pays concernés. La collaboration et les ressources collectives multisectorielles n’ont aucun d’impact lorsque les individus ne participent pas à la lutte contre la dengue. Les hashtags proposés sont les suivants : #ASEANDengueDay2019 #ADD2019 #EndDengueStartsWithMe #EndDengue #StartsWithMe.

Cependant, en Thaïlande, la Journée de la dengue de l’ASEAN a été célébrée le vendredi 14 juin 2019, par décision du ministère de la Santé Publique. Plusieurs activités ont été organisées dans tout le royaume. Au moment des célébrations, la dengue avait déjà touché plus de 22 000 personnes en Thaïlande, faisant 30 morts !

Par ailleurs et dans ce cadre, un séminaire sur la dengue, 9e du nom, a été organisé à Singapour le 22 juin 2019. Belle opportunité pour nous de vous parler des lauréats des Prix Rolex 2019 qui ont consacré notamment un chercheur dans une maladie proche de la dengue ! Pendant près d’un siècle, Rolex a soutenu activement les explorateurs qui s’aventurent jusque dans les territoires les plus extrêmes de notre planète. Bravo donc à M. Brian Gitta. Créer une arme puissante pour lutter contre le paludisme, une maladie contractée par 220 millions de personnes chaque année, est le rêve de cet informaticien ougandais. Vous en saurez plus sur le site de Rolex.

Outre le 15 juin correspondant à la Journée de l’ASEAN contre la Dengue, sachez encore que le moustique a sa Journée mondiale le 20 août et que la Journée mondiale de Lutte contre le Paludisme est célébrée chaque 25 avril.


La dengue en Thaïlande

Le fléau de la dengue est pris au sérieux en Thaïlande

L’Organisation Mondiale de la Santé estime que 50 à 100 millions de personnes sont infectées par le virus de la dengue chaque année dans le monde2. Tous les pays de l’ASEAN sont menacés par la dengue. C’est l’une des maladies les plus infectieuses qui hante l’Asie du Sud-Est depuis des décennies. Si le sujet vous intéresse et que vous lisez l’anglais, ne manquez alors pas de prendre connaissance de l’étude menée en 2014 par le Dr Kingston Rajiah, de l’Université Internationale de Médecine (IMU) et intitulée La dengue dans les pays de l’ASEAN : un simple bilan sur la prévalence et les approches actuelles.

Au royaume de Thaïlande, le nombre d’infections se comptant en dizaine de milliers annuellement, ce ne sont pas moins de neuf agences gouvernementales qui sont impliquées dans ce dur combat sanitaire, sous la houlette du ministère de la Santé Publique ! Des agences qui prennent part à l’alerte et au contrôle des épidémies de dengue dans les communautés, les maisons, les temples et les écoles, afin que ces lieux soient débarrassés des zones de reproduction des moustiques.

Les ravages de la dengue © Facebook – EventPass

Après une diminution des cas dans le monde entier durant la période 2017-2018, la Thaïlande, comme d’autres régions du globe, a connu une flambée d’infections en 2019. Une augmentation qui peut être attribuée au test de dépistage de la dengue appelé Dengue NS1, un test qui bien souvent détecte le virus même sans trop de symptômes. Au mitan de l’année, le pays a connu une augmentation stupéfiante du nombre de cas de dengue; en six mois seulement, la Thaïlande avait enregistré plus de 26 000 personnes infectées dont 41 en sont mortes. À comparer aux chiffres de l’année 2018 : pour un total de 14 900 infections, 19 décès ont été signalés. En 2016, la population a été secouée par le décès de l’acteur de Channel 3 Thrisadee « Por » Sahawong qui a succombé à la dengue alors que le pays n’avait compté que 18 000 cas environ tout au long de l’année, déplorant 16 décès, dont ce jeune acteur. Grâce à cette couverture médiatique, les Thaïlandais sont plus conscients de la maladie et de sa gravité.

Le professeur adjoint Dr Kriengsak Limkittikul, un expert en virologie du Département de pédiatrie tropicale de la faculté de médecine tropicale de l’université Mahidol, avait prédit la gravité de l’épidémie de l’année dernière. Il a ajouté : « La dengue a un schéma de flambée dans lequel une énorme épidémie se déclare généralement tous les deux ou trois ans ». Comme relevé plus haut, cette année 2020 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices… Le Département thaïlandais du contrôle des maladies suit de manière continue l’évolution de l’épidémie.

Contrairement au paludisme – appelé également malaria – il faut savoir que la dengue reste une maladie des grandes villes, ce qui signifie qu’elle fait plus de ravages dans les populations urbaines que dans les quartiers ruraux. À Bangkok par exemple, une mégalopole pleine de gratte-ciel et de tours d’habitation, il est difficile de pulvériser efficacement de l’antimoustique.

Petit vocabulaire thaï (qu’il vaut mieux ne pas entendre !)

ไข้เลือดออก (khai lueat ok) correspond à une fièvre hémorragique, soit la fièvre typique de la dengue; le mot est constitué de ไข้ (khai) qui signifie fièvre, เลือด (lueat) qui correspond à sang et enfin ออก (ok) qui veut dire sortir. Un mot très imagé donc, traduit littéralement par le sang qui sort suite à une fièvre !
ยุง (yung), c’est le moustique et ยุงลาย (yung lai) plus spécifiquement l’Aedes aegypti, soit celui qui transmet la dengue (ลาย (lai) – signifiant rayé, zébré).
กันยุง (kan yung) signifie antimoustique; on dira plus précisément ครีมกันยุง (khrim kan yung) pour de la crème antimoustique, สเปรย์กันยุง (sapre kan yung) pour du spray antimoustique et enfin มุ้งกันยุง (mung kan yung) pour une moustiquaire.
ขบกัด (khop kat) s’utilisera pour dire que le moustique vous a piqué (piqûre).

Ajoutons encore les déboires d’un vaccin commercialisé en décembre 2016. Il promettait alors une efficacité d’environ 93% pour réduire la gravité de la maladie et de plus de 80% pour diminuer le besoin d’hospitalisation. Mais un an plus tard seulement, des études ont confirmé que le vaccin contre la dengue pouvait se retourner contre la personne vaccinée. Il a été rapporté que l’injection n’était idéale que pour les personnes ayant déjà été infectées. Les personnes qui n’ont jamais eu la dengue et qui sont vaccinées puis infectées par la suite peuvent présenter une forme beaucoup plus grave de la maladie !

In fine, d’éminents spécialistes médicaux se sont élevés contre le traitement homéopathique préconisé par le Département de la médecine traditionnelle et alternative thaïlandaise (une formule appelée eupatorium perfoliatum 200C). Le quotidien The Nation vous en parle.

Malaria Consortium est active en Thaïlande depuis 2008, ayant ouvert un bureau qui lui sert de siège régional pour la région Asie. C’est l’une des plus grandes organisations internationales à but non lucratif, spécialisée dans la prévention, le contrôle et le traitement du paludisme et d’autres maladies transmissibles, notamment la dengue, parmi les populations vulnérables. Leur site web et leur page Facebook vous fera connaître leurs actions.

Organisation administrative. En Thaïlande, c’est naturellement le ministère thaïlandais de la Santé Publique (กระทรวงสาธารณสุข) qui a la haute main sur la santé du pays (site web et page Facebook). De lui dépend le Département du contrôle des maladies, DDC – Department of Disease Control en anglais (site web, avec une version anglaise minimaliste). Un département dont dépendent plusieurs bureaux spécialisés au niveau épidémiologique. À cela s’ajoute l’Institut national de la Santé qui applique une devise propre à la santé publique : « La santé du peuple ».

En savoir plus sur la médecine moderne en Thaïlande

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Insidieuse maladie que la dengue

Une maladie virale transmise par les moustiques, de jour. La dengue est transmise à l’homme par les piqûres de moustiques femelles, principalement Aedes aegypti (régions tropicales et subtropicales) et, dans une moindre mesure, Aedes albopictus (régions tempérées). Les moustiques Aedes sont identifiés par les rayures noires et blanches sur leur corps. Selon l’OMS, ces moustiques sont également des vecteurs du chikungunya, de la fièvre jaune et des virus Zika. La dengue grave peut provoquer des hémorragies qui entraînent une altération des organes ou des fuites de plasma, voire la mort. Le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies (US CDC) a déclaré que 40 % de la population mondiale vit dans des zones à risque de dengue, dont les pays de l’ASEAN. Un centre qui suit l’évolution tant au niveau mondial que sur le territoire américain (il alimente régulièrement sa page Facebook). Une vue d’ensemble de la dengue dans le monde proposée également par le Centre européen pour le contrôle et la prévention des maladies (EU CDC que l’on retrouve sur Facebook). L’ASEAN Post a d’ailleurs publié le classement des pays les plus risqués en matière de dengue. Hélas, la Thaïlande arrive en 11e position déjà, devant l’Australie, 12e. Le trio de tête est composé des Philippines, des Maldives et de l’Indonésie.

La première pandémie reconnue de dengue est signalée à la fin du XVIIIe siècle jusqu’au début du XXe siècle aux Amériques. D’origine africaine, elle serait liée au commerce du sucre, du rhum et des esclaves.

Wikipédia

De son côté, l’OMS – Organisation Mondiale de la Santé a défini une Stratégie mondiale de prévention et de lutte contre la dengue, 2012-2020. Une page de son site web nous dit tout sur la dengue. Alors que Wikipédia en dresse un instructif historique.

World Dengue Day – Journée mondiale contre la Dengue. Cette journée n’existe point encore ! Vous pouvez cependant signer une pétition afin de la rendre tangible et accentuer ainsi le combat contre cette maladie délaissée. Deux organisations s’y attèlent : la plate-forme Break Dengue, qui a son siège en Belgique, et la Société Internationale pour les Maladies Tropicales Négligées (ISNTD). L’un et l’autre vous donnent moult informations sur la dengue. Signez donc cette pétition !

⦿ Break Dengue sur le web et sur Facebook
⦿ ISNTD sur le web et sur Facebook

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Le maître-mot : la prophylaxie !

En médecine, ce terme savant désigne « l’ensemble des moyens destinés à prévenir l’apparition, la propagation ou l’aggravation d’une maladie ». Il s’agit donc de prendre des précautions. Et, en la matière, nous n’en prendrons jamais assez !

S’il nous fallait résumer les gestes essentiels pour se protéger des piqûres de moustique, nous dirions alors :

  • de porter des vêtements longs (et légers, tenant compte des températures ici en Thaïlande);
  • d’imprégner régulièrement de répulsif antimoustiques, tant la peau que les vêtements (privilégiez les produits contenant du DEET);
  • de dormir protégé par une moustiquaire, à défaut de climatisation;
  • si possible, d’utiliser des spirales antimoustiques lorsque vous êtes attablé. 

Les Conseils aux voyageurs de France Diplomatie parlent spécifiquement de la dengue. Les voici : les autorités sanitaires locales attirent l’attention de la population en raison de la multiplication des cas de dengue en Thaïlande. La transmission s’effectue par l’intermédiaire de moustiques infectés. Les symptômes de la maladie s’apparentent à ceux de la grippe (forte fièvre, douleurs articulaires, maux de tête). La prise en charge est donc avant tout symptomatique et repose sur la prise d’antalgiques à base de paracétamol et le repos. Il faut impérativement éviter la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoire. La prévention individuelle repose donc essentiellement sur les moyens de protection contre les piqûres de moustiques. Le ministère des Affaires Étrangères renvoie au surplus à la page informative sur la dengue du ministère de la Santé.

SafeTravel.ch, son pendant helvétique, ne dit rien spécifiquement quant à la dengue en Thaïlande, rappelant tout de même la flambée épidémique actuelle. Il vous donne cependant de très bons conseils sur la dengue, des conseils provenant de son Comité d’experts en médecine des voyages.

Les experts différent sur un point, essentiel : les Suisses affirment qu’il n’existe actuellement pas de vaccin efficace contre la dengue alors que les Français mettent en avant le Dengvaxia, du laboratoire Sanofi Pasteur, précisant que ce vaccin n’est pas recommandé pour les voyageurs d’une zone non endémique vers une zone endémique. Rappelons que la Suisse dispose, depuis 1943, d’un Institut tropical et de santé publique de renommée mondiale, un institut associé à l’Université de Bâle (Swiss TPH, site web et page Facebook). On lira donc avec intérêt les éléments fournis par l’Institut Pasteur qui donne quelques précisions supplémentaires sur la recherche en matière de vaccins.

Indépendamment des conseils officiels cités ci-avant, nous ne saurions que trop vous conseiller la lecture du site Guide Thaïlande, animé par un médecin qui a beaucoup bourlingué et qui s’est établi, au final, en Thaïlande. C’est dire l’utilité de ses conseils. Il les a publiés sur deux pages : celle consacrée à la Dengue, la grippe locale et celle, plus générale, à la Lutte antimoustiques.

Pour conclure, on ne le répétera jamais assez : PROTÉGEZ-VOUS ! 🦟

#ASEANDengueDay #ASEAN #ANASE #dengue #maladie #Thaïlande


1 L’ASEAN – Association des Nations d’Asie du Sud-Est (dont l’acronyme français, moins usité, est ANASE) regroupe 10 États membres. Créée par l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et les Philippines en 1967, elle a été rejointe par le Brunei (1984), le Vietnam (1995), le Laos et la Birmanie (1997) et enfin le Cambodge (1999).
2 Certaines estimations parlent même de 390 millions de personnes infectées chaque année !

Source éditoriale non citée dans l’article : The silent assassin, un fort intéressant article publié dans le quotidien Bangkok Post le 11 juin 2019.

Source de l’image à la une © Facebook – New18
Article composé le 15.06.2020 et mis à jour le 14.06.2022

Reprise effective des liaisons ferroviaires en Thaïlande dès le 11 juin 2020

Après un faux départ, la compagnie nationale des chemins de fer thaïlandais (SRT) reprend enfin ses liaisons ferroviaires dans tout le pays, ceci à partir du jeudi 11 juin 2020. C’est là une anec le nombre de singulier plurielnonce qui nous réjouit, les réservations ayant déjà commencé dès le 10 juin dernier. Rappelons que les liaisons en train ont drastiquement été réduites dès le 1er avril 2020 en raison de la pandémie du Covid-19.

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Selon M. Nirum Maniphan, gouverneur de la SRT, le moment est venu d’étendre ses services pour répondre à la demande accrue des usagers domestiques. Cependant, l’application de mesures de santé et de sécurité selon les règles de l’OMS réduira le nombre de passagers transportés, seule la moitié des places pouvant être utilisées tenant compte de la distanciation physique imposée.

Sachez que tous les passagers des trains sont tenus de porter un masque facial, de faire vérifier leur température et de se laver les mains avec un gel à base d’alcool avant de monter à bord, en plus de respecter les règles de distanciation physique. D’autres directives anti-pandémie sont également appliquées dans les gares.

Le sujet alimentant les échanges sur les réseaux sociaux, sachez que les étrangers – les Thaïlandais disent farang – peuvent sans autres emprunter les trains (contrairement aux bus en ce moment, semble-t-il). Ils devront cependant remplir un formulaire au départ. L’information nous a été confirmée par un appel à la centrale téléphonique de la compagnie.

Ainsi, bien que chaque train ne circule qu’à la moitié de sa capacité, le nombre de trains en service sera augmenté sur toutes les lignes et dans toutes les régions du pays à partir du jeudi 11 juin 2020, afin de répondre à l’augmentation du nombre de passagers. Dans le cadre des règles de distanciation sociale, aucun passager n’est autorisé à quitter son siège ou à monter à bord tant que les voitures-restaurants des trains ne sont pas ouvertes. Toutefois, les passagers peuvent apporter leur propre nourriture pour manger à bord.

La reprise concerne 20 trains sur les liaisons ferroviaires interprovinciales (aller-retour) :

  • Ligne du nord (c’est celle qui nous intéresse) : 2 trains (aller-retour) sur la ligne Bangkok-Chiang Mai.
  • Ligne du nord-est : 3 trains sur les lignes Bangkok-Ubon Ratchathani et Bangkok-Nong Khai.
  • Ligne du sud : 5 trains sur les lignes Bangkok-Hat Yai, Bangkok-Su-ngai Kolok, Bangkok-Surat Thani et Bangkok-Trang (il n’y aura pas d’arrêt à Chumphon et Surat Thani pendant les heures de couvre-feu, de 23h à 3h du matin).
Liaison ferroviaire Bangkok – Chiang Mai dès le 11 juin 2020

Ainsi, comme vous le montre le tableau ci-dessus, la liaison Bangkok-Chiang Mai comptera 3 convois par jour. Au train diurne Express no 9051 déjà fonctionnel (départ de Bangkok à 5h30, arrivée prévue à Chiang Mai à 18h30), s’ajouteront deux trains :

  • le train Special Express no 7, diurne lui aussi, qui part de Bangkok à 8h30 pour arriver à Chiang Mai à 19h30
  • et le train nocturne no 9 quittant Bangkok à 18h10 et arrivant au petit matin à Chiang Mai, à 7h15.
Liaison ferroviaire Chiang Mai – Bangkok dès le 11 juin 2020

Dans le sens contraire, soit la liaison Chiang Mai – Bangkok, ce sont là aussi trois liaisons quotidiennes qui sont assurées. Au train diurne Express no 9052 déjà fonctionnel (départ de Chiang Mai à 5h30, arrivée prévue à Bangkok à 18h30), s’ajouteront deux trains :

  • le train Special Express no 8, diurne lui aussi, qui part de Chiang Mai à 8h50 pour arriver à Bangkok à 19h25
  • et le train nocturne no 10 quittant Chiang Mai à 18h et arrivant au petit matin à Bangkok, à 6h50.

La fameuse ligne ferroviaire reliant Bangkok à Chiang Mai propose à nouveau un train de nuit. De quoi vous faire apprécier votre arrivée au lever du jour, le paysage étant superbe entre Lampang et Chiang Mai. Précisons qu’il s’agit là des nouvelles rames chinoises, plutôt confortables. Les trois autres trains habituels sont pour l’heure suspendus (no 109, no 13 et no 51). En résumé, ce sont pour l’heure 3 trains quotidiens qui relient la capitale à la Rose du Nord, 2 de jour et 1 de nuit (et trois autres trains en sens contraire), tous trois parcourant la distance en approximativement onze heures. Il va de soi que très bientôt les 6 liaisons quotidiennes seront rétablies mais avouons que bien peu sont les touristes à emprunter le train Rapid no 109 (et son pendant Rapid no 102), un train qui n’a de rapide que le nom puisqu’il met plus de 14h pour relier les deux villes !

Quant aux trains de banlieue, ils fonctionnent normalement à partir du 11 juin, soit 88 trains au total, comme suit :

  • Ligne du nord : 15 trains de banlieue, réguliers et locaux.
  • Ligne du nord-est : 12 trains réguliers et locaux.
  • Ligne du sud : 18 trains réguliers et locaux.
  • Ligne de l’est : 15 trains réguliers.
  • Ligne Mae Klong – Ban Laem : 6 trains locaux.
  • Ligne Wongwian Yai – Mahachai : 22 trains réguliers.

Vous pouvez réserver votre place en vous rendant dans une gare ferroviaire (muni de votre passeport) ou directement sur le site de réservation de la SRT. Si vous préférez un site de réservation en français, privilégiez 12GoAsia (c’est légèrement plus cher). Pour connaître tous les départs programmés, il vous suffit de cliquer ici (où vous indiquerez la gare de départ et celle d’arrivée).

Réservez vos billets de train sur 12GoAsia (service en français)

Retrouvez les Chemins de fer thaïlandais (SRT)
🚃 sur leur site web
🚃 sur leur page Facebook (ทีมพีอาร์การรถไฟแห่งประเทศไทย)
🚃 via leur centre d’appel : 1690
🚃 de même qu’à travers toutes les gares ferroviaires du pays


Pour celles et ceux qui l’ont déjà expérimenté, le réseau ferroviaire siamois est vétuste (un euphémisme qui en fait sûrement son charme aux yeux des touristes). Mais le pays a hâte de proposer des trains à grande vitesse pour relier ses principaux lieux touristiques. Occasion de rappeler que le projet international visant à relier en TGV Pékin, la capitale de la Chine, à Singapour, à la pointe sud de la péninsule Malaise, vient d’être relancé (une liaison qui traverse donc le Laos, la Thaïlande et la Malaisie). Ce sont les Chinois qui sont à la manœuvre et l’exploitation est promise pour l’année 2027 (mais en matière de promesses ferroviaires, Chiang Mai, qui est comme sœur Anne, devait accueillir son TGV en l’an 2018…).

Mené par les Japonais, un autre projet qui boostera le Grand Bangkok est déjà sur les rails. Un TGV reliera bientôt trois aéroports internationaux entre eux : DMK-Bangkok Don Muang, BKK-Bangkok Suvarnabhumi et UTP-U Tapao, à Chonburi, non loin de Pattaya.

Ceci sans parler d’une probable utopie qui fait naître beaucoup d’espoir, une liaison via Hyperloop qui permettrait de relier Chiang Mai à Phuket en seulement 1h15 (par la route, il y a plus de 1 500 km) ! On vous en a déjà parlé en détail dans cet article.

L’HperLoop en Thaïlande relève-t-il de l’utopie ? © HyperLoop

En savoir plus sur les projets ferroviaires thaïlandais :
High-speed rail in Thailand, un bref et utile historique proposé par Wikipédia
Railways, la présentation des divers projets par le BOI – Board of Investment
The High Speed Train, la liaison des trois aéroports de l’EEC en détail

Il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter un très Bon Voyage !

#CheminDeFer #SRT #train #Thaïlande


Source éditoriale : TAT News – STR resumes 108 interprovincial train services nationwide from 11 June
Article composé le 12.06.2020

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Pandémie du Covid-19 : quel pays l’a gérée le mieux ? La France ? La Thaïlande ?

Il en a coulé de l’eau sous le pont Nawarat depuis que le nouveau coronavirus a fait son apparition en fin d’année dernière dans l’Empire du Milieu. La Thaïlande a été le premier pays à avoir été touché par le Covid-19 hors de Chine. Des mesures restrictives ont été promulguées, ceci dans le cadre d’un état d’urgence – qui perdure pour l’heure – incluant un couvre-feu nocturne.

Vous savez déjà que le pays a réussi à créer un test de détection rapide; c’est le Professeur Dr. Narin qui a dirigé les recherches. D’autres héros se sont distingués en Thaïlande dans la lutte contre cette pandémie. Maintenant que beaucoup de pays vivent leur déconfinement étape par étape, Forbes a dévoilé le résultat d’une étude mondiale qui s’est penchée sur les pays les plus sûrs en matière de Covid-19.

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Quel est le pays le plus sûr face au Covid-19 ?

Deep Knowledge Group (DKG) en remet une couche. Ce consortium international spécialisé dans l’analyse de données scientifiques avait déjà établi un classement il y a quelques semaines, analysant la réponse des gouvernements face à la pandémie naissante. Le trio de tête des pays les plus sûrs était, dans l’ordre : 1. Israël, 2. Allemagne et 3. Corée du Sud. Suivaient la Suisse (11e rang), la Belgique (19e), la Thaïlande (21e) qui faisait mieux que la France (26e seulement) ! Les auteurs expliquaient « Dans notre évaluation de la sécurité et des risques, les régions qui avaient un niveau très élevé de préparation aux situations d’urgence et une capacité à gérer efficacement les crises ont obtenu le meilleur score parce qu’elles avaient la plus grande probabilité de mieux gérer les premiers stades de la pandémie. »

En mettant ses données à jour, tenant compte des plus récents éléments, voici donc la dernière version de son classement mondial où figurent pas moins de 200 pays. On se permet tout de même de vous rappeler que comparaison n’est pas forcément raison; cet intéressant article du réseau The Conversation vous dit pourquoi.

Les 6 critères retenus pour établir ce classement mondial :

➙ Efficacité de la quarantaine
➙ Efficacité du gouvernement
➙ Suivi & détection des cas
➙ Préparation du système de santé
➙ Résilience économique régionale
➙ Préparation aux situations d’urgence

And the winner is… Selon les dernières données, c’est la Suisse qui tire le mieux son épingle du jeu. Elle arrive cette fois-ci en tête du classement. La richesse du pays, qui n’a pratiquement pas de dette, a permis « d’aider financièrement les entreprises et les citoyens les plus vulnérables à amortir les effets de la crise économique. En conséquence, la crise du chômage a été contrôlée plus efficacement dans cette région que dans la plupart de celles considérées dans ce rapport », notent les auteurs. Parmi les autres points forts, ils évoquent « l’accessibilité garantie à des services de santé de haute qualité pour l’ensemble de la communauté » et « de grandes capacités de mobilisation de nouvelles ressources sanitaires ». L’étude rappelle tout de même que bien que première, la Suisse peut encore mieux faire. La RTS – Radio Télévision Suisse vous en dira plus dans son article très complet.

Sur les marches du podium suivent l’Allemagne au 2e rang et Israël en 3e position. Quid des pays qui nous intéressent, au premier rang desquels le Pays du Sourire ? Dans l’ordre, le Canada manque de peu le Top 10 se plaçant au 12e rang. La Thaïlande, bien que perdant des plumes, se place en 47e position mondiale (zone entre le vert et le jaune), avant la France (60e, zone jaune, piètre rang) et la Belgique (78e, zone orange en raison de ses nombreux décès).

Au niveau régional, en prenant les pays de l’ASEAN1, cela donne le classement suivant, avec le Vietnam qui sort clairement du lot :

  1. Vietnam, 20e rang mondial;
  2. Malaisie, 30e rang mondial;
  3. Thaïlande, 47e rang mondial;
  4. Myanmar, 83e rang mondial;
  5. Indonésie, 97e rang mondial;
  6. Cambodge, 98e rang mondial;
  7. Laos, 99e rang mondial.

La Thaïlande qui, rappelons-le, est considérée comme une économie émergente, s’en tire plutôt bien. Évidemment, elle est surclassée, sans surprise, tant par Singapour (4e pays au niveau mondial et premier en Asie) que le Japon (5e). La Chine arrive en 7e position, Hong Kong 13e et Taïwan 16e. Au niveau du continent asiatique, la Thaïlande se classe au 11e rang sur 36 pays.

Globalement, au niveau mondial, ce sont bien malheureusement les pays africains sub-sahariens qui s’en tirent le plus mal :


Résultat détaillé de la Thaïlande

Sur 100 pays ou régions évaluées, la Thaïlande ne se place qu’au 85e rang pour ce qui est de l’efficacité de son plan de quarantaine. En revanche, beau rang obtenu dans le classement de l’efficacité du gouvernement (ou plus généralement des services publics) puisque la Thaïlande se trouve ici en 25e position, de quoi rendre le sourire aux dirigeants. Une belle 38e place dans la surveillance et la détection du Covid-19. 54e rang dans la préparation du pays aux soins de santé. Beau score également pour sa résilience économique (28e rang). Et enfin elle détient la 68e place pour sa préparation aux situations d’urgence. Le pays obtient un score total de 541 points; mieux que la la moyenne pacifico-asiatique qui est de 502 points.

Théo Courant a compilé un certain nombre d’éléments qui pourraient expliquer pourquoi la Thaïlande ne subit que très peu d’infections au Covid-19. Son analyse permet de mieux comprendre l’excellente maîtrise de la pandémie au royaume de Thaïlande. Un pays qui a su introduire la médecine moderne dans son système de santé (on vous en parle ici). C’est par exemple un fer de lance dans la lutte contre le tabagisme.

Quoi qu’il en soit, les données de cette étude seront fort utiles aux autorités siamoises afin d’améliorer encore leur système de santé pour faire face une prochaine pandémie car les experts s’accordent tous sur la probabilité plus que certaine de nouvelles épidémies mondiales dans les prochaines décennies.

Téléchargez gratuitement le rapport COVID-19 Regional Safety Assessment (200 Regions)

Le Club des Correspondants Étrangers de Thaïlande (FCCT) a par ailleurs organisé aujourd’hui même une conférence retransmise en direct sur Facebook (vidéo ci-dessous). Thème de circonstance : Pourquoi la Thaïlande a-t-elle si bien combattu le Covid-19 ?


Quid de la réouverture des frontières siamoises ?

Le document rappelle cependant que la crise sanitaire est loin d’être terminée. Vous savez que le royaume de Thaïlande est toujours sous le coup d’un état d’urgence, au moins jusqu’au 30 juin 2020. Et ses frontières sont fermées au tourisme. Aucune date n’a encore été fixée pour leur réouverture, ce qui permettrait au tourisme – une manne estimé à 20% du PIB – de repartir, cahin-caha.

Selon les éléments distillés par les autorités, ce sont avant tout des critères sanitaires qui seront déterminants. Aussi, le pays privilégiera les pays de provenance qui sont « Covid-safe », soit ceux ayant le moins de cas détectés, voire exempts comme la Nouvelle-Zélande. Espérons cependant que la Thaïlande, pays touristique s’il en est, tienne également compte de ce classement pour faire le bon choix…

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(s’agissant d’une pandémie qui dure depuis près d’une année maintenant, soyez attentif à leur dates de publication)
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En vous rappelant tout de même qu’en Thaïlande, on meurt bien plus de la dengue, du SIDA ou encore du tabac !

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1 Nous n’avons pas trouvé Brunei dans le classement; il ne figure donc pas dans les 100 premiers pays (ni dans les 100 suivants…) !

Source de l’image à la une © Facebook – ศูนย์ข้อมูล COVID-19.
Article composé le 09.06.2020 et mis à jour le 11.06.2020.

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