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Cérémonie ‘Tak Bat Thewo’ 2018 à Chiang Mai et alentour

ARTICLE MIS A JOUR !
On vous invite à lire la mise à jour 2019 de cet article, plus complète

Les moines bouddhistes sont gâtés en cette période de l’année ! Après les offrandes nocturnes Tak Bat Peng Pud de hier à minuit en l’honneur du retour espéré de Phra Upakut, une cérémonie bouddhiste typique du nord de la Thaïlande, après les offrandes d’aujourd’hui liées à la sortie à proprement dite de la retraite monacale (Ok Pansa), voilà que les dévots se réunissent à nouveau demain matin, mercredi 25 octobre donc, aux aurores ! C’est une occasion de réjouissance où les laïcs vont nombreux au temple offrir leur repas aux moines. Ce ne sont pas moins de 12 adresses que nous vous dévoilons afin de participer à cette fête religieuse matutinale.


La légende

Il s’agit d’une spectaculaire cérémonie bouddhiste dénommée Tak Bat Thewo (ตักบาตรเทโว en thaï). Tak Bat (ตักบาตร) signifie « présenter de la nourriture à un moine » (le Bat (บาตร) étant le bol à aumône où il reçoit les offrandes). Thewo quant à lui (ou Devo, en thaï : เทโว) est dérivé du mot Theworona (เทโวโรหนะ) qui signifie « La descente du Bouddha du monde céleste ». Dite cérémonie comprend des prières et des offrandes matutinales à des centaines de moines qui descendent des marches. Cette coutume se rapporte à un épisode de la vie de Siddharta Gautama, le Bouddha historique. En l’occurrence, il s’agit de son retour en gloire du ciel Tavatimsa où il avait passé sa septième vassa (une retraite monastique) à prêcher l’Abhidhamma – la dernière partie des textes canoniques – à sa mère et aux devas. D’autres sources racontent que le Bouddha a livré un démon à sa mère morte au ciel. Quoi qu’il en soit, cette fête commémore donc cette histoire légendaire où le Seigneur Bouddha, après trois mois passés à prêcher dans le monde des dévatas, redescend sur Terre, dans la ville de Sangkassa, par le triple escalier d’or, d’argent et de diamant (ou cristal, c’est d’ailleurs ce dernier qu’est censé avoir emprunté le Bouddha).


La cérémonie

Vous verrez donc cet épisode reproduit dans les temples qui disposent d’escaliers (dont les rampes sont généralement en forme de nâgas). Les représentations les plus spectaculaires réunissent des centaines de moine. Le Bouddha quant à lui est représenté par une statue. Les moines se mettent ensuite en fil indienne pour recevoir les offrandes de nourriture matutinales.


En Thaïlande

C’est en Thaïlande que ce festival perdure. Il participe du fameux Tham Bun (ทำบุญ), l’acquisition des mérites, une notion chère aux Thaïlandais. Tham (ทำ) signifie faire et Bun (บุญ), dérivé du sanskrit Punya, peut se traduire par mérite. Dans le bouddhisme, les sources pali décrivent trois sortes de causes produisant du mérite : la générosité (dāna), la moralité (shila) et la méditation (bhavana). Les offrandes de nourriture aux moines sont gage de générosité (dāna), permettant aux moines de méditer (bhavana) au sortir de cette période où ils sont censés avoir fait preuve de plus de moralité (shila). C’est dire la popularité de ce rite-ci chez les dévots.

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La cérémonie la plus spectaculaire, et donc celle qui attire le plus de monde, est organisée à Uthai Mai, dans le district d’Uthai Thani, au Wat Sangkat Rattanakhiri, érigé sur la colline de Sakaekrang, où 500 moines descendent les 449 marches de l’escalier pour recevoir l’aumône des habitants et des touristes. Jetez un œil sur le reportage de Richard Barrow in Thailand. Autres célébrations fameuses à Chon Buri et à Buri Ram où environ deux mille personnes se joignent à 199 moines afin d’acquérir des mérites.

Le site thaïlandais Kapook répertorie 7 endroits en Thaïlande parmi les plus populaires où est fêté Tak Bat Thewo (article). On vous résume les endroits dont il est question (en cliquant sur le nom du temple (Wat en thaï), vous connaîtrez sa position sur Google Maps :

  1. Le Wat Sangkat Rattana Khiri, à Uthai Thani, dont il est question ci-dessus.
  2. Le Wat Phraphutthachai, à Saraburi.
  3. Le Wat Phutthawat Phu Sing, à Kalasin.
  4. L’Office municipal de Nakhon Songkhla.
  5. Le Wat Fai Hin, à Chiang Mai (on vous en reparle ci-dessous).
  6. Le Wat Phra Bat Phu Pan Kham, à Khon Kaen.
  7. Et enfin le Wat Phra That Cho Hae, Phrae.

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Et à Chiang Mai (il faut vous lever tôt)

À Chiang Mai et alentour, vous aurez le choix car plusieurs cérémonies hautes en couleur s’y déroulent (peu ou prou aux mêmes heures). Attention, à 8h tout sera déjà fini ou presque ! On vous recommande particulièrement quatre endroits :

  • l’un des plus proches et celui qui accueillera le plus de moines, 666 pour être précis, le Wat Fai Hin, dans le campus universitaire au pied du Doi Suthep (no 1 dans l’énumération ci-dessous) !
  • le plus beau site, le parc royal Rajapruek, dans un magnifique écrin au sud-ouest de la ville (no 2 ci-dessous);
  • le plus original, le temple de Doi Saket, facile à reconnaître sur sa colline : les moines descendent le grand escalier accompagnant une statue de Bouddha étincelante (no 5 ci-dessous; la vidéo en début d’article représente justement ce festival).
  • un des plus authentiques (localement parlant et de notre point de vue), le Wat Chetawan ou Wat Nong Mu (no 11 ci-dessous) ou alors le Wat Phra Phut Tha Bat Tak Pha (no 12 ci-dessous), tous deux à Lamphun, la province voisine.

La probabilité est forte que vous soyez les seuls touristes présents à ces trois derniers événements.

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Voici donc les meilleures adresses pour participer à cette fête religieuse à Chiang Mai et alentour, jeudi matin, 25 octobre 2018



1
. À 6h30 au Wat Fai Hin (วัดฝายหิน), au sein du campus de l’Université de Chiang Mai (CMU), ce ne sont pas moins de 666 moines qui participeront aux célébrations. Grandioses donc. En savoir plus.

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2. Le Pavillon Royal du Royal Flora se prête à merveille pour une telle cérémonie. Elle se déroule donc à 6h au pavillon Ho Kham Luang du Parc Royal Rajapruek (อุทยานหลวงราชพฤกษ์), au sud-ouest de la ville. En savoir plus.

À noter que le Wat Phra That Doi Kham tout proche (วัดพระธาตุดอยคำ) se joint à la cérémonie du Royal Flora. Il n’y aura donc pas de célébration spécifique sur les marches de ce temple érigé sur la petite colline, des marches qui pourtant s’y prêteraient à merveille. Nul doute cependant que ce temple sera fort animé durant cette journée.


3. On prend des pincettes pour vous signaler la cérémonie qu’organise à 6h du matin le Lanna Dhutanka (ธุดงคสถานล้านนา) à Mae Jo, au nord de Chiang Mai. Il s’agit en fait de la branche locale d’un mouvement sectaire décrié, le Dhammakaya. La cérémonie a été rebaptisée Jao Tak Bak Devo, Jao étant un terme de la langue Lanna qui remplace le kha/khap siamois. 100 moines seront là. Et bien entendu, tout le monde y est cordialement invité… En savoir plus.

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4. Le temple le plus vénéré du nord de la Thaïlande marque aussi le coup. On parle bien sûr du Wat Phra That Doi Suthep (วัดพระธาตุดอยสุเทพ), sis sur la montagne tutélaire éponyme de Chiang Mai. D’habitude, il n’y a que quelques pèlerins, se comptant le plus souvent sur les doigts d’une main, qui sont présents à 7h du matin pour la cérémonie d’aumônes matutinales. Et c’est justement à 7h que débutera la cérémonie du Tak Bat Thewo. Il est fait mention de la présence de 50 moines ce jour-là. Ce ne sera évidemment pas l’affluence de la spectaculaire ascension par les étudiants de l’université CMU mais il est toujours intéressant d’être là-haut au lever du soleil pour en humer la fraîcheur tout en embrassant la ville du regard.


5. Pour y avoir participé alors que nous n’étions que deux touristes présents – une Chinoise et un occidental – nous vous recommandons fortement la cérémonie qui se déroule dès 6h30 au Wat Phra That Doi Saket (soit le temple sur la colline, au Doi Saket, เชิงบันไดนาควัดพระธาตุดอยสะเก็ด). 59 moines accompagneront la statut du Bouddha de cette cérémonie pétaradante. En savoir plus (événement FB).

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6. L’original Wat Umong Suan Phutthatham (วัดอุโมงค์ สวนพุทธธรรม), au pied du Doi Suthep, connu pour ses galeries jadis peintes, met également sur pied une cérémonie Tak Bat Thewo. Nous n’avons pas d’autres informations que l’heure de celle-ci : 6h du matin.


7. Au cœur de la ville, le joli Wat Inthakhin Sadue Muang (วัดอินทขีลสะดือเมือง), accolé à la place des Trois Rois, promet la présence de 79 moines. Nul doute que les nombreux moinillons du temple y participeront. Cérémonie agendée à 7h.


8. Mais Chiang Mai c’est aussi une ville sur la rive gauche de la rivière Ping, là où se trouve sa gare ferroviaire. Le très important Wat Ket Karam (วัดเกตการาม) y célèbre le Tak Bat Thewo avec 29 moines à 6h du matin. Wat Ket est le nom du quartier. D’ailleurs, le Wat Sikong (วัดศรีโขง) tout proche se joint au Wat Ket Karam pour fêter le retour du Bouddha sur la Terre.


9. Dernier temple de la ville que nous mentionnons, le charmant Wat Lok Moli (วัดโลกโมฬี) au nord de la cité fortifiée (« le carré »). Ici le bois est roi; son ancien chedi restauré vous impressionnera. Cérémonie prévue à 7h.

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10. Au sud-ouest de Chiang Mai, sur la route du Doi Inthanon, plus haut sommet de Thaïlande, se trouve une ville dont peu ont entendu parler : Chom Thong. Le temple de cette ville, très beau au demeurant, accueille régulièrement des méditants occidentaux. Si l’on vous en parle, c’est bien entendu parce que ce temple, le Wat Chom Thong (วัดจอมทอง เชียงใหม่) organise lui aussi son Tak Bat Thewo à 6h30 du matin. En savoir plus (événement FB).

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C’est un temple très actif sur Facebook. C’est dire qu’il y a de fortes chances que dite cérémonie soit retransmise en direct sur leur page Facebook… Si tel devait être le cas, vous verrez alors 180 moines recevoir les offrandes des fidèles bouddhistes.


Nos deux dernières adresses se situent dans la province voisine de Lamphun, à moins d’une heure de route au sud de Chiang Mai, une ville et une province campagnarde dont on apprécie l’ambiance typique du Lanna (après tout, Haripunchai, l’ancien nom de Lamphun, n’est-elle pas la plus ancienne ville du Lanna, nom de l’ancien royaume du Nord).

11. La municipalité d’Umong, dans la province de Lamphun, organise elle aussi son Tak Bat Devo au temple Chetawan (วัดเชตวัน ou Wat Nong Mu, วัดหนองหมู) où sont attendus 59 moines à 7h du matin. Le site a son charme, jugez-en :

 


12. Lieu de pèlerinage, le Wat Phra Phut Tha Bat Tak Pha (วัดพระพุทธบาตรตากผ้า จังหวัดลำพูน) a même vu feu Sa Majesté le roi Bhumibol le Grand le visiter. Érigé sur une colline, c’est un endroit idéal pour organiser le Tak Bat Thewo. La cérémonie a lieu à 6h du matin où 159 moines descendront les 469 marches de l’escalier « naga » depuis le chedi érigé au sommet. En savoir plus.

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In fine, pas d’information quant à l’organisation du Tak Bat Thewo dans un des grands centres commerciaux de la ville. L’année dernière, le Central Festival avec mis sur pied une telle cérémonie en présence de 99 moines. Comme quoi les affaires peuvent bien se marier au bouddhisme !

Si vous n’étiez pas à Chiang Mai ce jeudi 25 octobre aux aurores, vous aurez tout de même la possibilité de participer aux aumônes matutinales. Elles sont en effet quotidiennes, comme partout en Thaïlande. Il suffit de vous promener aux abords du temple le plus proche, généralement avant 7h du matin. Beaucoup de dévots se rendent au pied du Doi Suthep, là où a été construit un sanctuaire en hommage au moine le plus vénéré du nord de la Thaïlande, Khruba Siwichai (apprenez-en plus sur ce moine au caractère bien trempé en lisant notre article Khruba Siwichai, le saint homme de Chiang Mai, ô combien vénéré). Autres endroits pour observer de telles offrandes aux moines : les marchés. Notre partenaire, le Swiss-Lanna Lodge, organise avant l’aube un circuit hors des sentiers battus, que peu de touristes effectuent : vous serez là au contact du bouddhisme vécu par les Thaïlandais. C’est accompagné d’un ancien moine bouddhiste, Khun Wet, que vous assisterez à la cérémonie d’offrandes matutinales au haut du très vénéré Doi Suthep. En savoir plus.

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© Facebook – Royal Flora

Voilà. Notre énumération n’est bien entendu point exhaustive. Elle a pour seul but de vous donner les clefs pour participer à l’une des célébrations évoquées. Vous serez là au cœur du bouddhisme, en l’espèce le bouddhisme theravāda du Nord, avec les dévots qui seront tout heureux de vous voir parmi eux aux aurores.


Mise à jour après la cérémonie

On vous livre ci-dessous les photos de la cérémonie de cette année 2018 sise au Royal Flora (d’autres photos ici).

Et la même cérémonie matutinale en vidéo, emprunte de dévotion, mais cette fois-ci au Wat Chom Thong :


Entre autres sources rédactionnelles, Wikipédia. Source de l’image à la Une. Mise à jour le 30.10.2018.

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Ok Pansa, la fin de la retraite monastique

Aujourd’hui en Thaïlande¹. Ok Pansa² (ออกพรรษา), importante fête marquant la fin de la retraite monastique bouddhique qui dure trois mois lunaires. Elle est fixée à la pleine lune du 8ᶱ mois du calendrier lunaire, coïncidant avec la fin de la saison des pluies (la mousson en Inde). Vous entendrez peut-être le terme thaï Wan Ok Pansa (วันออกพรรษา), wan (วัน) signifiant jour. Le terme thaïlandais Ok (ออก) quant à lui se traduit par sortir, quitteraller dehors. Et Pansa (พรรษา) signifie période, ici la saison des pluies. On vous explique en quoi consiste cette tradition, les cérémonies qui y sont liées, plus particulièrement à Chiang Mai, et l’on termine en vous expliquant pourquoi il ne faut pas parler de « carême ».


Vassa, la retraite monastique de trois mois

Il s’agit donc de sortir de la période correspondant à Vassa, la retraite monastique de la saison des pluies, une période plus favorable à la méditation, à l’étude auprès du maître, ou encore à la formation des jeunes moines. Cette période est aussi une occasion de rapprochement avec les laïcs, qui viennent dans les temples écouter des prêches et manifestent leur soutien aux moines tout en s’acquérant du mérite par des offrandes. Certains laïcs font vœu d’observer durant la période de Vassa une ou plusieurs règles qu’ils pensent favorables à leur évolution spirituelle, comme manger plus sobrement, s’abstenir de fumer ou de boire de l’alcool, s’abstenir de distractions vaines, faire une offrande quotidienne aux moines, etc. C’est durant cette période que les hommes thaïlandais, le plus souvent de jeunes célibataires, prennent l’habit temporairement pour la saison des pluies.

C’est le Bouddha historique qui a proposé à ses disciples de profiter de cette période, où ils pouvaient difficilement se déplacer du fait des conditions météorologiques, pour faire une « retraite des pluies » : se poser, recentrer la pratique et prendre une « résolution », dans le sens d’un effort particulier pour accélérer l’avancée sur la voie de la libération de la souffrance et de l’ouverture du cœur.

À l’issue des trois mois, a lieu le rite d’invitation (à discuter des fautes) ou Pavarana. Il débute par un rituel où la récitation des règles monastiques (Patimokkha) est généralement écourtée pour laisser plus de temps à l’examen par les moines de la pureté de leur conduite (Purisuddhi). Une coutume expliquée par le besoin de résoudre les frictions consécutives à trois mois de vie communautaire.

Pour celles et ceux qui pratiquent (ou qui sont attiré(e)s par la pratique bouddhique), on vous livre ici les suggestions de pratique du Dhamma de la Forêt, soit le bouddhisme Theravâda dans la Tradition de la Forêt, une tradition bouddhique née en Thaïlande dont un des derniers grands maîtres fut le Vénérable Ajahn Chah Subhatto : suggestion de pratique en 2018, 2017 et 2016 (profitez-en, tout est en français).


Cérémonies en lien avec Ok Pansa

En Isan, le nord-est thaïlandais, grenier à riz du royaume, cette journée est marquée par des défilés de bateaux illuminés remplis d’offrandes. Un moyen de faire plaisir aux esprits Nāga. Occasion également de lâcher des lanternes célestes. La mise à l’eau des bateaux et le lâcher des lanternes symbolisent l’élimination des sentiments négatifs inutiles et l’espoir d’une réalisation des souhaits.


Et à Chiang Mai ?

Photoวีรวัฒน์ พรหมเมือง

© Facebook – XXX

Rien de toute cela à Chiang Mai et sa région. Cependant, les temples ce jour-là sont plus animés qu’à l’accoutumée. Ainsi, en vous rendant dans les temples bouddhistes en matinée (tôt), vous pourrez alors y voir des prières et autres cérémonies religieuses spécifiques. Comme ici au Wat Doi Kham, au sud-ouest de la ville.

Ok Pansa est cependant un « jour du Bouddha », soit un jour de pleine lune, où la vente d’alcool est prohibée (ce qui explique que de nombreux bars ferment ce soir-là). Contrairement à Khao Pansal’entrée dans la retraite monastique de trois mois,  Ok Pansa – sa sortie – n’est pas un jour officiellement férié. Ici au nord de la Thaïlande, ce jour d’Ok Pansa est suivi, le lendemain aux aurores, d’offrandes spectaculaires aux moines, Tak Bat Thewo. Débute ensuite Thod Kathin (ou Kathina), un mois où les dévots offrent aux moines bouddhistes leurs nouvelles « robes » (on vous tient bien entendu informé des diverses célébrations dans la région de Chiang Mai, que ce soit sur le présent site web ou notre page Facebook).

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Pourquoi parler (erronément) de Carême bouddhique ?

La plupart des blogueurs – qui ne s’intéresse manifestement pas à la théologie – et avec eux l’Office du tourisme thaïlandais, se réfèrent à des sites anglophones qui, pour cette fête, parle de Buddhist Lent (Lent provient du vieil anglais lencten signifiant printemps). Le problème est que le terme français carême retenu en guise de traduction provient du latin vulgaire quaresima et signifie une période de quarante jours (sans compter les dimanches) située entre le mardi gras et le jour de Pâques, événement central du christianisme, alors qu’Ok Pansa est une période de 3 mois lunaires. La durée du Carême fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Qui plus est, Ok Pansa ne concerne que les moines bouddhistes (bien que certains pratiquants bouddhistes s’engagent à certaines privations) alors que le carême touche, lui, toute la communauté chrétienne, laïques comme membres du clergé.

Que ce soit par extension (période de jeûne), par métonymie (privation de nourriture, de plaisirs) ou par analogie (période d’abstinence, de privations), le terme de carême ne recouvre qu’imparfaitement la période de retraite monastique dont il est question ! Évitons par conséquent de l’utiliser pour traduire la fête de Ok Pansa³. Si le Père P. Jean-Paul Sagadou précise que le ramadan n’est pas le carême des musulmans et le carême n’est pas le ramadan des chrétiens, nous ajouterons alors que Ok Pansa n’est pas le carême des bouddhistes.

Ceci dit, BuddhaChannel nous rappelle que le jeûne est une tradition de toutes les religions (juive, chrétienne, musulman comme bouddhiste).


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

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Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence-même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.

Amazon Livre 12 - DvaravatiOn termine par un beau-livre, Dvaravati : Aux sources du bouddhisme en Thaïlande. Il s’agit du catalogue d’une ancienne et splendide exposition au musée Guimet, qui vous donne à admirer, en vous donnant quelques clefs explicatives, les œuvres bouddhistes de l’art Dvâravatî, une civilisation qui a perduré au nord de l’actuelle Thaïlande jusqu’à la conquête de Haripunchai par le roi Mengrai, fondateur de la ville de Chiang Mai, à la fin du XIIIe siècle.


Vous l’aurez compris, avec l’entrée des bonzes dans la retraite monastique de trois mois, Asaraha Bucha et Khao Pansa, cette sortie, Ok pansa, fait partie des plus importantes célébrations bouddhistes de l’année ici en Thaïlande, où le courant largement majoritaire est le bouddhisme Theravāda. Sans oublier la cérémonie des offrandes de nouvelles robes aux moines, Thod Khatin, de même que Makha Bucha, commémorant deux événements de la vie du Bouddha historique.

Quel que soit votre statut, n’hésitez pas à vous rendre dans les temples bouddhistes de Chiang Mai et d’ailleurs. Fête ou pas fête, il y règne toujours une ambiance particulière, certains temples étant porteurs d’une indéniable énergie tellurique.

Photo Saran Wiki - Groupe FB ‎ธรรมะของพระอรหันต์ สายหลวงปู่มั่น ภูริทัตโต

© Facebook – Saran Wiki


¹ En 2018, mercredi 24 octobre (en 2017, il s’agissait du 5 octobre).
² Nous avon adopté la transcription Ok Pansa pour le terme thaï ออกพรรษา et Wan Ok Pansa pour วันออกพรรษา. Cela nous semble correspondre à la meilleure solution pour les locuteurs francophones. Sur le web, vous trouverez moult variables, en fonction de la langue du site (généralement anglaise) : Ok, Ork ou Awk pour ออก et Phansa ou Pansa pour พรรษา. Quoi qu’il en soit, le Système général royal de transcription du thaï (RTGS) transcrit ออกพรรษา par aawk phan saa.
³ Feu Maître Capello vous en sera reconnaissant 😏

La source de la photo à la Une nous est malheureusement inconnue. Mise à jour le 25.10.2018

Ok phansa, la fin de la retraite monastique en Thaïlande

À mi-octobre1 en Thaïlande, est fêtée ok phansa2 (ออกพรรษา), importante fête religieuse marquant la fin de la retraite monastique bouddhique qui dure trois mois lunaires. Elle est fixée à la pleine lune du 8e mois du calendrier lunaire, coïncidant avec la fin de la saison des pluies (la mousson en Inde).

Vous entendrez peut-être le terme thaï wan ok phansa (วันออกพรรษา), wan (วัน) signifiant jour. Le terme thaïlandais ok (ออก) quant à lui se traduit par sortir, quitteraller au dehors. Et phansa (พรรษา) signifie période, ici la saison des pluies. On vous explique en quoi consiste cette tradition, les cérémonies qui y sont liées, plus particulièrement à Chiang Mai, et l’on termine en vous expliquant pourquoi il ne faut pas parler de « carême ».

Prochaine date de la fête ok phansa en Thaïlande : jeudi 17 octobre 2024


Vassa, la retraite monastique de trois mois

Il s’agit donc de sortir de la période correspondant à Vassa, la retraite monastique de la saison des pluies, qui débute traditionnellement le lendemain d’Asanhabucha, fête commémorant le premier sermon du Bouddha. C’est une période plus favorable à la méditation, à l’étude auprès du maître, ou encore à la formation des jeunes moines. Cette période est aussi une occasion de rapprochement avec les laïcs, qui viennent dans les temples écouter des prêches et manifestent leur soutien aux moines tout en s’acquérant du mérite3 par des offrandes. Durant la période de Vassa, certains laïcs font vœu d’observer une ou plusieurs règles qu’ils pensent favorables à leur évolution spirituelle, comme manger plus sobrement, s’abstenir de fumer ou de boire de l’alcool, s’abstenir de distractions vaines, faire une offrande quotidienne aux moines, etc. En Thaïlande, le Festival Végétarien – qui dure 9 jours – coïncide généralement avec cette période. C’est durant cette période que les hommes thaïlandais, le plus souvent de jeunes célibataires, prennent l’habit temporairement pour la saison des pluies.

C’est le Bouddha historique qui a proposé à ses disciples de profiter de cette période, où ils pouvaient difficilement se déplacer du fait des conditions météorologiques, pour faire une « retraite des pluies » : se poser, recentrer la pratique et prendre une « résolution », dans le sens d’un effort particulier pour accélérer l’avancée sur la voie de la libération de la souffrance et de l’ouverture du cœur.

Photo DMC
© DMC.TV

À l’issue des trois mois, a lieu le rite d’invitation (à discuter des fautes) ou pavarana, วันมหปวารณา en thaï (wan maha pawarana)Il débute par un rituel où la récitation des règles monastiques (patimokkha) est généralement écourtée pour laisser plus de temps à l’examen par les moines de la pureté de leur conduite (purisuddhi). Une coutume expliquée par le besoin de résoudre les frictions consécutives à trois mois de vie communautaire.

Pour celles et ceux qui pratiquent (ou qui sont attiré(e)s par la pratique bouddhique), on vous livre ici les suggestions de pratique du Dhamma de la Forêt, soit le bouddhisme Theravâda dans la Tradition de la Forêt, une tradition bouddhique née en Thaïlande dont un des derniers grands maîtres fut le Vénérable Ajahn Chah Subhatto : suggestion de pratique cette année 2020 (vous pouvez consulter les anciennes suggestions, pour 2019, 2018, 2017 et 2016; profitez-en, tout est en français).


Cérémonies en lien avec ok phansa

En Isan, le nord-est thaïlandais, grenier à riz du royaume, cette journée est marquée par des défilés de bateaux illuminés remplis d’offrandes. Un moyen de faire plaisir aux esprits Nāga. Occasion également de lâcher des lanternes célestes. La mise à l’eau des bateaux et le lâcher des lanternes symbolisent l’élimination des sentiments négatifs inutiles et l’espoir d’une réalisation des souhaits.


Et à Chiang Mai ?

Photoวีรวัฒน์ พรหมเมือง
© Facebook

Rien de toute cela à Chiang Mai et sa région. Cependant, les temples ce jour-là sont plus animés qu’à l’accoutumée. Ainsi, en vous rendant dans les temples bouddhistes en matinée (tôt), vous pourrez alors y voir des prières et autres cérémonies religieuses spécifiques. Les offrandes matinales aux moines sont plus riches qu’habituellement. Ainsi, les familles du Lanna préparent des desserts spécifiques qui seront offerts aux moines, enrobés dans des feuilles de bananiers. Il s’agit des khanom chok (ขนมจ็อก), un mot typique du nord. Ailleurs en Thaïlande, ce même dessert est appelé khanom thian (ขนมเทียน).

Ok phansa est cependant un « jour du Bouddha », soit un jour de pleine lune, la vente d’alcool est prohibée (ce qui explique que de nombreux bars ferment le soir d’ok phansa et le soir précédent, l’interdiction prenant effet à minuit et une minute). Contrairement à khao phansal’entrée dans la retraite monastique de trois mois, ok phansa – sa sortie – n’est pas un jour officiellement férié (sauf si la fête tombe sur le 13 octobre, jour férié en raison de la commémoration de la disparition de feu Bhumibol le Grand, le précédent roi bien-aimé). À noter encore que le peuple Shan fête lui aussi la fin de la retraite bouddhique, une fête étalée sur plusieurs jours et appelée ok wan. Vous pouvez la vivre en vous rendant dans la province voisine de Mae Hong Son, tant à Mae Hong Son, le chef-lieu, qu’à Mae Sariang. Nous avons consacré un article complet à ces festivités hautes en couleur : Festival Poi Lern Sip Et à Mae Hong Son.

Ici au nord de la Thaïlande, ce jour d’ok phansa est suivi, le lendemain aux aurores, d’offrandes spectaculaires aux moines, tak bat thewo. Débute ensuite thotkathin (ou kathina), un mois où les dévots offrent aux moines bouddhistes leurs nouvelles « robes » (on vous tient bien entendu informé des diverses célébrations dans la région de Chiang Mai, que ce soit sur le présent site web ou notre page Facebook).

Notons encore que les fêtes – à l’image des mariages – suspendues généralement durant ces trois mois de retraite monastique, reprennent de plus belle !

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Pourquoi parler (erronément) de Carême bouddhique ?

La plupart des blogueurs – qui ne s’intéresse manifestement pas à la théologie – et avec eux l’Office du tourisme thaïlandais, se réfèrent à des sites anglophones qui, pour cette fête, parle de Buddhist Lent (Lent provient du vieil anglais lencten signifiant printemps). Le problème est que le terme français carême retenu en guise de traduction provient du latin vulgaire quaresima et signifie une période de quarante jours (sans compter les dimanches) située entre le mardi gras et le jour de Pâques, événement central du christianisme, alors qu’ok phansa est une période de trois mois lunaires. La durée du Carême fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements.

Qui plus est, ok phansa ne concerne que les moines bouddhistes (bien que des pratiquants bouddhistes s’engagent à certaines privations) alors que le carême touche, lui, toute la communauté chrétienne, laïques comme membres du clergé. Pas de jeûne donc (bien que ce soit là une pratique qui transcende les religions).

Mais reconnaissons que les traducteurs sont souvent dépourvus lorsqu’il s’agit de traduire des notions étrangères à l’esprit des locuteurs (bien que des directives aient été émises il y a plusieurs siècles déjà). La plus grande partie du vocabulaire et des concepts du bouddhisme est difficilement traduisible en français, sans perdre le sens et la portée des termes originaux. Et Dieu sait – tout comme le Bouddha – que la conception bouddhique est à mille lieues de celle des Chrétiens. Écoutons Philippe Cornu, docteur en philosophie, sur cet intéressant sujet.

Que ce soit par extension (période de jeûne), par métonymie (privation de nourriture, de plaisirs) ou par analogie (période d’abstinence, de privations), le terme de carême ne recouvre qu’imparfaitement la période de retraite monastique dont il est question ! Évitons par conséquent de l’utiliser pour traduire la fête de ok phansa4. Si le Père P. Jean-Paul Sagadou précise que le ramadan n’est pas le carême des musulmans et le carême n’est pas le ramadan des chrétiens, nous ajouterons alors que ok phansa n’est pas le carême des bouddhistes !

Avouons cependant qu’utiliser le terme de carême peut être commode.


Pour aller plus loin – Conseils de lecture

Peut-être que la pratique du bouddhisme vous attire. Si tel devait être le cas, le mieux est d’entamer une retraite dans un temple (celle de 10 jours a les faveurs de nombreux adeptes). Nous consacrerons un jour un article à cette pratique. À défaut, commencez donc par lire des ouvrages en lien avec le bouddhisme, une religion qui, sans être prosélyte, attire beaucoup de sympathisants occidentaux. On vous conseille ici quelques lectures introductives, omettant volontairement les ouvrages faisant référence à d’autres écoles du bouddhisme, telle le Véhicule du Diamant cher aux Tibétains ou le zen que pratiquent les Japonais.

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De quelques ouvrages fort instructifs

Tout d’abord l’Introduction à l’enseignement du Bouddha et à sa pratique de Michel Henri Dufour, un auteur affilié à la tradition Theravâda de la forêt propre à la Thaïlande. Vous touchez là à l’enseignement de l’École des Anciens, l’essence du bouddhisme. Beaucoup de personnes sont venues au bouddhisme par la lecture de L’Enseignement du Bouddha – D’après les textes les plus anciens, best-seller de Walpola Rahula. Si vous optez pour une vision d’ensemble non dénuée d’humour, Le Bouddhisme Pour les Nuls est fait pour vous (version poche). Édition plus récente fort appréciée elle aussi, 50 notions clés sur le Bouddhisme pour les Nuls est l’œuvre de Marine Manouvrier, professeur au riche bagage académique. Un ouvrage clair et concis.

Il nous semble intéressant de savoir comment se vit le bouddhisme au quotidien. Et qui mieux que Fabrice Vidal sait transmettre et son expérience et ses connaissances ? Comment être bouddhiste ? C’est là le titre d’un livre que nous vous recommandons. Vous pourrez ensuite poursuivre avec le coffret Pratique de la méditation (il contient un livre, un CD audio et un DVD). Dans le 3e ouvrage présenté ici, Fabrice Midal nous parle de son expérience – ce que vingt-cinq ans de méditation lui ont appris. Un livre au très beau titre : Frappe le ciel, écoute le bruit.

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Le bouddhisme côté pratique

Ce sont là des références destinées aux personnes désirant s’initier au bouddhisme (et non pas à celles déjà versées dans la pratique). On se permet tout de même de vous rappeler que le propre du bouddhisme est la méditation. Vous pouvez lire tous les livres que vous voulez, votre connaissance du bouddhisme ne sera qu’intellectuelle. Or, l’essence même du bouddhisme est d’oublier tout savoir et de pratiquer la méditation. Ceci afin d’atteindre l’Éveil.


Vous l’aurez compris, avec l’entrée des bonzes dans la retraite monastique de trois mois, khao phansa, au lendemain de l’asanhabucha, cette sortie, ok phansa, fait partie des plus importantes célébrations bouddhistes de l’année ici en Thaïlande, où le courant largement majoritaire est le bouddhisme Theravāda. Sans oublier la cérémonie des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkhatin, de même que makhabucha, commémorant deux événements de la vie du Bouddha historique.

Quel que soit votre statut, n’hésitez pas à vous rendre dans les temples bouddhistes de Chiang Mai et d’ailleurs. Fête ou pas fête, il y règne toujours une ambiance particulière, certains temples étant porteurs d’une indéniable énergie tellurique.

Photo Saran Wiki - Groupe FB ‎ธรรมะของพระอรหันต์ สายหลวงปู่มั่น ภูริทัตโต
© Facebook – Saran Wiki

LES FÊTES BOUDDHISTES CÉLÉBRÉES EN THAÏLANDE
● La plus importante d’entre elles, le jour du Vesak (wisaka bucha), qui tombe généralement en mai. On y commémore à la fois la naissance, l’illumination et l’extinction définitive du Bouddha historique.
Entre mi-février et début mars, c’est makhabucha où deux autres événements de la vie du Bouddha sont célébrés, notamment son premier sermon.
● Autres moments-clés de l’année bouddhique, survenant généralement à fin juillet, durant la saison des pluies, asanhabucha & khao phansa, la retraite monastique, appelée par erreur ou commodité « carême bouddhiste ».
● Trois mois lunaires plus tard (généralement en octobre, après la saison des pluies), ok phansa, la fin de cette retraite des moines. Avec, le lendemain, une cérémonie spectaculaire, tak bat thewo, des offrandes matutinales à des moines en fille indienne.
● Cette fin de retraite monastique est suivie par une période d’un mois où se font des offrandes de nouvelles robes aux moines, thotkathin (ou kathina avec ses cérémonies à Chiang Mai).

Ce sont là les principales fêtes en lien avec le bouddhisme Theravāda, le courant largement majoritaire au royaume. En Thaïlande, elles donnent lieu à des jours fériés où la vente d’alcool est interdite.


1 En 2020, vendredi 2 octobre (en 2019, il s’agissait du 13 octobre, en 2018, du 24 octobre et en 2017, du 5 octobre).
2 Comme à notre habitude, nous adoptons ici le Système général royal de transcription du thaï (RTGS). Cependant, en tant que locuteur francophone, sachez que phansa se prononce pansa. Sur le web, vous trouverez moult variables, en fonction de la langue du site (généralement anglaise) : Ok, Ork ou Awk pour ออก et phansa ou pansa pour พรรษา.
3 Sur cette importante notion de mérite, on vous renvoie aux explication d’Odon Vallet dans le paragraphe ad hoc de notre article Wat Ton Kwen à Chiang Mai. Offrande de riz et feu en l’honneur du Bouddha.
4 Feu Maître Capello vous en sera reconnaissant 😏

La source de la photo à la Une nous est malheureusement inconnue.
Article composé le 24.10.2018 et mis à jour le 21.10.2021

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