Et la ville la plus polluée de Thaïlande est…

Tout le monde vous répondra en chœur : Chiang Mai. Et bien « tout le monde » se trompe puisque la Rose du Nord ne vient qu’en 16e position au classement des villes les plus polluées du royaume ! Analysons donc brièvement cet insane palmarès1.

On vous parle aujourd’hui de pollution, et seulement de pollution de l’air, en nous basant sur les données des particules fines, les fameux PM2,5. Dressant le portrait de la Thaïlande polluée au sein d’un monde pollué, nous nous attarderons ensuite sur la pollution des villes siamoises en vous donnant quelques éléments techniques en fin d’article. Occasion de vous rappeler que la pollution de l’air constitue le risque environnemental le plus pressant pour la santé de la population mondiale (des estimations imputent près de 7 millions de décès prématurés par an à la pollution atmosphérique). Une pollution qui peut certes incommoder le touriste de passage mais qui a un effet délétère sur la population qui la subit au quotidien.

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La Thaïlande, un pays pollué ?

Avant de nous pencher sur les villes les plus polluées de Thaïlande, découvrons ce qu’il en est du pays tout entier, comparé aux nations du globe. Il s’agit du classement IQAir par concentration moyenne de PM2,5 (μg/m3, voir ci-dessous), pondérée par la population. La Thaïlande n’est pas l’Inde, sous-continent où sont concentrées 6 des 10 villes les plus polluées du monde ! Sur 98 pays classés en 2019, la Thaïlande se situe au 28e rang mondial des pays les plus pollués. Il y a donc 27 pays qui sont plus pollués qu’elle (et par conséquent 70 pays qui offrent une pollution de l’air moindre).

Carte mondiale de l’exposition estimée aux PM2,5 par pays en 2019 © IQAir

Comme vous le montre la carte mondiale ci-dessus, comparée aux pays européens, la Thaïlande dans son ensemble est un pays beaucoup plus pollué. En revanche, en comparaison asiatique, elle s’en tire plutôt bien (si l’on peut s’exprimer ainsi). En utilisant une moyenne pondérée de la population, les 5 pays les plus pollués au monde – tous asiatiques – sont, dans l’ordre, le Bangladesh et ses 166 millions d’habitants (avec une concentration de PM2,5 de 83 μg/m3, dans le rouge), le Pakistan, la Mongolie, l’Afghanistan et l’Inde où ses 1,3 milliards d’habitants doivent supporter une concentration de 58 μg/m3, dans le rouge elle aussi !

😷 91% de la population mondiale vit dans des zones où la pollution de l’air dépasse les limites fixées par l’OMS !

Sur la base des données de l’année 2019, la Thaïlande est donc au 28e rang mondial des pays les plus pollués avec une concentration de PM2,5 de 24 μg/m3 en moyenne annuelle, un nombre qui se situe dans le jaune (il correspond à un indice de la qualité de l’air (IQA, AQI en anglais) de 76). Pour le dire autrement, la concentration en particules PM2,5 en Thaïlande était plus de deux fois au-dessus des recommandations d’exposition de l’OMS (10 μg/m3 au maximum). L’année précédente, en 2018 donc, la concentration était supérieure, 26 μg/m3 en moyenne. L’on doit donc noter une très légère amélioration mais sans vraiment s’en réjouir.

Et les pays de l’ASEAN ?

Les 30 villes les plus polluées du monde en 2019 se trouvent toutes en Asie. À l’échelle régionale, l’Asie du Sud-Est fait partie des régions les plus touchées par la pollution par les particules fines (PM2,5).

Si l’on compare le classement des pays de l’ASEAN, la Thaïlande fait mieux que l’Indonésie (6e rang mondial avec une concentration de 52 μg/m3), le Vietnam (15e rang mondial avec 34 μg/m3) et le Myanmar (20e rang mondial avec 31 μg/m3). En revanche, le Pays du Sourire est plus pollué que le Laos (34e rang mondial avec 23 μg/m3), le Cambodge (41e rang mondial avec 21 μg/m3), la Malaisie (50e rang mondial avec 19 μg/m3), Singapour (52e rang mondial avec 19 μg/m3 également) et les Philippines, pays le moins pollué de la région (57e rang mondial avec 17 μg/m3). Notez que l’ensemble de ces pays est dans le jaune, exception faite de l’Indonésie, pays le plus pollué de l’ASEAN qui, avec sa concentration de 52 μg/m3, est dans l’orange.

En 2019, seules 3,2 % des villes régionales du Sud-Est asiatique ont atteint l’objectif de l’OMS en matière de PM2,5. La ville la moins polluée de la région est Calamba, aux Philippines (avec une concentration de 4 μg/m3 seulement). Et c’est Tangerang du Sud, une ville d’Indonésie située à moins de 20 km à l’ouest de Jakarta, la capitale, qui détient la palme peu enviable de la ville la plus polluée d’Asie du Sud-Est; sa concentration de PM2,5, dans le rouge, a été de 81 μg/m3 en moyenne.

La carte résume visuellement la situation au niveau mondial. Anecdotiquement, sachez que les 385 000 habitants des Bahamas sont ceux qui respirent l’air le moins pollué de la planète, avec une concentration de PM2,5 qui est dans le vert, à seulement 14 μg/m3.

Ci-dessus, le tableau de l’indice de la qualité de l’air selon l’IQA US. À ne pas confondre avec la concentrations de particules PM2,5 exprimée en micron-grammes (μg) par m3 :

PROGRÈS. Le gouvernement thaïlandais a mis en place un important réseau de stations de surveillance de la qualité de l’air, ajoutant 15 nouvelles stations en 2019. Cependant, la majorité (76 %) des stations de surveillance à l’échelle nationale sont fournies par des organismes non gouvernementaux. En dehors des États-Unis, il s’agit du plus grand réseau de stations de surveillance à faible coût financées par la communauté. La publication et l’engagement autour de ces données ont contribué à susciter un dialogue national sur la qualité de l’air et à sensibiliser le public à cette question.

DÉFIS. Une grande partie de la pollution de l’air en Thaïlande est saisonnière, la pollution atteignant son maximum pendant la saison sèche, de décembre à avril. Les principales sources d’émissions dans les zones métropolitaines telles que Bangkok comprennent les transports, les usines et la construction inefficaces et alimentés au diesel, de même que les impacts saisonniers des provinces et pays voisins, tandis que les régions agricoles sont plus exposées à la pollution provenant de l’agriculture à ciel ouvert et de la combustion des déchets. La Thaïlande a connu plusieurs épisodes de pollution de l’air très médiatisés en 2019. En janvier, des centaines d’écoles ont été fermées à Bangkok pour limiter l’exposition à l’air pollué. En mars et avril, la région nord a connu une intense pollution de l’air, notamment à Chiang Mai et alentour.

En dehors de la pollution de l’air, la Thaïlande, qui est passée en quelques décennies du stade de pays en développement (on parlait naguère du tiers monde) à celui de pays émergent, n’est pas un parangon de vertu en matière de lutte contre la pollution en général. Songeons ici à la situation, dramatique elle aussi, de la pollution des eaux par les déchets en plastique…

En direct, la qualité de l’air en Thaïlande avec IQAir


Nakhon Ratchasima, la ville la plus polluée de Thaïlande !

Commençons par vous dévoiler la ville la moins polluée de Thaïlande. Beaucoup seront étonnés d’apprendre qu’il s’agit de… Phuket (ภูเก็ต), sur l’île éponyme. Un étonnement que ne partagent pas les insulaires qui profitent donc du meilleur air de Thaïlande (ou plus précisément de l’air le moins pollué avec seulement 11 μg/m3 de PM2,5 (soit un IQA de seulement 47, dans le vert donc).

En arrivant dans la capitale, Bangkok, beaucoup de touristes la prennent pour la ville la plus polluée de Thaïlande. Il est vrai que la circulation débridée de cette immense agglomération pourrait le laisser croire mais il n’en est rien. Krungthep, comme la nomment les Thaïlandais, ne se situe qu’au 48e rang national des villes les plus polluées, avec une concentration de PM2,5 moyenne de 23 µg/m³, indice jaune donc. Au niveau mondial, ce n’est que la 737e ville la plus polluée (33e si l’on ne tient compte que des capitales). En revanche, elle subit elle aussi le drame des brûlis quelques jours – voire semaines – par an, principalement les fumées provenant du Cambodge voisin en janvier (cf. le second tableau ci-dessous).

Des données auxquelles l’on peut se fier puisque Bangkok dispose de la plus forte densité de stations PM2,5 de toutes les villes, avec 160 stations de mesure. Par ailleurs, c’est la ville qui compte le plus grand nombre de stations PM2,5 publiques au monde. En même temps, la moyenne annuelle de PM2,5 de la ville s’est progressivement améliorée au cours des trois dernières années. Malgré ces améliorations, la moyenne annuelle de PM2,5 à Bangkok reste plus de quatre fois supérieure à l’objectif de l’OMS.

Alors, quelle est donc la ville la plus polluée de Thaïlande ? Le sous-titre vous l’a déjà dévoilé : la ville la plus polluée de Thaïlande est Nakhon Ratchasima (นครราชสีมา), chef-lieu de la province de Nakhon Ratchasima. Une agglomération communément appelée Korat (โคราช) qui se trouve dans l’Isan, le nord-est thaïlandais, grenier à riz du pays et la région la moins riche (la plus pauvre diront certains), précisément ici. Sa concentration de PM2,5 a été de 42 μg/m3 en moyenne durant l’année 2019 (soit un IQA US de 117, de couleur orange). Ce qui la place non seulement au 1er rang national mais également au 8e rang des villes les plus polluées du Sud-Est Asiatique ! La situation n’est globalement pas bonne de janvier à avril avec deux mois en rouge, février et mars (qui sont des mois pollués dans une bonne partie de la Thaïlande, on vous dit pourquoi ci-dessous).

Voyons maintenant le Top 10 des villes les plus polluées de Thaïlande :

Le Top 5 des villes les plus polluées du royaume est donc constitué par Korat (Nakhon Ratchasima), suivie de Saraphi (สารภี), ville au sud de Chiang Mai, et Pai (ปาย), dans les montagnes de la province septentrionale de Mae Hong Son, à 3h de route de Chiang Mai. Quatrième ville la plus polluée de Thaïlande, Hang Dong (หางดง), au sud de la Rose du Nord, suivie, en 5e position, de Chiang Rai (เชียงราย), historiquement la petite sœur de Chiang Mai.

L’indice est orange en moyenne annuelle dans les 8 premières villes, ce qui se traduit par un air mauvais pour les personnes sensibles (grand public et personnes sensibles fortement exposées, risquant de ressentir des irritations et des problèmes respiratoires). Ce n’est qu’à partir du 9e rang, avec la ville de Mae Hong Son, chef-lieu de la province éponyme, que l’indice passe au jaune, se traduisant par un air de qualité moyenne (où les personnes sensibles peuvent éprouver des problèmes respiratoires et doivent donc éviter les activités en plein air).

Autre dramatique constat que démontre le classement national : toute les grandes villes du nord thaïlandais figurent hélas dans le Top 20 des villes les plus polluées, dans l’ordre : Chiang Rai, Lamphun, Mae Hong Son, Lampang, Chiang Mai, Phrae et Nan ! Seule Phayao – connue par son joli lac – se démarque avec une concentration de PM2,5 moyenne de 18 µg/m³, indice jaune, ce qui la place au 60e rang national des villes siamoises les plus polluées (mais c’est là sans nul doute une anomalie puisqu’aucun relevé ne figure pour les mois critiques).

Le tableau ci-dessus permet de vous rendre compte de la moyenne mensuelle de la pollution de l’air tout au long de l’année. Sans surprise c’est la période entre février (parfois janvier) et avril qui est la plus polluée généralement dans les villes thaïlandaises. On rappelle cependant que ces moyennes mensuelles sont surtout graves pour les personnes qui vivent à l’année dans ces régions – et donc beaucoup moins pour les touristes de passage deux ou trois jours.

En résumé :
➥ La Thaïlande se situe au 28e rang mondial des pays les plus pollués
➥ La ville la plus saine est Phuket
➥ Et le Top 5 des villes les plus polluées du royaume est constitué de Nakhon Ratchasima (Korat), Saraphi, Pai, Hang Dong et Chiang Rai

Mais où diable se situe Chiang Mai alors ?


Et donc Chiang Mai n’est pas la ville la plus polluée de Thaïlande ?

© Facebook – Chiang Mai Breathe Council qui est une force de proposition issue de la société civile afin d’améliorer l’air de la Rose du Nord

Et bien non, n’en déplaise à ceux qui l’écrivent benoîtement. On vous l’a déjà dit, Chiang Mai ne vient qu’en 16e position au classement des villes les plus polluées du royaume (on ne parle ici que de pollution de l’air, rappelons-le); sa concentration de PM2,5 a été de 32 μg/m3 en moyenne durant l’année 2019 (soit un indice de couleur jaune). C’est dire qu’il y a quinze villes plus polluées que la Rose du Nord ! Notamment Pai, Chiang Rai, Lamphun, Mae Hong Son, comme on l’a vu ci-dessus, mais également Lampang, pour les plus connues d’entre elles. Rien d’étonnant lorsque l’on sait qu’il n’y a que peu d’industries à Chiang Mai.

Pourquoi donc Chiang Mai est systématiquement citée comme la ville la plue polluée du monde ? Cela tient à plusieurs facteurs. Le principal est que Chiang Mai, durant la saison des brûlis – entre mi-février et mi-avril, et uniquement durant cette période – atteint des pics de pollution et figure alors en tête du classement en direct IQAir des villes les plus polluées au monde. Cela fait régulièrement le titre des journaux et autres médias sur internet, une information largement partagée via les réseaux sociaux. Évidemment, au mois de juin, personne ne met plus l’accent sur l’indice de la qualité de l’air de Chiang Mai puisqu’à ce moment-là, la ville répond aux recommandations d’exposition de l’OMS (qui sont de 10 μg/m3 au maximum, rappelons-le). Plusieurs raisons expliquent que les villes thaïlandaises plus polluées que Chiang Mai durant cette période ne figurent pas dans dit classement. C’est par exemple le cas tant de Mae Hong Son, de Pai ou encore de Chiang Rai, des villes qui sont plus polluées que Chiang Mai durant les sinistres mois de mars et avril (encore plus cette année 2020, hélas, trois fois hélas). Leur faible nombre d’habitants leur permet de passer sous le radar.

La pratique annuelle des brûlis à ciel ouvert est couramment utilisée dans les zones agricoles pour défricher des terres en vue de la culture la saison suivante. Si cet essartage est bénéfique pour les agriculteurs, nécessitant peu de ressources et éliminant rapidement les déchets agricoles, le brûlage à ciel ouvert entraîne une pollution atmosphérique de grande ampleur, qui dure des semaines, voire des mois. Les cinq villes les plus polluées sont toutes situées dans les zones agricoles du nord de la Thaïlande, qui sont généralement touchées par le brûlage à l’air libre de février à avril.

Qualité de l’air de Chiang Mai en direct sur IQAir, une ville suivie par plus de 11 millions de personnes (vous pouvez aussi accéder à l’information sous forme de carte géographique)

Dans le futur, nous consacrerons un article fouillé à cette problématique de la pollution due aux brûlis, une pollution qui est loin d’être banale, incommodant les habitants et mettant en péril leur santé. Cependant, le tableau ci-dessous vous montre que l’air est bon à Chiang Mai du mois de mai jusqu’à mi-février, soit plus de 9 mois sur 12.

Situation quant à la pollution de l’air de quelques villes en Thaïlande, dont Chiang Mai

Que dit le site de référence IQAir de la pollution de l’air de Chiang Mai ? L’air de Chiang Mai est modérément pollué, s’aggravant pendant la saison brumeuse qui s’étend généralement de janvier à avril. La concentration moyenne annuelle de PM2,5 dans la ville est passée de 22,7 microgrammes par mètre cube (µg/m³) en 2017 à 24,5 µg/m³ en 2018. Des chiffres qui sont plus de deux fois supérieurs à la recommandation annuelle de l’Organisation mondiale de la santé, et ne sont que légèrement supérieurs à la qualité de l’air de Bangkok, où la moyenne annuelle de PM2,5 était de 25,2 µg/m³ en 2018. La qualité de l’air à Chiang Mai s’est donc encore dégradée en 2019 avec une moyenne de 32 μg/m3 en 2019.

Si l’on veut être honnête, l’on doit cependant relever que la situation a Chiang Mai n’est pas idyllique car les villes jouxtant le chef-lieu sont parmi les plus polluées du pays. Citons bien sûr Saraphi (au 2e rang national avec une concentration de PM2,5 moyenne de 41 µg/m³, indice orange), Hang Dong (4e rang avec 38 µg/m³, indice orange) et Lamphun (7e rang avec 37 µg/m³, indice orange), trois villes au sud non loin du chef-lieu. Mais aussi au nord avec Mae Rim (6e rang avec 37 µg/m³, indice orange).

Précisons encore qu’il faut évidemment tenir compte de la temporalité. Une moyenne, tant annuelle que mensuelle, n’a d’importance que pour les habitants d’une ville, qui y vivent à l’année. Si l’indice est violet 3 jours, rouge 4 jours et vert 2 jours, le touriste de passage n’a que faire d’une moyenne. Il ne se souciera que de la pollution durant la période de sa visite ! Et pour ce qui est d’un séjour ne dépassant pas trois jours, certains seront incommodés – les personnes sensibles – quand d’autres n’y verront que du feu. Et avouons qu’un touriste occidental est fort mal placé pour se plaindre d’une pollution, lui qui parcourt des milliers de kilomètres en avion pour arriver à destination (sans parler du retour, des voyages fort polluants)…


Quid de la pollution des principales destinations touristiques du royaume ?

Peut-être serez-vous intéressé à connaître l’indice de pollution moyen pour l’année 2019 des principales destinations touristiques du royaume. Le voici (plus le rang est élevé est moins la pollution est grande) :

RangVilleConcentration PM2,5Indice
48Bangkok23jaune
68Phuket11vert
53Pattaya21jaune
64Ko Samui*17jaune
Krabi
52Hua Hin21jaune
33Ayutthaya25jaune
Sukhothai
30Kanchanaburi25jaune
16Chiang Mai32jaune

* Comme Samui ne figure pas dans le classement, nous avons pris comme référence Surat Thani. Krabi et Sukhothai ne figurent elles aussi pas dans le classement 2019 en question.

Entre autres sites web, IQAir vous permet de connaître le niveau de pollution en direct de n’importe quelle ville thaïlandaise. À consulter au même titre que la météo. Notez que notre propre site web, Chiang Mai De-Ci De-là, affiche en permanence l’indice IQA US de Chiang Mai (partie haute de la colonne de droite). Et à l’heure où nous vous écrivons, il est au vert 😏

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Qu’entend-on par pollution ?

© Facebook – Lollipop.bra

On le souligne encore une fois ici, la pollution dont il est question ne concerne que l’air. Et encore, les données du classement IQAir ne se concentrent que sur les seules particules fines, les PM2,5. Pourquoi donc seulement les PM2.5 ? Il s’agit du polluant généralement considéré comme le plus nocif pour la santé humaine. Les PM2,5 sont définies comme des particules en suspension dans l’air ambiant mesurant jusqu’à 2,5 microns (μm). Pour vous en faire une idée, le cheveu humain mesure 60 μm, soit 24 fois plus épais. De taille microscopique, ces particules pénètre dans le flux sanguin via le système respiratoire et voyage dans tout le corps, provoquant des effets sanitaires de grande envergure, notamment l’asthme, le cancer du poumon et les maladies cardiaques.

D’autres polluants s’ajoutent encore : les PM10, qui sont elles aussi des particules fines mais d’un diamètre de 10 μm, l’ozone (O3), un polluant qui se forme par réaction chimique à partir d’autres polluants, le dioxyde d’azote (NO2), gaz brun-rouge toxique notamment produit par les moteurs à combustion interne et les centrales thermiques, le dioxyde de soufre (SO2) qui contribue à la formation des pluies acides, ou encore le monoxyde de carbone (CO) qui se forme lors de la combustion incomplète de matières organiques (gaz, charbon, fiouls, carburants, bois) et dont la source principale est le trafic automobile. L’indice de la qualité de l’air IQA US tient cependant compte de tous ces polluants.

Toute cette pollution de l’air a également été associée à un faible poids à la naissance, à une augmentation des infections respiratoires aiguës et des accidents vasculaires cérébraux. Ainsi, la pollution de l’air ambiant à l’échelle mondiale est responsable de :

  • 29 % de tous les décès et maladies dus au cancer du poumon;
  • 17 % de tous les décès et maladies dus à des infections respiratoires basses aiguës;
  • 24 % de tous les décès dus aux accidents vasculaires cérébraux;
  • 25 % de tous les décès et maladies dus aux cardiopathies ischémiques;
  • 43 % de tous les décès et maladies dus à la bronchopneumopathie chronique obstructive.

Les particules en suspension dans l’air proviennent de diverses sources. La combustion des moteurs de véhicules, l’industrie, les incendies et la combustion du charbon représentent les sources anthropiques les plus courantes, tandis que les tempêtes de sable, l’agriculture et les produits chimiques réagissant dans l’atmosphère représentent les sources naturelles les plus courantes.

Les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sont très claires en matière de pollution intérieure ou extérieure. Elles se basent sur les concentrations de particules de 2,5 et 10 microns, respectivement PM2,5 et PM10. Pour l’OMS, une exposition chronique ne doit pas dépasser la concentration de 10 µg/m3 en moyenne annuelle pour les particules PM2,5 et de 20 µg/m3 pour les particules PM10. Une exposition aigüe ne doit pas dépasser les seuils de 25 µg/m3 en moyenne sur 24 heures pour le PM2,5 et de 50 µg/m3 pour les PM10.

Source : France Air. En signalant encore que l’OMS prévient qu’aucun niveau d’exposition aux PM2,5 ne s’est avéré exempt d’effets sur la santé…

L’Office du tourisme thaïlandais vante les mérites du Pays du Sourire sous le slogan anglophone Amazing Thailand. Mais pour que la Thaïlande reste amazing encore faut-il que les autorités prennent des mesures draconiennes en matière de protection de l’environnement afin que les touristes reviennent de leur séjour le sourire aux lèvres. Cela passe, entre autres, par une diminution de la pollution de l’air. Sans parler des autres problématiques liées au tourisme de masse dont la Thaïlande est victime (victime certes mais une victime consentante). Toute mesure visant à améliorer la qualité de l’air plaira au touriste mais sera surtout bénéfique pour les habitants du royaume.

Vous pouvez maintenant fermer les yeux et… respirer !



1 Toutes les données de cet article proviennent du Rapport mondial sur la qualité de l’air en 2019 édité par IQAir (que vous pouvez télécharger sur cette page web). Anciennement AirVisual, une startup suisse – pays ami de la précision – créée en 2015 et qui est devenue la référence mondiale en matière de contrôle de la qualité de l’air. Elle fait maintenant partie de la multinationale IQAir, autre société suisse fondée en 1963 par deux frères Allemands (un pays tout aussi précis). En plus de leur application mobile (gratuite) et d’un petit capteur miracle, ils vendent également des purificateurs d’air Swiss made. Sur ce marché, hélas en expansion, avouons que les entreprises suisses sont leaders. IQAir répond à vos questions sur la manière d’établir leurs classements.

Source de l’image à la une © Flickr – Tous droits réservés par Kalboz
Article publié le 07.08.2020

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